N° 15, février 2007

Kahrizak
Fondation caritative privée au centre du dispositif d’aide sociale iranien


Amélie Neuve-Eglise, Arefeh Hedjazi


Fondée en 1971 par le Docteur Mohammad Rezâ Hakimzâdeh, la fondation Kahrizak a, en l’espace de trente ans, connu un développement sans précédent pour accueillir aujourd’hui près de 1600 personnes âgées ou handicapées dans ses locaux situés au sud de Téhéran. Depuis un peu plus d’un an, elle accueille également des personnes atteintes de sclérose en plaque, au sein d’un bâtiment ultramoderne entièrement financé par des dons. On qualifie désormais cette Fondation de nouvelle " ville dans la ville " autosuffisante, offrant tout un réseaux de services sociaux et de facilités aux centaines de pensionnaires et d’employés qu’elle abrite. Lors d’une visite au sein de ce centre réalisée par la rédaction de la Revue de Téhéran au début de l’année 2007, nous avons pu rencontrer M. Pezeshki, responsable des relations publiques de ce centre, qui a accepté de nous accorder un entretien.

Pouvez-vous nous présenter un rapide historique de votre fondation ?

La fondation caritative Kahrizak a été fondée il y 35 ans par le Docteur Mohammad Rezâ Hakimzâdeh, qui était à l’époque directeur de l’hôpital Firouzâbâdi de Shahr-e-rey. Un jour, alors qu’il sortait de l’hôpital, il vit des personnes âgées et visiblement pauvres allongées près des grilles de l’hôpital. Lorsqu’il demanda ce qu’elles faisaient là, on lui répondit que c’était des personnes âgées que leurs enfants avaient laissé en ce lieu, en raison notamment de sa sacralité liée à la présence du tombeau de Shahr-e-Rey. Il demanda alors pourquoi on ne les ramenait pas chez elles. On lui répondit que ces dernières n’avaient pas de maisons. C’est alors qu’il prit la décision de leur trouver un logement convenable. L’endroit convenable le plus proche était un ancien dispensaire médical désaffecté appartenant à Fakhroddoleh, mère du Premier Ministre de l’époque, et situé dans le vieux village de Kahrizak. Il aménagea l’endroit en utilisant le surplus du matériel de l’hôpital où il travaillait et fournit un abri à ces personnes. Il devint peu à peu célèbre dans la région et on lui amena peu à peu de nouveaux pensionnaires, dont le nombre total atteint bientôt la vingtaine. C’est alors qu’il eut l’idée de fonder une maison de retraite permanente et non plus provisoire. Il déménagea de l’ancien dispensaire et trouva un propriétaire terrien nommé Hâdj Hassan Mohammadi qui accepta de lui céder gratuitement un hectare des terrains qu’il possédait dans la région. C’est avec l’aide de ses amis, qui lui firent notamment don de la totalité du matériel de construction, qu’il put construire le premier bâtiment du centre Kahrizak. Ce centre a ainsi commencé à fonctionner avec dix lits à peine sur un terrain d’un hectare, et avec un matériel de bord et des services très élémentaires. Aujourd’hui, cet ensemble couvre plus de 420 000 mètres carrés dont 160 000 mètres carrés de bâtiments, avec une capacité d’accueil de 1750 lits.

Cet ensemble a donc pu exister grâce à la générosité de certaines personnes et continue de se développer grâce au soutien de nombreux mécènes. D’ailleurs, nous avons récemment inauguré un bâtiment ayant une capacité d’accueil de 150 malades pour les personnes atteintes de scléroses en plaques. Cet édifice est l’un des plus modernes centres de soins spécialisés en sclérose en plaques de toute la région. Dans un futur proche, on projette également d’équiper chacune des chambres d’ordinateurs qui permettront aux patients d’avoir un accès direct à l’Internet et au monde. Enfin, au sein même de la Fondation, nous avons également deux écoles primaire et secondaire destinées à accueillir les enfants des employés ou bénévoles travaillant ici, ainsi que les enfants des couples handicapés qui vivent dans le complexe d’appartements spécialement conçus pour eux, et les enfants des villages environnants. Il y a aussi quelques appartements pour les personnes âgées qui préfèrent vivre seules. La Fondation abrite également une clinique dotée d’un excellent service de radiologie, d’un bloc opératoire, d’un laboratoire, etc. En parallèle, nous avons un centre de soins hospitaliers réservé à nos pensionnaires. Il s’agit d’un vrai hôpital qui est d’ailleurs notre intermédiaire médical avec les hôpitaux de la capitale où l’on envoie les patients nécessitant des soins spécialisés. Nous avons aussi un centre sportif. Pour nous, le sport est très important pour les personnes âgées et les handicapés. Tous les matins, nous organisons une séance de gymnastique d’une heure pour les pensionnaires âgés. Quant à nos jeunes handicapés, nous avons même plusieurs champions.

M. PEZESHKI

Sur quels critères vous basez-vous pour accepter de nouveaux pensionnaires ?

Nous procédons à un certain nombre d’examens médicaux tout en prenant en considération la situation familiale et économique. Au début, nous acceptions les pensionnaires selon des critères assez vagues : ceux incapables de travailler pour une raison ou pour une autre, ceux qui n’avaient pas de logis ou avaient à peine de quoi vivre, étaient les bienvenus dans la mesure des places disponibles. Mais par la suite, nous avons décidé de constituer deux groupes séparés : celui des handicapés (physiques ou mentaux) et des personnes âgées " dans le besoin". Nous avons également instauré des critères de sélection plus stricts, notamment concernant les handicapés : ils doivent avoir plus de dix-huit ans, ne pas avoir de comportements auto-destructifs, et ne pas constituer un danger pour les autres pensionnaires. De plus, leur situation financière est attentivement étudiée : nous sommes une association caritative et en tant que telle, nous n’acceptons que des pensionnaires qui soient vraiment dans le besoin. Cependant, il est vrai que ce critère demeure appliqué avec plus de rigueur pour les personnes âgées et plus faiblement pour les jeunes handicapés.

Quelle est la mission essentielle de votre Fondation ? Comment s’organise le quotidien de vos pensionnaires ?

Tout l’effort et la pensée des éducateurs, des bienfaiteurs, des bénévoles et de la direction de la Fondation de Kahrizak vise à faire en sorte que les personnes qui vivent ici n’aient pas simplement l’impression de survivre mais bien de vivre et de mener une vie physique et intellectuelle normale. Dans ce sens, nous avons, depuis quelques années, mis en place un certain nombre d’activités : des centres de rééducation comprenant kinésithérapie, physiothérapie, hydrothérapie, etc., une quarantaine d’ateliers de travaux manuels où, après avoir suivi un stage d’apprentissage, certains pensionnaires peuvent effectuer une activité rémunérée dans leur domaine. Ce salaire est un excellent moyen pour leur redonner l’impression de revivre. Pour un homme qui a travaillé toute sa vie et en est aujourd’hui réduit à vivre dans un lit, retravailler est une sorte de résurrection. Notre but principal était d’ailleurs, non pas de gagner de l’argent, mais simplement de les décoller du lit, non seulement pour éviter les problèmes physiques mais aussi en raison de la dépression liée au fait de rester allongé tout la journée. Nous avons aussi un petit terrain pour la culture et deux potagers à la disposition des pensionnaires. Ces endroits sont très importants pour les personnes âgées qui étaient autrefois des cultivateurs et ont travaillé la terre des années durant. En leur donnant une parcelle de terrain, on rend la coupure avec leur milieu naturel moins difficile, on leur redonne le sentiment de vivre.

Nous proposons également des activités culturelles au travers d’ateliers de musique, de théâtre, de peinture, de poésie, d’informatique, etc., sur des thèmes proposés par les pensionnaires eux-mêmes. En la matière, notre action a été si motivante que nous avons réussi à participer au premier festival de théâtre international des handicapés. Des cours sont également organisés dans ces ateliers par des enseignants et des artistes bénévoles. En outre, nous avons une bibliothèque contenant 12 000 volumes, tous fournis à titre gracieux par des donateurs privés. Enfin, nous disposons également d’un centre éducatif. Vu que la plupart des pensionnaires d’ici proviennent des couches les plus vulnérables de la société, le taux d’analphabétisme y est très élevé. Dans ce centre, ceux qui le veulent peuvent apprendre à lire et à écrire avec l’aide d’enseignant bénévoles. Nous avions des pensionnaires qui étaient analphabètes en arrivant ici et qui font aujourd’hui des études universitaires.

Organisez-vous également des activités ponctuelles, notamment lors des grandes fêtes iraniennes ?

Oui. Par exemple la Fête du Sacrifice est pour nous la journée la plus chargée de l’année. Et comme lors d’autres fêtes religieuses, nous organisons des spectacles en invitant éventuellement des musiciens ou des compagnies théâtrales. Durant la Fête du Sacrifice, nous recevons énormément d’offrandes, à tel point que depuis que cette Fondation existe, nous n’avons pas une seule fois acheté de la viande qui provient exclusivement des sacrifices rituels islamiques, et dont nous offrons le surplus aux autres fondations et maisons de retraite caritatives qui existent à travers tout le pays, surtout dans les régions les plus pauvres.

Les différents services et activités proposés sont-ils gratuits ?

Dans 90 % des cas oui. Dans 10 % des cas, pour les pensionnaires qui reçoivent une aide quelconque (allocation vieillesse, retraite), nous prenons un léger pourcentage qui est cependant loin de couvrir nos services.

Lieu de promenade réservé aux pensionnaires handicapés

Quelles sont vos sources de financement ?

Cette fondation fonctionne grâce aux dons financiers et en nature effectués par divers mécènes. Aujourd’hui, nous avons un budget de 73 000 milliards de rials par an, dont près de 80% est assuré par ces dons. Le reste est fourni par l’Etat et des organisations publiques ou semi-publiques. La plus importante partie de ces subventions publiques nous est versée par l’Organisation de l’Assistance sociale (Sazemân-e-Behzisti). La majeure partie des dépenses est donc financée par les particuliers.

Combien avez-vous d’employés et quelles sont leurs qualifications ?

Nous avons 940 employés salariés, ce qui est peu par rapport à l’importance des tâches que nous devons effectuer. Cependant, une grande partie du travail ici est assuré par des bénévoles. Rien que pour nos pensionnaires femmes, nous comptons deux mille femmes bénévoles qui travaillent par équipe tous les jours de la semaine de sept heures du matin à quatre heures de l’après-midi. Parfois, certaines personnes nous offrent leur aide d’une autre manière. Par exemple, tel bienfaiteur qui est médecin nous réserve gracieusement quatre heures par semaine pour traiter nos patients ou tel cinéma nous offre des séances gratuites.

Quant à nous, nous essayons d’employer ces offres de services selon les spécialités professionnelles de chaque bénévole. Par exemple, pour nos 1750 patients, nous disposons d’une clinique où ne travaillent que cinq médecins salariés. Le reste de notre équipe médicale de cinquante docteurs est constituée de médecins bénévoles. La majorité des personnes travaillant ici ne sont donc pas rémunérées. C’est sans doute parce que le docteur Hakimzâdeh a fondé ce centre d’une manière totalement désintéressée, qu’il revêt aujourd’hui une dimension presque sacrée pour beaucoup de gens. Nous sentons tous que ce premier vœu désintéressé du docteur Hakim qui a donné naissance à cette fondation conserve toujours toute sa puissance et donne de l’énergie à tous. Enfin, nous recevons une aide importante de la part d’une association caritative gérée par des femmes, qui prennent en charge la gestion des fournitures, organisent les marchés de bienfaisance et gèrent nos différents bureaux en Iran ou à l’étranger. En fait, elles complètent le travail des autres bénévoles.

Vos pensionnaires viennent-ils de l’ensemble de l’Iran, ou bien majoritairement de Téhéran ?

Jusqu’à il y a dix ans, nous acceptions tous ceux qui correspondaient à nos critères d’acception en fonction du nombre de lits disponibles. Cependant, nous avons reçu tellement de demandes que nous avons décidé de n’accepter que les résidants de la province de Téhéran. Cela dit, après quelques années, nous avons remarqué que les demandes provenant des autres régions correspondaient parfois exactement à nos critères d’acception, et avons donc quelque peu atténué cette condition de résidence à Téhéran.

Clinique de la Fondation Kahrizak

Quel est l’état psychologique général des pensionnaires lorsqu’ils arrivent ici ? Remarquez-vous une amélioration de leur état après quelque temps passés au sein de la Fondation ? Est-ce que les ateliers destinés à leur redonner un certain goût à la vie sont efficaces ?

Un oiseau enfermé, que ce soit dans un petit carton ou une cage en or, se sentira toujours enfermé. Pour les maisons de retraite, c’est la même chose. Aussi complets que soient les services qu’offrirait une maison de retraite, ce n’est pas leur vraie demeure, leur endroit à eux. La meilleure des maisons de retraite ne vaudra jamais le pire des domiciles. Il nous arrive souvent d’avoir affaire à des personnes âgées qui vivent dans des endroits, des maisons aux conditions épouvantables. Mais lorsqu’on veut les transférer ou les déplacer, les spécialistes nous conseillent de ne pas le faire parce que ces quatre murs de pisé donnent à cette personne un sentiment d’intimité qu’elle n’aura jamais dans une maison de retraite et que leur déplacement serait perçu par elle comme un emprisonnement. Nous sommes confrontés à ce genre de problèmes ici, quoique nous fassions. Il y a les problèmes inhérents à l’âge et au vieillissement des cellules cérébrales, des cas de démence, d’Alzheimer, etc. Nous tentons d’enrayer un peu ce genre de problèmes notamment au travers du sport, des exercices physiques etc., mais ces problèmes existent malgré tout.

Vous accueillez essentiellement trois groupes de pensionnaires ; acceptez-vous également certaines personnes dont les capacités cérébrales et intellectuelles sont fortement endommagées ?

Il y a 25 ans, nous avions de jeunes adolescents aux cerveaux paralysés mais depuis, des centres spéciaux ont été créés pour eux et on les y a transférés. A part cela, nous avions quelques cas d’handicaps mentaux et physiques très graves, qui ont également été transférés dans des centres spéciaux pour que l’on puisse accueillir des handicapés conscients pouvant donc bénéficier des activités qui leur sont proposées.

Quel genre de problèmes rencontrez-vous au niveau de la gestion de cette fondation ?

Les problèmes économiques subis par le pays ont une répercussion directe sur notre financement, car ce sont les donateurs privés qui nous financent et nous ne disposons pas de sources de revenu indépendantes. Selon les années et la conjoncture, nous recevons beaucoup, parfois beaucoup moins. Nous ne sommes pas une administration publique qui se fixe un budget pour toute l’année et qui planifie ses dépenses en fonction des sommes prévues. Ici, nous commençons l’année simplement avec de l’espoir au cœur en espérant que les dons seront suffisants pour couvrir les dépenses et, extraordinairement, ça marche. Peut-être à cause, encore une fois, du vœu désintéressé qui a été à l’origine de la fondation de cette institution.

En ce qui concerne nos relations avec les pensionnaires, l’un des devoirs de nos équipes de spécialistes, employés ou bénévoles est de les aider à réduire au

mieux leurs problèmes physiques ou affectifs, avec toutes les difficultés que cela peut comporter.

Recevez-vous davantage d’offres d’aide financière et matérielle ou de travail bénévole ?

Des trois, mais nous avons surtout besoin d’argent. La seule chose dont on ne manque jamais, c’est la viande rouge qui nous est fournie par les sacrifices. Mais nous devons acheter tout le reste. Cependant, nous avons des fournisseurs attitrés qui nous font des réductions spéciales car nous achetons en gros.

Avez-vous plus de demandes que vous ne pouvez en accepter ou, au contraire, vous arrive-t-il d’avoir des places vides pendant un certain temps ?

La plupart du temps, les demandes sont supérieures au nombre de places disponibles et les demandeurs doivent attendre en moyenne six mois avant d’obtenir une place.

Vos pensionnaires sont-ils acceptés à vie ?

Dans plus de 99 % des cas, oui.

Quel est l’âge minimum à partir duquel une personne âgée peut-être acceptée au sein de la Fondation ?

Pour les handicapés jeunes, il faut qu’ils aient au moins dix-huit ans ; mais concernant les personnes âgées, c’est un peu plus vague car nous n’avons pas de limite précise. Certains disent qu’on est âgé à partir de 65 ans, d’autres disent que ce n’est qu’à 70 ans qu’on peut être légalement considéré comme une personne âgée. Mais nous avons des cas de quinquagénaires, correspondant socialement à nos critères, ayant déjà subi quatre attaques cérébrales, et que les problèmes physiques et économiques ont contribué à transformer en nonagénaires.

Bibliothèque de la Fondation Kahrizak

Dans la mesure où une organisation publique, Sâzemân-e-Behzisti, finance une partie de vos fonds, quel est l’influence de l’Etat dans la gestion des fonds et au sein de la Fondation dans son ensemble ?

La Fondation demeure avant tout une institution privée, mais comme toutes les institutions, nous devons travailler dans le cadre des lois et nous soumettre aux directives des organismes publics telles que l’Organisation de l’Assistance sociale (Sâzemân-e Behzisti). De part notre mission, nous sommes donc en quelque sorte un relais de cette Organisation ; nous poursuivons les mêmes buts et nous avons la même optique.

Mais concernant la gestion et l’organisation de nos activités, nous ne subissons aucun contrôle particulier. On peut simplement parler de collaboration fructueuse.

Organisez-vous également des rencontres ou des colloques au niveau international ?

Nous avons organisé il y a huit ans la première conférence internationale consacrée aux personnes âgées. Les échanges réalisés ont été très intéressant, et à la suite de cela, nous avons publié trois excellents livres sur les personnes âgées, les maisons de retraite et la gériatrie en général.

Quelles relations avez-vous avec les autres fondations internationales semblables aux vôtres ?

Nous avons de bonnes relations. Ils nous envoient parfois des dons mais nous n’avons pas beaucoup d’échanges scientifiques. Notre effort principal à l’étranger réside dans le fait de faire connaître notre Fondation et d’attirer des dons. Nous avons ainsi des antennes à Los Angeles et à Londres qui collectent les dons et nous les font parvenir.

Quels sont vos projets pour le futur ?

Une bienfaitrice nous a récemment acheté un terrain situé tout près d’ici. Nous avons l’intention d’y construire le premier centre de recherche pour la prévention et la diminution des cas de handicaps, ainsi que l’amélioration du quotidien vécu par les personnes du troisième âge. Tous les frais de ce centre seront pris en charge par des mécènes et nous y formerons des étudiants et des chercheurs qui couvriront l’ensemble du territoire national. Pour l’instant, nous sommes donc en train de mettre en place les projets que nous avons pour la construction de ce centre, de ses ateliers et de ses activités.

Y a-t-il d’autres fondations semblables à Kahrizak - même si de dimension moindre-, en Iran ?

Il n’existe pas de fondations caritatives aussi vastes et offrant une telle diversité de services, cependant, il y a tout de même quelques institutions très modernes telles que la Fondation Sainte Marie qui accueille une cinquantaine de pensionnaires chrétiens, ou la Fondation Juive. De plus, la plupart des provinces ont pris modèle sur Kahrizak pour édifier divers centres caritatifs. A ce titre, on peut citer la Fondation Shahid Fayâz

Bakhsh à Mashad, dotée de six cents lits et la Fondation des Personnes âgées de Rasht. Il y a également de très bonnes institutions caritatives ressemblant à Kahrizak à Yazd, Kermân, Kâshân et dans la plupart des autres grandes villes de province.

Est-ce que la fondation d’un centre comme Kahrizak a provoqué un changement des mentalités par rapport aux personnes âgées ?

Nous faisons de notre mieux, mais comme je l’ai déjà dit, la meilleure des maisons de retraite ne vaut pas le pire des domiciles. Nous faisons de notre mieux pour leur offrir le meilleur, mais cet endroit ne pourra jamais être leur vraie maison. Une personne âgée, séparée de ses proches, n’aura jamais l’impression d’être parfaitement chez elle dans une maison de retraite. Cependant, on a assisté à un changement des mentalités et des conditions économiques et sociales. Ainsi, autrefois, même si les gens étaient plus pauvres, les maisons coûtaient moins chères et étaient plus grandes, des familles entières pouvaient vivre ensemble sans aucun problème alors qu’aujourd’hui, avec l’inflation du prix des logements, on peut seulement s’offrir des appartements minuscules. Les gens peuvent donc plus difficilement garder leurs parents âgés chez eux, et cela peut créer des situations difficiles, pour les jeunes comme pour ces personnes âgées. Dans cette optique, je me dis que si la personne âgée doit vivre avec ses enfants en se sentant de trop, cette humiliation ne serait pas pire que de vivre dans une maison de retraite.

Avez-vous des pensionnaires appartenant aux minorités religieuses iraniennes ?

Oui, d’ailleurs, la semaine dernière, à l’occasion de la fête de Noël, nous avons organisé une fête superbe. Nous avions invité un prêtre et quelques religieuses, on a dit la messe et chanté des cantiques pour notre vingtaine de pensionnaires chrétiens. Nous avions également invité les pensionnaires des autres maisons de retraite aux alentours.

Merci de nous avoir accordé votre temps et d’avoir répondu à nos questions.


Visites: 1035

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.



1 Message

  • Kahrizak 2 septembre 2010 21:01

    la fondation Kahrizak est vraiment un lieu saint et je me demande quel genre de saint étiat son fondateur, que dieu le bénisse. en iran c’est un honneur d’avoir ce genre d’établissement.j’invite tous les lecteurs, ou qu’ils soit dans le monde, d’inciter aux dons pour ce centre qui nécessite des moyens pour acceuillir plus de personnes.même des gens aux USA envoient des dons à ce centre.envoyer un dons à ce centre est à mon avis un acte infiniement charitable et juste, je sais que votre argent sera utilisé au mieux sans aucun problémes, ils sont vraiment dévoués et honnêtes.
    envoyez, vous tous lecteurs, le lien de ce centre à tous les fondations du monde.faites le connaitre.merci.

    repondre message