N° 113, avril 2015

Quels types d’éco-quartiers pour l’Iran ?
Eléments pour une recherche sur la faisabilité des éco-quartiers en Iran
Application à l’étude de la création et construction d’un éco-quartier en campagne de Téhéran et ses effets sur les citoyens et leurs modes de vie
(2ème partie)


Dominique Badariotti, Elahe Azari

Voir en ligne : Quels types d’éco-quartiers pour l’Iran ? Eléments pour une recherche sur la faisabilité des éco-quartiers en Iran. (1ère partie)


2.2 La délicate question de la sismicité à Téhéran : situation géographique et structurale de Téhéran

La région de Téhéran est bien connue pour sa longue histoire de sismicité destructive. Rappelons que la partie historique la plus ancienne de la ville de Téhéran, qui s’appelait Rey (actuellement située au sud de Téhéran), a été détruite au moins trois fois au cours de son histoire, la dernière fois étant en 958 A.D.

De même, la région Ouest de Téhéran (Buin-Zahrâ ; à 90 km à l’ouest de Téhéran) a été sévèrement touchée plusieurs fois (en 1172 et 1962 notamment) par des séismes d’une magnitude que l’on estime supérieure à 7.0. L’événement destructif le plus récent s’est produit le 22 juin 2002 dans la région de Changureh, près de Buin-Zahra (précisément à Avaj, à peu près à 200 km vers l’ouest de Téhéran) avec une magnitude de 6.3 (Zare, 2002) et a causé plus de 250 décès ; alors que l’événement régional le plus meurtrier a incontestablement été le séisme de Zandjân et de Guilân (un peu plus au Nord, vers la mer Caspienne) d’une magnitude de 7.7 et qui a fait en 1990 entre 35 000 et 50 000 morts.

L’Est de Téhéran n’est pas épargné : un autre séisme - de petite magnitude par contre (3.7) - s’est produit le 10 mars 2003 au nord-est de Téhéran. L’épicentre de ce séisme était situé sur une branche de la faille du nord de Téhéran.

Ces tremblements de terre sont évidemment directement liés au système complexe de failles sur lesquels repose la grande région de Téhéran. Les zones des failles les plus importantes autour de Téhéran (Figure1) sont constituées du système des failles de « Eyvanekey-Rey-Kahrizak » au sud et sud-est de Téhéran et du système des failles de « Mosha et Alamut-Rud » au nord et nord-est de Téhéran. Les zones des sources sismiques principales sont donc définies comme « Mosha », « Nord de Téhéran », « Eyvanekey », « Garmsar » et « Robat-Karim ».

(Figure2)

Evidemment, dans ce contexte, les géophysiciens ont effectué des études du risque sismique dans la région de Téhéran, ces études se basant sur une modélisation sismo-tectonique de la grande région de Téhéran et sur l’utilisation de lois d’atténuation pour estimer les valeurs présumées des mouvements forts (Mehdi Zare, 2003).

Figure 1 : Zones des failles les plus importantes autour de Téhéran

Il en découle que les régions de sud et du centre de l’agglomération de Téhéran peuvent être considérées comme les zones les plus risquées, celles-ci pouvant être directement impactées par de gros séismes sur les failles majeures, comme la faille de Eyvanekey, et par la sismicité historique de cette région. La région du sud de Téhéran est en entier couverte par un sol mou fait de particules alluviales fines, ce qui peut induire un effet d’amplification des séismes. En outre, cette région est la plus peuplée et son urbanisation est constituée de bâtiments faiblement résistants aux séismes éventuels.

Cependant, la zone du nord de Téhéran est aussi une zone avec un risque majeur, selon les estimations des géophysiciens, et ce même si la population y est moins importante que dans le sud, et que les bâtiments y sont de meilleure tenue, du fait d’un substrat plus solide et de l’utilisation de meilleures techniques de construction.

Globalement, en considérant la situation cruciale de Téhéran, nous pouvons dire que Téhéran est une ville sismique en totalité. Les secteurs sud et centre de l’agglomération de Téhéran peuvent être considérés comme les zones les plus exposées : pour construire un éco-quartier dans la région de Téhéran, nos préférences devront donc s’écarter de ces quartiers. Cela ne signifie pas que les autres quartiers sont à l’abri de tout risque, mais ils sont moins exposés à la sismicité et à ses effets que le centre et le sud. Il en découle aussi que si nous voulons construire un éco-quartier en Iran, et à Téhéran, il faudra que les constructions respectent les normes et les réglementations antisismiques.

2.3 Question de la faisabilité socio-économique

La question de la faisabilité économique repose principalement sur la question de la demande en logements de la société, et notamment sur la demande potentielle en logements durables.

La demande en habitat et en logements est une question cruciale pour les Téhéranais dans la mégapole de Téhéran aujourd’hui. Cette demande est en outre fortement segmentée par les caractéristiques sociales des demandeurs, mais aussi par les données climatiques du site du logement, celles-ci variant fortement, comme on l’a vu, selon la localisation (plaine ou montagne) des logements.

Après la Révolution islamique, l’Iran a dû affronter une forte croissance démographique. Les programmes de création de logements qui avaient été développés par l’ancien gouvernement n’étaient plus efficaces. Ainsi, dans les années qui ont suivi la Révolution, les Iraniens ont commencé par construire des logements sans aucune planification précise pour répondre aux besoins. S’en est ensuivi une période d’urbanisation spontanée, qui a étendu les limites de la ville de manière incontrôlable.

Aujourd’hui, après une crise de ce type d’urbanisation spontanée, le gouvernement et les urbanistes ont réussi à résoudre quelques problèmes d’habitat, en réussissant à mieux contrôler le processus d’urbanisation, et notamment, en essayant d’empêcher l’immigration rurale vers Téhéran. Par ailleurs, les récents recensements tendent à montrer que la demande de population serait en diminution, d’où une baisse de pression sur le marché du logement. Toutefois, la demande de logements reste vive dans la société, celle-ci ne se basant plus exclusivement sur la progression du nombre d’habitants, mais aussi sur la progression du nombre de ménages. Il en résulte qu’il y a toujours des demandes de logements dans la société, et que la réalisation d’un nouveau quartier pourrait être absorbée par le marché local du logement.

Les types de logements demandés et leurs localisations sont en relation directe avec les niveaux de salaires et les valeurs de chaque famille. Téhéran a un climat tempéré, avec suffisamment de pluie et beaucoup de soleil. L’été y est long, sec et chaud, avec une fraîcheur toute relative, plus importante dans les quartiers du nord situés sur les premières pentes du Mont Tochal.

Figure 2 : Failles autour de Téhéran

Généralement, les logements de Téhéran sont orientés nord-sud, pour profiter de la ventilation naturelle apportée quotidiennement par les brises thermiques évoquées plus haut. Cette caractéristique est unique en Iran et peut être utilisée pour concevoir des éco-quartiers : en effet, les études montrent que la meilleure direction de l’orientation des logements serait sud/sud-est en Iran, en général – sauf à Téhéran où les conditions locales changent la donne.

Les logements étaient plutôt construits avec des matériaux traditionnels jusqu’à récemment, ce qui représentait somme toute un atout du point de vue de l’éco-construction, puisque les matériaux traditionnels ont besoin de moins d’énergie pour être fabriqués, ou transportés, et ont donc un effet moindre sur l’environnement. Les logements ont une isolation qui les protège des températures extrêmes pendant l’été et l’hiver. Dans le processus de conception des éco-quartiers, nous devons maintenir la mise en valeur et l’utilisation de matériaux traditionnels et prévenir l’utilisation de matériaux modernes qui nécessitent beaucoup plus d’énergie en production ou en transport.

Selon le Ministère de l’urbanisme et de l’habitat (1972-2013), et en considérant l’augmentation de la population qui voudrait une meilleure qualité de vie et pourrait accepter facilement d’intégrer un habitat durable à Téhéran, les demandes du logement ciblent principalement les trois pièces (68-80m²). Ce type de logement pourra ainsi facilement s’intégrer dans les éco-quartiers. En plus, nous pouvons également préconiser d’y faire figurer quelques logements de type 2 pièces et de type 4+ pièces afin de répondre à la demande de toutes les classes sociales et diversifier le parc de logement des éco-quartiers (Ministère de l’urbanisme et de l’habitat, Téhéran, 1972-2013).

Toutefois, le secteur de la construction est sous l’impact des sanctions internationales en Iran, ce qui créé des difficultés particulières. Notamment, on constate une augmentation rapide du prix du logement d’une année à l’autre, ceci étant fortement lié à l’augmentation du prix des matériaux et au coût élevé des infrastructures. Et pourtant, malgré la hausse des prix, la demande en logements reste vive.

Par ailleurs, on observe une forte variabilité du prix des logements, en considérant les différents quartiers de Téhéran, En effet, les quartiers nord de Téhéran ont des matériaux et des infrastructures de haute qualité, comparativement aux autres quartiers de Téhéran, ce qui se traduit par des prix de logements beaucoup plus élevés.

L’idée de développement durable dans le secteur du bâtiment, des éco-quartiers et aussi des maisons passives et respectueuses de l’environnement est en fait une mode récente : ce genre de logement coûte en effet beaucoup plus cher à la construction et pour y habiter. Pour un pays comme l’Iran, qui a beaucoup de ressources énergétiques traditionnelles, le coût des éco-constructions reste donc très cher et ne peut concerner qu’une minorité de la population. Pourtant, malgré ces handicaps, des cabinets d’architectures, ou encore l’Institut des nouvelles énergies qui est chargé de la recherche sur des énergies renouvelables, proposent des éco-constructions privées à de riches clients. Ceci traduit, en dehors d’un effet de mode, l’inquiétude pour les futures générations et la ville durable.

2.4 La question de l’énergie

La consommation d’énergie en Iran a tendance à se transformer. Les produits pétroliers, comme le fioul, sont remplacés par le gaz naturel ; ce remplacement peut atteindre jusqu’à 100% dans les secteurs résidentiels et commerciaux, mais il reste évidemment très incomplet dans le secteur des transports et dans le secteur de l’agriculture jusqu’à récemment.

Par ailleurs, les Iraniens ont commencé à utiliser, depuis 1994, des énergies renouvelables pour produire de l’électricité comme l’énergie hydraulique, l’énergie éolienne ou solaire et la géothermie. Dans le secteur résidentiel, les produits pétroliers sont de plus en plus remplacés par l’énergie électrique dans tous les secteurs (résidentiel, commerce, agriculture et industrie), celle-ci pouvant en outre provenir de sources renouvelables. Mais ce remplacement n’est pas aussi réussi que le remplacement des produits pétroliers par le gaz naturel.

Qu’est-ce qui motive cette réorientation vers des énergies renouvelables alors que l’Iran semble disposer à profusion d’énergies fossiles traditionnelles ? D’une part l’Iran, malgré ses ressources pétrolières, peut dans quelques années rencontrer la crise de l’énergie ; d’autre part, les questions environnementales ont des impacts directs sur la santé des Téhéranais ; enfin, la ville de Téhéran souffre de problèmes récurrents d’approvisionnement énergétique du fait de sa structure urbaine, ce qui tend à en augmenter les coûts. Pour toutes ces raisons, la question d’un passage progressif des énergies traditionnelles vers des énergies renouvelables doit être considérée comme une perspective à long terme. Ainsi, la Mairie de Téhéran, en considérant la pollution de l’air et l’environnement, a commencé à développer l’énergie solaire pour les chauffages et les chauffe-eau de ses bâtiments. Bien sûr, ce remplacement coûte beaucoup plus cher en comparaison du prix du pétrole ou du gaz, mais il permet de réduire la consommation sur le long terme, notamment en considérant l’abondance de l’énergie solaire en Iran.

Là encore, ces observations permettent de montrer qu’il y a une sensibilisation des Téhéranais qui est favorable à un changement de paradigme énergétique. Les Téhéranais ont commencé à avoir des gestes énergétiques pour utiliser l’énergie solaire dans le secteur résidentiel et encourager les citoyens à découvrir les énergies renouvelables. Mais il reste encore un long chemin pour bien mettre en valeur ces idées en construisant des éco-quartiers ou des éco-constructions à Téhéran.

La demande en habitat et en logements est une question cruciale pour les Téhéranais dans la mégapole de Téhéran aujourd’hui.

III Discussion : quels types d’éco-quartiers pour l’Iran ?

3.1-Quels sont des différents types d’éco-quartiers ?

Selon Taoufik Souami (Eco-quartiers-secrets de Fabrication), nous pouvons distinguer trois types différents d’éco-quartiers, qui sont apparus historiquement

3.1.1-Les éco-quartiers des années 1980 : le proto-quartier durable

Il s’agit plus souvent d’un ensemble bâti restreint situé en périphérie des villes, voire dans des zones rurales. Les initiateurs de ce type de projets sont souvent des spécialistes et des professionnels convaincus de l’importance d’une approche « écologique » de la construction et de l’aménagement. Engagés politiquement, inscrits dans des mouvements dits alternatifs, ces fondateurs de nouveaux quartiers adoptent d’abord la démarche avant de choisir le site. Une fois le projet de quartier conçu, ils partent à la recherche d’un lieu susceptible d’accueillir et de mettre en application leurs idées. Au cours des années 1980, quelques quartiers de ce type apparaissent en Autriche, aux Pays-Bas et en Allemagne. Il s’agit dans la plupart des cas d’éco-villages qui se transforment progressivement en quartiers. L’organisation sous une forme communautaire ou associative est souvent utilisée pour regrouper les habitants intéressés, en vue de réaliser le projet et d’organiser les espaces communs.

3.1.2- Les éco-quartiers des années 1990 : le prototype du quartier durable

Dans ce cas, certaines collectivités mettent à profit des événements urbanistiques exceptionnels pour initier des quartiers durables sur leur territoire : Exposition universelle à Hanovre, Exposition Bo01 à Malmِ, Jeux Olympiques à Londres, candidature aux Jeux Olympiques à Paris, etc. Ces événements représentent des occasions favorables pour initier des démarches en rupture avec les usages courants, affichant des objectifs ambitieux en matière environnementale. Les projets sont dans ces cas accompagnés par un travail de communication important en particulier en direction de l’international, et sont élaborés comme des quartiers particulièrement performants et exemplaires. Autrement dit, ces quartiers sont des opérations de démonstration pour les techniciens et pour les responsables politiques locaux. Certains exemples ne s’appuient pas nécessairement sur des événements antérieurs et extérieurs mais font de la création même du quartier un événement. Les montages institutionnels et financiers sont alors exceptionnels, voire inédits :

- les partenariats associent collectivités, développeurs (aménageurs), promoteurs privés, sociétés de logements sociaux, plusieurs opérateurs de services urbains pour le même domaine (énergie, eau, etc.), des groupements d’experts et de nombreux maîtres d’œuvre ;

- les financements sont cumulés et proviennent de différentes sources : locales (collectivités, promoteurs, développeurs), nationales (programmes sectoriels, subventions ministérielles exceptionnelles) et internationales (différents programmes européens).

Face à ces moyens, les responsables des projets locaux affichent des solutions techniques innovantes et surtout appliquées à une grande ampleur (recyclage systématique de l’eau pluviale, déploiement de plusieurs milliers de m² de panneaux solaires et photovoltaïques, etc.).

Au-delà de ce caractère démonstratif, ces projets de quartiers durables sont l’occasion pour les techniciens et les responsables politiques de tester, valider et corriger certains choix. Ces projets sont aussi considérés comme des lieux d’apprentissage.

3.1.3- Les éco-quartiers postérieurs aux années 1990

Dans le troisième type, les projets de quartiers sont initiés d’une manière classique et mobilisent des outils ordinaires de la construction et de l’aménagement, mais ils intègrent des objectifs de qualité environnementale. Autrement dit, ces quartiers adoptent des modes de production ordinaires et non exceptionnels pour les infléchir dans une perspective de développement durable. Certains renvoient clairement aux acquis des prototypes de quartiers durables (vedettes européennes). Ces projets, souvent de dimension modeste, s’inscrivent dans des durées plus longues. Au lieu de construire un quartier durable en cinq ans, des opérateurs locaux ou des collectivités insufflent des préoccupations environnementales dans leurs projets et réalisations successifs. Certains pourraient considérer ces quartiers types comme la conséquence de la dissémination des résultats issus des proto-quartiers et des prototypes. Cette conclusion n’est pas étayée par nos investigations. Les généalogies et les influences entre ces quartiers ne sont pas systématiques.

Dans les deux premiers types, les initiateurs créent un espace de travail exceptionnel, extraordinaire, pour dépasser les modalités de construction et d’aménagement classiques. Les promoteurs de ces quartiers ouvrent en quelque sorte une parenthèse dans leur activité classique pour mobiliser des moyens et des procédés particuliers. Leur ambition est ainsi de faire exemple et de transformer ces espaces de travail exceptionnel en modèle récurrent.

Pour le troisième type, en revanche, les protagonistes demeurent inscrits dans leurs modes de construction et d’aménagement classiques ou ordinaires. Les inflexions qu’ils y apportent produisent des changements substantiels dans la durée. Ces changements s’institutionnalisent moins par l’exemplarité que par une production de normes d’action implicites. Les liens entre constructeurs, promoteurs, développeurs, aménageurs et maîtres d’ouvrage politiques sont moins formalisés à travers des contrats et des engagements financiers lourds. Chaque opération et chaque réalisation portent ces mises en relation entre tels constructeurs et tels gestionnaires des services urbains. Le deuxième type, celui des quartiers exceptionnels aux moyens extraordinaires, et le plus connu et le plus diffusé. Il fonde le modèle nord-européen et confirme son image de performance environnementale.

Carte des activités économiques et administratives, concentration démographique et distance depuis le centre-ville de Téhéran en 2007.

3.2- Pouvons-nous construire les mêmes types d’éco-quartiers en Iran qu’en Europe ?

Si nous prenons en compte les projets d’éco-quartier réalisés en Europe, mais aussi ailleurs dans le monde (Chine, Amérique, etc.), chaque pays, chaque région et chaque projet a ses valeurs propres, mais tous gardent en commun le même objectif, à savoir : mettre en valeur la qualité environnementale. Chaque pays, chaque collectivité a une approche différente de l’éco-quartier, et a tenté de mettre en place ses projets dans le contexte qui était le sien. C’est une des raisons pour lesquelles tous ces projets sont intéressants car ils permettent de décliner diverses idées dans les projets réalisés qui nous stimulent. Mais il est également notable de constater que chaque ville a ses valeurs spécifiques, ses données idiographiques, dont il faudra tenir compte si on souhaite valoriser les projets d’éco-construction. Nous en déduisons que nous pouvons bien sûr nous inspirer des projets réalisés, mais qu’il faut prendre garde à ne pas chercher à transposer un modèle de façon aveugle : il n’y a pas de modèle unique d’éco-quartier durable que l’on pourrait appliquer universellement.

Il apparaît ainsi que l’Iran et Téhéran devront faire un effort d’imagination pour le type d’éco-quartier durable qui conviendra aux différentes données de cadrage de ce pays et de cette ville. Parmi ces données de cadrage, on peut relever quelques facteurs importants, que l’on retrouve dans toutes les problématiques d’éco-quartiers durables, et qui doivent être pris en compte, en y apportant des réponses locales. Ces facteurs génériques peuvent être :

1. des facteurs géographiques : les risques sismiques, vent, pluie, soleil, neige et sol ;

2. des facteurs physiques : la forme de la ville, l’histoire de la ville ou les quartiers ;

3. des facteurs sociologiques : les préférences et modes de vie des habitants des quartiers, des comportements des citoyens ;

4. des facteurs économiques : le prix, les charges, le pourcentage de demandes des logements…

Ces facteurs influencent en effet directement les types de constructions et/ou d’éco-constructions que l’on pourrait réaliser.

Mais dans la question des éco-quartiers Iraniens ou à Téhéran, un facteur supplémentaire doit être interrogé : il s’agit de la question de l’expérimentation, qui se justifie dans ce contexte puisqu’à ce jour aucun quartier de ce type n’y a été développé. Cette dimension expérimentale déplace légèrement les lignes du questionnement, puisqu’il n’est pas uniquement demandé de faire un éco-quartier viable techniquement, mais aussi de créer un objet exemplaire qui pourra faire prendre conscience de la nécessité et de la faisabilité de la chose, tant aux habitants qu’aux pouvoirs publics.

Conclusion

Pour construire des éco-quartiers et les intégrer dans la capitale iranienne, nous pouvons prendre comme exemple des projets du monde entier pour augmenter la qualité, ou l’inventivité des constructions. Mais nous ne pouvons pas construire de réplique exacte d’un quartier donné, puisqu’aucun territoire n’est totalement unique, du point de vue des facteurs conditionnant l’analyse d’un programme d’éco-quartier.

En Iran, selon les situations géographiques des régions, nous pouvons avoir des infrastructures et des éco-constructions similaires dans les différentes régions, mais les types d’éco-quartiers peuvent varier selon les besoins des villes, les politiques de la collectivité, les comportements des habitants, l’histoire des quartiers, du budget, etc. Ainsi, le type d’éco-quartier que l’on pourrait préconiser variera selon que l’on souhaite réutiliser un site urbain et abandonné, ou selon que l’on souhaite plutôt construire à côté d’une périphérie pour mettre en valeur l’image de la ville et y intégrer les logements demandés dans la société.

Cette question de l’éco-quartier durable en Iran, et plus spécifiquement à Téhéran, est une question complexe, qui ne peut se traiter par simple transposition, mais doit faire l’objet d’études et de recherches sérieuses.

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- www.senat.fr/rap/r10-594-2/r10-594-2_mono.html#toc41


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