N° 22, septembre 2007

Ettelaat, le plus ancien quotidien iranien


Azâdeh Sadeghi


C’est dans un petit appartement situé au sein de l’avenue Ala’oddoleh (l’avenue Ferdowsi actuelle) qu’un bureau appelé "Ettelaat" (informations) fut ouvert pour la première fois en 1923 par ’Abbâs Massoudî. Son but initial était essentiellement de recueillir des nouvelles politiques et des faits divers. Trois ans après l’ouverture de ce bureau d’édition, son fondateur obtint un permis du ministère de l’Education l’autorisant à fonder un journal. A la suite de cela, le premier numéro du quotidien Ettelaat parut en 1926. Au départ, le journal ne comportait que deux pages pour un tirage de 500 exemplaires.

Après la fondation du quotidien, l’équipe fondatrice a peu à peu étendu le domaine de ses publications pour d’abord lancer le Journal de Téhéran, premier quotidien iranien en langue française, en 1934 ; Ettelaat-e haftegî (l’hebdomadaire d’Ettelaat) en 1941 ; Tehran Journal en langue anglaise en 1954, Ettelaat-e bânovân destiné aux femmes en 1956, Al-akhâ’ en langue arabe en 1960, ou encore Djavânân-e emrouz destiné aux jeunes en 1966. Il publie également Ettelaat beynolmelali (Ettelaat international), qui demeure jusqu’à ce jour le seul quotidien international en langue persane. Composée à l’origine de seulement quatre personnes, l’équipe rédactionnelle s’agrandit peu à peu pour employer actuellement plusieurs centaines de personnes, faisant aujourd’hui d’Ettelaat l’un des plus importants groupes de presse du Moyen Orient. Ettelaat international dispose également de bureaux à Londres et à New York et est imprimé à l’étranger pour être directement diffusé dans les pays voisins tels que le Canada ou encore l’ensemble des pays européens.

A la suite de la Révolution islamique, la propriété du journal fut transférée à la Fondation des Deshérités (Bonyad-e Mosta’zafân). Durant les premières années de la Révolution, seules certaines de ses publications ont continué à être éditées avec un faible tirage. Malgré les multiples problèmes administratifs et financiers auxquels le groupe a dû faire face à l’époque, Ettelaat a réussit à survivre tout en entamant un grand processus de rénovation et de modernisation tant de sa ligne éditoriale - réorientée dans le sens des idéaux de la Révolution islamique - que de son équipement matériel et technique. Durant la guerre Iran-Iraq, la ligne du journal fut fermement orientée vers la défense de la patrie et la promotion de la "défense sacrée" (defâ’-e moghaddas).

Au début des années 1980, le groupe de presse poursuivit son processus de rénovation en renouvelant l’ensemble de ses appareils de typographie et d’impression. Il s’est parallèlement installé dans de nouveaux locaux situés depuis lors près de l’avenue Mirdâmâd et qui s’étendent sur une surface de près de 17 000 m². Outre les bureaux, l’ensemble abrite également une imprimerie, un lieu de stockage et de distribution de l’ensemble des publications et une importante bibliothèque. On peut également y visiter un petit musée regroupant les appareils d’impression utilisés au cours des décennies passées et qui soulignent l’ampleur et la rapidité des progrès accomplis dans ce domaine.

Le journal Ettela’at au fil du temps...


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