N° 94, septembre 2013

Présentation d’instituts iraniens de
recherche médicale de pointe


Sarah Mirdâmâdi


Depuis l’introduction de la médecine moderne en Iran sous l’impulsion de médecins occidentaux dont la figure la plus importante et le pionnier est Joseph Cochran qui mit en place une faculté de médecine pour la première fois en Iran, à Oroumieh, en 1878, de nombreux progrès ont été faits. A l’instar des pays occidentaux, l’Iran est actif et consacre de nombreuses ressources à la recherche médicale de pointe. Des progrès importants ont également été effectués à la suite des années de guerre. Au cours de ces dernières décennies, la vitesse d’intégration des nouvelles technologies et savoirs médicaux est allée de pair avec une production de savoir et une participation active à la recherche, faisant de ce pays l’un des foyers les plus actifs dans ce domaine au Moyen Orient et en Asie. Ce dynamisme a été favorisé par plusieurs facteurs, parmi lesquels une législation souple, des relations étroites entre les mondes universitaires et de la recherche, et la création de plusieurs centres et instituts de recherche médicale de pointe actifs au niveau national et international. Nous allons ici présenter trois de ces instituts qui ont actuellement un rôle actif à la fois dans la recherche et dans le traitement de patients.

L’institut Rouyân (Pajouheshgâh-e Rouyân)

Cet institut de recherche biomédicale non gouvernemental a été fondé en 1991 par le docteur Saïd Kâzemi Ashtiyâni. Il comprend trois centres de recherche distincts, respectivement consacrés à la technologie et à la biologie des cellules souches, à la biomédecine reproductive, et à la biotechnologie animale. Depuis sa fondation, 341 projets de recherche ont été menés à leur terme, et 225 sont actuellement en cours.

Ce centre est l’un des plus importants du Moyen Orient et de l’Asie dans le domaine de la recherche des cellules souches, recherche facilitée par l’existence de lois très libérales dans ce domaine en Iran. Il comprend 46 membres scientifiques et près de 186 techniciens de laboratoire. Les chercheurs de l’institut ont également une présence active dans les congrès scientifiques internationaux. L’institut dispose de son propre journal intitulé Yâkhteh, signifiant « cellule » en persan, et a publié de nombreux articles dans des revues scientifiques nationales et internationales. Il a également publié 21 ouvrages. L’institut Rouyân s’est distingué au Moyen Orient et en Asie par plusieurs réalisations : il a réalisé sa première fécondation in vitro en 1993, la seconde naissance par ICSI Injection intra-cytoplasmique de spermatozoïdes. en Iran en 1995, a réalisé la seconde biopsie testiculaire ouverte en Iran pour traiter une infertilité masculine sévère en 1996, la première naissance issue d’embryon congelé en 1996 et la première naissance par DPI (diagnostic pré-implantatoire) dans ce pays. Parmi ses réalisations, nous pouvons également citer l’utilisation de cellules souches adultes dans le traitement d’un infarctus du myocarde durant un pontage coronarien en 2004, la culture de cellule souches limbiques humaines sur une membrane chorionique et leur utilisation pour traiter des blessures cornéennes en 2004, la création de la première banque privée de sang de cordon (ou sang placentaire) en 2005, la culture et la transplantation de fibroblastes en 2007… Depuis 2002 et la fondation d’un département consacré aux cellules souches, cet institut tend à se spécialiser dans la technologie liée aux cellules souches et dans la médecine régénérative. Il a également créé des cellules souches embryonnaires. Les recherches de l’institut pour la biologie et la technologie des cellules souches se concentrent sur les cellules souches germinales, les cellules souches adultes, les cellules souches du cancer, ou encore les cellules souches du sang placentaire. Ce centre a également cloné une brebis en 2009 qui est toujours vivante. Parmi les dernières réalisations du centre, nous pouvons également citer la naissance des premières chèvres transgéniques en 2010, la naissance de veaux issus d’embryons vitrifiés et développés in vitro en 2011, et enfin la mise en place d’une thérapie cellulaire pré-hospitalière ainsi que d’une banque de cellules souches en 2011.

L’institut Rouyân (Pajouheshgâh-e Rouyân)

L’institut Rouyân a également rapporté trois nouvelles mutations de la mucoviscidose, a enregistré une ligne de cellules souches embryonnaires humaines auprès de la International Society of Stem Cell Research, et a établi six lignes de cellules souches embryonnaires humaines ainsi que huit de souris. Il a remporté de nombreux prix scientifiques au niveau national et international.

L’Institut Rouyân consacre également une grande partie de ses recherches à la médecine reproductive et aux traitements de l’infertilité. Outre ses activités de recherche, le centre comprend également une clinique, la plus réputée d’Iran, pour le traitement de l’infertilité. Au niveau des services médicaux et cliniques dispensés par le centre, les dernières techniques de technologie reproductive telles que la fécondation in vitro, l’induction d’ovulation, l’insémination artificielle, l’injection intra-cytoplasmique de spermatozoïde, la cryoconservation… y sont utilisées. Cette clinique dépend directement du Centre de médecine reproductive, et compte des patients iraniens mais aussi étrangers.

Le but de l’ensemble de ces recherches est qu’elles trouvent le plus tôt possible des applications concrètes et puissent servir à traiter différentes maladies.

L’institut entretient également des liens étroits avec d’autres instituts iraniens tels que l’Institut de la Biochimie et de la Biophysique, ou le Centre de transplantation de moelle épinière de l’hôpital Shariati de Téhéran… et il réalise de nombreuses recherches inter-centres au niveau national et international.

Le centre de recherche d’hématologie-oncologie et de transplantation de cellules souches (Markaz-e tahqiqât-e hemâtologi-oncologi va peyvand-e selloul-hâye boniâdi)

Ce centre affilié à la faculté de médecine de l’Université de Téhéran est un centre important de transplantation de cellules souches en Asie et au Moyen-Orient. Il a été fondé en 1991 par le professeur Ardeshir Ghavâmzâdeh. Il comprend à la fois des activités médicales et de recherche, en fournissant des diagnostics et des traitements pour différentes maladies hématologiques et oncologiques.

Doté d’une clinique, une moyenne de 300 transplantations y est réalisée avec succès tous les ans. Il se concentre plus spécifiquement sur le traitement de cancers, et plus spécifiquement des leucémies et lymphomes au travers de la transplantation de cellules souches. La clinique comprend également une section pédiatrique effectuant des transplantations pour les enfants de moins de 4 mois. C’est ainsi le seul centre de transplantation de cellules souches pour les enfants au niveau national. Des opérations d’une grande complexité y ont été réalisées, incluant la transplantation de sang placentaire, de cellules souches mésenchymateuses… Depuis 2005, le personnel accompagne également le patient et lui rend régulièrement visite chez lui après la transplantation.

Le centre de recherche d’hématologie-oncologie et de transplantation de cellules souches (Markaz-e tahqiqât-e hemâtologi-oncologi va peyvand-e selloul-hâye bonyâdi)

Ce centre forme également six chercheurs dans le domaine de l’hématologie et de l’oncologie pédiatrique chaque année, ainsi que des stagiaires à la transplantation des cellules souches. Il a également publié un ouvrage sur la transplantation de cellules souches allogéniques et autologues, et de nombreux articles dans des revues scientifiques nationales et internationales. Enfin, ce centre de recherche a également mis en place un programme de donneurs iraniens de cellules souches, constituant le premier registre de donneurs dans ce domaine en Iran ainsi qu’au Moyen-Orient.

L’institut de recherche Avicenne (Pajouheshgâh-e Ebn Sinâ)

Fondé en 1988 au sein de l’Université Shahid Beheshti à Téhéran, cet institut se consacre à la recherche dans le domaine des technologies médicales de pointe. Il contient trois centres de recherche respectivement consacrés aux technologies de la reproduction, aux anticorps monoclonaux, et à la nanobiotechnologie. Il comprend également une clinique spécialisée dans le traitement de l’infertilité.

Les recherches de biotechonologie reproductive incluent l’embryologie et l’andrologie, l’immunologie de la reproduction. Les recherches dans le domaine des anticorps monoclonaux se concentrent sur l’hybridome, l’immunochimie, les anticorps et les antigènes. Le centre a publié plusieurs centaines d’articles scientifiques au niveau national et international, et a remporté plusieurs prix scientifiques nationaux. Il publie également une revue scientifique consacrée à l’infertilité.

L’institut de recherche Avicenne (Pajouheshgâh-e
Ebn Sinâ), photo : Heshmat Bahâdori

Sitologie :
- L’institut Rouyân : www.royaninstitute.org
- Le centre de recherche d’hématologie-oncologie et de transplantation de cellules souches : horcsct.tums.ac.ir
- L’institut de recherche Avicenne : www.avicenna.ac.ir


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