N° 22, septembre 2007

L’architecture à l’époque des Achéménides


Massoumeh Amiri
Traduit par

Maryam Devolder


Le dernier roi mède, Astyage, était le fils de Cyaxare, un roi élevé dans le luxe et l’opulence. Selon un texte de l’historien grec Hérodote, Astyage fit un rêve étrange interprété par les savants de l’époque comme étant un signe que son trône allait être menacé par un petit-fils qui allait naître de la lignée de sa fille. Le roi chercha alors à éliminer Cyrus II né de sa fille Mandane. Il n’y réussit pas et en 550 av. J.-C., Cyrus II détrôna Astyage.

Ce dernier faisait partie de la dynastie des Achéménides de la famille des Pasargades, une tribu nomade de la région de Masjed Soleimân. Après sa victoire sur les Mèdes, il réussit à conquérir les villes de Babylone et de Lydie, entre 539 et 536 av. J.-C., ainsi que de nombreuses régions de la Grèce orientale.

Comme le montrent les célèbres inscriptions de la ville de Babylone sur le respect des libertés individuelles et religieuses, son gouvernement et son empire étaient fondés sur la tolérance et la morale.

Alors que Cyrus II se préparait à attaquer l’Egypte, il entendit des rumeurs concernant des incidents survenus à l’extrême orient de son empire. Il confia à son fils, Cambyse II, les préparations de la guerre et partit pour l’Est mais fut tué lors des combats contre les Masajats, un peuple inconnu des régions côtières de la mer Caspienne, en 528 av. J.-C.

Il fut enterré à Pasargades. Son fils ne régna que durant une période très courte mais réussit à réaliser le rêve de son père en conquérant l’Egypte. Il laissa ensuite le pouvoir à son fils Darius, qui régna entre 521 et 482 av. J.-C., et sous le règne duquel l’empire s’étendit davantage et la culture iranienne vécu un âge d’or. Le gouvernement, le système juridique, les impôts, l’armée, la création de routes entre la capitale et les autres villes de l’empire telles que Hamadan, Suse, Babylone...comptent parmi les nombreuses réalisations de l’empire achéménide.

Les influences artistiques des peuples conquis sur l’art des Achéménides

L’or arrivait de toutes les régions du royaume et les rois iraniens abandonnèrent peu à peu la stricte discipline militaire pour se consacrer à une vie de palais.

Des palais somptueux furent construits par les rois achéménides de Babylone et d’Assyrie. Leur faste était notamment destiné à impressionner ceux qui venaient des quatre coins de l’empire pour offrir leurs présents à l’empereur ou lui faire serment d’allégeance.

Bien qu’ils les avaient remplacés au niveau politique, les Achéménides demeuraient les héritiers des Mèdes sur le plan culturel et artistique. Les nombreux vestiges retrouvés font également état d’un certain renouveau des arts. En outre, les rois achéménides n’ignoraient pas la valeur des très anciennes civilisations orientales ; par conséquent, ils respectèrent en partie leur indépendance, parfois au détriment de la cohésion de l’empire.

L’art achéménide fut influencé par les traditions artistiques de peuples divers. Parmi les anciennes civilisations, notons celles de Urartu et d’Elamite

qui ont joué un grand rôle dans l’art achéménide, ainsi que les civilisations de Babylone et d’Assyrie.

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Bas-relief de Darius le Grand à Bisotoun

L’historien américain Will Durant estime que les Perses s’étaient consacrés uniquement à l’extension de leur empire et n’avaient pas eu le temps de s’intéresser à l’art, comme ce fut le cas pour les Romains. Dans le domaine artistique, ils s’intéressaient davantage à ce qui se passait en dehors de leur territoire tout en confiant parfois à des artistes étrangers qui demeuraient dans leur pays la réalisation d’œuvres d’art et de divers travaux artistiques.

Les recherches archéologiques ont permis ainsi de confirmer que cet art achéménide est un mélange de nombreuses traditions artistiques étrangères. Ainsi, l’influence de l’architecture d’Urartu est perceptible dans le temple Zoroastre de Naghsh-e Rostam et dans la "prison de Salomon" de Pasargades, qui fut construite sur le modèle des tours d’adoration d’Urartu.

Cela est aussi le cas du palais de Persépolis, avec ses préaux donnant sur les cours, soutenus par des colonnes de bois. Les sépultures dans la montagne en sont aussi un autre exemple.

Seul le palais de Suse, du fait de la chaleur de la région, fut construit sur le modèle d’Elam avec une cour entourée de pièces. Une partie de l’art achéménide semble donc avoir été influencé par l’art des Mèdes et des habitants d’Asie occidentale, sans en être pour autant une simple copie.

Certains pensent que l’art achéménide a connu une période de déclin après Persépolis, alors que les constructions qui datent d’après Darius, entre 518 et 424 av. J.-C., jusqu’à l’époque d’Ardashir Ier, continuaient d’être construites selon les directives mises en place par Darius. Cependant, les artistes n’ont jamais vraiment donné un relief suffisant à leurs représentations et n’ont pas réussi à se défaire d’un modèle visant à faire prévaloir une taille unique pour tous les personnages et la représentation de profils solennels et froids à répétition. Les artistes n’ont tenté de donner davantage d’esprit à leurs œuvres qu’à l’époque d’Ardashir Ier, à Suse et à Persépolis.

Ainsi, les rois achéménides ne se contentèrent pas d’une seule capitale : Cyrus II s’était établi à Suse avant de faire construire Pasargades, pour choisir ensuite Babylone et Ekbatan comme nouvelles capitales. Les principaux vestiges de l’art achéménide se trouvent à Suse et à Pars.

Le palais de Suse

Après avoir vécu quelques temps à Babylone, Darius Ier choisit Suse comme nouvelle capitale, en 521 av. J.-C. Il y

donna l’ordre de construire une forteresse sur le lieu des temples et des palais de Suse qui avaient été détruits lors de l’invasion d’Asurbanipal. En outre, Apadana fut construit sur une colline voisine.

Des routes furent construites à l’Est et le tout fut entouré d’un mur de pierres et de hautes tours.

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Les épigraphes de Bisotoun

Les douves qui entouraient l’ensemble le rendaient imprenable. En outre, une inscription du palais de Darius signale les intentions de ce dernier : "J’ai construit ce palais avec des matériaux qui ne sont pas venus de loin. Nous avons creusé la terre jusqu’à la pierre dure pour les fondations, puis des murs de pierre et de boue ont été bâtis d’une hauteur de 40 mètres et le palais a été construit selon les techniques des gens de Babylone".

Les pierres furent amenées de la montagne, les Assyriens les emmenèrent à Babylone et les grecs à Suse. Ceux qui travaillaient sur l’ivoire étaient Babyloniens ou Grecs et ceux qui décoraient les murs étaient Mèdes ou Egyptiens.

D’après ces inscriptions et les écrits des historiens grecs et romains Diddurus et Polini, "l’architecture achéménide est une fusion de l’art assyrien et babylonien, de celui de la région du Tigre et de l’Euphrate et de l’architecture des temples égyptiens."

Les Achéménides suivirent la même méthode que leurs prédécesseurs, les Urartus, qui avaient aussi puisé leur inspiration dans l’art des civilisations asiatiques, des Sumériens, des Akkadiens, des Hourrites et des Hittites, sans réussir pour autant à égaler les Achéménides au niveau artistique.

Les épigraphes de Bisotoun

La montagne de Bisotoun se trouve entre Kermânshâh et Hamadan. Cette montagne était appelée Bâghstân à l’époque des Achéménides, c’est à dire "la place des dieux". A environ soixante mètres de hauteur, elle comporte une épigraphe commémorant l’époque de Darius Ier. Elle constituait également une des étapes de la Route de la soie.

En outre, cette région avait depuis très longtemps une importance religieuse car c’est l’endroit où Darius et ses compagnons réussirent à déjouer le complot de Guéomât.

Cette inscription raconte comment Darius a réussi à vaincre les comploteurs :

"Crois ce que j’ai fait et diffuse la nouvelle si tu en entends parler. Qu’Ahourâ Mazdâ soit ton ami, qu’il rendre prospère ta famille et te rende la

vie longue ! Si tu caches cet événement aux gens, qu’Ahourâ Mazdâ soit ton ennemi et qu’il te prive de tout soutien !"

Cette inscription sur fond rectangulaire fait 5,5 de long sur 3 mètres de large. Darius y figure en habits perses, l’arc dans la main gauche en signe de pouvoir et un bandeau autour du bras, regardant devant lui. La main droite est élevée au niveau de la face, le pied gauche posé sur la poitrine de son ennemi, Guéomât, qui est vêtu du même habit et lève les deux bras en signe de soumission. A droite de la scène, les comploteurs, les mains liées derrière le dos et attachés au cou par une longue corde, s’avancent vers le roi dont la taille est supérieure, au-dessus d’une inscription en trois langues, perse ancien, Elamite et babylonien, qui raconte la scène.

Les territoires perses

Ces terres, qui étaient le lieu de naissance des empereurs achéménides, sont aussi le berceau des plus anciennes civilisations de l’Iran.

Des vestiges de plus de 4000 ans av. J.-C. en témoignent. Cette région, à l’exception de sa partie nord, était auparavant peuplée par les Elamites et des inscriptions en perse montrent l’existence d’une grande civilisation dans les régions montagneuses. Pasargades, Persépolis, les nombreux tombeaux, les vestiges de Takht-e Rostam et d’Estakhgh, témoignent de l’intense activité architecturale de cette époque.

Pasargades

Sur la route actuelle d’Ispahan à Shiraz, 10 km après Ghâder-Abâd, se trouve la vallée de Morghab. A l’époque des Achéménides, cette région s’appelait Pasargades et était la capitale politique de Cyrus. Selon les documents historiques, ce site avait été construit sur le lieu de la défaite du dernier roi des Mèdes. Certains historiens pensent que ce nom vient de l’expression "Parse-gad" qui signifie "le campement des Perses", et qui devait être à l’époque entouré de murailles et abriter des vergers, des palais et des temples. Cyrus y fut enterré après sa mort sous un édifice dont les vestiges sont encore visibles de nos jours.

Il y avait également une voûte très élevée, entourée de vergers, un ensemble de palais dont celui de Cyrus, des bâtiments réservés aux cérémonies impériales, "la prison de Salomon", le site sacré avec deux temples du feu et le tombeau de Cyrus, au toit en pente, construit en pierres blanches en hauteur, et que l’on appelle dans la région, "le tombeau de la mère de Salomon".

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Les Mèdes à Pasargades

Il s’agit d’une pièce de trois mètres sur deux, construite sur six étages, à une hauteur de 11 mètres. On y trouve deux tombeaux, celui de Cyrus II et celui de son épouse, Kasandan, mère de Cambyse. Les pierres tombales s’élèvent à 87 cm du sol et sont proches l’une de l’autre. Elles ont été visiblement ouvertes et vidées de leurs trésors ainsi que des ossements dans les années qui suivirent.

Certains historiens estiment que les six étages taillés dans la montagne seraient une réminiscence du culte des étoiles.

Parmi les autres bâtiments, des vestiges de briques et de murs de pierres blanches appartenant au Takht-e Soleimân se trouvent dans la montagne, au nord de cette vallée alluvionnaire.

Les inscriptions sur les poteries de cette époque semblent indiquer que cet endroit était fréquenté avant les Achéménides. A 1,5 km du palais de Cyrus se trouvent deux pierres élevées qui sont les vestiges de sépultures ou

d’autels de Pasargades. A l’époque des Achéménides, les cérémonies religieuses se déroulaient en plein air et devant les autels du feu sacré.

Ce site a été, en 1930, placé à la dix-neuvième place du patrimoine iranien.

L’art de Pasargades est une combinaison de piliers et de fresques animalières représentant des taureaux dans le style assyrien, des statues hittites, babyloniennes et élamites… qui elles-mêmes témoignent de la finesse artistique de la civilisation achéménide à cette époque.

Les artistes de Pasargades ont réussi à réaliser une fusion harmonieuse entre différents styles artistiques et ont créé ainsi une nouvelle architecture connue sous le nom d’architecture achéménide. Pasargades conserva bien après Takht-e Djâmshid, (Persépolis) son rôle dans les cérémonies officielles de l’empire.

Takht-e Djâmshid

Avant la fin de la construction du palais de Suse, Cyrus Ier décida de faire construire un autre site impérial en Perse. Pasargades ne servit plus qu’aux cérémonies de couronnement des empereurs achéménides.

Darius commença la construction environ 515 ans av. J.-C. Takht-e Djâmshid devait servir aux festivités et servir de centre administratif. La construction exigea une coopération de toutes les régions de l’empire et montre le degré de soumission des lointaines parties de l’empire au roi des Perses.

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Takht-e Djâmshid

Les travaux furent achevés à l’époque d’Ardashir Ier et du roi Xerxès. Le site a une superficie de 135 000 mètres carrés, avec des bâtiments d’une hauteur de 12 mètres. Des blocs de pierre ont servi à la construction des escaliers et des voûtes célèbres, comme celle de Xerxès, nommée aussi "la voûte des peuples".

Le palais d’Apadana, le palais aux trois entrées, le palais réservé à Darius et aux cérémonies officielles, le palais de Xerxès réservé aussi aux cérémonies officielles, le palais aux cent entrées, la salle du trône, le salon aux cent colonnes, le salon aux 99 colonnes, construit sur l’ordre de Darius pour servir de dépôt central au trésor impérial, les autres dépôts du trésor et la partie sud d’une estrade orientée vers la plaine, au milieu des résidences impériales, comptent parmi les différentes parties du site impérial de Persépolis.

Ce site comporte également quelques particularités, notamment les nombreuses épigraphes et reliefs qui représentent les armées impériales, les courtisans, les bourreaux, les représentants des peuples de l’empire, Ahourâ Mazdâ, des animaux et des scènes légendaires.

La violence et la souffrance des reliefs assyriens ne se retrouvent plus dans les

représentations perses d’où émanent une impression de paix, de simplicité et de sérénité requise par la présence des rois.

L’influence des Hittites se fait sentir dans les reliefs, mais les sujets sont différents des sujets assyriens. Les reliefs iraniens insistent sur la majesté des personnages qui portent des vêtements simples, plissés et brodés. Les files de fonctionnaires apportant les impôts et des présents à l’empereur est un thème très repris sur ces reliefs. Pour certains chercheurs, les nombreux escaliers de Persépolis sont le symbole des espoirs et des ambitions de l’empereur ainsi que de sa volonté d’atteindre le ciel.

D’après Will Durant, les Perses avaient emprunté ce modèle d’escaliers aux tours des peuples antiques, en soulignant que "ces escaliers sont tellement faciles à monter que dix cavaliers pouvaient les emprunter sans problème".

Les colonnes en forme de lotus retourné sont une autre particularité de Persépolis. Elles symbolisent la vie et ressemblent fortement aux colonnes de Suse. Le pied de la colonne ressemble à un vase retourné ou à un cube. Elles sont décorées de lignes verticales. Le pied de certaines colonnes en forme de feuilles de palmiers s’inspire de l’architecture égyptienne, alors que le modèle en spirales tend davantage à s’inspirer des colonnes et du symbolisme grecs. Certains ont également rapproché ces formes en spirales à l’architecture Mède. Enfin, les têtes de taureaux en haut des colonnes seraient le symbole de la fécondité.

Bien que Darius ait précisé dans ses épigraphes que les tailleurs de pierre de Persépolis étaient Grecs et Lydies, l’historien Ghirshman estime que les colonnes de Persépolis ne sont pas d’origine grecque bien que ses tailleurs l’étaient, car le modèle des pieds des colonnes ne se retrouve pas dans l’architecture grecque.

De fait, la conception architecturale de Persépolis et de Suse est essentiellement iranienne.

Ce monument, qui avait été commencé par Darius pour célébrer la grandeur de son empire, fut poursuivi et achevé à l’époque d’Ardashir I et de Xerxès.

Le but de Darius n’était pas de construire une forteresse militaire mais un centre de réunion pour les représentants des peuples soumis à l’empire.

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Naghsh-e Rostam

Ghirshman précise que s’il comprend certaines résidences militaires et des tours pour les soldats chargés de la garde, ce site impérial n’a aucune fonction militaire dans sa conception architecturale : "Persépolis n’était qu’une démonstration artistique du pouvoir qui cherchait à montrer que les peuples étaient les membres d’une société grande et unique, et à faire renaître l’espoir d’un avenir meilleur tout en favorisant une prise de conscience nationale."

Naghsh-e Rostam

Situé à 6 km au Nord-Ouest de Persépolis, il comporte des vestiges élamites, achéménides et sassanides.

Cet endroit servait de lieu de sépulture aux grands rois de ces dynasties : on y trouve ainsi la tombe de Xerxès située au Sud-Ouest et qui est la plus élevée, celle de Darius Ier, ornée d’inscriptions cunéiformes comportant des louanges à Ahourâ Mazdâ et des prescriptions morales.

Dans cette épigraphe, Darius rappelle ses croyances, le nom des pays qui lui sont soumis. En outre, il donne des conseils et prie pour la réussite de son peuple et de son pays.

De nombreux reliefs ornent l’intérieur et l’extérieur du tombeau. Les tombes suivantes sont celles d’Ardashir Ier et de Darius II.

Le temple de Zoroastre est un autre bâtiment situé au pied de la colline et qui devait, selon de nombreux historiens, servir aussi de tombeau. Cependant, d’autres historiens pensent qu’il s’agissait d’un temple réservé au culte du feu. Les inscriptions datent de l’époque des rois sassanides Shâpour Ier, Vahram II, Narseh, Hormizd II et Shâpour II.

Les autres vestiges de l’époque achéménide

Des vestiges de temples du feu et de constructions de l’époque achéménide ont été découverts par des archéologues à Hâji Abâd, Tang Balaghi, Tel Gholhe, Sivand, Seidan et Ghore Gharat.

Pour les fondations et pour la construction des ponts, les architectes achéménides se servaient plutôt des pierres qu’ils trouvaient sur place. Il n’y a aucune recherche architecturale visant à faire pénétrer la lumière dans les bâtiments ; au contraire, malgré un ensoleillement très fort en Iran, les architectes de cette époque préféraient l’obscurité et certaines constructions de Takht-e Djamshid n’ont même pas de fenêtres.

Les inscriptions et les reliefs étaient taillés sur la pierre et sur des métaux.

La représentation des scènes de combat entre les rois et des animaux légendaires sur des pierres de valeur étaient un sujet de prédilection, ainsi que les scènes de chasse.

Les sculpteurs s’attachaient avant tout à représenter la personne du roi et les Grands de la cour. Les statues étaient assez petites et servaient à décorer les temples, mais de façon générale, les sculpteurs préféraient travailler sur les reliefs plutôt que sur des statues.

Les épigraphes étaient généralement écrites en trois langues : vieux persan, babylonien et élamite. Cette diversité de langues permet de comprendre la situation culturelle de l’empire achéménide qui s’étendait des régions occidentales au sud de l’Iran. Certaines épigraphes, très peu nombreuses, ont été découvertes dans d’autres langues comme l’épigraphe de Cyrus (écrit en trois langues babyloniennes) ou l’épigraphe de Darius sur le parcours du Nil (en égyptien).

Les historiens pensent que l’art achéménide n’a plus évolué après Ardashir. Seuls les travaux de décoration et de réfections ont continué à Suse, avec la construction des nouveaux palais par Ardashir III à Persépolis.

L’art achéménide s’éteignit moins d’un siècle après son apogée. L’architecture achéménide était dirigée par les empereurs et par une organisation impériale qui s’étendait à toutes les régions de l’empire. Les Achéménides n’étaient pas zoroastriens et ils enterraient leurs morts. A l’époque de Darius, des tombeaux ont été construits sur le flanc de la montagne près de Naghsh-e Rostam et de Persépolis, comme ce fut le cas pour le tombeau d’Ardashir II et III, ainsi que celui de Darius.

Les artistes de Persépolis choisissaient la décoration des palais en fonction de leur utilisation et se souciaient très peu des scènes de la vie quotidienne.

Les vestiges qui ont été découverts ont permis de comprendre que les Iraniens avaient remis au goût du jour la décoration des poteries, art qui avait disparu.

L’art achéménide s’intéressait donc essentiellement au progrès et au développement du pouvoir central qui fut, grâce à la liberté de religion qu’il défendait, à l’origine de grands progrès artistiques.

L’utilisation de pierres de même taille, la qualité des matériaux et des peintures, les fondations sur socle de pierre, les nombreuses colonnes espacées, les plafonds en poutres de bois, les escaliers tournants, la taille très précise des épigraphes et leur décoration, les décorations intérieures et extérieures et les mosaïques, les carrelages, les jardins et les bassins, les couloirs secrets qui reliaient les différentes parties des palais, les abris pour préserver du soleil sont des caractéristiques de l’art achéménide, un art équilibré, puissant et solide.


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2 Messages

  • L’architecture à l’époque des Achéménides 21 novembre 2011 22:12, par cassandra

    Superbe ce site, j’adore L ’Iran. Respect (de France)

    repondre message

  • L’architecture à l’époque des Achéménides 21 juin 2013 16:51, par delaunay chirine

    Votre article est concis et instructif,néanmoins il ne fait aucune allusion aux constructions architecturale de cette époque lors de la conquête de l Égypte entre autre qui m intéresse beaucoup . D après mes lectures je n ai pas vu la trace de cette civilisation durant les cents ans de conquête , quelques lignes sommaire entre plusieurs autres choses. Vivant en province, je ne possède pas les documents nécessaires, d ou ma requête pour obtenir ces livres moyennant bien sur les rémunérations. C est une affaire qui me passionne énormément vu l intérêt du monde entier pour les temples,les arts égyptien .Revenant de l Égypte , des traces des iraniens pour un initié comme moi qui son père travaillait avec Pr guirshman sur les fouilles de Suze sont plus qu évidentes . Je vous serais reconnaissante de m aider à trouver les traces des iraniens dans la construction des temples et autre en Egypt.

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