N° 5, avril 2006

Man-e honar
Musée de l’art moderne Iranien


Massoud Ghârdâshpour


Photos : Massoud GHARDASHPOUR

"Mân-é honar". Depuis plus d’une année, sur les panneaux publicitaires, partout dans la ville, dans le métro et dans les journaux, on peut voir ce titre, avec, en sous-titre, "Iranian museum of modern art". Le titre anglais évoque l’idée d’un musée de l’art moderne, sans apporter de précisions sur le sens du mot "mân". Certains panneaux apportent cependant des explications supplémentaires, auxquels s’ajoutent les commentaires avisés des camarades. Au final, on parvient à se faire une idée assez précise quant à la signification du mot. Le slogan publicitaire précise : "mân veut dire : le foyer, un foyer pour l’art, un foyer pour l’architecture, un foyer pour le design". Musée, foyer, art moderne, architecture, design, autant de termes qui attisent la curiosité, et qui donnent envie d’aller voir ce fameux "foyer" ou "musée" de l’art moderne.

A l’entrée du musée, on trouve, à côté du logo du musée, constitué de lettres installées sur des chaises fixées au mur, un lion en cuivre accroupi, dont les entrailles métalliques sont faites de chaînes et de roues dentées. En le voyant, on pourrait penser qu’il symbolise le saut vigoureux de l’art moderne vers l’avenir. En entrant, il est difficile d’identifier, au premier abord, l’enchevêtrement des nombreuses galeries. Ce musée ne ressemble à aucun autre. Il est labyrinthique, riche en étroits couloirs qui conduisent à des galeries aux dimensions variées, vers des escaliers étranges en fer et en acier. Il faut un certain temps pour se familiariser avec l’atmosphère du lieu. Il y a toutes sortes de meubles, une table avec des sièges en forme de pieuvre, des chaises forgées. On y trouve tout ce qui compose un intérieur, revu et corrigé par la magie de l’art. L’originalité de l’endroit donne alors à réfléchir à la définition de l’art tel qu’il se présente au sein de cette installation.

Les responsables du musée nous ont apporté une précision relative aux subdivisions du bâtiment. En effet, l’ensemble est divisé en deux parties : la partie exposition temporaire et celle qui en constitue à proprement parler, la section permanente. Selon les dires de Afrouz Nâsser-Shariff, directrice des relations publiques du musée, "Dans la partie temporaire, une exposition nouvelle est présentée chaque mois, en rapport au design. La partie permanente fonctionne comme un petit musée où sont reproduites des œuvres mondialement connues (toujours dans le même domaine). Cette partie est ouverte au public uniquement durant la première semaine d’exploitation de chacune des expositions".

Quant au contenu, Gholâm-Réza Mo’tamédi, l’architecte et le directeur du musée nous a expliqué : "notre but consiste à travailler dans le domaine des arts ayant un rapport direct avec la vie de tout le monde. Des arts qu’on ne trouve pas dans les musées et les galeries habituelles. Dans cette optique, nous avions un œil rivé sur les activités de l’école de Bauhaus en Allemagne pour qui l’art est étroitement lié à l’industrie". En accord avec les propos de Mo’tamédi, l’exposition en cour, "l’ère du plastique", est à ce titre consacrée au design. De la brosse à dents à l’aspirateur, on y trouve tout ce qui, dans la vie quotidienne, a trait au plastique. "Nous travaillons dans le domaine des arts fonctionnels, précise Nâsser-Shariff. Il n’est pas question pour nous de programmer des expositions de peinture ou de sculpture, car le graphisme dont nous sommes friands, est lui-même une peinture fonctionnelle. Même chose pour la sculpture, une chaise bien dessinée peut être considérée comme une véritable sculpture. Nous voulons introduire l’art dans le quotidien des gens afin d’embellir un peu ce quotidien." L’exposition est d’une richesse impressionnante. Outre les produits iraniens (par exemple les productions de Yazd Gol) on y trouve des photographies ou des produits dessinés par des artistes étrangers tels que Philippe Starck ou Karim Rashid. Avec ce musée, le design a vraiment trouvé une place de choix pour s’afficher. L’art moderne dans "Mân-é Honar" acquière donc une dimension particulière. On peut le définir comme une fenêtre "artistique" ouverte sur notre ordinaire. Désormais, dans notre agenda, il est impératif d’ajouter le nom de ce musée.


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