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	<title>La Revue de T&#233;h&#233;ran | Iran </title>
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	<description>Iran | Mensuel culturel iranien en langue fran&#231;aise | Histoire de l'Iran, Art iranien, Culture iranienne, Traditions iraniennes, Litt&#233;rature persane, Langue fran&#231;aise en Iran,</description>
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		<title>La Revue de T&#233;h&#233;ran | Iran </title>
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		<title>Le Ta'zieh, th&#233;&#226;tre religieux iranien </title>
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		<dc:date>2008-01-31T23:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Babak Ershadi</dc:creator>



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&lt;p&gt;Ta'z&#238;eh (en persan : &#1578;&#1593;&#1586;&#1740;&#1607;) d&#233;signe en Iran un genre th&#233;&#226;tral religieux traditionnel, comm&#233;morant essentiellement le martyre de l'Imam Hossein (troisi&#232;me imam des Chiites) et les passions des Ahlulbeyt (&#1575;&#1607;&#1604; &#1576;&#1740;&#1578;) - membres de la famille du Proph&#232;te de l'Islam. Dans ce genre th&#233;&#226;tral, la r&#233;citation des paroles qui sont presque toujours en vers prime sur la mise en sc&#232;ne et l'action. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le mot Ta'z&#238;eh veut dire litt&#233;ralement &#034;soulagement&#034;, qui se manifeste notamment en rendant visite aux gens endeuill&#233;s qui ont perdu (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;N&#176; 27, f&#233;vrier 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton46-f752e.jpg?1686652153' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ta'z&#238;eh (en persan : &#1578;&#1593;&#1586;&#1740;&#1607;) d&#233;signe en Iran un genre th&#233;&#226;tral religieux traditionnel, comm&#233;morant essentiellement le martyre de l'Imam Hossein (troisi&#232;me imam des Chiites) et les passions des &lt;i&gt;Ahlulbeyt&lt;/i&gt; (&#1575;&#1607;&#1604; &#1576;&#1740;&#1578;) - membres de la famille du Proph&#232;te de l'Islam. Dans ce genre th&#233;&#226;tral, la r&#233;citation des paroles qui sont presque toujours en vers prime sur la mise en sc&#232;ne et l'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot &lt;i&gt;Ta'z&#238;eh&lt;/i&gt; veut dire litt&#233;ralement &#034;soulagement&#034;, qui se manifeste notamment en rendant visite aux gens endeuill&#233;s qui ont perdu un &#234;tre cher. Dans certaines r&#233;gions iraniennes, comme dans le Khorasan, le mot d&#233;signe une &#034;c&#233;r&#233;monie de comm&#233;moration&#034; faisant partie des traditions fun&#233;raires. Parmi les Chiites non iraniens (en Irak et dans le sous-continent indien), le mot Ta'z&#238;eh n'est pas utilis&#233; pour d&#233;signer les repr&#233;sentations th&#233;&#226;trales aux th&#232;mes religieux, mais pour parler des c&#233;r&#233;monies lors desquelles des obs&#232;ques symboliques sont organis&#233;es le 10 du mois de Moharram (l'Achoura, en persan : &#1593;&#1575;&#1588;&#1608;&#1585;&#1575;) et le 20 du mois de Safar (Arba&#239;n : &#1575;&#1585;&#1576;&#1593;&#1740;&#1606;) o&#249; les participants portent un cercueil qu'ils inhument pour comm&#233;morer le martyre de l'Imam Hossein. L'Allemande Annemarie Schimmel &#233;crit qu'au XIIIe si&#232;cle de l'H&#233;gire (XIXe si&#232;cle), des repr&#233;sentations th&#233;&#226;trales proches du Ta'z&#238;eh existaient pourtant dans la cour des gouverneurs locaux musulmans dans certaines r&#233;gions du sous-continent indien, mais Mme Schimmel n'en a pas donn&#233; plus de d&#233;tails.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;gion des Cara&#239;bes surtout &#224; Trinit&#233;-et-Tobago, cette m&#234;me c&#233;r&#233;monie est c&#233;l&#233;br&#233;e au mois de Moharram et elle consiste &#224; noyer un cercueil symbolique dans l'eau. Des c&#233;r&#233;monies similaires existent dans d'autres r&#233;gions du monde et notamment en Indon&#233;sie, dans lesquelles le &#034;cercueil&#034; joue un r&#244;le principal.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Historique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour certains chercheurs, les racines du Ta'z&#238;eh remonte &#224; l'antiquit&#233; iranienne : passion de Mithra (&#1605;&#1589;&#1575;&#1574;&#1576; &#1605;&#1740;&#1578;&#1585;&#1575;), deuil de S&#238;av&#226;sh (&#1587;&#1608;&#1711; &#1587;&#1740;&#1575;&#1608;&#1588;) et M&#233;moires de Zar&#238;r&#226;n (&#1740;&#1575;&#1583;&#1711;&#1575;&#1585; &#1586;&#1585;&#1740;&#1585;&#1575;&#1606;). D'autres attribuent l'apparition du Ta'z&#238;eh &#224; l'influence des &#233;l&#233;ments mythiques m&#233;sopotamiens, anatoliens et &#233;gyptiens, tandis que pour certains autres chercheurs, le Ta'z&#238;eh puise ses sources dans la passion du Christ, les mythes indoeurop&#233;ens ou s&#233;mites. Quelles que soient les racines lointaines du Ta'z&#238;eh, les sp&#233;cialistes sont unanimes pour dire qu'il appara&#238;t tel que nous le connaissons aujourd'hui, &#224; partir des premiers si&#232;cles de la p&#233;riode islamique pour comm&#233;morer le martyre de l'Imam Hossein &#224; Karbala. Aux Xe et XIe si&#232;cles, sous la premi&#232;re dynastie chiite iranienne des Bwayhides (ou Bouyides : &#1570;&#1604; &#1576;&#1608;&#1740;&#1607;), le Ta'z&#238;eh prend une forme plus compl&#232;te et solennelle. Cependant, cette repr&#233;sentation th&#233;&#226;trale sous sa forme actuelle n'aurait pas exist&#233; avant la p&#233;riode de la dynastie safavide, de 1501 &#224; 1722 (906-1135 de l'H&#233;gire). Le voyageur italien Pietro Della Valle (1586-1652) a notamment d&#233;crit les c&#233;r&#233;monies de deuil des dix premiers jours du mois de Moharram de l'an 1027 de l'H&#233;gire (1618) auxquelles il avait assist&#233; &#224; Ispahan, capitale des Safavides. Il a &#233;voqu&#233; des repr&#233;sentations th&#233;&#226;trales courtes et simples consacr&#233;es &#224; des th&#232;mes religieux. Les descriptions faites par le Fran&#231;ais Jean-Baptiste Tavernier qui a assist&#233; aux c&#233;r&#233;monies de Moharram &#224; Ispahan, sous Shah Saf&#238; Ier (1629-1642), le sixi&#232;me empereur safavide, nous permettent de mieux comprendre l'&#233;volution progressive de ce genre th&#233;&#226;tral destin&#233; &#224; reproduire symboliquement les &#233;v&#233;nements de l'Achoura et du martyre de l'Imam Hossein ainsi que de ses compagnons &#224; Karbala. Tavernier relate que les gens endeuill&#233;s portaient des cercueils dans lesquels &#233;taient assis des enfants, en comm&#233;moration des jeunes enfants du camp de l'Imam Hossein, qui ont trouv&#233; le martyre &#224; Karbala. Devant les cercueils, on promenait des chevaux sans cavalier symbolisant les montures des martyrs. Un si&#232;cle plus tard, William Franklin, orientaliste et officier anglais ayant visit&#233; la Perse pendant deux ans sous la dynastie Zand (1750-1794), d&#233;crit dans son r&#233;cit de voyage les c&#233;r&#233;monies de Moharram &#224; Shiraz, capitale des Zands. Franklin relate que les jeunes se divisaient en deux groupes, et se battaient symboliquement pour reproduire les sc&#232;nes de combat de Karbala, entre les hommes de l'Imam Hossein et l'arm&#233;e des Omeyyades.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_822 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L269xH356/46-1-74dd2.jpg?1686652153' width='269' height='356' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:269px;'&gt;&lt;strong&gt;Takyeh Dowlat, tableau de Kam&#226;l-ol-Molk, 1880&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Pendant cette p&#233;riode, les oul&#233;mas ne participaient gu&#232;re au Ta'z&#238;eh qu'ils consid&#233;raient comme une falsification des faits historiques de l'Achoura. Cependant, sous la dynastie q&#226;dj&#226;re, le Ta'z&#238;eh fortement soutenu par les monarques devient un genre th&#233;&#226;tral tr&#232;s populaire, ce qui favorise le d&#233;veloppement de la mise en sc&#232;ne, plus riche et plus dramatique qu'autrefois. Le Ta'z&#238;eh devient, pendant cette p&#233;riode, un genre th&#233;&#226;tral religieux &#224; part enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le r&#232;gne du roi N&#226;sseredd&#238;n Sh&#226;h (1831-1896), qui &#233;tait lui-m&#234;me un grand admirateur du Ta'z&#238;eh, ce genre th&#233;&#226;tral atteint sa perfection. Au mois de Moharram de l'an 1308 de l'H&#233;gire, N&#226;sseredd&#238;n Shah n'&#233;tait pas &#224; T&#233;h&#233;ran, on a donc d&#251; reporter le Ta'z&#238;eh des dix premiers jours de Moharram aux dix derniers jours de Safar pour que le roi puisse y assister. Selon le comte Joseph Arthur de Gobineau (1816-1882), &#224; l'&#233;poque de N&#226;sseredd&#238;n Sh&#226;h, pr&#232;s de deux cents lieux (&lt;i&gt;Tekyeh, Hosseinieh&lt;/i&gt;, &#8230;) &#233;taient consacr&#233;s au Ta'z&#238;eh &#224; T&#233;h&#233;ran, pendant le mois de Moharram.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Takyeh-Dowlat&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; cette m&#234;me &#233;poque que fut construit &#224; T&#233;h&#233;ran le premier th&#233;&#226;tre populaire pour l'organisation officielle du Ta'z&#238;eh. Il devint ainsi une institution d'Etat et les &#034;acteurs&#034; (en persan : &#1578;&#1593;&#1586;&#1740;&#1607; &#1582;&#1608;&#1575;&#1606;) devaient d&#233;sormais se soumettre &#224; un responsable d&#233;sign&#233; par la cour. Les acteurs r&#233;unis par ce responsable appel&#233; Mo&#239;n al-Bok&#226; (&#1605;&#1593;&#1740;&#1606; &#1575;&#1604;&#1576;&#1705;&#1575;&#1569;) jouaient les r&#244;les du Ta'z&#238;eh devant le roi et les gens de la cour. Takyeh-Dowlat fut le premier th&#233;&#226;tre populaire de T&#233;h&#233;ran fond&#233; par la cour. Les habits et les accessoires n&#233;cessaires aux repr&#233;sentations th&#233;&#226;trales &#233;taient produits &#224; Takyeh-Dowlat. Dans cette p&#233;riode, il y avait des Takyehs (lieux am&#233;nag&#233;s pour les c&#233;r&#233;monies du mois de Moharram) dans la plupart des villes et des villages iraniens. Le Ta'z&#238;eh &#233;tait pr&#233;sent&#233; dans ces m&#234;mes endroits. Cependant, rien n'emp&#234;chait l'organisation du Ta'z&#238;eh dans les mosqu&#233;es, dans les espaces ouverts, et m&#234;me dans les maisons ou dans la cour des anciens caravans&#233;rails. A Ispahan, il existait des Takyehs &#224; ciel ouvert o&#249; une foule de trente mille personnes pouvait assister au Ta'z&#238;eh. Sous la dynastie q&#226;dj&#226;re, des groupes ambulants qui jouaient diff&#233;rentes sc&#232;nes du Ta'z&#238;eh dans les anciennes maisons de th&#233; ou m&#234;me dans les rues furent cr&#233;&#233;s. Faute de moyens, ces groupes introduisirent certaines modifications dans leurs repr&#233;sentations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans certains cas, le th&#232;me abord&#233; dans le Ta'z&#238;eh &#233;tait relatif aux femmes : par exemple, &#224; l'&#233;poque des Q&#226;dj&#226;rs, la pi&#232;ce de B&#238;b&#238; Shahrb&#226;nou &#233;tait souvent pr&#233;sent&#233;e exclusivement pour les femmes. A T&#233;h&#233;ran, ce Ta'z&#238;eh f&#233;minin &#233;tait organis&#233; chaque ann&#233;e, pendant les dix premiers jours du mois de Moharram chez Qamar al-Salt&#226;neh, fille du roi Fath'Al&#238; Sh&#226;h. Toutes les personnes qui y assistaient &#233;taient des femmes. Outre les spectatrices, c'&#233;taient uniquement des femmes qui interpr&#233;taient tous les r&#244;les masculins et f&#233;minins. Des documents historiques ont enregistr&#233; le nom de certaines de ces actrices : Moll&#226; Nab&#226;t, Moll&#226; F&#226;temeh, Moll&#226; Maryam ou H&#226;djieh Kh&#226;nom, fille de Fath'Al&#238; Sh&#226;h qui s'occupait &#233;galement de la mise en sc&#232;ne. Cependant, &#233;tant donn&#233; les restrictions qui existaient &#224; l'&#233;poque dans la soci&#233;t&#233; iranienne, le Ta'z&#238;eh f&#233;minin n'a pas r&#233;ussi &#224; attirer le grand public et il se limita &#224; des repr&#233;sentations priv&#233;es chez les riches ou &#224; la cour. Il a persist&#233; cependant jusqu'au d&#233;but du r&#232;gne du dernier roi Q&#226;dj&#226;r, Ahmad Sh&#226;h (1327-1344 de l'H&#233;gire). Le Ta'z&#238;eh f&#233;minin n'a &#233;t&#233; organis&#233; que tr&#232;s rarement &#224; partir de cette p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le roi N&#226;sseredd&#238;n Sh&#226;h avait un double objectif &#224; atteindre en organisant solennellement le Ta'z&#238;eh, pendant le mois de Moharram : il aimait passionn&#233;ment le spectacle, mais il cherchait &#233;galement &#224; duper l'opinion publique en faisant croire qu'il respectait les questions religieuses. Pour plaire au roi, les troupes qui pr&#233;sentaient le Ta'z&#238;eh &#224; la cour y rajoutaient de nombreux &#233;l&#233;ments pour le rendre plus spectaculaire et pour faire du Ta'z&#238;eh un spectacle aristocratique. Les c&#233;l&#232;bres oul&#233;mas chiites de l'&#233;poque, respect&#233;s &#224; la fois par le peuple et la cour, y ont r&#233;agi et ont condamn&#233; certains th&#232;mes et la mise en sc&#232;ne du Ta'z&#238;eh : Sheikh H&#226;d&#238; Najmab&#226;d&#238; (mort en 1320 de l'H&#233;gire) et Sheikh Dja'afar Shoushtar&#238; (mort en 1303 de l'H&#233;gire) critiquaient ouvertement le Ta'z&#238;eh tel qu'il &#233;tait pr&#233;sent&#233; &#224; Takyeh-Dowlat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assassinat de N&#226;sseredd&#238;n Sh&#226;h en 1313 de l'H&#233;gire (1896) et ses cons&#233;quences politiques et sociales affaiblirent les liens que le roi avait cr&#233;&#233;s entre la cour et le Ta'z&#238;eh, cependant, des troupes ind&#233;pendantes continu&#232;rent leur travail dans diff&#233;rentes r&#233;gions du pays, pr&#233;servant ainsi les traditions du Ta'z&#238;eh qui faisait toujours partie des c&#233;r&#233;monies du mois de Moharram.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Ta'z&#238;eh &#224; l'&#233;poque contemporaine&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La dynastie q&#226;dj&#226;re, affaiblie &#224; partir de la r&#233;volution constitutionnelle, fut finalement renvers&#233;e par Rez&#226; Kh&#226;n qui fonda la dynastie Pahlavi en 1925 et r&#233;gna jusqu'en 1941. Sous son r&#232;gne, les c&#233;r&#233;monies du mois de Moharram firent l'objet de nombreuses restrictions parfois s&#233;v&#232;res, d'autant plus que la nouvelle cour royale interdit l'organisation solennelle du Ta'z&#238;eh. Au fur et &#224; mesure, le Ta'z&#238;eh perdit du terrain dans les grandes villes et devint peu &#224; peu un spectacle religieux de campagne. Sous le roi Mohammad Rez&#226; Sh&#226;h (1941-1979), une nouvelle g&#233;n&#233;ration urbaine s'int&#233;ressa de nouveau au Ta'z&#238;eh, notamment &#224; ses aspects th&#233;&#226;traux. De 1959 &#224; 1970, Parv&#238;z Sayy&#226;d, jeune acteur et metteur en sc&#232;ne, organisa plusieurs fois le Ta'z&#238;eh, mais cette fois-ci sur la sc&#232;ne du th&#233;&#226;tre de T&#233;h&#233;ran. Quelques ann&#233;es plus tard, en 1976, une conf&#233;rence internationale fut organis&#233;e &#224; Shiraz sur le Ta'z&#238;eh, &#224; laquelle particip&#232;rent de nombreux sp&#233;cialistes iraniens et &#233;trangers de l'histoire du th&#233;&#226;tre. L'acte du colloque de Shiraz a &#233;t&#233; publi&#233; en 1979 &#224; New York par Peter J. Chelkowski (&lt;i&gt;Ta'zieh : Indigenous Avant-garde theatre of Iran&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la victoire de la r&#233;volution islamique en f&#233;vrier 1979, les nouvelles institutions culturelles et artistiques du pays port&#232;rent une attention particuli&#232;re au Ta'z&#238;eh, ce qui favorisa &#233;galement la r&#233;alisation d'&#233;tudes approfondies destin&#233;es &#224; mieux conna&#238;tre les origines de ce genre th&#233;&#226;tral, mais &#233;galement &#224; emp&#234;cher la disparition de cette tradition ancienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;tudes ont conduit les chercheurs &#224; trouver les sources et les documents &#233;crits des textes traditionnels du Ta'z&#238;eh : il s'agit d'abord de livres et documents historiques sur l'Achoura et le martyre de l'Imam Hossein et ses compagnons &#224; Karbala le dix du mois de Moharram de l'an 61 de l'H&#233;gire. En second lieu, les auteurs des textes du Ta'z&#238;eh se sont largement inspir&#233;s des recueils de po&#233;sie consacr&#233;s &#224; l'&#233;pop&#233;e de l'Achoura et &#224; la passion des martyrs de Karbala.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les auteurs des textes du Ta'z&#238;eh &#233;crivaient d'abord la pi&#232;ce en vers. Ce texte th&#233;&#226;tral suivait la tradition ancienne du th&#233;&#226;tre classique grec : chaque pi&#232;ce du Ta'z&#238;eh &#233;tait compos&#233;e donc de un ou plusieurs &#034;actes&#034; (en persan :&#1605;&#1580;&#1604;&#1587; ). Le texte abordait le th&#232;me qui convenait &#224; chaque jour de la premi&#232;re d&#233;cade du mois de Moharram. Le texte en vers &#233;tait recopi&#233; s&#233;par&#233;ment en plusieurs exemplaires pour chaque spectacle. Ces exemplaires recopi&#233;s &#224; la main (&#1601;&#1585;&#1583; ou &#1606;&#1587;&#1582;&#1607;) &#233;taient distribu&#233;s aux acteurs. Ils indiquaient les paroles de chaque personnage, et pr&#233;cisaient parfois en gros certaines indications sc&#233;niques, notamment l'entr&#233;e et la sortie des acteurs, les tons et les sentiments &#224; exprimer pendant les dialogues, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte &#233;crit en vers &#233;tait souvent h&#233;t&#233;rog&#232;ne et compos&#233; dans de diff&#233;rentes formes po&#233;tiques. Le texte &#233;tait donc un m&#233;lange de genres et prenait tour &#224; tour un ton &#233;pique, tragique ou m&#234;me lyrique. Les premiers textes du Ta'z&#238;eh avaient un langage plut&#244;t populaire, mai l'&#233;volution du genre a entra&#238;n&#233; un changement du langage favorisant des textes plus &#034;litt&#233;raires&#034;. Le grand ministre de N&#226;sseredd&#238;n Sh&#226;h, Am&#238;r Kab&#238;r a encourag&#233;, par exemple, le po&#232;te Nasroll&#226;h Esfah&#226;n&#238;, alias Shah&#226;b, &#224; composer une soixantaine de textes en vers pour le Ta'z&#238;eh dont certains ont une valeur litt&#233;raire incontestable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Polonais Alexandre Chodsko travaillait &#224; l'ambassade de Russie &#224; T&#233;h&#233;ran au d&#233;but du XIXe si&#232;cle. En 1837, il acheta un recueil de textes du Ta'z&#238;eh &#224; un d&#233;nomm&#233; Hossein 'Al&#238; Kh&#226;n Kam&#226;l. Le recueil comprenait 33 textes recopi&#233;s apparemment d'un autre recueil appartenant &#224; l'&#233;poque du roi Fath'Al&#238; Sh&#226;h. Alexandre Chodsko choisit cinq textes qu'il traduit en fran&#231;ais. Ce recueil de textes de Ta'z&#238;eh a &#233;t&#233; publi&#233; &#224; Paris en 1878. Chodsko croit que Hossein 'Al&#238; Kh&#226;n Kam&#226;l serait l'auteur de certains de ces textes pourtant anonymes, ou qu'il en aurait modifi&#233; certaines parties. Le recueil de Kam&#226;l intitul&#233; &#034;La guerre du martyre&#034; a &#233;t&#233; publi&#233; en 1976 &#224; T&#233;h&#233;ran. Pour certains chercheurs, &#034;La guerre du martyre&#034; est le texte le plus ancien du Ta'z&#238;eh. Pour confirmer cette th&#233;orie, il faudrait cependant effectuer de plus amples recherches dans les diff&#233;rentes villes iraniennes. Bien qu'il soit difficile de confirmer la date de certains textes, les chercheurs ont pourtant trouv&#233; un autre recueil de textes du Ta'z&#238;eh datant de l'an 1133 de l'H&#233;gire qui serait plus ancien que le recueil de Hossein 'Al&#238; Kh&#226;n Kam&#226;l. Apr&#232;s la traduction en fran&#231;ais d'Alexandre Chodsko, l'iranologue anglais Luis Pollay a recueilli plusieurs textes de Ta'z&#238;eh qu'il a publi&#233; avec la traduction en anglais de certains d'entre eux &#224; Londres en 1879. Dans son introduction, il a &#233;crit que s'il faut juger la valeur d'un texte dramatique d'apr&#232;s son effet sur le public, les textes du Ta'z&#238;eh seraient parmi les meilleurs exemples de l'art dramatique. Le consul d'Allemagne &#224; Bagdad, Wilhelm Litten a r&#233;uni une quinzaine de textes de Ta'z&#238;eh qu'il fit publier &#224; Berlin en 1929. Cerulli, ambassadeur d'Italie &#224; T&#233;h&#233;ran de 1950 &#224; 1954, r&#233;ussit avec l'aide d' 'Al&#238; Hannibal &#224; r&#233;unir 1055 manuscrits de textes de Ta'z&#238;eh qu'il a ensuite d&#233;di&#233;s &#224; la biblioth&#232;que du Vatican. Deux orientalistes italiens, Ettore Rossi et Alessio Bombaci, ont &#233;tabli le catalogue de la collection de Cerulli en 1961. Le chercheur iranien Dj&#226;ber Anassor&#238; a traduit ce catalogue en Persan et l'a publi&#233; &#224; T&#233;h&#233;ran en 1989 en tant que &lt;i&gt;L'inventaire descriptif des pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre religieux en Iran&lt;/i&gt;. Dans la collection de manuscrits de Cerulli, 35 textes sont en turc, 4 textes en arabe et le reste en persan. Un grand nombre de textes de cette collection doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme les fragments d'un texte original. Les experts estiment que pr&#232;s de deux cents textes de cette collection constituent des pi&#232;ces compl&#232;tes du Ta'z&#238;eh.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Ta'z&#238;eh et la musique&lt;/h3&gt;&lt;dl class='spip_document_823 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH265/46-2-09058.jpg?1686652153' width='358' height='265' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Ta'z&#238;eh kh&#226;n&#238; &#224; l'occasion du mois de Moharram dans le caravans&#233;rail arm&#233;nien situ&#233; dans le bazar des tissus de T&#233;h&#233;ran, l'&#233;poque qadjare&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Les acteurs devaient chanter le texte du Ta'z&#238;eh, ce qui n&#233;cessitait une bonne connaissance de la musique traditionnelle iranienne. Mo&#239;n al-Bok&#226; et ses assistants devaient alors se charger d'apprendre le chant aux jeunes gar&#231;ons ayant une belle voix. Ces enfants jouaient tout d'abord &#224; l'occasion des r&#244;les secondaires dans les repr&#233;sentations publiques du Ta'z&#238;eh. Ces jeunes gar&#231;ons devaient &#233;galement suivre pendant quelques ann&#233;es des cours du chant afin d'apprendre les diff&#233;rentes gammes et les m&#233;lodies de la musique traditionnelle. C'est pourquoi, certains chercheurs et historiens de la musique iranienne estiment que le Ta'z&#238;eh a indirectement jou&#233; un r&#244;le consid&#233;rable dans la sauvegarde des m&#233;lodies anciennes de la musique traditionnelle. Les acteurs devaient alors conna&#238;tre les diff&#233;rentes gammes de la musique. Dans les dialogues chant&#233;s, lorsque l'acteur qui interpr&#233;tait le r&#244;le de l'Imam Hossein chantait dans la gamme &#034;Shour&#034;, celui qui jouait le r&#244;le de son fr&#232;re Ab&#251;-l-Fadhl al-'Abb&#226;s devait lui r&#233;pondre sur la m&#234;me gamme. Le choix des gammes &#233;tait soumis au changement de la sc&#232;ne et du th&#232;me. L'acteur &#233;tait donc libre &#224; passer d'une gamme &#224; l'autre, sans &#234;tre oblig&#233; de respecter la transition comme il &#233;tait de coutume dans la musique traditionnelle. Contrairement aux acteurs qui &#034;chantaient&#034; les r&#244;les des personnages du camp de l'Imam Hossein, les acteurs qui jouaient les r&#244;les du camp adversaire ne chantaient pas, mais ils r&#233;citaient leur texte de fa&#231;on rythm&#233;e sur un ton aigu comme des &#034;cris de guerre&#034; (&#1575;&#1615;&#1588;&#1578;&#1615;&#1604;&#1615;&#1605;) pour d&#233;fier, provoquer, injurier et blasph&#233;mer (&#1585;&#1614;&#1580;&#1614;&#1586;&#1582;&#1608;&#1575;&#1606;&#1740;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les liens entre le Ta'z&#238;eh et la musique traditionnelle ne se limitaient pas au ch&#339;ur et aux &#339;uvres vocales, car dans le Ta'z&#238;eh, on r&#233;servait &#233;galement une place &#224; la musique instrumentale. Un petit orchestre compos&#233; d'instruments &#224; vent comme la trompette, la fl&#251;te ou la clarinette, et d'instruments &#224; percussion comme le tambour, le tambourin et les cymbales jouait souvent des morceaux de musique avant le spectacle. Mais lorsque les acteurs chantaient leurs r&#244;les, le chant n'&#233;tait presque jamais accompagn&#233; de musique, sauf s'il s'agissait de l'entr&#233;e sur sc&#232;ne de quelques personnages : pour l'acteur qui jouait le r&#244;le de l'Imam Hussein, l'orchestre jouait un court morceau dans la gamme de &lt;i&gt;Nav&#226;&lt;/i&gt;, pour ceux qui jouaient les r&#244;le d'Al&#238; Akbar ou de Q&#226;ssem, il jouait un air dans les gammes de &lt;i&gt;Tch&#226;h&#226;rg&#226;h, S&#233;g&#226;h&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Esfah&#226;n&lt;/i&gt;. A l'intervalle des dialogues, dans les sc&#232;nes de voyage ou de combat, l'orchestre jouait de nouveaux quelques petits morceaux. Les instruments &#224; vent &#233;taient utilis&#233;s au moment de l'entr&#233;e sur sc&#232;ne de certains personnages, et dans les sc&#232;nes tristes de la mort d'autres, les instruments &#224; vent, surtout la trompette et la clarinette, jouaient en solo. Dans tous les cas, les musiciens n'intervenaient dans le spectacle qu'avec l'autorisation de Mo&#239;n al-Bok&#226; (le metteur en sc&#232;ne) qui leur faisait signe de la main pour commencer ou pour arr&#234;ter de jouer de leurs instruments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'avons d&#233;j&#224; dit, les chercheurs et les historiens de la musique traditionnelle iranienne estiment que le Ta'z&#238;eh aurait jou&#233; un r&#244;le consid&#233;rable dans la sauvegarde des m&#233;lodies vocales et instrumentales, notamment en ce qui concerne la musique locale des diff&#233;rentes r&#233;gions iraniennes. Il appara&#238;t ainsi que dans les r&#233;gions riveraines de la mer Caspienne, de nombreuses m&#233;lodies auraient &#233;t&#233; pr&#233;serv&#233;es uniquement gr&#226;ce aux acteurs du Ta'z&#238;eh.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Accessoires et mise en sc&#232;ne&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les acteurs &#233;taient choisis pour les diff&#233;rents r&#244;les qu'ils devaient interpr&#233;ter en fonction de leur physionomie et de la qualit&#233; de leur voix. En effet, les acteurs du Ta'z&#238;eh n'&#233;taient jamais maquill&#233;s et ils n'avaient que des v&#234;tements ou des accessoires pour se d&#233;guiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces v&#234;tements et accessoires variaient selon les diff&#233;rentes r&#233;gions du pays, d'autant plus que les troupes d'acteurs du Ta'z&#238;eh n'avaient pas toujours les moyens financiers n&#233;cessaires pour se procurer tous les accessoires n&#233;cessaires. Il &#233;tait donc de coutume que dans certaines r&#233;gions, les acteurs ne se d&#233;guisent pas mais qu'ils mettent seulement un masque pour cacher leur visage. Cependant, dans la majorit&#233; des grandes villes, les acteurs du Ta'z&#238;eh avaient des v&#234;tements et des accessoires complets. Concernant la mise en sc&#232;ne, le Ta'z&#238;eh consistait essentiellement en la r&#233;citation chant&#233;e du texte en vers, accompagn&#233;e de divers gestes et actions. Mais parfois le spectacle &#233;tait presque totalement d&#233;pourvu de geste et d'action, surtout dans le monde paysan : les acteurs s'asseyaient par terre et chantaient &#224; tour de r&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_824 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH229/46-3-b8171.jpg?1686652153' width='336' height='229' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:336px;'&gt;&lt;strong&gt;Takyeh Dowlat &#224; T&#233;h&#233;ran, le plus grand Takyeh de l'&#233;poque q&#226;dj&#226;re.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Les metteurs en sc&#232;ne devaient respecter surtout la symbolique des couleurs dans le choix de v&#234;tements pour chacun des personnages. Les gens du camp de l'Imam Hossein s'habillaient souvent en vert, en blanc ou en noir, tandis que les acteurs qui interpr&#233;taient les r&#244;les des personnages du camp adverse s'habillaient souvent en rouge ou de couleurs vives. Abdollah Mostof&#238; relate qu'&#224; l'&#233;poque de N&#226;sseredd&#238;n Sh&#226;h, l'acteur qui interpr&#233;tait le r&#244;le de l'Imam Hossein dans les repr&#233;sentations du Ta'z&#238;eh &#224; Takyeh-Dowlat portait une robe blanche, un cache-col et un turban verts. Cet acteur portait des bottes dans les sc&#232;nes de combat et des chaussures ordinaires lors des autres sc&#232;nes du spectacle. Les autres personnages qui interpr&#233;taient les r&#244;les des saints, des imams ou des proph&#232;tes s'habillaient plus ou moins de la m&#234;me fa&#231;on. Les r&#244;les de femmes &#233;taient interpr&#233;t&#233;s par des hommes. Ils portaient de longues robes noires les couvrant de la t&#234;te aux pieds, et cachaient leur visage par une &#233;toffe noire qui couvrait enti&#232;rement leur t&#234;te. Les enfants &#233;taient souvent v&#234;tus de robes traditionnelles arabes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les acteurs qui jouaient le r&#244;le des &#034;m&#233;chants&#034; portaient des costumes d&#233;lib&#233;r&#233;ment extravagants et de couleur vive. Lors des sc&#232;nes de combat, les gens des deux camps portaient des armures et des casques. Sous les armures, les gens du camp de l'Imam Hossein portaient des v&#234;tements blancs, tandis que les &#034;ennemis&#034; portaient toujours leurs habits rouges. L'acteur qui jouait le r&#244;le de Shemr, assassin violent et cruel de l'Imam Hossein, &#233;tait v&#234;tu de rouge de la t&#234;te aux pieds. Ses manches &#233;taient retrouss&#233;es, comme s'il &#233;tait pr&#234;t &#224; tout moment &#224; commettre un acte violent. L'acteur qui interpr&#233;tait le r&#244;le du diable portait des v&#234;tements rouges, et malgr&#233; ses gestes violents, il rev&#234;tait parfois des v&#234;tements de femme pour &#234;tre ridiculis&#233; et faire rire les spectateurs. Par contre, les anges portaient des habits sobres et ils &#233;taient couronn&#233;s. Les d&#233;cors de la sc&#232;ne &#233;taient tr&#232;s simples ou parfois inexistants. On mettait parfois une cuvette remplie d'eau symbolisant l'Euphrate, ou on se servait de quelques branches d'arbre pour montrer symboliquement une oasis. L'un des accessoires int&#233;ressant que l'on utilisait au Ta'z&#238;eh &#233;tait une &#233;p&#233;e que portait l'acteur qui jouait le r&#244;le d' 'Al&#238; Akbar. Cette &#233;p&#233;e cr&#233;ait l'illusion de briser r&#233;ellement le cr&#226;ne des adversaires. Les personnages du camp de l'Imam Hossein portaient une pi&#232;ce de toile blanche qui ressemblait &#224; un linceul, ce qui indiquait que ce personnage mourrait bient&#244;t en martyre. Lors de ces sc&#232;nes, on utilisait parfois un liquide rouge pour cr&#233;er l'effet du sang. Les animaux n'&#233;taient pas absents du Ta'z&#238;eh : on amenait parfois des chameaux, des chevaux ou m&#234;me des lions sur la sc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant que ne commence le spectacle, un ch&#339;ur d'enfants chantait des vers du po&#232;te Mohtasham K&#226;sh&#226;n&#238;. Ensuite, les acteurs entraient en sc&#232;ne pour inviter les spectateurs &#224; les accompagner pendant quelques minutes pour une c&#233;r&#233;monie de chant de deuil (en persan : &#1606;&#1608;&#1581;&#1607; &#1582;&#1608;&#1575;&#1606;&#1740;) et de frapper &#224; la poitrine (&#1587;&#1740;&#1606;&#1607; &#1586;&#1606;&#1740;). Le spectacle commen&#231;ait ensuite, tandis que le metteur en sc&#232;ne ou 'Ta'z&#238;eh-gard&#226;n' (&#1578;&#1593;&#1586;&#1740;&#1607; &#1711;&#1585;&#1583;&#1575;&#1606;) tournait autour de la sc&#232;ne, n'h&#233;sitant pas parfois &#224; y entrer carr&#233;ment pour diriger les acteurs et leur passer les petits bouts de papier sur lesquels on avait d&#233;j&#224; &#233;crit les textes que les acteurs devaient r&#233;citer. Le Ta'z&#238;eh-gard&#226;n disposait du texte principal (&#1587;&#1585;&#1606;&#1587;&#1582;&#1607;). La mise en sc&#232;ne &#233;tait donc spontan&#233;e et &#224; chaque moment, le Ta'z&#238;eh-gard&#226;n pouvait intervenir afin de diriger les acteurs, sans pour autant g&#234;ner vraisemblablement ni les acteurs ni les spectateurs. Les Ta'z&#238;eh-gard&#226;n bien exp&#233;riment&#233;s n'avaient m&#234;me pas besoin du texte principal ni des indications du directeur du spectacle (Mo&#239;n al-Bok&#226;) pour diriger leurs acteurs. Ces derniers se divisaient en deux groupes en fonction de leur appartenance au camp de l'Imam Hossein ou au camp des Omeyyades : les premiers &#233;taient appel&#233;s &#034;opprim&#233;s&#034; (&#1605;&#1592;&#1604;&#1608;&#1605; &#1582;&#1608;&#1575;&#1606;) et les seconds &#034;opposant&#034; (&#1605;&#1582;&#1575;&#1604;&#1601; &#1582;&#1608;&#1575;&#1606;). Il arrivait souvent qu'un seul acteur incarne le r&#244;le de deux ou de plusieurs personnages. Dans ce cas, le metteur en sc&#232;ne s'arrangeait de sorte que les r&#244;les confi&#233;s &#224; cet acteur appartiennent uniquement &#224; l'un des deux camps. Pour distinguer les acteurs principaux de ceux qui jouaient des r&#244;les secondaires g&#233;n&#233;ralement muets, on appelait les premiers &#034;liseurs de texte&#034; (&#1606;&#1587;&#1582;&#1607; &#1582;&#1608;&#1575;&#1606;) et les seconds &#034;figurants&#034; (&#1606;&#1593;&#1588; qui veut dire litt&#233;ralement &#034;corps mort&#034;).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dramaturgie du Ta'z&#238;eh&lt;/h3&gt;&lt;dl class='spip_document_825 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH262/46-4-a45ca.jpg?1686652153' width='358' height='262' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Ta'z&#238;eh au Palais du Golest&#226;n &#224; la fin du XIXe si&#232;cle.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue dramaturgique, le Ta'z&#238;eh comprenait en g&#233;n&#233;ral quatre sc&#233;nographies diff&#233;rentes : le tragique, le path&#233;tique, le comique et le burlesque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1- Le tragique&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tragique (&#1608;&#1575;&#1602;&#1593;&#1607; qui veut dire litt&#233;ralement &#034;&#233;v&#233;nement&#034;) &#233;tait l'&#233;l&#233;ment principal du Ta'z&#238;eh. Les personnages religieux, surtout l'Imam Hossein et ses compagnons, &#233;taient les protagonistes principaux des th&#232;mes tragiques du Ta'z&#238;eh dont le martyre de l'Imam Hossein, d'Ab&#251;-l-Fadhl al-'Abb&#226;s, de Moslem et de ses deux jeunes fils, d''Al&#238; Akbar ou du triste mariage de Q&#226;ssem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;2- Le path&#233;tique&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le path&#233;tique (&#1662;&#1740;&#1588; &#1608;&#1575;&#1602;&#1593;&#1607;) &#233;tait fait d'&#233;v&#233;nements secondaires plus ou moins ind&#233;pendants du th&#232;me principal du Ta'z&#238;eh dont les personnages n'&#233;taient pas n&#233;cessairement des personnages religieux. La sc&#232;ne de &#034;'Abb&#226;s l'Hindou&#034; (&#1593;&#1576;&#1575;&#1587; &#1607;&#1606;&#1583;&#1608;) en est un exemple : une dame veut organiser un Ta'z&#238;eh du martyre d'Ab&#251;-l-Fadhl al-'Abb&#226;s, fr&#232;re de l'Imam Hossein, mais elle ne trouve personne pour incarner le r&#244;le principal. Un jeune hindou, &#233;mu par les sentiments de la dame, s'en charge. Il se converti &#224; l'Islam et incarne dans le Ta'z&#238;eh le r&#244;le du fr&#232;re de l'Imam Hossein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;3- Le comique&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dominante du Ta'z&#238;eh &#233;tait le tragique. Il y avait cependant des sc&#232;nes de rire et de joie (en persan : &#1711;&#1608;&#1588;&#1607; qui veut dire litt&#233;ralement &#034;allusion&#034;) dont le sujet &#233;tait ind&#233;pendant du th&#232;me principal et les personnages pouvaient &#234;tre &#224; la fois sacr&#233;s ou profanes. Il s'agit, selon les historiens du th&#233;&#226;tre iranien, d'&#233;l&#233;ments qui ont favoris&#233; l'&#233;volution du th&#233;&#226;tre sacr&#233; vers le th&#233;&#226;tre profane. Le Ta'z&#238;eh de &#034;Leil&#238; et Majnoun&#034; en est un exemple r&#233;v&#233;lateur : le seul &#233;l&#233;ment religieux y appara&#238;t lorsque Majnoun demande conseil &#224; l'Imam S&#226;deq. Le Ta'z&#238;eh de &#034;Joseph&#034; racontait comment les fils du proph&#232;te Jacob, jaloux de leur fr&#232;re Joseph, l'ont jet&#233; dans un puits pour le faire dispara&#238;tre. A la fin de cette sc&#232;ne &#034;allusive&#034;, les acteurs reprenaient la sc&#232;ne du martyre de l'Imam Hossein &#224; Karbala.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;4- Le burlesque&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leurs &#233;volutions, les th&#232;mes comiques du Ta'z&#238;eh aboutissent &#224; l'apparition du burlesque (&#1605;&#1590;&#1581;&#1705;&#1607;). Il s'agit l&#224; d'un comique extravagant et d&#233;routant o&#249; l'importance est accord&#233;e &#224; des situations ridicules et absurdes ainsi qu'aux gestes visuels. Avec les sc&#232;nes burlesques, les personnages bouffons, loufoques et farfelus apparaissent au Ta'z&#238;eh. Le but initial du burlesque &#233;tait cependant de ridiculiser les personnages m&#233;chants du Ta'z&#238;eh par un style parodique, mais au fur et &#224; mesure, le burlesque se d&#233;veloppe en sc&#232;nes ind&#233;pendantes dont &#034;Le mariage du fils de la tribu des Qoraychites&#034;, &#034;Le mariage du roi Salomon avec la reine de Saba&#034;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Le Ta'z&#238;eh : un art populaire.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;&#226;tre religieux iranien s'est d&#233;velopp&#233; essentiellement dans les r&#233;gions du nord du pays qui abritaient les chiites depuis les premiers si&#232;cles de l'islamisation de l'Iran. Les provinces du Mazandaran, de Semnan et de T&#233;h&#233;ran furent le berceau de ce genre th&#233;&#226;tral qui se d&#233;veloppa ensuite dans les r&#233;gions centrales du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les acteurs du Ta'z&#238;eh &#233;taient des amateurs, cependant, la passion de jouer au Ta'z&#238;eh &#233;tait souvent h&#233;r&#233;ditaire, et il y avait m&#234;me des troupes dont les membres &#233;taient tous de la m&#234;me famille. Bien que les troupes se formaient d'amateurs &#224; l'occasion des c&#233;r&#233;monies du mois de Moharram, il arrivait souvent que les spectateurs r&#233;coltent eux-m&#234;mes de l'argent pour les acteurs. Il existait &#233;galement un commerce li&#233; aux accessoires utilis&#233;s dans ce genre du th&#233;&#226;tre populaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le Ta'zieh et le th&#233;&#226;tre moderne</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Babak Ershadi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le Ta'z&#238;eh en tant que th&#233;&#226;tre religieux est apparemment un genre propre &#224; l'Iran et il n'existe pas dans les autres pays musulmans. Mais dans l'Europe m&#233;di&#233;vale, il existait un drame liturgique puisant ses racines dans l'Eglise catholique. A mesure que le drame liturgique se d&#233;veloppait pendant le bas Moyen Age, de nombreux r&#233;cits bibliques &#233;taient repr&#233;sent&#233;s, allant de la Cr&#233;ation &#224; la Crucifixion. Ces pi&#232;ces &#233;taient appel&#233;es des passions, des miracles, des myst&#232;res ou encore des pi&#232;ces sacr&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Selon (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;N&#176; 27, f&#233;vrier 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton45-ef351.jpg?1686652153' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Ta'z&#238;eh en tant que th&#233;&#226;tre religieux est apparemment un genre propre &#224; l'Iran et il n'existe pas dans les autres pays musulmans. Mais dans l'Europe m&#233;di&#233;vale, il existait un drame liturgique puisant ses racines dans l'Eglise catholique. A mesure que le drame liturgique se d&#233;veloppait pendant le bas Moyen Age, de nombreux r&#233;cits bibliques &#233;taient repr&#233;sent&#233;s, allant de la Cr&#233;ation &#224; la Crucifixion. Ces pi&#232;ces &#233;taient appel&#233;es des &lt;i&gt;passions&lt;/i&gt;, des &lt;i&gt;miracles&lt;/i&gt;, des &lt;i&gt;myst&#232;res&lt;/i&gt; ou encore des &lt;i&gt;pi&#232;ces sacr&#233;es&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les historiens du th&#233;&#226;tre, ces genres de spectacle religieux en Europe sont les plus proches du Ta'z&#238;eh iranien. Certains chercheurs ont avanc&#233; que pendant une longue p&#233;riode allant du XIe au XVIIIe si&#232;cles, le th&#233;&#226;tre sacr&#233; europ&#233;en aurait influenc&#233; le genre th&#233;&#226;tral religieux en Iran. Selon eux, l'influence du drame liturgique europ&#233;en est incontestable dans le Ta'z&#238;eh dans les r&#233;gions &#224; population chiite du Caucase, avant l'annexion de ces r&#233;gions par la Russie tsariste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En comparant le Ta'z&#238;eh avec le th&#233;&#226;tre occidental, certains chercheurs le repr&#233;sentent comme un genre dramatique primitif et incomplet loin de correspondre aux crit&#232;res d&#233;finis par Aristote dans sa Po&#233;tique. Mais les partisans du Ta'z&#238;eh estiment qu'il faut juger le th&#233;&#226;tre religieux iranien d'apr&#232;s sa propre logique, au lieu d'y chercher des ressemblances ou des diff&#233;rences de ce drame iranien avec le th&#233;&#226;tre classique grec.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_826 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH265/45-1-5c937.jpg?1686652153' width='358' height='265' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Takyeh Am&#238;r Tchakhm&#226;gh &#224; Yazd, Iran&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le comte Joseph Arthur de Gobineau (1816-1882) fut peut-&#234;tre le premier &#224; essayer de comparer le Ta'z&#238;eh avec le th&#233;&#226;tre occidental. Bertolt Brecht (1898-1956), po&#232;te et auteur dramatique allemand, dont l'esth&#233;tique et l'&#233;thique ont exerc&#233; une tr&#232;s grande influence sur le th&#233;&#226;tre contemporain, consid&#233;rait lui aussi qu'il &#233;tait possible de comparer le Ta'z&#238;eh aux genres th&#233;&#226;traux de l'Occident. Les exp&#233;riences de Brecht dans la distanciation ont contribu&#233; &#224; le rapprocher des drames orientaux. Par sa th&#233;orie de distanciation, Brecht cherchait &#224; d&#233;velopper l'attitude de l'acteur qui prend ses distances avec son personnage pour aboutir ensuite &#224; l'attitude du spectateur prenant ses distances avec l'action dramatique. Il est vrai que cette technique de distanciation existe dans le Ta'z&#238;eh, mais sa finalit&#233; diff&#232;re fondamentalement de celle recherch&#233;e par Bertolt Brecht. Le dramaturge allemand cherchait un moyen d'&#233;viter le path&#233;tique et d'emp&#234;cher que les acteurs et les spectateurs ne s'identifient avec les personnages. Brecht voulait en fait que le spectateur (et &#233;galement l'acteur) garde sa lucidit&#233; pour pouvoir soumettre les personnages et leurs actions au jugement de la raison et de la conscience. Mais la distanciation telle qu'on la trouve dans le Ta'z&#238;eh a un sens beaucoup plus profond. Ce dernier r&#233;ussit en effet mieux que le th&#233;&#226;tre brechtien &#224; cr&#233;er l'effet de distanciation, sans amoindrir celui du path&#233;tique ; et ce car les acteurs et les spectateurs du Ta'z&#238;eh sont conscients qu'ils assistent, par convention, &#224; un genre dramatique fond&#233; essentiellement sur &#034;l'apparence&#034; au lieu de &#034;la repr&#233;sentation&#034; qui est le fondement du drame aristot&#233;licien. Dans ce sens, le surnom que l'on donne traditionnellement &#224; Ta'z&#238;eh est aussi r&#233;v&#233;lateur : Shab&#238;h-Kh&#226;n&#238; (en persan : &#1588;&#1576;&#1740;&#1607; &#1582;&#1608;&#1575;&#1606;&#1740;) qui veut dire litt&#233;ralement &#034;faire semblant de&#034; ou &#034;faire comme si&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_827 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L269xH322/45-2-24ceb.jpg?1686652153' width='269' height='322' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:269px;'&gt;&lt;strong&gt;Takyeh Mo'&#226;ven ol-Molk, Kerm&#226;nsh&#226;h, &#233;poque q&#226;dj&#226;re&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;A partir des ann&#233;es 1960, les grands metteurs en sc&#232;ne et cin&#233;astes occidentaux se mettent &#224; &#233;tudier la dramaturgie du Ta'z&#238;eh : le metteur en sc&#232;ne polonais et th&#233;oricien du th&#233;&#226;tre exp&#233;rimental, Jerzy Grotowski s'est inspir&#233; de l'effet de distanciation du Ta'z&#238;eh pour &#233;laborer sa th&#233;orie du &#034;th&#233;&#226;tre pauvre&#034; qui pr&#244;ne le rapport existentiel de l'acteur au public, et l'essence d'une interpr&#233;tation lib&#233;r&#233;e de &#034;l'artificiel&#034; qu'apportent une mise en sc&#232;ne ou un spectacle &#233;labor&#233;s. Peter Brook, metteur en sc&#232;ne de th&#233;&#226;tre et r&#233;alisateur de cin&#233;ma britannique enrichit son exp&#233;rience de la distanciation du Ta'z&#238;eh, &#224; travers notamment des th&#233;ories de Brecht et Jerzy Grotowski. En 1970, il a fond&#233; &#224; Paris le Centre International de Recherche du Th&#233;&#226;tre (CIRT), o&#249; il a men&#233; des travaux de groupe avec des acteurs venus du monde entier. Sa compagnie a pr&#233;sent&#233;, dans un esprit de relecture de textes anciens, une fable persane : &lt;i&gt;Le langage des oiseaux &lt;/i&gt;(Mantiq al-Tayr : &#1605;&#1606;&#1591;&#1602; &#1575;&#1604;&#1591;&#1740;&#1585; ) du po&#232;te persan Far&#238;d al-D&#238;n 'Att&#226;r (v. 1150-v. 1220), une &#339;uvre all&#233;gorique qui relate les aventures d'un groupe d'oiseaux &#224; la recherche de leur roi, le S&#238;morgh, symbolisant la doctrine mystique de l'union divine et humaine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Takyeh-Dowlat Le plus grand amphith&#233;&#226;tre de l'histoire iranienne</title>
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		<dc:creator>Babak Ershadi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La construction de salles de spectacle et d'amphith&#233;&#226;tres semble avoir eu une importance assez faible dans l'histoire de l'architecture iranienne. Le th&#233;&#226;tre et les spectacles populaires existent pourtant depuis tr&#232;s longtemps, et le public y assistait souvent dans des espaces &#224; ciel ouvert, sur les places publiques des villes et des villages, dans les cours des caravans&#233;rails ou &#224; l'int&#233;rieur des maisons de th&#233; traditionnelles et les Takyehs (les lieux am&#233;nag&#233;s pendant le mois de Moharram pour y (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;N&#176; 27, f&#233;vrier 2008&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton44-6b8fc.jpg?1686652153' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La construction de salles de spectacle et d'amphith&#233;&#226;tres semble avoir eu une importance assez faible dans l'histoire de l'architecture iranienne. Le th&#233;&#226;tre et les spectacles populaires existent pourtant depuis tr&#232;s longtemps, et le public y assistait souvent dans des espaces &#224; ciel ouvert, sur les places publiques des villes et des villages, dans les cours des caravans&#233;rails ou &#224; l'int&#233;rieur des maisons de th&#233; traditionnelles et les Takyehs (les lieux am&#233;nag&#233;s pendant le mois de Moharram pour y c&#233;l&#233;brer les c&#233;r&#233;monies de deuil du martyre de l'Imam Hossein et de ses compagnons). Cependant, &#224; l'&#233;poque de la dynastie q&#226;dj&#226;r, le plus grand amphith&#233;&#226;tre de toute l'histoire iranienne a &#233;t&#233; construit &#224; T&#233;h&#233;ran. Takyeh-Dowlat a jou&#233; ainsi un double r&#244;le dans le d&#233;veloppement de l'architecture iranienne et dans l'&#233;volution du th&#233;&#226;tre religieux iranien, Ta'z&#238;eh.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La fondation du Takyeh-Dowlat&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le roi N&#226;sseredd&#238;n Sh&#226;h aurait donn&#233; l'ordre de la fondation du Takyeh-Dowlat en 1284 de l'H&#233;gire. Le projet a &#233;t&#233; soutenu par Doust-'Al&#238; Kh&#226;n Mo&#239;r al-Molk, directeur des ateliers mon&#233;taires royaux. La construction de Takyeh-Dowlat a dur&#233; 5 ans (1284-1290 de l'H&#233;gire, ou 1865-1871) pour un budget de 150 000 tomans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la construction du Takyeh-Dowlat, il existait de 40 &#224; 45 takyehs &#224; T&#233;h&#233;ran, chiffre qui &#233;tait estim&#233; de 70 &#224; 80 &#224; l'&#233;poque de l'ach&#232;vement des travaux de la construction du Takyeh-Dowlat. Les c&#233;l&#232;bres takyehs de T&#233;h&#233;ran &#233;taient le Takyeh de la cour royale (en persan : &#1578;&#1705;&#1740;&#1607; &#1581;&#1740;&#1575;&#1578; &#1588;&#1575;&#1607;&#1740;) et le Takyeh de H&#226;dj&#238; M&#238;rz&#226; Agh&#226;ss&#238;. Cependant, le Takyeh-Dowlat a attir&#233; aussit&#244;t l'attention des historiens de l'art, en Iran et &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_828 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L269xH288/44-1-357db.jpg?1686652153' width='269' height='288' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:269px;'&gt;&lt;strong&gt;Le Takyeh-Dowlat en construction&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;La cour royale organisait le Ta'z&#238;eh durant le mois de Moharram. A l'&#233;poque, les meilleurs Takyehs de T&#233;h&#233;ran, dont celui de H&#226;dj&#238; M&#238;rz&#226; Agh&#226;ss&#238; (le Takyeh de 'Abb&#226;s&#226;b&#226;d), &#233;taient confi&#233;s pendant ce mois aux troupes organis&#233;es par la cour. Une grande foule compos&#233;e surtout de femmes se r&#233;unissait au Takyeh de H&#226;dj&#238; M&#238;rz&#226; Agh&#226;ssi qui n'&#233;tait pas assez spacieux pour abriter l'important public qui s'y rassemblait, d'autant plus que le vacarme perturbait aussi le spectacle. C'est la raison pour laquelle N&#226;sseredd&#238;n Sh&#226;h a donn&#233; l'ordre de la construction d'un immense amphith&#233;&#226;tre &#224; l'int&#233;rieur de la cour royale, simultan&#233;ment &#224; la construction du monument de Shams al-Em&#226;reh. Doust-'Al&#238; Kh&#226;n Mo&#239;r al-Molk a &#233;t&#233; charg&#233; de diriger le projet.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'emplacement du Takyeh-Dowlat&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les documents datant de l'&#233;poque q&#226;dj&#226;r ne sont pas unanimes pour d&#233;terminer exactement l'emplacement du Takyeh-Dowlat. Cependant, il est certain que cet amphith&#233;&#226;tre se situait au sud-ouest du Palais royal Golest&#226;n, pr&#232;s de Shams al-Em&#226;reh, en face de la Mosqu&#233;e du Sh&#226;h. Le terrain sur lequel l'amphith&#233;&#226;tre avait &#233;t&#233; construit appartenait apparemment &#224; la cour royale. Avant la construction du Takyeh-Dowlat, il y avait une ancienne maison o&#249; avait r&#233;sid&#233; Am&#238;r Kab&#238;r, grand vizir de N&#226;sseredd&#238;n Sh&#226;h. Cette maison avait &#233;t&#233; pourtant d&#233;truite apr&#232;s l'assassinat d'Am&#238;r Kab&#238;r. D'apr&#232;s certains documents, outre ce terrain, une partie d'une prison et un ancien bain public ont &#233;t&#233; &#233;galement d&#233;truits pour qu'il y ait assez de place pour la construction du Takyeh-Dowlat.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'architecte du Takyeh-Dowlat&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs grands architectes vivaient &#224; T&#233;h&#233;ran &#224; l'&#233;poque de la construction du Takyeh-Dowlat : Mohammad T&#226;gh&#238; Kh&#226;n Me'marb&#226;sh&#238;, qui avait construit le b&#226;timent de Dar al-Fonoun), 'Al&#238;-Mohammad K&#226;sh&#238; auteur de Shams al-Em&#226;reh, Mohammad Ebr&#226;h&#238;m Kh&#226;n Me'marb&#226;sh&#238; auteur du Takyeh de Seyyed Nasredd&#238;n et de la place Toupkh&#226;neh, etc. Cependant, aucun des documents &#233;crits de l'&#233;poque q&#226;dj&#226;r n'a mentionn&#233; explicitement le nom de l'architecte ou des architectes du Takyeh-Dowlat. N&#233;anmoins, les documents plus r&#233;cents pr&#233;sentent Hossein-'Al&#238; Mehr&#238;n comme l'auteur de ce grand amphith&#233;&#226;tre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Plan architectural&lt;/h3&gt;&lt;dl class='spip_document_829 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH214/44-2-d44cb.jpg?1686652153' width='336' height='214' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:336px;'&gt;&lt;strong&gt;L'espace int&#233;rieur du Takyeh-Dowlat&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, l'amphith&#233;&#226;tre du Takyeh-Dowlat a &#233;t&#233; compl&#232;tement d&#233;truit et il n'en reste rien depuis pr&#232;s d'un si&#232;cle. Curieusement, il n'existe m&#234;me pas un relev&#233; de plan de ce grand monument de l'&#233;poque q&#226;dj&#226;r. Les informations dont nous disposons aujourd'hui sur le Takyeh-Dowlat proviennent donc de quelques photographies, d'un c&#233;l&#232;bre tableau du grand peintre de l'&#233;poque, Kam&#226;l al-Molk, et de quelques documents &#233;crits qui d&#233;crivent certains d&#233;tails de ce monument. Des Europ&#233;ens qui ont visit&#233; le Takyeh-Dowlat &#224; T&#233;h&#233;ran de N&#226;sseredd&#238;n Sh&#226;h, comme l'italienne Mme Carla Cernara, le Dr. Fourrier, fran&#231;ais et l'anglais Lord Crezen, estimaient que le plan principal du Takyeh-Dowlat &#233;tait une copie de l'Albert Hall &#224; Londres ou d'autres amphith&#233;&#226;tres ou salles de spectacle en Europe. Cependant, il faut rappeler que N&#226;sseredd&#238;n Sh&#226;h n'a effectu&#233; son premier voyage en Europe qu'en 1871, alors que le Takyeh-Dowlat avait &#233;t&#233; construit de 1865 &#224; 1871. Autrement dit, les travaux de la construction de cet amphith&#233;&#226;tre &#233;taient achev&#233;s avant le retour de N&#226;sseredd&#238;n Sh&#226;h en Iran. Certains chercheurs estiment que le plan du Takyeh-Dowlat s'est inspir&#233; du plan des places publiques, des caravans&#233;rails et des Takyehs, bref de l'architecture traditionnelle iranienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Takyeh-Dowlat &#233;tait un grand octogone de l'ext&#233;rieur, et un cylindre complet de l'int&#233;rieur dont le diam&#232;tre mesurait pr&#232;s de 60 m&#232;tres. Le monument &#233;tait haut de 24 m&#232;tres et sur quatre &#233;tages (y compris le sous-sol). Le Takyeh-Dowlat s'&#233;tendait sur une superficie d'environ 2824 m&#178; et &#233;tait capable d'abriter quelques 20 000 spectateurs. Avant la construction des grands palais et des hauts b&#226;timents &#224; T&#233;h&#233;ran, vers la fin de l'&#233;poque q&#226;dj&#226;r, le Takyeh-Dowlat a longtemps compt&#233; comme l'un des plus hauts b&#226;timents de la capitale. E'tem&#226;d al-Salt&#226;neh, ministre de la Presse et des Publications sous N&#226;sseredd&#238;n Sh&#226;h, a &#233;crit : &#034;&lt;i&gt;Le&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Takyeh-Dowlat est un b&#226;timent d'Etat magnifique &#224; quatre &#233;tages. Le b&#226;timent est si haut que l'on peut le voir de tr&#232;s loin, &#224; une distance de cinq lieues de la ville.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La fa&#231;ade du Takyeh-Dowlat&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A chaque &#233;tage, il y avait plusieurs loges consacr&#233;es aux princes et aux personnalit&#233;s importantes. Les escaliers et les corridors assuraient l'acc&#232;s aux loges. L'Am&#233;ricain Samuel Benjamin qui a visit&#233; T&#233;h&#233;ran de 1300 &#224; 1303 de l'H&#233;gire &#233;crit dans son livre &lt;i&gt;L'Iran et les Iraniens : &#034;De la loge royale, dont les murs sont couverts de pr&#233;cieux ch&#226;les de cachemire, et le sol de merveilleux tapis persans, on d&#233;couvre un immense th&#233;&#226;tre circulaire aussi vaste que l'amphith&#233;&#226;tre de V&#233;rone, d'environ 60 m&#232;tres de diam&#232;tre, coiff&#233; d'une charpente s'&#233;levant &#224; 30 m&#232;tres au-dessus de la sc&#232;ne, &#224; laquelle &#233;tait suspendue une grande tenture, et des lustres g&#233;ants supportant quelque cinq mille chandelles prot&#233;g&#233;es des courants d'air par des verres colori&#233;s. Mais ce qui &#233;blouit encore plus c'est le spectacle du public, celui des loges o&#249; sont assis les grands dignitaires de la cour, et surtout celui de milliers de femmes, au moins trois ou quatre mille, assises &#224; l'orientale &#224; m&#234;me le sol l&#233;g&#232;rement inclin&#233; autour de la sc&#232;ne centrale pour permettre &#224; tout le monde de suivre la repr&#233;sentation.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_830 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L252xH297/44-3-1a174.jpg?1686652153' width='252' height='297' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:252px;'&gt;&lt;strong&gt;Vue ext&#233;rieure du Takyeh-Dowlat&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Samuel Benjamin d&#233;crit ensuite des vo&#251;tes en arc construit en brique, en insistant sur le fait que les architectes et les ma&#231;ons iraniens &#233;taient des ma&#238;tres incontest&#233;s de toute construction en brique dans le monde entier : &#034;&lt;i&gt;Je suis s&#251;r que si les architectes du Takyeh-Dowlat avaient utilis&#233; du marbre au lieu des briques, ils n'auraient, en r&#233;alit&#233;, rien ajout&#233; &#224; la beaut&#233; et la somptuosit&#233; de ce monument. Il m'est difficile de d&#233;crire la beaut&#233; et la magnificence des vo&#251;tes en arc du Takyeh-Dowlat. Les Perses ont utilis&#233;, bien avant les Romains, les vo&#251;tes en arc. En r&#233;alit&#233;, les Romains l'ont appris des Perses, mais les arcs romains n'ont jamais &#233;gal&#233; la beaut&#233; et l'originalit&#233; des &#339;uvres perses.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La sc&#232;ne et l'espace int&#233;rieur du Takyeh-Dowlat&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'espace int&#233;rieur du Takyeh-Dowlat &#233;tait divis&#233; en plusieurs parties : la sc&#232;ne &#233;tait une plate-forme circulaire haute de pr&#232;s d'un m&#232;tre, d'un diam&#232;tre de 18 &#224; 10 m&#232;tres. Aux quatre coins de la sc&#232;ne, il y avait des escaliers pour y monter. Autour de cette plate-forme, un cercle large de 6 m&#232;tres &#233;tait consacr&#233; au passage des acteurs et des chevaux. Les spectateurs s'asseyaient par terre autour de ce cercle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque de Mozafaredd&#238;n Sh&#226;h, une partie du plafond du quatri&#232;me &#233;tage s'est effondr&#233;e. Pour restaurer le monument, les architectes de la cour ont pr&#233;f&#233;r&#233; d&#233;truire totalement le quatri&#232;me &#233;tage et se contenter de r&#233;parer seulement les &#233;tages inf&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le plafond du Takyeh-Dowlat&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la r&#233;volution constitutionnelle et l'apparition du th&#233;&#226;tre moderne en Iran, le Takyeh-Dowlat a perdu de son prestige et l'&#226;ge d'or du Ta'z&#238;eh a touch&#233; &#224; sa fin. De 1923 &#224; 1925, on a effectu&#233; quelques restaurations au Takyeh-Dowlat pour y organiser d'abord une exposition de produits manufactur&#233;s iraniens, ensuite l'Assembl&#233;e constituante. Le Takyeh-Dowlat, qui &#233;tait le plus grand amphith&#233;&#226;tre de toute l'histoire de l'Iran, a &#233;t&#233; totalement d&#233;truit par la mairie de T&#233;h&#233;ran en 1947 pour des raisons qui restent inconnues jusqu'&#224; aujourd'hui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les tr&#233;sors oubli&#233;s de l'art iranien</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article43</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article43</guid>
		<dc:date>2008-01-31T23:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Babak Ershadi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La peinture sous verre est un travail qui consiste &#224; repr&#233;senter sur du verre &#224; vitre des sujets picturaux aux couleurs &#233;clatantes dans un champ bidimensionnel. Ce style fut tr&#232;s en vogue il y a quelques si&#232;cles, en Iran et dans de nombreux pays du monde, mais aujourd'hui, la peinture sous verre fait figure d'art marginal, oubli&#233;, en voie de disparition. Son histoire, en Iran, remonte probablement &#224; l'&#233;poque de la dynastie safavide o&#249; les travaux de ce style repr&#233;sentaient, &#224; l'instar d'autres (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;N&#176; 27, f&#233;vrier 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton43-2e11e.jpg?1686652153' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La peinture sous verre est un travail qui consiste &#224; repr&#233;senter sur du verre &#224; vitre des sujets picturaux aux couleurs &#233;clatantes dans un champ bidimensionnel. Ce style fut tr&#232;s en vogue il y a quelques si&#232;cles, en Iran et dans de nombreux pays du monde, mais aujourd'hui, la peinture sous verre fait figure d'art marginal, oubli&#233;, en voie de disparition. Son histoire, en Iran, remonte probablement &#224; l'&#233;poque de la dynastie safavide o&#249; les travaux de ce style repr&#233;sentaient, &#224; l'instar d'autres expressions artistiques, &#224; la fois des th&#232;mes sacr&#233;s et profanes.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_831 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L245xH358/43-1-40d2e.jpg?1686652153' width='245' height='358' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:245px;'&gt;&lt;strong&gt;Gol-o-Morgh (oiseau perch&#233; sur une branche fleurie), par Ebr&#226;h&#238;m Ir&#226;n&#238;, &#233;poque contemporaine&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;La peinture sous verre consiste &#224; repr&#233;senter les sujets picturaux sur le dos de la vitre en utilisant une technique de &#034;coloriage&#034; &#224; l'huile. Avant d'entreprendre l'ex&#233;cution de ce type de travail, l'artiste devait d'abord essuyer la surface &#224; peindre pour la d&#233;graisser soigneusement. Le travail pictural s'effectuait en deux temps : d'abord la peinture des contours en dessinant les lignes g&#233;n&#233;rales des motifs, ensuite le brossage des surfaces ainsi dessin&#233;es en une sorte de &#034;coloriage&#034; &#224; huile. Dans ce travail de coloriage, l'artiste devait tenir compte du fait que l'image &#233;tait invers&#233;e sur le dos de la vitre par rapport au projet de base, et que les &#233;tapes de la peinture devaient &#234;tre elles-m&#234;mes invers&#233;es par rapport au dessin des contours. En d'autres termes, l'artiste devait commencer le coloriage par les d&#233;tails avant de traiter les fonds. Dans ce processus de &#034;compte &#224; rebours&#034;, il fallait donc colorier d'abord les d&#233;tails des habits d'un personnage plac&#233; sur le devant de la sc&#232;ne, avant de colorier les collines, champs, ou autres &#233;l&#233;ments d&#233;coratifs du fond de la sc&#232;ne. L'artiste &#233;tait parfois oblig&#233; de se placer de l'autre c&#244;t&#233; de la surface peinte pour mieux &#034;voir&#034; son travail, appliquer le coloriage sur la surface oppos&#233;e, dans une situation peu commode.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_832 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L245xH358/43-2-a4d3f.jpg?1686652153' width='245' height='358' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:245px;'&gt;&lt;strong&gt;Gol-o-Morgh (oiseau perch&#233; sur une branche fleurie), artiste inconnu, &#233;poque zand&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;On peut imaginer plusieurs raisons pour que la peinture soit appliqu&#233;e &#034;sous&#034; le verre, au lieu de sa surface expos&#233;e &#224; l'ext&#233;rieur : ces vitres peintes, g&#233;n&#233;ralement de petites dimensions, &#233;taient destin&#233;es essentiellement &#224; d&#233;corer les murs, et il &#233;tait pr&#233;f&#233;rable que la surface peinte soit pos&#233;e &#224; l'inverse pour &#234;tre mieux prot&#233;g&#233;e. La vitre tient ainsi le r&#244;le de support ainsi que de surface vernie qui prot&#232;ge la peinture et lui donne un aspect lisse sp&#233;cifique, accentuant l'&#233;clat des couleurs utilis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois le travail fini, l'artiste mettait plusieurs couches de couleur sur la peinture appliqu&#233;e sous le verre pour augmenter sa r&#233;sistance &#224; l'humidit&#233; et aux &#233;gratignures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Iran, la peinture sous verre s'est d&#233;velopp&#233;e &#224; la m&#234;me p&#233;riode que la vague de construction ou de restauration des palais, des r&#233;sidences royales et des monuments religieux sous la dynastie safavide. Les ma&#231;ons qui s'&#233;taient sp&#233;cialis&#233;s en mati&#232;re de d&#233;corations en pl&#226;tre et en miroir, ont commenc&#233; peu &#224; peu &#224; utiliser des petits morceaux de verre peints sur diff&#233;rentes parties des b&#226;timents dont le plafond, les murs, les portes et les fen&#234;tres, pour remplacer des morceaux de verre color&#233;s. Au d&#233;part, ces peintures sous verre repr&#233;sentaient des sujets picturaux simples : une fleur, des formes g&#233;om&#233;triques&#8230; Dans les lieux de culte et les mosqu&#233;es, les peintures sous verre s'inspiraient des motifs traditionnels des mosa&#239;ques, des travaux de pl&#226;tre, combinant des formes &#034;&lt;i&gt;esl&#238;m&#238;&lt;/i&gt;&#034;. A la cour, dans les palais et les r&#233;sidences royales, les peintures sous verre repr&#233;sentaient parfois des sc&#232;nes de chasse ou de liesse.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_833 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L212xH358/43-3-6c110.jpg?1686652153' width='212' height='358' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:212px;'&gt;&lt;strong&gt;L'Im&#226;m &#8216;Al&#238; et ses deux fils, par M&#238;rz&#226; Abdollah Sh&#226;h, &#233;poque q&#226;dj&#226;re&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Selon la plupart des sp&#233;cialistes, la peinture sous verre s'est d&#233;velopp&#233;e d'abord en Europe de l'Est, dans le Caucase, en Asie mineure et en Inde. Les commer&#231;ants venant de ces r&#233;gions ont apport&#233; les premiers exemples de ce style en Iran, et les artistes iraniens qui ont ex&#233;cut&#233; les premiers travaux de peinture sous verre, ont naturellement subi un temps l'influence des &#339;uvres &#233;trang&#232;res. Cependant, une fois les techniques de ce style &#034;venu de l'&#233;tranger&#034; ma&#238;tris&#233;es, l'artiste iranien a r&#233;ussi aussit&#244;t &#224; exprimer sa propre vision du monde ainsi que son identit&#233; nationale et religieuse &#224; travers son &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, la peinture sous verre s'est g&#233;n&#233;ralis&#233;e peu &#224; peu pour sortir du cadre des lieux sacr&#233;s ou des r&#233;sidences royales, pour p&#233;n&#233;trer d'abord les maisons de riches avant de gagner enfin celles des gens de la classe moyenne. Les sujets des peintures sous verre sont ainsi devenus plus &#034;populaires&#034; pour d&#233;corer les salles et les chambres des maisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers la fin de l'&#233;poque safavide, la demande de peintures sous verre augmenta consid&#233;rablement. D&#232;s lors, la peinture sous verre est devenue un &#233;l&#233;ment ind&#233;pendant de l'architecture et un &#034;tableau&#034; que les gens ordinaires ou les voyageurs &#233;trangers pouvaient facilement acqu&#233;rir. Il est &#224; noter que pendant cette p&#233;riode de faiblesse du pouvoir politique, un grand nombre d'artistes, d'architectes, de ma&#231;ons et d'artisans ont naturellement perdu leurs m&#233;c&#232;nes : leurs ouvrages sont sortis de la cour et des milieux aristocratiques. Les enluminures qui illustraient des ouvrages litt&#233;raires ou historiques se vendaient au march&#233; en tableau unique ou sous forme de petites collections r&#233;unissant quelques tableaux. Perdant le soutien des m&#233;c&#232;nes d'autrefois, les artistes devaient chercher leur ind&#233;pendance &#233;conomique en vendant leurs ouvrages au march&#233;. En ce qui concerne la peinture sous verre, les artisans devaient donc se contenter de travailler pour les gens &#224; revenus modestes, ce qui ne restait &#233;videmment pas sans effet sur la qualit&#233; de leur travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le dernier empereur safavide, Sh&#226;h Sult&#226;n Hossein, le d&#233;clin du pouvoir politique arriva &#224; son apog&#233;e. Les Afghans assi&#233;g&#232;rent Ispahan, la capitale des Safavides. La ville r&#233;sista quelques mois mais les Afghans s'empar&#232;rent enfin d'Ispahan. Ils pill&#232;rent les palais et d&#233;truisirent tout ce qu'ils ne pouvaient pas emporter avec eux. Les peintures sous verre, qu'il &#233;tait difficile de d&#233;tacher des murs sur lesquels elles &#233;taient appliqu&#233;es, devinrent les cibles faciles de cette destruction g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_834 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L175xH358/43-4-dfc36.jpg?1686652153' width='175' height='358' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:175px;'&gt;&lt;strong&gt;Les paons paradisiaques, artiste inconnu, &#233;poque contemporaine&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es plus tard, N&#226;der (un ancien g&#233;n&#233;ral de l'arm&#233;e safavide) issu de la tribu turkm&#232;ne des Afsh&#226;rs se souleva contre les Afghans. Apr&#232;s avoir s&#233;curis&#233; le pays, il monta au tr&#244;ne et commen&#231;a une s&#233;rie de guerres pour vaincre et soumettre ses adversaires &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'ext&#233;rieur de l'Iran. Le moment n'&#233;tait donc pas propice &#224; l'&#233;panouissement des lettres et des arts. Apr&#232;s la mort de N&#226;der Sh&#226;h, ses g&#233;n&#233;raux se partag&#232;rent son h&#233;ritage, avant que le chef de la tribu des Zands, Kar&#238;m Kh&#226;n forma de nouveau un pouvoir central, et monta sur le tr&#244;ne &#224; Sh&#238;r&#226;z. Le nouveau roi &#233;tait lui-m&#234;me un grand m&#233;c&#232;ne et voulait faire de sa capitale une vitrine de l'art et de l'architecture, &#224; l'instar de l'Ispahan des empereurs safavides. Une nouvelle &#233;cole de peinture prit forme &#224; Sh&#238;r&#226;z, caract&#233;ris&#233;e surtout par les figures &lt;i&gt;Gol-o-Morgh&lt;/i&gt; (oiseau perch&#233; sur une branche fleurie) rappelant symboliquement une image du paradis c&#233;leste. Pendant cette p&#233;riode de calme relativement courte, de nombreux ouvrages architecturaux, litt&#233;raires et artistiques ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s par des artistes iraniens et &#233;trangers. La peinture sous verre retrouve sa place d'antan dans la d&#233;coration architecturale, et dans de nombreux b&#226;timents de la capitale de Kar&#238;m Kh&#226;n, ces peintures &#233;taient utilis&#233;es pour d&#233;corer les murs, les portes et les fen&#234;tres, et les espaces int&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la mort de Kar&#238;m Kh&#226;n, le chaos s'empara de nouveau de la sc&#232;ne politique de l'Iran en raison d'un vide de pouvoir d&#251; &#224; l'absence d'un Etat central, jusqu'&#224; ce que les troupes d'Agh&#226; Mohammad Kh&#226;n, un g&#233;n&#233;ral de l'arm&#233;e de Kar&#238;m Kh&#226;n mit fin au r&#232;gne des descendants du roi Zand pour &#233;tablir sa propre dynastie : la dynastie q&#226;dj&#226;re. Agh&#226; Mohammad Kh&#226;n acc&#233;da au tr&#244;ne &#224; T&#233;h&#233;ran, alors une petite ville de cr&#233;ation assez r&#233;cente que le nouveau roi appr&#233;ciait surtout pour sa situation strat&#233;gique privil&#233;gi&#233;e. Agh&#226; Mohammad Kh&#226;n &#233;tait trop occup&#233; pour penser &#224; r&#233;unir les artistes &#224; sa cour, passant son temps &#224; &#233;liminer les adversaires et &#224; renforcer les piliers de son pouvoir. Il fallut donc attendre le r&#232;gne de son fils, Fath'Al&#238; Sh&#226;h pour que la cour prenne v&#233;ritablement forme dans la nouvelle capitale o&#249; s'&#233;tablissaient de fa&#231;on croissante les aristocrates et les &#233;lites. La situation devint ainsi favorable &#224; un &#233;panouissement des arts picturaux, entre autres, la peinture sous verre dont la jeune capitale avait besoin pour son essor urbain et architectural. Cependant, la peinture sous verre n'&#233;tait plus consid&#233;r&#233;e comme un art d&#233;coratif de grande qualit&#233;, s'&#233;loignant depuis bien longtemps de la cour, elle &#233;tait devenue un &#034;art populaire&#034;. A T&#233;h&#233;ran et dans les autres grandes villes iraniennes de l'&#233;poque des Q&#226;dj&#226;rs, la demande pour la peinture sous verre venait donc de la classe moyenne.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_835 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH262/43-5-e47c7.jpg?1686652153' width='358' height='262' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;La bataille de Rostam et Sohr&#226;b, par Ghorb&#226;n'al&#238; Ghorb&#226;n&#238;, &#233;poque contemporaine&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le r&#232;gne de Fath'Al&#238; Sh&#226;h et les deux premi&#232;res d&#233;cennies du r&#232;gne de N&#226;sseredd&#238;n Sh&#226;h furent l'apog&#233;e de la production des ouvrages de peinture sous verre. La demande et l'offre atteignirent des sommets record, tandis que les formes d'application et les sujets picturaux des peintures sous verre devenaient de plus en plus diversifi&#233;s. Arriva enfin l'&#233;poque o&#249; le grand ma&#238;tre de la peinture classique de l'Iran, Mohammad Ghaff&#226;r&#238;, alias Kam&#226;l-ol-Molk, rentra &#224; T&#233;h&#233;ran de son s&#233;jour europ&#233;en. Il forma pendant plusieurs d&#233;cennies une g&#233;n&#233;ration de jeunes peintres qui ont &#233;volu&#233; en s'inspirant des techniques et de la vision moderne du ma&#238;tre. En cons&#233;quence, la peinture traditionnelle se marginalisait de plus en plus. Sous Mozafaredd&#238;n Sh&#226;h et Mohammad 'Al&#238; Sh&#226;h, les hommes de la cour et les gens de la rue ont laiss&#233; l'art pour s'occuper de la politique dans le sillage du mouvement constitutionnel. A la fin de la dynastie des Q&#226;dj&#226;rs et pendant les premi&#232;res ann&#233;es du r&#232;gne du premier roi Pahlav&#238;, les peintres traditionnels dont les fabricants des peintures sous verre se r&#233;unirent dans des &#034;&lt;i&gt;Nagh&#226;sh Kh&#226;neh&lt;/i&gt;&#034; (maisons de peintres). Ces maisons &#233;taient, en fait, des ateliers au bazar ou dans les caravans&#233;rails et les anciens quartiers de T&#233;h&#233;ran, o&#249; les peintres traditionnels pouvaient offrir encore leurs &#339;uvres &#224; leurs clients. Ces derniers demandaient souvent aux artistes des tableaux et des ouvrages sur mesure. Dans ces ateliers d'artistes, certains fabricants de peinture sous verre s'&#233;taient sp&#233;cialis&#233;s dans des th&#232;mes religieux dont la sc&#232;ne d'ascension du Proph&#232;te, les ic&#244;nes des im&#226;ms et des saints chiites, tandis que les autres s'&#233;taient sp&#233;cialis&#233;s dans les th&#232;mes profanes issus de la mythologie iranienne comme la trag&#233;die de Si&#226;vosh ou la sc&#232;ne de combat entre Rostam et Esfandy&#226;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant pr&#232;s d'un si&#232;cle, les th&#232;mes religieux furent donc les sujets pr&#233;f&#233;r&#233;s des peintures sous verre : le r&#233;cit de l'ascension du Proph&#232;te, les ic&#244;nes de l'Im&#226;m 'Al&#238; et les autres im&#226;ms chiites, les diff&#233;rentes sc&#232;nes de la trag&#233;die de Karbal&#226; surtout la sc&#232;ne du martyre d' 'Al&#238; Akbar dans les bras de son p&#232;re, Im&#226;m Hossein ; la sc&#232;ne pr&#233;sentant d' 'Abb&#226;s &#224; cheval pr&#232;s de l'Euphrate, ainsi que les diff&#233;rentes sc&#232;nes de la vie de l'Im&#226;m Rez&#226;. Pour embellir ces tableaux, l'artiste se servait des combinaisons diversifi&#233;es dont les &#233;critures, les figures traditionnelles repr&#233;sentant des animaux et des plantes, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les peintures sous verre de l'ascension, le Proph&#232;te de l'Islam est souvent repr&#233;sent&#233; sur son cheval, le &#034;Boragh&#034;, au milieu du tableau. Autour de la t&#234;te du Proph&#232;te, les peintres dessinaient des anges ail&#233;s en plein vol. La t&#234;te du cheval du Proph&#232;te &#233;tait imagin&#233;e souvent comme une t&#234;te f&#233;minine, avec une couronne et un cou fin et long. Dans ces tableaux ainsi que dans les ic&#244;nes des im&#226;ms et des saints chiites, les principaux personnages &#233;taient tous aur&#233;ol&#233;s. Le fond de certains tableaux de peinture sous verre &#233;tait d&#233;cor&#233; de sc&#232;ne d'arbres et de montagnes.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_836 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L269xH338/43-6-2b4a1.jpg?1686652153' width='269' height='338' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:269px;'&gt;&lt;strong&gt;Le voyage de N&#226;sseredd&#238;n Sh&#226;h, par Biyouk Ahmar&#238;, &#233;poque contemporaine&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Dans les tableaux de peinture sous verre repr&#233;sentant la sc&#232;ne du martyre d' 'Al&#238; Akbar, fils de l'Im&#226;m Hossein, et dans les tableaux de 'Abb&#226;s, une foule de combattants de l'arm&#233;e de l'ennemi est repr&#233;sent&#233;e au fond. Le ciel est gris et les femmes sanglotent. L'Im&#226;m Hossein est repr&#233;sent&#233; au milieu du tableau, et il prend son fils agonissant dans ses bras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers la fin de la dynastie des Q&#226;dj&#226;rs et au d&#233;but de la p&#233;riode Pahlav&#238;, la peinture sous verre est arriv&#233;e &#224; son apog&#233;e du point de vue technique. Elle s'inspire esth&#233;tiquement de la peinture traditionnelle iranienne notamment en ce qui concerne l'absence d&#233;lib&#233;r&#233;e et calcul&#233;e de clair-obscur et de perspective, ainsi que l'usage des contours et des couleurs tr&#232;s &#233;clatantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La simplicit&#233; des techniques de la repr&#233;sentation des sujets picturaux dans les peintures sous verre cr&#233;ait un cadre favorable pour que l'artiste donne libre cour &#224; son imagination et &#224; sa cr&#233;ativit&#233;. Cependant, les &#233;volutions de la soci&#233;t&#233; iranienne et sa marche vers la modernit&#233;, les rapports &#233;conomiques d&#233;favorables aux artistes traditionnels, et l'absence du soutien des pouvoirs publics contribu&#232;rent &#224; sonner le glas de la peinture sous verre. Les conditions de vie et de travail des fabricants de peintures sous verre devenaient de plus en plus d&#233;plorables. Ces derni&#232;res n'&#233;taient pratiquement plus utilis&#233;es que dans les lieux de culte, les mausol&#233;es des saints, et les lieux de p&#232;lerinage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les p&#232;lerins, aux revenus souvent modestes, n'avaient certainement pas les moyens d'acqu&#233;rir ces &#339;uvres d'art, et les fabricants des peintures sous verre ne rentabilisaient m&#234;me pas le prix d'achat des mati&#232;res premi&#232;res de leurs cr&#233;ations artistiques, ce qui les obligeaient &#224; devenir ma&#231;ons, peintre ou ouvriers du b&#226;timent pour gagner leur vie. La situation devint ainsi favorable aux concessionnaires d'&#339;uvres d'arts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En exploitant les fabricants de peinture sous verre qui vivaient dans des conditions difficiles, ils leur commandaient des tableaux aux sujets fantaisistes propres &#224; vendre sur un march&#233; de touristes. Ces concessionnaires payaient aux artistes traditionnels une somme aussi insignifiante que celle que les artistes gagnaient en vendant leurs &#339;uvres aux p&#232;lerins.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_837 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH269/43-7-51c67.jpg?1686652153' width='358' height='269' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Sh&#238;r&#238;n et Farh&#226;d, par Hossein Hamed&#226;n&#238;, &#233;poque contemporaine&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; noter que les artistes populaires dont les fabricants de peintures sous verre n'ont r&#233;ussi &#224; trouver des m&#233;c&#232;nes ni &#224; la cour des rois Q&#226;dj&#226;rs ni parmi les Pahlav&#238;s, d'autant plus que les &#233;volutions sociales et culturelles avaient conduit les arts populaires - surtout la peinture traditionnelle et la peinture sous verre - &#224; repr&#233;senter quasi-exclusivement les th&#232;mes religieux qui int&#233;ressaient peu les gens de la cour. A l'&#233;poque de Fath'Al&#238; Sh&#226;h, un nombre de peintre de la cour dont le c&#233;l&#232;bre Mehr 'Al&#238; se sont inspir&#233;s des techniques des fabricants des peintures sous verre pour cr&#233;er des portraits de plusieurs princes et personnalit&#233;s importantes de la famille royale. Cependant, ces &#339;uvres de peinture sous verre, sup&#233;rieures du point de vue technique, n'ont jamais acquis le succ&#232;s des peintres populaires, en l'absence de la sinc&#233;rit&#233; et l'amour qui caract&#233;risaient des &#339;uvres des artistes souvent anonymes. Plusieurs facteurs &#233;conomiques, sociaux et culturels sont &#224; l'origine du d&#233;clin de l'art de la peinture sous verre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les historiens de l'art ont, pourtant, &#233;tudi&#233; les &#233;volutions des derni&#232;res d&#233;cennies de l'histoire de cet art populaire qu'est la peinture sous verre. Nombreux &#233;taient les fabricants de peinture sous verre, &#224; l'&#233;poque de la dynastie des Q&#226;dj&#226;rs. Parmi ces artistes, il faut mentionner Seyyed Hossein Tabr&#238;z&#238;, M&#238;rz&#226; Mahd&#238; Sh&#238;r&#226;z&#238;, M&#238;rz&#226; Rez&#226; Darv&#238;sh, M&#238;rz&#226; Eskandar, Seyyed Mohammad Esfah&#226;n&#238; et son fr&#232;re Seyyed Ghaff&#226;r, Satt&#226;r Zandj&#226;n&#238;, Moheb-'Al&#238; Zandj&#226;n&#238;, Seyyed Kam&#226;l, M&#238;rz&#226; Abdolhossein K&#226;sh&#238;, Esm&#226;'&#239;l Gu&#238;l&#226;n&#238;, Ost&#226;d Rez&#226;, 'Al&#238; Rasht&#238;, Mohammad B&#226;gher Golp&#226;&#239;g&#226;n&#238;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart de ces artistes &#233;taient originaires des grandes villes de province comme, Zandj&#226;n, Ghazv&#238;n, Tabr&#238;z, Hamad&#226;n, Sh&#238;r&#226;z, Ispah&#226;n, Mashhad, etc. et venaient vivre de leur art dans la capitale des Q&#226;dj&#226;rs &#224; T&#233;h&#233;ran. Ces artistes traditionnels s'installaient souvent dans les quartiers populaires de la ville, surtout dans l'ancien quartier du Bazar. Certains de ces artistes populaires ont connu un certain succ&#232;s pendant quelques ann&#233;es, mais ils n'ont pas r&#233;sist&#233; au d&#233;clin in&#233;vitable de l'art traditionnel face au courant moderniste, et se sont progressivement repli&#233;s les uns apr&#232;s les autres dans l'isolement et l'oubli&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La ville de Rey et les All&#233;es et Venues des Caravanes Le Caravans&#233;rail Ken&#226;r Guerd</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article42</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article42</guid>
		<dc:date>2008-01-31T23:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Afsaneh Pourmazaheri, Farz&#226;neh Pourmaz&#226;heri</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La voiture roule &#224; vive allure sur la route en terre battue. Effa&#231;ant de temps en temps la vapeur condens&#233;e sur le pare-brise, je m'efforce de fixer du regard la route et les alentours dans l'espoir de le trouver. On est parti de la ville de Rey, il y a une demi-heure. Il est cens&#233; appara&#238;tre quelque part pr&#232;s d'ici, vers le kilom&#232;tre quarante de la route T&#233;h&#233;ran-Qom. Finalement, le chauffeur fait halte et descend de la voiture. Quelques minutes apr&#232;s, un homme s'approche de moi en montrant du doigt (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;N&#176; 27, f&#233;vrier 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton42-9329e.jpg?1686652153' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La voiture roule &#224; vive allure sur la route en terre battue. Effa&#231;ant de temps en temps la vapeur condens&#233;e sur le pare-brise, je m'efforce de fixer du regard la route et les alentours dans l'espoir de le trouver. On est parti de la ville de Rey, il y a une demi-heure. Il est cens&#233; appara&#238;tre quelque part pr&#232;s d'ici, vers le kilom&#232;tre quarante de la route T&#233;h&#233;ran-Qom. Finalement, le chauffeur fait halte et descend de la voiture. Quelques minutes apr&#232;s, un homme s'approche de moi en montrant du doigt une vieille porte en fer et me disant &#034;Si vous cherchez le Caravans&#233;rail K&#233;nar Guerde, allez par l&#224; ! Mais que cherchez-vous l&#224;-bas ? Il est d&#233;sert.&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_838 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH269/42-1-6c1d7.jpg?1686652153' width='358' height='269' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Le Caravans&#233;rail K&#233;nar Guerde, Rey, T&#233;h&#233;ran&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s que l'on descend de la voiture, une bise s&#232;che et froide souffle et nous fouette le visage. Je frappe &#224; la porte. J'aspire &#224; voir de pr&#232;s cet ancien caravans&#233;rail ne serait-ce que pour quelques minutes. Un homme robuste ouvre la porte, sans doute le gardien du Caravans&#233;rail K&#233;nar Guerde. On passe par le seuil de la porte pour se retrouver aussit&#244;t au milieu de la cour centrale du caravans&#233;rail qui &#233;tait autrefois destin&#233;e &#224; donner &#224; manger aux animaux mais qui est &#224; pr&#233;sent pleine de briques entass&#233;es. Le gardien per&#231;oit notre &#233;tonnement, et nous indique que le b&#226;timent est en train d'&#234;tre restaur&#233;. Il nous montre m&#234;me quelques endroits o&#249; les briques sont de couleur plus vive ; tel un pansement gu&#233;rissant les blessures du vieux b&#226;timent.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_839 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L269xH358/42-2-1b562.jpg?1686652153' width='269' height='358' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:269px;'&gt;&lt;strong&gt;Le Caravans&#233;rail K&#233;nar Guerde, Rey, T&#233;h&#233;ran&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Face au froid, il nous quitte pour rentrer dans sa petite chambre qui est apparemment l'une des cellules du caravans&#233;rail. Petit &#224; petit, le soleil va se coucher. Il ne reste que nous, et le caravans&#233;rail enfonc&#233; dans l'obscurit&#233; dont nous nous mettons &#224; examiner sa fa&#231;ade. Ce qui &#233;tait autrefois l'un des centres les plus peupl&#233;s de la ville est d&#233;sormais une vieille b&#226;tisse isol&#233;e, sombre et en ruine. Tout autour de la cour rectangulaire se trouvent plus d'une vingtaine de cellules. Quatre entr&#233;es vo&#251;t&#233;es dans les coins de la cour rattachent les quatre longs corridors &#224; la cour centrale. Cependant, on ne peut acc&#233;der au toit du caravans&#233;rail que par deux d'entre eux. Une fois sur le toit, ce qui attire le plus l'attention sont de petits reliefs formant des demi-cercles sur le toit de chaque cellule. Ces vingt-huit reliefs donnent une beaut&#233; exceptionnelle au caravans&#233;rail. C'est &#224; cet endroit m&#234;me que la majest&#233; du caravans&#233;rail se r&#233;v&#232;le aux yeux du visiteur. Les toits vo&#251;t&#233;s des corridors servant au repos des animaux sont cribl&#233;s de petits trous permettant aux rayons du soleil d'y entrer et d'&#233;clairer une zone pr&#233;cise. Il y a aussi des barres en fer travaill&#233;es dans le mur, permettant aux chameliers d'y attacher leurs animaux afin qu'ils ne puissent se sauver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caravans&#233;rail K&#233;nar Guerde compte parmi l'un des pr&#233;cieux b&#226;timents restant de l'&#233;poque Safavide. Au cours de son histoire, il a eu diff&#233;rents emplois jusqu'&#224; ce qu'il soit petit &#224; petit d&#233;t&#233;rior&#233; par le passage du temps. Il se compose d'&#233;tables, d'entr&#233;es, de cellules, d'une cour centrale et d'une cour priv&#233;e, d'un r&#233;servoir d'eau, de v&#233;randas publiques et priv&#233;es, de canaux d'eau et de deux entr&#233;es. Pierres, briques, torchis et enduit comptent parmi les mat&#233;riaux utilis&#233;s dans la construction du caravans&#233;rail. Dans la cour centrale ainsi que dans la cour adjointe et sur le mur des cellules, on peut admirer des d&#233;corations datant de l'&#233;poque de la construction du caravans&#233;rail. De nos jours, le caravans&#233;rail K&#233;nar Guerde ainsi que beaucoup d'autres situ&#233;s soit aux abords de la ville de Rey, soit dans l'ensemble de l'Iran ainsi que dans d'autres pays d'orient, comptent parmi des monuments historiques t&#233;moignant de la culture et de la fa&#231;on de vivre pass&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_840 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L269xH358/42-3-e91b8.jpg?1686652153' width='269' height='358' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:269px;'&gt;&lt;strong&gt;Le Caravans&#233;rail K&#233;nar Guerde, Rey, T&#233;h&#233;ran&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Jadis, en Orient, certaines nations menaient une vie de nomades, d'autres avaient l'habitude de voyager soit pour faire du commerce, soit pour trouver des ma&#238;tres cultiv&#233;s et sages. De grandes arm&#233;es lan&#231;aient des exp&#233;ditions ou encore, au nom de leur foi, des croyants parcouraient des kilom&#232;tres afin d'effectuer des p&#232;lerinages. Face &#224; des conditions climatiques et naturelles souvent difficiles, il leur fallait des lieux pour se reposer, manger, nourrir leurs animaux et dormir. Des caravans&#233;rails furent ainsi b&#226;tis entre de grandes villes afin de r&#233;pondre &#224; ce besoin. Les caravanes devaient parcourir une quarantaine de kilom&#232;tres, ce qui durait environ une journ&#233;e, pour atteindre le caravans&#233;rail suivant. En Iran, les caravans&#233;rails furent nomm&#233;s &#034;Kh&#226;n&#034;, en Europe &#034;Relais de poste&#034; et au Japon &#034;Ryokan&#034;. Ils se composaient tous d'une cour principale destin&#233;e aux animaux, de chambres pour loger les voyageurs, d'une resserre pour garder les provisions, d'une mosqu&#233;e et de salles de bain. Les caravanes y demeuraient deux ou trois jours et se remettaient en route. Elles voyageaient g&#233;n&#233;ralement le long de la Route de la Soie qui commen&#231;ait par la Chine, passait par l'Afghanistan, l'Iran, la Syrie, la Turquie, pour aboutir &#224; la Mer Noire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les caravans&#233;rails n'ont pas chang&#233; d'apparence. Ils sont toujours l&#224; o&#249; ils &#233;taient des si&#232;cles auparavant. Mais nous avons chang&#233; de mode de vie, et les progr&#232;s technologiques r&#233;alis&#233;s dans le domaine des transports ont eu tendance &#224; effacer l'importance de ces caravans&#233;rails. Aujourd'hui, nous les n&#233;gligeons et oublions que sans eux, l'homme d'hier n'aurait jamais pu se mettre en route &#224; t&#234;te repos&#233;e dans l'espoir de trouver bient&#244;t un endroit s&#251;r et confortable o&#249; se reposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait en Iran plus de mille caravans&#233;rails. Actuellement, il n'en reste que 128.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Histoire et culture q&#226;djares vues par le Prince Solt&#226;n 'Ali Q&#226;dj&#226;r</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article41</link>
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		<dc:date>2008-01-31T23:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mireille Ferreira</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ma premi&#232;re rencontre avec le Prince Solt&#226;n 'Al&#238; Q&#226;dj&#226;r eut lieu dans sa maison de Neuilly-sur-Seine. Il m'avait alors racont&#233; l'histoire des derniers rois Q&#226;dj&#226;rs, telle qu'il l'avait v&#233;cue ou qu'il la tenait des membres de sa famille. &lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;couvrant ce lieu o&#249; le dernier d'entre eux, Ahmad Sh&#226;h, avait v&#233;cu ses derni&#232;res ann&#233;es, j'ai eu l'impression de faire un saut en arri&#232;re dans l'histoire de la Perse. Des photographies en noir et blanc de la famille royale q&#226;dj&#226;re et de nombreux tableaux ornaient les murs, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;N&#176; 27, f&#233;vrier 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton41-6660a.jpg?1686652153' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ma premi&#232;re rencontre avec le Prince Solt&#226;n 'Al&#238; Q&#226;dj&#226;r eut lieu dans sa maison de Neuilly-sur-Seine. Il m'avait alors racont&#233; l'histoire des derniers rois Q&#226;dj&#226;rs, telle qu'il l'avait v&#233;cue ou qu'il la tenait des membres de sa famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;couvrant ce lieu o&#249; le dernier d'entre eux, Ahmad Sh&#226;h, avait v&#233;cu ses derni&#232;res ann&#233;es, j'ai eu l'impression de faire un saut en arri&#232;re dans l'histoire de la Perse. Des photographies en noir et blanc de la famille royale q&#226;dj&#226;re et de nombreux tableaux ornaient les murs, comme ils auraient pu orner les salles du palais du Golest&#226;n &#224; T&#233;h&#233;ran. La biblioth&#232;que, qui renfermait de nombreux ouvrages, aurait pu faire le bonheur des chercheurs les plus chevronn&#233;s de l'histoire de la Perse du XIXe et d&#233;but du XXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_841 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L270xH252/41-1-e3293.jpg?1686652153' width='270' height='252' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:270px;'&gt;&lt;strong&gt;Solt&#226;n 'Al&#238; Q&#226;dj&#226;r&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Cette demeure avait &#233;t&#233; achet&#233;e par sa grand-m&#232;re, Maleke-ye Djah&#226;n, &#233;pouse de l'avant-dernier roi Q&#226;dj&#226;r, Mohammad 'Al&#238; Sh&#226;h. Cette femme au caract&#232;re bien tremp&#233; n'h&#233;sita pas &#224; parcourir une bonne partie de l'Europe pour sauver sa famille, comme me le racontera le Prince Solt&#226;n 'Al&#238;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Solt&#226;n 'Al&#238; Q&#226;dj&#226;r lui-m&#234;me, sa gentillesse, son sens de l'hospitalit&#233; et sa modestie sont certainement le signe d'une &#233;ducation irr&#233;prochable. Je l'imagine tr&#232;s bien portant la coiffe q&#226;dj&#226;re &#224; plume d'aigrette, tant ses traits physiques rappellent d'une mani&#232;re frappante ceux de ses a&#239;eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cemment de passage &#224; T&#233;h&#233;ran, il a accept&#233; de faire partager &#224; un auditoire restreint, dont j'ai eu la chance de faire partie, son attachement &#224; la culture q&#226;dj&#226;re, qu'il ne cesse d'&#233;tudier et de faire conna&#238;tre dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le r&#233;sum&#233; de ces deux entretiens que je reproduis ici.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La fin de l'empire Q&#226;dj&#226;r&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quand Mohammad 'Al&#238; Sh&#226;h, 6e roi Q&#226;dj&#226;r de Perse, doit fuir son pays en 1909 dans la tourmente de la r&#233;volution constitutionnelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='La pression de l'empire russe, le r&#233;gime f&#233;odal de la dynastie q&#226;dj&#226;re et la (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il est accompagn&#233; de son &#233;pouse, Maleke-ye Djah&#226;n, de sa fille Kh&#226;didjeh et de ses deux fils cadets, Solt&#226;n Mahmoud M&#238;rz&#226; et Solt&#226;n Madjid M&#238;rz&#226;, ainsi que d'une suite compos&#233;e d'une centaine de personnes. Cet exil va les entra&#238;ner sur les chemins de l'Europe, chass&#233;s parfois par les tourbillons de l'Histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande errance va commencer pour ces h&#233;ritiers de l'une des grandes tribus nomades turkm&#232;nes des &#034;Qizilbashs&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Ce nom signifie &#034;T&#234;te rouge&#034; et trouve son origine dans le couvre-chef (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont on retrouve la trace d&#232;s le XIIIe si&#232;cle et qui, apparent&#233;e aux Ottomans, participa probablement &#224; l'installation de cette dynastie. Elle servit la dynastie safavide et vint avec elle en Iran en formant l'arm&#233;e de Sh&#226;h Ism&#226;'&#238;l Ier. Les Q&#226;dj&#226;rs r&#233;gnaient sur la Perse, officiellement depuis 1796, mais dans les faits depuis 1786.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mohammad 'Al&#238; Sh&#226;h supporte mal l'&#233;preuve de l'exil. D&#232;s lors, c'est Maleke-ye Djah&#226;n qui prend en main le destin de sa famille. Elle ach&#232;te une propri&#233;t&#233; &#224; Odessa, port d'Ukraine sur la Mer Noire, boulevard des Fran&#231;ais, o&#249; elle va installer la &#034;&lt;i&gt;tribu Q&#226;dj&#226;re&lt;/i&gt;&#034;. L'arriv&#233;e des Sovi&#233;tiques en 1919 l'oblige &#224; partir pour Istanbul, qu'elle quittera en 1924 &#224; l'arriv&#233;e au pouvoir d'Atat&#252;rk. C'est alors San Remo, sur la riviera italienne, qui la voit s'installer et verra mourir Mohammad 'Al&#238; Sh&#226;h en avril 1925. Il sera inhum&#233; dans le caveau des Q&#226;dj&#226;rs &#224; Karbal&#226;, comme son p&#232;re Mozaffar-ed-D&#238;n Sh&#226;h avant lui, et comme tous les Q&#226;dj&#226;rs le seront apr&#232;s lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa veuve s'installe &#224; Paris. La dynastie q&#226;dj&#226;re est en danger. Pensant qu'il est possible de la sauver, elle d&#233;cide, contre toute attente, de rentrer &#224; T&#233;h&#233;ran. Elle &#233;choue &#224; persuader son fils a&#238;n&#233; Ahmad Sh&#226;h, qui avait succ&#233;d&#233; &#224; son p&#232;re sur le tr&#244;ne de Perse en 1914, de l'accompagner. Ahmad Sh&#226;h, refusant de devenir un &#034;maharadjah des Indes&#034;, &#233;tait parti pour Paris en 1923 en laissant la r&#233;gence &#224; son fils h&#233;ritier, Mohammad Hassan Rez&#226;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre 1925, Maleke-ye Djah&#226;n embarque malgr&#233; tout &#224; Marseille, avec ses deux fils cadets et une suite de 30 personnes, pour Bombay o&#249; elle restera deux semaines, invit&#233;e par sa cousine B&#238;b&#238; Kh&#226;nom, m&#232;re de l'Agh&#226; Kh&#226;n.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_842 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L319xH269/41-2-97268.jpg?1686652153' width='319' height='269' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:319px;'&gt;&lt;strong&gt;Le palais du Golest&#226;n &#224; T&#233;h&#233;ran&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;De l&#224;, elle parcourt le Golfe Persique en bateau jusqu'&#224; Bassorah o&#249; elle prend le train pour visiter les lieux saints, Nadjaf et Karbal&#226;. Elle y rencontre tous les grands ayatollahs, qui refusaient habituellement, &#224; cette &#233;poque, de recevoir les dames, mais font exception pour elle. Ils acc&#232;dent &#224; sa demande de d&#233;clarer, par une fatwa, le gouvernement de Rez&#226; Kh&#226;n, le futur Rez&#226; Sh&#226;h Palhav&#238;, contraire aux lois islamiques. Car entre temps, Rez&#226; Kh&#226;n avait fait voter par le Parlement iranien une motion renversant la dynastie q&#226;dj&#226;re et le nommant r&#233;gent. Elle doit gagner T&#233;h&#233;ran pour faire appliquer cette fatwa. Pensant y arriver rapidement par la route, elle gagne Bagdad, o&#249; le consul g&#233;n&#233;ral de Perse l'accueille (le royaume d'Irak vient de se former, il n'est pas encore reconnu par la Perse). C'est alors que la dynastie q&#226;dj&#226;re est officiellement renvers&#233;e &#224; T&#233;h&#233;ran. Chass&#233;e dans la nuit du consulat, elle restera n&#233;anmoins huit mois &#224; Bagdad avec sa suite, contre sa volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle s'installe ensuite &#224; Beyrouth avec ses fils. Ils se marieront tous deux dans cette ville o&#249; na&#238;tra, en novembre 1929, Solt&#226;n 'Al&#238;, fils de son cadet, Solt&#226;n Madj&#238;d M&#238;rz&#226;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette ann&#233;e-l&#224; que Maleke-ye Djah&#226;n apprend que son fils Solt&#226;n Ahmad Sh&#226;h est hospitalis&#233; &#224; l'h&#244;pital am&#233;ricain de Neuilly depuis 1927. Il y mourra en f&#233;vrier 1930. Elle s'&#233;tablit alors &#224; Saint-Cloud, avec la partie de sa famille qui l'accompagnait &#224; Beyrouth.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233; &#224; l'&#226;ge de dix-huit mois en France, le prince Solt&#226;n 'Al&#238; vivra dans la propri&#233;t&#233; familiale de Saint-Cloud jusqu'&#224; l'&#226;ge de sept ans, entour&#233; d'une nombreuse suite qui ne parle que le persan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'inscrit dans une pension catholique puis plus tard, dans un coll&#232;ge j&#233;suite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='A l'instar des autres membres de la famille q&#226;dj&#226;re, Maleke-ye Djah&#226;n &#233;tait (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il suivra ensuite les cours de l'&#233;cole Tannenberg rue de la Tour &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1944, la famille s'installe temporairement &#224; Fontainebleau pour &#233;chapper aux bombardements des usines Renault de Boulogne-Billancourt, ville proche de Saint-Cloud. C'est l&#224; que la famille assistera &#224; la d&#233;b&#226;cle de l'arm&#233;e allemande et &#224; la lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maleke-ye Djah&#226;n d&#233;c&#232;de dans sa propri&#233;t&#233; de Saint-Cloud en novembre 1947. Sa d&#233;pouille rejoint celle de son &#233;poux dans le caveau familial de Karbal&#226;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Solt&#226;n 'Al&#238; Q&#226;dj&#226;r suivra des &#233;tudes universitaires &#224; Paris et sera licenci&#233; en Droit et Docteur en sciences &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#226;ge de 30 ans, il part pour la premi&#232;re fois en Iran pour un court s&#233;jour de deux mois. Il y reviendra en 1962, &#224; l'instigation de son p&#232;re, qui lui confie la t&#226;che d'administrer les terres familiales situ&#233;es au nord de T&#233;h&#233;ran. C'est l'&#233;poque de la r&#233;forme agraire de Mohammad Rez&#226; Sh&#226;h Palhav&#238;, la &#034;R&#233;volution blanche&#034;. Les propri&#233;t&#233;s sont partag&#233;es avec les paysans. Il fonde &#224; cette &#233;poque, sur les terrains qui lui restent, une propri&#233;t&#233; agricole m&#233;canis&#233;e, qu'il dirigera jusqu'&#224; la r&#233;volution islamique, qui la lui confisque.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_843 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L191xH336/41-3-21423.jpg?1686652153' width='191' height='336' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:191px;'&gt;&lt;strong&gt;Maleke-ye Djah&#226;n&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;De 1964 &#224; 1965, Solt&#226;n 'Al&#238; enseigne l'histoire des id&#233;es et des syst&#232;mes &#233;conomiques &#224; l'universit&#233; de T&#233;h&#233;ran. Devant les difficult&#233;s &#224; enseigner en toute libert&#233; d'esprit l'histoire des diff&#233;rents syst&#232;mes &#233;conomiques, il finira par d&#233;missionner et rentrera en France en 1980 o&#249; il poursuivra une carri&#232;re universitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce grand &#233;rudit se consacre depuis longtemps &#224; l'histoire. Il a publi&#233; en 1989 &lt;i&gt;M&#233;morables du XX&lt;/i&gt;&lt;i&gt;e&lt;/i&gt;&lt;i&gt; si&#232;cle &lt;/i&gt;et, en 1992 &lt;i&gt;Les Rois oubli&#233;s, L'&#233;pop&#233;e de la dynastie Q&#226;dj&#226;re&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Edition&#176;1/Kian' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est Pr&#233;sident d'honneur de l'International Qajar Studies. Cette association, dont le si&#232;ge est &#224; Santa Barbara aux Etats-Unis, a pour objectif de faire conna&#238;tre l'histoire des Q&#226;dj&#226;rs au travers de la publication d'un journal. Des rencontres de l'association ont lieu chaque ann&#233;e. En 2006, elle &#233;tait &#224; Paris et avait &#233;voqu&#233; les rapports de Napol&#233;on et de l'Iran et, en particulier, la &#034;trahison&#034; de Napol&#233;on envers Fath 'Al&#238; Sh&#226;h. Elle sera &#224; nouveau &#224; Paris en juin 2007.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='Site Web de l'association : Adresse &#233;lectronique pour s'abonner &#224; la revue et (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, Solt&#226;n 'Al&#238; participe &#224; une association familiale, la Qajar Family Association, regroupant la tr&#232;s nombreuse descendance de cette dynastie. Les activit&#233;s des deux associations sont conjointes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La culture q&#226;dj&#226;re vue par le prince Solt&#226;n 'Al&#238;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;riode q&#226;dj&#226;re a &#233;t&#233; favorable &#224; un d&#233;veloppement culturel tr&#232;s riche et original, typique de cette &#233;poque. On peut dire qu'une v&#233;ritable renaissance de la culture artistique et litt&#233;raire a alors vu le jour en Iran. Cette renaissance s'explique par plusieurs facteurs. La paix civile s'&#233;tablit sous cette dynastie, les luttes fratricides pour le pouvoir, qui mobilisaient l'&#233;nergie des rois pr&#233;c&#233;dents, sont limit&#233;es par la d&#233;cision du premier roi q&#226;dj&#226;r, Mohammad Agh&#226; Kh&#226;n, d'imposer une double filiation q&#226;dj&#226;re, par le p&#232;re et la m&#232;re, &#224; tout pr&#233;tendant au tr&#244;ne. Pour la premi&#232;re fois, une dynastie s'installe d'une mani&#232;re durable dans une capitale, T&#233;h&#233;ran. Les &#233;changes culturels et commerciaux avec les pays &#233;trangers se multiplient. N&#226;sser-ed-D&#238;n Sh&#226;h sera le premier monarque iranien &#224; se rendre en Europe, ses successeurs l'imiteront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rois Q&#226;dj&#226;rs, sans renier leurs lointaines origines nomades h&#233;rit&#233;es de tribus turques, avaient un go&#251;t ind&#233;niable pour l'art et la culture, qu'ils se sont attach&#233;s &#224; favoriser. Leurs go&#251;ts raffin&#233;s s'observent dans les portraits officiels qui mettent en sc&#232;ne de belles &#233;toffes et des joyaux somptueux dont ils aimaient orner leurs habits d'apparat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le domaine de la peinture, ils ont permis &#224; des artistes de cr&#233;er des &#339;uvres pleines de gaiet&#233; et d'originalit&#233;. La litt&#233;rature, la po&#233;sie, la musique, l'architecture ou m&#234;me l'art du tapis ont &#233;t&#233; renouvel&#233;s sous leur influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'architecture civile q&#226;dj&#226;re con&#231;oit des &#339;uvres au style unique et novateur. A cette &#233;poque, les habitations deviennent spacieuses, a&#233;r&#233;es, agr&#233;ables &#224; vivre. Les colonnes torsad&#233;es qui soutiennent les toits et les &#233;tages sup&#233;rieurs donnent une l&#233;g&#232;ret&#233; et une &#233;l&#233;gance &#224; ces constructions de terre. On assiste au d&#233;veloppement d'un v&#233;ritable urbanisme.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_844 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L232xH336/41-4-0487b.jpg?1686652153' width='232' height='336' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:232px;'&gt;&lt;strong&gt;Portrait q&#226;dj&#226;r&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;poque q&#226;dj&#226;re a vu la floraison de nombreux po&#232;tes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='appendix' title='Iradj M&#238;rz&#226;, membre de la famille Q&#226;dj&#226;re, mort en 1926, &#233;tait po&#232;te.Iradj (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Plusieurs rois Q&#226;dj&#226;rs ont &#233;t&#233; des po&#232;tes et ont cr&#233;&#233; des &#339;uvres remarqu&#233;es dans ce domaine. Ce fut le cas notamment de Fath 'Al&#238; Sh&#226;h - sans doute plus attir&#233; par les arts que par la politique - qui versifiait volontiers, comme en t&#233;moigne son &lt;i&gt;Div&#226;n&lt;/i&gt;, qui contient quelques morceaux int&#233;ressants. Il a encourag&#233; de grands po&#232;tes de son temps et est &#224; l'origine d'un renouveau litt&#233;raire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#226;sser-ed-D&#238;n Sh&#226;h connaissait bien la litt&#233;rature persane, citait les po&#232;tes classiques et composait lui-m&#234;me parfois de la po&#233;sie. Excellent dessinateur, il aimait faire le portrait de ses visiteurs. Il a beaucoup voyag&#233; en Europe, sans chercher pour autant &#224; s'occidentaliser et en gardant son identit&#233; persane. Il a rapport&#233; de ses voyages un go&#251;t prononc&#233; pour la photographie, dont il fut un grand pr&#233;curseur en Perse. De nombreux portraits qu'il a tir&#233;s lui-m&#234;me de ses contemporains sont expos&#233;s au palais du Golest&#226;n. Il a envoy&#233; des photographes dans toutes les r&#233;gions d'Iran. Les clich&#233;s rapport&#233;s, qui repr&#233;sentent un t&#233;moignage consid&#233;rable de la Perse du XIXe si&#232;cle, sont conserv&#233;s dans les archives du Golest&#226;n. Leur examen attentif et leur classement scientifique et syst&#233;matique restent &#224; effectuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La musique persane originale prend naissance sous le r&#232;gne de N&#226;sser-ed-D&#238;n Sh&#226;h, qui incite les musiciens &#224; transcrire par &#233;crit la musique, alors que jusque l&#224; elle ne se transmettait qu'oralement, de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'&#233;poque o&#249; le &lt;i&gt;ta'z&#238;eh&lt;/i&gt;, th&#233;&#226;tre religieux chant&#233;, qui est une forme d'op&#233;ra, prend tout son essor. Le Tekieh Dowlat, construit sous N&#226;sser-ed-D&#238;n Sh&#226;h pr&#232;s du palais du Golest&#226;n, o&#249; l'on repr&#233;sente ces &lt;i&gt;ta'z&#238;ehs&lt;/i&gt;, permet une diffusion remarquable de la musique. Ce lieu de spectacle a &#233;t&#233; d&#233;truit en 1930&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='appendix' title='On peut en voir une r&#233;plique aux studios de cin&#233;ma de Karaj, dans la banlieue (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'art du tapis a connu sous la dynastie q&#226;dj&#226;re un essor consid&#233;rable. A cette &#233;poque, l'exportation des tapis persans repr&#233;sentait un d&#233;bouch&#233; commercial tr&#232;s important pour la Perse. Le tapis persan a connu alors un renouveau, les tapis tiss&#233;s au go&#251;t europ&#233;en r&#233;v&#233;laient de nouveaux coloris et des d&#233;cors originaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous Fath 'Al&#238; Sh&#226;h, on parlait fran&#231;ais &#224; la cour, l'arm&#233;e &#233;tait form&#233;e par des officiers venus de France. 'Abb&#226;s M&#238;rz&#226;, fils de Fath 'Al&#238; Sh&#226;h, prince h&#233;ritier et, &#224; ce titre, gouverneur de la province de Tabr&#238;z, grand admirateur de Napol&#233;on, d&#233;veloppa la pratique de la langue fran&#231;aise. C'est le premier qui a envoy&#233; de jeunes iraniens boursiers de l'Etat &#233;tudier en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan de l'&#233;ducation, Am&#238;r Kab&#238;r, vizir de N&#226;sser-ed-D&#238;n Sh&#226;h, a cr&#233;&#233; la premi&#232;re universit&#233; de type occidental, Dar-ol-Fonoun, &#233;cole polytechnique o&#249; l'on enseignait la m&#233;decine, l'ing&#233;nierie, les sciences militaires et la g&#233;ologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La renaissance culturelle q&#226;dj&#226;re en Iran a permis d'int&#233;grer &#224; la culture persane des &#233;l&#233;ments importants de la culture occidentale, sans faire perdre &#224; celle-ci son authenticit&#233;. Par exemple, l'&#339;uvre du peintre acad&#233;mique de la fin du XIXe si&#232;cle, Kam&#226;l-ol-Molk, qui a pourtant &#233;tudi&#233; &#224; Rome et Paris, est embl&#233;matique de l'acad&#233;misme persan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une somme colossale d'archives de l'&#233;poque q&#226;dj&#226;re, accessible aux chercheurs, est conserv&#233;e au palais du Golest&#226;n. Il reste &#224; constituer des &#233;quipes d'historiens qui permettraient de mettre &#224; jour la richesse artistique de cette p&#233;riode, qui a culturellement fortement marqu&#233; l'Iran d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La pression de l'empire russe, le r&#233;gime f&#233;odal de la dynastie q&#226;dj&#226;re et la faiblesse de caract&#232;re de Mohammad 'Al&#238; Sh&#226;h ont &#233;t&#233; les ferments de cette r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce nom signifie &#034;T&#234;te rouge&#034; et trouve son origine dans le couvre-chef qu'ils portaient, un bonnet de couleur rouge avec douze plis, r&#233;f&#233;rence aux 12 imams du chiisme duod&#233;cimain.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A l'instar des autres membres de la famille q&#226;dj&#226;re, Maleke-ye Djah&#226;n &#233;tait tr&#232;s pieuse. Faute de mosqu&#233;e shiite, elle fr&#233;quentait assid&#251;ment l'&#233;glise et se rendait m&#234;me chaque ann&#233;e en p&#232;lerinage &#224; Lourdes et Lisieux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Edition&#176;1/Kian&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Site Web de l'association : &lt;a href=&#034;http://www.qajarstudies.org&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.qajarstudies.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adresse &#233;lectronique pour s'abonner &#224; la revue et acheter les num&#233;ros &#233;dit&#233;s : barjesteh@planet.nl&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Iradj M&#238;rz&#226;, membre de la famille Q&#226;dj&#226;re, mort en 1926, &#233;tait po&#232;te.Iradj M&#238;rz&#226;, membre de la famille Q&#226;dj&#226;re, mort en 1926, &#233;tait po&#232;te. Il lutta pour une meilleure justice sociale en faveur des femmes en Perse et l'abolition des restrictions et incapacit&#233;s dont elles souffraient.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On peut en voir une r&#233;plique aux studios de cin&#233;ma de Karaj, dans la banlieue de T&#233;h&#233;ran&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#034;Le chant du monde ou l'art safavide&#034; pr&#233;sent&#233; au mus&#233;e du Louvre</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article40</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article40</guid>
		<dc:date>2008-01-31T22:55:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Elodie Bernard</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les charmes de la Perse enchantent la capitale fran&#231;aise via le succ&#232;s incontestable de l'exposition sur l'art de l'Iran Safavide au mus&#233;e du Louvre. Depuis le 5 octobre 2007 et ce, jusqu'au 7 janvier, c'est sur ce th&#232;me que le mus&#233;e attire les foules du monde. L'occasion de d&#233;couvrir cet art m&#233;taphorique et les manuscrits qui rec&#232;lent toutes les cl&#233;s pour comprendre la richesse de cette culture. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un parfum d'Orient flotte au Louvre &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette exposition a &#233;t&#233; lanc&#233;e dans le cadre du d&#233;partement des Arts de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;N&#176; 27, f&#233;vrier 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton40-6ff35.jpg?1686652153' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les charmes de la Perse enchantent la capitale fran&#231;aise via le succ&#232;s incontestable de l'exposition sur l'art de l'Iran Safavide au mus&#233;e du Louvre. Depuis le 5 octobre 2007 et ce, jusqu'au 7 janvier, c'est sur ce th&#232;me que le mus&#233;e attire les foules du monde. L'occasion de d&#233;couvrir cet art m&#233;taphorique et les manuscrits qui rec&#232;lent toutes les cl&#233;s pour comprendre la richesse de cette culture.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un parfum d'Orient flotte au Louvre&lt;/h3&gt;&lt;dl class='spip_document_845 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L271xH269/40-1-7c522.jpg?1686652153' width='271' height='269' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:271px;'&gt;&lt;strong&gt;Plat aux deux grenades, v. 1500, mus&#233;e du Louvre&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Cette exposition a &#233;t&#233; lanc&#233;e dans le cadre du d&#233;partement des Arts de l'islam du mus&#233;e du Louvre. Ce d&#233;partement cr&#233;&#233; sur volont&#233; du Pr&#233;sident fran&#231;ais Jacques Chirac en 2002, avait pour objectif de conforter la vocation universelle de cette institution et c'est &#224; Monsieur Francis Richard, conservateur en chef des biblioth&#232;ques, que revient l'effectivit&#233; de cette mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sp&#233;cialiste reconnu sur le plan international du monde de l'islam m&#233;di&#233;val et dans le domaine des &#233;tudes islamiques, encha&#238;ne les programmations ambitieuses d'&#233;v&#233;nements et d'expositions, en France comme &#224; l'&#233;tranger, et a fait des expositions temporaires l'un des piliers de sa politique. Ce type de programmations qui consiste &#224; exposer une th&#233;matique pr&#233;cise pendant un temps restreint et donc &#224; m&#233;diatiser au plus fort les &#339;uvres ainsi d&#233;ploy&#233;es au grand jour, rencontre &#224; l'heure actuelle l'enthousiasme d'un tr&#232;s large public, au risque de lui faire oublier les collections permanentes. Depuis cet automne, c'est donc aux artistes de la p&#233;riode Safavide que le mus&#233;e rend hommage.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#034;Le Chant du monde ou l'art de l'Iran Safavide&#034;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quelques salles seulement, pas plus de trois ou quatre ; une lumi&#232;re diffuse. Cette humilit&#233; dans la mise en sc&#232;ne de l'espace d'exposition met en avantage la richesse et le raffinement de ces &#339;uvres : textiles et v&#234;tements, tapis, fa&#239;ences, objets de bronze et coupes, aigui&#232;res, plateaux scrupuleusement cisel&#233;s et surtout des manuscrits orn&#233;s de peintures. La majorit&#233; de ces articles sont des pr&#234;ts exceptionnels consentis par les mus&#233;es de T&#233;h&#233;ran et d'Ispahan. En outre, une des singularit&#233;s de l'exposition r&#233;side dans la reconstitution, dans les salles de l'exposition, du reflet sur le plan d'eau de la place Royale d'Ispahan des coupoles de la Mosqu&#233;e de l'Imam et de la Mosqu&#233;e du Sheikh Lotfoll&#226;h.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le &#034;Livre des Rois&#034;&lt;/h3&gt;&lt;dl class='spip_document_846 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH266/40-2-ee4da.jpg?1686652153' width='358' height='266' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;D&#233;tail de l'un des coins d'un tapis de Mantes iranien, seconde moiti&#233; du XVIe si&#232;cle, mus&#233;e du Louvre&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;L'exposition traite probablement pour une des premi&#232;res fois au Louvre de l'art Safavide. Un art souvent incompris en Occident. Les sp&#233;cialistes occidentaux auraient tard&#233; &#224; traiter de cet art en le repla&#231;ant dans le contexte de sa culture, entra&#238;nant ainsi l'incompr&#233;hension d'une grande partie du travail de ces artistes. Alors, afin de veiller &#224; une plus large accessibilit&#233; de ces &#339;uvres d'art, le commissaire de l'exposition, Assadullah Souren Melik&#238;&#226;n-Sh&#238;rv&#226;n&#238;, a accompagn&#233; le d&#233;roulement de celle-ci par un album explicatif qu'il est pr&#233;f&#233;rable de consulter au pr&#233;alable pour toute personne ne connaissant pas cet art. On peut y lire quelques cl&#233;s fondamentales pour appr&#233;hender cet univers m&#233;taphorique et le contexte de la cr&#233;ation de ces &#339;uvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'artiste peint un ciel de lapis, de turquoise ou d'or, quand le po&#232;te l'&#233;crit, selon la lumi&#232;re &#224; laquelle il se r&#233;f&#232;re. En effet, explique Souren Melik&#238;&#226;n, &#034;&lt;i&gt;pour l'Iran, le monde que l'Occident appelle &#034;r&#233;el&#034; n'est que la m&#233;taphore de la r&#233;alit&#233; sup&#233;rieure du monde spirituel. Son art ne d&#233;crit donc jamais ce monde mat&#233;riel. Il transcrit visuellement des m&#233;taphores dont l'&#233;nonc&#233; en clair est livr&#233; par la litt&#233;rature qu'il suffit de fr&#233;quenter pour en saisir le sens.&lt;/i&gt;&#034; A cela, le commissaire de l'exposition ajoute que &#034;&lt;i&gt;ceux qui contemplaient ces peintures ne les voyaient pas dans l'isolement, mais dans la succession des pages qu'ils tournaient, l'esprit empli des vers qu'ils lisaient.&lt;/i&gt;&#034;1 Sans croire pour autant que les miniatures ne seraient qu'une illustration des grands textes, ces derni&#232;res font &#233;cho &#224; un, voire &#224; plusieurs instants de l'action, laissant de c&#244;t&#233; certains d&#233;tails du r&#233;cit et allant m&#234;me jusqu'&#224; en contredire certains.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La litt&#233;rature persane, miroir de l'art&lt;/h3&gt;&lt;dl class='spip_document_847 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L226xH358/40-3-3e0df.jpg?1686652153' width='226' height='358' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:226px;'&gt;&lt;strong&gt;Visite d'un jeune homme &#224; un derviche, d&#233;but du XVIe si&#232;cle, Iran Safavide, gouache et or sur papier, mus&#233;e du Louvre&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Ce sp&#233;cialiste de la culture iranienne a re&#231;u la mission de donner les cl&#233;s qui permettent de comprendre le sens de ces peintures et de ces objets, de lire &#224; livre ouvert la peinture et les objets qui chantent la beaut&#233; du monde. Les sujets mettent en sc&#232;ne les po&#232;mes de Nez&#226;m&#238; et H&#226;fez, le &lt;i&gt;Bust&#226;n&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;Golest&#226;n&lt;/i&gt; de Sa'ad&#238; ou encore des &#233;pisodes du &lt;i&gt;Sh&#226;hn&#226;meh&lt;/i&gt; (Le &#034;Livre des Rois&#034;) de Ferdows&#238;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la litt&#233;rature persane est le miroir de l'art, l'histoire de la Perse l'est &#233;galement. Les manuscrits, visibles &#224; cette exposition, mettent en sc&#232;ne des personnages de l'Antiquit&#233; iranienne tels qu'Alexandre le Grand, mais v&#234;tus &#224; la mode du temps o&#249; les &#339;uvres ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es. Pendant longtemps, les miniatures furent r&#233;alis&#233;es par plusieurs artisans, mais vers la fin du XV&#232;me si&#232;cle des auteurs se distinguent en signant leurs illustrations : Behz&#226;d, Rez&#226; 'Abb&#226;ss&#238; et Mo'&#238;n Mosavver au XVII&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lettre au fils du &#034;m&#233;decin massif&#034; de Torbat</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article39</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article39</guid>
		<dc:date>2008-01-31T22:50:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Esfandiar Esfandi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;(&#8230;) &lt;br class='autobr' /&gt;
En l'occurrence, le cadeau se pr&#233;sentait &#224; moi sous les traits d'un gigantesque p&#232;re no&#235;l, sans sa d&#233;froque de lutin en rouge et blanc, et sans sa barbe de carnaval. Il encha&#238;na alors sur quelques phrases bien pes&#233;es, &#224; la mani&#232;re du p&#233;dagogue altruiste et consciencieux, ou du m&#233;decin de famille qui pr&#233;pare d&#233;licatement sa terrible m&#233;dication par injection. Il parla de tout et de rien. De tout, si l'on consid&#232;re que pour l'enfant que j'&#233;tais &#224; cette &#233;poque, l'univers se limitait &#224; mes souvenirs de (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;N&#176; 27, f&#233;vrier 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton39-b346b.jpg?1686652153' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;(&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'occurrence, le cadeau se pr&#233;sentait &#224; moi sous les traits d'un gigantesque p&#232;re no&#235;l, sans sa d&#233;froque de lutin en rouge et blanc, et sans sa barbe de carnaval. Il encha&#238;na alors sur quelques phrases bien pes&#233;es, &#224; la mani&#232;re du p&#233;dagogue altruiste et consciencieux, ou du m&#233;decin de famille qui pr&#233;pare d&#233;licatement sa terrible m&#233;dication par injection. Il parla de tout et de rien. De tout, si l'on consid&#232;re que pour l'enfant que j'&#233;tais &#224; cette &#233;poque, l'univers se limitait &#224; mes souvenirs de France et aux petites parcelles de ma culture et de la g&#233;ographie de mon pays natal que je venais &#224; peine de d&#233;couvrir. De rien aussi, tellement l'inflexion rauque et gripp&#233;e de sa voix couvrait dans mon esprit, l'essentiel de ses paroles. Arriva enfin le moment tant redout&#233; de l'interpellation fatidique qui me tira hors de ma stupeur et me plongea dans un indescriptible &#233;tat de g&#232;ne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &#034;Parle-moi de Paris fils&#8230;&#034; me lan&#231;a-t-il en fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'eus alors la d&#233;sagr&#233;able impression d'&#234;tre pi&#233;g&#233;. Persuad&#233; que j'&#233;tais, du haut de mes douze ans, que cet &#233;norme monsieur s'&#233;tait mis en t&#234;te de soupeser, pire, de juger mon niveau de langue. Ma r&#233;ponse fut, je crois m'en souvenir, d'une maladresse et d'un laconisme effarant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &#034;Je pr&#233;f&#232;re T&#233;h&#233;ran&#034;, r&#233;pondis-je, esp&#233;rant ainsi neutraliser l'objectif suppos&#233; du g&#233;ant qui, j'en &#233;tais persuad&#233;, voulait m'entra&#238;ner sur un terrain que m'interdisaient ma timidit&#233; naturelle et mes comp&#233;tences langagi&#232;res d'alors, autrement dit, celui de la simple discussion. Mais &#224; ma grande surprise, sa r&#233;ponse nous conduisit vers un autre terrain, celui, hautement diplomatique, des mots gentiment couverts et de l'entente cordiale :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &#034;Moi aussi je pr&#233;f&#232;re T&#233;h&#233;ran&#034;, me dit-il, tandis qu'il me tendait un magazine majestueusement extirp&#233; d'un gros tas de journaux et paperasserie en tout genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &#034;Tiens&#8230; c'est le dernier num&#233;ro de l'&lt;i&gt;Express International&lt;/i&gt;. Je ne suis plus abonn&#233; depuis longtemps, mais j'ai des amis qui pensent encore &#224; moi&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quoi il se tourna vers mon oncle qui lui rendit la politesse en penchant sa t&#234;te de quelques degr&#233;s, sa main droite humblement pos&#233;e sur son c&#339;ur. L'&lt;i&gt;Express&lt;/i&gt;&#8230;la balle &#233;tait dans mon camp :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &#034;Mon p&#232;re, lui, il est toujours abonn&#233;. On a plein d'&lt;i&gt;Express&lt;/i&gt; chez nous&#034; lui lan&#231;ai-je fi&#232;rement. A ma r&#233;ponse, il r&#233;pliqua de bonne gr&#226;ce par un rire franc et triomphal :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &#034;J'&#233;changerais bien quelques num&#233;ros du magazine avec ton p&#232;re, en bavardant autour d'une bonne table bien garnie&#034;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois de plus, il venait de se tourner vers son complice &#224; moustache qui apparemment, saisissait la port&#233;e de ses propos. Moi, j'&#233;tais dans le vague.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant un court laps de temps, ils se d&#233;sint&#233;ress&#232;rent de ma petite personne. Profitant de ce r&#233;pit, j'examinais le cabinet domicile de notre h&#244;te. Je r&#233;alisai alors l'&#233;tendue du d&#233;sordre qui r&#233;gnait dans ce lieu bigarr&#233;. On y voyait, &#224; c&#244;t&#233; des photos de personnages anonymes, des portraits en noir et blanc de chanteuses et de chanteurs de music-hall dont certains ne m'&#233;taient pas inconnus. Ces images recouvraient presque enti&#232;rement les quatre murs de la pi&#232;ce en masquant ainsi le papier peint us&#233; et multicolore. Le sol &#233;tait jonch&#233; de bo&#238;tes vides ; boites de bonbons, de chaussures, et surtout, de bo&#238;tes de fromage suisse et fran&#231;ais. Il y avait aussi quelques paires de charentaises (oui, oui), et sur les meubles &#224; moiti&#233; d&#233;fonc&#233;s, des tissus bariol&#233;s venant de tous les horizons possibles et imaginables. On y trouvait aussi de grosses boules de papier m&#226;ch&#233; (!?), et des tas de feuilles volantes entass&#233;es n&#233;gligemment sur des &#233;tag&#232;res poussi&#233;reuses ; des fioles et des bo&#238;tes de m&#233;dicaments (&#224; profusion) ; un Tombac perc&#233;, un reste de guitare, un instrument &#224; cordes non identifi&#233;, et surtout&#8230; des livres. Des tonnes de livres ; des volumes reli&#233;s par dizaine, pos&#233;s c&#244;te &#224; c&#244;te dans un sublime d&#233;sordre. A dire vrai, le d&#233;cor me sembla soudain submerg&#233; de livres. Il en tombait de partout. Je m'approchais d'une des &#233;tag&#232;res pour extraire, avec une indiff&#233;rence feinte, un &lt;i&gt;in-folio&lt;/i&gt; qui exhibait sur sa couverture des signes calligraphiques familiers, et qui &#233;voquaient notre propre calligraphie nationale (je suppose aujourd'hui qu'il s'agissait d'un texte en langue arabe). Je remis l'ouvrage dans sa rang&#233;e en r&#233;p&#233;tant le m&#234;me geste, avec l'impression &#233;trange d'exhumer de leur gangue de poussi&#232;re et de silence, des documents multimill&#233;naires. Je venais &#224; peine de prendre go&#251;t &#224; ma juv&#233;nile fl&#226;nerie hautement arch&#233;ologique, quand soudain resurgit notre ami Hossein, arm&#233; de son sourire d&#233;finitivement d&#233;sarmant. Il &#233;tait suivi par une dame &#226;g&#233;e qui serrait dans ses bras un bambin d'&#226;ge ind&#233;termin&#233;. Elle engagea imm&#233;diatement et en boucle, une suite de contorsions en signe de politesse, et se dirigea vers l'impassible praticien. J'assistais alors, en spectateur privil&#233;gi&#233;, &#224; la m&#233;tamorphose faciale de l'illustre bon vivant. En l'espace d'une fraction de seconde, il venait d'adopter le faci&#232;s et la posture d'un authentique disciple d'Hippocrate. La vieille dame n'eut droit de sa part, et en guise de salutation, qu'&#224; un simple hochement de t&#234;te. En passant pr&#232;s de mon oncle, elle avait &#034;pieusement&#034; recouvert de son tchador un autre fragment de la derni&#232;re partie de son corps encore visible (son visage) compte non tenu des extr&#233;mit&#233;s de ses doigts, auxquelles il revenait fatalement de maintenir en place le tissu noir. Elle serrait bien fort son grand voile &#224; hauteur de sa l&#232;vre sup&#233;rieure. Elle continua de s'y accrocher jusqu'au terme de la visite. Celle-ci fut pour le moins br&#232;ve, mais assez longue cependant pour me laisser le temps d'admirer l'homme m&#233;decine dans ses &#339;uvres. De ses mais expertes, il auscultait l'enfant dont &#224; aucun moment je ne parvins &#224; deviner la nature (la langue persane n'ayant pas recourt aux marques morphologiques de genre). Pendant que le m&#233;decin tendait &#224; la noble dame des tablettes de m&#233;dicaments pioch&#233;es &#224; l'int&#233;rieur du cercle virtuel dont il figurait lui-m&#234;me le centre, je m'&#233;tais tourn&#233; vers l'entr&#233;e de la pi&#232;ce pour remarquer un d&#233;but de file d'attente. En v&#233;ritable garde fronti&#232;re, Hossein barrait le passage aux patients qui, &#224; ma grande surprise, avaient tous l'air heureux et souriants (du plus mal en point au plus souffreteux). En la mati&#232;re, Hossein n'&#233;tait pas en reste. Sa demi-lune rieuse et &#233;dent&#233;e en avait vu d'autres. Aucun son n'&#233;tait &#233;mis, aucun chuchotement, &#224; peine un toussotement de poitrinaire mal oxyg&#233;n&#233;. C'&#233;tait comme s'ils se tenaient tous sur le seuil d'un sanctuaire. Je me souviens d'avoir pris sur l'instant cette marque d'extr&#234;me d&#233;f&#233;rence, ce silence respectueux, pour la manifestation gr&#233;gaire d'un sentiment d'inf&#233;riorit&#233;. Signe chez moi, dirai-je, d'une condescendance coupable, mais surtout infantile. Je me tenais &#224; l'&#233;cart dans un &#233;tat de semi tristesse, mais aussi d'autosatisfaction, comme si je mesurais la distance qui me s&#233;parait de ces gens dont j'aurais pu partager le quotidien, si les circonstances n'en avaient pas d&#233;cid&#233; autrement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href='http://www.teheran.ir/spip.php?article697'&gt;&lt;i&gt;A suivre ...&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="spip.php?article66" class="spip_out"&gt;1&#232;re partie&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien avec Yannick Lefranc</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article37</link>
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		<dc:date>2008-01-31T22:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Afsaneh Pourmazaheri, Farz&#226;neh Pourmaz&#226;heri</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#8220;Le Pass&#233; est un merveilleux &#233;ducateur&#8221; lettre collective en hommage &#224; Henri Casadessus &lt;br class='autobr' /&gt;
Monsieur Yannick LEFRANC, didacticien et chercheur en FLE (Fran&#231;ais Langue Etrang&#232;re) de l'universit&#233; Marc Bloch &#224; Strasbourg, a pr&#233;sent&#233; les r&#233;sultats de ses recherches et les informations les plus r&#233;centes dans le domaine de la didactique durant un s&#233;minaire de quatre jours organis&#233; &#224; l'universit&#233; Tarbiat Modares. Il compte parmi les didacticiens actuels les plus actifs et met en place de nouvelles th&#233;ories en (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;N&#176; 27, f&#233;vrier 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton37-7a9a2.jpg?1686652153' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;i&gt;&#8220;&lt;b&gt;Le Pass&#233; est un merveilleux &#233;ducateur&lt;/b&gt;&#8221; &lt;/i&gt;&lt;br&gt;lettre collective en hommage &#224; Henri Casadessus&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;p&gt;Monsieur Yannick LEFRANC, didacticien et chercheur en FLE (Fran&#231;ais Langue Etrang&#232;re) de l'universit&#233; Marc Bloch &#224; Strasbourg, a pr&#233;sent&#233; les r&#233;sultats de ses recherches et les informations les plus r&#233;centes dans le domaine de la didactique durant un s&#233;minaire de quatre jours organis&#233; &#224; l'universit&#233; Tarbiat Modares. Il compte parmi les didacticiens actuels les plus actifs et met en place de nouvelles th&#233;ories en s'appuyant sur les r&#233;sultats de recherches r&#233;alis&#233;es aux quatre coins du monde.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Farzaneh POURMAZAHERI : Quels sont les sujets qui vous int&#233;ressent le plus dans le domaine de la didactique ? Pourquoi avez-vous choisi de vous consacrer &#224; ce domaine pr&#233;cis ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yannick LEFRANC : Ce qui m'int&#233;resse le plus est la comparaison entre les mani&#232;res d'apprendre les langues &#224; l'&#233;cole et en dehors de l'&#233;cole, c'est-&#224;-dire entre le mode d'apprentissage acad&#233;mique et le mode d'apprentissage ordinaire : &#224; la maison ou chez des amis, avec des vid&#233;os ou au travers de la lecture. Ce qui m'int&#233;resse est de voir &#224; quels moments les diverses fa&#231;ons d'apprendre les langues, soit de mani&#232;re acad&#233;mique soit de mani&#232;re ordinaire (extra-scolaire), &lt;i&gt;emp&#234;chent d'apprendre&lt;/i&gt;, et &#224; quels moments elles &lt;i&gt;aident &#224; apprendre&lt;/i&gt;. Comment un apprenant qui s'y prend mal se complique-t-il la vie ? Comment, pour employer un n&#233;ologisme, va-t-il &#034;difficiliter&#034; son apprentissage ? Et, s'il se complique la vie, n'est-ce pas d&#251; en partie, et paradoxalement, parce qu'il a pris certaines mauvaises habitudes &#224; l'&#233;cole ? Les ressources d'apprentissage, les documents et les outils (le mat&#233;riel didactique), la fa&#231;on de s'en servir, tout cela est tr&#232;s important. Je vous donne un exemple. Quand j'avais 13-14 ans, mes cours d'anglais m'ennuyaient mais comme j'aimais les bandes dessin&#233;es, j'ai d&#233;cid&#233; d'acheter des &lt;i&gt;comics&lt;/i&gt; am&#233;ricains avec des images qui m'int&#233;ressaient. H&#233;las, j'ai utilis&#233; une m&#233;thode qui n'&#233;tait pas bonne : chaque fois que je voyais un mot que je ne comprenais pas, je m'obligeais &#224; m'arr&#234;ter de lire et &#224; regarder le dictionnaire. Du coup &#231;a hachait ma lecture, comme on dit. C'&#233;tait une m&#233;thode qui prenait beaucoup trop de temps et qui freinait mon apprentissage, tandis qu'aujourd'hui quand je lis en anglais je me dis : &#034;Comprends ce que tu peux &#224; la premi&#232;re lecture, et puis, dans un deuxi&#232;me temps, ou le lendemain, tu regarderas le dictionnaire pour trouver le sens des mots inconnus, obscurs.&#034; J'&#233;tais donc trop &#034;scolaire&#034; ! Quand on est tout seul, on peut utiliser de mauvaises techniques et s'emp&#234;cher ainsi d'apprendre efficacement. C'est cela qui est extraordinaire : on est parfois son propre ennemi. Je pense que ce ph&#233;nom&#232;ne se rencontre dans tous les pays, tous les milieux sociaux, mais tout particuli&#232;rement dans les milieux populaires. En effet, la question de la classe sociale est fondamentale. Si on a des enfants dont les parents sont des paysans, des employ&#233;s, des m&#233;decins ou des ministres, la situation de chaque &#233;l&#232;ve est compl&#232;tement diff&#233;rente. Il y a des mani&#232;res de r&#233;agir, un cheminement, des itin&#233;raires d'apprentissage qui ne sont pas les m&#234;mes. Mais on observe aussi des diff&#233;rences entre les pays, par exemple on n'apprend pas de la m&#234;me fa&#231;on en Chine et en France, en Syrie et en France, en Angleterre et en France. Il y a des tas de choses &#224; d&#233;couvrir si l'on veut comparer les pratiques et les attitudes d'apprentissage, c'est passionnant. D'autant plus que dans son propre pays, les gens n'apprennent pas tous, non plus, de la m&#234;me fa&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_848 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L235xH314/37-1-da242.jpg?1686652153' width='235' height='314' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:235px;'&gt;&lt;strong&gt;Yannick LEFRANC&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue p&#233;dagogique (i.e. de &lt;i&gt;didactique appliqu&#233;e&lt;/i&gt;), on doit multiplier les mani&#232;res d'apprendre propos&#233;es aux &#233;l&#232;ves, car quand les apprenants ont le choix ils s'impliquent plus, travaillent et assimilent mieux. On n'a m&#234;me pas besoin de faire des enqu&#234;tes tr&#232;s pouss&#233;es pour v&#233;rifier cette hypoth&#232;se. Le sens pratique et les discussions avec les apprenants, les enseignants et les parents suffisent. Ajoutons de nouvelles proc&#233;dures et strat&#233;gies d'apprentissage, et faisons-les essayer. J'imagine que des apprenants de C&#244;te d'Ivoire ont des techniques que je ne connais pas et qui pourraient m'&#234;tre utiles en didactique des langues. Si l'on partait de ce principe que plus l'apprenant a le choix mieux il apprend, on renforcerait les capacit&#233;s d'apprentissage des gens en leur proposant un tr&#232;s large &#233;ventail de &lt;i&gt;conseils pratiques &lt;/i&gt;pour &#034;apprendre &#224; apprendre&#034; le fran&#231;ais : pour apprendre &#224; m&#233;moriser, &#224; comprendre, &#224; prononcer, &#224; reproduire et &#224; cr&#233;er des &#233;nonc&#233;s. Ce qu'on appelle &lt;i&gt;tips&lt;/i&gt; en anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui m'int&#233;resse &#233;galement beaucoup dans le domaine c'est ce que la didactique permet de d&#233;couvrir et que cache une certaine linguistique. Je suis linguiste, je ne rejette pas la linguistique mais je suis contre les dogmes de la linguistique traditionnelle. Apprendre une langue, c'est une exp&#233;rience humaine totale qui rel&#232;ve &#224; la fois de l'anthropologie, de la psychologie et de la linguistique. Malheureusement, pour une certaine linguistique, c'est comme si la langue existait en dehors de la vie, de l'histoire et de la socioculture. Selon moi, cela rel&#232;ve de l'illusion et parfois du mensonge. Or une discipline devient r&#233;ellement scientifique quand elle arrive, par la r&#233;flexion critique et autocritique, par les enqu&#234;tes, les observations et les exp&#233;rimentations, &#224; dissiper les illusions et les mensonges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Afsaneh POURMAZAHERI : Ce sont donc des probl&#232;mes que vous aviez rencontr&#233;s d&#232;s votre enfance qui vous ont pouss&#233; &#224; choisir la didactique ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y.L. : Oui, j'ai eu des difficult&#233;s &#224; apprendre certaines choses&#8230; A l'&#233;cole primaire j'&#233;tais un bon &#233;l&#232;ve, je n'avais pas de probl&#232;me. Et puis en sixi&#232;me, c'est devenu plus difficile. Dans les ann&#233;es 1950, en France, la majorit&#233; des &#233;coles primaires n'&#233;taient pas mixtes. Dans notre &#233;cole, la cour des filles et celle des gar&#231;ons &#233;taient s&#233;par&#233;es par une grille. On se regardait comme au zoo. En fait les gar&#231;ons ne faisaient pas tr&#232;s attention aux filles de l'autre c&#244;t&#233;. Apr&#232;s, on est arriv&#233;s en sixi&#232;me. Et soudain je me suis retrouv&#233; avec des filles. Je me souviens que je n'&#233;tais pas tr&#232;s content parce beaucoup &#233;taient meilleures que nous ! C'est &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me chose dans tous les pays. Est-ce parce que les filles sont plus souvent &#224; la maison que dehors, et que les gar&#231;ons sont plus souvent dehors qu'&#224; l'int&#233;rieur ? Est-ce parce que les filles ont pris davantage l'habitude de travailler et d'&#233;tudier &#224; la maison, de se concentrer sur des feuilles et des livres, &#224; la diff&#233;rence des gar&#231;ons ?&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_849 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH207/37-2-b8f7e.jpg?1686652153' width='358' height='207' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Mannuel d'arithm&#233;tique pour les marchands dans la France du XVe si&#232;cle&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;A part cela, les nouvelles mati&#232;res de la 6&#232;me me paraissaient parfois difficiles. J'ai eu un rapport distant, m&#233;fiant, avec les langues &#233;trang&#232;res. Je ne parle pas couramment l'anglais et j'ai compris pourquoi. Il y a plus de dix ans, j'ai travaill&#233; en Angleterre et je ne suis pas arriv&#233; &#224; bien m'exprimer en anglais parce que c'&#233;tait la langue du travail bureaucratique, que je n'aimais pas. Par contre, il y avait une coll&#232;gue britannique avec qui je m'entendais bien. On a discut&#233; en anglais toute une soir&#233;e. C'&#233;tait tr&#232;s int&#233;ressant pour quelqu'un comme moi, qui n'aime pas les directives, d'arriver &#224; converser librement des heures avec quelqu'un en anglais, langue de l'&#233;cole - langue des consignes - et du travail - langue des instructions. Mais j'ai parl&#233; avec quelqu'un que j'aimais bien, de choses dont j'aimais parler. Cette exp&#233;rience et d'autres en Alg&#233;rie et en Syrie m'ont beaucoup appris et m'ont encourag&#233; &#224; approfondir mes recherches dans ce domaine, notamment &#224; ne pas oublier la dimension affective, existentielle et m&#234;me po&#233;tique, de tout apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;F. P. : Quelles recherches avez-vous fait dans ce domaine ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y.L. : J'ai r&#233;dig&#233; une th&#232;se qui s'intitule &#034;Un exercice d'argumentation en situation scolaire alg&#233;rienne. Etudes des strat&#233;gies pragmatiques&#034;, sous la direction d'Oswald Ducrot. J'avais demand&#233; &#224; mes &#233;l&#232;ves du lyc&#233;e alg&#233;rien o&#249; j'enseignais le fran&#231;ais de remplir les bulles d'une bande dessin&#233;e, puis j'ai analys&#233; leurs copies pendant plusieurs ann&#233;es pour comprendre les strat&#233;gies qu'ils avaient utilis&#233;es pour r&#233;pondre &#224; mes questions. C'&#233;tait une analyse de discours avec l'outillage des mod&#232;les de la linguistique pragmatique d&#233;velopp&#233;e &#224; l'&#233;poque. J'avais commenc&#233; mes recherches sur l'apprentissage du fran&#231;ais dans une perspective sociolinguistique : en ann&#233;e de ma&#238;trise j'ai &#233;tudi&#233; les copies d'&#233;l&#232;ves d'une r&#233;gion de Bretagne qui m&#233;langeaient les expressions du parler de leurs parents avec la langue de l'&#233;cole. Les parents disaient et leurs enfants &#233;crivaient : &#034;Il mangit. Il t&#233;l&#233;phonit&#8230;&#034; J'ai pens&#233; que les copies r&#233;v&#233;laient l'influence du fran&#231;ais de leur r&#233;gion sur leur production en &#034;fran&#231;ais de l'&#233;cole&#034;. J'ai &#233;galement &#233;crit deux articles avec Kamila Sefta : le premier sur la question de l'interf&#233;rence entre l'arabe parl&#233; et le fran&#231;ais dans les textes d'&#233;l&#232;ves arabophones de France, et le second sur l'apprentissage de l'arabe alg&#233;rien par des non arabophones. Par ailleurs, j'ai travaill&#233; sur l'encha&#238;nement des &#233;nonc&#233;s et sur le sens des segments avec &#034;ou plut&#244;t&#034;. J'ai aussi &#233;tudi&#233; des articles de la presse d'extr&#234;me-droite raciste fran&#231;aise : comment, en 1998, ils avaient pr&#233;sent&#233; un mouvement de gr&#232;ve de lyc&#233;ens et de professeurs dans un d&#233;partement o&#249; il y avait beaucoup d'enfants de parents ou de grands-parents immigr&#233;s, ceux que l'on dit &#034;d'origine &#233;trang&#232;re&#034; ou m&#234;me &#034;&#233;trangers&#034; en fran&#231;ais courant (et ce fran&#231;ais courant est marqu&#233; id&#233;ologiquement) ; l'analyse des discours de cette presse m'a aid&#233; &#224; mieux comprendre les cat&#233;gorisations et les raisonnements de ces journalistes d'extr&#234;me-droite. J'ai enfin &#233;crit un certain nombre d'articles qui interrogent la didactique du FLE, et qui &#233;tudient les dispositifs d'apprentissage et d'anti-apprentissage des langues. J'ai ainsi pris conscience que l'&#233;valuation (le jugement sur les &#034;comp&#233;tences&#034; des apprenants) a pris une place d&#233;mesur&#233;e au d&#233;triment du d&#233;veloppement des capacit&#233;s : on passe beaucoup de temps &#224; analyser, &#224; classer et &#224; s&#233;lectionner les &#233;l&#232;ves, au lieu de leur donner les moyens et le temps de s'approprier la langue, au lieu de &lt;i&gt;les &#233;tayer &lt;/i&gt;et de &lt;i&gt;les outiller&lt;/i&gt;, pour les motiver et les aider &#224; pers&#233;v&#233;rer dans l'effort. C'est avec ces id&#233;es qu'avec M&#233;lissa Barkat j'ai &#233;labor&#233; &lt;i&gt;La Bo&#238;te &#224; outils&lt;/i&gt;, un manuel de FLE qui propose des fiches p&#233;dagogiques : des plans de cours destin&#233;s &#224; faciliter le travail des enseignants et &#224; leur &#233;viter d' &#034;emp&#234;cher d'apprendre&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement je r&#233;dige un m&#233;moire en vue d'une habilitation &#224; diriger des recherches, pour devenir professeur des universit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;A. P. : Dans quels pays avez-vous travaill&#233; sur le probl&#232;me de l'apprentissage et quelles diff&#233;rences dans les fa&#231;ons d'apprendre avez-vous remarqu&#233; chez les &#233;l&#232;ves de chaque pays ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_851 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L174xH314/37-3-876c8.jpg?1686652153' width='174' height='314' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:174px;'&gt;&lt;strong&gt;Calcul sexag&#233;simal en M&#233;sopotamie, enseignement dans les &#233;coles de scribes&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Y. L. : J'ai travaill&#233; en Alg&#233;rie, en Syrie, en Angleterre et en France. J'ai aussi fait des interventions dans d'autres pays. Je suis all&#233; une fois aux Etats-Unis, les &#233;tudiants et les coll&#232;gues &#233;taient sympathiques mais le cadre &#233;tait un peu trop bureaucratique. Partout, j'ai remarqu&#233; des ressemblances et des diff&#233;rences. Dans les pays arabes beaucoup d'&#233;l&#232;ves apprenaient par c&#339;ur. C'&#233;tait le syst&#232;me. Je me suis dit : il faut partir de cela, prendre le meilleur et rajouter d'autres bonnes choses. Plus tard l'Angleterre m'a beaucoup apport&#233; du point de vue didactique m&#234;me si j'ai per&#231;u certaines rigidit&#233;s et trop de technicisme. Il faut laisser place &#224; un peu de surprise, un peu de fantaisie, d'imagination et d'art : on n'est pas des machines !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;F. P. : Dans le domaine de l'apprentissage des langues &#233;trang&#232;res, doit-on obligatoirement passer par un processus d'imitation et de par-c&#339;ur, ou peut-on s'en lib&#233;rer &#224; partir d'un certain niveau ? Comment cette autonomie est-elle acquise ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y. L. : Pour ne pas &#234;tre d&#233;pendant des gens qu'on imite, il suffit de varier ses mod&#232;les. Si vous avez une dizaine de mod&#232;les, vous allez vous-m&#234;me vous d&#233;finir et vous construire &#224; partir de tous ces exemples. Et je pense que les artistes et les &#233;crivains, mais aussi les artisans ou les futurs savants, apprennent comme cela. Les cin&#233;astes voient beaucoup de films, ils sont influenc&#233;s mais ils r&#233;fl&#233;chissent pour inventer des formes &#224; partir de ce qu'ils connaissent : &lt;i&gt;avec et contre &lt;/i&gt;leurs mod&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pareil pour nous. Par exemple, j'aimerais parler avec un accent anglais qui me plaise mais je ne l'ai pas encore trouv&#233;, c'est-&#224;-dire pas encore mis au point. On ne doit pas en rester &#224; une simple imitation mais, &#224; partir de &#231;a, essayer de construire autre chose. Il faut imiter un peu pour s'entra&#238;ner et s'encourager. N'h&#233;sitez pas &#224; imiter parce qu'on est fait comme cela : on est des &#234;tres vivants, on se d&#233;veloppe en imitant. Je suis s&#251;r qu'on imite tout le temps, j'ai imit&#233; et j'imite encore parfois mon p&#232;re, ma m&#232;re, mon grand-p&#232;re, et mes anciens professeurs ! Cela fait partie de nous. C'est l'h&#233;ritage. Mais on peut se construire &#224; sa fa&#231;on. On peut cr&#233;er quelque chose qui vous plaira m&#234;me si ce n'est pas parfait. Par exemple, si vous voulez gardez votre accent, gardez-le. Au fait, savez-vous qu'en France, il y a des gar&#231;ons qui n'aiment pas la langue fran&#231;aise acad&#233;mique parce qu'ils ne veulent pas parler comme leur institutrice, comme le &#034;chouchou du prof&#034;, ou comme des &#034;intellos&#034; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;F. P. : L'imitation est-elle plus forte chez les enfants ou chez les adultes ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y. L. : Je n'ai pas fait de recherches l&#224;-dessus mais je pense que l'on continue &#224; imiter toute sa vie. C'est sans doute plus important chez les enfants parce qu'ils ont peu v&#233;cu et qu'ils ramassent tout. Alors que lorsqu'on est adulte, on a d&#233;j&#224; assimil&#233; beaucoup de choses. Le nouveau doit &#234;tre filtr&#233; par l'ancien. Pour autant, de nombreux adultes sont influenc&#233;s par la t&#233;l&#233;vision qui donne beaucoup de mod&#232;les &#224; imiter : des personnages et m&#234;me des sc&#233;narios de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;A. P. : L'universit&#233; Marc Bloch de Strasbourg compte parmi l'un des centres les plus importants de la didactique. Quelles sont ses activit&#233;s ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_852 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH238/37-4-24550.jpg?1686652153' width='358' height='238' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;criture des nombres&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Y. L. : Notre d&#233;partement r&#233;unit des didacticiens de diff&#233;rentes langues. Nous avons 65 &#233;tudiants en premi&#232;re ann&#233;e (en Master 1), 38 en Master 2 professionnel (sp&#233;cialis&#233; en fran&#231;ais langue &#233;trang&#232;re et fran&#231;ais langue seconde), et 38 en Master 2 Recherche. On peut y &#233;tudier la didactique de toutes les langues, m&#234;me si c'est surtout le fran&#231;ais langue &#233;trang&#232;re qui int&#233;resse les &#233;tudiants, et nous cherchons &#224; favoriser les recherches plurilingues. Avec nos coll&#232;gues enseignants-chercheurs de l'universit&#233; Tarbiat Modares, l'ambassade de France &#224; T&#233;h&#233;ran et nos coll&#232;gues de l'UFR des Lettres de l'universit&#233; Marc Bloch, nous avons mis en place un accord entre les deux universit&#233;s, cet accord devrait permettre aux doctorants du FLE de Tarbiat Modares de faire leur th&#232;se de doctorat dans le cadre d'une co-direction. Mes coll&#232;gues iraniens font beaucoup de recherche, c'est bon d'avoir des &#233;changes scientifiques et culturels r&#233;guliers entre nous. Un exemple : en France, le technicisme et le &lt;i&gt;m&#233;canicisme&lt;/i&gt; influencent trop la didactique du FLE tandis qu'ici on donne beaucoup d'importance &#224; la litt&#233;rature, et m&#234;me &#224; la dimension existentielle du litt&#233;raire ; cela m'encourage &#224; introduire &#034;plus d'humanit&#233;s et d'humanit&#233;&#034; en didactique, &#224; r&#233;&#233;quilibrer la discipline en m'appuyant sur de nouveaux arguments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;A. P. : Quels groupes d'&#233;l&#232;ves ont recours d'avantage &#224; la strat&#233;gie d'&#233;vitement au point de vue de l'&#226;ge, du sexe et de la couche sociale ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y. L. : Ce sont g&#233;n&#233;ralement les &#233;l&#232;ves en difficult&#233; qui agissent ainsi. Mais, par exemple, &#224; l'oral il y a aussi des gens timides qui ont peur de parler en public. Au cours de mes enqu&#234;tes sur le rapport des &#233;l&#232;ves de France au fran&#231;ais de l'&#233;cole, j'ai rencontr&#233; un adolescent qui avait fait &#034;des b&#234;tises&#034; (comme on dit maintenant en fran&#231;ais) et qui avait repris des &#233;tudes pour devenir ing&#233;nieur. Il m'a dit : &#034;Moi, ce que j'aimerais c'est que l'&#233;cole nous apprenne &#224; parler en public.&#034; Il avait raison. Il faut pouvoir parler devant les autres sans avoir peur. Les &#233;l&#232;ves craignent d'&#234;tre la ris&#233;e des autres ou d'&#234;tre repris par le ma&#238;tre ou la ma&#238;tresse, ce sont souvent ces gens-l&#224; qui ont des strat&#233;gies d'&#233;vitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi aussi, j'ai des strat&#233;gies d'&#233;vitement ! Par exemple, je n'aime pas l'&#233;valuation : selon moi elle sert avant tout &#224; s&#233;lectionner les apprenants qui acceptent les contraintes acad&#233;miques, et &#224; &#233;liminer les autres (les plus faibles, les plus m&#233;fiants, etc.). Et &#231;a fait des ann&#233;es que j'ai du mal &#224; m'attaquer au sujet. Quand j'&#233;tais jeune, j'ai connu un &#233;crivain qui m'a dit : &#034;Lefranc, attaque la b&#234;te !&#034;. Il a fallu que je trouve mon chemin pour me motiver &#224; travailler la question en profondeur. Je me suis alors lanc&#233; dans une &#233;tude critique de l'&#233;valuation. Contrairement &#224; la maxime &#034;il faut conna&#238;tre avant de critiquer&#034;, je pense qu'on peut mieux comprendre et apprendre en critiquant ! M&#234;me si &#231;a me demande un plus de travail et de temps.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_853 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L217xH358/37-5-ccd47.jpg?1686652153' width='217' height='358' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:217px;'&gt;&lt;strong&gt;Manuel de g&#233;om&#233;trie pour l'&#233;cole primaire au XIX e si&#232;cle&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;vitement est-il une question de sexe - ou plut&#244;t de genre ? Les &#233;tudiantes iraniennes m'ont impressionn&#233; par leurs connaissances et leur curiosit&#233; intellectuelle. Parfois les obligations, les contraintes et les difficult&#233;s rendent fort et aiguisent l'intelligence. Pourtant certaines sont timides et prudentes. En effet, il y a une r&#233;serve f&#233;minine que l'on observe dans beaucoup de soci&#233;t&#233;s, notamment en Extr&#234;me-Orient ou dans les pays arabes. Il y a aussi des Fran&#231;aises qui h&#233;sitent &#224; parler en public parce que ces filles ont &#233;t&#233; rabaiss&#233;es par les parents, etc. Bien s&#251;r ce n'est pas toujours le cas. En Syrie, j'ai remarqu&#233; que les m&#232;res encourageaient souvent leurs filles &#224; suivre des &#233;tudes. Tout d&#233;pend de la famille. Mais il faut que les gens soient libres de se renforcer, et je pense que l'on doit en quelque sorte &#034;tenir en respect&#034; la famille, les autorit&#233;s, les amis, sinon on est absorb&#233;, phagocyt&#233;. Soyons un peu distant. Comme le sont les petits enfants. Vous voulez les prendre. Ils ne veulent pas &#234;tre attrap&#233;s. Ils ne veulent pas &#234;tre votre proie. Le fait de ne pas vouloir se laisser attraper est quelque chose de tr&#232;s naturel. En fait, aimer les gens c'est aussi les laisser tranquilles et seuls de temps en temps. M&#234;me si c'est difficile, quand on aime quelqu'un il faut parfois le laisser trouver son chemin, trouver sa voie tout seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;F. P. : D'apr&#232;s certains enseignants, il ne faut pas expliquer la le&#231;on &#224; la maison &#224; l'&#233;l&#232;ve parce que cela peut aboutir &#224; une sorte d'incompr&#233;hension chez l'enfant. Qu'en pensez-vous ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y.L. : Je ne suis pas d'accord. L'&#233;l&#232;ve doit pouvoir essayer et comparer diff&#233;rentes m&#233;thodes d'explication, et pouvoir parler de ce qu'il fait &#224; l'&#233;cole avec qui il veut. Un exemple : la lecture. Dans les ann&#233;es 70, en France, d'un seul coup seuls les enseignants pouvaient apprendre &#224; lire aux enfants. Mais pas les parents qui avaient connu une autre m&#233;thode et &#224; qui on disait : &#034;Non, n'apprenez pas &#224; lire &#224; votre enfant &#224; votre fa&#231;on. Laissez faire les enseignants.&#034; Du coup, depuis des ann&#233;es beaucoup de parents sont m&#233;contents parce qu'ils ne peuvent plus aider leurs enfants. La m&#233;thode syllabique des parents avait sans doute de nombreux d&#233;fauts, mais l'enfant devrait pouvoir lire de diff&#233;rentes fa&#231;ons et avoir le temps de comparer, de choisir et de s'adapter. Les parents devraient pouvoir transmettre leur exp&#233;rience d'apprentissage &#224; leurs enfants. M&#234;me si leurs m&#233;thodes sont didactiquement critiquables, et m&#234;me si elles sont techniquement moins efficaces, elles peuvent se r&#233;v&#233;ler plus productives : si les enfants apprennent dans une atmosph&#232;re sympathique, non dogmatique, et pas sous la menace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;A. P. : Avez-vous entendu parler de l'apprentissage des langues dans le r&#234;ve ? Comment est-il possible ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y.L. : Je n'ai pas travaill&#233; sur cette question. On en parle depuis au moins cinquante ans, depuis l'&#233;poque du tourne-disque. Par contre, je sais que lorsque l'on apprend quelque chose, on le retravaille la nuit, on remet les choses en place. Peut-on apprendre des langues en dormant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re question : cela marche-t-il ou pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me question : cela est-il bon ou pas ? Est-ce que ce n'est pas du conditionnement, de la manipulation ? Si on peut apprendre autrement qu'en &#233;tant robotis&#233;, tant mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, des gens esp&#232;rent qu'un jour on modifiera le code g&#233;n&#233;tique pour d&#233;cupler l'intelligence des humains. Que l'on mettra des implants &#233;lectroniques pour communiquer &#224; distance, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;F. P. : Quand et pourquoi la didactique est-elle n&#233;e ? A-t-elle aujourd'hui atteint ses objectifs ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y. L. : La didactique ne s'est pas toujours appel&#233;e la didactique. Avant, on parlait de p&#233;dagogie. En France, la p&#233;dagogie s'est d&#233;velopp&#233;e au XIXe si&#232;cle. Elle englobait tout &#224; la fois la th&#233;orie et la pratique. Aujourd'hui, dans les milieux universitaires, les enseignants-chercheurs du FLE se font appeler &#034;didacticiens&#034; et non &#034;p&#233;dagogues&#034;. La didactique est n&#233;e en France autour des ann&#233;es 60, &#224; partir de la didactique des math&#233;matiques. Plus tard d'autres disciplines sont apparues, notamment la didactique des langues vivantes (cf. le &lt;i&gt;Dictionnaire de didactique des langues&lt;/i&gt; de Galisson et Coste, publi&#233; en 1976). Malheureusement, si le but &#233;tait de permettre &#224; la majorit&#233; des &#233;l&#232;ves de r&#233;ussir, &#231;a n'a pas march&#233;. Des sociodidacticiens auraient peut-&#234;tre travaill&#233; autrement mais les didacticiens ont trop souvent limit&#233; leurs recherches aux rapports entre la discipline enseign&#233;e et l'&#233;l&#232;ve pris individuellement et psychologiquement ; ils n'ont pas consid&#233;r&#233; l'apprenant dans son histoire culturelle et personnelle, avec sa famille, ses fr&#233;quentations, ses exp&#233;riences scolaires, ses jeux et ses loisirs. Est-ce l'h&#233;ritage de la linguistique appliqu&#233;e ? Pour en sortir et pour mieux comprendre les mani&#232;res d'apprendre et d'enseigner les langues, pour mieux th&#233;oriser les pratiques, il me semble que la didactique doit discuter et r&#233;fl&#233;chir avec des gens qui travaillent sur le terrain, avec les praticiens : ils pensent, eux aussi ! Si cette discipline a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e pour aider les &#233;l&#232;ves &#224; mieux apprendre, elle a encore beaucoup de progr&#232;s &#224; faire. Bien s&#251;r, des didacticiens font avancer la recherche, comme Andr&#233; Giordan pour la didactique des sciences. Mais en g&#233;n&#233;ral, un peu comme Piaget, ils &#233;tudient les apprenants en faisant abstraction de leur exp&#233;rience socioculturelle et institutionnelle. Dans le pass&#233;, des philosophes ont r&#233;fl&#233;chi sur l'&#233;ducation et la p&#233;dagogie : il y a eu Comenius, Rousseau, et des penseurs chinois, indiens, grecs, latins, arabes, persans, etc. Pour &#233;viter de tomber dans les travers de l'hypersp&#233;cialisation (avec son technicisme, son scientisme et son m&#233;canicisme), regardons du c&#244;t&#233; de l'anthropologie et de la philosophie, et lisons notamment des philosophes comme John Dewey et Jacques Ranci&#232;re, ou encore les travaux des praticiens philosophes comme C&#233;lestin Freinet, John Holt. Et, aussi, Paolo Freire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;F. P. : Quels groupes d'enseignants peuvent mieux transmettre le contenu des le&#231;ons ? Les femmes ou les hommes ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y. L. : En France, ce sont surtout des femmes qui enseignent. Pourquoi ? Parce que les femmes exercent les m&#233;tiers les moins pay&#233;s et les moins valoris&#233;s socialement. La femme, c'est une vieille tradition, est plus orient&#233;e vers la sant&#233;, vers l'&#233;ducation que vers la recherche scientifique ou la direction des affaires. Il y a encore des progr&#232;s &#224; faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque o&#249; j'enseignais en coll&#232;ge dans le Nord de la France, le jour de la rentr&#233;e, je suis arriv&#233; en classe et une fille a soupir&#233; : &#034;Ah ! Enfin un homme !&#034;. Ils en avaient marre de ne voir que des professeurs femmes. Il faut du m&#233;lange : des grands, des petits, des hommes, des femmes, des gros, des maigres, des gens avec une moustache, des gens sans moustache, il faut de tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut m&#234;me apprendre gr&#226;ce aux enfants. Si l'on permettait &#224; des enfants ou &#224; des adolescents d'enseigner leurs langues &#224; des adultes ou &#224; d'autres enfants on serait surpris des r&#233;sultats ! On n'a pas encore tout invent&#233;. J'aimerais que des &#233;tudiants fassent des enqu&#234;tes et des recherches l&#224;-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;A. P. : Est-ce que les langues mixtes comme celles des &#233;migrants peuvent nuire &#224; l'apprentissage correct de la langue standard ? Ou au contraire, peuvent-elles aider &#224; progresser ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y. L. : Je participe justement &#224; une revue qui travaille sur l'&#233;ducation plurilingue et en ce moment nous r&#233;fl&#233;chissons aux formes de &lt;i&gt;code-switching&lt;/i&gt;, aux m&#233;langes entre la langue 1 et la langue 2. On sait que des chercheurs sont contre et d'autres pour. Je dirais qu'&#224; l'oral, il faut donner le droit aux apprenants de m&#233;langer la L1 et la L2 quand ils doivent improviser et r&#233;agir tout de suite en L2. Mais, d'un autre c&#244;t&#233;, l'enseignant les aidera &#224; ne plus m&#233;langer les langues en leur donnant le temps et les moyens n&#233;cessaires pour corriger leurs textes et pr&#233;parer des interventions en fran&#231;ais formel. Surtout ne pas dramatiser, et m&#234;me, parfois, s'amuser &#224; m&#233;langer d&#233;lib&#233;r&#233;ment la L1 et la L2 : comme les po&#232;tes ou les humoristes. Quand j'&#233;tais &#233;tudiant, j'ai travaill&#233; un mois en Allemagne comme ouvrier ; je parlais la langue de l'usine, c'est-&#224;-dire que je parlais allemand avec des ouvriers grecs et turcs avec des mots et des expressions emprunt&#233;s &#224; l'allemand et &#224; d'autres langues ; on se comprenait, surtout gr&#226;ce &#224; des blagues et des plaisanteries. En classe, les apprenants doivent pouvoir m&#233;langer les langues, surtout &#224; l'oral des &#233;changes spontan&#233;s, mais ils doivent devenir peu &#224; peu capables de parler en langue 2 standard, de &#034;parler correctement&#034; selon la norme, gr&#226;ce &#224; un cycle d'activit&#233;s : apr&#232;s l'oral plus moins m&#233;lang&#233; et h&#233;sitant, on passe &#224; l'&#233;crit, que l'on peut corriger plus facilement, avant de revenir &#224; l'oral, etc. On utilisera &#233;galement la lecture &#224; haute voix : la lecture expressive et la lecture enregistr&#233;e sur CD. Soyons patients et confiants : avec des activit&#233;s et des exercices nombreux et int&#233;ressants, les &#233;l&#232;ves et les &#233;tudiants font des progr&#232;s. Si on ne les bloque pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;A. P. : Comment des &#233;tudes ethnologiques, anthropologiques, linguistiques et sociologiques peuvent-elles venir en aide &#224; la didactique et vice versa ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y.L. : Les &#233;tudes anthropologiques et ethnologiques sont fondamentales parce qu'elles permettent de comprendre les comportements et les exp&#233;riences d'enseignement-apprentissage &#224; partir de l'exp&#233;rience sociale et historique des individus. Je ne pense pas que les anthropologues aient encore suffisamment travaill&#233; sur les questions qui m'int&#233;ressent. J'esp&#232;re que ce que je fais va apporter quelque chose &#224; &#034;l'anthropologie des mani&#232;res d'apprendre le fran&#231;ais&#034;. L'anthropologie s'int&#233;resse notamment aux techniques du corps : les soci&#233;t&#233;s humaines ont d&#233;velopp&#233; diff&#233;rentes habitudes et mani&#232;res de s'asseoir, de marcher ou m&#234;me de respirer, ou de prendre son enfant. C'est la m&#234;me chose avec les mani&#232;res d'apprendre les langues. Si je continue &#224; travailler l&#224;-dessus je vais peut-&#234;tre faire appara&#238;tre des choses que les anthropologues - et les didacticiens - n'ont pas remarqu&#233;es ou qu'ils ont n&#233;glig&#233;es. Heureusement, la didactique est une discipline qui n'est pas trop sp&#233;cialis&#233;e, ce qui me donne des libert&#233;s. Je l'aime beaucoup pour cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;F. P. : Comment le processus d'apprentissage s'accomplit-il chez les sourds-muets ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y. L. : Je sais qu'il existe des recherches et des &#233;tudes tr&#232;s importantes sur l'enseignement aux sourds-muets. Je n'ai pas grand-chose &#224; dire l&#224;-dessus mais je sais que tout le monde &#034;fonctionne &#224; l'affection&#034;. Quand les apprenants sentent qu'ils sont prot&#233;g&#233;s et aid&#233;s, qu'ils sont aim&#233;s et encourag&#233;s par les autres, et qu'ils sont &#233;paul&#233;s lorsqu'ils ont &#224; faire des choses difficiles, ils se voient comme des gens qui peuvent progresser. Il y a aussi les autistes. Ils ont peur des gens mais parfois n'ont pas peur des b&#234;tes. Et les b&#234;tes n'ont pas peur d'eux. ?a c'est extraordinaire. On a observ&#233; que des chevaux un peu sauvages se laissaient approcher par des enfants autistes. Pourquoi ? Il y a les affects. Il y a l'&#233;motion. Il y a la curiosit&#233;. On observe. On est curieux. Tous les &#234;tres vivants regardent, veulent conna&#238;tre. On est ouvert sur l'univers. On est dispos&#233; &#224; apprendre. C'est pourquoi l'exp&#233;rience de l'&#233;cole, du lyc&#233;e et de l'universit&#233; devrait &#234;tre magnifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;F.A P. : M. La Revue de T&#233;h&#233;ran vous remercie d'avoir r&#233;pondu &#224; nos questions, et vous souhaite d'atteindre l'ensemble vos objectifs de recherche en didactique.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Al-e Ahmad, un &#233;crivain &#034;engag&#233;&#034;</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article36</link>
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		<dc:date>2008-01-31T21:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Samira Fakh&#226;riy&#226;n</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Au printemps de l'ann&#233;e 1324, la revue Sokhan annon&#231;a, en publiant la nouvelle Le P&#232;lerinage, la naissance d'un nouvel &#233;crivain ; un &#233;crivain qui commen&#231;a sa carri&#232;re sous l'influence de Hed&#226;yat mais qui tenta tr&#232;s t&#244;t de trouver son ind&#233;pendance artistique et &#233;crivit quelques unes des histoires les plus significatives de la tradition iranienne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Al-e Ahmad fut cet &#233;crivain engag&#233;, intellectuel conscient &#224; la plume toujours au service du peuple. Il eut une vie assez courte, riche et tourment&#233;e&#8230; Rep&#232;res (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;N&#176; 27, f&#233;vrier 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton36-febfd.jpg?1686652153' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au printemps de l'ann&#233;e 1324, la revue &lt;i&gt;Sokhan&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Parole' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; annon&#231;a, en publiant la nouvelle &lt;i&gt;Le P&#232;lerinage&lt;/i&gt;, la naissance d'un nouvel &#233;crivain ; un &#233;crivain qui commen&#231;a sa carri&#232;re sous l'influence de Hed&#226;yat mais qui tenta tr&#232;s t&#244;t de trouver son ind&#233;pendance artistique et &#233;crivit quelques unes des histoires les plus significatives de la tradition iranienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Al-e Ahmad fut cet &#233;crivain engag&#233;, intellectuel conscient &#224; la plume toujours au service du peuple. Il eut une vie assez courte, riche et tourment&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Rep&#232;res biographiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Recherche et &#233;dition : Zam&#226;n&#238; N&#238;&#226;, Moustaf&#226;, Adab va honar-e Ir&#226;n, recueil des (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Jal&#226;l Al-e-Ahmad na&#238;t en 1923 &#224; T&#233;h&#233;ran. Son p&#232;re, H&#226;dj Seyed Ahmad, est un grand religieux de l'&#233;poque. Ainsi, il grandit dans un milieu religieux dont on pourra percevoir le reflet, de son propre aveu, dans certaines de ses &#339;uvres, telles &lt;i&gt;qu'Echange de visites (D&#238;d o B&#226;zd&#238;d) &lt;/i&gt;et &lt;i&gt;Set&#226;r&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_854 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L185xH314/36-1-b3642.jpg?1686652153' width='185' height='314' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:185px;'&gt;&lt;strong&gt;Jal&#226;l Al-e-Ahmad&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Son p&#232;re refuse de le laisser poursuivre ses &#233;tudes apr&#232;s le primaire, mais tout en travaillant, Jal&#226;l participe aux cours du soir de l'&#233;cole Dar-ol-Fonoun (l'&#233;cole Polytechnique), et obtient son baccalaur&#233;at en 1943. Cette m&#234;me ann&#233;e, il fonde avec quelques amis l'Association R&#233;formiste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Anjoman-e Esl&#226;h' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un an plus tard, la plupart des membres de ce groupe, dont Jal&#226;l, d&#233;cident d'adh&#233;rer au parti communiste iranien Toudeh. D&#232;s son adh&#233;sion, Al-e Ahmad &#233;crit plusieurs articles publi&#233;s dans diff&#233;rentes publications du Parti ainsi que dans la revue mensuelle &lt;i&gt;Les Gens &lt;/i&gt;dont il est nomm&#233; directeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1945, sa premi&#232;re nouvelle est publi&#233;e dans la revue &lt;i&gt;Sokhan&lt;/i&gt;, ce qui lui vaudra l'amiti&#233; de S&#226;degh Hed&#226;yat, le ma&#238;tre de la nouvelle persane. A la fin de la m&#234;me ann&#233;e, il publie son premier livre, &lt;i&gt;Echange de Visites&lt;/i&gt;, recueil de ses nouvelles d&#233;j&#224; publi&#233;es dans les revues &lt;i&gt;Sokhan&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Les Gens&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il termine en 1946 ses &#233;tudes sup&#233;rieures en litt&#233;rature persane et fait connaissance avec N&#238;m&#226; Youch&#238;dj, p&#232;re de la po&#233;sie moderne, qui deviendra l'un de ses amis intimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est engag&#233; en 1947 comme professeur dans divers lyc&#233;es de T&#233;h&#233;ran. Il publie son deuxi&#232;me recueil de nouvelles, &lt;i&gt;De la peine que nous avons (Az ranj&#238; ke m&#238;bar&#238;m)&lt;/i&gt;, &#233;crit dans le style du r&#233;alisme socialiste, qui revient sur les &#233;checs du parti Toudeh. Ce livre sera plus tard consid&#233;r&#233; par l'auteur comme l'un des plus mauvais qu'il ait &#233;crit et il interdira sa r&#233;&#233;dition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette m&#234;me ann&#233;e qu'&#224; la suite d'un diff&#233;rend avec les chefs du Parti, certains membres, dont Al-e-Ahmad, avec &#224; leur t&#234;te Jal&#238;l M&#226;lek&#238;, quittent le Toudeh et fondent le parti &#034;socialiste-toudeh&#034; de l'Iran - parti qui ne conna&#238;t d'ailleurs pas une longue existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cet &#233;chec, Jal&#226;l quitte la sc&#232;ne politique pour se consacrer avec plus de s&#233;rieux &#224; l'&#233;criture. Il publie &lt;i&gt;Set&#226;r&lt;/i&gt;, et traduit les &#339;uvres de Dosto&#239;evski, de Camus, de Sartre et de Gide. En 1950, il &#233;pouse Simine D&#226;neshv&#226;r, grande &#233;crivaine iranienne, qui sera d&#232;s lors son premier lecteur et critique .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apparition du parti du Front national et la nationalisation du p&#233;trole le poussent de nouveau vers la politique. Il fonde avec M&#226;lek&#238; et Bagh&#226;y&#238; le Parti des travailleurs du peuple iranien (&lt;i&gt;Hezb-e zahmatkesh&#226;n-e mardom-e ir&#226;n&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1953, il se retire de la Troisi&#232;me Force et para&#238;t quitter la sc&#232;ne politique. Il traduit &lt;i&gt;Retour d'URSS &lt;/i&gt;de Gide et Les &lt;i&gt;Mains sales &lt;/i&gt;de Sartre, des livres qui refl&#232;tent bien sa pens&#233;e de l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette retraite de la vie politique, qui suit l'&#233;chec du Front National, lui donne l'occasion de voyager au sein de son pays et d'&#233;crire ses c&#233;l&#232;bres monographies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1962, Jal&#226;l accepte la direction de la rubrique intitul&#233;e &#034;Livre du mois&#034; de Keyh&#226;n dont seulement deux &#233;ditions paraissent, apr&#232;s quoi il est arr&#234;t&#233; pour la publication du premier chapitre de l'&lt;i&gt;Occidentalisation&lt;/i&gt;, son &#339;uvre la plus c&#233;l&#232;bre, qu'il consid&#232;rera lui-m&#234;me comme un point culminant dans sa carri&#232;re d'&#233;crivain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc de nouveau r&#233;duit au silence. Apr&#232;s sa lib&#233;ration, il commence &#224; voyager et visite quelques pays, et en 1962, il est envoy&#233; en mission en Europe pour &#233;tudier la publication des livres scolaires. Au printemps 1964, il effectue un p&#232;lerinage &#224; la Mecque. L'&#233;t&#233; de cette m&#234;me ann&#233;e, acceptant l'invitation du septi&#232;me congr&#232;s international d'anthropologie, il se rend en Union Sovi&#233;tique. En 1965, &#224; l'invitation du s&#233;minaire litt&#233;raire-politique international de l'universit&#233; de Harvard, il part aux Etats-Unis. Les comptes-rendus de chacun de ses voyages, dont le plus c&#233;l&#232;bre est celui de son p&#232;lerinage, sont publi&#233;s sous forme de r&#233;cit.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_855 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L235xH295/36-2-30c33.jpg?1686652153' width='235' height='295' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:235px;'&gt;&lt;strong&gt;Al-e Ahmad dans sa jeunesse&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;En 1967, il publie ses derni&#232;res &#339;uvres importantes &lt;i&gt;La mal&#233;diction de la terre &lt;/i&gt;o&#249; il remet en question la r&#233;forme agraire, et la traduction du &lt;i&gt;Trait&#233; du Rebelle ou le recours aux for&#234;ts&lt;/i&gt; d'Ernst J&#252;nger, qui est un essai sur le nihilisme. Il voyage la m&#234;me ann&#233;e en Azerba&#239;djan o&#249; il rencontre Samad Behrangu&#238;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1968, il fonde avec d'autres &#233;crivains le Cercle des auteurs iraniens et d&#233;clare ill&#233;gal le congr&#232;s des artistes de la cour. En voyage &#224; Mashhad, il fait connaissance avec 'Al&#238; Shar&#238;'at&#238;, le plus important intellectuel des ann&#233;es 70. Un lien de courte dur&#233;e s'&#233;tablit puisque les menaces de la Savak l'obligent &#224; s'exiler dans la r&#233;gion du Guil&#226;n, &#224; Ass&#226;lem, au nord de l'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son vieil ami, Khal&#238;l M&#226;lek&#238;, meurt au d&#233;but de l'&#233;t&#233; 1969. Cette mort influence beaucoup Al-e Ahmad, qui s'&#233;teint deux mois plus tard &#224; Ass&#226;lem.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le style d'Al-e Ahmad&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Dr. Zolfaqar&#238;, Hassan, 40 dast&#226;n-e kout&#226;h-e &#238;r&#226;n&#238; az 40 nev&#238;sandeh mo'asser, (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est surtout &#224; sa prose qu'Al-e Ahmad doit sa popularit&#233;. Les critiques consid&#232;rent son style comme l'aspect le plus important de sa cr&#233;ativit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;Il a toujours &#233;t&#233; en guerre pour ses croyances. Son &#233;criture vive, br&#232;ve, ironique, incisive, famili&#232;re, humaniste, m&#233;ticuleuse, forte, pr&#233;cise, unilat&#233;rale et journalistique a tellement influenc&#233; la &#034;prose nouvelle &#034; qu'on a souvent essay&#233;, en vain, de l'imiter. Et je crois que ce sont le romantisme europ&#233;en et la plume d'Al-e Ahmad qui caract&#233;risent notre prose litt&#233;raire d'aujourd'hui&#8230;&#034;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='L&#226;hout&#238; et Dehb&#226;sh&#238;, Y&#226;dem&#226;n-e Jal&#226;l Al-e Ahmad, Mo'assesseh farhangu&#238; gostaresh-e (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt;, disait Shar&#238;'at&#238;. Ainsi, &#034;la prose d'Al-e Ahmad ressemble &#224; son caract&#232;re changeant, vif, perspicace et p&#233;n&#233;trant. Bien qu'elle m&#234;le les exc&#232;s aux manques et des associations d'id&#233;es &#224; des inspirations diverses, elle est influente, unique et constructive. Il emprunte le principe de sa parole au Coran, aux dialogues quotidiens, &#224; la litt&#233;rature [classique] en prose de Sa'ad&#238;, N&#226;sser Khosrow... Du point de vue de la technique et de la fa&#231;on de cr&#233;er les personnages de ses histoires, il prend comme exemple des &#233;crivains occidentaux, car la cr&#233;ation d'histoires a dans notre pays un pass&#233; tr&#232;s court et sans profondeur [&#8230;] Il veut &#234;tre au courant de tous les &#233;v&#233;nements litt&#233;raires du monde. Par cons&#233;quent, il lit et traduit beaucoup. Cette influence &#233;trang&#232;re se ressent d'ailleurs dans ses &#339;uvres. Il a lui-m&#234;me affirm&#233; qu'il s'&#233;tait inspir&#233; de Ferdinand C&#233;line pour cr&#233;er le personnage du Directeur d'&#233;cole. Et les autres sentent dans son travail l'influence de Camus, Miler et Hemingway. Sans nul doute, Hemingway, de par son style d'&#233;criture par phrases courtes et serr&#233;es, a influenc&#233; un grand nombre d'&#233;crivains du monde entier&#8230;&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='appendix' title='L&#226;hout&#238; et Dehb&#226;sh&#238;, ibid., p. 105 et 106.' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Al-e Ahmad s'exprime &#224; travers des phrases courtes et des expressions fragment&#233;es et parfois entrecoup&#233;es mais claires, serr&#233;es et proches du langage parl&#233;. Il supprime souvent les verbes et ignore les &#233;l&#233;ments grammaticaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Al-e Ahmad, la soumission totale aux r&#232;gles grammaticales emp&#234;che la langue de progresser et de s'am&#233;liorer et limite la pens&#233;e. C'est pourquoi, il y a parfois, dans ses &#233;crits, des manques et des erreurs concernant l'emploi des verbes, des syntaxes, des expressions, des compositions, des comparaisons&#8230; et cela surtout dans ses nouvelles. Cependant, Al-e Ahmad a un style vif, original et dynamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;La g&#233;n&#233;ration &#224; laquelle appartenait Al-e Ahmad &#233;tait soumise &#224; l'ouragan du modernisme occidental ainsi qu'&#224; une ali&#233;nation culturelle et historique. Elle a ainsi failli perdre toute son identit&#233; historique et nationale. [Jal&#226;l] n'&#233;tait ni un politicien professionnel &#224; la recherche du pouvoir, ni un &#233;crivain charmant et sans responsabilit&#233;. Il consid&#233;rait sa plume comme son arme et disait : &#034;&lt;/i&gt;Ces jours ci, la plume est devenue une arme pour nous&#8230; que cette main soit coup&#233;e si je ne sais pas de quelle fa&#231;on utiliser cette arme&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='appendix' title='R&#226;dfar, op. cit. p. 82' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les &#339;uvres d'Ale Ahmad&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Al-e Ahmad commence sa carri&#232;re d'&#233;crivain en publiant des nouvelles. Plus tard, il d&#233;veloppe son &#339;uvre et outre les &#339;uvres romanesques il effectue plusieurs articles, traductions, monographies, etc.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les &#339;uvres romanesques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Al-e Ahmad a &#233;crit de nombreuses histoires dont la plupart sont des nouvelles racont&#233;es &#224; la premi&#232;re personne et inspir&#233;es des exp&#233;riences personnelles de l'auteur. &#034;&lt;i&gt;Les histoires d'Al-e Ahmad d&#233;butent par le recueil &lt;/i&gt;Echange de visites&lt;i&gt;, s'affermissent dans une de ses histoires longues intitul&#233;e &lt;/i&gt;Le Directeur d'&#233;cole&lt;i&gt;, et trouvent leur apog&#233;e dans le recueil de nouvelles &lt;/i&gt;Cinq R&#233;cits&lt;i&gt;. Son premier recueil de nouvelles &lt;/i&gt;Echange de visites&lt;i&gt; refl&#232;te les relations familiales profond&#233;ment influenc&#233;es par la religion. Plus tard, lorsqu'il s'engage dans le monde politique, ses histoires se teintent de th&#232;mes sociologiques et vers la fin de sa vie, d&#233;&#231;u par la politique, il se reporte &#224; son pass&#233; ; ses derni&#232;res histoires constituent en quelque sorte une recherche de son enfance.&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='appendix' title='Bigdel&#238;, Am&#238;r-Rez&#226;, Jal&#226;l chegouneh &#226;dam&#238; boud, le magazine &#238;r&#226;n jav&#226;n, n&#176; 91, p. (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les &#339;uvres romanesques d'Al-e Ahmad, on peut citer :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;De la peine que l'on supporte&lt;/i&gt; (Az ranj&#238; ke m&#238;bar&#238;m, 1947) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Set&#226;r&lt;/i&gt; (1948) : dans ce recueil de nouvelles, Jal&#226;l essaie pour la premi&#232;re fois de d&#233;passer le monde clos de sa famille paternelle et du Parti sur lesquels il parle toujours dans ces &#339;uvres, pour entrer dans un monde vide des fanatismes familiaux et partiaux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;i&gt;Femme de trop&lt;/i&gt; (Zan-e Z&#238;&#226;d&#238;, 1952) ;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les Aventures des ruches&lt;/i&gt; (Sargozaght-e kandouh&#226;, 1958) : ce livre pr&#233;sente une histoire symbolique dont les personnages principaux sont les abeilles. Cette &#339;uvre, &#233;crite sous une forme de narration traditionnelle, comprend les exp&#233;riences politiques de Jal&#226;l, entre 1950 et 51.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Directeur d'&#233;cole&lt;/i&gt; : certains consid&#232;rent cette histoire longue comme le meilleur roman d'Al-e Ahmad. Dans ce livre il s'agit, comme le titre le sugg&#232;re, d'une &#233;cole et des &#233;v&#233;nements qui s'y d&#233;roulent. Jal&#226;l emprunte les r&#233;cits de ce livre &#224; ses exp&#233;riences personnelles en tant que professeur et directeur. &#034;Directeur d'&#233;cole est &lt;i&gt;le produit des pens&#233;es personnelles et des relations affectives du petit mais tr&#232;s chaleureux milieu de la culture et de l'&#233;cole&lt;/i&gt;&#034;, dit-il lui-m&#234;me de ce livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;N. par la plume&lt;/i&gt; (Noun va Calame, 1961) : Al-e Ahmad emprunte le titre de ce livre au premier verset de la sourate &#034;Le Calame&#034; : &#034;&lt;i&gt;N. par la plume et ce qu'ils &#233;crivent&lt;/i&gt;&#034;. Ce roman repr&#233;sente la situation politique de l'&#233;poque sous forme d'une l&#233;gende. Jal&#226;l lui-m&#234;me consid&#232;re cette &#339;uvre comme un r&#233;cit symbolique des &#233;checs des mouvements gauchistes en Iran, apr&#232;s la Deuxi&#232;me guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mal&#233;diction de la terre&lt;/i&gt; (Nefr&#238;n-e zam&#238;n, 1967) : ce livre est la derni&#232;re histoire longue que Jal&#226;l a publi&#233;e de son vivant. Dans son autobiographie, il &#233;voque ce livre : &#034;&lt;i&gt;Je viens de publier &lt;/i&gt;La Mal&#233;diction de la terre&lt;i&gt;, l'histoire d'un professeur de village, pendant neuf mois d'une ann&#233;e, et les &#233;v&#233;nements qui lui arrivent ainsi qu'aux habitants du village. [J'ai &#233;crit ce livre] dans l'intention d'&#233;voquer une derni&#232;re fois le sujet de l'eau, la culture (l'agriculture), la terre et les probl&#232;mes survenus &#224; la suite de la d&#233;pendance &#233;conomique aux compagnies &#233;trang&#232;res, ainsi que dans le but de proposer une nouvelle &#233;valuation, oppos&#233;e aux id&#233;es de la plupart des politiciens et le gouvernement, de ce que l'on a injustement pr&#233;sent&#233; sous le nom de &#034;r&#233;forme agraire&#034;&lt;/i&gt;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cinq R&#233;cits&lt;/i&gt; (Panj dast&#226;n, 1971) : ce livre constitue l'une des ses meilleures &#339;uvres. Al-e Ahmad y a pr&#233;sent&#233; quelques uns des meilleurs exemples de nouvelles persanes. La forme et le contenu de ces r&#233;cits sont tr&#232;s travaill&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre de ces cinq r&#233;cits repr&#233;sentent en quelque sorte une recherche de son enfance. &#034;&lt;i&gt;Dans certaines de ces histoires, l'auteur a r&#233;ussi &#224; garder tout au long du r&#233;cit, un accent et un esprit enfantins&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='appendix' title='Dr. M&#238;r Abed&#238;n&#238;, Hassan, op. cit. p. 381.' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Cinq r&#233;cits est une peinture color&#233;e des &#233;v&#233;nements sociaux de la premi&#232;re d&#233;cennie du XXe si&#232;cle [&#8230;] Jal&#226;l y pr&#233;sente toutes les bassesses de son &#233;poque qu'un &#233;crivain engag&#233; se doit d'&#233;voquer&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb10' class='spip_note' rel='appendix' title='Assar-e Jal&#226;l az cheshm-e bar&#226;dar, magazine Soroush, n&#176; 443.' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, a d&#233;clar&#233; Shams, le fr&#232;re d'Al-e Ahmad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une Pierre sur une tombe&lt;/i&gt; (Sangu&#238; bar gour&#238;) : la derni&#232;re histoire de Jal&#226;l qui a pour sujet le probl&#232;me de la st&#233;rilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les articles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Al-e Ahmad doit une partie de sa c&#233;l&#233;brit&#233; &#224; ses articles. Il &#233;crit plusieurs articles sur des sujets tr&#232;s diff&#233;rents les uns des autres. Les articles de Jal&#226;l refl&#232;tent son caract&#232;re agressif, irascible et h&#226;tif. Al-e Ahmad se contente parfois d'&#233;valuations pr&#233;cipit&#233;es ; il n'aime pas se taire en attendant qu'un jour, l'Histoire et les historiens se prononcent sur le sens de tel ou tel &#233;v&#233;nement. C'est pourquoi, la publication de ses opinions dans diff&#233;rents domaines lui a parfois caus&#233; des probl&#232;mes. Selon certains critiques, il n'aurait &#233;galement pas assez de connaissances dans les domaines concernant ceux sur lesquels il s'exprime parfois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la mani&#232;re par laquelle Jal&#226;l s'exprime dans ses articles est tellement originale que malgr&#233; les erreurs fr&#233;quentes, elle rend ses &#233;crits tr&#232;s lisibles et int&#233;ressants. Son style, peu adapt&#233; aux &#339;uvres romanesques, trouve sa v&#233;ritable place dans ces articles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des ses premiers articles, &lt;i&gt;Sept articles&lt;/i&gt;, publi&#233;s en 1954 jusqu'aux derniers, &lt;i&gt;Les Services et les trahisons des intellectuels&lt;/i&gt;, publi&#233;s en 1977, le style d'Al-e Ahmad ainsi que les autres aspects de son travail se perfectionnent de plus en plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des articles les plus connus d'Al-e Ahmad est &lt;i&gt;L'occidentalit&#233; &lt;/i&gt;(Qarb z&#226;degu&#238;). Cet &#233;crit exerce une grande influence sur le mouvement intellectuel de l'&#233;poque. C'est au moyen de cet essai que le terme d'Occidentalisation se fait conna&#238;tre en Iran - bien qu'il ait &#233;t&#233; forg&#233; par Ahmad Fard&#238;d. Dans cette &#339;uvre, Jal&#226;l traite des racines de l'occidentalisation et les cons&#233;quences culturelles, sociales, &#233;conomiques et politiques qui en r&#233;sultent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet essai est compl&#233;t&#233; avec deux autres recueils d'articles : &lt;i&gt;Trois autres articles &lt;/i&gt;(Se maq&#226;le d&#238;guar) et&lt;i&gt; Les services et les trahisons des intellectuels&lt;/i&gt; (Dar khedmat va khi&#226;nat-e roshanfekr&#226;n). Ce dernier pr&#233;sente l'ensemble des aspects de la doctrine sociale, politique et culturelle d'Al-e Ahmad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'&#233;valuation pr&#233;cipit&#233;e&lt;/i&gt; (Arzy&#226;b&#238;-e shetabz&#226;deh, 1963) est un autre recueil d'articles d'Al-e Ahmad. Ce livre est compos&#233; de dix-huit articles traitant de divers sujets tels que la po&#233;sie, la peinture, l'anthropologie, les probl&#232;mes sociaux, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un dialogue avec Sa'ad&#238;, Al-e Ahmad r&#233;v&#232;le ce qui l'a pouss&#233; &#224; choisir un tel titre : &#034;&lt;i&gt;J'ai choisi &#034;Evaluation&#034; parce que la plupart de ces articles ne sont que des conceptions &#224; la recherche de critiques, dans les domaines diff&#233;rents qu'indiquent les titres ; &#034;pr&#233;cipit&#233;e&#034; parce que la plupart des articles sont pr&#233;par&#233;s dans de tr&#232;s courts d&#233;lais.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les r&#233;cits de voyage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On ne peut s&#233;parer la vie d'Al-e Ahmad de ses voyages. Il fait de nombreux voyages dans diff&#233;rentes r&#233;gions de l'Iran ainsi qu'&#224; l'&#233;tranger. Les impressions rapport&#233;es de ces voyages aboutissent souvent &#224; la r&#233;daction de monographies ou de r&#233;cits de voyages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Khasi dar miq&#226;t &lt;/i&gt;(si on traduit ce titre mot &#224; mot, signifie : brindille de bois mort au lieu de rendez-vous. Cependant, de fa&#231;on abstraite, &#034;khas&#034; fait r&#233;f&#233;rence &#224; un individu m&#233;prisable. De plus, on appelle &#034;miq&#226;t&#034; le lieu o&#249; les p&#232;lerins rev&#234;tent l'habit de p&#232;lerin et se pr&#233;parent pour aller &#224; la Ka'aba). Son r&#233;cit de voyage le plus connu, comprend le r&#233;cit de son p&#232;lerinage de la Mecque. Jal&#226;l, dou&#233; d'un esprit perspicace, y rel&#232;ve ce que les autres ne voient pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les autres r&#233;cits de voyage d'Al-e Ahmad, on peut citer ceux de ses voyages en Russie, aux Etats-Unis, en Isra&#235;l, en France et en Angleterre, ou au sein-m&#234;me de l'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les monographies&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour pr&#233;parer ses monographies, au lieu de fouiller des papiers dans des biblioth&#232;ques, Al-e Ahmad pr&#233;f&#232;re voyager dans divers villes et villages en essayant de les conna&#238;tre de pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses monographies ainsi que ses autres &#339;uvres subissent une &#233;volution au cours du temps ; sa derni&#232;re monographie, &lt;i&gt;L'Ile Khark, La Perle unique du Golfe Persique &lt;/i&gt;(1960), qui pr&#233;sente la g&#233;ographie historique, la situation sociale, les l&#233;gendes, la culture g&#233;n&#233;rale, etc. de cette &#238;le est tr&#232;s diff&#233;rente de sa premi&#232;re monographie &lt;i&gt;Ourazan&lt;/i&gt; (1954) qui pr&#233;sente Ourazan, l'un des villages situ&#233;s pr&#232;s de la ville de T&#226;leq&#226;n.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les traductions&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les traductions constituent une autre partie de l'h&#233;ritage litt&#233;raire d'Al-e Ahmad. Il en effectue une dizaine, choisissant des ouvrages proches de ses id&#233;es. Il traduit de grands &#233;crivains fran&#231;ais comme Sartre (&lt;i&gt;Les Mains sales&lt;/i&gt;), Camus (&lt;i&gt;L'Etranger&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Malentendu&lt;/i&gt;), Gide (&lt;i&gt;Retour d'U.R.S.S &lt;/i&gt;et &lt;i&gt;Les Nourritures terrestres&lt;/i&gt;) et Ionesco (&lt;i&gt;Rhinoc&#233;ros&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Soif et la faim&lt;/i&gt;)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#339;uvres romanesques d'Al-e Ahmad sont les plus importantes de ses &#233;crits. Aujourd'hui, tout le monde le conna&#238;t comme un &#233;crivain engag&#233; et pr&#233;curseur. Outre sa sinc&#233;rit&#233;, sa franchise et ses connaissances sociopolitiques, ce qui lui vaut avant tout cette c&#233;l&#233;brit&#233; est sa vision de l'&#233;crivain et du statut de la &#034;plume&#034; : &#034;&lt;i&gt;Prends garde de ne pas vendre la parole pour gagner du pain et de ne pas rendre l'&#226;me au service du corps. A tout prix, m&#234;me &#224; la richesse de Cr&#233;sus, ne te r&#233;duis pas &#224; l'esclavage de l'homme ! Si tu vends, il vaut mieux vendre ton bras plut&#244;t que ta plume !...&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb11' class='spip_note' rel='appendix' title='Al-e Ahmad, Jal&#226;l, Zan-e z&#238;&#226;d&#238;, Ferdows&#238;, neuvi&#232;me &#233;dition, T&#233;h&#233;ran, 1384 (...)' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Parole&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Recherche et &#233;dition : Zam&#226;n&#238; N&#238;&#226;, Moustaf&#226;, &lt;i&gt;Adab va honar-e Ir&#226;n&lt;/i&gt;, recueil des articles d'Al-e Ahmad, premier volume, &#233;ditions M&#238;tr&#226; et Hamkel&#226;ss&#238;, &#034;l'Autobiographie&#034;, p. 17-28. / T&#226;q&#238;z&#226;deh, Mehd&#238;, &lt;i&gt;Bey ad-e Jal&#226;l&lt;/i&gt;, Jabar&#238;, 1379 (2001), rep&#232;res biographiques d'Al-e Ahmad par Dehb&#226;sh&#238;, p.136-137 / R&#226;dfar, Abolgh&#226;ssem, &lt;i&gt;Jal&#226;l Al-e Ahmad dar yek neg&#226;h&lt;/i&gt;, revue &lt;i&gt;Adab&#238;&#226;t-e d&#226;st&#226;n&#238;&lt;/i&gt;, n&#176; 47&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Anjoman-e Esl&#226;h&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dr. Zolfaqar&#238;, Hassan, &lt;i&gt;40 dast&#226;n-e kout&#226;h-e &#238;r&#226;n&#238; az 40 nev&#238;sandeh mo'asser&lt;/i&gt;, N&#238;m&#226;, deuxi&#232;me &#233;dition, 1383 (2004)/ Dr. M&#238;r Abed&#238;n&#238;, Hassan, &lt;i&gt;Sad s&#226;l dast&#226;n nev&#238;ss&#238;-e &#238;r&#226;n&lt;/i&gt;, Tcheshmeh, Deuxi&#232;me &#233;dition, 1386 (2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L&#226;hout&#238; et Dehb&#226;sh&#238;, &lt;i&gt;Y&#226;dem&#226;n-e Jal&#226;l Al-e Ahmad&lt;/i&gt;, Mo'assesseh farhangu&#238; gostaresh-e honar, T&#233;h&#233;ran, 1368 (1989), p.78 et 79&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L&#226;hout&#238; et Dehb&#226;sh&#238;, ibid., p. 105 et 106.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R&#226;dfar, op. cit. p. 82&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='appendix'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bigdel&#238;, Am&#238;r-Rez&#226;, &lt;i&gt;Jal&#226;l chegouneh &#226;dam&#238; boud&lt;/i&gt;, le magazine &lt;i&gt;&#238;r&#226;n jav&#226;n&lt;/i&gt;, n&#176; 91, p. 27&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='appendix'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dr. M&#238;r Abed&#238;n&#238;, Hassan, op. cit. p. 381.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='appendix'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Assar-e Jal&#226;l az cheshm-e bar&#226;dar&lt;/i&gt;, magazine &lt;i&gt;Soroush&lt;/i&gt;, n&#176; 443.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='appendix'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Al-e Ahmad, Jal&#226;l, &lt;i&gt;Zan-e z&#238;&#226;d&#238;&lt;/i&gt;, Ferdows&#238;, neuvi&#232;me &#233;dition, T&#233;h&#233;ran, 1384 (2005).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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