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	<title>La Revue de T&#233;h&#233;ran | Iran </title>
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	<description>Iran | Mensuel culturel iranien en langue fran&#231;aise | Histoire de l'Iran, Art iranien, Culture iranienne, Traditions iraniennes, Litt&#233;rature persane, Langue fran&#231;aise en Iran,</description>
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		<title>La Revue de T&#233;h&#233;ran | Iran </title>
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		<title>Le cheval, f&#233;tiche pour les nomades comme pour les s&#233;dentaires</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sepehr Yahyavi</dc:creator>



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&lt;p&gt;Pour les peuples nomades, nous le savons bien, le cheval est un &#234;tre indispensable, un compagnon ins&#233;parable. Bien plus qu'un simple moyen de transport servant &#224; l'homme en temps de paix aussi bien qu'en temps de guerre, il incarne souvent, chez ces populations animistes pour la plupart, un esprit de la nature, un f&#233;tiche par excellence cristallisant la nature et ses puissances, sorte de dieu omnipr&#233;sent pour ces panth&#233;istes sans le nommer. Les habitudes animistes, les humains modernes (religieux (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique288" rel="directory"&gt;N&#176; 171, printemps 2020&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH121/arton2779-a04f2.png?1686660029' width='150' height='121' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour les peuples nomades, nous le savons bien, le cheval est un &#234;tre indispensable, un compagnon ins&#233;parable. Bien plus qu'un simple moyen de transport servant &#224; l'homme en temps de paix aussi bien qu'en temps de guerre, il incarne souvent, chez ces populations animistes pour la plupart, un esprit de la nature, un f&#233;tiche par excellence cristallisant la nature et ses puissances, sorte de dieu omnipr&#233;sent pour ces panth&#233;istes sans le nommer. Les habitudes animistes, les humains modernes (religieux comme la&#239;ques) les ont conserv&#233;es dans une certaine mesure. La fameuse tradition de faire un v&#339;u en nouant une ficelle sur une tige d'arbre, pratiqu&#233;e si souvent en terres musulmanes jusqu'&#224; nos jours, en Iran comme en Asie centrale, en est un illustre exemple, mais loin d'un cas particulier. Ainsi se r&#233;v&#232;le-t-il que cette coutume prenant sa source dans des croyances animistes en les arbres, remonte &#224; l'&#233;poque o&#249; ceux-ci constituaient un f&#233;tiche important. Ne suffirait-il pas de citer l'exemple du h&#233;ros kirghiz Manas, dont le cheval se transforme, dans un &#233;pisode aussi tragique que joyeux de cette &#233;pop&#233;e nomade, en un rocher situ&#233; quelque part au milieu des d&#233;serts de ce fabuleux &#171; pays &#187; (d'ailleurs assez moderne au sens d'&#201;tat-nation) ?&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12777 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH332/1-17-d6d6a.gif?1686660029' width='500' height='332' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Les chevaux et la vie nomade...&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que le cheval, &#224; la fois sacr&#233; et gardien de secret, se p&#233;trifie pour p&#233;renniser la m&#233;moire de celui que le peuple kirghiz reconna&#238;t comme son unificateur (sinon sauveteur), de ce guerrier sans pareil qui r&#233;ussit &#224; mobiliser les nomades pour r&#233;sister face aux ouighours et aux kalmouks, autres populations nomadiques de ces steppes de l'Asie centrale (autrefois appel&#233;e par la d&#233;nomination &#233;quivoque de Turkestan). Pour ne pas trop digresser, revenons au cheval. Ce fut tr&#232;s probablement l'une de ces (ou peut-&#234;tre, qui sait, d'autres) populations nomades qui, en apprivoisant le cheval &#171; sauvage &#187;, en ont fait &#224; la fois un &#171; confident &#187; et un &#171; outil &#187;. Domestiqu&#233; et attach&#233; (ou bien en libre circulation, car justement apprivois&#233;) &#224; la poutre des yourtes situ&#233;es en plein campement saisonnier de ces &#171; d&#233;plac&#233;s &#187; &#224; jamais, l'animal est vite devenu un membre indispensable de la tribu, m&#234;me apr&#232;s leur s&#233;dentarisation en temps modernes (sovi&#233;tiques et post-sovi&#233;tiques). Non seulement le cheval devint une monture pour des aventures de promenade ou de combat ou encore pour celles, plus excitantes, d'enl&#232;vement de bien-aim&#233;e, mais il devint un moyen de comp&#233;tition et de pari, un animal par lequel on essaie &#224; la fois d'&#233;duquer les jeunes enfants (surtout, h&#233;las ! les gar&#231;ons), de concr&#233;tiser les concurrences tribales, et de satisfaire &#224; ces besoins de pari du genre humain qui subsiste jusqu'&#224; nos jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cheval, tout comme le chien, doit &#234;tre dress&#233; par l'homme. Ce ne fut donc pas une fois pour toutes que l'homme parvint &#224; domestiquer cet animal, puisque, nature oblige, celui-ci garde pour sa part ses habitudes et ses mani&#232;res instinctives. S'agit-il d'une technique de r&#233;sistance inh&#233;rente ou g&#233;n&#233;tique par laquelle la nature s'&#233;vertue &#224; r&#233;sister face aux ambitions humaines en y opposant ses propres aspirations ? C'est dans cette logique que chaque animal individuel, chien comme cheval, devrait &#234;tre dress&#233; pour mieux servir son &#171; ma&#238;tre &#187; humain. Ce go&#251;t de pari ne signifie-t-il pas la perduration du caract&#232;re f&#233;tichiste du cheval ? Il en est de m&#234;me pour les taureaux en Espagne et les coqs au nord de l'Iran, les deux animaux &#233;tant sans aucun doute sacr&#233;s par le mithra&#239;sme et sur lesquels on parie toujours (sauf que sur les premiers, on ne parierait plus en Espagne, aux Etats-Unis si)1. Le dressage, loin d'&#234;tre une pratique exclusivement ext&#233;rioris&#233;e, sert &#233;galement de moyen de purification de l'&#226;me (catharsis) pour le dresseur, semble-t-il. Il constitue aussi l'une des &#233;tapes de l'&#233;ducation, de &#171; l'initiation &#187; de l'enfant. Sinon quel serait l'int&#233;r&#234;t pour un gar&#231;on de bas &#226;ge de se casser la t&#234;te pour &#233;lever un poulain ou un chiot ?&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12778 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH333/2-15-c050a.gif?1686660029' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Nomade Sh&#226;hsavan&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Pour les populations s&#233;dentaires, cette symbolique pourrait para&#238;tre moins complexe. Pour les villageois notamment, c'est moins le cheval et plus l'&#226;ne et la mule qui sont au service de la communaut&#233;. Contrairement au cheval qui rev&#234;t des connotations sexuelles (pensons au cheval blanc m&#226;le, surtout en r&#234;ve, et &#224; toute l'all&#233;gorie de sa fertilit&#233;, partag&#233;e quelque peu par l'&#226;ne) ou qui, pour le moins, incarne la f&#233;condit&#233; et la mobilit&#233; (ainsi que la fid&#233;lit&#233;, souvent attribu&#233;e &#224; juste titre au chien), la mule ne symbolise que la lenteur, le labour, mais aussi, du moins pour la mule, la st&#233;rilit&#233; et la stabilit&#233;. Enfant, il nous est souvent difficile d'appr&#233;hender les explications de nos parents lorsqu'ils nous apprennent que la mule est le b&#233;b&#233; d'un &#226;ne et d'une jument (le m&#233;tissage, notion assez &#233;tonnante pour l'enfant), et qu'elle ne peut se reproduire, st&#233;rile qu'elle est de par sa physiologie (la st&#233;rilit&#233;, notion incompr&#233;hensible pour lui). Ensuite les parents pourraient-ils aller plus loin en comparant, pour leur petit, le bin&#244;me animal cheval-mule au bin&#244;me v&#233;g&#233;tal arbre-fruitier. De la m&#234;me mani&#232;re que certains arbres et esp&#232;ces v&#233;g&#233;tales n'ont pour vocation que d'apporter de l'ombre (platane, orme, etc.) sans qu'ils puissent porter de fruits, certains animaux et esp&#232;ces animales n'ont pour vocation que de porter des fardeaux (b&#234;tes de somme, b&#233;tail), &#224; l'oppos&#233; ou &#224; la diff&#233;rence de ceux qui sont utiles pour la reproduction et/ou le transport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait dire que pour les s&#233;dentaires primaires (villageois), le b&#233;tail joue le m&#234;me r&#244;le que le cheval joue pour les nomades2. F&#233;tiche par excellence, d'une utilit&#233; toujours essentielle, sa pr&#233;sence est porteuse de calme et de bien-&#234;tre, son absence est source de malaise et de malheur. Mais par quel f&#233;tiche ce r&#244;le est-il revendiqu&#233; dans le monde des s&#233;dentaires urbains ? Existe-t-il pareil symbole chez nous, citoyens de m&#233;tropoles et de m&#233;gapoles ? Il s'agit d'une question d&#233;licate &#224; laquelle il est difficile de r&#233;pondre. Peut-&#234;tre la technologie informatique joue-t-elle le m&#234;me r&#244;le pour nous ? Nos portables et nos tablettes (&#233;lectroniques, pas manuscrites !) n'incarnent-ils pas pour nous ce que le cheval et le b&#233;tail repr&#233;sentent ou repr&#233;sentaient jadis chez les populations nomadiques et campagnardes ? &#171; &#192; cheval &#187; que nous sommes sur les &lt;em&gt;gadgets&lt;/em&gt; et les outils technologiques, ne sommes-nous pas aussi &#224; cheval sur un pass&#233; de cheval et de b&#233;tail et sur un pr&#233;sent d'&#233;crans tactiles et de mondes virtuels tridimensionnels ? Voici une question &#224; laquelle un Heidegger ou encore un Jaspers pourraient se trouver dignes de r&#233;pondre, mais pas uniquement. Le monde moderne, force est d'avouer, est &#224; son tour plein de f&#233;tiches ou encore d'idoles, les &#171; c&#233;l&#233;brit&#233;s &#187; ne pr&#233;sentant effectivement qu'un exemple plus r&#233;cent et plus &#171; personnifi&#233; &#187;. Pour le monde moderne, m&#234;me les m&#233;dias et les bulletins d'information constituent un f&#233;tiche. Au bout du compte, contrairement &#224; ses anc&#234;tres, l'homme moderne doit-il n&#233;gliger &#224; quel &#171; saint &#187; se vouer ?&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;&lt;dl class='spip_document_12779 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH333/3-14-d4968.gif?1686660029' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Les chevaux et la vie nomade...&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;li&gt;Notons au passage que la pratique du sacrifice du coq perdure toujours en Iran, notamment dans la capitale, o&#249; l'on sacrifie la pauvre volaille en particulier pour consacrer une automobile nouvellement achet&#233;e, avant d'appliquer son sang sur les plaques d'immatriculation. Cette sc&#232;ne semblerait assez fantasque, surtout s'agissant d'un &#171; top model &#187; !&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Ne suffirait-il pas de (re)lire un grand &#233;crivain rural-pastoral comme Jean Giono en France ou un grand &#233;crivain rural-nomade comme Mahmoud Dolatabadi en Iran pour mieux percer l'importance de ces b&#234;tes dans la vie de ces populations Le chameau est certes, &#224; son tour, d'une importance primordiale chez les nomades du d&#233;sert.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le nisaen, une race de cheval iranien &#233;teinte</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article2778</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article2778</guid>
		<dc:date>2020-11-19T12:56:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Babak Ershadi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Gr&#226;ce aux pratiques et au savoir-faire dans le domaine de l'&#233;levage de chevaux depuis des si&#232;cles, la lign&#233;e de presque tous les chevaux modernes, que ce soient des chevaux de course ou des chevaux de labour ordinaires, remonte aux m&#234;mes anc&#234;tres masculins. Des recherches scientifiques prouvent aujourd'hui que les chevaux modernes de diff&#233;rentes races descendent de quelques &#233;talons &#171; orientaux &#187;. En Europe, par exemple, ces &#233;talons furent amen&#233;s il y a environ 700 ans. La derni&#232;re recherche dans ce (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique288" rel="directory"&gt;N&#176; 171, printemps 2020&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH121/arton2778-de08a.png?1686660029' width='150' height='121' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_12770 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH375/1-16-1335c.gif?1686660029' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Un cheval persan repr&#233;sent&#233; sur un bas-relief de Pers&#233;polis.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce aux pratiques et au savoir-faire dans le domaine de l'&#233;levage de chevaux depuis des si&#232;cles, la lign&#233;e de presque tous les chevaux modernes, que ce soient des chevaux de course ou des chevaux de labour ordinaires, remonte aux m&#234;mes anc&#234;tres masculins. Des recherches scientifiques prouvent aujourd'hui que les chevaux modernes de diff&#233;rentes races descendent de quelques &#233;talons &#171; orientaux &#187;. En Europe, par exemple, ces &#233;talons furent amen&#233;s il y a environ 700 ans. La derni&#232;re recherche dans ce domaine, qui date de 2017, a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e sous la direction de Barbara Wallner, biologiste mol&#233;culaire de l'Universit&#233; de m&#233;decine v&#233;t&#233;rinaire de Vienne. L'&#233;quipe internationale de scientifiques qu'elle a dirig&#233;e a analys&#233; les chromosomes Y de plus de 50 chevaux repr&#233;sentant 21 races. Leur ouvrage intitul&#233; &lt;em&gt;Le chromosome Y laisse d&#233;couvrir l'origine orientale r&#233;cente des &#233;talons modernes&lt;/em&gt; (&#171; Y Chromosome Uncovers the Recent Oriental Origin of Modern Stallions &#187;) r&#233;v&#232;le la fa&#231;on dont des choix faits il y a longtemps par les &#233;leveurs de chevaux qui vivaient pendant l'Antiquit&#233;, le Moyen &#194;ge, puis vers les d&#233;buts de l'Empire ottoman, eurent une influence ind&#233;niable sur la plupart des races de chevaux partout dans le monde aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Hormis les lign&#233;es d'&#233;talons des races d'Europe du Nord, toutes les lign&#233;es d'&#233;talons d&#233;tect&#233;es dans d'autres races modernes proviennent d'anc&#234;tres orientaux introduits plus r&#233;cemment &#187;, a affirm&#233; Barbara Wallner. &#171; La tendance &#224; importer des &#233;talons de m&#226;les reproducteurs &#233;trangers pour am&#233;liorer les troupeaux locaux &#233;tait particuli&#232;rement importante &#187;, &#233;crivent les auteurs. En effet, pendant des si&#232;cles, les &#233;leveurs ont import&#233; ces &#233;talons orientaux parce qu'ils &#233;taient beaux et que les &#233;leveurs de chevaux voulaient produire une nouvelle g&#233;n&#233;ration de chevaux plus rapides, plus forts et plus l&#233;gers.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12771 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH419/2-14-8c352.gif?1686660029' width='500' height='419' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Un mors datant de l'&#233;poque des Ach&#233;m&#233;nides, Mus&#233;e national d'Iran (T&#233;h&#233;ran).&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Les auteurs soulignent qu'en Europe centrale, cette pratique avait commenc&#233; au XVIe si&#232;cle avec la popularit&#233; des &#233;talons espagnols et napolitains. Jusqu'&#224; la fin du XVIIIe si&#232;cle, la population de chevaux d'Europe centrale fut fa&#231;onn&#233;e par l'introduction des &#233;talons orientaux. Par exemple, il est av&#233;r&#233; aujourd'hui que l'origine des &#233;talons fondateurs de pur-sang anglais peut &#234;tre retrac&#233;e &#224; un &#233;talon turkm&#232;ne. M&#234;me les mustangs, ces chevaux embl&#233;matiques du monde occidental, sont les descendants de chevaux espagnols qui appartenaient fort probablement &#224; une des lign&#233;es orientales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leur conclusion, Barbara Wallner et ses collaborateurs soulignent que les donn&#233;es du chromosome Y montrent clairement l'influence des &#233;talons du Moyen-Orient sur les races europ&#233;ennes et am&#233;ricaines, et que le r&#233;seau chromosomique Y servira de colonne vert&#233;brale utile dans la classification ult&#233;rieure des lign&#233;es d'&#233;talons de diff&#233;rentes races.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12772 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH296/3-13-d2902.gif?1686660029' width='500' height='296' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Une gravure &#233;gyptienne du XIXe si&#232;cle repr&#233;sente une sc&#232;ne de chasse de l'empereur ach&#233;m&#233;nide Darius Ier.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le nisaen&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nisaen (ou nisaean) est une race de cheval &#233;teinte, dont les origines sont attribu&#233;es &#224; la ville de Nisa qui se trouverait probablement dans le sud des montagnes Zagros en Iran. Les premi&#232;res r&#233;f&#233;rences &#233;crites concernant le cheval de nisaen remontent &#224; environ 430 avant notre &#232;re. Dans &lt;em&gt;Histoires&lt;/em&gt;, H&#233;rodote &#233;crit : &#171; Devant le roi arrivent d'abord un millier de cavaliers, des hommes d'&#233;lite de la nation perse ; puis un millier de lanciers, du m&#234;me choix de troupes, avec leurs fers de lance point&#233;s vers le sol ; ensuite dix chevaux sacr&#233;s appel&#233;s Nisaen, tous d&#233;licatement capara&#231;onn&#233;s. Ces chevaux sont appel&#233;s Nisaen parce qu'ils viennent de la plaine de Nisa, une grande plaine de la M&#233;die, donnant des chevaux de taille inhabituelle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces chevaux &#233;taient tr&#232;s recherch&#233;s dans le monde antique. Les nisaens auraient des robes de diff&#233;rentes couleurs : le bai fonc&#233;, le marron et le seal brown (bai-brun), mais aussi des couleurs plus rares telles que le noir, le rouan, le palomino (dor&#233;) et divers motifs tachet&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12773 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH205/4-12-99fc6.gif?1686660029' width='500' height='205' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Bien que la race du cheval nisaen soit &#233;teinte, le pur-sang moderne du Kurdistan garde une similitude avec le cheval disparu, notamment en ce qui concerne la forme de la t&#234;te.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Les descriptions inscrites dans des documents anciens insistent surtout sur la forme de la t&#234;te du nisaen. Il n'avait pas la t&#234;te allong&#233;e du cheval arabe qui &#233;tait &#233;galement &#233;lev&#233; au Lorestan (Zagros) dans l'Antiquit&#233;, mais une t&#234;te plus robuste qui &#233;tait caract&#233;ristique du grand cheval de guerre. Cela sugg&#232;re que le Nisaen pourrait &#234;tre un descendant du cheval primitif appel&#233; &#171; cheval de la for&#234;t &#187;. &#192; l'&#233;poque de la dynastie des Ach&#233;m&#233;nides (559-330 av. J.-C.), les Grecs appelaient ce cheval nisaen en l'attribuant &#224; la ville de Nisa. Plus tard, sous les Arsacides parthes (250 av. J.-C.-224 de notre &#232;re), les Chinois l'appelaient le tien-ma (cheval c&#233;leste). Le nisaen fut vraisemblablement le cheval le plus appr&#233;ci&#233; de l'Antiquit&#233;, et consid&#233;r&#233; &#233;galement comme le plus beau cheval du monde. Pour d&#233;crire la beaut&#233; de sa robe, on disait parfois que certains nisaens &#233;taient merveilleusement &#171; tachet&#233;s comme des l&#233;opards &#187;, ou qu'ils &#233;taient &#171; aussi dor&#233;s qu'une pi&#232;ce nouvellement frapp&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12774 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L400xH385/5-11-b1a1e.gif?1686660029' width='400' height='385' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Une miniature m&#233;di&#233;vale.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ancienne Perse, le nisaen &#233;tait la monture royale et hautement appr&#233;ci&#233;e par la noblesse. Selon la tradition, deux nisaens gris tiraient le chariot royal du sh&#226;h, tandis que selon la l&#233;gende, quatre de ces chevaux royaux tiraient le chariot du dieu Ahura Mazda. Des pi&#232;ces d'argent du temps de Cyrus le Grand (559-530 av. J.-C.) le montrent en train de chasser &#224; cheval avec une lance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant le r&#232;gne de Darius Ier le Grand (521-486 av. J.-C.), les chevaux nisaens &#233;taient &#233;lev&#233;s d'Arm&#233;nie (Caucase) &#224; Sogdiane (Asie centrale) et sur le plateau iranien. Le nisaen &#233;tait si recherch&#233; que les Grecs (principalement les Spartiates) en importaient et les &#233;levaient. &#192; l'ouest, les tribus nomades (comme les Scythes) importaient, capturaient ou m&#234;me volaient des chevaux nisaens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s des descriptions anciennes, les nisaens pur-sang avaient plusieurs traits caract&#233;ristiques qu'ils transmettaient &#224; leurs descendants. L'un deux &#233;tait des boutons osseux sur le front souvent appel&#233; &#171; cornes &#187;. Plus tard, les Grecs export&#232;rent de nombreux nisaens sur la p&#233;ninsule ib&#233;rique o&#249; ces chevaux orientaux ont fortement influenc&#233; les anc&#234;tres des chevaux espagnols d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12775 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH375/6-11-a9766.gif?1686660029' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Le nisaen &#233;tait le cheval pr&#233;f&#233;r&#233; des l&#233;gions byzantines.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque des Ach&#233;m&#233;nides, les nisaens blanc pur &#233;taient les chevaux des rois. Mais certains documents soulignent qu'avant les Ach&#233;m&#233;nides, les M&#232;des furent les premiers &#233;leveurs des nisaens. Les Assyriens qui appr&#233;ciaient beaucoup ces chevaux organisaient souvent des campagnes militaires au printemps pour attaquer les M&#232;des et s'emparer de leurs chevaux qu'ils amenaient dans le nord de la M&#233;sopotamie. La bataille qui eut lieu pr&#232;s de la ville actuelle de Harran (Turquie) finit par une victoire d&#233;cisive des Arsacides conduits par Sur&#233;na, le grand g&#233;n&#233;ral de la cavalerie parthe, sur les l&#233;gions romaines dirig&#233;es par Crassus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 36 av. J.-C., le consul romain Marc Antoine voulut venger la mort de Crassus en attaquant la M&#233;die avec seize l&#233;gions. Mais les Parthes ne se livr&#232;rent pas &#224; la guerre de la mani&#232;re &#224; laquelle s'attendait le consul romain. Cela ramena Marc Antoine &#224; ravager l'Arm&#233;nie. Il conduisit en &#201;gypte le roi arm&#233;nien Artavazde II (55-34 av. J.-C.) qu'il consid&#233;rait comme tra&#238;tre. Parmi les butins de guerre obtenus par les Romains en Arm&#233;nie, il y avait les premiers chevaux nisaens, les premiers que les conqu&#233;rants amen&#232;rent &#224; Rome. &#192; la mort de Marc Antoine, ces chevaux tomb&#232;rent entre les mains d'Auguste (-27 av. J.-C.-14 apr. J.-C.).&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12776 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH335/7-7-d4724.gif?1686660029' width='500' height='335' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;L'empereur sassanide Sh&#226;pour Ier capture l'empereur romain Val&#233;rien &#224; l'issue d'une bataille en 259 de notre &#232;re en haute M&#233;sopotamie et n&#233;gocie avec Philippe l'Arabe la lib&#233;ration des prisonniers ; bas-relief &#224; Naqsh-e Rostam.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rakhsh, l'&#233;pop&#233;e de l'Aryen et de son cheval</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article2777</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article2777</guid>
		<dc:date>2020-11-19T12:56:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Saeid Kh&#226;n&#226;b&#226;di</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'homme aryen &#233;tait mont&#233; sur son cheval lorsqu'il entra dans le plateau iranien, il y a plus de 5000 ans. Et depuis ce temps-l&#224;, il n'est jamais descendu de sa monture l&#233;gendaire, ni dans sa vie r&#233;elle, ni dans son parcours spirituel. L'histoire de cette relation mat&#233;rielle et immat&#233;rielle entre l'Aryen et son cheval est narr&#233;e d'abord par l'Avesta, le livre sacr&#233; des Zoroastriens, qui utilise le terme aspa (&#171; la bonne cr&#233;ature &#187;) pour parler du cheval. C'est ce terme avestique qui donne le mot asb (&#171; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique288" rel="directory"&gt;N&#176; 171, printemps 2020&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH121/arton2777-08189.png?1686660029' width='150' height='121' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_12764 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L300xH429/1-15-4172b.gif?1686660029' width='300' height='429' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:300px;'&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Les arm&#233;es oppos&#233;es de l'Iran dirig&#233;es par Key Khosrow et Turan, sous le commandement d'Afrasiab. Le Bayasanghori Sh&#226;hn&#226;meh, ex&#233;cut&#233; en 1430 pour le prince Bayasanghor (1399-1433), est inscrit au patrimoine de l'UNESCO&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;L'homme aryen &#233;tait mont&#233; sur son cheval lorsqu'il entra dans le plateau iranien, il y a plus de 5000 ans. Et depuis ce temps-l&#224;, il n'est jamais descendu de sa monture l&#233;gendaire, ni dans sa vie r&#233;elle, ni dans son parcours spirituel. L'histoire de cette relation mat&#233;rielle et immat&#233;rielle entre l'Aryen et son cheval est narr&#233;e d'abord par l'Avesta, le livre sacr&#233; des Zoroastriens, qui utilise le terme &lt;em&gt;aspa&lt;/em&gt; (&#171; la bonne cr&#233;ature &#187;) pour parler du cheval. C'est ce terme avestique qui donne le mot &lt;em&gt;asb&lt;/em&gt; (&#171; cheval &#187;) en langue persane de nos jours. L'expression d'&#034;animal digne&#034; que les Iraniens d'aujourd'hui utilisent pour d&#233;signer le cheval s'enracine aussi probablement dans la m&#234;me expression avestique de &#034;Bonne cr&#233;ature&#034;. Mais outre les textes liturgiques, ce rapport mystique et mythique entre l'homme et le cheval, tellement pr&#233;sent dans les r&#233;cits folkloriques, les contes populaires, ainsi que dans la litt&#233;rature orale des habitants de cette Sainte-Terre, ne peut pas passer inaper&#231;u dans les chansons de geste du peuple iranien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article se propose de pr&#233;senter un aper&#231;u des expressions de Rakhsh, le cheval de Rostam, h&#233;ros national des Iraniens, dans l'&#233;pop&#233;e &#233;ternelle de Ferdowsi. Dans &lt;em&gt;Le Livre des Rois&lt;/em&gt; (&lt;em&gt;Sh&#226;hn&#226;meh&lt;/em&gt;), les chevaux sont pr&#233;sents dans la majorit&#233; des r&#233;cits ; dans les sc&#232;nes de chasse, dans les balades amoureuses, sur les champs de bataille, dans les sc&#232;nes du jeu de &lt;em&gt;tchogan&lt;/em&gt; (polo), et m&#234;me dans les c&#233;r&#233;monies religieuses ou les proc&#232;s juridiques. Le po&#232;te de Tous utilise plus de 40 adjectifs diff&#233;rents pour d&#233;crire et nommer les chevaux de ses h&#233;ros ; des adjectifs bas&#233;s sur la couleur, sur la taille, et m&#234;me sur le comportent de ces compagnons fid&#232;les des champions iraniens. Parfois, les noms des h&#233;ros de Ferdowsi sont directement construits sur la base du lex&#232;me &lt;em&gt;asb &lt;/em&gt;qui signifie cheval en persan, comme nous l'avons vu. Cette tradition, issue certainement de l'Avesta et des &lt;em&gt;Livres de Dieu&lt;/em&gt; (&lt;em&gt;Khoda&#239;-Namag&lt;/em&gt;) sassanides, est &#224; l'origine de noms masculins comme Lohrasb, Goshtasb, Garshasb, Jamasb, Arjasb, Shidasb, etc. L'importance de cette monture militaire et civile dans l'esprit des Iraniens s'enracine tr&#232;s probablement dans l'histoire lointaine des tribus aryennes. Plusieurs noms de rois iraniens ont un rapport avec le cheval. Le roi Tahmasb le Safavide est le plus connu chez les historiens. Son nom signifie &#034;Celui qui a un cheval fort&#034;. Le mot Tahmasb, pr&#233;sent dans l'Avesta, est le nom du dernier roi de la dynastie l&#233;gendaire des Pishd&#226;dis. On peut aussi &#233;voquer la dynastie Hezaraspian, ou &#171; rois aux mille chevaux &#187; (1155&#8211;1424). Cette valeur physique et m&#233;taphysique du cheval est largement pr&#233;sente dans les versets avestiques qui refl&#232;tent les conditions de vie de ces tribus aryennes dans les vastes steppes du nord avant leur migration vers le plateau iranien. L'&#233;pop&#233;e de Ferdowsi se veut aussi avant tout le miroir de ces pens&#233;es, ces r&#234;ves, ces pr&#233;occupations, ces souffrances et ces d&#233;sirs h&#233;rit&#233;s par la nation iranienne. Il semble donc normal que les chevaux soient si omnipr&#233;sents dans les vers du &lt;em&gt;Livre des Rois&lt;/em&gt;. Behz&#226;d de Si&#226;vash, Shabdiz de Khosrow Parviz, Golrang de Fereydoun, Shabrang de Bijan, ou le cheval maudit de Yazdgerd qui cause la mort de ce dernier roi sassanide dans les &#233;pisodes finaux du chef-d'&#339;uvre de Ferdowsi, tous ces chevaux accompagnent leur ma&#238;tre dans des aventures h&#233;ro&#239;ques et parfois tragiques, et jouent le r&#244;le de v&#233;ritables protagonistes dans les r&#233;cits. Mais le cheval le plus connu et le plus populaire dans les histoires &#233;piques du &lt;em&gt;Livre des Rois&lt;/em&gt; est sans doute Rakhsh, la c&#233;l&#232;bre monture de Rostam.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12765 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L300xH466/2-13-cec12.gif?1686660029' width='300' height='466' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:300px;'&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Une miniature persane du po&#232;me &lt;/em&gt;Guy-o Tchawg&#226;n&lt;em&gt; (La balle et le maillet de polo) montrant des courtisans persans &#224; cheval jouant &#224; un jeu de polo,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;br&gt;&lt;em&gt;&#233;poque safavide, 1546&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;L'histoire &#233;trange de sa s&#233;lection par le h&#233;ros du &lt;em&gt;Livre des Rois&lt;/em&gt; est narr&#233;e dans les distiques de Ferdowsi. La sc&#232;ne est immortalis&#233;e par un dessin encre sur papier de Rez&#226; Abb&#226;ssi (1565-1635), le grand peintre de l'&#233;poque safavide, conserv&#233; aujourd'hui &#224; la National Gallery of Art de Washington. L'autre peinture encore plus impressionnante de cette sc&#232;ne est aujourd'hui conserv&#233;e &#224; la British Library Collection. Il s'agit d'une page du &lt;em&gt;Sh&#226;hn&#226;meh&lt;/em&gt; dat&#233;e de 1486 et r&#233;dig&#233;e &#224; Shir&#226;z, qui illustre des vers &#233;crits par le c&#233;l&#232;bre calligraphe Ghi&#226;ssoddin Sarr&#226;f et une miniature d'un peintre inconnu. La peinture montre Rostam attrapant Rakhsh avec une corde lanc&#233;e. Mais la meilleure illustration, entendue au sens large, appartient &#224; Ferdowsi lui-m&#234;me qui d&#233;crit cette histoire. En voici un r&#233;sum&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rostam se pr&#233;pare &#224; livrer bataille contre le Touran. Il demande &#224; son p&#232;re Z&#226;l de lui trouver un cheval qui soit adapt&#233; &#224; son poids &#233;lev&#233; et &#224; sa force extraordinaire. Z&#226;l mobilise tous les propri&#233;taires des troupeaux de chevaux de Zabol et Kabol, mais Rostam n'en trouve aucun qui corresponde &#224; ces caract&#233;ristiques. Quand on envoie un cheval chez Rostam afin qu'il l'essaie, il met la main sur son dos, mais le ventre de l'animal touche le sol du fait de la force surhumaine du bras de Rostam. Enfin, Rostam voit Rakhsh &#224; c&#244;t&#233; d'une jument. Les descriptions de Ferdowsi &#224; propos de la m&#232;re de Rakhsh rappellent celles de la Grande Jument des contes populaires europ&#233;ens de l'&#232;re m&#233;di&#233;vale. Rakhsh est lui-m&#234;me d&#233;crit dot&#233; d'un courage de lion, d'une force d'&#233;l&#233;phant, et de la taille d'un chameau. Comme le pr&#233;cise Ferdowsi, sa robe est un m&#233;lange de rouge et de blanc, avec des taches telles des fleurs roses, rouges et jaunes sur un fond safran. Le mot archa&#239;que de &#034;Rakhsh&#034;, de l'ancien persan, fait aussi allusion &#224; la robe de ce cheval. Rostam appr&#233;cie alors ce jeune poulain. Le vieil &#233;leveur, qui ne conna&#238;t pas Rostam, l'avertit que depuis la naissance de Rakhsh, sa m&#232;re n'a permis &#224; personne de monter son poulain, bien que Rakhsh soit d&#233;j&#224; arriv&#233; &#224; l'&#226;ge de d&#233;bourrage. Rostam lance sa corde et attrape Rakhsh. La jument attaque Rostam, mais ce dernier crie et en entendant la force de sa voix, la jument comprend qu'elle a enfin trouv&#233; le cavalier promis pour son poulain. Elle se retire. Rakhsh r&#233;siste pourtant, mais Rostam le ma&#238;trise enfin. Rostam essaie Rakhsh et voit en lui le cheval id&#233;al. Il demande &#224; l'&#233;leveur de lui dire son prix. Le vieil &#233;leveur, qui reconna&#238;t maintenant le fils de Z&#226;l, n'accepte pas l'argent et r&#233;plique : &#034;&lt;em&gt;Le prix de Rakhsh est toute la terre d'Iran.&#034;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12766 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L300xH409/3-12-d3bdc.gif?1686660029' width='300' height='409' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:300px;'&gt;&lt;strong&gt;Miniature montrant Rostam attrapant Rakhsh avec une corde lanc&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Par cette phrase tr&#232;s significative, le vieil &#233;leveur de chevaux, qui repr&#233;sente ici toute la nation iranienne, offre ainsi Rakhsh &#224; Rostam et confie au cavalier et &#224; son cheval de guerre l'&#233;minente mission de prot&#233;ger la terre d'Iran contre les ennemis. Apr&#232;s cette sc&#232;ne &#224; l'issue de laquelle Rostam dompte Rakhsh, ils deviendront un couple ins&#233;parable dans Le Livre des Rois. Ce cheval jouera un r&#244;le consid&#233;rable dans les exploits de Rostam. M&#234;me quand il n'appara&#238;t pas dans le r&#233;cit, son absence est tr&#232;s remarqu&#233;e, par exemple dans le cas du combat de Rostam contre Ashkbous. Plusieurs fois, notamment dans les Sept travaux ou exploits de Rostam, Rakhsh sauve la vie de son ma&#238;tre. Dans le r&#233;cit du premier travail parmi les sept exploits de Rostam, Rakhsh est l'unique protagoniste. Il se confronte en effet au lion, alors que Rostam dort. Cette sc&#232;ne est parfaitement illustr&#233;e dans un chef-d'&#339;uvre du peintre de l'&#233;poque safavide, Sultan Muhammad (1470-1555), miniaturiste de l'&#233;cole de Tabriz. Dans le troisi&#232;me exploit, c'est aussi Rakhsh qui combat le dragon lors de ses apparitions magiques avant que son ma&#238;tre ne se r&#233;veille et tue le dragon. La sc&#232;ne du combat de Rostam et de Rakhsh contre le dragon est repr&#233;sent&#233;e &#224; merveille dans une toile de Mahmoud Farshchian, le grand ma&#238;tre de la miniature iranienne.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12767 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L300xH451/4-11-6da0a.gif?1686660029' width='300' height='451' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:300px;'&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Rostam dort pendant que Rakhsh combat un lion (British Museum 1948,1211,0.23)&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Dans le cinqui&#232;me travail, Rakhsh guide Rostam dans le pays des t&#233;n&#232;bres. &#192; noter que cette histoire aussi refl&#232;te des versets avestiques qui expriment une admiration vis-&#224;-vis des facult&#233;s de la vue et de l'ou&#239;e chez les chevaux. Dans le combat de Rostam contre Esfandiy&#226;r, Rakhsh est bless&#233; par les fl&#232;ches du Prince invuln&#233;rable, mais gr&#226;ce au miracle du Simorgh, il retrouve la sant&#233;. Cette histoire conf&#232;re une image de cr&#233;ature b&#233;nie &#224; Rakhsh. Dans certains r&#233;cits folkloriques, Rakhsh est n&#233; de l'union d'un hippopotame m&#226;le et d'une jument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la trag&#233;die de Sohr&#226;b, Rakhsh est aussi un acteur du premier plan. Rostam se rend chez le roi de Samangan en vue de chercher les traces de Rakhsh vol&#233; par les agents du roi de Kaboul. Dans cette sc&#232;ne, Rakhsh montre une grande bravoure et qu'il a tu&#233; quelques-uns de ces agents avant d'&#234;tre captiv&#233;. C'est au palais du roi de Samangan, dans sa qu&#234;te pour retrouver Rakhsh, que Rostam rencontre Tahmineh, la future m&#232;re de Sohr&#226;b. Il est remarquable de voir que c'est en s'enqu&#233;rant de Rakhsh que la belle Tahmineh a pu s&#233;duire Rostam. Rakhsh aussi va voir, &#224; Samangan, sa jument qui enfantera le cheval de Sohr&#226;b, le fils de Rostam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relation existant entre Rostam et Rakhsh est aussi tr&#232;s particuli&#232;re. Rostam parle &#224; son cheval, et Rakhsh comprend la parole de son ma&#238;tre. Rostam aime sa monture, mais il n'h&#233;site pas &#224; la critiquer le cas &#233;ch&#233;ant. Il critique, par exemple, sa t&#233;m&#233;rit&#233; excessive lors du combat contre le lion. De temp&#233;rament impatient, Rostam se f&#226;che parfois lorsque Rakhsh lui d&#233;sob&#233;it, attitude souvent motiv&#233;e par sa grande intelligence et sa perception de certains p&#233;rils mena&#231;ant le h&#233;ros de Ferdowsi. Ce fut notamment le cas lors de la sc&#232;ne de la mort de Rostam, qui aurait pu &#234;tre &#233;vit&#233;e si le h&#233;ros du &lt;em&gt;Livre des Rois&lt;/em&gt; avait &#233;t&#233; plus attentif aux avertissements de son cheval.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12768 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L300xH397/5-10-95fb5.gif?1686660029' width='300' height='397' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:300px;'&gt;&lt;strong&gt;Sc&#232;ne du combat de Rostam et de Rakhsh contre le dragon&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Rakhsh meurt au m&#234;me moment que le h&#233;ros, suite &#224; un complot de Shagh&#226;d, le beau-fr&#232;re de Rostam. Dans cette sc&#232;ne, Rakhsh &#233;tait conscient du pi&#232;ge pos&#233; par Shagh&#226;d. En sentant l'odeur de la terre nouvellement creus&#233;e, il ne voulait pas s'approcher du pi&#232;ge, mais Rostam, qui se croyait en pleine chasse, se f&#226;cha et obligea Rakhsh &#224; le conduire vers la zone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rakhsh mourut sur place en tombant au fond d'un puits o&#249; Shagh&#226;d avait plant&#233; des lances tranchantes. Rostam survivra quelques instants de plus et aura le temps de se venger et de tuer le tra&#238;tre Shagh&#226;d avant sa mort. Far&#226;marz, le fils de Rostam sort le corps de son p&#232;re et celui de Rakhsh. Le corps de Rakhsh sera transport&#233; par un &#233;l&#233;phant vers le lieu de sa s&#233;pulture. Le h&#233;ros Rostam et sa monture Rakhsh seront enterr&#233;s c&#244;te &#224; c&#244;te, selon une tradition ancienne des tribus Scythes, selon un rite fun&#233;raire dont les traces peuvent &#234;tre identifi&#233;es aussi en Europe dans les sagas nordiques. Apr&#232;s avoir suivi Rostam au cours de tout son parcours h&#233;ro&#239;que, la vie de Rakhsh s'ach&#232;ve tragiquement en m&#234;me temps que celle de son ma&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12769 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH390/6-10-bf1e5.gif?1686660029' width='500' height='390' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;La sc&#232;ne du combat de Rostam et de Rakhsh contre le dragon est repr&#233;sent&#233;e &#224; merveille dans une toile de Mahmoud Farshchian, le grand ma&#238;tre de la miniature iranienne.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me apr&#232;s la mort du cavalier &#233;pique et de son cheval, l'image de Rostam reste indissociable de celle de Rakhsh. Dans presque toutes les illustrations litt&#233;raires et artistiques de l'&#233;pop&#233;e de Rostam, ce h&#233;ros de Ferdowsi est repr&#233;sent&#233; en compagnie de son cheval. Les statues &#224; l'effigie de Rostam, les miniatures et m&#234;me les jeux vid&#233;o et les films d'animation consacr&#233;s aux exploits de Rostam mettent en valeur le r&#244;le de Rakhsh dans l'&#233;pop&#233;e de Ferdowsi. Dans la litt&#233;rature classique tout autant que dans les manifestations artistiques et ludiques contemporaines, Rostam ne peut &#234;tre imagin&#233; sans son l&#233;gendaire cheval.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La figure du cheval dans les &#339;uvres d'Abdol-Samad Shir&#226;zi</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article2776</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article2776</guid>
		<dc:date>2020-11-19T12:56:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Zeinab Golest&#226;ni</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, de nombreuses &#233;tudes et recherches ont &#233;t&#233; consacr&#233;es &#224; l'&#339;uvre d'Abdol-Samad Shir&#226;zi, l'un des fondateurs de l'&#233;cole de peinture indo-iranienne (moghole). Les travaux de chercheurs comme Stuart Cary Welch et Milo Cleveland Beach proposent de nouveaux &#233;l&#233;ments pour reconna&#238;tre les &#339;uvres de ce peintre. Pourtant, certains aspects de ses travaux demeurent ambigus et m&#233;connus. Le grand nombre de ses tableaux d'enluminure pose &#233;galement la question des sens cach&#233;s &#233;ventuels de ses &#339;uvres et (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique288" rel="directory"&gt;N&#176; 171, printemps 2020&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH121/arton2776-f03cf.png?1686660029' width='150' height='121' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_12755 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L350xH558/1-14-cdf71.gif?1686660029' width='350' height='558' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;&#171; Le cheval et le palefrenier &#187;, du &lt;em&gt;muraqqa du Golest&#226;n&lt;/em&gt;, sign&#233; &lt;em&gt;&#171; Abdol-Samad Shirin Ghalam &#187;&lt;/em&gt;, environ 1580/967, Biblioth&#232;que du palais du Golest&#226;n, T&#233;h&#233;ran.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, de nombreuses &#233;tudes et recherches ont &#233;t&#233; consacr&#233;es &#224; l'&#339;uvre d'Abdol-Samad Shir&#226;zi, l'un des fondateurs de l'&#233;cole de peinture indo-iranienne (moghole). Les travaux de chercheurs comme Stuart Cary Welch et Milo Cleveland Beach proposent de nouveaux &#233;l&#233;ments pour reconna&#238;tre les &#339;uvres de ce peintre. Pourtant, certains aspects de ses travaux demeurent ambigus et m&#233;connus. Le grand nombre de ses tableaux d'enluminure pose &#233;galement la question des sens cach&#233;s &#233;ventuels de ses &#339;uvres et le r&#244;le de m&#233;c&#232;nes dans ses choix de sujet. Ces tableaux, dont la plupart repr&#233;sentent des r&#233;cits historiques, mythiques ou l&#233;gendaires, se caract&#233;risent par des sc&#232;nes de chasse, des rencontrent qui se tiennent au sein de la nature, des paysages p&#233;riurbains, des chevaux et leurs palefreniers. Cet article vise &#224; &#233;tudier les significations d'ordre &#224; la fois sociales et symboliques du cheval dans les miniatures d'Abdol-Samad r&#233;alis&#233;es entre 1535 et 1600 (921-986 de l'H&#233;gire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abdol-Samad Shir&#226;zi est n&#233; vers 1515-1520. Son p&#232;re, Niz&#226;m-ol-Mulk, &#233;tait le vizir des sultans seldjoukides Alp Arslan et Malik Sh&#226;h Ier. En 1544, Abdol-Samad aurait rencontr&#233;, &#224; la cour du roi Tahmasp Ier &#224; Tabriz, le second empereur moghol d'Inde, Hom&#226;youn. Celui-ci invite Abdol-Samad et Mir Seyyed Ali &#224; sa cour. Ces deux peintres ne quittent Tabriz pour Kaboul qu'en 1548. Par la suite, et sauf pour une courte dur&#233;e d'absence entre les ann&#233;es 1550 et 1551, Abdol-Samad reste jusqu'&#224; la fin de sa vie au service des empereurs moghols. Il est possible que l'int&#233;r&#234;t de Hom&#226;youn pour l'&#339;uvre d'Abdol-Samad soit la raison principale de l'invitation de ce peintre &#224; la cour moghole. N&#233;anmoins, il ne reste que quatre ou cinq de ses enluminures lui &#233;tant attribu&#233;es qui datent de cette &#233;poque. Bien qu'aucun document historique de l'&#233;poque des Safavides ne fasse allusion &#224; Abdol-Samad, Welch consid&#232;re que l'une des enluminures illustrant le &lt;em&gt;Grand Sh&#226;hn&#226;meh de Sh&#226;h Tahmasp &lt;/em&gt;(ou &lt;em&gt;Sh&#226;hnameh de Houghton&lt;/em&gt;), intitul&#233;e &#171; La mort de Chosro&#232;s &#187;, est une &#339;uvre d'Abdol-Samad. Ce chercheur d'art reconna&#238;t dans ce tableau des &#233;l&#233;ments stylistiques d'autres peintures de ce miniaturiste. Une autre &#339;uvre importante r&#233;alis&#233;e pendant le s&#233;jour de ce peintre &#224; Tabriz est &#171; Le derviche v&#233;n&#233;rateur et des compagnons endormis &#187;, qui illustre le &lt;em&gt;Jardin des roses &lt;/em&gt;de Saadi. Ce muraqqa est aujourd'hui conserv&#233; &#224; T&#233;h&#233;ran.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12756 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH360/2-12-4fbe6.gif?1686660029' width='500' height='360' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;&#171; Le cheval et le palefrenier &#187;, attribu&#233; &#224; Abdol-Samad, environ 1575, gouache sur papier, Metropolitan Museum of Art.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;La situation des figures de cette &#339;uvre et la forme des t&#234;tes humaines ressemblent beaucoup aux enluminures du &lt;em&gt;Grand Sh&#226;hn&#226;meh de Sh&#226;h Tahmasp&lt;/em&gt;. Cependant, les rochers pointus et accident&#233;s, les arbres feuillus et le derviche agit&#233; correspondent bien aux caract&#233;ristiques de la peinture moghole &#224; ses d&#233;buts. Selon Welch, cette miniature a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e vers la fin des ann&#233;es 1530 ou au d&#233;but des ann&#233;es 1540, alors que le peintre n'avait pas encore atteint le sommet de son art. L'autre enluminure que nous examinons ici est &#171; Le cheval debout avec un compagnon &#187;, qui aurait &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e lors du s&#233;jour d'Abdol-Samad &#224; Tabriz. Aux yeux de Welch, cette peinture fait partie des &#339;uvres illustrant un muraqqa et fut cr&#233;&#233;e entre 1544-1545 par Doust Muhammad pour le prince safavide, Bahr&#226;m Mirz&#226; (1517-1549). Cette &#339;uvre date des milieux des ann&#233;es 1530. Welch prend aussi deux miniatures illustrant le manuscrit &lt;em&gt;Hil&#226;li&lt;/em&gt; (1537-1538) pour l'&#339;uvre d'Abdol-Samad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les documents historiques moghols comportent des informations sur Abdol-Samad et ses &#339;uvres. Des chroniques de B&#226;yazid B&#226;y&#226;t (1590/999) qui rapportent les faits historiques de l'&#233;poque de Hum&#226;youn citent une lettre de l'empereur Hum&#226;youn adress&#233;e &#224; Rashid Kh&#226;n, souverain de Kachgar, dans laquelle il parle d'Abdol-Samad. Cette lettre date des derni&#232;res ann&#233;es du XVIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12757 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L350xH497/3-11-e508f.gif?1686660029' width='350' height='497' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#171; Akbar et le derviche &#187;, &lt;/em&gt;sign&#233; par Abdol-Samad, environ 1586-87, Collection du prince Sadreddine Agh&#226; Kh&#226;n, Gen&#232;ve.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Hum&#226;youn s'int&#233;ressait notamment &#224; deux enluminures d'Abdol-Samad peintes sur un grain de riz ; l'une repr&#233;sentant une sc&#232;ne de polo et l'autre une f&#234;te dans une grande salle royale. Il admirait aussi l'autre peinture intitul&#233;e &#171; Le cheval et le cavalier &#187;, dessin&#233;e sur un grain de pavot. C'est gr&#226;ce &#224; ces &#339;uvres que Hum&#226;youn lui accorda le titre de &lt;em&gt;Belle plume&lt;/em&gt; (&lt;em&gt;Shirin Qalam&lt;/em&gt;). Certes, Abdol-Samad profitait de ces &#339;uvres comme un capital de commerce. De plus, &#224; Nowrouz (Nouvel An) 1551, il parvint &#224; r&#233;aliser une enluminure seulement en une demi-journ&#233;e. Abdol-Samad &#233;tait aussi le professeur du prince Jal&#226;luddin Muhammad Akbar (1542-1605) et le ma&#238;tre des peintres de la cour. Il offrit en 1555 un portrait du prince Akbar &#224; Hum&#226;youn.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le choix de Delhi comme capitale de l'Empire par Hum&#226;youn et l'intronisation d'Akbar, Abdol-Samad conna&#238;t un grand succ&#232;s artistique. Il obtient &#224; Nowrouz 1557 le titre du &lt;em&gt;grand ma&#238;tre de la peinture sur tissu&lt;/em&gt; gr&#226;ce &#224; une &#339;uvre intitul&#233;e &#171; Les princes de la cour de Tamerlan &#187; datant de 1555-56. Il participe aussi &#224; l'ex&#233;cution d'une grande commande d'Akbar, c'est-&#224;-dire l'illustration de douze volumes de &lt;em&gt;Hamzanama&lt;/em&gt; (ou &lt;em&gt;L'&#233;pop&#233;e de Hamza&lt;/em&gt;). D'apr&#232;s de nouvelles recherches historiques, ce projet commen&#231;a imm&#233;diatement apr&#232;s l'intronisation d'Akbar. Avant son p&#232;lerinage &#224; La Mecque, Mir Seyyed Ali, qui &#233;tait parti avec Abdol-Samad en Inde, &#233;tait le responsable de la mise en page de &lt;em&gt;Hamzanam&#226;&lt;/em&gt;, mais apr&#232;s son d&#233;part (1572/958), Abdol-Samad fut nomm&#233; chef de ce grand projet qui fut termin&#233; vers 1577.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est gr&#226;ce &#224; ses comp&#233;tences professionnelles et techniques, ainsi qu'&#224; son exp&#233;rience artistique qu'Akbar le choisit vers la fin des ann&#233;es 1570 comme l'un des grands hommes de sa cour. Apr&#232;s avoir nomm&#233; le chef de l'atelier mon&#233;taire royal de F&#226;tehpur-Sikri (capitale d'Akbar pendant les ann&#233;es 1572-1785), Abdol-Samad devint costumier royal. En 1587, il fut choisi comme haut fonctionnaire d'&#201;tat. Il semble que ce fut son dernier poste de prestige &#224; la cour moghole.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12758 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L300xH496/4-10-622c8.gif?1686660029' width='300' height='496' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:300px;'&gt;&lt;strong&gt;&#171; Hom&#226;youn et Akbar dans le jardin &#187;, sign&#233; par Abdol-Samad, du &lt;em&gt;muraqqa&lt;/em&gt; du Golest&#226;n, sign&#233; &lt;em&gt;&#171; Abdol-Samad Shirin Ghalam &#187;&lt;/em&gt;, environ 1555, Biblioth&#232;que du Palais du Golest&#226;n, T&#233;h&#233;ran.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Abdol-Samad &#233;tait aussi le ma&#238;tre de plusieurs peintres de la cour. Son adh&#233;sion aux styles picturaux persans se manifeste clairement dans ses &#339;uvres r&#233;alis&#233;es pendant qu'il travaillait &#224; la cour de Hum&#226;youn. Des hommes coiff&#233;s de turbans comme l'empereur Hum&#226;youn, des oiseaux volant les uns derri&#232;re les autres en rangs r&#233;guliers, des figures humaines sereines et parfois d&#233;nu&#233;es d'expression, des compositions conformes &#224; celles de l'&#233;cole picturale de Tabriz, l'irr&#233;alisme et la d&#233;naturalisation t&#233;moignent chacun &#224; leur fa&#231;on de sa fid&#233;lit&#233; aux &#233;coles et styles iraniens en vogue &#224; l'&#233;poque des Safavides. Pourtant, la prise du pouvoir par Akbar influen&#231;a le style d'Abdol-Samad. Selon Abu al-Fazl ibn Mubarak alias Abu al-Fazl All&#226;mi (1551-1602), l'historiographe de l'&#233;poque d'Akbar, la beaut&#233; de son style fut profond&#233;ment influenc&#233;e par son ma&#238;tre qui lui avait ouvert la voie du passage &#171; du corps &#224; l'esprit &#187;. M&#234;me si Robert Skelton remplace aujourd'hui &#171; l'esprit &#187; par &#171; la v&#233;rit&#233; &#187;, ce sont bien des enseignements spirituels qui marqu&#232;rent le travail d'Abdol-Samad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir termin&#233; &lt;em&gt;Hamzanam&#226; &lt;/em&gt;en 1580, Abdol-Samad eut le d&#233;sir de d&#233;peindre des jeux d'ombres et de lumi&#232;res dans ses tableaux, en vue de donner des formes plus naturelles aux visages humains. Il utilisait aussi une technique particuli&#232;re de pointillage pour figurer de la v&#233;g&#233;tation et des rochers. Ces rochers bidimensionnels sont tr&#232;s grands, tr&#232;s hauts et vont jusqu'au ciel. Dans les &#339;uvres de cette &#233;poque, nous constatons des rochers et des montagnes denses, concentr&#233;s, accumul&#233;s les uns sur les autres dans un coin du tableau et recouverts de mousses et de lichens. Les &#339;uvres d'Abdol-Samad influencent alors les jeunes peintres de la cour comme Daswanth et Basawan. Il semble qu'afin de reproduire parfaitement la r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure, Abdol-Samad s'inspirait plut&#244;t des anecdotes rapport&#233;es par d'autres que de ses impressions personnelles. Bien que le nom de ses enluminures apparaisse dans plusieurs documents consacr&#233;s aux &#339;uvres picturales de l'&#233;poque, quelques remarques sont n&#233;cessaires concernant leur datation. &#192; l'exception de quelques enluminures sign&#233;es dans les ann&#233;es 1550-1580, aucune autre miniature n'est sign&#233;e par lui. Il existe n&#233;anmoins deux peintures attribu&#233;es &#224; Abdol-Samad qui datent des ann&#233;es 1570. Cette p&#233;riode de sa vie d'artiste reste m&#233;connue. Il est possible qu'il se soit alors adonn&#233; &#224; la mise en page de &lt;em&gt;Hamzanam&#226;&lt;/em&gt;, ou que les &#233;ventuelles &#339;uvres peintes durant ces ann&#233;es aient &#233;t&#233; perdues. Au cours des ann&#233;es 1580-1590, Abdol-Samad s'est consacr&#233; &#224; l'illustration de quelques manuscrits et ne r&#233;alisa qu'une ou deux enluminures ind&#233;pendantes de son travail d'illustrateur. Il est par ailleurs possible que ses pr&#233;occupations en tant que conseiller et fonctionnaire d'&#201;tat l'emp&#234;chaient de se consacrer &#224; la peinture comme il l'aurait souhait&#233;. Sa r&#233;putation en tant que p&#232;re fondateur de l'&#233;cole moghole conf&#233;rait une valeur sp&#233;cifique aux manuscrits dont il signait les enluminures. D'ailleurs, dans les ann&#233;es 1580, il &#233;tait reconnu comme l'un des artistes les plus cr&#233;atifs de son &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12759 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L300xH435/5-9-84d9f.gif?1686660029' width='300' height='435' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:300px;'&gt;&lt;strong&gt;&#171; Le prince et le derviche &#187;, sign&#233; par Mir Seyyed Ali mais attribu&#233; &#224; Abdol-Samad, environ 1580, Collection du prince Sadreddine Agh&#226; Kh&#226;n, Gen&#232;ve.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;En s'adaptant de fa&#231;on croissante &#224; la fois au go&#251;t de l'empereur Akbar ainsi qu'aux r&#232;gles de la peinture europ&#233;enne, les jeunes artistes de l'&#233;poque tendaient &#224; s'&#233;loigner des principes de la peinture persane tant respect&#233;s par leur ma&#238;tre Abdol-Samad. Pourtant, celui-ci &#233;laborait progressivement une combinaison harmonieuse entre les styles persan et moghol. Nous pouvons n&#233;anmoins consid&#233;rer que sa repr&#233;sentation des chevaux n'a pas chang&#233; tout au long de sa carri&#232;re artistique. Un regard port&#233; sur ses enluminures r&#233;alis&#233;es &#224; l'&#233;poque safavide comme &#171; Le cheval et le Palefrenier &#187;, ou des sc&#232;nes charg&#233;es de figures peintes dans la cour moghole atteste de la stabilit&#233; de cet &#233;l&#233;ment dans son &#339;uvre. Les chevaux ont tous de petites t&#234;tes fines, avec des bouches souvent ouvertes, comme s'ils hennissaient. Les reins et les dos sont proportionnellement plus grands que les garrots et les poitrines. Il semble qu'Abdol-Samad portait une attention privil&#233;gi&#233;e aux chevaux tachet&#233;s. Pourtant, nous trouvons dans ses tableaux des chevaux &#224; la robe fonc&#233;e, des chevaux noirs et blancs, des chevaux robustes avec des robes bicolores.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le respect et l'admiration exprim&#233;s &#224; cette &#233;poque pour les chevaux &#233;taient li&#233;s au r&#244;le important qu'ils jouaient dans le commerce, la guerre, le transport et les loisirs. Dans les enluminures persanes et indiennes r&#233;alis&#233;es avant l'&#226;ge de l'industrialisation, les chevaux sont figur&#233;s comme les moyens de transport les plus importants. Ce qui caract&#233;rise la figure du cheval dans l'&#339;uvre d'Abdol-Samad est la pr&#233;sence constante des chevaux et des palefreniers dans ses peintures comprises dans les muraqqa, et l'importance qu'il attribuait &#224; ces animaux dans la composition de ses illustrations de manuscrits. Mais pourquoi Abdol-Samad choisit-il cet animal en particulier ? Quelle place le cheval occupait-il pour l'empereur Akbar et d'autres m&#233;c&#232;nes ? Ces chevaux portaient-ils une signification symbolique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse &#224; ces questions d&#233;pend de la formulation d'hypoth&#232;ses reposant sur des documents historiques ou des textes et peintures qui sont aujourd'hui dans les collections priv&#233;es ou dans les mus&#233;es. Il semble que d&#232;s le d&#233;but de son travail artistique, Abdol-Samad avait r&#233;alis&#233; une tr&#232;s grande vari&#233;t&#233; de figures de chevaux dans ses &#339;uvres. Comme nous l'avons soulign&#233;, sa peinture sur un grain de riz repr&#233;sentant une sc&#232;ne de polo comprend sept chevaux, et sa miniature r&#233;alis&#233;e sur un grain de pavot se distingue &#233;galement par la pr&#233;sence d'un cheval. Puisque ces deux peintures ont &#233;t&#233; probablement offertes &#224; Hum&#226;youn comme des signes de sa ma&#238;trise et son habilet&#233;, il semble qu'il fut reconnu, et ce d&#232;s son entr&#233;e dans la cour, comme un peintre de chevaux. M&#234;me au moment o&#249; il s'&#233;tait distingu&#233; en tant que peintre des sc&#232;nes comprenant plusieurs figures humaines, ses m&#233;c&#232;nes semblaient privil&#233;gier ses peintures de chevaux. Selon Verma, Abdol-Samad r&#233;alisait aussi des tableaux pour d'autres membres de la cour et des aristocrates moghols. La repr&#233;sentation de la figure du cheval dans l'&#339;uvre d'Abdol-Samad peut &#234;tre divis&#233;e en quatre cat&#233;gories :&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12760 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH741/6-9-3b9d4.gif?1686660029' width='500' height='741' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;&#171; Sc&#232;ne de chasse &#187;, attribu&#233; &#224; Abdol-Samad, environ 1585.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;1-Des tableaux repr&#233;sentant seulement des chevaux et des palefreniers ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2-Des peintures dans lesquelles des chevaux et des palefreniers se placent aux c&#244;t&#233;s d'asc&#232;tes et de derviches ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3-Des sc&#232;nes de chasse ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4-Des compositions o&#249; la figure du cheval attire l'attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux premi&#232;res cat&#233;gories, les chevaux sont les sujets principaux et se trouvent au centre du tableau, alors que ceux des deux derni&#232;res cat&#233;gories occupent une place plus secondaire. Sur les cinq images de &#171; Cheval et palefrenier &#187;, les chevaux sont pr&#233;sent&#233;s dans trois &#233;tats : debout, galopant, ou au pas. Tous ces chevaux ont des bouches ouvertes et leurs dents sont visibles. Les chevaux portent tous une selle. Avant la deuxi&#232;me moiti&#233; du XVIe si&#232;cle, la plupart des peintures du premier groupe d&#233;pendaient des portraits royaux. Grace Guest et Richard Ettinghausen ont &#233;tudi&#233; les s&#232;mes picturaux des chevaux palefreniers endormis dans l'art iranien entre les XIIIe et XVIe si&#232;cles. Selon cette &#233;tude, c'est au cours du deuxi&#232;me tiers du XIIIe si&#232;cle que la peinture de cheval sort des manuscrits enlumin&#233;s et devient le sujet des peintures ind&#233;pendantes r&#233;alis&#233;es pour des muraqqa. La quasi-totalit&#233; des chevaux dessin&#233;s par Abdol-Samad est m&#226;le. Il s'agit probablement d'un symbole de plusieurs &#233;l&#233;ments : fertilit&#233;, pouvoir, vitesse, finesse, et &#233;l&#233;gance. Selon Priscilla Soucak, certains clients utilisaient des miniatures d'Abdol-Samad comme cadeaux de Nowrouz (l'une de ses &#339;uvres a &#233;t&#233; achev&#233;e &#224; ce moment-l&#224;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre d'Abdol-Samad t&#233;moigne bien de sa passion pour la peinture de chevaux et de palefreniers en tant que sc&#232;ne narrative ind&#233;pendante. Pour mieux comprendre l'importance de cet animal dans ses peintures, on peut se r&#233;f&#233;rer aux anecdotes d'Abu al-Fazl All&#226;mi. &#201;tant donn&#233; la diversit&#233; des m&#233;tiers relatifs aux chevaux &#224; la cour d'Akbar, All&#226;mi a consacr&#233; diff&#233;rentes parties de son livre &lt;em&gt;&#194;yin-e Akbari&lt;/em&gt; (L'Administration d'Akbar) &#224; la description de l'&#233;curie royale. De plus, une grande partie de descriptions de l'arm&#233;e d'Akbar est consacr&#233;e au nombre et &#224; la race des chevaux des soldats et des g&#233;n&#233;raux. Il y avait presque 12 000 chevaux dans les &#233;curies priv&#233;es et publiques de la cour royale. Ces chevaux &#233;taient issus d'autres pays et territoires comme l'Irak, l'Arabie, la Perse, la Turquie, le Kirghizistan, le Tibet, le Cachemire, le Turkestan, le Badakhshan et le Chirvan. Alors qu'Abdol-Samad &#233;tait lui-m&#234;me un fonctionnaire du roi et responsable de 400 chevaux, il semble que la plupart des chevaux de ses peintures &#233;taient inspir&#233;s des chevaux de six &#233;curies priv&#233;es. Chacune de ces six &#233;curies comprenait 40 chevaux persans et arabes ; des &#233;curies o&#249; l'on gardait des chevaux des princes, ainsi que des &#233;missaires et envoy&#233;s turcs. Il y avait aussi un haras consacr&#233; aux chevaux g&#233;niteurs. Chacun de ces chevaux portait un nom. Le roi montait les chevaux de ces six &#233;curies. Poursuivant cette tradition ancienne du respect des chevaux soulign&#233;e par Gueste et Ettinghausen, il y avait toujours dans les &#233;curies priv&#233;es deux chevaux pr&#234;ts pour le roi. &#192; chaque fois que le roi montait l'un des chevaux d'une &#233;curie priv&#233;e, il offrait un cadeau aux palefreniers et aux autres employ&#233;s de l'&#233;curie. Aussi, les chevaux que le roi recevait comme cadeaux des gouverneurs d'autres territoires et pays &#233;taient gard&#233;s dans ces &#233;curies priv&#233;es. De plus, on faisait une distinction nette entre les chevaux m&#226;les vieux et jeunes, ce qui montre la valeur et l'importance de ces chevaux g&#233;niteurs en comparaison des juments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abdol-Samad poss&#233;dait donc une connaissance pr&#233;cise de la situation des chevaux dans les &#233;curies royales de l'Inde au moment o&#249; il d&#233;cida de quitter l'Iran. De plus, &#224; la cour du roi d'Iran Sh&#226;h Tahmasp, les chevaux n'&#233;taient pas seulement dress&#233;s pour la guerre ou les batailles, mais portaient aussi des valeurs symboliques. Dans une lettre &#233;crite en 1539, Micheal Member, qui exp&#233;diait un message de Doge &#224; Tahmasp, souligne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Le roi poss&#232;de un cheval blanc qu'il a d&#233;di&#233; &#224; l'Imam Mahdi. Ce cheval est sell&#233; par une couverture en velours rouge, il a des fers en argent et m&#234;me en or. Personne ne monte ce cheval qui se place toujours devant les autres chevaux. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croyance profonde de Sh&#226;h Tahmasp &#224; la parousie de l'Imam Mahdi permet d'&#233;clairer ces usages. Ce rapport de Member affirme que la bonne sant&#233; physique des chevaux &#233;tait aussi un signe du pouvoir royal. En outre, le cheval blanc sans cavalier de l'&#233;curie royale de Tahmasp peut m&#234;me &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un symbole du martyre de l'Im&#226;m Hossein.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12761 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L400xH292/7-6-a9a02.gif?1686660029' width='400' height='292' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;&#171; Le palefrenier et le cheval &#187;, XVIIIe si&#232;cle, British Museum de Londres.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si dans ses premi&#232;res peintures, Abdol-Samad semble manifester un int&#233;r&#234;t pour d&#233;peindre des sc&#232;nes de la vie des Im&#226;ms chiites, il cacha ou renia ses croyances chiites apr&#232;s s'&#234;tre install&#233; &#224; la cour de l'empereur sunnite Hom&#226;youn. Il se peut aussi qu'il se soit converti &#224; la Din-i-ll&#226;hi, une religion syncr&#233;tique invent&#233;e par Akbar o&#249; l'on retrouve des &#233;l&#233;ments du christianisme, de l'islam, de l'hindouisme, et du bouddhisme. Selon les documents historiques, Abdol-Samad pr&#234;tait une attention particuli&#232;re aux pri&#232;res et f&#234;tes religieuses et pratiquait un asc&#233;tisme rigoureux. Il semblait souffrir de la grande tol&#233;rance religieuse qui dominait &#224; la cour d'Akbar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel sens le cheval rev&#234;t-il dans les tableaux comme &#171; Le cheval, le palefrenier et le derviche endormi &#187; (Figure II) ou &#171; La rencontre du prince avec un asc&#232;te qui vit dans la solitude &#187; (Figure V) ? Dans ces deux &#339;uvres, les figures humaines se trouvent en arri&#232;re-plan et occupent une place &#224; part dans la page, alors que le cheval et le palefrenier se trouvent au centre. De prime abord, il semble que la premi&#232;re enluminure pr&#233;sente un simple paysage o&#249; se situent un cheval et son palefrenier, tandis que la deuxi&#232;me illustre un fait historique ou un r&#233;cit racontant la rencontre de l'un des membres de la famille royale moghole avec un derviche ou un asc&#232;te. Mais la situation du derviche dans un lieu retir&#233; qui ressemble &#224; une tombe rappelle certains aspects symboliques et spirituels de ces miniatures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;voquant le tableau intitul&#233; &#171; Le prince et l'asc&#232;te &#187;, Welch affirme que le cheval fort et robuste est dans la pens&#233;e soufie iranienne un symbole de pouvoir et de gloire dans ce bas-monde. Il symbolise aussi son caract&#232;re &#233;ph&#233;m&#232;re. Les cheikhs, sufis et savants &#233;taient g&#233;n&#233;ralement tr&#232;s respect&#233;s par les Moghols, et exer&#231;aient parfois une grande influence sur la soci&#233;t&#233;. Le grand mufti indien et historien de l'&#233;poque moghole Abdel Qadir Badayuni (1540-1605) parle &#224; deux reprises des relations entre Abdol-Samad et des soufis de son &#233;poque. De plus, le roi Akbar organisait &#224; Fatehpur-Sikri des s&#233;ances o&#249; se rassemblaient des savants de diff&#233;rentes religions en vue de participer &#224; des dialogues philosophiques et religieux. Des hommes et des guides religieux qui participaient &#224; ces r&#233;unions et dont parle Abol-Fazl All&#226;mi sont tous des grands religieux et philosophes de l'&#233;poque. M&#234;me si le tableau &#171; Le cheval et le palefrenier &#187; d&#233;peint un simple paysage, il est possible de distinguer une contradiction entre le monde mat&#233;riel repr&#233;sent&#233; par le cheval et le monde spirituel de l'asc&#232;te. Si nous prenons en compte l'aspect dominant de ce motif dans la po&#233;sie persane du XVIe si&#232;cle, le cheval symbolise bien &#171; le monde &#233;ph&#233;m&#232;re et passager &#187;, tandis que situ&#233; dans un angle en haut de la peinture, l'asc&#232;te devient le repr&#233;sentant d'un niveau spirituel plus &#233;lev&#233; qu'il a atteint gr&#226;ce &#224; la pri&#232;re, la d&#233;votion, la m&#233;ditation et la retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enluminure intitul&#233;e &#171; Le prince et l'asc&#232;te &#187; repr&#233;sente un prince en train de parler &#224; un asc&#232;te dans une grotte. En m&#234;me temps, nous trouvons des compagnons du prince qui reviennent de la chasse. Situ&#233; dans l'angle droit du haut de la page, cet asc&#232;te aust&#232;re et v&#233;g&#233;tarien forme un contraste avec le prince carnivore, jouisseur, et chasseur qui se trouve &#224; c&#244;t&#233; de son cheval, celui-ci symbolisant le pouvoir mat&#233;riel. Les instruments de musique de guerre (Kus et Dohol) des chasseurs de faucons se trouvant sur la selle du cheval, les hommes &#224; droite de la peinture qui emportent un tronc d'arbre, les tissus nou&#233;s autour de cette colonne, et l'homme &#224; gauche du tableau qui a &#224; la main des armes du prince, tous ces &#233;l&#233;ments participe &#224; construire un paysage de chasse. Or, la figuration de sc&#232;nes de rencontres entre des princes et des ermites &#233;tait tr&#232;s courante dans les cultures moghole et iranienne du XVIe si&#232;cle. La plupart de ces enluminures figurent la rencontre d'Alexandre le Grand avec des hommes savants qui vivent dans des caves. Il est d'ailleurs possible que ce tableau repr&#233;sente un &#233;v&#233;nement historique et r&#233;el de la vie d'Akbar qui eut lieu en 1578.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12762 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L300xH488/8-4-928e7.gif?1686660030' width='300' height='488' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:300px;'&gt;&lt;strong&gt;&#171; Chosro&#232;s sur le terrain de chasse &#187;, de &lt;em&gt;Khamse Niz&#226;mi&lt;/em&gt;, sign&#233; &lt;em&gt;&#171; Abdol-Samad &#187;&lt;/em&gt;, 1595, British Library de Londres.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin du printemps 1578, Akbar d&#233;cida d'organiser une grande chasse &#224; Bhera, dans les environs du Pendjab. Sur son ordre, on pr&#233;para un vaste terrain de chasse &#233;tendu de Bhera &#224; Girjhak, dans les environs de Djalalpur. Am&#233;nag&#233; en dix jours, ce terrain fut appel&#233; &#171; Bucephalus d'Alexandre &#187;. Comme le raconte Abol-Fazl All&#226;mi, au moment de la chasse, &#171; Akbar, situ&#233; sur le terrain de chasse, re&#231;ut une r&#233;v&#233;lation sensationnelle. C'est &#224; ce moment-l&#224; qu'il se r&#233;v&#233;la dou&#233; d'une grande clairvoyance ; Akbar ressentit une joie immense et une compassion profonde. Il aper&#231;ut ainsi des lueurs de la connaissance divine. &#187; Cette r&#233;v&#233;lation conduit Akbar &#224; interrompre la chasse. &#171; Remerciant Dieu de ce grand don, il lib&#233;ra des milliers d'animaux. Il &#233;tait m&#234;me interdit de toucher la plume d'un fringillid&#233;. Tous lib&#233;r&#233;s, les animaux pouvaient aller o&#249; ils voulaient. &#187; Cependant, des compagnons d'Akbar n'&#233;taient pas certains que cette r&#233;v&#233;lation conduise Akbar &#224; donner cet ordre. Certains croyaient qu'il avait rencontr&#233; &#171; un asc&#232;te ou un homme de Dieu &#187; qui lui avait transmis cet amour et ce d&#233;sir. D'autres disaient qu'il devait cette clairvoyance &#224; un esprit sacr&#233; qu'il venait de rencontrer. Apr&#232;s cet &#233;v&#233;nement, Akbar devint un mystique et, &#171; se convertissant &#224; l'asc&#232;se &#187;, coupa ses cheveux longs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ressemblance du prince de cette enluminure avec des portraits attribu&#233;s &#224; Akbar t&#233;moigne de la tentation d'Abdol-Samad de le figurer comme un nouvel Alexandre. Par ailleurs, Alexandre perdit son cheval bien-aim&#233; Bucephalus lors de sa guerre avec Porus. C'est &#224; la m&#233;moire de ce cheval qu'il b&#226;tit la ville de Bucephala. Tout comme les deux chevaux mythiques iraniens, Rakhsh et Shabdiz, Bucephalus fait d&#233;sormais l'objet de nombreuses l&#233;gendes. Ainsi, la peinture d'Abdol-Samad peut mettre en &#339;uvre soit un &#233;v&#233;nement r&#233;el v&#233;cu par Akbar, soit une l&#233;gende racontant la rencontre d'Alexandre avec des asc&#232;tes et soufis. Dans ce sens, nous pouvons regarder le cheval comme &#233;tant une allusion &#224; Bucephalus. Mais il se peut aussi que cette enluminure fasse allusion &#224; un autre &#233;v&#233;nement de la vie d'Akbar qu'il avait v&#233;cu un mois auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On dit qu'une nuit, quand il (Akbar) revint de la chasse au camp, son cheval tomba. Il prit cet &#233;v&#233;nement comme un message de la part de Dieu et se consacra d&#233;sormais &#224; l'asc&#232;se. Ainsi, il fonda une nouvelle religion pour v&#233;n&#233;rer Dieu. &#187; Alors que ce roi ne r&#233;v&#233;la sa religion, &#171; Din-i-ll&#226;hi &#187;, que quarante ans apr&#232;s ce fait, les traces de ces deux &#233;v&#233;nements importants de sa vie se distinguent clairement dans sa vie spirituelle. En tant que fonctionnaire d'&#201;tat et ancien professeur du roi, Abdol-Samad devait s'&#234;tre rendu compte des changements mentaux et spirituels d'Akbar. Si la chute du cheval, interpr&#233;t&#233;e par le roi comme un signe divin manifest&#233; dans le terrain de chasse, a pu changer le mode de vie d'Akbar jusqu'&#224; le transformer en asc&#232;te, il n'est pas improbable qu'Abdol-Samad, en tant que ma&#238;tre de la peinture des chevaux, ait lui-m&#234;me re&#231;u des commandes des tableaux rappelant cet &#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12763 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L400xH216/9-4-9b44c.gif?1686660030' width='400' height='216' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;&#171; Cheval debout &#224; c&#244;t&#233; du palefrenier &#187;, probablement du &lt;em&gt;Muraqqa Bahr&#226;m Mirz&#226;&lt;/em&gt;, sign&#233; &lt;em&gt;&#171; Amal-e Abdol-Samad &#187;&lt;/em&gt;, milieu des ann&#233;es 1530, Tabriz.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Dans une autre enluminure intitul&#233;e &#171; La sc&#232;ne de chasse &#187; (Figure IX) qui date d'avant les ann&#233;es 1580, nous trouvons des chevaux galopant ou marchant, ainsi que des chevaux gris tachet&#233;s se tenant debout &#224; c&#244;t&#233; de leurs palefreniers. Il semble qu'ici, la figure du cheval ait aussi une dimension symbolique. Les chevaux et les palefreniers constituent les deux niveaux importants de cette composition picturale. L'immobilit&#233; des chevaux gris &#224; l'arri&#232;re-plan contraste avec l'agitation des chevaux blancs et noirs galopant et des hommes qui courent derri&#232;re eux. Nous constatons aussi un autre contraste, entre l'oiseau mort qui se trouve en arri&#232;re-plan et le faucon volant en haut du tableau. Ce proc&#233;d&#233; lui permet de figurer les diff&#233;rentes &#233;tapes de la chasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est possible de relever des proximit&#233;s stylistiques entre l'enluminure intitul&#233;e &#171; Akbar et le derviche &#187; (Figure III) et les figures VIII et IX. Comme dans les deux autres cas, la chasse est dans ce tableau arr&#234;t&#233;e au moment de la rencontre du prince et du derviche. Le cheval sans cavalier qui attend son ma&#238;tre dirige le regard de l'observateur vers le centre de la page o&#249; est assis le prince. Selon Welch, ce derviche peut &#234;tre l'un des adeptes de la secte &lt;em&gt;Kh&#226;ks&#226;riye&lt;/em&gt; qui s'&#233;tait d&#233;velopp&#233;e en Inde. Le prince est assis sur un tr&#244;ne &#224; un niveau plus haut que le derviche et celui-ci, rest&#233; debout en bas de la page, l&#232;ve ses mains vers le roi en signe d'imploration. Dans ce tableau, le cheval ne porte aucun signe sp&#233;cifique et repr&#233;sente seulement l'une des propri&#233;t&#233;s du prince.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la miniature intitul&#233;e &#171; La chasse de Chosro&#232;s &#187; qui figure &#224; la 82e page du livre &lt;em&gt;Khams&#233;&lt;/em&gt; &lt;em&gt;de Nizami&lt;/em&gt; de Dyson Perrins et qui date de 1595 (Figure XI), les chevaux manifestent un &#233;quilibre qui est proche de la composition de la figure IX. Dans cette &#339;uvre picturale, l'immobilit&#233; de Chosro&#232;s qui se trouve en haut de la page contraste avec le mouvement des deux cavaliers en bas de la page qui suivent des gazelles, des lapins et un renard. Les animaux et figures humaines se trouvant en arri&#232;re-plan attirent le regard de l'observateur. Dans ce cas, nous sommes en face d'une composition qui ne porte aucun signe du symbolisme. Autrement dit, Abdol-Samad s'attache dans cette peinture &#224; agencer les roches et les corps humains selon un style qui lui est propre, afin de produire une sc&#232;ne dynamique et vivante. Il affirme ainsi son habilet&#233; m&#234;me dans la vieillesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme l'artiste r&#233;put&#233; de son &#233;poque et son compatriote Mohammadi (qui travaillait &#224; Herat), Abdol-Samad inspira de nombreux artistes de son &#233;poque. Il a propos&#233; &#224; la peinture indienne un nouveau genre ind&#233;pendant dit &#171; chevaux et palefreniers &#187;. C'est gr&#226;ce &#224; ce grand peintre que ce th&#232;me devint l'un des sujets favoris de la peinture indo-iranienne (moghole). (Figure X) Les m&#233;c&#232;nes du XVIe si&#232;cle connaissaient tr&#232;s bien ces peintures charg&#233;es de figures et non narratives, notamment des tableaux que nous pouvons voir dans les figures VII et VIII. Dans ces &#339;uvres, les chevaux sont des cl&#233;s essentielles pour comprendre le sens de l'enluminure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chevaux constituent donc un motif central de l'&#339;uvre d'Abdol-Samad. Son fils Sharif, qui &#233;tait lui aussi un peintre tr&#232;s connu, avait choisi un nom d'artiste signifiant en m&#234;me temps &#171; le cavalier &#187; et &#171; l'Iranien &#187;, &#224; savoir &lt;em&gt;F&#226;risi&lt;/em&gt;. Il semble que ce nom &#233;voque une caract&#233;ristique sp&#233;cifique (Sharif naquit en Inde, alors que son p&#232;re &#233;tait originaire de Chiraz) ou faisait allusion &#224; la r&#233;putation d'Abdol-Samad comme peintre des chevaux. Il aurait donc &#233;t&#233;, et pourrait &#234;tre consid&#233;r&#233; comme le premier &lt;em&gt;Farisi &lt;/em&gt;de sa famille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le cheval dans la culture iranienne</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article2775</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mina Alaei</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;D&#233;riv&#233; de &#171; as &#187;, le mot asb (&#171; cheval &#187; en persan) signifie &#171; coureur agile et rapide &#187;. Le cheval, qui est aussi un symbole de beaut&#233; et de noblesse, est consid&#233;r&#233; comme l'un des animaux les plus marquants et importants dans le monde des mythes de l'ancienne Perse. L'Avesta consid&#232;re le cheval comme un animal &#233;lu et prodigue des conseils pour bien l'entretenir. Cette importance se retrouve dans la mythologie persane, tandis que la pr&#233;sence du cheval dans la plupart des &#233;pigraphes et des ardoises en or ou (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique288" rel="directory"&gt;N&#176; 171, printemps 2020&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH121/arton2775-a6f79.png?1686660030' width='150' height='121' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_12748 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH376/1-13-35e0c.gif?1686660030' width='500' height='376' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Zone humide de Azgan, un territoire pour l'&#233;levage des chevaux, Lorest&#226;n&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;D&#233;riv&#233; de &#171; as &#187;, le mot asb (&#171; cheval &#187; en persan) signifie &#171; coureur agile et rapide &#187;. Le cheval, qui est aussi un symbole de beaut&#233; et de noblesse, est consid&#233;r&#233; comme l'un des animaux les plus marquants et importants dans le monde des mythes de l'ancienne Perse. L'Avesta consid&#232;re le cheval comme un animal &#233;lu et prodigue des conseils pour bien l'entretenir. Cette importance se retrouve dans la mythologie persane, tandis que la pr&#233;sence du cheval dans la plupart des &#233;pigraphes et des ardoises en or ou en argent de la p&#233;riode ach&#233;m&#233;nide t&#233;moigne de la place &#233;minente qu'on lui accordait. Dans l'islam &#233;galement, le cheval occupe une place particuli&#232;re, et un verset du Coran pr&#234;te serment sur cet animal (sourate Adiat, versets 1-2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cheval et l'&#233;quitation ont jou&#233; aussi un r&#244;le crucial dans la vie et la culture des habitants de diff&#233;rentes r&#233;gions de l'Iran : au cours des si&#232;cles et jusqu'&#224; aujourd'hui, il a toujours fait partie des guerres, des f&#234;tes et des deuils ; une partie importante de la musique iranienne &#233;tant &#233;galement influenc&#233;e et s'&#233;tant inspir&#233;e de cet animal. Nous pr&#233;sentons ici un aper&#231;u des modalit&#233;s de la pr&#233;sence du cheval dans les chansons et po&#232;mes de diff&#233;rentes ethnies iraniennes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12749 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH346/2-11-b2b7b.gif?1686660030' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Zone humide de Azgan, un territoire pour l'&#233;levage des chevaux, Lorest&#226;n&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;gion du Turkm&#232;ne Sahra&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#212; toi qui montes un cheval rapide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qui as une bien-aim&#233;e au bras&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourrais-tu les emmener&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au monde &#233;ternel de l'Au-del&#224; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Traduction d'un po&#232;me de Maktoum Qoli Faraqi, po&#232;te turkm&#232;ne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cheval occupe une place centrale dans la litt&#233;rature et la culture turkm&#232;nes. Les chevaux sont souvent rev&#234;tus de belles couvertures et d'ornements dor&#233;s, tandis que les rythmes de do t&#226;r (litt&#233;ralement, &#171; deux cordes &#187;) dans la musique turkm&#232;ne s'accordent parfaitement au galop du cheval, et produisent une m&#233;lodie le rappelant. Par ailleurs, l'archet du kamancheh &#233;tait confectionn&#233; avec la crini&#232;re ou la queue du cheval. Parmi les chansons turkm&#232;nes faisant allusion au cheval, on peut citer &#171; Mayagouzel &#187;, (Maya est un pr&#233;nom f&#233;minin, et gouzel signifie &#171; belle &#187;), dans laquelle les sentiments du chevalier et les gestes du cheval sont exprim&#233;s sous forme d'image. Le galop du cheval semble ici incarner &#224; la fois le rythme de la vie et de la musique. &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Lorest&#226;n&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cheval et l'&#233;quitation occupent une place sp&#233;cifique parmi les nomades du Lorest&#226;n et &#224; l'instar des Turkm&#232;nes, ce cheval occupe une place centrale dans les &#233;v&#233;nements les plus importants de la vie comme la f&#234;te, le deuil ou encore la guerre et la paix. La r&#233;gion m&#234;me du Lorest&#226;n comprend un territoire particuli&#232;rement propice &#224; l'&#233;levage des chevaux, et les habitants de cette r&#233;gion sont connus pour &#234;tre d'habiles et rapides cavaliers. Selon des documents historiques, les chevaux de l'arm&#233;e de Babylone, d'Achour, de la plupart des pays d'Asie occidentale et m&#234;me de celle de la Ph&#233;nicie &#233;taient &#233;lev&#233;s dans cette r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12750 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH332/3-10-c6709.gif?1686660030' width='500' height='332' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Spectacle musical appel&#233; &#034;le spectacle du cheval en bois&#034;, ville de Sabzev&#226;r&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Il existe actuellement dans le sud de Khorram Ab&#226;d, l'une des villes du Lorest&#226;n, une r&#233;gion appel&#233;e &#171; Asbestan &#187; c'est une ville qui serait plut&#244;t en azerba&#239;djan oriental. Cette r&#233;gion, qui porte le nom d'Aspostana dans l'Avesta, d&#233;signe un lieu o&#249; vivent de nombreux chevaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs tonalit&#233;s musicales, comme &#171; Jangra &#187; et &#171; Pakotaly &#187;, sont consacr&#233;es &#224; des &#233;v&#233;nements faisant intervenir des chevaux. La premi&#232;re est utilis&#233;e lors du retour des chevaliers de la guerre et lorsqu'on r&#233;unit les soldats sous l'ordre des chefs de tribu, tandis qu'on a recours &#224; la seconde lors des fun&#233;railles. Lors de la mort des personnes les plus &#233;lev&#233;es dans la hi&#233;rarchie sociale, on rev&#234;t de noir le cheval du d&#233;funt et on lui couvre le cou d'un tissu vert. Il accompagne &#233;galement le d&#233;funt vers le cimeti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12751 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L450xH433/4-9-f69a9.gif?1686660030' width='450' height='433' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Cheval de Dalahou, villages du Kurdistan&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Khor&#226;ss&#226;n&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nord de cette r&#233;gion ainsi que dans la ville de Sabzev&#226;r, un spectacle musical appel&#233; &#171; le spectacle du cheval en bois &#187; est organis&#233;. Un danseur ou un musicien monte sur un cheval en bois en tenant une &#233;p&#233;e &#224; la main. Il effectue des danses et des gestes particuliers tandis que les musiciens locaux jouent du Sorna et de la batterie. Ce spectacle est souvent organis&#233; lors de c&#233;r&#233;monies de mariage. &#192; cette occasion, la jeune mari&#233;e, mont&#233;e &#224; cheval, se met dans un coin tandis que le mari&#233;, mont&#233; sur un autre cheval, se poste en face. Ils se jettent une pomme. Le cheval de bois et les danseurs se d&#233;placent vers l'endroit o&#249; la pomme est tomb&#233;e. Ce spectacle fait &#233;galement intervenir un cheval blanc qui est ici le symbole de la famille de la jeune femme et un cheval rouge, qui symbolise celui de la famille du mari&#233;. Dans ce spectacle &#224; la fois symbolique et humoristique, une dispute se d&#233;clenche entre les deux familles et en fin de compte, on d&#233;couvre que ce sont les chevaliers cach&#233;s dans les chevaux en bois qui se disputent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12752 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L450xH450/5-8-4343f.gif?1686660030' width='450' height='450' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Rituel de Kotal dans la culture nomade bakhti&#226;r&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Kurdistan&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux spectacles &#233;questres sont organis&#233;s dans tous les villes et villages du Kurdistan. C'est notamment le cas lors de c&#233;r&#233;monies de mariage, o&#249; la jeune mari&#233;e est amen&#233;e &#224; cheval chez le mari&#233;. En automne, les habitants des r&#233;gions nomades de Gouran et Dalahou f&#234;tent la moisson. Lors de cette f&#234;te, la musique remplit la plaine et les jeunes se livrent &#224; des courses &#233;questres arbitr&#233;es et jug&#233;es par les personnes plus &#226;g&#233;es. En m&#234;me temps que les chevaux galopent, des musiciens locaux jouent selon la tonalit&#233; Sovar-Sovar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12753 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH254/6-8-63beb.gif?1686660030' width='500' height='254' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Courses &#233;questres &#224; Talech, province du Guil&#226;n&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La culture nomade bakhti&#226;r&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cheval occupe &#233;galement une place centrale dans les f&#234;tes et le deuil dans la culture bakhti&#226;r. Dans le rituel dit de Kotal, on rev&#234;t de noir le cheval du d&#233;funt, en accrochant le fusil de ce dernier au cheval. L'un des hommes de la tribu prend la bride du cheval et marche lentement, au rythme d'une musique, suivi du cort&#232;ge des fun&#233;railles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; Sovar Bazi &#187; est l'une des tonalit&#233;s &#233;piques jou&#233;e par les musiciens locaux en pr&#233;sence de chevaux, qui acc&#233;l&#232;rent leur galop en suivant le rythme de la musique. Cette tonalit&#233; est &#233;galement jou&#233;e pendant les c&#233;r&#233;monies de f&#234;te comme le mariage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12754 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH324/7-5-20303.gif?1686660030' width='500' height='324' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Les c&#244;tes du golfe Persique, Boushehr&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;gion du Guil&#226;n&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'ouest du Guilan, &#224; Talech, des courses &#233;questres ont lieu sur le rythme de tambourins. Excit&#233;s par ces rythmes, les chevaux r&#233;alisent souvent des mouvements spectaculaires et remarquables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les c&#244;tes du golfe Persique et de la mer d'Oman&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'&#238;le de Qeshm, de nombreux spectacles ayant tous des origines iraniennes sont jou&#233;s. Les acteurs portent souvent des masques d'animaux en particulier de cheval, au rythme d'instruments de musique typiques du sud de l'Iran. D'autres acteurs se penchent parfois pour imiter un cheval, et en vue de d&#233;clencher les rires des spectateurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Le supermarch&#233; des images &#187; Le Jeu de Paume, Paris11 f&#233;vrier &#8211; 7 juin 2020 Une exposition foisonnante et mille questions</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article2774</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article2774</guid>
		<dc:date>2020-11-19T12:56:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Brigaudiot</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Au-del&#224; du seul visible &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Jeu de Paume n'est pas un mus&#233;e, il ne collectionne ni ne restaure des &#339;uvres. C'est un lieu parisien situ&#233; aux Tuileries (les jardins et parcs du Louvre) d&#233;di&#233; &#224; des formes d'art contemporain qui comportent avant tout la photo, le cin&#233;ma, la vid&#233;o, le multim&#233;dia et le net art. Cela n'emp&#234;che pas la peinture, l'installation ou d'autres modes d'expression d'y trouver leur place, selon les th&#232;mes des expositions. Depuis un certain nombre d'ann&#233;es, il se pr&#233;sente comme &#224; la fois un (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique288" rel="directory"&gt;N&#176; 171, printemps 2020&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH121/arton2774-a31e6.png?1686660030' width='150' height='121' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Au-del&#224; du seul visible&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Jeu de Paume n'est pas un mus&#233;e, il ne collectionne ni ne restaure des &#339;uvres. C'est un lieu parisien situ&#233; aux Tuileries (les jardins et parcs du Louvre) d&#233;di&#233; &#224; des formes d'art contemporain qui comportent avant tout la photo, le cin&#233;ma, la vid&#233;o, le multim&#233;dia et le net art. Cela n'emp&#234;che pas la peinture, l'installation ou d'autres modes d'expression d'y trouver leur place, selon les th&#232;mes des expositions. Depuis un certain nombre d'ann&#233;es, il se pr&#233;sente comme &#224; la fois un lieu exp&#233;rimental, un lieu engag&#233; qui refl&#232;te des luttes politiques et sociales conduites par des minorit&#233;s usant des moyens de l'art, par exemple luttes des femmes, luttes de pays ou de populations opprim&#233;es tels les Palestiniens ou les Am&#233;rindiens. C'est &#233;galement un lieu, comme en t&#233;moigne pour partie la pr&#233;sente exposition, o&#249; l'art peut s'inscrire dans une mouvance qui peut &#234;tre qualifi&#233;e de Post conceptuelle ou bien de N&#233;o conceptuelle, en r&#233;f&#233;rence &#224; l'Art Conceptuel qui fleurit de la fin des ann&#233;es soixante aux ann&#233;es quatre-vingt, c&#244;toyant le Minimal Art et le Land Art. Ce Jeu de Paume ne pr&#233;sente pas de formes d'art destin&#233;es &#224; un grand public et son propre public, bien sp&#233;cifique, est dispos&#233; &#224; des visites de travail et de compr&#233;hension, public cultiv&#233; en mati&#232;re d'art, cela se jouant en marge du commerce de l'art, loin des valeurs internet tapageuses et un peu vides de contenus, pris&#233;es aujourd'hui par le grand m&#233;c&#233;nat et certains mus&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des images, rien que des images&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, il est question de l'image dans tous ses &#233;tats, dans toutes ses formes, sur tous les supports, de tous les formats, image imprim&#233;e ou virtuelle et d&#233;mat&#233;rialis&#233;e, images &#233;craniques des Smartphones, des ordinateurs, du cin&#233;ma ou de la vid&#233;o, images photographiques avec ou sans support d'impression, images publicitaires ou images commerciales, images du quotidien, &#233;ph&#233;m&#232;res et consommables de la presse &#233;crite et d'internet, images en relation avec l'&#233;conomie, tr&#232;s pr&#233;sente ici, ou image-&#339;uvre telle que la con&#231;ut Laszlo Moholy-Nagy avec son triptyque r&#233;alis&#233; en 1922, sur sa commande t&#233;l&#233;phonique ; image-&#339;uvre malgr&#233; la proc&#233;dure qui consista &#224; la faire r&#233;aliser par un partenaire artisan. La p&#233;riode concern&#233;e par cette exposition &lt;em&gt;Le Supermarch&#233; des Images&lt;/em&gt; est vaste puisqu'elle va du Zo&#233;trope de 1880, un de ces appareils de projection et d'animation d'images jusqu'aux &#339;uvres les plus contemporaines en passant par le Bauhaus, Malevitch et Vasarely, ce qui permet de quelque peu r&#233;capituler la pr&#233;sence et le r&#244;le de ce qui est image dans le champ des arts d'avant-garde comme dans la vie quotidienne, supposant que l'art et la vie se confondent. Le cas de Vasarely est ici int&#233;ressant en tant que cas, davantage qu'en tant qu'&#339;uvres pr&#233;sent&#233;es, cas d'un artiste qui joua un r&#244;le dans le d&#233;veloppement de l'Art optique ou Op'art, l'une des avant-gardes g&#233;om&#233;triques du milieu du vingti&#232;me si&#232;cle. Son &#339;uvre, inscrite dans la foul&#233;e de celle de Mondrian, trouve ici sa place en tant que se faisant image de consommation sur la base d'effets optiques et sur la base d'une relation tr&#232;s commerciale avec la mode et le d&#233;coratif. Car l'image n'est pas &#224; proprement parler &#339;uvre d'art ; elle s'en distingue notamment par deux caract&#233;ristiques : celle de sa reproductibilit&#233;, laquelle s'oppose radicalement au principe m&#234;me de l'unicit&#233; qui r&#232;gne encore aujourd'hui en mati&#232;re d'art, en tout cas selon les r&#232;gles et coutumes en usage. Autre caract&#233;ristique de l'image, elle est consommable en m&#234;me temps qu'&#233;ph&#233;m&#232;re, envahissante, voire saturante&#8230; et plut&#244;t sans &#233;paisseur ni profondeur comme peuvent &#234;tre les &#171; vraies &#339;uvres d'art &#187;... disons traditionnelles. Ainsi une affiche, un billet de banque ont &#224; priori peu de profondeur &#233;motionnelle et spirituelle, en tout cas telles que peut en avoir un tableau figuratif ou abstrait : profondeur en ce sens que le tableau implique une appr&#233;hension par cheminement de l'apparence vers le sens, une recherche de rep&#232;res et de r&#233;f&#233;rences et un ressenti &#233;motionnel d&#233;velopp&#233; de mani&#232;re complexe o&#249; se m&#234;lent appr&#233;ciation esth&#233;tique, consid&#233;ration d'une singularit&#233;, d'une exceptionnelle raret&#233;. L'image est de peu de profondeur par sa diffusion en flux continu limitant son temps d'appr&#233;hension comme sa dur&#233;e d'usage : une affiche ou un spot publicitaires est &#224; court terme recouvert par une nouvelle affiche, le spot ne dure que le temps de quelques passages &#224; la TV. Comme l'est le Street Art qui s'est peu &#224; peu impos&#233; comme art &#224; part enti&#232;re, - ou bien a &#233;t&#233; impos&#233; par le commerce de l'art ? Et le monde dans lequel nous sommes se constitue peu &#224; peu en images de lui-m&#234;me, ainsi qu'il en est des informations en continu de la t&#233;l&#233;vision o&#249; le pire et le meilleur s'entrem&#234;lent sans hi&#233;rarchie, o&#249; l'horreur et le bonheur vont de pair, territoires inexorablement emm&#234;l&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12742 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH312/1-12-e8744.gif?1686660030' width='500' height='312' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Jeff Guess &#034; Adressability &#034; 2011&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Les questions multiples que soul&#232;ve cette exposition &#233;voquent pour partie une autre exposition en ce m&#234;me lieu : celle de Daphn&#233; le Sergent, dont un compte-rendu est paru dans &lt;em&gt;La Revue de T&#233;h&#233;ran&lt;/em&gt; en septembre 2018 : &#171; G&#233;opolitique de l'oubli &#187;. Dans cette exposition, il &#233;tait question &#224; la fois de Georges Orwell, de son ouvrage intitul&#233; &#171; 1984 &#187; et de Novlangue, ce langage r&#233;duit &#224; quelques signes que nous impose notamment l'E.Commerce en m&#234;me temps que nous sommes scrut&#233;s, d&#233;finis, d&#233;pec&#233;s, identifi&#233;s en tant que consommateurs d&#232;s lors que nous ouvrons nos ordinateurs. Et ces pratiques de l'E-Commerce subvertissent peu &#224; peu notre langage fond&#233; sur l'&#233;criture au profit d'un langage iconique r&#233;duit au plus simple... langage iconique fait d'images simplificatrices, comme il en est avec la t&#233;l&#233;vision populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous montre cette exposition du Jeu de Paume, est surtout cette prolif&#233;ration d'images en tous genres, de toutes formes, inflation qui certes change notre monde et se pose peu &#224; peu comme langage autonome et tr&#232;s cacophonique, ceci en une perspective de r&#233;duction de la langue. Les &#171; &#233;motic&#244;nes &#187; de nos Smartphones et autres applications t&#233;moignent fort clairement de sa r&#233;duction &#224; des signes iconiques simples, comme il en va du langage publicitaire, dans le contexte d'un monde de profit, le temps de d&#233;roulement de l'annonce &#233;tant de l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12744 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH354/3-9-430dc.gif?1686660030' width='500' height='354' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Laszlo Moholy-Nagy &#034;Cosntruction et email. 1, 2 et 3&#034; (T&#233;l&#233;phone pictures, 1923) &#034;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le r&#233;el subverti par son image&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La visite d'un site &#233;ventuellement mus&#233;al accompagn&#233; d'un I-pad mis &#224; disposition du visiteur se traduit immanquablement par une occultation des &#339;uvres et des lieux eux-m&#234;mes au profit de leur(s) image(s) ; mais pas de n'importe quelle(s) image(s), il s'agit l&#224; d'une image ou d'images donn&#233;es au visiteur comme v&#233;rit&#233;s de ce qui est d&#233;crit, choix d'images d&#233;cid&#233; en amont, conforme &#224; ce que veut et permet l'institution, choix refl&#233;tant intentionnellement ou non une id&#233;ologie, un &#171; politiquement correct &#187;. Perte programm&#233;e d'une culture d'engagement personnel pour une communication unilat&#233;rale simplifi&#233;e ? Pens&#233;e pr&#233;d&#233;finie, pens&#233;e critique &#233;radiqu&#233;e ? Ces objets connect&#233;s et les images contemporaines ne sont certes pas innocents quant &#224; ce qu'ils drainent au-del&#224; du donn&#233; &#224; voir. Cette digression par rapport &#224; cette exposition Le Supermarch&#233; des Images permet de retomber sur un ph&#233;nom&#232;ne assez identique &#224; celui de l'I-pad de la visite mus&#233;ale, celui des visiteurs arm&#233;s de leurs Smartphones photographiant ou filmant les images fixes ou mobiles : d&#233;multiplication des images en leurs reflets, laissant le monde r&#233;el en arri&#232;re plan et en panne de lui-m&#234;me, de sa chair, de son affect et de son sens ! Mais peut-&#234;tre est-ce aussi une appropriation du r&#233;el qui passe par ses images. Ce qui n'est pas sans rappeler le cockpit aveugle des avions de guerre o&#249; le pilote joue la partie comme l'adolescent joue avec ses jeux vid&#233;o : le r&#233;el est mis &#224; distance, occult&#233; par son image am&#233;nag&#233;e, la guerre se fait jeu, sans &#233;tats d'&#226;me ! Nouvelles valeurs num&#233;ris&#233;es donn&#233;es &#224; la vie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12745 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L350xH446/4-8-45b48.gif?1686660030' width='350' height='446' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Ana Vittoria Mussi &#034; Por un fio &#034; 1977-2004&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'image et l'argent&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exposition est constitu&#233;e par un ensemble d'&#339;uvres choisies et regroup&#233;es th&#233;matiquement o&#249; la question de l'argent est cruciale, surrepr&#233;sent&#233;e par diff&#233;rentes &#339;uvres et artistes : &lt;em&gt;L'Argent&lt;/em&gt;, film de Robert Bresson, &lt;em&gt;One Million Dollars&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;I Am A Coin&lt;/em&gt; de Wilfredo Prieto, &lt;em&gt;Cash Machine&lt;/em&gt; de Sophie Calle&#8230; par exemple. C'est que selon les commissaires de l'exposition l'argent, la valeur en elle-m&#234;me, li&#233;e &#224; l'objet d'un commerce ou valeur symbolique d&#233;mat&#233;rialis&#233;e, d&#233;tach&#233;e de la vente fait image, &#224; la fois par l'objet symbolique utile &#224; la transaction : la monnaie, la pi&#232;ce, le billet de banque, le ch&#232;que et ce en quoi ils sont images en r&#233;f&#233;rence et par son comptage, op&#233;ration basique de d&#233;mat&#233;rialisation, bien ant&#233;rieure &#224; l'apparition de l'informatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'image telle qu'elle se noie en elle-m&#234;me&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'image, en son inflation, en sa quantit&#233; illimit&#233;e, en son flux permanent, finit par se noyer et par perdre sa qualit&#233; d'image pour devenir comme la musique ambiante, un bruit de fond, un d&#233;cor sans accroche pour le regard, sans focalisation, comme il en va ici, dans cette exposition avec ces milliers d'images tapissant les murs, comme le fait ici l'&#339;uvre d'Evan Roth, &lt;em&gt;Since You Were Born&lt;/em&gt;, comme il en va au dehors, dans nos villes du monde, avec le Street Art et les annonces publicitaires qui s'auto dissolvent en leur pr&#233;sence pl&#233;thorique. Comme il en va d&#233;sormais avec la photo qui fut &#224; son origine d&#233;ni&#233;e en tant qu'art, consid&#233;r&#233;e comme une simple technique, puis devenue art avec ses salons internationaux et ses vedettes, avant de glisser vers l'imagerie en s'exposant partout sur les murs des villes, en immenses formats et se confondant avec l'image d'ambiance sans &#233;paisseur r&#233;elle. Autrement avec l'artiste Ana Vitoria Mussi, l'image est &#224; la fois pr&#233;sent&#233;e et repr&#233;sent&#233;e par une sorte de sculpture, un objet tridimensionnel, &lt;em&gt;Por um fio,&lt;/em&gt; faite de 20 000 n&#233;gatifs datant de l'&#233;poque o&#249; la photo passait encore par le n&#233;gatif, une installation-fontaine, peut-on dire, o&#249; les n&#233;gatifs descendent le long d'un cylindre jusqu'au sol. Plus loin, l'&#339;uvre photographique d'Andreas Gursky nous met face &#224; une photo g&#233;ante (&#233;chelle 1/1) d'un entrep&#244;t d'Amazon o&#249; des livres en immense quantit&#233; sont en attente de leur livraison. Image vertigineuse, reflet ou m&#233;taphore de notre soci&#233;t&#233; surpeupl&#233;e de milliards d'humains, jusqu'au non-sens total. Yves Klein est repr&#233;sent&#233; dans cette exposition sur la question de sa vente : &#171; Cession d'une zone de sensibilit&#233; picturale immat&#233;rielle &#187;. Klein abondait dans une spiritualit&#233; exacerb&#233;e et &#233;sot&#233;rique et son fameux YKB (Yves Klein Blue) faisait partie de cette cat&#233;gorie o&#249; le fameux bleu outremer, &#171; ultramarine blue &#187; (une poudre de pigments), renvoyait explicitement &#224; l'infini, autant qu'au bleu de la M&#233;diterran&#233;e. Il en fut de m&#234;me de son &#171; envol &#187; depuis une fen&#234;tre, au cours duquel il se serait sinon d&#233;mat&#233;rialis&#233;, aurait au moins franchi un pas entre le monde r&#233;el et son monde id&#233;el. Ici, pour rejoindre l'exposition Le Supermarch&#233; des Images, on dira que Yves Klein avait r&#233;ussi &#224; remplacer l'&#339;uvre dans sa dimension artisanale et mat&#233;rielle par de la poudre bleue, de la poudre d'or ou une simple photo. Poudre aux yeux ou acte g&#233;nial ? Avec la &#171; Cession d'une zone de sensibilit&#233; picturale immat&#233;rielle &#187; Klein avait imagin&#233; une transaction avec les collectionneurs o&#249; il abandonnait le vulgaire papier-monnaie de la vente pour un certain poids d'or fin en &#233;change de zones immat&#233;rielles et virtuelles. Le certificat de transaction &#233;tait brul&#233; lors d'une performance. Aujourd'hui, on pense in&#233;vitablement, avec cette op&#233;ration de transaction-vente, aux crypto monnaies d&#233;mat&#233;rialis&#233;es, d&#233;lest&#233;es des liasses de billets autant que des agences bancaires que l'on manipule encore dans certains pays. L'exposition accumule ainsi les exemples, beaucoup d'exemples d'&#339;uvres de p&#233;riodes r&#233;volues jusqu'&#224; nos jours, peut-&#234;tre un peu de mani&#232;re excessive ou tout du moins ne privil&#233;giant pas ce qui peut &#234;tre essentiel pour le propos, car cette succession de propositions est in&#233;gale quant &#224; l'int&#233;r&#234;t de chacune par rapport &#224; l'autre comme par rapport &#224; l'annonce du titre de l'exposition.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12746 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH325/5-7-3b13f.gif?1686660030' width='500' height='325' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Evan Roth &#034; Untitled &#034; 2001&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Vers une mort de l'art ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'image en sa quantit&#233; ph&#233;nom&#233;nale, en sa pr&#233;sence sous tant de formes, y compris en un au-del&#224; du cadre &#8211; celui qui d&#233;limita si longtemps et d&#233;limite encore la plupart des images, finit-elle, finira-t-elle par tuer ou changer significativement l'art ou ce que l'on dit &#234;tre l'art ? Le cadre instaur&#233; comme un d&#233;sir de d&#233;finir un territoire du visible, de ce qui est donn&#233; &#224; voir, impos&#233; m&#234;me, excluant ce qui ne l'est pas (le hors cadre, hors champ), ce qui ne doit pas ou ne saurait &#234;tre montr&#233; est-il en voie de disparition malgr&#233; le cin&#233;ma ? Il est ind&#233;niable que l'art est en mutation rapide et n'est d&#233;j&#224; plus ce qu'il fut avec par exemple le syst&#232;me des avant-gardes ou la postmodernit&#233;, subverti par une multiplicit&#233; d'images et n'ayant pas du tout la m&#234;me consistance, la m&#234;me destination que celle qu'eut l'art. En t&#233;moigne sans doute cette inflation de lieux de vente de l'art, des &lt;em&gt;supermarch&#233;s de l'art&lt;/em&gt; o&#249; se vend ce qui pr&#233;tend &#234;tre de l'art ; ces lieux pullulent d&#233;sormais &#224; proximit&#233; des grandes institutions mus&#233;ales. S'y vend un art qui fait avant tout image plus qu'il n'est art, ce sont avant tout des photos et des peintures, des objets-signes produits en nombre et plut&#244;t d&#233;coratifs, qui &#233;voquent des &#339;uvres d'art mais dont la profondeur en tant qu'&#339;uvres d'art semble singuli&#232;rement absente, des sous-objets d'art, un ersatz d'art ? Ici en effet, du point de vue de la nature des &#339;uvres on est bien souvent dans le sous produit se r&#233;f&#233;rant assez explicitement &#224; un mouvement ou &#224; une tendance artistique, voire &#224; un artiste notoire. Les &#339;uvres t&#233;moignent cependant d'une ma&#238;trise du m&#233;tier, d'un savoir-faire ind&#233;niables mais restent d&#233;nu&#233;es de cr&#233;ativit&#233;, comme des sous-produits de notre soci&#233;t&#233; de consommation. Cet art, malgr&#233; l'authenticit&#233; des peintures et des photos, est un art de l'image en sa duplication infinie, ce qui lui enl&#232;ve sans nul doute sa qualit&#233; potentielle d'art, non point en ses dimensions et d&#233;finitions acad&#233;miques convenues par le march&#233; et leur prix, mais en tant que valeurs spirituelles au plan r&#233;flexif et cognitif, capables de r&#233;sister &#224; la fois au temps, aux modes, aux go&#251;ts et &#224; l'arbitraire de leurs pr&#233;caires valeurs v&#233;nales. Objets de consommation, jetables &#224; l'envi. Autre approche de la question de la mort de l'art ou de sa transformation par son succ&#232;s et par les foules immenses de ses visiteurs : l'art est le plus souvent constitu&#233; d'objets rares et pr&#233;cieux, pr&#233;sent&#233;s dans des lieux, les mus&#233;es, par exemple, qui n'en peuvent plus d'accueillir ces foules et se sont transform&#233;s en commerces culturels. L'exposition L&#233;onard de Vinci qui vient de se terminer au Louvre en t&#233;moigne : r&#233;servations obligatoires, files d'attente interminables, temps de visite minut&#233;&#8230; et le plus c&#233;l&#232;bre de ses tableaux, la fameuse Joconde, &#233;tait absent, repr&#233;sent&#233; non pas par une copie mais par une visite en 3D dans son lieu de pr&#233;sentation habituel. Alors, l'art deviendrait sa propre image, rendant inutile l'original ? Et l'image va-t-elle se substituer &#224; l'individu d&#233;pec&#233; et reconstitu&#233; en un montage/assemblage d'images num&#233;riques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12747 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH313/6-7-4955b.gif?1686660030' width='500' height='313' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Le Jeu de Paume est un lieu parisien situ&#233; aux Tuileries, d&#233;di&#233; &#224; des formes d'art contemporain&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une exposition tellement riche !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'envie peut surgir dans l'imaginaire de poursuivre, d'amplifier le choix des &#339;uvres et de compl&#233;ter l'exposition avec d'autres &#339;uvres dont nous avons connaissance, avec d'autres questions que soul&#232;ve cette imagerie invasive ! Une exposition au risque de ne concerner qu'un certain public ; mais ici, au Jeu de Paume, les choix se jouent loin des modes et des notori&#233;t&#233;s port&#233;es par la seule sp&#233;culation, loin des expositions impos&#233;es &#224; certaines institutions mus&#233;ales par un m&#233;c&#233;nat dont les fondements s'appellent davantage profit qu'amour de l'art et de ce qu'il v&#233;hicule au plan de l'esprit comme du go&#251;t.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La dualit&#233; droite-gauche en Iran : repr&#233;sentation dans la litt&#233;rature classique persane</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article2773</link>
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		<dc:date>2020-11-19T12:56:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hadi Dolatabadi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; : &lt;br class='autobr' /&gt;
Le bin&#244;me droite-gauche est un couple tirant son origine d'une dualit&#233; qui s'illustre dans un premier temps dans l'espace de la vie de l'homme de par son exp&#233;rience corporelle. Cette dualit&#233; trouve des &#233;vocations dans diff&#233;rents domaines dont les textes sacr&#233;s. Elle explique l'opposition Bien-Mal en attribuant le c&#244;t&#233; droit aux bienfaisants et le c&#244;t&#233; gauche aux malfaiteurs qui auront comme demeure &#233;ternelle respectivement le paradis et l'enfer, selon les enseignements religieux. Dans la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique288" rel="directory"&gt;N&#176; 171, printemps 2020&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH121/arton2773-e41e6.png?1686660030' width='150' height='121' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12736 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L350xH552/1-11-4775e.gif?1686660030' width='350' height='552' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;sum&#233; :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bin&#244;me droite-gauche est un couple tirant son origine d'une dualit&#233; qui s'illustre dans un premier temps dans l'espace de la vie de l'homme de par son exp&#233;rience corporelle. Cette dualit&#233; trouve des &#233;vocations dans diff&#233;rents domaines dont les textes sacr&#233;s. Elle explique l'opposition Bien-Mal en attribuant le c&#244;t&#233; droit aux bienfaisants et le c&#244;t&#233; gauche aux malfaiteurs qui auront comme demeure &#233;ternelle respectivement le paradis et l'enfer, selon les enseignements religieux. Dans la litt&#233;rature persane qui est impr&#233;gn&#233;e par la culture zoroastrienne et musulmane, cette dualit&#233; trouve des occurrences chez les auteurs qui la manient &#224; leur gr&#233; afin de faire v&#233;hiculer les messages et valeurs qu'ils souhaitent. Les occurrences que nous avons rep&#233;r&#233;es dans la litt&#233;rature persane sont significatives des diff&#233;rentes valeurs v&#233;hicul&#233;es par ce bin&#244;me qui repr&#233;sentent, comme dans les textes sacr&#233;s, une opposition Bien-Mal, sup&#233;riorit&#233;-inf&#233;riorit&#233; et aussi l'attribution du c&#244;t&#233; gauche, &#233;tant inf&#233;rieure, &#224; la femme tout en gardant l'id&#233;e de la totalit&#233; de l'espace quand il s'agit de ce couple en colocation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mots cl&#233;s : Droite-gauche, dualit&#233;, litt&#233;rature persane, paradis, enfer, Bien, Mal.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Introduction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Connu de nos jours pour repr&#233;senter une opposition dans le monde politique, le couple droite-gauche fait partie du nombre de dualismes impr&#233;gnant la vie humaine et rendant l'homme apte &#224; faire des choix. C'est pour &#234;tre &#224; l'abri du &lt;em&gt;danger&lt;/em&gt; que l'homme s'est trouv&#233; un endroit en &lt;em&gt;s&#233;curit&#233;&lt;/em&gt; et c'est pour satisfaire sa &lt;em&gt;faim&lt;/em&gt; qu'il &lt;em&gt;mange&lt;/em&gt;, etc. Selon Conford, l'alternance du jour et de la nuit influen&#231;ant plusieurs aspects de la vie de l'homme primitif et opposant diff&#233;rents ph&#233;nom&#232;nes &#224; ses yeux comme lumi&#232;re/obscurit&#233;, chaleur/froideur, s&#233;curit&#233;/danger, serait une raison de la formation des dualismes. Pour Mauss, il s'agirait surtout du couple soi/autrui qui a donn&#233; naissance &#224; ces dualit&#233;s et ce seraient les diff&#233;rences qui distinguent un &#234;tre humain de l'autre ainsi qu'un groupe d'un autre groupe qui ordonneraient les syst&#232;mes d'opposition bas&#233;s sur les dualit&#233;s (Conford, 1957 &amp; Mauss, 1954 ; repris par Laponce, 1981 : 23).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour montrer et symboliser ces dualit&#233;s, l'homme a eu recours, entre autres, &#224; des orientations spatiales bas&#233;es notamment sur ses exp&#233;riences corporelles. Les &lt;em&gt;dominants&lt;/em&gt; ont &#233;t&#233; repr&#233;sent&#233;s en &lt;em&gt;haut&lt;/em&gt; pour mieux gouverner les &lt;em&gt;domin&#233;s&lt;/em&gt; qui se trouvaient en &lt;em&gt;bas&lt;/em&gt;. D'autre part, vu la pr&#233;&#233;minence de la main &lt;em&gt;droite&lt;/em&gt; sur la main &lt;em&gt;gauche&lt;/em&gt; dans le syst&#232;me bipolaire du corps humain - du fait des maladresses commises par la main gauche chez plus de 89% des &#234;tres humains &#233;tant donn&#233; qu'ils sont droitiers , l'homme a privil&#233;gi&#233; la droite &#224; la gauche en liant ces deux c&#244;t&#233;s aux couples sacr&#233;/profane et bien/mal repr&#233;sentant des &#233;l&#233;ments id&#233;ologiques forts pour l'homme qui les prenait d&#233;sormais en consid&#233;ration pour orienter sa vie. Ces concepts trouvent progressivement leur place dans beaucoup de domaines de la vie humaine comme dans le discours en &#233;voquant ce qu'ils repr&#233;sentent, y compris dans les textes sacr&#233;s ainsi que la litt&#233;rature et ce de l'est &#224; l'ouest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Iran est un pays qui se trouve au carrefour des civilisations orientales et occidentales ; sa culture est donc influenc&#233;e par des contacts de peuples vari&#233;s mais aussi par des civilisations n&#233;es au sein de son territoire &#233;tendu. L'un des aspects les plus &#233;minents de la culture iranienne depuis plusieurs si&#232;cles qui fournit aux chercheurs un terrain de connaissance fertile est la litt&#233;rature persane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet article, en nous basant sur l'id&#233;e de l'universalit&#233; du dualisme droite-gauche, nous avons pour objectif d'aller &#224; la qu&#234;te de ce bin&#244;me dans le volet litt&#233;raire de la culture iranienne, soit la litt&#233;rature persane. Nous nous demanderons alors si les auteurs de la litt&#233;rature persane se sont servis de ce couple pour &#233;voquer des dualit&#233;s dans leurs &#339;uvres, si oui, comment et pourquoi ? S'agit-il toujours des m&#234;mes valeurs ? Nous nous proposons par cons&#233;quent de faire, dans un premier temps, un rep&#233;rage des occurrences de ces concepts afin d'en comprendre l'usage et la logique mais aussi de trouver la valeur v&#233;hicul&#233;e par ce couple dans les textes pr&#233;sent&#233;s. L'hypoth&#232;se que nous tenons &#224; formuler dans cette recherche est celle de la conformit&#233; de l'image pr&#233;sent&#233;e par les religions avec les valeurs attribu&#233;es aux composants de ce couple dans la litt&#233;rature persane du fait que celle-ci refl&#232;terait une culture impr&#233;gn&#233;e par l'Islam et le zoroastrisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t de cette recherche r&#233;side dans une mise en parall&#232;le des concepts oppos&#233;s entre la culture politique fran&#231;aise et la litt&#233;rature persane. Le couple droite-gauche constitue une composante de la culture fran&#231;aise, dans la mesure o&#249; il est quasi quotidiennement mentionn&#233; dans les m&#233;dias afin de pr&#233;senter ou d&#233;noncer tel politique ou politicien. Il s'agit d'une dualit&#233; politique refl&#233;tant &#233;galement une dichotomie sociale et &#233;conomique du fait des valeurs oppos&#233;es de ses composantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vu de la pr&#233;sence du couple droite-gauche dans la culture iranienne, l'id&#233;e d'un certain rapprochement entre ces deux contextes vient &#224; l'esprit. Il serait en effet int&#233;ressant de voir comment un concept politique d&#233;coulant des usages r&#233;volutionnaires d'antan se refl&#232;te dans la culture et la litt&#233;rature d'un autre pays aussi lointain et quels en seraient les t&#233;moins. Cette d&#233;marche fait un pas vers la compr&#233;hension de la culture persane en France et atteste des affinit&#233;s entre les deux cultures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de r&#233;aliser cette recherche, nous devons dans un premier temps nous int&#233;resser aux concepts v&#233;hicul&#233;s par ce couple dans l'aspect religieux de la culture iranienne, avant de traiter directement la litt&#233;rature persane pour rep&#233;rer les occurrences des &#233;l&#233;ments composant l'opposition droite-gauche et en analyser les valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;&lt;dl class='spip_document_12737 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L450xH531/2-9-18756.gif?1686660030' width='450' height='531' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Ahuramazda&lt;/em&gt; &#224; cheval, &lt;em&gt;Ahriman&lt;/em&gt; sous le poids de cheval d'&lt;em&gt;Ahuramazda&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Droite et gauche : de l'ouest &#224; l'est &lt;/h3&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En s'int&#233;ressant aux gauchers, Michael Barsley, dans son ouvrage intitul&#233; &lt;em&gt;Left Handed People&lt;/em&gt;, avance l'id&#233;e selon laquelle la responsabilit&#233; de la Vision de Jugement dans la Bible est plus importante &#171; qu'aucune autre d&#233;claration, de pr&#233;jug&#233; contre les gauchers. Ce pr&#233;jug&#233; qui vient du fond des &#226;ges a &#233;t&#233; adopt&#233; par les inquisiteurs, les juges, les soldats, les artistes, les enseignants, les nourrices et les parents comme l'exemple supr&#234;me de l'association entre personnes gauch&#232;res, m&#233;chancet&#233; et le Diable. &#187; (Barsley, 1979 cit&#233; par Springer, Deutsch, 2000 : 135) Ainsi, pour lui, la stigmatisation du c&#244;t&#233; gauche dans le couple droite-gauche au profit du c&#244;t&#233; droit dans la Bible est &#224; la base de la pr&#233;f&#233;rence de la main droite &#224; la main gauche dans les soci&#233;t&#233;s. Or la culture chr&#233;tienne n'a pas &#233;t&#233; r&#233;pandue partout dans le monde et n'a donc pas laiss&#233; ce type d'impacts sur les cultures orientales o&#249; elle a tr&#232;s peu p&#233;n&#233;tr&#233;. Comment donc expliquer que cette opposition existe dans d'autres cultures ? Notre hypoth&#232;se est celle de l'universalit&#233; du concept et de son origine bas&#233;e sur l'exp&#233;rience corporelle de l'Homme. Ce qui pourrait nous mener &#224; la recherche de ce couple dans les textes sacr&#233;s des religions en Iran afin d'y rep&#233;rer l'existence et l'usage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1.1. Dualit&#233; droite-gauche dans les religions de la Perse antique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps, nous allons nous int&#233;resser aux religions de la Perse antique dont l'&#233;mergence date de quelques si&#232;cles avant l'&#232;re chr&#233;tienne. Le zoroastrisme &#233;tant la religion de la grande majorit&#233; des Iraniens avant l'arriv&#233;e de l'islam sur les territoires de la Perse, les mythes iraniens pr&#233;sent&#233;s par cette religion font toujours l'objet de r&#233;f&#233;rences culturelles. Les exemples les plus saillants en sont Ormuzd (ou &lt;em&gt;Ahuramazda&lt;/em&gt; le dieu du Bien) et &lt;em&gt;Ahriman&lt;/em&gt; (le dieu de Mal) qui s'utilisent toujours en Iran en parlant des pouvoirs b&#233;n&#233;fiques et mal&#233;fiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ormuzd est le symbole de l'omniscience et c'est le Cr&#233;ateur des autres &#234;tres. Il cr&#233;a un monde plein de beaut&#233;s sans aucun &#233;l&#233;ment mal et n&#233;faste. Les premi&#232;res cr&#233;atures auxquelles il a donn&#233; naissance sont les &lt;em&gt;Amshaspands&lt;/em&gt;, consid&#233;r&#233;s comme ses enfants. Ils sont au nombre de six et parfois un septi&#232;me s'ajoute aussi. Trois d'entre eux se placent &#224; sa droite, trois autres &#224; sa gauche et le septi&#232;me devant lui. &#171; &lt;em&gt;Bahman&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Ordibehecht&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Chahrivar&lt;/em&gt; se placent &#224; sa droite et &lt;em&gt;Sepandarmaz&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Khordad &lt;/em&gt;et &lt;em&gt;Amordad &lt;/em&gt;se placent &#224; gauche et &lt;em&gt;Sorouche&lt;/em&gt; devant &#187; (Bahar, 2001 : 109) Nous voyons ici l'apparition du couple droite-gauche concernant les cr&#233;atures d'Ormuzd.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ormuzd pr&#233;f&#232;re placer ses cr&#233;atures selon l'ordre dans lequel ils sont n&#233;s. &#171; D'abord, il a cr&#233;&#233; &lt;em&gt;Bahman&lt;/em&gt; par une m&#233;thode digne et de la lumi&#232;re mat&#233;rielle, et il savait ce qui se passerait pour les cr&#233;atures sur la Terre, il a donc cr&#233;&#233; &lt;em&gt;Ordibehecht, Chahrivar&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Sepandarmaz&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Khordad &lt;/em&gt;et &lt;em&gt;Amordad&lt;/em&gt;. &#187; (Bahar, 2001 : 37) Ormuzd place donc dans l'ordre : tout d'abord &lt;em&gt;Bahman&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Ordibehecht&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Chahrivar&lt;/em&gt; &#224; sa droite ; puis il place &lt;em&gt;Sepandarmaz&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Khordad&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Amordad&lt;/em&gt; &#224; sa gauche : &#171; Le genre joue un r&#244;le dans la cr&#233;ation et les &lt;em&gt;Amshaspands&lt;/em&gt; ne font pas exception en ce qui concerne la masculinit&#233; et la f&#233;minit&#233;. Ormuzd les a cr&#233;&#233;s en deux groupes masculin et f&#233;minin. Il a d'abord cr&#233;&#233; les masculins et les a mis &#224; droite, apr&#232;s il a cr&#233;&#233; les f&#233;minins et les a plac&#233;s &#224; gauche. &#187; (Khoda&#239;, 2011 : 45-46)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mythologie persane, le premier couple humain est compos&#233; de deux &#234;tres : un masculin, appel&#233; &lt;em&gt;Machi&lt;/em&gt; et un f&#233;minin appel&#233; &lt;em&gt;Machianeh. &lt;/em&gt;Ils sont n&#233;s comme tous &#234;tres humains d'un &#234;tre masculin et un &#234;tre f&#233;minin soit Kioumars, symbole d'un &#234;tre humain parfait, le premier Homme, et Sepandarmaz, qui est la m&#232;re de Kioumars et joue le r&#244;le de sa femme dans ce contexte. (Fazilat, 2002 : 144) A l'instar des &lt;em&gt;Amchapasands&lt;/em&gt; qui sont plac&#233;s selon leur sexe, les masculins &#224; droite et les f&#233;minins &#224; gauche, &lt;em&gt;Machi&lt;/em&gt; qui est masculin se range &#224; droite et &lt;em&gt;Machianeh&lt;/em&gt; qui est f&#233;minin, &#224; gauche : &#171; Je recr&#233;e [...] les os de Kioumars et je cr&#233;e les conjoints &lt;em&gt;Machi&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Machianeh&lt;/em&gt; &#224; droite et &#224; gauche &#187; (Rached Mohassel, 2006 : 93).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mythologie persane, non seulement les &#234;tres humains sont d&#233;sign&#233;s et plac&#233;s &#224; droite et &#224; gauche, mais les dieux d'un degr&#233; inf&#233;rieur aussi suivent ce m&#234;me principe de placement. Il s'agit notamment du dieu &lt;em&gt;Rachn&lt;/em&gt; qui est un dieu masculin se pla&#231;ant &#224; droite de &lt;em&gt;Mehr&lt;/em&gt; (un &#234;tre divin) et &lt;em&gt;Tchista&lt;/em&gt; qui est une d&#233;esse se pla&#231;ant &#224; sa gauche : &#171; &#224; sa droite, le plus juste Rachn court, celui qui est le meilleur d&#233;fenseur et &#224; sa gauche la bienfaisante Tchista [...] &#187; (Pourvadoud, 1998 : 493).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement la masculinit&#233; et la f&#233;minit&#233;, mais aussi le statut des dieux de rang inf&#233;rieur &#233;taient d&#233;cisifs concernant leur placement vis-&#224;-vis d'un dieu sup&#233;rieur. Ainsi &lt;em&gt;Sorouche&lt;/em&gt;, qui jouit d'un statut sup&#233;rieur, se place &#224; droite de &lt;em&gt;Mehr&lt;/em&gt;, et &lt;em&gt;Rachn&lt;/em&gt; qui, comme nous l'avons vu &lt;em&gt;supra&lt;/em&gt;, se pla&#231;ait &#224; droite de &lt;em&gt;Mehr&lt;/em&gt;, change de place et se trouve &#224; gauche de &lt;em&gt;Mehr &lt;/em&gt;quand il est en pr&#233;sence de &lt;em&gt;Sorouche&lt;/em&gt;, mieux class&#233; dans la hi&#233;rarchie divine : &#171; &#224; sa droite, le saint &lt;em&gt;Sorouche&lt;/em&gt; bienfaisant l'accompagne et &#224; sa gauche, le v&#233;n&#233;rable &lt;em&gt;Rachn &lt;/em&gt;de grande taille l'accompagne &#187; (Pourvadoud, 1998 : 479 cit&#233; par Khoda&#239;, 2011 : 59).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous lisons concernant l'une des croyances des zoroastriens au sujet de la vie des &#226;mes des bienfaisants : &#171; Nous faisons l'&#233;loge des bons &lt;em&gt;fravachis &lt;/em&gt;puissants des saints qui combattent &#224; droite du roi commandant s'il suit la droiture, si les &lt;em&gt;fravachis &lt;/em&gt;puissants des saints ne sont pas f&#226;ch&#233;s contre lui et ne sont pas g&#234;n&#233;s et sont contents de lui. &#187; (Pourvadoud, 1998 : 419). Les &lt;em&gt;fravachis&lt;/em&gt; &#233;tant les anges gardiens qui sont, selon la mythologie des zoroastriens, cens&#233;s porter leur soutien au roi en le suivant dans son combat par leur pr&#233;sence &#224; son c&#244;t&#233; droit, et ceci &#224; condition que le roi ne les ait pas g&#234;n&#233;s et qu'ils soient contents de lui. Ils choisissent donc le c&#244;t&#233; droit qui est privil&#233;gi&#233; pour lui venir en aide. Nous remarquons alors le lien du c&#244;t&#233; droit avec les &#234;tres surnaturels sacr&#233;s qui ont bien &#233;videmment un statut positif et sont loin du caract&#232;re n&#233;faste que repr&#233;sente le c&#244;t&#233; gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la cour royale des monarchies iraniennes anciennes sassanide et ach&#233;m&#233;nide, le clerg&#233; zoroastrien se pla&#231;ait &#224; la droite du monarque : &#171; Les militaires qui assurent la d&#233;fense des fronti&#232;res de ce pays se trouvent apr&#232;s les clerg&#233;s et se placent &#224; gauche du roi. Non seulement les religieux et les &lt;em&gt;mobed&lt;/em&gt; (ou &lt;em&gt;mobad,&lt;/em&gt; clerg&#233; zoroastrien) &#233;taient &#224; droite, mais aussi les &lt;em&gt;Assorns&lt;/em&gt; (religieux de haut degr&#233;), et les princes aussi se pla&#231;aient &#224; droite du roi. Comme &#224; l'&#233;poque d'Artaxerx&#232;s aussi, les &#233;lites se divisaient en trois cat&#233;gories, dont la premi&#232;re comprenait les princes et les &lt;em&gt;Assorns&lt;/em&gt; s'asseyaient &#224; droite &#187; (Christensen, 2004 : 373). Nous remarquons l'importance du clerg&#233; par rapport aux militaires, qui am&#232;ne le roi &#224; placer le premier groupe &#224; droite et le deuxi&#232;me &#224; gauche. Comme nous l'avons vu concernant les dieux, le fait de placer un groupe &#224; gauche traduit uniquement un statut inf&#233;rieur quant &#224; celui qui se trouve &#224; droite. Cet emplacement n'est pas pour autant n&#233;faste et ne traduit pas un rejet de la part du pouvoir organisateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivant le fil de la relation du concept de sup&#233;riorit&#233;/inf&#233;riorit&#233; d'avec l'opposition droite/gauche, bas&#233; essentiellement sur la mythologie et les r&#233;cits &#233;piques persans, nous trouvons ces vers dans&lt;em&gt; Le livre des rois&lt;/em&gt; de Ferdowsi, :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1606;&#1588;&#1587;&#1578;&#1607; &#1576;&#1585; &#1588;&#1575;&#1607; &#1576;&#1585; &#1583;&#1587;&#1578; &#1585;&#1575;&#1587;&#1578;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1578;&#1608; &#1711;&#1608;&#1740;&#1740; &#1586;&#1576;&#1575;&#1606; &#1608; &#1583;&#1604; &#1662;&#1575;&#1583;&#1588;&#1575;&#1587;&#1578;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; [Manoutchehr] Assis &#224; la droite du Roi, &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Tu aurais dit qu'il en &#233;tait le c&#339;ur et la langue] &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&#1576;&#1607; &#1662;&#1740;&#1588; &#1575;&#1606;&#1583;&#1585;&#1608;&#1606; &#1602;&#1575;&#1585;&#1606; &#1585;&#1586;&#1605; &#1586;&#1606;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1576;&#1607; &#1583;&#1587;&#1578; &#1670;&#1662;&#1588; &#1587;&#1585;&#1608; &#1588;&#1575;&#1607; &#1740;&#1605;&#1606;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Et devant lui son fils brave dans le combat ; son nom est Karen le vaillant ; c'est un chef infatigable, un destructeur des arm&#233;es. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Et [&#224; sa gauche] Serv, le chef du Y&#233;men&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Traduit par Jules Mohl, 1838.' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous constatons que, chez Ferdowsi, la personne qui est assise &#224; la droite du roi est consid&#233;r&#233;e comme &#233;tant &#171; le c&#339;ur et la langue du roi &#187; : il s'agit du fils (Manoutchehr) du roi (Fereydoun) qui est plac&#233; &#224; sa droite. Il est &#233;vident que le prince h&#233;ritier ayant le statut le plus haut plac&#233; dans une cour royale dispose d'un emplacement privil&#233;gi&#233; aux c&#244;t&#233;s du roi soit &#224; sa droite, alors qu'&#224; gauche du souverain se trouve Serv, le chef de Y&#233;men. Bien que gouverneur d'une des r&#233;gions du vaste territoire de l'empire Perse, Serv est bien &#233;videmment d'un statut inf&#233;rieur &#224; celui du prince h&#233;ritier ; il se trouve de ce fait &#224; la gauche du roi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les textes sacr&#233;s du manich&#233;isme, religion propos&#233;e par Mani en Perse du IIIe si&#232;cle, l'&#233;vocation du c&#244;t&#233; droit comme &#233;tant le c&#244;t&#233; privil&#233;gi&#233; est &#224; souligner : &#171; Maintenant regardez l&#224;-haut, le fils d'Adam quand il est assis &#224; droite de Dieu, quand il vient [assis] sur les nuages du ciel &#187; (Vameghi, 1999 : 222). Cette &#233;vocation du c&#244;t&#233; droit de Dieu ainsi que la place d&#233;di&#233;e &#224; la position du fils d'Adam se rapproche de la m&#234;me id&#233;e exprim&#233;e dans la Bible o&#249; nous lisons : &#171; le Seigneur J&#233;sus fut enlev&#233; au ciel et s'assit &#224; la droite de Dieu. &#187; (&lt;em&gt;Marc&lt;/em&gt;, 16-19) Il en va de m&#234;me dans la tradition islamique o&#249; les &lt;em&gt;hadiths&lt;/em&gt; recommandent de porter une bague orn&#233;e d'une pierre pr&#233;cieuse &#224; la main droite. Or, dans la prose de Saadi, nous lisons un passage concernant Djamchid, grand souverain perse ayant r&#233;gn&#233; il y a quelque 3000 ans :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1575;&#1608;&#1604; &#1705;&#1587;&#1740; &#1705;&#1607; &#1593;&#1604;&#1605; &#1576;&#1585; &#1580;&#1575;&#1605;&#1607; &#1705;&#1585;&#1583; &#1608; &#1575;&#1606;&#1711;&#1588;&#1578;&#1585;&#1740; &#1583;&#1585; &#1583;&#1587;&#1578; &#1580;&#1605;&#1588;&#1740;&#1583; &#1576;&#1608;&#1583;. &#1711;&#1601;&#1578;&#1606;&#1583;&#1588; &#1670;&#1585;&#1575; &#1607;&#1605;&#1607; &#1586;&#1740;&#1606;&#1578; &#1576;&#1670;&#1662; &#1583;&#1575;&#1583;&#1740; &#1608; &#1601;&#1590;&#1740;&#1604;&#1578; &#1585;&#1575;&#1587;&#1578; &#1585;&#1575;&#1587;&#1578;. &#1711;&#1601;&#1578; : &#1585;&#1575;&#1587;&#1578; &#1585;&#1575; &#1586;&#1740;&#1606;&#1578; &#1585;&#1575;&#1587;&#1578;&#1740; &#1578;&#1605;&#1575;&#1605;&#1587;&#1578;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; La premi&#232;re personne qui s'est appropri&#233;e la science tel un v&#234;tement et a mis une bague &#233;tait Djamchid. On lui a demand&#233; : pourquoi as-tu attribu&#233; les beaut&#233;s &#224; la gauche alors que les vertus si&#233;ent &#224; la droite ? Il a dit : La droiture de la droite lui suffit comme sa beaut&#233;.&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Saadi, &lt;em&gt;Golest&#226;n&lt;/em&gt;, [Le jardin des roses], huiti&#232;me livre, &#171; Coutumes pour [bien] parler &#187;, sentence 98)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce passage r&#233;v&#232;le le caract&#232;re positif que repr&#233;sentait le c&#244;t&#233; droit pour un monarque iranien vivant bien avant la venue de l'Islam et qui consid&#233;rait la droiture de la main droite comme une beaut&#233; que la gauche n'atteindrait qu'en s'embellissant ne serait-ce que par une bague.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12738 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L400xH589/3-8-f8194.gif?1686660031' width='400' height='589' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Couverture de &lt;em&gt;Masnavi&lt;/em&gt; de R&#251;mi (Mowl&#226;n&#226;), cinqui&#232;me livre&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1.2. Dualit&#233; droite-gauche dans la religion musulmane&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir &#233;tudi&#233; la pr&#233;sence du couple droite-gauche dans les religions de la Perse antique, nous nous int&#233;resserons dans cette &#233;tape aux occurrences des mots/concepts de droite et gauche dans le Coran, texte sacr&#233; des musulmans et de la majorit&#233; des Iraniens. Dans le Coran, les bienfaisants (les &#233;lus) sont trait&#233;s comme des &lt;em&gt;gens de droite&lt;/em&gt;. Avec neuf occurrences r&#233;parties en sept versets, &#224; l'instar de :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Toute &#226;me est l'otage de ce qu'elle a acquis. (74 : 38) Sauf les gens de la droite (les &#233;lus) (74 : 39) : dans des Jardins, ils s'interrogeront (74 : 40) au sujet des criminels : (74 : 41) Qu'est-ce qui vous a achemin&#233;s &#224; Saqar ? (74 : 42) &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre valeur s&#233;mantique v&#233;hicul&#233;e par le mot &lt;em&gt;droite &lt;/em&gt;est celle de la force de la volont&#233; divine :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Ils n'ont pas estim&#233; Allah comme Il devrait l'&#234;tre alors qu'au Jour de la R&#233;surrection, Il fera de la terre enti&#232;re une poign&#233;e, et les cieux seront pli&#233;s dans sa [main] droite. Gloire &#224; Lui ! Il est au-dessus de ce qu'ils Lui associent. (39 : 67) &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux occurrences du mot &lt;em&gt;gauche, &lt;/em&gt;nous trouvons des occurrences comme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; [&#8230;] alors que ceux qui ne croient pas en Nos versets sont les gens de la gauche. (90 : 19) Le Feu se refermera sur eux. (90 : 20) &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit ici de reconna&#238;tre la mal&#233;diction et les peines envers les malfaisants, oppos&#233;s &#224; des bienfaisants, exprim&#233;s dans le verset ci-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Coran, nous avons rep&#233;r&#233; des occurrences faisant preuve de l'opposition des mots/concepts de droite et gauche exprimant le Bien et le Mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Et les gens de la droite ; que sont les gens de la droite ? (56:27) [Ils seront parmi] : des jujubiers sans &#233;pines, (56:28) et parmi des bananiers aux r&#233;gimes bien fournis, (56:29) dans une ombre &#233;tendue (56:30) [pr&#232;s] d'une eau coulant continuellement, (56:31) et des fruits abondants (56:32) ni interrompus ni d&#233;fendus, (56:33) sur des lits sur&#233;lev&#233;s, (56:34) [...] &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Et les gens de la gauche ; que sont les gens de la gauche ? (56:41) ils seront au milieu d'un souffle br&#251;lant et d'une eau bouillante, (56:42) &#224; l'ombre d'une fum&#233;e noire (56:43) ni fra&#238;che, ni douce. (56:44) Ils vivaient auparavant dans le luxe. (56:45) Ils persistaient dans le grand p&#233;ch&#233; [le polyth&#233;isme] (56:46) et disaient : &#034;Quand nous mourrons et serons poussi&#232;re et ossements, serons-nous ressuscit&#233;s ? (56:47) ainsi que nos anciens anc&#234;tres ? &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux recueils de versets expriment l'opposition entre les bienfaisants et les malfaisants se trouvant respectivement du c&#244;t&#233; droit et gauche. Nous remarquons ainsi que cette dualit&#233; est bien ancr&#233;e dans les textes religieux et, par cons&#233;quent, trouve &#233;galement sa place dans les cultures. L'un des aspects de la culture &#233;tant la litt&#233;rature, nous allons nous interroger sur l'image de ce couple dans la litt&#233;rature persane dans un corpus dont nous allons pr&#233;ciser les traits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;ol start=&#034;2&#034;&gt;
&lt;li&gt;2.	&#1585;&#1575;&#1587;&#1578; &lt;strong&gt;(/r&#226;st/) (droite) et &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&#1670;&#1662; &lt;strong&gt;(/tchap/) (gauche) dans la litt&#233;rature persane&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#233;tude des occurrences des mots/concepts de droite et gauche (pour leurs &#233;quivalents persans), nous avons d&#251; choisir un corpus nous fournissant les occurrences repr&#233;sentatives de notre probl&#233;matique qui rel&#232;ve de l'examen de l'une des dualit&#233;s de la vie humaine. Nous avons eu recours &#224; des moyens de recherches automatis&#233;es &#224; savoir le site Ganjoor&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui a recueilli la grande majorit&#233; des &#339;uvres de la litt&#233;rature persane classique notamment la po&#233;sie persane. Nous avons alors fait le choix de ce corpus et avons proc&#233;d&#233; &#224; une recherche sur ce site en introduisant les &#233;quivalents des termes &#171; droite &#187; et &#171; gauche &#187; soient respectivement&#1585;&#1575;&#1587;&#1578; (/r&#226;st/) et &#1670;&#1662; (/tchap/). Notre recherche a donn&#233; les r&#233;sultats que nous allons analyser dans les passages qui suivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;3.1. Choix des po&#232;mes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'examen des &#339;uvres de la litt&#233;rature persane &#224; la qu&#234;te du couple &#171; droite &#187; &#1585;&#1575;&#1587;&#1578; (/r&#226;st/) et &#171; gauche &#187; &#1670;&#1662; (/tchap/), nous avons d&#233;couvert des figures faisant partie de grands po&#232;tes et litt&#233;raires classiques et que nous avons choisies du fait des exemples significatifs de leurs &#339;uvres concernant cette dualit&#233;. Le crit&#232;re du choix des &#339;uvres des po&#232;tes se base donc sur la simple pertinence des occurrences trouv&#233;es dans leur po&#233;sie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons &#233;tudi&#233; &#233;galement l'&#339;uvre des po&#232;tes contemporains afin de rep&#233;rer les occurrences ayant trait avec notre sujet, mais nous n'avons trouv&#233; que des occurrences concernant l'id&#233;e de l'emplacement dans l'espace ou celle de la totalit&#233; de l'espace quand il s'agit de la cooccurrence droite-gauche. En effet, dans la po&#233;sie contemporaine, les auteurs ont de moins en moins recours &#224; l'id&#233;e de l'opposition droite-gauche ou de privil&#233;gier un c&#244;t&#233; sur l'autre. Or, le public iranien continue &#224; lire et &#224; consulter les &#339;uvres classiques beaucoup plus que celles qui sont contemporaines, ce qui fait que, de par l'usage des mots en question par les po&#232;tes et litt&#233;raires classiques iraniens, l'association de ces termes &#224; certaines id&#233;es que nous verrons reste d'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;3.2. R&#233;sultats de la recherche et discussions :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la recherche des mots en question dans les &#339;uvres classiques, nous avons rep&#233;r&#233; maintes occurrences ayant trait &#224; l'id&#233;e de &lt;em&gt;partout, de tous c&#244;t&#233;s&lt;/em&gt; souvent exprim&#233;e par &lt;em&gt;de droite et de gauche/ &#224; droite et &#224; gauche&lt;/em&gt;. Ces occurrences, ainsi que celles qui expriment tout simplement l'emplacement dans l'espace, ne sont d'aucun int&#233;r&#234;t pour nous car nous nous sommes int&#233;ress&#233;s &#224; celles qui pr&#233;sentent diff&#233;rentes connotations et id&#233;es associ&#233;es aux concepts que l'opposition de ces mots v&#233;hicule. Dans cette entreprise, nous avons remarqu&#233; un ensemble bien repr&#233;sentatif des couplets rim&#233;s de Jalal-ud-din R&#251;mi, Molavi, dans son recueil de po&#233;sies &lt;em&gt;Masnavi&lt;/em&gt;, ouvrage &#233;crit en persan au XIIIe si&#232;cle :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1711;&#1601;&#1578; &#1583;&#1585;&#1608;&#1740;&#1588;&#1740; &#1576;&#1607; &#1583;&#1585;&#1608;&#1740;&#1588;&#1740; &#1705;&#1607; &#1578;&#1608;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1670;&#1608;&#1606; &#1576;&#1583;&#1740;&#1583;&#1740; &#1581;&#1590;&#1585;&#1578; &#1581;&#1602; &#1585;&#1575; &#1576;&#1711;&#1608;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Un dervich e a dit &#224; l'autre&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Dis-moi comment tu as trouv&#233; Sa Majest&#233; Divine&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1711;&#1601;&#1578; &#1576;&#1740;&#8204;&#1670;&#1608;&#1606; &#1583;&#1740;&#1583;&#1605; &#1575;&#1605;&#1575; &#1576;&#1607;&#1585; &#1602;&#1575;&#1604;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1576;&#1575;&#1586;&#1711;&#1608;&#1740;&#1605; &#1605;&#1582;&#1578;&#1589;&#1585; &#1570;&#1606; &#1585;&#1575; &#1605;&#1579;&#1575;&#1604;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Il a dit : je L'ai trouv&#233; Unique mais pour te dire&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Je le raconte bri&#232;vement&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1583;&#1740;&#1583;&#1605;&#1588; &#1587;&#1608;&#1740; &#1670;&#1662; &#1575;&#1608; &#1570;&#1584;&#1585;&#1740;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1587;&#1608;&#1740; &#1583;&#1587;&#1578; &#1585;&#1575;&#1587;&#1578; &#1580;&#1608;&#1740; &#1705;&#1608;&#1579;&#1585;&#1740;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;J'ai vu un feu &#224; sa gauche&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Et un ruisseau paradisiaque &#224; sa droite&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1587;&#1608;&#1740; &#1670;&#1662;&#1588; &#1576;&#1587; &#1580;&#1607;&#1575;&#1606;&#8204;&#1587;&#1608;&#1586; &#1570;&#1578;&#1588;&#1740;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1587;&#1608;&#1740; &#1583;&#1587;&#1578; &#1585;&#1575;&#1587;&#1578;&#1588; &#1580;&#1608;&#1740; &#1582;&#1608;&#1588;&#1740;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; sa gauche un feu br&#251;lant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; sa droite un beau ruisseau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1587;&#1608;&#1740; &#1570;&#1606; &#1570;&#1578;&#1588; &#1711;&#1585;&#1608;&#1607;&#1740; &#1576;&#1585;&#1583;&#1607; &#1583;&#1587;&#1578;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1576;&#1607;&#1585; &#1570;&#1606; &#1705;&#1608;&#1579;&#1585; &#1711;&#1585;&#1608;&#1607;&#1740; &#1588;&#1575;&#1583; &#1608; &#1605;&#1587;&#1578;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Dans ce feu, un groupe de d&#233;prim&#233;s&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Dans ce paradis un groupe de joyeux et d'ivres&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1604;&#1740;&#1705; &#1604;&#1593;&#1576; &#1576;&#1575;&#1586;&#1711;&#1608;&#1606;&#1607; &#1576;&#1608;&#1583; &#1587;&#1582;&#1578;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1662;&#1740;&#1588; &#1662;&#1575;&#1740; &#1607;&#1585; &#1588;&#1602;&#1740; &#1608; &#1606;&#1740;&#1705;&#1576;&#1582;&#1578;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Mais le jeu &#233;tait fort difficile&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Pour tout malheureux ou heureux&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1607;&#1585; &#1705;&#1607; &#1583;&#1585; &#1570;&#1578;&#1588; &#1607;&#1605;&#1740; &#1585;&#1601;&#1578; &#1608; &#1588;&#1585;&#1585;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1575;&#1586; &#1605;&#1740;&#1575;&#1606; &#1570;&#1576; &#1576;&#1585; &#1605;&#1740;&#8204;&#1705;&#1585;&#1583; &#1587;&#1585;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Celui qui se rendait dans le feu&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Sortait au milieu de l'eau&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&#1607;&#1585; &#1705;&#1607; &#1587;&#1608;&#1740; &#1570;&#1576; &#1605;&#1740;&#8204;&#1585;&#1601;&#1578; &#1575;&#1586; &#1605;&#1740;&#1575;&#1606;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1575;&#1608; &#1583;&#1585; &#1570;&#1578;&#1588; &#1740;&#1575;&#1601;&#1578; &#1605;&#1740;&#8204;&#1588;&#1583; &#1583;&#1585; &#1586;&#1605;&#1575;&#1606;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;br /&gt; &lt;em&gt;Celui qui se rendait dans de l'eau&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Se trouvait au feu tout de suite&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1607;&#1585; &#1705;&#1607; &#1587;&#1608;&#1740; &#1585;&#1575;&#1587;&#1578; &#1588;&#1583; &#1608; &#1570;&#1576; &#1586;&#1604;&#1575;&#1604;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1587;&#1585; &#1586; &#1570;&#1578;&#1588; &#1576;&#1585; &#1586;&#1583; &#1575;&#1586; &#1587;&#1608;&#1740; &#1588;&#1605;&#1575;&#1604;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Celui qui s'est rendu vers la droite et l'eau claire&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;A sorti sa t&#234;te dans le feu vers la gauche&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1608;&#1575;&#1606;&#1705; &#1588;&#1583; &#1587;&#1608;&#1740; &#1588;&#1605;&#1575;&#1604; &#1570;&#1578;&#1588;&#1740;&#1606;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1587;&#1585; &#1576;&#1585;&#1608;&#1606; &#1605;&#1740;&#8204;&#1705;&#1585;&#1583; &#1575;&#1586; &#1587;&#1608;&#1740; &#1740;&#1605;&#1740;&#1606;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Et celui qui s'est rendu &#224; la gauche enflamm&#233;e&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Sortait sa t&#234;te du c&#244;t&#233; droit&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(R&#251;mi , &lt;em&gt;Masnavi&lt;/em&gt;, 1260, cinqui&#232;me livre, partie 21)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces vers, nous remarquons que les mots &#1585;&#1575;&#1587;&#1578; (/r&#226;st/) (droite) et &#1670;&#1662; (/tchap/) (gauche) v&#233;hiculent des concepts religieux. Les deux derviches parlent de Dieu et l'un d'entre eux raconte comment il a trouv&#233; Dieu dans sa qu&#234;te mythique de la connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le po&#232;te R&#251;mi associe donc, par la bouche d'un derviche, les id&#233;es du paradis et de l'enfer respectivement aux mots &#1585;&#1575;&#1587;&#1578; (/r&#226;st/) (droite) et&#1670;&#1662; (/tchap/) (gauche) en se servant aussi de leurs &#233;quivalents arabes. Il place en cons&#233;quence au c&#244;t&#233; gauche &#171; un feu enflamm&#233; &#187; et au c&#244;t&#233; droit &#171; un beau ruisseau &#187;. &#192; droite et donc du c&#244;t&#233; du paradis (comme montr&#233; &lt;em&gt;supra &lt;/em&gt;dans les versets du Coran), les gens sont ivres de joie tandis que le groupe de gens se trouvant &#224; gauche, et donc du c&#244;t&#233; de l'enfer (toujours comme les enseignements du Coran l'indiquent), est triste de son destin. Dans les vers suivants se pose clairement la question de la Justice divine, question de philosophie religieuse et des principes de chiisme. R&#251;mi explique que les heureux et bienfaisants se trouvant &#224; droite, se placent dans le feu du monde d'ici-bas et les plus malheureux qui n'ont que le feu infernal comme destin se trouvent dans de l'eau, donc dans de bonnes conditions dans ce monde. En nous int&#233;ressant au titre explicatif de cette partie, nous comprenons bien le sens des vers :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Concernant celui qui consid&#232;re la gr&#226;ce pour tout le monde et la col&#232;re pour tout le monde ; tout le monde s'&#233;carte de sa col&#232;re et s'accroche &#224; sa gr&#226;ce, mais Sa Majest&#233; Divine a cach&#233; &lt;u&gt;les col&#232;res dans ses gr&#226;ces&lt;/u&gt; et &lt;u&gt;ses gr&#226;ces dans sa col&#232;re&lt;/u&gt;, c'&#233;tait la ruse [moyen, solution] de Dieu pour que les gens de savoir qui distingue, se s&#233;parent de ceux qui ne voient que le pr&#233;sent et l'apparence. &#187; &lt;/em&gt;(R&#251;mi, &lt;em&gt;Masnavi&lt;/em&gt;, 1260, cinqui&#232;me livre, partie 21)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon ce passage, dissimul&#233;es derri&#232;re l'apparence des faits et situations, d'importantes raisons sont &#224; l'origine des &#233;preuves divines. Dans tous les cas, le po&#232;te s'est habilement servi des mots SwHn (/r&#226;st/) (droite) et Oa (/tchap/) (gauche) afin d'exprimer ce principe de dualit&#233; qui associe ces termes aux valeurs positive et n&#233;gative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12739 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L400xH601/4-7-e175e.gif?1686660031' width='400' height='601' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Couverture de &lt;em&gt;Asrar-Nameh&lt;/em&gt; (Livre des Secrets) d'Attar&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;3.2.1. &#338;il droit, &#339;il gauche&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux ensembles de vers suivants, les po&#232;tes parlent des yeux en mentionnant les c&#244;t&#233;s droit et gauche. Leur interpr&#233;tation des mouvements de l'&#339;il gauche est &#224; souligner :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Divan de Shams&lt;/em&gt; (sonnet 21) chez Jalal-ud-din R&#251;mi (Molavi)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1670;&#1608; &#1670;&#1588;&#1605; &#1670;&#1662; &#1607;&#1605;&#1740; &#8204;&#1662;&#1585;&#1583; &#1606;&#1588;&#1575;&#1606; &#1588;&#1575;&#1583;&#1740; &#1583;&#1604; &#1583;&#1575;&#1606;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1670;&#1608; &#1670;&#1588;&#1605; &#1583;&#1604; &#1607;&#1605;&#1740;&#8204; &#1662;&#1585;&#1583; &#1593;&#1580;&#1576; &#1570;&#1606; &#1670;&#1607; &#1606;&#1588;&#1575;&#1606; &#1576;&#1575;&#1588;&#1583;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Quand [la paupi&#232;re de] l'&#339;il gauche tremble, sache que c'est le signe de joie&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Quand c'est [la paupi&#232;re de] l'&#339;il [du c&#244;t&#233;] de c&#339;ur qui tremble, quel signe cela peut &#234;tre ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et chez Ovhadi Maraghe&#239; (1271-1338), dans son recueil &lt;em&gt;Djam&#233;-djam&lt;/em&gt;, nous lisons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1580;&#1587;&#1578;&#1606; &#1670;&#1588;&#1605; &#1585;&#1575;&#1587;&#1578; &#1575;&#1586; &#1588;&#1575;&#1583;&#1740;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1582;&#1576;&#1585;&#1578; &#1711;&#1608;&#1740;&#1583; &#1608; &#1586; &#1570;&#1586;&#1575;&#1583;&#1740;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Quand l'&#339;il droit bouge, c'est le signe de la joie&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Il te pr&#233;vient de la libert&#233;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1580;&#1587;&#1578;&#1606; &#1670;&#1588;&#1605; &#1670;&#1662; &#1606;&#1588;&#1575;&#1606; &#1580;&#1601;&#1575;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1740;&#1575; &#1587;&#1582;&#1606;&#1607;&#1575;&#1740; &#1583;&#1588;&#1605;&#1606;&#1575;&#1606; &#1586; &#1602;&#1601;&#1575;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Quand l'&#339;il gauche bouge, c'est le signe de m&#233;chancet&#233;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ou bien les m&#233;disances des ennemis en cachette &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Ovhadi Maraghe&#239;, &lt;em&gt;Djam-e djam, 1333&lt;/em&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En comparant ces deux ensembles de vers, nous remarquons un contraste entre les id&#233;es ayant trait au c&#244;t&#233; gauche chez les deux po&#232;tes : R&#251;mi associe l'&#339;il gauche au c&#244;t&#233; du c&#339;ur et de l'amour, et interpr&#232;te le mouvement de l'&#339;il gauche comme signe de joie. Ce qui provient du c&#339;ur a trait aux sentiments et selon le po&#232;te, il faudrait attendre des &#233;v&#233;nements heureux et joyeux &#224; la suite de ce signe de l'&#339;il gauche. En revanche, Ovhadi Maraghe&#239; revient &#224; l'id&#233;e classique de l'opposition droite-gauche des textes zoroastriens et coraniques dans la tradition et la culture persanes, en associant les id&#233;es de joie et de libert&#233; au c&#244;t&#233; droit, et celle de la m&#233;chancet&#233; et de m&#233;disance au c&#244;t&#233; gauche qui rel&#232;ve d'un caract&#232;re n&#233;faste et n&#233;gatif. L'&#339;il gauche, est associ&#233; &#224; deux id&#233;es oppos&#233;es par deux po&#232;tes diff&#233;rents, ce qui fait preuve de l'importance de l'aspect par lequel les po&#232;tes traitent ledit ph&#233;nom&#232;ne. D'ailleurs, nous avons vu &lt;em&gt;supra&lt;/em&gt; que le m&#234;me po&#232;te R&#251;mi a associ&#233; le c&#244;t&#233; gauche &#224; l'id&#233;e de l'enfer, des flammes, des peines et de la col&#232;re divine. Ici en parlant du c&#339;ur, il privil&#233;gie le c&#244;t&#233; gauche, ce qui est &#224; l'encontre de ses propres vers pr&#233;c&#233;demment cit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rester dans le domaine de l'&#339;il, nous nous int&#233;ressons &#224; l'&#339;uvre de Saadi (1210-1291 ou 1292) o&#249; nous avons identifi&#233; le vers suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1670;&#1588;&#1605; &#1670;&#1662; &#1582;&#1608;&#1740;&#1588;&#1578;&#1606; &#1576;&#1585;&#1570;&#1585;&#1605;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1578;&#1575; &#1670;&#1588;&#1605; &#1606;&#1576;&#1740;&#1606;&#1583;&#1578; &#1576;&#1580;&#1586; &#1585;&#1575;&#1587;&#1578;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Je ferme mon &#339;il gauche&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Pour que seul mon &#339;il droit te voie&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Saadi, &lt;em&gt;Divan-e achaar&lt;/em&gt; [Recueil de po&#232;mes], 1260, sonnet 44)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier vers, nous constatons que le po&#232;te &#233;vite de regarder l'&#234;tre bien-aim&#233; de l'&#339;il gauche en le fermant, et laisse ainsi son &#339;il droit le voir. Ceci s'explique par le fait que l'expression &#171; regarder de l'&#339;il gauche &#187; en persan se traduit par &#171; regarder de travers &#187;, &#233;tant donn&#233; le caract&#232;re n&#233;faste qui est associ&#233; classiquement au c&#244;t&#233; gauche. En revanche, le c&#244;t&#233; droit est, vu son caract&#232;re positif, privil&#233;gi&#233; et il est permis &#224; l'&#339;il droit de voir l'&#234;tre bien aim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;3.2.2. Droite et gauche dans l'espace&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Farrokhi Sistani (mort en 1037) po&#232;te de la cour des Ghaznavides, qui raconte un d&#233;placement du Sultan Mahmoud Ghaznavi pendant lequel il se trouve &#224; un point o&#249; il doit choisir la direction, nous retrouvons l'opposition droite-gauche dans une partie de cette &lt;em&gt;qasida&lt;/em&gt; (ode) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1670;&#1606;&#1575;&#1606; &#1606;&#1605;&#1608;&#1583; &#1605;&#1604;&#1705; &#1585;&#1575; &#1705;&#1607; &#1585;&#1607; &#1586; &#1583;&#1587;&#1578; &#1670;&#1662;&#1587;&#1578;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1576;&#1585;&#1601;&#1578; &#1587;&#1608;&#1740; &#1670;&#1662; &#1608; &#1711;&#1601;&#1578; &#1607;&#1585; &#1670;&#1607; &#1576;&#1575;&#1583;&#1575;&#1576;&#1575;&#1583;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Il a sembl&#233; au roi que le chemin &#233;tait &#224; gauche&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Il est all&#233; &#224; gauche et s'est dit que quoi qu'il arrive il sera bienvenu&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1583;&#1585; &#1575;&#1740;&#1606; &#1578;&#1601;&#1705;&#1585; &#1605;&#1602;&#1583;&#1575;&#1585; &#1740;&#1705; &#1583;&#1608; &#1605;&#1740;&#1604; &#1576;&#1585;&#1575;&#1606;&#1583;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1586; &#1585;&#1601;&#1578;&#1607; &#1576;&#1575;&#1586; &#1662;&#1588;&#1740;&#1605;&#1575;&#1606; &#1588;&#1583; &#1608; &#1601;&#1585;&#1608; &#1575;&#1587;&#1578;&#1575;&#1583;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Et dans cette pens&#233;e, il a fait un ou deux milles&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Quand il s'est repenti et s'est arr&#234;t&#233; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1586; &#1583;&#1587;&#1578; &#1585;&#1575;&#1587;&#1578; &#1740;&#1705;&#1740; &#1585;&#1608;&#1588;&#1606; &#1662;&#1583;&#1740;&#1583; &#1570;&#1605;&#1583;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1670;&#1606;&#1575;&#1606;&#1705;&#1607; &#1607;&#1585;&#1705;&#1587; &#1575;&#1586; &#1570;&#1606; &#1585;&#1608;&#1588;&#1606;&#1740; &#1606;&#1588;&#1575;&#1606;&#1740; &#1583;&#1575;&#1583;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Une certaine lumi&#232;re est apparue du c&#244;t&#233; droit&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Au point que tout le monde s'apercevait de cette lumi&#232;re &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Farrokhi Sistani, &lt;em&gt;Qassayed&lt;/em&gt;, s.d., sur le retour de Sultan Mahmoud de la conqu&#234;te de Soumen&#226;te)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce r&#233;cit, nous constatons que le Sultan choisit le c&#244;t&#233; gauche pour continuer son chemin alors qu'il n'en &#233;tait pas s&#251;r et qu'il lui a juste &#171; sembl&#233; &#187; que c'&#233;tait la bonne voie ; il a m&#234;me suivi ce chemin pendant un ou deux milles, mais soudainement, se rendant compte du mauvais choix qu'il a fait, il s'arr&#234;te et regrette d'avoir choisi cette direction : la gauche. Et c'est &#224; ce moment-l&#224; qu'une lumi&#232;re provenant du c&#244;t&#233; droit lui indique le bon chemin ; une lumi&#232;re qui attire tout le monde. Ces vers, quelque anecdotiques qu'ils soient, font preuve du privil&#232;ge du c&#244;t&#233; droit face au c&#244;t&#233; gauche. Pour le Sultan, le choix du c&#244;t&#233; gauche l'a amen&#233; au regret et c'est le c&#244;t&#233; droit qui, de par la lumi&#232;re qu'il projette, lui montre la bonne voie &#224; suivre pour arriver &#224; sa destination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;3.2.3. Main droite, main gauche&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En nous int&#233;ressant au recueil de po&#232;mes de Nasser Khossro (1004-1074), une partie de l'une de ses &lt;em&gt;qasidas&lt;/em&gt; (odes) attire notre attention l&#224; o&#249; il &#233;voque la temporalit&#233; de la vie humaine et les &#171; jeux du monde ici-bas &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1580;&#1607;&#1575;&#1606; &#1575;&#1711;&#1585; &#1588;&#1705;&#1585; &#1570;&#1585;&#1583; &#1576;&#1607; &#1583;&#1587;&#1578; &#1670;&#1662; &#1587;&#1608;&#1740; &#1578;&#1608;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1576;&#1607; &#1583;&#1587;&#1578; &#1585;&#1575;&#1587;&#1578; &#1583;&#1585;&#1608;&#1606;&#1548; &#1576;&#1740; &#1711;&#1605;&#1575;&#1606; &#1578;&#1576;&#1585; &#1583;&#1575;&#1585;&#1583;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Si le monde t'apporte du sucre par la main gauche&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Il a certainement une hache cach&#233;e dans la main droite&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1583;&#1585;&#1582;&#1578; &#1582;&#1585;&#1605;&#1575; &#1589;&#1583;&#1582;&#1575;&#1585; &#1586;&#1588;&#1578; &#1583;&#1575;&#1585;&#1583; &#1608; &#1582;&#1588;&#1705;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1575;&#1711;&#1585; &#1583;&#1608; &#1588;&#1606;&#1711;&#1604;&#1607; &#1582;&#1585;&#1605;&#1575;&#1740; &#1582;&#1608;&#1576; &#1608; &#1578;&#1585; &#1583;&#1575;&#1585;&#1583;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le palmier a une centaine d'&#233;pines s&#232;ches et laides&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;S'il y a deux grappes de dattes bonnes et fra&#238;ches &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Nasser Khossro&lt;em&gt;, Qassayed&lt;/em&gt;, s.d., qassideh 45)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier vers nous indique l'usage des mots &#1585;&#1575;&#1587;&#1578; (/r&#226;st/) (droite) et &#1670;&#1662;&lt;br /&gt; (/tchap/) (gauche) chez Nasser Khossro. Ainsi, dans le premier h&#233;mistiche, nous remarquons que la main gauche du monde, qui est d'ailleurs personnifi&#233;, apporte du sucre qui, de par son go&#251;t agr&#233;able, est le symbole de la &lt;em&gt;joie&lt;/em&gt; et de la &lt;em&gt;vie confortable&lt;/em&gt;. Dans le deuxi&#232;me h&#233;mistiche, le po&#232;te confie une hache &#224; la main droite du monde ; celle-ci &#233;tant le symbole de &lt;em&gt;couper&lt;/em&gt; soit le bonheur, soit la vie m&#234;me dans la culture persane. Dans le deuxi&#232;me vers, nous constatons que le po&#232;te nous parle du palmier en expliquant que dans ce dernier, les bonnes dattes fra&#238;ches sont accompagn&#233;es de nombreuses &#233;pines. En faisant le parall&#232;le avec le premier vers, nous pouvons faire le lien entre le monde et le palmier, ensuite le sucre, donc la joie du monde et les dattes fra&#238;ches, puis entre les peines subies par la hache tenue de la main droite, soit les mauvaises situations de la vie et les &#233;pines du palmier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier vers renferme alors une contradiction dans les id&#233;es pr&#233;sent&#233;es g&#233;n&#233;ralement par le couple droite/gauche. Pourtant, il semble que le po&#232;te ait associ&#233; la main gauche au sucre et &#224; l'id&#233;e de bonheur et la main droite &#224; la hache par souci des exigences po&#233;tiques, ou voulait tout simplement &#233;voquer deux aspects diff&#233;rents du monde. Une recherche rapide dans l'&#339;uvre de Nasser Khosro, nous a fait d&#233;couvrir le vers suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1605;&#1585;&#1575; &#1582;&#1576;&#1585; &#1606;&#1607; &#1575;&#1586;&#1575;&#1606;&#1705; &#1575;&#1740;&#1606; &#1580;&#1607;&#1575;&#1606; &#1605;&#1585;&#1583; &#1601;&#1585;&#1740;&#1576;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1576;&#1607; &#1583;&#1587;&#1578; &#1585;&#1575;&#1587;&#1578; &#1588;&#1705;&#1585; &#1583;&#1575;&#1585;&#1583; &#1608; &#1576;&#1607; &#1670;&#1662; &#1581;&#1606;&#1592;&#1604;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Je ne suis pas au courant que ce monde qui fascine l'homme&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ait du sucre dans la main droite et de l'amertume dans la main gauche &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Nasser Khossro&lt;em&gt;, Qassayed&lt;/em&gt;, s.d., qassideh 141)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12740 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L350xH572/5-6-b83c3.gif?1686660031' width='350' height='572' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Khosrow avec Maryam, Une version abr&#233;g&#233;e de &lt;em&gt;Khossro va Chirine&lt;/em&gt; par Nez&#226;mi Gandjavi, 1726, Style moghol.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Nous constatons donc que la m&#234;me id&#233;e (bonheur et malheur pr&#233;sent&#233;s par les mains du monde) est exprim&#233;e de mani&#232;re inverse ; cette fois, c'est la main droite qui pr&#233;sente du sucre et la main gauche de l'amertume, qui sont respectivement les symboles de la joie et de la peine de la vie. Et en guise d'exemple saillant, nous nous int&#233;resserons au vers suivant extrait de l'&#339;uvre de Nasser Khosro m&#234;me o&#249; nous retrouvons l'id&#233;e classique de la gauche comme un concept n&#233;gatif :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1705;&#1575;&#1585;&#1607;&#1575;&#1740; &#1670;&#1662; &#1576;&#1607; &#1576;&#1604;&#1575;&#1740;&#1607; &#1605;&#1705;&#1606;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1705;&#1607; &#1576;&#1607; &#1583;&#1587;&#1578; &#1670;&#1662;&#1578; &#1583;&#1607;&#1606;&#1583; &#1705;&#1578;&#1575;&#1576;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ne fais pas m&#233;chamment d'affaires gauches (louches)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Sinon on confiera le bilan de tes actions &#224; la main gauche&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1578;&#1582;&#1605; &#1575;&#1711;&#1585; &#1580;&#1608; &#1576;&#1608;&#1583; &#1580;&#1608; &#1570;&#1585;&#1583; &#1576;&#1585;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1576;&#1670;&#1607; &#1587;&#1606;&#1580;&#1575;&#1576; &#1586;&#1575;&#1740;&#1583; &#1575;&#1586; &#1587;&#1606;&#1580;&#1575;&#1576;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Si l'on cultive la graine d'orge, l'orge sortira&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le petit &#233;cureuil est n&#233; d'un &#233;cureuil&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Nasser Khossro&lt;em&gt;, Qassayed&lt;/em&gt;, s. d., qassideh 17)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier vers parle de l'id&#233;e exprim&#233;e dans le Coran selon laquelle, comme nous l'avons vu, le bilan des affaires et actions louches est confi&#233; &#224; la main gauche au Jugement dernier et le deuxi&#232;me vers le pr&#233;sente comme un principe naturel selon lequel dans la nature aussi l'origine d'un &#234;tre se trouve dans un &#234;tre de m&#234;me essence : l'orge provient de la graine d'orge, et le petit &#233;cureuil provient de l'&#233;cureuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Attar (1145/46-1221), dans son &#339;uvre Asrar-Nameh (Livre des Secrets), nous lisons ainsi con-cernant une autre croyance provenant de la religion :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1606;&#1576;&#1740;&#1606;&#1740; &#1606;&#1588;&#1606;&#1608;&#1740; &#1607;&#1605; &#1670;&#1608;&#1606; &#1705;&#1585; &#1608; &#1705;&#1608;&#1585;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1575;&#1586; &#1570;&#1606; &#1575;&#1606;&#1711;&#1740;&#1586;&#1740; &#1575;&#1740;&#1606; &#1670;&#1606;&#1583;&#1740;&#1606; &#1588;&#1585; &#1608; &#1588;&#1608;&#1585;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Tu ne vois pas, tu n'entends pas comme un aveugle et un sourd&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;C'est pour cela que tu fais de tels maux&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1585;&#1602;&#1740;&#1576; &#1583;&#1587;&#1578; &#1670;&#1662; &#1585;&#1575; &#1605;&#1575;&#1606;&#1583;&#1607; &#1588;&#1583; &#1583;&#1587;&#1578;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1586; &#1576;&#1587; &#1705;&#1585;&#1583;&#1575;&#1585; &#1578;&#1608; &#1576;&#1606;&#1608;&#1588;&#1578; &#1662;&#1740;&#1608;&#1587;&#1578;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;L'agent de la main gauche a mal &#224; la main&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Tellement il a not&#233; tes comportements&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1585;&#1602;&#1740;&#1576; &#1583;&#1587;&#1578; &#1585;&#1575;&#1587;&#1578; &#1570;&#1586;&#1575;&#1583; &#1575;&#1586; &#1578;&#1608;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1602;&#1604;&#1605; &#1576;&#1585; &#1705;&#1575;&#1594;&#1584;&#1740; &#1606;&#1606;&#1607;&#1575;&#1583; &#1575;&#1586; &#1578;&#1608;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;L'agent de la main droite a tout le confort&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Il n'a pas mis de crayon sur papier&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Attar, &lt;em&gt;Asrar-Nameh&lt;/em&gt; [Livre des Secrets], s. d., partie 10)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vers ci-dessus expriment la croyance coranique selon laquelle chaque &#234;tre humain est suivi, quant &#224; ses comportements, par deux anges-agents plac&#233;s sur les &#233;paules droite et gauche. L'agent du c&#244;t&#233; droit est charg&#233; d'enregistrer les actions et comportements de bon aloi et celui du c&#244;t&#233; gauche se charge de pr&#233;parer le bilan des actions provenant des mauvaises intentions. Dans ces vers, Attar critique une personne qui, de par ses actions non-appr&#233;ci&#233;es, fait souffrir l'agent du c&#244;t&#233; gauche, tant et si bien que celui-ci est oblig&#233; de prendre note de ses actions louches, alors que l'agent du c&#244;t&#233; droit de cette personne n'a pratiquement plus de responsabilit&#233; et n'a m&#234;me pas not&#233; d'actions r&#233;alis&#233;es sur la base d'une bonne intention. Cette croyance tire son origine d'un verset co-ranique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;En effet, deux anges se tiennent l'un &#224; droite et l'autre &#224; gauche de l'homme pour enregis-trer tous ses faits et gestes.&#034; (Coran, 50:17)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces vers montrent en effet une tendance chez les po&#232;tes iraniens. Ces derniers se servaient des con-cepts et id&#233;es exprim&#233;s dans le Coran pour mieux pr&#233;senter leurs propres id&#233;es, et s'en servaient en tant que t&#233;moins de ce qu'ils voulaient dire. Ce processus &#233;tait d'ailleurs r&#233;ciproque : les id&#233;es du Coran ont enrichi les &#339;uvres de ces po&#232;tes, tandis que ces derniers ont contribu&#233; aussi &#224; faire con-na&#238;tre les id&#233;es exprim&#233;es dans le Coran &#224; un public qui ne ma&#238;trisait pas la lecture et ne connaissait pas forc&#233;ment l'arabe ou ne disposait pas de traduction persane pour le comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.2.5. Droite/gauche, homme/femme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Nezami Gandjavi (1141-1209), nous lisons dans un r&#233;cit d'amour concernant Khossro et Shirin une &#233;vocation de l'association du c&#244;t&#233; gauche &#224; la femme. Dans les vers en question, Khossro essaie d'exalter sa bien-aim&#233;e Shirin chez Maryam et cette derni&#232;re essaie ainsi de le d&#233;tourner de l'amour qu'il &#233;prouve pour Shirin :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1576;&#1587;&#1740; &#1705;&#1585;&#1583;&#1606;&#1583; &#1605;&#1585;&#1583;&#1575;&#1606; &#1670;&#1575;&#1585;&#1607;&#8204; &#1587;&#1575;&#1586;&#1740;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1606;&#1583;&#1740;&#1583;&#1606;&#1583; &#1575;&#1586; &#1740;&#1705;&#1740; &#1586;&#1606; &#1585;&#1575;&#1587;&#1578; &#1576;&#1575;&#1586;&#1740;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hommes ont beaucoup essay&#233; de trouver une solution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ils n'ont trouv&#233; de droiture chez aucune femme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1586;&#1606; &#1575;&#1586; &#1662;&#1607;&#1604;&#1608;&#1740; &#1670;&#1662; &#1711;&#1608;&#1740;&#1606;&#1583; &#1576;&#1585;&#1582;&#1575;&#1587;&#1578;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1605;&#1580;&#1608;&#1740; &#1575;&#1586; &#1580;&#1575;&#1606;&#1576; &#1670;&#1662; &#1580;&#1575;&#1606;&#1576; &#1585;&#1575;&#1587;&#1578;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit que la femme est n&#233;e du c&#244;t&#233; gauche&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne cherche pas de chemin droit du c&#244;t&#233; gauche&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Nez&#226;mi Gandjavi, &lt;em&gt;Khossro va Chirine&lt;/em&gt;, 1175)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier vers commence &#224; parler de la femme en expliquant que les hommes n'ont pas trouv&#233; de caract&#232;re droit et juste exprim&#233; par la droiture chez la femme. Le deuxi&#232;me vers fait r&#233;f&#233;rence &#224; une croyance populaire selon laquelle &#034;la femme est n&#233;e du c&#244;t&#233; gauche&#034;. Le deuxi&#232;me h&#233;mistiche de-mande de ne pas aller &#224; la qu&#234;te du chemin droit aupr&#232;s du c&#244;t&#233; gauche, car vu les explications con-cernant la femme, c'est une t&#226;che vaine. Ladite croyance concernant l'origine de la femme et sa rela-tion au c&#244;t&#233; gauche est &#233;voqu&#233;e par un r&#233;cit anecdotique chez Attar (1145/46-1221) dans son ouvrage &lt;em&gt;Djohar-ozzat&lt;/em&gt; (L'essence de soi), premier livre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1582;&#1591;&#1575;&#1576;&#1740; &#1705;&#1585;&#1583; &#1581;&#1602; &#1583;&#1585; &#1587;&#1608;&#1740; &#1580;&#1576;&#1585;&#1740;&#1604;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1705;&#1607; &#1607;&#1575;&#1606; &#1575;&#1586; &#1662;&#1607;&#1604;&#1608;&#1740; &#1670;&#1662; &#1586;&#1608;&#1583; &#1578;&#1576;&#1583;&#1740;&#1604;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu s'est adress&#233; &#224; Gabriel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fais promptement du c&#244;t&#233; gauche&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1705;&#1606;&#1740; &#1570;&#1583;&#1605; &#1583;&#1585; &#1575;&#1740;&#1606;&#1580;&#1575; &#1570;&#1588;&#1705;&#1575;&#1585;&#1575;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1705;&#1607; &#1578;&#1575; &#1576;&#1740;&#1606;&#1583; &#1581;&#1602;&#1740;&#1602;&#1578; &#1589;&#1606;&#1593; &#1605;&#1575; &#1585;&#1575;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#234;tre humain et fais-le appara&#238;tre ici&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour qu'il voie la v&#233;rit&#233; de notre fabrique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1586; &#1662;&#1607;&#1604;&#1608;&#1740; &#1670;&#1662; &#1570;&#1583;&#1605; &#1593;&#1740;&#1575;&#1606; &#1588;&#1583;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1606;&#1605;&#1608;&#1583; &#1580;&#1586;&#1608; &#1608; &#1705;&#1604; &#1583;&#1740;&#1711;&#1585; &#1606;&#1607;&#1575;&#1606; &#1588;&#1583;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#200;ve] est apparue du c&#244;t&#233; gauche d'Adam&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cette partie a fait dispara&#238;tre le tout [de par sa beaut&#233;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1670;&#1608; &#1580;&#1576;&#1585;&#1740;&#1604; &#1575;&#1606;&#1583;&#1585; &#1570;&#1606; &#1576;&#1583; &#1583;&#1585; &#1606;&#1592;&#1575;&#1585;&#1607;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1740;&#1705;&#1740; &#1589;&#1608;&#1585;&#1578; &#1583;&#1711;&#1585; &#1588;&#1583; &#1570;&#1588;&#1705;&#1575;&#1585;&#1607;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Gabriel le regardait&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre visage est soudainement apparu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1593;&#1580;&#1575;&#1574;&#1576; &#1589;&#1608;&#1585;&#1578;&#1740; &#1583;&#1585; &#1583;&#1740;&#1711;&#1585; &#1575;&#1587;&#1585;&#1575;&#1585;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1586; &#1662;&#1607;&#1604;&#1608;&#1740; &#1670;&#1662;&#1588; &#1570;&#1605;&#1583; &#1662;&#1583;&#1740;&#1583;&#1575;&#1585;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un visage curieux plein de secrets&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est apparu de son c&#244;t&#233; gauche&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Attar, &lt;em&gt;Djohar-ozzat&lt;/em&gt; (L'essence de soi), s. d. partie 45)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces vers sont cit&#233;s &#224; la suite du r&#233;cit de la cr&#233;ation de l'homme par Dieu. Au bout d'un moment, Adam, dont la demeure originelle est le paradis, ne se trouve plus int&#233;ress&#233; &#224; &#234;tre seul dans tous les plaisirs et le bonheur mis &#224; sa disposition et fait part &#224; Dieu de sa solitude. Dieu, en lui expliquant qu'en s'adressant &#224; son Cr&#233;ateur il n'est plus seul, s'appr&#234;te &#224; montrer &#224; Adam son pouvoir de fa-brique en cr&#233;ant une beaut&#233; exceptionnelle repr&#233;sent&#233;e par &#200;ve. Ainsi, comme nous le lisons dans ces vers, Dieu demande &#224; Gabriel d'entreprendre la cr&#233;ation d'un nouvel &#234;tre humain par la mati&#232;re du c&#244;t&#233; gauche d'Adam et ainsi, Gabriel t&#233;moigne l'apparition d'une beaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les vers ci-dessus, nous avons identifi&#233; une croyance selon laquelle le c&#244;t&#233; gauche est associ&#233; au genre f&#233;minin de l'&#234;tre humain. Chez Sana&#239; (1087-1130), qui est aussi un po&#232;te iranien, nous re-trouvons la m&#234;me id&#233;e dans son &#339;uvre Hadiqatol-Haqiqa va Chariato-Tariqa (Le Jardin de la v&#233;rit&#233; et la loi de la bonne voie), o&#249; il exalte l'unicit&#233; de Dieu pour ensuite donner des exemples des r&#234;ves que l'homme fait et essaie d'interpr&#233;ter. ? chaque ph&#233;nom&#232;ne et &#233;l&#233;ment visionn&#233;s dans le r&#234;ve, il associe une interpr&#233;tation destin&#233;e &#224; &#234;tre r&#233;alis&#233;e dans la vie. Nous lisons dans un vers ayant trait &#224; cette id&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#1583;&#1587;&#1578; &#1576;&#1575;&#1588;&#1583; &#1576;&#1585;&#1575;&#1583;&#1585; &#1608; &#1582;&#1608;&#1575;&#1607;&#1585;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1570;&#1606;&#1616; &#1670;&#1662; &#1583;&#1582;&#1578;&#1585; &#1608; &#1570;&#1606;&#1616; &#1585;&#1575;&#1587;&#1578; &#1662;&#1587;&#1585;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Le fait de voir] la main est le symbole de fr&#232;re et s&#339;ur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La main gauche pour la fille et la main droite pour le gar&#231;on&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Sana&#239;, &lt;em&gt;Hadiqatol-haqiqa va chariato-tariqa&lt;/em&gt; [Le Jardin de la v&#233;rit&#233; et la loi de la bonne voie],1333, livre I)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Sana&#239;, si dans un r&#234;ve l'on voit les mains, elles repr&#233;sentent les fr&#232;res et les s&#339;urs de la per-sonne r&#234;vant, et le fait de voir la main gauche se traduit par la fille, soit la s&#339;ur de la personne ; quant &#224; la main droite, elle se traduit par le gar&#231;on, donc son fr&#232;re. Cette croyance consistant &#224; asso-cier le c&#244;t&#233; gauche au genre f&#233;minin se retrouve dans la culture persane, comme nous l'avons vu su-pra, et ce m&#234;me avant la venue de l'islam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les passages ci-dessus nous ont renseign&#233; au sujet des occurrences du couple droite-gauche qui est l'expression d'une dualit&#233; vivante de nos jours dans la sph&#232;re politique tant en Iran qu'en France ; ce qui nous fait penser &#224; une pr&#233;sence universelle du couple droite-gauche. La culture persane est, de par ses impacts zoroastriens et islamiques, pour sa part ouverte &#224; cette dualit&#233; et l'un de ses repr&#233;sen-tants, la litt&#233;rature, est un terrain fertile pour l'usage de ce couple. Nous avons remarqu&#233; que les &#233;l&#233;ments provenant de diff&#233;rentes composantes de la culture iranienne ont laiss&#233; des traces dans la litt&#233;rature persane, et ont contribu&#233; &#224; enrichir ce domaine notamment en parlant du bin&#244;me droite-gauche comme une opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;ol start=&#034;3&#034;&gt;&lt;dl class='spip_document_12741 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L400xH602/6-6-329a0.gif?1686660031' width='400' height='602' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Couverture de &lt;em&gt;Djohar-ozzat&lt;/em&gt; (L'essence de soi) d'Attar&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h3&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;l&#233;ments de la culture persane que nous avons trait&#233;s supra sont significatifs de la valeur v&#233;hicu-l&#233;e par le couple droite-gauche. Dans la litt&#233;rature et la culture, nous rencontrons parfois des exemples repr&#233;sentant ce couple sous la forme d'une colocation, comme une expression englobant l'ensemble des coins d'un certain espace ne transmettant pas de valeur particuli&#232;re. Dans d'autres cas, le couple en question pr&#233;sente une dualit&#233; opposant le Bien au Mal en proposant diverses sc&#232;nes anecdotiques pour illustrer cette opposition. Certains autres cas font figure des occurrences qui con-sacrent le c&#244;t&#233; gauche &#224; la femme selon une croyance populaire. Finalement, l'id&#233;e de la sup&#233;riorit&#233; et de l'inf&#233;riorit&#233; des &#234;tres de m&#234;me nature avec les dieux zoroastriens et dans les cours royales est visible. Dans cette vision, une hi&#233;rarchisation des valeurs est de mise ; le c&#244;t&#233; droit ne d&#233;valorise pas le c&#244;t&#233; gauche mais se trouve uniquement dot&#233; de valeurs sup&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la litt&#233;rature persane qui est, comme nous l'avons signal&#233;, tr&#232;s riche en valeurs s&#233;mantiques et spirituelles, montre encore une fois son apport en ce qui concerne la th&#233;matique particuli&#232;re &#224; l'opposition droite-gauche. Cette opposition, introduite en Iran pour son acception politique d&#232;s la R&#233;volution Constitutionnelle au d&#233;but du XX&#232;me si&#232;cle, est de nos jours un des acteurs de la sc&#232;ne politique iranienne comme dans beaucoup de pays dans le monde - y compris certes en France qui en est l'inventeur. Ce calque s&#233;mantique a &#233;t&#233; bien accueilli en Iran pendant des d&#233;cennies avant de se voir affaibli par des constructions lexicales provenant plus ou moins du discours r&#233;volutionnaire iranien (fondamentaliste ou principaliste vs r&#233;formateur). Il ne faut pas oublier que la sc&#232;ne politique a d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; la nature du couple droite-gauche en le mettant sur une ligne &#233;galisant son statut. Les pr&#233;curseurs en furent les r&#233;volutionnaires fran&#231;ais &#224; la fin du XVIIIe si&#232;cle. Si le c&#244;t&#233; droit &#233;voquait dans la culture persane, tout comme dans la culture chr&#233;tienne, le c&#244;t&#233; qui b&#233;n&#233;ficie d'une sup&#233;riori-t&#233; par rapport au c&#244;t&#233; gauche, cette sup&#233;riorit&#233; n'est plus d'actualit&#233; dans le domaine politique ; la situation s'inverserait m&#234;me parfois lorsque les repr&#233;sentants de la droite politique ne suivent pas les exigences des valeurs r&#233;publicaines et de libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le couple droite-gauche, mis &#224; part les valeurs qu'il v&#233;hicule, reste ainsi un bin&#244;me anim&#233; et vivant qui continue &#224; exister et &#224; transmettre les messages qu'il porte de par une opposition qu'il tient de l'espace de vie de l'homme et de son corps. La litt&#233;rature persane est un contexte qui s'en est servi en le pr&#233;sentant par les anecdotes en toute beaut&#233; par la plume des auteurs et po&#232;tes qui ont contri-bu&#233; pendant les si&#232;cles &#224; enrichir le patrimoine mondial de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Professeur assistant&lt;br /&gt; &#201;tudes fran&#231;aises &lt;br /&gt; Facult&#233; des &#233;tudes mondiales &lt;br /&gt; Universit&#233; de T&#233;h&#233;ran. hadi.dolatabadi@ut.ac.ir&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Traduit par Jules Mohl, 1838.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ganjoor.com&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.ganjoor.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bahar, M. (2001). &lt;em&gt;Bandhachan &lt;/em&gt;[Bandhachan]&lt;em&gt;.&lt;/em&gt; T&#233;h&#233;ran : Tousse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barsley, M. (1979). &lt;em&gt;Left Handed People.&lt;/em&gt; North Hollywood, CA : Willshire Book Co.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christensen, A. (2004). &lt;em&gt;Nokhostin ensan, nokhostin chahryar &lt;/em&gt;[Premier homme, premier roi] [J. Amouzgar &amp; A. Tafazoli, Trad.] T&#233;h&#233;ran : Tchechmeh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fabbro, F. (1994). Left and Right in the Bible from a Neuropsychological Perspective. &lt;em&gt;Brain and Cognition ; 24&lt;/em&gt;(2) : 161-183.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fazilat, F. (2002). &lt;em&gt;Ketab-e sevom-e dinkard&lt;/em&gt; [Le troisi&#232;me livre de Dinkard]&lt;em&gt;.&lt;/em&gt; T&#233;h&#233;ran : Farhangue-e Dehkhoda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hertz, R. (1928). &lt;em&gt;Sociologie religieuse et folklore&lt;/em&gt; (&#233;d. 1er). Paris : Les Presses universitaires de France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Khoda&#239;, M. (2011). &lt;em&gt;Mafhoom-e r&#226;st va tchap dar as&#226;tir-e Ir&#226;n&lt;/em&gt; [Le Concept de droite et gauche dans les mythes iraniens]&lt;em&gt;.&lt;/em&gt; T&#233;h&#233;ran : Pazineh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Koselleck, R. (2000). &lt;em&gt;Le futur pass&#233;, contribution &#224; la s&#233;mantique des temps historiques.&lt;/em&gt; [M.-C. &amp; J. Hoock, Trad.] Paris : &#201;cole des Hautes &#233;tudes en Sciences Sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laponce, J. A. (1981). &lt;em&gt;Left and Right, the topology of political perceptions.&lt;/em&gt; Toronto : Universit&#233; de Toronto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conford, F. M. (1957). &lt;em&gt;From religion to philosophy.&lt;/em&gt; New-York : Harper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mauss, M. (1954). &lt;em&gt;The Gift, Forms and Functions of Exchange in Archa&#239;c Societies.&lt;/em&gt; Londres : Cohen-West.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourvadoud, E. (1998). Yachtha [Les Yachts]&lt;em&gt;.&lt;/em&gt; T&#233;h&#233;ran : Asatir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rached Mohassel, M. T. (2006). &lt;em&gt;Vazidegui-ha-ye Zadseparm &lt;/em&gt;[Les souffles de Zadseparm]&lt;em&gt;.&lt;/em&gt; T&#233;h&#233;ran : Pajouheshgah oloom-e ensani.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Springer, S.-P., &amp; Deutsch, G. (2000). &lt;em&gt;Cerveau gauche, cerveau droit, &#224; la lumi&#232;re des neuroscience &lt;/em&gt;(&#233;d. 5e). (Benoit-Dubrocard, S., &amp; Blanc-Garin, J., Trads.) Bruxelles : De Boeck.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tournier, M. (1988). &lt;em&gt;Le mot &#171; droit &#187;.&lt;/em&gt; [Film documentaire].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vameghi, I. (1999). &lt;em&gt;Nevesht&#233;h&#226;-ye M&#226;ni va &lt;/em&gt;m&#226;navian, B&#226; do moghaddame&#233; dar b&#226;b-e zendegi, afk&#226;r va falsaf&#233;-ye din [Les &#233;crits de Mani et des manich&#233;ens, Avec deux introductions concernant la vie, la pens&#233;e et la philosophie de la religion de M&#226;ni]. T&#233;h&#233;ran : &#201;dition Hoze-ye Honari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sitographie :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attar. (s.d.). Asrar-Nameh (Livre des Secrets), partie 10. &lt;em&gt;Ganjoor&lt;/em&gt; [En ligne]. Consult&#233; le 16 mai 2013, sur Ganjoor : &lt;a href=&#034;http://ganjoor.net/attar/asrarname/abkhsh10/sh3/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://ganjoor.net/attar/asrarname/abkhsh10/sh3/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attar. (s.d.). Djohar-ozzat (L'essence de soi), partie 45. &lt;em&gt;Ganjoor&lt;/em&gt; [En ligne]. Consult&#233; le 17 mai 2013, sur Ganjoor : &lt;a href=&#034;http://ganjoor.net/attar/jz/d1/sh54/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://ganjoor.net/attar/jz/d1/sh54/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Farrokhi Sistani. (s.d.). Ode 10&lt;em&gt;.&lt;/em&gt; &lt;em&gt;Ganjoor&lt;/em&gt; [En ligne]. Consult&#233; le 22 avril 2013, sur Ganjoor : &lt;a href=&#034;http://ganjoor.net/farrokhi/divanf/ghasidef/sh10/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://ganjoor.net/farrokhi/divanf/ghasidef/sh10/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ferdowsi. ( 1000). Le livre des rois, partie 13. &lt;em&gt;Ganjoor&lt;/em&gt; [En ligne]. Consult&#233; le 23 mai 2013, sur &lt;a href=&#034;http://ganjoor.net/ferdousi/shahname/fereydoon/sh13/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://ganjoor.net/ferdousi/shahname/fereydoon/sh13/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gandjavi, N. ( 1175). R&#233;cit d'amour concernant Khosro et Shirin, partie 51. &lt;em&gt;Ganjoor&lt;/em&gt; [En ligne]. Consult&#233; le 14 mai 2013, sur Ganjoor : &lt;a href=&#034;http://ganjoor.net/nezami/5ganj/khosro-shirin/sh51/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://ganjoor.net/nezami/5ganj/khosro-shirin/sh51/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marc (s.d.). &lt;em&gt;Bible Gateway&lt;/em&gt; [En ligne]. Consult&#233; le 23 janvier 2013, sur : &lt;a href=&#034;https://www.biblegateway.com&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.biblegateway.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Mohl, Jules.&lt;/em&gt; (2011). &lt;em&gt;Acad&#233;mie des Inscriptions et Belles-Lettres&lt;/em&gt; [En ligne]. Consult&#233; le 03 juin 2013, sur : &lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5774334p.r=le%20livre%20des%20rois?rk=214&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5774334p.r=le%20livre%20des%20rois?rk=214&lt;/a&gt; 59 ;2&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nasser Khossro. (s.d.). Ode 65. &lt;em&gt;Ganjoor&lt;/em&gt; [En ligne]. Consult&#233; le 02 mai 2013, sur Ganjoor : &lt;a href=&#034;http://ganjoor.net/naserkhosro/divann/ghaside-naser/sh65/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://ganjoor.net/naserkhosro/divann/ghaside-naser/sh65/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ovhadi Maraghe&#239;. (1333). Djam&#233;-djam, partie 30&lt;em&gt;.&lt;/em&gt; &lt;em&gt;Ganjoor&lt;/em&gt; [En ligne]. Consult&#233; le 22 avril 2013, sur Ganjoor : &lt;a href=&#034;http://ganjoor.net/ouhadi/jaamejam/sh30/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://ganjoor.net/ouhadi/jaamejam/sh30/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quran (s.d.). &lt;em&gt;Parsquran&lt;/em&gt; [En ligne]. Consult&#233; le 10 janvier 2013, sur : &lt;a href=&#034;http://www.parsquran.com/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.parsquran.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#251;mi Jalal-ud-din (Molavi). (s.d.). Divan-e Shams (Divan de Shams), sonnet 21&lt;em&gt;.&lt;/em&gt; &lt;em&gt;Ganjoor&lt;/em&gt; [En ligne]. Consult&#233; le 22 avril 2013, sur Ganjoor : &lt;a href=&#034;http://ganjoor.net/moulavi/shams/ghazalsh/sh568/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://ganjoor.net/moulavi/shams/ghazalsh/sh568/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#251;mi Jalal-ud-din (Molavi). (1260). Masnavi, Cinqi&#232;me livre. &lt;em&gt;Ganjoor&lt;/em&gt; [En ligne]. Consult&#233; le 22 avril 2013, sur Ganjoor : &lt;a href=&#034;http://ganjoor.net/moulavi/masnavi/daftar5/sh21/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://ganjoor.net/moulavi/masnavi/daftar5/sh21/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saadi. ( 1260). Divan-e ashaar [Recueil de po&#232;mes], sonnet 44. &lt;em&gt;Ganjoor&lt;/em&gt; [En ligne]. sur Ganjoor : &lt;a href=&#034;http://ganjoor.net/saadi/divan/ghazals/sh44&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://ganjoor.net/saadi/divan/ghazals/sh44&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;flexions sur le langage dans la pens&#233;e philosophique antique : de l'Inde &#224; la Gr&#232;ce</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article2772</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article2772</guid>
		<dc:date>2020-11-19T12:55:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Badreddine El-Kacimi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les &#233;tudes &#233;pist&#233;mologiques qui ont abord&#233; la grammaire antique dans sa globalit&#233; sont d'une raret&#233; remarquable, peut-&#234;tre du fait du manque de documents et de donn&#233;es suffisantes pour le faire. L'histoire de la linguistique remonte &#224; l'antiquit&#233; gr&#233;co-latine o&#249; la grammaire faisait partie de la philosophie, n&#233;anmoins, la pens&#233;e linguistique &#233;tait secondaire et discontinue : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'histoire de la pens&#233;e linguistique est faite non d'une accumulation longitudinale de savoirs exploit&#233;s en continuit&#233;, mais d'une (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique288" rel="directory"&gt;N&#176; 171, printemps 2020&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH121/arton2772-a7116.png?1686660031' width='150' height='121' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;tudes &#233;pist&#233;mologiques qui ont abord&#233; la grammaire antique dans sa globalit&#233; sont d'une raret&#233; remarquable, peut-&#234;tre du fait du manque de documents et de donn&#233;es suffisantes pour le faire. L'histoire de la linguistique remonte &#224; l'antiquit&#233; gr&#233;co-latine o&#249; la grammaire faisait partie de la philosophie, n&#233;anmoins, la pens&#233;e linguistique &#233;tait secondaire et discontinue :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; L'histoire de la pens&#233;e linguistique est faite non d'une accumulation longitudinale de savoirs exploit&#233;s en continuit&#233;, mais d'une combinaison d'apports lat&#233;raux et de superpositions, qui ne se recouvrent jamais parfaitement, et qui v&#233;hiculent des contenus doctrinaux souvent disparates. Mais la pens&#233;e linguistique retrouve une unit&#233; dans la m&#233;moire qu'elle s'est constitu&#233;e de ces m&#233;andres et de ces interstices : m&#233;moire s&#233;lective, et dont certaines parties ne sont gu&#232;re activ&#233;es &#224; telle ou telle &#233;poque , mais une m&#233;moire qui a model&#233; notre conception du langage, et notre id&#233;e de la fa&#231;on/des fa&#231;ons dont on peut l'&#233;tudier. &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='P. Swiggers, (1997). Histoire de la pens&#233;e linguistique, PUF, p. (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, tout d'abord, elle est secondaire dans la mesure o&#249; elle est stimul&#233;e par des pr&#233;occupations globalement religieuses. Elle s'accompagne aussi de pr&#233;occupations philosophiques portant sur l'origine du langage, et enfin, p&#233;dagogiquement, la r&#233;daction de grammaires &#233;tait destin&#233;e &#224; l'apprentissage de la langue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, la r&#233;flexion linguistique est discontinue, car l'histoire de la science du langage ne repose pas sur une accumulation de savoir exploit&#233; en continuit&#233;. Elle s'est plut&#244;t constitu&#233;e par une combinaison d'apports linguistiques disparates dans le temps. C'est la raison pour laquelle une bonne compr&#233;hension des enjeux linguistiques au XXe si&#232;cle impose un bref rappel de certains des &#233;l&#233;ments constitutifs de m&#233;moire s&#233;lective, accumul&#233;s au fil des si&#232;cles.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Robins RH. (1976). Br&#232;ve histoire de la linguistique De Platon &#224; Chomsky. (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Cet article vise ainsi &#224; pr&#233;senter un aper&#231;u des moments forts de la pens&#233;e philosophique consacr&#233;e au langage durant l'&#233;poque antique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12732 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L450xH639/1-10-69cf7.gif?1686660031' width='450' height='639' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le sanskrit dans la grammaire de Panini&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans aucun doute, Panini repr&#233;sente la figure embl&#233;matique du grammairien indien non seulement en Inde, mais &#233;galement en Occident. Sa grammaire a contribu&#233; &#224; rendre le sanskrit pr&#233;cis, concis et complet par une description qualifi&#233;e d'une technicit&#233; et d'une pertinence exceptionnelle. Elle est une r&#233;f&#233;rence &#224; la tradition gr&#233;co-latine pour de nombreux sp&#233;cialistes du monde entier, indianistes ou non :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Par sa volont&#233; d'exhaustivit&#233; dans les limites qu'elle s'impose, par sa coh&#233;sion interne et par l'&#233;conomie de son expression, la grammaire du sanskrit que nous devons &#224; Panini est souvent jug&#233;e bien sup&#233;rieure &#224; toute grammaire jamais r&#233;dig&#233;e, quelle que soit la langue d&#233;crite. &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='John Lyons. (1970). Linguistique g&#233;n&#233;rale, introduction &#224; la linguistique (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#171; L'Astadhyahi &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Huit le&#231;ons r&#233;dig&#233;es par Panini.' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est l'intitul&#233; du trait&#233; de Panini. Il s'agit de huit le&#231;ons distribu&#233;es in&#233;galement dans tout le trait&#233;. Leur auteur ne progresse pas selon un plan lin&#233;aire. Les notions fondamentales, les proc&#233;d&#233;s techniques, les d&#233;sinences et les fonctions sont mentionn&#233;es dans les deux premi&#232;res le&#231;ons. La d&#233;rivation, qui constitue le c&#339;ur du trait&#233;, est d&#233;battue des le&#231;ons 3 &#224;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='John Lyons. (1970). Linguistique g&#233;n&#233;rale, introduction &#224; la linguistique (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Enfin, les derni&#232;res le&#231;ons mettent en &#233;vidence essentiellement des ph&#233;nom&#232;nes de jonctions, l'accent, et &#233;voquent les r&#233;sultats obtenus apr&#232;s l'application des r&#232;gles d&#233;rivationnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette grammaire &#233;tait en principe consacr&#233;e &#224; l'&#233;tude de la phon&#233;tique et de la structure interne des mots en prenant comme mati&#232;re non seulement les hymnes v&#233;diques, mais aussi la langue utilis&#233;e &#224; son &#233;poque : &lt;em&gt;&#171; Le classement des sons du langage &#233;tait plus d&#233;taill&#233;, plus fid&#232;le et plus solidement fond&#233; sur l'observation et l'exp&#233;rimentation que tout ce qui a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; en Europe ou ailleurs avant la fin du XIXe si&#232;cle, moment o&#249; la phon&#233;tique europ&#233;enne a &#233;t&#233; fortement influenc&#233;e par les trait&#233;s linguistiques indiens nouvellement d&#233;couverts et traduits par les savants occidentaux. &#187;&lt;/em&gt;5&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces le&#231;ons ne peuvent &#234;tre comprises que par les commentaires et les sous-commentaires de Katyayana&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='appendix' title='Math&#233;maticien et grammairien du sanskrit de l'Inde ancienne.' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et Patanjali&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='appendix' title='Grammairien qui &#233;crit en 200 av. J.-C. environ le Mah&#226;bh&#226;sya, &#171; Grand (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui les m&#233;diatisent, en consid&#233;rant la langue non cr&#233;&#233;e comme d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233;e. Pens&#233;e comme existant depuis toujours, elle est re&#231;ue comme un h&#233;ritage des ain&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;flexion p&#226;nin&#233;enne sur la langue est aussi un mod&#232;le de raisonnement qui a exerc&#233; une influence non seulement sur les locuteurs du sanskrit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='appendix' title='Le sanskrit &#233;voluait alors dans un contexte de diverses langues (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais a &#233;galement nourri les approches occidentales, notamment les travaux de Franz Bopp (1791-1867), qui s'est inspir&#233; des principes de l'analyse formelle morphologique de l'Astadhyayi, ainsi que les enqu&#234;tes men&#233;es par L&#233;onard Bloomfield (1887-1949) sur les ph&#233;nom&#232;nes morphologiques concernant les langues algonquines : &lt;em&gt;&#171; De nombreux aspects de la linguistique du XIXe si&#232;cle refl&#232;tent clairement la pratique ou la th&#233;orie des grammairiens indiens. Mais l'influence des principes de Panini se manifeste plus nettement encore dans certains travaux linguistiques r&#233;cents. &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='appendix' title='John Lyons. (1970). Linguistique g&#233;n&#233;rale, introduction &#224; la linguistique (...)' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12733 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH322/2-8-f87c1.gif?1686660031' width='500' height='322' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Un manuscrit en &#233;corce de bouleau du XVIIe si&#232;cle traitant de la grammaire de Panini du Cachemire.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La controverse des conventionnalistes et des naturalistes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de savoir si la langue est une institution humaine naturelle ou conventionnelle, r&#233;gie par la coutume et la culture, faisait partie des pr&#233;occupations de la pens&#233;e philosophique gr&#233;co-latine. Cette distinction entre nature et convention am&#232;nera par la suite les philosophes &#224; se demander s'il existe ou non un rapport n&#233;cessaire entre le sens d'un mot et sa forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; Cratyle &#187; et &#171; Hermog&#232;ne &#187; repr&#233;sentent deux courants et deux dialogues oppos&#233;s de pens&#233;e. Le premier soutient la th&#232;se naturaliste (physis), en affirmant que les noms sont form&#233;s selon la nature m&#234;me des choses : &lt;em&gt;&#171; Par cons&#233;quent, s'il n'est pas vrai que tout soit similaire pour tout le monde en m&#234;me temps et toujours, s'il n'est pas vrai non plus que chacun des &#234;tres existe d'une fa&#231;on particuli&#232;re pour chacun, il est &#233;vident que les choses ont elles-m&#234;mes une certaine r&#233;alit&#233; stable qui leur appartient et qui n'est pas relative &#224; nous, qu'elles ne sont pas d&#233;pendantes de nous, entra&#238;n&#233;es &#231;&#224; et l&#224; par notre imagination : elles ont par elles-m&#234;mes un rapport &#224; leur propre r&#233;alit&#233; conform&#233;ment &#224; leur nature. &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb10' class='spip_note' rel='appendix' title='Platon. (1998). Cratyle. Paris : Editions Garnier Flammarion, p. (...)' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, Hermog&#232;ne d&#233;fend la th&#232;se conventionnaliste (thesis), avan&#231;ant que la langue et les noms sont les r&#233;sultats d'une convention : &lt;em&gt;&#171; Ma foi, Socrate, pour ma part, malgr&#233; tous les entretiens que j'ai eu avec lui et avec beaucoup d'autres, je n'ai pu me laisser persuader que la rectitude de la d&#233;nomination soit autre chose que la reconnaissance d'une convention. &#192; mon avis, quel que soit le nom qu'on assigne &#224; quelque chose, c'est l&#224; le nom correct. (&#8230;) Car aucun &#234;tre particulier ne porte aucun nom par nature, mais il le porte par effet de la loi, c'est-&#224;-dire de la coutume de ceux qui ont coutume de donner les appellations. &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb11' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid. p 68-69.' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socrate enrichira le d&#233;bat, par la suite, en menant une critique s&#233;v&#232;re &#224; tonalit&#233; ironique sur la conception conventionnaliste d'Hermog&#232;ne. Il l'a pouss&#233; &#224; son extr&#233;mit&#233; absurde, il arrive &#224; faire dire &#224; Hermog&#232;ne que la justesse d'un mot est r&#233;duite &#224; une seule convention : la n&#233;cessit&#233; d'un accord publique pour que le langage soit n&#233;gociable dans un &#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me sens, Socrate d&#233;ploie et prend d'assaut le pr&#233;sentationisme de Cratyle qui penche vers la th&#233;orie du langage naturel, autrement dit, du mim&#233;tisme (le nom imiterait l'essence m&#234;me de la chose), o&#249; il serait impossible de parler faux puisque les noms sont justes sans exception. Ainsi, il consid&#232;re que le mot n'est pas une exacte copie de la r&#233;alit&#233;, et qu'il se diff&#233;rencie. De m&#234;me, l'&#233;tymologie des mots montre qu'il est impossible de rendre compte d'une chose par les lettres et les sons : &lt;em&gt;&#171; Il y avait tout d'abord un groupe restreint de termes comme hennir, mugir, huer, craquer, tinter (pour donner des exemples fran&#231;ais) qui imitaient plus au moins des sons auxquels ils r&#233;f&#232;rent. Une deuxi&#232;me cat&#233;gorie apparent&#233;e &#224; celle-ci est cependant diff&#233;rente : celle des mots qui, tout en imitant un son donn&#233;, d&#233;signaient non pas ce son lui-m&#234;me, mais sa source : &#171; coucou &#187;. Dans les deux cas, il existe un lien naturel entre la forme concr&#232;te du mot et ce qu'il signifie. &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb12' class='spip_note' rel='appendix' title='John Lyons. (1970). Linguistique g&#233;n&#233;rale, introduction &#224; la linguistique (...)' id='nh12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'invention de Socrate et la pol&#233;mique de Hermog&#232;ne et de Cratyle ne suffisent pas pour r&#233;soudre d&#233;finitivement le probl&#232;me de la domination originelle. La querelle entre naturalistes et conventionnalistes devait se prolonger au cours des si&#232;cles suivants ; le langage restait un sujet de sp&#233;culation proprement philosophique, en pla&#231;ant l'&#233;tude de la grammaire dans le cadre de la philosophique g&#233;n&#233;rale, ce qui a entra&#238;n&#233; des effets &#224; la fois positifs et d&#233;favorables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12734 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L350xH482/3-7-c7bef.gif?1686660031' width='350' height='482' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Buste de Panini&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La controverse entre les anomalistes et les analogistes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir du IIe si&#232;cle av. J-.C, cette querelle s'attaquera &#224; la question du degr&#233; de r&#233;gularit&#233; de la langue. S'il y a en grec (comme d'ailleurs en fran&#231;ais et en anglais) de nombreux exemples de sch&#232;mes linguistiques r&#233;guliers, il existe aussi un grand nombre d'exceptions. La r&#233;flexion sur ces r&#233;gularit&#233;s et irr&#233;gularit&#233;s linguistiques a donn&#233; lieu &#224; la naissance d'une controverse entre les anomalistes et les analogistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anomalistes ne r&#233;futaient pas la pr&#233;sence des r&#233;gularit&#233;s dans la formation des mots d'une langue, mais ils &#233;taient conscients du nombre d'irr&#233;gularit&#233;s dont l'argumentation analogique ne rendait pas compte. Ils remarquaient ainsi que la forme d'un mot et son sens &#233;tait dans la plupart du temps anomal. Pourtant, les anomalistes insistaient sur le fait que si la langue est vraiment le r&#233;sultat d'une convention proprement humaine, nous ne devrions pas trouver ces types d'irr&#233;gularit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Analogistes ou anomalistes ont tous deux contribu&#233; &#224; la syst&#233;matisation de la grammaire. C'est aux sto&#239;ciens et &#224; l'&#233;cole d'Alexandrie qu'il revint de poser les fondements de la grammaire traditionnelle avec l'accumulation d'&#233;tudes &#233;tymologiques. Cela ne signifie pas qu'ils ont adopt&#233; les m&#234;mes &#233;pist&#233;mologies, parce qu'entre les deux tendances, il existe certaines divergences d'orientation : les premiers sont rest&#233;s enferm&#233;s dans le probl&#232;me philosophique de l'origine de la langue ainsi que des questions de logique et de rh&#233;torique, tandis que les seconds se sont int&#233;ress&#233;s &#224; la critique litt&#233;raire et &#224; l'&#233;tude des productions po&#233;tiques des Anciens en faisant appel au principe d'analogie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les parties du discours&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote est le premier &#224; proposer un classement des composantes du discours. Il en distingue trois, &#224; savoir le nom, le verbe et la conjonction&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb13' class='spip_note' rel='appendix' title='Ces id&#233;es sont apparues dans le texte d'Aristote connu sous le titre De (...)' id='nh13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sto&#239;ciens ont &#233;largi cette liste, et parlent du :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Nom (onoma) qui se subdivise en deux parties, nom propre et nom commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Verbe (irh&#235;ma) exprimant fonctionnellement un pr&#233;dicat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Article (arthron), qui varie en genre et en nombre avec le nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Conjonction (sundesmos), qui est un mot non fl&#233;chi ayant une fonction de liaison&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb14' class='spip_note' rel='appendix' title='Lallot Jean. (1998). &#171; Origines et d&#233;veloppement de la th&#233;orie des parties du (...)' id='nh14'&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'&#224; l'&#233;poque romaine que Denys le Thrace a ajout&#233; les autres parties du discours : adverbe, pronom, pr&#233;position, et participe notamment. En tant que philologue de la mouvance d'Alexandrie et &#233;l&#232;ve de l'analogiste Aristarque de Samothrace, il a laiss&#233; un bref ouvrage de quinze pages intitul&#233; &lt;em&gt;Techn&#233; grammatica&lt;/em&gt;, dans lequel il d&#233;finit huit parties de discours. Il a ainsi rajout&#233; cinq parties au classement d'Aristote. Dans le m&#234;me ouvrage, il tente &#233;galement de d&#233;finir la grammaire en la mariant &#224; l'histoire, voire &#224; la philologie : &lt;em&gt;&#171; La grammaire est la connaissance pratique (empiria) des expressions les plus courantes chez les po&#232;tes et les prosateurs. &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb15' class='spip_note' rel='appendix' title='Encyclop&#233;die universalis.' id='nh15'&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Denys le Thrace propose dans cet ouvrage une r&#233;partition de la grammaire en six parties :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- La lecture experte conforme &#224; la prosodie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- L'interpr&#233;tation des tours po&#233;tiques du texte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- L'explication qui &#233;claire les mots rares et les l&#233;gendes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- La d&#233;couverte de l'&#233;tymologie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- L'&#233;tablissement de l'analogie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- La critique des po&#232;mes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut noter qu'une bonne partie de cette grammaire se fonde sur l'empirisme et r&#233;cuse en bloc la sp&#233;culation.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12735 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L400xH477/4-6-b4d55.gif?1686660031' width='400' height='477' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Priscian, ou la grammaire, relief du clocher de Florence par Luca della Robbia&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Cette grammaire a orient&#233; les faits du langage vers une &#233;mancipation relative. Cependant, elle &#233;tait attach&#233;e &#224; un objectif trop &#233;troit d'ordre p&#233;dagogique. Au moment o&#249; les Romains ont r&#233;alis&#233; que leur langue, le latin, commen&#231;ait &#224; disparaitre, ils ont opt&#233; pour la cr&#233;ation d'&#233;coles. Quoique les Romains n'aient pas beaucoup &#339;uvr&#233; &#224; la r&#233;flexion linguistique, ils ont eu le m&#233;rite de r&#233;aliser un travail colossal dans un cadre &#233;ducatif et p&#233;dagogique. L'un des aspects les plus saillants de cette contribution appara&#238;t dans la r&#233;daction de deux ouvrages exemplaires : &lt;em&gt;L'ars grammatica&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Institutiones grammaticae&lt;/em&gt;, r&#233;alis&#233;s respectivement par Donat et Priscien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Varron s'est &#233;galement attaqu&#233; &#224; appliquer les acquis de la description du grec au latin. N&#233;anmoins, malgr&#233; les similitudes importantes entre les deux langues, &lt;em&gt;&#171; la description du latin ne saurait se fondre dans le moule descriptif &#233;labor&#233; pour le grec. &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb16' class='spip_note' rel='appendix' title='Robins RH. (1976). Br&#232;ve histoire de la linguistique De Platon &#224; Chomsky. (...)' id='nh16'&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;16&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au terme de cet aper&#231;u, il appara&#238;t que le langage a &#233;t&#233; tr&#232;s t&#244;t un ph&#233;nom&#232;ne suscitant l'int&#233;r&#234;t non seulement des philosophes, mais plus encore des chercheurs d'autres disciplines. En t&#233;moignent le nombre consid&#233;rable de r&#233;flexions et d'enqu&#234;tes men&#233;es sur le sujet, d&#232;s et au-del&#224; de l'Antiquit&#233;, avant qu'elle ne devienne une discipline autonome.&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;P. Swiggers, (1997). &lt;em&gt;Histoire de la pens&#233;e linguistique&lt;/em&gt;, PUF, p. 263.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robins RH. (1976). &lt;em&gt;Br&#232;ve histoire de la linguistique De Platon &#224; Chomsky&lt;/em&gt;. Paris : Seuil.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;John Lyons. (1970). &lt;em&gt;Linguistique g&#233;n&#233;rale, introduction &#224; la linguistique th&#233;orique&lt;/em&gt;. Paris : &#201;d. Librairie Larousse, p 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Huit le&#231;ons r&#233;dig&#233;es par Panini.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;John Lyons. (1970). &lt;em&gt;Linguistique g&#233;n&#233;rale, introduction &#224; la linguistique th&#233;orique&lt;/em&gt;. Paris : &#201;d. Librairie Larousse, p 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Math&#233;maticien et grammairien du sanskrit de l'Inde ancienne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Grammairien qui &#233;crit en 200 av. J.-C. environ le Mah&#226;bh&#226;sya, &#171; Grand Commentaire &#187; de la &#171; Grammaire en huit parties &#187; de Panini.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='appendix'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le sanskrit &#233;voluait alors dans un contexte de diverses langues vernaculaires (les prakrits) se c&#244;toyant, c'est pourquoi la grammaire devint une source n&#233;cessaire &#224; l'apprentissage du sanskrit dans les si&#232;cles qui suivent l'&#232;re chr&#233;tienne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='appendix'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;John Lyons. (1970). &lt;em&gt;Linguistique g&#233;n&#233;rale, introduction &#224; la linguistique th&#233;orique&lt;/em&gt;. Paris : &#201;d. Librairie Larousse, p 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='appendix'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Platon. (1998). &lt;em&gt;Cratyle&lt;/em&gt;. Paris : Editions Garnier Flammarion, p. 74.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='appendix'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt; p 68-69.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb12'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh12' class='spip_note' title='Notes 12' rev='appendix'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;John Lyons. (1970). &lt;em&gt;Linguistique g&#233;n&#233;rale, introduction &#224; la linguistique th&#233;orique&lt;/em&gt;. Paris : &#201;d. Librairie Larousse, p 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb13'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh13' class='spip_note' title='Notes 13' rev='appendix'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces id&#233;es sont apparues dans le texte d'Aristote connu sous le titre &lt;em&gt;De Interpretatione&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb14'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh14' class='spip_note' title='Notes 14' rev='appendix'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lallot Jean. (1998). &#171; Origines et d&#233;veloppement de la th&#233;orie des parties du discours en Gr&#232;ce &#187;. In : &lt;em&gt;Langages&lt;/em&gt;, 23e ann&#233;e, n&#176;92. Les parties du discours, p 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb15'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh15' class='spip_note' title='Notes 15' rev='appendix'&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Encyclop&#233;die universalis.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb16'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh16' class='spip_note' title='Notes 16' rev='appendix'&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robins RH. (1976). &lt;em&gt;Br&#232;ve histoire de la linguistique De Platon &#224; Chomsky&lt;/em&gt;. Paris : Seuil, p. 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Aristote. (2000). &lt;em&gt;Cat&#233;gories et De l'interpr&#233;tation : Organon I et II.&lt;/em&gt; Paris : Broch&#233;. Trad. Jules Tricot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;em&gt;Encyclop&#233;die universalis.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Huit le&#231;ons r&#233;dig&#233;es par Panini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Lallot J. (1998). &#171; Origines et d&#233;veloppement de la th&#233;orie des parties du discours en Gr&#232;ce &#187;. In : &lt;em&gt;Langages&lt;/em&gt;, 23e ann&#233;e, n&#176;92. Les parties du discours. pp. 11-23&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Lyons J. (1970). &lt;em&gt;Linguistique g&#233;n&#233;rale, introduction &#224; la linguistique th&#233;orique&lt;/em&gt;. Paris : &#201;d. librairie Larousse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Platon. (1998). &lt;em&gt;Cratyle&lt;/em&gt;. Paris : Editions Garnier Flammarion. Traduction (Grec ancien) : Catherine Dalimier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Robins RH. (1976). &lt;em&gt;Br&#232;ve histoire de la linguistique De Platon &#224; Chomsky&lt;/em&gt;. Paris : Seuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Swiggers P. (1997). &lt;em&gt;Histoire de la pens&#233;e linguistique&lt;/em&gt;, PUF, p. 263.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La fondation des &#233;coles d'Art &#224; Ispahan et &#224; Tabriz</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article2771</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article2771</guid>
		<dc:date>2020-11-19T12:55:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bahr&#226;m Ahmadi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;n 1927, Kam&#226;l-ol-Molk se retire de la gestion de son &#233;cole Madreseh-ye san&#226;ye'-e mostazrafeh contre sa volont&#233; et un an plus tard, en 1928, il quitte T&#233;h&#233;ran. Mais son &#233;cole reste ouverte pendant un certain temps, dirig&#233;e par certains de ses &#233;l&#232;ves. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand Kam&#226;l-ol-Molk quitte cette &#233;cole, Asht&#238;&#226;n&#238; est choisi comme pr&#233;sident. Ses responsabilit&#233;s &#224; l'&#233;cole de Kam&#226;l-ol-Molk ne durent que jusqu'en 1930, date &#224; laquelle il voyage en Europe. &lt;br class='autobr' /&gt; Durant ses ann&#233;es &#224; la t&#234;te de cette institution, il y ajoute de nouvelles (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique288" rel="directory"&gt;N&#176; 171, printemps 2020&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH121/arton2771-ce573.png?1686660031' width='150' height='121' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_12726 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH365/1-9-b5838.gif?1686660031' width='500' height='365' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Vaziri &#224; l'&#233;cole de Kam&#226;l-ol-Molk&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;n 1927, Kam&#226;l-ol-Molk se retire de la gestion de son &#233;cole Madreseh-ye san&#226;ye'-e mostazrafeh contre sa volont&#233; et un an plus tard, en 1928, il quitte T&#233;h&#233;ran. Mais son &#233;cole reste ouverte pendant un certain temps, dirig&#233;e par certains de ses &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Kam&#226;l-ol-Molk quitte cette &#233;cole, Asht&#238;&#226;n&#238;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Kam&#226;l-ol-Molk choisit Esm&#226;'il &#194;sht&#238;&#226;n&#238; (1892-1970) comme professeur de l'&#233;cole et (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est choisi comme pr&#233;sident. Ses responsabilit&#233;s &#224; l'&#233;cole de Kam&#226;l-ol-Molk ne durent que jusqu'en 1930, date &#224; laquelle il voyage en Europe.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='R&#251;'&#238;n P&#226;kb&#226;z, D&#226;erat-al-ma'&#226;ref-e honar, p. 30.' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Durant ses ann&#233;es &#224; la t&#234;te de cette institution, il y ajoute de nouvelles disciplines comme l'anatomie, l'histoire de l'art et la perspective, et y fonde une biblioth&#232;que.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir Anonyme, &#8220;&#194;sht&#238;&#226;n&#238;,&#8221; Honar va Mardom, Mord&#226;d 1349 (1970), n&#176; 94, p. (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette p&#233;riode, apr&#232;s &#194;sht&#238;&#226;n&#238;, il se produit au minist&#232;re de la Culture diff&#233;rents changements. Dans ce contexte, l'&#233;cole connait des &#233;volutions et une certaine instabilit&#233;. Abol-Hassan Sadiqi, peintre et sculpteur qui fut l'un des meilleurs &#233;l&#232;ves de Kam&#226;l-ol-Molk, retourne en Iran en 1931.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Sadiqi a voyag&#233; en Europe pour poursuivre ses &#233;tudes, en 1928, l'ann&#233;e o&#249; (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Apr&#232;s avoir re&#231;u l'accord de ce dernier, il accepte la pr&#233;sidence de l'&#233;cole, qu'il conserve jusque vers 1939.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='Mortez&#226; Momayyez, op. cit., p. 12 ; &#233;galement le site de Sadiqi (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cours de peinture pour les anciens &#233;l&#232;ves restent dans le m&#234;me lieu, appel&#233; par la suite Honarest&#226;n-e San&#226;ye'-e Jadideh (&#201;cole des Arts modernes). C'est l'&#233;poque du d&#233;veloppement d'une autre &#233;cole nomm&#233;e Honarest&#226;n-e San&#226;ye'-e qadimeh (&#201;cole des artisanats anciens). Cette &#233;cole a &#233;t&#233; fond&#233;e en 1931 afin de d&#233;velopper les arts et artisanats nationaux.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='appendix' title='Karimi Ali, &#8220;Miniyat&#251;r-e ir&#226;ni (7),&#8221; p. 38.' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On consid&#232;re aussi que cette p&#233;riode marque la renaissance de la miniature.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid. p. 40.' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;7&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; la suite de l'&#233;cole Honarest&#226;n-e san&#226;ye'-e qadimeh &#224; T&#233;h&#233;ran, d'autres &#233;coles ayant les m&#234;mes buts sont cr&#233;&#233;es &#224; Ispahan et Tabriz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12727 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L400xH533/2-7-84004.gif?1686660031' width='400' height='533' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Mohammad N&#226;ser Saf&#226;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ispahan&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1936, une &#233;cole est fond&#233;e &#224; Ispahan, dirig&#233;e par un Allemand, avec deux disciplines : m&#233;canique et menuiserie. La m&#234;me ann&#233;e, la peinture est ajout&#233;e, sous la responsabilit&#233; de Bah&#226;dori qui en &#233;tait &#233;galement le seul enseignant. &#192; la fin de la m&#234;me ann&#233;e, l'administration d&#233;cide de diviser la discipline de la peinture en trois sections : peinture r&#233;aliste (tabiat), miniature, et dessin de tapis. Quelque temps plus tard, deux peintres de T&#233;h&#233;ran, Mohammad Mo'fayer&#238; et Mohammad N&#226;ser Saf&#226;, sont invit&#233;s &#224; Ispahan pour y enseigner la peinture classique. Bah&#226;dori lui-m&#234;me enseigne la miniature et le dessin de tapis. Apr&#232;s quelque temps, l'&#233;cole d&#233;m&#233;nage. En 1939, d'autres disciplines sont ajout&#233;es : cr&#233;ation de l'&#233;mail, tissage de brocart, ciselure et &lt;em&gt;kh&#226;tamk&#226;ri&lt;/em&gt; (marqueterie). Finalement, elle devient une &#233;cole ind&#233;pendante sous le nom d'&#201;cole des Beaux-Arts. En 1943, les premiers dipl&#244;m&#233;s sont employ&#233;s comme enseignants.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir Mostaf&#226; K&#226;vi&#226;ni, &#8220;Mo'arefi-e tchand tchehr-ye derakhsh&#226;n-e honar-e (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#8216;Isa Bah&#226;dori (1905- 1966)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ses &#233;tudes secondaires, Bah&#226;dori s'installe &#224; T&#233;h&#233;ran pour &#233;tudier &#224; l'&#233;cole de Kam&#226;l-ol-Molk. Quand cette derni&#232;re s'est divis&#233;e en deux, il rejoint la partie consacr&#233;e aux arts nationaux, Honarest&#226;n-e san&#226;ye'-e qadimeh (&#201;cole des artisanats anciens), et &#233;tudie le dessin de tapis. Il voyage beaucoup &#224; Ispahan, o&#249; il trouve un grand nombre de motifs d&#233;coratifs utiles pour cette discipline. Quand il obtient son dipl&#244;me, il travaille au bureau des Beaux-Arts et commence &#224; enseigner le dessin de tapis tout en cr&#233;ant des &#339;uvres dans ce domaine. Quand l'&#233;cole secondaire des Beaux-Arts d'Ispahan est fond&#233;e, il est choisi comme directeur.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='appendix' title='Mahm&#251;d Eftekh&#226;r&#238;, op. cit., pp. 90-91.' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12728 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH295/3-6-cfe26.gif?1686660031' width='500' height='295' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;&#201;cole de Kam&#226;l-ol-Molk&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;H&#226;j Hossein Mosavver-ol-Molki (1889-1969)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233; &#224; Ispahan, c'est le fils du peintre Mohammad Hassan &lt;em&gt;naqq&#226;sh&lt;/em&gt;. Son grand-p&#232;re est le peintre Zeynolabedin &lt;em&gt;naqq&#226;sh&lt;/em&gt; et son anc&#234;tre, le peintre Mohammad Karim &lt;em&gt;naqq&#226;sh&lt;/em&gt;. Il dit &#224; ce propos : &#171; Je suis n&#233; dans une famille de peintres. Mes anc&#234;tres jusqu'&#224; l'&#233;poque des Safavides &#233;taient peintres les uns apr&#232;s les autres. Mon p&#232;re parfois d&#233;clarait en plaisantant : dans nos veines, ce n'est pas du sang, mais de la couleur. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb10' class='spip_note' rel='appendix' title='Rahm&#226;n H&#226;tefi, &#8220;H&#226;j Mosavver-ol-Molki, Ost&#226;d-e n&#226;m-&#226;var Miniyat&#251;r (2)&#8221;, Honar va (...)' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Le bureau des Beaux-Arts d'Iran avait organis&#233; une classe sp&#233;ciale pour H&#226;j Mosavver-ol-Molki &#224; l'&#233;cole des Beaux-Arts d'Ispahan, sa ville, afin que des auditeurs libres, en dehors du syst&#232;me scolaire de l'&#233;cole des Beaux-Arts, puissent la fr&#233;quenter.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb11' class='spip_note' rel='appendix' title='Ali Karimi, &#8220;Hossein H&#226;j Mosavver-ol-Molki,&#8221; Honar va mardom, n&#176; 24, Mehr, (...)' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Il a appris l'art de la fabrication et la peinture de plumier sous la tutelle de son p&#232;re.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb12' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid., p. 20.' id='nh12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Quand la fabrication des plumiers est progressivement devenue obsol&#232;te, il a exerc&#233; d'autres activit&#233;s dans le domaine de la peinture, et a atteint la c&#233;l&#233;brit&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb13' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid., p. 19 ; Rahm&#226;n H&#226;tefi, &#8220;H&#226;j Mosavver-ol-Molki, Ost&#226;d-e n&#226;m-&#226;var (...)' id='nh13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; On peut estimer en la mati&#232;re que son art reprend les techniques du style de l'&#233;cole d'Ispahan. Selon Ali Karimi, il avait appris le dessin de tapis et sur la c&#233;ramique &#224; pr&#232;s de quarante ans, parall&#232;lement &#224; la miniature et &#224; l'enluminure, ainsi que la technique de l'aquarelle et de l'huile et le portrait en autodidacte.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb14' class='spip_note' rel='appendix' title='Ali KARIMI, op. cit., pp. 19-20.' id='nh14'&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; H&#226;j Mosavver-ol-Molki estime qu'&#171; &lt;em&gt;il y a un ou deux si&#232;cles que le miniaturiste iranien imite les ma&#238;tres du pass&#233;, avec beaucoup de pr&#233;jug&#233;s, mais peu d'habilet&#233; et d'initiative. Au lieu d'utiliser les traditions et les valeurs pr&#233;cieuses de la miniature pass&#233;e afin de trouver de nouvelles capacit&#233;s et des solutions n&#233;cessaires, il a ferm&#233; le chemin de la virtuosit&#233;, de l'imagination et de la cr&#233;ation, et s'est content&#233; de copier les &#339;uvres originales anciennes.&lt;/em&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb15' class='spip_note' rel='appendix' title='Rahm&#226;n H&#226;tefi, op. cit., p. 47.' id='nh15'&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a aussi pens&#233; que le probl&#232;me de la miniature contemporaine &#233;tait le manque de rep&#232;res r&#233;alistes, et a dit : &#171; &lt;em&gt;Au d&#233;but de l'&#233;poque pahlavi, [...] je suis all&#233; en France, &#224; Paris pendant six mois. J'ai essay&#233; d'&#233;tudier les diverses &#233;coles de la peinture occidentale. La diversit&#233; et l'&#233;tendue de ces &#233;coles et les &#339;uvres peintes des artistes occidentaux &#233;taient vraiment extraordinaires.&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb16' class='spip_note' rel='appendix' title='Idem, p. 50.' id='nh16'&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;em&gt; &#187; &lt;/em&gt;Comme d'autres, il a tout d'abord pens&#233; &#224; la perspective :&lt;em&gt; &#171; Pour la premi&#232;re fois, je fais entrer la perspective scientifique dans la miniature. C'&#233;tait n&#233;cessaire puisque d&#232;s le d&#233;but de l'&#232;re q&#226;dj&#226;re, cela s'&#233;tait lentement r&#233;alis&#233;.&lt;/em&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb17' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid.' id='nh17'&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12729 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH248/4-5-b7111.gif?1686660031' width='500' height='248' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Honarest&#226;n-e san&#226;ye'-e qadimeh &lt;br&gt;(&#201;cole des artisanats anciens)&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Tabriz&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abb&#226;s Rass&#226;m Arjang&#238; a cr&#233;&#233; une &#233;cole d'art similaire &#224; Tabriz, en 1932, o&#249; la miniature &#233;tait enseign&#233;e. La premi&#232;re &#233;cole d'art &#224; Tabriz nomm&#233;e &lt;em&gt;Madreseh-ye san&#226;ye'-e mostazrafeh&lt;/em&gt; avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en 1918, et &#233;tait dirig&#233;e par son fr&#232;re, M&#238;r Mosavver Arjang&#238;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb18' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir Zabiholl&#226;h Bedagi, &#8220;Yahy&#226; Dolatsh&#226;hi,&#8221; Honar va mardom, n&#176; 189 -190, Tir et (...)' id='nh18'&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Cette &#233;cole, similaire &#224; celle de Kam&#226;l-ol-Molk de T&#233;h&#233;ran, est rest&#233;e ouverte pendant dix ans.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb19' class='spip_note' rel='appendix' title='Cette dur&#233;e de dix ans est ma conclusion sur la base de la date de son (...)' id='nh19'&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; N&#233;anmoins, plus tard, avec l'&#233;volution de l'&#233;cole de Kam&#226;l-ol-Molk &#224; T&#233;h&#233;ran, l'&#233;cole de Tabriz a &#233;galement &#233;t&#233; transform&#233;e et agrandie par Rass&#226;m Arjang&#238;, tout en gardant le m&#234;me nom. En 1938, elle a encore subi de nouveaux travaux d'agrandissement et est devenue similaire &#224; l'&#233;cole fond&#233;e par T&#226;herz&#226;deh Behz&#226;d &#224; T&#233;h&#233;ran, ainsi qu'&#224; l'&#233;cole des Beaux-Arts d'Ispahan.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb20' class='spip_note' rel='appendix' title='Dans ce cas, il y a ambigu&#239;t&#233; : on ne sait pas si c'est la m&#234;me &#233;cole qui a (...)' id='nh20'&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Tandis que la peinture &#171; nature &#187; existait d&#233;j&#224;, Rass&#226;m Arjang&#238; enseigna la miniature, l'enluminure et l'anatomie. Cette &#233;cole avait un atelier de dessin de tapis ainsi qu'un atelier de tissage de tapis. Cette &#233;cole a &#233;t&#233; ferm&#233;e apr&#232;s quelques ann&#233;es. Lors de la fondation des &#233;coles des Beaux-Arts &#224; T&#233;h&#233;ran, selon l'ordre de l'Administration des Beaux-Arts, l'&#233;cole des Beaux-Arts de Tabriz fut &#233;tablie en 1957. Cet &#233;tablissement est connu sous le nom de Mirak.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb21' class='spip_note' rel='appendix' title='Hom&#226;y&#251;n M&#251;savi, &#8220;Neg&#226;hi be &#226;m&#251;zesh-e motavaset-e naq&#226;shi dar Ir&#226;n,&#8221; &#194;ine Khi&#226;l, (...)' id='nh21'&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_12730 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH346/5-5-7721b.gif?1686660031' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;H&#226;j Hossein Mosavver-ol-Molki&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Rass&#226;m Arjang&#238; (1892-1975)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abb&#226;s, connu sous le nom de Rass&#226;m Arjang&#238;, &#233;tait expert dans les techniques de l'aquarelle et de la peinture &#224; l'huile. Il travaillait en suivant un style r&#233;aliste, et composait aussi des miniatures : &lt;em&gt;bazmi &lt;/em&gt;et&lt;em&gt; razmi&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb22' class='spip_note' rel='appendix' title='Mohammad-Ali Mo'ayyeri, op. cit., p. 296. Voir M.-A. Karimz&#226;deh Tabrizi, (...)' id='nh22'&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En 1910, &#226;g&#233; de dix-huit ans, il se rendit &#224; Tbilissi pour y apprendre la peinture. Apr&#232;s quelques ann&#233;es, il quitta cette ville pour &#233;tudier &#224; l'universit&#233; de Moscou, mais d&#251;t retourner en Iran avant de terminer ses &#233;tudes en raison de la Premi&#232;re Guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a r&#233;alis&#233; des &#339;uvres dans le domaine de la peinture r&#233;aliste et de la caricature, ainsi que dans celui de la miniature. Avant Tajvidi et Hossein Behz&#226;d, il a essay&#233; d'apporter certains changements &#224; la miniature. Il a affirm&#233; : &#171; &lt;em&gt;Quelques peintres, qui n'ont pas travaill&#233; selon le style de la peinture r&#233;aliste et ne savent rien &#224; ce sujet, tiennent un discours d&#233;nu&#233; de signification et de fondement. Ils envisagent un programme sp&#233;cial pour la miniature : par exemple quelle forme faut-il peindre pour un cheval, comment faut-il faire figurer un poulain, quelle sorte de silhouette et de forme faut-il pour l'arbre. Ce discours vient de ce qu'ils ne peuvent simplement pas faire de la peinture ; leurs mains sont habitu&#233;es &#224; des choses disproportionn&#233;es et mauvaises. Ils veulent donc couvrir les d&#233;fauts de leur travail en disant &#171; j'ai fait de la miniature &#187;, mais la miniature, c'est l'imitation de la nature et pas autre chose ; et il n'y a pas de programme.&lt;/em&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb23' class='spip_note' rel='appendix' title='Anonyme, &#8220;Miniyat&#251;r va naqq&#226;shi&#8221;, S&#226;ln&#226;meh &#194;ri&#226;, 1321 (1942), p. (...)' id='nh23'&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Dans ses miniatures, Rass&#226;m Arzangi a essay&#233; de tout repr&#233;senter de mani&#232;re r&#233;aliste et propre &#224; son &#233;poque, y compris le d&#233;tail des visages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Ma&#238;tre de conf&#233;rences, D&#233;partement d'art et d'architecture, Universit&#233; de Yazd&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;&lt;dl class='spip_document_12731 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH278/6-5-e9b7c.gif?1686660031' width='500' height='278' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Miniature de Rass&#226;m Arjang&#238;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Kam&#226;l-ol-Molk choisit Esm&#226;'il &#194;sht&#238;&#226;n&#238; (1892-1970) comme professeur de l'&#233;cole et en 1916, &#194;sht&#238;&#226;n&#238; est choisi comme vice- pr&#233;sident. (R&#251;'&#238;n P&#226;kb&#226;z, &lt;em&gt;D&#226;erat-al-ma'&#226;ref-e honar&lt;/em&gt;, p. 30.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R&#251;'&#238;n P&#226;kb&#226;z, &lt;em&gt;D&#226;erat-al-ma'&#226;ref-e honar&lt;/em&gt;, p. 30.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Anonyme, &#8220;&#194;sht&#238;&#226;n&#238;,&#8221; &lt;em&gt;Honar va Mardom&lt;/em&gt;, Mord&#226;d 1349 (1970), n&#176; 94, p. 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sadiqi a voyag&#233; en Europe pour poursuivre ses &#233;tudes, en 1928, l'ann&#233;e o&#249; Kam&#226;l-ol-Molk est parti de T&#233;h&#233;ran. Voir Mortez&#226; Momayyez, &#8220;Awwalin mojasameh s&#226;z-e mo'&#226;ser,&#8221;&lt;em&gt; Honarh&#226;-ye zib&#226;, &lt;/em&gt;1376 (1997), n&#176; 2, p. 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mortez&#226; Momayyez, &lt;em&gt;op. cit&lt;/em&gt;., p. 12 ; &#233;galement le site de Sadiqi : &lt;a href=&#034;http://www.sadighi.com/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.sadighi.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Karimi Ali, &#8220;Miniyat&#251;r-e ir&#226;ni (7),&#8221; p. 38.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;. p. 40.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='appendix'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Mostaf&#226; K&#226;vi&#226;ni, &#8220;Mo'arefi-e tchand tchehr-ye derakhsh&#226;n-e honar-e mo'&#226;ser-e esfah&#226;n,&#8221; &lt;em&gt;D&#226;neshkadeh-ye adabi&#226;t va &lt;/em&gt;'&lt;em&gt;olum-e ens&#226;ni&lt;/em&gt; (D&#226;neshg&#226;h-e Esfah&#226;n), 1379 (2000), n&#176; 20-21, p.191. &#201;galement voir Roy&#226; Qazvini, &#8220;Honarest&#226;n-e honarh&#226;-ye zib&#226;-ye esfah&#226;n,&#8221; &lt;em&gt;Farhang-e Esfah&#226;n&lt;/em&gt;, 1385 (2006), n&#176; 33-34, p. 124.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='appendix'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mahm&#251;d Eftekh&#226;r&#238;, &lt;em&gt;op. cit&lt;/em&gt;., pp. 90-91.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='appendix'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rahm&#226;n H&#226;tefi, &#8220;H&#226;j Mosavver-ol-Molki, Ost&#226;d-e n&#226;m-&#226;var Miniyat&#251;r (2)&#8221;, &lt;em&gt;Honar va mardom&lt;/em&gt;, n&#176; 102,103, Farvard&#238;n va Ord&#238;behesht, 1350 (1971), p. 48.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='appendix'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ali Karimi, &#8220;Hossein H&#226;j Mosavver-ol-Molki,&#8221; &lt;em&gt;Honar va mardom&lt;/em&gt;, n&#176; 24, Mehr, 1343 (1964), p. 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb12'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh12' class='spip_note' title='Notes 12' rev='appendix'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb13'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh13' class='spip_note' title='Notes 13' rev='appendix'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 19 ; Rahm&#226;n H&#226;tefi, &#8220;H&#226;j Mosavver-ol-Molki, Ost&#226;d-e n&#226;m-&#226;var Miniyat&#251;r (2),&#8221; &lt;em&gt;Honar va mardom&lt;/em&gt;, n&#176; 102,103, Farvard&#238;n va Ord&#238;behesht, 1350 (1971), p. 48.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb14'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh14' class='spip_note' title='Notes 14' rev='appendix'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ali KARIMI, &lt;em&gt;op. cit&lt;/em&gt;., pp. 19-20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb15'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh15' class='spip_note' title='Notes 15' rev='appendix'&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rahm&#226;n H&#226;tefi, &lt;em&gt;op. cit&lt;/em&gt;., p. 47.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb16'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh16' class='spip_note' title='Notes 16' rev='appendix'&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Idem&lt;/i&gt;, p. 50.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb17'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh17' class='spip_note' title='Notes 17' rev='appendix'&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb18'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh18' class='spip_note' title='Notes 18' rev='appendix'&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Zabiholl&#226;h Bedagi, &#8220;Yahy&#226; Dolatsh&#226;hi,&#8221; &lt;em&gt;Honar va mardom&lt;/em&gt;, n&#176; 189 -190, Tir et Mordad, 1357 (1978), p. 48. Voir &#233;galement Mohammad-Ali Mo&amp;bull;'3fayyeri, &#8220;Y&#226;d az M&#238;r Mosavver Arjang&#238;,&#8221; &lt;em&gt;&#194;yande&lt;/em&gt;, &#194;bane, 1367 (1988), n&#176; 6-8, pp. 293-296.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb19'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh19' class='spip_note' title='Notes 19' rev='appendix'&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette dur&#233;e de dix ans est ma conclusion sur la base de la date de son d&#233;part pour T&#233;h&#233;ran. &#192; cette &#233;poque, l'&#201;tat avait d&#233;cid&#233; de fonder une &#233;cole artistique dans toutes les villes d'Iran. &#192; ce moment-l&#224;, une &#233;cole semblable portant le nom de &lt;em&gt;Madreseh-ye san&#226;ye'-e mostazrafeh&lt;/em&gt; a &#233;t&#233; fond&#233;e &#224; Qazvin et est rest&#233;e active un certain temps. (voir : Zabiholl&#226;h Bedagi, &lt;em&gt;op. cit&lt;/em&gt;., pp. 48-54.) Une &#233;cole appel&#233;e &lt;em&gt;Madreseh-ye san&#226;ye'-e mostazrafeh &lt;/em&gt;a &#233;t&#233; fond&#233;e &#224; Rasht par Ali Naqi Vaziri en 1929, et il en a confi&#233; la gestion &#224; Abolhassan Sab&#226;. Elle offrait essentiellement des formations sur la musique. Abolhassan Sab&#226;, qui avait appris la musique chez Vaziri, a &#233;tudi&#233; la peinture &#224; l'&#233;cole de Kam&#226;l-ol-Molk pendant un certain temps. S&#226;s&#226;n Sepant&#226;, &#8220;Neg&#226;hi be zendegi, shiveh-e k&#226;r va &#226;ss&#226;r-e ost&#226;d Abolhassan Sab&#226;,&#8221; &lt;em&gt;Adabest&#226;n farhang va honar&lt;/em&gt;, Dei, 1369 (1990), n &#176; 13, p. 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb20'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh20' class='spip_note' title='Notes 20' rev='appendix'&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans ce cas, il y a ambigu&#239;t&#233; : on ne sait pas si c'est la m&#234;me &#233;cole qui a &#233;t&#233; transform&#233;e, ou si c'est une autre &#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb21'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh21' class='spip_note' title='Notes 21' rev='appendix'&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hom&#226;y&#251;n M&#251;savi, &#8220;Neg&#226;hi be &#226;m&#251;zesh-e motavaset-e naq&#226;shi dar Ir&#226;n,&#8221; &lt;em&gt;&#194;ine Khi&#226;l&lt;/em&gt;, Esfand, 1386 (2008), n&#176; 5, p. 74.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb22'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh22' class='spip_note' title='Notes 22' rev='appendix'&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mohammad-Ali Mo'ayyeri, &lt;em&gt;op. cit., &lt;/em&gt;p. 296. Voir M.-A. Karimz&#226;deh Tabrizi, &lt;em&gt;Ahv&#226;l va &#226;s&#226;r-e naqq&#226;sh&#226;n-e qadim-e&lt;/em&gt;, London, 1363 (1984), Vol. 1, pp. 184-185.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb23'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh23' class='spip_note' title='Notes 23' rev='appendix'&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Anonyme, &#8220;Miniyat&#251;r va naqq&#226;shi&lt;em&gt;&#8221;,&lt;/em&gt; &lt;em&gt;S&#226;ln&#226;meh &#194;ri&#226;&lt;/em&gt;, 1321 (1942), p. 105.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mosqu&#233;e Goharshad, Mechhed, Iran</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article2770</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article2770</guid>
		<dc:date>2020-11-19T12:55:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Armand Jaspard</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les grandes formes. 1.1. Analyse. &lt;br class='autobr' /&gt;
La construction pr&#233;sente 5 longueurs diff&#233;rentes &lt;br class='autobr' /&gt;
L1 L2 L3 L4 L5 &lt;br class='autobr' /&gt;
Elles sont toutes reli&#233;es entre elles, par exemple de la fa&#231;on suivante : &lt;br class='autobr' /&gt;
L1/L2 = &#8730;2 L1/L4 = 2 L3/L1 = &#8730;2 - 1/2 L5/L3 = &#8730;2+ 2 &lt;br class='autobr' /&gt;
Tous les autres rapports possibles peuvent se d&#233;duire des pr&#233;c&#233;dents. Nous sommes bien dans la famille g&#233;om&#233;trique du carr&#233;, caract&#233;ris&#233;e par le nombre &#8730;2 . &lt;br class='autobr' /&gt;
D'ailleurs un unique module carr&#233; (le quart du carr&#233; central) permet de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique288" rel="directory"&gt;N&#176; 171, printemps 2020&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH121/arton2770-5e75e.png?1686660031' width='150' height='121' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12678 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH143/1-8-e9433.gif?1686660032' width='500' height='143' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les grandes formes.&lt;/h3&gt;&lt;/ol&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1.1. Analyse.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La construction pr&#233;sente 5 longueurs diff&#233;rentes &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L1 L2 L3 L4 L5&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12679 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH491/2-6-9f39e.gif?1686660032' width='500' height='491' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles sont toutes reli&#233;es entre elles, par exemple de la fa&#231;on suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L1/L2 = &#8730;2 L1/L4 = 2 L3/L1 = &#8730;2 - 1/2 L5/L3 = &#8730;2+ 2&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12680 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L400xH444/3-5-dda9d.gif?1686660032' width='400' height='444' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les autres rapports possibles peuvent se d&#233;duire des pr&#233;c&#233;dents. Nous sommes bien dans la famille g&#233;om&#233;trique du carr&#233;, caract&#233;ris&#233;e par le nombre &#8730;2 .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12681 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L400xH461/4-4-02828.gif?1686660032' width='400' height='461' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs un unique module carr&#233; (le quart du carr&#233; central) permet de retrouver facilement toutes les grandes formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi celles-ci, la forme pentagonale &#224; 3 angles droits et 4 c&#244;t&#233;s &#233;gaux jouera un r&#244;le central dans cette &#233;tude.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1.2. Le ruban.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode par &#233;cartement des pi&#232;ces ne fonctionne pas ici, parce que les longueurs AB et CD ne sont pas &#233;gales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut employer la m&#233;thode par grossissement des traits, d&#233;j&#224; pr&#233;sent&#233;e dans un article pr&#233;c&#233;dent sur le tympan de Yazd.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vert fonc&#233; l'armature, &#224; partir de laquelle se fait l'&#233;largissement. Voir une petite animation sur youtube :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://youtu.be/1uABdL7rcdc&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://youtu.be/1uABdL7rcdc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12682 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L400xH399/5-4-8334f.gif?1686660032' width='400' height='399' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La largeur relative du ruban est d&#233;finie par &#034;largeur r&#233;elle du ruban&#034; divis&#233;e par &#034;longueur r&#233;elle du c&#244;t&#233; du carr&#233; central&#034;. &#192; Mechhed elle vaut 0,5 ; c'est-&#224;-dire que RS est la moiti&#233; de RT (&#233;vident en regardant la d&#233;coration du ruban).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit tr&#232;s bien sur l'animation que, lorsque le trait grossit, les carr&#233;s et les pentagones changent de taille, mais ne changent pas de forme. Par contre le polygone &#224; 10 c&#244;t&#233;s de d&#233;forme continument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12683 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L400xH225/6-4-88ec1.gif?1686660032' width='400' height='225' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d'une fa&#231;on particuli&#232;re : quelle que soit la largeur du ruban, ce polygone aura&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;toujours 8 c&#244;t&#233;s &#233;gaux et les 2 derniers de m&#234;me longueur que le c&#244;t&#233; du carr&#233; central.&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1.3. L'armature.&lt;/h3&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Elle peut &#234;tre obtenue de la fa&#231;on suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12684 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L400xH403/7-4-00dc8.gif?1686660032' width='400' height='403' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- quatre &#233;toiles r&#233;guli&#232;res &#224; huit pointes engendrent une croix qu'on peut d&#233;composer en un carr&#233; central et quatre pentagones. Ces pentagones ont par construction la particularit&#233; de pr&#233;senter 3 angles droits et 4 c&#244;t&#233;s de m&#234;me longueur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12685 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L300xH338/8-3-ab980.gif?1686660032' width='300' height='338' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- cette croix, par duplications, peut g&#233;n&#233;rer un pavage&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- formation des polygones &#224; 10 c&#244;t&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4- l'armature qui sert de base &#224; l'&#233;largissement du trait&lt;/p&gt;
&lt;ol start=&#034;2&#034;&gt;&lt;span class='spip_document_12686 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH147/9-3-4970d.gif?1686660032' width='500' height='147' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La d&#233;coration.&lt;/h3&gt;&lt;/ol&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2.1. Inventaire.&lt;/h3&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les pi&#232;ces &#034;bizarres&#034;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;1 : utilisation dans les rubans lat&#233;raux d'une pi&#232;ce qui n'appara&#238;t pas ailleurs, alors que l'on pouvait occuper le m&#234;me espace avec les pi&#232;ces d&#233;j&#224; existantes. Peut-&#234;tre la volont&#233; de souligner visuellement un axe de sym&#233;trie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12687 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L350xH455/10-3-0912e.gif?1686660032' width='350' height='455' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 : pr&#233;sence, sur chaque coude &#224; 135&#176;, d'une pi&#232;ce form&#233;e par la superposition partielle de deux &#233;toiles (ce qui de plus a oblig&#233; &#224; cr&#233;er une nouvelle pi&#232;ce &#034;cheville&#034;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12688 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L300xH171/11-3-48c15.gif?1686660032' width='300' height='171' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons trouv&#233; aucun autre exemple de cette particularit&#233; sur d'autres monuments.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les 4 pi&#232;ces &#034;r&#233;guli&#232;res&#034;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;1 et 2 : on retrouve le pentagone particulier et le carr&#233;, les m&#234;mes qu'au paragraphe 1.1., &#224; une taille r&#233;duite. Le coefficient de r&#233;duction est de 4+2 (environ 6,83). On peut fabriquer le carr&#233; &#224; partir du pentagone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12689 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L300xH429/12-3-045b2.gif?1686660032' width='300' height='429' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 : l'&#233;toile r&#233;guli&#232;re &#224; 8 pointes, qu'on peut fabriquer &#224; partir du pentagone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 : le polygone &#224; 10 c&#244;t&#233;s qui &lt;strong&gt;n'est pas&lt;/strong&gt; une r&#233;duction de celui du paragraphe 1.1. (on a vu que la pr&#233;sence du ruban change la forme de ce polygone), et qu'on peut aussi fabriquer &#224; partir du pentagone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce pentagone permet donc &#224; lui seul d'engendrer toutes les autres pi&#232;ces.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2.2. Prolongement par continuit&#233;.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12690 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L350xH505/13-3-3d21d.gif?1686660032' width='350' height='505' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons &lt;strong&gt;les trois r&#232;gles&lt;/strong&gt; habituelles dans ce type de composition :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- une &#233;toile &#224; chaque sommet de grand polygone&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- une sym&#233;trie axiale locale par rapport &#224; chacun des c&#244;t&#233;s de ces polygones&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- une parfaite continuit&#233; du motif entre l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur des polygones&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas pr&#233;sent la premi&#232;re r&#232;gle n'est pas satisfaite, du fait de la particularit&#233; pr&#233;cis&#233;e au point &lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt; dans le paragraphe pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons maintenant pr&#233;senter des solutions pour r&#233;aliser, &#224; partir de la m&#234;me structure g&#233;om&#233;trique des grandes formes, une composition qui respecte ces trois r&#232;gles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est possible de remplir les grandes formes polygonales en continuit&#233; avec le d&#233;tail du motif du ruban, moyennant une petite modification du ruban lat&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;duire la taille du motif.&lt;/h3&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12691 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH127/14-3-97e3d.gif?1686660032' width='500' height='127' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_12692 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L350xH466/15-3-450af.gif?1686660032' width='350' height='466' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour passer le coude &#224; 135&#176;, on doit r&#233;duire la taille de l'&#233;toile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;duction minimale est indiqu&#233;e ci-contre, c'est celle que nous avons utilis&#233;e pour &#233;laborer ce panneau (o&#249; les 3 r&#232;gles sont respect&#233;es) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Utiliser un autre motif d&#233;coratif.&lt;/h3&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Modifier la largeur du ruban.&lt;/h3&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12693 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L350xH484/16-3-659ef.gif?1686660032' width='350' height='484' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut essayer de donner un peu de souplesse en &#233;largissant le ruban. Comme expliqu&#233; au paragraphe 1.2., il faut utiliser la m&#233;thode par grossissement des traits, qui modifie la forme du polygone &#224; 10 c&#244;t&#233;s. Le dessin obtenu est certes tr&#232;s ressemblant, mais il n'est pas strictement conforme &#224; l'original.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici tout de m&#234;me une version avec une largeur relative du ruban de (environ 0,71). Dans cette version le polygone &#224; 10 c&#244;t&#233;s a tous ses c&#244;t&#233;s de m&#234;me longueur, ce qui n'est pas le cas dans la version de Mechhed :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;span class='spip_document_12694 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L350xH469/17-2-ef9e1.gif?1686660032' width='350' height='469' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Contrefa&#231;on !&lt;/h3&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Cette planche ressemble beaucoup &#224; la pr&#233;c&#233;dente, car la largeur relative du ruban y est encore de .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12695 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L350xH459/18-2-1b4b9.gif?1686660032' width='350' height='459' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence vient du polygone &#224; 10 c&#244;t&#233;s. Il poss&#232;de bien 8 c&#244;t&#233;s de m&#234;me longueur, mais les deux c&#244;t&#233;s restants n'ont pas la m&#234;me longueur que le c&#244;t&#233; du carr&#233; central. Or nous avons vu au paragraphe 1.2. que c'est une condition de conformit&#233; au mod&#232;le original. C'est le choix du motif d&#233;coratif qui a conduit &#224; cette situation. Bien s&#251;r, cela n'emp&#234;cherait pas d'en faire une frise comme &#224; Mechhed, mais cela pourrait poser des difficult&#233;s pour d'autres compositions.&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une curiosit&#233;.&lt;/h3&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12696 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L400xH400/19-2-1ed2d.gif?1686660032' width='400' height='400' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Libre interpr&#233;tation d'un motif provenant probablement de l'Alhambra, Grenade, Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;ol start=&#034;3&#034;&gt;&lt;span class='spip_document_12697 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L300xH338/20-55428.gif?1686660032' width='300' height='338' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Motifs apparent&#233;s.&lt;/h3&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Nous pr&#233;sentons dans cette section quelques exemples de compositions d&#233;riv&#233;es du motif de Mechhed. La pr&#233;sence du pentagone particulier est un indice fort d'une filiation possible. On rep&#232;re tr&#232;s facilement ses 3 angles droits et ses 4 c&#244;t&#233;s &#233;gaux, et cette pi&#232;ce n'est pas d&#233;form&#233;e par la pr&#233;sence d'un ruban.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces compositions peuvent se d&#233;duire les unes des autres de multiples fa&#231;ons, nous ne faisons que proposer des pistes &#233;ventuelles.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;3.1. Mosqu&#233;e du Vendredi, Yazd, Iran.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12698 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH307/21-8364c.gif?1686660032' width='500' height='307' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son tympan a fait l'objet d'un article pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La largeur relative du ruban y est de (environ 0,71).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En partant de la version du motif de Mechhed qui a la m&#234;me largeur de ruban (pr&#233;sent&#233;e en 2.5.), il est possible de retrouver la structure de ce tympan de la fa&#231;on suivante (les pi&#232;ces grises servent de rep&#232;re pour le positionnement de pi&#232;ces ult&#233;rieures) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12699 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH145/22-e2861.gif?1686660032' width='500' height='145' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarque 2 : la pi&#232;ce en forme de n&#339;ud papillon a un statut comparable &#224; celui du polygone &#224; 10 c&#244;t&#233;s. C'est-&#224;-dire que sa forme d&#233;pend de la largeur du ruban. On le voit tr&#232;s bien sur l'animation propos&#233;e pour le tympan de Yazd : &lt;a href=&#034;https://youtu.be/Piu_RRbQXBM&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://youtu.be/Piu_RRbQXBM&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'absence de ruban la pi&#232;ce a 8 c&#244;t&#233;s &#233;gaux, ce n'est plus vrai avec le ruban.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12700 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L300xH386/23-de48e.gif?1686660032' width='300' height='386' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On rencontre souvent cette pi&#232;ce en association avec le pentagone &#224; 3 angles droits et 4 c&#244;t&#233;s &#233;gaux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;3.2. L'octogone r&#233;gulier.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces trois documents pr&#233;sentent en leur partie centrale le m&#234;me motif de d&#233;composition d'un grand octogone&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12701 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH140/24-90eab.gif?1686660032' width='500' height='140' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1 : madrasa Sher-Dor, Samarcande, Ouzb&#233;kistan&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'octogone est entour&#233; de polygones &#224; 10 c&#244;t&#233;s du m&#234;me type que ceux de Mechhed&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 : mausol&#233;e d'I'tim&#226;d ud-Daulah, Agra, Inde&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cercle de 8 &#233;toiles rappelle celui de 4 &#233;toiles du paragraphe 1.3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 : tombeau d'Akbar, Sikandra, Inde&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'octogone est tourn&#233; de 45&#176;. On retrouvera ce style de motifs au paragraphe 3.5.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12702 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L300xH294/25-35d9b.gif?1686660032' width='300' height='294' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut obtenir cette d&#233;composition de l'octogone &#224; partir du pavage vu au paragraphe 1.3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut aussi dire que plusieurs octogones identiques engendrent le motif du pavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout se tient &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons choisi la version de Samarcande, parce qu'on y retrouve les polygones &#224; 10 c&#244;t&#233;s de Mechhed.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par commodit&#233; on a repris la m&#234;me largeur relative de ruban qu'&#224; Yazd ; d'ailleurs il est facile de reconstituer tout le motif &#224; partir du tympan de Yazd.&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;span class='spip_document_12704 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH276/27-228a2.gif?1686660032' width='500' height='276' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_12705 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH164/28-e5996.gif?1686660032' width='500' height='164' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_12706 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L400xH395/29-47615.gif?1686660032' width='400' height='395' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ensemble architectural Khazrat-i-Imam, Tachkent, Ouzb&#233;kistan.&lt;/h3&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Vue partielle d'un tambour circulaire. Dans la partie encadr&#233;e sur la photo, les grandes formes peuvent &#234;tre obtenues &#224; partir du motif du paragraphe pr&#233;c&#233;dent de la fa&#231;on suivante (on termine par des rotations successives de 90&#176; autour de la petite croix rouge) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12707 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH166/30-accfb.gif?1686660032' width='500' height='166' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_12708 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH189/31-29986.gif?1686660032' width='500' height='189' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La frise du tambour peut ensuite &#234;tre reconstitu&#233;e &#224; partir de cette cellule de base, en la transformant plusieurs fois par une succession de sym&#233;tries axiales par rapport aux axes pointill&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons au passage qu'il a fallu calculer pr&#233;cis&#233;ment les dimensions du motif pour obtenir, sur la p&#233;riph&#233;rie du tambour cylindrique, un nombre entier pair de cellules !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore un bel exemple o&#249; la d&#233;coration du monument a &#233;t&#233; obligatoirement con&#231;ue en lien tr&#232;s &#233;troit avec son architecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12709 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH94/32-224a1.gif?1686660032' width='500' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_12710 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L400xH402/33-ffb0d.gif?1686660032' width='400' height='402' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous proposons page suivante une libre adaptation avec un autre motif d&#233;coratif (on a gard&#233; la m&#234;me largeur de ruban que dans l'exemple pr&#233;c&#233;dent).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarque : en modifiant l&#233;g&#232;rement le choix de la cellule de base, il est possible d'obtenir ce pavage p&#233;riodique :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;span class='spip_document_12711 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L250xH252/34-a5ffc.gif?1686660032' width='250' height='252' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_12712 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L350xH350/35-9e003.gif?1686660032' width='350' height='350' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mus&#233;e des arts appliqu&#233;s, Tachkent, Ouzb&#233;kistan.&lt;/h3&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Le motif est sculpt&#233; sur un poteau en bois cylindrique (d'o&#249; un raccord quelque peu raccourci le long du pointill&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12713 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L300xH554/36-02e12.gif?1686660033' width='300' height='554' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_12714 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L400xH416/37-d27e8.gif?1686660033' width='400' height='416' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ci-dessous une proposition de d&#233;coration. La forme en V inhabituelle s'apparente &#224; celle qui appara&#238;t furtivement sur les bordures ext&#233;rieures &#224; Mechhed (un peu d&#233;form&#233;e par la pr&#233;sence du ruban)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12715 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L400xH398/38-20380.gif?1686660033' width='400' height='398' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;3.5. Mausol&#233;e de Mohammad Ghaus,&lt;/h3&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Gwalior, Inde.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On trouve sur ce site de nombreuses fen&#234;tres jali en pierre ajour&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier exemple :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12716 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH270/39-af696.gif?1686660033' width='500' height='270' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le motif est r&#233;gulier et p&#233;riodique (si on ne regarde pas trop les bords).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il utilise un jeu de seulement 3 pi&#232;ces, d&#233;j&#224; rencontr&#233;es :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12717 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L250xH117/40-605db.gif?1686660033' width='250' height='117' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la partie en pierre constitue un ruban qui s&#233;pare des pi&#232;ces vides apparaissant en creux. On a vu (paragraphe 3.1.) que le ruban d&#233;forme la pi&#232;ce en n&#339;ud papillon, mais &#231;a ne se voit quasiment pas si le ruban est mince.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12718 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L400xH455/41-e1a9d.gif?1686660033' width='400' height='455' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Deuxi&#232;me exemple :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette composition, fabriqu&#233;e avec le m&#234;me jeu de 3 pi&#232;ces, pr&#233;sente &#224; premi&#232;re vue un aspect tr&#232;s peu ordonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12719 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH166/42-279bd.gif?1686660033' width='500' height='166' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant elle a &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;ment construite !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut mettre en &#233;vidence les formes cach&#233;es par grossissement de certains rubans. Cette m&#233;thode a &#233;t&#233; utilis&#233;e dans plusieurs monuments, par exemple&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(photo ci-contre) au mausol&#233;e d'I'tim&#226;d ud-Daulah, Agra, Inde (avec un jeu de pi&#232;ces un peu diff&#233;rent de celui de Gwalior).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12720 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L300xH507/43-ab496.gif?1686660033' width='300' height='507' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarque : on retrouve, &#224; l'int&#233;rieur des octogones, la d&#233;composition vue au paragraphe 3.2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adaptation de la photo pr&#233;c&#233;dente avec le jeu de 3 pi&#232;ces de Gwalior.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre existe-t-il une fen&#234;tre de ce type sur le site indien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12721 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH240/44-785fc.gif?1686660033' width='500' height='240' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Vers l'infini &#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le jeu de 3 pi&#232;ces utilis&#233; ( ) dans ces grilles pr&#233;sente les deux propri&#233;t&#233;s suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- chacune des pi&#232;ces, seule, peut engendrer un pavage p&#233;riodique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12722 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L300xH100/45-5c2dc.gif?1686660033' width='300' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_12723 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L400xH379/46-1a87e.gif?1686660033' width='400' height='379' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(infini &#034;&#224; l'horizontale&#034;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- chacune des pi&#232;ces peut &#234;tre d&#233;compos&#233;e en utilisant le &lt;strong&gt;m&#234;me&lt;/strong&gt; jeu de 3 pi&#232;ces &#224; une &#233;chelle r&#233;duite, le coefficient de r&#233;duction &#233;tant de 2 +&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(environ 3,41).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249;, par it&#233;ration du processus, la possibilit&#233; d'une mise en abyme potentiellement sans fin (infini &#034;&#224; la verticale&#034;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ci-dessous un exemple &#224; quatre niveaux :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12724 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L450xH321/47-eb4a5.gif?1686660033' width='450' height='321' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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