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	<title>La Revue de T&#233;h&#233;ran | Iran </title>
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	<description>Iran | Mensuel culturel iranien en langue fran&#231;aise | Histoire de l'Iran, Art iranien, Culture iranienne, Traditions iraniennes, Litt&#233;rature persane, Langue fran&#231;aise en Iran,</description>
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		<title>La Revue de T&#233;h&#233;ran | Iran </title>
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		<title>Aper&#231;u sur les Arm&#233;niens d'lran</title>
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		<dc:date>2009-01-01T12:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arefeh Hedjazi</dc:creator>



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&lt;p&gt;L'Arm&#233;nie, pays voisin de l'Iran, entretient depuis de nombreux si&#232;cles des relations privil&#233;gi&#233;es avec cette contr&#233;e dont il fut tr&#232;s longtemps durant l'une des provinces. Ceci n'est pas sans raison. En effet, la culture arm&#233;nienne puise ses racines aux m&#234;mes sources que la culture iranienne. Bien qu'il ne soit pas le seul pays &#224; partager ce m&#234;me h&#233;ritage mill&#233;naire, cependant, cet h&#233;ritage commun pr&#233;serv&#233; au fil des si&#232;cles permit &#224; ces deux pays de maintenir des relations dont l'ampleur d&#233;passe celle de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique121" rel="directory"&gt;N&#176; 38, janvier 2009&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton877-4d09e.jpg?1686646949' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Arm&#233;nie, pays voisin de l'Iran, entretient depuis de nombreux si&#232;cles des relations privil&#233;gi&#233;es avec cette contr&#233;e dont il fut tr&#232;s longtemps durant l'une des provinces. Ceci n'est pas sans raison. En effet, la culture arm&#233;nienne puise ses racines aux m&#234;mes sources que la culture iranienne. Bien qu'il ne soit pas le seul pays &#224; partager ce m&#234;me h&#233;ritage mill&#233;naire, cependant, cet h&#233;ritage commun pr&#233;serv&#233; au fil des si&#232;cles permit &#224; ces deux pays de maintenir des relations dont l'ampleur d&#233;passe celle de deux simples pays voisins. Ainsi, les deux peuples iranien et arm&#233;nien, malgr&#233; les diff&#233;rences de religion, ont su pr&#233;server des relations sociales et &#233;conomiques favoris&#233;es par les nombreuses migrations arm&#233;niennes, forc&#233;es ou volontaires, vers l'Iran, qui ont eu lieu au cours des si&#232;cles. Le grand nombre d'&#233;glises et les incontournables quartiers arm&#233;niens de nombreuses villes iraniennes, ainsi que les merveilles architecturales arm&#233;niennes, telles que la belle cath&#233;drale de Vank &#224; Ispahan, constituent autant de preuves de cette relation ancestrale. Les Arm&#233;niens ont non seulement &#233;t&#233; les voisins de l'Iran, mais &#233;galement l'un des peuples dont les habitants ont &#233;t&#233; les plus nombreux &#224; s'y installer. Quelles furent les raisons exactes de cette forte pr&#233;sence arm&#233;nienne en Iran ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, les relations irano-arm&#233;niennes sont si anciennes qu'il est impossible de d&#233;terminer avec exactitude quand et comment elles d&#233;but&#232;rent. Les preuves les plus anciennes qui existent font mention d'une arm&#233;e arm&#233;nienne form&#233;e par le c&#233;l&#232;bre souverain ach&#233;m&#233;nide Cyrus le Grand, fondateur de cette dynastie au VIe si&#232;cle av. J.-C. Cette arm&#233;e de vingt mille fantassins et quatre mille cavaliers demeura en poste dans la capitale ach&#233;m&#233;nide jusqu'&#224; la chute de cet empire. Un si&#232;cle plus tard, &#224; l'&#233;poque de la construction des palais de Suse et de Pers&#233;polis par Darius Ier, les artisans et tailleurs de pierre arm&#233;niens, renomm&#233;s pour la qualit&#233; de leur travail et invit&#233;s &#224; participer au projet, compt&#232;rent parmi les architectes et constructeurs des grands palais des souverains. Le travail durant de longues ann&#233;es, peu &#224; peu, de nombreuses familles arm&#233;niennes &#233;migr&#232;rent et vinrent s'&#233;tablir dans la province de F&#226;rs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les Ach&#233;m&#233;nides et sous le r&#232;gne des Arsacides, les relations politiques et sociales entre les Perses et les Arm&#233;niens s'am&#233;lior&#232;rent et un certain nombre de marchands et de nobles arm&#233;niens, qui poss&#233;daient des relations et de la famille en Iran, vinrent augmenter le nombre de leurs compatriotes vivant dans ce pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage de la dynastie arsacide &#224; la dynastie sassanide fut t&#233;moin d'une concurrence f&#233;roce et meurtri&#232;re entre les officiels sassanides et les grands marchands arsacides dans les pays voisins de la Perse, y compris en Arm&#233;nie. Ainsi, le r&#232;gne du roi sassanide Ard&#233;shir B&#226;bak&#226;n fut le th&#233;&#226;tre de nombreuses attaques contre l'Arm&#233;nie, donnant lieu &#224; des guerres de conqu&#234;te sanglantes qui ravag&#232;rent ce pays. L'Arm&#233;nie fut vaincue et pacifi&#233;e sous le r&#232;gne de Sh&#226;pour II au IVe si&#232;cle. Elle dut alors payer un lourd tribut et selon certains historiens, plusieurs milliers de familles arm&#233;niennes furent d&#233;plac&#233;es de force et install&#233;es dans le centre de la Perse. Nombre de ces familles furent envoy&#233;es en M&#233;sopotamie, dans le Khuzest&#226;n et l'Irak actuel, o&#249; ils furent charg&#233;s de travailler sur les terres ou en tant qu'artisans. Les historiens ne disposent que de peu d'informations concernant ces Arm&#233;niens du sud de l'Iran ; certains r&#233;cits dispers&#233;s font n&#233;anmoins &#233;tat de leur &#233;tablissement et de la formation de communaut&#233;s arm&#233;niennes dans l'ouest et le sud-ouest de l'Empire.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1672 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L381xH247/877-1-fa4f9.jpg?1686646949' width='381' height='247' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Eglise de Vank, Ispahan&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la chute des Arsacides en Arm&#233;nie et le partage de ce pays par les empires perse et romain, la plus grande partie de l'Arm&#233;nie revint aux Sassanides. Ces derniers, en vue de la d&#233;fense des fronti&#232;res est du pays - perp&#233;tuellement attaqu&#233;es par les tribus nomades de l'Asie centrale -, mais &#233;galement pour &#233;loigner les soldats arm&#233;niens de leur territoire - o&#249; la fid&#233;lit&#233; aux Arsacides &#233;tait encore profond&#233;ment ancr&#233;e dans les esprits - cr&#233;&#232;rent une arm&#233;e de trente mille cavaliers arm&#233;niens, dont la plupart appartenaient &#224; la noblesse. Cette arm&#233;e fut envoy&#233;e &#224; Neysh&#226;bour pour servir de garde-fronti&#232;re &#224; l'est et demeura en poste jusqu'au r&#232;gne de Yazdgerd IIIe et la r&#233;volte de l'Arm&#233;nie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la conqu&#234;te de la Perse par les Arabes et la prise de l'Arm&#233;nie au VIIe si&#232;cle, beaucoup d'Arm&#233;niens furent vendus comme esclaves ou d&#233;plac&#233;s de force vers la Syrie et l'Irak. Ces Arm&#233;niens, trop peu nombreux pour fonder des communaut&#233;s, se fondirent dans la population locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le d&#233;but des attaques seldjoukides contre l'Arm&#233;nie en 1048-1049, pr&#232;s de cent cinquante mille Arm&#233;niens furent emmen&#233;s en tant qu'esclaves en Iran, alors territoire seldjoukide. Beaucoup d'entre eux rendirent l'&#226;me durant ce d&#233;placement forc&#233;, mais les survivants r&#233;ussirent &#224; fonder plusieurs communaut&#233;s dans diverses r&#233;gions du nord de l'Iran, en particulier en Azerba&#239;djan, mais aussi dans les r&#233;gions centrales du pays. Quelques ann&#233;es plus tard, lors des attaques du seldjoukide Alb Arsal&#226;n contre l'Arm&#233;nie de 1063 &#224; 1072, d'autres groupes de prisonniers vinrent s'ajouter aux communaut&#233;s. Ces nouveaux venus s'install&#232;rent en particulier autour de la ville de Solt&#226;nieh, alors capitale d'empire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la sanglante invasion mongole au XIIIe si&#232;cle, les Arm&#233;niens de Perse subirent les effroyables massacres perp&#233;tu&#233;s par les Mongols au m&#234;me titre que les Perses et leur nombre d&#233;crut spectaculairement, mais l'arriv&#233;e de nouveaux esclaves arm&#233;niens, faits prisonniers par les Mongols, permit de reconstituer leur communaut&#233;. Dans les d&#233;cennies qui suivirent, la relative stabilit&#233; des dynasties mongoles r&#233;gnantes permit la formation de nombreuses communaut&#233;s arm&#233;niennes, en particulier dans les villes de Tabriz, Marand, Mar&#226;gheh, Rasht et Rey.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le r&#232;gne des Ilkhanides, la plus grande communaut&#233; arm&#233;nienne &#233;tait sans conteste celle de Solt&#226;nieh, o&#249; elle s'illustrait notamment dans les activit&#233;s industrielles et commerciales. C'est pour cette raison qu'avec l'invasion tatare de Tamerlan, cette communaut&#233;, ainsi que les nouveaux arrivants r&#233;cemment immigr&#233;s du Caucase, furent d&#233;plac&#233;s vers le nord de l'Afghanistan et la Mongolie pour travailler pour les Tatares, tandis que le quartier arm&#233;nien de Solt&#226;nieh, Marv Shahr, fut vid&#233; de ses habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les guerres fratricides entre les Aghghouyounlou et les Ghareghouyounlou et les terribles ravages qui en r&#233;sult&#232;rent, la quasi-totalit&#233; des communaut&#233;s arm&#233;niennes du centre et de l'ouest de l'Iran disparurent &#233;galement dans la tourmente. Vers la fin du XVIe si&#232;cle et au d&#233;but du r&#232;gne des Safavides, les Arm&#233;niens se concentr&#232;rent plut&#244;t en Azerba&#239;djan et un petit nombre d'entre eux choisirent pour y travailler les grandes villes telles que Qazvin, Ispahan et Rey.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1673 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L364xH286/877-2-438a3.jpg?1686646949' width='364' height='286' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Vue du monast&#232;re Saint-Thadd&#233;e, Tch&#226;ldoran, Azerba&#239;djan de l'ouest&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;En 1603, le souverain safavide, Sh&#226;h Abb&#226;s le Grand d&#233;buta ses op&#233;rations militaires contre le puissant voisin de l'Iran, l'Empire ottoman, et occupa tout le plateau arm&#233;nien. Moins d'un an plus tard, les forces ottomanes command&#233;es par Sin&#226; Pacha contre-attaqu&#232;rent en force. Sh&#226;h Abb&#226;s d&#233;cida de les affronter sur les bords du fleuve Arass. Dans ce but, il pr&#233;para une retraite rapide et utilisa la tactique de la terre br&#251;l&#233;e. Il ordonna donc le d&#233;placement d'un grand nombre d'Arm&#233;niens habitant au pied de l'Ararat, tandis que la plupart des villes et villages qui se trouvaient sur le chemin de l'arm&#233;e ottomane furent br&#251;l&#233;s. Des cinq cents mille Arm&#233;niens d&#233;plac&#233;s, seul un cinqui&#232;me put s'installer en Perse. Les autres perdirent la vie, lors de cette longue retraite qui dura un an, en raison du froid, de la faim, des maladies et des attaques des tribus nomades qui vivaient dans les r&#233;gions qu'ils traversaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Arm&#233;niens qui furent emmen&#233;s en Iran &#224; l'&#233;poque safavide s'install&#232;rent dans des villes comme Rasht, Qazvin, Shir&#226;z, Ar&#226;k, Hamed&#226;n, Anzali et en particulier Ispahan et les villages alentours. Sur l'ordre de Sh&#226;h Abb&#226;s, les marchands et artisans arm&#233;niens furent install&#233;s dans le sud de la capitale safavide, sur les bords du Z&#226;yandeh- Roud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici qu'ils fond&#232;rent le quartier arm&#233;nien d'Ispahan qu'ils nomm&#232;rent Jolf&#226;, en souvenir de leur terre natale. En vue de favoriser l'insertion sociale de ces nouveaux venus et les attacher &#224; leur nouvelle terre, Sh&#226;h Abb&#226;s leur offrit certains avantages, parmi lesquels le droit d'exercer tr&#232;s librement leur culte et de construire autant d'&#233;glises qu'ils le souhaitaient, ainsi que d'organiser leur syst&#232;me religieux comme qu'ils l'entendaient. De plus, il leur permit d'avoir leur propre syst&#232;me social et une hi&#233;rarchie religieuse charg&#233;e d'organiser la vie des Arm&#233;niens d'Ispahan. En raison de la confiance de Sh&#226;h Abb&#226;s envers ces Arm&#233;niens, il leur offrit un monopole sur le commerce d'un bien tr&#232;s pr&#233;cieux, la soie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la fin du r&#232;gne des Safavides et l'invasion afghane, et en raison des guerres civiles qui s'ensuivirent et qui continu&#232;rent jusqu'au d&#233;but du XIXe si&#232;cle, l'ins&#233;curit&#233; et l'instabilit&#233; r&#233;gnante obligea de nombreux Arm&#233;niens iraniens &#224; quitter le centre et le sud de l'Iran pour d'autres contr&#233;es plus s&#251;res, telles que l'Inde, o&#249; ils fond&#232;rent de nouvelles communaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Arm&#233;niens qui rest&#232;rent se concentr&#232;rent plut&#244;t dans les grandes villes iraniennes telles que Tabriz, T&#233;h&#233;ran, Ispahan. Un petit nombre d'entre eux s'installa en milieu rural. Ces derniers &#233;taient agriculteurs ou &#233;leveurs. Les Arm&#233;niens citadins &#233;taient quant &#224; eux pour la plupart d'adroits artisans ou faisaient du commerce. Il faut &#224; ce propos signaler que les facilit&#233;s commerciales offertes par les r&#233;gions c&#244;ti&#232;res du sud de l'Iran et du bord du Golfe persique ont favoris&#233; l'immigration de marchands arm&#233;niens vers cette r&#233;gion et la r&#233;gion du F&#226;rs sous le r&#232;gne de Sh&#226;h Abb&#226;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la mort de Sh&#226;h Abb&#226;s, la situation changea pour les Arm&#233;niens. Les h&#233;ritiers de ce souverain &#233;labor&#232;rent une s&#233;rie de lois vexatoires envers les commer&#231;ants arm&#233;niens et mirent en place des taxes particuli&#232;rement lourdes. Les protestations contre ces lois &#233;taient durement r&#233;prim&#233;es et les contestataires attach&#233;s &#224; des poutres et br&#251;l&#233;s vifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le r&#232;gne de N&#226;der Sh&#226;h &#233;galement, les Arm&#233;niens, comme d'ailleurs l'ensemble de la population iranienne, v&#233;curent des conditions difficiles et devaient payer des taxes tr&#232;s lourdes pouvant atteindre 60 500 nad&#233;ri, pi&#232;ce officielle de l'&#233;poque. En r&#233;action &#224; cet &#233;tat de fait, certains Arm&#233;niens quitt&#232;rent le pays pour s'installer &#224; Java, en Indochine ou en Inde. Dans certaines r&#233;gions de l'Iran, les Arm&#233;niens n'avaient le droit d'exercer qu'un nombre limit&#233; de m&#233;tiers, tels que la joaillerie, la menuiserie, le commerce ou les activit&#233;s vinicoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est seulement apr&#232;s la prise du pouvoir par les Q&#226;dj&#226;rs que pour la premi&#232;re fois depuis deux si&#232;cles, les Arm&#233;niens eurent de nouveau droit &#224; un statut de citoyens &#224; part enti&#232;re. Depuis cette &#233;poque, et jusqu'&#224; aujourd'hui, les Arm&#233;niens poss&#232;dent les m&#234;mes droits que les autres citoyens iraniens et dans la R&#233;publique islamique, ils poss&#232;dent deux d&#233;put&#233;s au parlement iranien (&lt;i&gt;majlis&lt;/i&gt;) charg&#233;s de d&#233;fendre leurs droits.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les Assyriens et les Chald&#233;ens d'lran</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Djamileh Zia</dc:creator>



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&lt;p&gt;Les Assyriens et les Chald&#233;ens qui vivent en Iran ont un long pass&#233; commun avec les Iraniens. Leur histoire remonte jusqu'&#224; l'Empire assyrien et leur implantation en Iran semble aussi ancienne que les guerres entre les Royaumes M&#232;de et d'Assyrie. Bien que les communaut&#233;s assyrienne et chald&#233;enne contemporaines tentent de se d&#233;finir par une identit&#233; nationale depuis le d&#233;but du XXe Si&#232;cle, elles trouvent essentiellement leur coh&#233;sion gr&#226;ce &#224; deux facteurs : une langue commune, et la religion chr&#233;tienne. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique121" rel="directory"&gt;N&#176; 38, janvier 2009&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton876-63df8.jpg?1686646949' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les Assyriens et les Chald&#233;ens qui vivent en Iran ont un long pass&#233; commun avec les Iraniens. Leur histoire remonte jusqu'&#224; l'Empire assyrien et leur implantation en Iran semble aussi ancienne que les guerres entre les Royaumes M&#232;de et d'Assyrie. Bien que les communaut&#233;s assyrienne et chald&#233;enne contemporaines tentent de se d&#233;finir par une identit&#233; nationale depuis le d&#233;but du XXe Si&#232;cle, elles trouvent essentiellement leur coh&#233;sion gr&#226;ce &#224; deux facteurs : une langue commune, et la religion chr&#233;tienne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La langue commune : le syriaque&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Les sources utilis&#233;es pour &#233;crire ce paragraphe ont &#233;t&#233; le Dictionnaire (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le syriaque est une langue s&#233;mitique ancienne, appartenant au groupe des dialectes orientaux de l'aram&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aram&#233;en &#233;tait une langue s&#233;mitique parl&#233;e principalement pendant l'antiquit&#233; dans tout le Proche Orient. L'aram&#233;en - langue proche du ph&#233;nicien et de l'h&#233;breu - &#233;tait parl&#233;e &#224; l'origine par un peuple nomade qui vivait dans la partie sud de la Palestine. Les Aram&#233;ens attaqu&#232;rent et vainquirent les civilisations voisines (en Syrie et au nord de la M&#233;sopotamie) &#224; partir du XIVe si&#232;cle av. J.-C. Le nord de la M&#233;sopotamie &#233;tait alors le Royaume d'Assyrie. Les Aram&#233;ens cr&#233;&#232;rent sur l'Euphrate de petits royaumes qui disparurent aux IXe et VIIIe si&#232;cle av. J.-C. avec le retour de la puissance assyrienne, mais la cons&#233;quence du m&#233;lange des cultures fut le fait que la langue aram&#233;enne supplanta l'akkadien au VIIe si&#232;cle av. J.-C. et devint la principale langue parl&#233;e dans l'Empire assyrien puis l'Empire perse. Les Aram&#233;ens entr&#232;rent dans la mouvance des grands empires d'Orient et se r&#233;pandirent dans l'administration de l'Empire perse. Pr&#233;cisons que l'akkadien &#233;tait une langue s&#233;mitique ancienne, qui s'&#233;tait scind&#233;e en deux dialectes - l'assyrien et le babylonien - au IIe mill&#233;naire av. J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aram&#233;en se diffusa ensuite dans tout l'Orient comme langue parl&#233;e et &#233;crite (son alphabet &#233;tait plus simple que le cun&#233;iforme). Les Aram&#233;ens ont adopt&#233; l'alphabet ph&#233;nicien pour &#233;crire leur langue vers l'an 1000 av. J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syriaque &#233;tait un dialecte de l'aram&#233;en. Les peuples qui parlaient et &#233;crivaient en syriaque pendant l'Antiquit&#233; vivaient dans une r&#233;gion correspondant actuellement &#224; la Syrie et au nord de l'actuel Iraq, o&#249; &#233;tait situ&#233;e la ville d'Edesse (aujourd'hui, la ville d'Urfa). La langue syriaque acquit toute son importance &#224; partir du IIe si&#232;cle de l'&#232;re chr&#233;tienne, quand Edesse devint l'un des centres du christianisme oriental. La partie nord de la M&#233;sopotamie &#233;tait d&#233;j&#224; depuis quelques si&#232;cles (c'est-&#224;-dire depuis Alexandre et ses successeurs) l'un des foyers importants de la langue syriaque. La migration de grecs et de mac&#233;doniens dans cette r&#233;gion eut pour cons&#233;quence l'entr&#233;e de nombreux mots grecs dans la langue syriaque, ainsi que de la modification de la grammaire de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1670 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L381xH281/876-1-db8f8.jpg?1686646949' width='381' height='281' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;criture syriaque&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Les textes &#233;crits en syriaque avant l'&#232;re chr&#233;tienne ne sont pas tr&#232;s nombreux. Par contre, de tr&#232;s nombreux textes, surtout religieux, furent &#233;crits dans cette langue entre le IIIe et le VIIIe si&#232;cle de l'&#232;re chr&#233;tienne. Le syriaque &#233;tait, apr&#232;s le grec, la deuxi&#232;me langue importante de l'Empire romain d'Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aram&#233;en fut peu &#224; peu supplant&#233; par la langue arabe &#224; partir du VIIe si&#232;cle, c'est-&#224;-dire &#224; partir de l'installation des arabes musulmans dans les pays d'Orient, mais ses diff&#233;rentes formes dialectales sont encore parl&#233;es de nos jours par des millions de locuteurs en Syrie, en Iraq et dans le Caucase. Les Assyriens et les Chald&#233;ens qui vivent actuellement en Syrie, en Iraq, en Turquie et en Iran parlent le syriaque ; cependant, la langue syriaque parl&#233;e par chacune des communaut&#233;s vivant dans les pays cit&#233;s s'est m&#233;lang&#233;e avec la langue dominante parl&#233;e dans ces pays. L'&#233;criture syriaque est globalement la m&#234;me que l'&#233;criture aram&#233;enne, mais elle a subi l'influence de l'&#233;criture grecque.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La religion chr&#233;tienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Les sources utilis&#233;es pour r&#233;diger ce paragraphe ont &#233;t&#233; le Dictionnaire (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tous les membres de la communaut&#233; assyrienne et chald&#233;enne sont chr&#233;tiens. La majorit&#233; d'entre eux s'est convertie au christianisme entre le Ier et le IIIe si&#232;cle. La ville d'Edesse (ou Urfa) &#233;tait un foyer politique, religieux et scientifique important des Assyriens au cours des premiers si&#232;cles de l'&#232;re chr&#233;tienne. La premi&#232;re Eglise assyrienne d'Orient, &#233;galement appel&#233;e Eglise des Perses, fut fond&#233;e &#224; Edesse. Les Assyriens convertis au christianisme &#233;taient des missionnaires actifs qui tent&#232;rent de r&#233;pandre la religion chr&#233;tienne partout en Orient, et m&#234;me jusqu'&#224; Malabar (en Inde). C'est &#224; Edesse &#233;galement que fut fond&#233;e la premi&#232;re &#233;cole destin&#233;e &#224; former les chr&#233;tiens en th&#233;ologie, en philosophie et en sciences. Cette &#233;cole, qui s'appelait &#034;Ecole des Perses&#034;, formait chaque ann&#233;e des missionnaires qui partaient ensuite dans toutes les r&#233;gions de la Perse et de l'Asie pour y cr&#233;er des &#233;glises, des &#233;coles et des h&#244;pitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nos jours, les Assyriens et les Chald&#233;ens appartiennent &#224; quatre Eglises diff&#233;rentes :&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1671 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L265xH358/876-2-3628d.jpg?1686646949' width='265' height='358' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:265px;'&gt;&lt;strong&gt;Eglise de Saint-Thadd&#233;e en Azerba&#239;djan occidental, qui aurait &#233;t&#233; construite par saint Jude en 66.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;-L'Eglise assyrienne d'Orient regroupe en son sein la majorit&#233; des Assyriens. On la nomme &#233;galement Eglise Nestorienne, et parfois Eglise Perse. Cette Eglise s'est form&#233;e &#224; partir des communaut&#233;s chr&#233;tiennes de l'Empire perse qui ont adopt&#233; la doctrine de Nestorius. Les membres de cette Eglise sont Assyriens pour la plupart. Ils sont r&#233;pandus dans le monde entier, mais la majorit&#233; d'entre eux r&#233;side en Iraq, puis aux Etats-Unis, en Iran, en Syrie, au Liban et en Turquie par ordre d'importance. Les croyances de cette Eglise sont assez proches de celles de l'Eglise Orthodoxe. Les pri&#232;res y sont faites en langue aram&#233;enne. L'Eglise Assyrienne d'Orient est dirig&#233;e par un patriarche et ne d&#233;pend pas du Vatican.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-L'Eglise assyrienne chald&#233;enne regroupe les chr&#233;tiens assyriens qui se sont ralli&#233;s &#224; Rome &#224; la fin du XVIe si&#232;cle. Il s'agit donc d'une Eglise catholique de rite oriental, et plus pr&#233;cis&#233;ment de rite chald&#233;en. La langue liturgique de cette Eglise est le syriaque. Il semble que ses membres tiennent &#224; &#234;tre nomm&#233;s &#034;Chald&#233;ens&#034; pour se diff&#233;rencier des autres Assyriens. Elle regroupe actuellement en Iran environ 13 000 adeptes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-L'Eglise assyrienne &#233;vang&#233;lique est une Eglise protestante. Elle a &#233;t&#233; fond&#233;e en Iran au d&#233;but du XIXe Si&#232;cle, par des missionnaires am&#233;ricains. Elle d&#233;pendait jusqu'&#224; il y a peu de la Conf&#233;d&#233;ration des Eglises Protestantes d'Iran, mais elle est actuellement dirig&#233;e de mani&#232;re autonome. La langue liturgique est celle que les Assyriens parlent couramment. Cette Eglise a une paroisse assez active.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-L'Eglise des fr&#232;res assyriens est une Eglise presbyt&#233;rienne. Elle fut fond&#233;e d'abord aux Etats-Unis, puis en 1910 en Iran par un assyrien iranien r&#233;sidant aux Etats-Unis. Elle compte peu d'adeptes en comparaison avec les trois autres Eglises.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Bref aper&#231;u de l'Histoire des Assyriens et des Chald&#233;ens d'Iran&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les documents historiques montrent que les communaut&#233;s assyriennes vivent en Iran depuis des si&#232;cles. Leur installation en Iran s'est parfois r&#233;alis&#233;e de fa&#231;on forc&#233;e : au cours du Ier mill&#233;naire av. J.-C., le roi assyrien attaqua &#224; plusieurs reprises le Royaume des M&#232;des, en particulier les r&#233;gions situ&#233;es aux alentours du lac d'Oroumieh, et y installa des Assyriens ; de m&#234;me, selon une tablette cun&#233;iforme datant du VIIIe si&#232;cle av. J.-C., pr&#232;s de 200 000 assyriens furent install&#233;s &#224; cette &#233;poque par le roi d'Assur dans les r&#233;gions qui correspondent actuellement aux provinces d'Azerba&#239;dj&#226;n, et qui appartenaient &#224; l'&#233;poque au Royaume des M&#232;des.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, &#224; l'&#233;poque du r&#232;gne des Sassanides en Perse, les habitants des villes assyriennes d'Edesse et de Nisibis furent souvent malmen&#233;s du fait des guerres incessantes qui avaient lieu entre l'Empire perse et l'Empire romain, &#233;tant donn&#233; qu'elles &#233;taient situ&#233;es dans une zone frontali&#232;re. Bon nombre des habitants de ces villes migr&#232;rent alors volontairement vers les r&#233;gions plus orientales de l'Empire perse, o&#249; ils y furent install&#233;s de force, en particulier dans la r&#233;gion du Khouzest&#226;n actuel. L'empereur sassanide Sh&#226;pour 1er ordonna que la ville de Gondi-Sh&#226;pour (ou Djondi-Ch&#226;pour) y soit construite par les soldats romains prisonniers de guerre. Cette ville, situ&#233;e pr&#232;s de l'actuelle ville d'Ahw&#226;z, fut construite pour &#234;tre la rivale de la ville d'Antioche de l'Empire romain sur le plan culturel et scientifique. Ahw&#226;z fut d&#232;s lors l'une des villes iraniennes o&#249; vivait un grand nombre d'Assyriens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la conqu&#234;te de la Perse par les musulmans, le calife Omar, qui avait d&#233;cid&#233; de cr&#233;er un p&#244;le d'implantation pr&#232;s de Bagdad et voulait pour cela construire la ville de Koufa, ordonna que les Assyriens vivant dans cette r&#233;gion soient transf&#233;r&#233;s au Golfe persique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque du r&#232;gne des Mongols, les chr&#233;tiens iraniens r&#233;sidaient essentiellement dans les r&#233;gions du nord-ouest et du sud-ouest de l'Iran, ainsi que dans les &#238;les du Golfe persique. Il semble que bon nombre d'Assyriens qui vivaient alors en Iraq furent oblig&#233;s de fuir devant l'arm&#233;e des Mongols et se r&#233;fugi&#232;rent aux alentours du lac d'Oroumieh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre grande vague de migration des Assyriens en Iran eut lieu au cours de la premi&#232;re Guerre Mondiale. A cette &#233;poque, l'Empire ottoman organisa le g&#233;nocide des Arm&#233;niens et des Assyriens qui vivaient en Turquie, et transf&#233;ra (avec l'accord du gouvernent iranien) les populations assyriennes vers les r&#233;gions frontali&#232;res situ&#233;es au nord-ouest de l'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les Assyriens et les Chald&#233;ens d'Iran &#224; l'&#233;poque contemporaine&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La communaut&#233; assyrienne et chald&#233;enne de l'Iran comprend actuellement, d'apr&#232;s le dernier recensement, 30 &#224; 40 000 personnes, qui vivent principalement &#224; T&#233;h&#233;ran, au nord-ouest de l'Iran et au sud-ouest de l'Iran. Bon nombre d'entre eux ont &#233;mmigr&#233; au cours de ces cinq derni&#232;res d&#233;cennies aux Etats-Unis, mais ils gardent des liens avec leurs familles rest&#233;es en Iran. L'Histoire des Assyriens d'Iran est ins&#233;parable de celle des autres iraniens, du fait des innombrables m&#233;langes culturels qui ont eu lieu au cours des si&#232;cles. Les Assyriens qui r&#233;sidaient dans le sud-ouest de l'Iran ont subi de nombreuses pertes au cours de la guerre Iran-Irak, mais ils ont combattu vaillamment &#224; c&#244;t&#233; des autres iraniens pour d&#233;fendre l'Iran qu'ils consid&#232;rent &#234;tre leur patrie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les sources utilis&#233;es pour &#233;crire ce paragraphe ont &#233;t&#233; le Dictionnaire Encyclop&#233;dique Persan &lt;i&gt;Mo&#239;n&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;Dictionnaire Encyclop&#233;dique Larousse&lt;/i&gt;, &#233;d 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les sources utilis&#233;es pour r&#233;diger ce paragraphe ont &#233;t&#233; le &lt;i&gt;Dictionnaire Encyclop&#233;dique Larousse&lt;/i&gt;, &#233;d 1997, et un article intitul&#233; &#034;Les Assyriens d'Iran&#034;, &#233;crit par &#034;L'Institut du Dialogue des Religions&#034; et diffus&#233; sur internet par le site persan &lt;a href=&#034;http://www.banipal.org&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.banipal.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La figure du Christ dans l'islam</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article875</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article875</guid>
		<dc:date>2009-01-01T10:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Am&#233;lie Neuve-Eglise</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Proph&#232;te central de l'islam, J&#233;sus - appel&#233; &#034;'&#206;s&#226;&#034; dans le Coran - fait partie, avec les proph&#232;tes No&#233;, Abraham, Mo&#239;se et Mohammad, des &#034;&#233;lus&#034; &#224; qui a &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233; un Livre ou une Loi divine. Dans l'islam, J&#233;sus a donc &#233;t&#233; choisi par Dieu pour transmettre aux hommes un nouveau texte sacr&#233;, l'Evangile (&lt;i&gt;Inj&#238;l&lt;/i&gt;), cens&#233; contenir le sens profond et vrai de la Thora, ainsi que pour rappeler aux &#034;Enfants d'Isra&#235;l&#034; (&lt;i&gt;Ban&#238; Isr&#226;'&#238;l&lt;/i&gt;) le dogme central du monoth&#233;isme et la n&#233;cessit&#233; de se soumettre &#224; la volont&#233; divine. (...)&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique121" rel="directory"&gt;N&#176; 38, janvier 2009&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH121/arton875-a7cf7.jpg?1686646949' width='150' height='121' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si mon ami plein de douceur me fait asseoir dans la poussi&#232;re,
&lt;br/&gt;Pourquoi s'affligerait un pauvre h&#232;re qui poss&#232;de un puissant Ami ?
&lt;br/&gt;Le chagrin qu'il me cause est dans mon c&#339;ur comme un tr&#233;sor,
&lt;br/&gt;Mon c&#339;ur est &#034;Lumi&#232;re sur lumi&#232;re&#034;,
&lt;br/&gt;Pareil &#224; la belle Maryam qui porte en son sein J&#233;sus.
&lt;br/&gt;Mon ami est le soleil, il ne se prom&#232;ne que seul ;
&lt;br/&gt;C'est la lune qui est &#224; la t&#234;te de l'arm&#233;e des &#233;toiles&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;(Jal&#226;l-ud-D&#238;n R&#251;m&#238;, &lt;i&gt;D&#238;w&#226;n-e Shams-e Tabr&#238;z&#238;,&lt;/i&gt; Ode 565)&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&#1605;&#1585;&#1575; &#1740;&#1575;&#1585; &#1588;&#1705;&#1585;&#1606;&#1575;&#1705;&#1605; &#1583;&#1711;&#1585; &#1576;&#1606;&#1588;&#1575;&#1606;&#1583; &#1576;&#1585; &#1582;&#1575;&#1705;&#1605;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br /&gt;
&#1670;&#1585;&#1575; &#1594;&#1605; &#1583;&#1575;&#1585;&#1583; &#1570;&#1606; &#1605;&#1601;&#1604;&#1587; &#1705;&#1607; &#1740;&#1575;&#1585; &#1605;&#1581;&#1578;&#1588;&#1605; &#1583;&#1575;&#1585;&#1583;&#1567;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br /&gt;
&#1594;&#1605;&#1588; &#1583;&#1585; &#1583;&#1604; &#1670;&#1608; &#1711;&#1606;&#1580;&#1608;&#1585;&#1740;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br /&gt;
&#1583;&#1604;&#1605; &#1606;&#1608;&#1585; &#1593;&#1604;&#1740; &#1606;&#1608;&#1585;&#1740;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br /&gt;
&#1605;&#1579;&#1575;&#1604; &#1605;&#1585;&#1740;&#1605; &#1586;&#1740;&#1576;&#1575; &#1705;&#1607; &#1593;&#1740;&#1587;&#1740; &#1583;&#1585; &#1588;&#1705;&#1605; &#1583;&#1575;&#1585;&#1583;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br /&gt;
&#1670;&#1608; &#1582;&#1608;&#1585;&#1588;&#1740;&#1583; &#1575;&#1587;&#1578; &#1740;&#1575;&#1585; &#1605;&#1606;&#1548; &#1606;&#1605;&#1740; &#1711;&#1585;&#1583;&#1583; &#1576;&#1607; &#1580;&#1586; &#1578;&#1606;&#1607;&#1575;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br /&gt;
&#1587;&#1662;&#1607;&#1587;&#1575;&#1604;&#1575;&#1585; &#1605;&#1607; &#1576;&#1575;&#1588;&#1583; &#1705;&#1586; &#1575;&#1587;&#1578;&#1575;&#1585;&#1607; &#1581;&#1588;&#1605; &#1583;&#1575;&#1585;&#1583;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;left&#034;&gt;(&#1580;&#1604;&#1575;&#1604; &#1575;&#1604;&#1583;&#1740;&#1606; &#1585;&#1608;&#1605;&#1740;&#1548; &#1583;&#1740;&#1608;&#1575;&#1606; &#1588;&#1605;&#1587; &#1578;&#1576;&#1585;&#1740;&#1586;&#1740;&#1548; &#1594;&#1586;&#1604; 565)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_1664 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L246xH336/875-1-22434.jpg?1686644022' width='246' height='336' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:246px;'&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;J&#233;sus et Marie repr&#233;sent&#233;s dans une ancienne miniature persane, date et auteur inconnus.&lt;/i&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Proph&#232;te central de l'islam, J&#233;sus - appel&#233; &#034;'&#206;s&#226;&#034; dans le Coran - fait partie, avec les proph&#232;tes No&#233;, Abraham, Mo&#239;se et Mohammad, des &#034;&#233;lus&#034; &#224; qui a &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233; un Livre ou une Loi divine.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Ces proph&#232;tes sont appel&#233;s &#034;ul&#251;'-l-'azm&#034;, ou hommes de la d&#233;cision. Certaines (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Dans l'islam, J&#233;sus a donc &#233;t&#233; choisi par Dieu pour transmettre aux hommes un nouveau texte sacr&#233;, l'Evangile (&lt;i&gt;Inj&#238;l&lt;/i&gt;), cens&#233; contenir le sens profond et vrai de la Thora, ainsi que pour rappeler aux &#034;Enfants d'Isra&#235;l&#034; (&lt;i&gt;Ban&#238; Isr&#226;'&#238;l&lt;/i&gt;) le dogme central du monoth&#233;isme et la n&#233;cessit&#233; de se soumettre &#224; la volont&#233; divine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus est &#233;voqu&#233; dans le Coran comme indissolublement li&#233; &#224; Marie et constitue un mod&#232;le &#224; suivre pour l'ensemble des croyants : &#034;&lt;i&gt;&#212; Marie ! Dieu t'annonce la bonne nouvelle d'un verbe &#233;manant de Lui. Son nom est : le Messie, J&#233;sus, fils de Marie (Al-Mas&#238;h, '&#206;s&#226; ibn Maryam) ; illustre en ce monde comme dans l'au-del&#224; ; il est au nombre de ceux qui sont proches de Dieu.&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='(3:45).' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Il fait partie de la &#034;famille de 'Imr&#226;n&#034; comprenant sa m&#232;re Marie, Yahy&#226; (Jean-Baptiste), son cousin, ainsi que le p&#232;re de ce denier, Zacharie. J&#233;sus est &#233;galement consid&#233;r&#233; pur de tout p&#233;ch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le '&#206;s&#226; de l'islam est cependant tr&#232;s diff&#233;rent du J&#233;sus du christianisme : bien que favoris&#233; de grands dons et &#034;fortifi&#233; par l'Esprit Saint&#034;, la vision coranique le consid&#232;re essentiellement comme un homme et lui d&#233;nie donc la part de divinit&#233; qui constitue le fondement de la religion chr&#233;tienne. Ainsi, dans une optique compar&#233;e, la vision et conception profond&#233;ment diff&#233;rente du monoth&#233;isme ainsi que de la relation entre Dieu et les hommes dans ces deux religions appara&#238;t avec toute sa force au travers de leur diff&#233;rente vision du personnage de J&#233;sus. Cependant, dans les deux traditions, il n'en demeure pas moins le proph&#232;te qui bouleverse les lois, tant par sa naissance et sa mort que par la profondeur de son message, et qui a constitu&#233; une source in&#233;puisable de m&#233;ditation pour de nombreuses grandes figures de l'islam au cours des si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le contexte de l'&#233;poque&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous ne savons pas avec pr&#233;cision dans quelle mesure le proph&#232;te Mohammad lui-m&#234;me connaissait le personnage de J&#233;sus et les diff&#233;rents aspects de la doctrine chr&#233;tienne de l'&#233;poque, qui, &#224; la fin du VIe si&#232;cle, &#233;tait loin d'&#234;tre unifi&#233;e. La r&#233;v&#233;lation coranique s'est ainsi d&#233;roul&#233;e dans un contexte o&#249; foisonnaient une multitude de communaut&#233;s chr&#233;tiennes - nestoriens, priscilliens, monophystes&#8230; - ayant notamment des conceptions diff&#233;rentes de la nature de la personne du Christ lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1665 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L381xH177/875-2-38972.jpg?1686644022' width='381' height='177' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;Rencontre du jeune Mohammad avec le moine chr&#233;tien Bah&#238;ra, illustration de Jam&#238;' al-Taw&#226;rikh, XIV&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;/i&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Selon certains &#233;l&#233;ments de la tradition islamique, le proph&#232;te Mohammad se serait trouv&#233; au contact de plusieurs chr&#233;tiens tels que le moine nestorien Bah&#238;ra - qui, alors que Mohammad n'&#233;tait encore qu'enfant, le reconna&#238;t comme un futur proph&#232;te&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Bah&#238;ra aurait ainsi reconnu le &#034;Sceau de la Proph&#233;tie&#034; ou &#034;marque du (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; -, Waraqa ibn Nawfal, chr&#233;tien parent de sa femme Khad&#238;ja qui lui apportera la confirmation de sa mission proph&#233;tique, ou encore Salm&#226;n de Perse, qui se convertira &#224; l'islam et fut l'un de ses plus proches compagnons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque de la R&#233;v&#233;lation, l'Arabie entretenait &#233;galement des relations avec les chr&#233;tiens monophysites du Najr&#226;n au Y&#233;men&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Le proph&#232;te Mohammad signa un pacte avec cette communaut&#233;, fondant ainsi leur (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les Lakhmides nestoriens de Hira, et certaines communaut&#233;s chr&#233;tiennes de Syrie. En outre, au temps des pers&#233;cutions des compagnons de Mohammad &#224; la Mecque, ce dernier les invita &#224; se r&#233;fugier en Abyssinie, aupr&#232;s du roi chr&#233;tien N&#233;gus qui, touch&#233; par le respect et la haute estime accord&#233;s &#224; J&#233;sus et Marie dans le Coran, d&#233;cida de leur accorder protection et soutien.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La figure du Christ dans le Coran&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tant&#244;t qualifi&#233; de Parole de V&#233;rit&#233; (&lt;i&gt;Qawl al-Haqq&lt;/i&gt;), d'Esprit de Dieu (&lt;i&gt;R&#251;h Allah&lt;/i&gt;), de serviteur de Dieu (&lt;i&gt;'Abdollah&lt;/i&gt;) ou encore de &#034;signe pour l'Heure&#034; (&lt;i&gt;'ilm lilsa'&#226;t&lt;/i&gt;) et de &#034;&lt;i&gt;Mas&#238;h&lt;/i&gt;&#034; (signifiant le &#034;oint&#034;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='La signification de &#034;mas&#238;h&#034; comme &#034;oint&#034; est distincte de celle du (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le Coran pr&#233;sente &#233;galement J&#233;sus comme le &#034;Verbe&#034; (&lt;i&gt;Kalima&lt;/i&gt;) de Dieu - dont la signification est cependant bien diff&#233;rente de la notion de &#034;Verbe&#034; de l'Evangile de Saint Jean selon lequel Dieu s'est fait chair. Pour l'islam, le Verbe reste une cr&#233;ature, m&#234;me s'il n'en demeure pas moins dot&#233; d'un rang &#233;minent en ce qu'il est charg&#233; de v&#233;hiculer la Parole de Dieu et parler en son nom : &#034;&lt;i&gt;J&#233;sus devient le Verbe de Dieu non pas &#224; cause de son incarnation par laquelle sa chair devient divine, mais parce que son esprit est parvenu &#224; un tel degr&#233; de perfectionnement qu'il est devenu un miroir au travers duquel la divinit&#233; se r&#233;v&#232;le&lt;/i&gt;&#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='appendix' title='Lehenhausen, Muhammad (trad.), Jesus through shi'ite narration, selected by (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1666 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L261xH381/875-3-4caa8.jpg?1686644022' width='261' height='381' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:261px;'&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;J&#233;sus-'&#206;s&#226; faisant descendre une &#034;table servie&#034;&lt;/i&gt; (m&#226;'ida) &lt;i&gt;du ciel pour ses disciples, miniature persane, date et auteur inconnus.&lt;/i&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;La dimension exceptionnelle de la naissance virginale de J&#233;sus est soulign&#233;e par le fait que J&#233;sus a &#233;t&#233; con&#231;u par le souffle de l'Esprit divin (&lt;i&gt;R&#251;h&lt;/i&gt;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='appendix' title='Cette notion est parfois traduite par &#034;Esprit Saint&#034; (R&#251;h al-Qudus), qui est (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; insuffl&#233; en Marie. Le myst&#232;re de sa conception a parfois &#233;t&#233; compar&#233; &#224; celle d'Adam, cr&#233;&#233;s tous deux par la Parole divine existentiatrice &#034;Soit&#034; (Kun !)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='appendix' title='&#034;Pour Dieu, l'origine de J&#233;sus est similaire &#224; celle d'Adam. Dieu l'a cr&#233;&#233; (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, avec cependant pour diff&#233;rence essentielle qu'Adam n'eut pas de m&#232;re. Le miracle de la naissance de J&#233;sus est renforc&#233; par le caract&#232;re extraordinaire du nouveau-n&#233; qui parle d&#232;s sa naissance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='appendix' title='&#034;Et quand Dieu dira : &#034;J&#233;sus, fils de Marie, rappelle-toi Mon bienfait sur (...)' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et r&#233;pond aux accusations lanc&#233;es contre sa m&#232;re : &#034;&lt;i&gt;Je suis vraiment le serviteur de Dieu. Il m'a donn&#233; le Livre et m'a d&#233;sign&#233; Proph&#232;te. O&#249; que je sois, Il m'a rendu b&#233;ni ; et Il m'a recommand&#233;, tant que je vivrai, la pri&#232;re et la Zakat ; et la bont&#233; envers ma m&#232;re. Il ne m'a fait ni violent ni malheureux.&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb10' class='spip_note' rel='appendix' title='Coran, 19:30-32.' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le proph&#232;te Mohammad apr&#232;s lui, J&#233;sus-Is&#226; ne vient pas apporter un nouveau message, mais davantage confirmer les r&#233;v&#233;lations pr&#233;c&#233;dentes et inviter les hommes au monoth&#233;isme pur, dans la continuation de No&#233;, d'Abraham et de Mo&#239;se. Il confirme ainsi le message de la Torah, tout en modifiant certaines de ses prescriptions l&#233;gales. En outre, le Coran &#233;voque que J&#233;sus fut aid&#233; par l'Esprit Saint (&lt;i&gt;R&#251;h al-Qudus&lt;/i&gt;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb11' class='spip_note' rel='appendix' title='Cf. note 8.' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ainsi que par un groupe de &#034;disciples&#034; (&lt;i&gt;haw&#226;riy&#251;n&lt;/i&gt;). C'est &#233;galement &#224; la demande de ces derniers que J&#233;sus demande &#224; Dieu de faire descendre du ciel une &#034;table servie&#034; (&lt;i&gt;m&#226;'ida&lt;/i&gt;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb12' class='spip_note' rel='appendix' title='&#034;(Rappelle-toi le moment) o&#249; les Ap&#244;tres dirent : &#034;&#244; J&#233;sus, fils de Marie, se (...)' id='nh12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; - qui rappelle aux commentateurs tant&#244;t l'&#233;pisode de la C&#232;ne, tant&#244;t celui de la multiplication des pains - comme ultime preuve de la v&#233;racit&#233; de sa proph&#233;tie. Ainsi, si le contenu de cette derni&#232;re fut rejet&#233; par une grande partie des Juifs (&lt;i&gt;Ban&#238; Isr&#226;'&#238;l&lt;/i&gt;), seuls les ap&#244;tres (&lt;i&gt;haw&#226;ri&#251;n&lt;/i&gt;) ont r&#233;ellement &#034;cr&#251;&#034; &#224; l'issu de l'envoi de ce signe du ciel. Dieu a &#233;galement donn&#233; &#224; J&#233;sus la capacit&#233; de r&#233;aliser des miracles &#034;par sa permission&#034;, notamment de gu&#233;rir les malades ou de donner vie &#224; des formes inertes : &#034;&lt;i&gt;Tu fabriquais de l'argile comme une forme d'oiseau par Ma permission ; puis tu soufflais dedans. Alors par Ma permission, elle devenait oiseau. Et tu gu&#233;rissais par Ma permission, l'aveugle-n&#233; et le l&#233;preux. Et par Ma permission, tu faisais revivre les morts.&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb13' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid, 5:110.' id='nh13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant la conception m&#234;me de la personne du Christ, toute id&#233;e d'incarnation ou de divinit&#233; est fermement rejet&#233;e. Nous touchons ici au c&#339;ur m&#234;me de l'islam qui insiste avant tout sur l'id&#233;e d'unicit&#233; (&lt;i&gt;tawh&#238;d&lt;/i&gt;), d'unit&#233; et de transcendance divine absolue, proscrivant ainsi formellement toute id&#233;e d'association (&lt;i&gt;shirk&lt;/i&gt;) entre Dieu et ses cr&#233;atures.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb14' class='spip_note' rel='appendix' title='La sourate Al-Ikhl&#226;s r&#233;sume cette id&#233;e d'unicit&#233; et de transcendance absolue : (...)' id='nh14'&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Malgr&#233; son statut d'&#233;lu et de messager, le Christ reste donc avant tout un homme, dont l'existence est sans commune mesure avec l'essence divine. Cette diff&#233;rence essentielle est clairement exprim&#233;e dans le Coran qui rapporte les paroles du Christ &#224; son Cr&#233;ateur : &#034;&lt;i&gt;Tu sais ce qu'il y a en moi, et je ne sais pas ce qu'il y a en Toi. Tu es, en v&#233;rit&#233;, le grand connaisseur de tout ce qui est inconnu.&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb15' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid, 5:116.' id='nh15'&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Is&#226; se pr&#233;sente &#233;galement comme un serviteur de Dieu (&lt;i&gt;'abd&lt;/i&gt;) et se d&#233;fend d'&#234;tre &#224; l'origine de tout associationnisme : &#034;&lt;i&gt;Je ne leur ai dit que ce que Tu m'avais command&#233;, (&#224; savoir) : &#034;Adorez Dieu, mon Seigneur et votre Seigneur&#034;&lt;/i&gt;&#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb16' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid, 5:117.' id='nh16'&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; La figure de J&#233;sus-Is&#226; telle qu'elle est pr&#233;sent&#233;e dans le Coran souligne la centralit&#233; de la transcendance du divin en islam, qui ne peut en aucun cas s'incarner dans l'histoire et &#234;tre appr&#233;hend&#233;&lt;i&gt; en soi&lt;/i&gt; au travers des notions de mat&#233;rialit&#233; ou de corpor&#233;it&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'Evangile (&lt;i&gt;Inj&#238;l&lt;/i&gt;) comme &#034;guide et lumi&#232;re&#034;&lt;/h3&gt;&lt;dl class='spip_document_1667 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L235xH381/875-4-6e6bb.jpg?1686644022' width='235' height='381' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:235px;'&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;Marie venant de donner naissance &#224; J&#233;sus pr&#232;s du palmier, miniature persane, date et auteur inconnus.&lt;/i&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'avons &#233;voqu&#233;, il fut r&#233;v&#233;l&#233; &#224; J&#233;sus un Evangile (&lt;i&gt;Inj&#238;l&lt;/i&gt;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb17' class='spip_note' rel='appendix' title='&#034;Je t'enseignais le Livre, la Sagesse, la Thora et l'Evangile.&#034; (...)' id='nh17'&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qualifi&#233; par le Coran de &#034;&lt;i&gt;guide et lumi&#232;re&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb18' class='spip_note' rel='appendix' title='&#034;Et Nous avons envoy&#233; apr&#232;s eux J&#233;sus, fils de Marie, pour confirmer ce qu'il (...)' id='nh18'&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et cens&#233; contenir le sens vrai de la Thora. Cependant, le texte original fut ensuite perdu et son application d&#233;voy&#233;e : &#034;&lt;i&gt;Nous [&#8230;] lui avons apport&#233; l'Evangile, et mis dans les c&#339;urs de ceux qui le suivirent douceur et mansu&#233;tude. Le monachisme qu'ils invent&#232;rent, Nous ne le leur avons nullement prescrit. [Ils devaient] seulement rechercher l'agr&#233;ment de Dieu.&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb19' class='spip_note' rel='appendix' title='Coran, 57:27.' id='nh19'&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Le sens et le contenu du mot &#034;&#233;vangile&#034; font donc r&#233;f&#233;rence &#224; deux r&#233;alit&#233;s fondamentalement diff&#233;rentes dans la chr&#233;tient&#233; et en islam : recueil de t&#233;moignages &#233;crits plusieurs d&#233;cennies apr&#232;s la mort du Christ pour le christianisme, l'&lt;i&gt;Inj&#238;l&lt;/i&gt; lui fut au contraire directement r&#233;v&#233;l&#233; par Dieu de son vivant selon l'islam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut n&#233;anmoins relever certaines similitudes, comme ce verset du Coran indiquant que l'&lt;i&gt;Inj&#238;l&lt;/i&gt; pr&#233;sente les vrais croyants comme &#034;&lt;i&gt;une semence qui sort sa pousse, puis se raffermit, s'&#233;paissit, et ensuite se dresse sur sa tige, &#224; l'&#233;merveillement des semeurs&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb20' class='spip_note' rel='appendix' title='&#034;Mohammad est le Messager de Dieu. Et ceux qui sont avec lui sont durs (...)' id='nh20'&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; faisant ainsi &#233;cho &#224; certains passages de l'Evangile selon Saint Matthieu : &#034;&lt;i&gt;Celui qui a re&#231;u la semence dans la bonne terre, c'est celui qui entend la parole et la comprend ; il porte le fruit, et un grain en donne cent, un autre soixante, un autre trente&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb21' class='spip_note' rel='appendix' title='Matthieu, 13:23. Nous retrouvons la m&#234;me parabole dans l'Evangile selon Saint (...)' id='nh21'&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; &#034;la bonne semence, ce sont les fils du royaume ; l'ivraie, ce sont les fils du malin&lt;/i&gt;&#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb22' class='spip_note' rel='appendix' title='Matthieu, 13:38.' id='nh22'&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'annonceur du &#034;Paraclet&#034;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le Christ est &#233;galement consid&#233;r&#233; par l'islam comme l'annonciateur de la venue du proph&#232;te Mohammad.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb23' class='spip_note' rel='appendix' title='&#034;Et quand J&#233;sus fils de Marie dit : &#034;&#244; Enfants d'Isra&#235;l, je suis vraiment le (...)' id='nh23'&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Cette vision s'appuie notamment sur une lecture particuli&#232;re des paroles du Christ rapport&#233;es dans l'Evangile selon Saint Jean, annon&#231;ant la venue d'un &#034;Paraclet&#034; : &#034;&lt;i&gt;J'ai encore beaucoup de choses &#224; vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant. Quand le &lt;/i&gt;consolateur&lt;i&gt; sera venu, l'Esprit de v&#233;rit&#233;, il vous conduira dans toute la v&#233;rit&#233;&lt;/i&gt; (Jean, 16:12-13).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'authenticit&#233; de la traduction chr&#233;tienne courante &#233;voquant un &#034;consolateur&#034; (du grec &lt;i&gt;parakletos&lt;/i&gt;) est contest&#233;e par les musulmans qui consid&#232;rent que le mot grec original &#233;tait &lt;i&gt;periklytos&lt;/i&gt;, signifiant &#034;glorieux&#034;, &#034;plus lou&#233;&#034; ou encore &#034;Ahmad&#034; en arabe, provenant lui-m&#234;me de la racine &#034;&lt;i&gt;h-m-d&lt;/i&gt;&#034;, &#233;voquant l'id&#233;e de louange et de glorification, et &#224; partir duquel est form&#233; le nom de &#034;Mohammad&#034;. Cette interpr&#233;tation est selon eux confirm&#233;e par la seconde partie de la parole du Christ qui poursuit : &#034;&lt;i&gt;car il ne parlera pas de lui-m&#234;me, mais il dira tout ce qu'il aura entendu, et il vous annoncera les choses &#224; venir&lt;/i&gt;&#034; (Jean, 16:13) ; ce qui s'accorde totalement avec la r&#233;v&#233;lation coranique qui fut &#034;dict&#233;e&#034; &#224; Mohammad par l'interm&#233;diaire de l'Ange Gabriel et comporte une dimension eschatologique essentielle. La continuit&#233; des proph&#233;ties christique et mohammadienne, express&#233;ment affirm&#233;e dans le Coran, est, selon les musulmans, &#233;galement &#233;nonc&#233;e par le Christ &#224; la suite des paroles que nous venons de rapporter : &#034;&lt;i&gt;Il me glorifiera, parce qu'il prendra de ce qui est &#224; moi, et vous l'annoncera&lt;/i&gt;&#034;, (Jean, 16:15).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Eschatologie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Selon l'islam, le Christ ne serait pas mort sur la croix : un sosie lui aurait &#233;t&#233; substitu&#233; peu avant la crucifixion, tandis que, comme les proph&#232;tes H&#233;noch et Elie, il serait mont&#233; au ciel vivant : &#034;&lt;i&gt;Ils ne l'ont ni tu&#233; ni crucifi&#233; ; mais ce n'&#233;tait qu'un faux semblant. [&#8230;] Dieu l'a &#233;lev&#233; vers Lui.&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb24' class='spip_note' rel='appendix' title='Coran, 4:157-158. Au sein m&#234;me du christianisme, cette th&#232;se est &#233;galement (...)' id='nh24'&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Le Christ a cependant un r&#244;le eschatologique essentiel en ce qu'il doit revenir &#224; la fin des temps au c&#244;t&#233; du &#034;mahd&#238;&#034; pour r&#233;tablir le r&#232;gne de la justice et vaincre l'Ant&#233;christ.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb25' class='spip_note' rel='appendix' title='La figure de l'ant&#233;christ ou du &#034;Christ imposteur&#034; (al-Mas&#238;h ad-Dajj&#226;l) est (...)' id='nh25'&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Cependant, &#224; la diff&#233;rence du christianisme, l'islam ne consid&#232;re pas le Christ comme un sauveur, &#233;tant donn&#233; qu'il ne reconna&#238;t pas la notion d'Alliance ni de p&#233;ch&#233; originel et que la r&#233;demption ne s'obtient qu'au travers des efforts de chaque croyant pour suivre les pr&#233;ceptes r&#233;v&#233;l&#233;s dans le Coran. L'essentiel des dogmes chr&#233;tiens (divinit&#233; du Christ, incarnation, Trinit&#233;, crucifixion, r&#233;mission des p&#233;ch&#233;s) est donc rejet&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb26' class='spip_note' rel='appendix' title='&#034;O gens du Livre [chr&#233;tiens], n'exag&#233;rez pas dans votre religion, et ne dites (...)' id='nh26'&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Malgr&#233; ces diff&#233;rences, ces deux traditions n'en partagent pas moins un horizon commun, caract&#233;ris&#233; par une m&#234;me attente eschatologique du retour de J&#233;sus-Christ &#224; la fin des temps.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La question de l'&#233;tymologie : le &#034;J&#233;sus&#034; des chr&#233;tiens est-il le &#034;'&#206;s&#226; &#034; des musulmans ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans le Coran, J&#233;sus appara&#238;t soit sous le nom de &#034; '&#206;s&#226; &#034;, soit celui de &#034;Mas&#238;h&#034; ; or, le J&#233;sus des chr&#233;tiens arabes se nomme Yas&#251;', lui-m&#234;me issu de l'h&#233;breu &lt;i&gt;Y&#233;sh&#251;'&lt;/i&gt;, diminutif de &lt;i&gt;Y&#233;h&#244;sh&#251;a&lt;/i&gt; (Josu&#233;) signifiant &#034;Dieu sauve&#034;. Yas&#251;' viendrait donc de la racine &lt;i&gt;Y&#226;sha'&lt;/i&gt;, &#034;sauver&#034;, distincte de la racine de '&#206;s&#226;, dont l'origine et la signification demeurent incertaines.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb27' class='spip_note' rel='appendix' title='Nous nous appuyons ici essentiellement sur la pr&#233;cieuse &#233;tude r&#233;alis&#233;e par (...)' id='nh27'&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Certains ont &#233;voqu&#233; une simple d&#233;formation du nom par d&#233;placement du &lt;i&gt;'ayn&lt;/i&gt; final au d&#233;but du mot (m&#233;tath&#232;se) et modification de voyelle longue &#034;&#251;&#034; en &#034;&#226;&#034;, mais qui n'en fait pas moins r&#233;f&#233;rence &#224; une m&#234;me personne ; cependant, l'ampleur de la transformation rend cette hypoth&#232;se douteuse.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb28' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid, p.143.' id='nh28'&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Fran&#231;ois Jourdan penche pour la version selon laquelle '&#206;s&#226; proviendrait de 'Ysa&#251;, nom s&#233;mitique d'Esa&#252;, alors utilis&#233; par les Juifs pour d&#233;signer les chr&#233;tiens. Sans rentrer dans l'ensemble des analyses linguistiques et historiques venant &#233;tayer telle ou telle affirmation, ces hypoth&#232;ses n'en r&#233;v&#232;lent pas moins la difficult&#233; &#224; assimiler de fait le &#034;Yas&#251;' &#034; du Nouveau Testament au &#034;'&#206;s&#226; &#034; du Coran, bien que le fait qu'il y soit d&#233;sign&#233; comme &#034;fils de Marie&#034; nous autorise &#224; penser qu'il s'agit bel et bien d'un m&#234;me personnage.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;J&#233;sus dans la tradition musulmane&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les nombreux r&#233;cits de la tradition musulmane consacr&#233;s &#224; J&#233;sus insistent notamment sur sa puret&#233;, comme ce c&#233;l&#232;bre had&#238;th de Bukh&#226;r&#238; : &#034;&lt;i&gt;Lorsque chaque &#234;tre humain na&#238;t, Satan touche de ses deux doigts les deux c&#244;t&#233;s de son corps, sauf J&#233;sus, fils de Marie, que Satan n'a pas r&#233;ussi &#224; toucher, n'effleurant que le placenta.&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb29' class='spip_note' rel='appendix' title='Bukh&#226;r&#238;, 4:54:506.' id='nh29'&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; De m&#234;me, selon un had&#238;th attribu&#233; au proph&#232;te Mohammad, ce dernier aurait affirm&#233; que &#034;&lt;i&gt;De tous les proph&#232;tes, le plus proche de moi est J&#233;sus,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;fils de Marie. Il y a entre lui et moi aucun autre proph&#232;te&lt;/i&gt;&#034;. Le message du Christ appara&#238;t donc comme &#233;troitement li&#233; &#224; la r&#233;v&#233;lation mohammadienne qui ne viendrait que l'approfondir et en restaurer le sens vrai ; J&#233;sus et Mohammad n'&#233;tant cependant que les deux p&#244;les d'une v&#233;rit&#233; unique. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, les chr&#233;tiens sont &#233;galement consid&#233;r&#233;s comme les croyants les plus proches des musulmans : &#034;&lt;i&gt;Tu trouveras certes que les plus dispos&#233;s &#224; aimer les croyants [&lt;/i&gt;musulmans&lt;i&gt;] sont ceux qui disent &#034;Nous sommes chr&#233;tiens&lt;/i&gt;&#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb30' class='spip_note' rel='appendix' title='Coran, 5:82.' id='nh30'&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1668 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L246xH336/875-5-a4fa8.jpg?1686644022' width='246' height='336' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:246px;'&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;Sermon sur la montagne du Christ, miniature persane, date et auteur inconnus.&lt;/i&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus est &#233;galement &#034;pr&#233;sent&#034; dans plusieurs &#233;v&#233;nements de la vie du Proph&#232;te : comme le relate Martin Lings dans sa biographie consacr&#233;e au proph&#232;te Mohammad, lors de son voyage nocturne (&lt;i&gt;isr&#226;'&lt;/i&gt;) suivi de son ascension c&#233;leste (&lt;i&gt;mi'raj&lt;/i&gt;), accompagn&#233; de sa monture Bur&#226;q et de l'Archange Gabriel, &#034;&lt;i&gt;ils fil&#232;rent en direction du nord, d&#233;pass&#232;rent Yathrib et Khaybar et parvinrent enfin &#224; J&#233;rusalem. L&#224;, un groupe de proph&#232;tes - Abraham, Mo&#239;se, J&#233;sus et d'autres - se porta &#224; leur rencontre&#8230;&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb31' class='spip_note' rel='appendix' title='Lings, Martin, Le proph&#232;te Muhammad, Seuil, 2002.' id='nh31'&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Cet &#233;v&#233;nement n'est bien s&#251;r pas &#224; situer dans le temps &#034;historique&#034; qui est le n&#244;tre, mais dans le monde imaginal, lieu des &#233;v&#232;nements mystiques au-del&#224; de toute temporalit&#233; terrestre, o&#249;, d&#233;gag&#233;es de la lin&#233;arit&#233; du temps mat&#233;riel, toutes les rencontres deviennent possibles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;J&#233;sus selon la gnose chiite&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans la gnose chiite, J&#233;sus est avant tout consid&#233;r&#233; comme une &#233;piphanie (&lt;i&gt;mazhar&lt;/i&gt;) de l'un des aspects de la gloire divine apparaissant dans le monde sensible sans s'y incarner, telle une image se refl&#233;tant dans un miroir sans pour autant se confondre avec lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance de la figure du Christ est &#233;galement soulign&#233;e par plusieurs Im&#226;ms dont l'Im&#226;m S&#226;diq qui aurait d&#233;clar&#233; : &#034;&lt;i&gt;Sache que si quelqu'un renie J&#233;sus le fils de Marie, et reconna&#238;t tous les proph&#232;tes sauf lui, il n'est pas au nombre des croyants&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb32' class='spip_note' rel='appendix' title=''All&#226;meh Majl&#238;s&#238;, Bih&#226;r al-Anw&#226;r, 23, 96, 3.' id='nh32'&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; tandis que l'Im&#226;m B&#226;qir va m&#234;me jusqu'&#224; s'identifier avec le Christ, en s'inspirant des versets du Coran lui &#233;tant consacr&#233;s : &#034;&lt;i&gt;Je suis le Christ qui gu&#233;rit les aveugles et les l&#233;preux, qui donne vie aux oiseaux d'argile et qui dissipe les nu&#233;es. Je suis lui et il est moi&lt;/i&gt;&#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb33' class='spip_note' rel='appendix' title='Pr&#244;ne de l'Im&#226;m Mohammad B&#226;qir (Ve Im&#226;m du chiisme), cit&#233; par Corbin, Henry, En (...)' id='nh33'&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Enfin, le septi&#232;me Im&#226;m, M&#251;s&#226; K&#226;zim, choisit de faire figurer une partie du texte des b&#233;atitudes de l'Evangile dans son testament spirituel.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1669 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L332xH252/875-6-1a973.jpg?1686644022' width='332' height='252' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:332px;'&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;L'ascension au ciel de J&#233;sus, miniature turque ancienne.&lt;/i&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;En outre, Nark&#232;s, la m&#232;re de l'Im&#226;m du Temps, le douzi&#232;me im&#226;m chiite, &#233;tait une princesse grecque chr&#233;tienne et descendante de l'un des ap&#244;tres du Christ, Simon-Pierre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb34' class='spip_note' rel='appendix' title='Selon la tradition chiite, la princesse Nark&#232;s serait la descendante de (...)' id='nh34'&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un jour, cette derni&#232;re voit en songe le Proph&#232;te Mohammad demander au Christ sa &#034;fille&#034; pour son propre fils, l'Im&#226;m du temps : &#034;&lt;i&gt;Christ, ayant regard&#233; longuement Simon-Pierre, lui dit : &#034;Honneur insigne et noblesse sont venus &#224; toi. Noue donc ce lien entre ta propre famille et la famille de Mohammad&lt;/i&gt;&#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb35' class='spip_note' rel='appendix' title='Hagiographie du XIIe Im&#226;m selon Shaykh Sad&#251;q, traduit par Henry Corbin in (...)' id='nh35'&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Les deux proph&#232;tes ainsi que les douze ap&#244;tres et les douze im&#226;ms du chiisme duod&#233;cimain seront par la suite t&#233;moins de cette union, qui scelle &#233;galement dans la conscience chiite un lien et une proximit&#233; unique entre J&#233;sus et l'Im&#226;m du Temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale et comme l'a soulign&#233; Henry Corbin dans son &#339;uvre, l'im&#226;mologie chiite est proche d'une certaine christologie des origines, celle des premiers si&#232;cles ayant suivi la mort du Christ ayant essentiellement d&#233;velopp&#233; une conception th&#233;ophanique du Christ ou &#034;&lt;i&gt;Christos Angelos&lt;/i&gt;&#034;, pr&#233;sent&#233; comme le reflet de l'un des attributs divin mais non son incarnation ; id&#233;e qui fut par la suite totalement &#233;vinc&#233;e par la christologie paulinienne ayant fait pr&#233;valoir le dogme de l'incarnation.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb36' class='spip_note' rel='appendix' title='&#034;La conception th&#233;ophanique (nullement limit&#233;e &#224; quelques savants sp&#233;culatifs, (...)' id='nh36'&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Or, cette conception se rapproche de la vision chiite des Im&#226;ms con&#231;us comme &#233;tant l'&#233;piphanie de la &#034;Forme&#034; de Dieu au travers de laquelle il manifeste ses Attributs sans s'y incarner.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;J&#233;sus dans la mystique musulmane&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus est une figure quasi-omnipr&#233;sente de la litt&#233;rature mystique musulmane o&#249; il incarne souvent l'invitation adress&#233;e &#224; chaque homme &#224; partir &#224; la recherche de la part de divin cach&#233;e en lui. Etroitement li&#233;e &#224; la figure de Maryam, le Christ typifie essentiellement la naissance spirituelle destin&#233;e &#224; s'accomplir au sein de chaque &#234;tre ; le corps devant auparavant &#234;tre &#034;purifi&#233;&#034; de toute mauvaise pens&#233;e ou acte pour pouvoir donner naissance au &#034;J&#233;sus de son &#234;tre&#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb37' class='spip_note' rel='appendix' title='Cette vision est fond&#233;e sur l'anthropologie coranique selon laquelle Dieu (...)' id='nh37'&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce sillage, au cours d'une r&#233;flexion sur la douleur, Mowl&#226;n&#226; Jal&#226;l-od-D&#238;n R&#251;m&#238; compare notre corps &#224; celui de Marie, que les douleurs de l'enfantement incit&#232;rent &#224; se r&#233;fugier vers un palmier dess&#233;ch&#233; qui porta alors ses fruits : &#034;&lt;i&gt;Le corps est pareil &#224; Marie, et chacun poss&#232;de en lui un J&#233;sus. Si nous &#233;prouvons en nous cette douleur, notre J&#233;sus na&#238;tra&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb38' class='spip_note' rel='appendix' title='R&#251;m&#238;, Jal&#226;l-ud-D&#238;n, Le livre du dedans (Fihi-m&#226;-f&#238;hi), traduit du persan par Eva (...)' id='nh38'&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pour enfin conclure : &#034;&lt;i&gt;Cherche un rem&#232;de tant que ton J&#233;sus est sur la terre : une fois ton J&#233;sus parti vers le ciel, ton rem&#232;de aura disparu&lt;/i&gt;&#034;. La figure du Christ, symbolisant ici l'&#226;me et la dimension spirituelle de chaque homme, souligne la n&#233;cessit&#233; de l'action dans cette vie, &#233;tant donn&#233; que l'occasion de nous perfectionner au travers nos actes ne nous sera plus donn&#233;e dans l'au-del&#224;. Nous retrouvons la m&#234;me th&#233;matique dans nombre de ses po&#232;mes : &#034;&lt;i&gt;Si tu es &#224; la recherche de l'&#226;ne, dans cette &#233;table du monde, Va chercher ton &#226;ne, mais J&#233;sus ne doit pas &#234;tre cherch&#233; l&#224;. J&#233;sus est s&#233;par&#233; de l'&#226;ne par la lumi&#232;re du c&#339;ur. [...] N'entre pas en lice avec un &#226;ne ; celui qui est mont&#233; sur l'&#226;ne&lt;/i&gt;.&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb39' class='spip_note' rel='appendix' title='R&#251;m&#238;, Jal&#226;l-ud-D&#238;n, Odes mystiques (D&#238;w&#226;n-e Shams-e Tabr&#238;z&#238;), traduit du persan (...)' id='nh39'&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; &#034;&lt;i&gt;Le chagrin qu'il&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb40' class='spip_note' rel='appendix' title='&#034;Il&#034; fait ici r&#233;f&#233;rence &#224; l' &#034;Ami&#034;, c'est &#224; dire la recherche de Dieu, ou de (...)' id='nh40'&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; me cause est dans mon c&#339;ur comme un tr&#233;sor, mon c&#339;ur est &#034;lumi&#232;re sur lumi&#232;re&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb41' class='spip_note' rel='appendix' title='Allusion &#224; la sourate &#034;La Lumi&#232;re&#034; du Coran.' id='nh41'&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, pareil &#224; la belle Maryam qui porte en son sein J&#233;sus.&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb42' class='spip_note' rel='appendix' title='R&#251;m&#238;, Jal&#226;l-ud-D&#238;n, Odes mystiques (D&#238;w&#226;n-e Shams-e Tabr&#238;z&#238;), traduit du persan (...)' id='nh42'&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; J&#233;sus est encore ici indissolublement li&#233; &#224; Marie, symbolisant la puret&#233; du corps n&#233;cessaire &#224; la naissance de l'enfant de l'&#226;me (&lt;i&gt;tefl-e j&#226;n&lt;/i&gt;). Le Christ incarne &#233;galement la lutte et le n&#233;cessaire d&#233;tachement de toute &#226;me &#224; la recherche de son vrai principe.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb43' class='spip_note' rel='appendix' title='Cette conception du Christ est parfaitement refl&#233;t&#233;e par cette anecdote cit&#233;e (...)' id='nh43'&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'anthropologie mystique de 'Al&#226;oddawleh Semn&#226;n&#238; (XIVe si&#232;cle) selon laquelle l'homme poss&#232;de sept organes subtils (&lt;i&gt;lat&#226;'if&lt;/i&gt;) correspondant &#224; une couleur et &#224; un proph&#232;te particulier, le &#034;J&#233;sus de ton &#234;tre&#034; correspond au &#034;myst&#232;re&#034; (&lt;i&gt;khaf&#238;&lt;/i&gt;) de la naissance spirituelle destin&#233;e &#224; s'accomplir dans chaque &#234;tre, annon&#231;ant ainsi la venue du &#034;Vrai Moi&#034;, ou le &#034;Mohammad de ton &#234;tre&#034;. Dans cette int&#233;riorisation de la figure christique, l' &#034;enl&#232;vement au monde&#034; de ce dernier symbolisera d&#232;s lors le retour du mystique &#224; son Principe et son occultation au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le motif de la Croix de Lumi&#232;re a &#233;galement &#233;t&#233; largement &#233;voqu&#233; par la gnose isma&#233;lienne qui pr&#233;sente une vision selon laquelle la vraie croix et le vrai Christ ne sont pas &#224; rechercher dans ce monde mais dans les profondeurs m&#234;me de la conscience du gnostique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus occupe &#233;galement une place centrale dans l'&#339;uvre d'Ibn 'Arab&#238; qui le consid&#232;re comme &#034;le sceau de la saintet&#233; (&lt;i&gt;wal&#226;yat&lt;/i&gt;)&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb44' class='spip_note' rel='appendix' title='Cette position a n&#233;anmoins &#233;t&#233; fortement critiqu&#233;e par certains penseurs et (...)' id='nh44'&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, face &#224; Mohammad qui est le &#034;sceau des proph&#232;tes&#034;. L'&#233;troite d&#233;pendance de J&#233;sus &#224; Marie - qui incarne la &lt;i&gt;Sophia&lt;/i&gt; &#233;ternelle - est &#233;galement largement &#233;voqu&#233;e dans son &#339;uvre. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, le couple J&#233;sus-Maryam a souvent &#233;t&#233; mis en parall&#232;le avec celui de Adam et Eve, avec qui il entretient une relation d'opposition : si le F&#233;minin a originellement &#233;t&#233; existentialis&#233; par le Masculin sans besoin d'une m&#232;re, la naissance miraculeuse du Christ marque l'apparition du Masculin existenci&#233; par le F&#233;minin sans recours &#224; un p&#232;re. Le f&#233;minin se voit alors conf&#233;rer une dimension cr&#233;atrice essentielle, qui sera &#224; la source de tout un ensemble de r&#233;flexions gnostiques sur la notion de &#034;Sophia&#034; divine ou de &#034;F&#233;minin-cr&#233;ateur&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les diff&#233;rences profondes existant entre le Christ des chr&#233;tiens et le '&#206;s&#226; des musulmans r&#233;v&#233;lant deux diff&#233;rentes fa&#231;ons de concevoir la spiritualit&#233; et le rapport au divin, nous pouvons cependant constater certaines similitudes essentielles concernant le contenu m&#234;me du message du Christ et de l'islam : le J&#233;sus du Nouveau Testament vient pr&#234;cher l'av&#232;nement proche du royaume de Dieu, rejoignant ainsi l'une des th&#233;matiques centrales du Coran. Le message du Christ est essentiellement centr&#233; non sur la fondation d'une nouvelle religion, mais sur l'accomplissement de la Loi de Mo&#239;se, faisant &#233;cho &#224; la n&#233;cessit&#233; d'un retour au monoth&#233;isme pur d'Abraham dans le Coran qui se d&#233;finit essentiellement comme un &#034;rappel&#034;. Enfin, l'appel coranique &#224; une soumission &#224; Dieu ainsi que la n&#233;cessit&#233; de renoncer &#224; tout bien mat&#233;riel et m&#234;me &#224; ses attaches familiales n'est pas sans rappeler certains passages centraux de l'Evangile : ainsi, le verset &#034;&lt;i&gt;Les hommes sont irr&#233;sistiblement attir&#233;s, dans leurs passions trompeuses, par les femmes, les enfants, les amoncellements d'or et d'argent, les chevaux de race, les troupeaux et les champs. C'est l&#224; une jouissance &#233;ph&#233;m&#232;re de la vie d'ici-bas , mais c'est aupr&#232;s de&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Dieu que se trouve le meilleur s&#233;jour&lt;/i&gt;.&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb45' class='spip_note' rel='appendix' title='Coran, 3:14.' id='nh45'&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; fait &#233;cho &#224; ce passage de l'Evangile de Saint Matthieu : &#034;&lt;i&gt;Et quiconque aura quitt&#233;, &#224; cause de mon nom, ses fr&#232;res, ou ses s&#339;urs, ou son p&#232;re, ou sa m&#232;re, ou sa femme, ou ses enfants, ou ses terres, ou ses maisons, recevra le centuple, et h&#233;ritera la vie &#233;ternelle.&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb46' class='spip_note' rel='appendix' title='Mat. 19:29.' id='nh46'&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, contrairement au christianisme o&#249; l'&#233;radication des mouvements gnostiques des premiers si&#232;cles apr&#232;s J&#233;sus-Christ et les diff&#233;rents Conciles ont donn&#233; lieu &#224; l'&#233;mergence d'une d&#233;finition &#034;officielle&#034; de la nature du Christ, l'absence d'un magist&#232;re dogmatique unique en islam a favoris&#233; un v&#233;ritable foisonnement de la conscience gnostique ainsi que la multiplication des r&#233;flexions sur les diff&#233;rentes dimensions th&#233;ophaniques et mystiques du Christ. J&#233;sus s'affirme donc en islam comme un proph&#232;te qui sauve non au travers de sa crucifixion, mais en incarnant lui-m&#234;me la parole de Dieu, et en invitant chacun &#224; la suivre : &#034;&lt;i&gt;Il faut achever la marche d'Abraham ; c'est cela entendre les verset qor&#226;niques &#034;par le J&#233;sus de ton &#234;tre&#034;, et c'est te mettre en mesure, toute vaine gloire bannie de ta pens&#233;e quand s'&#233;piphanise la Lumi&#232;re sacrosainte, de r&#233;pondre toi aussi par les mots m&#234;mes que J&#233;sus prononce dans le Qor&#226;n : &#034;Tu sais ce qu'il y a au fond de moi-m&#234;me, mais je ne sais pas ce qu'il y a en Toi. Car c'est Toi qui connais les myst&#232;res&#034;&lt;/i&gt;&#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb47' class='spip_note' rel='appendix' title='&#034;Les Sept organes subtils selon Semn&#226;n&#238;&#034; in Corbin, Henry, En islam (...)' id='nh47'&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces proph&#232;tes sont appel&#233;s &#034;&lt;i&gt;ul&#251;'-l-'azm&lt;/i&gt;&#034;, ou hommes de la d&#233;cision. Certaines traditions incluent &#233;galement David et son psautier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(3:45).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bah&#238;ra aurait ainsi reconnu le &#034;Sceau de la Proph&#233;tie&#034; ou &#034;marque du Proph&#232;te&#034; sur l'&#233;paule du proph&#232;te Mohammad enfant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le proph&#232;te Mohammad signa un pacte avec cette communaut&#233;, fondant ainsi leur protection et leur droit en tant que minorit&#233; en terre musulmane. Ceci permettra par la suite de fonder le statut de &#034;prot&#233;g&#233;&#034; (&lt;i&gt;dhimmi&lt;/i&gt;) ayant permis au cours des si&#232;cles suivants une riche - et souvent trop rare - coexistence entre les &#034;religions du livre&#034;, notamment au Maghreb, en Espagne, en M&#233;sopotamie, en Syrie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La signification de &#034;&lt;i&gt;mas&#238;h&lt;/i&gt;&#034; comme &#034;oint&#034; est distincte de celle du christianisme, &#233;tant donn&#233; qu'il est d&#233;ni&#233; &#224; 'Is&#226; toute nature divine. &#034;&lt;i&gt;Mas&#238;h&lt;/i&gt;&#034; n'en provient pas moins de la racine arabe &#034;&lt;i&gt;m-s-h&lt;/i&gt;&#034; signifiant &#034;oindre d'huile&#034;, provenant elle-m&#234;me de l'h&#233;breu.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lehenhausen, Muhammad (trad.), &lt;i&gt;Jesus through shi'ite narration, selected by Mahd&#238; Muntazir Q&#226;'im&lt;/i&gt;, Ansary&#226;n Publication 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette notion est parfois traduite par &#034;Esprit Saint&#034; (&lt;i&gt;R&#251;h al-Qudus&lt;/i&gt;), qui est cependant fondamentalement diff&#233;rente de la notion d'Esprit Saint comme troisi&#232;me personne de la Trinit&#233; telle qu'elle est con&#231;ue par le christianisme. L' &#034;Esprit divin&#034; ou &#034;l'Esprit de Dieu&#034; tel qu'il est le plus souvent &#233;voqu&#233; dans la tradition islamique fait r&#233;f&#233;rence au souffle divin ayant insuffl&#233; la vie &#224; Adam et qui, par extension, d&#233;signe la part de divin pr&#233;sent dans chaque &#234;tre anim&#233; par ce &#034;souffle&#034;. Concernant l' &#034;annonce&#034; faite &#224; Marie et la naissance miraculeuse du Christ selon l'islam, se r&#233;f&#233;rer &#224; l'article &#034;De Sainte Marie &#224; Maryam Moqaddas : la Vierge dans la tradition islamique et la &#034;Maison de Marie&#034; &#224; &#201;ph&#232;se&#034;, Revue de T&#233;h&#233;ran, avril 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='appendix'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;&lt;i&gt;Pour Dieu, l'origine de J&#233;sus est similaire &#224; celle d'Adam. Dieu l'a cr&#233;&#233; d'argile, puis lui a dit &#034;Sois !&#034; et il fut&lt;/i&gt;.&#034; (3:59).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='appendix'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;&lt;i&gt;Et quand Dieu dira : &#034;J&#233;sus, fils de Marie, rappelle-toi Mon bienfait sur toi et sur ta m&#232;re quand Je te fortifiais du Saint-Esprit. Au berceau tu parlais aux gens, tout comme en ton &#226;ge m&#251;r&lt;/i&gt;.&#034;(5:110).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='appendix'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Coran, 19:30-32.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='appendix'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. note 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb12'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh12' class='spip_note' title='Notes 12' rev='appendix'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;(&lt;i&gt;Rappelle-toi le moment) o&#249; les Ap&#244;tres dirent : &#034;&#244; J&#233;sus, fils de Marie, se peut-il que ton Seigneur fasse descendre sur nous du ciel une table servie ?&#034; Il leur dit : &#034;Craignez plut&#244;t Dieu, si vous &#234;tes croyants&#034;. Ils dirent : &#034;Nous voulons en manger, rassurer ainsi nos c&#339;urs, savoir que tu nous as r&#233;ellement dit la v&#233;rit&#233; et en &#234;tre parmi les t&#233;moins&#034;.&#034;Dieu, notre Seigneur, dit J&#233;sus, fils de Marie, fais descendre du ciel sur nous une table servie qui soit une f&#234;te pour nous, pour le premier d'entre nous, comme pour le dernier, ainsi qu'un signe de Ta part. Nourris-nous : Tu es le meilleur des nourrisseurs.&#034; &#034;Oui, dit Dieu, Je la ferai descendre sur vous. Mais ensuite, quiconque d'entre vous refuse de croire, Je le ch&#226;tierai d'un ch&#226;timent dont Je ne ch&#226;tierai personne d'autre dans l'univers.&lt;/i&gt;&#034; (5:112-115). &#034;La Table Servie&#034; est &#233;galement le nom de la cinqui&#232;me sourate du Coran.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb13'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh13' class='spip_note' title='Notes 13' rev='appendix'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid, 5:110.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb14'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh14' class='spip_note' title='Notes 14' rev='appendix'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La sourate Al-Ikhl&#226;s r&#233;sume cette id&#233;e d'unicit&#233; et de transcendance absolue : &#034;Dis : &#034;&lt;i&gt;Il est Dieu, Unique. Dieu, Le Seul &#224; &#234;tre implor&#233; pour ce que nous d&#233;sirons. Il n'a jamais engendr&#233;, ni n'a &#233;t&#233; engendr&#233;. Et nul n'est &#233;gal &#224; Lui&lt;/i&gt;&#034; Ibid, 112:1-4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb15'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh15' class='spip_note' title='Notes 15' rev='appendix'&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid, 5:116.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb16'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh16' class='spip_note' title='Notes 16' rev='appendix'&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid, 5:117.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb17'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh17' class='spip_note' title='Notes 17' rev='appendix'&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;&lt;i&gt;Je t'enseignais le Livre, la Sagesse, la Thora et l'Evangile.&lt;/i&gt;&#034; (5:110).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb18'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh18' class='spip_note' title='Notes 18' rev='appendix'&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;&lt;i&gt;Et Nous avons envoy&#233; apr&#232;s eux J&#233;sus, fils de Marie, pour confirmer ce qu'il y avait dans la Thora avant lui. Et Nous lui avons donn&#233; l'Evangile, o&#249; il y a guide et lumi&#232;re, pour confirmer ce qu'il y avait dans la Thora avant lui, et un guide et une exhortation pour les pieux.&lt;/i&gt;&#034; (5:46).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb19'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh19' class='spip_note' title='Notes 19' rev='appendix'&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Coran, 57:27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb20'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh20' class='spip_note' title='Notes 20' rev='appendix'&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;&lt;i&gt;Mohammad est le Messager de Dieu. Et ceux qui sont avec lui sont durs envers les m&#233;cr&#233;ants, mis&#233;ricordieux entre eux. Tu les vois inclin&#233;s, prostern&#233;s, recherchant de Dieu gr&#226;ce et agr&#233;ment. Leurs visages sont marqu&#233;s par la trace laiss&#233;e par la prosternation. Telle est leur image dans la Thora. Et l'image que l'on donne d'eux dans l'Evangile est celle d'une semence qui sort sa pousse, puis se raffermit, s'&#233;paissit, et ensuite se dresse sur sa tige, &#224; l'&#233;merveillement des semeurs. [Dieu] par eux [les croyants] remplit de d&#233;pit les m&#233;cr&#233;ants. Dieu promet &#224; ceux d'entre eux qui croient et font de bonnes &#339;uvres, un pardon et une &#233;norme r&#233;compense.&lt;/i&gt;&#034; (48:29).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb21'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh21' class='spip_note' title='Notes 21' rev='appendix'&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Matthieu, 13:23. Nous retrouvons la m&#234;me parabole dans l'Evangile selon Saint Marc : &#034;&lt;i&gt;D'autres re&#231;oivent la semence dans la bonne terre ; ce sont ceux qui entendent la parole, la re&#231;oivent, et portent du fruit, trente, soixante, et cent pour un&lt;/i&gt;&#034;, Marc, 4:20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb22'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh22' class='spip_note' title='Notes 22' rev='appendix'&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Matthieu, 13:38.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb23'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh23' class='spip_note' title='Notes 23' rev='appendix'&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;&lt;i&gt;Et quand J&#233;sus fils de Marie dit : &#034;&#244; Enfants d'Isra&#235;l, je suis vraiment le Messager de Dieu [envoy&#233;] &#224; vous, confirmateur de ce qui, dans la Thora, est ant&#233;rieur &#224; moi, et annonciateur d'un Messager &#224; venir apr&#232;s moi, dont le nom sera &#034;Ahmad&#034;.&lt;/i&gt;&#034; (61:6).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb24'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh24' class='spip_note' title='Notes 24' rev='appendix'&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Coran, 4:157-158. Au sein m&#234;me du christianisme, cette th&#232;se est &#233;galement soutenue par les doc&#233;tistes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb25'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh25' class='spip_note' title='Notes 25' rev='appendix'&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La figure de l'ant&#233;christ ou du &#034;Christ imposteur&#034; (&lt;i&gt;al-Mas&#238;h ad-Dajj&#226;l&lt;/i&gt;) est une figure de l'eschatologie islamique pr&#233;tendant tant&#244;t &#233;galer Dieu, tant&#244;t &#234;tre Dieu lui-m&#234;me. Selon la tradition islamique, il est notamment pr&#233;vu que lors du jour du Jugement Dernier, il appara&#238;tra aveugle de l'&#339;il droit et engagera un ultime combat contre l'Im&#226;m Mahd&#238; ou &#034;l'Im&#226;m du Temps&#034; (&lt;i&gt;Im&#226;m az-Zam&#226;n&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb26'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh26' class='spip_note' title='Notes 26' rev='appendix'&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;&lt;i&gt;O gens du Livre [chr&#233;tiens], n'exag&#233;rez pas dans votre religion, et ne dites de Dieu que la v&#233;rit&#233;. Le Messie J&#233;sus, fils de Marie, n'est qu'un Messager de Dieu, Sa parole qu'Il envoya &#224; Marie, et un souffle (de vie) venant de Lui. Croyez donc en Dieu et en Ses messagers. Et ne dites pas &#034;Trois&#034;. Cessez ! Ce sera meilleur pour vous. Dieu n'est qu'un Dieu unique. Il est trop glorieux pour avoir un enfant. C'est &#224; Lui qu'appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre et Dieu suffit comme protecteur&lt;/i&gt;.&#034; (4:171).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb27'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh27' class='spip_note' title='Notes 27' rev='appendix'&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous nous appuyons ici essentiellement sur la pr&#233;cieuse &#233;tude r&#233;alis&#233;e par Fran&#231;ois Jourdan dans son ouvrage &lt;i&gt;Dieu des chr&#233;tiens, Dieu des musulmans, des rep&#232;res pour comprendre&lt;/i&gt;, Editions de l'&#338;uvre, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb28'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh28' class='spip_note' title='Notes 28' rev='appendix'&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid, p.143.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb29'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh29' class='spip_note' title='Notes 29' rev='appendix'&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bukh&#226;r&#238;, 4:54:506.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb30'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh30' class='spip_note' title='Notes 30' rev='appendix'&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Coran, 5:82.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb31'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh31' class='spip_note' title='Notes 31' rev='appendix'&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lings, Martin,&lt;i&gt; Le proph&#232;te Muhammad&lt;/i&gt;, Seuil, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb32'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh32' class='spip_note' title='Notes 32' rev='appendix'&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;'All&#226;meh Majl&#238;s&#238;, &lt;i&gt;Bih&#226;r al-Anw&#226;r&lt;/i&gt;, 23, 96, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb33'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh33' class='spip_note' title='Notes 33' rev='appendix'&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pr&#244;ne de l'Im&#226;m Mohammad B&#226;qir (Ve Im&#226;m du chiisme), cit&#233; par Corbin, Henry, &lt;i&gt;En islam iranien, aspects spirituels et philosophiques&lt;/i&gt;, Gallimard, T. 4., 1971, p.442.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb34'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh34' class='spip_note' title='Notes 34' rev='appendix'&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon la tradition chiite, la princesse Nark&#232;s serait la descendante de Simon-Pierre (&lt;i&gt;Sham'&#251;n&lt;/i&gt;), pr&#233;sent&#233; comme &#233;tant l' &#034;h&#233;ritier spirituel&#034; (&lt;i&gt;was&#238;&lt;/i&gt;) du Christ. Cf. &#034;L'hagiographie du XIIe Im&#226;m&#034; in Corbin, Henry, &lt;i&gt;En islam iranien, aspects spirituels et philosophiques&lt;/i&gt;, Gallimard, T. 4., 1971, p.442.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb35'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh35' class='spip_note' title='Notes 35' rev='appendix'&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hagiographie du XIIe Im&#226;m selon Shaykh Sad&#251;q, traduit par Henry Corbin in Corbin, Henry, E&lt;i&gt;n islam iranien, aspects spirituels et philosophiques&lt;/i&gt;, Gallimard, T. 4., 1971, p.313.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb36'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh36' class='spip_note' title='Notes 36' rev='appendix'&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;&lt;i&gt;La conception th&#233;ophanique (nullement limit&#233;e &#224; quelques savants sp&#233;culatifs, mais partag&#233;e par tous les milieux spirituels o&#249; firent &#233;closion les Apocryphes) est celle d'une &lt;/i&gt;Apparition&lt;i&gt; qui est &lt;/i&gt;transparition&lt;i&gt; de la divinit&#233; par le miroir de l'humanit&#233;, &#224; la fa&#231;on dont la lumi&#232;re ne devient visible qu'en prenant forme et en transparaissant &#224; travers la figure d'un vitrail. C'est une union qui est per&#231;ue non pas au plan des donn&#233;es sensibles, mais au plan de la Lumi&#232;re qui les transfigure, c'est-&#224;-dire dans la &#034;Pr&#233;sence Imaginative&#034;. La divinit&#233; est dans l'humanit&#233; comme l'Image dans un miroir. [&#8230;] Par contre, l'Incarnation est une union hypostatique. Elle advient &#034;dans la chair&lt;/i&gt;&#034;.&#034;, Corbin, Henry, &lt;i&gt;L'Imagination cr&#233;atrice dans le soufisme d'Ibn 'Arab&#238;&lt;/i&gt;, Entrelacs, 2006, p.286.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb37'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh37' class='spip_note' title='Notes 37' rev='appendix'&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette vision est fond&#233;e sur l'anthropologie coranique selon laquelle Dieu aurait &#034;insuffl&#233;&#034; l'&#226;me de chaque &#234;tre. Cet &#233;v&#233;nement est notamment relat&#233; dans la sourate al-Hijr, lorsque Dieu s'adresse aux anges : &#034;&lt;i&gt;Je vais cr&#233;er un homme d'argile crissante, extraite d'une boue mall&#233;able, et d&#232;s que Je l'aurais harmonieusement form&#233; et lui aurait insuffl&#233; Mon souffle de vie, jetez-vous alors, prostern&#233;s devant lui&#034; Alors, les Anges se prostern&#232;rent tous ensemble&lt;/i&gt;&#034;, (15:28-30).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb38'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh38' class='spip_note' title='Notes 38' rev='appendix'&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R&#251;m&#238;, Jal&#226;l-ud-D&#238;n, &lt;i&gt;Le livre du dedans (Fihi-m&#226;-f&#238;hi)&lt;/i&gt;, traduit du persan par Eva de Vitray-Meyerovitch, Albin Michel, Spiritualit&#233;s Vivantes, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb39'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh39' class='spip_note' title='Notes 39' rev='appendix'&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R&#251;m&#238;, Jal&#226;l-ud-D&#238;n, &lt;i&gt;Odes mystiques (D&#238;w&#226;n-e Shams-e Tabr&#238;z&#238;)&lt;/i&gt;, traduit du persan par Eva de Vitray Meyerovitch et Mohammad Mokri, Points, Sagesses, 1973.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb40'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh40' class='spip_note' title='Notes 40' rev='appendix'&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;Il&#034; fait ici r&#233;f&#233;rence &#224; l' &#034;Ami&#034;, c'est &#224; dire la recherche de Dieu, ou de l'esprit divin pr&#233;sent dans chaque homme symbolis&#233; par J&#233;sus.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb41'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh41' class='spip_note' title='Notes 41' rev='appendix'&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Allusion &#224; la sourate &#034;La Lumi&#232;re&#034; du Coran.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb42'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh42' class='spip_note' title='Notes 42' rev='appendix'&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R&#251;m&#238;, Jal&#226;l-ud-D&#238;n, &lt;i&gt;Odes mystiques (D&#238;w&#226;n-e Shams-e Tabr&#238;z&#238;)&lt;/i&gt;, traduit du persan par Eva de Vitray Meyerovitch et Mohammad Mokri, Points, Sagesses, 1973.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb43'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh43' class='spip_note' title='Notes 43' rev='appendix'&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette conception du Christ est parfaitement refl&#233;t&#233;e par cette anecdote cit&#233;e par Semn&#226;n&#238; : &#034;&lt;i&gt;J&#233;sus sommeillait, ayant une brique pour coussin de t&#234;te. Alors vint le d&#233;mon maudit, qui s'arr&#234;ta &#224; son chevet. Lorsque J&#233;sus eut per&#231;u la pr&#233;sence du maudit, il s'&#233;veilla et dit : &#034;Pourquoi es-tu venu pr&#232;s de moi, &#244; maudit ? - Je suis venu chercher mes affaires. - Et quelles affaires sont donc &#224; toi ici ? - Cette brique sur laquelle tu reposes ta t&#234;te&lt;/i&gt;.&lt;i&gt;&#034; Alors&lt;/i&gt; R&#251;h Allah (Spiritus Dei = &lt;i&gt;J&#233;sus) saisit la brique et lui lan&#231;a &#224; la face&lt;/i&gt;&#034;. Op. cit. Corbin, Henry, &lt;i&gt;En islam iranien, aspects spirituels et philosophiques&lt;/i&gt;, T.3, Gallimard, 1971, p.284.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb44'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh44' class='spip_note' title='Notes 44' rev='appendix'&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette position a n&#233;anmoins &#233;t&#233; fortement critiqu&#233;e par certains penseurs et gnostiques chiites comme Haydar Amol&#238;, pour qui le sceau de la &lt;i&gt;wal&#226;yat&lt;/i&gt; ne peut &#234;tre que le Premier Im&#226;m.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb45'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh45' class='spip_note' title='Notes 45' rev='appendix'&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Coran, 3:14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb46'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh46' class='spip_note' title='Notes 46' rev='appendix'&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mat. 19:29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb47'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh47' class='spip_note' title='Notes 47' rev='appendix'&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;Les Sept organes subtils selon Semn&#226;n&#238;&#034; in Corbin, Henry, &lt;i&gt;En islam iranien, aspects spirituels et philosophiques&lt;/i&gt;, T.3, Gallimard, 1971, p.287.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Anawati, Georges C.,&#034;'&#206;s&#226;&#034;, &lt;i&gt;Encyclopaedia of Islam Online&lt;/i&gt;, Brill Academic Publishers.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Brague, R&#233;mi, &lt;i&gt;Du Dieu des chr&#233;tiens et d'un ou deux autres&lt;/i&gt;, Flammarion, 2008.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Corbin, Henry, &lt;i&gt;En islam iranien, aspects spirituels et philosophiques&lt;/i&gt;, T. 1, 3 et 4, Gallimard, 1971.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Corbin, Henry, &lt;i&gt;L'Imagination cr&#233;atrice dans le soufisme d'Ibn 'Arab&#238;&lt;/i&gt;, Entrelacs, 2006.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Gloton, Maurice, &lt;i&gt;Une approche du Coran par la grammaire et la langue&lt;/i&gt;, Albouraq, 2002.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Ibn 'Arab&#238;, &lt;i&gt;Le livre des chatons de la sagesse&lt;/i&gt; (Fos&#251;s al-Hikam), traduction en fran&#231;ais de Charles-Andr&#233; Gilis, Albouraq, 1999.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Jourdan, Fran&#231;ois, &lt;i&gt;Dieu des chr&#233;tiens, Dieu des musulmans, des rep&#232;res pour comprendre&lt;/i&gt;, Editions de l'&#338;uvre, 2007.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Khalidi, Tarif, &lt;i&gt;The muslim Jesus : sayings and stories in islamic literature,&lt;/i&gt; Harvard University Press, 2001.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Lehenhausen, Muhammad (trad.), &lt;i&gt;Jesus through shi'ite narration&lt;/i&gt;, selected by Mahd&#238; Muntazir Q&#226;'im, Ansaryan Publication 2004.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Lings, Martin, &lt;i&gt;Le proph&#232;te Muhammad&lt;/i&gt;, Seuil, 2002.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; R&#251;m&#238;, Jal&#226;l-ud-D&#238;n, &lt;i&gt;Le livre du dedans (Fihi-m&#226;-f&#238;hi)&lt;/i&gt;, traduit du persan par Eva de Vitray-Meyerovitch, Albin Michel, Spiritualit&#233;s Vivantes, 1997.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; R&#251;m&#238;, Jal&#226;l-ud-D&#238;n, &lt;i&gt;Odes mystiques (D&#238;w&#226;n-e Shams-e Tabr&#238;z&#238;)&lt;/i&gt;, traduit du persan par Eva de Vitray Meyerovitch et Mohammad Mokri, Points, Sagesses, 1973.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Urvoy, Marie-Th&#233;r&#232;se, article &#034;J&#233;sus&#034; in Amir-Moezzi, Mohammad Ali (dir.), &lt;i&gt;Dictionnaire du Coran&lt;/i&gt;, Robert Laffont, 2007.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le patriarcat arm&#233;nien de Jolf&#226; et ses relations tumultueuses avec Rome</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article874</link>
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		<dc:date>2009-01-01T09:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Babak Ershadi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Au d&#233;but du XVIIe si&#232;cle, apr&#232;s s'&#234;tre install&#233;s &#224; Jolf&#226;, les immigr&#233;s arm&#233;niens y fond&#232;rent leur patriarcat pour administrer les affaires religieuses de la population arm&#233;nienne. A Jolf&#226; de Nakhitchevan, les Arm&#233;niens avaient une &#233;glise et un monast&#232;re d&#233;di&#233;s &#224; Saint Amenaprgich (Saint Sauveur). C'est la raison pour laquelle les Arm&#233;niens d'Ispahan construisirent dans le quartier Jolf&#226; une petite &#233;glise dans un petit monast&#232;re du m&#234;me nom. Cependant, ce dernier n'avait pas assez de place pour loger les (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique121" rel="directory"&gt;N&#176; 38, janvier 2009&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton874-6aa53.jpg?1686646950' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au d&#233;but du XVIIe si&#232;cle, apr&#232;s s'&#234;tre install&#233;s &#224; Jolf&#226;, les immigr&#233;s arm&#233;niens y fond&#232;rent leur patriarcat pour administrer les affaires religieuses de la population arm&#233;nienne. A Jolf&#226; de Nakhitchevan, les Arm&#233;niens avaient une &#233;glise et un monast&#232;re d&#233;di&#233;s &#224; Saint Amenaprgich (Saint Sauveur). C'est la raison pour laquelle les Arm&#233;niens d'Ispahan construisirent dans le quartier Jolf&#226; une petite &#233;glise dans un petit monast&#232;re du m&#234;me nom. Cependant, ce dernier n'avait pas assez de place pour loger les religieux et les jeunes &#233;l&#232;ves, par cons&#233;quent, ils &#233;difi&#232;rent une plus grande &#233;glise dans le monast&#232;re d'Amenaprgich en 1664 qui devint le si&#232;ge du patriarcat des Arm&#233;niens de Jolf&#226;.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1662 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L381xH273/874-1-a6149.jpg?1686646950' width='381' height='273' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Eglise de Saint St&#233;phanus, Jolf&#226;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le patriarcat de Jolf&#226; comprenait le quartier Jolf&#226; d'Ispahan, ainsi que les villages de population arm&#233;nienne dans la province de Tchah&#226;r Mahal-o-Bakhtiy&#226;ri, les villes de Farid&#226;n, Solt&#226;n&#226;b&#226;d (l'Arak actuelle), Kharagh&#226;n, Kazz&#226;z, Azn&#226;, Aligoudarz, Hamad&#226;n, Shir&#226;z, Boushehr, Mashhad, et plus tard T&#233;h&#233;ran et des villes de la province du Khouzist&#226;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un groupe d'Arm&#233;niens de Jolf&#226; immigr&#232;rent en Inde et en Asie du sud-est, mais ils &#233;taient toujours soumis au patriarcat de Jolf&#226;. C'est pourquoi, par la suite, le patriarcat de Jolf&#226; prit le statut de patriarcat du sud de l'Iran et de l'Inde, exp&#233;diant pr&#234;tres et missionnaires dans diverses zones de cette vaste r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les patriarches de Jolf&#226;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1605, le patriarcat de Jolf&#226; &#233;tait administr&#233; par les religieux arm&#233;niens de Jolf&#226; et parfois par des religieux venant d'autres r&#233;gions. L'&#233;v&#234;que Mesrop fut le premier patriarche de Jolf&#226;. Dans ces &#233;crits, Ghukasi&#226;n a pr&#233;sent&#233; une liste des dirigeants religieux des Arm&#233;niens d'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Conflits &#224; partir du XVIIe si&#232;cle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A partir du XVIIe si&#232;cle, les catholiques d'Europe apprirent la pr&#233;sence d'une population chr&#233;tienne compos&#233;e d'Arm&#233;niens &#224; Jolf&#226; et dans les villages de population arm&#233;nienne &#224; Fereydan, dans la province de Tchah&#226;r Mahal-o-Bakhtiy&#226;ri et d'autres r&#233;gions d'Iran. C'est pour cette raison que les rois de diff&#233;rents pays europ&#233;ens ainsi que le pape, en tant que leader des catholiques, exp&#233;di&#232;rent des missionnaires &#224; Ispahan afin de convertir les Arm&#233;niens au catholicisme. Sous le r&#232;gne du roi Sh&#226;h Abb&#226;s, le d&#233;veloppement des relations politiques de la cour safavide avec l'Europe dans le but de faire face &#224; la menace de l'Empire ottoman, permit aux missionnaires catholiques de s'installer en Iran, notamment &#224; Ispahan, et de construire une &#233;glise &#224; Jolf&#226;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conscient de la tol&#233;rance de Sh&#226;h Abb&#226;s &#224; l'&#233;gard des chr&#233;tiens, le roi d'Espagne, Philippe III envoya, au d&#233;but du XVIIe si&#232;cle, son ambassadeur Antonio de Govea en Iran, accompagn&#233; par deux pr&#234;tres catholiques de l'ordre de Saint Augustin. Sh&#226;h Abb&#226;s autorisa Antonio de Dovea &#224; fonder une &#233;glise &#224; Ispahan (Figuera, 1984, p. 219).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de temps apr&#232;s, le pape Cl&#233;ment VIII confia &#224; un pr&#234;tre de l'ordre des carm&#233;lites, Peret Jeantade, la mission de propager le catholicisme en Iran. La d&#233;l&#233;gation papale arriva en Iran, via la Russie. Apr&#232;s avoir re&#231;u les cadeaux du pape, Sh&#226;h Abb&#226;s autorisa les envoy&#233;s du souverain pontife &#224; s'installer &#224; Ispahan et &#224; y construire une &#233;glise et un petit monast&#232;re. Peret Jeantade v&#233;cut longtemps &#224; Ispahan. Il fut tr&#232;s proche de la cour de Sh&#226;h Abb&#226;s et comptait parmi ses interpr&#232;tes (Houshang Mahdavi, 1976, p. 72).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les j&#233;suites arriv&#232;rent &#224; Ispahan en 1643. Ils fond&#232;rent, eux aussi, une &#233;glise &#224; Jolf&#226; et propag&#232;rent le catholicisme parmi les Arm&#233;niens (Youzuktchi&#226;n, 1998, p. 20). Les missionnaires catholiques de l'ordre Saint Dominicain fond&#232;rent, eux, leur &#233;glise dans le quartier &#034;Sangtar&#226;sh&#226;n&#034; (tailleurs de pierre) de Jolf&#226; en 1682 (Houshang Mahdavi, 1976, p. 1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les missionnaires de diff&#233;rents ordres catholiques s'install&#232;rent les uns apr&#232;s les autres &#224; Jolf&#226;. Ils construisent ainsi trois &#233;glises &#224; Ispahan et quatre &#233;glises &#224; Jolf&#226;. L'&#233;glise Avdic, b&#226;tie par la famille arm&#233;nienne Sh&#226;hrimani&#226;n fut par la suite d&#233;truite, mais l'&#233;glise des pr&#234;tres dominicains existe toujours dans le quartier &#034;Sangtar&#226;sh&#226;n&#034; de Jolf&#226;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les activit&#233;s des missionnaires catholiques &#224; Jolf&#226; en vue de convertir les Arm&#233;niens cr&#233;&#232;rent de nombreux probl&#232;mes pour le patriarcat de Jolf&#226; et la communaut&#233; arm&#233;nienne.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1663 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L381xH286/874-2-bc6d9.jpg?1686646950' width='381' height='286' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Eglise de Saint St&#233;phanus, Jolf&#226;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Pour convertir les Arm&#233;niens de Jolf&#226; au catholicisme, les missionnaires venus d'Europe n'h&#233;sitaient pas &#224; les aider financi&#232;rement. En cons&#233;quence, le patriarcat de Jolf&#226; ne tarda pas &#224; s'opposer &#224; ces missionnaires catholiques. Le conflit &#233;clata surtout sous le roi Sh&#226;h Soleym&#226;n. Les j&#233;suites venaient de fonder une nouvelle &#233;glise &#224; Jolf&#226; baptis&#233;e Saint Hovsep. En r&#233;action aux activit&#233;s des j&#233;suites, le patriarche de Jolf&#226; de l'&#233;poque, Stepanos, &#233;crivit une lettre au roi safavide pour se plaindre du fait que les missionnaires catholiques venus d'Europe avaient cr&#233;&#233; nombre de probl&#232;mes pour la communaut&#233; arm&#233;nienne de Jolf&#226;, &#233;voquant ensuite que les missionnaires catholiques &#233;taient des espions des cours d'Europe dans la capitale safavide. Le roi d&#233;cida de restreindre quelque peu les activit&#233;s des envoy&#233;s du Vatican. Cependant, la famille Sh&#226;hrimani&#226;n, compos&#233;e de riches commer&#231;ants de Jolf&#226; convertis au catholicisme, soutenait les missionnaires catholiques et les Arm&#233;niens convertis au catholicisme. Finalement, les Arm&#233;niens r&#233;ussirent &#224; obtenir un d&#233;cret de Sh&#226;h Soleym&#226;n en 1689 pour chasser les missionnaires catholiques de Jolf&#226; et d&#233;truire l'&#233;glise des carm&#233;lites. Le 25 f&#233;vrier 1709, Alexander Jasligh, grand Katolikos des Arm&#233;niens de Jolf&#226;, &#233;crivit une lettre au pape Cl&#233;ment XI pour porter plainte contre les missionnaires venus du Vatican. La r&#233;ponse du pape attisa les tensions &#224; Jolf&#226;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'indignant des activit&#233;s divisionnistes des missionnaires catholiques, le grand Katolikos de Jolf&#226; demanda l'aide au roi safavide, Sh&#226;h Sult&#226;n Hossein. Dans une lettre qu'il adressa au roi, il qualifia les missionnaires du Vatican de &#034;personae non gratae&#034; et d'espions des pays europ&#233;ens. Sh&#226;h Sult&#226;n Hossein &#233;mit par la suite un d&#233;cret en vue d'interdire les activit&#233;s des pr&#234;tres catholiques parmi la population arm&#233;nienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#234;tres catholiques tent&#232;rent cependant en 1723 de fonder une &#233;cole &#224; Jolf&#226; pour convertir progressivement les enfants arm&#233;niens au catholicisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patriarcat des Arm&#233;niens de Jolf&#226; porta de nouveau plainte, cette fois-ci aupr&#232;s de Sheikh al-Isl&#226;m d'Ispahan. Ce dernier r&#233;pondit dans une lettre adress&#233;e au patriarche de Jolf&#226;, que les missionnaires catholiques venus de Rome n'auraient pas le droit de fonder des &#233;coles &#224; Jolf&#226; ou de se m&#234;ler de l'&#233;ducation des enfants arm&#233;niens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un si&#232;cle plus tard, en 1840, une nouvelle g&#233;n&#233;ration de missionnaires catholiques reprit ses activit&#233;s &#224; Jolf&#226;. Le fran&#231;ais Berger y &#233;tablit une &#233;cole pour les enfants arm&#233;niens. Le patriarcat des Arm&#233;niens sollicita alors l'aide au roi q&#226;dj&#226;r, Mohammad Ali Sh&#226;h. Pour mettre fin au conflit, le roi &#233;mit un nouveau d&#233;cret pour interdire l'ing&#233;rence des pr&#234;tres des diff&#233;rents ordres dans les affaires religieuses d'autres confessions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;cret - dont l'original est pr&#233;serv&#233; &#224; la biblioth&#232;que d'Amenaprgich -, mit d&#233;finitivement fin aux inqui&#233;tudes des Arm&#233;niens de Jolf&#226; et de leur patriarcat. Les pr&#234;tres catholiques quitt&#232;rent Jolf&#226;, et le long conflit confessionnel au sein de la communaut&#233; arm&#233;nienne prit fin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien avec l'archev&#234;que arm&#233;nien Sebouh Sarkissian</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article873</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article873</guid>
		<dc:date>2009-01-01T08:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sarah Mird&#226;m&#226;di</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La constitution de la R&#233;publique islamique d'Iran reconna&#238;t officiellement trois minorit&#233;s religieuses, y compris les chr&#233;tiens, et indique qu'elles sont libres de pratiquer leur religion. Y a-t-il des obstacles dans la pratique ? &lt;br class='autobr' /&gt;
En th&#233;orie et en pratique, les chr&#233;tiens sont totalement libres de pratiquer leur religion, ainsi que les autres minorit&#233;s comme les juifs ou chr&#233;tiens. Tant qu'ils restent dans la limite de leurs institutions et ne font pas de pros&#233;lytisme, il n'y a pas de probl&#232;me. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique121" rel="directory"&gt;N&#176; 38, janvier 2009&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L120xH150/arton873-2795f.jpg?1686646950' width='120' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;La constitution de la R&#233;publique islamique d'Iran reconna&#238;t officiellement trois minorit&#233;s religieuses, y compris les chr&#233;tiens, et indique qu'elles sont libres de pratiquer leur religion. Y a-t-il des obstacles dans la pratique ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En th&#233;orie et en pratique, les chr&#233;tiens sont totalement libres de pratiquer leur religion, ainsi que les autres minorit&#233;s comme les juifs ou chr&#233;tiens. Tant qu'ils restent dans la limite de leurs institutions et ne font pas de pros&#233;lytisme, il n'y a pas de probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, certains probl&#232;mes peuvent se produire en ce qui concerne l'enregistrement des mariages et des divorces aupr&#232;s des autorit&#233;s iraniennes qui, parfois, prennent un peu de temps &#224; le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, dans l'espace public, nous sommes &#233;galement tenus de se conformer &#224; un certain nombre de r&#232;gles, en particulier pour ce qui concerne le voile pour les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1660 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L162xH224/873-1-d8134.jpg?1686646950' width='162' height='224' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:162px;'&gt;&lt;strong&gt;Sebouh Sarkissian&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Pensez-vous que la communaut&#233; arm&#233;nienne a plus de libert&#233;s que les autres communaut&#233;s, telles que les juifs, les zoroastriens ...?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, le gouvernement essaie de traiter toutes les personnes des communaut&#233;s religieuses sur un pied d'&#233;galit&#233;, notamment sur le plan des droits et des libert&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Quels sont les efforts d&#233;ploy&#233;s pour promouvoir l'Arm&#233;nie et l'h&#233;ritage culturel chr&#233;tien ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des livres, brochures, et un quotidien sont publi&#233;s en arm&#233;nien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Selon vous, comment a &#233;volu&#233; la situation de la communaut&#233; arm&#233;nienne en Iran ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation s'est globalement am&#233;lior&#233;e. Par exemple, en Iran, la communaut&#233; des arm&#233;niens s'&#233;l&#232;ve &#224; environ &#224; 80 000 personnes. Nous avons pr&#232;s de 20 &#233;coles, un centre culturel, des centres sportifs, des publications, des nouvelles quotidiennes... Et maintenant, des arm&#233;niens sont &#224; la t&#234;te des &#233;coles arm&#233;niennes, ce qui aurait &#233;t&#233; impossible il y a encore quelques ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous a &#233;galement accord&#233; l'autorisation de publier 25 000 Nouveaux Testaments en arm&#233;nien, ce qui aurait aussi &#233;t&#233; beaucoup plus probl&#233;matique il y a quelques ann&#233;es. Ainsi, nous pouvons dire qu'il est devenu tr&#232;s facile de publier des livres &#233;crits dans notre langue. Toutefois, des publications chr&#233;tiennes en langue persane requi&#232;rent un grand nombre d'autorisations officielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Quel type de relations entretenez-vous avec le gouvernement ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons des relations directes et indirectes. Nous avons des relations directes avec les diff&#233;rents minist&#232;res, tels que le Minist&#232;re de l'orientation islamique, de l'&#233;ducation, le minist&#232;re de l'int&#233;rieur, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons &#233;galement deux d&#233;put&#233;s au parlement (&lt;i&gt;Majlis&lt;/i&gt;). Ils ne m&#232;nent pas vraiment d'activit&#233; de lobbysme, mais ils ont eu par exemple un r&#244;le important dans l'organisation officielle d'une c&#233;r&#233;monie de comm&#233;moration du g&#233;nocide arm&#233;nien il y a quelques ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;put&#233;s ont &#233;galement des liens &#233;troits avec les autorit&#233;s religieuses, et les consultent r&#233;guli&#232;rement avant de prendre position sur un sujet, de voter telle ou telle proposition, etc.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1661 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L331xH252/873-2-4538c.jpg?1686646950' width='331' height='252' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:331px;'&gt;&lt;strong&gt;Sebouh Sarkissian&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Les Arm&#233;niens se consid&#232;rent-ils avant tout des &#034;Arm&#233;niens chr&#233;tiens&#034; ou des Iraniens ? Sont-ils int&#233;gr&#233;s dans la soci&#233;t&#233;, ou ont-ils davantage tendance &#224; rester entre eux dans les associations et autres groupes ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de l'identit&#233; est assez compliqu&#233;e et toute personne ayant &#233;migr&#233; dans un pays &#233;tranger, tous les membres de la diaspora arm&#233;nienne ont tendance &#224; se poser r&#233;guli&#232;rement cette question. Les Arm&#233;niens qui ont &#233;migr&#233; en Iran ou dans d'autres pays restent toujours fid&#232;les &#224; leur pays de r&#233;sidence. Par exemple, lorsque notre patriarche, qui est n&#233; en Syrie, voyage &#224; l'&#233;tranger, il se rend toujours &#224; l'ambassade arm&#233;nienne, mais &#233;galement &#224; celle de Syrie. Le pays de r&#233;sidence reste important, mais l'identit&#233; religieuse tend &#224; pr&#233;valoir. Dans un pays comme l'Iran r&#233;git par les principes de l'islam, un arm&#233;nien aura davantage tendance &#224; se pr&#233;senter en tant que chr&#233;tien arm&#233;nien plus que comme un iranien. Les centres culturels et associations arm&#233;niens ont aussi un r&#244;le tr&#232;s important en tant que lieux de sociabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Avez-vous des relations avec les autres minorit&#233;s religieuses et avec les autres minorit&#233;s chr&#233;tiennes ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons des relations officielles avec les juifs et les zoroastriens que nous rencontrons de temps en temps &#224; l'occasion de certaines c&#233;r&#233;monies. Nous entretenons des relations plus &#233;troites avec les autres chr&#233;tiens, notamment les Arm&#233;niens catholiques, que nous rencontrons r&#233;guli&#232;rement au cours de c&#233;r&#233;monies religieuses ou d'&#233;v&#233;nements culturels.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La peinture iranienne et le modernisme (II)</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article872</link>
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		<dc:date>2009-01-01T07:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Babak Ershadi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le cubisme &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s la fin de la Seconde Guerre mondiale, le premier groupe de dipl&#244;m&#233;s de la Facult&#233; des Beaux-Arts de l'Universit&#233; de T&#233;h&#233;ran est revenu d'Europe. Dans les expositions de leurs &#339;uvres &#224; T&#233;h&#233;ran, ces jeunes peintres ont introduit une nouvelle vague dans les milieux artistiques du pays, gr&#226;ce aux nouvelles techniques acquises en Europe. Cela contribua &#224; acc&#233;l&#233;rer le d&#233;clin de la peinture acad&#233;mique et du naturalisme de Kam&#226;l-ol-Molk et de ses disciples, d'inspiration diam&#233;tralement oppos&#233;es &#224; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique121" rel="directory"&gt;N&#176; 38, janvier 2009&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton872-1a37e.jpg?1686646950' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le cubisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la fin de la Seconde Guerre mondiale, le premier groupe de dipl&#244;m&#233;s de la Facult&#233; des Beaux-Arts de l'Universit&#233; de T&#233;h&#233;ran est revenu d'Europe. Dans les expositions de leurs &#339;uvres &#224; T&#233;h&#233;ran, ces jeunes peintres ont introduit une nouvelle vague dans les milieux artistiques du pays, gr&#226;ce aux nouvelles techniques acquises en Europe. Cela contribua &#224; acc&#233;l&#233;rer le d&#233;clin de la peinture acad&#233;mique et du naturalisme de Kam&#226;l-ol-Molk et de ses disciples, d'inspiration diam&#233;tralement oppos&#233;es &#224; celle des peintres revenus d'Europe. Dans le catalogue de l'exposition de l'&#034;Art contemporain d'Iran&#034; (1976), Karim Em&#226;mi &#233;crit : &#034;&lt;i&gt;Bien que la &lt;/i&gt;&#034;&lt;i&gt;nouveaut&#233;&lt;/i&gt;&#034;&lt;i&gt; introduite par les jeunes peintres revenus d'Europe appartienne aux mouvements modernes d'il y a trente ans de l'Occident, elle a port&#233; un coup fatal au naturalisme des ma&#238;tres anciens, qui &#233;tait d&#233;j&#224; en d&#233;clin depuis une trentaine d'ann&#233;es et qui avait r&#233;duit la peinture &#224; la nature morte, en l'absence quasi-totale des figures humaines sur les toiles.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1659 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH223/872-1-b61ff.jpg?1686646950' width='500' height='223' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Notes sur le parc Malek, &lt;i&gt;Aydin Aghd&#226;shlou, aquarelle&lt;/i&gt;, 1984&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le retour de Djalil Zi&#226;pour d'Europe a introduit une nouvelle &#233;volution dans la peinture iranienne. Dipl&#244;m&#233; de la Facult&#233; des Beaux-Arts de l'Universit&#233; de T&#233;h&#233;ran, Zi&#226;pour avait poursuivi ses &#233;tudes aux Beaux-Arts de Paris o&#249; il avait &#233;tudi&#233; le cubisme. Fondateur du magazine &lt;i&gt;Le Coq de combat&lt;/i&gt; &#233;voqu&#233; pr&#233;c&#233;demment, il critiquait ce qu'il appelait une &#034;impasse des arts traditionnels et de la peinture acad&#233;mique&#034;, et pr&#244;nait sans r&#233;serve une &#034;r&#233;volution artistique&#034;. Pour lui, cette r&#233;volution devait &#234;tre cubiste. Dans un article intitul&#233; &#034;Le cubisme est la plus grande &#233;cole artistique du monde&#034;, Zi&#226;pour attaque avec vigueur tous les arts traditionnels qu'il jugeait &#034;inefficaces&#034;. Dans ce texte controvers&#233;, Zi&#226;pour a &#233;crit : &#034;&lt;i&gt;Nos po&#232;tes ne parlent que de roses et de rossignols. Nos miniaturistes r&#233;p&#232;tent &#233;ternellement les m&#234;mes figures d'il y a plusieurs si&#232;cles. Faute d'innovation et d'imagination, la miniature ne repr&#233;sente qu'un arbre, un ruisseau, une coupe de vin, une belle femme aux yeux doux et un cheikh malheureux s'accroupissant &#224; ses pieds. Les couleurs sont toujours les m&#234;mes. Les visages se r&#233;p&#232;tent d'un tableau &#224; l'autre. Les compositions sont &#233;ternelles.&lt;/i&gt;&#034; En octobre 1949, Hossein K&#226;zemi, Mahmoud Djav&#226;dipour et plusieurs autres jeunes peintres modernes fond&#232;rent la galerie &#034;Apadana&#034;, inaugur&#233;e par une exposition de leurs tableaux ainsi que des &#339;uvres d'Ahmad Esfandi&#226;ri et de Djalil Zi&#226;pour. Plusieurs tableaux soi-disant &#034;cubistes&#034; de Zi&#226;pour furent &#224; l'origine d'une grande controverse.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1648 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L252xH257/872-2-05425.jpg?1686646950' width='252' height='257' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:252px;'&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;Peinture impressionniste, Ahmad Esfandi&#226;ri, huile sur canevas&lt;/i&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s Zi&#226;pour, le cubisme repr&#233;sentait l'apog&#233;e de la peinture mondiale. Il le consid&#233;rait comme &#034;&lt;i&gt;le r&#233;sultat du dynamisme de l'art contemporain exprim&#233; dans les lignes et les surfaces g&#233;om&#233;triques&lt;/i&gt;&#034;. En r&#233;alit&#233;, ses th&#233;ories &#233;taient insuffisantes pour supplanter le naturalisme acad&#233;mique de l'&#233;poque, d'autant plus que contrairement &#224; l'Occident, la peinture iranienne n'avait pas connu une p&#233;riode impressionnisme avant de conna&#238;tre la peinture cubiste telle que Zi&#226;pour et ses amis la pr&#233;sentaient. Ses th&#233;ories cubistes furent finalement rejet&#233;es dans les ann&#233;es 1960-1970. Le critique d'art H&#226;di Seyf a &#233;crit en 1976 : &#034;&lt;i&gt;Zi&#226;pour avait connu le cubisme pendant son s&#233;jour en France, mais il ne connaissait point les r&#233;alit&#233;s culturelles et intellectuelles de l'Iran, et il s'effor&#231;ait d'imposer son cubisme comme un &#233;l&#233;ment &#233;tranger qui &#233;tait incompatible aux besoins et &#224; la sensibilit&#233; des Iraniens.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; ces critiques, Zi&#226;pour a essay&#233; d'adapter son cubisme &#224; la peinture traditionnelle surtout aux motifs g&#233;om&#233;triques de la miniature. Mais il &#233;tait trop tard, car les critiques l'accusaient d'imposture et de manque de sinc&#233;rit&#233;, soulignant que Zi&#226;pour ne pr&#233;sentait qu'une conception tr&#232;s superficielle du cubisme.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1649 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH250/872-3-f7720.jpg?1686646950' width='336' height='250' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:336px;'&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;Peinture impressionniste, J&#226;zeh Tab&#226;tab&#226;&#239;,&lt;/i&gt; 1963&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;En tout &#233;tat de cause, les activit&#233;s de Zi&#226;pour et de ses compagnons firent preuve d'une totale m&#233;connaissance de la situation artistique de l'Iran, pendant cette p&#233;riode. Par cons&#233;quent, le cubisme fut mal compris et devint en quelque sorte synonyme d'incompr&#233;hension, de bizarrerie, d'extravagance, d'excentricit&#233;, voire de laideur. Selon les critiques d'art, le mouvement d'opposition &#224; la peinture acad&#233;mique officielle &#233;tait un mouvement positif et lib&#233;rateur, mais le cubisme de Zi&#226;pour finit paradoxalement par creuser un foss&#233; entre le modernisme et la soci&#233;t&#233; iranienne. A ce propos, H&#226;di Seyf a &#233;crit : &#034;&lt;i&gt;Le cubisme tel qu'il a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; par Zi&#226;pour et ses amis, a creus&#233; un foss&#233; entre les artistes modernes et la soci&#233;t&#233;, au nom de l'innovation moderniste. Un grand nombre de peintres se sont mis &#224; imiter superficiellement les ambigu&#239;t&#233;s du cubisme, ce qui les a consid&#233;rablement &#233;loign&#233;s de leur soci&#233;t&#233;.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ces jeunes peintres convertis au cubisme de Djalil Zi&#226;pour, nous pouvons mentionner Abolfazl Omoumi, N&#226;sser Oveysi, Mohsen Vaziri-Moghadam, Sirus Malek, Fereydoun Rahimi-Ass&#226; et J&#226;zeh Tab&#226;tab&#226;&#239;. La plupart d'entre eux ont consacr&#233; quelques ann&#233;es de leur carri&#232;re au cubisme, avant de rejoindre le camp des partisans de l'art abstrait. J&#226;zeh Tab&#226;tab&#226;&#239; et Mohsen Vaziri-Moghadam furent les jeunes cubistes les plus repr&#233;sentatifs de cette p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1650 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L286xH286/872-4-48c70.jpg?1686646950' width='286' height='286' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:286px;'&gt;&lt;strong&gt;Animal, &lt;i&gt;Iradj Eskandari, peinture sur bois&lt;/i&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1960-1970, la plupart des jeunes peintres iraniens abandonn&#232;rent le cubisme qu'ils consid&#233;raient souvent comme une &#034;erreur&#034;, pour suivre le chemin de l'art abstrait. Cependant, pendant ces m&#234;mes ann&#233;es, certains artistes comme Iradj Eskandari et Bahr&#226;m Dabiri rest&#232;rent fid&#232;les au cubisme. Bahr&#226;m Dabiri n'h&#233;sitait m&#234;me pas &#224; imiter directement les &#339;uvres cubistes de Pablo Picasso , de sorte que l'on accusait m&#234;me de &#034;manipuler&#034; les tableaux de Picasso ou on appelait ses tableaux &#034;Les Picasso de Dabiri&#034;. Un critique d'art en avait dit : &#034;&lt;i&gt;Dabiri n'h&#233;site jamais &#224; se laisser tr&#232;s facilement influencer par les autres. Il imitait, un temps, les tableaux de son ma&#238;tre, Hanibal Alkhas qui &#233;tait lui-m&#234;me sous l'influence de la peinture mexicaine.&lt;/i&gt;&#034; Mais pour Bahr&#226;m Dabiri, le cubisme avait une d&#233;finition toute diff&#233;rente : &#034;&lt;i&gt;Pour moi, le cubisme est un exercice de vision. Les peintres peuvent en apprendre beaucoup. Les &#339;uvres cubistes sont d&#233;pourvues d'&#233;motion. Elles ne suscitent pas l'enthousiasme, car le cubisme est une expression technique tr&#232;s analytique pour la d&#233;monstration de la v&#233;rit&#233;.&lt;/i&gt;&#034; Quant &#224; Iradj Eskandari, le cubisme &#233;tait pour lui l'essence et la nature intime de l'art moderne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le surr&#233;alisme&lt;/h3&gt;&lt;dl class='spip_document_1651 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L286xH378/872-5-0465d.jpg?1686646950' width='286' height='378' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:286px;'&gt;&lt;strong&gt;M&#233;moires de destruction de la miniature froiss&#233;e, &lt;i&gt;Aydin Aghd&#226;shlou,&lt;/i&gt; 2001&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le surr&#233;alisme est sans nul doute l'un des mouvements modernes les plus influents de la peinture iranienne au XXe si&#232;cle. En Iran, le mouvement surr&#233;aliste appara&#238;t tardivement par rapport &#224; l'histoire de l'art occidental, dans les ann&#233;es 1960, mais les racines des tendances surr&#233;alistes semblent &#234;tre plus anciennes, et remontent au d&#233;but des ann&#233;es 1940. Dans les tableaux de plusieurs peintres modernes iraniens, le surr&#233;alisme s'est r&#233;v&#233;l&#233; plus compatible et plus conciliable avec la culture iranienne, la mentalit&#233; po&#233;tique et l'imaginaire des Iraniens, charg&#233;s de r&#234;verie et d'images oniriques. Les tendances surr&#233;alistes et symbolistes des jeunes peintres modernes ont &#233;t&#233; donc favorablement accueillies par la peinture contemporaine du pays. Les liens entre la peinture surr&#233;aliste et la po&#233;sie semblaient &#234;tre un facteur ayant favoris&#233; le d&#233;veloppement du surr&#233;alisme dans la peinture iranienne. En effet, les critiques d'art estimaient qu'apr&#232;s le chaos cr&#233;&#233; par le mouvement cubiste, le surr&#233;alisme contribua &#224; tracer une voie plus pr&#233;cise pour les peintres modernes, qui conduisait cependant les jeunes artistes &#224; fuir davantage les r&#233;alit&#233;s concr&#232;tes de la soci&#233;t&#233; pour s'aventurer dans un monde irr&#233;el de r&#234;veries. Les jeunes peintres surr&#233;alistes s'&#233;cartaient radicalement des r&#233;alit&#233;s du monde ext&#233;rieur et leurs toiles devenaient souvent l'expression incoh&#233;rente du d&#233;lire et de la divagation. Dans les ann&#233;es 1960-1970, les artistes iraniens imitaient souvent des courants artistiques de l'art occidental pour compenser leur &#034;retard historique&#034;, et le surr&#233;alisme contribua &#224; jouer un tel r&#244;le pour les peintres modernes. Sohr&#226;b Sepehri, Ir&#226;n Doroudi, Mortez&#226; K&#226;touzian, Gh&#226;ssem H&#226;djiz&#226;deh, Hodjatollah Shakib&#226;, Ali-Akbar S&#226;deghi et Aydin Aghd&#226;shlou &#233;taient les figures principales du surr&#233;alisme iranien. Sohr&#226;b Sepehri s'est d&#233;gag&#233; pourtant assez vite du courant surr&#233;aliste pour chercher sa source d'inspiration dans la culture asiatique tout en fa&#231;onnant son propre langage individuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mme Ir&#226;n Doroudi (n&#233;e en 1936 &#224; Mashhad) a commenc&#233; sa carri&#232;re par des tableaux figuratifs impressionnistes. Les toiles les plus importantes de cette p&#233;riode repr&#233;sentent des paysages d'Iran, de France et des Etats-Unis. Elle s'est int&#233;ress&#233;e ensuite &#224; l'abstraction et m&#234;me au cubisme, ce qui a donn&#233; &#224; ses tableaux un aspect plut&#244;t d&#233;coratif. Ir&#226;n Doroudi a organis&#233; plusieurs expositions de ses &#339;uvres dans six villes du pays, avec l'aide de l'Institut Goethe de T&#233;h&#233;ran. Elle &#233;tait l'une des peintres les plus actives des ann&#233;es 1960-1970. La presse lui reprochait pourtant d'imiter le surr&#233;alisme de Salvador Dali . Elle rejetait avec force ces critiques tout en pr&#233;tendant que ses &#339;uvres &#233;taient plus profondes que les tableaux du ma&#238;tre espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'expressionnisme&lt;/h3&gt;&lt;dl class='spip_document_1652 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L381xH250/872-6-df804.jpg?1686646950' width='381' height='250' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Moharram, &lt;i&gt;Rez&#226; Banguiz&lt;/i&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Selon certains critiques, l'expressionnisme n'eut jamais de racines profondes dans la culture et l'art iraniens. Cependant, ce courant artistique rencontra tr&#232;s vite un grand nombre d'adeptes parmi les jeunes peintres modernes iraniens. L'&#233;mergence des premi&#232;res &#339;uvres expressionnistes remonte &#224; la premi&#232;re biennale de peinture qui eut lieu en 1958 &#224; T&#233;h&#233;ran. Plusieurs tableaux de cette exposition r&#233;v&#233;laient tr&#232;s clairement l'apparition des tendances expressionnistes, caract&#233;ris&#233;es surtout par la repr&#233;sentation des th&#232;mes sociaux, des c&#233;r&#233;monies religieuses ou l'amplification des gestes et de l'expression du visage des personnages. Au-del&#224; de l'int&#233;r&#234;t personnel de certains artistes pour l'expressionnisme, il semble que l'apparition de cette tendance &#233;tait essentiellement une r&#233;action &#224; l'art pour l'art ou l'art non social et non engag&#233;. Par ailleurs, face &#224; l'art d&#233;coratif traditionnel marqu&#233; par l'immobilisme non &#233;volutif et statique d'une grande partie des arts plastiques traditionnels iraniens, l'expressionnisme permettait aux jeunes peintres iraniens d'exprimer davantage leurs &#233;motions et impressions. De nombreux peintres ont r&#233;v&#233;l&#233; directement ou indirectement certaines tendances expressionnistes dans leurs tableaux : Hanibal Alkhas, Houshang Pezeshkni&#226;, Rez&#226; Banguiz, Djav&#226;d Hamidi, Manoutchehr Sheyb&#226;ni, Soud&#226;beh Gandje&#239; et Sir&#226;k Melkoni&#226;n. M&#234;me le c&#233;l&#232;bre graphiste contemporain, Mortez&#226; Momayez fut expressionniste au d&#233;but de sa carri&#232;re. Pour nombre de critiques d'art, Houshang Pezeshkni&#226; (1915-1972) est le fondateur de l'expressionnisme iranien. De formation naturaliste, il se rendit en Turquie en 1942 pour poursuivre ses &#233;tudes en peinture moderne, o&#249; il eut notamment pour professeur le peintre fran&#231;ais L&#233;opold L&#233;vi. D&#232;s son retour en Iran, il regagna sa ville natale Abadan en 1946. Contrairement aux adeptes de la peinture acad&#233;mique, Pezeshkni&#226; ne s'est plus inspir&#233; des personnages historiques ou mythiques, mais des r&#233;alit&#233;s de son environnement local. Ses tableaux r&#233;v&#232;lent les tendances expressionnistes de cette partie de sa carri&#232;re. Pezeshkni&#226; s'est d&#233;marqu&#233; de ses contemporains de par son recours excessif aux techniques de la d&#233;formation et aux contrastes des plus frappants, entre couleurs de luminosit&#233; diff&#233;rente. L'expressionnisme de Pezeshkni&#226; d&#233;nonce notamment la lutte des classes et l'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'art abstrait&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le contact des jeunes peintres iraniens avec la peinture moderne occidentale a contribu&#233; &#224; d&#233;velopper un certain go&#251;t pour l'art abstrait dans les ann&#233;es 1960. Mme Mansoureh Hosseini, Sohr&#226;b Sepehri, Mohsen Vaziri-Moghadam et Mme Behdjat Sadr pr&#233;sent&#232;rent des &#339;uvres abstraites lots de la deuxi&#232;me biennale des peintres (T&#233;h&#233;ran, 1960). De 1960 &#224; 1962, une vague d'art abstrait submergea les expositions et les galeries d'art &#224; T&#233;h&#233;ran.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1653 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH260/872-7-b26a5.jpg?1686646950' width='358' height='260' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;Peinture de Djav&#226;d Hamidi&lt;/i&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le soutien de la reine Farah Pahlavi &#224; l'art moderne fut un autre facteur important favorisant le d&#233;veloppement de l'art abstrait dans la peinture iranienne. L'imp&#233;ratrice avait un go&#251;t particulier pour le modernisme, et soutenait financi&#232;rement les artistes modernes, en facilitant la tenue de leurs expositions et en consacrant un budget destin&#233; &#224; acheter des &#339;uvres modernes. En effet, la collection de la reine comptait la plus grande collection d'art moderne iranien. Les &#339;uvres abstraites pr&#233;sent&#233;es lors de la quatri&#232;me biennale de peinture iranienne en 1964 furent cependant qualifi&#233;es de &#034;pr&#233;cipit&#233;es&#034;, et apr&#232;s quelques ann&#233;es, les peintres modernes se lass&#232;rent de l'abstraction pour revenir &#224; la peinture figurative. Cette pr&#233;cipitation d'une g&#233;n&#233;ration d'artistes modernes fut vivement critiqu&#233;e dans la presse et les milieux artistiques. Car la plupart de ces peintres s'&#233;tait donn&#233; pour mission de parcourir en une d&#233;cennie, le chemin que l'art plastique occidental avait battu pendant plus d'un si&#232;cle. En effet, ces &#233;volutions successives semblaient contreproductives, &#233;tant donn&#233; que les peintres modernes iraniens n'avaient pas r&#233;ellement v&#233;cu ces exp&#233;riences artistiques ni le contexte dans lequel elles &#233;taient apparues. Par contre, les partisans de ces &#233;volutions pr&#233;cipit&#233;es pr&#233;tendaient que les artistes iraniens pouvaient br&#251;ler les &#233;tapes et aller plus vite que pr&#233;vu, pour profiter en peu de temps de toutes les exp&#233;riences acquises par les artistes occidentaux. Ils pensaient que contrairement &#224; l'art acad&#233;mique fond&#233; sur la chronologie historique de l'histoire de l'art, la modernit&#233; avait le privil&#232;ge d'&#233;manciper l'artiste en lui permettant de voyager dans le temps.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1654 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L381xH198/872-8-d6a61.jpg?1686646950' width='381' height='198' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;Tableau de Mansoureh Hosseini&lt;/i&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Certains de ces peintres abstraits adopt&#232;rent l'abstraction g&#233;om&#233;trique, tandis que d'autres, soucieux d'adapter l'art moderne &#224; l'esth&#233;tique iranienne, essay&#232;rent d'&#034;iraniser&#034; la peinture abstraite. En juin 1964, un groupe de jeunes peintres abstraits (Ghobad Shiv&#226;, Parv&#226;neh Etem&#226;di, Mortez&#226; Momayez, Bahr&#226;m Rouh&#226;ni, Asghar Massoumi, N&#226;sser Derakhsh&#226;ni, Sa&#239;d Shahl&#226;pour, Garnik Hakoupi&#226;n et Mohammad-Rez&#226; Djoudat) fond&#232;rent la galerie &#034;Ghandiz&#034; &#224; T&#233;h&#233;ran. Cependant, apr&#232;s quelques ann&#233;es, ils abandonn&#232;rent l'art abstrait les uns apr&#232;s les autres pour revenir &#224; la peinture figurative. En effet, dans les ann&#233;es 1960-1970, il semblait presque normal que les peintres se convertissent &#224; l'abstrait pendant un certain temps, et reviennent ensuite &#224; l'art figuratif. Mansoureh Hosseini et Mohsen Vaziri-Moghadam furent les principaux repr&#233;sentants de la peinture abstraite de cette p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La peinture iranienne apr&#232;s la r&#233;volution de 1979&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution islamique de 1979 a introduit un changement brusque et important dans l'ordre social, politique, moral et culturel. Pendant les premi&#232;res ann&#233;es de la r&#233;volution, le modernisme dans les arts fut rejet&#233; car consid&#233;r&#233; comme l'un des facteurs de l'occidentalisation culturelle. En revanche, la soci&#233;t&#233; et le pouvoir politique soutenaient une sorte de r&#233;alisme socialiste dans le domaine des arts. La soci&#233;t&#233; r&#233;volutionnaire &#233;tait en faveur d'un art de slogans et de doctrine, c'est-&#224;-dire un art id&#233;ologique. Par cons&#233;quent, l'ordre nouveau rejetait toutes les repr&#233;sentations artistiques qui ne v&#233;hiculaient pas des notions religieuses, r&#233;volutionnaires ou sociales. Dans ce contexte, les peintres modernes s'isol&#232;rent de la soci&#233;t&#233; pour une p&#233;riode de dix ans.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1655 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L373xH286/872-9-ada00.jpg?1686646950' width='373' height='286' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;Tableau de Mohsen Vaziri-Moghadam, technique : acrylique, &lt;/i&gt;1992&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Vers la fin des ann&#233;es 1980 et au d&#233;but des ann&#233;es 1990, de nouvelles expositions de peinture moderne furent organis&#233;es dans les galeries d'art de T&#233;h&#233;ran, marquant le retour de l'art abstrait sur le devant de la sc&#232;ne des arts plastiques. En effet, l'exposition des &#339;uvres abstraites qui avait eu lieu en 1988 avait suscit&#233; une vive r&#233;action de la presse r&#233;volutionnaire qui critiquait la r&#233;&#233;mergence de &#034;l'art pour l'art&#034; et des tendances &#034;occidentalistes&#034;. Les &#339;uvres abstraites de cette p&#233;riode, quoique moins innovatrices qu'avant la r&#233;volution islamique de 1979, furent mieux appr&#233;ci&#233;es sur le march&#233; de l'art.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion : &#224; la recherche d'une d&#233;finition de la modernit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La modernit&#233; n'est ni un concept sociologique, ni un concept politique, ni &#224; proprement parler un concept historique. C'est un mode de civilisation caract&#233;ristique, qui s'oppose au mode de la tradition, c'est-&#224;-dire &#224; toutes les autres cultures ant&#233;rieures ou traditionnelles : face &#224; la diversit&#233; g&#233;ographique et symbolique de celles-ci, la modernit&#233; s'impose comme une, homog&#232;ne, irradiant mondialement &#224; partir de l'Occident. Pourtant, elle demeure une notion confuse, qui connote globalement toute une &#233;volution historique et un changement de mentalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1656 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH240/872-10-163de.jpg?1686646950' width='336' height='240' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:336px;'&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;Tableau de Mohsen Vaziri-Moghadam, technique : acrylique, 1994&lt;/i&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Inextricablement mythe et r&#233;alit&#233;, la modernit&#233; se sp&#233;cifie dans tous les domaines : Etat moderne, technique moderne, musique et peinture modernes, m&#339;urs et id&#233;es modernes - comme une sorte de cat&#233;gorie g&#233;n&#233;rale et d'imp&#233;ratif culturel. N&#233;e de certains bouleversements profonds de l'organisation &#233;conomique et sociale, elle s'accomplit au tableau des m&#339;urs, du mode de vie et de la quotidiennet&#233; - jusque dans la figure caricaturale du modernisme. Mouvante dans ses contenus, dans le temps et dans l'espace, elle n'est stable et irr&#233;versible que comme syst&#232;me de valeurs, comme mythe - et, dans cette acception, il faudrait l'&#233;crire avec une majuscule : la Modernit&#233;. En cela, elle ressemble &#224; la Tradition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme elle n'est pas un concept d'analyse, il n'y a pas de lois de la modernit&#233;, il n'y a que des traits de la modernit&#233;. Il n'y a pas non plus de th&#233;orie, mais une logique de la modernit&#233;, et une id&#233;ologie. Morale canonique du changement, elle s'oppose &#224; la morale canonique de la tradition, mais elle se garde tout autant du changement radical. C'est la tradition du nouveau (Harold Rosenberg). Li&#233;e &#224; une crise historique et de structure, la modernit&#233; n'en est pourtant que le sympt&#244;me. Elle n'analyse que cette crise, elle l'exprime de fa&#231;on ambigu&#235;, dans une fuite en avant continuelle. Elle joue comme id&#233;e-force et comme id&#233;ologie ma&#238;tresse, sublimant les contradictions de l'histoire dans les effets de civilisation. Elle fait de la crise une valeur, une morale contradictoire. Ainsi, en tant qu'id&#233;e o&#249; toute une civilisation se reconna&#238;t, elle assume une fonction de r&#233;gulation culturelle et rejoint par l&#224; subrepticement la tradition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque de la Renaissance, la modernit&#233; ne prend force que dans les pays de longue tradition. Parler de modernit&#233; n'a gu&#232;re de sens quand il s'agit d'un pays sans tradition, et inversement, la modernisation a un impact tr&#232;s fort dans les pays en voie de d&#233;veloppement, de forte culture traditionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1657 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L269xH310/872-11-4a04d.jpg?1686646950' width='269' height='310' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:269px;'&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;Peinture impressioniste, Ahmad Esfandi&#226;ri, huile sur canevas&lt;/i&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;En Occident, pendant les XVIIe et XVIIIe si&#232;cles se mettent en place les fondements philosophiques et politiques de la modernit&#233; : la pens&#233;e individualiste et rationaliste moderne dont Descartes et la philosophie des Lumi&#232;res sont repr&#233;sentatifs ; l'Etat centralis&#233;, avec ses techniques administratives succ&#233;dant au syst&#232;me f&#233;odal ; les bases d'une science physique et naturelle. Culturellement, c'est la p&#233;riode de la s&#233;cularisation totale des arts et des sciences. L'essor prodigieux des sciences et des techniques, le d&#233;veloppement rationnel et syst&#233;matique des moyens de production, de leur gestion et de leur organisation marquent la modernit&#233; comme l'&#232;re de la productivit&#233; ; intensification du travail humain et de la domination humaine sur la nature, l'un et l'autre r&#233;duits au statut de forces productives. Si cette &#034;r&#233;volution&#034; des forces productives laisse relativement inchang&#233;s les rapports de production et les rapports sociaux et si elle n'a pas chang&#233; la vie, elle a modifi&#233; du moins d'une g&#233;n&#233;ration &#224; l'autre les conditions de vie. Elle instaure aujourd'hui une mutation profonde dans la modernit&#233; : le passage d'une civilisation du travail et du progr&#232;s &#224; une civilisation de la consommation et du loisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue psychologique et spirituel, face au consensus m&#233;taphysique, religieux et symbolique de la soci&#233;t&#233; traditionnelle, l'&#232;re moderne est marqu&#233;e par l'&#233;mergence de l'individu, avec son statut de conscience libre et autonome, sa psychologie et ses conflits personnels, son int&#233;r&#234;t priv&#233;, voire son inconscient, sa perte d'identit&#233;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les soci&#233;t&#233;s traditionnelles des pays en voie de d&#233;veloppement, la modernit&#233; est per&#231;ue parfois comme synonyme de destruction et de changement. Les traits distinctifs, la probl&#233;matique et les contradictions de la modernit&#233; se r&#233;v&#232;lent avec le plus de force l&#224; o&#249; son impact historique et politique est le plus brutal, c'est-&#224;-dire dans les soci&#233;t&#233;s traditionnelles comme la soci&#233;t&#233; iranienne. Faute d'une r&#233;volution politique et industrielle en profondeur, ce sont souvent les aspects les plus culturels et les plus exportables de la modernit&#233; qui touchent les soci&#233;t&#233;s en voie de d&#233;veloppement : les objets de production et de consommation industriels, les produits et les pens&#233;es artistiques, et les perceptions culturelles. Pourtant, ces retomb&#233;es de la modernit&#233; ont un retentissement politique et social : elles acc&#233;l&#232;rent la destruction du mode de vie traditionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Iran a jou&#233; depuis longtemps le r&#244;le d'un pont entre l'Asie et le monde occidental. Pendant une tr&#232;s longue p&#233;riode, le r&#244;le culturel de l'Iran &#233;tait de recevoir les id&#233;es, les d&#233;velopper et les transmettre aux autres. Avant la p&#233;riode moderne, cette r&#233;ception des courants d'id&#233;e &#233;trangers n'a cependant jamais &#244;t&#233; l'originalit&#233; de l'esprit et de la mentalit&#233; iranienne.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1658 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L238xH358/872-12-5af0a.jpg?1686646950' width='238' height='358' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:238px;'&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;Tableau de J&#226;zeh Tab&#226;tab&#226;&#239;, 1967&lt;/i&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Mais cet &#233;quilibre a &#233;t&#233; bris&#233; avec le courant de la modernit&#233; occidentale qui a fortement marqu&#233; la culture et l'art iraniens. Le modernisme a boulevers&#233; l'esprit traditionnel iranien. Faut-il adopter une position d&#233;fensive face &#224; la modernit&#233; pour sauver les traditions et les valeurs de la soci&#233;t&#233; iranienne ? Faut-il, au contraire, abandonner toute r&#233;sistance face au modernisme occidental, et accepter les conditions de la modernit&#233; culturelle et sociale ? Est-il possible de r&#233;concilier la modernit&#233; et la tradition, en utilisant les techniques modernes tout en conservant un esprit traditionnel ? Dans le domaine des arts et de la culture, est-il possible de se servir du langage moderne tout en pr&#233;servant son identit&#233; culturelle ? Voil&#224; autant de questions qui se posent depuis un si&#232;cle, dans la soci&#233;t&#233; iranienne. Pendant cette p&#233;riode, la peinture iranienne a oscill&#233; entre deux extr&#234;mes : refus total du modernisme et son acception totale, sans jamais parvenir vraiment &#224; trouver un &#233;quilibre entre ces deux p&#244;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les moyens invent&#233;s par certains peintres pour r&#233;concilier les deux mentalit&#233;s moderne et traditionnelle &#233;taient souvent superficiels : retour aux figures et aux formes picturales de la Perse antique, usage de symboles et ic&#244;nes religieuses de la p&#233;riode islamique, recours aux symboles r&#233;volutionnaires, etc. Ces solutions superficielles n'ont pas permis de pr&#233;server l'identit&#233; traditionnelle face &#224; l'assaut du modernisme. C'est la raison pour laquelle le peintre moderne iranien se sent parfois incompris par ses compatriotes fid&#232;les aux valeurs traditionnelles, tandis que son &#339;uvre est appr&#233;ci&#233;e &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les peintres iraniens sont pr&#233;occup&#233;s par des questions aussi fondamentales que l'identit&#233; et l'originalit&#233;. De nouvelles voix s'&#233;l&#232;vent parmi les jeunes artistes qui croient qu'il faut in&#233;vitablement prendre le chemin du modernisme, en essayant de rester fid&#232;les aux principes du spiritualisme oriental qui caract&#233;rise toutes les nations de l'Asie. L'avantage de cette solution r&#233;side dans le fait qu'elle va bien au-del&#224; des consid&#233;rations d'ordre politique ; et ce d'autant plus que ce recours conscient au spiritualisme oriental serait une d&#233;marche plut&#244;t structurelle que conjoncturelle. Ce spiritualisme ne doit pas &#234;tre con&#231;u comme un retour au pass&#233; et &#224; la tradition, mais il traduit davantage un mouvement dynamique et productif n&#233; de la confrontation entre la tradition et la modernit&#233;, entre le pass&#233; et l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc indispensable de conna&#238;tre l'art mondial contemporain et son &#233;volution historique et intellectuelle. Il faudrait surtout &#233;viter de contraindre les artistes &#224; adopter une d&#233;marche id&#233;ologique et doctrinale dans leur cr&#233;ation artistique ; car l'id&#233;ologie est un ensemble d'id&#233;es, de croyances et de doctrines propres &#224; une &#233;poque, &#224; une soci&#233;t&#233; ou &#224; une classe, tandis que l'art est le fruit de la libert&#233; et d'une cr&#233;ativit&#233; universelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="spip.php?article855" class="spip_out"&gt;Premi&#232;re partie&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Biblioth&#232;que Malek, un joyau au c&#339;ur de T&#233;h&#233;ran</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article871</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article871</guid>
		<dc:date>2009-01-01T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mireille Ferreira</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'&#233;l&#233;gant b&#226;timent de la biblioth&#232;que Malek est nich&#233; derri&#232;re la belle porte Melli, au c&#339;ur du centre historique de T&#233;h&#233;ran. Situ&#233; dans l'ancienne avenue Barg-e Melli, et parfaitement int&#233;gr&#233; &#224; son environnement parmi les b&#226;timents r&#233;cemment r&#233;nov&#233;s du minist&#232;re des affaires &#233;trang&#232;res, c'est un bel exemple d'architecture iranienne traditionnelle d'&#233;poque q&#226;dj&#226;re.L'histoire exceptionnelle de cette biblioth&#232;que, cr&#233;&#233;e par Hossein Agh&#226; Malek, nous a &#233;t&#233; cont&#233;e par sa fille Ezzat Malek Soud&#226;var et son petit-fils (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique121" rel="directory"&gt;N&#176; 38, janvier 2009&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton871-3c54b.jpg?1686646950' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;l&#233;gant b&#226;timent de la biblioth&#232;que Malek est nich&#233; derri&#232;re la belle porte Melli, au c&#339;ur du centre historique de T&#233;h&#233;ran. Situ&#233; dans l'ancienne avenue Barg-e Melli, et parfaitement int&#233;gr&#233; &#224; son environnement parmi les b&#226;timents r&#233;cemment r&#233;nov&#233;s du minist&#232;re des affaires &#233;trang&#232;res, c'est un bel exemple d'architecture iranienne traditionnelle d'&#233;poque q&#226;dj&#226;re.L'histoire exceptionnelle de cette biblioth&#232;que, cr&#233;&#233;e par Hossein Agh&#226; Malek, nous a &#233;t&#233; cont&#233;e par sa fille Ezzat Malek Soud&#226;var et son petit-fils Abol'al&#226; Soud&#226;var, rencontr&#233;s r&#233;cemment &#224; Paris.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Origines de la collection Malek&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Hossein Agh&#226; Malek (1875-1971) &#233;tait grand amateur d'antiquit&#233;s et de livres pr&#233;cieux. Il avait commenc&#233; &#224; collectionner des livres d'&#233;tudes r&#233;dig&#233;s en arabe et avait r&#233;uni, au fil des ann&#233;es, une importante collection de manuscrits et de livres anciens. Le responsable de sa biblioth&#232;que, Monsieur Soheyli, qui avait lui-m&#234;me une excellente connaissance du monde des livres, &#233;tait charg&#233; d'acheter les ouvrages. Ces achats se faisaient principalement aupr&#232;s des familles princi&#232;res q&#226;dj&#226;res. Ezzat Malek Soud&#226;var reconnait &#224; Monsieur Soheyli le grand m&#233;rite d'avoir &#233;t&#233; l'acteur principal de l'enrichissement de la biblioth&#232;que de son p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fondation Malek est cr&#233;&#233;e en 1937, lorsque Hossein Agh&#226; Malek, qui souhaite que ses biens soient conserv&#233;s dans un mus&#233;e afin d'en assurer la pr&#233;servation, l&#232;gue sa fortune &#224; Ast&#226;n-e Qods Razavi, institution religieuse qui g&#232;re les legs et donations faits au profit du tombeau du huiti&#232;me im&#226;m &#224; Mashhad. Ces donations s'&#233;taleront sur plusieurs ann&#233;es, la premi&#232;re, celle de 1937, concernait les ouvrages de la biblioth&#232;que. Aux biens mobiliers compos&#233;s de diverses &#339;uvres d'art, fut ajout&#233;e une fortune fonci&#232;re consid&#233;rable ; ces terres, situ&#233;es dans le Khor&#226;ss&#226;n, seraient plus &#233;tendues que le territoire de la Suisse. Les revenus de ces terres doivent, selon les termes de la donation Malek, permettre l'entretien du mus&#233;e et de la biblioth&#232;que et des quelques institutions m&#233;dicales cr&#233;&#233;es par Hossein Agh&#226; Malek destin&#233;es &#224; soigner les gens qui travaillent sur ses terres.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1641 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH223/871-1-f96ce.jpg?1686646950' width='336' height='223' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:336px;'&gt;&lt;strong&gt;Biblioth&#232;que Malek&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:336px;'&gt;Photosm : Mireille FERREIRA
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Avant que le mus&#233;e actuel ne soit construit, la biblioth&#232;que &#233;tait install&#233;e dans la maison familiale qui se trouve toujours au sein du bazar de T&#233;h&#233;ran, dans le quartier nomm&#233; &lt;i&gt;Beyn-ol-haramein&lt;/i&gt;, (Entre les lieux saints), car situ&#233; entre la &lt;i&gt;Masjed-e Sh&#226;h&lt;/i&gt;, la mosqu&#233;e du Sh&#226;h (devenue mosqu&#233;e de l'Im&#226;m) et la &lt;i&gt;Masjed-e Jom'eh&lt;/i&gt;, la mosqu&#233;e du vendredi. Cette maison appartenait &#224; l'origine au p&#232;re de Hossein Agh&#226; Malek. Abol'al&#226; Soud&#226;var se souvient que son grand-p&#232;re s'amusait d'avoir sa maison &#224; un endroit tellement difficile d'acc&#232;s, que m&#234;me le roi devait venir &#224; pied pour lui rendre visite. Cette maison est actuellement en restauration, sa destination n'a pas encore &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e, elle pourrait devenir lieu d'expositions ou &#233;cole d'artisanat portant sur les techniques du livre, enluminure, restauration, reliure, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mus&#233;e de l'avenue B&#226;gh-e Melli fut inaugur&#233; en 1997, et ouvert imm&#233;diatement aux visiteurs. Le terrain sur lequel il est b&#226;ti avait fait l'objet d'un &#233;change entre la ville et Hossein Agha&#226; Malek contre un autre terrain situ&#233; pr&#232;s du futur palais de Sa'&#226;d Ab&#226;d, que Rez&#226; Sh&#226;h convoitait. Du temps de Hossein Agh&#226; Malek, ce terrain avait &#233;t&#233; d&#233;laiss&#233;, et le Minist&#232;re des affaires &#233;trang&#232;res l'avait occup&#233; pour y installer sa base d'h&#233;licopt&#232;re. Apr&#232;s la R&#233;volution islamique, Ezzat Malek Soud&#226;var entreprit des d&#233;marches pour que ce terrain soit remis &#224; la disposition de la fondation Malek. Apr&#232;s quelques difficult&#233;s, le terrain fut r&#233;cup&#233;r&#233; et la fondation Malek put y b&#226;tir le nouveau b&#226;timent pour y transf&#233;rer mus&#233;e et biblioth&#232;que.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La famille Malek&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au XIXe si&#232;cle, cette famille de grands marchands iraniens turcophones &#233;tait install&#233;e &#224; Tabriz. Elle se consacrait aux &#233;changes commerciaux avec l'Asie, et principalement avec la Russie, le partenaire commercial le plus important de l'Iran &#224; cette &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1642 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L331xH252/871-2-a48d3.jpg?1686646950' width='331' height='252' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:331px;'&gt;&lt;strong&gt;Madame Ezzat Malek Soud&#226;var (95 ans)&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;En 1834, &#224; la mort de Fath Ali Sh&#226;h, le prince h&#233;ritier qui, par tradition, &#233;tait &#233;tabli &#224; Tabriz, &#233;tait Mohammed Mirz&#226;. Le futur Mohammed Sh&#226;h, pas assez fortun&#233; pour se rendre &#224; T&#233;h&#233;ran, emprunta de l'argent au grand p&#232;re d'Hossein Agh&#226; Malek. Une relation s'&#233;tablit &#224; cette occasion entre la famille q&#226;dj&#226;re et la famille Malek et le grand-p&#232;re d'Hossein Agh&#226; Malek fut nomm&#233; par le nouveau roi &lt;i&gt;Malek-ot-Tojj&#226;r&lt;/i&gt;, roi des marchands. Ce titre faisait de lui le plus puissant fournisseur du royaume. C'est ainsi qu'il participa aux expositions universelles de France et d'Angleterre. Des certificats, attestant de la participation de la famille &#224; ces expositions, se trouvent dans les collections du mus&#233;e Malek.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, son fils, homme au caract&#232;re vif, quelque peu faiseur de troubles et manipulateur du bazar, organisa la r&#233;volte contre la r&#233;gie du tabac octroy&#233;e aux Anglais. Mis plusieurs fois en prison, mais consid&#233;r&#233; par Nassereddin Sh&#226;h comme la personne la plus influente du bazar, il en fut finalement tir&#233; pour lui confier la lettre de r&#233;vocation de la r&#233;gie. Apr&#232;s ces &#233;v&#233;nements, il fit fortune et acheta, avec les revenus de son commerce, les terres que le roi et les nobles vendaient au Khor&#226;ss&#226;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hossein Agh&#226; Malek fut envoy&#233; par son p&#232;re &#224; Mashhad pour administrer ses terres du Khor&#226;ss&#226;n. Afin de s'assurer une alliance d&#233;cisive dans la r&#233;gion, il &#233;pousa la fille de la famille religieuse la plus importante de la ville. Cette famille &#233;tait celle du &lt;i&gt;motevali&lt;/i&gt; (le responsable) d'une fondation ind&#233;pendante, celle de la mosqu&#233;e Goharsh&#226;d&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Goharsh&#226;d est le nom d'une princesse timouride, femme du fils de (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, proche du tombeau de l'Im&#226;m Rez&#226;, attach&#233;e &#224; Ast&#226;n-e Qods Razavi. Par tradition et jusqu'&#224; la r&#233;volution islamique, le &lt;i&gt;motevali&lt;/i&gt; d'Ast&#226;n-e Qods Razavi &#233;tait toujours le roi. Comme il n'&#233;tait jamais pr&#233;sent, la famille du &lt;i&gt;motevali&lt;/i&gt; de la mosqu&#233;e Goharsh&#226;d &#233;tait la plus importante de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1643 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L326xH252/871-3-64944.jpg?1686646950' width='326' height='252' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:326px;'&gt;&lt;strong&gt;Sani-ol-Molk&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Peu avant la r&#233;volution constitutionnelle, le p&#232;re de Hossein Agh&#226; Malek, H&#226;jj K&#226;zem Malek-ot-Tojj&#226;r, cr&#233;a &#224; Tabriz la premi&#232;re soci&#233;t&#233; multi-actionnaire, Sherkat-e Melli, afin d'exploiter les possibilit&#233;s de commerce avec la Russie. Au prix d'une donation au roi, il obtint une concession pour construire une route &#224; p&#233;age qu'il transf&#233;ra &#224; ladite soci&#233;t&#233;. Le roi la lui accorda d'autant plus volontiers que le gouvernement iranien, malgr&#233; l'int&#233;r&#234;t qu'il portait aux &#233;changes avec la Russie, n'&#233;tait pas suffisamment organis&#233; pour mener &#224; bien ce projet. Cette route reliait Tabriz et Astara, et devait se poursuivre en Russie. Le projet, soutenu en partie par les Russes, prit une tournure politique quand les Anglais essay&#232;rent de le faire &#233;chouer. D&#233;b&#226;cle, proc&#232;s et faillite s'en suivirent et finalement H&#226;jj K&#226;zem dut d&#233;dommager toutes les parties en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; des d&#233;tournements de fonds pr&#233;lev&#233;s sur les b&#233;n&#233;fices par des agents peu scrupuleux, plac&#233;s dans les provinces, puis la faillite de la compagnie qui l'entretenait, due &#224; ses autres activit&#233;s, cette route a pu &#234;tre longtemps entretenue et d&#233;gagea un b&#233;n&#233;fice important. Au cours des derni&#232;res ann&#233;es qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; la r&#233;volution islamique, elle connut un vif succ&#232;s. Elle permit &#224; l'Iran de s'approvisionner en mati&#232;res premi&#232;res russes, comme le papier par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les collections de la biblioth&#232;que&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La biblioth&#232;que Malek est r&#233;put&#233;e pour ses ouvrages pr&#233;cieux. Elle poss&#232;de des exemplaires uniques de r&#233;putation mondiale, dat&#233;s du XIe au XIVe si&#232;cles, qui pr&#233;sentent un int&#233;r&#234;t majeur pour les chercheurs et les sp&#233;cialistes. Elle poss&#232;de plus de 19 000 titres de livres anciens et de manuscrits, et environ 60 000 titres de livres imprim&#233;s, qui touchent tous les domaines, en particulier les sciences islamiques, humaines et politiques. Petite liste, non exhaustive, des manuscrits les plus remarquables :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Une centaine d'ouvrages d'Avicenne (Ibn Sina) dont son c&#233;l&#232;bre Canon de m&#233;decine,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Un pr&#233;cis de g&#233;om&#233;trie d'Euclide (&lt;i&gt;Oqlidos&lt;/i&gt; en persan) &#233;crit en 343 H.A. (954),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Un manuscrit de Arba&#239;n, &#339;uvre de Sheikh Bah&#226;'i (savant de l'&#233;poque safavide), calligraphi&#233; par Moll&#226; Sadr&#226;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Quelques &#233;crits de Sheikh Bah&#226;'i dont son c&#233;l&#232;bre po&#232;me intitul&#233; &lt;i&gt;Kashkoul&lt;/i&gt; (ainsi que le seul portrait qu'on connaisse de cet &#233;minent personnage),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Un Coran &#233;crit par Ves&#226;l Shir&#226;zi,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Les &#339;uvres de F&#226;r&#226;bi,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Un Coran manuscrit en coufique, attribu&#233; &#224; Em&#226;m Hassan Mojtab&#226; (le deuxi&#232;me imam de la tradition chiite,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Des &#339;uvres de Att&#226;r Neysh&#226;bouri,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Un &lt;i&gt;Sh&#226;hn&#226;meh&lt;/i&gt; pr&#233;cieux de B&#226;ysonghor dat&#233; de 833 HA (1429),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Un Sh&#226;hn&#226;meh tr&#232;s ancien &#233;crit par Mahmoud Ebn-e Mir&#226;n Ebn-e Ebr&#226;him au 8e si&#232;cle HA (XIVe si&#232;cle),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Le &lt;i&gt;Sh&#226;hn&#226;meh sangui&lt;/i&gt; illustr&#233; et imprim&#233; &#224; Bombay,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Des manuscrits de N&#226;sser-eddin Sh&#226;h q&#226;dj&#226;r,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Le contrat de mariage de Amir Kabir avec Malekz&#226;deh Kh&#226;num, s&#339;ur de N&#226;sser-eddin Sh&#226;h.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vastes locaux de la biblioth&#232;que sont compos&#233;s de :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; deux salles de consultation de chacune 360 m&#178;, 230 places assises et 70 tables de lecture, r&#233;unissant 40 000 titres,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; une salle de conservation de manuscrits anciens, r&#233;serv&#233;e aux chercheurs, accessible sur rendez-vous. Chaque manuscrit est mis sur microfilm,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; une salle des p&#233;riodiques : 400 titres y sont conserv&#233;s. Certains exemplaires sont anciens, comme ceux de &lt;i&gt;Vagh&#226;ye Ettef&#226;ghieh &lt;/i&gt;(Le Journal des &#233;v&#233;nements), qui fut le premier p&#233;riodique imprim&#233; en Iran. Sa premi&#232;re parution est dat&#233;e du 7 f&#233;vrier 1851. Son titre initial &#233;tait &lt;i&gt;Petite gazette des informations de la Perse&lt;/i&gt;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; une salle des manuscrits et des lithographies tous num&#233;ris&#233;s, consultables et imprimables &#224; partir de CD-Rom.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les collections du mus&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &#339;uvres de la donation initiale sont pr&#233;sent&#233;es dans plusieurs salles :&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1644 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH239/871-4-e3724.jpg?1686646950' width='336' height='239' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:336px;'&gt;&lt;strong&gt;Coran de la collection Malek&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;La galerie d'art :&lt;/b&gt; elle contient de belles pi&#232;ces d'ameublement et des peintures dont quelques copies de peintres fran&#231;ais, quatorze tableaux de Kam&#226;l-ol-Molk, appartenant en majorit&#233; &#224; l'&#233;poque o&#249; le peintre faisait ses &#233;tudes en France. On peut y admirer aussi les deux derni&#232;res &#339;uvres du ma&#238;tre : &lt;i&gt;le Nord de T&#233;h&#233;ran et Homme &#226;g&#233; en &#233;tudiant &lt;/i&gt;(tr&#232;s &#233;mouvantes quand on sait que ces &#339;uvres n'ont pu &#234;tre termin&#233;es car entre-temps, Kam&#226;l-ol-Molk &#233;tait devenu aveugle).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une seconde salle est consacr&#233;e aux plumiers pr&#233;cieux d'&#233;poque q&#226;dj&#226;re, en papier m&#226;ch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une troisi&#232;me salle, contenant une collection exceptionnelle de Corans anciens et des peintures, notamment de Sani-ol-Molk, a &#233;t&#233; r&#233;cemment install&#233;e gr&#226;ce &#224; une donation faite par Madame Ezzat Malek Soud&#226;var, administratice de la biblioth&#232;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;La galerie des monnaies : &lt;/b&gt;600 pi&#232;ces de monnaies pr&#233;cieuses y sont pr&#233;sent&#233;es mais le mus&#233;e en poss&#232;de un plus grand nombre. Les plus anciennes datent du VIe si&#232;cle av. J.-C. L'une des plus remarquables est celle de la cons&#233;cration de l'Im&#226;m Rez&#226;, (VIIIe si&#232;cle). On peut admirer aussi des monnaies de l'empire ach&#233;m&#233;nide. Une partie de cette galerie est consacr&#233;e aux m&#233;dailles comm&#233;moratives, iraniennes et internationales, comme celles de Einstein et Beethoven ou encore des monnaies des proph&#232;tes juifs frapp&#233;es au Vatican.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;La galerie de tapis : &lt;/b&gt;On y pr&#233;sente des tapis uniques, notamment le tapis de Sanandaj, qui a 160 ans et un autre tapis ornement&#233; en relief de K&#226;sh&#226;n, qui a 116 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;La galerie du timbre :&lt;/b&gt; &#224; remarquer, les timbres iraniens de la s&#233;rie B&#226;gheri qui datent de 1868 et des timbres historiques du G&#233;n&#233;ral Franco (Espagne).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'avenir de la fondation Malek&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Abol'al&#226; Soud&#226;var nous explique qu'institutionnellement, la donation Malek (Moqouf&#226;t-e Malek), r&#233;alis&#233;e sous forme de &lt;i&gt;waqf&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Le waqf est une propri&#233;t&#233; inali&#233;nable qui appartient &#224; une personne morale (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, doit &#234;tre g&#233;r&#233;e par un responsable, le &lt;i&gt;motevali&lt;/i&gt;. A l'origine, celui choisi par Hossein Agh&#226; Malek &#233;tait le &lt;i&gt;motevali&lt;/i&gt; d'Ast&#226;n-e Qods Razavi (qui &#233;tait traditionellement le roi d'Iran). En contrepartie, le donateur avait d&#233;sign&#233; deux administrateurs pour assurer le contr&#244;le des d&#233;cisions du &lt;i&gt;motevali&lt;/i&gt;. Pour la biblioth&#232;que, il avait choisi deux de ses filles, Ezzat Malek et Malek Malek pour remplir les t&#226;ches de &lt;i&gt;nez&#226;rat&lt;/i&gt;. Malek Malek, aujourd'hui d&#233;c&#233;d&#233;e, n'a pas &#233;t&#233; remplac&#233;e &#224; ce jour, ce qui est contraire aux volont&#233;s exprim&#233;es par Hossein Agh&#226; Malek.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1645 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L291xH252/871-5-4b9b1.jpg?1686646950' width='291' height='252' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:291px;'&gt;&lt;strong&gt;Plumiers en papier m&#226;ch&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Des difficult&#233;s de gestion ont commenc&#233; &#224; se manifester sous le r&#233;gime du Sh&#226;h. A la mort d'Hossein Agh&#226; Malek en 1971, des tentatives de mainmise sur les richesses de la fondation eurent lieu. Les clauses de la donation ne furent pas respect&#233;es, notamment Ezzat Malek, administratrice d&#233;sign&#233;e par son p&#232;re, fut &#233;cart&#233;e. Or, l'adjoint du &lt;i&gt;motevali&lt;/i&gt; de la fondation Malek &#233;tait le gouverneur de la province du Khor&#226;ss&#226;n. Il &#233;tait difficile dans ces conditions d'engager une action juridique car, faire un proc&#232;s &#224; l'adjoint du &lt;i&gt;motevali&lt;/i&gt;, revenait &#224; le faire au Sh&#226;h d'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la situation en est &#224; peu pr&#232;s au m&#234;me point. La carence de gestion qui en r&#233;sulte emp&#234;che un acc&#232;s fonctionnel et optimum des chercheurs aux ouvrages, tel que l'avait souhait&#233; Hossein Agh&#226; Malek lors de la cr&#233;ation du &lt;i&gt;waqf&lt;/i&gt;. Les ressources consid&#233;rables dont la fondation Malek dispose pourraient &#234;tre mieux utilis&#233;es. De nouveaux achats pour enrichir la collection et la mise en place d'une &#233;quipe de sp&#233;cialistes capables d'&#233;valuer la valeur des textes sont n&#233;cessaires. Des expositions temporaires, telle que celle qu'avait organis&#233;e Hossein Agh&#226; Malek &#224; l'occasion du mill&#233;naire d'Avicenne, feraient d&#233;couvrir &#224; un large public les manuscrits jusqu'ici r&#233;serv&#233;s aux chercheurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces difficult&#233;s, Abol'al&#226; Soud&#226;var consid&#232;re qu'avoir mis la donation sous l'&#233;gide de Ast&#226;n-e Qods Razavi fut une sage d&#233;cision de la part de son grand-p&#232;re, puisqu'elle permit la pr&#233;servation de la collection, alors qu'un grand nombre de donations priv&#233;es ont irr&#233;m&#233;diablement &#233;t&#233; perdues durant les derni&#232;res d&#233;cennies. La vigilance reste n&#233;anmoins de mise quant au respect des clauses et conditions voulues par le donateur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Goharsh&#226;d est le nom d'une princesse timouride, femme du fils de Tamerlan.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le &lt;i&gt;waqf&lt;/i&gt; est une propri&#233;t&#233; inali&#233;nable qui appartient &#224; une personne morale (association, communaut&#233;, hospice, etc.) non transmissible de main en main et qui &#233;chappe au r&#233;gime des successions. Bien connue du monde musulman, le &lt;i&gt;waqf&lt;/i&gt; existe &#233;galement en Occident sous le nom de bien de mainmorte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour plus de pr&#233;cisions sur ce sujet, voir l'article de &lt;a href='http://www.teheran.ir/spip.php?auteur91' class='spip_in'&gt;Mohammad-Javad Mohammadi&lt;/a&gt; &lt;i&gt;&lt;a href='http://www.teheran.ir/spip.php?article672' class='spip_in'&gt;Le Waqf un h&#233;ritage &#233;ternel&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (Revue de T&#233;h&#233;ran - &lt;a href='http://www.teheran.ir/spip.php?article679'&gt;d&#233;cembre 2005&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les nouveaux d&#233;fis des villes asiatiques au XXIe si&#232;cle</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article870</link>
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		<dc:date>2009-01-01T05:30:00Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Dominique de Villepin a effectu&#233; un cours s&#233;jour &#224; T&#233;h&#233;ran, mi novembre 2008, &#224; l'occasion du Forum des Villes Asiatiques. Il y a prononc&#233; un discours sur l'&#233;volution des villes asiatiques et les nouveaux d&#233;fis auxquelles ces derni&#232;res doivent faire face, dans un contexte marqu&#233; par d'incessantes crises financi&#232;res et politiques. Face &#224; cette situation, il a notamment insist&#233; sur la n&#233;cessaire mise en place d'une gouvernance mondiale afin de lutter en faveur de la paix, contre le terrorisme, ou encore contre (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique121" rel="directory"&gt;N&#176; 38, janvier 2009&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton870-cf1b3.jpg?1686646950' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dominique de Villepin a effectu&#233; un cours s&#233;jour &#224; T&#233;h&#233;ran, mi novembre 2008, &#224; l'occasion du Forum des Villes Asiatiques. Il y a prononc&#233; un discours sur l'&#233;volution des villes asiatiques et les nouveaux d&#233;fis auxquelles ces derni&#232;res doivent faire face, dans un contexte marqu&#233; par d'incessantes crises financi&#232;res et politiques. Face &#224; cette situation, il a notamment insist&#233; sur la n&#233;cessaire mise en place d'une gouvernance mondiale afin de lutter en faveur de la paix, contre le terrorisme, ou encore contre le d&#233;sordre des march&#233;s et les d&#233;s&#233;quilibres climatiques. M. de Villepin a &#233;galement eu l'amabilit&#233; d'autoriser la Revue de T&#233;h&#233;ran &#224; publier les points essentiels de cette allocution.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_1636 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L252xH314/870-1-38028.jpg?1686646950' width='252' height='314' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:252px;'&gt;&lt;strong&gt;Dominique de Villepin&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:252px;'&gt;Photo : David Mendiboure
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&#034;L'Asie est entr&#233;e dans l'&#226;ge des G&#233;ants. Les villes d'Asie sont au c&#339;ur de la r&#233;volution d&#233;mographique du XXIe si&#232;cle. Nous assistons &#224; l'&#233;mergence de nouveaux colosses. Il ne s'agit pas seulement de nations enti&#232;res, mais aussi de m&#233;galopoles cr&#233;atrices de nouveaux liens sociaux et culturels. Regardons le d&#233;veloppement de la Chine : il se traduit dans le paysage par une extraordinaire concentration des activit&#233;s dans quelques villes dynamiques. C'est par exemple le paysage futuriste de Pudong &#224; Shanghai. C'est le quartier olympique de P&#233;kin. Ces m&#233;tropoles sont &#224; la fois la condition de la prosp&#233;rit&#233; et son r&#233;sultat. Elles sont le creuset d'un triple changement dans la vie des hommes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;strong&gt;Les modes de vie changent&lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois, en 2008, il y a plus d'&#234;tres humains dans les villes que dans les campagnes. C'est &#224; terme une rupture de civilisation : les villes ne se d&#233;finiront plus par rapport aux campagnes, mais les campagnes par rapport aux villes. Or l'urbanit&#233;, c'est aussi une approche sp&#233;cifique des probl&#232;mes quotidiens ; la dimension collective y est plus concr&#232;te qu'ailleurs. La gestion de la distribution fonci&#232;re, la r&#233;glementation li&#233;e &#224; la s&#233;curit&#233;, l'acc&#232;s aux biens de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; sont autant de contraintes qui n&#233;cessitent de repenser le rapport m&#234;me au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;strong&gt;Les modes de production changent &#233;galement&lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les villes modernes, et en particulier les villes d'Asie, ont &#233;t&#233; les &#233;picentres de la mondialisation. Elles ont transform&#233; le tissu industriel par le mouvement des d&#233;localisations et des investissements &#233;trangers. Ces villes sont aujourd'hui les ateliers du monde.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1637 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH263/870-2-90ba6.jpg?1686646950' width='448' height='263' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;M. Dominique de Villepin &#224; la conf&#233;rence des maires des grandes villes asiatiques, T&#233;h&#233;ran&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;photo : Armand Meimand
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Mais ces villes, plus que toutes les autres, sont aussi engag&#233;es dans un mouvement plus r&#233;volutionnaire encore, celui de la d&#233;territorialisation des flux &#233;conomiques. Je pense ici en particulier aux technologies de l'information et de la communication. Les projets les plus audacieux se concentrent en Asie. Ce sont les projets de &#034;villes intelligentes&#034; en Cor&#233;e ou au Japon. La ville nouvelle cor&#233;enne de New Songdo s'appuiera &#224; l'horizon 2015 sur un r&#233;seau de puces intelligentes int&#233;grant l'ensemble des syst&#232;mes d'information. Une seule carte doit permettre d'utiliser les transports en commun, de payer dans les commerces, d'ouvrir sa porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;strong&gt;Les modes de consommation changent&lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les villes sont les foyers de cultures hybrides, o&#249; le global s'unit au local. Les infrastructures de consommation culturelle sont des enjeux essentiels de la coh&#233;sion urbaine. Les dimensions ont chang&#233; ; elles exigent la coop&#233;ration ou la supervision des autorit&#233;s municipales. Des stades g&#233;ants, des salles de concert, des mus&#233;es au rayonnement mondial : c'est &#224; cela aussi que se mesure aujourd'hui l'attractivit&#233; d'une m&#233;tropole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doha ou Abou Dhabi ont mesur&#233; l'importance de la carte culturelle. Le Mus&#233;e des Arts et Civilisations Islamiques, le Louvre &#224; Abou Dhabi sont autant d'exemples de politiques culturelles volontaristes pour s'inscrire dans la comp&#233;tition mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1638 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L294xH269/870-3-75081.jpg?1686646950' width='294' height='269' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:294px;'&gt;&lt;strong&gt;Abou Dhabi&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Car c'est l&#224; le d&#233;fi essentiel au sein de l'Archipel Mondial. Les villes du monde font face &#224; des horizons communs. Les barri&#232;res - douani&#232;res, mais aussi politiques et culturelles- s'abaissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, cette r&#233;volution se traduit par la convergence des villes d'Asie et du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une convergence des chances comme une convergence des menaces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;strong&gt;Le premier d&#233;fi consiste &#224; rendre la ville durable. Car c'est d&#233;sormais son implantation m&#234;me qui est en danger&lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'environnement est le premier sujet d'inqui&#233;tude. Les villes - asiatiques en particulier - seront en premi&#232;re ligne comme sources de risques environnementaux, car leur croissance entra&#238;ne des pollutions a&#233;riennes et aquatiques et des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre accrues. Elles en sont aussi les premi&#232;res victimes. Ce seront les espaces les plus vuln&#233;rables aux &#233;rosions des sols, aux risques d'inondation, comme Dacca, au &#034;Nuage Brun&#034; asiatique. La construction de villes durables suppose la pr&#233;servation de conditions stables. La ville de T&#233;h&#233;ran en est l'exemple. Elle s'est consacr&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es &#224; une politique volontaire de limitation de la pollution. Elle a converti l'ensemble des taxis de la ville au GNC. Elle s'est dot&#233;e de plusieurs lignes de bus fonctionnant &#233;galement au GNC. Il s'agit aussi de juguler la consommation &#233;nerg&#233;tique pour faire face aux probl&#232;mes massifs d'approvisionnement qui se posent d&#233;j&#224; dans de nombreuses villes, &#224; Shanghai par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La viabilit&#233; des villes d&#233;pend aussi de l'organisation de l'espace urbain. &#1729; ce titre, l'urbanisme reste un d&#233;fi fondateur. Il s'agit de choix politiques triplement essentiels :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- des choix massifs engageant des volumes financiers immenses,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- des d&#233;cisions difficilement r&#233;versibles engageant la croissance d'une ville &#224; long terme,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- des compromis jetant les bases de la coexistence et de la coh&#233;sion sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En un mot, il s'agit de d&#233;finir, en des temps de bouleversements, de nouvelles identit&#233;s urbaines, respectueuses du pass&#233; et soucieuses de l'avenir. Pour d&#233;finir ces lignes directrices, il faut une expertise, une volont&#233; et une l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'enjeu des services publics concerne la ville au pr&#233;sent. C'est l'enjeu du quotidien.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les utilit&#233;s sont un chantier immense. Les infrastructures &#233;nerg&#233;tiques, de distribution et de traitement des eaux, de collecte et de recyclage des d&#233;chets appellent des investissements massifs et la recherche de solutions - technologiques et gestionnaires - innovantes. L'acc&#232;s au traitement des eaux us&#233;es est in&#233;gal entre les villes asiatiques. Des standards communs sont n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1639 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH174/870-4-04cac.jpg?1686646950' width='448' height='174' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;T&#233;h&#233;ran&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Les transports publics constituent le deuxi&#232;me d&#233;fi du quotidien des citadins. En effet, l'engorgement est un risque dans la plupart des grandes m&#233;tropoles. En Inde, la Commission du Plan s'est saisie du probl&#232;me pour lancer d'ambitieux plans d'investissements dans des syst&#232;mes de transports structurants &#224; forte capacit&#233; dans les agglom&#233;rations de plus d'un million d'habitants. T&#233;h&#233;ran a inaugur&#233;, il y a quelques ann&#233;es, ses premi&#232;res lignes de m&#233;tro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;curit&#233; publique enfin est la condition du d&#233;veloppement urbain. C'est un d&#233;fi majeur car la ville est aussi le terrain de choix des r&#233;seaux criminels et d'une &#233;conomie informelle faisant la part belle aux groupes opaques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;strong&gt;Le troisi&#232;me d&#233;fi, c'est celui de la gouvernance urbaine.&lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La continuit&#233;, la lisibilit&#233;, la simplicit&#233; : voil&#224; les trois dimensions de l'action &#233;dilitaire qu'appellent ces enjeux. Il n'y a pas de ville prosp&#232;re sans gouvernance efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des chantiers de r&#233;flexion essentiels des ann&#233;es &#224; venir sera, j'en suis convaincu, celui de la d&#233;mocratie urbaine. La ville est un lieu d'invention du pouvoir. Le lien entre l'administration et les administr&#233;s n'est nulle part plus proche et plus complexe &#224; la fois. C'est gage de compromis et de suivi. Souvenons-nous : c'est en Asie que se sont d&#233;velopp&#233;es, dans l'Antiquit&#233;, les premi&#232;res cit&#233;s-Etats. C'est-l&#224; qu'eut lieu la premi&#232;re r&#233;volution du pouvoir, celle d'une r&#233;glementation abstraite et g&#233;n&#233;rale au lieu de l'arbitraire du chef, celle du partage des pouvoirs entre classes concurrentes. C'est aujourd'hui le terrain o&#249; s'inventent de nouveaux compromis, entre groupes sociaux, entre &#233;chelons nationaux et locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi le d&#233;fi de la coh&#233;sion sociale et du partage de la prosp&#233;rit&#233;. Les villes sont des lieux de concentration de la richesse comme de la mis&#232;re. Manille juxtapose sur son immense territoire des bidonvilles priv&#233;s de tous les services publics et des centres d'affaires extr&#234;mement modernes. Les clivages territoriaux et sociaux, nous les retrouvons dans bien des villes, s'appuyant sur les d&#233;coupages historiques comme sur les trac&#233;s des fleuves, &#224; S&#233;oul ou Bangalore par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ces d&#233;fis, l'action solitaire est vou&#233;e &#224; l'&#233;chec. Rien n'est plus important que le partage des exp&#233;riences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action politique &#224; long terme doit s'appuyer sur une expertise concr&#232;te et diversifi&#233;e. Seule la confrontation et la comparaison de ville &#224; ville peut avoir un sens dans ce contexte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;strong&gt;Les villes europ&#233;ennes ont eu par le pass&#233; recours au dialogue et &#224; la confrontation.&lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;veloppement des m&#233;tropoles europ&#233;ennes du XVIIe et au XVIIIe si&#232;cle, la comparaison a toujours guid&#233; les renaissances urbaines. Paris et Londres ont grandi dans l'&#233;mulation et la comparaison. L'architecture et l'urbanisme ont fait leur preuve &#224; travers tout le continent, par imitation, par adaptation. Le pragmatisme l'a bien souvent emport&#233; sur la th&#233;orie abstraite.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1640 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L335xH252/870-5-bbc01.jpg?1686646950' width='335' height='252' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:335px;'&gt;&lt;strong&gt;La station Ferdowsi, ligne 4 du m&#233;tro de T&#233;h&#233;ran&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Mais le coup par coup est aujourd'hui insuffisant. Il n'est pas &#224; la hauteur de la complexit&#233; et de l'interd&#233;pendance des d&#233;fis. Il faut inventer des modalit&#233;s nouvelles de partage et d'&#233;valuation des exp&#233;riences. Il serait souhaitable de pouvoir mettre sur pied une fondation commune pour les Villes Asiatiques afin d'accumuler les exp&#233;riences et de devenir une force de proposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ma conviction que rien n'est aussi important dans la prise de d&#233;cision moderne que la qualit&#233; de l'information qui la guide. Une telle information exige une m&#233;thode, des moyens, une ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#233;thode, ce pourrait &#234;tre celle d'une confrontation th&#233;matique des exp&#233;riences sur l'ensemble des villes asiatiques concern&#233;es par le Forum des Villes Asiatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit avant tout de d&#233;finir des crit&#232;res d'&#233;valuation et de classification qui rendent justice de la diversit&#233; des attentes et des conditions pr&#233;alables. Un succ&#232;s, un &#233;chec doivent &#234;tre &#233;valu&#233;s &#224; l'aune des sp&#233;cificit&#233;s locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trop souvent par le pass&#233;, les strat&#233;gies de d&#233;veloppement ont conduit &#224; une logique d'imposition de mod&#232;les occidentaux uniformes. Ce ph&#233;nom&#232;ne a &#233;t&#233; source de gaspillages dommageables de l'aide au d&#233;veloppement. Ces moyens, ce doit &#234;tre &#224; la fois des capacit&#233;s d'expertise centralis&#233;e sp&#233;cifiques et des comp&#233;tences locales mises &#224; disposition de la structure commune. Le r&#233;servoir d'exp&#233;riences y gagnera en souplesse et en diversit&#233;. Il est important de favoriser les synergies entre les responsables politiques, les d&#233;cideurs &#233;conomiques et les experts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une structure ind&#233;pendante permet d'&#233;viter les biais de comparaison et les blocages structurels &#224; courte vue. Le Forum des Villes Asiatiques para&#238;t &#234;tre une &#233;chelle adapt&#233;e &#224; un tel projet, impliquant les autorit&#233;s municipales sans &#234;tre soumise &#224; l'une d'entre elles ou &#224; un mod&#232;le unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville de demain doit s'appuyer sur des convictions fortes et une action d&#233;cid&#233;e. Les d&#233;fis sont globaux. Les solutions doivent l'&#234;tre aussi. Mais il ne faut jamais perdre de vue le respect de la diversit&#233; des cultures et la sp&#233;cificit&#233; de chaque identit&#233; urbaine. Seule l'exp&#233;rience peut d&#233;cliner localement une r&#233;flexion globale. Je vous exprime tout mon enthousiasme pour votre entreprise qui peut cr&#233;er des ponts entre Nord et Sud dans une vision partag&#233;e des d&#233;fis. Cette coop&#233;ration est indispensable. L'ann&#233;e 2008 a &#233;t&#233; celle de tous les dangers, faisons en sorte que 2009 soit celle des opportunit&#233;s. La solidarit&#233; qui s'exprime ici entre vos villes est un exemple du dialogue qu'il faut d&#233;velopper entre nos Etats et nos peuples.&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Elias Canetti, Juan Goytisolo : Polyphonie transitive et calligraphie racinale</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article869</link>
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		<dc:date>2009-01-01T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Monsif Ouadai Saleh</dc:creator>



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&lt;p&gt;Marrakech dans la sp&#233;cificit&#233; interculturelle de l'&#233;criture entre la polyphonie d'Elias Canetti et la calligraphie de Juan Goytisolo. Marrakech comme po&#233;tique transitive et comme po&#233;tique nodale. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'histoire d'une ville est toujours l'histoire d'une culture. L'histoire d'une communaut&#233; occupe sans aucun doute la place d'une position dans la culture. Il rel&#232;ve du truisme de dire que la trace communautaire ne saurait &#234;tre, en amont comme &#224; son aval, une exp&#233;rience quelconque de l'&#233;ph&#233;m&#232;re. La position (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique121" rel="directory"&gt;N&#176; 38, janvier 2009&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton869-34a98.jpg?1686646950' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Marrakech dans la sp&#233;cificit&#233; interculturelle de l'&#233;criture entre la polyphonie d'Elias Canetti&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Ecrivain d'origine bulgare, il a re&#231;u le prix Nobel de litt&#233;rature en (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt; et la calligraphie de Juan Goytisolo&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Ecrivain espagnol contemporain.' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt;. Marrakech comme po&#233;tique transitive et comme po&#233;tique nodale.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'histoire d'une ville est toujours l'histoire d'une culture. L'histoire d'une communaut&#233; occupe sans aucun doute la place d'une position dans la culture. Il rel&#232;ve du truisme de dire que la trace communautaire ne saurait &#234;tre, en amont comme &#224; son aval, une exp&#233;rience quelconque de l'&#233;ph&#233;m&#232;re. La position culturelle d'une ville est toujours une histoire, une histoire &#233;tal&#233;e sur les multiples supports de la trace et de la m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour traiter de la singularit&#233; culturelle d'une cit&#233;, il est sans doute n&#233;cessaire de pr&#234;ter parole &#224; la m&#233;moire, dans ce sens pr&#233;cis o&#249; l'histoire, le pr&#233;sent et le futur ne sont &#224; proprement parler qu'une r&#233;v&#233;lation unifi&#233;e et soud&#233;e d'une identit&#233; cosmopolite et universelle, une r&#233;cup&#233;ration des traces, une d&#233;couverte du pr&#233;sent et une construction du futur. Ceci s'applique d'autant plus &#224; l'histoire et &#224; la culture de Marrakech qu'une lecture qui voudrait s'inscrire dans la troncation et la rupture, postulant les convictions ou l'apologie d'une identit&#233; absolue, ne saurait fonctionner que comme contrari&#233;t&#233; majeure, ind&#233;l&#233;bile et insurmontable de cette identit&#233; m&#234;me, qui ne saisissait de soi que la rh&#233;torique s&#233;culaire de l'universalit&#233; et la rh&#233;torique universelle de la m&#233;diation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marrakech appartient &#224; cette universalit&#233; de la lettre qui fut sans cesse ennoblie par la n&#233;gation des fronti&#232;res cun&#233;iformes pour incarner par obsession pittoresque une figure transfuge de la matrice. Comme la fascination, elle d&#233;rive. Et comme le sublime, elle se d&#233;passe. Comme voix, elle est verbe transitif. Elle est calligraphie contradictoire parce qu'elle se dessine dans des limites ind&#233;cises entre le bien et le mal, entre la lumi&#232;re et l'ombre, entre la d&#233;chiffrabilit&#233; et l'herm&#233;tisme, entre l'exot&#233;risme et l'&#233;sot&#233;risme. Ainsi est le Marrakech d'Elias Canetti. Comme voix, elle est consistance, orgiaque sans &#234;tre n&#233;cessairement dionysiaque. Marrakech ignore le culte unifi&#233; et unique de l'ombre&#8230; Elle est dithyrambique entre la ferveur fr&#233;n&#233;tique et la retenue pudique. Elle n'est pas non plus apollonienne car sa lumi&#232;re a quelque chose d'impur. C'est une lumi&#232;re qui tient &#224; ne pas se d&#233;poss&#233;der de la fantaisie et du fantasme. La fantaisie d'un feutier qui d&#233;chiffre par l'autodaf&#233; l'&#339;uvre d'Averro&#232;s. Le fantasme v&#233;g&#233;tatif d'un po&#232;te qui attend la mort de l'oracle sous l'invocation de l'exil. Marrakech, brass&#233;e de remparts lunatiques, parsem&#233;s de phobies obsidionales, de t&#233;moins aveugles sous le flanc-pesanteur, la pesanteur virile de l'Atlas, ne cesse pourtant de g&#233;n&#233;rer, en franges impures, par une matrice-&#233;nigme de la s&#233;duction et de la conception, confondant l'&#233;prise et la d&#233;prise, la lettre et la voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison des limites compromissoires que son &#226;me fut con&#231;ue pour la m&#233;diation, pour l'&#233;tonnement m&#233;diateur, pour une sorte de culpabilit&#233; consomm&#233;e par le silence feutr&#233; de l'ironie ou la r&#233;sonance en substance d&#233;sinvolte d'un rire qui fonctionne comme l&#233;thargie assum&#233;e contre toute r&#233;silience volontaire signifiant l'engagement ou l'action collective. Mais qui par bonheur n'alt&#232;re pas la r&#233;silience textuelle. La r&#233;silience textuelle d'Elias Canetti fonctionne par exemple comme le fait le rire des Marrakchis, en contrepoint, mais en postulant une transformation int&#233;rieure qui le met dans la dur&#233;e du silence. Le contrepoint est une organisation du silence. Mais la dur&#233;e dans le silence est une symphonie, une interf&#233;rence qui met le texte face &#224; sa vocit&#233; infinie, sa vocit&#233; transcendantale faite de variabilit&#233; chronique et d'invariant id&#233;al a-temporel.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1629 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L226xH314/869-1-e99ec.jpg?1686646950' width='226' height='314' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:226px;'&gt;&lt;strong&gt;Elias Canetti&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les Voix de Marrakech &lt;/i&gt;est le titre qu'Elias Canetti donne &#224; son &#339;uvre pour creuser et colliger ses impressions alors qu'il est de passage au Maroc. Comme l'indique aussi express&#233;ment son titre, cette &#339;uvre donne &#224; la rythmique sonore de la polyphonie un invariant cosmique : la transitivit&#233;. L'exotisme accuse l'apparence. Il rel&#232;ve les traits du transitoire en s'enlisant dans la description de l'apparence. Elias Canetti, en philosophe de l'&#233;nergie massive, d&#233;place la vocit&#233; de l'&#233;cho frivole, insignifiant dans sa r&#233;sonance, compacte tout en &#233;tant &#233;ph&#233;m&#232;re, vers la vocit&#233; qui est &#233;nergum&#232;ne, transe et extase. La vocit&#233; massive, o&#249; la pr&#233;sence autour de la parole, la vocit&#233; autour du temps, la phonie autour de l'espace, la r&#233;p&#233;tition, la litanie, le refrain, la rengaine constituent la clef de vo&#251;te d'une f&#233;condit&#233; transitive, d'une transitivit&#233; restitutive de l'appartenance, de la pr&#233;sence. La polyphonie d'Elias Canetti est une traduction de la pr&#233;sence transitive qui demeure pr&#233;sence de la constance dans la fugacit&#233;. La transitivit&#233; ne constitue pas un sacril&#232;ge s&#233;mantique ou discursif contre le s&#233;dentarisme identitaire, mais plut&#244;t une certaine allomorphie de la pr&#233;sence qui compose en contrepoint distanciatif, en synapse rel&#226;ch&#233;e, en massivit&#233; transfuge, le passage de l'identit&#233; sur l'identit&#233;, ce qui signifie en fin de compte qu'il n'est que la trame du multiple qui organise l'appartenance. Chaque d&#233;termination est une appartenance &#224; la multiplicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que, dans la d&#233;termination donn&#233;e comme uniforme, et qui par son uniformit&#233; m&#234;me se trouve vou&#233;e &#224; l'appartenance tram&#233;e par le multiple, on trouve plusieurs aspects de la pluralit&#233; : la pluralit&#233; transitive d'Elias Canetti, et celle, en concomitance, constante et m&#233;diatrice de Juan Goytisolo. Ces deux po&#233;tiques de l'espace partagent, &#224; des degr&#233;s divers, mais non moins authentiques, un principe d'immanence &#224; l'universel incontestable dont le seul &#233;l&#233;ment de modalit&#233; qui le trace et le module et qui en d&#233;termine la sp&#233;cificit&#233; est celui qui pr&#233;cise ou dessine son intensit&#233;, selon, bien entendu, l'esth&#233;tique de forme et de modulation qui caract&#233;rise, d&#233;finit ou trans-d&#233;finit chacun de nos deux &#233;crivains. Nous allons donc avancer selon cette pr&#233;cision de l'intensit&#233; de la modulation dans la polyphonie d'Elia Canetti et de l'intensit&#233; des lin&#233;aments dans la polygraphie de Juan Goytisolo. Et puisque ce n'est pas la conclusion qui m'int&#233;resse dans ce texte, ni d'ailleurs la syst&#233;matisation ou la coh&#233;rence syst&#233;matique, j'&#233;nonce tout de suite l'esprit et la nature de chaque dynamique, et ce, en pla&#231;ant celle d'Elias Canetti dans le contrepoint, qui &#233;tant voix et polyphonie, doit n&#233;cessairement s'inscrire dans la transition et la modulation ou le choralisme en d&#233;cours de la transition : la polyphonie nomade qui stratifie la transition entre fugacit&#233; et permanence, ou permanence fugace, transitoire et fugitive : il s'agit d&#232;s lors, en raison cons&#233;cutive, d'une ind&#233;cision durative de la voix ou des voix. L'espace canettien est exhibition de la dur&#233;e. Il est appel&#233; &#224; l'&#234;tre en d&#233;cours m&#233;lodique nourrissant le flux de la parole par la dur&#233;e impersonnelle de la litanie et de la r&#233;p&#233;tition. Chez Canetti, il y a une limite impersonnelle &#224; la vocit&#233; de l'espace. Il y a une sensibilit&#233;, une matrice adventice qui d&#233;termine la polyphonie par le chant lunatique entre la pleine et la nouvelle lune. La polyphonie se d&#233;termine r&#233;cession de l'espace devant l'&#233;cho. L'espace s'y d&#233;finit par son &lt;i&gt;&#233;cho&#239;t&#233;&lt;/i&gt; &#224; la limite de la pr&#233;sence insaisissable, transition insaisissable, transition en d&#233;cours de la transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'autre extr&#233;mit&#233; de cette dynamique, dans un sens tout &#224; fait oppos&#233;, se situe Juan Goytisolo. La position qu'il occupe est tout &#224; fait conforme &#224; la mesure lettrique et graphique de l'espace. Par l'effet d'une &#233;laboration lettrique de l'espace, il ne sera plus question de transition mais de s&#233;dentarisme, un s&#233;dentarisme conscient de la valeur racinale de la pr&#233;sence. Suivant la logique de la calligraphie la pr&#233;sence se situe &#224; un niveau complexe du rapport entre la forme apparente et la forme nodale ou racinale de la lettre, entre les limites fixes de l'apparence et les limites mouvantes mais souterraines des racines lettriques. La calligraphie tend &#224; traduire avant tout l'espace de l'enracinement pour traduire l'apparence en pr&#233;sence pl&#233;thorique de la forme. On trouve ainsi dans la calligraphie une tendance compulsive &#224; situer dans un m&#234;me niveau, un niveau pali&#232;re et communicant, un niveau de Pr&#233;sence, la forme de l'apparence et la forme de la &#034;racinalit&#233;&#034;, la &#034;racinalit&#233;&#034; comme forme absente et absentifi&#233;e par la logique de l'&#233;criture. Juan Goytisolo est la &#034;racinalit&#233;&#034; multiple et m&#233;diatrice de la lettre dispos&#233;e selon la logique de la nodalit&#233; : un n&#339;ud en mouvement. Juan Goytisolo se situe, hors la transition, dans une perspective topom&#233;trique de la lettre inclusive de la pr&#233;sence et de la pr&#233;sence inclusive de la lettre. Il faut pr&#233;ciser tout de suite qu'il s'agit l&#224; d'une inclusion montrante o&#249; la computation topom&#233;trique n'a aucune valeur math&#233;matique ou &#233;conomique. La topom&#233;trie est un pr&#233;texte pour lib&#233;rer l'espace de la lettre dans la valeur esth&#233;tique de la pr&#233;sence, dans l'hypotypose de la pr&#233;sence con&#231;ue comme finalit&#233; en soi, et mise sous les auspices d'une continuit&#233; d&#233;sallogaris&#233;e et d&#233;m&#233;taphoris&#233;e. Toutes les transitions qui se situent dans la tendance m&#233;taphorisante ou all&#233;gorisante de la pr&#233;sence font partie de l'universel impertinent dont il est question de dirimer la continuit&#233; et l'autorit&#233;. La calligraphie invente dans cette perspective la non pertinence de l'&#233;pique h&#233;raclit&#233;en du temps, traduit par la continuit&#233;, le d&#233;liement m&#233;tabolique de la signifiance. Elle invente parall&#232;lement la non pertinence du tragique critique qui fait semblant d'&#234;tre v&#233;rit&#233; de la pr&#233;sence sur le terrain glissant, insaisissable de la contingence po&#233;tique, mythique et symbolique. La calligraphie invente la distribution de l'espace selon les normes d'histographie propre &#224; la lettre, selon un s&#233;dentarisme foncier dirimatoire de l'utopie temporelle propos&#233;e comme matrice unique du sens. Pour la calligraphie, la matrice unique c'est l'histographie de la lettre conjugu&#233; averbalement par la continuit&#233; imm&#233;diate &#224; la pr&#233;sence. L'imm&#233;diatet&#233; ici est avant tout la n&#233;gation de l'h&#233;g&#233;monie chronique du temps. Elle est par cons&#233;quent l'apparition brutale de l'histographie de la lettre qui n'accepte d'autre conjugaison que sa nodalit&#233; confront&#233;e &#224; la pr&#233;sence.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1630 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L235xH306/869-2-c777e.jpg?1686646950' width='235' height='306' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:235px;'&gt;&lt;strong&gt;Juan Goytisolo&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre de Juan Goytisolo se pr&#234;te &#224; la lecture, la lecture qui pr&#233;tend &#233;puiser la pr&#233;sence, &#224; travers la matrice calligrammatique de la pr&#233;sence. La pr&#233;sence d&#233;termin&#233;e, structur&#233;e par la forme et la mouvance de la lettre. Le choix de la lettre et de la calligraphie est d&#233;cid&#233; en premier lieu chez Juan Goytisolo par, justement, cette rh&#233;torique de &#034;racinalit&#233;&#034; qui ne saurait &#234;tre transitive, &#234;tre support de transition sans impliquer en premier lieu la n&#233;gation radicale de la transition abstraite, pour son substitut le proche, &#224; savoir la m&#233;diation. S'il y a quelque part lieu de parler de transition dans la po&#233;tique calligraphique de Juan Goytisolo, ce sera, de toute &#233;vidence, autour d'un type de transition inconforme et h&#233;r&#233;tique c&#233;dant &#224; la logique de la pr&#233;sence toute facult&#233; impertinente de l'abstraction s&#233;mantique, niant l'abstrait par le concret, un type de transition statique et nodal transcendant le devenir par la m&#233;diation pr&#233;sentielle et imm&#233;diate, par l'essence d'une pr&#233;sence &lt;i&gt;sui generis&lt;/i&gt; toujours conforme &#224; sa nodalit&#233; originelle, par la cursivit&#233; immanente &#224; une mouvance illin&#233;aire, mouvance qui pratique la pl&#233;thore illin&#233;aire de l'espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La calligraphie est un dialogue constant entre la forme et sa pr&#233;sence, entre la forme de la pr&#233;sence et sa totalit&#233;, entre la totalit&#233; et la &#034;racinalit&#233;&#034;, entre la totalit&#233; visible et la &#034;racinalit&#233;&#034; invisible&#8230; Et parce que toute lettre est en quelque sorte un arbre, une for&#234;t en puissance, vocation optimale de la pr&#233;sence, la m&#233;diation s'inspire de la &#034;racinalit&#233;&#034;, l'arbre enfoui, l'arbre tellurique, pour r&#233;v&#233;ler &#224; la lettre, &#224; travers le d&#233;passement de la fonction s&#233;mantique : copulative, attributive et pr&#233;dicative qui stigmatise et stratifie le verbe &lt;i&gt;&#234;tre&lt;/i&gt;, une calligraphie &lt;i&gt;a-verbale&lt;/i&gt;. Toute calligraphie a la t&#226;che d'&#234;tre et d'avoir cette beaut&#233; impure qui d&#233;-signifie la copule, et tous les pr&#233;dicats des fonctions et des relations qui se r&#233;alisent pas en fonction du nouement et de la nodalit&#233;. La calligraphie est cette n&#233;gation jubilatoire des fonctions th&#233;matiques. La calligraphie a donc la fonction de rendre &#224; la lettre sa trame de pr&#233;sence immanente occult&#233;e par la m&#233;taphysique symboliste et par toute la tutelle po&#233;tique de la &#034;pr&#233;dication impertinente&#034;. Et ce en pratiquant essentiellement la mystique mat&#233;rielle et lignifi&#233;e du n&#339;ud. L'esth&#233;tique nodale de la calligraphie est un cep qui &#233;touffe le silence et l'apparence&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement est pr&#233;sence qui s'inscrit d'embl&#233;e avec la conviction d'&#234;tre le d&#233;sir ultime de l'espace dans la r&#233;currence de la continuit&#233; au profit de la relation, autrement dit, au profit de l'universel. L'universel dans le sens de la continuit&#233; en immanence &lt;i&gt;personatique&lt;/i&gt; avec la relation. Cette vision apophantique part du postulat tr&#232;s simple que l'universel ne pourrait &#234;tre impersonnel. La philosophie de l'universel se noue et se d&#233;lie par le n&#339;ud m&#234;me de son nouement. La philosophie de l'universel est un n&#339;ud de continuit&#233; autour de la pr&#233;sence. Sa continuit&#233; est un rapport de partage par rapport &#224; la pr&#233;sence. La calligraphie quand elle aborde son universel ou son n&#339;ud elle le fait &#224; partir d'un d&#233;tournement radical de la lettre du sens duratif impliqu&#233; dans la forme &lt;i&gt;substrate&lt;/i&gt; du sens -le sens est la cat&#233;gorie majeure de la temporalit&#233;, pour acc&#233;der &#224; une pr&#233;sence pl&#233;ni&#232;re du n&#339;ud &#224; la fois libre, immanemment libre, et renvers&#233; ou invers&#233;, transcendentalement invers&#233; et renvers&#233;. Renvers&#233; parce que l'universel de la lettre tend &#224; s'inscrire comme pr&#233;sence dans une sorte de pl&#233;thore de la &#034;racinalit&#233;&#034;. La &#034;racinalit&#233;&#034; devient ainsi une forme de continuit&#233; universelle de la forme dans le sens de la pr&#233;sence. Comme c'est le cas taxinomique dans la calligraphie, la r&#233;currence ne d&#233;finit pas un statut r&#233;p&#233;titif de la forme. Elle ne d&#233;finit pas une dur&#233;e de la forme, ni, &#224; plus forte raison, une forme de la dur&#233;e. Il s'agit bien au contraire d'une continuit&#233; qui transcende &#224; des &#233;gards d&#233;finitivement pr&#233;sentiels, pr&#233;sence en termes d'espace, en termes d'&lt;i&gt;espacement&lt;/i&gt; du n&#339;ud universel de la continuit&#233;, qui transcende l'&lt;i&gt;impersonnel&lt;/i&gt; ou l'anonymat canettien. Juan Goytisolo conjugue la pr&#233;sence avec la figure calligraphique ou calligrammatique de la relation et de la continuit&#233; dans cette cat&#233;gorie de l'universel qui r&#233;siste &#224; la transition, au nomadisme impersonnel. Comme dans la calligraphie, les lin&#233;aments, les lianes racinales des lettres font leur apparition topom&#233;trique dans le sens de la spatialisation pure de la relation et de l'universel, dans le sens de la &lt;i&gt;conscription&lt;/i&gt;, au lieu de la transcription qui demeure une cons&#233;quence s&#233;mantique du mot, r&#233;duction de la lettre &#224; la voix abstraite du sens, laquelle r&#233;duction neutralise le rapport dynamique entre pr&#233;sence et espace. La conscription est la d&#233;couverte de l'espace &#339;uvrant pour la lettre m&#233;di&#233;e par le s&#233;dentarisme. La conscription est la possession de la pr&#233;sence par le corps de la lettre. Elle est possession de l'espace par ce qui reste de la forme de la lettre une fois d&#233;livr&#233;e de l'impersonnel s&#233;mantique, une fois plac&#233;e dans son n&#339;ud propre et immanent. Le point qui devient tronc, branches et arbre &#224; travers le socle des racines, rhizome invisible, d&#233;sir souterrain, procession irr&#233;missible de l'encre tremp&#233;e dans le &lt;i&gt;calamus&lt;/i&gt;, l'arbre tremp&#233; dans la s&#232;ve, le d&#233;sir n'a alors que la volont&#233; de la lignification, sacril&#232;ge de la lumi&#232;re par l'&#233;ternit&#233; app&#233;titive de la lumi&#232;re, &#233;tymologie de l'encre, puissance de r&#233;surrection&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1631 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L381xH254/869-3-b69d2.jpg?1686646950' width='381' height='254' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Pavillon de la M&#233;nara au bord du bassin &#224; Marrakech&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;La conscription est tout simplement la calligraphie, demeure de la lettre dans la conscience de la pr&#233;sence, la conscience m&#233;di&#233;e par la pr&#233;sence de la lettre. Le temps de la lettre est un arbre a-temporel transformant la temporalit&#233; en bourgeons morts. La transition et l'effacement sont alors impossibles. Seul le s&#233;dentarisme ou la concr&#233;tude deviennent lieu de la pr&#233;sence. La tendance majeure dans cet imaginaire de la lettre est alors d'exhiber la prolif&#233;ration infinie de la pr&#233;sence. Le mouvement qui fait l'espace lignifi&#233; et &lt;i&gt;lign&#233;&lt;/i&gt; sans que l'expansion soit une abstraction quelconque de la nodalit&#233; &#233;ternelle de l'arbre, qui fait l'essence mouvante de la lettre. La lettre, d&#233;sir calamisant, a besoin de se r&#233;pandre en n&#339;uds, d'o&#249; sa conscription s&#233;dentaire. D'o&#249; aussi le renversement majeur qu'op&#232;re la calligraphie : l'encre perd son alliance et sa r&#233;f&#233;rence all&#233;gorique au fleuve h&#233;raclit&#233;en. Peu importe alors la nodalit&#233; abstraite de l'encre, la nodalit&#233; encrale du temps et de toutes les abstractions qui s'ensuivent depuis la m&#233;taphore jusqu'aux mythes et symboles. Il y a l&#224; un renversement ontologique du temps et du devenir o&#249; la puissance in&#233;puisable de la transition, la m&#233;taphysique abstraite de la continuit&#233; trouve un aspect configural de la limite : la pr&#233;sence li&#233;e &#224; la totalit&#233; et la totalit&#233; li&#233;e &#224; la pr&#233;sence. Le d&#233;sir du &lt;i&gt;calame&lt;/i&gt; fait surface et s'empare de la continuit&#233; pour y tracer la norme s&#233;dentaire de la courbe &#224; travers la lignification de la lettre. Dans cette r&#233;volution calligraphique, il est tout &#224; fait &#233;vident, en fait, que c'est la pr&#233;sence qui d&#233;finit la continuit&#233;. On n'est plus dans le pr&#233;sent transitoire, &#233;ph&#233;m&#232;re et transitif qui gouverne la continuit&#233; par l'anticipation analeptique de la pr&#233;sence, s&#233;riant les absences, structurant les anachronismes, mais plut&#244;t dans cette configuration o&#249; la continuit&#233; est don de la pr&#233;sence. C'est l&#224; l'apport essentiel de la calligraphie, et le sens de son s&#233;dentarisme : m&#233;diation de la pr&#233;sence et de la continuit&#233; en concomitance arborescente. La calligraphie neutralise les entit&#233;s encrales de l'absence qui sont les entit&#233;s anachroniques de la pr&#233;sence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elias Canetti a saisi dans la grammaire vocale de Marrakech les tensions transitives du ch&#339;ur aboutissant &#224; une consistance d'aval o&#249; se perd le s&#233;dentarisme de l'appartenance et pr&#233;domine, en contre partie, un aval &#224; rythmique r&#233;p&#233;titive sans aucune institutionnalisation ni de l'occurrence, ni, et c'est plus fertile &#224; son propre imaginaire litt&#233;raire et philosophique de la conscience dynamique sous le titre de la massification ou de la sociation transindividuelle, de la r&#233;currence. La transition suppose toujours une &#034;&lt;i&gt;procurrence&lt;/i&gt;&#034;, c'est-&#224;-dire premi&#232;rement un mouvement vers l'avant, guid&#233;, ou plut&#244;t orient&#233;, par la pr&#233;sence dans le transitif, et deuxi&#232;mement, une r&#233;p&#233;tition en avant, une r&#233;p&#233;tition transitive&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1633 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L381xH254/869-4-182ff.jpg?1686646950' width='381' height='254' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Vue int&#233;rieure du mus&#233;e de Marrakech&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;L'universalit&#233; est la sp&#233;cificit&#233; irr&#233;futable de la culture de Marrakech. Ce trait sp&#233;cifique de l'universalit&#233; n'en est pas seulement la d&#233;finition - en sachant que la d&#233;finition particuli&#232;re ou particularisante dans ce contexte de l'universel est en fait une entamure mortelle dans l'identit&#233;, mais la conscience adonn&#233;e &#224; sa propre v&#233;rit&#233;, la v&#233;rit&#233; du cosmopolitisme ind&#233;chiffrable, la v&#233;rit&#233; de toute l'histoire comme la v&#233;rit&#233; quotidienne de chaque regard enveloppant les contours d'un objet ou les d&#233;lin&#233;aments d'un sujet, de chaque figure inscrite dans le mot ou sur une toile, du mouvement imbu de l'intimit&#233;, comme celui de Juan Goytisolo, conjuguant le temps et l'espace avec une sorte de calligraphie imm&#233;diate, et surtout d&#233;clar&#233;e &#224; sa conscience effective, ce qui la rend pleinement m&#233;diate &#224; la calligrammacit&#233; autonome et totale issue de la diachronie &lt;i&gt;spatiale&lt;/i&gt; entre la conscience racinale, invisible, de la lettre et de la conscience visible du calame. La finalit&#233; est d'embrasser dans une totalit&#233; hautement universelle l'essence m&#234;me de la pr&#233;sence lyrique, de r&#233;v&#233;ler dans les limites universelles de la lettre et, en m&#234;me temps, dans son auto-matriciation infinie la continuit&#233; lyrique du chaos et l'h&#233;ro&#239;sme &#233;pique du d&#233;sordre, c'est-&#224;-dire que la finalit&#233; rectrice de la calligraphie est de cultiver la rupture infinie avec le sens. A ce titre, une calligraphie radicale ne saurait &#234;tre pseudo-calligraphie, mais plut&#244;t une auto-matriciation de la lettre en termes de proscription du sens, en termes de conscription syst&#233;matique de la pseudo-s&#233;mantisation. Toute pr&#233;sence calligraphique est une pr&#233;sence descriptive et prescriptive d'un pseudo-s&#233;mantisme, le s&#233;mantisme dit par la pr&#233;sence de la lettre dans le n&#233;ant du sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lire une calligraphie dans la conscience pure de son autonomie figurale qui met les racines de la lettre sur la plate-forme dynamique &#224; la fois de la figurabilit&#233; architectonique et du s&#233;dentarisme int&#233;rieur, il est n&#233;cessaire d'inventer une sorte d'arborescence o&#249; se cr&#233;e d'une mani&#232;re racinale la figure transfuge de la lettre. Dans cette perspective, la pr&#233;sence et la &#034;&lt;i&gt;racinalit&#233;&lt;/i&gt;&#034; seraient la neutralisation ou la r&#233;duction &#224; la fixit&#233;, &#224; la stagnation, par la figure ou la consistance calligraphique, l'histog&#233;nie hybride du sens. L'esth&#233;tique de la transitivit&#233; est &#224; ce titre l'incompl&#233;tude de la pr&#233;sence. L'esth&#233;tique de la pr&#233;sence doit mener &#224; la pl&#233;nitude de la &#034;racinalit&#233;&#034; expos&#233;e &#224; la forme g&#233;om&#233;trique de l'espace, de l'espace dans la &lt;i&gt;grammatit&#233;&lt;/i&gt; de la lettre. La &lt;i&gt;gramma&lt;/i&gt; qui me concerne ici rel&#232;ve de la dynamique &#233;tymologique du trait et de la ligne investis par l'espace int&#233;rieur et profond de la lettre : la &#034;racinalit&#233;&#034;. Il est temps de pr&#233;ciser en fait que la &#034;racinalit&#233;&#034; n'est en soi qu'un pr&#233;suppos&#233; imaginal de la forme esth&#233;tique de la lettre tenue prisonni&#232;re, r&#233;duite au silence par la forme instrumentale de l'&#233;criture. La &#034;racinalit&#233;&#034; est la fusion traduite par la pr&#233;sence entre l'imago illusoire, illusoirement massif, fig&#233; dans la pr&#233;sence pond&#233;rable, parce que statique, et le sub-imago sous-jacent fertilis&#233; et dynamis&#233; par un d&#233;sir de na&#238;tre, un d&#233;sir de prendre forme, un d&#233;sir d'expansion, un d&#233;sir de lin&#233;aments, somme toute, qui traduit l'aptitude polymorphe de la lettre dans une sorte de pr&#233;sence volatile et impond&#233;rable. La calligraphie par l'&#233;panchement tient la lettre dans une &#233;ternit&#233; larvaire entre la forme et l'informe, l'&#233;ternit&#233; impond&#233;rable de l'entre-deux, de l'&lt;i&gt;in-ter-f&#233;rence&lt;/i&gt;, de l'inf&#233;rence interm&#233;diaire entre le statique et le dynamique, entre le s&#233;dentarisme et le nomadisme.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1634 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L381xH286/869-5-be797.jpg?1686646950' width='381' height='286' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Maroc - Casbah de Ouarzazate&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Photo : Gregory Rohart
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;C'est cet aspect de n&#233;gativit&#233;, l&#233;g&#232;re dans la forme et pesante, lancinante dans l'informe qui fascine la calligraphie, c'est ce d&#233;sir s&#233;dentaire de l'informe qui fascine en m&#234;me temps le d&#233;sir de Juan Goytisolo, le poussant &#224; choisir la demeure racinale de la lettre plus que la voix, la polygraphie &lt;i&gt;callistique&lt;/i&gt; s&#233;dentaire plus que la polyphonie nomade. La beaut&#233; cursive postul&#233;e &#233;ternellement &#224; une beaut&#233; matrice d&#233;s-angulaire qui fait mac&#233;rer la pr&#233;sence transitive et la pr&#233;sence &#233;ph&#233;m&#232;re - l'&#233;ph&#233;m&#232;re est d'abord ce qui est suffisant et statique, dans la pr&#233;sence m&#233;diatrice fait l'essentiel de cette imagination de la lettre que nous r&#233;v&#232;le la beaut&#233; calligrammatique de l'&#339;uvre de Juan Goytisolo. Cette fusion qui assure &#224; la fois le nomadisme et le s&#233;dentarisme de la lettre fait de la calligraphie un art de destruction de la lettre scriptuaire pure et du verbe-copule con&#231;us comme imago fini et fixe. Elle assure la m&#233;diation subimagale illimit&#233;e et &#233;ternelle de l'&#233;volution hors toute contrainte chronique du sens. Elle assure la forme pure entam&#233;e, contamin&#233;e par la pl&#233;nitude m&#233;diate sans sens, par la m&#233;diation pl&#233;ni&#232;re d&#233;-signifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la calligraphie, l'histog&#233;nie de la lettre remplace l'histog&#233;nie du sens par la &lt;i&gt;grammatit&#233;&lt;/i&gt; auto-suffisante de la forme et de la figure, vue de sa profondeur vid&#233;e du sens, de sa g&#233;n&#233;ration uniquement figurale. A l'origine de la calligraphie, il y a la viduit&#233; libertaire de la forme, autrement dit, il y a la pl&#233;nitude de l'informe. Toutes les structures de transfigurations &lt;i&gt;m&#233;ta-phoriques &lt;/i&gt;se trouvent alors d&#233;racin&#233;es et destitu&#233;es en faveur d'une grammatit&#233; qui conjugue la lettre par le sens du vide. La &lt;i&gt;grammatit&#233;&lt;/i&gt; n'est nullement &#224; comprendre en relation avec une quelconque grammaire de la forme lin&#233;aire, ni, &#224; plus forte raison, celle d'une signification-matrice &#224; la fois lin&#233;ante et contenante, lin&#233;airement contenante, r&#233;gie s&#233;culairement par l'infini de la contigu&#239;t&#233; et de l'exigu&#239;t&#233;, par cette raison a priori suffisante que le sens n'a pas d'espace mat&#233;riel, que le sens est par essence un m&#233;ta-espace ou une profondeur univoque, une profondeur sans forme, une profondeur univoquement spatiale, une profondeur uniform&#233;ment spatiale ou spatialement uniforme. Faisant ainsi de la tentation arborescente de la lettre toute une conscience de l'enracinement et de la &#034;racinalit&#233;&#034; biff&#233;s avant par l'&#233;conomie formelle de l'&#233;criture s&#233;mantique. La calligraphie est en premier lieu un &#233;clatement &lt;i&gt;somatique&lt;/i&gt; de la &#034;racinalit&#233;&#034; de la lettre. Cet &#233;clatement somatique de la lettre r&#233;instaure l'&#233;quilibre entre l'apparence fig&#233;e et la &#034;racinalit&#233;&#034; mouvante. L'&#233;quilibre est la constitution d'une pl&#233;nitude n&#233;gatrice de toute hi&#233;rarchisation de la pr&#233;sence. La calligraphie est un nivellement de la pr&#233;sence sous forme de r&#233;v&#233;lation minutieuse des courbes infimes du d&#233;tail. Et la &lt;i&gt;grammatit&#233;&lt;/i&gt;, une reconstitution g&#233;n&#233;alogique et g&#233;n&#233;tique des tissus fractaux de la lettre, s&#233;culairement r&#233;duits au silence souterrain, et &lt;i&gt;racinalement&lt;/i&gt; invisible pour la lin&#233;arit&#233; logistique du sens.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1635 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L381xH253/869-6-f00fc.jpg?1686646950' width='381' height='253' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Commerce &#224; Marrakech&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Pour une calligraphie qui n'est pas aussi radicale, qui n'est pas sa propre essence grammatique, on pourrait parler sans doute d'un ordre esth&#233;tique o&#249; la logistique du sens, autant que sa philologie et sa rh&#233;torique, figurent &#233;puis&#233;es de strates secondaires, d'une secondarit&#233; simplifi&#233;e et &lt;i&gt;simplistique&lt;/i&gt; comme l'illisibilit&#233; qui lui donne forme&#8230; La calligraphie &#233;tant une version r&#233;v&#233;latrice de la pr&#233;sence pl&#233;ni&#232;re, r&#233;v&#233;lation qui se d&#233;siste de la diachronie abstraire pour &#234;tre un rythme pure au sens formelle de la pr&#233;sence, la pr&#233;sence auto-suffisante, est destin&#233;e &#224; qu&#234;ter son incarnation par les racines et l'enracinement d&#233;voil&#233; &#224; la surface, par le s&#233;dentarisme profond de la pr&#233;sence qui dissout l'occultation des n&#339;uds et de la nodalit&#233;. Cette dialectique est passible de donner &#224; l'unit&#233; de la perception et de la figuration une synth&#232;se a-syntonique entre la forme et la profondeur, c'est-&#224;-dire qui &#233;quilibre par le vide du sens et le sens du vide, la forme formelle et la forme vitale de la lettre, et ainsi la prolonge dans la g&#233;n&#233;ration esth&#233;tique pure de sa propre profondeur. A ce titre, n'est-il pas quasiment une &#233;vidence de synth&#232;se de dire que la calligraphie n'est rien d'autre que la traduction supr&#234;me d'une profondeur spatiale entam&#233;e par le vide que laisse la n&#233;gation de la structure profonde du sens, d'une profondeur dans la dur&#233;e de l'espace autour d'une lettre, d'un mot et d'une expression... il y a dans ce conflit deux majorations : la majoration de la forme et celle de la profondeur, je ne dis pas le sens, puisque le conflit est l'unique formalisme esth&#233;tique de la forme. Dans la calligraphie, la forme est une n&#233;gation de sens. Le sens se d&#233;nature sous l'outrage narcissique de la forme. Dans la calligraphie il n'y a que l'absolu narcissique du complexe, le complexe de la forme et la forme du complexe...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juan Goytisolo est cet &#233;crivain de l'inter-monde, de l'entre-deux, de l'inter-discours o&#249; la trag&#233;die ancestrale du corps et de l'&#226;me, la trag&#233;die occidentale du concret et de l'abstrait se d&#233;couvre enfin un tissu et une textualit&#233; de m&#233;diation o&#249; triomphe la lettre humorale sur la lettre charnelle. Un silence philologique, une parole calligrammatique, nouant au sein de la gen&#232;se impossible le mot et la matrice, la matrice et l'imagination, l'imagination et le r&#234;ve, le r&#234;ve et la r&#233;alit&#233; ou le r&#234;ve et l'anti-r&#234;ve. Ainsi, la rencontre et l'ouverture, l'universalit&#233; et la cosmogonie, l'identit&#233; et l'alt&#233;rit&#233; deviennent le genre absolu du verbe, c'est-&#224;-dire une antilogie dynamique de toute gen&#232;se identitaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'oppos&#233; du passage abstrait d'Elias Canetti, ce passage de la trace qui transitive la pr&#233;sence dans une sorte de vocit&#233; transcendante de la lettre, de la lettre iconique ou calligraphique, s'&#233;rige le passage ponctuel de Juan Goytisolo, un passage charnel dans la s&#232;ve de la lettre, m&#233;diant de configurations inflexes, et par cons&#233;quent infinies, l'arbre cosmogonique, l'arbre histographique et histog&#233;nique de la lettre. Marrakech devient ainsi une s&#232;ve universelle qui irrigue la lettre par et au-del&#224; de ces sp&#233;cificit&#233;s internes et propres.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;* Cet article est publi&#233; pour la premi&#232;re fois et en exclusivit&#233; par la Revue de T&#233;h&#233;ran.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ecrivain d'origine bulgare, il a re&#231;u le prix Nobel de litt&#233;rature en 1981.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ecrivain espagnol contemporain.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La situation sociopolitique de l'Iran lors du premier mandat du pr&#233;sident Mohammad Kh&#226;tami (1997-2001) (II)</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article868</link>
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		<dc:date>2009-01-01T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Amir &#194;chofteh Tehr&#226;ni</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le 23 mai 1997 peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un tournant marquant une transition non n&#233;gligeable dans l'histoire politique de l'Iran, bien qu'elle semble aujourd'hui avoir &#233;t&#233; quelque peu oubli&#233;e. Comme nous l'avons &#233;voqu&#233; dans la premi&#232;re partie de cette &#233;tude, les r&#233;sultats de ces &#233;lections ont surpris et fait l'objet d'&#233;tudes de nombreux analystes politiques iraniens ainsi que de leurs confr&#232;res &#233;trangers. Il faut cependant noter que ce ph&#233;nom&#232;ne est le fruit d'&#233;volutions profondes ayant affect&#233; la soci&#233;t&#233; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique121" rel="directory"&gt;N&#176; 38, janvier 2009&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH121/arton868-95fcd.jpg?1686646950' width='150' height='121' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 23 mai 1997 peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un tournant marquant une transition non n&#233;gligeable dans l'histoire politique de l'Iran, bien qu'elle semble aujourd'hui avoir &#233;t&#233; quelque peu oubli&#233;e. Comme nous l'avons &#233;voqu&#233; dans la premi&#232;re partie de cette &#233;tude, les r&#233;sultats de ces &#233;lections ont surpris et fait l'objet d'&#233;tudes de nombreux analystes politiques iraniens ainsi que de leurs confr&#232;res &#233;trangers. Il faut cependant noter que ce ph&#233;nom&#232;ne est le fruit d'&#233;volutions profondes ayant affect&#233; la soci&#233;t&#233; iranienne au cours des derni&#232;res d&#233;cennies. On peut ainsi relever trois facteurs essentiels ayant &#233;merg&#233; une vingtaine d'ann&#233;es apr&#232;s la r&#233;volution islamique en Iran : l'&#233;volution de certaines couches et forces sociales relativement plus m&#234;l&#233;es &#224; la politique, les modifications assez r&#233;centes dans la structure de la soci&#233;t&#233; iranienne, et enfin l'&#233;volution d&#233;mographique ainsi que l'&#233;mergence d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration (1978-1996) ayant massivement particip&#233; &#224; l'&#233;lection.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les pr&#233;misses de la modernisation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La participation active des acteurs sociaux, appartenant &#224; la nouvelle classe moyenne, &#224; l'organisation de mouvements sociaux comme la r&#233;volution de 1979, t&#233;moigne des d&#233;fauts de la th&#233;orie de la modernisation. On r&#233;fute aussi la th&#233;orie de l'effondrement de l'Etat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Th&#233;orie lanc&#233;e par Theda Skoepol' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, car au moment de la r&#233;volution islamique, l'Etat iranien ne souffrait d'aucune crise financi&#232;re ou fiscale. En d'autres termes, le r&#233;gime du Sh&#226;h n'&#233;tait affaibli par aucun conflit ; et l'arm&#233;e imp&#233;riale &#233;tait intacte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, &#224; l'&#233;poque de la r&#233;volution iranienne, la th&#233;orie marxiste ne pouvait pas &#234;tre appliqu&#233;e en ce qu'elle n'&#233;tait pas adapt&#233;e &#224; l'analyse des causes principales : politiques et culturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouverture de l'Iran au monde occidental a eu d'importantes cons&#233;quences politiques, sociales, &#233;conomiques et d&#233;mographiques. L'une des cons&#233;quences de cette ouverture fut l'&#233;mergence des premiers noyaux de la nouvelle classe moyenne qui, depuis sa gen&#232;se, a &#233;t&#233; conditionn&#233;e par ses rapports avec l'Occident. Tout au long du XIXe si&#232;cle, elle r&#233;agit &#224; la mani&#232;re dont les pouvoirs occidentaux appliquaient leurs politiques en Iran. Les auteurs de cette politique &#233;taient fascin&#233;s par la modernit&#233; occidentale et ses mod&#232;les politiques. Les membres de la nouvelle classe moyenne, dont certains appartiennent &#224; l'aristocratie du XIXe si&#232;cle, tent&#232;rent d&#232;s lors de restreindre le pouvoir sans partage du roi ainsi que la pr&#233;sence anglaise et russe.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Kian-Thi&#233;baut, Azadeh, Secularization of Iran, A doomed failure, Diffusion (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Aspects culturels et religieux : l'exemple de l'&#233;volution des minorit&#233;s religieuses&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les minorit&#233;s non musulmanes &#233;taient, jusqu'&#224; la Seconde Guerre mondiale, &#233;tablies dans leurs r&#233;gions historiques, mais aussi sur l'ensemble du pays : zoroastriens pr&#232;s de Yazd et Kerm&#226;n, chr&#233;tiens chald&#233;ens au Kurdistan et dans la r&#233;gion d'Oroumieh, Arm&#233;niens en Azerba&#239;djan et &#224; Ispahan, Juifs &#224; Hamad&#226;n, Kerm&#226;nsh&#226;h, K&#226;sh&#226;n, ou Shir&#226;z. Aujourd'hui, la moiti&#233; de cette population est rassembl&#233;e &#224; T&#233;h&#233;ran, qui est la seule ville o&#249; les diverses communaut&#233;s ont conserv&#233; une certaine dynamique. Ailleurs, quelques centaines ou un millier de personnes ne peuvent que maintenir la nostalgie et les traditions. Cette concentration g&#233;ographique s'est accompagn&#233;e, dans la m&#234;me p&#233;riode, d'un affaiblissement en raison de leur assimilation &#224; la majorit&#233; musulmane, de la perte des identit&#233;s communautaires, et surtout de l'&#233;migration vers l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1627 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L314xH201/868-1-b4287.jpg?1686646950' width='314' height='201' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:314px;'&gt;&lt;strong&gt;La communaut&#233; zoroastre d'Iran participant &#224; l'&#233;l&#233;ction pr&#233;sidentielle en 1997&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;La communaut&#233; zoroastrienne, dont la religion &#233;tait celle de l'Iran antique pr&#233;islamique, est traditionnellement implant&#233;e dans les zones rurales et villes proches de Kerm&#226;n et surtout de Yazd o&#249; se trouvent les temples du feu (&lt;i&gt;&#226;tashkadeh&lt;/i&gt;) les plus sacr&#233;s. Cette population est moins concentr&#233;e &#224; T&#233;h&#233;ran (23%) que les autres minorit&#233;s et vit dans l'Iran tout entier, en forte symbiose avec la population musulmane : on compte autant de zoroastriens &#224; Mashhad qu'&#224; Yazd. Contrairement aux autres minorit&#233;s religieuses, celle des zoroastriens est stable. Les relations avec les parsis de Bombay qui ont quitt&#233; la Perse au XVIIIe si&#232;cle restent toujours actives, mais n'alimentent pas un fort courant d'&#233;migration.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Bernard Hourcade, Atlas d'Iran, p.76.' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La communaut&#233; juive d'Iran est &#233;galement tr&#232;s ancienne puisqu'elle existait d&#233;j&#224; avant l'arriv&#233;e des Juifs d&#233;livr&#233;s de Babylone, qui ont suivi Cyrus vers la Perse au lieu d'aller en Palestine. La cr&#233;ation de l'Etat d'Isra&#235;l a port&#233; un coup fatal &#224; cette communaut&#233; particuli&#232;rement active, qui avait jadis son propre dialecte jud&#233;o-persan. Le d&#233;part massif des jeunes et de familles enti&#232;res, dans les ann&#233;es 1950, a bris&#233; toute possibilit&#233; de renouvellement de cette population, aujourd'hui tr&#232;s peu nombreuse, encore pr&#233;sente &#224; Ispahan et surtout &#224; Shir&#226;z (22% de la communaut&#233;), mais qui a pr&#233;f&#233;r&#233; se regrouper &#224; T&#233;h&#233;ran ou vivent 64% des juifs d'Iran. La R&#233;volution islamique a provoqu&#233;, d&#232;s 1979, une nouvelle vague de d&#233;parts qui met en cause l'existence m&#234;me de cette minorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un constat analogue peut &#234;tre fait pour la communaut&#233; chr&#233;tienne des assyro-chald&#233;ens (catholiques de rite oriental), qui ne sont plus gu&#232;re que 15 000, en particulier dans la r&#233;gion d'Oroumieh, ou il reste quelques villages chr&#233;tiens, et surtout &#224; T&#233;h&#233;ran. Ils ne parlent quasiment plus leur langue, d&#233;riv&#233;e de l'aram&#233;en. Cette petite communaut&#233; a &#233;t&#233; bri&#232;vement boulevers&#233;e pendant la guerre Irak-Iran par l'afflux de nombreux r&#233;fugi&#233;s chald&#233;ens irakiens qui sont ensuite partis vers l'Australie, l'Am&#233;rique du Nord et la France, ouvrant la voie aux chald&#233;ens iraniens, dont la communaut&#233; survit avec peine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Arm&#233;niens forment par contre une minorit&#233; religieuse plus active et plus nombreuse, dont une partie est arriv&#233;e en Iran au d&#233;but du si&#232;cle, fuyant les massacres de Turquie puis la R&#233;volution sovi&#233;tique. Ils sont &#233;tablis &#224; Tabriz, &#224; Ispahan o&#249; ils avaient &#233;t&#233; d&#233;port&#233;s au XVIe si&#232;cle, et bien s&#251;r &#224; T&#233;h&#233;ran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diaspora a permis &#224; de nombreux arm&#233;niens de quitter l'Iran apr&#232;s la R&#233;volution islamique et la guerre, mais l'ouverture de la fronti&#232;re avec la nouvelle r&#233;publique d'Arm&#233;nie n'a gu&#232;re favoris&#233; les migrations, tout au plus le commerce. Au total, les trois quarts des chr&#233;tiens d'Iran vivent &#224; T&#233;h&#233;ran, 9% &#224; Ispahan et 7% &#224; Oroumieh. Dans la plupart des grandes villes du pays vivent &#233;galement de petites communaut&#233;s de protestants et de catholiques latins fond&#233;es au si&#232;cle denier, ainsi que quelques dizaines de familles chr&#233;tiennes assyro-chald&#233;ennes ou arm&#233;niennes venues l&#224; dans le cadre de migrations &#233;conomiques ou professionnelles.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-4' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid, p.78.' id='nh2-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La mise en place de discours &#233;mancipateurs contre l'influence des puissances occidentales&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Suivant la constatation d'Ervand Abr&#226;hami&#226;n, un aper&#231;u de ses ouvrages montre que tout au long de son activit&#233; politique et religieuse, l'Ayatollah Khomeiny s'est toujours accord&#233; avec la tradition chiite de protection de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e l&#233;gitimement acquise par l'islam.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-5' class='spip_note' rel='appendix' title='Ervand Abr&#226;hami&#226;n, Khomeinism, Essays on the Islamic Republic, Berkeley et (...)' id='nh2-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Dans son premier ouvrage intitul&#233; &lt;i&gt;Kashf ol-Asr&#226;r &lt;/i&gt;(Le d&#233;voilement des secrets) r&#233;dig&#233; sous Rez&#226; Sh&#226;h (1925-1941) dans lequel Khomeiny d&#233;non&#231;a le mythe du modernisme, qui selon lui, &#233;tait calqu&#233; sur l'Occident et impos&#233; par la dictature de Rez&#226; Sh&#226;h, il a affirm&#233; que l'islam prot&#233;geait la propri&#233;t&#233; priv&#233;e.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-6' class='spip_note' rel='appendix' title='Kashf-ol-Asr&#226;r, T&#233;h&#233;ran, 1943, pp.181-182. Cit&#233; par Abrahamian. (...)' id='nh2-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; De plus, il y prit la d&#233;fense des &lt;i&gt;b&#226;z&#226;ris&lt;/i&gt;, demanda au gouvernement d'assister les commer&#231;ants en faillite et se d&#233;clara contre la taxation par le gouvernement des activit&#233;s des commer&#231;ants impliqu&#233;s dans l'importation et l'exportation des marchandises.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-7' class='spip_note' rel='appendix' title='Kashf-ol-Asr&#226;r, p.259. Ibid' id='nh2-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; De m&#234;me, dans son livre &lt;i&gt;Vel&#226;yat-e Faqih&lt;/i&gt;, l'Ayatollah Khomeiny a r&#233;it&#233;r&#233; la protection de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e par l'islam et par les lois islamiques. Il a affirm&#233; que le gouvernement islamique, contrairement aux gouvernements dictatoriaux, n'admettait pas la confiscation des biens de la population, et que m&#234;me le Proph&#232;te et l'Imam 'Ali n'avaient pas &#233;t&#233; autoris&#233;s par l'islam &#224; s'approprier les biens et la vie des gens.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-8' class='spip_note' rel='appendix' title='Ayatollah Rouhollah Komeyni, Vel&#226;yat-e Faqih : Hokoumat-e Esl&#226;mi, T&#233;h&#233;ran, (...)' id='nh2-8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; La protection de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et la limitation de l'intervention de l'Etat dans les affaires &#233;conomiques, pr&#244;n&#233;es par Khomeiny, &#233;taient &#233;galement partag&#233;es par la majorit&#233; du clerg&#233; dont l'Ayatollah Beheshti (le premier chef du pouvoir judiciaire tu&#233; en 1981 lors d'un attentat &#224; la bombe).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des bouleversements id&#233;ologiques, d&#233;mographiques et g&#233;ographiques sans pr&#233;c&#233;dents&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'un des aspects fondamentaux de ces changements consiste dans le fait qu'aujourd'hui, 28% de la population iranienne ont de 14 &#224; 29 ans. Un autre aspect de l'&#233;volution fondamentale en Iran se trouve dans la composition culturelle de la soci&#233;t&#233;, apr&#232;s la chute du r&#233;gime du Sh&#226;h, par la diffusion des valeurs islamiques, surtout dans les &#233;coles et les universit&#233;s. En outre, il faut citer l'&#233;volution issue du d&#233;veloppement du r&#233;seau de communication &#224; l'int&#233;rieur du pays, qui a entra&#238;n&#233; une liaison directe et rapide entre les villes et les villages ; pr&#233;lude au d&#233;veloppement des services m&#233;dicaux, du r&#233;seau d'eau potable, d'&#233;lectricit&#233;, du t&#233;l&#233;phone, du r&#233;seau routier, etc., dans les villages. Enfin, nous pouvons &#233;galement &#233;voquer l'augmentation sans pr&#233;c&#233;dent de la population urbaine ainsi que l'apparition d'une vaste classe moyenne tr&#232;s vaste dans tout le pays. Vingt ans apr&#232;s la r&#233;volution de 1979, une nouvelle g&#233;n&#233;ration d'&#233;lites spirituelles et politiques est entr&#233;e en sc&#232;ne pour jouer un r&#244;le consid&#233;rable dans les &#233;volutions sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A c&#244;t&#233; de l'&#233;volution d&#233;mographique et sociale, la nouvelle g&#233;n&#233;ration iranienne jette un nouveau regard sur son univers et cherche son avenir dans les valeurs modernes ; elle demande une vie plus ais&#233;e avec plus de confort.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'essor sans pr&#233;c&#233;dant des publications&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Selon les statistiques et les documents du minist&#232;re iranien de la Culture et de l'Orientation Islamique, on constate un grand progr&#232;s sur le plan du tirage des publications (livres et presse) au cours de deux d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1628 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L314xH209/868-2-202fe.jpg?1686646950' width='314' height='209' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:314px;'&gt;&lt;strong&gt;M. Kh&#226;tami au milieu d'enfants d&#233;favoris&#233;s suivant des cours organis&#233;s par le Croissant Rouge et la Croix Rouge, 2004&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Suivant les rapports de l'Etablissement Iranien des Expositions Culturelles, en 1971, quelques 1961 livres avaient &#233;t&#233; publi&#233;s en Iran. En 1976, 1689 livres avaient &#233;t&#233; publi&#233;s, dont 267 traduits des langues &#233;trang&#232;res, 1378 livres &#233;crits par les auteurs iraniens. En 1986, la publication des livres accusait le chiffre de 3812.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-9' class='spip_note' rel='appendix' title='Source : rapports publi&#233;s par l'Etablissement des Expositions culturelles (...)' id='nh2-9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; L'augmentation des titres de presse est &#233;galement notable.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Evolution du nombre de titres publi&#233;s par la presse iranienne (1971-1996)&lt;/h3&gt;&lt;table class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='id124d_c0'&gt;Publications&lt;/th&gt;&lt;th id='id124d_c1'&gt;1971&lt;/th&gt;&lt;th id='id124d_c2'&gt;1976&lt;/th&gt;&lt;th id='id124d_c3'&gt;1986&lt;/th&gt;&lt;th id='id124d_c4'&gt;1996&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id124d_c0'&gt;Quotidien&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id124d_c1'&gt;28&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id124d_c2'&gt;17&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id124d_c3'&gt;17&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id124d_c4'&gt;25&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='id124d_c0'&gt;Hebdomadaire&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id124d_c1'&gt;111&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id124d_c2'&gt;36&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id124d_c3'&gt;57&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id124d_c4'&gt;185&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id124d_c0'&gt;Trimestriel&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id124d_c1'&gt;64&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id124d_c2'&gt;12&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id124d_c3'&gt;106&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id124d_c4'&gt;359&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='id124d_c0'&gt;Mensuel&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id124d_c1'&gt;-&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id124d_c2'&gt;17&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id124d_c3'&gt;140&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id124d_c4'&gt;266&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id124d_c0'&gt;Total&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id124d_c1'&gt;203&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id124d_c2'&gt;82&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id124d_c3'&gt;320&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id124d_c4'&gt;835&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Evolution des m&#233;dias iraniens&lt;/h3&gt;&lt;table class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='idbb47_c0'&gt; &lt;/th&gt;&lt;th id='idbb47_c1'&gt;1977&lt;/th&gt;&lt;th id='idbb47_c2'&gt;1994&lt;/th&gt;&lt;th id='idbb47_c3'&gt;Croissance absolue&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='idbb47_c0'&gt;Publications&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idbb47_c1'&gt;240&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idbb47_c2'&gt;1000&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point' headers='idbb47_c3'&gt;462.5&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='idbb47_c0'&gt;Livres&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idbb47_c1'&gt;2800&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idbb47_c2'&gt;1600&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point' headers='idbb47_c3'&gt;572&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='idbb47_c0'&gt;Livres disponibles dans les biblioth&#232;ques&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idbb47_c1'&gt;1 6000 000&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idbb47_c2'&gt;5 784 000&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point' headers='idbb47_c3'&gt;361.5&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='idbb47_c0'&gt;Film&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idbb47_c1'&gt;49&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idbb47_c2'&gt;56&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point' headers='idbb47_c3'&gt;114.2&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='idbb47_c0'&gt;Biblioth&#232;ques publiques&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idbb47_c1'&gt;360&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idbb47_c2'&gt;670&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point' headers='idbb47_c3'&gt;186&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='idbb47_c0'&gt;Production audiovisuelle (en heures)&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idbb47_c1'&gt;18 800&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idbb47_c2'&gt;166 125&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric point' headers='idbb47_c3'&gt;883&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'&#233;lection de M. Kh&#226;tami, la libert&#233; de parole, tout comme le nombre de publications se sont grandement accrus, parmi lesquels un nombre important de journaux et de revues. Le tirage de quotidiens lib&#233;raux a parfois atteint des centaines de milliers d'exemplaires, bien loin devant les quotidiens conservateurs. On peut citer, par exemple, &lt;i&gt;Arash&lt;/i&gt; (quelques milliers d'exemplaires vendus en Europe et aux Etats-Unis), &lt;i&gt;Naqd&lt;/i&gt; (Critique), &lt;i&gt;J&#226;m'eh- ye s&#226;lem&lt;/i&gt; (La soci&#233;t&#233; saine) (interdit de publication en 1998), &lt;i&gt;R&#226;h-e no&lt;/i&gt; (La voie nouvelle),&lt;i&gt; Ir&#226;n-e fard&#226;&lt;/i&gt; (L'Iran de demain), &lt;i&gt;Goft&#233;gou&lt;/i&gt; (Dialogue), &lt;i&gt;Farhang-e towse'eh&lt;/i&gt; (Culture du d&#233;veloppement), &lt;i&gt;Doniy&#226;-ye sokhan&lt;/i&gt; (Le monde de la parole), etc. Des revues sp&#233;cialis&#233;es dans des domaines techniques comme l'agriculture (&lt;i&gt;Sonboleh&lt;/i&gt;) ou les transports (&lt;i&gt;San'at-e haml o naghl&lt;/i&gt;) ont &#233;galement vu le jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, la presse r&#233;formatrice a jou&#233; un r&#244;le d&#233;terminant dans la victoire des candidats mod&#233;r&#233;s. A T&#233;h&#233;ran, une dizaine de quotidiens mod&#233;r&#233;s ont pr&#233;sent&#233; leur propre liste, dont certains candidats faisaient en m&#234;me temps partie de celle de la coalition des 18 partis r&#233;formateurs appel&#233;e la &#034;Coalition du 2 Khord&#226;d [1376]&#034; (23 mai 1997, date de l'&#233;lection de Mohammad Kh&#226;tami). La campagne &#233;lectorale s'est ainsi en partie d&#233;roul&#233;e &#224; travers les journaux qui publiaient quotidiennement la liste des candidats, et a contribu&#233; &#224; l'&#233;lection des 26 premiers &#233;lus r&#233;formateurs. Au second tour, l'absence des journaux r&#233;formateurs, ferm&#233;s par la justice, n'a pas emp&#234;ch&#233; les &#233;lecteurs de confirmer le vote du premier tour.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-10' class='spip_note' rel='appendix' title='Azadeh Kian-Thi&#233;bau, Les Cahiers de l'Orient, 2000, p.27.' id='nh2-10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grands mass media officiels tels que la radio et la t&#233;l&#233;vision, ainsi qu'une partie de la presse nationale, sans oublier les tribunes de pr&#233;dication de la pri&#232;re du vendredi ont concentr&#233; leurs efforts au service de l'adversaire de M. Kh&#226;tami, cependant, cette grande mobilisation m&#233;diatique n'a eu aucun effet positif pour son adversaire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le r&#244;le de la jeunesse&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La jeunesse iranienne, &#034;capital&#034; de la R&#233;publique islamique, a v&#233;cu une vie tr&#232;s diff&#233;rente de celle de ses parents. Pendant la premi&#232;re d&#233;cennie de la r&#233;volution et durant la guerre, mais aussi dans la d&#233;cennie suivante et m&#234;me apr&#232;s l'arriv&#233;e au pouvoir du pr&#233;sident Kh&#226;tami, aussi bien les jeunes que les femmes ont &#233;t&#233; la cible principale des int&#233;gristes. Toutefois, ce qui s&#233;pare les jeunes des ann&#233;es 1990 de ceux des ann&#233;es 1980 est leur exp&#233;rience de la R&#233;volution islamique et des tensions engendr&#233;es. Ces deux groupes ont v&#233;cu dans deux mondes &#224; part et ont d&#233;velopp&#233; des sensibilit&#233;s tr&#232;s diff&#233;rentes. Finalement, ni les uns ni les autres ne sont sorti indemnes de vingt-sept&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-11' class='spip_note' rel='appendix' title='2006-1979=27' id='nh2-11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ans de r&#233;volution. Aucun n'a eu une jeunesse &#034;normale&#034; et pleinement v&#233;cue. Tous ont exp&#233;riment&#233; des situations peu communes : les jeunes des ann&#233;es 1980 ont grandi dans les ann&#233;es post-r&#233;volutionnaires et pendant la guerre. Ils y ont en partie, surtout parmi les couches populaires, particip&#233; et marqu&#233; la soci&#233;t&#233; du sceau de &#034;jeune martyr&#034;. Au d&#233;but de la guerre, Khomeiny avait lanc&#233; l'id&#233;e d'une arm&#233;e de 20 millions de soldats. Cette arm&#233;e, avant d'&#234;tre une arm&#233;e dans le sens classique du terme, devait &#234;tre une arm&#233;e islamique, id&#233;ologis&#233;e et grande d&#233;fenseuse des valeurs islamiques.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-12' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid, p.113' id='nh2-12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Nous pensons cependant qu'aujourd'hui, la nouvelle g&#233;n&#233;ration iranienne cherche maintenant une nouvelle identit&#233;, l'&#233;v&#233;nement du 23 mai 1997 refl&#233;tant particuli&#232;rement cette aspiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant la R&#233;volution islamique, il r&#233;gnait dans l'espace social de la soci&#233;t&#233; iranienne et la conscience collective une sorte d'imaginaire fortement impr&#233;gn&#233;e de l'islam. Cette conscience collective avait construit l'infrastructure de l'espace des valeurs d&#233;termin&#233;es avant tout par les principes islamiques. En g&#233;n&#233;ral, l'islam traditionnel orientait donc le comportement social du peuple. Paul Ric&#339;ur a longuement &#233;voqu&#233; la conscience collective comme un &#034;texte&#034;. Ce &#034;texte&#034; est perp&#233;tuellement transform&#233; par les &#233;v&#233;nements sociaux, politiques et &#233;conomiques qui se succ&#232;dent sans interruption..&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-13' class='spip_note' rel='appendix' title='Ric&#339;ur, Paul, From text to Action : Essays in Hermeneutics, North Western (...)' id='nh2-13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant de ces 26 derni&#232;res ann&#233;es, c'est-&#224;-dire apr&#232;s la victoire de la r&#233;volution en Iran, il faudrait insister sur la cr&#233;ation d'un espace permettant l'expression de ces nouvelles valeurs. Nous soutenons donc que &#034;l'imaginaire&#034; de la soci&#233;t&#233; iranienne a &#233;t&#233; influenc&#233; par l'&#233;v&#233;nement du 23 mai 1997, mais reste cependant marqu&#233; par la permanence de certaines valeurs de la r&#233;volution islamique de 1979.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;* Cette &#233;tude s'inscrit dans la cadre d'une recherche post-doctorale de sociologie politique men&#233;e &#224; l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) sous la direction de M. Guy Chaussinaud Nogaret.&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='id6530_c0'&gt;Bibliographie&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id6530_c0'&gt;- Dean, Javis, &lt;i&gt;Political Behavior&lt;/i&gt;, Oxford University Press, 1974.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Evans, Geoffrey, &lt;i&gt;The End of Class Politics&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;class voting in comparative context&lt;/i&gt;), Oxford University Press, Printed in Great Britain, 1999.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Faroughy, Ahmad, &lt;i&gt;L'Iran contre le Shah&lt;/i&gt;, Jean-Claude Simo&#239;n. 1979.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Giddens, Anthony, &lt;i&gt;Sociology&lt;/i&gt;, Polity Press, 1989.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Hourcade, Bernard et Khosrokhavar, Farhad, &#034;La Bourgeoisie iranienne ou le contr&#244;le de l'appareil de sp&#233;culation&#034;, &lt;i&gt;Tiers Monde&lt;/i&gt; XXX1, 124, 1990 pp.877-898.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Kapuscinski, Ryszard, &lt;i&gt;Le shah ou la d&#233;mesure du pouvoir&lt;/i&gt;, Flammarion, 1986.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Khosrokhavar, Farhad, &lt;i&gt;L'utopie sacrifi&#233;e, Sociologie de la r&#233;volution iranienne&lt;/i&gt;, Presses de la Fondation Nationale des Sciences Politiques, 1993.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Nahavandi, Houchang, &lt;i&gt;Iran, Deux r&#234;ves bris&#233;s&lt;/i&gt;, Albin Michel, 1981.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Nahavandi, Houchang, &lt;i&gt;Anatomie d'une r&#233;volution&lt;/i&gt;, Segep, 1983.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Rafipour, Faramarz, &lt;i&gt;D&#233;veloppement et contraste &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;Toss&#233;-&#233; va Tazad&lt;/i&gt;), T&#233;h&#233;ran, 1998 (1376).
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Taheri Amir, &#034;Islam et D&#233;mocratie : un pari impossible ?&#034;, pp.69-80, in &lt;i&gt;Politique Internationale&lt;/i&gt;, No.100, 2003.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="spip.php?article813" class="spip_out"&gt;1&#232;re partie&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Th&#233;orie lanc&#233;e par Theda Skoepol&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Kian-Thi&#233;baut, Azadeh, &lt;i&gt;Secularization of Iran, A doomed failure&lt;/i&gt;, Diffusion Peeters, p.261.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bernard Hourcade, &lt;i&gt;Atlas d'Iran&lt;/i&gt;, p.76.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-4' class='spip_note' title='Notes 2-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid, p.78.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-5' class='spip_note' title='Notes 2-5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ervand Abr&#226;hami&#226;n, &lt;i&gt;Khomeinism, Essays on the Islamic Republic&lt;/i&gt;, Berkeley et Los Angeles, University of California Press, 1993.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-6' class='spip_note' title='Notes 2-6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Kashf-ol-Asr&#226;r&lt;/i&gt;, T&#233;h&#233;ran, 1943, pp.181-182. Cit&#233; par Abrahamian. Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-7' class='spip_note' title='Notes 2-7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Kashf-ol-Asr&#226;r&lt;/i&gt;, p.259. Ibid&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-8' class='spip_note' title='Notes 2-8' rev='appendix'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ayatollah Rouhollah Komeyni, &lt;i&gt;Vel&#226;yat-e Faqih : Hokoumat-e Esl&#226;mi&lt;/i&gt;, T&#233;h&#233;ran, 1978, p.52.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-9' class='spip_note' title='Notes 2-9' rev='appendix'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Source : rapports publi&#233;s par l'Etablissement des Expositions culturelles d'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-10' class='spip_note' title='Notes 2-10' rev='appendix'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Azadeh Kian-Thi&#233;bau, &lt;i&gt;Les Cahiers de l'Orient&lt;/i&gt;, 2000, p.27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-11' class='spip_note' title='Notes 2-11' rev='appendix'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;2006-1979=27&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-12'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-12' class='spip_note' title='Notes 2-12' rev='appendix'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid, p.113&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-13'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-13' class='spip_note' title='Notes 2-13' rev='appendix'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ric&#339;ur, Paul, &lt;i&gt;From text to Action : Essays in Hermeneutics&lt;/i&gt;, North Western University Press, Illinois, USA., 1991.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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