L’auteur, Guy Jampierre, 65 ans, est né à Valensole en Haute provence. Il est marié depuis 43 ans à Mireille, artiste peintre, et père de 3 enfants dont une fille née à Téhéran et l’autre à Amman. Ses expatriations dans la diplomatie puis dans la banque internationale, l’ont fait vivre avec sa famille d’abord à Téhéran, puis à Amman, à Wellington, à Nairobi, à Tokyo, à New-York et enfin à Genève. Il s’est retiré dans son village où il gère sa propriété oléicole et vend huile d’olive, truffes et poésie sur les marchés locaux. Il compose en ce moment un quatrième recueil de poésie profane qui s’appellera Souvenirs du monde, car il est inspiré des souvenirs de toutes les expatriations vécues. En première partie de ce recueil, figurent déjà 14 poèmes consacrés à l’Iran, ce pays dont il a la nostalgie.

Haft Sin disposés sur une table à l’occasion de Norouz
Norouz à Téhéran

Esfand, déjà, perdait sa mine grave
Et ce grand ciel de profonde beauté,
A s’adoucir ne mettant plus d’entrave,
Se pâlissait d’un peu d’humanité.
De Shémiran les neiges somnolentes,
Enfin d’accord pour un premier repli,
S’en remontaient sur le chanfrein des pentes
Où jusqu’en juin leur règne est établi.
L’hiver s’envole au premier chant des sources...
C’est vrai : Tajrich s’éveillait d’un bruit d’eau ;
L’hiver s’égoutte en terminant sa course...
Les toits de zinc suaient leur blanc fardeau.
Chez nos voisins, c’était le « secouage » :
Chaque balcon s’est orné de tapis.
Sous le « corsi » dormir n’est plus d’usage.
Hier mordant, le froid s’est assoupi.
Alors on range, on astique, on balaye :
Rites sacrés d’un mystère festif.
Par les carreaux, de curieuses corneilles
Jugeaient du cours de ces préparatifs.
Quand fleuriront jacinthes et tulipes
Du vert sabzi sera né le temps neuf.
On replantait du blé l’humble principe
Et c’est la vie qui sortait de son œuf...
Et sept présents sur une nappe blanche ;
Et les bougies du jour qu’on n’éteint pas ;
Et le miroir où gens et biens se penchent
Sur l’infini d’un éternel repas.
Car chacun doit porter l’habit de fête,
Neuf quand on peut, sinon bien ravaudé :
Le Nouveau Jour impose qu’on se vête
Et que d’ennui l’on songe à s’évader.
Ne comptez plus ! Sans nombre est la famille
Et les amis viennent de toutes parts...
J’ai souvenir des grands yeux noirs qui brillent
De bonté vraie, de délicieux égards.
A nouveau jour, éclatante lumière !
« Saute le feu : tu brûles mercredi Il ! »
Je prends ton rouge et sa santé plénière.
Le jaune est tien, le jaune m’enlaidit ! »
« A son réveil la nature t’accueille,
Irrésistible en ses nouveaux atours.
Enivre-toi de la fleur que tu cueilles ;
Délivre-toi : sors le treizième jour ! »

Guy Jampierre [1]

Notes

[1Guy Jampierre est publié chez Les Editions de St-Trophime, 04210 Valensole (France). Tous droits réservés.


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