N° 129, août 2016

Le zurvanisme et la question du destin


Traduit par
Samirâ Deldâdeh
Zeinab Golestâni

Fatemeh Zargari


Le zurvanisme est la plupart du temps considéré comme la croyance en la force infinie et implacable du destin. Les spécialistes continuent de débattre sur la date de naissance, l’origine, les règles et les rites, et la philosophie de ce culte. Mais ce qui est certain est que le « temps » occupe le centre des réflexions zurvanistes et du personnage mythique de Zurvan. Un aperçu sur l’histoire des religions montre que les civilisations antiques croyaient presque toutes en un « dieu du temps ». Mais celui-ci n’occupait pas de place remarquable dans la catégorisation de leurs dieux. Au contraire, au sein du zurvanisme, le « dieu du temps » joue un rôle crucial dans la création et la résurrection.

Le dualisme existant entre les forces du Bien et du Mal, Ormazd et Ahriman, constitue le point de départ de la théologie zoroastrienne. Mais elle demeure une religion monothéiste, puisqu’Ormazd a la précellence et l’emporte finalement sur Ahriman. Ainsi, le zoroastrisme peut être considéré comme faisant partie des religions monothéistes basées sur l’idée d’un Dieu unique. [1] Dans les textes pehlevi-zoroastriens, on évoque le dieu Zurvan par des termes tels que « le temps infini et éternel », ou encore comme dieu du temps et du destin. Zurvan est présenté comme le père d’Ormazd et d’Ahriman. Ce dernier reste cependant dans un stade inférieur à celui d’Ormazd ; il est juste le moyen de sa génération.
 [2] Se pose ici la question importante de savoir qui est le créateur du Bien et du Mal. D’autre part, nous pouvons aussi nous demander si la présence du Bien et du Mal, la vie et la mort, la lumière et les ténèbres, les phénomènes physiques et les principes éthiques, ne proviennent pas de l’idée de la présence de deux forces parallèles, Angra Mainyu et Spenta Mainyu. [3] Quelle est l’origine de ces deux notions ? D’après la littérature zoroastrienne, il existe deux sortes de temps : le temps éternel et infini, et le temps limité sur une durée d’une douzaine de milliers d’années. Le temps éternel est évoqué dans les textes antiques comme le temps « sans limite » ou « zurvan », et le temps limité comme le « temps de l’arrêt de dieu » [4].

Ainsi, selon l’importance qu’on accorde au temps et au dieu du temps dans la création, le culte mazdéite se divise en trois catégories : le zoroastrisme qui se fonde sur le monothéisme ; le mazdéisme traditionnel qui reconnaît le dualisme et le culte de plusieurs dieux ; et le zurvanisme qui s’éloigne du mazdéisme traditionnel sur le point de la croyance en une source unique de la création. [5] 

Plaque en bronze du mythe de Zurvan, Lorestân

Les textes initiaux du zoroastrisme nous disent qu’au commencement, Spenta Mainyu et Angra Mainyu étaient des jumeaux nés d’Ahourâ Mazdâ. Mais les textes datant de la période moyenne du zoroastrisme considèrent Spenta Mainyu et Ahourâ Mazdâ comme une force unique, introduite dans les textes pehlevis comme Ormazd. Celui-ci est donc l’un des jumeaux nés d’un père unique. Selon les croyances zurvanistes, Zurvan est le père d’Ormazd et d’Ahriman. [6] Un regard attentif sur ce mythe nous révèle que Zurvan a créé de lui-même les deux forces du Bien et du Mal. Dans la dialectique zurvaniste, l’existence de chacune de ces deux forces nécessite celle de son opposé. Dès lors, il n’est pas possible de créer Ormazd sans Ahriman. [7] Cela est expliqué avec précision dans le mythe de la genèse : le monde matériel est fondé sur le mouvement et le changement, qui n’ont pas lieu dans le monde stable et permanent d’Ormazd. Ainsi, Zurvan crée Ormazd pour que celui-ci devienne le créateur. Mais il doute de la possibilité de cette naissance, et Ahriman surgit de ce doute, et devient lui-même un créateur. Il entreprend la destruction des signes d’Ahourâ. Ainsi, le mouvement et le changement apparaissent, et avec eux la lumière et les ténèbres, la vie et la mort, le Bien et le Mal, et le monde matériel avec ses propres lois voit le jour. Pourtant, Zurvan est cité dans quelques textes comme un dieu-père qui ne joue pas de rôle actif dans les affaires du monde et des gens. [8] Dans ce cas-là, Ahourâ Mazdâ incarne le dieu créateur qui a recours à Zurvan et au Ciel. [9]

Les iranologues ont beaucoup discuté sur la place et le rôle du dieu Zurvan en Iran antique. L’ère achéménide (550-330 av. J.-C.) est le point culminant du culte zurvaniste. A cette époque, les bases philosophiques et mystiques de l’école zurvaniste commencent à connaître un important développement. Les informations concernant les dynasties séleucide (312-63 av. J.-C.) et arsacide (247-224 av. J.-C.) sont rares. Mais de l’époque des Sassanides (224-651) nous restent de précieuses informations sur la situation du culte zurvaniste. Les chercheurs partagent l’idée selon laquelle pendant cette dynastie, le mazdéisme traditionnel et le zurvanisme existaient tous deux comme des branches du zoroastrisme. L’école traditionnelle était résolument manichéiste et dualiste, et ne faisait preuve d’aucune tolérance religieuse à l’égard des autres courants zoroastriens, ni vis-à-vis des grandes religions telles que le christianisme et le judaïsme. Le zurvanisme s’élève strictement contre ce dualisme traditionnel en proposant sa théorie de l’Unité du créateur. Le monothéisme zurvaniste a introduit de nouvelles bases théologiques sans modifier les rites religieux et les principes éthiques de l’époque. [10] Par exemple, certains croient que d’après l’épigraphe du Cube de Zoroastre, après la mort de Shâpour Ier, le prêtre Kartir [11] s’est mis à réprimer les cultes non zoroastriens, dont les Zendiq qui sont, selon Zheaner, des disciples du zurvanisme. Mais malgré les efforts de Kartir, cette secte ne disparait pas. Atropat Mehraspendan [12], le grand prêtre de Shâpour II, vainc les zurvanistes de son temps qui sont alors considérés comme des fatalistes. [13] Malgré les rudes contraintes imposées, le zurvanisme parvient à s’intégrer à l’intérieur du système politique sassanide. Mehr Narseh, ministre de Yazdgard Ier, Bahram V, et Yazdgard II sont des exemples célèbres d’hommes d’Etat adeptes du zurvanisme.

Le zurvanisme est sous la plume de certains penseurs tels que Duchesne-Guillemin, l’une des religions iraniennes les plus anciennes, pratiquée notamment à l’ouest de l’Iran. Selon lui, ce peuple considérait Zurvan comme un grand dieu qui, après la création du monde, s’en retira ; conception que l’on retrouve dans les croyances des tribus mésopotamiennes. [14] Le zurvanisme est généralement considéré comme une école philosophique qui prend au fil du temps un aspect mystique. Ainsi, en se propageant dans la société, il atteint à l’époque des Parthes son apogée. Néanmoins, une fois touchée par une répression brutale, cette religion se transforme de nouveau en une école philosophique-mystique. Le zurvanisme survit sous différentes formes et réapparaît à l’époque islamique sous la forme de nouvelles écoles telles que celle de Dahriyeh. [15] Sa longue existence - 1500 ans - ainsi que les échanges interculturels avec d’autres nations apportèrent des changements dans ce culte.

Bas relief de Bahrâm II et ses courtisans. Kartir est la deuxième personne à partir de la gauche. Naqsh-e Rostam, Persépolis

Il existe diverses assertions sur la nature de Zurvan, désigné par les expressions telles que « dieu du ciel et du monde », « dieu du temps et du firmament », ou encore « dieu régnant sur le destin » [16]. En évoquant le dieu Zurvan, l’Avesta s’appuie sur des termes tels que « Zrvan » ou « Zrum », qui rappellent tous deux le temps ou le temps-destin. [17] Zurvan est donc un dieu indissociable du temps, du lieu, du firmament et du cosmos. Le déterminisme reste le caractère saillant de ce culte, ainsi que l’importance qu’il accorde au cosmos, aux planètes, aux étoiles fixes, au temps, et à la fin du monde. Le destin des créatures de ce monde est inscrit dans le temps limité. Alors que Zurvan est sans limite, le temps, tel qu’il est conçu à l’aube de la création, est un temps limité. [18]

Zurvan limité ou le Temps où se place le monde inférieur constitue donc une partie de Zurvan sans limite. Eternel et invariable, Zurvan est la source du Bien et du Mal ; il se veut le gardien de la justice et de l’équilibre entre le Bien et le Mal. [19] Le pouvoir éternel du temps est, selon les adeptes du zurvanisme, exercé par le pouvoir créateur d’Ormazd et par le pouvoir destructif d’Ahriman ; tout fait s’inscrivant dans le champ existentiel du temps.
 [20] C’est grâce au temps que s’effectuent les déplacements de l’ensemble des créatures d’Ormazd dans le monde entier, celles qui, à la fin du temps, mettent fin au règne d’Ahriman. C’est en ce sens que le temps devient la créature la plus puissante de la création. [21] Selon les zurvanistes, le destin des hommes est déterminé par Zurvan qui, pour réaliser ce fait, recourt à la voûte céleste, aux constellations, et aux sept planètes. [22] C’est de cette croyance que vient la place privilégiée de l’astronomie et de l’astrologie chez les adeptes de ce culte. La croyance en la dimension inévitable du destin dans le zurvanisme s’oppose aux perceptions mazdéennes.

Relief dans le village de Sar Mashhad, Kâzeroun, Fârs. Il comporte une longue inscription en pahlevi attribuée à Kartir, dans laquelle il détaille sa vision d’une religion d’Etat comme à Naqsh-e Rajab

Le zoroastrisme reconnaît une liberté à l’homme ; chacun de ses actes se produit donc selon une volonté absolue. Libre de choisir entre le Bien ou le Mal, l’homme tel qu’il est conçu dans le zoroastrisme ne reconnaît aucune force déterminant son destin. [23] Face à eux, les zurvanistes pensent que « les faits de ce monde s’inscrivent tous dans le destin, dans l’heure et dans l’étoile, tandis que Zurvan est le dieu souverain. » [24] Toujours selon les zurvanistes, l’homme ne peut changer son destin déterminé, à moins qu’il ne fasse des prières et des actes de bienfaisance. [25] La mort est cependant la partie du destin à laquelle il est impossible d’échapper. La fin de la vie de toute créature s’inscrit dans le champ de la volonté de Zurvan, dieu du temps-destin. [26] Les représentations parfois horrifiques de ce dieu dans les œuvres picturales témoignent de l’inévitabilité du destin humain. Dès lors, la philosophie morale du zurvanisme se définit par rapport à l’eschatologie. Selon cette religion, à la fin du monde, quand l’insatiable Âz [27] ne trouvera plus rien à manger, viendra l’heure de la ruine d’Ahriman et des forces du Mal. Acerbe et vorace, Âz dévorera sa proie ultime, Ahriman.28 En résumé, la théologie zurvaniste enseigne que l’homme doit se contenter dans la vie terrestre de sa propre part sans chercher à aller au-delà, passer sa vie dans la bonté et la bienfaisance, et rejoindre l’éternité à la fin de son inévitable destin.

  • Gozideh-hâye Zâdesparam, op. cit., p. 60.
  • Bibliographie :

    - Amouzgar, Jâleh, Târikh-e asâtiri-ye Irân (L’histoire mythique de l’Iran), Téhéran, Samt, 1995 (1374).

    -Bahâr, Mehrdâd, Pajouheshi dar asâtir-e Irân (Étude sur la mythologie iranienne), 2e éd., Téhéran, Agâh, 1997 (1376).

    -Boyce, Mary, Târikh-e kish-e Zartosht (A History of Zoroastrianism), Vol. I., 2e éd., Téhéran, Tous, 2005 (1384).

    -Djalâli Moghaddam, Mas’oud, Âyin-e Zorvâni (maktab-e falsafi-erfâni-e zartoshti bar mabnâ-ye esâlat-e zamân) (Le zurvanisme (école philosophique-mystique zoroastrienne basée sur l’authenticité du Temps), Téhéran, Amir Kabir, 2005 (1384).

    -Duchesne-Guillemin, Jacques, Zartosht va djahân-e gharb (La réponse de l’Occident à Zoroastre), traduit par Mas’oud Radjabniâ, Téhéran, Hirmand, 2014 (1393).

    -Sharifi, Golfâm, « Didgâh-e irâniyân-e bâstân be mas’aleh-ye djabr va ekhtiyâr » (Avis des anciens iraniens sur le déterminisme et la liberté), in Motâle’ât-e irâni (Revue des études iraniennes), Centre des recherches de la culture et des langues iraniennes, Université de Shahid Bâhonar, Kermân, N°7, 4e année, Printemps 2005 (1384), pp. 149-173.

    -Gozideh-hâye Zâdesparam (Les propos de Zâdesparam), traduit en persan par Mohammad Taghi Râshed Mohassel, Téhéran, Motâle’ât va tahghighât-e farhangi (Etudes et recherches culturelles), 1987 (1366).

    -Montazeri, Rezâ, « Zorvân dar gozar-e târikh » (Zurvan au fil du temps), in Misâgh, N°16, 4e année, Automne 2010 (1389), pp. 137-163.

    -Menog-i Xrad (Esprit de la sagesse), traduit par Ahmad Tafazzoli, 2e éd., Téhéran, Bonyâd-e Farhang-e Irân, 1975 (1354).

    -Hinnells, John Russell, Shenâkht-e Asâtir-e Irân (Persian Mythology), traduit en persan par Jâleh Amouzgâr et Ahmad Tafazzoli, 3e éd., Téhéran, Tcheshmeh, 1994 (1373).

    Notes

    [1Sharifi, Golfâm, « Didgâh-e irâniyân-e bâstân be mas’aleh-ye djabr va ekhtiyâr » (Avis des anciens Iraniens sur le déterminisme et la liberté), in Motâle’ât-e irâni (Revue des études iraniennes), Centre des recherches de la culture et des langues iraniennes, Université de Shahid Bâhonar, Kermân, N°7, 4e année, Printemps 2005 (1384), pp. 149-173 : 165.

    [2Menog-i Xrad (Esprit de la sagesse), traduit par Ahmad Tafazzoli, 2e éd., Téhéran, Bonyâd-e Farhang-e Iran, 1975 (1354).

    [3Dans le mazdéisme et la mythologie iranienne, « Spenta mainyu » ou « Xrad Spentâ » représente la force de la vie et la manifestation du bien et de la lumière. Il est le jumeau d’Angra Mainyu, force d’Ahriman et d’obscurité.

    [4Bahâr, Mehrdâd, Pajuheshi dar asâtir-e Iran (Étude sur la mythologie iranienne), 2e éd., Téhéran, Agah, 1997 (1376), p.34-34 ; Duchesne-Guillemin, Jacques, Zartosht va djahân-e gharb (La réponse de l’Occident à Zoroastre), traduit par Mas’oud Radjabniyâ, Téhéran, Hirmand, 2014 (1393), p. 49.

    [5Djalâli Moghaddam, Mas’oud, Ayin-e Zorvâni (maktab-e falsafi-erfâni-e zartoshti bar mabnâ-ye esâlat-e zamân). Le Zurvanisme (école philosophique-mystique zoroastrienne basée sur l’authenticité du temps), Téhéran, Amir Kabir, 2005 (1384), p. 3.

    [6Sharifi, op. cit., p. 107.

    [7Djalâli Moghaddam, op. cit., p. 147.

    [8Bahâr, op.cit., p. 426 ; Boyce, Mary, Târikh-e kish-e Zartosht (A History of Zoroastrianism), Vol. I., 2e éd., Téhéran, Tous, 2005 (1384), p.101.

    [9 Gozideh-hâye Zâdesparam (Les propos de Zâdesparam), traduit en persan par Mohammad Taghi Râshed Mohassel, Téhéran, Motâle’ât va tahghighât-e farhangi (Etudes et recherches culturelles), 1987 (1366), p. 4.

    [10Djalâli Moghaddam, op.cit., pp. 51-56.

    [11Grand prêtre zoroastrien sous sept rois sassanides (depuis Artaxerxes Ier à Narseh), Kartir joua un rôle primordial dans la revivification du zoroastrisme et la rédaction concise de l’Avesta.

    [12Le plus grand mobed à l’époque de Shâpour Ier, Adurbâd-i Mahrspandân ou Aturpât Mahrspandân recueillit une partie de l’Avesta. Aussi, il existe parmi les textes pehlevis une épitre signée de son nom.

    [13Sharifi, op. cit., p. 158.

    [14An (en sumérien), Anu (en Akkadien) est, dans la mythologie mésopotamienne, le dieu des cieux surveillant le destin des hommes. Cependant, c’est un dieu passif dont le caractère primordial est le gouvernement. Le destin des hommes est forgé par « An » et « Enlil », dieu de la Terre.

    [15Djalâli Moghaddam, op. cit. p. 74.

    [16Amouzgar, Jâleh, Târikh-e asâtiri-ye Irân (L’Histoire mythique de l’Iran), Téhéran, Samt, 1995 (1374), p. 31.

    [17Montazeri, Rezâ, « Zorvân dar gozar-e târikh » (Zurvan au fil du temps), in Misâgh, N°16, 4e année, Automne 2010 (1389), pp. 137-163 : 137.

    [18Bahâr, op. cit., p. 34.

    Zurvan constitue d’après la mythologie iranienne le temps illimité qui existait avant la création du monde. L’un des textes anciens abordant le sujet de la création, Bundahishn affirme que les événements situés dans le temps limité tels que la création d’Ormazd, la confrontation des forces d’Ormazd et d’Ahriman, la guerre finale, et enfin la victoire du bien sur le mal, se déroulent tous dans une inévitable et inchangeable période de 12 000 ans, après laquelle le temps limité s’adjoint au temps illimité, établissant une autre fois l’éternité primaire.

    [19Gozideh-hâ-ye Zâdesparam, op. cit., p. 2 ; Djalâli Moghaddam, op. cit., p. 146.

    [20Djalâli Moghaddam, op. cit., p. 168.

    [21Menog-i Xrad, op. cit., p. 107.

    [22Djalâli Moghaddam, op. cit., pp. 234-235.

    [23Ibid., p. 248 ; Hinnells, John Russell, Shenâkht-e Asâtir-e Irân (Persian Mythology), traduit en persan par Jâleh Âmouzgâr et Ahmad Tafazzoli, 3e éd., Téhéran, Tcheshmeh, 1994 (1373), p. 194.

    [24Menog-i Xrad, op. cit., p. 42.

    [25Ibid., p. 40.

    On rencontre dans la pensée zurvaniste deux sortes du destin (bakht), à savoir bakht et baghv. Le premier désigne ce qui est déterminé dès la prééternité, alors que le deuxième renvoie à ce qui est offert après.

    [26Djalâli Moghaddam, op. cit., pp. 248-250.

    [27Equivalent de l’avidité et de la cupidité, « Âz » s’oppose dans le domaine de la morale au bonheur et à la satisfaction. Le mettant au service d’Ahriman, le dieu Zurvan fait jouer à « Âz » le rôle de l’un des membres de l’armée d’Ahriman et comme un moyen de sa défaite. En tant que l’un des démons les plus avides, Âz rêve de dévorer le monde tout entier. Il apparaît selon trois facettes en l’homme : au travers son besoin de boire et à manger, sa sexualité, et son désir d’acquérir des biens et de tout ce qui est bon. Dans la guerre finale entre les forces du Bien et du Mal, Âz est l’un des généraux d’Ahriman qui sera finalement vaincu par Soroush. (Menog-i Xrad, op. cit., pp. 23-24 ; Gozideh-hâye Zâdesparam, op. cit., pp. 60-61.)


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