N° 9, août 2006

le zourkhâneh
Historique d’un sport traditionnel


Hossein Kohandani


Il ne reste aucune trace écrite valable datant de la période préislamique de l’Iran, où il serait question de la pratique du sport Zourkhaneh ; ni dans les épigraphes, ni sur les pierres, ni sur les façades des monuments historiques, ni même sur les divers objets découverts à l’occasion de fouilles archéologiques. Les fragments à valeur informative qui nous sont parvenus, concernant plutôt les victoires militaires et les héros de guerres.

Néanmoins, certains signes tendent à montrer que ce sport existait déjà à l’époque susdite, ne serait-ce que pour la préparation à la guerre, pour le conditionnement des unités. En effet, le matériel utilisé par les soldats dans le cadre de leurs entraînements, étaient particulièrement, voire excessivement lourd, ce qui atteste la thèse d’un conditionnement militaire intensif allant au-delà d’une simple amélioration des aptitudes physiques.

Il existe cependant d’évidentes ressemblances entre le matériel utilisé dans le Zourkhaneh (comme les petits haltères, les "Kabbadehs") et l’arc et la masse d’arme. Les tambours également, dont la fonction dans le Zourkhaneh, est de coordonner les mouvements des corps et d’encourager les sportifs, ne manquent pas de ressemblances avec les anciens tambours de guerre.

Quelques coutumes pour entrer dans les lieux du Zourkhaneh

Il est communément admis, du moins chez les sportifs eux-mêmes, que l’espace du Zourkhaneh est réservé aux purs, aux généreux, aux gens dignes, polis, modestes, croyants, pratiquants ; en somme, aux irréprochables parmi les irréprochables.

L’entrée du Zourkhaneh est une porte basse, de sorte que pour s’introduire dans la salle principale, le sportif et le visiteur sont obligés de se pencher en signe de modestie. La phase pratique de ce sport débute dès l’aube, après la prière du matin et ce, jusqu’à l’heure du petit déjeuner. Mais il est également devenu assez courant, depuis une trentaine d’années, de s’y adonner le soir, en prenant soin de laisser s’écouler deux bonnes heures après le dîner.

Le "Morched" (Maître) du Zourkhaneh se doit de respecter le sportif qui entre dans les lieux à la mesure de son rang (son ancienneté, ses succès, etc ...). Il a également la charge d’annoncer la bienvenue aux sportifs en tapant sur son tambour, et de faire sonner la cloche pour les champions de haut niveau.

Les sportifs doivent s’agenouiller et embrasser le sol ainsi que le matériel sportif, autrement dit, leurs haltères, le "Kabbadeh" et la "Grande Pierre". Pour faciliter cette tâche, le sportif peut poser sa main droite sur ses lèvres, l’embrasser, et toucher ensuite le sol. Il doit répéter ce geste à chaque fois qu’il quitte les lieux.

Pendant les séances, c’est le doyen des sportifs qui dirige l’ensemble du groupe, les anciens au même titre que les débutants.

Au cours de sa présentation individuelle, le pratiquant doit demander l’aval des anciens, avant que le "Morched" ne l’autorise à débuter son exhibition au centre de la piste.

Le "Morched" chante à haute voix d’anciens poèmes et encourage les sportifs pendant toute la durée de la séance.


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