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	<title>La Revue de T&#233;h&#233;ran | Iran </title>
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	<description>Iran | Mensuel culturel iranien en langue fran&#231;aise | Histoire de l'Iran, Art iranien, Culture iranienne, Traditions iraniennes, Litt&#233;rature persane, Langue fran&#231;aise en Iran,</description>
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		<title>La Revue de T&#233;h&#233;ran | Iran </title>
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		<title>Regards sur les industries navales iraniennes</title>
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		<dc:date>2008-12-01T13:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arefeh Hedjazi</dc:creator>



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&lt;p&gt;Depuis les d&#233;buts de la modernisation des industries maritimes en Iran, ces derni&#232;res ont eu &#224; faire face &#224; de nombreux probl&#232;mes, dont le r&#232;glement pourrait permettre &#224; ces industries de d&#233;passer la crise interminable qu'elles subissent depuis deux d&#233;cennies. L'industrie maritime, en tant qu'industrie m&#232;re, m&#233;rite certainement une place plus importante que celle qui lui a &#233;t&#233; allou&#233;e jusqu'alors en Iran, notamment compte tenu du fait que ce pays poss&#232;de de longues fronti&#232;res maritimes ainsi que, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique120" rel="directory"&gt;N&#176; 37, d&#233;cembre 2008 &lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton859-35bbb.jpg?1686654653' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis les d&#233;buts de la modernisation des industries maritimes en Iran, ces derni&#232;res ont eu &#224; faire face &#224; de nombreux probl&#232;mes, dont le r&#232;glement pourrait permettre &#224; ces industries de d&#233;passer la crise interminable qu'elles subissent depuis deux d&#233;cennies. L'industrie maritime, en tant qu'industrie m&#232;re, m&#233;rite certainement une place plus importante que celle qui lui a &#233;t&#233; allou&#233;e jusqu'alors en Iran, notamment compte tenu du fait que ce pays poss&#232;de de longues fronti&#232;res maritimes ainsi que, politiquement et &#233;conomiquement, une place strat&#233;gique dans l'une des r&#233;gions les plus sensibles au monde, le golfe Persique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La mer et les Iraniens&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'importance strat&#233;gique du golfe Persique et de la mer d'Oman n'est pas r&#233;cente. Depuis la fondation des premi&#232;res civilisations en M&#233;sopotamie, ces mers n'ont cess&#233; de jouer un r&#244;le incontournable dans le d&#233;veloppement des relations humaines et ont permis aux premiers navigateurs de d&#233;couvrir des terres proches ou lointaines, de par l'usage qu'ils firent des grandes voies de communication maritimes. Dans les r&#233;gions c&#244;ti&#232;res du sud de l'Iran, les traces de ces activit&#233;s maritimes et des chantiers navals remontent au Ve mill&#233;naire av. J-C. C'est en particulier sous le r&#232;gne de Darius Ier que l'importance strat&#233;gique de la mer fut prise en compte et que les activit&#233;s maritimes de la Perse se d&#233;velopp&#232;rent &#224; une plus grande &#233;chelle. Ainsi, l'Iran de l'Empire sassanide poss&#233;dait une remarquable flotte marchande et militaire, bas&#233;e dans le golfe Persique. A cette &#233;poque, ils avaient d&#233;j&#224; trac&#233; de nouvelles routes et r&#233;dig&#233; des cartes nautiques sp&#233;ciales. A ce sujet, le r&#244;le des Iraniens dans le d&#233;veloppement des sciences maritimes est essentiel. On peut notamment citer l'invention du gouvernail et de la boussole, l'am&#233;nagement des ports maritimes et la r&#233;daction des premiers &#034;guides&#034; nautiques, appel&#233;s par les Iraniens les &#034;&lt;i&gt;R&#226;hn&#226;meh&lt;/i&gt;&#034;. Plus tard, les Iraniens form&#232;rent le noyau de la premi&#232;re flotte musulmane du monde.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1543 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L310xH269/859-1-aacbf.jpg?1686654653' width='310' height='269' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:310px;'&gt;&lt;strong&gt;Port de Nek&#226;, M&#226;zandar&#226;n, au nord de l'Iran&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;En raison de l'importance politique et strat&#233;gique particuli&#232;re du golfe Persique, notamment lors de ces derni&#232;res d&#233;cennies, plusieurs centres d'&#233;tudes maritimes consacr&#233;s aux &#233;volutions de la r&#233;gion ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s. Au nord de l'Iran, la mer Caspienne, qui est le plus grand &#233;cosyst&#232;me marin ferm&#233; du monde, dispose elle aussi de conditions particuli&#232;res. Cette mer subit actuellement une pollution croissante qui d&#233;passera bient&#244;t ses capacit&#233;s d'absorption. Les explorations p&#233;troli&#232;res et gazi&#232;res, le forage et l'exploitation des gisements d&#233;couverts ainsi que le d&#233;veloppement g&#233;n&#233;ral des r&#233;gions c&#244;ti&#232;res dans les pays limitrophes sont les raisons principales de cette pollution qui menace l'ensemble de l'&#233;cosyst&#232;me, connu en particulier pour &#234;tre l'habitat principal de l'esturgeon.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Historique de la modernisation du secteur maritime en Iran&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au XXe si&#232;cle, ces caract&#233;ristiques strat&#233;giques des mers iraniennes pouss&#232;rent l'Iran, qui se modernisait, &#224; d&#233;velopper son potentiel maritime. Mais il fallut attendre les ann&#233;es 1970 pour voir s'appliquer les premi&#232;res tentatives de modernisation dans ce secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1974 fut une ann&#233;e tr&#232;s importante pour l'&#233;conomie et les industries iraniennes en raison de l'approfondissement de la collaboration internationale, notamment au travers de lourds investissements &#233;trangers. Avec l'arriv&#233;e de ces fonds, les responsables &#233;conomiques d&#233;cid&#232;rent de financer la fondation d'industries strat&#233;giques, parmi lesquelles les industries navales. Ainsi, l'ann&#233;e suivante, en collaboration avec une soci&#233;t&#233; allemande, les fondations d'un premier chantier naval moderne furent jet&#233;es dans la r&#233;gion de Hormozg&#226;n qui offrait, avec plus de 2000 kilom&#232;tres de c&#244;tes et une distance de 35 kilom&#232;tres avec le port de Bandar Abb&#226;s, des conditions optimales pour un tel chantier. Mais les importations continues qui paralysaient la production nationale, l'inexp&#233;rience des responsables de la gestion industrielle, le manque de qualification du personnel, l'incapacit&#233; &#224; user des nouvelles techniques, le manque de centres de recherche, la mauvaise qualit&#233; finale des produits et la d&#233;pendance presque totale de ces industries &#224; l'&#233;tranger emp&#234;ch&#232;rent les responsables de saisir la chance exceptionnelle de d&#233;veloppement industriel qu'offrait la flamb&#233;e des prix du p&#233;trole tout en entravant le processus de modernisation du secteur. Cette situation ne fit ensuite qu'empirer, et &#224; la veille de la R&#233;volution islamique de 1979, le pays &#233;tait totalement d&#233;pendant de l'ext&#233;rieur, sans ressource ou industrie nationale r&#233;ellement productive. Apr&#232;s la R&#233;volution islamique, les industries iraniennes subirent de profonds changements. Les ann&#233;es 1980 furent caract&#233;ris&#233;es par une coupure des relations politiques et internationales avec les pays industriels d&#233;velopp&#233;s, les gr&#232;ves, la fuite des capitaux, l'opacit&#233; des r&#233;glementations et des politiques &#233;tatiques, les remplacements incessants de PDG, et surtout, par l'attaque de l'Irak contre l'Iran, qui devait conduire &#224; une guerre de huit ans. Parall&#232;lement, la cessation de tout investissement &#233;tranger, la chute brutale de la production, la destruction d'un grand nombre d'unit&#233;s industrielles, l'insuffisance des devises, l'embargo &#233;conomique, la p&#233;nurie des mati&#232;res premi&#232;res et l'absence de garanties et d'assurances efficaces en mati&#232;re d'investissement eurent &#233;galement de lourdes r&#233;percussions sur la production industrielle. Ceci dit, malgr&#233; cette crise, l'usage de devises subventionn&#233;es permit de faire fonctionner quelques grandes unit&#233;s telles que le chantier naval de construction du golfe Persique, qui purent malgr&#233; tout ex&#233;cuter les commandes. Pourtant, on ne put &#233;viter une crise qui continue de s&#233;vir depuis deux d&#233;cennies. Mais depuis le d&#233;but du XXIe si&#232;cle, avec une certaine am&#233;lioration des conditions &#233;conomiques dans certains secteurs, les responsables tentent avec plus de s&#233;rieux d'endiguer la crise. Ainsi, le quatri&#232;me plan quinquennal de d&#233;veloppement s'est int&#233;ress&#233; de pr&#232;s au redressement des industries maritimes et nous sommes aujourd'hui t&#233;moins d'une am&#233;lioration quantitative et qualitative de ce secteur. On peut signaler les progr&#232;s r&#233;alis&#233;s ces derni&#232;res ann&#233;es dans la construction et la r&#233;paration de navires, la construction de digues, de plateformes de forage, de quais, d'&#233;quipements d'&#233;levage et de p&#234;che. La construction de navires petits et moyens, la r&#233;paration de navires de taille moyenne se fait d&#233;sormais en partie en Iran, et les plateformes des phases deux et trois, et des jacket-deck des phases cinq, six, sept et huit du site d'exploitation South Pars ont &#233;galement &#233;t&#233; construites dans les chantiers iraniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sciences maritimes, quant &#224; elles, ont fait l'objet d'un int&#233;r&#234;t recrudescent marqu&#233; par la mise en place de nouvelles disciplines en ing&#233;nierie navale et l'ouverture de plusieurs centres de recherches maritimes subventionn&#233;s par l'Etat ainsi que de divers organismes li&#233;s &#224; la mer. M&#234;me si l'Iran a un lourd retard &#224; rattraper au niveau international, ces progr&#232;s sont la preuve d'une certaine prise de conscience qui lui permettra d'acqu&#233;rir une place plus enviable. Ceci dit, les industries navales ne suivent pas ce mouvement g&#233;n&#233;ral d'am&#233;lioration et doivent encore faire face &#224; de nombreux probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les industries navales en Iran&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les premiers investissements dans le domaine des industries navales iraniennes commenc&#232;rent au d&#233;but des ann&#233;es 1970. A l'&#233;poque, l'augmentation soudaine du prix des hydrocarbures avait rendu n&#233;cessaire la conception et le d&#233;veloppement d'infrastructures maritimes p&#233;troli&#232;res et de moyens de transport maritimes sp&#233;cialis&#233;s dans le transport des hydrocarbures. Les innovations devaient permettre de diminuer le co&#251;t du transport et la dur&#233;e de mission des p&#233;troliers. C'est ainsi que naquit l'id&#233;e de concevoir des chantiers navals l&#224; m&#234;me o&#249; se trouvaient les gisements, c'est-&#224;-dire dans le golfe Persique. L'entretien et la r&#233;paration des navires &#224; quai, dans la r&#233;gion, &#233;taient rentables et l'Iran &#233;tait le seul pays &#224; avoir une puissance politique et &#233;conomique suffisante pour garantir la concr&#233;tisation d'un tel projet. A cette &#233;poque, en raison de leur nombre et de leur capacit&#233; de chargement, le temps d'attente des navires cargo d&#233;passaient les deux semaines. Cette dur&#233;e d'attente permettait certaines r&#233;parations et entretiens, &#233;ventuellement m&#234;me le nettoyage des r&#233;servoirs. D'autre part, les importateurs d'hydrocarbures, en particulier les pays industrialis&#233;s, esp&#233;raient regagner d'une mani&#232;re ou d'une autre l'argent d&#233;pens&#233; pour ces importations. C'est pourquoi, tout en rentabilisant les d&#233;penses en hydrocarbures par la vente massive de mat&#233;riel militaire, on s'int&#233;ressa de pr&#232;s &#224; un projet de construction d'un chantier naval sur les c&#244;tes iraniennes du golfe Persique. Cette &#233;poque voit &#233;galement la signature de plusieurs trait&#233;s militaires et &#233;conomiques tels que le Pacte de Bagdad entre l'Iran, les Etats-Unis et l'Angleterre. Il est &#224; signaler que dans les ann&#233;es 1950, l'essentiel de la construction navale marchande &#233;tait sous le monopole des pays europ&#233;ens, en particulier de l'Angleterre et de l'Allemagne, mais avec l'essor du transport des hydrocarbures, ces derniers perdirent leur place privil&#233;gi&#233;e au profit des constructeurs de p&#233;troliers et des transporteurs d'hydrocarbures, en particulier le Japon et les Etats-Unis. Dans les ann&#233;es 1970, la part du Japon dans le march&#233; de construction de navires d&#233;passait largement celle de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1544 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH237/859-2-2bfb6.jpg?1686654653' width='358' height='237' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Navire transatlantique iranien en construction&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Photo : Javad Moghimi / Fars
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le projet de construction de navires dans le golfe Persique d&#233;buta en 1976 avec un associ&#233; allemand. Le premier investissement s'&#233;levait &#224; un peu plus d'un demi-million de dollars, ce qui provoqua un d&#233;ficit budg&#233;taire deux ans apr&#232;s le lancement du projet. Les troubles dus &#224; la R&#233;volution islamique, l'exigence d'ind&#233;pendance et de libert&#233; de la part de la nation iranienne, la sortie des ressortissants &#233;trangers, en particulier des Am&#233;ricains, de l'Iran, la prise de l'ambassade am&#233;ricaine, l'embargo &#233;conomique contre l'Iran et le d&#233;but de la guerre impos&#233;e par l'Irak firent reculer le lancement effectif du plan jusqu'en 1981.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant cela, Sadr&#226;, le chantier de construction navale de Boushehr avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 1969 en collaboration avec les Etats-Unis en vue de la construction de remorqueurs et de navires de moyens et faibles tonnages. Avant la R&#233;volution en 1979, le groupe Iran Sadr&#226;, dirig&#233; par les Am&#233;ricains, acceptait des commandes de maintenance et de r&#233;paration. Apr&#232;s la R&#233;volution, ce chantier demeura actif et a produit jusqu'en 2002 pr&#232;s de 680 navires de moyen tonnage. Outre ses activit&#233;s dans le port de Boushehr, Sadr&#226; a &#233;t&#233; la premi&#232;re soci&#233;t&#233; de construction de plateformes p&#233;troli&#232;res dans la Mer Caspienne et continue d'&#233;quiper son chantier de Nek&#226;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps passant, le budget allou&#233; et l'achat d'un floating dock ainsi que d'un syst&#232;me de mise &#224; l'eau Synchrolift sur les quelques chantiers navals du golfe Persique permit de commencer la r&#233;paration et l'entretien de navires de petits tonnages, ceci alors que la construction de navires n'&#233;tait encore qu'un r&#234;ve lointain. A la fin de la guerre et jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1990, d'autres &#233;quipements furent achet&#233;s avec un budget allou&#233; par les premiers investisseurs. Et les premi&#232;res r&#233;parations sur des navires de moyens tonnages commenc&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1990, l'Organisation du d&#233;veloppement et de la r&#233;forme maritime s'int&#233;ressa &#224; l'investissement en mati&#232;re de construction navale de mani&#232;re plus s&#233;rieuse, et d&#233;cida de mettre en place certains projets de construction, mais sans prendre en compte les capacit&#233;s mat&#233;rielles et &#233;conomiques et l'exp&#233;rience iranienne en ce domaine. Ainsi, en 1995, un contrat fut pass&#233; entre le minist&#232;re du Commerce et le minist&#232;re des Industries et des Mines de l'Iran pour la construction de 6 cargos polyvalents dans les chantiers de la Soci&#233;t&#233; de construction navale et des Industries outre-rives de l'Iran. Deux ans plus tard, au printemps 1997, cette soci&#233;t&#233; signa un accord avec la soci&#233;t&#233; sud-cor&#233;enne de construction navale Hyundai Mipo, pour l'importation en Iran des technologies modernes de construction navale. Cependant, cet accord ne fut jamais appliqu&#233; et une certaine m&#233;fiance s'installa entre les armateurs et les constructeurs nationaux. Il faut dire qu'&#224; cette &#233;poque, plusieurs autres trait&#233;s visant &#224; importer des nouvelles technologies avaient &#233;t&#233; sign&#233;s entre l'Iran et des pays asiatiques comme la Chine et la Cor&#233;e du Sud. Les r&#233;parations des navires avaient elles-m&#234;mes lieu en Chine, &#224; Malte, &#224; Singapour, en Cor&#233;e du Sud ou dans les Emirats-arabes Unis, ce qui est toujours le cas aujourd'hui. Ces accords finirent tous sur une note d'&#233;chec qui poussa divers organismes publics ou priv&#233;s &#224; s'int&#233;resser &#224; ce domaine en vue de le sortir de la crise. On peut signaler les efforts de l'Association de l'ing&#233;nierie maritime de l'Iran qui, par le biais de stages professionnels et de conf&#233;rences sp&#233;cialis&#233;es, tenta, avec un succ&#232;s mitig&#233;, de rassembler et de faire conna&#238;tre les grands acteurs de ce domaine. Ce genre d'initiatives eurent d'heureux r&#233;sultats, et l'an 2000 vit la commande de deux catamarans de transport de passagers de la Soci&#233;t&#233; maritime Valfajr &#224; la Soci&#233;t&#233; de construction navale d'Arvand&#226;n d'un prix de treize millions de dollars, navires qui n'ont toujours pas &#233;t&#233; livr&#233;s. Dans le m&#234;me temps, un autre contrat de 188,5 millions de dollars fut conclu pour la construction de 6 navires porte-conteneurs, chacun d'une capacit&#233; de 2200 conteneurs entre la Marine de la R&#233;publique islamique d'Iran et la Soci&#233;t&#233; de construction navale et des Industries outre-rives d'Iran. A la suite de ce contrat, un accord fut conclu avec une soci&#233;t&#233; allemande associ&#233;e pour l'importation des technologies de construction navale. Il fallait pour cela que le syst&#232;me bancaire fit office de source de cr&#233;dit et d&#233;livr&#226;t les certificats et autorisations n&#233;cessaires. Cela dit, en raison de transformations apport&#233;es au syst&#232;me bancaire national, ces autorisations ne furent jamais d&#233;livr&#233;es et la soci&#233;t&#233; allemande se retira. De plus, la collaboration &#233;trang&#232;re fut s&#233;rieusement remise en cause. Pourtant, malgr&#233; cela, plusieurs sp&#233;cialistes et techniciens iraniens furent envoy&#233;s en Allemagne pour y &#234;tre form&#233;s dans les soci&#233;t&#233;s navales de ce pays. Et, avec le d&#233;coupage de la premi&#232;re t&#244;le d'un navire porte-conteneurs, l'Iran entra officiellement dans le club des pays constructeurs de navires. Pourtant, les sp&#233;cialistes reconnaissent toujours l'incapacit&#233; du pays &#224; construire des navires de fort tonnage. Ils estiment que l'Iran ne poss&#232;de pas une exp&#233;rience suffisante dans ce domaine.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1545 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH238/859-3-69cb2.jpg?1686654653' width='358' height='238' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Cargo iranien &#8220;Iran Kabeer&#8221; &#224; quai&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Mais l&#224; ne r&#233;side pas le probl&#232;me essentiel. Selon les sp&#233;cialistes, le domaine maritime iranien souffre profond&#233;ment d'un manque d'homog&#233;n&#233;it&#233; dans la gestion mais aussi dans les planifications &#224; long terme qui ont &#233;t&#233; faites &#224; ce sujet. On peut &#233;galement insister sur les lois douani&#232;res inad&#233;quates, le manque de personnel qualifi&#233; et sp&#233;cialis&#233;, l'insuffisance des investissements, la d&#233;su&#233;tude des m&#233;thodes de fabrication, l'absence de communications et de collaboration entre les autres branches industrielles et les industries maritimes, qui ne sont pas suffisamment prises en compte, l'archa&#239;sme des processus de production, la m&#233;fiance des commanditaires envers la qualit&#233; des productions nationales et la qualit&#233; de la gestion, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les chiffres, la conception d'un navire n&#233;cessite l'usage de milliers de pi&#232;ces d&#233;tach&#233;es, qui sont g&#233;n&#233;ralement fabriqu&#233;es dans des ateliers sp&#233;cialis&#233;s et ind&#233;pendants de la soci&#233;t&#233; de construction principale. Ces ateliers jouent en fin de compte un r&#244;le important dans l'&#233;quilibrage du prix de revient pour le constructeur. Ceci alors qu'en Iran tout le processus de construction est monopolis&#233; par quelques grandes soci&#233;t&#233;s. Mais la condition est le respect des standards internationaux par ces ateliers connexes. M&#234;me si le progr&#232;s industriel r&#233;alis&#233; dans le domaine naval national est ind&#233;niable, il demeure impossible de dire avec certitude si les ateliers iraniens poss&#232;dent les techniques n&#233;cessaires &#224; la construction de toutes les pi&#232;ces d&#233;tach&#233;es &#224; l'int&#233;rieur du pays. Les sp&#233;cialistes proposent une fabrication sous licence &#233;trang&#232;re, et la collaboration des soci&#233;t&#233;s de construction navales pour l'importation de ces techniques en Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant plus d'une d&#233;cennie, de nombreux sp&#233;cialistes estimaient que les contrats pass&#233;s avec des pays tels que la Cor&#233;e du Sud et la Chine &#233;taient la cause principale de la stagnation des industries navales iraniennes. Cependant, il est d&#233;sormais &#233;vident que cette id&#233;e &#233;tait fausse. Il est probable qu'une r&#233;forme des r&#233;glementations existantes aurait permis &#224; l'Iran d'obtenir des parts de march&#233; plus importantes au niveau international, et ce avec les seules capacit&#233;s aujourd'hui existantes. D'autres sp&#233;cialistes ont estim&#233; que l'industrie navale, en tant qu'industrie m&#232;re, aurait d&#251; &#234;tre plus s&#233;rieusement prise en compte par l'Etat dans les programmes g&#233;n&#233;raux de d&#233;veloppement. Ils estiment qu'ainsi, les industries navales, insuffisamment subventionn&#233;es par l'Etat, font office d'enfant pauvre des industries iraniennes. Ceci est d'autant plus frappant que les seules entreprises actives dans ce domaine sont des entreprises publiques, et donc financ&#233;es par l'Etat. Le syst&#232;me bancaire et douanier ne facilite pas non plus les investissements dans ce domaine. Ceci dit, le secteur priv&#233; qui, depuis la privatisation, commence &#224; prendre lentement de l'importance, pourrait tr&#232;s bien remplir ce r&#244;le. En r&#233;alit&#233;, le soutien que l'on attend de l'Etat doit se faire dans le cadre d'un ensemble de r&#233;glementations correspondant aux n&#233;cessit&#233;s du secteur maritime, mais aussi d'une politique plus homog&#232;ne dans les programmations &#233;tatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut &#233;galement signaler le changement incessant des directeurs et des gestionnaires, la gestion inefficace et l'absence d'exp&#233;rience en mati&#232;re de construction de navire transatlantique comme d'autres raisons de la faiblesse du secteur de construction navale en Iran. Les sp&#233;cialistes sont unanimes l&#224;-dessus : la r&#233;ussite en la mati&#232;re d&#233;pend totalement d'un esprit d'&#233;quipe sans faille et d'une gestion intelligente permettant la collaboration des divers acteurs de mani&#232;re homog&#232;ne. Et c'est justement &#224; ce niveau que le secteur maritime iranien souffre le plus de manques. C'est donc avec une meilleure appr&#233;hension de l'ensemble des probl&#232;mes auxquels doivent faire face les multiples acteurs de ce domaine, &#224; tous les niveaux, que l'on pourrait esp&#233;rer une am&#233;lioration de la situation. D'autre part, il est absolument n&#233;cessaire de prendre en compte les &#233;volutions des industries maritimes sur le plan mondial pour pouvoir &#233;laborer des programmes &#224; court et &#224; long terme plus efficaces.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1546 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH268/859-4-78664.jpg?1686654653' width='358' height='268' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Plate-forme p&#233;troli&#232;re semi-flottante Iran-Alborz, Mer Caspienne&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;sumer la situation du secteur naval iranien, on pourrait dire que ce secteur est enti&#232;rement public et que c'est ici que r&#233;side le plus grand probl&#232;me, ceci &#233;tant &#233;vident que l'Etat ne concentre pas uniquement ses activit&#233;s sur ce domaine et qu'il n'utilise et ne subventionne ce domaine qu'au regard de ses autres activit&#233;s et centres d'int&#233;r&#234;t, par exemple le domaine militaire, et que les b&#233;n&#233;fices &#233;conomiques de ce secteur n'apparaissent pas en priorit&#233; dans les politiques gouvernementales. D'autre part, la cessation des subventions &#233;tatiques n&#233;cessiteraient une am&#233;lioration des conditions de comp&#233;tition dans ce secteur qui, sans cela, ne pourrait pas se pr&#233;senter sur le plan international en tant que prestataire s&#233;rieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure cette &#233;tude des &#233;volutions de cette industrie lors de ces derni&#232;res ann&#233;es, on peut dire que cette derni&#232;re vit une r&#233;elle p&#233;riode de stagnation, entrecoup&#233;e d'efforts visant &#224; modifier cette situation. Cet &#233;chec est le r&#233;sultat d'une s&#233;rie d'obstacles volontaires ou involontaires. L'absence de politiques homog&#232;nes a emp&#234;ch&#233; les constructeurs nationaux de collaborer et de se concentrer ensemble sur la satisfaction d'un but unique. L'&#233;tude de la r&#233;ussite de ces industries montre que cette r&#233;ussite est bas&#233;e sur une collaboration &#233;troite &#224; tous les niveaux entre les organes et les industries concern&#233;es, collaboration second&#233;e par une excellente gestion des ressources et une planification rigoureuse et homog&#232;ne, ainsi que l'impact positif de la situation &#233;conomique g&#233;n&#233;rale de ces pays sur cette industrie. Ceci alors qu'en Iran, les soci&#233;t&#233;s actives dans ce domaine se sont content&#233;es d'accepter des commandes sans exploiter plus avant le potentiel dont elles disposent. Ainsi, malgr&#233; les lourds investissements et l'int&#233;r&#234;t croissant des responsables pour le d&#233;veloppement de cette industrie m&#232;re, l'insouciance et l'impr&#233;voyance de ces derni&#232;res ann&#233;es ont non seulement provoqu&#233; une crise et une stagnation dangereuse, mais ont &#233;galement fait na&#238;tre des probl&#232;mes inattendus qui mettent en danger les fondements m&#234;me de ce secteur en Iran. Par cons&#233;quent, l'industrie navale iranienne est aujourd'hui face &#224; une crise de taille qu'il lui faut rapidement r&#233;sorber, sous peine de dispara&#238;tre. Il para&#238;t aujourd'hui urgent de proc&#233;der &#224; une r&#233;forme essentielle dans tous les domaines du secteur et des industries navales. Au vu de l'importance de ce secteur et la place et le potentiel exceptionnel que l'Iran poss&#232;de dans ce domaine, la n&#233;cessit&#233; de r&#233;forme se fait d'autant plus ressentir qu'une importante partie de ce march&#233; est, avec la situation strat&#233;gique de l'Iran dans le golfe Persique, &#224; port&#233;e de main. Ce qui demeure certain, c'est qu'il est impossible actuellement de pr&#233;voir le futur de cette industrie en Iran.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie :&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; DARBAN Rez&#226;, &#034;S&#226;kht-e keshti, tekr&#226;r-e goft&#233;h&#226;&#034;, &lt;i&gt;Pay&#226;m-e Dary&#226;&lt;/i&gt;, No. 144, novembre 2005.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; TORABI AZAD Massoud, &#034;Rokoud pass az sarm&#226;ye goz&#226;ri&#034;, &lt;i&gt;Pay&#226;m-e Dary&#226;&lt;/i&gt;, No. 144, novembre 2005.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; ENTESARIAN Farzin, &#034;Dowr-e b&#226;tel-e keshti s&#226;zi dar panj&#226;h s&#226;l-e akhir&#034;, &lt;i&gt;Pay&#226;m-e Dary&#226;&lt;/i&gt;, No 144, novembre 2005.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; DOWLATSHAHI Behrouz, &#034;Barressi elal-e adam-e movafaghiyat dar s&#226;kht-e keshti&#034;, &lt;i&gt;Pay&#226;m-e Dary&#226;&lt;/i&gt;, No. 144, novembre 2005.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'industrie navale iranienne au XVIIIe si&#232;cle, N&#226;der Sh&#226;h et l'histoire de son b&#226;timent de guerre</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article858</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article858</guid>
		<dc:date>2008-12-01T12:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Babak Ershadi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Des documents occidentaux, qu'ils soient anciens ou modernes, pr&#233;tendent injustement que les Perses, au cours de leur Histoire plusieurs fois mill&#233;naire, n'ont jamais &#233;t&#233; un peuple navigateur. Mais contrairement &#224; ce jugement h&#226;tif et insuffisamment document&#233;, il est &#224; noter qu'au moins pendant certaines p&#233;riodes importantes de l'histoire de l'Iran, les forces navales et les flottes de commerce ont jou&#233; un r&#244;le d&#233;cisif dans le destin des Perses. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la mythologie iranienne, la construction du premier (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique120" rel="directory"&gt;N&#176; 37, d&#233;cembre 2008 &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH96/arton858-110c7.jpg?1686654653' width='150' height='96' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Des documents occidentaux, qu'ils soient anciens ou modernes, pr&#233;tendent injustement que les Perses, au cours de leur Histoire plusieurs fois mill&#233;naire, n'ont jamais &#233;t&#233; un peuple navigateur. Mais contrairement &#224; ce jugement h&#226;tif et insuffisamment document&#233;, il est &#224; noter qu'au moins pendant certaines p&#233;riodes importantes de l'histoire de l'Iran, les forces navales et les flottes de commerce ont jou&#233; un r&#244;le d&#233;cisif dans le destin des Perses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mythologie iranienne, la construction du premier navire est attribu&#233;e au roi Djamshid1. Dans son immense &#233;pop&#233;e &lt;i&gt;Sh&#226;hn&#226;meh&lt;/i&gt; (Le Livre des Rois), Ferdowsi relate que de grands rois l&#233;gendaires comme Key-K&#226;vous2 ou Key-Khosr&#244;3 embarqu&#232;rent dans des navires lors de leurs exp&#233;ditions aventureuses. Le po&#232;te Assadi Toussi retrace dans son &#339;uvre &#233;pique &lt;i&gt;Garshasb N&#226;meh&lt;/i&gt;, les combats h&#233;ro&#239;ques de grands guerriers contre les dragons et les d&#233;mons dans l'Oc&#233;an indien.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1547 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L237xH381/858-1-ebf2a.jpg?1686654653' width='237' height='381' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:237px;'&gt;&lt;strong&gt;Portrait de N&#226;der Sh&#226;h, Mus&#233;e de Victoria &amp; Albert&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Les premiers documents historiques &#233;voquant des forces marines ou des navires de commerce de la Perse antique datent de l'&#233;poque des Ach&#233;m&#233;nides4. Darius Ier (v. 521 av. J.-C.-486 av. J.-C.) qui avait h&#233;rit&#233; de l'Empire de Cyrus le Grand (v. 600 av. J.-C.-529 av. J.-C.), domina par sa flotte le golfe Persique. Son successeur, Xerx&#232;s Ier (v. 519-465 av. J.-C.) eut l'ambition de d&#233;velopper la pr&#233;sence des forces navales de l'Empire ach&#233;m&#233;nide dans la M&#233;diterran&#233;e orientale. A l'instar de son p&#232;re, Darius Ier qui avait confi&#233; les premi&#232;res explorations maritimes dans le golfe Persique aux navigateurs et aux g&#233;ographes grecs, Xerx&#232;s fit recruter des navigateurs grecs et ph&#233;niciens loyaux vis-&#224;-vis des Perses. En parall&#232;le, les Ach&#233;m&#233;nides engag&#232;rent de jeunes marins perses dans la flotte de M&#233;diterran&#233;e. Lorsqu'il acc&#233;da au tr&#244;ne &#224; la mort de son p&#232;re, Xerx&#232;s Ier &#233;crasa une r&#233;volte en &#1577;gypte puis passa trois ann&#233;es &#224; mettre en place une flotte et une arm&#233;e immenses pour punir les Grecs de l'aide qu'ils avaient apport&#233;e aux cit&#233;s ioniennes en 498 av. J.-C., ainsi que de leur victoire sur les Perses &#224; Marathon en 490 av. J.-C. H&#233;rodote &#233;value les forces terrestres et navales combin&#233;es de Xerx&#232;s &#224; plus de 2,6 millions d'hommes. Xerx&#232;s passe pour avoir franchi le d&#233;troit des Dardanelles sur un pont de bateaux de plus d'un kilom&#232;tre de long avant d'attaquer Ath&#232;nes. Sous Darius et Xerx&#232;s, les flottes perses proc&#233;d&#232;rent &#224; 33 voyages d'exploration, ce qui t&#233;moigne de l'int&#233;r&#234;t des Perses pour ces r&#233;gions inconnues associ&#233; &#224; une volont&#233; de d&#233;velopper leur zone d'influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Empire ach&#233;m&#233;nide fut d&#233;chir&#233; par de nombreuses r&#233;voltes au IVe si&#232;cle av. J.-C., mais le coup final fut port&#233; par Alexandre qui envahit l'Empire perse en battant les troupes de Darius III dans une s&#233;rie de batailles qui eurent lieu entre 334 et 331 av. J.-C. Sous les S&#233;leucides5, et pendant le r&#232;gne de la dynastie parthe des Arsacides, la navigation ne se d&#233;veloppa gu&#232;re en Perse. Cependant, pendant cette m&#234;me p&#233;riode (IVe si&#232;cle av. J.-C. - IIe si&#232;cle ap. J.-C.), la route de la soie, route commerciale reliant la Chine &#224; la Rome imp&#233;riale, pris une grande importance depuis son ouverture pour la premi&#232;re fois vers 100 av. J.-C. La route de la Soie s'&#233;tendait sur quelque 6 000 km. Outre les contacts commerciaux entre l'Orient et l'Occident, elle permit des &#233;changes culturels et religieux. Cependant, une route maritime via l'Inde et l'Arabie permettait probablement le transport d'un volume plus important de marchandises que la c&#233;l&#232;bre voie terrestre ; ceci rendit n&#233;cessaire, aux yeux des Perses, le d&#233;veloppement de leurs capacit&#233;s maritimes. La dynastie des Sassanides6 r&#233;ussit &#224; restaurer la domination des Perses sur les voies maritimes du Moyen-Orient, surtout dans le golfe Persique et dans le nord de l'Oc&#233;an indien. Pour la premi&#232;re fois dans l'histoire de la Perse antique, les Sassanides fond&#232;rent ce que nous pouvons consid&#233;rer comme une &#233;cole sup&#233;rieure de navigation. Pendant cette p&#233;riode, les Perses poss&#233;daient une grande flotte de commerce, active des c&#244;tes orientales de l'Afrique jusqu'en Chine, en passant par l'Inde. Les ports les plus importants des Sassanides se situaient sur les c&#244;tes septentrionales du golfe Persique : Sir&#226;f (actuellement Bandar T&#226;h&#233;ri), Rey-Shahr (actuellement Boushehr). Le port d'Hormuz - au d&#233;troit d'Hormuz - et Tis (actuellement Tch&#226;bah&#226;r) au Baloutchistan furent &#233;galement d'importantes bases maritimes perses pendant plusieurs si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1548 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L213xH381/858-2-6da82.jpg?1686654653' width='213' height='381' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:213px;'&gt;&lt;strong&gt;Portrait d'Afonso de Albuquerque &#224; Goa (Inde). Technique mixte sur bois, Mus&#233;e National d'Art Ancien de Lisbonne, Portugal.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Pendant la p&#233;riode islamique, la navigation musulmane au sein du golfe Persique, sur l'Oc&#233;an indien et dans la M&#233;diterran&#233;e fut domin&#233;e par les Perses. Dans une lettre adress&#233;e au deuxi&#232;me calife, Omar Ibn Khatt&#226;b, le commandant des arm&#233;es musulmanes estimait que les forces navales des Perses dans le golfe Persique &#233;taient aussi puissantes que la marine byzantine dans la M&#233;diterran&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la formation des premi&#232;res dynasties perses, pendant les premiers si&#232;cles de l'islam, les Perses devinrent de nouveau les ma&#238;tres incontest&#233;s du golfe Persique et de la mer d'Oman. Les Bouyides (en persan : Al-e Bouyeh)7 d&#233;velopp&#232;rent peu &#224; peu leur flotte de commerce qui &#233;tablit notamment des bases &#224; Zanzibar (&#238;le de Tanzanie, au large de la c&#244;te orientale de l'Afrique, dans l'Oc&#233;an Indien). Les immigr&#233;s perses, souvent originaires de Shir&#226;z, gouvern&#232;rent cette &#238;le pendant longtemps. Durant cette m&#234;me p&#233;riode, des Perses chiites immigr&#232;rent aussi au Siam (Tha&#239;lande) et y form&#232;rent une petite communaut&#233; influente jusqu'&#224; l'arriv&#233;e des Occidentaux. Aux XIIIe et XIVe si&#232;cles, la Perse subit les invasions mongoles de Gengis Kh&#226;n et de Tamerlan. Les mongols d&#233;vast&#232;rent le pays, et les Perses perdirent le contr&#244;le des c&#244;tes et des &#238;les du golfe Persique et de la mer d'Oman.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'occupation portugaise de l'&#238;le d'Hormuz&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du XVIe si&#232;cle, les Portugais s'empar&#232;rent de plusieurs &#238;les dans le golfe Persique et dans le d&#233;troit d'Hormuz. L'occupation de l'&#238;le strat&#233;gique d'Hormuz par la flotte portugaise eut lieu cinq ans apr&#232;s la d&#233;faite de l'arm&#233;e de Sh&#226;h Ism&#226;&#239;l Ier (1487-1524), fondateur de la dynastie des Safavides, face aux arm&#233;es du sultan ottoman Selim Ier &#224; Tch&#226;der&#226;n. L'annonce de la nouvelle de l'occupation de l'&#238;le d'Hormuz par les Portugais mit la cour safavide dans l'embarras ; car, jusqu'&#224; cette date, l'arm&#233;e safavide ne s'&#233;tait pas encore munie d'artillerie et d'armes &#224; feu, d'autant plus que les Perses n'avaient pratiquement plus aucun b&#226;timent de guerre dans les eaux du golfe Persique. Les hommes de Sh&#226;h Ism&#226;&#239;l se content&#232;rent d'organiser la r&#233;sistance locale, en aidant financi&#232;rement les habitants des r&#233;gions envahies par les Portugais secr&#232;tement. Le 4 mai 1515, les Portugais s'install&#232;rent d&#233;finitivement sur l'&#238;le d'Hormuz qui servait de base principale &#224; leurs forces dans la r&#233;gion. Le Vatican soutenait les exp&#233;ditions des Portugais vers l'Orient, l'Asie et le Nouveau Monde. En effet, le 4 mai 1493, le pape Alexandre VI (v. 1431-1503) partagea l'Am&#233;rique nouvellement d&#233;couverte entre l'Espagne et le Portugal, les autorisant &#224; poursuivre au nom du Saint-Si&#232;ge leurs exp&#233;ditions militaires en Asie et en Orient, accompagn&#233;s par les missionnaires de ce dernier. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_1549 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH145/858-3-7953a.jpg?1686654653' width='358' height='145' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1550 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH254/858-4-748f5.jpg?1686654653' width='358' height='254' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Peinture de Gambroun (actuellement Bandar Abb&#226;s) au d&#233;troit d'Hormuz, par C. Decker, peintre hollandais, 1665-1685.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Alfonso de Albuquerque (1453-1515), navigateur et conquistador portugais, fondateur de l'empire portugais en Orient, s'installa en Inde avant d'avancer &#224; bord de son navire vers le golfe Persique en 1507. Mais l'occupation des &#238;les et des ports du golfe Persique par les Portugais se d&#233;roula huit ans plus tard, lorsqu'ils prirent l'&#238;le strat&#233;gique d'Hormuz. Les navires portugais &#233;taient &#233;quip&#233;s de puissants canons, tandis que les d&#233;fenseurs de l'&#238;le en &#233;taient d&#233;pourvus. Les Portugais contr&#244;laient toutes les &#238;les et les ports de l'Est du golfe Persique. Pour d&#233;fendre les r&#233;gions situ&#233;es &#224; l'Ouest, le roi Sh&#226;h Ism&#226;&#239;l III nomma Kh&#226;dem Beig gouverneur du Kh&#251;zist&#226;n et de la province chiite du sud de la M&#233;sopotamie (Bassora). Kh&#226;dem Beig &#233;tait &#233;galement le commandant en chef des forces navales au golfe Persique. Mais ce poste &#233;tait un titre purement formel, &#233;tant donn&#233; que la marine &#233;tait inexistante ; et ce d'autant plus qu'en l'espace de six ans (jusqu'en 1521) les Portugais envahirent toutes les &#238;les iraniennes dont Bahre&#239;n (sud) et le port strat&#233;gique de Gambroun (actuellement Bandar Abb&#226;s) au d&#233;troit d'Hormuz. L'occupation portugaise dura jusqu'&#224; l'&#233;poque du plus grand empereur de la dynastie des Safavides, Sh&#226;h Abb&#226;s Ier le Grand (1571-1629). Sh&#226;h Abb&#226;s d&#233;buta son r&#232;gne en c&#233;dant des territoires aux Ouzbeks et aux Ottomans afin de se donner le temps de mettre sur pied une arm&#233;e puissante et moderne. Mais &#224; partir de 1588, il r&#233;cup&#233;ra tous les territoires conc&#233;d&#233;s et en 1623, il r&#233;gnait sur un empire centralis&#233; et prosp&#232;re qui s'&#233;tendait du Tigre &#224; l'Indus. Grand administrateur, Abb&#226;s encouragea &#233;galement le commerce et l'industrie. La vie &#224; sa cour &#233;tait fastueuse. Il se fit le protecteur des arts, qui prirent un grand essor durant son r&#232;gne. Il fit reconstruire la ville d'Ispahan, qui devint sa capitale (v. 1598). Sh&#226;h Abb&#226;s mit brillamment en place une politique &#233;trang&#232;re intelligente et active. Il r&#233;ussit finalement &#224; lib&#233;rer les r&#233;gions occup&#233;es par les Portugais dans le sud du pays. En effet, Sh&#226;h Abb&#226;s soutint la pr&#233;sence des forces navales anglaises dans le golfe Persique pour chasser les Portugais de la r&#233;gion. Sous son r&#232;gne se nou&#232;rent les premi&#232;res relations commerciales avec la Compagnie anglaise des Indes orientales. Apr&#232;s Sh&#226;h Abb&#226;s, le pouvoir des Safavides d&#233;clina. Si l'influence culturelle demeura forte en Inde, au sein de l'Empire ottoman et jusqu'en Europe, la Perse fut cependant min&#233;e par des conflits internes. En 1722, les tribus afghanes se r&#233;volt&#232;rent et pill&#232;rent Ispahan, la capitale safavide. Ce fut la fin de l'Empire fond&#233; par Sh&#226;h Ism&#226;&#239;l Ier en 1502. De l'autre c&#244;t&#233; du golfe Persique, les tribus arabes de Mascate (Oman), longtemps soumises aux gouvernements iraniens, se r&#233;volt&#232;rent en d&#233;veloppant leurs activit&#233;s maritimes et notamment la piraterie, tandis que les habitants de l'&#238;le de Bahre&#239;n rest&#232;rent fid&#232;les &#224; l'Iran, malgr&#233; l'effondrement de la dynastie des Safavides. Les Arabes de Mascate prirent un pouvoir consid&#233;rable dans la r&#233;gion du golfe Persique, en absence d'un pouvoir central en Perse. A ce propos, le capitaine anglais Alexander Hamilton a &#233;crit : &#034;&lt;i&gt;En 1715, les Arabes de Mascate s'&#233;taient procur&#233;s une flotte assez importante : un grand b&#226;timent de guerre &#233;quip&#233; de 74 canons ; deux navires moyens dont l'un &#233;tait &#233;quip&#233; de 60 canons et l'autre de 50 canons ; 18 petits bateaux ayant chacun entre 12 et 32 canons. Ils avaient aussi&lt;/i&gt; &lt;i&gt;plusieurs barques qu'ils avaient munies de 4 &#224; 8 canons. Gr&#226;ce &#224; cette puissance navale, les Arabes de Mascate ont domin&#233; une vaste zone maritime depuis l'Inde jusqu'&#224; la mer Rouge. Leur pr&#233;sence avait remis en cause la s&#233;curit&#233; de la zone &#233;tant donn&#233; qu'ils ne cessaient de pirater tous les navires de commerce traversant les eaux de cette vaste r&#233;gion&lt;/i&gt;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1717, l'imam de Mascate, le Sultan Ben Seyf Th&#226;ni, occupa l'&#238;le de Bahre&#239;n. Les habitants de l'&#238;le fid&#232;les &#224; la Perse se r&#233;volt&#232;rent deux ans plus tard contre les pirates de Mascate. Le Sheikh Djabb&#226;reh, chef de la tribu Al-Houleh, r&#233;ussit &#224; repousser les pirates et &#224; lib&#233;rer l'&#238;le. Malgr&#233; le vide politique qui ravageait la Perse, apr&#232;s la chute d'Ispahan, les Arabes de Bahre&#239;n proclam&#232;rent l'appartenance de l'&#238;le par rapport &#224; la Perse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1724, la Russie et l'Empire ottoman d&#233;cid&#232;rent de se partager la Perse. Les forces de l'Empire ottoman avanc&#232;rent vers le sud et occup&#232;rent les ports et les &#238;les du golfe Persique et du d&#233;troit d'Hormuz. Leur pr&#233;sence intensifi&#232;rent l'ins&#233;curit&#233;, de sorte que seule la flotte de la Compagnie anglaise des Indes orientales fut capable d'assurer la s&#233;curit&#233; des navires de commerce dans les eaux du golfe Persique.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1551 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH269/858-5-22bbb.jpg?1686654653' width='358' height='269' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;L'&#238;le d'Hormuz, Ghal'eye portegh&#226;lih&#226; (Citadelle des Portugais)&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, dans les provinces non occup&#233;es de la Perse, une arm&#233;e nationale fut lev&#233;e et chassa les Afghans en 1729, envahit l'Inde et s'empara de Delhi en 1739, puis chassa les arm&#233;es ottomanes (les Russes s'&#233;tant retir&#233;s). Les pirates de Mascate se retir&#232;rent du golfe Persique et du d&#233;troit d'Hormuz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chef de cette arm&#233;e nationale &#233;tait un g&#233;n&#233;ral turkm&#232;ne des Safavides, N&#226;der Ghuli Beg, qui monta sur le tr&#244;ne en 1736 et prit le nom de N&#226;der Sh&#226;h.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#226;der Sh&#226;h (1688-1747), roi de Perse de 1736 &#224; 1747, &#233;tait membre de la tribu turkm&#232;ne des Afsh&#226;rs, n&#233; dans la province du Khor&#226;ss&#226;n. Apr&#232;s le pillage d'Ispahan par les tribus afghanes, N&#226;der Ghuli Beg prit la t&#234;te d'une bande d'aventuriers et lutta contre l'occupation afghane de la Perse. Ayant chass&#233; les Afghans en 1730, il r&#233;tablit sur le tr&#244;ne l'h&#233;ritier l&#233;gitime de la dynastie safavide, le Sh&#226;h Tahmasp II. Ayant chass&#233; les Turcs ottomans d'Azerba&#239;djan en 1731, il renversa l'ann&#233;e suivante Tahmasp II, d&#233;clarant roi le fils de celui-ci. Abb&#226;s III n'&#233;tait qu'un enfant et N&#226;der assura la r&#233;gence jusqu'en 1736, lorsque mourut le jeune souverain. Il s'empara alors du tr&#244;ne et se proclama Sh&#226;h de Perse. S'effor&#231;ant de r&#233;tablir la puissance de l'Empire perse, il tenta de mettre fin &#224; l'opposition entre musulmans chiites et sunnites et mena une inlassable guerre de reconqu&#234;te. En 1738, il s'empara de l'Afghanistan. En 1739, il envahit le nord de l'Inde, occupa Delhi, la capitale de l'Empire mongol, puis se tourna contre l'Ouzb&#233;kistan, attaquant Boukhara et Kiva. Apr&#232;s avoir r&#233;tabli l'ordre et la stabilit&#233; en Perse, N&#226;der Sh&#226;h eut finalement le temps de s'int&#233;resser &#224; reconqu&#233;rir le golfe Persique et la mer d'Oman, d'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de cr&#233;er une marine puissante.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La rivalit&#233; entre les ports de Bassora et de Boushehr&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sous N&#226;der Sh&#226;h, le port de Boushehr, situ&#233; au centre du golfe Persique prit une importance toute particuli&#232;re, car le roi l'avait choisi, en raison de sa situation strat&#233;gique, en tant que base principale de ses forces navales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville de Boushehr fut construite par le roi Ard&#233;shir Ier, roi de Perse (224-241), fondateur de la dynastie des Sassanides. Il &#233;difia la ville de Boushehr qu'il baptisa Ram-Ard&#233;shir, appel&#233;e ensuite Rey-Shahr et finalement Boushehr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#226;der Sh&#226;h nomma le Sheikh N&#226;sser Kh&#226;n &#224; la t&#234;te de ses forces navales. Le fils de N&#226;sser Kh&#226;n, Abou Moha&#239;ri se mit &#224; reconstruire et moderniser la ville et le port de Boushehr. En effet, Boushehr devint l'un des ports les plus importants de tout le golfe Persique et garda son prestige sous les dynasties zand et q&#226;dj&#226;re. Boushehr devint un rival important de Bassora, sur la rive occidentale d'Arvandroud (Chatt ol-Arab), &#224; 120 km du golfe Persique. Pendant cette p&#233;riode, Boushehr fut l'un des principaux centres de commerce entre le golfe Persique et l'Oc&#233;an indien.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La cr&#233;ation de la flotte du golfe Persique et de la mer d'Oman&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En automne 1733, les partisans de la famille royale des Safavides se r&#233;volt&#232;rent contre leur ancien g&#233;n&#233;ral, N&#226;der, qui r&#233;prima leur r&#233;volte. Les rebelles prirent refuge sur l'&#238;le de Kish. Par ailleurs, N&#226;der envoya Latif Kh&#226;n Dashtest&#226;ni &#224; Bandar Abb&#226;s en tant que son repr&#233;sentant aupr&#232;s des Compagnies anglaise et n&#233;erlandaise des Indes orientales. L'objectif de N&#226;der &#233;tait d'&#233;tablir des relations avec les Europ&#233;ens afin de pouvoir leur acheter des navires de combat. N&#226;der Sh&#226;h souhaitait obtenir une r&#233;ponse imm&#233;diate &#224; sa demande. Les repr&#233;sentants des deux compagnies anglaise et n&#233;erlandaise demand&#232;rent un d&#233;lai &#224; Latif Kh&#226;n. Apr&#232;s plusieurs semaines de consultations, les deux compagnies europ&#233;ennes rejet&#232;rent la demande des Perses, sous pr&#233;texte que leurs navires appartenaient &#224; leurs gouvernements respectifs et qu'ils n'avaient pas obtenu l'autorisation de les vendre &#224; N&#226;der Sh&#226;h.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1552 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH269/858-6-e055d.jpg?1686654653' width='358' height='269' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;L'&#238;le d'Hormuz, Ghal'eye portegh&#226;lih&#226; (Citadelle des Portugais)&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la r&#233;ponse n&#233;gative des Europ&#233;ens, N&#226;der Sh&#226;h d&#233;cida d'acheter ses navires aux Perses de l'Inde. Ces derniers poss&#233;daient plusieurs chantiers navals sur les c&#244;tes occidentales de ce pays. N&#226;der Sh&#226;h exp&#233;dia Latif Kh&#226;n en Inde pour acheter ou affr&#233;ter plusieurs navires pour combattre les rebelles r&#233;unis sur l'&#238;le de Kish. Les Perses de l'Inde firent comprendre &#224; Latif Kh&#226;n qu'aucune des compagnies navales europ&#233;ennes ou indiennes n'&#233;tait dispos&#233;e &#224; aider le nouveau roi de Perse, craignant une r&#233;action hostile de la part de l'Empire ottoman qui soutenait les Arabes de Mascate dans la r&#233;gion du golfe Persique. Les Perses de l'Inde r&#233;ussirent, cependant, &#224; convaincre les deux compagnes anglaise et n&#233;erlandaise d'affr&#233;ter chacune un navire &#224; N&#226;der Sh&#226;h, provisoirement et uniquement pour attaquer les rebelles sur l'&#238;le de Kish.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir r&#233;prim&#233; les rebelles, N&#226;der Sh&#226;h d&#233;cida de fonder sa propre marine, &#233;tant donn&#233; qu'il avait compris qu'il ne pouvait compter ni sur une alliance avec les Europ&#233;ens ni avec les Arabes des c&#244;tes du sud du golfe Persique. Par ailleurs, la plupart des navires europ&#233;ens dans la r&#233;gion &#233;taient des bateaux de commerce, inadapt&#233;es &#224; l'usage militaire, d'autant plus que les Europ&#233;ens craignant que la formation d'une flotte perse dans le golfe Persique ne mette en p&#233;ril la s&#233;curit&#233; de la zone, notamment en provoquant l'Empire ottoman ou leurs alli&#233;s arabes &#224; Mascate, capables de prendre des mesures de repr&#233;sailles &#224; l'encontre du commerce europ&#233;en dans le golfe Persique et en mer d'Oman. Les repr&#233;sentants des deux compagnies anglaise et n&#233;erlandaise firent comprendre &#224; Latif Kh&#226;n qu'il fallait mieux que les Perses commandent leurs navires aux chantiers navals europ&#233;ens en Inde, pour &#233;viter une &#233;ventuelle r&#233;action des Ottomans.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La construction du b&#226;timent de guerre de N&#226;der Sh&#226;h&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Du fait de sa m&#233;fiance envers les vraies intentions des compagnies anglaise et n&#233;erlandaise et pour &#233;viter toute d&#233;pendance par rapport aux Europ&#233;ens, N&#226;der Sh&#226;h pr&#233;f&#233;ra que son b&#226;timent de guerre soit construite dans un b&#226;timent &#224; Boushehr et non pas en Inde. Le premier probl&#232;me qu'il dut surmonter fut de trouver du bois n&#233;cessaire &#224; la construction du navire. Il d&#233;cida donc d'acheminer le bois des r&#233;gions foresti&#232;res du M&#226;zandar&#226;n vers Boushehr. Le M&#226;zandar&#226;n se situant au bord de la mer Caspienne, la distance &#224; parcourir &#233;tait donc de plus de mille kilom&#232;tres. Le convoi traversa, en deux mois, les cha&#238;nes de montagnes de l'Elbourz et du Zagros, et les vastes plaines du plateau central de l'Iran. Selon les documents du bureau de la Compagnie anglaise des Indes orientales &#224; Bandar Abb&#226;s, le b&#226;timent de guerre de N&#226;der Sh&#226;h devait &#234;tre long de 100 m&#232;tres et muni de nombreux canons. Un atelier &#224; Bandar Abb&#226;s fut charg&#233; de fabriquer les canons. En septembre 1741, deux canons de bronze avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; fabriqu&#233;s et il &#233;tait convenu qu'apr&#232;s les premiers tests, plus de 300 canons de marine soient fabriqu&#233;s &#224; Bandar Abb&#226;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au mois de d&#233;cembre, les repr&#233;sentants des compagnies anglaises et n&#233;erlandaises re&#231;urent des d&#233;crets de N&#226;der Sh&#226;h. Dans son &#034;&lt;i&gt;dastour&lt;/i&gt;&#034; (ordonnance), le roi avait demand&#233; aux Anglais d'envoyer trois ma&#238;tres charpentiers de marine &#224; Boushehr ainsi que tout l'outillage n&#233;cessaire. Le chef de la marine iranienne avait &#233;t&#233; charg&#233; de payer toutes les factures de la compagnie anglaise. Le chef du chantier &#233;tait un capitaine finlandais, engag&#233; par N&#226;der Sh&#226;h, qui ne voulait pas confier tous les travaux aux Anglais. Tout le monde se mit au travail, mais N&#226;der Sh&#226;h arr&#234;ta les activit&#233;s du chantier naval de Boushehr, car il dut affronter les r&#233;voltes dans diff&#233;rentes parties de son Empire, notamment sur les fronti&#232;res nord-ouest. Il fut assassin&#233; en 1747 lors d'un coup d'Etat &#224; Ghoutch&#226;n (Khor&#226;ss&#226;n), et le projet de son b&#226;timent de guerre fut d&#233;finitivement abandonn&#233;. Les ruines de son chantier naval &#233;taient encore visibles &#224; Boushehr jusqu'au d&#233;but du XIXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que N&#226;der Sh&#226;h ne put jamais r&#233;aliser son r&#234;ve de construire des bateaux, il r&#233;ussit pourtant &#224; cr&#233;er une force navale assez importante en achetant des navires &#233;trangers ou en confisquant les bateaux des pirates, et ce d'autant plus que les chantiers navals de Boushehr et de Bandar Abb&#226;s r&#233;ussirent &#224; construire 19 bateaux moyens et petits pour la marine de N&#226;der Sh&#226;h. Gr&#226;ce &#224; cette puissante force navale, le roi r&#233;ussit &#224; s&#233;curiser le golfe Persique, vassaliser la plupart des chefs locaux arabes et augmenter le volume du commerce maritime de la Perse. Le gouverneur de Boushehr, Mohammad-Taghi Kh&#226;n, acheta un navire aux Fran&#231;ais, tandis que N&#226;der Sh&#226;h acheta quatre autres navires de taille moyenne aux Perses de l'Inde. L'imam de Mascate, qui s'&#233;tait soumis de nouveau au roi des Perses, lui offrit deux navires de combat dont l'un &#233;tait &#233;quip&#233; de 64 canons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1742, l'imam de Mascate (Oman) demanda l'aide &#224; N&#226;der Sh&#226;h pour r&#233;primer les rebelles Arabes qui avaient envahi la forteresse Sahar &#224; Oman. N&#226;der Sh&#226;h chargea son beau-fr&#232;re Kalb-Ali Kh&#226;n &#224; la t&#234;te d'une petite flotte d'accompagner l'imam de Mascate sur la c&#244;te du Baloutchistan o&#249; il s'&#233;tait r&#233;fugi&#233;. La flotte iranienne parvint &#224; Mascate. Les troupes de Kalb-Ali Kh&#226;n assi&#233;g&#232;rent la forteresse Sahar et la prirent en juillet 1743. Les troupes de N&#226;der Sh&#226;h s'install&#232;rent en Oman, ce qui ne tarda pas &#224; susciter une vive r&#233;action de l'Empire ottoman. Le sultan d'Istanbul exp&#233;dia ses troupes vers Bassora pour d&#233;stabiliser les positions des Perses dans le golfe Persique. N&#226;der Sh&#226;h dut rapatrier la flotte de Kalb-Ali Kh&#226;n pour attaquer les forces ottomanes &#224; Bassora. Les arm&#233;es de N&#226;der Sh&#226;h avaient d&#233;j&#224; assi&#233;g&#233; la ville de Bassora lorsque la flotte de Kalb-Ali Kh&#226;n arriva dans la r&#233;gion ; la marine ne joua donc pas un r&#244;le important dans la bataille. Mais en absence de la flotte perse &#224; Mascate, les rebelles arabes encourag&#233;s par les Ottomans prirent peu &#224; peu le dessus, et la position des Perses fut consid&#233;rablement affaiblie en Oman.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1553 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH234/858-7-01d1e.jpg?1686654653' width='358' height='234' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Vue de la ville de Bandar Abb&#226;s, on peut appercevoir les constructions anglaises et hollandaises avec leur drapeau respectif.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Dans un rapport &#224; Londres en f&#233;vrier 1745, le repr&#233;sentant de la Compagnie anglaise des Indes orientales &#233;crit que N&#226;der Sh&#226;h s'&#233;tait d&#233;j&#224; procur&#233; pr&#232;s d'une trentaine de grands navires et un grand nombre de navires moyens et petits. Il pr&#233;cisa que cette flotte &#233;tait bas&#233;e dans les deux ports de Boushehr au centre du golfe Persique et de Bandar Abb&#226;s, au d&#233;troit d'Hormuz. &#034;&lt;i&gt;Il para&#238;t que le roi [N&#226;der Sh&#226;h] est d&#233;termin&#233; &#224; renforcer ses forces navales pour s'imposer d&#233;finitivement aux Ottomans et aux chefs locaux. C'est pourquoi il a conclu un grand contrat commercial avec les chantiers navals des Perses de l'Inde pour la construction de deux grands navires en Inde, en &#233;change d'un volume important de marchandises et d'une somme consid&#233;rable de 5 000 tomans&lt;/i&gt;&#034;, &#233;crit-il dans ce rapport. Dans le m&#234;me temps, les Perses originaires de Shir&#226;z et qui s'&#233;taient install&#233;s depuis longtemps &#224; Zanzibar (&#238;le de Tanzanie, au large de la c&#244;te orientale de l'Afrique, dans l'Oc&#233;an Indien), craignant l'influence grandissante des Europ&#233;ens, demand&#232;rent &#224; N&#226;der Sh&#226;h de soutenir leur gouvernement local sur cette &#238;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la bataille de Bassora, N&#226;der Sh&#226;h chassa les Europ&#233;ens de Bahre&#239;n et reconquit Mascate et Oman. Il imposa ainsi sa domination sur l'ensemble du golfe Persique au d&#233;triment des Ottomans, des Europ&#233;ens et de leurs alli&#233;s locaux. En novembre 1743, N&#226;der Sh&#226;h appela les g&#233;n&#233;raux et les hauts commandants de ses arm&#233;es &#224; participer &#224; une r&#233;union dont l'objectif &#233;tait de d&#233;terminer la strat&#233;gie militaire et d&#233;fensive de la Perse. L'objectif du roi &#233;tait de mettre sur pied une grande arm&#233;e r&#233;guli&#232;re capable de mobiliser en quelques mois des centaines de soldats. N&#226;der Sh&#226;h souhaitaient que le nombre des soldats de son arm&#233;e, en p&#233;riode de paix, ne soit jamais inf&#233;rieur &#224; 400 000 effectifs. Le projet de N&#226;der Sh&#226;h et de ses g&#233;n&#233;raux consistait &#233;galement &#224; cr&#233;er une puissante marine capable de chasser d&#233;finitivement les Ottomans et surtout les Europ&#233;ens du golfe Persique et de la mer d'Oman. Le proc&#232;s-verbal de cette r&#233;union militaire est conserv&#233; aujourd'hui au mus&#233;e de Saint-P&#233;tersbourg. Dans ce document, N&#226;der Sh&#226;h exprime sa m&#233;fiance vis-&#224;-vis des puissances europ&#233;ennes. Il ne connaissait que peu les &#233;volutions survenues &#224; l'&#233;poque en Europe, mais il avait bien compris le projet des grandes puissances maritimes de l'Europe visant &#224; &#233;tendre leur zone d'influence dans les terres musulmanes, d'o&#249; son projet de d&#233;fendre les zones maritimes de l'Iran, notamment le golfe Persique, face aux puissances &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard des Europ&#233;ens s'&#233;tendit &#233;galement aux relations &#233;conomiques. N&#226;der Sh&#226;h regardai d'un &#339;il douteux les activit&#233;s des compagnies anglaises et n&#233;erlandaises des Indes orientales. Apr&#232;s la fermeture des bureaux de ces compagnies &#224; Ispahan, N&#226;der Sh&#226;h leur permit de garder leurs bureaux et leurs d&#233;p&#244;ts &#224; Bandar Abb&#226;s, afin de r&#233;pondre aux exigences de la realpolitik8. Mais il n'accepta le commerce avec les compagnies europ&#233;ennes qu'&#224; contrecoeur. Il soutint ainsi l'id&#233;e que la Perse ne devait s'appuyer que sur ses ressources et moyens pour d&#233;velopper ses industries, au lieu de s'habituer &#224; d&#233;pendre des &#233;trangers. N&#226;der Sh&#226;h avait critiqu&#233; souvent la politique men&#233;e par les rois safavides qui avaient encourag&#233; les Anglais et les N&#233;erlandais &#224; d&#233;velopper leur pr&#233;sence maritime dans les eaux iraniennes. Il d&#233;cida ainsi de r&#233;duire cette d&#233;pendance pour pouvoir chasser les Europ&#233;ens non seulement du golfe Persique et de la Mer d'Oman, mais &#233;galement du nord de l'Oc&#233;an indien et des c&#244;tes orientales de l'Afrique (Zanzibar) pour prot&#233;ger l'espace vital de la Perse. Dans le m&#234;me temps, en vue de limiter l'influence des Europ&#233;ens dans ces r&#233;gions, N&#226;der Sh&#226;h conclut des accords bilat&#233;raux avec les chefs locaux, surtout d'Oman, afin de les soutenir face aux agressions &#233;ventuelles des Europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;N&#226;der Sh&#226;h et la flotte de la mer Caspienne&lt;/h3&gt;&lt;dl class='spip_document_1554 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L251xH358/858-8-fca94.jpg?1686654653' width='251' height='358' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:251px;'&gt;&lt;strong&gt;Canon portuguais situ&#233; dans l'enceinte du mus&#233;e N&#226;der Sh&#226;h, Mashhad&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;En 1741, au cours d'un conflit avec les Lezgis du Daguestan (nord du Caucase) soutenus par les Russes, N&#226;der Sh&#226;h &#233;prouva la n&#233;cessit&#233; de d&#233;velopper sa puissance maritime dans la mer Caspienne. Depuis les Sassanides jusqu'&#224; l'&#233;poque des Safavides, les Perses avaient toujours confi&#233; le contr&#244;le de la mer Caspienne face aux agressions &#233;ventuelles de leurs ennemis aux anciens gouverneurs locaux du Caucase, les Sherv&#226;nsh&#226;hs9. Mais les rois safavides d&#233;cid&#232;rent d'en finir avec cette dynastie autonome afin de renforcer directement leur pouvoir dans le Caucase. Le renversement des Sherv&#226;nsh&#226;hs fournit un terrain propice &#224; une influence accrue des Russes dans le nord du Caucase et la mer Caspienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1724, profitant de l'effondrement de l'empire safavide, Pierre Ier le Grand (1672-1725), tsar de Russie, d&#233;cida d'attaquer l'Iran pour r&#233;aliser son v&#339;u d'acc&#233;der aux mers chaudes du golfe Persique et de l'Oc&#233;an indien. Lorsque le sultan ottoman comprit que les Russes avaient pr&#233;par&#233; une arm&#233;e de 45 000 soldats pour avancer vers le Caucase, il proposa &#224; Pierre Ier un plan pr&#233;voyant le partage des terres des Safavides entre les Russes et les Turcs, et ce afin d'emp&#234;cher l'avancement des troupes du tsar vers l'Ouest. Pierre Ier mourut soudainement le 8 f&#233;vrier 1725. Ses successeurs accept&#232;rent la proposition des Ottomans. Les deux arm&#233;es &#233;trang&#232;res occup&#232;rent alors une grande partie de la Perse. Dans les r&#233;gions non occup&#233;es, les g&#233;n&#233;raux de l'ancienne arm&#233;e safavide et les gouverneurs locaux organis&#232;rent la r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 21 janvier 1732, un repr&#233;sentant du gouvernement russe remit une lettre au gouverneur de Rasht (Guil&#226;n) annon&#231;ant que la Russie avait d&#233;cid&#233; unilat&#233;ralement d'abroger l'accord avec l'Empire ottoman portant sur le partage de la Perse. En effet, les Russes craignaient le pouvoir grandissant de N&#226;der Sh&#226;h. Par cons&#233;quent, avant que les troupes de N&#226;der Sh&#226;h n'avancent vers l'Azerba&#239;djan et le Caucase, les Russes avaient d&#233;j&#224; &#233;vacu&#233; les lieux. En effet, quelques mois avant l'annonce par la Russie du retrait de ses troupes d'Iran, les arm&#233;es de N&#226;der Sh&#226;h avaient repouss&#233; les Ottomans. Cependant, les Russes tenaient &#224; pr&#233;server leurs bases &#224; Bakou (aujourd'hui, capitale de la R&#233;publique d'Azerba&#239;djan). Deux ans plus tard, N&#226;der Sh&#226;h conduisit son arm&#233;e vers le Daguest&#226;n. Les Russes quitt&#232;rent aussit&#244;t Bakou pour ne pas avoir &#224; affronter les troupes perses. Selon les documents des archives imp&#233;riales &#224; Saint-P&#233;tersbourg, les successeurs de Pierre Ier craignaient que les arm&#233;es de N&#226;der Sh&#226;h ne s'arr&#234;tent pas au Daguestan et qu'elles avancent vers le nord, dans la Russie profonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant le r&#232;gne de N&#226;der Sh&#226;h, les Russes avaient obtenu le monopole quasi-total de la navigation dans la mer Caspienne. En d&#233;cembre 1741, N&#226;der Sh&#226;h apprit la nouvelle du coup d'Etat (une r&#233;volution de palais) de l'imp&#233;ratrice Elisabeth Petrovna contre Ivan VI. Il voulut profiter de cette occasion pour convaincre l'imp&#233;ratrice russe de lui affr&#233;ter une dizaine de bateaux pour qu'il se batte contre les rebelles du Daguest&#226;n. L'ambassadeur russe, Igor Kalioshkin, transmit la demande de N&#226;der Sh&#226;h &#224; Saint-P&#233;tersbourg, en pr&#233;venant l'imp&#233;ratrice que si les Perses s'emparaient de ces navires, ils ne les rendraient jamais au gouvernement russe, car la strat&#233;gie de N&#226;der Sh&#226;h consistait &#224; constituer une marine puissante dans la mer Caspienne afin de mettre fin au contr&#244;le de cette zone maritime par les Russes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 1742, l'imp&#233;ratrice Elisabeth Petrovna et ses conseillers &#233;tudi&#232;rent la demande de N&#226;der Sh&#226;h et le rapport de leur ambassadeur en Perse. Ils finirent par d&#233;cider de charger Kalioshkin de n&#233;gocier avec N&#226;der Sh&#226;h.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un an plus t&#244;t, le 15 mai 1741, N&#226;der Sh&#226;h avait fait l'objet d'une tentative assassinat manqu&#233;e lors d'un voyage dans la r&#233;gion montagneuse de Sav&#226;dkouh (M&#226;zandar&#226;n), incident qui le traumatisa fortement. Pour se r&#233;tablir psychologiquement, le roi s'installa plusieurs mois &#224; T&#233;h&#233;ran, alors un petit village au pied des monts Elbourz. Selon les archives nationales de Saint-P&#233;tersbourg, l'ambassadeur russe rencontra le roi de Perse dans ce petit village devenu aujourd'hui la capitale de l'Iran. Dans son rapport &#224; Saint-P&#233;tersbourg, Kalioshkin d&#233;crit cette rencontre en ces termes : &#034;&lt;i&gt;N&#226;der se sent plus fort que jamais. Ses victoires militaires et diplomatiques successives l'ont convaincu de son invincibilit&#233;. Rien ne peut l'arr&#234;ter. Il faut nous m&#233;fier de N&#226;der et de la Perse de N&#226;der. C'est un militaire et un grand strat&#232;ge. Donc, nous ne pourrons point nous assurer de son intention de respecter ses engagements politiques et diplomatiques. Il n'h&#233;site pas &#224; manifester son hostilit&#233; et son agressivit&#233; &#224; l'&#233;gard des Ottomans, mais cela ne veut pas dire qu'il pourrait finir par s'allier avec la Russie. En tout &#233;tat de cause, il n'est gu&#232;re possible, &#224; mon avis, d'imaginer un compromis politique avec N&#226;der qui pr&#233;f&#232;re toujours r&#233;gler ses affaires par la force. Il adore l'&#233;p&#233;e, les canons, les bons chevaux et les soldats loyaux et courageux. Non seulement les Russes, mais tous les Europ&#233;ens doivent s'inqui&#233;ter de sa puissance.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son rapport, l'ambassadeur russe fait &#233;galement &#233;tat de l'intention de N&#226;der Sh&#226;h de cr&#233;er une force navale dans la mer Caspienne, et la qualifie de dangereuse pour les int&#233;r&#234;ts de la Russie. Il &#233;voque ensuite les batailles sporadiques entre les soldats russes et les troupes de N&#226;der Sh&#226;h au nord du Caucase, au cours desquelles les Perses avaient an&#233;anti les unit&#233;s militaires des russes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, Saint-P&#233;tersbourg d&#233;cida de ne pas affr&#233;ter de navires &#224; N&#226;der Sh&#226;h. Ce dernier rencontra un capitaine anglais, John Elton, en juillet 1742. Le projet d'Elton &#233;tait de r&#233;activer le commerce entre l'Angleterre et la Perse via la mer Caspienne et le territoire russe. N&#226;der Sh&#226;h accueillit favorablement les propositions de John Elton. Elton fit construire un navire marchand &#224; Kazan, port russe situ&#233; au nord de la mer Caspienne. Le bateau baptis&#233; &#034;Imp&#233;ratrice de Russie&#034; arriva en juin 1743 au port d'Anzali dans la province iranienne du Guil&#226;n. Du retour au delta de Volga, le bateau accosta au Daguest&#226;n pour d&#233;charger sa cargaison de vivres et de munitions pour les troupes iraniennes dans le nord du Caucase. Ainsi, N&#226;der Sh&#226;h se servit des activit&#233;s commerciales de John Elton pour renforcer ses positions au Daguest&#226;n et dans la ville de Darband.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques mois plus tard, en d&#233;cembre 1943, le consul russe au Guil&#226;n protesta officiellement contre les activit&#233;s de John Elton. Ce dernier fut par la suite agress&#233; &#224; Darband par un officier russe qui le passa &#224; tabac, car il avait d&#233;charg&#233; plusieurs fois des cargaisons destin&#233;es aux troupes perses. Elton fut gri&#232;vement bless&#233;. Il r&#233;ussit &#224; rencontrer N&#226;der Sh&#226;h dans son camp militaire au nord-ouest de Darband. Le capitaine anglais pr&#233;senta de nouveaux projets de navigation et de commerce, sugg&#233;rant &#233;galement la possibilit&#233; de la mise sur pied d'un chantier naval sur la c&#244;te du sud de la mer Caspienne. N&#226;der Sh&#226;h conf&#233;ra le titre de &#034;Djam&#226;l Beg&#034; &#224; Elton et le chargea de construire des navires modernes pour sa flotte. Il fit &#233;galement identifier et punir les agresseurs russes de John Elton &#224; Darband, et ce dernier rentra ensuite au Guil&#226;n pour commencer sa mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#226;der Sh&#226;h d&#233;cida &#233;galement de punir les pirates turkm&#232;nes qui avaient contribu&#233; &#224; augmenter l'ins&#233;curit&#233; des r&#233;gions situ&#233;es au sud-ouest de la mer Caspienne. Il chargea Elton et ses hommes d'une mission de reconnaissance maritime en vue de localiser les pirates. Les services rendus par ce capitaine anglais inqui&#233;taient de plus en plus les Russes, et ce d'autant plus que N&#226;der Sh&#226;h affichait une position de plus en plus hostile &#224; l'&#233;gard de la Russie. Vers la fin de l'ann&#233;e 1743, un conflit militaire majeur sembla in&#233;vitable entre les deux pays. Mais &#224; la derni&#232;re minute, et &#224; la grande surprise des Russes, N&#226;der Sh&#226;h changea d'avis et attaqua les positions des arm&#233;es ottomanes dans l'ouest de l'Azerba&#239;djan. Cependant, les Russes savaient que leur position dans la mer Caspienne serait menac&#233;e si N&#226;der Sh&#226;h d&#233;veloppait son contr&#244;le &#224; la fois sur le Caucase &#224; l'ouest de la mer Caspienne, et sur le pays des Turkm&#232;nes &#224; l'est. Au lieu d'affronter directement le roi de Perse, la cour de Saint-P&#233;tersbourg envoya un &#233;missaire sp&#233;cial &#224; Londres pour protester officiellement contre les activit&#233;s des commer&#231;ants anglais qui coop&#233;raient aux projets de John Elton. Le gouvernement britannique chargea un d&#233;nomm&#233; Henway, repr&#233;sentant des compagnies collaborant avec John Elton, de mener une enqu&#234;te sur les activit&#233;s du capitaine anglais en Perse. Dans sa relation de voyage en Perse (d&#233;but 1744) et ses rapports au gouvernement anglais, Henway explique que les accusations port&#233;es par les Russes contre John Elton &#233;taient exag&#233;r&#233;es. Elton avait mis sur pied un chantier naval pr&#232;s de Langroud (Guil&#226;n) mais les travaux avaient &#233;t&#233; interrompus en raison de grands obstacles techniques. Elton devait donc r&#233;soudre ses probl&#232;mes par des moyens rudimentaires.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'assassinat de N&#226;der Sh&#226;h&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 10 juin 1747, N&#226;der Sh&#226;h fut assassin&#233; &#224; l'&#226;ge de 59 ans, par ses propres officiers, dans le village de Fath&#226;b&#226;d pr&#232;s de Ghoutch&#226;n (Khor&#226;ss&#226;n). En r&#233;alit&#233;, le grand roi fut victime de son temp&#233;rament brutal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques temps, il &#233;tait devenu de plus en plus agressif et n'h&#233;sitaient pas &#224; punir brutalement ses proches et ses g&#233;n&#233;raux. La nuit de son assassinat, en vue de m&#233;priser ses hauts officiers de tribus afsh&#226;re et q&#226;dj&#226;re, il avait confi&#233; la gestion de son camp militaire &#224; un jeune officier pachtoune &#226;g&#233; de 25 ans, Ahmad Kh&#226;n Dorrani. La m&#234;me nuit, plus de 70 hauts officiers, dont la plupart &#233;taient membres des tribus turkm&#232;nes afsh&#226;re et q&#226;dj&#226;re, d&#233;cid&#232;rent d'assassiner le roi. Ils tu&#232;rent le jeune pachtoune et &#233;trangl&#232;rent ses gardes du corps avant d'entrer sous la tente royale. N&#226;der mit la main &#224; l'&#233;p&#233;e pour se d&#233;fendre, mais les conspirateurs &#233;taient trop nombreux. Le cadavre d&#233;capit&#233; de N&#226;der Sh&#226;h fut inhum&#233; &#224; Mashhad, selon ses souhaits. Roi de Perse de 1736 &#224; 1747, N&#226;der Sh&#226;h r&#233;ussit &#224; emp&#234;cher le partage du pays entre l'Empire ottoman et la Russie, au lendemain de la chute de l'empire safavide. Pendant son r&#232;gne de onze ans, ce grand g&#233;n&#233;ral fonda un grand empire dont les fronti&#232;res reconstruisaient l'ancien Empire perse des Sassanides. Mais les exp&#233;ditions et les guerres successives de N&#226;der Sh&#226;h &#233;puis&#232;rent les ressources du pays attisant des conflits internes au sein m&#234;me de sa cour. Son assassinat fut suivi d'une p&#233;riode de paix et de prosp&#233;rit&#233; sous la dynastie des Zands, renvers&#233;e ensuite par un chef de tribu turkm&#232;ne, Agh&#226; Mohammad, fondateur de la dynastie q&#226;dj&#226;re (1794-1925).&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Djamshid :&lt;/strong&gt; personnage mythique, fils, fr&#232;re ou neveu du roi Tahmoures, selon la l&#233;gende. Les f&#234;tes de son couronnement seraient l'origine de Norouz, f&#234;te du premier jour du printemps et du jour de l'an dans le calendrier iranien. Djamshid v&#233;cu entre 700 et 1000 ans, selon les r&#233;cits. L'invention de l'arc, la construction des premi&#232;res routes dans les plaines et dans les montagnes, ainsi que la construction du premier bateau sont attribu&#233;es &#224; Djamshid (Dictionnaire Dehkhod&#226;).&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Key-K&#226;vous :&lt;/strong&gt; personnage mythique, roi l&#233;gendaire dans les r&#233;cits indo-iraniens. Son nom apparait &#224; la fois dans les mythologies perse et indienne surtout dans les Veda, &#233;crits sacr&#233;s les plus anciens de l'hindouisme (Dictionnaire Dehkhod&#226;).&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Key-Khosr&#244; :&lt;/strong&gt; personnage mythique, fils de Si&#226;vash. Sa m&#232;re &#233;tait la princesse Faranguis. Dans la mythologie iranienne, Key-Khosr&#244; est le plus grand roi de Perse. Il r&#233;gna soixante ans et devint le roi le plus populaire et le plus aim&#233; des Perses (Dictionnaire Dehkhod&#226;). &lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. Ach&#233;m&#233;nides :&lt;/strong&gt; dynastie perse qui r&#233;gna entre 550 av. J.-C. environ et 330 av. J.-C. Elle tire son nom d'Ach&#233;m&#233;n&#232;s (Hakhamanish, env. VIIe si&#232;cle av. J.-C.), un petit souverain de l'Anchan (dans le sud-ouest de l'Iran), mais le v&#233;ritable fondateur de la dynastie fut son arri&#232;re-arri&#232;re-petit-fils, Cyrus le Grand, fondateur de l'Empire perse. Au fa&#238;te de leur puissance, sous Darius Ier, les Ach&#233;m&#233;nides r&#233;gnaient sur un empire s'&#233;tendant de l'Indus &#224; la Libye, de la Thrace &#224; l'ouest et du golfe Persique au sud, au Caucase et &#224; l'Iaxarte (actuel Syr-Darya) au nord.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. S&#233;leucides :&lt;/strong&gt; dynastie de rois mac&#233;doniens qui r&#233;gn&#232;rent au Moyen-Orient du IVe au Ier si&#232;cle av. J.-C. ; &#233;tablie lorsque l'empire d'Alexandre fut divis&#233; entre ses successeurs. &lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6. Sassanides :&lt;/strong&gt; dynastie perse fond&#233;e en 226 de notre &#232;re, par un roi perse vassalis&#233;, Ard&#233;shir Ier qui se rebella contre les Parthes, et les battit &#224; la bataille d'Ormuz (224). Il fit du zoroastrisme la religion officielle de la Perse. Ard&#233;shir fut remplac&#233; en 240 par son fils Sh&#226;hpuhr Ier, qui livra deux guerres &#224; l'Empire romain, conqu&#233;rant des territoires en M&#233;sopotamie et en Syrie ainsi qu'une grande partie de l'Asie Mineure. Khosr&#244; Anoushirv&#226;n (v. 519-v. 579) &#233;tendit son pouvoir jusqu'&#224; la mer Noire et au Caucase, devenant ainsi le plus puissant de tous les rois sassanides. Le dernier des rois sassanides fut Yazdgard III. C'est sous son r&#232;gne (632-641) que les Arabes envahirent la Perse.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7. Bouyides :&lt;/strong&gt; dynastie iranienne qui r&#233;gna sur le sud de l'Iran et la M&#233;sopotamie aux XIe et XIIIe si&#232;cles. Le fondateur de la dynastie, Ali Em&#226;d-od-doleh partagea son domaine parmi ses trois fils : F&#226;rs et Kerm&#226;n, Irak et Kh&#251;zist&#226;n, Hamad&#226;n et Ispah&#226;n. Les Bouyides prirent le si&#232;ge des califes Abb&#226;ssides &#224; Bagdad. Leur dynastie fut le pouvoir d'origine perse le plus puissant des premiers si&#232;cles de la p&#233;riode islamique. &lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;8. Realpolitik :&lt;/strong&gt; politique internationale bas&#233;e sur des consid&#233;rations de rapports de force et de possibilit&#233;s concr&#232;tes, sans influence id&#233;ologique (Dictionnaire Robert).&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;9. Sherv&#226;nsh&#226;hs :&lt;/strong&gt; nom de cinq dynasties locales du Caucase, depuis la fin de la p&#233;riode Sassanide, jusqu'au XVIIe si&#232;cle, vassalis&#233;s souvent par le gouvernement central de la Perse. Les Safavides renvers&#232;rent la derni&#232;re dynastie Sherv&#226;nsh&#226;h, dans le cadre de leur politique de centralisation.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;f&#233;rences et bibliographie&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; DAMAS, Morris, &lt;i&gt;T&#226;rikh-e San'at va Ekhtera'&#226;t (The history of industry and invention)&lt;/i&gt;, traduit par Abdollah Org&#226;ni, 1983.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; FARSHAD, Mahdi, &lt;i&gt;T&#226;rikh-e elm dar Ir&#226;n (Histoire de la science en Iran)&lt;/i&gt;, &#233;d. Amir Kabir, 1386-87.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; SARTON, George, &lt;i&gt;T&#226;rikh-e elm (Introduction to the history of science)&lt;/i&gt;, traduit par Ahmad Birashk, &#233;d. Elmi-Farhangui, 1997.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; FARSHAD, Mahdi, &lt;i&gt;T&#226;rikh-e Mohandessi dar Iran (Histoire de l'ing&#233;nierie en Iran)&lt;/i&gt;, &#233;d. Balkh, 1997.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; H&#233;rodote, &lt;i&gt;Histoires&lt;/i&gt;, traduit par George Rawlinson, &#233;d. Elmi va Farhangui, 5&#232;me ann&#233;e, 2008.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; MINORSKY, Vladimir, &lt;i&gt;T&#226;rikhtcheh N&#226;der Sh&#226;h (L'Iran &#224; l'&#233;poque de N&#226;der Sh&#226;h)&lt;/i&gt;, traduit par Rashid Y&#226;sami,&#233;d. Dony&#226;-ye k&#233;t&#226;b, 2006.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; RA&#1583;N, Esma&#239;l, &lt;i&gt;Dary&#226;navardi ir&#226;niy&#226;n (La navigation des Iraniens)&lt;/i&gt;, &#233;d. Bony&#226;d-e Tardjomeh va Nashr-e k&#233;t&#226;b, 1971.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; ARUNOVA, M.R. &amp; ASHRAFIAN, K.Z., &lt;i&gt;Dowlat-e N&#226;der Sh&#226;h-e Afsh&#226;r (Le gouvernement de N&#226;der Sh&#226;h Afsh&#226;r)&lt;/i&gt;, traduit par Hamid Am&#238;n, &#233;d. Nashr-&#233; D&#226;neshg&#226;hi, 1977.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; DJONEYDI, Fereydoun, &lt;i&gt;Zend&#233;gui va moh&#226;djerat-e nej&#226;d-e &#226;riy&#226; (La vie et l'immigration des Aryens)&lt;/i&gt;, &#233;d.Bony&#226;d-&#233; Neysh&#226;bour, 1989.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; IBN MOHAMMAD EBRAHIM, Mohammad Rabi', &lt;i&gt;Safine-ye soleym&#226;ni, Safarn&#226;meh saf&#238;r-e Ir&#226;n be Siy&#226;m (Le bateau de Salomon)&lt;/i&gt;, &#233;d. D&#226;neshg&#226;h-e Tehran, 1999.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; NOURBAKHSH, Hossein, &lt;i&gt;Farhang-e dary&#226;yi khalidj-e f&#226;rs (Dictionnaire maritime du golfe Persique)&lt;/i&gt;, &#233;d. Amir-Kabir, 2002.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'arche de No&#233;, regards crois&#233;s de la tradition chr&#233;tienne et musulmane</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article857</link>
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		<dc:date>2008-12-01T11:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Am&#233;lie Neuve-Eglise</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Au sein du christianisme et de l'islam, le r&#233;cit de l'arche de No&#233; et du d&#233;luge a fait l'objet de multiples commentaires allant du litt&#233;ralisme le plus pur aux interpr&#233;tations les plus symboliques, dans lesquelles l'arche est con&#231;ue comme le corps de l'Eglise et des &#034;amis de Dieu&#034;(&lt;i&gt;awliy&#226; allah&lt;/i&gt;), ou encore incarne l'espoir de r&#233;demption par excellence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la Gen&#232;se, Dieu ordonne &#224; No&#233; de construire une arche afin de le pr&#233;server du d&#233;luge destin&#233; &#224; mettre fin &#224; la corruption et &#224; la violence sur (...)&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique120" rel="directory"&gt;N&#176; 37, d&#233;cembre 2008 &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton857-24880.jpg?1686654653' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Verrons-nous, au moment de l'union, le navire de ce No&#233; ?&lt;br&gt;Car il n'y aura plus d'existences, apr&#232;s notre d&#233;luge ; &lt;br&gt;Notre corps sera plong&#233; dans son propre oc&#233;an soulev&#233; de temp&#234;tes &lt;br&gt;Quand appara&#238;tra le navire de ce No&#233; cach&#233;. &lt;br&gt;La mer et la s&#233;paration tendent &#224; l'union, et l'on parvient &#224; la rive ; &lt;br&gt;Puis, dans le monde entier, fleurissent les roses et les tulipes. &lt;br&gt;Toute l'eau des larmes qui coulent &#224; pr&#233;sent de nos yeux &lt;br&gt;Fera surgir pour nous cent roseraies riantes ; &lt;br&gt;L'orient et l'occident ne seront qu'un parterre de fleurs.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='R&#251;m&#238;, Jal&#226;l-ud-D&#238;n, Odes mystiques (D&#238;w&#226;n-e Shams-e Tabr&#238;z&#238;), traduit du persan (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;(Jal&#226;l-ud-D&#238;n R&#251;m&#238;, &lt;i&gt;D&#238;w&#226;n-e Shams-e Tabr&#238;z&#238;,&lt;/i&gt; Ode 148)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&#1705;&#1588;&#1578;&#1740; &#1570;&#1606; &#1606;&#1608;&#1581; &#1705;&#1740; &#1576;&#1740;&#1606;&#1740;&#1605; &#1607;&#1606;&#1711;&#1575;&#1605; &#1608;&#1589;&#1575;&#1604;&#1567;&lt;br/&gt;
&#1670;&#1608;&#1606;&#1705; &#1607;&#1587;&#1578;&#1740;&#8203;&#1607;&#1575; &#1606;&#1605;&#1575;&#1606;&#1583; &#1575;&#1586; &#1662;&#1740; &#1591;&#1608;&#1601;&#1575;&#1606; &#1605;&#1575; &lt;br/&gt;
&#1580;&#1587;&#1605; &#1605;&#1575; &#1662;&#1606;&#1607;&#1575;&#1606; &#1588;&#1608;&#1583; &#1583;&#1585; &#1576;&#1581;&#1585; &#1576;&#1575;&#1583; &#1575;&#1608;&#1589;&#1575;&#1601; &#1582;&#1608;&#1740;&#1588; &lt;br/&gt;
&#1585;&#1608; &#1606;&#1605;&#1575;&#1740;&#1583; &#1705;&#1588;&#1578;&#1740; &#1570;&#1606; &#1606;&#1608;&#1581; &#1576;&#1587; &#1662;&#1606;&#1607;&#1575;&#1606; &#1605;&#1575; &lt;br/&gt;
&#1576;&#1581;&#1585; &#1608; &#1607;&#1580;&#1585;&#1575;&#1606; &#1585;&#1608; &#1606;&#1607;&#1583; &#1583;&#1585; &#1608;&#1589;&#1604; &#1608; &#1587;&#1575;&#1581;&#1604; &#1585;&#1608; &#1583;&#1607;&#1583; &lt;br/&gt; &#1662;&#1587; &#1576;&#1585;&#1608;&#1740;&#1583; &#1580;&#1605;&#1604;&#1607; &#1593;&#1575;&#1604;&#1605; &#1604;&#1575;&#1604;&#1607; &#1608; &#1585;&#1740;&#1581;&#1575;&#1606; &#1605;&#1575;&lt;br/&gt;
&#1607;&#1585; &#1670;&#1607; &#1605;&#1740;&#8203;&#1576;&#1575;&#1585;&#1740;&#1583; &#1575;&#1705;&#1606;&#1608;&#1606; &#1583;&#1740;&#1583;&#1607; &#1711;&#1585;&#1740;&#1575;&#1606; &#1605;&#1575; &lt;br/&gt;
&#1587;&#1585; &#1570;&#1606; &#1662;&#1740;&#1583;&#1575; &#1705;&#1606;&#1583; &#1589;&#1583; &#1711;&#1604;&#1588;&#1606; &#1582;&#1606;&#1583;&#1575;&#1606; &#1605;&#1575; &lt;br/&gt;
&#1588;&#1585;&#1602; &#1608; &#1594;&#1585;&#1576; &#1575;&#1740;&#1606; &#1586;&#1605;&#1740;&#1606; &#1575;&#1586; &#1711;&#1604;&#1587;&#1578;&#1575;&#1606; &#1740;&#1705; &#1587;&#1575;&#1606; &#1588;&#1608;&#1583; &lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;left&#034;&gt;(&#1580;&#1604;&#1575;&#1604; &#1575;&#1604;&#1583;&#1740;&#1606; &#1585;&#1608;&#1605;&#1740;&#1548; &#1583;&#1740;&#1608;&#1575;&#1606; &#1588;&#1605;&#1587; &#1578;&#1576;&#1585;&#1740;&#1586;&#1740;&#1548; &#1594;&#1586;&#1604; 148)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au sein du christianisme et de l'islam, le r&#233;cit de l'arche de No&#233; et du d&#233;luge a fait l'objet de multiples commentaires allant du litt&#233;ralisme le plus pur aux interpr&#233;tations les plus symboliques, dans lesquelles l'arche est con&#231;ue comme le corps de l'Eglise et des &#034;amis de Dieu&#034;(&lt;i&gt;awliy&#226; allah&lt;/i&gt;), ou encore incarne l'espoir de r&#233;demption par excellence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la Gen&#232;se&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Le r&#233;cit de la construction de l'arche et du d&#233;luge est essentiellement &#233;voqu&#233; (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Dieu ordonne &#224; No&#233; de construire une arche afin de le pr&#233;server du d&#233;luge destin&#233; &#224; mettre fin &#224; la corruption et &#224; la violence sur terre : &#034;&lt;i&gt;Alors Dieu dit &#224; No&#233; : La fin de toute chair est arr&#234;t&#233;e par devers moi ; car ils ont rempli la terre de violence ; voici, je vais les d&#233;truire avec la terre. Fais-toi une arche de bois de gopher&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='De nombreux d&#233;bats ont eu lieu afin de d&#233;terminer l'origine du mot &#034;gopher&#034;. (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8230;&lt;/i&gt;&#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Gen&#232;se, 6:13-14.' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Le r&#233;cit coranique &#233;voque quant &#224; lui un &#034;bateau&#034; (&lt;i&gt;saf&#238;na&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='Coran, 29:15.' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), ainsi qu'un &#034;objet fait de planches et de clous&#034; (&lt;i&gt;dh&#226;ta alw&#226;h wa dusur&lt;/i&gt;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid., 54:13.' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont la construction fut inspir&#233;e &#224; No&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='appendix' title='Selon l'islam, No&#233; fait ainsi partie des six grands proph&#232;tes l&#233;gislateurs (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; par Dieu afin de punir son peuple refusant de suivre son appel &#224; croire en un Dieu unique (&lt;i&gt;towh&#238;d&lt;/i&gt;) et &#224; rejeter toute forme d'associationnisme (&lt;i&gt;shirk&lt;/i&gt;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='appendix' title='L'associationnisme consiste &#224; associer quelque chose &#224; Dieu.' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. No&#233; est &#233;voqu&#233; &#224; de nombreuses reprises dans le Coran, notamment dans la sourate 71 qui porte son nom, ainsi que la sourate 11 qui aborde notamment l'&#233;pisode du d&#233;luge.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='appendix' title='Essentiellement des versets 25 &#224; 49.' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Le r&#233;cit coranique est cependant plus allusif que celui de la Gen&#232;se, qui pr&#233;cise notamment les dimensions de l'arche, la dur&#233;e du d&#233;luge ou encore le nombre de survivants et la pr&#233;sence finale d'un arc-en-ciel comme symbole de l'alliance entre Dieu et sa cr&#233;ation.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb10' class='spip_note' rel='appendix' title='Gen&#232;se, 9:13.' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Nous n'aborderons cependant pas ici les origines de ce r&#233;cit ni les similitudes qu'il pr&#233;sente avec certaines &#233;pop&#233;es plus anciennes, notamment babyloniennes, pour nous concentrer essentiellement sur le motif de l'arche tel qu'il a &#233;t&#233; per&#231;u et interpr&#233;t&#233; au cours des si&#232;cles par certains grands penseurs chr&#233;tiens et musulmans.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1555 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L268xH358/857-1-aaa66.jpg?1686644608' width='268' height='358' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:268px;'&gt;&lt;strong&gt;Venise, mosa&#239;que du narthex de la basilique Saint-Marc&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons ainsi observer trois tendances principales : une premi&#232;re qui tend &#224; d&#233;gager la port&#233;e th&#233;ologique de la construction de l'arche et du d&#233;luge, une seconde caract&#233;ris&#233;e par le d&#233;sir de justifier techniquement et scientifiquement cet &#233;v&#233;nement, et enfin un courant plus mystique cherchant davantage &#224; d&#233;gager la symbolique de l'arche et du d&#233;luge, ainsi que leur sens profond au-del&#224; des apparences. Une &#233;tude compar&#233;e de ce motif permet &#233;galement de r&#233;v&#233;ler la richesse des regards et des possibilit&#233;s d'interpr&#233;tation au sein mais &#233;galement et surtout entre les deux traditions, ainsi que des rapports diff&#233;rents au temps et au sacr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'arche dans la tradition chr&#233;tienne : du &#034;navire de l'Eglise&#034; &#224; la pr&#233;figuration du corps du Christ&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si l'essentiel du r&#233;cit de la construction de l'arche et du d&#233;luge est &#233;voqu&#233; dans la Gen&#232;se, certains passages du Nouveau Testament tels que la premi&#232;re &#233;p&#238;tre de Saint Pierre font &#233;galement r&#233;f&#233;rence &#224; l'&#233;v&#233;nement : &#034;&lt;i&gt;[&#8230;] lorsque la patience de Dieu se prolongeait, aux jours de No&#233;, pendant la construction de l'arche, dans laquelle un petit nombre de personnes, c'est-&#224;-dire huit, furent sauv&#233;es &#224; travers l'eau. Cette eau &#233;tait une figure du bapt&#234;me, qui n'est pas la purification des souillures du corps, mais l'engagement d'une bonne conscience envers Dieu, et qui maintenant vous sauve, vous aussi, par la r&#233;surrection de J&#233;sus Christ&lt;/i&gt;&#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb11' class='spip_note' rel='appendix' title='Premi&#232;re &#233;p&#238;tre de Pierre, 3 : 21-22.' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Ce passage est essentiel en ce qu'il op&#232;re un v&#233;ritable lien entre le d&#233;luge et la venue du Christ, l'arche pr&#233;figurant ainsi le bapt&#234;me avant l'heure, purifiant les vrais croyants et les sauvant du p&#233;ch&#233;. Le motif du d&#233;luge est &#233;galement &#233;voqu&#233; dans les Evangiles selon Saint Mathieu et Saint Luc, o&#249; il est compar&#233; &#224; l'av&#232;nement du Fils de l'homme.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb12' class='spip_note' rel='appendix' title='&#034;Ce qui arriva du temps de No&#233; arrivera de m&#234;me &#224; l'av&#232;nement du Fils de (...)' id='nh12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1556 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L381xH268/857-2-ee746.jpg?1686644608' width='381' height='268' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;La construction de l'arche selon une gravure d'une Bible allemande, XVe si&#232;cle.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s les premiers si&#232;cles du christianisme, plusieurs commentateurs chr&#233;tiens &#233;rigeront l'arche en symbole de l'Eglise, tant&#244;t sauvant les croyants du p&#233;ch&#233;, tant&#244;t &#233;voquant les difficult&#233;s et la pers&#233;v&#233;rance de cette derni&#232;re face aux &#233;preuves et aux dissensions symbolis&#233;s par le d&#233;luge.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb13' class='spip_note' rel='appendix' title='Le motif du navire symbolisant l'Eglise puise notamment ses racines dans la (...)' id='nh13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Ainsi, Tertullien (IIe-IIIe si&#232;cles), et peu apr&#232;s lui, Saint Cl&#233;ment (IIIe si&#232;cle) donne le ton en affirmant que &#034;&lt;i&gt;le corps entier de l'Eglise ressemble &#224; un grand navire transportant par une violente temp&#234;te des hommes de provenance tr&#232;s diverse&lt;/i&gt;&#034;. La symbolique oscille souvent entre l'id&#233;e de l'Eglise consid&#233;r&#233;e tant&#244;t comme salvatrice, tant&#244;t comme un &#234;tre &#224; sauver. A la m&#234;me &#233;poque, Hippolyte de Rome pr&#233;sente une vision de l'arche comme symbole du Christ attendu, voguant alternativement vers les quatre points cardinaux afin d'annoncer la forme de la croix et la crucifixion &#224; venir. Il se consacre par la suite &#224; une longue description de l'arche, au sein de laquelle les b&#234;tes sauvages, les animaux domestiques et les oiseaux, et enfin les &#234;tres humains &#233;taient r&#233;partis sur trois &#233;tages diff&#233;rents, les hommes &#233;tant strictement s&#233;par&#233;s des femmes par une rang&#233;e serr&#233;e de piquets.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1557 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L332xH286/857-3-30dab.jpg?1686644608' width='332' height='286' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:332px;'&gt;&lt;strong&gt;La construction de l'arche de No&#233;, mosa&#239;que de la cath&#233;drale de Monreale, Sicile&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Un si&#232;cle et demi plus tard, dans &lt;i&gt;La cit&#233; de Dieu&lt;/i&gt;, Saint Augustin (354-430) se fait l'&#233;cho de ce symbolisme en affirmant que les dimensions de l'arche correspondraient, &#224; une autre &#233;chelle, &#224; celles du corps humain, &#233;tant lui m&#234;me celui du Christ et de l'Eglise : &#034;&lt;i&gt;Elle [l'arche] est certainement une figure de la cit&#233; de Dieu s&#233;journant dans ce monde ; c'est-&#224;-dire de l'Eglise, qui est sauv&#233;e par le bois o&#249; se tient le M&#233;diateur de Dieu et de l'homme, l'homme Christ J&#233;sus. Et ses dimensions m&#234;mes repr&#233;sentent les dimensions du corps humain au travers duquel Il [le Christ] est venu&lt;/i&gt;&#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb14' class='spip_note' rel='appendix' title='Traduction fran&#231;aise r&#233;alis&#233;e par l'auteur &#224; partir de la version anglaise de la (...)' id='nh14'&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Certains d&#233;tails de l'arche sont &#233;galement consid&#233;r&#233;s comme &#233;tant la pr&#233;figuration de la crucifixion du Christ : &#034;&lt;i&gt;Le fait que sa porte ait &#233;t&#233; situ&#233;e sur son c&#244;t&#233; fait certainement r&#233;f&#233;rence &#224; la blessure inflig&#233;e lorsque le c&#244;t&#233; du Crucifi&#233; fut perc&#233; avec la lance, ainsi, au travers de cela, ceux qui viennent &#224; Lui entrent [&#8230;] et le fait que l'on ait ordonn&#233; qu'elle [l'arche] soit faite &#224; partir de bois &#233;quarris indique la stabilit&#233; immuable de la vie des saints, car si vous retournez un cube, il restera tel qu'il est. Et les autres particularit&#233;s de la construction de l'arche sont autant de signes caract&#233;ristiques de l'Eglise&lt;/i&gt;&#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb15' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid. le motif de la porte de l'arche est &#233;galement &#233;voqu&#233; dans un autre de ces (...)' id='nh15'&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses interpr&#233;tations de l'&#233;pisode de la colombe envoy&#233;e par No&#233; &#224; la fin du d&#233;luge ont &#233;galement &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es, notamment par Saint J&#233;r&#244;me (347-420), qui en fait le symbole du Saint-Esprit et de l'espoir de r&#233;demption.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le virage scientifique et naturaliste&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; ces interpr&#233;tations symboliques, l'existence d'un courant ayant une lecture plus litt&#233;raliste de l'&#233;v&#233;nement se traduisit par la r&#233;alisation d'&#233;tudes dont la port&#233;e &#233;tait essentiellement pratique et visait notamment &#224; r&#233;pondre aux critiques r&#233;futant la possibilit&#233; que l'arche ait pu contenir tous les &#234;tres vivants de la Cr&#233;ation. D&#232;s le IIe si&#232;cle, Orig&#232;ne (182-251) d&#233;veloppe un long argumentaire concernant les coud&#233;es en s'appuyant sur le r&#233;cit biblique - selon lequel l'arche mesurait &#034;&lt;i&gt;trois cents coud&#233;es de longueur, cinquante coud&#233;es de largeur et trente coud&#233;es de hauteur&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb16' class='spip_note' rel='appendix' title='Gen&#232;se, 6:15. Ce passage a &#233;galement donn&#233; lieu &#224; de nombreuses gloses (...)' id='nh16'&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;-dans le but de prouver que l'arche avait un volume suffisant pour accueillir l'ensemble des esp&#232;ces du monde vivant. Il se livre par la suite &#224; d'amples sp&#233;culations concernant la forme de l'arche, qu'il con&#231;oit comme une sorte de pyramide &#224; base rectangulaire. Ce n'est cependant qu'au XIIe si&#232;cle que la repr&#233;sentation iconographique de l'arche sous la forme d'une sorte de bo&#238;te rectangulaire avec un toit plus ou moins en pente trouvera sa forme d&#233;finitive. Ces repr&#233;sentations ont elles-m&#234;mes fait l'objet de nombreuses interpr&#233;tations, l'arche symbolisant le plus souvent l'espace sacr&#233; des croyants distinct du profane, &#233;voqu&#233; par la temp&#234;te et les flots.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1558 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH197/857-4-1bcd4.jpg?1686644608' width='448' height='197' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Plan interne de l'organisation de l'arche de No&#233;, Athanasius Kircher, XVIIe si&#232;cle&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;A partir de la fin du XVe si&#232;cle, le souci d'accorder le r&#233;cit biblique avec les progr&#232;s scientifiques ainsi qu'avec la d&#233;couverte de nouveaux continents et esp&#232;ces animales constitua l'objet de pr&#233;occupation de nombreux penseurs religieux. Sans pour autant remettre en question la v&#233;racit&#233; du r&#233;cit, la Renaissance se caract&#233;risa ainsi par un renouveau des d&#233;bats techniques et des sp&#233;culations scientifiques ou naturalistes cherchant &#224; expliquer la construction de l'arche ou encore la pr&#233;sence de certains animaux mythiques en son sein tel que le Ph&#233;nix, &#233;tant par essence asexu&#233; et unique, alors que le r&#233;cit de la Gen&#232;se &#233;voque la pr&#233;sence exclusive de &#034;couples&#034; d'animaux.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb17' class='spip_note' rel='appendix' title='Les r&#233;ponses furent l&#224; aussi tr&#232;s vari&#233;es, et s'appuyaient avant tout sur les (...)' id='nh17'&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; La tendance &#224; l'application de m&#233;thodes scientifiques afin de prouver la v&#233;racit&#233; de l'&#233;v&#233;nement ne fit que s'accentuer par la suite, pour trouver l'une de ses r&#233;alisations les plus achev&#233;es au XVIe si&#232;cle avec les recherches du g&#233;om&#232;tre Johannes Buteo, qui construisit un plan d&#233;taill&#233; de l'arche en ne laissant rien au hasard : fours sans fum&#233;e, meules, stockage des denr&#233;es&#8230; qui servit de base par la suite &#224; de nombreux autres commentaires. Un si&#232;cle avant lui, Alfonso Tostada avait d&#233;j&#224; cherch&#233; &#224; expliciter la logistique de l'arche et &#224; r&#233;soudre certains probl&#232;mes tels que la ventilation ou la gestion des d&#233;chets. D'autres &#233;tudes d'inspiration litt&#233;raliste - r&#233;alis&#233;es par des penseurs catholiques mais &#233;galement par de nombreux protestants - suivirent, cherchant notamment &#224; r&#233;soudre les probl&#232;mes d'approvisionnement en nourriture, d'&#233;clairage, de cohabitation d'animaux carnivores au c&#244;t&#233; de leurs proies&#8230; en d&#233;ployant souvent des tr&#233;sors d'ing&#233;niosit&#233; pour y apporter des r&#233;ponses aussi logiques et plausibles que possible.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1559 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH258/857-5-2d8f1.jpg?1686644608' width='358' height='258' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Plan externe de l'organisation de l'arche de No&#233;, Athanasius Kircher, XVIIe si&#232;cle&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Durant la seconde moiti&#233; du XVIe si&#232;cle, des recherches de commentateurs bibliques appartenant &#224; la mouvance naturaliste se firent jour dans le but de concilier le r&#233;cit de l'arche avec l'&#233;volution des connaissances dans le domaine des sciences naturelles. Les &#233;tudes r&#233;alis&#233;es par Juste Lipse et, quelques d&#233;cennies plus tard, celles d'Athanasius Kircher, - qui dessina un v&#233;ritable plan architectural interne de l'arche avec une pr&#233;cision math&#233;matique - donn&#232;rent lieu &#224; des &#233;tudes tr&#232;s pouss&#233;es dans le domaine de la r&#233;partition des diff&#233;rentes esp&#232;ces v&#233;g&#233;tales et animales en fonction du climat. D'autres &#233;tudes visant &#224; examiner la possibilit&#233; de navigabilit&#233; d'une telle embarcation, ou encore la possibilit&#233; de sa construction avec les mat&#233;riaux de l'&#233;poque, ont &#233;galement &#233;t&#233; effectu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contenu et la port&#233;e scientifique de ces recherches refl&#232;te une &#233;volution du regard des penseurs chr&#233;tiens occidentaux, marquant une tendance croissante &#224; une historicisation ainsi qu'&#224; une lecture litt&#233;raliste de l'&#233;v&#233;nement qu'il ne s'agit plus d'interpr&#233;ter en termes symboliques, mais de d&#233;montrer &#224; l'aide des crit&#232;res de l'analyse rationnelle. N&#233;anmoins, l'augmentation exponentielle de la d&#233;couverte de nouvelles esp&#232;ces d'animaux invalidant le fait qu'une simple arche ait pu contenir une faune aussi diverse, marqua un net recul de la lecture litt&#233;rale de l'&#233;v&#233;nement et favorisa le renouveau d'une vision plus symbolique et all&#233;gorique. A la fin du XIXe si&#232;cle, la majorit&#233; des interpr&#233;tations litt&#233;rales furent de fait abandonn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La qu&#234;te de l'&#233;pave de l'arche : un objet de fascination d&#232;s les premiers si&#232;cles du christianisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Selon le r&#233;cit biblique, &#224; l'issue du d&#233;luge, l'arche se serait arr&#234;t&#233;e &#034;&lt;i&gt;sur les montagnes d'Ararat&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb18' class='spip_note' rel='appendix' title='Gen&#232;se, 8:4.' id='nh18'&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#232;s lors, la qu&#234;te de son &#233;pave a en elle-m&#234;me constitu&#233; l'objet de nombreuses recherches et exp&#233;ditions dans cette cha&#238;ne de montagnes situ&#233;e &#224; l'extr&#234;me est de la Turquie actuelle, et ce d&#232;s le IIIe si&#232;cle. Plusieurs clo&#238;tres et monast&#232;res furent &#233;galement construits &#224; proximit&#233; de ces montagnes, notamment le &#034;clo&#238;tre de l'arche&#034; des Nestoriens d&#232;s le Ve si&#232;cle. Par la suite, de nombreux groupes d'explorateurs, pour qui la d&#233;couverte de l'&#233;pave &#233;tait cens&#233;e apporter une caution historico-scientifique ind&#233;niable &#224; l'&#233;v&#233;nement, se rendirent sur place pour r&#233;aliser ce qui prit peu &#224; peu l'allure d'une v&#233;ritable &#034;qu&#234;te du Graal&#034;. Plus r&#233;cemment, la d&#233;couverte d'une &#034;anomalie&#034; pr&#232;s du sommet du mont Ararat sous la forme d'une excroissance apparaissant sur plusieurs photographies a conduit certains &#224; en conclure qu'il s'agirait du reste de l'&#233;pave de l'arche, m&#234;me si aucun &#233;l&#233;ment concret permettant de confirmer une telle supposition n'a put &#234;tre apport&#233; jusqu'&#224; maintenant. D'autres sites ont par la suite &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;s, notamment dans une localit&#233; iranienne ou encore &#224; Durupinar, situ&#233; &#224; proximit&#233; d'Ararat. Cependant, il n'existe aucune preuve concluante laissant penser que l'arche s'y serait effectivement arr&#234;t&#233;e, d'autant plus que la d&#233;couverte de ces sites potentiels &#224; parfois &#233;t&#233; motiv&#233;e par la promotion d'objectifs touristiques et m&#233;diatiques particuliers.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1560 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L247xH403/857-6-21a6f.jpg?1686644608' width='247' height='403' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:247px;'&gt;&lt;strong&gt;Miniature islamique de l'arche de No&#233;, XVIe si&#232;cle, auteur inconnu&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les interpr&#233;tations chr&#233;tiennes de cet &#233;v&#233;nement varient de la plus litt&#233;rale &#224; la plus all&#233;gorique, certains &#233;coles maintenant que le d&#233;luge s'est effectivement d&#233;roul&#233; pr&#232;s de 3000 ans avant la naissance du Christ, tandis que le r&#233;cit en lui-m&#234;me aurait &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; par Mo&#239;se environ 15 si&#232;cles av. J.-C., ce qui expliquerait notamment l'emploi de certains proc&#233;d&#233;s stylistiques propres &#224; cette p&#233;riode. D'autres courants soutiennent que le d&#233;luge n'aurait &#233;t&#233; qu'un &#233;v&#233;nement local n'ayant touch&#233; que le peuple de No&#233; ; ceci justifiant &#233;galement la possibilit&#233; que l'arche n'ait en r&#233;alit&#233; abrit&#233; qu'un nombre limit&#233; d'esp&#232;ces animales. Les sp&#233;culations d'inspiration scientifique n'en ont pas pour autant disparu : plus r&#233;cemment, des &#233;tudes &#224; l'aide de diagrammes math&#233;matiques ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es dans le but de prouver les possibilit&#233;s de navigabilit&#233; d'une telle arche pour en d&#233;duire ensuite sa forme et ses dimensions.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb19' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir notamment Morris, Henry M., The Ark of Noah, 1971, CRSQ Vol.8, No.2, (...)' id='nh19'&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Dans ce sillage, en 1996, John Woodmorappe publia un ouvrage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb20' class='spip_note' rel='appendix' title='Woodmorappe, John, Noah's Ark : A Feasibility Study, ICR, 1996.' id='nh20'&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; visant &#224; prouver la faisabilit&#233; d'une telle entreprise d'un point de vue logistique et mat&#233;riel en s'appuyant essentiellement sur des d&#233;monstrations physiques et math&#233;matiques. Il y expose notamment de nombreux calculs des rapports entre la taille ainsi que le poids moyen de chaque animal et la capacit&#233; totale de l'arche, rendant d&#232;s lors la part de miracle et d'inexplicable &#224; portion congrue.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le motif de l'arche dans l'islam : une lecture plus symbolique de l'&#233;v&#233;nement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'avons &#233;voqu&#233; auparavant, le Coran pr&#233;sente l'arche comme un &#034;bateau&#034; (&lt;i&gt;saf&#238;na&lt;/i&gt;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb21' class='spip_note' rel='appendix' title='Coran, 29:15.' id='nh21'&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; fait &#034;de planches et de clous&#034; (&lt;i&gt;dh&#226;ta alw&#226;h wa dusur&lt;/i&gt;).&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb22' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid., 54:13.' id='nh22'&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; En outre, la construction de l'arche aurait &#233;t&#233; inspir&#233;e &#224; No&#233; par Dieu : &#034;&lt;i&gt;Construit l'arche sous Nos Yeux et d'apr&#232;s Notre r&#233;v&#233;lation&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb23' class='spip_note' rel='appendix' title='&#034;bi-a'yunin&#226; wa wah&#238;n&#226;&#034;, ibid., 11:37.' id='nh23'&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tandis que le bois n&#233;cessaire &#224; sa construction proviendrait d'un arbre qu'il aurait plant&#233; vingt ans auparavant.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb24' class='spip_note' rel='appendix' title='C'est notamment la version soutenue par 'Abdallah ibn 'Abb&#226;s, cousin du (...)' id='nh24'&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; La sourate H&#251;d &#233;voque &#233;galement qu'&#224; l'issue du d&#233;luge, l'arche s'arr&#234;ta sur le mont J&#251;d&#238;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb25' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid., 11:44.' id='nh25'&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui se situerait dans l'Irak actuelle, pr&#232;s de Mossoul - et non sur le mont Ararat &#233;voqu&#233; par le r&#233;cit biblique. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, le d&#233;luge est pr&#233;sent&#233; comme un ch&#226;timent divin envoy&#233; par Dieu face au refus du peuple de No&#233; de r&#233;pondre &#224; l'appel de ce dernier. Par la suite, de nombreux th&#233;ologiens, savants, po&#232;tes et mystiques musulmans ont port&#233; leur propre regard sur cet &#233;v&#233;nement, chacun essayant de l'&#034;expliquer&#034; et de l'interpr&#233;ter selon son propre horizon. Un had&#238;th du proph&#232;te Mohammed comparant l'arche &#224; la communaut&#233; musulmane a &#233;galement servi de base &#224; de nombreux commentaires : &#034;&lt;i&gt;Ma Communaut&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb26' class='spip_note' rel='appendix' title='L'interpr&#233;tation de ce had&#238;th est diff&#233;rente dans la tradition sunnite et (...)' id='nh26'&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est comparable &#224; l'Arche de No&#233; : celui qui s'y attache est sauv&#233;, et celui qui s'en d&#233;tache se noie.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1561 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L257xH448/857-7-e0bd8.jpg?1686644608' width='257' height='448' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:257px;'&gt;&lt;strong&gt;Le proph&#232;te No&#233; en train de superviser la construction de l'arche, artiste inconnu, Hab&#238;b os-Siyar, Vol.1, XVIe si&#232;cle, Palais du Golest&#226;n&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Dans son &#339;uvre principale &lt;i&gt;La chronique, l'histoire des proph&#232;tes et des rois&lt;/i&gt;, l'historien perse Tabar&#238; (838-923) &#233;voque de nombreux d&#233;tails souvent in&#233;dits concernant l'arche. Il rapporte notamment une anecdote devenue c&#233;l&#232;bre selon laquelle la fourmi aurait &#233;t&#233; le premier animal &#224; monter dans l'arche tandis que la pr&#233;sence du singe, embarquant en dernier, aurait permis au diable de s'y immiscer. D'un point de vue plus pratique, de nombreux r&#233;cits viennent &#233;tayer les difficult&#233;s de gestion au sein de l'arche et l'ing&#233;niosit&#233; de No&#233; trouvant des solutions aussi miraculeuses qu'inattendues : il se d&#233;barrasse ainsi d'un rat ayant embarqu&#233; &#224; son insu en faisant sortir deux chats des narines du lion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Al-Mas'&#251;d&#238; (Xe si&#232;cle) d&#233;taille quant &#224; lui la trajectoire de l'arche, qui serait partie de Koufa, dans l'Irak actuelle, pour se diriger vers la Mecque et faire le tour de la Kaaba avant de s'arr&#234;ter sur le mont J&#251;d&#238;. Il &#233;voque &#233;galement qu'&#224; l'issue du d&#233;luge, lorsque Dieu ordonna &#224; la terre d'absorber l'eau, certaines contr&#233;es tard&#232;rent &#224; obtemp&#233;rer, et se virent ainsi octroyer de l'eau sal&#233;e qui rendit leur territoire aride et infertile. En outre, les oc&#233;ans se seraient que le reste des eaux du d&#233;luge n'ayant pu &#234;tre absorb&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au XIIIe si&#232;cle, Al-Ba&#238;daw&#238; a r&#233;dig&#233; de longues gloses sur les dimensions de l'arche, qui, selon lui, avait une longueur de pr&#232;s de 300 coud&#233;es et une largeur de 50, ainsi que trois &#233;tages o&#249; &#233;taient r&#233;partis respectivement les animaux, les humains et les oiseaux. Il indique &#233;galement que le nom d'un proph&#232;te &#233;tait inscrit sur chaque planche du bateau et que le corps d'Adam aurait &#233;t&#233; plac&#233; au milieu de l'arche, afin de s&#233;parer les hommes des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une herm&#233;neutique mystique du d&#233;luge comme &#034;&#233;v&#233;nement int&#233;rieur&#034;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si en islam plusieurs commentaires techniques concernant la construction de l'arche et l'organisation de la vie en son sein durant le d&#233;luge ont &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;s, le panorama g&#233;n&#233;ral s'est caract&#233;ris&#233; par une tendance moindre &#224; la recherche d'&#233;ventuelles preuves historiques du d&#233;luge ou de l'arche en elle-m&#234;me face &#224; la pr&#233;sence d'une profusion de commentaires s'effor&#231;ant de saisir l'essence m&#234;me du message et ses significations profondes au-del&#224; de l'apparence et de la dimension historique de l'&#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1562 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L259xH381/857-8-e63bd.jpg?1686644608' width='259' height='381' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:259px;'&gt;&lt;strong&gt;Miniature islamique de l'arche de No&#233;, auteur inconnu, XVIIe si&#232;cle&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Le d&#233;voilement des effets du voyage&lt;/i&gt;, le grand mystique Ibn 'Arab&#238; (1165-1240) d&#233;crit l'arche de No&#233; comme &#034;&lt;i&gt;l'arche de Son salut&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb27' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibn 'Arab&#238;, Kit&#226;b al-Isf&#226;r 'an Nat&#226;'&#238;j al-Asf&#226;r (Le d&#233;voilement des effets du (...)' id='nh27'&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et son p&#233;riple comme &#034;&lt;i&gt;le voyage du salut&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb28' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid., par.37.' id='nh28'&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les moqueries subies par No&#233; lors de la construction de l'arche symbolisent le diable ou tout &#233;l&#233;ment cherchant &#224; d&#233;tourner l'homme de ce qui pourrait le rapprocher de Dieu. S'op&#232;re ensuite un passage du macrocosme de l'univers au microcosme humain, chacun &#233;tant appel&#233; &#224; construire &#224; son tour sa propre arche int&#233;rieure : &#034;&lt;i&gt;Toi qui t'occupes &#224; &#233;difier ton arche, l'arche du salut, et te pr&#233;pares &#224; recevoir, sur l'ordre de Dieu, Son Commandement qui est une manifestation du Moi [&#8230;] Fais sortir de ton arche &#034;un couple de chaque esp&#232;ce&#034; pour l'engendrement et la procr&#233;ation, car tu es le produit de la multiplication du monde sup&#233;rieur par le monde inf&#233;rieur, toi et tous les &#234;tres engendr&#233;s. La pr&#233;sence du couple est indispensable dans ce voyage d'an&#233;antissement.&lt;/i&gt;&#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb29' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid., par.39. En se basant sur un verset coranique &#233;voquant que le d&#233;part et (...)' id='nh29'&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; La travers&#233;e de No&#233; est donc destin&#233;e &#224; &#234;tre rev&#233;cue par le croyant &#224; l'int&#233;rieur de son &#234;tre ; l'arriv&#233;e sur le mont J&#251;d&#238; se transformant en symbole de la g&#233;n&#233;rosit&#233; (&lt;i&gt;j&#251;d&lt;/i&gt;) divine permettant au croyant d'acc&#233;der &#224; de hautes connaissances : &#034;&lt;i&gt;Celui qui accomplira le voyage de No&#233; conna&#238;tra certaines des sciences relatives au monde interm&#233;diaire et cr&#233;aturel. C'est au cours de ce voyage que l'on apprend le Grand &#338;uvre. C'est pourquoi ce dernier s'ach&#232;ve par la G&#233;n&#233;rosit&#233; (J&#251;d) qui est sa raison d'&#234;tre.&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb30' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid., par.39.' id='nh30'&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Enfin, le voyage de No&#233; s'inscrit dans la succession des voyages des proph&#232;tes jusqu'au mi'r&#226;j du proph&#232;te Mohammad, symbolisant un cycle de mont&#233;e (lors du d&#233;luge) et de redescente ayant une dimension c&#233;leste et cosmique.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1563 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L266xH381/857-9-43fea.jpg?1686644608' width='266' height='381' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:266px;'&gt;&lt;strong&gt;Miniature de l'arche de No&#233; de Nusret Colpan, XXe si&#232;cle&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;En outre, dans le &lt;i&gt;R&#233;cit de l'Exil Occidental &lt;/i&gt;de Sohraward&#238; (XIIe si&#232;cle), la travers&#233;e initiatique du p&#232;lerin mystique s'effectue sur le &#034;bateau&#034; de No&#233; : &#034;&lt;i&gt;Nous voyagions sur un navire &#034;fait de planches et de clous&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb31' class='spip_note' rel='appendix' title='En r&#233;f&#233;rence au verset du Coran (54:13) d&#233;crivant l'arche.' id='nh31'&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; [&#8230;] et &#034;le navire tout charg&#233;&#034; nous fit passer par l'&#238;le de G&#244;g et de Mag&#244;g, du c&#244;t&#233; gauche de la montagne al-J&#251;d&#238; [&#8230;] Alors fut vraiment r&#233;alis&#233; en moi que &#034;la promesse de ton Seigneur est vraie&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb32' class='spip_note' rel='appendix' title='Verset du Coran 18:98.' id='nh32'&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb33' class='spip_note' rel='appendix' title='Sohraward&#238;, Shih&#226;bodd&#238;n Yahy&#226;, &#034;Le r&#233;cit de l'exil occidental&#034; in L'archange (...)' id='nh33'&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'arche est ici l'instrument essentiel de l'avancement spirituel et lieu de passage des &#233;preuves, conduisant par la suite au fameux &#034;Sina&#239; mystique&#034; de la rencontre avec l'Ange. Dans sa vision des sept organes subtils typifiant chacun un proph&#232;te particulier, 'Al&#226;oddawleh Semn&#226;n&#238; (XIVe si&#232;cle) con&#231;oit n &#233;cho l'&#226;me comme le lieu des &#233;preuves des tentations de ce monde - le &#034;d&#233;luge&#034; int&#233;rieur - en la qualifiant de &#034;No&#233; de ton &#234;tre&#034; (&lt;i&gt;N&#251;h wuj&#251;dika&lt;/i&gt;).&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb34' class='spip_note' rel='appendix' title='Corbin, Henry, En islam iranien, aspects spirituels et philosophiques, T. (...)' id='nh34'&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son &#339;uvre majeure, le &lt;i&gt;Mathnav&#238;&lt;/i&gt;, Mawl&#226;n&#226; Jal&#226;l al-D&#238;n R&#251;m&#238; (XIIIe si&#232;cle) se base &#233;galement sur une vision &#034;microcosmique&#034; des &#233;v&#233;nements d&#233;crits dans le Coran selon laquelle chaque protagoniste - bon comme mauvais - refl&#232;te une dimension particuli&#232;re de l'homme. L'arche symbolise ainsi les amis de Dieu (&lt;i&gt;awliy&#226; allah&lt;/i&gt;) qui, tels un bateau, permettent aux croyants de ne pas p&#233;rir dans les flots et les temp&#234;tes de l'existence terrestre, et d'atteindre les rives de la f&#233;licit&#233; &#233;ternelle : &#034;&lt;i&gt;A ce sujet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb35' class='spip_note' rel='appendix' title='C'est-&#224;-dire &#224; propos du had&#238;th &#233;voqu&#233; pr&#233;c&#233;demment, selon lequel le proph&#232;te (...)' id='nh35'&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le Proph&#232;te a dit : &#034; Je suis comme l'Arche dans le Fleuve du Temps.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Moi et mes compagnons, nous sommes comme l'Arche de No&#233; : celui qui s'attache &#224; nous obtiendra des gr&#226;ces&lt;/i&gt;.&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb36' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid., Daftar 4, 538-539.' id='nh36'&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;luge refl&#232;te quant &#224; lui les mauvaises influences et fr&#233;quentations qui emp&#234;chent l'&#226;me du croyant de poursuite son chemin vers son Cr&#233;ateur, tandis que No&#233; - et, par extension, chaque saint - constitue l'Ami par excellence, le &#034;guide dans la temp&#234;te&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;Parlerai-je du philosophe et de sa folle imagination, ou des arches et des d&#233;luges de Dieu ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Non, je parlerai de Ses arches, qui sont les conseils spirituels donn&#233;s (par les saints) ;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Je parlerai du Tout - la partie est comprise dans le Tout.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sache que chaque saint est un No&#233; et un capitaine de l'Arche ; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sache que la compagnie des gens (de ce monde) est le D&#233;luge&lt;/i&gt;&#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb37' class='spip_note' rel='appendix' title='R&#251;m&#238;, Jal&#226;l-ud-D&#238;n, Mathnaw&#238; : la Qu&#234;te de l'Absolu, traduction fran&#231;aise d'Eva (...)' id='nh37'&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;luge symbolise &#233;galement l'illusion et les chim&#232;res qui peuvent conduire &#224; noyer les &#034;montagnes de l'esprit&#034;, en r&#233;f&#233;rence au r&#233;cit coranique indiquant que les montagnes disparaissent sous les flots lors du d&#233;luge. Face &#224; cela, l'Arche de No&#233; incarne l'espoir d'un sauvetage et d'une r&#233;demption : &#034;&lt;i&gt;Des intelligences aussi fortes que des montagnes ont &#233;t&#233; submerg&#233;es dans les mers de l'imagination et les tourbillons de l'illusion.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les montagnes sont humili&#233;es par ce D&#233;luge : o&#249; trouver de la s&#233;curit&#233;, sauf dans l'Arche de No&#233; ?&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb38' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid., Daftar 5, 2654.' id='nh38'&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vaisseau de l'Eglise ou communaut&#233; du proph&#232;te Mohammad sauvant tous deux l'humanit&#233; du p&#233;ch&#233;, l'arche comporte, dans les deux traditions, une dimension essentiellement r&#233;demptrice. Les diff&#233;rentes conceptions du motif de l'arche refl&#232;tent &#233;galement deux consciences religieuses, deux fa&#231;ons diff&#233;rentes de se lire et de contempler son propre reflet dans un m&#234;me r&#233;cit, tout en r&#233;v&#233;lant la richesse des possibilit&#233;s d'interpr&#233;tation au sein de chacune d'entre elle. Sans nous risquer &#224; des simplifications h&#226;tives, nous pouvons n&#233;anmoins d&#233;gager certaines grandes tendances, notamment une historicisation progressive de l'&#233;v&#233;nement en occident chr&#233;tien se doublant d'un d&#233;sir de l'&#233;tayer par des preuves scientifiques s'accordant avec les progr&#232;s et d&#233;couvertes du moment, et ce essentiellement afin de r&#233;pondre aux accusations d'invraisemblance se basant le plus souvent sur des crit&#232;res physiques et mat&#233;riels. Cette tendance n'est cependant pas imputable au christianisme en soi, mais bien &#224; l'&#233;volution g&#233;n&#233;rale du syst&#232;me de pens&#233;e de l'occident dans son ensemble et de son rapport au monde, ayant conduit &#224; une progressive historicisation du r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En islam, si Mas'&#251;d&#238; &#233;voque que l'endroit o&#249; s'arr&#234;ta l'arche sur le mont J&#251;d&#238; &#233;tait encore visible &#224; son &#233;poque et qu'Ibn Batutta mentionne l'endroit dans ses voyages, tout engouement pour la qu&#234;te de l'&#233;pave de l'arche demeure absent. Il semble m&#234;me que la question ne se pose pas, l'enjeu essentiel demeurant, comme dans les premiers si&#232;cles du christianisme avec Saint Augustin et Hippolyte de Rome, de faire vivre le r&#233;cit au-del&#224; de l'histoire afin de le lier &#224; une r&#233;v&#233;lation post&#233;rieure - qu'elle soit christique ou mohammadienne, et d'en d&#233;gager la signification profonde pour chaque croyant, au-del&#224; des &#233;poques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R&#251;m&#238;, Jal&#226;l-ud-D&#238;n, &lt;i&gt;Odes mystiques &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;D&#238;w&#226;n-e Shams-e Tabr&#238;z&#238;&lt;/i&gt;), traduit du persan par Eva de Vitray-Meyerovitch et Mohammad Mokri, Points, Sagesses, 1973, Ode 148.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le r&#233;cit de la construction de l'arche et du d&#233;luge est essentiellement &#233;voqu&#233; dans les chapitres 6 et 7 de la Gen&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De nombreux d&#233;bats ont eu lieu afin de d&#233;terminer l'origine du mot &#034;&lt;i&gt;gopher&lt;/i&gt;&#034;. Selon certaines versions, il aurait une origine babylonienne signifiant &#034;c&#232;dre&#034;, alors que d'autres soutiennent la version selon laquelle il viendrait de l'assyrien &#034;&lt;i&gt;giparu&lt;/i&gt;&#034; signifiant &#034;roseau&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gen&#232;se, 6:13-14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Coran, 29:15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., 54:13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon l'islam, No&#233; fait ainsi partie des six grands proph&#232;tes l&#233;gislateurs (&lt;i&gt;ul&#251;-l-'azm&lt;/i&gt;). Il ouvre, apr&#232;s Adam, un cycle de proph&#233;ties qui trouvera son ach&#232;vement avec le proph&#232;te Mohammad et la r&#233;v&#233;lation du Coran.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='appendix'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'associationnisme consiste &#224; associer quelque chose &#224; Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='appendix'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Essentiellement des versets 25 &#224; 49.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='appendix'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gen&#232;se, 9:13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='appendix'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Premi&#232;re &#233;p&#238;tre de Pierre, 3 : 21-22.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb12'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh12' class='spip_note' title='Notes 12' rev='appendix'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;&lt;i&gt;Ce qui arriva du temps de No&#233; arrivera de m&#234;me &#224; l'av&#232;nement du Fils de l'homme. Car, dans les jours qui pr&#233;c&#233;d&#232;rent le d&#233;luge, les hommes mangeaient et buvaient, se mariaient et mariaient leurs enfants, jusqu'au jour o&#249; No&#233; entra dans l'arche ; et ils ne se dout&#232;rent de rien, jusqu'&#224; ce que le d&#233;luge v&#238;nt et les emport&#226;t tous : il en sera de m&#234;me &#224; l'av&#232;nement du Fils de l'homme. Alors, de deux hommes qui seront dans un champ, l'un sera pris et l'autre laiss&#233; ; de deux femmes qui moudront &#224; la meule, l'une sera prise et l'autre laiss&#233;e.&lt;/i&gt;&#034; Matthieu, 24 : 37-41 ; &#034;&lt;i&gt;Ce qui arriva du temps de No&#233; arrivera de m&#234;me aux jours du Fils de l'homme&lt;/i&gt;&#034;, Luc, 17:26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb13'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh13' class='spip_note' title='Notes 13' rev='appendix'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le motif du navire symbolisant l'Eglise puise notamment ses racines dans la tradition juda&#239;que. A titre d'exemple, le navire symbolise Isra&#235;l dans les &lt;i&gt;Testaments des Douze Patriarches&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb14'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh14' class='spip_note' title='Notes 14' rev='appendix'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Traduction fran&#231;aise r&#233;alis&#233;e par l'auteur &#224; partir de la version anglaise de la &lt;i&gt;Cit&#233; de Dieu &lt;/i&gt;publi&#233;e sous la direction de Philip Schaff : &lt;i&gt;St. Augustin's City of God and Christian Doctrine : Nicene and Post-Nicene Fathers of the Christian Church&lt;/i&gt;, Kessinger Publishing, 2004, chap. 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb15'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh15' class='spip_note' title='Notes 15' rev='appendix'&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid. le motif de la porte de l'arche est &#233;galement &#233;voqu&#233; dans un autre de ces textes : &#034;&lt;i&gt;Nous voyons une figure de ce myst&#232;re dans l'ordre donn&#233; &#224; No&#233; d'ouvrir sur un des c&#244;t&#233;s de l'arche une porte par o&#249; pussent entrer les animaux qui devaient &#233;chapper au d&#233;luge et qui repr&#233;sentaient l'Eglise (Gn 6, 16)&lt;/i&gt;&#034;, (Tr 120, 2).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb16'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh16' class='spip_note' title='Notes 16' rev='appendix'&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gen&#232;se, 6:15. Ce passage a &#233;galement donn&#233; lieu &#224; de nombreuses gloses concernant la notion de &#034;coud&#233;e&#034;, mesure variable par d&#233;finition.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb17'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh17' class='spip_note' title='Notes 17' rev='appendix'&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les r&#233;ponses furent l&#224; aussi tr&#232;s vari&#233;es, et s'appuyaient avant tout sur les r&#233;cits de l'Ancien Testament, notamment sur celui de la tour de Babel justifiant une dispersion de l'humanit&#233; et des esp&#232;ces animales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb18'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh18' class='spip_note' title='Notes 18' rev='appendix'&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gen&#232;se, 8:4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb19'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh19' class='spip_note' title='Notes 19' rev='appendix'&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir notamment Morris, Henry M., &lt;i&gt;The Ark of Noah&lt;/i&gt;, 1971, CRSQ Vol.8, No.2, p.142-144 ; Collins, D.H., &lt;i&gt;Was Noah's ark stable ?&lt;/i&gt;, 1977, CRSQ, Vol.14, No.2 ; Van Der Werff, &lt;i&gt;Thoughts on the structure of the Ark&lt;/i&gt;, 1980, CRSQ, Vol.17, No.3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb20'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh20' class='spip_note' title='Notes 20' rev='appendix'&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Woodmorappe, John, &lt;i&gt;Noah's Ark : A Feasibility Study&lt;/i&gt;, ICR, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb21'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh21' class='spip_note' title='Notes 21' rev='appendix'&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Coran, 29:15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb22'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh22' class='spip_note' title='Notes 22' rev='appendix'&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., 54:13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb23'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh23' class='spip_note' title='Notes 23' rev='appendix'&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;&lt;i&gt;bi-a'yunin&#226; wa wah&#238;n&#226;&lt;/i&gt;&#034;, ibid., 11:37.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb24'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh24' class='spip_note' title='Notes 24' rev='appendix'&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est notamment la version soutenue par 'Abdallah ibn 'Abb&#226;s, cousin du proph&#232;te Mohammad, qui &#233;tait connu &#224; l'&#233;poque pour l'&#233;tendue de ses connaissances.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb25'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh25' class='spip_note' title='Notes 25' rev='appendix'&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., 11:44.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb26'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh26' class='spip_note' title='Notes 26' rev='appendix'&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'interpr&#233;tation de ce had&#238;th est diff&#233;rente dans la tradition sunnite et chiite : pour les premiers, la notion de &#034;communaut&#233;&#034; fait r&#233;f&#233;rence &#224; la communaut&#233; musulmane dans son ensemble (&lt;i&gt;Ummah&lt;/i&gt;), tandis que pour les seconds, elle &#233;voque la famille du Proph&#232;te (&lt;i&gt;Ahl-ul-Bayt&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb27'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh27' class='spip_note' title='Notes 27' rev='appendix'&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibn 'Arab&#238;, &lt;i&gt;Kit&#226;b al-Isf&#226;r 'an Nat&#226;'&#238;j al-Asf&#226;r&lt;/i&gt; (Le d&#233;voilement des effets du voyage), introduction, traduction et annotation par Denis Gril, &lt;a href=&#034;http://www.lyber-eclat.net/lyber/ibnarabi/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.lyber-eclat.net/lyber/ibnarabi/&lt;/a&gt;, par.1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb28'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh28' class='spip_note' title='Notes 28' rev='appendix'&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., par.37.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb29'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh29' class='spip_note' title='Notes 29' rev='appendix'&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., par.39. En se basant sur un verset coranique &#233;voquant que le d&#233;part et le mouillage de l'arche se r&#233;alise &#034;au nom de Dieu (&lt;i&gt;b-ismi-llah&lt;/i&gt;)&#034;29, Ibn 'Arab&#238; invite &#233;galement le p&#232;lerin mystique &#224; embarquer en Son nom : &#034;&lt;i&gt;Embarque dans ton arche par le&lt;/i&gt; b&#226;' &lt;i&gt;qui est le nom d'All&#226;h, redresse l'alif de la r&#233;alisation de l'unit&#233; entre le&lt;/i&gt; b&#226;' &lt;i&gt;et le s&#238;n de bismi. Tu ne verras pas ici le Tout-Mis&#233;ricordieux le Tr&#232;s-Mis&#233;ricordieux, car Nous restons en arri&#232;re de ton arche. Sa course s'accomplit par le&lt;/i&gt; b&#226;', &lt;i&gt;particule d'abaissement, ainsi que son ancrage au rivage de la g&#233;n&#233;rosit&#233; divine. Par la g&#233;n&#233;rosit&#233;&lt;/i&gt; (j&#251;d) &lt;i&gt;est apparue l'existence&lt;/i&gt; (wuj&#251;d), &lt;i&gt;et sur le mont J&#251;d&#238; s'est manifest&#233; ce que contenait l'Arche.&lt;/i&gt;&#034;, ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb30'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh30' class='spip_note' title='Notes 30' rev='appendix'&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., par.39.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb31'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh31' class='spip_note' title='Notes 31' rev='appendix'&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En r&#233;f&#233;rence au verset du Coran (54:13) d&#233;crivant l'arche.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb32'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh32' class='spip_note' title='Notes 32' rev='appendix'&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Verset du Coran 18:98.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb33'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh33' class='spip_note' title='Notes 33' rev='appendix'&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sohraward&#238;, Shih&#226;bodd&#238;n Yahy&#226;, &#034;Le r&#233;cit de l'exil occidental&#034; in &lt;i&gt;L'archange empourpr&#233;, quinze trait&#233;s et r&#233;cits mystiques traduits du persan et de l'arabe&lt;/i&gt;, pr&#233;sent&#233;s et annot&#233;s par Henry Corbin, Fayard, 1976.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb34'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh34' class='spip_note' title='Notes 34' rev='appendix'&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Corbin, Henry, &lt;i&gt;En islam iranien, aspects spirituels et philosophiques&lt;/i&gt;, T. 3, Gallimard, 1971, p.279.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb35'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh35' class='spip_note' title='Notes 35' rev='appendix'&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est-&#224;-dire &#224; propos du had&#238;th &#233;voqu&#233; pr&#233;c&#233;demment, selon lequel le proph&#232;te aurait dit : &#034;&lt;i&gt;Ma Communaut&#233; est comparable &#224; l'Arche de No&#233; : celui qui s'y attache est sauv&#233;, et celui qui s'en d&#233;tache se noie.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb36'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh36' class='spip_note' title='Notes 36' rev='appendix'&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., Daftar 4, 538-539.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb37'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh37' class='spip_note' title='Notes 37' rev='appendix'&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R&#251;m&#238;, Jal&#226;l-ud-D&#238;n,&lt;i&gt; Mathnaw&#238; : la Qu&#234;te de l'Absolu&lt;/i&gt;, traduction fran&#231;aise d'Eva de Vitray-Meyerovitch, Editions du Rocher, 1990, Daftar 6, 2224-2225.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb38'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh38' class='spip_note' title='Notes 38' rev='appendix'&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., Daftar 5, 2654.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Corbin, Henry, &lt;i&gt;En islam iranien, aspects spirituels et philosophiques&lt;/i&gt;, T. 3, Gallimard, 1971.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Ibn 'Arab&#238;, &lt;i&gt;Kit&#226;b al-Isf&#226;r 'an Nat&#226;'&#238;j al-Asf&#226;r &lt;/i&gt;(Le d&#233;voilement des effets du voyage), introduction, traduction et annotation par Denis Gril, &lt;a href=&#034;http://www.lyber-eclat.net/lyber/ibnarabi/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.lyber-eclat.net/lyber/ibnarabi/&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; R&#251;m&#238;, Jal&#226;l-ud-D&#238;n, &lt;i&gt;Mathnaw&#238; : la Qu&#234;te de l'Absolu&lt;/i&gt;, traduction fran&#231;aise d'Eva de Vitray-Meyerovitch, Editions du Rocher, 1990.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; R&#251;m&#238;, Jal&#226;l-ud-D&#238;n, &lt;i&gt;Odes mystiques &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;D&#238;w&#226;n-e Shams-e Tabr&#238;z&#238;&lt;/i&gt;), traduit du persan par Eva de Vitray-Meyerovitch et Mohammad Mokri, Points, Sagesses, 1973.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Schaff, Philip (dir.), &lt;i&gt;St. Augustin's City of God and Christian Doctrine : Nicene and Post-Nicene Fathers of the Christian Church&lt;/i&gt;, Kessinger Publishing, 2004.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Sohraward&#238;, Shih&#226;bodd&#238;n Yahy&#226;, &#034;Le r&#233;cit de l'exil occidental&#034; in &lt;i&gt;L'archange empourpr&#233;, quinze trait&#233;s et r&#233;cits mystiques traduits du persan et de l'arabe&lt;/i&gt;, pr&#233;sent&#233;s et annot&#233;s par Henry Corbin, Fayard, 1976.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Tabar&#238;, &lt;i&gt;La chronique, Histoire des Proph&#232;tes et des Rois&lt;/i&gt;, Volume I et II, Traduction de Hermann Zotenberg, Actes Sud/Sindbad, 2002.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; T&#226;djd&#238;n&#238;, 'Al&#238;, &lt;i&gt;Farhang-e Nem&#226;dh&#226; va Nesh&#226;neh&#226; dar and&#238;sheh-ye Mawl&#226;n&#226;&lt;/i&gt;, Soroush, 1382 (2003).
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Whitcomb, John C., Morris, Henry M., &lt;i&gt;The Genesis Flood, the Biblical Record and its Scientific Implications&lt;/i&gt;, Presbyterian and reformed Publishing Co. Phillipsburg, NJ.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Woodmorappe, John, &lt;i&gt;Noah's Ark : a feasibility study&lt;/i&gt;, Institute for Creation Research, CA, 1996.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La navigation dans le nord et le sud de l'Iran : entretien avec le capitaine K&#226;mr&#226;n Ghol&#226;mi</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article856</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article856</guid>
		<dc:date>2008-12-01T10:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Afsaneh Pourmazaheri, Farz&#226;neh Pourmaz&#226;heri</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le capitaine K&#226;mr&#226;n Ghol&#226;mi est le directeur commercial de Dary&#226;-ye Tal&#226;i-e P&#226;rsi&#226;n (La Mer Dor&#233;e de Perse), premi&#232;re entreprise priv&#233;e de navigation actuellement en activit&#233; dans les eaux du nord de l'Iran. Elle poss&#232;de deux grands cargos qui naviguent entre l'Iran et la Russie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Afs&#226;neh POURMAZAHERI : Votre m&#233;tier est souvent consid&#233;r&#233; comme l'un des plus difficiles. Qu'en pensez-vous ? &lt;br class='autobr' /&gt;
K&#226;mr&#226;n GHOLAMI : Oui, vous avez raison. C'est un travail difficile et j'esp&#232;re que le gouvernement facilitera davantage (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique120" rel="directory"&gt;N&#176; 37, d&#233;cembre 2008 &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton856-c053e.jpg?1686654653' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le capitaine K&#226;mr&#226;n Ghol&#226;mi est le directeur commercial de Dary&#226;-ye Tal&#226;i-e P&#226;rsi&#226;n (La Mer Dor&#233;e de Perse), premi&#232;re entreprise priv&#233;e de navigation actuellement en activit&#233; dans les eaux du nord de l'Iran. Elle poss&#232;de deux grands cargos qui naviguent entre l'Iran et la Russie.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;Afs&#226;neh POURMAZAHERI : Votre m&#233;tier est souvent consid&#233;r&#233; comme l'un des plus difficiles. Qu'en pensez-vous ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;K&#226;mr&#226;n GHOLAMI : Oui, vous avez raison. C'est un travail difficile et j'esp&#232;re que le gouvernement facilitera davantage nos conditions de travail et accordera plus d'attention &#224; ce domaine. Nous travaillons loin de la terre, au milieu de l'oc&#233;an, la vie et le travail sont m&#233;lang&#233;s et cela pendant des jours, voire pendant des mois. En g&#233;n&#233;ral, les autres professions, les fonctionnaires par exemple, commencent leur travail le matin et rentrent chez eux l'apr&#232;s-midi. Leur vie personnelle et socio-professionnelle ne se m&#233;langent pas. En mer, nous sommes les uns avec les autres 24 heures sur 24. Par cons&#233;quent, les coll&#232;gues n'arrivent parfois pas &#224; distinguer la fronti&#232;re entre le travail et la vie, le travail et l'amiti&#233;, etc. ce qui entra&#238;ne de nombreux probl&#232;mes. De plus, ce qui rend ce m&#233;tier difficile est de vivre &#233;loign&#233; de sa famille et de la soci&#233;t&#233;. 90% des marins, navigateurs ou capitaines qui quittent leur travail &#233;voquent le m&#233;contentement de leur famille et la peur de la perdre. Et pour nous les Iraniens, pour qui la famille et le foyer familial comptent beaucoup, nous pr&#233;f&#233;rons finalement quitter l'aventure pour nous installer dans un petit coin de terre ferme, notamment quand nos enfants grandissent et se pr&#233;parent &#224; entrer dans la vie active. Des gens comme moi trouvent ensuite des m&#233;tiers relatifs &#224; leur carri&#232;re pr&#233;c&#233;dente, ou bien s'orientent vers d'autres activit&#233;s. D'ailleurs, une autre difficult&#233; dans ce domaine est sans doute les horaires de travail. Une fois sur le bateau, nous ne sommes plus maitres de notre emploi du temps. Souvent, nous arrivons au port &#224; minuit et il faut se mettre au travail, et le d&#233;chargement ou le chargement du bateau dure plusieurs heures. Il m'est souvent arriv&#233; de ne pas dormir une semaine enti&#232;re &#224; cause de la houle, d'une mer agit&#233;e, de choses inattendues qui nous surprennent en mer. Nous devons &#233;galement suivre des stages tout au long de notre carri&#232;re, notamment des stages de sp&#233;cialisation relatifs &#224; diff&#233;rentes parties du bateau : le moteur, le pont, l'&#233;lectricit&#233;, etc. Nous &#233;tudions d'abord cela pendant deux ans, pour suivre ensuite un stage de trois ans, puis nous suivons de nouveau des cours pendant deux ans. Dans les ports du nord du pays il fait particuli&#232;rement chaud, et c'est l'une des raisons pour laquelle un nombre de moins en moins important de jeunes choisissent d'&#233;tudier dans cette branche, et s'ils le font, ils abandonnent au tout d&#233;but du cursus. Malgr&#233; tout, ce m&#233;tier &#224; aussi des bons c&#244;t&#233;s. Il donne notamment l'occasion de voyager et d'&#233;largir votre vision du monde. Il est riche en exp&#233;riences et nous permet de comparer les soci&#233;t&#233;s et le mode de vie des diff&#233;rentes populations. Les salaires aussi sont tr&#232;s int&#233;ressants, et c'est un facteur important qui motive souvent les gens &#224; choisir ce m&#233;tier. Cependant, je ne conseille pas plus de dix ans de travail en mer.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1564 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L381xH255/856-1-0ea98.jpg?1686654653' width='381' height='255' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Le cargo de Sepano sur la mer Caspienne&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Farz&#226;neh POURMAZAHERI : Quelles sont vos activit&#233;s principales dans l'entreprise Dary&#226;-ye Tal&#226;i-e P&#226;rsi&#226;n ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;K.G. : Notre entreprise poss&#232;de deux navires qui parcourent la zone maritime de la mer Caspienne, avec des cargaisons de bois et de fer de Russie. Cela constitue 80% de notre activit&#233;. De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, les produits de Russie import&#233;s vers l'Iran se limitent au bois et au fer. Il faut ajouter que le chargement, le transport, le d&#233;chargement et la livraison font &#233;galement partie de nos activit&#233;s. Notre objectif est de satisfaire notre client&#232;le. Le transport des produits par voie terrestre est souvent compliqu&#233;. Pour transporter les cargaisons vers Astara, et de l&#224;, vers l'Azerba&#239;djan, et finalement, en direction de la Russie (et vice versa) le trajet est tr&#232;s long et tr&#232;s difficile. C'est pourquoi, plusieurs entreprises coop&#232;rent avec nous. Pour ce faire, nous sommes entr&#233;s en relation avec les ports maritimes du nord du pays afin qu'ils puissent augmenter leurs activit&#233;s dans ce domaine. De m&#234;me, on nous consulte dans le cadre d'activit&#233;s qui sont en relation avec notre m&#233;tier, comme la vente et l'achat de bateaux, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;A.P. : Combien y-a-t-il d'entreprises de navigation comme la v&#244;tre en Iran ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;K.G. : Dans le domaine priv&#233;, il n'y a que la n&#244;tre plus une autre entreprise ne d&#233;tenant qu'un seul bateau qui mouille uniquement dans le nord du pays, c'est-&#224;-dire dans la mer Caspienne. Quant aux entreprises publiques, celle de &lt;i&gt;Khazar&lt;/i&gt;, avec dix bateaux, reste la plus grande. Leurs activit&#233;s sont presque les m&#234;mes que les n&#244;tres : le transport de cargaisons entre l'Iran et la Russie. Cependant, la situation g&#233;n&#233;rale de la Caspienne tend &#224; limiter ces activit&#233;s. Toutefois, il y a des bateaux qui transportent des voitures, de la nourriture, de la roche et du verre, mais cela demeure rare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;A. P. : Vos exportations et vos importations concernent quels pays ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;K. G. : D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, nous exportons vers le Kazakhstan, l'Azerba&#239;djan et la Russie. Il y a cinq pays dans la zone de la mer Caspienne : le Kazakhstan, l'Azerba&#239;djan, le Turkm&#233;nistan, la Russie et l'Iran. Nos exportations sont essentiellement destin&#233;es &#224; l'Azerba&#239;djan, au Kazakhstan et &#224; la Russie ; il en va de m&#234;me pour les importations. Comme je l'ai d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;, 80% de nos importations sont du fer et du bois destin&#233;s aux usines des villes d'Ahvaz, de la r&#233;gion du Guil&#226;n et de Semn&#226;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entreprise publique la plus grande d'Iran est celle de la R&#233;publique Islamique d'Iran. Elle comprend 120 bateaux ; elle est actuellement l'entreprise la plus importante du Moyen Orient. Parmi les pays voisins, l'Iran est donc le plus important en mati&#232;re de navigation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;F. P. : Quel est le pourcentage de produits transport&#233;s entre l'Iran et le monde par voie maritime ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;K. G. : 80% du transport du pays est effectu&#233; par voie maritime, mais pas uniquement par des navires iraniens. Il y a aussi des navires &#233;trangers qui sont &#224; la disposition de notre gouvernement. Ils transportent des cargaisons pour l'Etat, pour le compte d'une entreprise, ou pour des personnes sp&#233;cifiques. Quant aux pays qui sont en relation avec l'Iran par les voies maritimes du sud du pays, notamment le port de Bandar Abb&#226;s, ils sont nombreux, les pays les plus importants &#233;tant la Chine et la Malaisie. Nous importons du riz de Tha&#239;lande et du Vi&#234;tnam, du bl&#233; et de l'huile d'Australie et d'Oc&#233;anie, un peu de tout d'Europe, du sucre d'Afrique du sud, et enfin du ma&#239;s, du bl&#233; et du riz d'Am&#233;rique du Sud. Quant &#224; nos exportations, elles sont majoritairement constitu&#233;es de fer et d'autres min&#233;raux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;A. P. : Quels sont les pays avec lesquels l'Iran entretient la majeure partie de ses relations maritimes ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;K. G. : A partir des ports maritimes du sud du pays, nous envoyons en g&#233;n&#233;ral des navires partout dans le monde puisque les eaux du sud ne sont pas ferm&#233;es. Nous allons partout, sauf en Isra&#235;l, aux &#1577;tats-Unis et vers certains pays d'Afrique o&#249; la s&#233;curit&#233; est pr&#233;caire. En somme, nous entretenons des relations maritimes et commerciales avec un nombre consid&#233;rable de pays. Les plus importants sont, en Europe, la Belgique, l'Allemagne, la France, l'Espagne et l'Angleterre. Du c&#244;t&#233; de l'Asie, nous pouvons citer la Chine, la Cor&#233;e, la Malaisie, le Vietnam et la Tha&#239;lande. Quant aux pays du golfe Persique, nous entretenons l'essentiel de nos relations avec Duba&#239; et les &#1577;mirats. L'Australie, le Canada et les pays du sud de l'Afrique, notamment la Tanzanie, les pays d'Am&#233;rique du Sud comme le Br&#233;sil ou l'Argentine et enfin les pays d'Am&#233;rique centrale sont &#233;galement des pays qui entretiennent des relations commerciales soutenues avec l'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;F.P. : Quelles sont les voies maritimes les plus importantes pour l'Iran d'un point de vue commercial &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'ext&#233;rieur du pays ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;K. G. : Nous avons presque 3000 km de fronti&#232;re maritime en Iran, dont 2400 km dans le sud et 600 km dans le nord. Toutes ces voies maritimes sont importantes pour l'Iran mais malheureusement, nous ne sommes pas encore arriv&#233;s &#224; les utiliser de mani&#232;re optimale. Cependant, r&#233;cemment nous avons effectu&#233; certains progr&#232;s, notamment dans le domaine de l'&#233;largissement de nos ports maritimes, notamment dans le nord du pays. Nous avons commenc&#233; &#224; construire des quais de qualit&#233; pr&#232;s de la mer Caspienne pour attirer et accueillir plus de bateaux. De m&#234;me, dans le sud, nous avons d&#233;velopp&#233; nos activit&#233;s maritimes et commerciales. En gros, nous occupons une position relativement bonne dans le secteur du commerce maritime, surtout dans les mers du sud &#233;tant donn&#233; qu'il y a beaucoup plus de quais et que, par cons&#233;quent, une plus grande quantit&#233; de grands navires peuvent y mouiller. Dans le nord du pays, les navires les plus volumineux p&#232;sent 6000 tonnes. C'est le poids limite car la profondeur du bord de mer dans la Caspienne, qui ne d&#233;passe pas les 5 m&#232;tres, ne le permet pas, tandis que dans le sud du pays, le poids des navires peut m&#234;me d&#233;passer 75 000 tonnes &#233;tant donn&#233; que les quais sont plus profonds (jusqu'&#224; 17 ou 18 m&#232;tres). A Gheshm, j'ai entendu dire que des quais permettant d'accueillir des p&#233;troliers de 500 000 tonnes ont &#233;t&#233; construits. Ces quais d'accueil sont forc&#233;ment plus profonds (plus de 22 m&#232;tres). En r&#233;sum&#233;, les quais du sud sont plus grands, plus nombreux et plus actifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;A. P. : Quel est le pays dominant dans le domaine du commerce maritime ? Quel rang occupe l'Iran dans ce domaine ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;K. G. : La Gr&#232;ce est sans doute le pays le mieux plac&#233;. R&#233;cemment, le Japon et la Chine ont beaucoup progress&#233;. Ces derniers poss&#232;dent aujourd'hui un grand nombre de navires. Ils ont investi de grosses sommes d'argent dans cette industrie et, scientifiquement parlant, ils sont plus d&#233;velopp&#233;s que nous. De m&#234;me, il ne faut pas oublier le r&#244;le de la g&#233;ographie et de l'histoire. Ces pays ont un pass&#233; de pr&#232;s de deux si&#232;cles en mati&#232;re d'activit&#233;s maritimes &#224; grande &#233;chelle. Quant aux Anglais et aux Norv&#233;giens, ils sont des pr&#233;curseurs dans ce domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;A. P. : Nos voies maritimes accueillent-elles &#233;galement une quelconque industrie touristique ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;K. G. : Oui, l'entreprise &lt;i&gt;Valfajr-e Hasht&lt;/i&gt;, sous l'&#233;gide de la Navigation de la R&#233;publique Islamique d'Iran, poss&#232;de quatre grands bateaux Catamaran de tourisme qui vont vers le sud, notamment vers le Kowe&#239;t, le Qatar, Duba&#239; et Bahre&#239;n. Ces bateaux partent de Boushehr, Khorramchahr, Bandar Abb&#226;s, Assalouyeh et Kish, en Iran. C'est donc sur la c&#244;te du golfe Persique que les voyageurs peuvent embarquer. La raison principale de l'activit&#233; de ces bateaux est le transport des familles des habitants du sud de l'Iran qui s&#233;journent dans les pays voisins. Heureusement, le tourisme maritime s'am&#233;liore en Iran, et le gouvernement est en train de faire des projets pour un futur proche en vue d'am&#233;liorer ses activit&#233;s dans ce domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;F. P. : Quelles est l'origine de l'industrie de la navigation en Iran ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;K. G. : Ce sont les Allemands qui, il y a 40 ans, ont apport&#233; avec eux cette industrie en Iran. Les responsables allemands ont ensuite confi&#233; cette t&#226;che aux Anglais, qui ont contr&#244;l&#233; la navigation en Iran jusqu'aux d&#233;buts de la r&#233;volution islamique, &#233;tant donn&#233; qu'il n'existait alors pas r&#233;ellement de personnel iranien qualifi&#233; dans ce domaine. Petit &#224; petit, les Iraniens ayant &#233;tudi&#233; dans les pays &#233;trangers sont rentr&#233;s et ont ralli&#233; l'&#233;quipe. Aujourd'hui, il n'y a plus d'&#233;trangers travaillant dans ce domaine en Iran. Mais il y a toujours 30% de personnel &#233;tranger sur les navires (pour des questions de visa). Ils viennent g&#233;n&#233;ralement de Russie, d'Ukraine, du Pakistan, du Nig&#233;ria et des Philippines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;A. P. : Y-a-t-il en Iran un lieu sp&#233;cifique pour la formation des marins ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;K. G. : Jusqu'en 1987, nos marins &#233;taient form&#233;s en Angleterre, en Belgique, en Inde et au Pakistan. Apr&#232;s la cr&#233;ation de l'universit&#233; de Navigation de Ch&#226;bah&#226;r, les formations se d&#233;roulent au sein m&#234;me du pays, dans cette universit&#233; ainsi qu'&#224; Noshahr, Boushehr, et m&#234;me &#224; T&#233;h&#233;ran. Actuellement tous les professeurs et formateurs sont iraniens, et le niveau des universit&#233;s de navigation en Iran est tr&#232;s satisfaisant. Les dipl&#244;mes obtenus sont reconnus par l'IMO (International Maritime Organization) et partout dans le monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La peinture iranienne et le modernisme (I)</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article855</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article855</guid>
		<dc:date>2008-12-01T09:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Babak Ershadi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Introduction Les premiers contacts avec le monde occidental &lt;br class='autobr' /&gt;
La Perse antique fut la premi&#232;re puissance asiatique &#224; &#233;tablir des contacts avec le berceau de la civilisation occidentale, la Gr&#232;ce. Apr&#232;s la conqu&#234;te de la Perse par l'arm&#233;e d'Alexandre, la culture perse a subi l'influence de la civilisation grecque pendant deux si&#232;cles ; n&#233;anmoins les dynasties arsacide et sassanide ont assur&#233; la renaissance de la culture perse, de sorte que la culture et l'art persans sont devenus de nouveau une source (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique120" rel="directory"&gt;N&#176; 37, d&#233;cembre 2008 &lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton855-db639.jpg?1686654653' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Introduction&lt;/h3&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les premiers contacts avec le monde occidental&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La Perse antique fut la premi&#232;re puissance asiatique &#224; &#233;tablir des contacts avec le berceau de la civilisation occidentale, la Gr&#232;ce. Apr&#232;s la conqu&#234;te de la Perse par l'arm&#233;e d'Alexandre, la culture perse a subi l'influence de la civilisation grecque pendant deux si&#232;cles ; n&#233;anmoins les dynasties arsacide et sassanide ont assur&#233; la renaissance de la culture perse, de sorte que la culture et l'art persans sont devenus de nouveau une source d'inspiration du monde occidental, avant et apr&#232;s l'islamisation de la Perse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, du Moyen Age au d&#233;but du XVe si&#232;cle (dynastie des Aq qoyunlu), le monde iranien et le monde occidental se connaissent relativement peu et l'image qu'ils ont l'un de l'autre est souvent m&#234;l&#233;e d'exag&#233;rations et d'anecdotes fabuleuses, dues &#224; un manque de connaissance &#233;vident. Avant la Renaissance, l'Eurasie &#233;tait plut&#244;t domin&#233;e par la supr&#233;matie &#233;conomique, culturelle et m&#234;me politique du continent asiatique par rapport &#224; l'Europe, la Renaissance europ&#233;enne ayant ses racines dans le d&#233;veloppement des contacts avec le continent o&#249; sont n&#233;es les plus anciennes civilisations du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus de contact entre la Perse et l'Occident s'est acc&#233;l&#233;r&#233; &#224; partir du XVIe si&#232;cle, sous la dynastie des Safavides, notamment &#224; l'&#233;poque du plus grand empereur de cette dynastie, Sh&#226;h Abb&#226;s Ier. Sa capitale, Ispahan, est devenue le foyer des relations politiques, &#233;conomiques et commerciales avec les grandes puissances europ&#233;ennes de l'&#233;poque. Avec ses ponts magnifiques, ses chefs-d'&#339;uvre architecturaux, ses somptueuses mosqu&#233;es et ses beaux palais, l'Ispahan des Safavides fut un centre culturel et &#233;conomique important pendant trois si&#232;cles, r&#233;unissant en son sein les commer&#231;ants, voyageurs et artistes venant d'Europe, ainsi que les ambassadeurs des cours europ&#233;ennes et les missionnaires chr&#233;tiens. Dans ce contexte, le terrain &#233;tait de nouveau propice &#224; ce que l'art iranien soit influenc&#233; par l'art moderne occidental.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les d&#233;buts des tendances naturalistes dans l'histoire de l'art pictural iranien&lt;/h3&gt;&lt;dl class='spip_document_1565 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L353xH269/855-1-cfaab.jpg?1686648642' width='353' height='269' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Le m&#233;decin Mirz&#226; Abolfazl K&#226;sh&#226;ni rend visite &#224; son patient, Sani-ol-Molk, aquarelle,1859, Palais du Golest&#226;n&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Sous les Safavides, de nombreux facteurs contribu&#232;rent &#224; l'apparition de tendances naturalistes dans la peinture iranienne : d&#233;veloppement des contacts avec les Europ&#233;ens, importation d'&#339;uvres et de marchandises occidentales, etc. Les produits fabriqu&#233;s en Europe firent progressivement leur apparition sur les march&#233;s d'Ispahan et de certaines grandes villes iraniennes. Les peintres &#233;taient s&#233;duits par l'art pictural occidental qui &#233;veillait en eux le d&#233;sir de repr&#233;senter une image naturaliste du monde, notamment en y introduisant les r&#232;gles de la perspective, c'est-&#224;-dire les techniques quasi-scientifiques visant &#224; repr&#233;senter les objets sur une surface plane, de telle sorte que leur repr&#233;sentation co&#239;ncide avec la perception visuelle que l'on peut en avoir, compte tenu de leur position dans l'espace par rapport &#224; l'&#339;il de l'observateur. De ce point de vue, les tableaux de Rez&#226; Abb&#226;ssi peuvent constituer une sorte de transition entre l'art pictural traditionnel et l'apparition, pour la premi&#232;re fois, d'une certaine occidentalisation du regard des artistes iraniens. Pendant les si&#232;cles suivants, sous les dynasties zand et q&#226;dj&#226;re, ce courant naturaliste se d&#233;veloppa sous une forme particuli&#232;re : l'id&#233;alisation de la nature ainsi que la sublimation et l'exaltation du beau. Par cons&#233;quent, pendant cette p&#233;riode, les portraitistes ont souvent reproduit les visages qui se ressemblaient &#233;trangement, de sorte que les visages masculins et f&#233;minins &#233;taient semblables, &#224; peu de chose pr&#232;s : la barbe et la moustache pour les hommes !&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1566 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH251/855-2-071c6.jpg?1686648642' width='358' height='251' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;La transcription, 1227 de l'H&#233;gire, Mahmoud Kh&#226;n Malek-o-Shoar&#226;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Ce genre pictural a longtemps plu aux aristocrates et &#224; la haute bourgeoisie urbaine. A partir du XIXe si&#232;cle, avec l'apparition des premiers ateliers d'imprimerie &#224; Tabriz et &#224; T&#233;h&#233;ran, un public plus important d&#233;couvrit progressivement les gravures et les images occidentales. Pendant cette m&#234;me p&#233;riode, les artistes s'efforc&#232;rent de donner un aspect plus populaire &#224; leur art pour s'&#233;loigner de la tradition du portrait des gens de la cour, afin de s'int&#233;resser &#224; une nouvelle vision sur les formes et les th&#232;mes. Mahmoud Kh&#226;n Malek-o-Shoar&#226; et Abol-Hassan Kh&#226;n Ghaff&#226;ri (alias Sani-ol-Molk) furent les principaux repr&#233;sentants de ce nouveau mouvement pictural.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Po&#232;te et calligraphe, Mahmoud Kh&#226;n Malek-o-Shoar&#226; a ouvert de nouveaux horizons dans le domaine de la peinture iranienne au cours de la premi&#232;re moiti&#233; du XIXe si&#232;cle. Lui qui n'avait jamais voyag&#233; en Europe, il sut cr&#233;er intelligemment le premier &#034;collage&#034; de l'histoire de la peinture moderne iranienne, en collant des timbres-poste iraniens et &#233;trangers sur une toile. Dans son tableau &lt;i&gt;La transcription&lt;/i&gt; (&#1575;&#1587;&#1578;&#1606;&#1587;&#1575;&#1582;), sign&#233; en 1227 de l'H&#233;gire, l'artiste introduit une approche cr&#233;ative des trois principales questions de la peinture : la forme, la couleur et l'espace.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1567 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L262xH358/855-3-b1b68.jpg?1686648642' width='262' height='358' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:262px;'&gt;&lt;strong&gt;L'oncle S&#226;diq Shir&#226;zi (Am&#251; S&#226;degh Shir&#226;zi), Kam&#226;l-ol-Molk, aquarelle, 1308 de l'H&#233;gire,Palais du Golest&#226;n&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Dans certaines aquarelles de Mahmoud Kh&#226;n, les petits pointillages &#233;voluent pour devenir des petites surfaces ou des taches de couleur, &#224; la mani&#232;re de Paul Signac ou de Georges Seurat. En outre, Mahmoud Kh&#226;n prend ses libert&#233;s dans le choix des couleurs et l'usage du pinceau pour s'approcher instinctivement des m&#233;thodes de Pissarro et de Van Gogh. A noter qu'&#224; cette &#233;poque-l&#224;, l'art de Van Gogh n'est pas encore appr&#233;ci&#233; en Occident, et que Mahmoud Kh&#226;n n'a certainement pas eu l'occasion de conna&#238;tre les techniques du peintre n&#233;erlandais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; Mahmoud Kh&#226;n qui ne s'est jamais rendu en Europe, Abol-Hassan Kh&#226;n Ghaff&#226;ri, alias Sani-ol-Molk, a voyag&#233; en Italie. Lors de son retour en Iran, il s'oppose &#224; la vision traditionnelle des portraitistes de son &#233;poque, qui repr&#233;sentent sur la toile des visages id&#233;alis&#233;s et sublim&#233;s. Sous l'influence de l'&#233;cole portraitiste europ&#233;enne, Sani-ol-Molk s'est s'effor&#231;&#233; de repr&#233;senter les expressions ext&#233;rieures du visage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mahmoud Kh&#226;n et Sani-ol-Molk ont essay&#233;, chacun &#224; sa mani&#232;re, de cr&#233;er des liens entre l'espace pictural contemporain et le pass&#233; traditionnel de la peinture iranienne. Les &#034;innovations&#034; introduites par les deux artistes ont s&#251;rement sensibilis&#233; les artistes iraniens au modernisme, mais pour l'acc&#233;l&#233;ration du processus d'occidentalisation de l'art pictural en Iran, il fallut attendre l'apparition de Kam&#226;l-ol-Molk.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son influence fut si grande que pendant longtemps, les techniques de la peinture traditionnelle iranienne tomb&#232;rent en d&#233;su&#233;tude. Les contemporains de Kam&#226;l-ol-Molk et ses adeptes adopt&#232;rent ainsi les techniques de la peinture classique occidentale et une vision artistique photographique afin de repr&#233;senter les objets et espaces selon un r&#233;alisme pur. L'influence des travaux de Kam&#226;l-ol-Molk se prolongea pr&#232;s de deux d&#233;cennies apr&#232;s sa mort en 1940.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1568 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L169xH381/855-4-6f5df.jpg?1686648642' width='169' height='381' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:169px;'&gt;&lt;strong&gt;Dokhtar-e lor (Jeune fille lor), Djalil Zi&#226;pour, 1361 de l'H&#233;gire&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Fond&#233;e par le Fran&#231;ais Andr&#233; Godard, la facult&#233; des Beaux-Arts de l'Universit&#233; de T&#233;h&#233;ran a contribu&#233; &#224; ouvrir de nouveaux horizons aux jeunes peintres iraniens. Pendant longtemps, la Facult&#233; des Beaux-Arts demeura domin&#233;e par les disciples de Kam&#226;l-ol-Molk, tous partisans du naturalisme pictural et de la peinture acad&#233;mique officielle. Les professeurs fran&#231;ais qui enseignaient &#224; la Facult&#233; des Beaux-arts r&#233;ussirent pourtant &#224; former une nouvelle g&#233;n&#233;ration de peintres qui d&#233;couvrirent d'autres &#233;coles de la peinture occidentale, notamment l'impressionnisme. Parmi les dipl&#244;m&#233;s de cette facult&#233;, certains poursuivirent leurs &#233;tudes artistiques en Europe et aux Etats-Unis. D&#232;s leur retour en Iran, ces jeunes artistes contribu&#232;rent &#224; la remise en cause des valeurs et traditions &#233;tablies par le ma&#238;tre ancien. Une querelle se fit alors jour entre les partisans des Anciens et des Modernes. Tandis que les &#233;l&#232;ves et les disciples de Kam&#226;l-ol-Molk proc&#233;d&#232;rent &#224; une v&#233;ritable &#034;guerre de tranch&#233;e&#034; pour d&#233;fendre les enseignements de Kam&#226;l-ol-Molk, lui-m&#234;me inspir&#233; des valeurs classiques des anciens ma&#238;tres classiques de l'Europe, les jeunes artistes modernes lanc&#232;rent avec ferveur une &#034;guerre de mouvement&#034; pour gagner du terrain et dominer l'art pictural du pays, afin de &#034;compenser leur retard&#034; par rapport &#224; l'art moderne occidental. Ce processus de modernisation et le sentiment d'arri&#233;ration &#233;conomique et socioculturelle par rapport au monde occidental, furent renforc&#233;s &#224; la suite des &#233;volutions survenues apr&#232;s la fin de la Seconde Guerre mondiale. Dans ce contexte, le pouvoir politique soutint, pour sa part, la modernisation du pays, en privil&#233;giant, sur les plans culturels et id&#233;ologiques, le nationalisme et la mise en valeur de l'h&#233;ritage de la Perse antique. En outre, la vie sociopolitique de l'Iran fut tr&#232;s fortement influenc&#233;e par le mouvement de traduction d'&#339;uvres occidentales notamment &#224; partir des ann&#233;es 1920. Un grand nombre d'ouvrages occidentaux fut traduit en persan et lu par la majorit&#233; des intellectuels iraniens d&#233;sireux de d&#233;couvrir les produits intellectuels et socioculturels de l'Occident. Sur le plan artistique, un nouveau regard esth&#233;tique se d&#233;veloppa, notamment &#224; T&#233;h&#233;ran, dans les milieux intellectuels et artistiques, tandis que la presse de la capitale iranienne familiarisait les jeunes lecteurs avec les derni&#232;res &#233;volutions de l'art occidental, dans les ann&#233;es de l'apr&#232;s-guerre.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1569 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L257xH358/855-5-23c6c.jpg?1686648642' width='257' height='358' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:257px;'&gt;&lt;strong&gt;Un tableau de Mahdi Vishk&#226;&#239;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re exposition des Beaux-Arts, organis&#233;e en 1946 &#224; T&#233;h&#233;ran, fut un signe avant-coureur de l'&#233;mergence de ce nouvel esprit artistique. Cette exposition r&#233;unit des tableaux de jeunes artistes modernes comme Mahdi Vishk&#226;&#239;, Hossein K&#226;zemi, Djav&#226;d Hamidi et Djalil Zi&#226;pour. Le travail de ces artistes annon&#231;a un emploi nouveau et hardi de l'expression picturale, par rapport aux &#339;uvres de Kam&#226;l-ol-Molk et de ses partisans. Cependant, ces jeunes artistes sembl&#232;rent tout &#224; fait &#034;Anciens&#034; lorsque l'on compare leurs tableaux avec ceux de leurs contemporains europ&#233;ens et nord-am&#233;ricains. En r&#233;action &#224; cette contradiction, dans un texte consacr&#233; au vernissage de l'exposition des Beaux Arts de 1946, le critique d'art Rez&#226; Djordj&#226;ni &#233;crit dans le magazine &lt;i&gt;Sokh&#226;n : &#034;Au nom du modernisme, la peinture iranienne tend &#224; reprendre un chemin battu par les Europ&#233;ens, il y a plus de 150 ans&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure, les journaux et les magazines publi&#233;s &#224; T&#233;h&#233;ran se mirent &#224; consacrer quelques pages aux arts plastiques. Le magazine &lt;i&gt;Sokh&#226;n&lt;/i&gt; joua un r&#244;le important et contribua &#224; familiariser le public int&#233;ress&#233; avec les &#233;volutions de l'art plastique en Iran. Dans ces pages, le lecteur retrouva des textes consacr&#233;s &#224; la vie et &#224; l'&#339;uvre de grands artistes occidentaux, ainsi que les nouvelles des derniers &#233;v&#233;nements artistiques du pays. Cependant, les textes critiques rest&#232;rent sommaires et rudimentaires, faute de connaissance technique et sp&#233;cialis&#233;e dans le domaine de la critique d'art. Mohammad Sa&#239;di, Parviz Marzb&#226;n et surtout Ehs&#226;n Y&#226;rsh&#226;ter furent les meilleurs critiques d'art de l'&#233;poque, qui s'effor&#231;aient de faire conna&#238;tre la peinture occidentale, notamment les peintres impressionnistes de l'Europe, aux jeunes amateurs d'art en Iran.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1570 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L269xH353/855-6-96ecf.jpg?1686648642' width='269' height='353' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:269px;'&gt;&lt;strong&gt;Sans titre, sujet : Repr&#233;sentation de l'homme, tableau expressionniste, acrylique sur toile, par Mohammad-Ali Taraghi-Dj&#226;h&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;En dehors de quelques cercles ferm&#233;s, le climat culturel et social de l'Iran ne fut gu&#232;re favorable au d&#233;veloppement intense de l'art moderne &#224; l'occidentale, pendant cette p&#233;riode. En effet, il existait un grand &#233;cart entre les nouvelles th&#233;ories esth&#233;tiques inspir&#233;es de la culture occidentale et les r&#233;alit&#233;s de la vie sociale iranienne. Pendant les ann&#233;es 1940-1950, la pr&#233;sentation de l'art moderne occidental se d&#233;veloppa de fa&#231;on plus organis&#233;e, notamment dans la presse. A la m&#234;me &#233;poque, les partisans du modernisme s'exprim&#232;rent avec plus d'audace et de fa&#231;on plus directe pour d&#233;fendre la peinture moderne. Les id&#233;es qu'ils exprimaient pour d&#233;fendre l'art moderne &#233;taient de plus en plus ferventes et enthousiastes, mais pas assez convaincantes, en raison de leur insistance sur la n&#233;cessit&#233; d'une rupture g&#233;n&#233;rale avec l'ensemble des h&#233;ritages artistiques et culturels du pass&#233;. Dans un article intitul&#233; &#034;L'art nouveau, la peinture nouvelle&#034;, Parviz Marzb&#226;n consid&#232;re l'art moderne comme l'expression exacte de la vie mat&#233;rielle et spirituelle de l'homme contemporain. Sur un ton assez virulent et acerbe qui cherche manifestement &#224; blesser, il &#233;crit : &#034;&lt;i&gt;Craintifs et trop m&#233;fiants, ils [partisans de la peinture traditionnelle] se taisent et se retirent devant un adversaire trop fort pour eux. Mais ceux qui sont plus courageux et plus audacieux n'h&#233;sitent pas un instant &#224; se jeter dans cet immense oc&#233;an. Il n'y a pas l'ombre d'un doute qu'ils reviendront les mains pleines de perles nouvelles.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre critique de Djalil Zi&#226;pour (1910-1999) contribua &#224; intensifier la querelle entre les Anciens et les Modernes. Zi&#226;pour avait connu le mouvement cubiste en France o&#249; il avait rencontr&#233; des peintres modernes, notamment Andr&#233; Luth. Djalil Zi&#226;pour fonda en 1949 un magazine dont le titre &#233;tait &#224; la fois r&#233;v&#233;lateur et provocateur : &lt;i&gt;Le Coq de combat&lt;/i&gt;. Le magazine &#233;tait presque enti&#232;rement consacr&#233; &#224; la pol&#233;mique vive et agressive autour de la peinture moderne. Ses textes et ses discours aboutirent &#224; la formation d'un cercle de disciples autour de Zi&#226;pour, devenu chef d'un mouvement nouveau mais assez bref dans la peinture iranienne.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1571 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L269xH342/855-7-7ee2a.jpg?1686648642' width='269' height='342' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:269px;'&gt;&lt;strong&gt;Buste d'Avicenne (Ibn Sin&#226;) &#224; Mashhad, par Hassan Arjang&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de critiques d'art estiment que ce que Zi&#226;pour pr&#233;conisait avec insistance au nom du cubisme, &#233;tait radicalement diff&#233;rent des m&#233;rites, des valeurs et de l'esprit du cubisme. Selon certains critiques, ses activit&#233;s finirent par pr&#233;senter le cubisme comme l'expression de la destruction et de la laideur, sous pr&#233;texte de l'&#233;loignement moderne des conventions traditionnelles. Zi&#226;pour et ses compagnons avaient pourtant le m&#233;rite d'ouvrir de nouveaux horizons aux jeunes artistes tout en cr&#233;ant un terrain favorable &#224; la r&#233;alisation de nouvelles exp&#233;riences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me biennale de peinture iranienne qui eut lieu &#224; T&#233;h&#233;ran en 1966 consacra l'&#233;mergence d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration de peintres. Ces jeunes artistes sortaient d'un &#233;tat d'inconscience et d'incertitude pour s'appuyer sur leur propre cr&#233;ativit&#233; d'artiste au lieu d'imiter les autres. Se fondant sur l'id&#233;e de l'individualit&#233; artistique, ils essayaient d'adapter leurs qu&#234;tes libres et personnelles &#224; leur identit&#233; iranienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1950-1970, ce mouvement fut essentiellement caract&#233;ris&#233; par l'esprit de d&#233;couverte, le d&#233;sir de nouveaut&#233; et une attention spontan&#233;e mais superficielle port&#233;e &#224; la question de l'identit&#233; nationale. Dans les ann&#233;es 1970, la peinture iranienne connut une p&#233;riode florissante : le march&#233; d'&#339;uvres picturales fut relativement prosp&#232;re ; le gouvernement soutenait les artistes en leur allouant des bourses d'&#233;tude pour qu'ils poursuivent leur enseignement sup&#233;rieur &#224; l'&#233;tranger. Durant cette m&#234;me p&#233;riode, le Mus&#233;e des arts contemporain fut fond&#233; &#224; T&#233;h&#233;ran, tandis que les institutions officielles du pays encourag&#232;rent et finan&#231;&#232;rent la tenue de nombreuses expositions de peinture en Iran et &#224; l'&#233;tranger. Cet &#233;panouissement de l'art moderne entra&#238;na cependant une rupture entre les artistes et le grand public, en raison de l'&#233;loignement intellectuel et culturel qui existait entre l'esprit du modernisme et le syst&#232;me de valeur traditionnel de la soci&#233;t&#233; iranienne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le naturalisme et la peinture acad&#233;mique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans la peinture traditionnelle iranienne, la repr&#233;sentation de l'homme et de l'univers ne se soumet jamais aux r&#232;gles du r&#233;el et de la nature. Dans les &#339;uvres traditionnelles, la forme est subjective, id&#233;aliste, stylis&#233;e et abstraite. Le peintre n'a pas de souci de &#034;r&#233;alisme&#034; dans la repr&#233;sentation des portraits et des &#233;v&#233;nements. Kam&#226;l-ol-Molk et ses contemporains ont introduit une v&#233;ritable r&#233;volution dans la vision du monde dominant la peinture iranienne pendant des si&#232;cles. Kam&#226;l-ol-Molk a notamment pris pour mod&#232;le les &#339;uvres des grands ma&#238;tres de la Renaissance et de la p&#233;riode de l'art baroque, notamment Rembrandt et Le Titien. D&#232;s son retour en Iran, apr&#232;s trois ans de s&#233;jour &#224; Paris, Rome, Venise et Florence, Kam&#226;l-ol-Molk se mit &#224; enseigner la peinture naturaliste dans son &#233;cole des beaux-arts &#224; T&#233;h&#233;ran. Son objectif &#233;tait de remplacer la peinture traditionnelle par la repr&#233;sentation r&#233;aliste de la nature, &#224; travers des techniques de la perspective, des volumes et des effets de clair-obscur. A l'&#233;poque du voyage de Kam&#226;l-ol-Molk en Europe (1897-1900), la peinture occidentale &#233;tait fondamentalement boulevers&#233;e par les mouvements impressionniste et post-impressionniste. Mais le peintre iranien, qui avait d&#233;j&#224; cinquante ans &#224; son arriv&#233;e &#224; Paris, est rest&#233; indiff&#233;rent &#224; l'art contemporain de l'Europe. Dans les mus&#233;es de Paris, de Rome et de Florence, il a &#233;t&#233; fascin&#233; par l'art de la Renaissance et de la p&#233;riode baroque, en acqu&#233;rant la conviction que la mission de l'artiste est d'imiter la nature et de la reproduire tout comme la photographie. Il a fond&#233; ainsi de nouvelles traditions naturalistes dans la peinture iranienne, d&#233;velopp&#233;es et sauvegard&#233;es jusqu'&#224; aujourd'hui par ses nombreux &#233;l&#232;ves et disciples. Dans le naturalisme de Kam&#226;l-ol-Molk et de ses partisans, l'espace stylis&#233; et id&#233;alis&#233; de la peinture de l'&#233;poque q&#226;dj&#226;re - caract&#233;ris&#233;e par les motifs et les &#233;l&#233;ments abstraits, d&#233;coratifs et mythiques - ont disparu pour que l'artiste revienne &#224; un r&#233;alisme extr&#234;me, celui de la repr&#233;sentation absolue de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1609 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L355xH269/855-8-4229e.jpg?1686648642' width='355' height='269' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Un tableau de Mahmoud Djav&#226;dipour&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Hossein Sheikh (1910-1987) fut un &#233;l&#232;ve de Kam&#226;l-ol-Molk, qui demeura fermement attach&#233; aux principes naturalistes de son ma&#238;tre jusqu'&#224; la fin de sa vie. Sheikh a pouss&#233; &#224; l'extr&#234;me, au-del&#224; de toute mesure, l'id&#233;e du beau absolu pour d&#233;fendre l'id&#233;e que seuls les artistes de l'&#233;poque classique m&#233;ritaient l'admiration et l'imitation des artistes contemporains. &#034;&lt;i&gt;Il faut interdire l'exposition des &#339;uvres modernes dans les galeries d'art&lt;/i&gt;&#034;, d&#233;clara-t-il lors d'une interview en 1974. Son refus radical du modernisme le conduisit &#224; la n&#233;gation r&#233;troactive du &#034;contemporain&#034; et de lui-m&#234;me. &#034;&lt;i&gt;Mes &#339;uvres sont m&#233;diocres. Plus je suis m&#233;diocre, plus je gagne de l'argent. Je ne suis pas un peintre. La vraie peinture, ce sont les tableaux de Rembrandt et de Goya&lt;/i&gt;&#034;, affirmait-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de l'imitation de la nature, tel un appareil de photo, dominait l'esprit de presque tous les &#233;l&#232;ves et disciples de Kam&#226;l-ol-Molk.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yahy&#226; Dolatsh&#226;hi, Esm&#226;&#239;l Ashti&#226;ni et Mohammad-Ali Heydari&#226;n, Djaafar Petgar, Abol-Hassan Sadighi et Mohsen Moghadam ont longtemps contribu&#233; &#224; la propagation de la peinture acad&#233;mique de Kam&#226;l-ol-Molk. Certains autres &#233;l&#232;ves de l'&#233;cole naturaliste du grand ma&#238;tre, comme Ali Asghar Petgar, Ali Mom&#233;ni, Hassan Arjang et Mahmoud Oli&#226;, ont exprim&#233; dans leurs &#339;uvres une tendance impressionniste, tout en restant fid&#232;les aux traditions naturalistes de Kam&#226;l-ol-Molk.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;l&#232;ves de Kam&#226;l-ol-Molk prirent souvent pour th&#232;me les paysages, la nature morte, les petits &#233;v&#233;nements de la vie quotidienne, la vie rustique, et certains paysages de la vie urbaine tels que les maisons de th&#233;. Ces peintres manifestaient une indiff&#233;rence quasi-totale aux courants de l'art moderne et m&#233;prisaient les &#233;volutions contemporaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1960-1970, les peintres modernes triomph&#232;rent finalement de leurs adversaires naturalistes. Cependant, apr&#232;s la victoire de la r&#233;volution islamique de 1979, l'id&#233;e de l'art populaire et engag&#233; favorisa le retour du naturalisme sur le devant de la sc&#232;ne de la peinture iranienne. Pendant cette p&#233;riode, certains artistes comme Mortez&#226; Katouzi&#226;n et Mohammad-Ali Taraghi-Dj&#226;h cr&#233;&#232;rent des &#339;uvres d'imitation exacte de la nature, tr&#232;s appr&#233;ci&#233;es par le public. La technique photographique de ces peintres fut pourtant accompagn&#233;e d'un certain regard personnel sur le rapport entre la nature et l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'impressionnisme&lt;/h3&gt;&lt;dl class='spip_document_1573 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L286xH371/855-9-52317.jpg?1686648642' width='286' height='371' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:286px;'&gt;&lt;strong&gt;Le porteur et son aide, Ali-Akbar San'ati, pl&#226;tre, Mus&#233;e San'ati &#224; T&#233;h&#233;ran&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Un an apr&#232;s la mort de Kam&#226;l-ol-Molk (1940), les forces arm&#233;es occup&#232;rent l'Iran. Quelques jours apr&#232;s l'arriv&#233;e des troupes britanniques &#224; T&#233;h&#233;ran, Rez&#226; Sh&#226;h fut oblig&#233; d'abdiquer en faveur de son fils, Mohammad-Rez&#226; Pahlavi. La fin de la dictature de Rez&#226; Sh&#226;h et l'ouverture relative de la vie sociopolitique favoris&#232;rent de nouvelles &#233;volutions culturelles et artistiques. Comme nous l'avons &#233;voqu&#233;, d&#232;s son &#233;tablissement en 1941, la Facult&#233; des Beaux-Arts de l'Universit&#233; de T&#233;h&#233;ran devint le th&#233;&#226;tre de la querelle entre les partisans des Anciens et des Modernes : les professeurs fran&#231;ais de cette facult&#233; avaient fond&#233; leur enseignement sur l'impressionnisme, tandis que les professeurs iraniens &#233;taient des disciples du classicisme et de la peinture acad&#233;mique de Kam&#226;l-ol-Molk. Ces derniers encourageaient leurs &#233;l&#232;ves &#224; travailler dans les ateliers de la facult&#233; pour copier les chefs-d'&#339;uvre des ma&#238;tres classiques europ&#233;ens, tandis que les jeunes &#233;tudiants qui eurent l'occasion de conna&#238;tre la libert&#233; de l'art impressionniste, pr&#233;f&#233;raient d&#233;placer leur chevalet d'un endroit &#224; un autre, dans la campagne et au pied des montagnes du nord de T&#233;h&#233;ran, pour respirer &#224; pleins poumons la libert&#233; de l'exp&#233;rience impressionniste. Ces tendances impressionnistes furent timides et prudentes pour deux raisons : tout d'abord, du fait de la domination du naturalisme pur et dur des disciples de Kam&#226;l-ol-Molk, ensuite &#224; cause du manque de connaissance approfondie des caract&#233;ristiques de l'impressionnisme lui-m&#234;me. Les peintres iraniens durent attendre une dizaine d'ann&#233;es avant d'avoir le courage d'utiliser les couleurs vives et transparentes. Par ailleurs, en l'absence d'une critique d'art professionnelle, les amateurs d'art n'appr&#233;ci&#232;rent gu&#232;re ces &#339;uvres de forme impressionniste. Les textes publi&#233;s dans la presse, en guise de critique artistique, d&#233;courag&#232;rent souvent les jeunes peintres et les dissuad&#232;rent de poursuivre la voie de l'impressionnisme. En 1946, la magazine &lt;i&gt;Sokh&#226;n&lt;/i&gt; &#233;crivait : &#034;&lt;i&gt;Ce que l'on pr&#233;sente aujourd'hui comme la peinture moderne, est en r&#233;alit&#233; l'&#233;cole impressionniste europ&#233;enne d'il y a 70 ans.&lt;/i&gt;&#034; En r&#233;alit&#233;, l'auteur de cet article accusait injustement les jeunes peintres impressionnistes d'archa&#239;sme de go&#251;t et d'inspiration, tandis que le naturalisme des adeptes de Kam&#226;l-ol-Molk &#233;tait d&#233;j&#224; vieux de trois cents ans ! La m&#234;me ann&#233;e, la premi&#232;re exposition des peintres iraniens fut organis&#233;e &#224; l'initiative de l'Association culturelle irano-sovi&#233;tique. Dans cette exposition, plusieurs tableaux de Mohsen Moghadam et de Ali-Akbar San'ati r&#233;v&#233;laient leurs inclination vers l'utilisation des techniques impressionnistes. Plus tard, ces tendances s'exprim&#232;rent avec plus de vigueur dans les tableaux d'Ahmad Esfandi&#226;ri, Rez&#226; Forouzi, Mahdi Vishk&#226;&#239;, Mahmoud Djav&#226;dipour et Hossein K&#226;zemi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est curieux d'observer que les traces de ces tendances impressionnistes se r&#233;v&#232;lent &#233;galement dans les tableaux &#034;commerciaux&#034; destin&#233;s &#224; plaire au large public, dans les ann&#233;es 1980 et 1990. Pendant ces ann&#233;es, malgr&#233; la domination de la peinture moderne, abstraite et non figurative, de nombreux jeunes peintres manifest&#232;rent un certain penchant pour l'impressionnisme. La vigueur des couleurs et des jeux de lumi&#232;re sont peut-&#234;tre des raisons qui expliquent l'accueil favorable que le public iranien r&#233;serva aux techniques impressionnistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des impressionnistes iraniens ont longtemps oscill&#233; entre deux tentations contraires : le naturalisme et le classicisme d'une part et l'impressionnisme de l'autre. L'impressionnisme d&#233;signe cependant moins une &#233;cole &#224; proprement parler qu'une r&#233;action contre la peinture acad&#233;mique officielle.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;i&gt;&lt;a href='http://www.teheran.ir/spip.php?article872' class='spip_in'&gt;&#192; suivre...&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="spip.php?article872" class="spip_out"&gt;Deuxi&#232;me partie&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Reflets d'or d'orient en occident La c&#233;ramique lustr&#233;e, du IXe au XVe si&#232;cle</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article854</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article854</guid>
		<dc:date>2008-12-01T08:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mireille Ferreira</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le mus&#233;e de Cluny, mus&#233;e national du Moyen-&#194;ge install&#233; &#224; Paris, a pr&#233;sent&#233; d'avril &#224; septembre 2008 une exposition r&#233;unissant un ensemble exceptionnel de quatre-vingts pi&#232;ces de c&#233;ramique &#224; lustre m&#233;tallique, plats, vases, carreaux et plaques de rev&#234;tement architectural, cr&#233;&#233;es dans les pays orientaux puis en Occident, &#224; l'&#233;poque m&#233;di&#233;vale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette exposition proposait de montrer l'&#233;volution de cette technique et de cette production artistique tout &#224; fait sp&#233;cifiques, &#224; travers les &#233;poques et les r&#233;gions. Cette (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique120" rel="directory"&gt;N&#176; 37, d&#233;cembre 2008 &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton854-a86e5.jpg?1686654653' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le mus&#233;e de Cluny, mus&#233;e national du Moyen-&#194;ge install&#233; &#224; Paris, a pr&#233;sent&#233; d'avril &#224; septembre 2008 une exposition r&#233;unissant un ensemble exceptionnel de quatre-vingts pi&#232;ces de c&#233;ramique &#224; lustre m&#233;tallique, plats, vases, carreaux et plaques de rev&#234;tement architectural, cr&#233;&#233;es dans les pays orientaux puis en Occident, &#224; l'&#233;poque m&#233;di&#233;vale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette exposition proposait de montrer l'&#233;volution de cette technique et de cette production artistique tout &#224; fait sp&#233;cifiques, &#224; travers les &#233;poques et les r&#233;gions. Cette mise en perspective unique a permis de constater que les c&#233;ramistes qui ont appliqu&#233; cette technique d&#233;corative ont su s'inspirer, au passage, des styles r&#233;gionaux rencontr&#233;s. Elle avait, en outre, pour objectif de montrer l'Orient m&#233;di&#233;val &#224; travers sa production artistique et son influence sur l'art occidental, et non, comme c'est tr&#232;s souvent le cas, &#224; travers l'histoire tumultueuse des croisades, qui a longtemps oppos&#233; ces deux parties du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organis&#233;e avec la participation du Mus&#233;e du Louvre, cette exposition marque l'aboutissement d'une recherche lanc&#233;e en 2004 avec le Centre de recherche et de restauration des mus&#233;es de France. Les pi&#232;ces pr&#233;sent&#233;es appartiennent aux deux-tiers aux mus&#233;es du Louvre et de Cluny et ont &#233;t&#233; compl&#233;t&#233;es par des pr&#234;ts du Mus&#233;e national de la C&#233;ramique de S&#232;vres, du Mus&#233;e des arts d&#233;coratifs de Paris et du Mus&#233;e d'art islamique de Berlin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_1574 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH322/854-1-be587.jpg?1686654653' width='448' height='322' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Vase &#224; embouchures multiples, aigui&#232;re, port &#224; anses en forme de f&#233;lins - Iran, XIIIe si&#232;cle (Mus&#233;e du Louvre)&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le mus&#233;e de Cluny&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mus&#233;e national du Moyen Age est install&#233; dans deux monuments parisiens exceptionnels : les thermes gallo-romains (Ier-IIIe si&#232;cles) et l'h&#244;tel des abb&#233;s de Cluny&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='En 910, fut fond&#233;e dans la cit&#233; de Cluny en Bourgogne une c&#233;l&#232;bre abbaye (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (fin XVe si&#232;cle). Il a &#233;t&#233; fond&#233; en 1843, gr&#226;ce aux collections d'Alexandre du Sommerard, un amateur qui se passionnait pour le Moyen Age, et habitait dans l'h&#244;tel de Cluny. Enrichies au cours des ann&#233;es, les collections offrent aujourd'hui un panorama unique sur l'art et l'histoire des hommes de la Gaule romaine jusqu'au d&#233;but du XVIe si&#232;cle. Elles permettent de parcourir en un m&#234;me lieu pr&#232;s de quinze si&#232;cles d'art et d'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1575 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L286xH292/854-2-f0a7b.jpg?1686654653' width='286' height='292' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:286px;'&gt;&lt;strong&gt;Etoile de rev&#234;tement &#224; d&#233;cor v&#233;g&#233;tal - Iran, vers 1262 - Inscriptions des sourates al-Fatiha et al-N&#226;s (Les Gens) - Mus&#233;e des Arts D&#233;coratifs&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du XIIIe si&#232;cle, l'universit&#233; vint s'installer dans ce qui allait devenir le Quartier latin. Les abb&#233;s de Cluny en Bourgogne, comme bien d'autres, cherch&#232;rent &#224; y avoir un coll&#232;ge et un pied-&#224;-terre. Le coll&#232;ge construit au cours de la seconde moiti&#233; du XIIIe si&#232;cle se trouvait sur l'actuelle place de la Sorbonne ; le pied-&#224;-terre pr&#232;s des thermes. A la fin du XVe si&#232;cle, Jacques d'Amboise, abb&#233; de Cluny (1485-1510) d&#233;cide de reconstruire la r&#233;sidence abbatiale parisienne qui s'appuyait sur les thermes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La c&#233;ramique &#224; d&#233;cor de lustre m&#233;tallique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A l'origine, cette technique d&#233;corative appara&#238;t sur le verre, d&#232;s l'Antiquit&#233;. On suppose qu'elle est le fait des verriers &#233;gyptiens. Elle se diffuse sur la c&#233;ramique &#224; la fin du VIIIe si&#232;cle en Orient, puis se d&#233;veloppe aux XIIIe et XIVe si&#232;cles en Espagne musulmane puis chr&#233;tienne o&#249; elle conna&#238;t son apog&#233;e au XVe si&#232;cle. D'Irak en Egypte, puis en Syrie, en Iran, au Maghreb et en Espagne, la c&#233;ramique &#224; reflets m&#233;talliques a &#233;t&#233; produite par les meilleurs c&#233;ramistes pour les cercles les plus luxueux, parfois les palais, du monde islamique puis du monde chr&#233;tien, pendant toute la p&#233;riode m&#233;di&#233;vale.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1576 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L252xH328/854-3-4dec7.jpg?1686654653' width='252' height='328' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:252px;'&gt;&lt;strong&gt;Verrerie &#224; lustre m&#233;tallique - Mus&#233;e du verre et de la c&#233;ramique, T&#233;h&#233;ran&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;La technique du lustre m&#233;tallique consiste &#224; appliquer sur une gla&#231;ure, mati&#232;re vitreuse cuite au pr&#233;alable &#224; 950&#176;C, un d&#233;cor peint, compos&#233;e d'oxydes m&#233;talliques de cuivre et d'argent li&#233;s par un m&#233;lange d'argile, d'ocre et de vinaigre. Au cours d'une cuisson suppl&#233;mentaire &#224; 600&#176;C dans un four priv&#233; d'oxyg&#232;ne, ce d&#233;cor s'int&#232;gre au verre de la gla&#231;ure. Les nuances obtenues offrent, selon un certain angle de vision, une palette chatoyante de reflets m&#233;talliques d'une forte intensit&#233; lumineuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La c&#233;ramique peut &#234;tre, selon les &#233;poques et les r&#233;gions, de la p&#226;te argileuse ou siliceuse form&#233;e de grains de quartz broy&#233;s maintenus par un m&#233;lange complexe, soit silice et fondants alcalins, soit argiles, silice et fondants alcalins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gla&#231;ures, pos&#233;es directement sur la p&#226;te, pr&#233;sentent aussi deux grandes familles, transparente ou opacifi&#233;e &#224; l'&#233;tain ; pour la composition chimique, on distingue les alcalines, les alcalino-plombif&#232;res ou les plombif&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La production abbasside&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Entre les IVe et VIIe si&#232;cles, les verriers de l'Egypte copte sont les premiers &#224; employer oxydes de cuivre et d'argent pour colorer le verre dans la masse. L'&#233;poque islamique h&#233;rite de ce savoir-faire et la technique se d&#233;veloppe, appliqu&#233;e au verre en Egypte et en Syrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne sait si ces verriers eurent les premiers l'id&#233;e de transposer cette technique aux gla&#231;ures des c&#233;ramiques. L'innovation semble revenir &#224; l'Irak, centre du pouvoir abbasside dont l'opulence attira les savoir-faire les plus novateurs. Les premi&#232;res c&#233;ramiques &#224; d&#233;cor de lustre m&#233;tallique y auraient &#233;t&#233; produites peut-&#234;tre d&#232;s la fin du VIIIe si&#232;cle ou au d&#233;but du IXe.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1577 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L214xH381/854-4-4e707.jpg?1686654653' width='214' height='381' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:214px;'&gt;&lt;strong&gt;Vase &#224; ailes - Armes des Salvi de Sienne, des Nori ou des Gentili de Florence - Espagne (Manis&#232;s) 1465-1469&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;C'est la ville palatiale irakienne de Samarr&#226; (capitale du califat de 836 &#224; 892) qui a livr&#233; les plus anciens jalons datables de c&#233;ramique &#224; reflets m&#233;talliques. D&#232;s ces premiers t&#233;moignages, la ma&#238;trise technique impressionne, de m&#234;me que la qualit&#233; des d&#233;cors, jouant sur des effets de polychromie, habillant de reflets pi&#232;ces de forme et carreaux de rev&#234;tement architectural. Bagdad, la capitale un temps d&#233;laiss&#233;e, Basra et Suse, sont &#233;galement de probables centres de production. C'est d'ailleurs de Bagdad que seront import&#233;s, en 862-863, les somptueux carreaux de la mosqu&#233;e Sidi Uqba de Kairouan, en Tunisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand vit-on se d&#233;velopper, &#224; c&#244;t&#233; des importations irakiennes, des productions locales en Egypte et en Ifriqiy&#226;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Alt&#233;ration arabe du nom latin Africa. Ce terme fut d'abord appliqu&#233; par les (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? On cerne encore mal les d&#233;buts de la production dans ces provinces de l'empire abbasside, mais la technique y remporte un vif succ&#232;s qui annonce la cr&#233;ation de nouveaux centres de production. Sur le plan iconographique, cette &#233;poque apporte des nouveaut&#233;s avec, notamment, la repr&#233;sentation d'animaux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'Egypte fatimide&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but du Xe si&#232;cle, les Fatimides sont commanditaires d'une c&#233;ramique lustr&#233;e produite localement. Apr&#232;s la fondation du Caire en 969, ce sont les c&#233;ramistes de Fustat (Vieux Caire) qui furent les premiers b&#233;n&#233;ficiaires des riches commandes d'une cour fastueuse, amenant &#224; l'apog&#233;e de la c&#233;ramique lustr&#233;e. Les pi&#232;ces, souvent sign&#233;es, couvertes d'un riche d&#233;cor narratif, portent parfois les noms de leurs prestigieux commanditaires. Derri&#232;re la multiplication des signatures, celle des styles est encore plus frappante. Il semble probable que, face &#224; l'importance de la demande, les c&#233;ramistes les plus renomm&#233;s, tels Muslim ibn Dahhan, aient cr&#233;&#233; de v&#233;ritables ateliers de production.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1578 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH192/854-5-a5f75.jpg?1686654653' width='448' height='192' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Dyptique de fondation - Iran, vers 1312&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;La production de c&#233;ramique lustr&#233;e se ressent des troubles qui touchent le califat fatimide dans la seconde moiti&#233; du XIe si&#232;cle. Tandis que les signatures, si fr&#233;quentes auparavant, se rar&#233;fient, les figures humaines se font plus simples, les d&#233;cors plus st&#233;r&#233;otyp&#233;s, et l'on voit dispara&#238;tre les sc&#232;nes narratives. Pour autant, c'est aussi une p&#233;riode d'innovation technologique : les p&#226;tes argileuses sont remplac&#233;es par des p&#226;tes tr&#232;s riches en silice, et, surtout, les c&#233;ramistes emploient d&#233;sormais un vaste r&#233;pertoire de gla&#231;ures color&#233;es. Autre innovation promise &#224; un large succ&#232;s, le d&#233;cor de lustre est repris par des gravures &#224; la pointe. Par l'influence qu'elles exerc&#232;rent tant sur la production syrienne que sur celle du Maghreb et d'al-Andalus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Espagne musulmane.' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les productions des c&#233;ramistes de Fustat apparaissent comme une v&#233;ritable charni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La Syrie et l'Egypte, XIe-XIVe si&#232;cles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La situation de plus en plus p&#233;rilleuse du califat fatimide poussa peut-&#234;tre des c&#233;ramistes &#233;gyptiens &#224; &#233;migrer vers la Syrie d&#232;s le d&#233;but du XIIe si&#232;cle. Territoire plac&#233; entre deux puissances politiques alors affaiblies, les califats fatimide et abbasside, la Syrie voit en effet alors s'&#233;tablir des petites puissances r&#233;gionales qui, sans atteindre au raffinement des Fatimides, n'en cr&#233;ent pas moins les conditions de l'&#233;mergence d'une production locale.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1579 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L222xH358/854-6-07150.jpg?1686654653' width='222' height='358' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:222px;'&gt;&lt;strong&gt;Bouteille &#224; col renfl&#233; - Iran, dernier quart du XIIe si&#232;cle (Paris, Mus&#233;e du Louvre)&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Une production en g&#233;n&#233;ral attribu&#233;e au nord de la Syrie se d&#233;veloppe dans un premier temps. Elle reprend certaines caract&#233;ristiques fatimides, notamment le d&#233;cor esgrafi&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Technique consistant &#224; inciser la surface, ici celle du m&#233;lange lustrant, (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et un r&#233;pertoire animalier associ&#233; &#224; des rinceaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='Motif compos&#233; de tiges et de feuillages, le plus souvent stylis&#233;s et agenc&#233;s (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Puis, dans la seconde moiti&#233; du XIIe si&#232;cle, alors que la Syrie retrouve une coh&#233;sion politique avec l'arriv&#233;e, notamment, des Ayyubides&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='appendix' title='Dynastie d'origine kurde, divis&#233;e en plusieurs branches : Egypte (1171-1250), (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la production se concentre dans la ville de Raqqa, sur les bords de l'Euphrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proches des premiers lustres iraniens dans l'emploi du d&#233;cor v&#233;g&#233;tal, utilisant un lustre aux tonalit&#233;s brunes, sombres, associ&#233; au cobalt et au turquoise, les productions de Raqqa se caract&#233;risent avant tout par la disparition du d&#233;cor figur&#233;. La conqu&#234;te du pouvoir par les Mamelouks va ramener le centre du pouvoir au Caire, qui redevient un lieu de commande d'objets de grand luxe. Raqqa s'efface alors comme centre de production de c&#233;ramique lustr&#233;e au profit, semble-t-il, de Damas, pour un temps assez court puisque la c&#233;ramique lustr&#233;e semble perdre de son attrait tr&#232;s t&#244;t au XIVe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'Iran m&#233;di&#233;val&lt;/h3&gt;&lt;dl class='spip_document_1580 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L176xH358/854-7-375bb.jpg?1686654653' width='176' height='358' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:176px;'&gt;&lt;strong&gt;Ronde-bosse en forme de joueur de tambourin - Iran, p&#233;riode pr&#233;-mongole (fin du XIIe - d&#233;but du XIIIe si&#232;cle (Paris, Mus&#233;e du Louvre)&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Il faut attendre la seconde moiti&#233; du XIIe si&#232;cle pour que l'Iran produise de la c&#233;ramique &#224; d&#233;cor de lustre m&#233;tallique. Suse, au IXe si&#232;cle, appartenait davantage &#224; l'aire g&#233;o-culturelle irakienne. La plus ancienne pi&#232;ce connue est une bouteille dat&#233;e de 1179. C'est &#233;galement l'Iran de cette p&#233;riode qui livre le premier trait&#233; connu fournissant de pr&#233;cieuses recettes techniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transmission de ce savoir-faire &#224; l'Iran est traditionnellement attribu&#233;e aux migrations d'artisans venus de l'Egypte fatimide d&#233;clinante, &#224; la suite de la destruction du quartier des potiers &#224; Fustat en 1168.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville de K&#226;sh&#226;n s'impose comme le principal centre de production&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='appendix' title='De tr&#232;s belles c&#233;ramiques &#224; lustre m&#233;tallique produites &#224; K&#226;sh&#226;n sont expos&#233;es (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle est connue &#224; travers des signatures d'artistes, membres de v&#233;ritables dynasties de potiers qui oeuvreront jusqu'au XIVe si&#232;cle, moment o&#249; les fours de K&#226;sh&#226;n cessent toute activit&#233;. Signatures, mais aussi dates sont souvent d&#233;voil&#233;es par les inscriptions fines et d&#233;li&#233;es qui courent tant sur les objets que sur les carreaux de rev&#234;tement ; souvent de nature po&#233;tique, elles peuvent aussi &#234;tre coraniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ravages de la conqu&#234;te mongole, d&#232;s les ann&#233;es 1220, ne bouleverseront pourtant pas ce sch&#233;ma, et les descendants de Gengis Kh&#226;n, parfaitement iranis&#233;s, favoriseront l'av&#232;nement du d&#233;cor architectural de lustre m&#233;tallique. D&#232;s le milieu du XIVe si&#232;cle, la production lustr&#233;e iranienne d&#233;cline tant en quantit&#233; qu'en qualit&#233;. Il faudra quitter l'&#233;poque m&#233;di&#233;vale, attendre la seconde moiti&#233; du XVIIe si&#232;cle, pour qu'elle connaisse &#224; nouveau de beaux jours avec la dynastie safavide.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Maghreb et al-Andalus pr&#233;-nasride&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps que la c&#233;ramique lustr&#233;e se d&#233;veloppe en Egypte, en Syrie, en Irak et en Iran, les territoires les plus occidentaux du monde musulman connaissent eux aussi une production locale. Au IXe si&#232;cle, l'origine locale d'une partie des carreaux de la mosqu&#233;e de Kairouan reste discut&#233;e. Au d&#233;but du XIe si&#232;cle cependant, sur le site de la Qal'a des Banu Hammad, la production est attest&#233;e. Le Maghreb est soumis aux pressions du califat fatimide d'Egypte, les Banu Hammad font alors de leur capitale fortifi&#233;e Qal'a le si&#232;ge d'une cour brillante et raffin&#233;e. Ils sont les premiers, bien avant l'Iran mongol, &#224; employer un d&#233;cor architectural de lambris d'&#233;toiles et de croix. La production de c&#233;ramique lustr&#233;e est alors fortement &#233;tablie dans la M&#233;diterran&#233;e septentrionale.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1581 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH256/854-8-2ecee.jpg?1686654653' width='358' height='256' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Coupe &#224; la palmette - Iran , dernier quart du XIIe si&#232;cle (Paris, mus&#233;e du Louvre)&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Si le go&#251;t du califat de Cordoue pour cette production est attest&#233; tr&#232;s t&#244;t, avec les pi&#232;ces trouv&#233;es &#224; Madinat Al-Zahr&#226;, ce n'est en effet qu'&#224; l'&#233;poque des Taifas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='appendix' title='La p&#233;riode, appel&#233;e en espagnol, Reyes de Taifas est comprise entre la fin du (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (XIe si&#232;cle), que l'on voit appara&#238;tre les premi&#232;res pi&#232;ces pouvant se rattacher &#224; une production locale, notamment &#224; S&#233;ville. Au d&#233;but du XIIe si&#232;cle, deux centres de production, Almeria et Murcie, semblent s'imposer, mais leur conqu&#234;te par les chr&#233;tiens, au milieu du XIIe si&#232;cle pour la premi&#232;re, au milieu du XIIIe si&#232;cle pour la seconde, mettent un terme &#224; leur activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;poque nasride&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les conqu&#234;tes de Cordoue (1236) et de S&#233;ville (1248), al-Andalus se replie autour de Grenade et du royaume nasride&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='appendix' title='La dynastie nasride (1230-1492), fond&#233;e par Muhammad ibn Nasr, &#233;tablit son (...)' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui, malgr&#233; ses dimensions restreintes, s'impose comme un lieu de production artistique de grand luxe et d'extr&#234;me qualit&#233;. Malaga, o&#249; l'on semble avoir pratiqu&#233; la c&#233;ramique lustr&#233;e d&#232;s le XIIe si&#232;cle, devient, au si&#232;cle suivant, un centre particuli&#232;rement actif et innovant. Ses ateliers exportent jusqu'en Iran mais aussi en territoire chr&#233;tien, en Catalogne septentrionale, en France et en Angleterre.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1608 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH269/854-9-1376c.jpg?1686654653' width='358' height='269' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Coupe sur pied &#224; monogramme IHS - Espagne Manis&#232;s, milieu du XVe si&#232;cle (Mus&#233;e de Cluny - mus&#233;e national du Moyen Age)&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; cette &#233;poque, &#224; Malaga ou peut-&#234;tre &#224; Grenade, que sont cr&#233;&#233;es les plus grandes pi&#232;ces de forme de c&#233;ramique lustr&#233;e, les grands vases dits &#034;de l'Alhambra&#034;. Destin&#233;s &#224; orner de grandes niches, ils fascin&#232;rent tr&#232;s t&#244;t les amateurs occidentaux. Ils marquent, au XIVe si&#232;cle, un sommet de cette production, qui ne d&#233;cline pourtant pas au si&#232;cle suivant : sa vitalit&#233; est illustr&#233;e par la r&#233;alisation de grandes plaques de rev&#234;tement dans les ann&#233;es 1410, comme par l'exportation de pi&#232;ces vers Le Caire au milieu du si&#232;cle, alors qu'elle est l'objet d'une vive concurrence dans la p&#233;ninsule ib&#233;rique. Ce n'est vraiment qu'apr&#232;s la conqu&#234;te chr&#233;tienne de Malaga, en 1487, cinq ans avant la chute de Grenade et du royaume nasride (1492) que la production s'&#233;teint dans cet important centre de production.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Valence et ses environs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Riche en terres argileuses, la r&#233;gion de Valence, en Espagne, est tr&#232;s t&#244;t une terre d'&#233;lection des c&#233;ramistes. Dans la deuxi&#232;me moiti&#233; du XIIIe si&#232;cle, apr&#232;s la conqu&#234;te aragonaise, on y produit d&#233;j&#224; de la fa&#239;ence, une technique ordinaire dans le monde musulman, mais alors inconnue dans le reste de l'Europe. Ce n'est cependant qu'au cours du XIVe si&#232;cle qu'ils la combin&#232;rent avec l'emploi de pigments lustr&#233;s, imitant, au d&#233;part, les productions de Malaga.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1583 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L346xH269/854-10-ffa81.jpg?1686654653' width='346' height='269' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:346px;'&gt;&lt;strong&gt;Coupe au personnage assis - Iran, dernier quart du XIIe si&#232;cle (Paris, Mus&#233;e du Louvre)&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le milieu du XVe si&#232;cle est &#224; la fois le temps de la diversification du d&#233;cor et du succ&#232;s international. Le d&#233;cor floral est omnipr&#233;sent, certaines pi&#232;ces s'ornent d&#233;sormais d'inscriptions latines ou arabes. Les armoiries, devenues fr&#233;quentes, t&#233;moignent d'une production faite en grande partie pour une client&#232;le europ&#233;enne, et plus particuli&#232;rement toscane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La c&#233;ramique valencienne &#224; reflets m&#233;talliques joue un r&#244;le charni&#232;re dans une transformation fondamentale du go&#251;t occidental : plus encore que l'emploi de la fa&#239;ence, ses effets de lumi&#232;re lui permettent d'ouvrir la voie &#224; une diversification de la vaisselle d'apparat qui, jusqu'alors, n'est que de m&#233;tal. Objets de prestige, les plats valenciens en fa&#239;ence lustr&#233;e &#233;taient destin&#233;s &#224; &#234;tre pr&#233;sent&#233;s plut&#244;t qu'utilis&#233;s, m&#234;me si leurs formes reprennent celles de la vaisselle d'usage.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et retour vers l'Orient&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le XIVe si&#232;cle, la production de c&#233;ramique lustr&#233;e d&#233;cline en Orient, en Syrie comme en Iran. Un si&#232;cle plus tard, il en va de m&#234;me en Espagne, &#224; la suite de la prise de Malaga par les chr&#233;tiens et, surtout, de l'&#233;mergence d'une production italienne de fa&#239;ence qui concurrence Valence sur son principal terrain d'exportation, l'Italie, et ce d'autant plus que les ateliers de ce pays ma&#238;trisent d&#233;sormais, eux aussi, la technique des reflets m&#233;talliques.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1584 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L381xH212/854-11-8baa5.jpg?1686654653' width='381' height='212' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;El&#233;ment de rev&#234;tement architectural - Inscription Sourate Y&#226;-Sin (mus&#233;e du Louvre)&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, la production ne dispara&#238;t pas et, tant en Iran qu'en Espagne, elle conna&#238;t un v&#233;ritable renouveau au XVIIe si&#232;cle et au d&#233;but du XVIIIe si&#232;cle, avec des &#339;uvres qui, dans ces deux territoires pourtant &#233;loign&#233;s, partagent alors une m&#234;me combinaison entre les reflets m&#233;talliques et une gla&#231;ure bleue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La production de lustre safavide est en tout point une renaissance, technique et d&#233;corative. Les gla&#231;ures sont d&#233;sormais transparentes et alcalines, elles peuvent &#234;tre color&#233;es en bleu outremer, plus rarement en vert sombre. Le lustre est d'une belle teinte rouge&#226;tre, parfois presque m&#233;tallis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fascination pour la c&#233;ramique &#224; reflets m&#233;talliques se combine, par la suite, &#224; celle pour l'Orient, surtout apr&#232;s la d&#233;couverte des vases de l'Alhambra, rapidement c&#233;l&#232;bres et qui font, au XIXe si&#232;cle, l'objet de nombreuses imitations, non seulement en Espagne, mais aussi en France, en un temps o&#249; les c&#233;ramistes, et notamment la manufacture de S&#232;vres, cherchent &#224; explorer de nouvelles techniques de production. Il en va de m&#234;me en Iran o&#249; cette production conna&#238;tra un renouveau &#224; l'&#233;poque q&#226;dj&#226;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sources :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Catalogue de l'exposition &#034;Reflets d'or d'Orient en Occident, la c&#233;ramique lustr&#233;e IXe-XVe si&#232;cle&#034;. Publi&#233; par la R&#233;union des mus&#233;es nationaux - avril 2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En 910, fut fond&#233;e dans la cit&#233; de Cluny en Bourgogne une c&#233;l&#232;bre abbaye b&#233;n&#233;dictine d'o&#249; sortit un mouvement de r&#233;forme qui s'&#233;tendit &#224; toute la chr&#233;tient&#233;. L'abbatiale du XIIe si&#232;cle, c&#233;l&#232;bre par la splendeur de ses proportions et la qualit&#233; de sa sculpture, rivalisait avec l'&#233;glise Saint-Pierre de Rome. L'&#233;glise et les b&#226;timents furent presque enti&#232;rement d&#233;truits apr&#232;s la R&#233;volution. Une partie est aujourd'hui occup&#233;e par l'Ecole des Arts et M&#233;tiers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alt&#233;ration arabe du nom latin Africa. Ce terme fut d'abord appliqu&#233; par les g&#233;ographes m&#233;di&#233;vaux &#224; la r&#233;gion de Carthage. Il d&#233;signa par la suite la r&#233;gion orientale du Maghreb : la Tunisie et une partie de l'Alg&#233;rie (Constantinois).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Espagne musulmane.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Technique consistant &#224; inciser la surface, ici celle du m&#233;lange lustrant, avant la seconde cuisson, afin de faire appara&#238;tre la couche sous-jacente.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Motif compos&#233; de tiges et de feuillages, le plus souvent stylis&#233;s et agenc&#233;s en enroulements ou entrelacs successifs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dynastie d'origine kurde, divis&#233;e en plusieurs branches : Egypte (1171-1250), Syrie (1174 et 1183-1260), Y&#233;men (1174-1229). Le plus connu des sultans ayyubides est Sal&#226;h al-Din (Saladin, 1171-1229), qui reprit J&#233;rusalem aux crois&#233;s en 1187. Les Ayyubides d'Egypte furent renvers&#233;s par les Mamelouks.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De tr&#232;s belles c&#233;ramiques &#224; lustre m&#233;tallique produites &#224; K&#226;sh&#226;n sont expos&#233;es au Mus&#233;e du verre et de la c&#233;ramique de T&#233;h&#233;ran.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='appendix'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La p&#233;riode, appel&#233;e en espagnol, Reyes de Taifas est comprise entre la fin du califat des Omeyyades d'Espagne (1301) et l'accession au pouvoir des Almoravides (1056).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='appendix'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La dynastie nasride (1230-1492), fond&#233;e par Muhammad ibn Nasr, &#233;tablit son pouvoir sur le royaume de Grenade en cr&#233;ant l'&#233;mirat de Grenade.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#034;&#338;uvre : fragment&#034;, Pierre Boulez &#224; l'honneur au mus&#233;e du Louvre</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article853</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article853</guid>
		<dc:date>2008-12-01T07:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Elodie Bernard</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le mus&#233;e du Louvre a re&#231;u le compositeur et chef d'orchestre fran&#231;ais Pierre Boulez en l'honorant du r&#244;le de commissaire d'exposition et conf&#233;rencier. Succ&#233;dant au fran&#231;ais Robert Badinter, au Prix Nobel de litt&#233;rature Toni Morrison et &#224; l'artiste allemand Anselm Kiefer, le compositeur fran&#231;ais a imagin&#233; une programmation autour de la question de l'inachev&#233; et du fini, de l'interrogation m&#234;me du processus de cr&#233;ation artistique et du rapport entre cr&#233;ation musicale et cr&#233;ation plastique. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#224; partir de (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique120" rel="directory"&gt;N&#176; 37, d&#233;cembre 2008 &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton853-99f99.jpg?1686654653' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le mus&#233;e du Louvre a re&#231;u le compositeur et chef d'orchestre fran&#231;ais Pierre Boulez en l'honorant du r&#244;le de commissaire d'exposition et conf&#233;rencier. Succ&#233;dant au fran&#231;ais Robert Badinter, au Prix Nobel de litt&#233;rature Toni Morrison et &#224; l'artiste allemand Anselm Kiefer, le compositeur fran&#231;ais a imagin&#233; une programmation autour de la question de l'inachev&#233; et du fini, de l'interrogation m&#234;me du processus de cr&#233;ation artistique et du rapport entre cr&#233;ation musicale et cr&#233;ation plastique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; partir de cette probl&#233;matique que ce cycle sous la direction de celui qui est consid&#233;r&#233; comme l'un des compositeurs les plus influents de la seconde moiti&#233; du XX&#232;me si&#232;cle invite &#224; aborder sa musique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#034;&lt;i&gt;Un livre ne commence ni ne finit ; tout au plus fait-il semblant&lt;/i&gt;&#034; (Livre, Mallarm&#233;)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour celui qui dit de l'&#339;uvre que c'est &#034;&lt;i&gt;un fragment de l'espace ou du temps&lt;/i&gt;&#034;, que &#034;&lt;i&gt;ce ne peut &#234;tre, d'une certaine fa&#231;on, que fragment d'une grande &#339;uvre imaginaire&lt;/i&gt;&#034;, cet aphorisme de Mallarm&#233; s'apparente &#224; une adaptation litt&#233;raire de l'univers cr&#233;&#233; par Pierre Boulez. Constitu&#233;e d'une multitude de fragments, la musique de Boulez est &#034;ouverte&#034; ; c'est en effet un espace &#224; la fois ouvert, mobile dans lequel on p&#233;n&#233;trerait &#224; partir de n'importe lequel de ses fragments. Le fragment, l'inachev&#233;. La musique est par essence en &lt;i&gt;work in progress&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire en perp&#233;tuel remaniement. Le compositeur pr&#233;f&#232;re d'ailleurs qualifier ses partitions d'&#034;&lt;i&gt;&#339;uvres &#224; parcours mobile&lt;/i&gt;&#034; pour noter les multiples r&#233;visions qu'il y fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre esquisse et r&#233;alisation, l'opposition a toujours exist&#233;. Dans le pr&#233;ambule de l'exposition, Pierre Boulez note que &#034;&lt;i&gt;ces esquisses flottent avant d'&#234;tre utilis&#233;es, et elles flottent encore apr&#232;s qu'on les a utilis&#233;es : elles acqui&#232;rent une sorte d'autonomie, d'existence propre entre l'inachev&#233; et le fini. M&#234;me si l'on est conscient de leur emploi d&#233;finitif, elles r&#233;sistent &#224; la dissolution et peuvent m&#234;me nous int&#233;resser - au moins temporairement - plus que le produit achev&#233;.&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Pierre Boulez. Paris, octobre 2007 &#169; auditorium du Louvre 2008.' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Ainsi en connaissant l'accomplissement de l'&#339;uvre, le visiteur du mus&#233;e du Louvre se rend complice &#224; cette occasion de la trajectoire de l'artiste : la poursuite d'un m&#234;me objet, l'obsession d'un motif qui parfois &#233;chappe aux mains de l'artiste mais qui au final se retranscrit dans l'&#339;uvre sous une forme inattendue. Le visiteur suit &#034;le parcours mobile&#034; d'une &#339;uvre. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_1585 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L302xH372/853-1-e4eff.jpg?1686654653' width='302' height='372' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exposition ne se limite donc pas &#224; la musique et brasse tous les genres artistiques. Elle les renvoie les uns aux autres et peut ainsi mettre en rapport cr&#233;ation musicale et cr&#233;ation plastique. Selon des d&#233;cisions m&#251;rement r&#233;fl&#233;chies ou par pr&#233;f&#233;rences, des dessins et des aquarelles d'Ingres, Delacroix, Giacometti sont alors confront&#233;s &#224; des partitions de Wagner ou de Boulez. Si Pierre Boulez reconna&#238;t qu'il est plus facile de suivre de telles intentions dans les arts plastiques que dans la musique, il souligne &#034;&lt;i&gt;qu'une telle transposition est non seulement possible mais valable, et qu'elle a tendance, de plus en plus, &#224; effacer la fronti&#232;re entre fragment et tout, entre aboutissement et inach&#232;vement, entre forme close et forme ouverte. L'&#339;uvre prend&lt;/i&gt; &lt;i&gt;alors toute la valeur pour ce qu'elle est r&#233;ellement : un fragment de l'espace ou du temps.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Boulez, compositeur et chef d'orchestre - il dirigea entre autres l'Orchestre de la S&#252;dwestfunk de Baden-Baden, l'Orchestre philharmonique de New York et l'Ensemble intercontemporain, participe activement &#224; la r&#233;novation des institutions musicales de France. En 1969, il fonde l'IRCAM&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique, associ&#233; au Centre (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, une institution sp&#233;cialis&#233;e dans la recherche et l'application des technologies num&#233;riques &#224; la musique et &#224; l'acoustique qu'il dirige jusqu'en 1991 et prend en charge en 1976 l'Ensemble intercontemporain. Il a &#233;galement &#233;t&#233; influent pour la r&#233;alisation de la Cit&#233; de la musique &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La programmation th&#233;matique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Du jeudi 6 novembre au mardi 2 d&#233;cembre 2008, le programme de l'invitation faite &#224; Boulez se d&#233;cline en d&#233;bats, en concerts qu'ils soient dirig&#233;s par Pierre Boulez lui-m&#234;me ou par ses invit&#233;s, en exposition et en un cycle de films.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;bats : A l'auditorium du Louvre. &lt;i&gt;Jeudi 8 novembre&lt;/i&gt;, conf&#233;rence inaugurale par Pierre Boulez. &lt;i&gt;Vendredi 7 novembre&lt;/i&gt;, table ronde sur le th&#232;me &#034;La Philharmonie de Paris : un projet artistique et architectural&#034; avec Pierre Boulez, l'architecte Jean Nouvel, le directeur de la Cit&#233; de la musique et de la Salle Pleyel Laurent Bayle et le journaliste Arnaud Laporte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Samedi 8 novembre&lt;/i&gt; : colloque sur le th&#232;me &#034;Modernit&#233; et inach&#232;vement : l'&#339;uvre en fragments&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concerts : du 11 novembre au 2 d&#233;cembre 2008, dix concerts dans les salles du mus&#233;e, &#224; l'auditorium et sous la pyramide du Louvre et un concert &#224; la salle Pleyel le 1er d&#233;cembre 2008. La soprano Christine Sch&#228;fer, le pianiste Pierre-Laurent Aimard, le pianiste Maurizio Pollini, le violoniste Christian Tetzlaff, le clarinettiste Martin Fr&#1616;st, l'Ensemble intercontemporain, l'ensemble les Cris de Paris dirig&#233; par Geoffroy Jourdain, l'Orchestre de Paris et d'autres jeunes artistes participeront &#224; ces programmations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;L'exposition &#034;Pierre Boulez. &#338;uvre : Fragment&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&#034; Mus&#233;e du Louvre, du mercredi au lundi de 9 heures &#224; 18 heures, mercredi et vendredi jusqu'&#224; 22 heures. Jusqu'au 9 f&#233;vrier 2009. Cette exposition offre des lectures crois&#233;es entre des &#339;uvres graphiques, litt&#233;raires et musicales des XIXe et XXe si&#232;cles de Delacroix, Degas, C&#233;zanne, Kandinsky, Picasso, Brancusi, Giacometti, de Mallarm&#233; et de Webern, Bartok, Var&#232;se, Berio et Boulez.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Boulez. Paris, octobre 2007 &#169; auditorium du Louvre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique, associ&#233; au Centre culturel Pompidou et plac&#233; sous la tutelle du minist&#232;re de la Culture et de la Communication.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le culte de Mithra en Iran et &#224; Rome (III)</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article852</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article852</guid>
		<dc:date>2008-12-01T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Afsaneh Pourmazaheri, Farz&#226;neh Pourmaz&#226;heri</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Mithra face &#224; la religion dominante &lt;br class='autobr' /&gt;
Le mithra&#239;sme se trouva confront&#233; au christianisme - avec qui il partageait de nombreux rituels et traditions communs -, conflit qui marqua la fin de son expansion : en fin de compte, le culte de Mithra perdit la bataille apr&#232;s quatre si&#232;cles tandis que tous ses rituels furent int&#233;gr&#233;s au christianisme (CUMONT, 1963, p.15). La pr&#233;pond&#233;rance du culte mithra&#239;que par rapport aux autres religions &lt;br class='autobr' /&gt;
Le mithra&#239;sme devait son succ&#232;s &#233;clatant &#224; diff&#233;rentes raisons : le (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique120" rel="directory"&gt;N&#176; 37, d&#233;cembre 2008 &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton852-a8375.jpg?1686654653' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mithra face &#224; la religion dominante&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mithra&#239;sme se trouva confront&#233; au christianisme - avec qui il partageait de nombreux rituels et traditions communs -, conflit qui marqua la fin de son expansion : en fin de compte, le culte de Mithra perdit la bataille apr&#232;s quatre si&#232;cles tandis que tous ses rituels furent int&#233;gr&#233;s au christianisme (CUMONT, 1963, p.15).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La pr&#233;pond&#233;rance du culte mithra&#239;que par rapport aux autres religions&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mithra&#239;sme devait son succ&#232;s &#233;clatant &#224; diff&#233;rentes raisons : le paganisme trouva en lui la forme id&#233;ale du monoth&#233;isme aboutissant &#224; l'enseignement des myst&#232;res. A l'&#233;poque d'Aur&#233;lien, sous pr&#233;texte d'unifier les dieux solaires, il consacra l'empire au &lt;i&gt;Sol invictus&lt;/i&gt;. Mais pour le plus grand nombre, bient&#244;t, le Soleil fut Mithra. L'empereur Julien montra dans son trait&#233; &lt;i&gt;Le roi Soleil &lt;/i&gt;comment toutes les divinit&#233;s de l'Orient et de l'Occident pouvaient s'associer et se r&#233;duire au seul Mithra pour qu'une seule intelligence, une seule providence agisse sur le monde sous des noms diff&#233;rents ; pour qu'elle seule communique avec les anges et veille sur tous les mouvements du monde, de la nature et de l'&#226;me (Julian, XII-XVI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue politique, le culte mithra&#239;que se diffusa &#224; Rome au moment o&#249; apr&#232;s avoir unifi&#233; le monde ancien, C&#233;sar trouva la situation propice &#224; la domination de tous les territoires de son empire (Gasquet, 1890, pp.101-103).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi &#233;tant rest&#233; un culte clandestin, le mithra&#239;sme fut accueilli par diff&#233;rentes couches sociales et continua &#224; survivre jusqu'aux &#233;poques modernes ?&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1586 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L198xH381/852-1-6209a.jpg?1686654653' width='198' height='381' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:198px;'&gt;&lt;strong&gt;Le banquet de Mithra, bas-relief, Mus&#233;e du Louvre&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Dans ce monde urbanis&#233;, mobile et tr&#232;s m&#234;l&#233;, o&#249; les commer&#231;ants, les marchands ambulants, les fonctionnaires, les voyageurs commer&#231;ants et les migrants de toutes sortes rompaient, chacun pour ses propres raisons, avec la vie de leur communaut&#233; traditionnelle et leur milieu d'origine, ils trouvaient dans les antres persiques la chaleur et l'intimit&#233; d'une famille religieuse ainsi qu'une raison collective de vivre. D&#233;sormais, o&#249; qu'ils aillent, une communaut&#233; mithra&#239;que les accueillait. Sur les bords de l'Euphrate, sur le &lt;i&gt;Limes&lt;/i&gt; africain, sur le mur d'Hadrien, au sud de l'Ecosse et de la mer Noire &#224; la p&#233;ninsule Ib&#233;rique, ils pouvaient adorer et reconnaitre le Tauroctone. La sp&#233;cificit&#233; de Mithra est qu'il n'&#233;tait limit&#233; &#224; aucune zone g&#233;ographique d&#233;finie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la religion de Mithra fournissait &#224; ses adeptes une explication de l'homme et de l'univers, de leur histoire et de leur raison de vivre. Il introduisit m&#234;me de nouveaux myst&#232;res et sciences dans la vie des gens. L'astrologie fut alors le dernier mot de la science &#224; l'&#233;poque. L'astrologie mithra&#239;que renfor&#231;ait la foi en permettant l'accomplissement de la victoire des volont&#233;s c&#233;lestes. De m&#234;me, il satisfaisait l'exigence profonde du c&#339;ur humain. Mais par contre, il ignorait les angoisses de l'homme &#224; propos de la mort. (TURCAN, 1981, pp.123- 124).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La raison de la victoire du christianisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La raison de son affaiblissement ne fut point le contenu des pr&#233;ceptes de la Bible et du message &#233;vang&#233;lique, mais davantage l'h&#233;ritage m&#234;me du mithra&#239;sme qui fut &#233;galement consid&#233;r&#233; de plus en plus archa&#239;que pour son &#233;poque. De plus, les Romains, qui se consid&#233;raient comme les ennemis mill&#233;naires de la Perse, n'accept&#232;rent pas avec facilit&#233; de pratiquer les rituels de ce culte oriental. En parall&#232;le, les Persans eux-m&#234;mes furent engag&#233;s dans un combat difficile contre le christianisme, &#224; l'issue duquel cependant aucune des deux parties ne put &#234;tre consid&#233;r&#233; comme vainqueur (CUMONT, 1963, p.15).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le destin de Mithra&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'en 307 Diocl&#233;tien, Licinius et Gal&#232;re honor&#232;rent Mithra comme &#034;Protecteur de leur empire&#034; (&lt;i&gt;Fautori imperii sui&lt;/i&gt;), son culte semblait dominer le monde romain. Mithra connut donc l'apog&#233;e de son expansion au milieu du IIIe si&#232;cle, il fut progressivement consid&#233;r&#233; par certains comme une menace pour l'Empire romain. Pourtant, nous ne disposons que de peu d'inscriptions ou de documents sur ce ph&#233;nom&#232;ne. Gal&#232;re fut lui-m&#234;me mithra&#239;ste. Il faut &#233;galement mentionner qu'&#224; l'&#233;poque, en dehors du panth&#233;on gr&#233;co-latin, d'autres dieux d'origine orientale dont Isis et S&#233;rapis furent aussi ador&#233;s par de nombreux adeptes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, l'Egypte, la Syrie, l'Asie Mineure faisaient partie de l'Empire romain, tandis que la Perse fut consid&#233;r&#233;e comme l'ennemie h&#233;r&#233;ditaire de cet empire qui allait envahir et int&#233;grer un nombre croissant des pays en son sein. C'est ici qu'appar&#251;t une contradiction : des soldats qui allaient se battre contre ce pays, adoraient et pratiquaient le culte de l'un des dieux de cette terre. Durant cette p&#233;riode, la religion chr&#233;tienne commen&#231;a &#224; se r&#233;pandre de plus en plus dans le monde. Les chr&#233;tiens, saisissant l'occasion, accus&#232;rent ces soldats romains mithra&#239;stes de &#034;s'incliner devant les rites et les lois des Perses&#034; (&lt;i&gt;Firmicus Maternus&lt;/i&gt;). Malgr&#233; le mot c&#233;l&#232;bre d'E. Renan, il ne semble pas que Mithra ait s&#233;rieusement concurrenc&#233; le Christ.1 Cela n'emp&#234;cha pas les chr&#233;tiens de r&#233;agir contre le dieu iranien dont ils pr&#233;sent&#232;rent certains aspects comme &#034;diaboliques&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant un certain temps, Constantin fit preuve d'un certain int&#233;r&#234;t pour la th&#233;ologie solaire qui semble &#233;galement avoir int&#233;ress&#233; son p&#232;re Constance Chlore. Quand, comme le premier roi chr&#233;tien, il commen&#231;a &#224; se battre contre les cultes pa&#239;ens, il ne fit preuve d'aucune piti&#233; pour ce culte persique. Aussi, le mithra&#239;sme devint chez lui l'objet d'une hostilit&#233; profonde. Certes, le polyth&#233;isme ne fut pas interdit en tant que croyance ou id&#233;ologie, mais les sacrifices cultuels furent prohib&#233;s syst&#233;matiquement au IVe si&#232;cle, &#224; partir de 324 (TURCAN, 1981, pp.115-116).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constantin d&#233;fendit tout sacrifice aux idoles et de c&#233;l&#233;brer des rites myst&#233;rieux, mais les restrictions de Constantin et de ses fils visaient avant tout &#224; prohiber les immolations sanglantes renfor&#231;ant, selon eux, le pourvoir des d&#233;mons. La th&#233;ologie mithra&#239;ste reposait sur un sacrifice qui d&#233;bouchait sur un repas de communion avec les dieux ; or, un empereur chr&#233;tien ne pouvait pas ignorer la condamnation de Paul dans la I&#232;re lettre aux Corinthiens (&#034;&lt;i&gt;Je ne veux pas que vous entriez en communion avec les d&#233;mons&lt;/i&gt;&#034;). Le chef des d&#233;mons avait un signe qui correspondait &#224; celui d'Ahriman, alors que les d&#233;dicaces &lt;i&gt;Arimanio&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Deo Arimanio&lt;/i&gt; avaient &#233;t&#233; retrouv&#233;es dans certains Mithraea. Cet hommage au Prince de la Nuit, Ahriman, l'ennemi de l'empereur et de l'empire chr&#233;tien, pr&#233;para le terrain de la pers&#233;cution et ensuite de la chute du Mithra&#239;sme. Que ce culte ait &#233;t&#233; ou non apotropa&#239;que importe peu. En cons&#233;quence, pour pouvoir garder vivant ce culte pa&#239;en et le pratiquer entre eux, les adeptes de Mithra durent se r&#233;unir le soir dans les antres, caves ou cryptes &#224; demi enterr&#233;es afin de c&#233;l&#233;brer leur dieu mystique. La l&#233;gislation contre les &lt;i&gt;sacrificia nocturna &lt;/i&gt;fut renouvel&#233;e au IVe si&#232;cle et ne se limitait pas seulement &#224; interdire les pratiques de la sorcellerie et de la magie - cette science des Mages qui ne fut pas &#233;trang&#232;re aux origines du mithra&#239;sme -, mais &#233;galement les rites sanglants sacralisant les rituels mithra&#239;ques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique de limitation des pratiques pa&#239;ennes notamment mithra&#239;ques des empereurs chr&#233;tiens eut moins d'influence &#224; Rome que dans le reste du monde romain. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, le culte mithra&#239;que a d&#233;clin&#233; sous le r&#232;gne de Constantin et de ses fils jusqu'au moment o&#249;, en 357, Constance II vint &#224; Rome. L'aristocratie s&#233;natoriale profita alors de cette visite pour faire remettre au fourreau le &#034;glaive vengeur&#034; des lois antipa&#239;ennes. Le mithra&#239;sme surv&#233;cut dans l'Urbs jusqu'en 391 (mais l'inscription dat&#233;e la plus r&#233;cente est de 387, date &#224; laquelle une loi interdit toute espace de manifestation du culte pa&#239;en). En dehors de Rome, les d&#233;dicaces les plus r&#233;centes datent respectivement de 325 et de 364-367.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous Julien dit l'Apostat, pendant une tr&#232;s courte p&#233;riode (361-363), la pratique du polyth&#233;isme traditionnel et oriental fut favoris&#233;e. Ce dernier &#233;tait un mithra&#239;ste convaincu puisqu'&#224; la fin du &lt;i&gt;Banquet des C&#233;sars &lt;/i&gt;(336), il &#233;voqua Mithra comme &#034;conducteur des &#226;mes&#034; et &#034;son protecteur personnel&#034;. En fait, le nom de Mithra vint remplacer celui du Soleil qui avait &#233;t&#233; le dieu tut&#233;laire de Julien. Cependant, aucun &#233;l&#233;ment de ses discours ni de sa politique ne r&#233;v&#232;le le moindre signe de mithra&#239;sme.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1587 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L333xH286/852-2-b4517.jpg?1686654653' width='333' height='286' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:333px;'&gt;&lt;strong&gt;Mithra - repr&#233;sent&#233; sous la forme du soleil - festoyant avec S&#233;l&#232;ne - la lune - et les divinit&#233;s jumelles Caut&#232;s (le cr&#233;puscule) et Cautopat&#232;s (l'aube). Marbre, face B du relief romain &#224; double face, IIe ou IIIe si&#232;cle.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Aussi, beaucoup de &lt;i&gt;mithraeas&lt;/i&gt; des provinces rh&#233;nanes et danubiennes subirent-ils des invasions du IIIe si&#232;cle. Le &lt;i&gt;mithraea&lt;/i&gt; de Koenigshoffen (le Strasbourg d'aujourd'hui) cessa d'&#234;tre en service vers 260. Par la suite, la majorit&#233; des sanctuaires gallo-romains consacr&#233;s au culte persique, devaient &#234;tre abandonn&#233;s avant la fin du IIIe si&#232;cle. Des pi&#232;ces de monnaie retrouv&#233;es dans les ruines des &lt;i&gt;mithraeas&lt;/i&gt; de Strasbourg et ceux d'autres villes d&#233;montrent bien que vers la fin du IVe si&#232;cle, ceux-ci servaient de refuges ou &#233;taient utilis&#233;s pour d'autres usages. Selon les documents, lorsqu'en 361 l'&#233;v&#234;que Georges d'Alexandrie voulut b&#226;tir une &#233;glise &#224; la place d'un mithraeum, ce dernier &#233;tait d&#233;j&#224; en ruines depuis quelques temps. Pour pouvoir convertir les derniers mithra&#239;stes au christianisme, les chr&#233;tiens recouraient parfois &#224; la violence et &#224; l'intimidation. Ainsi, en 376 ou 377, un pr&#233;fet de la ville Furius Maecinus Gracchus fit incendier un &lt;i&gt;mithraea&lt;/i&gt;. Le sanctuaire mithra&#239;que de S. Prisca subit le m&#234;me sort, ainsi que de nombreux autres &lt;i&gt;mithraeas&lt;/i&gt;. Les ruines retrouv&#233;es montrent bien les coups et entailles diverses faites par des marteaux et des haches sur les murs et les fa&#231;ades des &lt;i&gt;mithraeas&lt;/i&gt;, notamment sur ceux des villes de Sarrebourg, de Mackwiller et de Koenigshoffen. Les repr&#233;sentations, surtout les t&#234;tes des d&#233;mons, subirent les destructions des iconoclastes chr&#233;tiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La propagation antimithra&#239;ste de certaines autorit&#233;s chr&#233;tiennes, suscita peu &#224; peu une inimiti&#233; publique envers les pratiquants de ce culte. A la m&#234;me &#233;poque, au 1Ve si&#232;cle, lorsque l'&#233;v&#234;que Georges d'Alexandrie fit sortir de la crypte mithra&#239;que ruin&#233;e un certain nombre de cr&#226;nes humains, il d&#233;non&#231;a les rituels mithra&#239;ques et les sacrifices comme ceux au profit des d&#233;mons. Il fit &#233;galement exposer les cr&#226;nes dans les rues pour &#233;veiller l'indignation des gens contre ce culte persique. Sous le r&#232;gne de Constantin, l'&#233;dification de nouveaux temples servit de pr&#233;texte pour excaver des ossements et des cr&#226;nes sous les idoles. Ces sacrifices rituels n'&#233;taient aux yeux des chr&#233;tiens qu'un cas particulier de ces rites sanglants qui provoqu&#232;rent une condamnation globale du paganisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'avons &#233;voqu&#233;, Mithra n'eut aucune place ni dans le monnayage pa&#239;en de l'Urbs ni dans la s&#233;rie des m&#233;daillons qui furent les &#233;l&#233;ments les plus riches pour montrer l'imagerie polyth&#233;iste de l'&#233;poque (TURCAN, 1981, pp.117-121).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus surprenant encore est le silence de Macrobe dans les chapitres de ses &lt;i&gt;Saturnales&lt;/i&gt; consacr&#233;s au syncr&#233;tisme solaire : on y &#233;voque ainsi tous les dieux s'identifiant avec le soleil sans jamais citer le nom de Mithra. Ce cas paradoxal est tr&#232;s significatif (TURCAN, 1979).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cause des sacrifices sanglants qu'il engendrait, le Tauroctone fut, plus que d'autres dieux du paganisme, confront&#233; &#224; la vindicte publique. Par cons&#233;quent, les mithra&#239;stes c&#233;l&#233;braient le soir clandestinement les rituels de leur culte dans l'ombre des cryptes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vaincu en Occident, Mithra garda ses fid&#232;les en Iran dans le cadre du mazd&#233;isme officiel, o&#249; il &#233;tait consid&#233;r&#233; le plus brillant des &#034;Yazatas&#034; (ou g&#233;nies c&#233;lestes). Sur le monument de T&#226;q-e Bost&#226;n, la figure de la t&#234;te de Mithra derri&#232;re le roi Perse Artaxsher II (379-383) montre bien sa popularit&#233; en Iran. Peu apr&#232;s, Mithra changea de nom pour devenir Mihr (Mehr), le dieu du Soleil dans la religion et la litt&#233;rature sassanides. A l'occasion de la f&#234;te de Mihrag&#226;n, on c&#233;l&#233;brait &#233;galement le dieu Mihr au travers de c&#233;r&#233;monies durant plusieurs jours. R&#233;cemment, G. Widengren a soulign&#233; les pratiques du peuple post sassanide, les Babakyan, qui correspondaient exactement aux rituels mithra&#239;ques. (TURCAN, 1981, p.124).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein de l'Empire sassanide, le culte de Mithra ne fut jamais menac&#233; de transformation ni de disparition. Le mithra&#239;sme fut le culte dominant jusqu'&#224; l'arriv&#233;e de l'islam et la chute de la dynastie sassanide. Cependant, ce culte ne cessa jamais d'&#234;tre pratiqu&#233; en Perse m&#234;me apr&#232;s la domination de l'Islam. En outre, la d&#233;faite du mithra&#239;sme en Occident n'aboutit pas &#224; sa disparition totale. En fait, sa pr&#233;sence dans l'Empire romain contribua m&#234;me &#224; pr&#233;parer le terrain pour la propagation du christianisme - n&#233; comme lui en Orient. Apr&#232;s le recul du mithra&#239;sme, une masse d'id&#233;es et de croyances orientales n'en demeura pas moins grav&#233;e dans la m&#233;moire des occidentaux. (H. Lamartin. 1896-1899, p.931).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="spip.php?article811" class="spip_out"&gt;Premi&#232;re partie&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Franz CUMONT, &lt;i&gt;Les Myst&#232;res de Mithra&lt;/i&gt;, traduit par Thomas J.M.C. Cormack N.Y, 1956, Traduit par H&#226;shem R&#226;zi, Behjat Publication, Premi&#232;re &#233;dition, 2001. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Robert-Alain TURCAN, &lt;i&gt;Mithra et le Mithra&#239;sme&lt;/i&gt;, Que Sais-je ?, 1981. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; A. GASQUET, &lt;i&gt;Essai Sur le Culte et les Myst&#232;res de Mithra&lt;/i&gt;, Armand Colin, Paris, 1899. - Franz Valery Marie CUMONT, &lt;i&gt;Les Religions Orientales dans le Paganisme Romain&lt;/i&gt;, 1909, traduit par Teimour Gh&#226;deri, Editions Amirkabir, T&#233;h&#233;ran, 2004. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Franz Valery Marie CUMONT, &lt;i&gt;Textes et Monuments figur&#233;s relatifs aux myst&#232;res de Mithra&lt;/i&gt;, Brussels, H. Lamartin. 1896-1899. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; A. DUPONT-SOMMER, &lt;i&gt;L'&#233;nigme du dieu &#034;Satrape&#034; et le dieu Mithra&lt;/i&gt;, CRAI, 1976. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; OLDENBURG, &lt;i&gt;Die Religion Des Veda&lt;/i&gt;, 1894. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; H.J.W. DRIJVERS, Etudes Mithra&#239;ques, Acta iranica, 17, T&#233;h&#233;ran-Li&#232;ge, 1978. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; J. DUCHESNE-GUILLEMIN, &#034;Le Lieu de Cyrus&#034;, Acta Iranica, 3, T&#233;h&#233;ran-Li&#232;ge, 1974. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; G. BONFANTE, &#034;The Name of Mithra&#034;, Etudes Mithra&#239;ques, Acta iranica, 17, T&#233;h&#233;ran-Li&#232;ge, 1978.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>S&#226;degh Hed&#226;yat et le pi&#232;ge du solipsisme</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article851</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article851</guid>
		<dc:date>2008-12-01T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rouhollah Hosseini</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;S&#226;degh Hed&#226;yat est consid&#233;r&#233; comme le premier romancier moderne de l'Iran dont l'&#339;uvre refl&#232;te des effets malheureux d'une rencontre : celle avec la modernit&#233;. Malgr&#233; la clairvoyance dont fait preuve cet &#233;crivain, en critiquant la soci&#233;t&#233; superstitieuse et tyrannis&#233;e de son &#233;poque, il n'arrive cependant pas &#224; se garder &#224; l'&#233;cart des cons&#233;quences mal&#233;fiques de sa prise de conscience moderne. Il se trouve entre autre condamn&#233; &#224; une solitude essentielle, marquant tout artiste moderne, mais qui para&#238;t emporter (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique120" rel="directory"&gt;N&#176; 37, d&#233;cembre 2008 &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH121/arton851-c3270.jpg?1686654653' width='150' height='121' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S&#226;degh Hed&#226;yat est consid&#233;r&#233; comme le premier romancier moderne de l'Iran dont l'&#339;uvre refl&#232;te des effets malheureux d'une rencontre : celle avec la modernit&#233;. Malgr&#233; la clairvoyance dont fait preuve cet &#233;crivain, en critiquant la soci&#233;t&#233; superstitieuse et tyrannis&#233;e de son &#233;poque, il n'arrive cependant pas &#224; se garder &#224; l'&#233;cart des cons&#233;quences mal&#233;fiques de sa prise de conscience moderne. Il se trouve entre autre condamn&#233; &#224; une solitude essentielle, marquant tout artiste moderne, mais qui para&#238;t emporter Hed&#226;yat dans le d&#233;sert du solipsisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le solipsisme vient du latin &#034;&lt;i&gt;solus&lt;/i&gt;&#034;, c'est-&#224;-dire seul et &#034;&lt;i&gt;ipse&lt;/i&gt;&#034;, qui veut dire soi-m&#234;me. Philosophiquement parlant, le solipsisme est une &#034;&lt;i&gt;th&#233;orie d'apr&#232;s laquelle il n'y aurait pour le sujet pensant d'autre r&#233;alit&#233; que lui-m&#234;me&lt;/i&gt;&#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='D&#233;finition du Petit Robert, l'entr&#233;e &#034;solipsisme&#034;.' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Cette d&#233;finition contient &#224; n'en pas douter un sens moderne, en rapport avec le concept d'individualisme, lequel a r&#233;pandu l'id&#233;e que chaque personne, prise isol&#233;ment, a une valeur propre. Le solipsisme est cependant d&#233;nonc&#233; dans la mesure o&#249; l'individu, dans cette optique, fraye avec les extr&#234;mes : ce dernier consid&#232;re alors son moi, ses sentiments et ses sensations comme &#034;la seule r&#233;alit&#233; existante&#034;. Le solipsisme est pour ainsi dire une solitude essentielle qui n'est cette fois plus impos&#233;e par la pr&#233;sence de l'autre, mais volontairement recherch&#233;e.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='La recherche de solitude chez Hed&#226;yat peut trouver son origine dans la fuite (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; C'est le repli de l'individu sur soi-m&#234;me. Il peut en ce sens &#234;tre pris en rapport avec un certain scepticisme qui remet en cause toute r&#233;alit&#233; autre que soi. A ce titre et d'une certaine mani&#232;re, il se rapporte aussi au romantisme. Nous pourrons en effet le d&#233;finir comme une attitude qui va &#224; l'encontre du r&#233;alisme de l'autre et se rapproche du romantisme du soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fuite du monde humain, la recherche de l'ombre ou de l'obscurit&#233;, le d&#233;sir de se retirer dans les endroits clos, l'aspiration &#224; partir au loin constituent les principaux th&#232;mes du solipsisme. Chez Hed&#226;yat, cette attitude trouve une autre expression dans le choix de l'&#233;criture : &#034;&lt;i&gt;Contre le monde qui finira par le broyer&lt;/i&gt;, d&#233;clare Ishaghpour, &lt;i&gt;il avait choisi d'&#233;crire. C'&#233;tait son unique force&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Youssef Isshaghpour, Le tombeau de S&#226;degh Hed&#226;yat, Tours, &#201;d. Farrago, 1999, (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le narrateur de &lt;i&gt;La chouette aveugle &lt;/i&gt;affirme ce principe par son d&#233;sir d'&#233;crire m&#234;me s'il ne s'adresse qu'&#224; son ombre. Ce personnage repr&#233;sente le plus haut degr&#233; du solipsisme puisqu'il r&#233;duit les autres &#224; l'image d'ombres errantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hour&#226; Y&#226;var&#238; estime que si cet ouvrage a pu fasciner ses lecteurs, c'est notamment en raison de l'image qu'il pr&#233;sente de la soci&#233;t&#233; iranienne ; Hed&#226;yat, nous dit ce critique, repr&#233;sente l'Iran de l'&#233;poque comme un substrat culturel o&#249; tout subit indiff&#233;remment la perversion : aucune diff&#233;rence entre le boucher, le fossoyeur, la canaille, la prostitu&#233;e et le vieillard bossu : &#034;&lt;i&gt;Nous sommes tous de la m&#234;me esp&#232;ce&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Psychologie et litt&#233;rature, op.cit, p.214.' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dit Hour&#226; Y&#226;var&#238;. Dans ces conditions, l'&#339;uvre hed&#226;yatienne met au monde des personnages incapables de s'adapter &#224; cette soci&#233;t&#233;, rest&#233;s isol&#233;s et en marge du monde. Mais cette marginalit&#233; n'est pas due essentiellement au refus de la soci&#233;t&#233; &#224; les accepter, elle &#233;mane aussi de leur qu&#234;te obs&#233;dante de la solitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le personnage de &lt;i&gt;La chouette aveugle &lt;/i&gt;d&#233;clare que &#034;&lt;i&gt;tous les ponts sont coup&#233;s entre (lui) et le monde des vivants&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='S&#226;degh Hed&#226;yat, La chouette aveugle, traduction par Roger Lescot, Paris, &#201;d. (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il en est satisfait et ne cherche pas &#224; r&#233;tablir ces pont ; si, d'autre part, il d&#233;couvre une forte ressemblance entre lui-m&#234;me et ces &#034;&lt;i&gt;vivants&lt;/i&gt;&#034;, il se sent &#034;&lt;i&gt;&#224; cent lieues des hommes&lt;/i&gt;&#034;. La vie parmi eux lui est &#034;&lt;i&gt;intol&#233;rable&lt;/i&gt;&#034;. Il souffre, &#224; n'en pas douter, de l'humanit&#233; qui l'entoure ; c'est pourquoi on le retrouve d&#232;s le d&#233;but du roman retir&#233; dans sa chambre. Qui plus est, il pense &#234;tre le seul &#224; pouvoir supporter cette souffrance ; il est en effet persuad&#233; de sa sup&#233;riorit&#233;, &#034;&lt;i&gt;sur la canaille, sur la nature, sur les dieux&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid., p.169.' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Aussi, se tient-il &#224; l'&#233;cart des autres : &#034;&lt;i&gt;Je me retirai tout &#224; fait, dit-il, de la soci&#233;t&#233; des hommes, du cercle des cr&#233;tins et des&lt;/i&gt; &lt;i&gt;heureux&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid., p.27.' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il se r&#233;jouit m&#234;me de trouver sa demeure &#034;&lt;i&gt;en dehors de la ville, dans un coin silencieux et tranquille, &#224; l'&#233;cart de la vie tumultueuse des hommes&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid.' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1588 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L252xH321/851-1-db007.jpg?1686654653' width='252' height='321' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:252px;'&gt;&lt;strong&gt;S&#226;degh Hed&#226;yat&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;L'homme hed&#226;yatien ne cesse d'exprimer son d&#233;sir de partir, au loin, loin du commun des hommes, pour trouver refuge dans un endroit tranquille : &#034;&lt;i&gt;On ne peut pas faire mieux, dit le m&#234;me personnage, qu'imiter les butors qui passent leur temps au nord de la mer &#224; s'&#233;tirer les ailes dans leur solitude&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid., p.80. Cette m&#233;taphore nous rappelle le po&#232;me de Baudelaire, (...)' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans &lt;i&gt;Les masques&lt;/i&gt;, nous nous trouvons d'embl&#233;e, comme de coutume avec les textes d'Hed&#226;yat, dans l'ambiance triste d'&#034;&lt;i&gt;(&#8230;) un de ces temps lourds et visqueux qui oppressent le c&#339;ur, o&#249; on souhaiterait &#234;tre dans un coin d&#233;sert, loin de la ville (&#8230;)&lt;/i&gt;&#034;. Le protagoniste du r&#233;cit, Manoutchehr, figure parmi &#034;ceux qui (&#8230;) s'ils font bien des choses ont l'esprit ailleurs&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb10' class='spip_note' rel='appendix' title='S&#226;degh Hed&#226;yat, L'homme qui tua son d&#233;sir, traduction collective, Paris, &#201;d. (...)' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette aspiration marque de la m&#234;me mani&#232;re les deux acteurs principaux de &lt;i&gt;L'ab&#238;me&lt;/i&gt;, o&#249; Ahmad et sa s&#339;ur cadette r&#234;vent de l'ailleurs, d'un village lointain. L'enterr&#233; vivant d&#233;sire, lui aussi, s'en aller loin, l&#224; o&#249; il sera oubli&#233;. Mais la fuite du monde et le repli sur soi sont aussi et surtout repr&#233;sent&#233;s dans &lt;i&gt;La chambre noire&lt;/i&gt;, que l'&#233;crivain lui-m&#234;me consid&#232;re comme l'une de ses meilleures nouvelles.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb11' class='spip_note' rel='appendix' title='&#034;La chambre noire est tr&#232;s valable. Elle est originale&#034;, disait Hed&#226;yat (...)' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Le h&#233;ros de cette histoire est un homme d'&#226;ge moyen fuyant la ville et la soci&#233;t&#233; pour aller habiter un village dont l'image est pour lui celle d'&#034;&lt;i&gt;un vieux monde perdu&lt;/i&gt;&#034;, et o&#249; il peut vivre loin du tapage du &#034;&lt;i&gt;monde des nouveaux riches&lt;/i&gt;&#034;. Il d&#233;clare aussi qu'il n'a jamais &#034;&lt;i&gt;pris part aux plaisirs des autres&lt;/i&gt;&#034;, qu'il a toujours souhait&#233; rester absolument en dehors des &#233;v&#233;nements du monde ext&#233;rieur et &#034;&lt;i&gt;se prot&#233;ger du contact des hommes&lt;/i&gt;&#034;. Pour cela, il s'est construit une chambre sp&#233;ciale dans sa maison, qui n'offre aucune issue sur le monde ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La qu&#234;te de solitude et le repli sur soi obs&#232;dent ainsi l'&#233;crivain tout au long de son &#339;uvre. Cette obsession devient particuli&#232;rement path&#233;tique chez le h&#233;ros de &lt;i&gt;La chouette aveugle&lt;/i&gt;. Celui-ci s'effraie &#224; l'id&#233;e que &#034;les atomes&#034; de sa chair se m&#234;lent apr&#232;s sa mort &#224; &#034;&lt;i&gt;ceux de la canaille&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb12' class='spip_note' rel='appendix' title='La chouette aveugle, op.cit., P. 150.' id='nh12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il est &#224; ce point pris de panique &#224; l'id&#233;e d'une nouvelle existence, qu'il pr&#233;f&#232;re vivre &#034;&lt;i&gt;&#224; l'ombre des colonnes d'un temple de Lingam, &#224; marcher de long en large en &#233;vitant soigneusement de laisser le soleil le heurter et la voix des hommes ou les bruits de la vie lui irriter les oreilles&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb13' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid., P. 151-152.' id='nh13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fuite loin du soleil pour retrouver le refuge dans l'ombre, dans l'obscurit&#233;, m&#233;rite la r&#233;flexion. L'ombre et l'obscurit&#233; caract&#233;risent l'atmosph&#232;re de la presque totalit&#233; des r&#233;cits de Hed&#226;yat ; elles constituent le climat de son &#339;uvre : &#034;&lt;i&gt;J'avais plaisir &#224; rester dans l'obscurit&#233;&lt;/i&gt;, dit le narrateur de &lt;i&gt;La chouette aveugle. L'obscurit&#233;, cette mati&#232;re &#233;paisse et fluide, qui s'infiltre en tous lieux et en toutes choses, je m'y &#233;tais accoutum&#233;&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb14' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid., P. 140.' id='nh14'&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans &lt;i&gt;La chambre noire&lt;/i&gt;, le personnage principal d&#233;clare qu'il n'aime pas la lumi&#232;re : &#034;&lt;i&gt;Devant le soleil, dit-il, tout s'affadit et se banalise&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb15' class='spip_note' rel='appendix' title='L'ab&#238;me et autres r&#233;cits, traduction par D. Derakhshesh, Paris, &#201;d. Jos&#233; (...)' id='nh15'&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et un peu plus loin, il estime que &#034;&lt;i&gt;la peur et l'obscurit&#233; sont &#224; l'origine de la beaut&#233;&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb16' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid.' id='nh16'&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce go&#251;t pour l'obscurit&#233; ne manque pas de cr&#233;er chez le h&#233;ros une grande aspiration &#224; partir du vers &#034;&lt;i&gt;une &#238;le perdue, loin des hommes&lt;/i&gt;&#034;. Il nous ram&#232;ne ainsi dans le m&#234;me d&#233;sert de solitude.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D&#233;finition du &lt;i&gt;Petit Robert&lt;/i&gt;, l'entr&#233;e &#034;solipsisme&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La recherche de solitude chez Hed&#226;yat peut trouver son origine dans la fuite de l'&#233;crivain devant une soci&#233;t&#233; &#034;hypocrite&#034;, de &#034;la cruaut&#233; et la f&#233;rocit&#233; sanguinaire des hommes&#034;, de &#034;la canaille&#034;. La plupart des critiques vont dans ce sens pour expliquer la solitude de l'&#233;crivain (voir par exemple &lt;i&gt;L'interpr&#233;tation de&lt;/i&gt; La chouette aveugle, &lt;i&gt;le r&#233;cit d'une vie&lt;/i&gt; de M.T. Ghiy&#226;ssi, T&#233;h&#233;ran, &#201;d. Niloofar, 1377 (1998). C'est sans tenir compte de son temp&#233;rament naturellement solipsiste, refl&#233;t&#233; dans toute son &#339;uvre, de jeunesse ou de la maturit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Youssef Isshaghpour, &lt;i&gt;Le tombeau de S&#226;degh Hed&#226;yat&lt;/i&gt;, Tours, &#201;d. Farrago, 1999, p.19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Psychologie et litt&#233;rature&lt;/i&gt;, op.cit, p.214.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S&#226;degh Hed&#226;yat, &lt;i&gt;La chouette aveugle&lt;/i&gt;, traduction par Roger Lescot, Paris, &#201;d. Jos&#233; Corti, 1953, p.84.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p.169.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p.27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='appendix'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='appendix'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p.80. Cette m&#233;taphore nous rappelle le po&#232;me de Baudelaire, &lt;i&gt;L'albatros&lt;/i&gt;, &#034;exil&#233; sur le sol au milieu des hu&#233;es&#034;, qui r&#233;v&#232;le chez le po&#232;te la conscience d'&#234;tre diff&#233;rent mais surtout inadapt&#233; &#224; la vie en soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='appendix'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S&#226;degh Hed&#226;yat, &lt;i&gt;L'homme qui tua son d&#233;sir&lt;/i&gt;, traduction collective, Paris, &#201;d. Ph&#233;bus, 1998, p.118.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='appendix'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;La chambre noire &lt;i&gt;est tr&#232;s valable. Elle est originale&lt;/i&gt;&#034;, disait Hed&#226;yat (Farz&#226;neh, M.F., &lt;i&gt;Rencontres avec S&#226;degh Hed&#226;yat, le parcours d'une initiation&lt;/i&gt;, Paris, &#201;d. Jos&#233; Corti, 1993).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb12'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh12' class='spip_note' title='Notes 12' rev='appendix'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La chouette aveugle&lt;/i&gt;, op.cit., P. 150.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb13'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh13' class='spip_note' title='Notes 13' rev='appendix'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, P. 151-152.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb14'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh14' class='spip_note' title='Notes 14' rev='appendix'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, P. 140.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb15'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh15' class='spip_note' title='Notes 15' rev='appendix'&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'ab&#238;me et autres r&#233;cits&lt;/i&gt;, traduction par D. Derakhshesh, Paris, &#201;d. Jos&#233; Corti, 1987, P. 41.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb16'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh16' class='spip_note' title='Notes 16' rev='appendix'&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La femme dans la litt&#233;rature classique persane</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article850</link>
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		<dc:date>2008-12-01T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gadamali Sar&#226;mi, Mahn&#226;z Reza&#239;</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#034;La femme est le dernier anneau de la cha&#238;ne. &lt;br class='autobr' /&gt;
La montre n'a peur d'aucune sonnerie &lt;br class='autobr' /&gt;
Et l'amour ne s'arr&#234;te au sifflet d'aucun agent. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Moi, j'arrive &#224; la maison, &lt;br class='autobr' /&gt;
Un morceau du ciel &#224; la main &lt;br class='autobr' /&gt;
Toi, tu m'ouvres la porte avec un lilas sur le c&#339;ur. &lt;br class='autobr' /&gt;
La nuit est pleine des aboiements des chiens &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, toutes nos vignes, &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ces t&#233;n&#232;bres, &lt;br class='autobr' /&gt;
Rampent vers le raisin&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Hossein Monzavi, po&#232;te iranien contemporain &lt;br class='autobr' /&gt;
Commen&#231;ons avec Karl Marx. Pour lui, l'union la plus pure qui puisse &#234;tre est celle, (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique120" rel="directory"&gt;N&#176; 37, d&#233;cembre 2008 &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton850-5f05b.jpg?1686654653' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;La femme est le dernier anneau de la cha&#238;ne.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La montre n'a peur d'aucune sonnerie&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Et l'amour ne s'arr&#234;te au sifflet d'aucun agent.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Moi, j'arrive &#224; la maison, &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un morceau du ciel &#224; la main&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Toi, tu m'ouvres la porte avec un lilas sur le c&#339;ur.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La nuit est pleine des aboiements des chiens&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pourtant, toutes nos vignes,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans ces t&#233;n&#232;bres,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Rampent vers le raisin&#034;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;Hossein Monzavi, &lt;br/&gt;po&#232;te iranien contemporain&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons avec Karl Marx. Pour lui, l'union la plus pure qui puisse &#234;tre est celle, myst&#233;rieuse, de la femme et de l'homme. Leur amour est un pont entre ciel et terre. Dj&#226;mi, po&#232;te iranien du IXe si&#232;cle, met l'amour de la femme au m&#234;me rang que l'amour de Dieu :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Celui qui est amoureux d'une belle femme&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Est amoureux de Dieu, sans le savoir&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, Nadjmeddin R&#226;zi, auteur mystique du XIIe si&#232;cle, dans son &lt;i&gt;Mers&#226;d Ol-&#233;b&#226;d&lt;/i&gt;, parle ainsi de la cr&#233;ation d'Adam et d'Eve :&#034;&lt;i&gt;L'&#226;me d'Adam v&#233;cut des mill&#233;naires aupr&#232;s de Dieu, puis Dieu la pla&#231;a dans un corps humain. La douleur de la s&#233;paration de Dieu fut insupportable pour Adam. C'est pourquoi Dieu cr&#233;a une rempla&#231;ante : Eve. Car Adam ne s'attachait ni ne s'habituait &#224; rien. Dieu cr&#233;a Eve afin qu'Adam s'apaise avec elle. Quand Adam regardait le visage d'Eve, il y voyait l'&#233;clat de la beaut&#233; de Dieu. Avec elle, il retrouvait la m&#234;me douceur qu'il avait &#233;prouv&#233; aupr&#232;s de Dieu&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu aurait ainsi cr&#233;&#233; Eve pour qu'Adam puisse supporter la solitude et pour qu'il ait une image concr&#232;te et r&#233;elle de Dieu. Cela veut dire que la femme, la rempla&#231;ante de Dieu sur terre est, pour le d&#233;vot, le souvenir et le repr&#233;sentant du Bien-aim&#233; &#233;ternel, mais en m&#234;me temps la cause de son oubli. C'est un paradoxe qui affirme cependant la ressemblance entre la femme et le Cr&#233;ateur.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1589 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L252xH333/850-1-8be08.jpg?1686654653' width='252' height='333' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:252px;'&gt;&lt;strong&gt;Roud&#226;beh confesse son amour pour Z&#226;l &#224; sa m&#232;re Sindokht, attribu&#233; &#224; Abd-ol-Aziz, Sh&#226;hn&#226;meh de Sh&#226;h Tahm&#226;sb, XVIe si&#232;cle&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Dieu, en cr&#233;ant Eve pour Adam, voulait le s&#233;parer de Lui, afin de le rendre, par le moyen d'Eve, encore plus amoureux. Il cr&#233;a donc Eve d'une beaut&#233; pareille &#224; Sa propre perfection pour qu'Adam, amoureux de cette beaut&#233;, se souvienne de la beaut&#233; parfaite de son Cr&#233;ateur. &#034;&lt;i&gt;On dit que Dieu divisa la beaut&#233; en mille parties et en donna 999 parts &#224; Eve et une part aux autres cr&#233;atures&lt;/i&gt;&#034;. Selon une certaine tradition chr&#233;tienne, l'amour d'Adam pour Eve lui fit oublier le vrai Bien-aim&#233;, de sorte qu'il Lui d&#233;sob&#233;it pour l'amour de la bien-aim&#233;e illusoire. Il mordit une pomme en souvenir du menton de cette derni&#232;re et commit le p&#233;ch&#233; originel, provoquant ainsi l'irritation du Bien-aim&#233; originel. Cette histoire aboutit &#224; leur expulsion du Paradis, mais ils se repentirent et retourn&#232;rent chez Dieu. Ce p&#233;ch&#233; pardonn&#233; les avait rapproch&#233;s de Dieu :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Je d&#233;chire la corde de cet amour&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Afin de la nouer et de m'approcher de toi davantage&#034;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Quel mystique a pu autant vivre la pr&#233;sence de Dieu qu'Adam ? Cette &#226;me ne put supporter, m&#234;me au paradis, l'&#233;loignement de Dieu ; comment le supportons-nous ici-bas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les soufis musulmans, Dieu cr&#233;a l'Univers afin de se faire conna&#238;tre. Cet argument est bas&#233; sur un &lt;i&gt;hadith&lt;/i&gt; : &#224; la question du Proph&#232;te qui demandait la raison de la cr&#233;ation de l'Univers, Dieu aurait r&#233;pondu : &#034;&lt;i&gt;J'&#233;tais un tr&#233;sor cach&#233; et j'aimais me faire conna&#238;tre. Voil&#224; pourquoi j'ai cr&#233;&#233; le monde&lt;/i&gt;&#034;. Bien que la validit&#233; de ce hadith soit par certains commentateurs mis en doute, ces derniers sont unanimes pour affirmer que les sourates coraniques d&#233;montrent &#233;galement la n&#233;cessit&#233; de la connaissance de Dieu comme cause principale de la Cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les cr&#233;atures sont donc uniquement des miroirs destin&#233;s &#224; Le refl&#233;ter. Parmi elles, la femme, dont Dieu a choisi la beaut&#233; f&#233;minine pour Le repr&#233;senter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'homme est le s&#233;v&#232;re symbole de la raison, la femme est l'incarnation flamboyante de l'amour. Nul autre amour en ce monde n'est plus &#233;lev&#233; que l'amour maternel. La nature a fait de la femme une asc&#232;te. C'est la femme qui met l'enfant au monde, le nourrit et l'&#233;l&#232;ve. On doit donc voir en elle un appui solide et une foi sinc&#232;re. Selon Sa'adi, le lait maternel est un sang jailli du c&#339;ur de la m&#232;re. Ainsi, bien que parfois pessimiste envers la femme, il la tient pour une alchimiste capable de faire de son &#233;poux pauvre et mis&#233;rable, un homme riche et heureux :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;La femme bonne, vertueuse et ob&#233;issante &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Fait un roi d'un mari derviche&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour les soufis iraniens, la femme est la b&#233;n&#233;diction de ce monde, comme l'homme en est le mouvement. Il faut donc accepter les attributs tels que la tendresse et le d&#233;vouement pour des attributs f&#233;minins. En revanche, les massacres, pillages, haines et guerres seraient des &#233;l&#233;ments masculins. Ainsi, l'humanit&#233; esp&#232;re toujours en un univers sans pillages, sans massacres et guerres, c'est-&#224;-dire un univers f&#233;minin. La v&#233;rit&#233; de la femme est la paix et la r&#233;solution des probl&#232;mes. Si les hommes sont les promoteurs de la guerre, les femmes sont les porte-drapeaux de la paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Iran, chez les Lors, quand deux tribus se combattaient jusqu'&#224; mort d'homme, la tribu de l'assassin donnait en mariage l'une de ses filles &#224; la tribu de l'assassin&#233; en gage de paix, et la r&#233;conciliation se faisait ainsi. Des pratiques semblables ont &#233;t&#233; d&#233;couvertes chez les peuples anciens tels que les Babyloniens et les Egyptiens. Ce genre de traditions d&#233;montre avec importance le r&#244;le apaisant et unificateur de la femme, dont d'autres exemples sont &#224; d&#233;couvrir dans les r&#233;cits mythologiques. Ainsi, certaines femmes du &lt;i&gt;Sh&#226;hn&#226;meh&lt;/i&gt; jouent ce r&#244;le conciliateur, telles que Roud&#226;beh qui unit les deux dynasties antagonistes des Ki&#226;n et des descendants de Zahh&#226;k. Manijeh, Djarireh et Faranguisse r&#233;concilient les Iraniens et les Tour&#226;niens. Roshanak et Soud&#226;beh font de m&#234;me, respectivement pour les Iraniens et les Grecs, les Iraniens et les S&#233;mites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les mystiques iraniens, la raison, &#233;l&#233;ment masculin, est impropre &#224; la connaissance de Dieu, alors qu'ils r&#233;servent cette connaissance &#224; la voie de l'amour, &#233;l&#233;ment f&#233;minin. La beaut&#233; de Dieu est &#224; d&#233;couvrir dans la beaut&#233; de ses sujets. Comment un d&#233;vot qui cherche &#224; retrouver Dieu dans un chameau difforme, peut-il &#234;tre insensible &#224; la beaut&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Le d&#233;vot cherche la m&#234;me chose dans le chameau&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Qu'en les belles femmes de Chine et de Tch&#233;guel&#034;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la femme et sa beaut&#233; sont le moyen m&#233;taphorique de l'approche de Dieu. Pour atteindre le paradis de la V&#233;rit&#233;, ce point doit &#234;tre acquis. &#034;&lt;i&gt;L'amour, est une hypoth&#232;se pour l'homme. Si tu ne conna&#238;t pas l'amour de Dieu, essaie au moins d'aimer le peuple afin de pouvoir le comprendre&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Hossein G&#226;zorgh&#226;hi l'auteur de &lt;i&gt;Madj&#226;les Ol-Osh&#226;q&lt;/i&gt; (Xe si&#232;cle HL/XVIIe si&#232;cle ap. J.-C.) :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Dans les deux mondes, Dieu aime les beaux visages&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Malgr&#233; les malveillants, toi, fais la m&#234;me chose que Dieu&#034;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'amour pour Dieu est donc &#224; l'origine de l'amour pour la femme. Selon Sheikh Bah&#226;'i, grand th&#233;ologien de l'&#233;poque safavide :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Qui n'a pas &#233;t&#233; &#233;pris d'une femme belle&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ne m&#233;rite pas le nom d'&#234;tre humain.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une poitrine vide de l'amour des belles&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Est un vieux sac us&#233; plein d'os&#034;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les saints musulmans ont toujours conseill&#233; l'amour des femmes, qui serait l'une des marques de la foi. Des centaines de &lt;i&gt;hadiths&lt;/i&gt; &#233;voquent l'amour et le respect du Proph&#232;te de l'islam pour ses &#233;pouses : &#034;&lt;i&gt;Le Proph&#232;te aimait ses &#233;pouses. Il cherchait Dieu en elles. On ne peut pas concevoir Dieu autrement que par la voie de ses cr&#233;atures.&lt;/i&gt;&#034; Notre Proph&#232;te disait : &#034;&lt;i&gt;Je respecte mes &#233;pouses plus que vous ne le faites&lt;/i&gt;&#034;. Pour lui, l'amour du mari pour sa femme &#233;tait l'un des signes de la foi de l'homme en Dieu, et c'est en ce qu'elle rapproche les hommes de Dieu que le r&#244;le de la femme a le plus d'importance. Le Proph&#232;te disait encore : &#034;&lt;i&gt;De ce monde, je n'appr&#233;cie que trois choses : les parfums, la femme et la pri&#232;re&lt;/i&gt;&#034;. Le deuxi&#232;me calife, Omar, s'appuyant sur les enseignements du proph&#232;te, a dit : &#034;&lt;i&gt;Apr&#232;s la foi, le plus&lt;/i&gt; &lt;i&gt;grand des biens pour les hommes est une bonne &#233;pouse&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Badi'oz-Zam&#226;n Forouz&#226;nfar, commentant des vers de Mowl&#226;n&#226;, &#233;crit : &#034;&lt;i&gt;La beaut&#233; f&#233;minine n'emp&#234;che pas les mystiques, qui ont abandonn&#233; aux autres les plaisirs corporels, sensuels et mat&#233;riels, de s'approcher de Dieu. Au contraire, cette beaut&#233; est pour eux la repr&#233;sentation m&#234;me de Dieu. Notre grand Proph&#232;te apercevait la beaut&#233; de Dieu dans le visage d'A&#239;cha&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Em&#226;m Mohammad Ghazz&#226;li (Ve et VIe si&#232;cles de HL/ XIIe et XIIIe si&#232;cles) &#233;crivait &#224; ce propos : &#034;&lt;i&gt;Avant chaque R&#233;v&#233;lation, le Proph&#232;te demandait &#224; A&#239;cha de parler avec lui pour l'encourager.&lt;/i&gt;&#034; Et Djav&#226;di Amoli &#233;crit en se r&#233;f&#233;rant aux versets coraniques : &#034;&lt;i&gt;Les femmes sont plus dignes que les hommes de s'approcher de Dieu&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons peu de femmes mystiques iraniennes. Pourtant, celles qui furent soufies &#233;taient toutes des grands ma&#238;tres. Ainsi, Att&#226;r, grand mystique du XIIe si&#232;cle, pr&#233;sente dans son &lt;i&gt;Tazkira al-Owlia &lt;/i&gt;(M&#233;morial des Saints) cent soufis et mystiques dont une femme, R&#226;be'eh Adavieh. Il y &#233;voque le r&#233;cit des deux p&#232;lerinages de R&#226;be'eh o&#249;, lors du premier, elle fut la bien-aim&#233;e de Dieu et lors du second, l'amoureuse de Dieu. Selon Att&#226;r, elle fut la premi&#232;re femme accueillie par la Kaaba :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;On raconte qu'apr&#232;s avoir pri&#233; quatorze ans et travers&#233; les d&#233;serts, Ebr&#226;him Adham, arriva enfin &#224; la Kaaba. A chaque lieu de pri&#232;re, il s'&#233;tait arr&#234;t&#233; et avait pri&#233; pour enfin y arriver. Mais arrivant l&#224;, il ne vit point la Kaaba. Il s'exclama : &#034;O&#249; est donc la Kaaba ?&#034; Un h&#233;raut c&#233;leste lui r&#233;pondit :&#034;La Kaaba est all&#233;e &#224; la rencontre d'une femme qui &#233;tait partie vers elle&#034;. Ebr&#226;him Adham vit alors R&#226;be'eh s'approcher de lui. Et ce fut &#224; ce moment que la Kaaba revint &#224; sa place&#8230; R&#226;be'eh rentra &#224; Bassora et passa une ann&#233;e en pri&#232;re. L'ann&#233;e suivante, elle partit pour la Kaaba en disant : &#034;L'ann&#233;e pass&#233;e, elle vint m'accueillir. Cette fois, c'est moi qui irai &#224; sa rencontre&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, m&#234;me si les &#233;loges, comme nous l'avons vu, ne manquent pas envers la femme, la litt&#233;rature persane demeure cependant souvent teint&#233;e de pessimisme en la mati&#232;re. Ceci est d'autant plus valable pour la litt&#233;rature de l'&#233;poque classique persane o&#249; foisonnent les exemples de la m&#233;fiance des po&#232;tes et des auteurs envers les femmes. Amin ol-Charieh, important th&#233;ologien et po&#232;te du XVIe si&#232;cle, &#233;crit ainsi dans son &lt;i&gt;Yousef va Zole&#239;kh&#226;&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Il ne faut attendre la fid&#233;lit&#233; d'aucune femme&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Leur promesse est fort l&#226;che&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;D'un jeune gar&#231;on, elles attendent la richesse&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;S'il ne la poss&#232;de pas, elles le quittent&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Elles &#233;vitent de nature&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un vieil homme riche et renomm&#233;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Aucun homme n'a vu la fid&#233;lit&#233; des femmes&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sauf de celle qui est stupide, aveugle ou laide&#034;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ferdowsi va m&#234;me jusqu'&#224; affirmer dans son &lt;i&gt;Sh&#226;hn&#226;meh&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Il vaut mieux admirer les chiens que les femmes&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un chien vaut mieux que cent femmes vertueuses&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en mettant la femme sur le m&#234;me plan que le &#034;dragon&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Fasse que la femme et les dragons disparaissent &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Et que l'univers se d&#233;barrasse de ces deux &#234;tres impurs !&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce point de vue misogyne est partag&#233; par de nombreux po&#232;tes classiques persans. Par exemple, le grand po&#232;te du XIVe, Nez&#226;mi Gandjavi &#233;crit dans son &lt;i&gt;Khamseh&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Quand Dieu peignait l'image de la fid&#233;lit&#233; et la tendresse&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sa plume se cassa arrivant au nom de la femme&#034;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les po&#232;tes de la p&#233;riode khor&#226;ss&#226;ni, ant&#233;rieure &#224; la p&#233;riode classique ar&#226;ghi, sont &#233;galement m&#233;fiants envers la femme. Par exemple, nous lisons dans ces vers d'Anvari Abivardi :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;La meilleure femme du monde &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ne m&#233;rite pas le pire des hommes&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Celui qui se laisse aller &#224; l'amour d'une femme&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;M&#233;rite d'&#234;tre d&#233;capit&#233;&#034;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il est d'ailleurs triste de voir parfois ces po&#232;tes d&#233;passer les bornes de la d&#233;cence dans les &#233;pith&#232;tes qu'ils r&#233;servent aux femmes. Ceci heureusement n'existe plus dans la po&#233;sie moderne et contemporaine, m&#234;me si certains po&#232;tes conservent un ton pessimiste envers le bonheur que peut donner une femme. Rahi Moayyeri, po&#232;te du milieu du XXe si&#232;cle, est de ces po&#232;tes. Cependant, il semblerait que son pessimiste soit d&#251; &#224; ses &#233;checs amoureux. En avouant les charmes du sexe f&#233;minin, il le maudit et l'appelle &#034;le mal&#034; ou &#034;le fl&#233;au des hommes&#034;, en soulignant ces caract&#233;ristiques pour les femmes de mauvaise humeur.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Quand Dieu d&#233;cida de cr&#233;er le monde,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il r&#233;fl&#233;chit &#224; la cr&#233;ation de la femme&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pour ce faire, il emprunta aux fleurs l'odeur et le teint &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A la mer, la profondeur et au soleil, la chaleur &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Au fer, la solidit&#233; et aux feuilles des fleurs, la mollesse&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Aux vagues, la violence, &#224; la nuit et du jour, l'hypocrisie&#8230;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Au loup, la haine et au perroquet, les paroles irr&#233;fl&#233;chies &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Au renard la ruse et au serpent, la bassesse&#8230; &#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour Rahi, la femme poss&#232;de un ensemble complet d'attributs contradictoires. Ceci pousse l'homme &#224; conna&#238;tre deux jours de bonheur avec elle : le jour des noces et le jour de la mort de l'&#233;pouse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'il en soit, la culture orientale, ainsi que les autres cultures, contient une s&#233;rieuse dose de misogynie. Il ne faut pas oublier que la culture dominante a toujours &#233;t&#233; phallocrate et que la litt&#233;rature refl&#232;te souvent une image pr&#233;cise de la soci&#233;t&#233;. Ainsi, dans cette soci&#233;t&#233; o&#249; la femme n'avait pas droit au chapitre, la litt&#233;rature lui r&#233;servait &#233;galement une place exig&#252;e et triste. Aujourd'hui, avec les modifications subies par le r&#244;le social de la femme, sa place a &#233;galement chang&#233; dans la litt&#233;rature et l'on ne voit plus trace de misogynie dans la litt&#233;rature contemporaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci nous rappelle un &#233;trange conte du &lt;i&gt;Boust&#226;n&lt;/i&gt; de Sa'adi : un homme voit en r&#234;ve Lucifer, ce dernier lui apparaissant d'une beaut&#233; &#233;clatante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Es-tu Satan ? Que tu es beau ! Pourquoi te pr&#233;sente-t-on d'habitude si hideux ?&#034;, lui demande-t-il.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;-&#034; Je suis en r&#233;alit&#233; un fort bel ange. Mais c'est la plume de mes m&#233;chants ennemis qui m'a toujours fait conna&#238;tre.&#034;, lui r&#233;pond ce dernier.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Attt&#226;r de Neish&#226;bour, &lt;i&gt;Tazkerat-ol Owliy&#226; (avec l'introduction d'All&#226;meh Mohammad Ghazvini)&lt;/i&gt;, T&#233;h&#233;ran, Safiali Sh&#226;h, 1374/1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Djav&#226;di Amoli, Abdoll&#226;h, &lt;i&gt;Zan dar &#226;yeneye djal&#226;l va djam&#226;l&lt;/i&gt;, Qom, Asr&#226;',1378/1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Ein-ol Ghoz&#226;t Ham&#233;d&#226;ni, &lt;i&gt;Tamhid&#226;t&lt;/i&gt;, T&#233;h&#233;ran, Manoutchehri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Em&#226;m Mohammad Ghazz&#226;li, &lt;i&gt;Kimy&#226;-y&#233; Sa'&#226;dat&lt;/i&gt;, T&#233;h&#233;ran, Elmi va Farhangui, 1371/1992.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Forouz&#226;nfar, Badi'o Zam&#226;n, &lt;i&gt;Sharh-&#233; Masnavi&lt;/i&gt; de Mowl&#226;n&#226; (&lt;i&gt;Le commentaire de Masnavi &lt;/i&gt;de Mowl&#226;n&#226;), T&#233;h&#233;ran, Zav&#226;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Gh&#226;zorgh&#226;hi, Amir Kam&#226;l-eddin Hossein, &lt;i&gt;Madj&#226;les-ol Osh&#226;q&lt;/i&gt;, T&#233;h&#233;ran, Zarrin, 1376/1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Gowharin, S&#226;deq, &lt;i&gt;Farhang logh&#226;t va ta'bir&#226;te Masnavi,&lt;/i&gt; T&#233;h&#233;ran, Zav&#226;r, 1362/1983.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Monzavi, Hossein, &lt;i&gt;Az termeh va taghazzol&lt;/i&gt;, T&#233;h&#233;ran, Rouzbeh&#226;n, 1376/1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Nourbakhsh, Djav&#226;d,&lt;i&gt; Zan&#226;ne Soufis&lt;/i&gt;, T&#233;h&#233;ran, Yald&#226;ghalam, 1379/2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Sheikh Ahmad Ghazz&#226;li, &lt;i&gt;Sav&#226;neh&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Sheikh Bah&#226;yi, &lt;i&gt;Kashkoul&lt;/i&gt;, T&#233;h&#233;ran, Goli, 1357/1978.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. Sheikh Nadjm-eddin R&#226;zi, &lt;i&gt;Mers&#226;d-ol Eb&#226;d,&lt;/i&gt; T&#233;h&#233;r&#233;n, Elmi va Farhangui, 1352/1973.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. T&#226;dj-eddin Kh&#226;razmi, &lt;i&gt;Sharh-&#233; Fossoud-ol Hekam&lt;/i&gt; d'Ibn Arabi (&lt;i&gt;Le commentaire de Fosous-ol Hekam d'Ibn Arabi&lt;/i&gt;), T&#233;h&#233;ran, Mowl&#226;, 1368/1989.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. Satt&#226;ri, Djal&#226;l, &lt;i&gt;Eshghe Soufi&#226;neh&lt;/i&gt;, T&#233;h&#233;ran, Markaz, 1372/1993.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
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