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	<title>La Revue de T&#233;h&#233;ran | Iran </title>
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	<description>Iran | Mensuel culturel iranien en langue fran&#231;aise | Histoire de l'Iran, Art iranien, Culture iranienne, Traditions iraniennes, Litt&#233;rature persane, Langue fran&#231;aise en Iran,</description>
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		<title>La Revue de T&#233;h&#233;ran | Iran </title>
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		<title>Rencontre avec Atiq Rahimi</title>
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		<dc:date>2009-02-01T15:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Elodie Bernard</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le 10 novembre 2008, l'&#233;crivain afghan Atiq Rahimi recevait le prix Goncourt, le plus prestigieux des prix litt&#233;raires fran&#231;ais, pour le livre Syngu&#233; sabour (litt&#233;ralement &#034;Pierre de patience&#034;). Ce roman, directement &#233;crit en langue fran&#231;aise, vient d'&#234;tre publi&#233; aux &#233;ditions POL. Pour cet Afghan qui a &#233;migr&#233; il y a &#224; peine un quart de si&#232;cle en France, ce prix couronne sa d&#233;termination &#224; engendrer un pont romanesque entre l'Orient et l'Occident. &lt;br class='autobr' /&gt;
Chapeau haut viss&#233; sur une t&#234;te brune, cet &#233;crivain (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique122" rel="directory"&gt;N&#176; 39, f&#233;vrier 2009&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton898-f6876.jpg?1686647909' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le 10 novembre 2008, l'&#233;crivain afghan Atiq Rahimi recevait le prix Goncourt, le plus prestigieux des prix litt&#233;raires fran&#231;ais, pour le livre Syngu&#233; sabour (litt&#233;ralement &#034;&lt;/i&gt;Pierre de patience&lt;i&gt;&#034;). Ce roman, directement &#233;crit en langue fran&#231;aise, vient d'&#234;tre publi&#233; aux &#233;ditions POL. Pour cet Afghan qui a &#233;migr&#233; il y a &#224; peine un quart de si&#232;cle en France, ce prix couronne sa d&#233;termination &#224; engendrer un pont romanesque entre l'Orient et l'Occident. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chapeau haut viss&#233; sur une t&#234;te brune, cet &#233;crivain a le regard aussi profond que la couleur des lacs du Pamir. Si les tourments de son esprit se traduisent aussi bien par l'&#233;criture que par son regard et s'ils se calquent sur la g&#233;ographie de son enfance afghane faite de paysages &#233;corch&#233;s, place alors &#224; un entretien haut en couleurs !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_1733 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH258/898-1-1ab21.jpg?1686647909' width='358' height='258' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Atiq Rahimi&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Le fran&#231;ais n'est pas votre langue maternelle. Comment &#234;tes-vous entr&#233; dans cette langue ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfant studieux et sage &#224; mes onze ans, j'ai pr&#233;sent&#233; un dossier et r&#233;ussit le concours d'entr&#233;e au prestigieux lyc&#233;e franco-afghan de Kaboul, &lt;i&gt;Esteql&#226;l&lt;/i&gt; [litt&#233;ralement &#034;&lt;i&gt;Ind&#233;pendance&lt;/i&gt;&#034;]. Aucun membre de ma famille n'avait fr&#233;quent&#233; cet &#233;tablissement avant moi. C'est au cours de ces ann&#233;es pass&#233;es dans cette institution que j'ai d&#233;couvert la culture fran&#231;aise et que j'ai lu les traductions iraniennes des &#339;uvres fran&#231;aises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1984, j'ai voulu quitter mon pays pour aller en France. R&#233;sidant tout d'abord &#224; Rouen, j'ai obtenu ma licence en lettres modernes puis ma ma&#238;trise en communication audiovisuelle. Je suis arriv&#233; &#224; Paris en 1990 o&#249; j'ai suivi pendant trois ans &#224; la Sorbonne nouvelle des cours en s&#233;miologie du cin&#233;ma avec comme sujet de th&#232;se &#034;La fin dans le cin&#233;ma&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;D'ailleurs la fin de votre roman &lt;i&gt;Syngu&#233; sabour&lt;/i&gt; pr&#233;sente certaines particularit&#233;s&#8230;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, mais c'est aussi le cas de la fin de mes autres &#339;uvres. Je vais contre toute la dramaturgie, contre tous les codes, ce qu'on appelle &#034;le code de cl&#244;ture&#034;. Il n'y a pas de fin v&#233;ritable dans&lt;i&gt; Syngu&#233; sabour&lt;/i&gt;. C'est comme dans ce conte magique que je relate dans ce livre o&#249; tout le monde doit trouver sa fin. C'est important pour moi que les lecteurs cherchent la fin. C'est aussi ce qui fait la diff&#233;rence entre la culture orientale et occidentale. En Occident, l'auteur cherche toujours une chute &#224; son &#339;uvre. Dans la culture persanophone, on pratique l'infini, on est dans une structure circulaire. Des destins qui se rejoignent et s'&#233;cartent. C'est pareil en po&#233;sie, en peinture, en philosophie, dans l'histoire m&#234;me. L'histoire de l'Afghanistan est faite de guerres interminables&#8230; Il n'y a l&#224; aucun jugement de ma part, c'est juste un constat de structure. Mon &#339;uvre peut surprendre voire d&#233;ranger. Des gens m'ont m&#234;me arr&#234;t&#233; dans les rues de Paris pour me demander des pr&#233;cisions quant &#224; la fin de ce roman ! (&lt;i&gt;rires&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1734 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH325/898-2-0fe76.jpg?1686647909' width='448' height='325' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Photos figurant dans l'ouvrage d'Atiq Rahimi, intitul&#233; Le retour imaginaire, publi&#233; chez POL en 2005&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Vous connaissez &lt;i&gt;La Conf&#233;rence des oiseaux &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;Mantiq al-Tayr&lt;/i&gt;) de Farid Al-Din 'Att&#226;r. A chaque fois que l'histoire se termine, une autre d&#233;bute. C'est l'histoire d'oiseaux p&#232;lerins qui partent vers la montagne du Q&#226;f guid&#233;s par une huppe &#224; la recherche du Simorgh, leur roi. Ils traversent diff&#233;rentes vall&#233;es, la vall&#233;e de l'amour, la vall&#233;e du d&#233;tachement... A chaque vall&#233;e travers&#233;e, la huppe raconte aux oiseaux une histoire. Mais &#224; chaque fois que l'un de ces oiseaux demande la conclusion de cette histoire, la huppe recommence avec une autre histoire. Certains oiseaux ne supportent pas ce voyage et pr&#233;f&#232;rent rester dans la vall&#233;e, rompant ainsi avec la qu&#234;te de v&#233;rit&#233;. Alors que dans les fables de La Fontaine, il y a une morale pour chaque fable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'inspire de la structure d'infini que l'on trouve en Iran, en Inde. Un conte est &#224; chercher, &#224; rechercher. Qu'est-ce qui d'ailleurs m'autorise et me permettrait de dire que &#231;a, c'est la morale ? Je ne suis pas un philosophe, je ne suis pas dogmatique. Il n'y a dans ce livre aucune pr&#233;tention id&#233;ologique en mati&#232;re de morale. J'&#233;cris une certaine vision du monde, de personnes, de situations. Il s'agit d'une remise en question, d'un autre regard sur les femmes afghanes que celui refl&#233;t&#233; par les &lt;i&gt;burkas&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;En revanche, le d&#233;but de &lt;i&gt;Syngu&#233; sabour&lt;/i&gt; est net. Vous d&#233;diez ce livre &#224; une po&#233;tesse afghane. Pourriez-vous nous en dire davantage sur cette femme ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;span class='spip_document_1735 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH345/898-3-52550.jpg?1686647909' width='336' height='345' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nadia Anjuman est une po&#233;tesse afghane et a &#233;t&#233; assassin&#233;e par son mari en 2005, alors qu'elle n'avait que 25 ans. Leili Anv&#226;r, sp&#233;cialiste de la litt&#233;rature afghane &#224; l'Universit&#233; des langues et civilisations orientales de Paris, a traduit un de ses recueils de po&#232;mes qui a &#233;t&#233; publi&#233; en 2005 sous l'intitul&#233; &#034;Fleur rouge sombre&#034; (&lt;i&gt;Gul-e-dodi&lt;/i&gt;). Le mari de Nadia Anjuman est loin d'&#234;tre inculte, ignorant. C'&#233;tait un professeur &#233;clair&#233; et sympathique que j'ai pu rencontrer dans sa cellule de prison. Sa d&#233;funte &#233;pouse participait r&#233;guli&#232;rement &#224; des colloques litt&#233;raires qu'elle m&#234;me organisait parfois. Elle rencontrait beaucoup de monde. Le contexte de cet assassinat est complexe. Qu'est-ce qui a pouss&#233; l'homme au meurtre de son &#233;pouse, la m&#232;re de ses enfants ? Mais ce n'est pas uniquement l'homme qui l'a assassin&#233;e, c'est aussi sa famille dans son ensemble, des femmes y compris, et les traditions. Le poids des traditions. Le destin de cette femme m'a beaucoup affect&#233;. Je n'ai pas pu me glisser dans la peau du criminel, ni m&#234;me de la victime. L'&#233;criture, c'est plut&#244;t un personnage qui se glisse en vous, qui vous habite et vous hante. Et la po&#233;tesse est venue &#224; moi pour que je parle d'elle, de ses souffrances. Lui, je le voulais paralytique, d&#233;truit, an&#233;anti. Il enregistre ce qu'il voit mais n'analyse pas. &#034;&lt;i&gt;Une femme qui souffre, c'est une m&#232;re qui souffre. Tous les hommes sont alors d&#233;truits.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Parlons justement de ce th&#232;me central de votre livre, tabou en Afghanistan : les confessions intimes d'une femme, alors que son mari est r&#233;duit au silence. J'aurais envie de vous demander si la condition &lt;i&gt;sine qua non&lt;/i&gt; pour que la femme afghane retrouve sa place parmi les femmes et retrouve son identit&#233; de femme, c'est que l'homme n'ait pas acc&#232;s &#224; la parole. C'est seulement l&#224; qu'elle peut cr&#233;er son propre langage&#8230;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Afghanistan, &#224; cette p&#233;riode-ci de l'histoire du pays, il faut certaines conditions pour que la femme puisse s'exprimer. Par son silence, son mutisme, son inertie et sa paralysie, le mari peut devenir une &lt;i&gt;syngu&#233; sabour&lt;/i&gt; pour l'&#233;pouse, une sorte de psychanalyste. L'homme paralytique le devient aussi vis-&#224;-vis des traditions, du syst&#232;me social, des mots. La parole est tr&#232;s importante et aujourd'hui dans le syst&#232;me social de l'Afghanistan, il faut que l'homme ne l'ait pas pour que la femme l'ait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Qu'est-ce qui vous a pouss&#233; &#224; &#233;crire en fran&#231;ais sur ce th&#232;me ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma langue maternelle impose ses limites, une certaine pudeur. Il y a beaucoup de tabous. Ma langue adoptive refl&#232;te la libert&#233; que je recherchais en &#233;criture pour ce th&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;span class='spip_document_1736 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH349/898-4-a72aa.jpg?1686647909' width='336' height='349' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La langue persane est tr&#232;s particuli&#232;re du fait qu'elle exprime notre identit&#233;. Elle refl&#232;te les tiraillements de nos esprits. Par exemple, on utilise beaucoup de pass&#233;s mais tr&#232;s peu de futurs, &#224; l'inverse de l'anglais. Tout est dans le pass&#233; et la nostalgie. C'est aussi une langue tr&#232;s m&#233;taphorique avec une po&#233;tique elliptique. J'utilise cette facette de ma langue mais j'essaie toutefois de me d&#233;barrasser de ses penchants naturels. L'utilisation du fran&#231;ais me permet d'acqu&#233;rir alors une certaine intimit&#233;. L'histoire du corps est constamment rejet&#233;e en Orient. Une ligne tr&#232;s franche s'est dessin&#233;e entre l'univers intime et la soci&#233;t&#233;. Cet &#233;cart entre vie familiale et vie sociale engendre une certaine hypocrisie dans nos soci&#233;t&#233;s. J'esp&#232;re casser cette ligne de front. Et c'est pour dire la douleur d'une femme de mon pays que j'ai renonc&#233; au persan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre &#233;crit en persan serait trop provocateur, m&#234;me si les situations &#233;nonc&#233;es sont des &#233;vidences. Elles sont fr&#233;quentes chez les femmes afghanes. Corps r&#234;ves d&#233;sirs. Je parle des femmes afghanes, des femmes du monde. L'histoire se passe &#034;&lt;i&gt;quelque part en Afghanistan ou ailleurs&lt;/i&gt;&#034;. J'esp&#232;re qu'un jour quelqu'un r&#233;ussira &#224; le traduire dans ma langue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;On ressent pleinement l'influence de Marguerite Duras dans votre travail d'&#233;criture. Quelles ont &#233;t&#233; vos influences litt&#233;raires orientales pour ce roman ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je puise bien &#233;videmment une part de mon inspiration dans la po&#233;sie soufie persane, Roumi, H&#226;fez, Khayy&#226;m, ainsi que dans la po&#233;sie populaire des femmes pachtounes des &lt;i&gt;landay&lt;/i&gt;. Ce sont des po&#232;mes anonymes de femmes, des po&#232;mes qui sont int&#233;gr&#233;s &#224; des chansons elles-m&#234;mes reprises et chant&#233;es par les hommes dans la soci&#233;t&#233;. Ces femmes ont la parole mais seulement dans l'intimit&#233; et non dans la soci&#233;t&#233;. Sayd Bahodine Majrouh et Andr&#233; Velter ont recueilli ces po&#232;mes et les ont publi&#233;s sous le titre &lt;i&gt;Le Suicide et le Chant : po&#233;sie populaire des femmes pachtounes&lt;/i&gt;, aux &#233;ditions Gallimard/Po&#233;sie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement, tous les grands textes sacr&#233;s de l'Inde, le Mah&#226;bh&#226;rata, la Bhagavad G&#238;t&#226;, les cinq livres de la sagesse de Pancatantra, le Panchatantra, la pens&#233;e de philosophes indiens comme Tagore ont &#233;t&#233; &#233;galement des sources d'inspiration. Je les &#233;tudie encore aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Est-ce que ce fut une tache difficile de jeter directement vos pens&#233;es en fran&#231;ais&lt;/b&gt; &lt;b&gt;sur la feuille blanche ? Trouvez-vous des correspondances entre ces deux langues ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;span class='spip_document_1737 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH360/898-5-ca8d0.jpg?1686647909' width='336' height='360' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a &#233;norm&#233;ment de ressemblances entre le fran&#231;ais et le persan. En italien ou en anglais, il y a beaucoup d'accents. Le persan est une langue lin&#233;aire tout comme le fran&#231;ais. Les intonations en fran&#231;ais ressemblent davantage &#224; celles du dari. A la fin des phrases, les accents tombent. Ce sont deux langues rh&#233;toriques, contrairement &#224; l'anglais que je consid&#232;re plut&#244;t comme une langue fonctionnelle et comme l'allemand qui est plus grammatical. L'alchimie entre les mots, leur emplacement dans la phrase, le rythme, la tonalit&#233;. La m&#234;me id&#233;e peut &#234;tre exprim&#233;e de diff&#233;rentes mani&#232;res. Retravailler sur chaque phrase, chaque mot pour trouver le bon rythme. Avant de me mettre &#224; &#233;crire, j'&#233;coutais &lt;i&gt;Le Chant du cygne &lt;/i&gt;de Franz Schubert et plus particuli&#232;rement le lieder &#034;&lt;i&gt;Le double&lt;/i&gt;&#034;. Mon travail d'&#233;criture est un m&#233;lange de genres : dispositif th&#233;&#226;tral et cin&#233;matographique, narratif romanesque, structure kantienne, musicalit&#233; de Schubert, r&#233;f&#233;rences photographiques, peinture&#8230; J'ai souhait&#233; cr&#233;er un pont entre l'Orient et l'Occident. M&#234;me dans le langage. J'implique la rh&#233;torique persane dans la langue fran&#231;aise. De la logique, du rationnel, on s'en fiche !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;span class='spip_document_1738 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH393/898-6-76a3a.jpg?1686647909' width='336' height='393' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;La sc&#232;ne litt&#233;raire afghane est encore balbutiante. Qu'est-ce que cela vous inspire ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, la tradition des maisons d'&#233;dition n'existe pas en Afghanistan. Un livre seulement sort tous les trois, quatre mois environ. Mais il y a de plus en plus d'ouvrages politiques et de recueils de po&#232;mes publi&#233;s. Je ne pense pas que ce prix puisse donner une impulsion &#224; la sc&#232;ne litt&#233;raire afghane, malheureusement. Car pour consacrer sa vie &#224; la litt&#233;rature, il faut certaines conditions qu'il n'est pas possible de r&#233;unir pour un &#233;crivain afghan aujourd'hui dans son pays. Des conditions politiques, &#233;conomiques, religieuses, sociales et familiales&#8230; Je tente d'apporter mon soutien &#224; ma mani&#232;re. Par exemple, j'ai fait venir trois &#233;crivains afghans lors des &#233;ditions du festival &#034;Etonnants Voyageurs&#034; &#224; Saint-Malo, aid&#233; &#224; la publication en 2003 du livre &lt;i&gt;Bonjour douleur &lt;/i&gt;de Kh&#226;led Navissa aux &#233;ditions de l'Aube. Cr&#233;er ma propre maison d'&#233;dition &#224; Kaboul fut une entreprise qui s'est av&#233;r&#233;e trop p&#233;rilleuse et par cons&#233;quent, je n'y ai pas donn&#233; suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;span class='spip_document_1739 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L288xH448/898-7-ed59a.jpg?1686647909' width='288' height='448' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Est-ce qu'une maison d'&#233;dition iranienne a d&#233;j&#224; acquis - ou en cours d'acqu&#233;rir - les droits de traduction ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas encore si ce roman sera traduit en persan et diffus&#233; en Afghanistan et en Iran. J'esp&#232;re qu'il le sera mais je ne veux pas en &#234;tre le traducteur. Je m'engage d&#233;j&#224; sur d'autres projets litt&#233;raires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A&lt;b&gt;llez-vous tirer un long-m&#233;trage de ce roman ? Car votre &#233;criture est tr&#232;s visuelle, sc&#233;naristique, avec un grand sens dramaturgique. On ressent pleinement dans cette &#233;criture l'univers durassien.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai pas encore de projets pr&#233;cis quant &#224; une adaptation au cin&#233;ma. On verra&#8230; (&lt;i&gt;sourires esquiss&#233;s&lt;/i&gt;). Mon &#233;criture est certes sc&#233;naristique car j'insiste sur les comportements, un geste, un regard. Mais &#231;a s'arr&#234;te l&#224;. Au cin&#233;ma, ce monologue pourrait &#234;tre ennuyeux ! (&lt;i&gt;cascades de rires&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Quels conseils donneriez-vous &#224; de jeunes auteurs ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'oser. Oser &#233;crire. La feuille blanche doit devenir votre pierre de patience, votre &lt;i&gt;syngu&#233; sabour&lt;/i&gt;. J'ai &#233;norm&#233;ment lu de manuels th&#233;oriques sur la litt&#233;rature mais n'est jamais suivi les consignes, m&#234;me &#224; l'&#233;cole. Quand j'&#233;cris, j'oublie. Tout devient tr&#232;s instinctif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je reprendrai les termes du po&#232;te et penseur allemand H&#1616;lderlin : &#034;&lt;i&gt;Tout homme est un Dieu quand il r&#234;ve et un mendiant quand il pense.&lt;/i&gt;&#034; Il faut savoir chercher des mots, des situations et rester humble devant sa pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Je vous remercie Atiq Rahimi pour le temps que vous nous avez accord&#233;, alors m&#234;me que les coups de fil assaillent votre t&#233;l&#233;phone portable et que vous &#234;tes sollicit&#233; de toutes parts&#8230; &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelques r&#233;actions sur la sc&#232;ne litt&#233;raire fran&#231;aise :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sidente du jury, &lt;b&gt;Edmonde Charles-Roux&lt;/b&gt;, justifie le choix de l'Acad&#233;mie par &#034;&lt;i&gt;les qualit&#233;s litt&#233;raires, le modernisme, la rigueur, la pr&#233;cision et le refus de l'emphase&lt;/i&gt;&#034; de &lt;i&gt;Syngu&#233; Sabour&lt;/i&gt;, qui est pour elle &#034;&lt;i&gt;la conqu&#234;te d'un amoureux du fran&#231;ais&lt;/i&gt;&#034;. &#034;&lt;i&gt;C'est une trag&#233;die froide. &#1575;a n'est pas path&#233;tique, &#231;a n'est pas lancinant, &#034;la main sur le c&#339;ur&#034;&lt;/i&gt;&#034;. Elle r&#233;compense, en tant que femme particuli&#232;rement touch&#233;e par ce soliloque d'une Afghane d&#233;sempar&#233;e : &#034;&lt;i&gt;un livre qui d&#233;fend la cause f&#233;minine&lt;/i&gt;&#034; et le Goncourt &#034;&lt;i&gt;cherche &#224; r&#233;compenser un livre social&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Egalement sensible &#224; la cause des femmes, &lt;b&gt;Fran&#231;oise Chandernagor&lt;/b&gt; pensait, dans un premier temps, que le livre avait &#233;t&#233; &#233;crit par une femme, avant d'&#234;tre &#034;&lt;i&gt;sid&#233;r&#233;e en septembre en apprenant que le livre avait &#233;t&#233; &#233;crit par un homme&lt;/i&gt;&#034;. Elle insiste en outre sur les qualit&#233;s d'&#233;criture et la construction &#034;&lt;i&gt;pas ordinaire&lt;/i&gt;&#034; du roman, entre &#034;&lt;i&gt;un monologue de th&#233;&#226;tre&lt;/i&gt;&#034; et un &#034;&lt;i&gt;sc&#233;nario&lt;/i&gt;&#034;, avant d'ajouter : &#034;&lt;i&gt;Le livre s'est impos&#233; par son actualit&#233;. L'Afghanistan est un pays qui nous int&#233;resse et qu'on cherche &#224; comprendre&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; &lt;b&gt;Bernard Pivot&lt;/b&gt;, il d&#233;clare que : &#034;&lt;i&gt;Robl&#232;s ayant eu le prix M&#233;dicis, il &#233;tait normal qu'on se tourne vers Rahimi : c'est en quelque sorte l'antith&#232;se du roman de Blas de Robl&#232;s,&lt;/i&gt; L&#224; o&#249; les tigres sont chez-eux, &lt;i&gt;qui repose sur l'&#233;clatement, avec plusieurs histoires &#224; la fois, comme s'il contenait quatre ou cinq romans. Chez Rahimi, c'est l'inverse : c'est un huis-clos qui, autour d'une situation tout &#224; fait dramatique, est construit avec cruaut&#233;, courage, violence, et &#233;conomie de style&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#338;uvres litt&#233;raires et cin&#233;matographiques d'Atiq Rahimi :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;i&gt;Terre et Cendres &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;Kh&#226;kestar-o-kh&#226;k&lt;/i&gt;), 2000, &#233;ditions POL, traduit par Sabrina Nouri. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;i&gt;Les Mille maisons du r&#234;ve et de la terreur&lt;/i&gt;, 2002, &#233;ditions POL. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;i&gt;Le Retour imaginaire&lt;/i&gt;, 2005, &#233;ditions POL. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;i&gt;Syngu&#233; sabour&lt;/i&gt;, 2008, &#233;ditions POL. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;i&gt;Terre et Cendres&lt;/i&gt;, r&#233;alis&#233; par Atiq Rahimi en 2004 et sorti en salles en 2005. Prix d'&lt;i&gt;Un Certain Regard&lt;/i&gt; au festival de Cannes 2004.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Patrimoine afghan, d'une histoire impossible &#224; une identit&#233; retrouv&#233;e ?</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article897</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article897</guid>
		<dc:date>2009-02-01T14:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Judith Henon</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;C'est au travers d'une terrible destruction patrimoniale, celle des Bouddha de B&#226;miy&#226;n en mars 2001, que le monde a pris conscience avec horreur de la situation dramatique du peuple afghan. Cet &#233;v&#232;nement et ceux qui ont suivi ont conduit &#224; bien d'autres destructions mais &#233;galement &#224; un &#233;veil international en faveur de la protection des richesses historiques et artistiques du pays, symboles de sa culture mill&#233;naire et de sa diversit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Afghanistan t&#233;moigne par ses productions artistiques d'une (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique122" rel="directory"&gt;N&#176; 39, f&#233;vrier 2009&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton897-04a2b.jpg?1686647909' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est au travers d'une terrible destruction patrimoniale, celle des Bouddha de B&#226;miy&#226;n en mars 2001, que le monde a pris conscience avec horreur de la situation dramatique du peuple afghan. Cet &#233;v&#232;nement et ceux qui ont suivi ont conduit &#224; bien d'autres destructions mais &#233;galement &#224; un &#233;veil international en faveur de la protection des richesses historiques et artistiques du pays, symboles de sa culture mill&#233;naire et de sa diversit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1730 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L235xH235/897-1-9a0fa.jpg?1686647909' width='235' height='235' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:235px;'&gt;&lt;strong&gt;Monnaie indienne. Tillia tepe, tombe IV&#232;me s., 6cm. Mus&#233;e d'Afghanistan. Exposition Mus&#233;e Guimet, Afghanistan, les tr&#233;sors retrouv&#233;s, Paris, 2007.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;L'Afghanistan t&#233;moigne par ses productions artistiques d'une histoire complexe li&#233;e en partie &#224; son emplacement g&#233;ographique. Situ&#233; au centre du continent asiatique et &#224; cheval sur la cha&#238;ne de montagne de l'Hindou-Kouch, le pays qui contr&#244;lait depuis la pr&#233;histoire les voies de passage vers l'Inde &#233;tait &#233;galement une &#233;tape majeure de l'ancienne Route de la Soie. Les invasions successives (Grecs, Perses, Arabes, nomades du Nord&#8230;) et les nombreuses richesses qui transit&#232;rent par ses terres sont aujourd'hui perceptibles dans les importants vestiges qu'a livr&#233;s son sous-sol. L'Afghanistan a &#233;t&#233; et est encore un carrefour o&#249; cohabitent des peuples aux langues et aux traditions diverses. Dans cette pluralit&#233; qui est encore un motif de d&#233;chirement et de conflits, le patrimoine afghan n'a-t-il pas un r&#244;le de premier plan &#224; jouer ? Peut-il rassembler les Afghans et leur permettre d'enrichir et de reconstruire une identit&#233; &#233;rod&#233;e par des si&#232;cles de conflits arm&#233;s et d'occupations ?&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1731 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L235xH235/897-2-fd87d.jpg?1686647909' width='235' height='235' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:235px;'&gt;&lt;strong&gt;Bague avec repr&#233;sentation d'Ath&#233;na. Tillia tepe, tombe Ier s. 3cm. Mus&#233;e d'Afghanistan. Exposition Mus&#233;e Guimet, Afghanistan, les tr&#233;sors retrouv&#233;s, Paris, 2007.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;C'est en tout cas le pari fait par l'UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l'&#233;ducation, la science et la culture) avec certains gouvernements (dont la R&#233;publique islamique d'Iran) et des organisations internationales qui apportent leur soutien financier mais aussi scientifique &#224; l'Afghanistan. En raison de l'urgence de la situation et afin qu'un maximum d'aspects de la culture du pays soit pris en compte, plusieurs programmes coexistent depuis plusieurs ann&#233;es, oeuvrant &#224; la fois pour la renaissance du mus&#233;e national d'Afghanistan et de ses collections, et pour la sauvegarde du patrimoine monumental.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Autour du mus&#233;e national d'Afghanistan&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est au d&#233;but du XXe si&#232;cle, en 1919, que le premier mus&#233;e d'Afghanistan voit le jour &#224; Kaboul. Initialement install&#233; dans le palais de B&#226;gh-i B&#226;l&#226;, il est ensuite d&#233;plac&#233; dans le palais du roi Am&#226;noullah avant de trouver, en 1931, la place qui est encore la sienne aujourd'hui, dans l'&#233;difice de Darul&#226;m&#226;n, &#224; huit kilom&#232;tres du centre de Kaboul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son fond fut initialement constitu&#233; par les collections royales, comprenant peintures, manuscrits, armes, objets d'art&#8230; Il s'est enrichi d&#232;s 1922 d'un grand nombre d'objets issus des fouilles men&#233;es par la DAFA (D&#233;l&#233;gation Arch&#233;ologique Fran&#231;aise en Afghanistan). La collection du mus&#233;e national comptait au milieu du si&#232;cle environ 100 000 pi&#232;ces illustrant la riche histoire du pays, depuis l'&#233;poque pr&#233;historique aux p&#233;riodes classique, bouddhique, hindoue et islamique.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1732 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L235xH235/897-3-d096b.jpg?1686647909' width='235' height='235' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:235px;'&gt;&lt;strong&gt;Pendeloques le souverain et les dragons. Tillia tepe, tombe Ier s. Or, turquoise, grenats. Exposition Mus&#233;e Guimet, Afghanistan, les tr&#233;sors retrouv&#233;s, 2007.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;D&#233;truites, pill&#233;es et vandalis&#233;es, seul un tiers des collections subsiste aujourd'hui, pour la plupart endommag&#233;es et fragmentaires. Afin de lutter contre le pillage et la revente des objets sur le march&#233; de l'art international, une liste rouge des antiquit&#233;s afghanes en p&#233;ril a &#233;t&#233; publi&#233;e et des mesures sont prises pour favoriser le retour des collections vers leur pays d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la chute des talibans en 2001, de nombreuses organisations ont &#339;uvr&#233; avec l'UNESCO et l'aide de plusieurs gouvernements &#224; la reconstruction et &#224; la s&#233;curisation des locaux du mus&#233;e, du site, ainsi qu'&#224; la restauration et &#224; l'inventaire (papier et num&#233;rique) de ses collections. Officiellement rouvert en 2004, le mus&#233;e a poursuivi sa r&#233;habilitation en se dotant d'outils permettant aux &#233;quipes la bonne conservation des collections. Deux importantes restaurations ont &#233;t&#233; rendues possibles par l'intervention du Mus&#233;e Guimet (Paris) et de la DAFA : une c&#233;l&#232;bre statue de Kanishka plac&#233;e dans l'entr&#233;e du mus&#233;e et un important bodhisattva provenant du site de Tepe Marandj&#226;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en 2007 que les 1400 objets conserv&#233;s depuis 1999 dans le mus&#233;e-en-exil d'Afghanistan (Budendorf, Suisse) ont repris leur place dans le mus&#233;e qui pr&#233;sente &#233;galement dans ses collections permanentes des oeuvres du Nuristan, ainsi que la pr&#233;sentation &#224; l'ext&#233;rieur de trains et v&#233;hicules anciens.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1727 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L367xH276/897-4-a1476.jpg?1686647909' width='367' height='276' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Le Grand Bouddha avant mars 2001, date de leur destruction.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs expositions internationales ont contribu&#233; &#224; la red&#233;couverte de la richesse du patrimoine afghan. La premi&#232;re, &#171; Afghanistan : une histoire mill&#233;naire &#187;, fut r&#233;alis&#233;e en 2001 &#224; partir de collections occidentales et a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e &#224; Barcelone, Paris, Tokyo et Houston. La seconde, &#171; Afghanistan : les tr&#233;sors retrouv&#233;s &#187;, en 2006, a marqu&#233; le retour de l'Afghanistan sur la sc&#232;ne culturelle internationale avec une pr&#233;sentation &#224; partir de ses propres collections cach&#233;es durant les ann&#233;es sombres et red&#233;couvertes dans les coffres de la Banque centrale de l'enceinte du Palais pr&#233;sidentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;habilitation s'inscrit dans une politique de protection du patrimoine imm&#233;diate et &#224; long terme. Elle vise, au travers de la formation des &#233;quipes locales, &#224; la transmission de savoir-faire et de comp&#233;tences qui permettront aux &#233;quipes afghanes la ma&#238;trise des outils n&#233;cessaires &#224; une gestion autonome et ind&#233;pendante de leur patrimoine. C'est &#233;galement dans cette optique que se d&#233;veloppe la campagne men&#233;e en faveur du patrimoine monumental.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La campagne de sauvegarde du patrimoine afghan&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, seulement deux sites afghans sont inscrits sur la Liste du patrimoine mondial : le minaret de Dj&#226;m, chef-d'&#339;uvre de l'art Ghuride du XIIe si&#232;cle, au magnifique d&#233;cor r&#233;alis&#233; en brique sculpt&#233;e et en c&#233;ramique gla&#231;ur&#233;e, qui culmine &#224; 65 m&#232;tres de haut dans le paysage spectaculaire d'une vall&#233;e de la province du Ghor. Le second site est celui de la vall&#233;e de B&#226;miy&#226;n, de son paysage et de ses vestiges arch&#233;ologiques. Ce site exceptionnel sur la Route de la Soie, t&#233;moigne &#224; travers une occupation qui s'&#233;tend du Ie au XIIIe si&#232;cle, de la richesse de l'&#233;cole d'art bouddhique du Gandhara.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1728 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH308/897-5-9d4c0.jpg?1686647909' width='448' height='308' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;L'emplacement vide du grand bouddha de B&#226;miy&#226;n en ao&#251;t 2005&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Ces deux ensembles figurent conjointement sur la Liste du patrimoine mondial en p&#233;ril. Ils ont subi des dommages majeurs durant ces derni&#232;res ann&#233;es, que la campagne de sauvegarde du patrimoine afghan tente de r&#233;parer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2002, un Comit&#233; international de coordination (CIC) plac&#233; sous la direction de l'UNESCO a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; afin de coordonner les efforts internationaux en faveur du patrimoine afghan. Les objectifs sont nombreux et visent entre autres &#224; la conservation et &#224; la restauration de ces deux sites majeurs, ainsi qu'&#224; la pr&#233;servation de ceux qui figurent sur la Liste indicative du patrimoine mondial : la ville de H&#233;rat, celle de Balkh et les lacs du Band-e Amir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du patrimoine mat&#233;riel, le CIC s'attache &#224; prendre en compte le patrimoine immat&#233;riel, &#233;galement &#233;rod&#233; par des ann&#233;es de conflits. L'artisanat traditionnel, les techniques et les savoir-faire, la musique, les langues sont des richesses dont la disparition s'op&#232;re souvent sans laisser de trace et qu'il est plus difficile de prendre en compte de par leur nature elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1729 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH309/897-6-a9ffd.jpg?1686647909' width='448' height='309' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Minaret de Dj&#226;m&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re &#233;tape de sauvegarde de ces richesses passe d'abord par leur reconnaissance, puis par la prise de conscience de leur fragilit&#233; par les d&#233;tenteurs de ces savoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en consid&#233;rant le patrimoine dans sa globalit&#233; que celui-ci permettra peut-&#234;tre de constituer un point de ralliement pour les Afghans et de tisser des liens entre les diff&#233;rentes populations. Car c'est par la valorisation et la r&#233;appropriation de son patrimoine et de son histoire que passe la reconstruction symbolique du pays. Cependant, la reconqu&#234;te d'une identit&#233; culturelle ne doit pas se limiter au seul territoire afghan, mais s'inscrit dans un vaste territoire linguistique et culturel, celui de l'Asie centrale, au sein duquel des programmes de dialogues interculturel et interreligieux d&#233;velopp&#233;s par l'UNESCO, permettront peut-&#234;tre l'&#233;mergence d'une coh&#233;sion sociale forte, d'une paix durable et de relations culturelles fructueuses.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Afghanistan 1969, la grand' route</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article896</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article896</guid>
		<dc:date>2009-02-01T13:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-France Weber</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;De quels voyages en Afghanistan celui qui m'y conduisit en 1969 avait-il &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce furent souvent les m&#234;mes voyages, d&#233;clinant, &#224; leur mani&#232;re, l'h&#233;t&#233;ronymie d'une seule destination : la Bactriane, studieusement fr&#233;quent&#233;e aux confins d'une terra incognita linguistique ou &#171; la route de Caboul &#224; Samarcande &#187; qu'&#233;voque Malraux. &lt;br class='autobr' /&gt;
La terre alors &#233;tait encore une mappemonde et le doigt qui la faisait tourner feuilletait, avec la m&#234;me lenteur, La vieille route de l'Inde de Foucher ou la G&#233;ographie de Strabon, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique122" rel="directory"&gt;N&#176; 39, f&#233;vrier 2009&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton896-915dd.jpg?1686647909' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De quels voyages en Afghanistan celui qui m'y conduisit en 1969 avait-il &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce furent souvent les m&#234;mes voyages, d&#233;clinant, &#224; leur mani&#232;re, l'h&#233;t&#233;ronymie d'une seule destination : la Bactriane, studieusement fr&#233;quent&#233;e aux confins d'une &lt;i&gt;terra&lt;/i&gt; &lt;i&gt;incognita&lt;/i&gt; linguistique ou &#171; la route de Caboul &#224; Samarcande &#187; qu'&#233;voque Malraux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La terre alors &#233;tait encore une mappemonde et le doigt qui la faisait tourner feuilletait, avec la m&#234;me lenteur, &lt;i&gt;La vieille route de l'Inde&lt;/i&gt; de Foucher ou la &lt;i&gt;G&#233;ographie &lt;/i&gt;de Strabon&lt;i&gt;, &lt;/i&gt;revivifi&#233;e par&lt;i&gt; L'Usage du monde &lt;/i&gt;de N. Bouvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le sillage de Kerouac et autres clochards c&#233;lestes ou po&#232;tes aux semelles de vent, un d&#233;mon d'aventure poussait aux vagabondages transcontinentaux : route 66 pour la &lt;i&gt;beat generation&lt;/i&gt; ou avatar du p&#233;riple d'Alexandre : le diptyque Kaboul-Katmandou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le voyage aurait presque pu s'arr&#234;ter &#224; Tabriz. Rencontre si chaleureuse avec ce libraire, intarissable sur Omar Khayy&#226;m autant que sur Saint John Perse, conversations partag&#233;es dans la fra&#238;cheur du jardin et la d&#233;gustation de glaces &#224; la rose et &#224; la cardamome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re nous, la Corne d'Or et le Mont Ararat qui se profile au loin, derri&#232;re Doghubayazit, les rives grises de la Mer Caspienne, le d&#233;sert de pierre et les caravans&#233;rails qui le rassurent, ciels majestueux se couchant sur la ligne d'horizon de l'Elbrouz. Un mois de routes et de pistes et puis Tabriz, parfum&#233;e, lente, comme une oasis, mais o&#249; revient vous tarauder l'appel de la grand' route ou le &lt;i&gt;Fernweh&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Dans la langue allemande, Fernweh s'oppose &#224; Heimweh : mal du pays quitt&#233;, du (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; allemand, pour lequel le fran&#231;ais n'a pas d'&#233;quivalent :&lt;i&gt; langueur des lointains&lt;/i&gt;, s'opposant &#224; la nostalgie : &lt;i&gt;mal du retour.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1720 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L381xH251/896-1-080c3.jpg?1686647909' width='381' height='251' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Photo de 1969. Collection de l'auteur, Tablette bactrienne, grav&#233;e en caract&#232;res grecs, &#233;crite en bactrien, attribu&#233;e &#224; l'empereur Kaneshka, II&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;La culture que nous avons d'un lieu en circonscrit la d&#233;couverte, m&#234;me si c'est elle qui souvent sollicite le d&#233;part. Ce solipsisme culturel trouve ing&#233;nument sa place dans le bagage du voyageur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, lorsque la r&#234;verie philologique se frotta &#224; la r&#233;alit&#233;, ce fut le d&#233;sert inspir&#233; de Surkh-kotal. Quelques ann&#233;es avaient pass&#233;, depuis que Schlumberger, en mission &#224; la DAFA&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='DAFA : D&#233;l&#233;gation Arch&#233;ologique Fran&#231;aise en Afghanistan.' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de 1952 &#224; 1963 avait travaill&#233; sur le site. Nous &#233;tions seuls au monde, &#224; fouler les degr&#233;s de l'escalier monumental qui ne montait plus que vers le bleu du ciel. L'empereur Kaneshka, &#171; continuateur des Grecs &#187; avait consacr&#233; ce temple, au d&#233;but du II&#232;me si&#232;cle de notre &#232;re et sa statue, drap&#233;e du manteau kouchan &#224; longues manches et portant pantalon bouffant, accueillait le visiteur, &#224; l'entr&#233;e du Mus&#233;e de Kaboul. S'y trouvait &#233;galement la &#171; tablette bactrienne &#187; au pouvoir d'&#233;vocation onirique comparable &#224; celle de la Pierre de Rosette&#8230; Tablette grav&#233;e de caract&#232;res grecs, &#233;crite en bactrien, qu'Andr&#233; Maricq, &#233;pigraphe et membre de la DAFA de 1954 &#224; 1957, d&#233;chiffra comme la d&#233;dicace du temple et attribua &#224; Kaneshka.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rencontre avec le &#171; mirage bactrien &#187; de Foucher et id&#233;alis&#233;, au d&#233;but du XIX&#232;me si&#232;cle par les milieux savants de Paris. Rencontre, ici, avec ce royaume gr&#233;co-bactrian qui avait dur&#233; deux si&#232;cles, la paix kouchane assurant la s&#233;curit&#233; des routes du commerce international, entre Rome et la Chine, dont Bactra fut un carrefour. Surkh-kotal ou les ombres de ces &#171; descendants non m&#233;diterran&#233;ens de l'art grec &#187;, commente Schlumberger, avec l'hell&#233;nocentrisme passionn&#233; de l'arch&#233;ologue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant le temps de notre promenade dans les ruines de Surkh-kotal, la DAFA fouille A&#239; Kh&#226;noum que je retrouve &#224; l'autre bord du monde, cet hiver 2008, dans le cadre d'une exposition d'objets sauv&#233;s du Mus&#233;e de Kaboul et pr&#233;sent&#233;s &#224; l'Asian Museum de San Francisco : talismans qui animent des cercles concentriques sur la surface calme de la m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La route qui m&#232;ne de Kaboul &#224; Surkh-kotal monte, dans le sud de l'Hindou Koush, &#224; plus de 3000 m&#232;tres -de quoi faire ahaner la 2CV&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='2CV : 2 chevaux Citro&#235;n, aujourd'hui voiture de collection&#8230;' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;-, vers le col du Salang, bel ouvrage d'art sovi&#233;tique, prot&#233;g&#233; des &#233;boulements par ses galeries couvertes.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1721 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L282xH448/896-2-49ce3.jpg?1686647909' width='282' height='448' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:282px;'&gt;&lt;strong&gt;Photo de 1969. Collection de l'auteur, Statue du Nourist&#226;n, avant 1890, rite fun&#233;raire animiste, entre 70 et 170 cm&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Nous nous arr&#234;tons ; et le temps aussi s'arr&#234;te : &#224; Doshi, au bord du fleuve Anderab et &#224; Pul-i Khumri. Du seul h&#244;tel du lieu - son livre d'or portait, &#224; la date de la veille, la signature d'un certain Jack Lang - ce sont les jardins qui me reviennent en m&#233;moire : &lt;i&gt;ch&#226;rb&#226;gh &lt;/i&gt;classique avec ses enfilades de bassins et fontaines, ses entrelacs savants de canaux d'irrigation et ses tonnelles fleuries. Ces jardins que l'on aime appeler &#171; persans &#187; et peupler de po&#232;tes&#8230; Ils ne sont pas loin, d'ailleurs, Ferdowsi en t&#234;te, &#233;voqu&#233;s par la trag&#233;die de Rostam et Sohr&#226;b dont les ombres planent sur S&#226;m&#226;ng&#226;n et les stupas de Takht-e Rostam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'irons pas &#224; Samarkand. Nous la sentons proche, pourtant, l'Amou Daria &#224; quelque cent kilom&#232;tres, avec &#231;&#224; et l&#224; les yourtes ouzb&#232;ques, gard&#233;es de molosses. Cette zone frontali&#232;re du Nord, vivait sous la loi de ces &#171; entit&#233;s tribales ingouvernables, limitrophes du Pakistan et de l'Afghanistan &#187; dont font &#233;tat les commentaires d'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La piste empierr&#233;e aura raison du r&#233;servoir, panne providentielle nous offrant une hospitalit&#233; des Mille et Une Nuits, &#224; Mazar-i Sharif. Hospitalit&#233; antique ou &lt;i&gt;melmastia&lt;/i&gt; pashtoune, sacr&#233;es, dans la douceur desquelles Ulysse rencontre Shehr&#226;z&#226;d, car c'est un devoir d'invit&#233; de divertir en racontant son Ailleurs et la route qui le m&#232;ne &#224; son h&#244;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mazar-i-Sharif : une grande demeure fra&#238;che qui d&#233;ploie pour nous ses tapis charg&#233;s de victuailles, d'aigui&#232;res et de lampes d'Aladin. Puis, la salle &#224; manger devient salon de musique o&#249; sont convi&#233;s tous les familiers de cette maisonn&#233;e d'hommes &#224; jouer du luth &#8211;&lt;i&gt; dubar, rebab&lt;/i&gt; - ou des percussions &#8211; &lt;i&gt;zirbaghali, tabla&lt;/i&gt;, triangle. Musiques qui emportaient vers un tout autre voyage que celui de Pink Floyd, diffus&#233; dans les maisons de th&#233; de Kaboul, presqu'en m&#234;me temps qu'&#224; Londres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;taient les derni&#232;res ann&#233;es de la Royaut&#233;, les ann&#233;es Mohammad Z&#226;hir Sh&#226;h - 1933 &#224; 1973 -, P&#232;re de la Nation, qui disait de lui-m&#234;me &#171; people call me Baba &#187;. Nuits de musique, alanguies de volutes de &lt;i&gt;char(a)s&lt;/i&gt;, &#224; l'ombre des coupoles turquoise de la Mosqu&#233;e Hazrat Ali. Musiques d'alors qui se sont tues, que l'on a fait taire.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1722 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L294xH448/896-3-adeaa.jpg?1686647909' width='294' height='448' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:294px;'&gt;&lt;strong&gt;Photo de 1969. Collection de l'auteur, Statue du Nourist&#226;n, avant 1890, rite fun&#233;raire animiste, entre 70 et 170 cm&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;A Kaboul, nous habitions chez S., qui, pour moins d'un dollar par nuit, vous louait un &lt;i&gt;charpo&#239;&lt;/i&gt; dans l'un des dortoirs am&#233;nag&#233;s dans sa vaste demeure, non loin de Shar-i-Nao : S. aussi polyglotte que son phalanst&#232;re de routards et se mettant en peine de trouver rem&#232;de aux crises de dysenterie dont ils souffraient tous, &#224; leur arriv&#233;e du moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit tomb&#233;e, S. allait d'un couple &#224; l'autre des joueurs d'&#233;checs attabl&#233;s, au jardin, devant l'un des damiers de c&#233;ramique diss&#233;min&#233;s sous les sycomores. Debout derri&#232;re les joueurs, il s'avisait, d'autorit&#233;, de d&#233;placer une pi&#232;ce, afin de relancer une partie languissante ou venait s'asseoir &#224; l'ombre des jeunes filles en fleurs et en sarongs, par&#233;es de bijoux turkm&#232;nes et parfum&#233;es de musc, santal ou jasmin. Le nombre tatou&#233; sur son &#233;paule n'a jamais fait l'objet du moindre commentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jours tranquilles &#224; Shar-i-Nao, entre les rendez-vous du soir au Khyber Restaurant o&#249; s'&#233;changeaient les nouvelles du monde, de la Route, du voisinage et les rencontres de hasard, dans l'une des &lt;i&gt;cha&#239;kh&#226;na&lt;/i&gt; dont le tenancier h&#233;lait, apr&#232;s notre d&#233;part les mendiants qui se h&#226;taient de venir manger, &#224; pleines mains, les restes de &lt;i&gt;palao&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ruelles de Kaboul, en terre battue, au milieu desquelles se d&#233;versaient les conduits acheminant les eaux domestiques souill&#233;es. Cour des miracles et lieu de vie d'un peuple d'infirmes et de mendiants, tableaux immobiles, anim&#233;s seulement par le bleu fr&#233;missant des silhouettes drap&#233;es de &lt;i&gt;burqa.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce paysage s'&#233;tait alors construit au fil des jours, des quelques mois de cet &#233;t&#233; alternant s&#233;jours dans les provinces et retours dans la capitale. Aujourd'hui encore, il a, dans l'aura du souvenir, l'aimable familiarit&#233; d'une photographie d'a&#239;euls, bien &#233;loign&#233;e d'un portrait d'&#233;trange Etranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etrange, l'Ailleurs, c'est au Mus&#233;e de Kaboul qu'il nous attendait. Non pas les vestiges des satrapies de Bactria ou de Gandhara, ni de Balkh o&#249; Alexandre &#233;pousa Roxane, ni la somptueuse statuaire bouddhiste et la belle collection de bronzes islamistes, &lt;i&gt;monumenta&lt;/i&gt; d'une Asie Centrale dont nous reconnaissions un carrefour, ici, en Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rencontre avec l'Inconnu eut lieu dans la salle et les r&#233;serves consacr&#233;es aux statues du K&#226;firist&#226;n, &#171; terre des infid&#232;les &#187;, rebaptis&#233; Nourist&#226;n, &#171; terre de Lumi&#232;re &#187; apr&#232;s l'islamisation, impos&#233;e par la force des armes et une sanglante guerre d'annexion par Abdul Rahm&#226;n Kh&#226;n en 1896.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1723 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L282xH425/896-4-6f268.jpg?1686647909' width='282' height='425' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:282px;'&gt;&lt;strong&gt;Photo de 1969. Collection de l'auteur, imposant cavalier, aux yeux incrust&#233;s de pierres blanches, sur sa monture. Peut-&#234;tre un anc&#234;tre-h&#233;ros divinis&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Sculptures de bois, ex&#233;cut&#233;es avant 1890, du temps o&#249; cette vall&#233;e du nord-est du pays abritait ses cultes polyth&#233;istes, ses rites animistes et ses pratiques chamaniques. Statues toutes hi&#233;ratiques de par leur taille - entre 70 et 170 cm - et la stylisation de leurs attributs, coiffes monumentales en particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une figure f&#233;minine, &#224; la dentition farouche, chevauche un caprid&#233; : figure de la d&#233;esse Disanri dont le fils Bagisht prot&#232;ge les troupeaux ? Un imposant cavalier, aux yeux incrust&#233;s de pierres blanches, s'exhibe sur sa monture : anc&#234;tre-h&#233;ros divinis&#233; ? Un couple d'hommes s'enlace au sommet d'un poteau sculpt&#233; : pilier d'un espace sacr&#233; ou hommage &#224; de g&#233;n&#233;reux donateurs ? L'ovale d&#233;pouill&#233; d'un visage dans lequel seule est marqu&#233;e l'ar&#234;te du nez &#233;voque une idole cycladique et la large t&#234;te aux reliefs g&#233;om&#233;triques, les grandes statues, qui regardent l'oc&#233;an de l'autre c&#244;t&#233; du monde, sur l'Ile de P&#226;ques. L'&#226;me des d&#233;funts s'est-elle log&#233;e dans ces statues comm&#233;moratives, ex&#233;cut&#233;es, comme l'exigeait le rite, un an apr&#232;s la mort et plac&#233;es non loin des cercueils abandonn&#233;s &#224; la d&#233;gradation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seuls peut-&#234;tre les Kalash du Pakistan r&#233;pondraient &#224; ces questions qui restent comme des trous noirs d'une m&#233;moire censur&#233;e avec la mutilation des objets rituels du Nourist&#226;n.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Cf : G.S. Robertson, The Kafirs of the Hindu Kushm, 1826. J. Hackin, Les (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les pillages, l'installation d'une base moudjahiddine dans ses murs, la destruction en 2001, &#224; coups de marteau de toute repr&#233;sentation humaine, le Mus&#233;e de Kaboul, le plus riche du monde au temps de sa cr&#233;ation, au d&#233;but du XX&#232;me si&#232;cle, rena&#238;t aujourd'hui, courageusement, de ses cendres : la nouvelle tablette bactrienne trouv&#233;e en 1993 &#224; Rabatak, non loin de Surkh-kotal promet d'&#234;tre totalement d&#233;chiffr&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='Cf : N. Sims-Williams et Mukherjee BN.' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, quelques bouddhas gr&#233;co-bactrians ont &#233;chapp&#233; aux iconoclastes et la plupart des statues du Nourist&#226;n, survivantes de vandalismes r&#233;p&#233;t&#233;s, sont l&#224;, guettant de leurs yeux d'ombre le fanal &#224; raviver, &#224; prot&#233;ger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Projets de reconstruction dont on aimerait que nous rende compte plus souvent la petite lucarne cathodique, trop prompte &#224; s'ouvrir sur les champs de bataille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un monde richement m&#234;l&#233;, &#233;tonnamment mouvant s'est &#233;croul&#233;, en 2001, avec les bouddhas g&#233;ants de B&#226;my&#226;n. En restent ses plaies, ses ombres. Mais c'est encore un monde au c&#339;ur du monde. Un monde qui reste notre berceau. Puissent l'illustrer et lui transmettre les images et les r&#233;cits d'un temps et d'un espace que le p&#232;lerinage sentimental aime, &#224; la mani&#232;re des explorateurs du XVIII&#232;me si&#232;cle, appeler encore &#171; une p&#233;r&#233;grination merveilleuse &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans la langue allemande, Fernweh s'oppose &#224; Heimweh : mal du pays quitt&#233;, du chez soi.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;DAFA : D&#233;l&#233;gation Arch&#233;ologique Fran&#231;aise en Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;2CV : 2 chevaux Citro&#235;n, aujourd'hui voiture de collection&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf : G.S. Robertson, &lt;i&gt;The Kafirs of the Hindu Kushm&lt;/i&gt;, 1826.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J. Hackin, &lt;i&gt;Les Idoles du Kafiristan in Artibus Asiae&lt;/i&gt;, 1926.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E. Newby, &lt;i&gt;A short walk in the Hindu Kush&lt;/i&gt;, 1958.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V. Li&#232;vre- J.Y. Loude, &lt;i&gt;Le Chamanisme des Kalash du Pakistan&lt;/i&gt;, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf : N. Sims-Williams et Mukherjee BN.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Et au bout du chemin, l'Afghanistan</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article895</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article895</guid>
		<dc:date>2009-02-01T12:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Elodie Bernard</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;De l'Occident au monde perse, de la France &#224; l'Afghanistan, une longue route faite de corridors &#224; emprunter, de routes mythiques &#224; d&#233;fier, d'imaginaires collectifs auxquels se confronter. Et au bout de ce cheminement est l'Afghanistan, comme est Vladivostok sur le trac&#233; du Transsib&#233;rien. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Afghanistan, une destination sans doute mythifi&#233;e, imagin&#233;e, r&#234;v&#233;e par les gamins que nous &#233;tions. Mais qu'importe. Les mots du philosophe Gaston Bachelard r&#233;sonnent encore dans nos t&#234;tes d'adulte dont l'innocence (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique122" rel="directory"&gt;N&#176; 39, f&#233;vrier 2009&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton895-b651b.jpg?1686647909' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De l'Occident au monde perse, de la France &#224; l'Afghanistan, une longue route faite de corridors &#224; emprunter, de routes mythiques &#224; d&#233;fier, d'imaginaires collectifs auxquels se confronter. Et au bout de ce cheminement est l'Afghanistan, comme est Vladivostok sur le trac&#233; du Transsib&#233;rien.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1715 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH301/895-1-14efa.jpg?1686647909' width='448' height='301' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Ella Maillard, entre Tabriz et Makou, Pont Seldjoukide, Azerba&#239;djan Occidental, Iran, 1937&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;L'Afghanistan, une destination sans doute mythifi&#233;e, imagin&#233;e, r&#234;v&#233;e par les gamins que nous &#233;tions. Mais qu'importe. Les mots du philosophe Gaston Bachelard r&#233;sonnent encore dans nos t&#234;tes d'adulte dont l'innocence infantile perd parfois &#224; se taire : &#034;&lt;i&gt;Tous nos r&#234;ves d'enfant sont &#224; reprendre pour qu'ils gagnent leur plein essor de po&#233;sie.&lt;/i&gt;&#034; De ces r&#234;ves de gosses, nul &#233;crivain n'en reviendra intact. Et se remettra d'ailleurs t'il un jour d'y avoir profan&#233; les terres ? Pas forc&#233;ment. Certains auteurs ne disent jamais en revenir. De ce pays au bout du monde. Un petit coin de ciel bleu sur l'&#206;le Saint Louis &#224; Paris, et le blues du Panjshir s'abat sur le rivage en vague &#224; l'&#226;me. La po&#233;sie afghane est l&#224;, permanente. Immobile et muette, ineffable pour celui qui l'a apprivois&#233;e. Tant d'encres vers&#233;es sur des papiers n'ont pas suffit &#224; enrayer cette attraction myst&#233;rieuse, envo&#251;tante et po&#233;tique pour ce pays aux confins de l'Eurasie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; politique du pays demeure n&#233;anmoins violente et sanglante, comme le rappellent quotidiennement les m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sur la route de l'Afghanistan&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la suissesse Ella Maillart quitte l'Europe en juin 1939 pour s'&#233;lancer sur les routes en direction de l'Afghanistan en compagnie de l'&#233;crivaine Anne Marie Schwarzenbach, c'est pour apprendre &#034;&lt;i&gt;comment on peut vivre avec son c&#339;ur&lt;/i&gt;&#034;. Au terme de ce voyage, elle aura compris que &#034;&lt;i&gt;m&#234;me la mort pouvait &#234;tre belle [&#8230;] C'&#233;tait peut-&#234;tre parce que j'&#233;tais lib&#233;r&#233;e de ma fi&#232;vre de voir le &#034;pays cach&#233; par l'horizon&#034;&#034; (La Voie Cruelle)&lt;/i&gt;. Un pays cach&#233; de l'Europe par des kilom&#232;tres de bandes de terres tant&#244;t montagneuses, tant&#244;t arides et d&#233;sertes. Aller par-del&#224; l'horizon, par-del&#224; ce qui semble &#234;tre une limite infranchissable.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1716 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L238xH381/895-2-37c22.jpg?1686647909' width='238' height='381' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:238px;'&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;Olivier Weber,&lt;/i&gt; Le Faucon Afghan&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Cette route vers l'Afghanistan est devenue un mythe, un symbole. Il y a dans tout itin&#233;raire de voyageurs une part de qu&#234;te initiatique qui met en jeu l'identit&#233;, une sorte de parcours socratique. Mettre &#224; disposition son corps au service de l'indicible, ce qui &#233;veillera des &#233;motions puis suscitera du sens, des mots, des images. Se rendre disponible aux &#233;v&#233;nements pour cr&#233;er l'av&#232;nement. Cette &#034;forme de manifestation de la n&#233;cessit&#233;&#034; n'est pas sans rappeler le concept de &#034;hasard objectif&#034; cher &#224; Andr&#233; Breton, dans &lt;i&gt;Le Manifeste du Surr&#233;alisme&lt;/i&gt;. S'ouvrir donc au r&#233;el pour en p&#233;n&#233;trer ses myst&#232;res. Peut-&#234;tre est-ce par go&#251;t de la libert&#233;, du vagabondage ou peut-&#234;tre est-ce par go&#251;t de cette qu&#234;te int&#233;rieure qui n'en fait jamais un repli sur soi mais une pr&#233;occupation du monde que l'on se lance dans de telles aventures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trac&#233; de cette route rappelle &#224; l'Occident qu'il s'est d&#233;fini ainsi, comme dans un miroir. &#034;&lt;i&gt;Aller &#224; la rencontre de l'Orient, chercher au tr&#233;fonds de l'Asie les multiples facettes de son image a contrario&lt;/i&gt;&#034;, comme le d&#233;crit Olivier Weber dans &lt;i&gt;Le Grand Festin de l'Orient&lt;/i&gt;. Si les croisades, d&#232;s la premi&#232;re lanc&#233;e par Urbain II en 1096, se sont effectu&#233;es dans le sang et la guerre, la route de la Soie s'est &#233;panouie sur un &#233;lan de compr&#233;hension, de dialogue et de d&#233;couverte de l'Autre, &#034;&lt;i&gt;un cordon ombilical de la compr&#233;hension fond&#233;e sur une relation marchande et non pas conqu&#233;rante&lt;/i&gt;&#034;, pour reprendre les termes de l'auteur. D&#232;s le premier si&#232;cle avant notre &#232;re, les &#233;changes intellectuels et religieux s'&#233;taient d&#233;velopp&#233;s le long de cette voie. Dans &lt;i&gt;Le Devisement du Monde&lt;/i&gt;, Marco Polo &#233;crivait &#034;&lt;i&gt;Vous tous qui voulez conna&#238;tre les diff&#233;rentes races d'hommes, et la vari&#233;t&#233; des diverses r&#233;gions du monde, et &#234;tre inform&#233;s de leurs us et coutumes&#8230;&lt;/i&gt;&#034; Marco Polo avait d&#233;j&#224; bien compris l'importance de cette trou&#233;e vers l'Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au XIII&#232;me si&#232;cle, le po&#232;te perse, Djal&#226;leddin Roumi s'engage sur cette voie pour fuir l'avanc&#233;e des Mongols sur sa ville natale de Balkh, dans l'actuel Afghanistan :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;Je suis de cette ville qui est une ville infinie, &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Et le chemin qui y m&#232;ne est un chemin sans fin&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1717 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L269xH381/895-3-6c826.jpg?1686647909' width='269' height='381' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:269px;'&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;Ella Maillart,&lt;/i&gt; La Voie Cruelle&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Il se r&#233;fugie dans la ville de Konya, alors capitale des Seldjoukides, et qui se trouve d&#233;sormais dans l'actuelle Turquie. La philosophie d&#233;velopp&#233;e par Roumi dans &lt;i&gt;Le Livre du Dedans &lt;/i&gt;et inspir&#233;e par son ma&#238;tre spirituel, Shams de Tabriz, a longtemps illumin&#233; les esprits des po&#232;tes europ&#233;ens, par l'intensit&#233; de ses contes, l'&#233;vocation de son amour divin, sa mani&#232;re de rechercher la v&#233;rit&#233; par l'amour et le don de soi. Lorsque Goethe &#233;crit &lt;i&gt;Le Divan&lt;/i&gt;, cela n'est pas sans s'apparenter &#224; la po&#233;sie persane :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;L'Occident comme l'Orient &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;T'offrent &#224; go&#251;ter des choses pures.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Laisse l&#224; les caprices, laisse l'&#233;corce,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Assieds-toi au grand festin :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tu ne voudrais pas, m&#234;me en passant,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;D&#233;daigner ce plat&lt;/i&gt;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont bien l&#224; les pens&#233;es de Roumi et de H&#226;fez qui sont c&#233;l&#233;br&#233;es par ces vers. Participer au grand &#034;festin de l'Orient&#034;, un &#034;&lt;i&gt;lyrisme des fronti&#232;res&lt;/i&gt;&#034;, &#034;&lt;i&gt;une po&#233;sie des fronti&#232;res&lt;/i&gt;&#034;. Avec les &#339;uvres de ses a&#238;n&#233;s persans, Goethe s'&#233;loigne de la pens&#233;e dichotomique du Bien contre le Mal, de cette pens&#233;e ch&#232;re aux zoroastriens et qui s'achemine alors vers l'Occident. Dans &lt;i&gt;Paix de l'&#226;me chez le voyageur &lt;/i&gt;et dans &lt;i&gt;Les Affinit&#233;s &#233;lectives&lt;/i&gt;, Goethe esquisse l'adaptation, sans renoncer &#224; soi ; la d&#233;couverte de l'autre, sans bataille. Victor Hugo s'inspire &#233;galement de la po&#233;sie persane pour &#233;crire &lt;i&gt;Les Orientales&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil du temps, pendant des si&#232;cles, et le long de ce cordon, l'Occident s'est invent&#233; progressivement une image temp&#233;r&#233;e. C'est au travers de son r&#233;cit de voyage intitul&#233; &lt;i&gt;Le Grand Festin de l'Orient&lt;/i&gt; qu'Olivier Weber embo&#238;te le pas de ces grands penseurs et aborde leur interaction de pens&#233;es sur la grande route. Le voyage vers l'Afghanistan, c'est peut-&#234;tre tout cela &#224; la fois. C'est cet assemblage de questions-r&#233;ponses sur l'identit&#233; propre, ce jeu de clair-obscur, de va-et-vient perp&#233;tuel entre l'&#233;ph&#233;m&#232;re et l'immanent, ce syncr&#233;tisme de tous nos d&#233;sirs d'enfant. Cette route donne ainsi &#224; la litt&#233;rature du voyage la forme la plus aboutie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Lettres pos&#233;es sur l'Afghanistan&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans le texte, l'Afghanistan est une terre &#233;corch&#233;e vive, tiraill&#233;e de toutes parts sous la plume des &#233;crivains. Dans &lt;i&gt;Les Cavaliers &lt;/i&gt;publi&#233;s en 1967, le romancier Joseph Kessel y d&#233;crit le &lt;i&gt;bouzkachi&lt;/i&gt;, jeu royal o&#249; les parties adverses s'affrontent pour remporter une d&#233;pouille. A celui qui la tient, ne serait-ce qu'un instant, ce seront des hordes de cavaliers qui d&#233;ferleront sur lui pour s'en emparer. Comme on le ferait d'une contr&#233;e. &#034;&lt;i&gt;Ici, comme l&#224;-bas, celui qui finira par s'enfuir avec le bouc sera rejoint sans tarder.&lt;/i&gt;&#034; Ce r&#233;cit s'appr&#233;hende d&#232;s lors comme la m&#233;taphore du pays, tiraill&#233; entre toutes les puissances alentours. L'&#233;pop&#233;e se dispute le conte. Mais plus qu'une m&#233;taphore litt&#233;raire, est esquiss&#233;e au travers des personnages une v&#233;rit&#233; tragique et violente de l'Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1718 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L227xH381/895-4-6fb75.jpg?1686647909' width='227' height='381' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:227px;'&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;Joseph Kessel,&lt;/i&gt; Les Cavaliers&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Une terre de fascination &#233;galement, due notamment au fait que ce pays fut longtemps &#233;pargn&#233; par la plupart des maux de la civilisation occidentale. De ses s&#233;jours en Afghanistan, Ella Maillart a noirci de nombreuses pages sur lesquelles elle s'exalte devant les peuples nomades et les kouchis afghans, et o&#249; elle stigmatise le progr&#232;s occidental &#224; destination de l'Orient : &#034;&lt;i&gt;Joie, oui, et paix ! Paix des troupeaux trottant au pied du ch&#226;teau o&#249;, d&#232;s le 17&#232;me si&#232;cle, un roi commen&#231;ait une campagne en faveur du pashto, langue des tribus afghanes ; paix de la terre c&#233;dant son bl&#233; d'or aux paysans v&#234;tus de blanc ; paix d'un monde stable qui ne sait rien de la semaine de quarante heures ou du minist&#232;re des loisirs, ni rien des rotatives inondant le monde de journaux innombrables.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tourments de l'esprit po&#233;tique se calquent sur la g&#233;ographie afghane faite de paysages &#233;corch&#233;s, de terres saign&#233;es sous la sangle d'un hiver effroyable succ&#233;dant &#224; la s&#233;cheresse d'un &#233;t&#233;. Gaston Bachelard parle d'une po&#233;tique de l'espace. Peut-&#234;tre la g&#233;ographie de l'Afghanistan rec&#232;le-t-elle les cl&#233;s d'une g&#233;ographie sentimentale incarn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ebauche de r&#233;ponse sous-jacente &#224; l'&#339;uvre litt&#233;raire d'Anne-Marie Schwarzenbach, cette &#233;crivaine d'origine suisse, au caract&#232;re torrentueux d&#233;crit &#034;&lt;i&gt;l'Orient [comme] le d&#233;sert, l'infinie solitude du soleil levant, la steppe &#233;pineuse de la r&#233;flexion&lt;/i&gt;&#034;. L'Afghanistan, &#034;Suisse de l'Asie&#034; comme on aimait surnommer le pays &#224; l'&#233;poque, &#233;voquait chez elle des paysages familiers, &#034;&lt;i&gt;ces visions qu'ont les enfants d'une terre immense et magnifique, visit&#233;e par les anges de Dieu&lt;/i&gt;&#034;. Elle y contemple &#034;&lt;i&gt;des horizons vides&lt;/i&gt;&#034;, suit les promesses du &#034;&lt;i&gt;bleu imp&#233;rissable de la mosqu&#233;e de Gohar Shad&lt;/i&gt;&#034; &#224; Herat. Qu'est-ce qui l'a pouss&#233;e sur ces chemins d'Afghanistan ? Elle r&#233;pond sans d&#233;tour : &#034;&lt;i&gt;La nostalgie de l'Absolu est sans doute la v&#233;ritable motivation de tout voyageur&lt;/i&gt;.&#034; L'errance dans un d&#233;sert permet de sonder le caract&#232;re, d&#233;tecter les failles et les vides du paysage int&#233;rieur. Pour Anne-Marie, c'est dans le d&#233;sert du Turkestan qu'elle rencontre cet Absolu. &#034;&lt;i&gt;Cris de d&#233;tresse, cris d'angoisse, pas de r&#233;ponse.&lt;/i&gt;&#034; Car dans ce lieu o&#249; elle est impitoyablement renvoy&#233;e &#224; elle-m&#234;me, dans cet exil au Turkestan, sur cette &#034;&lt;i&gt;terre de promesses&lt;/i&gt;&#034;, les fronti&#232;res entre r&#233;alit&#233; et vision semblent s'estomper. La vie d'Anne-Marie &#233;tait constitu&#233;e essentiellement de voyages et comme vie et voyage &#233;taient plac&#233;s sous l'injonction de l'&#233;criture, elle consid&#233;ra &#034;&lt;i&gt;la po&#233;tisation de ses impressions d'Afghanistan comme &#233;tant peut-&#234;tre l'unique r&#233;sultat de ce voyage&lt;/i&gt;&#034;. (Lettre d'AS &#224; Otto Kleiber, 20 d&#233;cembre 1939).&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1719 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L252xH273/895-5-cd949.jpg?1686647909' width='252' height='273' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:252px;'&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;Anne-Marie Schwarzenbach&lt;/i&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Anne-Marie Schwarzenbach a voyag&#233; en Afghanistan il y a maintenant plus d'un demi-si&#232;cle. Place d&#233;sormais &#224; une litt&#233;rature plus contemporaine. Ecrire l'Afghanistan tel qu'il est n'est pas t&#226;che facile pour un romancier. Le pays se meut dans une s&#233;rie de paradoxes, &#034;&lt;i&gt;avec son double h&#233;ritage de splendeur et de violence, avec sa double apparence d'apaisement et de sauvagerie et son double habit d'ombre et de lumi&#232;re, terre de myst&#232;re o&#249; les minarets de l'Islam s'enracinent dans les fondations des temples bouddhiques, o&#249; les ennemis d'hier se r&#233;v&#232;lent les alli&#233;s et les fr&#232;res d'aujourd'hui, o&#249; les neiges &#233;ternelles couronnent des versants fich&#233;s dans des d&#233;serts de sable, o&#249; les grelots mortif&#232;res des pavots scandaleux caressent les murs d'une mosqu&#233;e dans laquelle un soldat de Dieu appelle les croyants &#224; la puret&#233;&lt;/i&gt;&#034;, &#233;crit l'&#233;crivain Sylvain Tesson dans une pr&#233;face. Mais sous des regards aiguis&#233;s et des plumes ac&#233;r&#233;es d'&#233;crivains tels que Yasmina Khadra ou Olivier Weber, les pourtours de l'Afghanistan du d&#233;but des ann&#233;es 2000 pointent et se dessinent. Dans &lt;i&gt;Le Faucon afghan&lt;/i&gt;, Weber entrem&#234;le son regard de journaliste &#224; celui de romancier : &#034;&lt;i&gt;&#192; la tomb&#233;e du jour, on peut observer dans Ghazni un curieux mouvement de foule. D'un c&#244;t&#233; les cohortes de volontaires qui se rendent &#224; la mosqu&#233;e, de l'autre les r&#233;calcitrants, les h&#233;sitants que viennent fouetter les miliciens du Vice et de la Vertu, nerf de b&#339;uf en main. &#034;Allez, tas d'hypocrites, filez &#224; la pri&#232;re&#034;, hurle un taliban aux gestes secs, haut comme trois pommes, avec quelques poils de barbe se battant en duel, visiblement heureux d'un tel pouvoir pour son jeune &#226;ge et qui semble particuli&#232;rement habile dans le maniement de la cravache. Lorsque je lui demande pourquoi il lui faut obliger tant de gens, pourtant bons musulmans, &#224; se rendre obligatoirement &#224; la mosqu&#233;e, il r&#233;pond : &#034;Mais vous vous rendez compte, ils continuent de faire des affaires pendant qu'on prie...&#034; Et il ordonne d'un geste rageur &#224; un commer&#231;ant de clore son &#233;tal d'&#233;pices multicolores, pendant que son comp&#232;re, gu&#232;re plus &#226;g&#233; que lui, et sans doute tout aussi illettr&#233;, hurle davantage.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie sur l'Afghanistan et le voyage&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Allix, St&#233;phane, &lt;i&gt;Afghanistan, Visions d'un partisan&lt;/i&gt;, Pr&#233;face de Sylvain Tesson, Transbor&#233;al, 2003.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Bouvier, Nicolas, &lt;i&gt;L'Usage du Monde&lt;/i&gt;, 1963.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Ermakov, Oleg, &lt;i&gt;Un Hiver en Afghanistan&lt;/i&gt;, Editions 10/18, 1997 ; &lt;i&gt;R&#233;cits afghans&lt;/i&gt;, Albin Michel, 1991.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Goethe, &lt;i&gt;Le Divan ; Les Affinit&#233;s &#233;lectives ; Paix de l'&#226;me chez le voyageur&lt;/i&gt;. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Hosseini, Khaled, &lt;i&gt;Les Cerfs-volants de Kaboul&lt;/i&gt;, Belfond, 2005.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Khadra, Yasmina, &lt;i&gt;Les Hirondelles de Kaboul&lt;/i&gt;, Julliard, 2002.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Kessel, Joseph, &lt;i&gt;Les Cavaliers&lt;/i&gt;, Gallimard, 1967.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Maillart, Ella, &lt;i&gt;La Voie Cruelle&lt;/i&gt;, 1947.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Newby, Eric, &lt;i&gt;Un petit tour dans l'Hindou Kouch&lt;/i&gt;, 1958.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Onfray, Michel, &lt;i&gt;Th&#233;orie du voyage, Po&#233;tique de la g&#233;ographie&lt;/i&gt;, Livre de poche, 2007.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Polo, Marco, &lt;i&gt;Le Devisement du Monde&lt;/i&gt;.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Ponfilly, Christophe,&lt;i&gt; Lettre ouverte &#224; Joseph Kessel sur l'Afghanistan&lt;/i&gt;, Bibliophane-Daniel Radfort, 2002.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Roumi, &lt;i&gt;Le Livre du Dedans&lt;/i&gt;. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Schwarzenbach, Anne-Marie, &lt;i&gt;O&#249; est la terre des promesses ? ; Visions d'Afghanistan&lt;/i&gt;.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Urbain, Jean-Didier, &lt;i&gt;L'idiot du voyage,&lt;/i&gt; Payot, 2002.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Weber, Olivier, &lt;i&gt;Le Faucon afghan&lt;/i&gt;, Robert Laffont, 2001 ; &lt;i&gt;Le Grand Festin de l'Orient&lt;/i&gt;, Robert Laffont, 2004 ; &lt;i&gt;Routes de la Soie, la M&#233;moire retrouv&#233;e de l'Afghanistan&lt;/i&gt;, Mille et une nuits, 2004.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Afghanistan des ann&#233;es 1980 en bande dessin&#233;e*</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article894</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article894</guid>
		<dc:date>2009-02-01T11:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alice Bombardier</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#034;Un paysage magnifique et immuable qui se fout de la guerre&#034;. C'est en ces termes que le photographe Didier Lef&#232;vre a mieux fait conna&#238;tre l'Afghanistan en France, par le biais d'une s&#233;rie de trois bandes dessin&#233;es (BD), compos&#233;es aux c&#244;t&#233;s du dessinateur Guilbert et du sc&#233;nariste Lemercier et publi&#233;es entre 2003 et 2006. De m&#234;me que la BD Pers&#233;polis r&#233;dig&#233;e et dessin&#233;e par Marjane Satrapi avait familiaris&#233; un large public fran&#231;ais et europ&#233;en &#224; ce pays voisin qu'est l'Iran, la bande dessin&#233;e Le (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique122" rel="directory"&gt;N&#176; 39, f&#233;vrier 2009&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton894-aba1f.jpg?1686647909' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;Un paysage magnifique et immuable qui se fout de la guerre&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Le Photographe, tome 2, p.42.' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est en ces termes que le photographe&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Didier Lef&#232;vre a mieux fait conna&#238;tre l'Afghanistan en France, par le biais d'une s&#233;rie de trois bandes dessin&#233;es (BD), compos&#233;es aux c&#244;t&#233;s du dessinateur Guilbert et du sc&#233;nariste Lemercier et publi&#233;es entre 2003 et 2006. De m&#234;me que la BD &lt;i&gt;Pers&#233;polis &lt;/i&gt;r&#233;dig&#233;e et dessin&#233;e par Marjane Satrapi avait familiaris&#233; un large public fran&#231;ais et europ&#233;en &#224; ce pays voisin qu'est l'Iran, la bande dessin&#233;e &lt;i&gt;Le photographe&lt;/i&gt; nous permet de &#034;voir&#034; jusqu'aux montagnes les plus recul&#233;es du nord-est afghan. &#034;Voir&#034; et non pas seulement lire et imaginer car le r&#233;cit m&#234;le les photographies aux cases dessin&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1757 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L171xH225/894-1-21d5a.jpg?1686647909' width='171' height='225' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:171px;'&gt;&lt;strong&gt;Le Photographe, couverture tome 1&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;coupage des planches contacts est en effet int&#233;gr&#233; &#224; celui des planches dessin&#233;es. Cette harmonie entre deux types d'illustration initie un nouveau style, celui de la &#034;bd-reportage&#034; : la BD est ainsi choisie pour sa facult&#233; &#224; donner vie &#224; un reportage-photo de grande ampleur (trois mois de terrain, 130 pellicules photo). Parfois simple fond uni, le dessin semble mis au service de l'histoire et des photos. Il sert de liant en comblant l'absence passag&#232;re de prises de vue. Il tient lieu de support au r&#233;cit de certaines impressions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces dix derni&#232;res ann&#233;es, les r&#233;cits de voyage narr&#233;s sous la forme de BD sont de plus en plus nombreux. Depuis 1980, la bande dessin&#233;e explore diff&#233;rents arts narratifs.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Apparue en Suisse en 1830 avec la parution des premiers albums de Rodolphe (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; La s&#233;rie &lt;i&gt;Le Photographe&lt;/i&gt; n'est pas seulement int&#233;ressante pour ses innovations graphiques et artistiques. Cette oeuvre hybride est aussi riche de trois histoires, tram&#233;es en filigrane : la d&#233;couverte initiatique d'un pays par un photographe professionnel de 29 ans, le travail forcen&#233; des m&#233;decins, le manque de moyens et les dangers encourus en zones de combats, enfin, le quotidien de la Guerre d'Afghanistan, entre moudjahidin (combattants de la &#034; guerre sainte &#034;, &lt;i&gt;djihad&lt;/i&gt;) et forces sovi&#233;to-afghanes. Dans le contexte de Guerre Froide, cette Guerre d'Afghanistan pr&#233;sente le caract&#232;re double d'une guerre civile et d'une invasion &#233;trang&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1758 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L389xH514/894-2-76743.jpg?1686647909' width='389' height='514' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Carte du parcours de la mission, Le Photographe, t.3&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le Coup d'Etat communiste d'avril 1978 avait, en Afghanistan, port&#233; au pouvoir quelques milliers de militants inexp&#233;riment&#233;s et utopistes. Pour surmonter les r&#233;ticences d'une soci&#233;t&#233; encore largement rurale et conservatrice, ils utilis&#232;rent la violence, notamment contre les notables traditionnels et les religieux. D&#232;s l'&#233;t&#233; 1978, les premi&#232;res r&#233;voltes ont &#233;clat&#233; dans les campagnes. Le gouvernement communiste afghan &#233;tant incapable de pacifier le pays, la direction sovi&#233;tique d&#233;cide, en d&#233;cembre 1979, sous la pr&#233;sidence de Leonid Brejnev, d'intervenir directement. Sur la sc&#232;ne internationale, cette intervention a entra&#238;n&#233; un regain de tensions entre l'Est et l'Ouest. A l'int&#233;rieur du pays, la r&#233;sistance est organis&#233;e par des partis bas&#233;s &#224; Peshawar (Pakistan) pour les sunnites ou en Iran pour les shiites, mais la conduite effective de la guerre revient aux commandants, dont certains - Ahmed Sh&#226;h Massoud, Isma&#235;l Kh&#226;n, Zabioull&#226;h, Haqq&#226;ni - deviendront c&#233;l&#232;bres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tr&#232;s forte mobilisation populaire au nom du &lt;i&gt;djih&#226;d&lt;/i&gt;, l'importance de l'aide occidentale relay&#233;e par le Pakistan, la nature du terrain propice &#224; la gu&#233;rilla, ont raison des Sovi&#233;tiques : d&#232;s 1986, Mikha&#239;l Gorbatchev d&#233;cide le retrait de ses troupes. Ce retrait, formalis&#233; par les accords de Gen&#232;ve en avril 1989, marque alors en pratique la fin de &#034;l'internationalisme prol&#233;tarien&#034; (doctrine politique d'assistance communiste). La disparition de l'Union sovi&#233;tique, fin 1991, scelle le destin du r&#233;gime communiste de Kaboul qui s'effondre en avril 1992, &#224; la suite de l'alliance pass&#233;e entre les milices du Nord et le commandant Massoud. Malgr&#233; la mise en place d'un gouvernement, la victoire des moudjahidins ouvre en fait un autre chapitre de la guerre, avec des luttes complexes de factions, notamment dans la capitale.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='&#034;La Guerre d'Afghanistan&#034;, Dictionnaire historique et g&#233;opolitique (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est entre ao&#251;t et octobre 1986, au moment o&#249; les forces sovi&#233;to-afghanes s'essoufflent, que Didier Lef&#232;vre accompagne, dans le nord-est de l'Afghanistan, une mission de l'association humanitaire internationale, M&#233;decins Sans Fronti&#232;res (MSF). Cette mission est dirig&#233;e par une femme, Juliette, et comprend, outre Didier Lef&#232;vre, John, chirurgien am&#233;ricain, Robert et Ronald, m&#233;decins fran&#231;ais et hollandais, R&#233;gis, infirmier anesth&#233;siste, Sylvie, Odile et Evelyne, infirmi&#232;res, ainsi que Mahmad, interpr&#232;te afghan et deux chefs de groupe afghans, Abdul Jab&#226;r, de la vall&#233;e de Teshk&#226;n et Najmudin, de la vall&#233;e de Yaft&#226;l. Le but de la mission est de rallier le Badakhsh&#226;n, r&#233;gion du nord de l'Afghanistan, vers Feyz&#226;b&#226;d, pour rejoindre un petit h&#244;pital de guerre dans une vall&#233;e et aller en cr&#233;er un autre, un peu plus loin. La difficult&#233; r&#233;side dans le fait que l'&#233;quipe doit voyager en-dehors des routes tenues par l'arm&#233;e gouvernementale et les Russes. Un mois de marche en coupant &#224; travers la montagne, le passage de quinze cols, dont certains de plus de 5000 m, est donc n&#233;cessaire. Les membres de M&#233;decins Sans Fronti&#232;res cheminent aux c&#244;t&#233;s d'une caravane faisant transiter des armes pour les moudjahidins. Ce rassemblement clandestin est constitu&#233; d'une centaine d'hommes, d'&#226;nes et de chevaux.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1772 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L367xH568/894-3-87a8c.jpg?1686647909' width='367' height='568' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Le Photographe, t.1, p.41&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;dl class='spip_document_1773 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH261/894-4-efa23.jpg?1686647909' width='500' height='261' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Le Photographe, t.1, p.44&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;dl class='spip_document_1774 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH210/894-5-9a613.jpg?1686647909' width='500' height='210' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Le Photographe, t.1, p.36&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;dl class='spip_document_1775 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH176/894-6-78531.jpg?1686647909' width='500' height='176' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;dl class='spip_document_1763 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L419xH451/894-7-1c03b.jpg?1686647909' width='419' height='451' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Le Photographe, t.2, p.42&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le premier tome de la s&#233;rie &lt;i&gt;Le Photographe&lt;/i&gt; d&#233;crit la pr&#233;paration de la mission &#224; Peshawar, au Pakistan, puis les premi&#232;res &#233;tapes de l'exp&#233;dition, avant d'arriver aux &#034;&lt;i&gt;montagnes russes&lt;/i&gt;&#034;, celles que les Russes survolent et bombardent.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='L'expression &#034;montagnes russes&#034; en fran&#231;ais d&#233;signe &#233;galement un (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Le groupe de m&#233;decins &#233;trangers, ainsi que Didier Lef&#232;vre, traversent la fronti&#232;re de nuit, camoufl&#233;s sous des &lt;i&gt;tchadris&lt;/i&gt; de femmes, qui les recouvrent de la t&#234;te aux pieds. Ils parcourent la r&#233;gion du Nurist&#226;n jusqu'au col Kalotac, qui d&#233;limite d'un c&#244;t&#233; la vall&#233;e du Panshir, dirig&#233;e par Massoud et de l'autre, celle du Badakhsh&#226;n. Le trajet est ponctu&#233; par les soins apport&#233;s aux villageois rencontr&#233;s en chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second tome commence au moment o&#249; un h&#233;licopt&#232;re survole la caravane et s&#232;me la panique sans toutefois attaquer. Le groupe de 200 hommes et animaux de trait est alors proche de Skazar, le principal poste sovi&#233;tique qui neutralise la route d'acc&#232;s au Badakhsh&#226;n. A Ma&#239;dan, les explosions d&#233;coulent de l'exploitation, &#224; la dynamite, de gisements de lapis-lazuli, et non des combats. Les pierres pr&#233;cieuses (&#233;galement rubis et &#233;meraudes) sont achemin&#233;es &#224; dos d'&#226;ne au Pakistan puis vendues. L'argent revient au parti Jami'at-e esl&#226;mi, l'un des sept partis de la r&#233;sistance, celui de Massoud. A l'arriv&#233;e dans la vall&#233;e du Teshk&#226;n, le &lt;i&gt;wakil&lt;/i&gt;, d&#233;put&#233; r&#233;gional, a d&#233;ploy&#233; sa garde en haie d'honneur. Sylvie, Odile et Ronald sont d&#233;pos&#233;s dans un petit h&#244;pital improvis&#233;. Le reste de la mission continue &#224; marcher jusqu'&#224; la vall&#233;e de Yaft&#226;l pour s'installer &#224; Zar&#226;gand&#226;r&#226; et y travailler pendant un mois, prodiguant des soins et enseignant des gestes m&#233;dicaux rudimentaires. Les jours passent et avec eux les bless&#233;s s'accumulent. Au moment de prendre le chemin du retour, Didier Lef&#232;vre annonce &#224; Juliette qu'il veut rentrer par ses propres moyens : &#034;&lt;i&gt;C'est quand je serai tout seul que &#231;a va vraiment commencer&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;span class='spip_document_1764 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L296xH312/894-8-0af9f.jpg?1686647909' width='296' height='312' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_1765 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L327xH309/894-9-5be22.jpg?1686647909' width='327' height='309' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_1766 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L301xH310/894-10-c7c7f.jpg?1686647909' width='301' height='310' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_1767 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L212xH322/894-11-7fa7b.jpg?1686647909' width='212' height='322' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_1768 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L492xH322/894-12-ef385.jpg?1686647909' width='492' height='322' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_1769 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L227xH322/894-13-50f54.jpg?1686647909' width='227' height='322' alt=&#034;Le Photographe, t.1, p.47&#034; title=&#034;Le Photographe, t.1, p.47&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Didier Lef&#232;vre rapporte, dans le dernier volume, les al&#233;as de son retour au Pakistan, s&#233;par&#233; des autres membres de la mission. Arm&#233; d'un simple petit dictionnaire et de son appareil photo, abandonn&#233; par son escorte, perdu de nuit sur un col enneig&#233;, peu &#224; peu d&#233;pouill&#233; par des caravanes et un policier pakistanais, les &#233;preuves qu'il traverse sont nombreuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;span class='spip_document_1770 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L436xH295/894-14-380e4.jpg?1686647909' width='436' height='295' alt=&#034;Le Photographe, t.1, p.74&#034; title=&#034;Le Photographe, t.1, p.74&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Photographe &lt;/i&gt;est, avant tout, une &#339;uvre autobiographique. Vingt ans apr&#232;s, Didier Lef&#232;vre est revenu en BD sur ce voyage initiatique, l'une de ses premi&#232;res missions. Ce t&#233;moignage personnel est d'autant plus poignant que Didier Lef&#232;vre est d&#233;c&#233;d&#233; d'une crise cardiaque, quelques jours apr&#232;s avoir re&#231;u, en janvier 2007, au Festival d'Angoul&#234;me, une r&#233;compense pour le troisi&#232;me tome de la s&#233;rie.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='Didier Lef&#232;vre est n&#233; en 1957. Reporter-photographe pour divers journaux et (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Ces trois bandes dessin&#233;es nous remettent &#233;galement en m&#233;moire la premi&#232;re vague d&#233;ferlante d'affrontements qui d&#233;chirent l'Afghanistan &#224; partir des ann&#233;es 1980. Depuis cette guerre, concomitante de la guerre Iran-Irak (1980-1989), les armes n'ont cess&#233; de &#034;tirer&#034; dans le pays. Puissent les appareils photos continuer &#224; &#034;viser&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;span class='spip_document_1771 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L436xH294/894-15-6eab3.jpg?1686647909' width='436' height='294' alt=&#034;Le Photographe, t. 3, p.3&#034; title=&#034;Le Photographe, t. 3, p.3&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;* Le nom f&#233;minin &#034;bande dessin&#233;e&#034; peut &#233;galement &#234;tre orthographi&#233; &#034;BD&#034; ou &#034;b&#233;d&#233;&#034;. La bande dessin&#233;e permet de raconter des histoires au moyen d'un encha&#238;nement signifiant de dessins et de courtes phrases. C'est un art &#224; la crois&#233;e de l'&#233;criture litt&#233;raire et de l'&#233;criture graphique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Photographe&lt;/i&gt;, tome 2, p.42.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Apparue en Suisse en 1830 avec la parution des premiers albums de Rodolphe T ?pffer, la BD est diffus&#233;e, au cours du XIX&#232;me si&#232;cle, dans le monde entier, via les revues et journaux satiriques. A la fin du si&#232;cle, elle devient un m&#233;dium de masse, mais restreint &#224; l'humour et aux enfants. A partir des ann&#233;es 1960, la bande dessin&#233;e cherche &#224; se l&#233;gitimer en quittant le champ de l'enfance. Les exp&#233;rimentations se multiplient. La revendication de la paternit&#233; litt&#233;raire s'affirme en 1978 avec notamment le succ&#232;s du concept de &#034;roman en bande dessin&#233;e&#034; lanc&#233; par Hugo Pratt avec &lt;i&gt;Corto Maltese&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;La Guerre d'Afghanistan&#034;, &lt;i&gt;Dictionnaire historique et g&#233;opolitique du XX&#232;me si&#232;cle&lt;/i&gt;, dir. Serge Cordellier, La d&#233;couverte, Paris, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'expression &#034;montagnes russes&#034; en fran&#231;ais d&#233;signe &#233;galement un man&#232;ge de f&#234;te foraine, qui consiste en une succession de mont&#233;es et de descentes tr&#232;s abruptes, parcourues &#224; grande vitesse par un v&#233;hicule sur rails.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Didier Lef&#232;vre est n&#233; en 1957. Reporter-photographe pour divers journaux et magazines, il avait l'&#226;me d'un globe-trotter : le Sri Lanka, la Corne de l'Afrique, le Malawi, le Cambodge, les habitants de Bougainville, les champions du monde de course &#224; pied &#233;thiopiens, les moudjahidins d'avant 1992, les Hazara, le Kosovo&#8230; partageaient son int&#233;r&#234;t avec des sujets plus simples comme les jardiniers ou encore les pompiers. De ses voyages en Afghanistan, il a &#233;galement &#233;crit un livre aux Editions Ouest France.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien avec Zalma&#239; Haqu&#226;ni, Ambassadeur d'Afghanistan en France (2002-2006)</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article893</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article893</guid>
		<dc:date>2009-02-01T10:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alice Bombardier, Louis Racine</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;Zalma&#239; Haqu&#226;ni a &#233;tudi&#233; en France entre 1966 et 1978, avant de devenir Professeur de droit &#233;conomique international &#224; l'Universit&#233; de Caen. Il est l'auteur de plusieurs livres, notamment d'un manuel de &lt;/i&gt;Droit international de l'&#233;conomie&lt;i&gt; (avec Philippe Saunier, Ellipses, 2007). Conseiller en relations internationales du Commandant Massoud, il est nomm&#233; Ambassadeur en France en 2002. Sa vie, son oeuvre, ses exp&#233;riences ont &#233;t&#233; r&#233;unies en 2006 dans &lt;/i&gt;Une vie d'Afghanistan. Entretiens avec S&#233;bastien Brabant, Marc Hecker et Paul Presset&lt;i&gt;. Aujourd'hui, Zalma&#239; Haqu&#226;ni a &#233;galement accept&#233; de s'entretenir avec nous.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique122" rel="directory"&gt;N&#176; 39, f&#233;vrier 2009&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton893-3824a.jpg?1686647909' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;table class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Zalma&#239; Haqu&#226;ni a &#233;tudi&#233; en France entre 1966 et 1978, avant de devenir Professeur de droit &#233;conomique international &#224; l'Universit&#233; de Caen. Il est l'auteur de plusieurs livres, notamment d'un manuel de &lt;/i&gt;Droit international de l'&#233;conomie&lt;i&gt; (avec Philippe Saunier, Ellipses, 2007). Conseiller en relations internationales du Commandant Massoud, il est nomm&#233; Ambassadeur en France en 2002. Sa vie, son oeuvre, ses exp&#233;riences ont &#233;t&#233; r&#233;unies en 2006 dans &lt;/i&gt;Une vie d'Afghanistan. Entretiens avec S&#233;bastien Brabant, Marc Hecker et Paul Presset&lt;i&gt;. Aujourd'hui, Zalma&#239; Haqu&#226;ni a &#233;galement accept&#233; de s'entretenir avec nous.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;Qu'est ce qui vous a pouss&#233;, apr&#232;s votre baccalaur&#233;at, &#224; poursuivre des &#233;tudes de droit en France ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Afghanistan, en particulier &#224; Kaboul, il y avait deux lyc&#233;es franco-afghans, le lyc&#233;e Esteql&#226;l pour les gar&#231;ons et le lyc&#233;e Malala&#239; pour les filles. Je me trouvais au lyc&#233;e Esteql&#226;l dans les ann&#233;es 1960. Le gouvernement fran&#231;ais accordait des bourses &#224; certains &#233;tudiants et en particulier aux majors du baccalaur&#233;at. Cette ann&#233;e-l&#224;, j'&#233;tais major de la classe de math&#233;matiques donc j'ai eu une bourse et je suis venu en France pour faire des &#233;tudes scientifiques. Mais mon p&#232;re &#233;tait juriste. Une fois arriv&#233; en France, il m'a pouss&#233; &#224; faire des &#233;tudes de droit et c'est la raison pour laquelle j'ai chang&#233; d'orientation. Finalement je suis arriv&#233; jusqu'&#224; la derni&#232;re ann&#233;e et au doctorat d'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Dans les ann&#233;es soixante-dix, l'Afghanistan conna&#238;t des troubles, avec le coup d'Etat de Daoud puis la prise de pouvoir par les communistes. Commencent alors trente ans de conflit avec l'invasion sovi&#233;tique et la prise de pouvoir par les talibans. Comment avez-vous v&#233;cu cette p&#233;riode ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1973, je me trouvais en France, &#224; Nice, lorsque le coup d'Etat de Daoud s'est produit, lorsqu'il a renvers&#233; son cousin, le roi Z&#226;her Sh&#226;h et qu'il a instaur&#233; la R&#233;publique. La derni&#232;re ann&#233;e de mes &#233;tudes correspondait au changement de r&#233;gime en Afghanistan. En 1978-1979, un r&#233;gime communiste &#233;tait mis en place puis il y eut l'invasion sovi&#233;tique. Donc je ne suis pas rentr&#233; en Afghanistan. Cette p&#233;riode &#233;tait &#233;videmment tr&#232;s difficile, je l'ai tr&#232;s mal v&#233;cue, parce que le pays avait &#233;t&#233; envahi, les gens souffraient &#233;norm&#233;ment, la r&#233;sistance afghane n'&#233;tait pas encore tr&#232;s bien organis&#233;e. Il y avait des difficult&#233;s de toutes parts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Quand &#234;tes-vous revenu en Afghanistan ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'y suis retourn&#233; &#224; partir de 2002. J'avais continu&#233; &#224; travailler avec l'Afghanistan, en particulier entre 1997 et 2001, lorsque j'&#233;tais le conseiller du commandant Massoud pour les relations internationales, mais je continuais &#224; r&#233;sider en France. Apr&#232;s son assassinat, en septembre 2001, j'ai continu&#233; &#224; suivre les affaires afghanes, puis je suis all&#233; &#224; la Conf&#233;rence de Bonn.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'administration int&#233;rimaire d'Afghanistan m'a alors propos&#233; un poste minist&#233;riel. J'ai refus&#233; parce que je pensais que ce poste devait revenir &#224; quelqu'un qui ait une exp&#233;rience politique en Afghanistan. Je suis donc retourn&#233; &#224; mes enseignements puis j'ai eu une nouvelle proposition : &#234;tre Ambassadeur d'Afghanistan &#224; Paris. Apr&#232;s r&#233;flexion et compte tenu de la situation du pays &#224; l'&#233;poque, j'ai accept&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Pendant que vous &#233;tiez Ambassadeur en France, vous repr&#233;sentiez &#233;galement l'Afghanistan dans d'autres pays europ&#233;ens, non ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous savez que pendant 25-26 ans, &#224; cause de l'invasion sovi&#233;tique, l'Afghanistan n'avait pratiquement plus de relations diplomatiques avec les pays occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ambassades &#8211; th&#233;oriquement &#8211; existaient, mais il n'y avait pas de diplomates appropri&#233;s ou de relations diplomatiques r&#233;elles avec l'Afghanistan. J'ai &#233;t&#233; le premier ambassadeur dans un pays occidental, en l'occurrence la France, &#224; r&#233;tablir des relations et &#224; renouer le dialogue avec les pays occidentaux. Effectivement, j'&#233;tais en poste &#224; Paris, mais j'&#233;tais aussi Ambassadeur non r&#233;sident en Espagne, au Portugal, en Suisse et au Maroc.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1713 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH329/893-1-13588.jpg?1686647909' width='448' height='329' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Vue r&#233;cente de H&#233;rat&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Photos : Guive Rafatian
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Comment se pr&#233;sente la communaut&#233; afghane en France et quelles sont ses particularit&#233;s par rapport aux autres pays europ&#233;ens ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, il y a les Afghans qui sont install&#233;s en France depuis assez longtemps. Ce sont en g&#233;n&#233;ral des Afghans qui &#233;taient &#233;tudiants ou qui &#233;taient venus pour des stages et qui n'ont pas pu retourner en Afghanistan en raison de la situation politique du pays. Il y a eu ensuite une deuxi&#232;me vague d'Afghans, eux aussi francophones et francophiles parce qu'ils &#233;taient d'anciens &#233;l&#232;ves du lyc&#233;e Esteql&#226;l, d'anciens &#233;tudiants de la facult&#233; de droit ou de m&#233;decine de Kaboul, &#233;tablissements avec qui la France avait des accords d'affiliation. La troisi&#232;me vague &#233;videmment fut constitu&#233;e par des Afghans qui venaient soit pour des raisons familiales alors qu'ils n'&#233;taient pas francophones, ou m&#234;me par des Afghans qui n'avaient aucun lien avec la France. La France constituait pour eux un pays d'asile. Mais les Afghans n'ont jamais &#233;t&#233; une communaut&#233; importante en France. Sans compter les clandestins, qui sont impossibles &#224; chiffrer, la communaut&#233; afghane en France ne d&#233;passe pas 6000 personnes, ce qui est tr&#232;s peu quand on sait que dans la seule r&#233;gion de Londres, il y a 30 000 afghans. Il y en a plus de 150 000 en Allemagne, plus de 50 000 en Hollande et aussi dans d'autres pays europ&#233;ens, en Autriche, en Belgique, etc. La communaut&#233; afghane en France n'est donc pas importante mais elle est constitu&#233;e en g&#233;n&#233;ral de gens form&#233;s, bien int&#233;gr&#233;s. Heureusement, les Afghans n'ont jamais pos&#233; de probl&#232;mes dans leurs contacts avec les Fran&#231;ais ou les autres communaut&#233;s d'&#233;trangers pr&#233;sentes en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Comment expliquez-vous ce paradoxe entre les forts liens qui existaient entre la France et l'Afghanistan et cette communaut&#233; si restreinte aujourd'hui ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous savez, ce n'est pas un paradoxe, bien au contraire, ce sont justement ces liens qui expliquent l'arriv&#233;e en France de la premi&#232;re et de la deuxi&#232;me vague d'Afghans. Il faut savoir que les liens avec la France, &#224; l'origine et pendant tr&#232;s longtemps, se limitaient aux &#233;changes culturels. Les Afghans qui venaient en France, connaissaient en g&#233;n&#233;ral la culture fran&#231;aise. Les autres allaient ailleurs parce qu'en France, il y avait la barri&#232;re de la langue : la langue fran&#231;aise est une langue difficile pour les Afghans qui se tournent en g&#233;n&#233;ral vers l'anglais. Et puis, par exemple en Allemagne, jusqu'en 1979, les Afghans n'avaient pas besoin de visa pour entrer, contrairement &#224; la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;La culture afghane conna&#238;t depuis plusieurs ann&#233;es un regain d'int&#233;r&#234;t en France (films, livres, expositions), quel r&#244;le avez-vous jou&#233; dans ce ph&#233;nom&#232;ne ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon r&#244;le personnel fut modeste, mais je suis tr&#232;s content que ces liens non seulement aient &#233;t&#233; renou&#233;s, mais aussi renforc&#233;s. Je suis heureux qu'un Afghan obtienne le prix Goncourt 2008, c'est une tr&#232;s bonne chose. Mais &#233;videmment cela ne s'arr&#234;te pas l&#224;. Nous avons aussi renou&#233; d'autres liens avec la France, notamment sur le plan scolaire : vous savez que la France est de nouveau pr&#233;sente dans les deux lyc&#233;es de Kaboul. Des accords ont &#233;t&#233; &#233;galement conclus entre les universit&#233;s fran&#231;aises et afghanes. Tout cela a &#233;t&#233; fait quand j'&#233;tais &#224; l'ambassade d'Afghanistan, j'ai tout repris &#224; z&#233;ro. Nous avons aussi sign&#233; un accord dans le domaine arch&#233;ologique : la D&#233;l&#233;gation Arch&#233;ologique Fran&#231;aise en Afghanistan (DAFA) est &#224; nouveau pr&#233;sente. Et enfin, dernier exemple - je pourrais vous en donner beaucoup - le Mus&#233;e Guimet a organis&#233; une tr&#232;s belle exposition sur les vestiges historiques d'Afghanistan &#224; la fin 2006, et qui a dur&#233; jusqu'au printemps 2007. Cette exposition &#233;tait &#224; l'initiative des Pr&#233;sidents Jacques Chirac et Hamid Karza&#239;. C'&#233;tait une tr&#232;s bonne chose pour nous, mais aussi pour la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Pouvez-vous nous pr&#233;senter les grands d&#233;fis qui se posaient &#224; l'Afghanistan quand vous y &#234;tes retourn&#233;s, en 2002 ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin de l'ann&#233;e 2001, lorsque nous sommes retourn&#233;s en Afghanistan, le pays &#233;tait presque dans un &#233;tat de ruine totale. A la fois les villes et les campagnes avaient &#233;t&#233; d&#233;truites : les campagnes avaient subi des destructions pendant la guerre sovi&#233;tique et les villes, durant la guerre civile, qui a commenc&#233; d&#232;s 1992. Les destructions se sont poursuivies sous le r&#233;gime des talibans, c'est-&#224;-dire pendant la p&#233;riode 1994-2002. Par cons&#233;quent, il &#233;tait n&#233;cessaire d'envisager des chantiers dans tous les domaines. Dans le domaine des infrastructures, il fallait construire des routes, des ponts, r&#233;parer les a&#233;roports &#8211; parce que malheureusement jusqu'&#224; pr&#233;sent il n'y a pas de chemin de fer. Nous avons donc d'abord r&#233;tabli les communications, les transports entre l'Afghanistan et l'&#233;tranger. Au d&#233;part, il n'y avait m&#234;me pas de ligne t&#233;l&#233;phonique fiable en Afghanistan, et en particulier de lignes t&#233;l&#233;phoniques internationales. Tout &#233;tait &#224; refaire. Il en &#233;tait de m&#234;me dans le domaine de la sant&#233;, de l'&#233;ducation, de l'agriculture, dans tous les domaines qui sont essentiels &#224; la vie d'un pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;En quoi la France participe &#224; cette reconstruction ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement la France, comme d'ailleurs d'autres pays, &#233;tait et reste pr&#233;sente aujourd'hui en Afghanistan. La France coop&#232;re beaucoup dans un domaine, inexistant auparavant et vous en comprenez les raisons : le domaine militaire. La France, avec les Etats-Unis, participe &#224; la formation de l'arm&#233;e afghane, en mati&#232;re de lutte contre le terrorisme et pour la stabilisation de l'Afghanistan. Savez-vous que l'Afghanistan, en 2002, n'avait plus d'arm&#233;e ? Il n'y avait plus d'arm&#233;e ni de forces de police&#8230; Donc les chantiers sont immenses : il faut reb&#226;tir les villes, donner &#224; nouveau vie aux campagnes. Celles-ci sont min&#233;es. Cela pose encore d'&#233;normes probl&#232;mes aujourd'hui. Le d&#233;minage total du territoire afghan n'est pas encore pour demain.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1714 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH331/893-2-99e68.jpg?1686647909' width='448' height='331' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Vue r&#233;cente de H&#233;rat&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Quel est le r&#244;le jou&#233; par l'Iran ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le domaine des infrastructures, l'Iran coop&#232;re avec l'Afghanistan. Il participe &#224; la construction de routes qui relient les deux pays, &#224; l'Ouest pr&#232;s de Mashhad. L'Iran accorde &#233;galement des facilit&#233;s portuaires car l'Afghanistan n'a pas de littoral maritime. Tout r&#233;cemment, les deux pays ont conclu un accord pour que l'Afghanistan b&#233;n&#233;ficie de la zone franche de Tch&#226;bah&#226;r, dans le Sistan-Balutchest&#226;n iranien. J'ai eu l'occasion de visiter Tch&#226;bah&#226;r en f&#233;vrier 2008 et j'ai &#233;t&#233; tr&#232;s heureux de rencontrer un soir un groupe d'entreprises priv&#233;es iraniennes, venues renouer des contacts avec les entreprises afghanes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'aide iranienne la plus importante est &#233;videmment culturelle. Avec l'Iran, nous partageons la langue persane, appel&#233;e &lt;i&gt;dari&lt;/i&gt; en Afghanistan. Compte tenu des destructions culturelles que l'Afghanistan a subies &#8211; en 2002, on n'y trouvait ni livre, ni manuel scolaire ou universitaire - l'Iran est d'un tr&#232;s grand secours. Une grande partie de notre vie universitaire et scolaire d&#233;pend de la coop&#233;ration culturelle et &#233;ducative iranienne. Il y a beaucoup d'ouvrages qui ne sont pas traduits en Afghanistan, mais qui l'ont &#233;t&#233; en Iran. Ces ouvrages nous aident dans notre vie scientifique. Bien s&#251;r, le Minist&#232;re afghan de la Culture et m&#234;me les entreprises priv&#233;es ont fait de gros efforts pour qu'il y ait de plus en plus de publications dans le pays. Plus de 300 journaux sont aujourd'hui publi&#233;s en Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce domaine, la coop&#233;ration iranienne est appr&#233;ciable et utile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Quel r&#244;le joue la diaspora afghane, r&#233;sidant en France, dans la reconstruction du pays ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas si on peut parler de diaspora en France parce que le nombre d'Afghans y est limit&#233; et la plupart exerce dans des activit&#233;s tertiaires ou dans l'enseignement et la m&#233;decine. Ce ne sont donc pas de gros investisseurs. Malgr&#233; tout, je connais des Afghans, &#224; la fois en r&#233;gion parisienne, en Normandie ou en Bretagne qui retournent aujourd'hui en Afghanistan. Ce sont des industriels, des commer&#231;ants qui essayent de retrouver leurs usines, leurs commerces ou qui cherchent &#224; reb&#226;tir. Malheureusement, les probl&#232;mes de s&#233;curit&#233; posent parfois beaucoup de difficult&#233;s aux investisseurs afghans comme &#224; ceux d'autres pays. En Afghanistan, les gros investisseurs viennent surtout des Etats-Unis ou des Emirats. L&#224;-bas, quelques personnalit&#233;s tr&#232;s riches sont susceptibles d'investir ou ont d&#233;j&#224; investi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Il existe une pol&#233;mique en France sur le retrait, le maintien, voire l'augmentation du nombre de soldats fran&#231;ais envoy&#233;s en Afghanistan. Hubert V&#233;drine, ancien Ministre fran&#231;ais des Affaires Etrang&#232;res, estime que la gestion de la crise actuelle en Afghanistan ne passe pas seulement par le volet militaire, mais qu'il faut revoir de mani&#232;re globale la politique &#224; mener en Afghanistan. Qu'en pensez-vous ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui concerne l'augmentation, le maintien ou la diminution du contingent fran&#231;ais en Afghanistan, je crois qu'il vaut mieux en parler aux autorit&#233;s fran&#231;aises comp&#233;tentes. Ce que nous, Afghans, nous appr&#233;cions, c'est bien entendu la pr&#233;sence de forces fran&#231;aises en Afghanistan. Nous savons aussi que la France a consenti de gros sacrifices parce que depuis 2002, des soldats fran&#231;ais sont morts en Afghanistan. L'ann&#233;e 2008 a &#233;t&#233; particuli&#232;rement terrible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hubert V&#233;drine, que je connais bien et dont j'appr&#233;cie les r&#233;flexions, a, je pense, tout &#224; fait raison. La solution pour la paix et la s&#233;curit&#233; en Afghanistan n'est certainement pas seulement militaire. Il faut aussi rechercher des solutions politiques mais c'est un long d&#233;bat. Je crois qu'Hubert V&#233;drine a tout &#224; fait raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Il semble que les &#233;lites afghanes &#233;migr&#233;es aient commenc&#233; &#224; r&#233;fl&#233;chir sur les nombreuses ann&#233;es de crise qu'a travers&#233;es le pays - tel Atiq Rahimi, prix Goncourt 2008 avec &lt;i&gt;Pierre de patience&lt;/i&gt; - et &#224; les d&#233;canter.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Nous pourrions en effet consid&#233;rer l'oeuvre d'Atiq Rahimi comme symptomatique d'une volont&#233; de sortie de crise : &#171; entre pierre et pri&#232;re &#187;.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;L'image et le r&#233;veil de l'Afghanistan ne seraient-ils pas aujourd'hui entre les mains de ses &#233;lites artistiques ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aime beaucoup les artistes, j'appr&#233;cie leur travail. Les artistes afghans ont beaucoup de talent, que ce soient les artistes afghans r&#233;sidant dans le pays ou ceux vivant &#224; l'ext&#233;rieur, comme Atiq Rahimi en France. Ils participent directement ou indirectement au renouveau de l'Afghanistan. Mais je pense que le renouveau vient de tout l'Afghanistan, vient de tous les Afghans, o&#249; qu'ils se trouvent. Les Afghans ont tous la soif de voir leur pays &#224; nouveau sur les rails. Dans ce sens, le peuple afghan fait des efforts consid&#233;rables, m&#234;me si, dans ses rangs, &#224; la fois entre les Afghans r&#233;sidant en Afghanistan ou entre ceux qui en sont partis, des probl&#232;mes se posent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Nous vous remercions beaucoup, Monsieur l'Ambassadeur, pour le temps que vous nous avez accord&#233;. Il y aurait bien &#233;videmment de nombreuses autres questions &#224; vous poser&#8230;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est moi qui vous remercie beaucoup. J'esp&#232;re que nous continuerons notre collaboration pour la &lt;i&gt;Revue de T&#233;h&#233;ran&lt;/i&gt;. J'ai &#233;t&#233; tr&#232;s content d'apprendre qu'une revue en fran&#231;ais est publi&#233;e en Iran. Il faut l'encourager et encourager la multiplication de ces publications.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;* Gr&#226;ce &#224; l'interm&#233;diaire d'Armand Meimand.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Afghanistan : futur corridor &#233;nerg&#233;tique ?</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article892</link>
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		<dc:date>2009-02-01T09:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Lemerle</dc:creator>



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&lt;p&gt;En annon&#231;ant le d&#233;ploiement de troupes suppl&#233;mentaires en Afghanistan avant m&#234;me son entr&#233;e en fonction, le nouveau pr&#233;sident am&#233;ricain a montr&#233; que la stabilisation du pays constituerait l'une des priorit&#233;s de son mandat en mati&#232;re de politique &#233;trang&#232;re. Mais si le volet militaire et s&#233;curitaire a son importance, le v&#233;ritable enjeu consiste &#224; instaurer une stabilit&#233; politique et &#233;conomique de long terme dans un pays dont l'emplacement tr&#232;s strat&#233;gique, a jusqu'&#224; pr&#233;sent attir&#233; plus de troubles que de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique122" rel="directory"&gt;N&#176; 39, f&#233;vrier 2009&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton892-ac829.jpg?1686647909' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En annon&#231;ant le d&#233;ploiement de troupes suppl&#233;mentaires en Afghanistan avant m&#234;me son entr&#233;e en fonction, le nouveau pr&#233;sident am&#233;ricain a montr&#233; que la stabilisation du pays constituerait l'une des priorit&#233;s de son mandat en mati&#232;re de politique &#233;trang&#232;re. Mais si le volet militaire et s&#233;curitaire a son importance, le v&#233;ritable enjeu consiste &#224; instaurer une stabilit&#233; politique et &#233;conomique de long terme dans un pays dont l'emplacement tr&#232;s strat&#233;gique, a jusqu'&#224; pr&#233;sent attir&#233; plus de troubles que de bienfaits &#224; une population lass&#233;e par la guerre. Parmi les grands projets visant &#224; favoriser le d&#233;veloppement de l'Afghanistan, l'id&#233;e d'en faire un corridor &#233;nerg&#233;tique reliant les vastes r&#233;serves d'hydrocarbures d'Asie Centrale aux march&#233;s dynamiques du sous-continent indien revient de mani&#232;re r&#233;currente depuis plus de quinze ans. L'ann&#233;e 2008 a vu la r&#233;activation de ce th&#232;me avec une s&#233;rie de rencontres r&#233;unissant le Turkm&#233;nistan, l'Afghanistan, le Pakistan, et l'Inde autour du projet TAPI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au del&#224; des d&#233;clarations de bonnes intentions, il convient n&#233;anmoins de se demander quelles sont les chances de concr&#233;tisation de ce projet, tandis que la conjoncture &#233;conomique globale rend les investisseurs frileux, et &#224; quelles conditions une telle r&#233;alisation pourrait contribuer &#224; la stabilisation de l'Afghanistan dans un contexte r&#233;gional extr&#234;mement tendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le corridor &#233;nerg&#233;tique afghan est envisag&#233; pour la premi&#232;re fois au lendemain de l'effondrement de l'Union Sovi&#233;tique, lorsque les compagnies p&#233;troli&#232;res occidentales commencent &#224; prendre pied autour de la mer caspienne. Une fois les premiers contrats sign&#233;s avec les autorit&#233;s az&#233;ries, kazakhes, et turkm&#232;nes, le principal probl&#232;me qui se pose est celui de l'&#233;vacuation de la production centrasiatique vers les march&#233;s mondiaux. L'Asie Centrale est en effet une r&#233;gion particuli&#232;rement enclav&#233;e, et le r&#233;seau de gazoducs et d'ol&#233;oducs construits par les sovi&#233;tiques est enti&#232;rement tourn&#233; vers la Russie, ce qui place les Etats n&#233;s de la d&#233;composition de l'URSS dans une situation de d&#233;pendance totale vis-&#224;-vis de Moscou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des compagnies occidentales concentrent leurs efforts sur l'axe Est-Ouest, pour atteindre les march&#233;s europ&#233;ens via la Transcaucasie puis la Turquie, malgr&#233; la longueur et les nombreux obstacles techniques et juridiques d&#233;coulant du nombre important de pays &#224; traverser. La premi&#232;re &#224; regarder de l'autre c&#244;t&#233; est la compagnie am&#233;ricaine Unocal, qui s'engage d&#232;s 1993 dans des n&#233;gociations avec le Turkm&#233;nistan pour ouvrir une route vers le Pakistan &#224; travers l'Afghanistan. C'est ainsi que na&#238;t le TAP (&lt;i&gt;Trans Afghanistan Pipeline&lt;/i&gt;). Habitu&#233;s &#224; traiter avec des r&#233;gimes politiques impr&#233;visibles, les dirigeants d'Unocal offrent leur soutien aux Talibans dans un Afghanistan en pleine guerre civile, et n&#233;gocient avec ces derniers par l'interm&#233;diaire de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricano-saoudienne Delta Petroleum, dont les liens suppos&#233;s avec la CIA et les services de renseignement du royaume saoudien n'ont jusqu'&#224; ce jour jamais &#233;t&#233; ni prouv&#233;s ni d&#233;mentis. Il existe alors une convergence d'int&#233;r&#234;ts &lt;i&gt;de facto &lt;/i&gt;entre tous ces acteurs d&#233;sireux de stabiliser le pays, d'y contenir l'influence iranienne, et de d&#233;senclaver l'Asie Centrale par le sud. Les tergiversations du pr&#233;sident turkm&#232;ne Saparmurat Nyazov et le climat de parano&#239;a r&#233;gnant &#224; Ashg&#226;b&#226;d mettent &#224; plusieurs reprises les n&#233;gociations en p&#233;ril. La concurrence de la soci&#233;t&#233; argentine Bridas, dont le pr&#233;sident Carlos Bulgheroni a su nouer une relation de confiance avec le couple Butho au Pakistan, et n&#233;gocier de mani&#232;re souvent plus habile que les Am&#233;ricains avec les diff&#233;rentes factions en pr&#233;sence en Afghanistan menace &#233;galement le projet. La prise de Kabul en septembre 1996 et l'instauration du pouvoir taliban sur la plus grande partie du pays semblent pourtant annoncer le succ&#232;s de la strat&#233;gie d'Unocal. Mais tr&#232;s vite, les r&#233;v&#233;lations par la presse am&#233;ricaine des pratiques auxquelles se livre le nouveau r&#233;gime et les r&#233;actions qu'elles suscitent dans l'opinion obligent Washington &#224; prendre ses distances avec Kabul et &#224; retirer son soutien au projet de gazoduc transafghan. Celui-ci est officiellement abandonn&#233; par Unocal en 1998.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1745 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH475/892-1-cfd12.jpg?1686647909' width='500' height='475' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Source : BBC
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les attentats de septembre 2001 et le d&#233;clenchement de l'op&#233;ration militaire am&#233;ricaine en Afghanistan, l'effondrement du r&#233;gime taliban et l'arriv&#233;e au pouvoir du pr&#233;sident Hamid Karzai (un temps employ&#233; comme consultant par Unocal) remettent le TAP Line au go&#251;t du jour. Le projet s'inscrit d&#233;sormais dans une strat&#233;gie de &#034;reconstruction&#034; de l'Afghanistan. Il est soutenu non seulement par les Etats-Unis, mais &#233;galement par la Banque Asiatique de D&#233;veloppement (ABD) qui s'engage &#224; en financer une partie. En mai 2002, les chefs d'Etat d'Afghanistan, du Pakistan, et du Turkm&#233;nistan se r&#233;unissent &#224; Islamabad pour annoncer le red&#233;marrage officiel du projet. Une nouvelle &#233;tude de faisabilit&#233; technique est commandit&#233;e par la Banque. Le gazoduc planifi&#233; relierait le champ gazier de Daulet&#226;b&#226;d, dans le Sud Est du Turkm&#233;nistan &#224; la ville de Multan dans l'est du Pakistan, en passant par Kandahar, Herat, Quetta, et avec la possibilit&#233; d'&#234;tre prolong&#233; vers l'Inde. Il acheminerait ainsi 30 bcm (milliards de m&#232;tres cube) de gaz naturel par an sur une distance de 1700 km. Son co&#251;t est &#224; l'&#233;poque &#233;valu&#233; &#224; 3.3 Md $, et sa mise en service envisag&#233;e dans un d&#233;lai de cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs &#233;l&#233;ments viennent cependant ralentir le d&#233;veloppement du projet. Le trac&#233; du pipe traverse le Sud Ouest de l'Afghanistan, bastion des Talibans, et r&#233;gion la plus r&#233;tive &#224; l'autorit&#233; du nouveau pouvoir install&#233; &#224; Kabul. De plus, des doutes s&#233;rieux portent sur la capacit&#233; du Turkm&#233;nistan &#224; produire suffisamment de gaz pour satisfaire sa consommation interne, honorer ses engagements envers la Russie, qui ach&#232;te 80% de son gaz, et alimenter ensuite le TAP Line. A plusieurs reprises, Ashg&#226;b&#226;d refuse de fournir les certifications concernant l'ampleur de ses r&#233;serves qu'Islamabad exige pour investir plus avant dans le projet. Les autorit&#233;s turkm&#232;nes s'engagent qui plus est dans des n&#233;gociations avec P&#233;kin, qui vont aboutir au lancement de travaux pour la construction d'un gazoduc reliant le Turkm&#233;nistan au Nord Est de la Chine. Dans la m&#234;me p&#233;riode, des avanc&#233;es notables se produisent du c&#244;t&#233; de l'axe Est-Ouest, qui incitent les puissances occidentales &#224; relativiser l'importance du corridor afghan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2001, l'ol&#233;oduc CPC (Caspian Pipeline Consortium) qui relie le gisement kazakh de Tengiz au port russe de Novorossiisk sur la mer noire est inaugur&#233;. S'il ne contourne pas le territoire russe, ce tuyau appartient &#224; un consortium priv&#233;. C'est donc la premi&#232;re voie d'exportation des hydrocarbures centrasiatiques qui &#233;chappe au monopole de Moscou. Les accords qui aboutissent &#224; la construction puis &#224; l'ouverture de l'ol&#233;oduc BTC (Baku Tilissi Ceyhan) en 2006 et du gazoduc SCP (South Caucasus Pipeline, ou Baku Tbilissi Erzurum) en 2007 sont aussi deux avanc&#233;es qui rendent moins abstraite l'id&#233;e d'acheminer les productions de la rive Est de la Caspienne vers la m&#233;diterran&#233;e ou les march&#233;s europ&#233;ens. Il ne reste en effet d&#233;sormais &#034;plus qu'&#224;&#034; trouver une solution de franchissement ou de contournement de la mer Caspienne. Pour toutes ces raisons, et &#233;tant donn&#233; l'ins&#233;curit&#233; qui persiste dans le pays, l'id&#233;e d'un corridor &#233;nerg&#233;tique afghan passe &#224; nouveau progressivement au second plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 2008 marque un nouveau d&#233;part pour le TAP Line, qu'il convient d&#233;sormais d'appeler TAPI (pour Turkm&#233;nistan-Afghanistan-Pakistan-Inde). En avril 2008, la visite d'une importante d&#233;l&#233;gation indienne au Turkm&#233;nistan se solde par la signature d'un &lt;i&gt;Memorandum of Understanding &lt;/i&gt;concernant la coop&#233;ration &#233;nerg&#233;tique entre les deux pays. L'accord porte sur l'exploration de zones &lt;i&gt;offshore&lt;/i&gt; en mer Caspienne, sur des projets d'investissements dans l'aval p&#233;trolier et gazier, et annonce surtout le ralliement de l'Inde au projet de gazoduc transafghan. Ce dernier s'en trouve rapidement relanc&#233;, comme l'indique la tenue de plusieurs r&#233;unions au mois de juin, au cours desquelles le co&#251;t et les d&#233;lais de r&#233;alisation du projet sont r&#233;vis&#233;s. Les travaux doivent d&#233;marrer en 2010 et on parle d&#233;sormais d'une mise en service en 2018, pour un co&#251;t total de 7.6 Md$. De plus, le nouveau pr&#233;sident turkm&#232;ne &#233;lu d&#233;but 2007, d&#233;cide de faire &#233;valuer les r&#233;serves gazi&#232;res de son pays par un auditeur ind&#233;pendant pour mettre fin aux sp&#233;culations que son pr&#233;d&#233;cesseur avait encourag&#233;es, ce qui contribue aussi &#224; renforcer la cr&#233;dibilit&#233; du projet. En octobre 2008, le cabinet britannique Gaffney Clines and Associates (CGA) publie les r&#233;sultats partiels de son audit, qui ne concernent que les r&#233;serves de la partie Est du pays. Le seul gisement d'Osman-South Yoloton contiendrait d&#233;j&#224; entre 4 et 6 tcm (trillions de m&#232;tres cube) de gaz, ce qui en fait le quatri&#232;me au monde et rassure consid&#233;rablement les investisseurs sur les capacit&#233;s du Turkm&#233;nistan &#224; produire, &#224; terme, les volumes pour lesquels il s'est engag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;bat depuis plus de quinze ans, l'id&#233;e d'un corridor &#233;nerg&#233;tique transafghan semble donc bien relanc&#233;e, mais elle continuera sans doute &#224; faire couler de l'encre pendant quelques ann&#233;es. Outre les al&#233;as g&#233;opolitiques auxquels le projet est soumis, il faut rappeler que le d&#233;veloppement des r&#233;serves n&#233;cessaires pour que le tuyau soit viable prendra beaucoup de temps. L'horizon 2018 para&#238;t bien optimiste au regard du chantier que constitue la modernisation de l'industrie &#233;nerg&#233;tique turkm&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir retrac&#233; l'historique du projet et en avoir pr&#233;sent&#233; les grandes lignes, il convient d'examiner les arguments d'ordre &#233;conomique et strat&#233;gique qui permettent de comprendre les motivations des diff&#233;rents promoteurs du corridor &#233;nerg&#233;tique afghan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le TAPI poss&#232;de tout d'abord une rationalit&#233; &#233;conomique indiscutable, qui suffirait &#224; justifier sa construction dans un monde id&#233;alement apolitique. Le corridor afghan constitue la route la plus courte vers l'un des march&#233;s les plus dynamiques de la plan&#232;te. La consommation indienne de gaz naturel est appel&#233;e &#224; conna&#238;tre une croissance tr&#232;s importante pour atteindre 125 bcm par an &#224; l'horizon 2025 (contre 49 bcm/an en 2007). A cela s'ajoute la demande afghane et surtout pakistanaise, ainsi que les possibilit&#233;s, si ces trois march&#233;s ne suffisaient pas &#224; absorber la production turkm&#232;ne, d'exporter les volumes restant sous forme de gaz naturel liqu&#233;fi&#233; (LNG) via le port pakistanais de Gwadar. Une partie des productions gazi&#232;res et p&#233;troli&#232;res du Kazakhstan pourrait &#224; terme emprunter le m&#234;me itin&#233;raire. Le faible nombre de pays travers&#233;s r&#233;duit les frais de transit et rend ce gaz plus comp&#233;titif que s'il atteignait le consommateur final par le corridor Est-Ouest que cherche timidement &#224; mettre en place l'Union Europ&#233;enne. Le TAPI n'implique que quatre pays tandis qu'un hypoth&#233;tique gazoduc transcaspien rejoignant le South Caucasus Pipeline puis Nabucco pour atteindre enfin l'Autriche n&#233;cessiterait de traverser au moins huit pays, et de construire un tuyau sous la mer Caspienne. Ceci est aussi compliqu&#233; techniquement qu'impossible juridiquement, tant que la question du statut de la mer ne fera pas l'objet d'un consensus entre les cinq Etats riverains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#233;rents promoteurs du corridor afghan poss&#232;dent ensuite chacun leur propre agenda strat&#233;gique, qui explique leur soutien au projet :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Afghanistan et Banque Asiatique de D&#233;veloppement (ABD)&lt;/i&gt; : Le soutien de l'ABD refl&#232;te la volont&#233; des Etats d'Asie, et au premier rang de la Chine, d'encourager tout projet contribuant &#224; la s&#233;curit&#233; de la r&#233;gion, dont la stabilisation de l'Afghanistan est l'une des cl&#233;s. La concr&#233;tisation de projets tels que le gazoduc transafghan (TAPI) est en effet cens&#233;e avoir toute une s&#233;rie de retomb&#233;es positives &#224; l'&#233;chelle locale et nationale : revenus du transit, cr&#233;ation d'emplois, diminution de la facture &#233;nerg&#233;tique, modernisation de l'appareil industriel&#8230; Tous ces bienfaits n&#233;cessitent cependant la pr&#233;sence d'un gouvernement central solide, transparent, et dont l'autorit&#233; est reconnue sur l'ensemble du territoire, ce qui n'est pas le cas pour l'instant. Pour le gouvernement Karzai, mener &#224; bien un tel chantier est l'occasion d'asseoir sa l&#233;gitimit&#233; tant sur le plan national que vis-&#224;-vis des partenaires et bailleurs de fonds internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Etats-Unis : &lt;/i&gt;Pour les Etats Unis, qui ne semblent pas concern&#233;s au premier chef par la s&#233;curit&#233; &#233;nerg&#233;tique en Asie du Sud, le gazoduc TAPI est un projet strat&#233;gique parce que l'Afghanistan est d&#233;sormais leur principale priorit&#233; affich&#233;e, mais &#233;galement parce qu'il contribue &#224; saper l'influence de la Russie et &#224; contenir celle de l'Iran dans la r&#233;gion. L'ouverture d'une route Sud pour l'exportation du gaz turkm&#232;ne constituerait un revers notable pour Moscou, dont la strat&#233;gie de conqu&#234;te des march&#233;s gaziers europ&#233;ens, qui se double d'un regain d'ambition en mati&#232;re de politique &#233;trang&#232;re, repose en grande partie sur l'achat &#224; bon march&#233; d'une grande partie de la production gazi&#232;re centrasiatique. Le tarissement de cette manne mettrait la Russie dans une position d&#233;licate, en l'obligeant &#224; effectuer les investissements co&#251;teux qui sont n&#233;cessaires pour renforcer ses capacit&#233;s de production, et &#224; puiser dans ses propres r&#233;serves pour fournir ses clients tout en satisfaisant une demande int&#233;rieure gonfl&#233;e par une utilisation irrationnelle du gaz et une accoutumance de la population &#224; des tarifs subventionn&#233;s. D'autre part, le pipeline transafghan (TAPI) a aussi l'avantage, du point de vue de Washington, de compromettre la r&#233;alisation du gazoduc IPI (Iran-Pakistan-Inde) promu par T&#233;h&#233;ran. Pour un co&#251;t comparable &#224; celui du TAPI (7.4 Md$), l'IPI pr&#233;voit de relier Assuliyeh, pr&#232;s du gisement de South Pars, &#224; la ville de Barmer, dans l'Etat indien du Rajasthan (soit 2 775 km). Il pourrait acheminer, &#224; terme, jusqu'&#224; 55 bcm/an vers les march&#233;s indien et pakistanais, et serait op&#233;rationnel vers 2015 si les travaux commencent, comme annonc&#233;, en 2010. Ce projet para&#238;t plus r&#233;alisable &#224; court terme que son concurrent, parce qu'il contourne l'instabilit&#233; afghane, et serait aliment&#233; par des gisements dont le d&#233;veloppement est plus avanc&#233; que ceux du Turkm&#233;nistan. N&#233;anmoins, l'administration am&#233;ricaine reste aujourd'hui hostile &#224; toute d&#233;marche contribuant &#224; diminuer l'isolement dans lequel elle cherche &#224; maintenir l'Iran, et exerce une forte pression sur ses alli&#233;s dans ce sens. Ceci hypoth&#232;que pour l'instant s&#233;rieusement les chances du gazoduc iranien de voir le jour. Car Washington entretient une relation &#233;troite et ancienne avec le Pakistan, et s'est, au cours de ces derni&#232;res ann&#233;es, rapproch&#233; de l'Inde, &#224; travers notamment une coop&#233;ration renforc&#233;e dans le secteur de l'&#233;nergie atomique. Islamabad comme New Dehli doit donc tenir compte de toutes les retomb&#233;es possibles qu'aurait un soutien au projet iranien (IPI) au d&#233;triment du TAPI soutenu par les Am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Inde et Pakistan : &lt;/i&gt;Sans fermer la porte &#224; l'Iran, l'Inde semble d&#233;cid&#233;e &#224; d&#233;velopper sa pr&#233;sence en Asie Centrale. En plus de l'accord pass&#233; avec le Turkm&#233;nistan que l'on a cit&#233; plus haut, il faut signaler des tentatives de rapprochement comparables avec le Kazakhstan, ainsi que la d&#233;cision d'ouvrir la premi&#232;re base militaire indienne, situ&#233;e hors des fronti&#232;res du pays &#224; Ayni, au Tadjikistan. En plus d'une volont&#233; de diversification des approvisionnements &#233;nerg&#233;tiques, ces choix refl&#232;tent le souci des autorit&#233;s indiennes de ne pas se laisser encercler ni distancier par la Chine, qui a men&#233; une politique centrasiatique particuli&#232;rement active au cours des cinq derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pakistan cherche quant &#224; lui &#224; promouvoir son r&#244;le de corridor &#233;conomique r&#233;gional &#224; travers le projet TEC (Trade and Energy Corridor), qui repose sur un ambitieux plan de d&#233;veloppement et de modernisation de ses infrastructures de transport (port en eau profonde de Gwadar, r&#233;novation de la Karakorum Highway,&#8230;). Le TAPI s'inscrit dans la m&#234;me logique. De plus, ce pipeline, parfois surnomm&#233; &#034;gazoduc de la paix&#034; pourrait constituer un vecteur de rapprochement entre ces deux pays aux relations particuli&#232;rement tendues en les associant autour d'un projet commun et en instaurant une forme d'interd&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique (le Pakistan, qui importe d&#233;j&#224; de l'&#233;lectricit&#233; d'Inde aurait en quelques sortes la main sur le robinet de gaz &#224; destination de son grand voisin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Turkm&#233;nistan :&lt;/i&gt; Pour le Turkm&#233;nistan, la r&#233;alisation du gazoduc transafghan (TAPI) viendrait confirmer son &#233;mancipation vis-&#224;-vis de la Russie, que lui offre d&#233;j&#224; la construction d'un pipeline &#224; destination de la Chine, qui doit entrer en service en 2010, et, dans une moindre mesure, par un autre gazoduc de moindre capacit&#233; qui le relie &#224; l'Iran depuis 1997. Pour autant, il serait excessif de voir dans cette diversification une rupture avec le &#034;grand fr&#232;re&#034; russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Turkm&#233;nistan, qui semble s'inspirer en cela de la politique &#233;trang&#232;re dite &#034;multivectorielle&#034; d&#233;velopp&#233;e par le Kazakhstan depuis l'ind&#233;pendance, cherche &#224; maintenir des relations harmonieuses avec toutes les puissances r&#233;gionales de mani&#232;re &#224; maximiser les revenus de la rente gazi&#232;re, sans rentrer en conflit avec aucun acteur. On observe aussi dans les choix de politique &#233;trang&#232;re du nouveau pr&#233;sident turkm&#232;ne une volont&#233; de se d&#233;marquer de l'attitude de son pr&#233;d&#233;cesseur, qui pr&#244;nait une non-ing&#233;rence absolue dans les diff&#233;rents dossiers r&#233;gionaux et a &#233;t&#233; fortement soup&#231;onn&#233; de jouer un r&#244;le lucratif dans le transit de l'opium afghan vers la Russie. Ashg&#226;b&#226;d semble aujourd'hui d&#233;cid&#233; &#224; tenir une place plus active dans les affaires r&#233;gionales, comme en t&#233;moigne l'autorisation donn&#233;e lors du sommet de l'OTAN &#224; Prague en avril dernier, de faire transiter sur son territoire du mat&#233;riel destin&#233; aux forces de la coalition en Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concevable &#224; long terme, la r&#233;alisation du corridor &#233;nerg&#233;tique afghan para&#238;t une fois de plus compromise &#224; court comme &#224; moyen terme. Les attentats qui ont frapp&#233; la ville de Bombay au d&#233;but du mois de d&#233;cembre et la crise diplomatique qui s'en est suivie entre New Delhi et Islamabad ont pour le moins refroidi les relations, d&#233;j&#224; compliqu&#233;es, entre les deux capitales. La perspective d'une coop&#233;ration sur un projet &#233;nerg&#233;tique en est ainsi repouss&#233;e, et ce, m&#234;me si les n&#233;gociations autour du gazoduc TAPI (Turkm&#233;nistan-Afghanistan-Pakistan-Inde), comme d'ailleurs de l'IPI (Iran-Pakistan-Inde), se poursuivent dans un cadre multilat&#233;ral. L'ann&#233;e 2009 est par ailleurs politiquement charg&#233;e pour l'Afghanistan puisqu'elle verra une &#233;lection pr&#233;sidentielle au printemps, et l'entr&#233;e en fonction d'un nouveau pr&#233;sident am&#233;ricain soucieux de concentrer ses efforts sur le dossier afghan. Des &#233;volutions positives pour l'avenir de l'Afghanistan pourraient voir le jour dans cette p&#233;riode, en particulier si l'administration am&#233;ricaine entreprend, comme certains signes le sugg&#232;rent, de red&#233;finir sa politique vis-&#224;-vis de l'Iran. Mais les conditions de stabilit&#233; n&#233;cessaires pour le lancement de grands travaux d'infrastructures sont encore loin d'&#234;tre r&#233;unies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la crise &#233;conomique globale, qui touche m&#234;me les &#233;conomies les plus dynamiques du continent asiatique, complique la r&#233;alisation d'un projet tel que le gazoduc transfaghan &#224; plusieurs niveaux : d'une part, elle conduit &#224; r&#233;viser &#224; la baisse les sc&#233;narii d'&#233;volution de la consommation mondiale d'&#233;nergie, ainsi que les prix du gaz naturel, ce qui diminue la rentabilit&#233; et donc l'attractivit&#233; du projet. D'autre part, il devient plus difficile de r&#233;unir les financements n&#233;cessaires dans la mesure o&#249; les Etats donnent la priorit&#233; au r&#232;glement de leurs difficult&#233;s &#233;conomiques imm&#233;diates, au d&#233;triment de projets tels que le TAPI dont les dividendes ne leur reviendront pas avant une dizaine d'ann&#233;es. Il ne faut donc pas se tromper de sens en faisant du d&#233;veloppement du corridor &#233;nerg&#233;tique afghan un instrument de stabilisation du pays, mais plut&#244;t y voir l'une des cartes que pourra jouer Kabul sur la sc&#232;ne r&#233;gionale, une fois le principal d&#233;fi de la viabilit&#233; de l'Etat afghan lui-m&#234;me r&#233;gl&#233;. C'est sur cette question-l&#224; qu'une &#233;ventuelle coop&#233;ration entre les voisins de l'Afghanistan et les puissances r&#233;gionales doit d'abord porter.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1746 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH350/892-2-a802b.jpg?1686647909' width='500' height='350' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Source : Philippe Rekacewicz - Le Monde Diplomatique
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;dl class='spip_document_1749 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH392/892-3-4cfa6.jpg?1686647909' width='500' height='392' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;dl class='spip_document_1750 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH299/892-4-90f66.jpg?1686647909' width='500' height='299' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;table class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;- Levine S., The Oil and The Glory : &lt;i&gt;The Pursuit of Empire and Fortune on The Caspian Sea&lt;/i&gt;, New York, Random House, 2007, 472p.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;- Starr F., &lt;i&gt;The New Silk Roads : Transport and Trad in Greater Central Asia&lt;/i&gt;, Central Asia-Caucasus Institute &amp; Silk Road Studies Program, 2007, 510 p. (&lt;a href=&#034;http://www.silkroadstudies.org/new/inside/publications/GCA.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.silkroadstudies.org/new/inside/publications/GCA.html&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;- Vatansever A., &#034;Prospects for Building the Trans-Afghan Pipeline and its Implications&#034;, Pacific Northwest National Laboratory, Richland, Washington, 2004, 22 p. &lt;br class='autobr' /&gt;
(disponible sur &lt;a href=&#034;http://www.pnl.gov/aisu/pubs/index.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.pnl.gov/aisu/pubs/index.htm&lt;/a&gt;) &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;-Blank S., &#034;Will Turkmen gas go south as well as west ? &#034;, Eurasia Daily Monitor Vol : 5-83, 01.06.08. &lt;br class='autobr' /&gt;
(&lt;a href=&#034;http://www.jamestown.org/single/?no_cache=1&amp;tx_ttnews&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.jamestown.org/single/?no_cache=1&amp;tx_ttnews&lt;/a&gt;[tt_news]=33598)&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;- Balakrishnan B., &#034;IPI, a pipeline of risks&#034;, &lt;i&gt;The Hindu Business Line&lt;/i&gt;, 12.10.08.(&lt;a href=&#034;http://www.thehindubusinessline.com/2008/12/10/stories/2008121050010800.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.thehindubusinessline.com/2008/12/10/stories/.htm&lt;/a&gt;) &lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La guerre et l'opium, l'essor d'une &#233;conomie parall&#232;le face aux enjeux du d&#233;veloppement de l'Afghanistan</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article891</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article891</guid>
		<dc:date>2009-02-01T08:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Chlo&#233; Lampion</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'Afghanistan repr&#233;sente pour les observateurs internationaux un laboratoire permettant de comprendre et d'anticiper la gestion collective des crises, ainsi que de faire &#233;voluer le concept d'op&#233;ration civilo-militaire. Les objectifs de s&#233;curisation et de reconstruction ont succ&#233;d&#233; aux op&#233;rations strictement militaires et doivent contribuer &#224; moyen terme &#224; pacifier la r&#233;gion. &lt;br class='autobr' /&gt;
Or, depuis 2001, la strat&#233;gie am&#233;ricaine en Afghanistan consid&#232;re l'&#233;radication de la culture du pavot et de son trafic comme le (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique122" rel="directory"&gt;N&#176; 39, f&#233;vrier 2009&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton891-6e4c8.jpg?1686647909' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Afghanistan repr&#233;sente pour les observateurs internationaux un laboratoire permettant de comprendre et d'anticiper la gestion collective des crises, ainsi que de faire &#233;voluer le concept d'op&#233;ration civilo-militaire. Les objectifs de s&#233;curisation et de reconstruction ont succ&#233;d&#233; aux op&#233;rations strictement militaires et doivent contribuer &#224; moyen terme &#224; pacifier la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, depuis 2001, la strat&#233;gie am&#233;ricaine en Afghanistan consid&#232;re l'&#233;radication de la culture du pavot et de son trafic comme le pr&#233;alable indispensable &#224; la lutte contre le terrorisme (soit les activit&#233;s des &lt;i&gt;taliban&lt;/i&gt; et de Al-Qaeda) et &#224; la p&#233;rennit&#233; des processus de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux arguments soutiennent cette conception. En premier lieu, le trafic de stup&#233;fiants nuit au d&#233;veloppement de l'&#233;conomie afghane. Peu r&#233;mun&#233;rateur pour les paysans et entretenant un march&#233; parall&#232;le important, il fragilise les secteurs &#233;conomiques l&#233;gaux en finan&#231;ant les activit&#233;s des seigneurs de la guerre et en alimentant les pratiques de corruption. Le deuxi&#232;me argument repose sur la lutte plus globale contre les circuits de la drogue au regard des dangers qu'ils pr&#233;sentent pour nos soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1751 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH318/891-1-ed46f.jpg?1686647909' width='448' height='318' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Champ d'opium en Afghanistan&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte de pauvret&#233; importante et de d&#233;liquescence des institutions nationales, la culture du pavot repr&#233;sente n&#233;anmoins une ressource &#233;conomique essentielle qui constitue le tiers du PIB national. Si cette production comporte des risques cons&#233;quents pour la reconstruction afghane, une politique r&#233;pressive entra&#238;nant une diminution trop rapide des surfaces cultiv&#233;es, sans compensations, ni alternatives, remettrait en question la viabilit&#233; financi&#232;re de l'Etat afghan, ainsi que les conditions de survie d'une partie importante de sa population rurale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enjeux li&#233;s &#224; la production d'opium invitent ainsi &#224; une prudence dans la d&#233;finition des objectifs de court terme (notamment au travers de la recherche d'un &#233;quilibre entre interdiction, r&#233;pression et compensation) et incitent &#224; un investissement de long terme de la communaut&#233; internationale afin de r&#233;pondre aux causes profondes du recours &#224; l'ill&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la culture des opiac&#233;s est l'illustration de l'&#233;tablissement durable d'une &#233;conomie de guerre civile entretenue par le sous-d&#233;veloppement et la succession de crises politiques graves au cours de l'histoire r&#233;cente du pays.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une terre aust&#232;re en proie aux conflits&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La g&#233;ographie physique de l'Afghanistan dresse le portrait d'un espace tr&#232;s compartiment&#233; par un relief accident&#233; (l'altitude moyenne du pays est de 1300 m&#232;tres) et marqu&#233; par une forte diff&#233;rence entre la grande plaine du Nord et les montagnes et d&#233;serts du Sud. Les activit&#233;s agricoles et pastorales maintiennent dans une situation pr&#233;caire les trois quarts de la population (les indicateurs sociaux sont tr&#232;s bas comme l'atteste l'Indice de D&#233;veloppement Humain du PNUD qui en 2004 classait l'Afghanistan en 174e position sur 178).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1729; cette pauvret&#233; des populations et aux conditions difficiles qu'elles rencontrent, s'ajoute une histoire politique r&#233;cente tr&#232;s conflictuelle. Le pays est un carrefour entre le monde turco-iranien et le sous-continent indien. Pr&#233;sent&#233; comme une &#034;anti-nation&#034;, il abrite des populations tr&#232;s diverses dont les plus importantes sont les pachtounes, les tadjiks, les ouzbeks et les hazaras. L'intervention de grandes puissances &#233;trang&#232;res depuis la fin des ann&#233;es 80 (invasion sovi&#233;tique en 1989, pr&#233;sence internationale depuis 2001) n'a pas permis de r&#233;duire l'influence acquise par les seigneurs de la guerre et leurs milices. De forts irr&#233;dentismes r&#233;gionaux perdurent et fragilisent toute tentative de consolidation du pouvoir central.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1752 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH391/891-2-dde73.jpg?1686647910' width='500' height='391' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Evolution des surfaces cultiv&#233;es de pavot en Afghanistan de 2005 &#224; 2007&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, la culture de l'opium s'est d&#233;velopp&#233;e au point de devenir une ressource &#233;conomique indispensable &#224; la fois pour le financement des diff&#233;rents groupes insurg&#233;s et pour les populations qui y puisent les moyens de leur survie. La question du sous-d&#233;veloppement et de l'amplitude des efforts de la communaut&#233; internationale en faveur de l'Afghanistan est donc d&#233;terminante en mati&#232;re de lutte contre la production d'opiac&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un monopole mondial de la production d'opiac&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Alors que la culture du pavot &#233;tait marginale dans les ann&#233;es 70 et concernait uniquement les paysans les plus pauvres des provinces du Sud, l'Afghanistan est aujourd'hui le premier (et presque l'unique) producteur d'opium au monde, puisqu'il produit 92% de la production mondiale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Chiffres issus de l'Afghanistan Opium Survey men&#233;e par l'UNODC en septembre (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Selon l'ONU, 90% de l'opium afghan est converti localement en h&#233;ro&#239;ne ou en morphine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture du pavot est particuli&#232;rement adapt&#233;e aux conditions climatiques afghanes puisqu'elle est peu exigeante en eau et adapt&#233;e au relief. Elle rapporte aux paysans neuf fois plus de revenus que la culture du bl&#233; et en 2006, 2,9 millions de personnes (soit 12% de la population) travaillaient &#224; sa production. Elle occupe 130 000 hectares, soit 2,9% des terres effectivement cultivables. Les surfaces de culture sont r&#233;duites, dispers&#233;es g&#233;ographiquement et emploient une forte main-d'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation de la production est principalement li&#233;e &#224; deux facteurs. Le premier est la forte pr&#233;carisation des populations rurales dont les modes de vie et de production ont &#233;t&#233; gravement perturb&#233;s par trente ann&#233;es de conflits (d&#233;placements importants de population, &#233;migrations subies, destruction des r&#233;seaux d'irrigation, de transports&#8230;). Les cultures traditionnelles et vivri&#232;res qui n&#233;cessitaient un syst&#232;me d'irrigation plus cons&#233;quent ont &#233;t&#233; d&#233;laiss&#233;es au profit de la culture du pavot dont les revenus permettent bien souvent aux paysans de survivre. Le deuxi&#232;me facteur repose sur la quasi-disparition de l'Etat et de ses capacit&#233;s de contr&#244;le des productions ill&#233;gales. Le renforcement des seigneurs de la guerre et leur emprise sur les activit&#233;s &#233;conomiques locales participent &#224; p&#233;renniser les trafics qui leurs permettent d'entretenir leurs milices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la demande mondiale de drogue est en augmentation et se traduit par un fort potentiel de croissance de la production d'opium et de ses d&#233;riv&#233;s. En parall&#232;le, les autres pays producteurs (la Tha&#239;lande, la Birmanie et le Laos au sein du Triangle d'or et le Pakistan et l'Iran dans le Croissant d'or) ont connu une forte d&#233;croissance, voire une disparition de leur production du fait de strat&#233;gies de r&#233;pression autoritaires et tr&#232;s efficaces. L'Afghanistan, au carrefour de nombreuses routes commerciales et disposant de la main d'&#339;uvre et des surfaces n&#233;cessaires, est ainsi devenu le principal fournisseur d'opiac&#233;s au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette situation, les forces internationales ont &#233;labor&#233; avec le gouvernement afghan des strat&#233;gies aux objectifs compl&#233;mentaires, mais dont l'application se trouve confront&#233;e &#224; un manque de coordination : il s'agit d'&#339;uvrer &#224; la s&#233;curisation et &#224; la reconstruction de l'Etat afghan gr&#226;ce au renforcement des institutions nationales, du d&#233;veloppement &#233;conomique et de la lutte contre les mouvements insurrectionnels. Les politiques de r&#233;pression de la culture du pavot interviennent &#224; la marge de cette conception globale et sont notamment le fait d'une volont&#233; am&#233;ricaine et britannique forte. N&#233;anmoins, les r&#233;sultats mitig&#233;s obtenus apr&#232;s huit ann&#233;es d'interdiction entra&#238;nent aujourd'hui une remise en question des m&#233;thodes employ&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le bilan mitig&#233; de la strat&#233;gie de r&#233;pression de la culture du pavot&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 17 janvier 2002, le gouvernement de Hamid Karza&#239; d&#233;clare que la culture du pavot, la vente et la consommation d'opium sont interdites sur le sol afghan. Les autorit&#233;s afghanes mettent alors en &#339;uvre la politique du National Drug Control Strategy (NDCS) qui, si elle rel&#232;ve de leur responsabilit&#233;, est appliqu&#233;e par un organisme sous contr&#244;le am&#233;ricain travaillant en liaison avec la police afghane, l'&lt;i&gt;Afghan Eradication Force &lt;/i&gt;(AEF).&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1753 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH285/891-3-b470c.jpg?1686647910' width='448' height='285' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Soldat am&#233;ricain, traversant un champ d'opium dans le Sud de l'Afghanistan&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre la production d'opium est ainsi fortement marqu&#233;e par la conception am&#233;ricaine de la guerre contre la drogue. D&#233;velopp&#233;e depuis les ann&#233;es 70 en direction de pays d'Am&#233;rique Latine comme la Colombie ou du Triangle d'or, elle repose sur l'&#233;radication rapide et agressive des cultures (notamment au travers de l'utilisation de l'&#233;pandage a&#233;rien de produits chimiques, auquel le gouvernement afghan s'est jusqu'&#224; pr&#233;sent oppos&#233;). L'objectif est principalement de r&#233;pondre au probl&#232;me de la consommation d'h&#233;ro&#239;ne aux Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette filiation id&#233;ologique est illustr&#233;e notamment par la nomination au poste d'ambassadeur en Afghanistan de William Wood, pr&#233;c&#233;demment ambassadeur en Colombie et en charge de superviser la lutte contre le narcotrafic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, les efforts engag&#233;s en faveur de la r&#233;duction de la culture du pavot n'ont pas port&#233; leurs fruits. Bien au contraire, la production d'opium a augment&#233; depuis 2001 pour atteindre en 2006 un record de 6100 tonnes (+60% entre 2005 et 2006) et une valeur de 2,8 milliards de dollars (soit 1/3 du PIB afghan).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La production a &#233;galement gagn&#233; des provinces traditionnellement &#233;pargn&#233;es par ces cultures. Il y a dix ans, elle se concentrait dans dix provinces majoritairement au Sud. La politique d'&#233;radication mise en &#339;uvre a pouss&#233; les trafiquants &#224; conqu&#233;rir de nouveaux territoires. Selon l'ONUDC, 28 provinces sur 34 seraient actuellement productrices. Ainsi, la province de Balkh au nord du pays, est devenue la troisi&#232;me province la plus productrice du pays &#224; la suite de l'Uruzgan et du Helmond au Sud (cette derni&#232;re province concentre &#224; elle seule le tiers de la production mondiale selon l'ONUDC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation peut s'analyser au regard de la multiplication des acteurs engag&#233;s dans la lutte contre la culture du pavot. L'OTAN participe ainsi indirectement &#224; cette politique. Les forces britanniques en difficult&#233; dans leurs op&#233;rations d'&#233;radication peuvent en effet faire appel aux troupes de la FIAS (Force Internationale d'Assistance &#224; la S&#233;curit&#233;) engag&#233;es dans la lutte contre-insurrectionnelle. De la m&#234;me fa&#231;on, les troupes de la FIAS en op&#233;ration dans les r&#233;gions productrices peuvent intervenir, y compris dans le cadre des Provincial Reconstruction Team (PRT), dont le mandat ne comporte pas de volet d&#233;di&#233; &#224; la r&#233;pression de la culture des opiac&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette implication de forces internationales distinctes, parfois au-del&#224; des missions inscrites dans leur mandat, pose la question de la coh&#233;rence et de la visibilit&#233; de l'action internationale.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1754 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH344/891-4-5fdb5.jpg?1686647910' width='500' height='344' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;R&#233;partition des troupes et &#233;quipes de reconstruction locales de la Force Internationale d'Assistance et de S&#233;curit&#233; (FIAS) sous l'&#233;gide de l'OTAN (ISAF en anglais)&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;dl class='spip_document_1755 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH591/891-5-42923.jpg?1686647910' width='500' height='591' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;R&#233;partition des troupes et &#233;quipes de reconstruction locales de la Force Internationale d'Assistance et de S&#233;curit&#233; (FIAS) sous l'&#233;gide de l'OTAN (ISAF en anglais)&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;De plus, ce sont les forces am&#233;ricaines et britanniques, soutenues par les mercenaires de Dyncorp, qui d&#233;truisent les plantations. Le risque de perdre la guerre de l'image face aux &lt;i&gt;taliban&lt;/i&gt; aupr&#232;s des populations rurales est important et se manifeste d&#233;j&#224; dans certaines provinces o&#249; les insurg&#233;s ont su apporter une aide pragmatique aux agriculteurs (sous la forme d'une protection arm&#233;e et d'une assistance &#233;conomique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, ceux-ci ont su tirer les le&#231;ons des cons&#233;quences de l'interdiction lanc&#233;e en 2000 par le Mollah Omar &#224; l'encontre de la culture du pavot. En moins d'un an, 95% de la production est d&#233;truite, mais le caract&#232;re autoritaire des op&#233;rations men&#233;es entra&#238;ne une perte importante de popularit&#233; des &lt;i&gt;taliban&lt;/i&gt; aupr&#232;s des populations rurales auxquelles aucune solution de substitution suffisante n'est propos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, s'il n'existe pas de connections directes et syst&#233;matiques entre les &lt;i&gt;taliban&lt;/i&gt; et la culture du pavot, des ententes et des soutiens existent localement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ces r&#233;sultats d&#233;cevants, la NDCS est red&#233;finie en 2006 et d&#233;cline huit objectifs compl&#233;mentaires devant permettre &#224; moyen terme de contrer la production d'opiac&#233;s. Ces objectifs visent &#224; sensibiliser la population, accentuer la coop&#233;ration internationale et r&#233;gionale, proposer des programmes de d&#233;veloppement &#233;conomique alternatifs, r&#233;duire la demande, renforcer la police anti-drogue, rendre op&#233;rationnelle la justice p&#233;nale, consolider les institutions afghanes et maintenir les objectifs d'&#233;radication. N&#233;anmoins, les financements n&#233;cessaires &#224; la conduite de front de l'ensemble de ces objectifs font d&#233;faut et le pilier de la politique de lutte contre la production d'opium reste les politiques de r&#233;pression et d'&#233;radication.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les orientations strat&#233;giques aujourd'hui &#224; l'&#233;tude pour r&#233;pondre au bilan mitig&#233; des politiques de r&#233;pression&lt;/h3&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La tentation de la l&#233;galisation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Certains groupes de pression (&#224; l'exemple de Stop the Drug War) et certains Think Thank (tels que le Conseil de Senlis) ont avanc&#233; des arguments en faveur de la l&#233;galisation de la production d'opium. Cette proposition vise &#224; pr&#233;server l'un des seuls circuits &#233;conomiques fonctionnant correctement dans le pays afin de r&#233;pondre aux besoins en cod&#233;ine et en morphine dans le monde. La Turquie est cit&#233;e comme exemple pour sa transition r&#233;ussie de la culture ill&#233;gale vers une exploitation &#224; vis&#233;e pharmaceutique soutenue par l'ONU et les Etats-Unis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Ces derniers appliquent la loi des &#034;80-20&#034; qui rend obligatoire (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, les besoins mondiaux en opiac&#233;s sont faibles car, selon l'OMC, les l&#233;gislations internes encadrent fortement leur usage. La l&#233;galisation pourrait alors conduire &#224; une offre surabondante qui ferait chuter la valeur de cette production. Enfin, il serait difficilement justifiable que l'Afghanistan b&#233;n&#233;ficie seul de cette mesure, tandis que son application aux autres pays producteurs (Triangle d'or et Colombie) conduirait &#224; une situation &#233;conomique non viable dans un contexte de faible demande. La proposition de l&#233;galisation est donc observ&#233;e avec prudence par les observateurs internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La promotion d'une politique centr&#233;e sur le d&#233;veloppement &#233;conomique du pays et proposant des alternatives l&#233;gales aux agriculteurs afghans&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La culture du pavot n'est pas une solution de long terme pour les populations rurales car elle constitue avant tout une &#233;conomie de subsistance qui ne rapporte v&#233;ritablement qu'aux trafiquants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cision am&#233;ricaine de lier le versement d'indemnit&#233;s &#224; la destruction pr&#233;alable des cultures a priv&#233; d'effet l'incitation escompt&#233;e, d'autant que la forte corruption qui s&#233;vit dans les administrations afghanes rend hypoth&#233;tique le versement des compensations financi&#232;res &#224; leurs b&#233;n&#233;ficiaires. Selon les recommandations du Programme des Nations Unies pour le contr&#244;le interne des drogues, les aides doivent parvenir aux populations en amont du changement des cultures afin de l'encourager et d'assurer sa viabilit&#233; sur le moyen terme.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1756 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L313xH404/891-6-abb64.jpg?1686647910' width='313' height='404' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Les cultures l&#233;gales doivent &#233;galement devenir plus comp&#233;titives face &#224; la culture du pavot, notamment gr&#226;ce &#224; des mesures d'accompagnement telles que l'approvisionnement en graines, le d&#233;veloppement des syst&#232;mes d'irrigation et de transports, voire la subvention des cultures afghanes par la communaut&#233; internationale comme le coton, les fruits ou l'arachide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le, les missions des acteurs internationaux doivent &#234;tre pr&#233;cis&#233;es. L'objectif de s&#233;curisation et de reconstruction appara&#238;t un pr&#233;alable indispensable &#224; la constitution de structures &#233;tatiques capables d'impulser une politique agricole se substituant aux actuels r&#233;seaux ill&#233;gaux. De m&#234;me, la consolidation de l'Etat afghan pourra renforcer le dialogue r&#233;gional n&#233;cessaire pour lutter contre les flux de marchandises transfrontaliers ill&#233;gaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les enjeux li&#233;s &#224; la production de l'opium questionnent la capacit&#233; de la communaut&#233; internationale &#224; s'investir durablement aux c&#244;t&#233;s du gouvernement et de la population afghane. Contrairement &#224; l'id&#233;e r&#233;pandue selon laquelle la culture du pavot alimenterait le conflit actuel, celle-ci s'est impos&#233;e aux populations rurales les plus d&#233;munies face &#224; la forte instabilit&#233; politique et &#233;conomique du pays. Il s'agit ainsi de mettre en &#339;uvre une strat&#233;gie de long terme permettant de lutter contre les seigneurs de la guerre qui profitent aujourd'hui de cette situation, tout en all&#233;geant les pressions reposant sur les agriculteurs et en leur donnant les moyens de choisir des cultures l&#233;gales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Chiffres issus de l'&lt;i&gt;Afghanistan Opium Survey&lt;/i&gt; men&#233;e par l'UNODC en septembre 2006&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces derniers appliquent la loi des &#034;80-20&#034; qui rend obligatoire l'achat &#224; l'Inde et &#224; la Turquie par les Etats-Unis de 80% de leur opium &#224; usage pharmaceutique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'aide humanitaire en Afghanistan</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article890</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article890</guid>
		<dc:date>2009-02-01T07:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mireille Ferreira</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Depuis l'invasion sovi&#233;tique de l'Afghanistan en 1979, les ONG (organisations non gouvernementales) sont fort nombreuses sur ce territoire. Elles jouent un r&#244;le primordial dans l'assistance &#224; la population, en zone rurale comme dans les villes, &#224; travers tout le pays. Jusqu'en 2001, beaucoup sont intervenues aupr&#232;s des Afghans r&#233;fugi&#233;s au Pakistan et en Iran. Cette pr&#233;sence s'explique par le fait que ce pays a connu, et conna&#238;t encore, des &#233;v&#233;nements aux cons&#233;quences dramatiques pour sa population : (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique122" rel="directory"&gt;N&#176; 39, f&#233;vrier 2009&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton890-46a5b.jpg?1686647910' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis l'invasion sovi&#233;tique de l'Afghanistan en 1979, les ONG (organisations non gouvernementales) sont fort nombreuses sur ce territoire. Elles jouent un r&#244;le primordial dans l'assistance &#224; la population, en zone rurale comme dans les villes, &#224; travers tout le pays. Jusqu'en 2001, beaucoup sont intervenues aupr&#232;s des Afghans r&#233;fugi&#233;s au Pakistan et en Iran. Cette pr&#233;sence s'explique par le fait que ce pays a connu, et conna&#238;t encore, des &#233;v&#233;nements aux cons&#233;quences dramatiques pour sa population : guerre contre les Sovi&#233;tiques, guerre civile, r&#233;gime rigoureux des Talibans, intervention de forces &#233;trang&#232;res s'accompagnant de combats et d'attentats meurtriers. La d&#233;sorganisation qui a r&#233;sult&#233; de ces longues ann&#233;es d'affrontements et d'instabilit&#233; a suscit&#233; d'&#233;normes besoins dans le domaine de la sant&#233;, de l'&#233;ducation et des biens mat&#233;riels de la population afghane.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1709 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH334/890-1-b0cd7.jpg?1686647910' width='448' height='334' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Photos : Odile Oberlin
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Odile et Philippe Oberlin, m&#233;decins en r&#233;gion parisienne, participent depuis plusieurs ann&#233;es aux activit&#233;s de deux associations humanitaires en Afghanistan. A ce titre, ils connaissent bien ce pays et ont accept&#233; de faire, pour nos lecteurs, un bilan de l'aide apport&#233;e par les ONG &#224; la population afghane.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir, dans ce num&#233;ro de la Revue de T&#233;h&#233;ran, l'article intitul&#233; &#171; Deux m&#233;decins (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Nous les remercions de nous avoir consacr&#233; un peu de leur temps pour cet &#233;clairage essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des ONG occidentales mais aussi afghanes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En Afghanistan, les activit&#233;s des ONG concernent entre autres le domaine de la sant&#233;, mais elles interviennent &#233;galement dans l'&#233;ducation, la culture, le d&#233;veloppement agricole, l'adduction et l'assainissement d'eau, les travaux publics, pour la construction de routes et de ponts notamment, et l'artisanat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles peuvent &#234;tre class&#233;es en trois grandes cat&#233;gories :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Les ONG n&#233;es pour l'Afghanistan et qui y restent centr&#233;es,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Les ONG cr&#233;&#233;es pour l'Afghanistan et qui se d&#233;veloppent dans d'autres pays&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Les ONG internationales qui organisent des missions sur l'Afghanistan&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la premi&#232;re cat&#233;gorie, on trouve plusieurs petites associations qui m&#232;nent des missions d'enseignement et d'&#233;ducation. Parmi elles, on peut citer : AFRANE (cr&#233;&#233;e par un groupe de Fran&#231;ais qui avaient enseign&#233; en Afghanistan), &lt;i&gt;Afghanistan Libre&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Afghanistan Demain&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Solidarit&#233; Afghanistan Belgique&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;The&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Swedish Committee for Afghanistan, Ashi&#226;na&lt;/i&gt;. Cette liste est loin, bien &#233;videmment, d'&#234;tre exhaustive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;span class='spip_document_1710 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L334xH448/890-2-3516a.jpg?1686647910' width='334' height='448' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Afghanistan Demain&lt;/i&gt; est une association afghane, cr&#233;&#233;e en 2001 par Ehs&#226;n Mehr&#226;ngais. Elle est soutenue par l'Unesco, la Commission europ&#233;enne et la France. Elle doit l'origine de ses activit&#233;s &#224; un dominicain, le p&#232;re Serge de Beaurecueil, venu en Afghanistan faire des &#233;tudes sur les mystiques musulmans, &#224; Herat puis &#224; Kaboul et, se rendant compte de la difficult&#233; de vie des enfants handicap&#233;s, &#233;leva chez lui &#224; partir de 1965 une vingtaine de ces enfants. Quand le p&#232;re de Beaurecueil fut expuls&#233; par les Russes, Ehs&#226;n Mehr&#226;ngais, qui avait lui-m&#234;me fait partie de ces enfants, poursuivit sa t&#226;che. Il accueille &#224; son tour des enfants des rues, dans six centres de vie, dont l'un est r&#233;serv&#233; aux filles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'association &lt;i&gt;Ashi&#226;na&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;nid&lt;/i&gt; en langue dari), a &#233;t&#233; fond&#233;e par l'Ing&#233;nieur Mohammad Youssef. Elle est soutenue par Rez&#226;, photographe iranien bien connu en Occident, et par l'association &lt;i&gt;Terre des Hommes&lt;/i&gt;. Elle a ouvert des centres de jour situ&#233;s dans Kaboul et sa banlieue, destin&#233;s &#224; 2500 enfants des rues scolaris&#233;s &#224; mi-temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'association fran&#231;aise&lt;i&gt; Medical Refresher Courses for Afghans&lt;/i&gt;, s'est donn&#233; pour mission d'organiser des cours de recyclage m&#233;dicaux pour les Afghans. Elle a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en 1980 dans les camps de Peshawar. Ces camps, aujourd'hui ferm&#233;s, &#233;taient situ&#233;s au Pakistan, pr&#232;s de la fronti&#232;re afghane et ont accueilli jusqu'&#224; trois millions de r&#233;fugi&#233;s afghans, au moment de la guerre sovi&#233;to-afghane et de la guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la seconde cat&#233;gorie, on peut citer deux grandes ONG internationales :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;i&gt;Aide M&#233;dicale Internationale &lt;/i&gt;qui a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en Afghanistan mais qui travaille &#224; pr&#233;sent dans de nombreux pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;i&gt;HumaniTerra,&lt;/i&gt; ONG fran&#231;aise qui s'occupe du centre de br&#251;l&#233;s d'Herat, et intervient &#233;galement dans d'autres pays que l'Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la troisi&#232;me cat&#233;gorie, des ONG fran&#231;aises bien connues dans leur pays d'origine, s'illustrent en Afghanistan comme dans le monde entier. On peut citer, par exemple :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- M&lt;i&gt;&#233;decins sans Fronti&#232;res&lt;/i&gt;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;i&gt;M&#233;decins du Monde&lt;/i&gt;, qui r&#233;alise &#224; Kaboul des actions d'aide aux toxicomanes,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;i&gt;Action contre la Faim&lt;/i&gt;, qui fait de l'&#233;ducation &#224; la nutrition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De grandes organisations internationales ou para-publiques sont aussi pr&#233;sentes en Afghanistan. C'est le cas d'&lt;i&gt;US AID&lt;/i&gt;, de l'&lt;i&gt;Organisation Mondiale de la Sant&#233;&lt;/i&gt;, du &lt;i&gt;Comit&#233; international de la Croix Rouge&lt;/i&gt;, de l'association &lt;i&gt;Save the Children&lt;/i&gt;, du &lt;i&gt;Haut commissariat aux r&#233;fugi&#233;s&lt;/i&gt;, de l'&lt;i&gt;UNICEF&lt;/i&gt;, branche des Nations Unies qui intervient en faveur des enfants du monde.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les ONG dans les al&#233;as de l'histoire afghane&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1711 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH334/890-3-2525d.jpg?1686647910' width='448' height='334' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1979-1988&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but de l'occupation sovi&#233;tique, les ONG fournirent de la nourriture, des abris et des m&#233;dicaments aux Afghans r&#233;fugi&#233;s dans les camps de Peshawar au Pakistan. Sur le sol afghan m&#234;me, elles introduirent clandestinement des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; pour la population des zones non contr&#244;l&#233;es par les Sovi&#233;tiques. &lt;i&gt;M&#233;decins sans Fronti&#232;res&lt;/i&gt; effectua &#224; cette &#233;poque des missions secr&#232;tes de distribution de m&#233;dicaments aux mouvements de la r&#233;sistance (Il faudra attendre le d&#233;part des troupes russes en 1989 pour que les ONG puissent travailler au grand jour en Afghanistan). Durant cette p&#233;riode, de nombreuses ONG alert&#232;rent l'opinion internationale sur la situation d&#233;sesp&#233;r&#233;e des Afghans, victimes de la guerre ou contraints &#224; se r&#233;fugier hors du pays. Les Afghans qui le pouvaient s'install&#232;rent aux USA ou en Europe, les couches sociales plus modestes partirent pour les camps du Pakistan. De nombreux chiites (les Hazara de l'Hazarajat, la r&#233;gion du centre) &#233;migr&#232;rent vers l'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1989-1995&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part des Sovi&#233;tiques, malgr&#233; un contexte politique et s&#233;curitaire instable, les ONG commenc&#232;rent &#224; organiser des activit&#233;s de d&#233;veloppement tout en maintenant l'assistance d'urgence. Le nombre d'ONG afghanes augmenta rapidement, des groupes de coordination apparurent pour optimiser l'organisation des activit&#233;s entre les diff&#233;rentes associations. Les organismes internationaux mirent en place des centres de formation, permettant &#224; des milliers de membres d'ONG afghanes d'acqu&#233;rir une r&#233;elle ma&#238;trise professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1996-2001&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le r&#233;gime taliban, la s&#233;curit&#233; s'am&#233;liora dans de nombreuses r&#233;gions du pays, en d&#233;pit des pressions politiques ; ce qui permit aux ONG de travailler directement dans les zones rurales les plus isol&#233;es. Elles poursuivirent leur coordination avec les Nations Unies et les diff&#233;rents bailleurs de fond pour d&#233;finir des priorit&#233;s dans les actions d'assistance. Des r&#232;gles d'enseignement &#224; l'intention des enfants furent fix&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1996, des ONG disparurent, d'autres les remplac&#232;rent. Ce fut le cas de &lt;i&gt;M&#232;res Pour la paix&lt;/i&gt;, organisation fran&#231;aise qui s'emploie &#224; apporter une aide mat&#233;rielle d'urgence aux enfants et aux femmes, (cr&#233;ation d'une Maison pour les femmes aux environs de Kaboul, assistance aux accouchements, information de planning familial).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ONG durent composer avec les r&#232;gles rigoureuses impos&#233;es par le gouvernement taliban. Un exemple parmi d'autres, l'association &lt;i&gt;Medical refresher Courses for Afghans&lt;/i&gt; venait d'ouvrir une unit&#233; de chirurgie r&#233;paratrice dans un quartier de Kaboul quand le d&#233;cret taliban interdisant aux femmes de travailler et de se faire soigner par des hommes fut promulgu&#233;. Or, les patients accueillis dans cette unit&#233; &#233;taient en majorit&#233; des femmes et des enfants. Une n&#233;gociation dut &#234;tre engag&#233;e avec l'administration pour arriver &#224; un accord et aboutit &#224; la construction d'un mur entre l'unit&#233; de chirurgie des femmes et celle des hommes. Un garde arm&#233; post&#233; nuit et jour s'assura que la porte entre hommes et femmes restait close &#224; tout moment. L'association a pu ainsi continuer &#224; travailler pendant les six ans qu'a dur&#233; le pouvoir taliban, sans autres probl&#232;mes majeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La terrible s&#233;cheresse des ann&#233;es 1997 &#224; 2001 rendit n&#233;cessaire l'intervention d'urgence des ONG aupr&#232;s des populations rurales contraintes &#224; se regrouper dans des zones urbaines plus &#233;pargn&#233;es ou dans les camps de r&#233;fugi&#233;s d'Afghanistan, du Pakistan et de l'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Depuis 2001&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la suite des &#233;v&#233;nements du 11 septembre 2001 et de la chute du r&#233;gime taliban en d&#233;cembre de la m&#234;me ann&#233;e, les r&#233;fugi&#233;s afghans revinrent en grand nombre chez eux, ce qui provoqua un besoin urgent de nourriture et de logements. Le contexte de travail changea consid&#233;rablement pour les ONG qui virent s'exercer sur leurs activit&#233;s un plus grand contr&#244;le de la part du gouvernement de transition. Auparavant la d&#233;sorganisation totale des autorit&#233;s afghanes ne permettait aucune organisation ni planification des actions des ONG.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'en 2004, le gouvernement avait peu de contr&#244;le sur les programmes des ONG.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette &#233;poque, le gouvernement afghan, mis en place avec l'aide des puissances intervenantes, mit au point, dans le domaine de la sant&#233;, et uniquement dans ce domaine, un programme bien structur&#233;, appel&#233; &lt;i&gt;Basic Package for Health Service&lt;/i&gt; (Service des soins de base). Les ONG qui s'occupaient de soins primaires de sant&#233; durent s'y conformer sous peine d'&#234;tre emp&#234;ch&#233;es de travailler en Afghanistan. Certaines ONG refus&#232;rent ce syst&#232;me qu'elles consid&#233;r&#232;rent comme une ing&#233;rence dans leur politique mais la majorit&#233; d'entre elles, qui jug&#232;rent ce syst&#232;me de sant&#233; b&#233;n&#233;fique pour les populations, l'accept&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;span class='spip_document_1712 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH334/890-4-e79db.jpg?1686647910' width='448' height='334' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, l'absence totale de r&#232;gles qui pr&#233;valait jusque l&#224; permit d'am&#233;nager, &#231;&#224; et l&#224;, un espace de libert&#233; qui favorisa l'apparition de quelques bonnes initiatives. Le cas de l'association &lt;i&gt;A&#239;na&lt;/i&gt; en est un exemple. En 2001, Rez&#226;, le photographe iranien d&#233;j&#224; cit&#233;, fonde &#224; Kaboul cette ONG, engag&#233;e dans la formation de journalistes &#224; tous les m&#233;dias (image, texte et son) et dans la cr&#233;ation de magazines, radios et journaux ind&#233;pendants. Elle se d&#233;finit par son ambition &#224; permettre l'&#233;mergence d'une soci&#233;t&#233; civile par des actions dans le domaine de l'&#233;ducation (en priorit&#233; des femmes et des enfants), l'information et la communication. Elle favorise le d&#233;veloppement des m&#233;dias ind&#233;pendants et l'expression culturelle comme fondements de d&#233;mocratie. Des journalistes, qui ont par la suite fond&#233; leur propre entreprise de presse, ont &#233;t&#233; form&#233;s par &lt;i&gt;A&#239;na&lt;/i&gt;. La vitalit&#233; de cette ONG est &#233;tonnante. En octobre 2002, elle avait d&#233;j&#224; &#233;dit&#233; neuf journaux en neuf mois d'existence, &#224; raison d'une publication chaque mois, chacune &#233;tant destin&#233;e &#224; un public diff&#233;rent, femmes, enfants, etc. L'&#233;dition se faisait en anglais, en pachtoune, et en dari. Depuis, &lt;i&gt;A&#239;na&lt;/i&gt; a essaim&#233; vers l'Asie Centrale, le Sri Lanka, l'Afrique du sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, il semble qu'il y ait actuellement, de la part du gouvernement afghan, une volont&#233; d'assurer la ma&#238;trise de sa propre politique, contrairement &#224; ce qui se passait avec les r&#233;gimes politiques pr&#233;c&#233;dents, qui laissaient les ONG d&#233;cider de tout. Cette reprise en mains s'est manifest&#233;e par quelques discours virulents du ministre du plan fustigeant les ONG pour leur train de vie exub&#233;rant, les associant &#224; tort avec certains organismes para-publics internationaux, install&#233;s en Afghanistan avec des budgets tr&#232;s importants. Contrairement &#224; ces organismes, les ONG, dont la pr&#233;sence est quasi-permanente sur le terrain, sont contraintes de d&#233;ployer une grande &#233;nergie &#224; obtenir des financements, dont, au demeurant, la p&#233;rennit&#233; n'est jamais acquise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir politique de l'Afghanistan reste incertain mais, depuis 2002, des am&#233;liorations &#233;videntes dans le domaine de la sant&#233; sont constat&#233;es par les membres des ONG. Les femmes b&#233;n&#233;ficient d'un meilleur suivi de grossesse et d'accouchement, minimisant les risques de d&#233;c&#232;s en couche. Malgr&#233; la difficult&#233; &#224; obtenir des statistiques compl&#232;tes pour le v&#233;rifier, il semble que la mortalit&#233; infantile ait tendance &#224; diminuer. Les conditions d'&#233;ducation s'am&#233;liorent, de nombreuses &#233;coles ont &#233;t&#233; ouvertes, accueillant un plus grand nombre d'enfants, des filles en particulier. L'&#233;tat des routes a &#233;t&#233; am&#233;lior&#233; et de grands travaux de lignes &#233;lectriques &#224; haute tension ont &#233;t&#233; entrepris pour combler l'insuffisance des r&#233;seaux, malgr&#233; les ressources hydro&#233;lectriques &#233;normes du pays.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir, dans ce num&#233;ro de la Revue de T&#233;h&#233;ran, l'article intitul&#233; &#171; Deux m&#233;decins fran&#231;ais en Afghanistan &#187; d&#233;taillant leur r&#244;le au sein de ces associations.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Deux m&#233;decins fran&#231;ais en Afghanistan</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article889</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article889</guid>
		<dc:date>2009-02-01T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mireille Ferreira</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Afghanistan exerce depuis toujours une grande attraction aupr&#232;s des visiteurs occidentaux. Dans les ann&#233;es 1970, ces voyageurs, qui avaient sans doute dans leur sac quelques beaux textes sur le sujet, comme Les Cavaliers de Joseph Kessel qui ont forg&#233; l'image d'un Afghanistan mythique et pittoresque, sont venus visiter ce pays. Ceux qui le pouvaient sont revenus aider ce peuple qui les avait si bien accueillis. &lt;br class='autobr' /&gt;
Odile et Philippe Oberlin font partie de ces passionn&#233;s de l'Afghanistan. Quand ils (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique122" rel="directory"&gt;N&#176; 39, f&#233;vrier 2009&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton889-4c7ba.jpg?1686647910' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Afghanistan exerce depuis toujours une grande attraction aupr&#232;s des visiteurs occidentaux. Dans les ann&#233;es 1970, ces voyageurs, qui avaient sans doute dans leur sac quelques beaux textes sur le sujet, comme &lt;i&gt;Les Cavaliers&lt;/i&gt; de Joseph Kessel qui ont forg&#233; l'image d'un Afghanistan mythique et pittoresque, sont venus visiter ce pays. Ceux qui le pouvaient sont revenus aider ce peuple qui les avait si bien accueillis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Odile et Philippe Oberlin font partie de ces passionn&#233;s de l'Afghanistan. Quand ils ne sont pas sur le terrain aupr&#232;s des Afghans, Odile exerce la p&#233;diatrie au centre de canc&#233;rologie de Villejuif situ&#233; pr&#232;s de Paris&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='A ce titre, Odile Oberlin participe r&#233;guli&#232;rement &#224; des colloques organis&#233;s (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et Philippe, son &#233;poux, est responsable du p&#244;le de chirurgie &#224; l'h&#244;pital de Villeneuve Saint-Georges, en r&#233;gion parisienne. Voici un aper&#231;u de leurs activit&#233;s au sein de leur association respective.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Politique nutritionnelle en Afghanistan&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Odile a &#233;t&#233; m&#233;decin pour une ONG fran&#231;aise (CIDR), pendant dix-huit mois dans un dispensaire afghan entre 1973 et 1974, souhaitant conna&#238;tre ce pays dont lui avaient parl&#233; plusieurs voyageurs enthousiastes. A l'&#233;t&#233; 1975, elle revint en Afghanistan pour terminer sa th&#232;se de m&#233;decine p&#233;diatrique. Lors de son premier s&#233;jour, elle avait &#233;t&#233; frapp&#233;e de constater que, malgr&#233; une alimentation faite quasi-exclusivement de pain et de th&#233;, la malnutrition &#233;tait moins importante qu'attendue. Elle orienta donc son &#233;tude sur les traditions alimentaires sp&#233;cifiques &#224; l'Afghanistan, et sur l'analyse des qualit&#233;s nutritives des farines afghanes, utilis&#233;es pour le pain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces recherches l'avaient pr&#233;par&#233;e aux &#233;tudes li&#233;es &#224; la nutrition, qu'elle effectue depuis 2002 pour l'association &lt;i&gt;Action contre la Faim&lt;/i&gt; (ACF). Elle applique en Afghanistan les m&#234;mes m&#233;thodes de travail qu'elle utilise pour soigner ses malades du centre de Villejuif et mettre au point des programmes de recherches associ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Odile effectue deux d&#233;placements annuels d'une dur&#233;e d'un mois en Afghanistan pour r&#233;aliser, avec des &#233;quipes afghanes, des enqu&#234;tes complexes de terrain, que ce soit pour l'&#233;valuation des besoins nutritionnels ou l'&#233;valuation des programmes d'ACF mis en place. Elle utilise au maximum, quand c'est possible, les ressources naturelles de l'environnement imm&#233;diat. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, ses diff&#233;rentes missions pour ACF ont port&#233; sur les probl&#233;matiques suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1707 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH335/889-1-25828.jpg?1686647910' width='448' height='335' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Au centre, Odile Oberlin, p&#233;diatre&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;- Quand elle &#233;tait &#171; French doctor &#187;, Odile avait observ&#233; qu'un nombre consid&#233;rable de femmes et de jeunes filles habitant dans les zones les plus recul&#233;es d&#233;veloppait un goitre thyro&#239;dien. Cette grave affection, qui bloque les fonctions du cerveau, est due &#224; un manque chronique d'aliments iod&#233;s, propre aux r&#233;gions montagneuses. Contrairement &#224; l'Iran, l'utilisation du sel iod&#233; &#233;tait inexistante jusqu'&#224; il y a quelques ann&#233;es ; m&#234;me maintenant, le sel est consomm&#233; par une petite partie de la population. Odile conduisit, dans plusieurs villages de la province du Panjshir, une enqu&#234;te qui dura un mois. Les analyses r&#233;v&#233;l&#232;rent que, m&#234;me les femmes et les enfants qui n'avaient pas d&#233;velopp&#233; la maladie, souffraient de graves carences en iode que ne pourrait corriger que tr&#232;s lentement la consommation de sel iod&#233;, m&#234;me si celui-ci &#233;tait disponible. Seule la distribution d'iode sous forme d'huile permettrait de corriger cette carence dans l'attente de la g&#233;n&#233;ralisation de la consommation de sel iod&#233;. Le co&#251;t d'une telle distribution repr&#233;sentait un budget d&#233;passant de tr&#232;s loin celui dont dispose une ONG telle qu'ACF. Elle a alors publi&#233; le r&#233;sultat de ses recherches dans un journal international de nutrition pour alerter les organismes internationaux, seuls capables d'apporter un financement adapt&#233; &#224; l'ampleur du ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Lors d'une grave &#233;pid&#233;mie de scorbut (maladie li&#233;e &#224; une carence en vitamine C) qui toucha, au printemps 2002, le Ghor, r&#233;gion de l'Afghanistan situ&#233;e dans le sud-ouest de l'Hazarajat, ACF est intervenu pour distribuer de la vitamine C, r&#233;alisant dans le m&#234;me temps des s&#233;ances d'&#233;ducation de la population sur les moyens de pr&#233;vention de cette maladie : conservation pour l'hiver de l&#233;gumes riches en vitamine C comme les oignons ou les pommes de terre, recommandations de modalit&#233;s de cuisson des aliments conservant une partie de la vitamine C. En mai 2004, Odile r&#233;alisa une &#233;valuation sur l'impact de ces s&#233;ances d'&#233;ducation sur la maladie. De fait, elle s'aper&#231;ut, par exemple, que certains messages concernant l'apparition de la maladie avaient bien &#233;t&#233; re&#231;us. Un nombre significatif de familles avait bien compris que le scorbut &#233;tait li&#233; &#224; la nourriture, et non &#224; la neige et au froid comme elles le pensaient auparavant, et elles avaient modifi&#233; leurs habitudes alimentaires. Au cours de cette phase, l'enqu&#234;te aupr&#232;s de certaines familles qui n'avaient pas d&#233;velopp&#233; de scorbut et consommaient certaines plantes sauvages laissaient &#224; penser que ces plantes &#233;taient riches en vitamine C, ce qui fut confirm&#233; par l'analyse d'&#233;chantillons rapport&#233;s en France. La troisi&#232;me phase du projet de l'&#233;quipe d'Odile aurait d&#251; &#234;tre de retourner dans les villages pour y diffuser les connaissances sur les qualit&#233;s de ces plantes sur la pr&#233;vention du scorbut, et promouvoir aupr&#232;s de l'ensemble de la population des pratiques b&#233;n&#233;fiques qui sont d&#233;j&#224; utilis&#233;es par certains. Actuellement, l'instabilit&#233; de la r&#233;gion rend cette derni&#232;re &#233;tape impossible &#224; r&#233;aliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Depuis plusieurs ann&#233;es, ACF se pr&#233;occupe tr&#232;s particuli&#232;rement des probl&#232;mes de malnutrition survenant chez des enfants tr&#232;s jeunes, de moins de six mois. Il faut savoir qu'en Afghanistan, la mortalit&#233; chez les enfants de moins de cinq ans concerne un enfant sur cinq, soit 20 % des naissances. A titre de comparaison, le taux en Europe est de 0,6 % et de 3,2 % en Iran. ACF a donc mis en place dans les centres de nutrition de Kaboul des m&#233;thodes de prise en charge sp&#233;cifiques &#224; ces tr&#232;s jeunes enfants, en particulier pour favoriser le bon fonctionnement de l'allaitement maternel, cl&#233; de la nutrition &#224; cet &#226;ge. Odile, envoy&#233;e par ACF pour &#233;valuer la mise en place de ces pratiques, a constat&#233; les progr&#232;s r&#233;alis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, la poursuite de ces diff&#233;rentes &#233;tudes est compromise par l'ins&#233;curit&#233; du pays qui emp&#234;che les &#233;quipes de se d&#233;placer dans les villages.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des soins de base &#224; la chirurgie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Philippe, quant &#224; lui, fait partie de l'association de sant&#233; MRCA (Medical Refresher Courses for Afghans). Alors qu'elle d&#233;livrait un enseignement &#224; divers professionnels de sant&#233; dans son h&#244;pital &#233;cole des camps de r&#233;fugi&#233;s de Peshawar, MRCA a &#233;t&#233; sollicit&#233;e pour ouvrir un service de chirurgie r&#233;paratrice &#224; Kaboul, qui a ouvert en 1996. A partir de 2002, MRCA a g&#233;r&#233; un h&#244;pital &#224; Sharikar, ville situ&#233;e &#224; 80 km au nord de Kaboul et, deux ans plus tard, elle a initi&#233; un programme de soins primaires dans la province du Logar, au sud de Kaboul. Depuis, l'ONG a cr&#233;&#233; deux &#233;coles de sages-femmes communautaires et une nouvelle unit&#233; de chirurgie reconstructive dans le nord du pays, &#224; Mazar-e Sharif.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1708 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L446xH336/889-2-15edd.jpg?1686647910' width='446' height='336' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;A gauche, Philippe Oberlin, chirurgien&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Ses trois types de programmes couvrent les champs suivants : les soins primaires (grippe, autres maladies et &#233;pid&#233;mies, vaccinations, planning familial, suivi de grossesses et accouchements), la chirurgie r&#233;paratrice et la prise en charge des br&#251;l&#233;s. Ces programmes sont toujours compl&#233;t&#233;s par une activit&#233; d'enseignement : de troisi&#232;me cycle universitaire pour les m&#233;decins des services de chirurgie r&#233;paratrice, mais aussi de remise &#224; niveau pour les infirmiers et infirmi&#232;res, de formation des employ&#233;s des postes de sant&#233; villageois et, bien entendu, formation initiale et continue des sages-femmes communautaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe a commenc&#233; sa collaboration avec cette ONG en 2003 en faisant de l'&#233;valuation, &#224; savoir l'&#233;tude des types de soins, la recherche d'am&#233;liorations des m&#233;thodes et l'organisation. Apr&#232;s deux missions d'&#233;valuation r&#233;alis&#233;es &#224; un an d'intervalle aupr&#232;s de l'h&#244;pital du nord de Kaboul, il est devenu administrateur de l'ONG et, &#224; ce titre, fut charg&#233; des grandes orientations m&#233;dicales et de l'organisation de la politique g&#233;n&#233;rale. Il s&#233;journe deux fois par an en Afghanistan pour une quinzaine de jours chaque fois, pour &#233;valuer, avec les chefs de projet, le bon fonctionnement des programmes et les besoins d'am&#233;lioration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le financement de l'ONG est assur&#233; par la Commission europ&#233;enne pour les soins primaires de la province du Logar. La Mission Nations-Unies pour l'Afghanistan et une organisation protestante hongroise financent diff&#233;rents projets, dont les &#233;coles de sages-femmes et quelques centres obst&#233;tricaux. Les frais des deux services de chirurgie sont actuellement assum&#233;s par le Minist&#232;re des Affaires Etrang&#232;res de la France mais l'avenir de ce financement n'est pas assur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'association souhaiterait se recentrer, par n&#233;cessit&#233;, sur la transmission de savoir, comme elle le faisait dans les camps de Peshawar. Philippe regrette que la coop&#233;ration entre les diff&#233;rentes ONG soit insuffisante ; en particulier elle pourrait permettre une mise en commun de l'achat des m&#233;dicaments, avec un meilleur contr&#244;le de la qualit&#233; et une &#233;conomie d'&#233;chelle possibles par le regroupement des commandes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A ce titre, Odile Oberlin participe r&#233;guli&#232;rement &#224; des colloques organis&#233;s dans le cadre d'&#233;changes de coop&#233;ration entre l'h&#244;pital de Villejuif et l'h&#244;pital Mahak &#224; T&#233;h&#233;ran.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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