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	<title>La Revue de T&#233;h&#233;ran | Iran </title>
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	<description>Iran | Mensuel culturel iranien en langue fran&#231;aise | Histoire de l'Iran, Art iranien, Culture iranienne, Traditions iraniennes, Litt&#233;rature persane, Langue fran&#231;aise en Iran,</description>
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		<title>La Revue de T&#233;h&#233;ran | Iran </title>
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		<title>Les Mille et Une Nuits en Europe, d'apr&#232;s Robert Irwin</title>
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		<dc:date>2008-03-01T09:17:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tahmouress Sadjedi</dc:creator>


		<dc:subject>litt&#233;rature</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;crivant</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Outre leur dimension litt&#233;raire, Les Mille et Une Nuits sont une source nous livrant des renseignements pr&#233;cieux sur l'histoire sociale de l'Asie du Sud Ouest du VIIIe et IXe si&#232;cles. Par cons&#233;quent, &#224; partir du XVIIe si&#232;cle et jusqu'&#224; aujourd'hui, un certain nombre d'orientalistes ou de sp&#233;cialistes de la litt&#233;rature europ&#233;ennes ont port&#233; leur attention sur ce livre en essayant d'en trouver des manuscrits complets tout en r&#233;digeant des &#233;tudes critiques estimables sur cet ouvrage &#224; l'auteur inconnu, - (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;N&#176; 28, mars 2008&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;litt&#233;rature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;&#233;crivant&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton14-9225a.jpg?1687724853' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Outre leur dimension litt&#233;raire, &lt;i&gt;Les Mille et Une Nuits &lt;/i&gt;sont une source nous livrant des renseignements pr&#233;cieux sur l'histoire sociale de l'Asie du Sud Ouest du VIIIe et IXe si&#232;cles. Par cons&#233;quent, &#224; partir du XVIIe si&#232;cle et jusqu'&#224; aujourd'hui, un certain nombre d'orientalistes ou de sp&#233;cialistes de la litt&#233;rature europ&#233;ennes ont port&#233; leur attention sur ce livre en essayant d'en trouver des manuscrits complets tout en r&#233;digeant des &#233;tudes critiques estimables sur cet ouvrage &#224; l'auteur inconnu, - comme, d'ailleurs, d'autres livres anonymes tels que l'encyclop&#233;die &lt;i&gt;d'Akhav&#226;n-e-Saf&#226; &lt;/i&gt;et les &lt;i&gt;Chansons de Nibelungen&lt;/i&gt; - ; &#233;tudes qui ont donn&#233; naissance &#224; des travaux compar&#233;s et ont conduit au d&#233;veloppement d'une influence croissante des contes de ce livre sur la litt&#233;rature mondiale, et notamment europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse d'Irwin, sp&#233;cialiste de la litt&#233;rature moyen-orientale et de l'histoire des sultans Mamelouks en Egypte, porte justement sur la question de cette influence en apportant une r&#233;ponse appr&#233;ciable &#224; un certain nombre de questions et de probl&#232;mes auxquels les amateurs et les sp&#233;cialistes de ce livre n'avaient trouv&#233; jusque l&#224; que des r&#233;ponses incompl&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le titre des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt; &#233;voque d'embl&#233;e le nom d'Antoine Galland (1648-1715), qui fut son premier traducteur fran&#231;ais et europ&#233;en. Galland effectua trois voyages &#224; Constantinople, et finalement, au d&#233;but du XVIII&#232;me si&#232;cle, il se procura un manuscrit des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt; &#224; Paris et entreprit de le traduire, alors m&#234;me qu'en Orient ce livre n'&#233;tait que peu appr&#233;ci&#233; et m&#234;me parfois consid&#233;r&#233; comme l&#233;ger et &#233;rotique. Il publia le premier volume de sa traduction en 1704, et vers 1709, il fit la connaissance d'un syrien maronite nomm&#233; Henn&#226; Diab qui lui raconta quatorze contes. Il ins&#233;ra par la suite sept d'entre eux dans sa traduction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le, il traduisit &#233;galement une bonne partie du r&#233;cit de voyage en Inde de l'historien iranien du XV&#232;me si&#232;cle Abdel Razz&#226;gh Samarghand&#238; et l'ins&#233;ra dans sa traduction. Ce genre d'intervention et de manipulation des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt; fera alors &#233;cole dans le monde litt&#233;raire mercantile et nombre d'orientalistes, d'&#233;crivains et d'amateurs de la litt&#233;rature orientale, s'y livreront parfois avec cupidit&#233;, discr&#233;ditant de la sorte sa valeur litt&#233;raire.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_785 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L403xH252/14-2-38aa2.jpg?1686669066' width='403' height='252' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Les Mille et Une Nuits, le dix-septi&#232;me soir, San&#238;'-ol-Molk, 1849-1856&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;La mise &#224; profit d'une source historique a amen&#233; Irwin &#224; d&#233;clarer que Galland a pu &#233;galement mettre &#224; contribution, dans sa traduction, d'autres sources, telles que &lt;i&gt;Farradje ba'd az sheddat&lt;/i&gt; (Le soulagement apr&#232;s la violence), &#233;crit par un certain Tannakh&#238; et traduit et publi&#233; par Fran&#231;ois Petis de Lacroix dans ses &lt;i&gt;Mille et Un Jours&lt;/i&gt;. Malgr&#233; tout, Galland r&#233;ussit &#224; donner, en douze volumes, une traduction quelque peu aseptis&#233;e et acceptable par la censure royale de l'&#233;poque, qui re&#231;ut un accueil chaleureux aussi bien en France qu'en Angleterre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la traduction de Galland jusqu'au d&#233;but du XIX&#232;me si&#232;cle - c'est-&#224;-dire pendant pr&#232;s d'un si&#232;cle, un nombre consid&#233;rable de parodies et de pastiches des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt; furent publi&#233;s en France et en Angleterre, d'autant plus que vers la fin du XVIII&#232;me si&#232;cle, ce livre avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; traduit du syriaque en grec moderne. Enfin, si l'on croit E. M. Quatrem&#232;re qui fut l'&#233;l&#232;ve de Dansse de Villoison, celui-ci, dans son cours de grec moderne &#224; l'Ecole des Langues orientales vivantes de Paris, enseigna &#233;galement cette version grecque de 1800 &#224; 1805.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autrichien Joseph von Hammer remit en 1825 une version fran&#231;aise des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt; qui sera publi&#233;e par G. S. Tr&#233;bution &#224; Paris, en 1828. Mais l'&#233;v&#233;nement le plus important de cette &#233;poque est la premi&#232;re &#233;dition de ce livre &#224; Calcutta en 1814 (on y publia &#233;galement une seconde &#233;dition en 1839). Celle de M. Habicht, publi&#233;e &#224; Breslau en 1824, sera ensuite compl&#233;t&#233;e par H. Fleischer ; celle de Boulaq, pr&#232;s du Caire, sera publi&#233;e en 1835, et c'est justement cette m&#234;me version qui servira de base &#224; de nombreuses autres traductions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut apparemment apr&#232;s cette &#233;dition que le prince iranien Bahman M&#238;rz&#226; ordonna, en l'an 1255 de l'h&#233;gire/1838, au grand traducteur iranien A. Tassoudj&#238; Tabr&#238;z&#238; de la traduire en persan. Il demanda &#233;galement au grand po&#232;te Sorouch-e Esfah&#226;n&#238; de remplacer certains vers arabes, souvent l&#233;gers, par ceux de po&#232;tes iraniens voire par ceux de sa propre anthologie. Irwin ne parle pas de cette traduction compl&#232;te qui m&#233;rite pourtant d'&#234;tre examin&#233;e par les critiques modernes. J. T. Zenker la cite bien ; seulement au lieu de dire qu'elle fut publi&#233;e &#224; Tabr&#238;z en l'an 1261 de l'h&#233;gire/1844, il donne la date erron&#233;e de 1264/1848 et rapporte qu'elle fut publi&#233;e &#224; T&#233;h&#233;ran, alors qu'elle avait d'abord &#233;t&#233; publi&#233;e &#224; Tabriz, puis &#224; T&#233;h&#233;ran. C'est cette &#233;dition qui depuis lors a &#233;t&#233; &#224; maintes reprises r&#233;&#233;dit&#233;e en Iran, et la derni&#232;re datant de 1384/2005 comporte toujours mille et un jours. Plus tard, le portraitiste iranien San&#238;'-ol-Molk orna ces &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt; d'excellents portraits rest&#233;s m&#233;morables dans les souvenirs de tous ses lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'anglais E. W. Lane, qui avait v&#233;cu au Caire avant d'entamer la traduction des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt;, avait publi&#233; un livre retentissant sur les m&#339;urs des Egyptiens, livre qui demeure consid&#233;r&#233; comme l'une des meilleures &#233;tudes ethnologiques consacr&#233;es &#224; l'Egypte de l'&#233;poque. De 1838 &#224; 1841, il publia &#233;galement en trois volumes la traduction des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt; accompagn&#233;e d'un grand nombre de notes et de commentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres traductions apparurent &#233;galement en Europe vers la fin du XIX&#232;me si&#232;cle, notamment celle de l'anglais R. F. Burton en six volumes (1886-1888) qui, sur les conseils de H. Zotenberg, admettait les origines indo-persanes des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt;. C'est cette traduction qui a attir&#233; l'attention de l'&#233;crivain argentin Jorge Borges, l'ayant m&#234;me amen&#233; &#224; dire qu'elle &#233;tait la meilleure dans son genre, alors m&#234;me que Burton, par suite d'une tentative crapuleuse, y avait ins&#233;r&#233; un grand nombre d'histoires pornographiques. Citons encore d'autres traductions, comme celle de G. Weil, demeur&#233;e inachev&#233;e (1837-1841), celle d'E. Gauttier, presque achev&#233;e (1822-1827), et celle de Destains (1823-1825), pr&#233;c&#233;d&#233;e d'une biographie de Galland par Ch. Nodier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au XX&#232;me si&#232;cle, de nouvelles traductions ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es, dont celle de Joseph-Charles Mardrus, d'origine mingrelo-cairote. Sa famille &#233;tait originaire de Mingr&#233;lie en G&#233;orgie et elle avait, &#224; une date incertaine, pris le chemin du Caire o&#249;, selon Marc Fumaroli, Mardrus nacquit en 1848. Cette date et les donn&#233;es fournies par ce sp&#233;cialiste du XVII&#232;me si&#232;cle remettent d'ailleurs en cause celles d'Irwin. Mardrus suivit sa scolarit&#233; chez les J&#233;suites de Beyrouth pour ensuite poursuivre des &#233;tudes de m&#233;decine &#224; Paris. Il y fr&#233;quenta notamment le cercle de St&#233;phane Mallarm&#233; et fit la connaissance d'un certain nombre d'&#233;crivains et de po&#232;tes, tels qu'Andr&#233; Gide, Anatole France et Paul Val&#233;ry. Parall&#232;lement &#224; ses &#233;tudes de m&#233;decine, il avait entam&#233; en 1899 une traduction des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt; dont il publia le premier volume sous le titre de Mille Nuits et Une Nuit. Finalement, il adopta l'exemple de Galland et publia les volumes suivants qu'il acheva en 1904 sous le titre de &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt;. Les arabisants critiqu&#232;rent cependant sa traduction et la d&#233;clar&#232;rent tronqu&#233;e. D'ailleurs, Mardrus, proc&#233;dant comme Burton, y avait ins&#233;r&#233; un nombre consid&#233;rable de r&#233;cits &#224; tendance fortement &#233;rotique. Face &#224; cela, la traduction compl&#232;te de l'allemand Littmann, publi&#233;e entre 1921 et 1928, est bien plus acad&#233;micienne mais d&#233;pourvue de neutralit&#233;. En effet, Irwin, qui nous r&#233;v&#232;le tous ces d&#233;tails, nous fait aussi conna&#238;tre son sentiment qui, partag&#233; tant par les sp&#233;cialistes que par les lecteurs, est formul&#233; en ces termes : &#034;&lt;i&gt;On ne voit, dans sa traduction, que la justice et la vertu allemandes.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des cons&#233;quences les plus heureuses des &#233;ditions des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt; fut la tendance des orientalistes &#224; entamer d'interminables discussions portant sur l'identit&#233; de l'auteur de ce livre. Dans une des premi&#232;res &#233;ditions, l'&#233;diteur avait avanc&#233; que l'auteur &#233;tait un arabe de Syrie. Tout en se fondant sur l'autorit&#233; de l'historien arabe Massoud&#238;, auteur des &lt;i&gt;Prairies d'or &lt;/i&gt;dont il existe aussi une traduction persane, l'&#233;diteur avait insist&#233; sur ses origines indo persanes, tandis qu'Hammer avait &#233;tay&#233; cette assertion par un article. Mais, sans aucune preuve, Sylvestre de Sacy avait d&#233;ni&#233; ces origines et avait fait de son article un M&#233;moire qu'il lut &#224; l'Acad&#233;mie des Inscriptions et Belles-Lettres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, Lana&#238; estimait que l'&#233;dition de Boulaq d&#233;montrait que ce livre avait un seul auteur, lequel avait v&#233;cu au XVII&#232;me si&#232;cle. Burton qui, dans ses travaux, fut guid&#233; par Zotenberg, avait d&#233;clar&#233; que le noyau principal des r&#233;cits des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt; &#233;tait iranien, et que ces r&#233;cits avaient, de l'Iran, p&#233;n&#233;tr&#233; dans les contr&#233;es arabes. Il avait &#233;galement affirm&#233; qu'ils n'avaient pas un seul mais plusieurs auteurs qui y rajout&#232;rent au fil du temps et notamment au XVI&#232;me si&#232;cle un grand nombre de r&#233;cits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, les connaissances concernant les origines, la composition et les diff&#233;rents manuscrits provenant d'Egypte, de Syrie et de Bagdad des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt; sont dus &#224; Zotenberg et &#224; ses disciples. L'un d'eux, Mac Donald, d&#233;couvrit la supercherie d'Abich&#226;t qui pr&#233;tendait s'&#234;tre bas&#233;, pour son &#233;dition, sur un manuscrit provenant de Tunisie, alors m&#234;me que cette derni&#232;re &#233;tait bas&#233;e sur les diff&#233;rents manuscrits existant alors en Europe. Mais Mohsen Mahd&#238; qui, selon Irwin, avait publi&#233; en 1984 une excellente &#233;dition critique bas&#233;e sur un manuscrit arabe de la Biblioth&#232;que Nationale de Paris, avait aussi prouv&#233; que le seul et unique manuscrit provenant d'une traduction irakienne des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt; &#233;tait en fait un faux fabriqu&#233; de toutes pi&#232;ces par Michel Sabb&#226;gh, un r&#233;fugi&#233; &#233;gyptien d'origine syrienne qui travaillait &#224; ladite biblioth&#232;que au d&#233;but du XIX&#232;me si&#232;cle. Il avait en outre transcrit un certain nombre de manuscrits pour les grandes figures de l'orientalisme europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_786 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L234xH403/14-3-f2efe.jpg?1686669066' width='234' height='403' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:234px;'&gt;&lt;strong&gt;Les Mille et Une Nuits, le vignt-sixi&#232;me soir, San&#238;'-ol-Molk, 1849-1856&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Mahd&#238; d&#233;couvrit aussi qu'un manuscrit cens&#233; &#234;tre l'ancien exemplaire compl&#233;mentaire appartenant &#224; Galland avait en fait &#233;t&#233; fabriqu&#233; par un pr&#234;tre syrien r&#233;sidant alors &#224; Paris, Dom Denis Chaxis. Tandis que ce chercheur - qui avait donn&#233; un nouveau souffle aux recherches portant sur &lt;i&gt;les Mille et Une Nuits &lt;/i&gt;- d&#233;clarait que l'exemplaire original de ce livre provenait de Syrie, celui de Galland d&#233;montrait bien son origine &#233;gyptienne. Aussi la question de la provenance demeure indissoluble et restera un probl&#232;me &#233;pineux pour les sp&#233;cialistes des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt;. De surcro&#238;t, il existait aussi, dans l'Europe du XVII&#232;me si&#232;cle, quelques autres traductions de ce livre, notamment en grec moderne, qui avait &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e d'apr&#232;s une traduction syrienne elle-m&#234;me bas&#233;e sur la traduction arabe que Moussa ben 'Iss&#226; Kasraw&#238; avait r&#233;alis&#233;e, au IX&#232;me si&#232;cle, &#224; partir du perse ancien. La traduction en grec moderne, sur laquelle Irwin fournit quelques d&#233;tails de premi&#232;re main, existait au XVIII&#232;me si&#232;cle, et comme nous l'avons dit, on l'enseignait &#224; l'Ecole des Langues Orientales vivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion portant sur les sources des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt; constitue un chapitre int&#233;ressant du travail d'Irwin qui affirme d'embl&#233;e que les Arabes sont les h&#233;ritiers de l'art du r&#233;cit des Iraniens. D'ailleurs, &#224; part les origines indo persanes, sur lesquelles les grands indianistes comme Muller et Benfey ont pris une position favorable, de temps en temps on y trouve aussi des r&#233;cits dont les origines gr&#233;co-romaines ne laissent aucun doute. Galland fut le premier qui ait eu l'id&#233;e de comparer l'histoire de Sindbad le Marin avec l'Iliade. Selon Ibn Nad&#238;m, l'auteur &lt;i&gt;d'Al-Fihrist &lt;/i&gt;(980), un &#233;crivain du X&#232;me si&#232;cle, nomm&#233; Dj&#226;h&#233;sh&#238;r&#238;, avait compil&#233; un livre qui comportait mille r&#233;cits arabes, persans et roumis. Une autre source attest&#233;e est le &lt;i&gt;Bakhti&#226;r N&#226;meh&lt;/i&gt;, une imitation de Sindbad le Marin, &#224; propos duquel Modjtab&#226; Minou&#238; nous a fourni des d&#233;tails tr&#232;s curieux. Mais la source la plus int&#233;ressante est, avons-nous rappel&#233;, un livre qui s'intitule &lt;i&gt;Farradje ba'd az sheddat,&lt;/i&gt; et qui est &#233;crit par un auteur du IV&#232;me si&#232;cle de l'h&#233;gire, nomm&#233; Tannukh&#238;, qui fut &#233;l&#232;ve d'Abul-Faradj Esfah&#226;n&#238;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre est, sous divers rapports, tr&#232;s curieux, parce que l'orientaliste fran&#231;ais F. Petis de Lacroix, qui avait v&#233;cu &#224; Esfahan de 1674 &#224; 1676, de retour &#224; Paris publia les &lt;i&gt;Mille et Un Jours&lt;/i&gt; (1710-1711) tout en pr&#233;tendant qu'il les traduisit en fran&#231;ais d'apr&#232;s la version turque du livre de Tannukh&#238;. Mais, comme, jusqu'&#224; pr&#233;sent, on n'en a pas encore trouv&#233; les versions arabe et persane, le sentiment g&#233;n&#233;ral des sp&#233;cialistes est enclin &#224; dire qu'il les avait compil&#233;es lui-m&#234;me, et qu'il avait ensuite demand&#233; &#224; A. R. Lesage, romancier et auteur du c&#233;l&#232;bre livre, Histoire de Gil Blas de Santillante, de les r&#233;diger en bon fran&#231;ais, publiant chronologiquement le premier pastiche des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt;. Jav&#226;d Had&#238;d&#238;, sp&#233;cialiste du XVIII&#232;me si&#232;cle, tranchant carr&#233;ment, d&#233;clare que Petis de Lacroix a compil&#233; son livre et que ledit manuscrit n'a rien &#224; voir dans cette compilation ing&#233;nieuse. Enfin, il faut encore rappeler qu'au dire d'Irwin, la plupart des contes des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt; sont bas&#233;s sur le livre de Tannukh&#238; et que les th&#232;mes orientaux sont attest&#233;s dans les chansons de Nibelungen et que m&#234;me les fr&#232;res Grimm ont constat&#233;, dans leurs recherches sur les contes allemands, l'influence des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt;, sur ces contes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des histoires des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt; se passent en ville et elles roulent toujours sur les rois et sur les fils de riches marchands. D'ailleurs, les noms des Sassanides, des Sarmates et des Barmakides sont &#233;voqu&#233;s et appliqu&#233;s &#224; diff&#233;rentes cat&#233;gories de la soci&#233;t&#233;, surtout aux mis&#233;rables des bas-fonds. Ces bas-fonds, qui constituent un chapitre tr&#232;s d&#233;taill&#233;, renferment des notions qui rappellent les romans d'Eug&#232;ne Sue (&lt;i&gt;Les Myst&#232;res de Paris&lt;/i&gt;), de Charles Dickens (&lt;i&gt;Oliver Twist&lt;/i&gt;) et de Maxime Gorki (&lt;i&gt;Les Bas-fonds&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est int&#233;ressant pour l'Egypte sous les Mamelouks, c'est qu'on n'y voit pas de syndicat, mais sous les Ottomans, du XVI&#232;me au XVIII&#232;me si&#232;cle, on y voit l'apparition de nombreux syndicats, et le contr&#244;le du gouvernement sur les d&#233;linquances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte qu'on rapporte que le vin &#233;tait alors le pseudonyme de haschich, car celui-ci &#233;tait &#224; bon march&#233; par rapport &#224; celui-l&#224;. Irwin n'h&#233;site pas &#224; d&#233;clarer que la plupart des contes ne sont pas d'origines orientales, qu'on a utilis&#233; des noms arabes, qu'on a transpos&#233; les &#233;v&#233;nement des histoires &#224; Bagdad et au Caire, et que, chose curieuse, les quartiers mal fam&#233;s d'Alexandrie, en Egypte, &#233;taient peupl&#233;s de prostitu&#233;es europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'a pas encore trouv&#233; un manuscrit complet des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt;, et par cons&#233;quent, on n'a pas encore sa traduction compl&#232;te, mais force est de constater que l'Occident a assouvi, &#224; travers ce livre, ses d&#233;sirs fantastiques sur l'Orient, et y a cr&#233;&#233; l'Orient vu par l'Occident, et c'est le d&#233;bat qu'Edward Sa&#239;d a victorieusement entam&#233; il y d&#233;j&#224; quelques d&#233;cennies. On peut aussi faire quelques r&#233;flexions sur le r&#244;le des pr&#234;tres et des copistes chr&#233;tiens orientaux qui ont ajout&#233;, &#224; ce livre, leurs propres contes, ce dont l'origine &#233;trang&#232;re est suffisamment &#233;tablie. C'est en traitant ce sujet qu'on arriverait probablement &#224; une id&#233;e relativement pr&#233;cise sur la part des &#233;trangers sur sa composition actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion portant sur les merveilles de l'Egypte et de l'Inde, d&#233;montrait que les points de vue sur les choses extraordinaires n'&#233;taient pas, en Orient et en Occident, identiques, parce que la peur envers le sorcier, au Moyen Age, &#233;tait la pr&#233;occupation principale du monde chr&#233;tien qui avait invent&#233; l'Inquisition pour chasser les esprits ensorcel&#233;s, tandis qu'en Orient, le sorcier ne faisait pas peur ; mais, malgr&#233; cela la pr&#233;sence de deux sortes de sorciers a &#233;t&#233; relev&#233;e par Irwin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, par contre, la recherche des tr&#233;sors cach&#233;s &#233;tait plus importante en Orient qu'en Europe, et il y a bien un certain nombre de contes qui sont bas&#233;s sur cette notion, par exemple Aladin ou la Lampe merveilleuse. A part cela, la science de physionomie et les gens qui s'en occupaient ainsi que la fatalit&#233; avaient entra&#238;n&#233; nombre de contes. Selon Irwin, Tannukh&#238; avait &#233;crit son livre pour montrer la volont&#233; divine et pour dire aussi que les gens devaient se r&#233;signer &#224; la Providence. Selon une id&#233;e re&#231;ue, le juif est d'habitude un sorcier et un magicien, mais dans les &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt;, les Maghr&#233;bins, c'est-&#224;-dire les Arabes de l'Afrique du Nord et les Andalous et les Persans (Madjous et Adjams) &#233;taient souvent consid&#233;r&#233;s comme des sorciers ou des magiciens. En outre, le ph&#233;nom&#232;ne &#233;trange et l&#233;gendaire de la lycanthropie, qui est l'&#233;quivalent du persan Gorg&#226;negu&#238;, existe bien dans &lt;i&gt;les Mille et Une Nuits &lt;/i&gt;sous le nom de Ghotrab.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude des folklores peut apporter une contribution &#224; la connaissance des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt;, &#224; ses contes d'origine &#233;trang&#232;re. Les premi&#232;res tentatives avaient &#233;t&#233; effectu&#233;es par Muller et Benfey, et les fr&#232;res Grimm y avaient aussi apport&#233; leurs contributions. Mais en Angleterre, l'&#233;tude des folklores, qui &#233;tait plut&#244;t d'ordre amateur, n'avait rien apport&#233; car aux yeux des Anglais, le folklore &#233;tait le descendant d&#233;cadent du mythe. La Scandinavie qui, d'habitude, subit l'influence allemande, apporte &#224; son tour nombre de notions utiles, et ce qu'A. Christensen fait pour le folklore iranien, avec un livre de base, devient plus tard un mod&#232;le de travail pour N. Elsseeff.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dixi&#232;me chapitre, les enfants des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt;, est un chapitre qui fait nettement partie de la litt&#233;rature compar&#233;e, et on voit l'influence de ce livre anonyme, sur un nombre d'&#233;crivains et d'amateurs europ&#233;ens qui, en en prenant des mod&#232;les, ont publi&#233; des pastiches et des parodies, &#224; commencer par Petis de Lacroix, dont nous avons d&#233;j&#224; parl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;crivain fran&#231;ais, qui fut aussi un magistrat, Th. S. Gueullette, a &#233;crit, en 1715, les &lt;i&gt;Mille et Un Quart d'Heures&lt;/i&gt;, contes tartares, ainsi que quelques autres pastiches int&#233;ressants. Mais, vers cette m&#234;me &#233;poque, un chevalier irlandais d'expression fran&#231;aise, Anthony Hamilton, qui finit ses jours en 1720, pr&#233;s de Paris, publie, en forgeant des mod&#232;les, ses contes des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt;. Son travail, qui a favorablement &#233;t&#233; appr&#233;ci&#233;e par Irwin, &#233;tait plut&#244;t l&#233;ger, mais malgr&#233; cela, il a eu un bon &#233;cho en France, o&#249; il a influenc&#233; Claude Cr&#233;billon qui a &#233;crit Le Sopha, conte oriental (1745), un sofa qui est t&#233;moin des histoires d'amour et qui les raconte sans pudeur. Cette m&#234;me tentative a influenc&#233; Diderot qui a anonymement &#233;crit &lt;i&gt;Les Bijoux indiscrets &lt;/i&gt;(1748), une affabulation licencieuse, pour prouver seulement qu'il n'est pas difficile d'&#233;crire en quinze jours une histoire dans le genre de celui de Cr&#233;billon. Voltaire, qui avait avou&#233; &#224; un ami qu'il avait &#233;t&#233; influenc&#233;, dans plusieurs de ses &#233;crits, par Hamilton, fut fascin&#233; par les &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt;, et il &#233;crivit notamment &lt;i&gt;Zadig&lt;/i&gt; (1747), dont l'histoire se passe avant l'islamisme sur les bords de l'Euphrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Irwin estime, d'apr&#232;s les sources assez r&#233;centes, qu'en France du XVIII&#232;me si&#232;cle, environ 700 romans furent &#233;crits &#224; l'orientale, et que m&#234;me la plupart d'entre eux furent traduits en anglais, d'autant plus que les travaux des Anglais n'avaient pas la m&#234;me valeur que ceux des Fran&#231;ais. Mais, malgr&#233; cela, on peut citer les noms de Joseph Addison, Samuel Johnson, John Hawkesworth, Walter Savage Landor et plusieurs autres auteurs qui avaient publi&#233; dans le genre qui nous occupe. Mais la premi&#232;re histoire orientale, ayant effectivement une valeur litt&#233;raire, est due &#224; William Beckford qui a &#233;crit &lt;i&gt;Vathek&lt;/i&gt; (1786), tout en pr&#233;tendant qu'il l'a &#233;crit en trois jours. Comme on pouvait l'imaginer, sa source &#233;tait la Biblioth&#232;que orientale de Barthelemy d'Herbelot, mais son collaborateur, un certain S. Henley, a eu un r&#244;le important dans l'&#233;laboration et la publication de son histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, Beckford, avec l'aide d'un collaborateur turc nomm&#233; Zamir, aborde une traduction libre de certains contes des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt; ; mais c'est encore son Vathek qui devient un mod&#232;le de travail pour certains &#233;crivains, notamment pour Robert Southey, auteur de &lt;i&gt;Thalaba le Destructeur &lt;/i&gt;(1801) et Thomas Moore, qui a &#233;crit &lt;i&gt;Lallah Rokh&lt;/i&gt; (1817). Le ton, le th&#232;me et les images, qui se trouvent exposes dans le Vathek, sont plus proches des premiers mod&#232;les des nouvelles gothiques, comme par exemple &lt;i&gt;Le Ch&#226;teau d'Otrante&lt;/i&gt; d'Horace Walpole, et &lt;i&gt;Le Moine&lt;/i&gt; de M. G. Lewis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, on peut d&#233;montrer l'influence des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt;, et d'autres histoires originales orientales chez tous les auteurs du style gothique. Walpole, admirateur des histoires aventureuses de Sindbad le Marin, &#233;crit, &#224; l'imitation d'Hamilton, quelques livres, et Lewis, admirateur de Vathek, transpose son histoire, Le Moine, dans l'Espagne du XVIII&#232;me si&#232;cle. La technique dite &#034; mise en abyme &#034;, si souvent mise &#224; profit par les romanciers du XX&#232;me si&#232;cle, notamment par Andr&#233; Gide, grand lecteur des histoires de Sindbad le Marin, a &#233;t&#233; souvent employ&#233;e dans les &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt;, et m&#234;me Montesquieu, dans sa &#034;Lettre LXXVIII&#034;, l'a bien utilis&#233;e ; Lewis l'a employ&#233;e dans &lt;i&gt;Le Moine&lt;/i&gt;, alors que Charles Robert Maturin l'a utilis&#233;e avec une ma&#238;trise absolue dans son &lt;i&gt;Melmoth ou l'Homme errant&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce m&#234;me Maturin a subi l'influence de l'&#233;crivain polonais d'expression fran&#231;aise, Jan Potocki, auteur du &lt;i&gt;Manuscrit trouv&#233; &#224; Saragosse &lt;/i&gt;(1804). Cette histoire, qui est inspir&#233;e de contes orientaux, est m&#234;l&#233;e de fantastique, d'&#233;rotisme et de peur et elle a d'ailleurs quelques ressemblances avec le &lt;i&gt;Melmoth&lt;/i&gt; de Maturin. En effet, les deux histoires commencent par la lecture d'un manuscrit retrouv&#233;, et elle comporte aussi une histoire commune &#224; propos d'un homme qui a de mani&#232;re tyrannique subi l'Inquisition espagnole. Le r&#233;cit de Potocki est pr&#233;sent&#233; sur le mod&#232;le des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt; et les jours y sont chronologiquement divis&#233;s, et justement il commence d'embl&#233;e par la lecture de ce m&#234;me livre. Irwin fournit, dans ce contexte, tous les renseignements possibles, mais ceux-ci sont carr&#233;ment confus, notamment lorsqu'il parle des m&#339;urs et des coutumes iraniennes ; il n'arrive pas, cependant, &#224; &#233;tablir que le sarmatisme, dans la Pologne du XVI&#232;me si&#232;cle, &#233;tait une id&#233;e de l'aristocratie polonaise qui se croyait &#234;tre descendante du peuple historique Sarmate, lequel est d'origine iranienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on en croit Irwin, l'anglais Beckford, et le polonais Potocki, sont les deux p&#232;res fondateurs de la nouvelle litt&#233;rature fantastique, mais le troisi&#232;me est effectivement le fran&#231;ais Jacques Cazotte dont le disciple allemand, Ernst Hoffmann, se plaisait &#224; rappeler ses dettes envers lui. Irwin croit que c'est son go&#251;t pour les choses extraordinaires ainsi que pour les d&#233;sirs sexuels qui l'avaient amen&#233; &#224; &#233;tudier les &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt;, mais G&#233;rard de Nerval, qui avait fait une &#233;tude sur lui, avait rapport&#233; que ce fut lors de ses promenades et de ses r&#234;ves aux Antilles (Martinique), l&#224; o&#249; il occupait alors un poste administratif, que l'id&#233;e de faire, en 1742, une imitation des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt; lui revint &#224; l'esprit et qu'il r&#233;digea ses Mille et une Fadaises. De retour au pays, il s'int&#233;resse &#224; l'&#233;sot&#233;risme et &#224; la Rose-Croix, et avec l'aide du pr&#234;tre Chavis, il publie La suite des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt; en quatre volumes dans les ann&#233;es allant de 1788 &#224; 1790. Ce sont, en effet, ces contes qui ont &#233;t&#233; traduits en allemand, d'o&#249; l'influence &#233;voqu&#233;e sur Hoffmann, et en anglais, d'o&#249; l'appr&#233;ciation de Southey sur son style sans apparat et sans pompe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du XIX&#232;me si&#232;cle, &lt;i&gt;les Mille et Une Nuits &lt;/i&gt;c&#232;dent un peu de terrain aux traductions des ouvrages orientaux, notamment &#224; la litt&#233;rature classique de l'Iran, d'autant plus que les voyageurs europ&#233;ens pr&#233;sentaient dans leurs r&#233;cits de voyages, des images presque concr&#232;tes de l'Orient. C'est aussi, dans ce contexte, que George Meredith, Robert Louis Stevenson, Edgar Alan Poe, Washington Irving et surtout Herman Melville qui, en s'inspirant des voyages de Sindbad le Marin, et en effectuant m&#234;me un voyage en Orient, a &#233;crit son chef d'&#339;uvre, &lt;i&gt;Moby Dick ou la Baleine Blanche &lt;/i&gt;(1851). Mais au XX&#232;me si&#232;cle, l'approche ou la mani&#232;re d'aborder &lt;i&gt;les Mille et Une Nuits &lt;/i&gt;subit une modification notoire et les auteurs &#233;tudient ce livre pour ses aspects m&#233;ditatifs et pensifs, d'o&#249; les excellents travaux de James Joyce, avec &lt;i&gt;La Veill&#233;e de Finnegan &lt;/i&gt;(1922) et &lt;i&gt;Ulysse&lt;/i&gt; (1922), et Marcel Proust, avec &lt;i&gt;A la Recherche&lt;/i&gt; &lt;i&gt;du temps perdu&lt;/i&gt; (1913-1922), sans parler de Jorge Luis Borges et m&#234;me de Paul Morand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traiter vraiment les &#233;crivains qui ont subi l'influence des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt; est, comme Irwin l'a dit, le sujet d'un autre travail, un travail ind&#233;pendant, et la liste qu'il a fournie &#224; cette fin, est une liste qui peut facilement donner une id&#233;e de la grandeur et de la richesse de ce livre important qui n'a pas encore &#233;t&#233; compl&#232;tement traduit. Mais, quand m&#234;me, nous citons avec plaisir le nom de Joseph Arthur de Gobineau, auteur d'un chef-d'&#339;uvre exotique, &lt;i&gt;Les Nouvelles Asiatiques &lt;/i&gt;(1876), qui justifie &#224; merveille, dans son introduction, la raison pour laquelle il a pris la plume pour &#233;crire ces nouvelles m&#233;morables : r&#233;ponse &#224; J. Morier et &#224; ses &lt;i&gt;Aventures de H&#226;dj&#238; B&#226;b&#226; d'Ispahan.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Fereydoun Badre&#239;, le traducteur de ce livre d'Irwin, a d&#233;j&#224; un bilan brillant pour l'ensemble de ses traductions. Ici, il a r&#233;ussi &#224; donner une traduction intelligente et agr&#233;able &#224; lire, traduction qui est aussi accompagn&#233;e de quelques n&#233;ologismes persans et surtout l'&#233;quivalent de Rochanchodeg&#226;n pour &lt;i&gt;Les Illumin&#233;s &lt;/i&gt;de Nerval. Nous avons d&#233;j&#224; pr&#233;sent&#233;, dans un article r&#233;dig&#233; en persan, quelques observations sur la translitt&#233;ration persane de certains mots &#233;trangers, notamment les mots fran&#231;ais. On peut faire d'autres observations, mais elles ne m&#233;ritent pas d'&#234;tre not&#233;es ici, surtout les coquilles. Aussi rappelons-nous seulement qu'Irwin, en parlant de bricolage d'apr&#232;s Claude L&#233;vi-Strauss, auteur de &lt;i&gt;La Pens&#233;e sauvage&lt;/i&gt; (1962), a textuellement tir&#233; ses arguments de la pr&#233;face que Max Milner avait donn&#233;e &#224; son &#233;dition du livre de G&#233;rard de Nerval, &lt;i&gt;Les Illumin&#233;s&lt;/i&gt;, sans pour autant citer son nom.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La grammaire de l'amour</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article86</link>
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		<dc:date>2007-11-30T21:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rouhollah Hosseini</dc:creator>


		<dc:subject>litt&#233;rature persane</dc:subject>
		<dc:subject>litt&#233;rature</dc:subject>
		<dc:subject>po&#232;me</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#034;Les plus d&#233;sesp&#233;r&#233;s sont les chants les plus beaux&#034; Alfred de Musset &lt;br class='autobr' /&gt;
Le train part &lt;br class='autobr' /&gt;
Tu pars avec &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout l'arr&#234;t part avec &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme je suis na&#239;f &lt;br class='autobr' /&gt;
De t'attendre encore &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis des ann&#233;es &lt;br class='autobr' /&gt;
Debout &lt;br class='autobr' /&gt;
A c&#244;t&#233; de ce train parti &lt;br class='autobr' /&gt;
De m'appuyer encore &lt;br class='autobr' /&gt;
Aux grilles de cet arr&#234;t parti ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme de coutume, toi, tu pars, et moi, je reste, comme de coutume, les yeux fix&#233;s sur un chemin, qui, je le sais, ne verra plus ton retour. Je reste seul avec la pluie, le vent et des nuits qui s'allongent entre deux &#233;ternit&#233;s ; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;N&#176; 25, d&#233;cembre 2007 &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?mot8" rel="tag"&gt;litt&#233;rature persane&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;litt&#233;rature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?mot13" rel="tag"&gt;po&#232;me&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton86-b17fc.jpg?1686643441' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#034;&lt;i&gt;Les plus d&#233;sesp&#233;r&#233;s sont les chants les plus beaux&lt;/i&gt;&#034; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;Alfred de Musset&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le train part&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Tu pars avec&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Tout l'arr&#234;t part avec&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Comme je suis na&#239;f&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;De t'attendre encore &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Depuis des ann&#233;es&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Debout&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;A c&#244;t&#233; de ce train parti&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;De m'appuyer encore&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Aux grilles de cet arr&#234;t parti !&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme de coutume, toi, tu pars, et moi, je reste, comme de coutume, les yeux fix&#233;s sur un chemin, qui, je le sais, ne verra plus ton retour. Je reste seul avec la pluie, le vent et des nuits qui s'allongent entre deux &#233;ternit&#233;s ; entre deux &#233;treintes, deux lectures de &lt;i&gt;La grammaire de l'amour&lt;/i&gt;. C'est le soir. Il pleut sur la ville, tremp&#233;e, silencieuse et lasse. &#034; La pluie, derri&#232;re les vitres, ressemble &#224; mon enfance. J'ai envie de pleurer&#8230; &#034; Tes &#034; Chants pluvieux &#034; &#233;clairent comme un m&#233;t&#233;ore la nuit de mon triste esprit : &#034; La pluie printani&#232;re fut la feuille de ton message&#8230; la moindre goutte raconta &#224; son propos un r&#233;cit merveilleux s'exhalant de ta bouche&#8230; &#034; Et il pleut dans mon c&#339;ur (&#8230;), d&#233;chir&#233; par les ravages du vent automnal et du silence, qui r&#233;gnait d&#233;j&#224; (t'en souviens-tu ?) dans la biblioth&#232;que, et qu'avait bris&#233; &#034; le tumulte de nos regards &#034;. C'&#233;tait notre miracle, tu disais fi&#232;rement : &#034; Nous avons port&#233; l'amour &#224; l'&#233;cole &#034;. L&#224;, tu pris la route, &lt;i&gt;Dans la ruelle du soleil&lt;/i&gt;, vers les horizons lointains. C'&#233;tait la R&#233;volution et l'enthousiasme de l'id&#233;alisme. Puis &#233;clata la guerre, pour laquelle tu as &#233;crit un po&#232;me, jaillissant &#034; du canon du fusil, avec des mots de cartouches &#034;. Le sang faisait rage au creux des veines ; on se d&#233;vouait ; &#034;On se tenait debout, conqu&#233;rant et fier, sans abri et sans foyer &#034;. Enfi&#233;vr&#233;, tu d&#233;sirais &#034; tomber en martyre&#034;. Cependant, tu demeuras vivant pour pleurer la douleur d'un peuple qui avait mal &#034; &#224; la teinte de ses manches, &#224; ses noms &#034;, et m&#234;me &#034; &#224; la couverture us&#233;e des actes de naissance &#034;. La guerre &#233;tait finie, te d&#233;laissant, las, d&#233;&#231;u et sceptique envers tout : et l'univers qui &#034; vient des enfers et l'homme qui sort du n&#233;ant et l'effort se d&#233;gageant du d&#233;sespoir &#034;. Tu regrettais alors tes enfances, o&#249; &#034; la vie n'&#233;tait pas encore une main pleine d'absurde &#034; : &#034; &#8230;la queue d'un cerf-volant laiss&#233;e au vent ; j'&#233;tais seul avec mon enfance, insouciante &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_964 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L211xH314/86-2-4423a.jpg?1686643441' width='211' height='314' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:211px;'&gt;&lt;strong&gt;Gheysar AMINPOUR&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;poque de solides id&#233;aux pass&#233;e, l'on se trouva &#224; l'or&#233;e &#034; du doute et des peut-&#234;tre &#034;. Prenant conscience de l'absurdit&#233; de la guerre, tu chantas alors la paix. Mais le silence s'imposait bel et bien, la douleur d&#233;chirait ton c&#339;ur : &#034; Notre chant d'amour se brisa dans la gorge ; le silence avait raison&#8230;&#034;. Le nihilisme te guettait alors : &#034; Je n'aime plus rien ni personne. C'est &#224; croire que ce monde n'aime point nous voir, toi et moi, un instant heureux et sans chagrin. Je voudrais alors corps et &#226;me jouer au mort, pour que ce monde me laisse tranquille &#034;. Au vrai, c'&#233;tait jouer &#224; l'indiff&#233;rence, ce qui ne te convenait gu&#232;re : &#034; Est-il possible d'arr&#234;ter la vague ? Est-il possible d'arr&#234;ter le vent ? &#034; que tu criais. Toi qui nous as m&#234;me enseign&#233; &#034; la grammaire de l'amour &#034;. Car &#034; la vie sans amour, disais-tu, quand bien m&#234;me elle soit possible, ne sera que sueur quotidienne &#034;. Ainsi tu consolidais, et nous t'en remercions, le dernier rempart qui nous restait, &#034; &#224; cette &#233;poque o&#249; tout le monde est &#233;tranger &#224; soi-m&#234;me &#034;. Amoindri par la maladie, par la fatigue et par le chagrin, tu n'arr&#234;tais pas de murmurer &#224; nos oreilles qu'il fallait &#034;respecter l'amour &#034;. Et comme tu l'avais souhait&#233;, finalement, ton c&#339;ur devint avec honneur, &#034; une dalle d'amour &#034; pos&#233;e sur ta tombe. &#034; Libre, tu es, de l'autre c&#244;t&#233;, derri&#232;re les barreaux ; en prison je suis, moi, de ce c&#244;t&#233;, derri&#232;re les barreaux&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fait nuit. Le chant de la pluie contre les vitres se fait plus doux. Je tiens &lt;i&gt;La grammaire de l'amour &lt;/i&gt;&#224; la main, debout pr&#232;s de la fen&#234;tre. &#034; On m'avait invit&#233; &#224; un anniversaire, mais je ne sais pas pourquoi je suis aux fun&#233;railles ! &#034; Sans toi&#8230; H&#233;las ! &#034; Parfois, il se fait tard si t&#244;t !...&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sans toi, tout le monde est l&#224; condamn&#233; &#224; la prison &#224; vie&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les ann&#233;es, de l'h&#233;gire ou solaires, manquent toutes de soleil&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Simine D&#226;neshvar La premi&#232;re dame de la litt&#233;rature persane moderne</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article85</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article85</guid>
		<dc:date>2007-11-30T21:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gh&#226;ssem Taghv&#226;yipour</dc:creator>


		<dc:subject>litt&#233;rature persane</dc:subject>
		<dc:subject>litt&#233;rature persane moderne</dc:subject>
		<dc:subject>litt&#233;rature</dc:subject>
		<dc:subject>Simine D&#226;neshvar</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;crivant</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;N&#233;e &#224; Chiraz en 1921 d'un p&#232;re m&#233;decin et d'une m&#232;re peintre, Simine D&#226;neshvar a pass&#233; une enfance gaie et heureuse, glanant ses lectures dans la riche biblioth&#232;que de son p&#232;re ou au travers des r&#233;cits et des chansons folkloriques de sa grand-m&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Son apprentissage pr&#233;coce de la langue anglaise, des &#233;tudes primaires et secondaires dans les &#233;coles des missionnaires anglais ainsi que ses nombreuses lectures personnelles lui permirent d'acqu&#233;rir une connaissance approfondie de la litt&#233;rature anglo-saxonne. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;N&#176; 25, d&#233;cembre 2007 &lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?mot8" rel="tag"&gt;litt&#233;rature persane&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;litt&#233;rature persane moderne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;litt&#233;rature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Simine D&#226;neshvar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;&#233;crivant&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton85-bf923.jpg?1686643441' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;N&#233;e &#224; Chiraz en 1921 d'un p&#232;re m&#233;decin et d'une m&#232;re peintre, Simine D&#226;neshvar a pass&#233; une enfance gaie et heureuse, glanant ses lectures dans la riche biblioth&#232;que de son p&#232;re ou au travers des r&#233;cits et des chansons folkloriques de sa grand-m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son apprentissage pr&#233;coce de la langue anglaise, des &#233;tudes primaires et secondaires dans les &#233;coles des missionnaires anglais ainsi que ses nombreuses lectures personnelles lui permirent d'acqu&#233;rir une connaissance approfondie de la litt&#233;rature anglo-saxonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lyc&#233;e, la qualit&#233; de ses r&#233;dactions est d&#233;j&#224; remarqu&#233;e et plus tard, elle est envoy&#233;e en compagnie de ses fr&#232;res et s&#339;urs a&#238;n&#233;s &#224; T&#233;h&#233;ran pour y faire des &#233;tudes sup&#233;rieures. Inscrite &#224; l'Universit&#233; de T&#233;h&#233;ran en lettres persanes, S. D&#226;neshvar poursuit ses &#233;tudes jusqu'au doctorat et soutient en 1949 sa th&#232;se intitul&#233;e &lt;i&gt;La po&#233;tique de la beaut&#233; dans la litt&#233;rature persane jusqu'au septi&#232;me si&#232;cle &lt;/i&gt;sous la direction de deux des grands chercheurs universitaires iraniens de l'&#233;poque, le Dr. F&#226;temeh Sayy&#226;h et le Dr. Forouz&#226;nfar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle d&#233;bute en m&#234;me temps une carri&#232;re de journaliste qu'elle poursuit avec plus de pers&#233;v&#233;rance apr&#232;s la mort de son p&#232;re en animant des &#233;missions &#224; la radio et en &#233;crivant des articles pour la presse litt&#233;raire. Sa rencontre avec Jal&#226;l-e Al-e Ahmad et son entr&#233;e dans la vie simple et modeste de l'un des plus grands &#233;crivains de notre &#233;poque marqua profond&#233;ment toute la vie de D&#226;neshvar. Cette union qui dura vingt-deux ann&#233;es ne donna pas d'enfants, pourtant, elle offrit &#224; la litt&#233;rature persane un &#233;crivain unique en son genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut Jal&#226;l qui veilla au sens, &#224; la direction et &#224; la structure des &#233;crits de sa femme, faisant un magnifique travail de lecteur et de correcteur. On pourrait m&#234;me dire que sans l'aide pr&#233;cieuse d'Al-e Ahmad, Simine D&#226;neshvar n'aurait pas pu &#233;crire l'un des romans cl&#233;s de la litt&#233;rature persane, &#224; savoir &lt;i&gt;Souvashoun&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette remarque, bien que simpliste, est pourtant vraie dans la mesure o&#249; la diff&#233;rence qui existe entre son premier recueil de nouvelles &lt;i&gt;Atash-e kh&#226;moush &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;Le feu silencieux&lt;/i&gt;) qu'elle &#233;crivit dans sa jeunesse, en 1948, et la virtuosit&#233; et le m&#251;rissement de son style dans &lt;i&gt;Souvashoun&lt;/i&gt;, est tout &#224; fait visible. Pourtant, dans sa carri&#232;re d'&#233;crivain, S. D&#226;neshvar essaie de ne pas marcher derri&#232;re son mari et refuse de l'imiter : &#034; &lt;i&gt;En g&#233;n&#233;ral, je ne lui permettais pas de changer mes &#233;crits. &lt;/i&gt;&lt;i&gt;&#1729;&lt;/i&gt;&lt;i&gt; l'&#233;poque, on l'imitait tellement que je ne voulais absolument pas &#234;tre son imitateur.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, on peut affirmer avec le recul que ce v&#339;u de D&#226;neshvar a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;. En prenant ses distances avec le style de son mari, elle a pu sortir de l'ombre de ce dernier et inventer une &#233;criture romanesque originale et personnelle. Auteur et critique social, D&#226;neshvar a &#233;dit&#233; sa deuxi&#232;me collection de nouvelles, &lt;i&gt;Shahri tchon Behesht &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;Une ville comme un paradis&lt;/i&gt;), en 1961. Dans ce recueil, la prose de D&#226;neshvar a consid&#233;rablement m&#251;ri, se rapprochant de la langue du peuple et elle y d&#233;veloppe une structure de phrase courte, claire et concise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La publication de &lt;i&gt;Souvashoun&lt;/i&gt; en 1968 fut un coup de foudre et lui offrit toute la c&#233;l&#233;brit&#233; qu'un &#233;crivain souhaite. Cette &#339;uvre, qui poss&#232;de en effet une structure tr&#232;s solide, explore les nouvelles techniques narratives et comporte des monologues int&#233;rieurs int&#233;ressants, un choix d&#233;lib&#233;r&#233; de noms propres &#224; connotation mythique et religieuse (Youssef, symbole de l'innocence, Khosr&#244;, celui de sauveur de l'Iran) et un sujet tangible (la r&#233;sistance devant les envahisseurs &#233;trangers). Tous ces &#233;l&#233;ments vus et analys&#233;s par Zari, le personnage principal du r&#233;cit, font de cet ouvrage un exemple parfait de la litt&#233;rature romanesque contemporaine de l'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de &lt;i&gt;Souvashoun&lt;/i&gt; se passe &#224; Chiraz, dans les ann&#233;es quarante, lors de la Seconde Guerre mondiale. Malgr&#233; l'impartialit&#233; officielle du pays, les forces Alli&#233;es ont occup&#233; l'Iran : au sud les Anglais et au nord les Russes. Ayant achet&#233; toute la nourriture du march&#233;, ces deux arm&#233;es ont caus&#233; une p&#233;nurie tr&#232;s dure dans l'ensemble du pays. Dans ces conditions, un seigneur de la r&#233;gion de Fars d&#233;cide avec quelques amis de ne pas vendre sa r&#233;colte aux &#233;trangers et de la r&#233;server &#224; la population locale. Cette d&#233;cision courageuse ne manque pas de recevoir une r&#233;ponse des occupants. Youssef, le seigneur, est tu&#233; dans de myst&#233;rieuses circonstances et ses obs&#232;ques deviennent alors l'occasion pour ses amis et les habitants de louer son innocence et son courage devant les puissants. Cela dit, ils sont contr&#233;s par les conservateurs qui veulent un enterrement silencieux et sans c&#233;r&#233;monie. Sous leur menace, Youssef est enterr&#233; de nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet ouvrage, l'intrigue se noue autour du personnage de Zari, la femme de Youssef, qui symbolise l'iranienne typique, inqui&#232;te de l'avenir du conflit mondial et des id&#233;es anticolonialistes que son mari d&#233;fend. Tout au long du r&#233;cit, cette femme, sentant approcher la fin tragique de son couple, cherche &#224; prot&#233;ger son foyer. Mais apr&#232;s la mort de Youssef, elle &#233;l&#232;ve leur enfant, Khosr&#244;, pour qu'il poursuive le chemin de son p&#232;re. La r&#233;f&#233;rence &#224; la mythologie persane et au r&#244;le lib&#233;rateur de Key Khosr&#244; est ici tout &#224; fait visible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre son travail &#224; l'universit&#233;, S. D&#226;neshvar est l'auteur de nombreuses nouvelles dont les plus r&#233;centes, publi&#233;es d'abord dans des magazines litt&#233;raires, ont &#233;t&#233; rassembl&#233;es dans un recueil, &lt;i&gt;B&#233; ki sal&#226;m konam&lt;/i&gt; ? (&lt;i&gt;Qui dois-je saluer&lt;/i&gt; ?) en 2001. Le choix des sujets et des personnages de ce recueil t&#233;moignent de la profonde connaissance de D&#226;neshvar de la soci&#233;t&#233; actuelle au travers de sa capture de la mentalit&#233;, des id&#233;aux, des aspirations, des modes de vie, de la parole et des expressions populaires des diverses couches sociales de l'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, les &#233;crits de D&#226;neshvar refl&#232;tent davantage la r&#233;alit&#233; que l'imagination. Ils contiennent des th&#232;mes tels que le vol, l'adult&#232;re, le mariage, l'accouchement, la situation des femmes, la mort, la trahison, le mercantilisme, l'analphab&#233;tisme, l'ignorance, la pauvret&#233; et la solitude. Les questions qu'elle traite sont les probl&#232;mes sociaux des ann&#233;es 60 et des ann&#233;es 70, qui demeurent d'actualit&#233; pour la grande majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1981, S. D&#226;neshvar publia une monographie tr&#232;s remarqu&#233;e sur son &#233;poux, &lt;i&gt;Ghoroub-e Jal&#226;l &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;La Fin de Jal&#226;l&lt;/i&gt;). Cet &#233;crivain r&#233;side actuellement &#224; T&#233;h&#233;ran et a r&#233;cemment publi&#233; un nouveau roman, &lt;i&gt;Jazireh-ye Sargard&#226;ni (L'&#238;le de l'errance)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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