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	<title>La Revue de T&#233;h&#233;ran | Iran </title>
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	<description>Iran | Mensuel culturel iranien en langue fran&#231;aise | Histoire de l'Iran, Art iranien, Culture iranienne, Traditions iraniennes, Litt&#233;rature persane, Langue fran&#231;aise en Iran,</description>
	<language>fr</language>
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		<title>La Revue de T&#233;h&#233;ran | Iran </title>
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		<title>La f&#234;te de Norouz ou l'&#233;loge de la joie</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rouhollah Hosseini</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le monde est profond, plus profond qu'aucun ne peut le dire. Son malheur est profond. La joie est plus profonde encore que le chagrin. Le malheur dit : va t-en ! Mais, la joie veut toute l'&#233;ternit&#233;. Elle veut profond&#233;ment l'&#233;ternit&#233; abyssale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Fr&#233;d&#233;ric Nietzsche &lt;br class='autobr' /&gt;
Norouz est &#233;videmment la f&#234;te iranienne la plus joyeusement c&#233;l&#233;br&#233;e depuis un temps mythique, situ&#233; par la plupart des historiens &#224; l'&#233;poque de Djamshid, le roi perse qui fit la joie de son peuple en montant au ciel debout sur son char. Dans la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;N&#176; 29, avril 2008&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton171-f1aa3.jpg?1686657353' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le monde est profond, plus profond qu'aucun ne peut le dire. Son malheur est profond. La joie est plus profonde encore que le chagrin. Le malheur dit : va t-en ! Mais, la joie veut toute l'&#233;ternit&#233;. Elle veut profond&#233;ment l'&#233;ternit&#233; abyssale.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;Fr&#233;d&#233;ric Nietzsche&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Norouz est &#233;videmment la f&#234;te iranienne la plus joyeusement c&#233;l&#233;br&#233;e depuis un temps mythique, situ&#233; par la plupart des historiens &#224; l'&#233;poque de Djamshid, le roi perse qui fit la joie de son peuple en montant au ciel debout sur son char&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Askar Bahr&#226;mi, Les f&#234;tes iraniennes, Ed. Bureau de recherches culturelles, (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans la conception zoroastrienne, Norouz symbolise la fin de la saison d'Ahriman, l'hiver, et annonce l'arriv&#233;e de la saison d'Ormuzd, l'&#233;t&#233;, et co&#239;ncide avec le printemps, qui apporte un souffle nouveau au monde, &#224; la vie. Elle &#233;voque en ce sens le bonheur du recommencement et la joie de vivre, qu'on essaie de rendre &#233;ternel dans des formules jubilatoires : &#034;Que tu voies cent ans les m&#234;mes ann&#233;es !&#034;, &#034;Que tu vieillisses !&#034; &#034;Bonne ann&#233;e !&#034;, &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La f&#234;te de Norouz est notamment marqu&#233;e par le sentiment de joie, cette grande vertu de l'existence sans laquelle la vie serait insupportable. La grande valeur accord&#233;e &#224; la joie dans cette f&#234;te comme dans bien d'autres montre aussi qu'elle est associ&#233;e aux autres aspects universels de l'activit&#233; humaine. Notons que la joie peut &#234;tre prise en divers sens ; ici cependant, on la comprend au sens plein du terme, en tant que manifestation du bonheur, de la b&#233;atitude, et de cette satisfaction qu'&#233;prouve la conscience existante. L'homme est en vie et il prend plaisir &#224; sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_686 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L235xH300/171-2-d2aa4.jpg?1686657353' width='235' height='300' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:235px;'&gt;&lt;strong&gt;Baruch Spinoza, Portrait de 1665 tir&#233; de la Herzog-August-Bibliothek&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;La joie est pour ainsi dire l'expression du bonheur, lequel forme la grande aspiration de l'homme depuis la nuit des temps. Le m&#234;me bonheur constitue l'accomplissement de la fonction de l'homme, et il est, pour un Aristote, non seulement la fin de l'&#233;thique mais aussi la fin de la politique, car la cit&#233; juste est heureuse. Toute l'histoire de la philosophie, on le sait, est travers&#233;e par cette question du bonheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bonheur et la joie poss&#232;dent &#233;galement un sens tr&#232;s fort dans le langage religieux, en tant que r&#233;ponse jubilatoire surgie du c&#339;ur croyant devant la r&#233;v&#233;lation du divin et en tant que participation &#224; la vie divine, joie en elle-m&#234;me. Dans la conception religieuse, la joie &#233;ternelle est d&#233;finie en tant que fin des voies de Dieu ; le message de toutes les religions est que le royaume de Dieu est paix et joie. L'importance de la question semble ainsi acquise ; l'enjeu de la joie est d&#233;cisif et premier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, &#233;tudier la joie - le bonheur, le plaisir - pourrait-il nous aider &#224; r&#233;pondre &#224; plusieurs questions concernant l'existence et l'exp&#233;rience humaines : l'homme se fait et se d&#233;finit dans son rapport avec ce sentiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La joie constitue le fondement de l'&#233;thique d'un philosophe comme Spinoza, pour qui le d&#233;sir d'agir et de vivre heureusement est &#224; l'origine m&#234;me de l'essence humaine ; elle est en effet source d'harmonie et de paix non seulement pour l'individu mais aussi pour la soci&#233;t&#233; : la joie est en ce sens amour, et de soi-m&#234;me et de l'univers. En effet, contrairement au s&#233;rieux, qui exclut et qui ne permet pas le contact, la joie cherche le contact et entend par son effet contagieux surmonter l'exclusion de l'autre. Le rire qu'elle provoque peut aller ainsi &#224; l'encontre de la raison excluant dans presque toutes ses manifestations : norme, ordre, autorit&#233;, etc. Cette consid&#233;ration instructive nous ram&#232;ne au Moyen-&#226;ge en Europe, au temps o&#249; la foule vivait au rythme de l'&#233;glise, consid&#233;r&#233;e comme l'unique instance autoritaire inspectant et r&#233;glant la vie des individus sous tous ses aspects. A l'&#233;poque, la f&#234;te de No&#235;l passait pour la premi&#232;re, &#224; savoir la plus grande des r&#233;jouissances populaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Il est ainsi attribu&#233; au rire une fonction subversive dont discute Bakhtine (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; le peuple s'en servait pour, entre autre, exprimer son d&#233;sir de joie de vivre mais aussi son horreur du pouvoir absolu et impitoyable des rois qui ne r&#234;vaient qu'&#224; la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_687 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH252/171-3-8f63c.jpg?1686657353' width='336' height='252' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:336px;'&gt;&lt;strong&gt;Printemps en Iran, village de Dehnou,Yasoudj &lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, Nietzsche met en place une nouvelle valeur, voire une nouvelle morale &#224; partir de la joie. Toute sa philosophie peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une lutte acharn&#233;e contre la pulsion de mort et le triomphe de la tristesse, lesquelles vont &#224; l'encontre de la vie. Cette derni&#232;re, d&#233;finie chez lui en termes d'affirmation, de positivit&#233; et de joie, est exalt&#233;e dans sa richesse. A ce m&#234;me titre, nous acc&#233;dons chez le philosophe &#224; la figure de Dionysos, dieu joyeux qui remplace le Dieu jud&#233;o-chr&#233;tien de la tristesse. Nietzsche ne veut plus apercevoir la vie &#224; travers les &#034;sentiments noirs&#034;, mais l'&#233;prouver enti&#232;rement dans la joie. Cette derni&#232;re est en effet &#224; l'origine de sa r&#233;flexion sur toutes les manifestations de la cr&#233;ation artistique, telle que la musique ou la danse. Elle constitue pour ainsi dire l'essence de la cr&#233;ation et de l'art. Dans cette optique et en revalorisant la joie et ses manifestations dont le plaisir et le rire, des f&#234;tes telles que Norouz peuvent &#234;tre con&#231;ues comme fondatrices de l'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ambiance joyeuse des f&#234;tes nous rappelle, r&#233;p&#233;tons-le, la vie et l'amour, cette noble aspiration de l'&#226;me, qui reste peut-&#234;tre la seule issue pour l'homme face &#224; la mort. Les f&#234;tes sont aussi une occasion pour partager l'amour. Norouz, par sa nature verte, par son air doux et son animation, a pour t&#226;che de nous rappeler la vie, le monde et la paix. Elle nous apprend en effet que la vie vaut d'&#234;tre v&#233;cue, que le monde est plein de beaut&#233;s, et qu'il y a le printemps qui nous attend toujours apr&#232;s l'hiver.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Askar Bahr&#226;mi, &lt;i&gt;Les f&#234;tes iraniennes&lt;/i&gt;, Ed. Bureau de recherches culturelles, T&#233;h&#233;ran, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il est ainsi attribu&#233; au rire une fonction subversive dont discute Bakhtine dans son estimable ouvrage, &lt;i&gt;L'&#339;uvre de Fran&#231;ois Rabelais et la culture populaire au Moyen-&#226;ge&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Mehreg&#226;n, f&#234;te de l'Homme et de la Nature</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article172</link>
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		<dc:date>2008-04-01T14:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arefeh Hedjazi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le Nouvel an iranien, qui marque l'entr&#233;e, du moins administrative, de l'Iran dans une nouvelle ann&#233;e 1387 remet de nouveau le d&#233;bat sur la question des relations qu'entretiennent en Iran la superposition de deux traditions culturelles, celles pr&#233;islamiques et parfois m&#234;me pr&#233; zoroastriennes de l'Iran, et l'apport de l'islam. En effet, l'Iran musulman a su pr&#233;server la plus grande partie de son h&#233;ritage mill&#233;naire, menac&#233; par plusieurs invasions. Ainsi, nous sommes t&#233;moins du cumul de plusieurs types de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;N&#176; 29, avril 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton172-4a475.jpg?1686657353' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Nouvel an iranien, qui marque l'entr&#233;e, du moins administrative, de l'Iran dans une nouvelle ann&#233;e 1387 remet de nouveau le d&#233;bat sur la question des relations qu'entretiennent en Iran la superposition de deux traditions culturelles, celles pr&#233;islamiques et parfois m&#234;me pr&#233; zoroastriennes de l'Iran, et l'apport de l'islam. En effet, l'Iran musulman a su pr&#233;server la plus grande partie de son h&#233;ritage mill&#233;naire, menac&#233; par plusieurs invasions. Ainsi, nous sommes t&#233;moins du cumul de plusieurs types de f&#234;tes, religieuses ou profanes, des A&#239;ds musulmans comme la F&#234;te du Ghorb&#226;n, la F&#234;te du Fitr qui cl&#244;t le mois de ramadan, etc., et des f&#234;tes propres &#224; la civilisation persane telles que le Naurouze, le Yald&#226;, le Mehreg&#226;n, le Sadeh, etc.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_688 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L280xH252/172-1-a0009.jpg?1686657353' width='280' height='252' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:280px;'&gt;&lt;strong&gt;Mithra sacrifiant, Mus&#233;e du Louvre, Paris. Le bonnet phrygien, cher aux coeurs des r&#233;volutionnaires de 1789, &#233;tait l'apanage de Mithra&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Il est tr&#232;s &#233;tonnant de noter la diff&#233;rence de dates entre ces deux genres de f&#234;tes. Les f&#234;tes islamiques, &#233;tant bas&#233;es sur le calendrier lunaire, se d&#233;placent sur le calendrier solaire de l'Iran au gr&#233; des fantaisies de la lune alors que les f&#234;tes pr&#233; islamiques, qui souvent, c&#233;l&#232;brent les saisons et les jours selon le calendrier antique de l'Iran, -pratiquement le m&#234;me que celui aujourd'hui en vigueur-, ne se d&#233;placent gu&#232;re d'une ann&#233;e &#224; l'autre. En r&#233;alit&#233;, ces tr&#232;s vieilles c&#233;l&#233;brations ont souvent &#233;t&#233; dispos&#233;es en vue de comm&#233;morer un jour important selon le mazd&#233;isme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les c&#233;l&#233;brations qui nous sont peu ou prou rest&#233;es du monde antique, certaines marquent le cumul d'un jour et d'un mois qui portent le m&#234;me nom. En effet, dans le zoroastrisme, chaque mois et chaque jour avaient un nom. Nous lisons ainsi dans les annotations de l'&lt;i&gt;A'Tafhim&lt;/i&gt; par Jalal-e-din Hom&#226;yi : &#034; Les Perses avaient une r&#232;gle g&#233;n&#233;rale qui voulait que quand le nom du mois et celui du jour concordaient, ce jour &#233;tait f&#234;t&#233;. On avait ainsi douze f&#234;tes, telles que Farvardineg&#226;n, Ordibeheshtg&#226;n, Khord&#226;dg&#226;n, etc&#8230; &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'Iran musulman ne reconna&#238;t plus que le nom des mois, qui scandent son calendrier bas&#233; sur le rythme des saisons, mais certaines de ces f&#234;tes antiques nous sont rest&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi elles, l'on peut citer l'importante f&#234;te du Mehreg&#226;n, qui correspond au d&#233;but de l'automne et est c&#233;l&#233;br&#233; le 16 mehr, le jour de Mehr, (Izad) dieu-ange de l'&#233;quit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le zoroastrisme, plusieurs &#034; izad &#034; aident Ahura Mazda dans sa lutte contre Ahriman, dieu absolu du Mal. M&#234;me si l'issue du combat est d&#233;termin&#233; par avance, -c'est bien &#233;videmment Ahura qui r&#233;ussit &#224; vaincre son jumeau Ahriman-, la lutte doit avoir lieu. Et dans cette confrontation qui dure 12000 ans, les Amsh&#226;spand et les Izad sont les aides d'Ahura. Parmi eux, l'izad Mehr, qui est charg&#233; de la Justice et qui veille m&#234;me sur le trait&#233; originel existant entre Ahura et Ahriman. Cet izad poss&#232;de un carrosse dor&#233;, un palais aux mille portes et aux mille colonnes et il se d&#233;place sur son tra&#238;neau, tir&#233; par des chevaux lumineux, pour s'assurer que les trait&#233;s et les serments sont bien respect&#233;s dans tout l'univers. C'est pourquoi les soldats se pla&#231;aient sous sa protection au moment de la bataille, s'assurant ainsi une protection efficace contre l'ennemi qui, forc&#233;ment, n'avait pas respect&#233; le trait&#233;. De l&#224; est n&#233; un culte florissant &#224; Mithra -autre prononciation du nom de Mehr- qui s'est propag&#233;, probablement au moment des guerres entre l'Empire perse et les Romains, dans le territoire de ces derniers. Ainsi, le mithra&#239;sme europ&#233;en, qui fut un rival important du christianisme, naquit et fut d&#233;velopp&#233; essentiellement par les militaires romains, du moins en ses d&#233;buts. On s'est d'ailleurs souvent demand&#233; comment le culte de Mithra a si facilement supplant&#233; celui de Mars. La raison de ce fait r&#233;side essentiellement dans les notions inculqu&#233;es par Mithra : honneur, courage, v&#233;rit&#233;, fraternit&#233; et discipline. Ces notions ressemblent remarquablement &#224; ceux que l'on enseigne aujourd'hui dans l'arm&#233;e. C'est pour cela en particulier que les Romains ont pr&#233;f&#233;r&#233; ce culte &#224; celui du dieu Mars, dieu originel de la guerre dans le monde romain, qui lui, pr&#233;f&#232;re la guerre pour la guerre, et se pr&#233;sente ainsi comme un dieu sanguinaire et d&#233;cadent.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_689 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L261xH252/172-2-0fa78.jpg?1686657353' width='261' height='252' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:261px;'&gt;&lt;strong&gt;Mithra et le taureau, fresque de la villa de Dura Europos, dat&#233;e entre 169 et 258&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'il en soit, le nom de Mehr fut donn&#233; par les anciens au premier mois de l'automne, septi&#232;me mois du calendrier iranien, qui correspond &#224; octobre-novembre. C'est probablement &#224; cause de la fonction de cet izad que le signe de ce mois est la balance. De plus, l'importance de cette f&#234;te tient &#224; ce qu'elle est le pendant du Naurouze. Ce dernier annonce le printemps et la renaissance alors que le Mehreg&#226;n est l'annonciateur de la mort de la Nature et du d&#233;but de la saison froide. Nous lisons dans l'&lt;i&gt;Avest&#226;&lt;/i&gt; : &#034;&#212; Sepitam&#226;n, je glorifie Mehr, ce premier cr&#233;e du monde immat&#233;riel, courageux et bon, ce tr&#232;s unique, ce tr&#232;s haut sans pareil puissant et h&#233;ro&#239;que. Ce victorieux qui porte toujours une belle arme. Celui qui ne peut &#234;tre tromp&#233; dans la plus profonde obscurit&#233;. Celui qui est le plus fort des forts. Celui qui est le plus courageux des braves. Le plus sage des bienfaiteurs. Ce victorieux cr&#233;ateur de l'aura divine. Celui qui a dix mille ou&#239;es et dix mille regards et dix mille sentinelles. Ce Mehr puissant et sage et incorruptible.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Avec ses tr&#232;s longs bras, Mehr attrape le p&#233;cheur sorti du droit chemin et l'&#234;tre cupide qui se dit que Mehr, aveugle, ne voit pas ma tra&#238;trise dans l'obscurit&#233;, et leur fait subir le ch&#226;timent de leurs actes.&#034; &lt;i&gt;Avest&#226;&lt;/i&gt;, Zoroastre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas oublier que malgr&#233; son nom, -Mehr signifie tendresse en persan-, cet izad est un dieu inexorable, impitoyable et destructeur. Il poss&#232;de des yeux, des oreilles et des aides qui lui permettent de conna&#238;tre le plus l&#233;ger manquement &#224; une parole. Apr&#232;s cela, Mehr r&#233;prime sans mis&#233;ricorde l'entorse et r&#233;tablit puissamment l'ordre et la discipline. En r&#233;alit&#233;, cet &#233;trange dieu est celui de l'ordre social et de la Justice inexorable. Chaque matin, Mehr se l&#232;ve dans un coin du monde, monte sur le mont Dam&#226;vand et observe le monde jusqu'au soir o&#249; il commence &#224; se d&#233;placer vers l'autre bout de l'univers, pour de nouveau r&#233;appara&#238;tre le lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le mus&#233;e du Vatican conserve un bas-relief de marbre sur lequel l'on peut voir Mehr enfon&#231;ant son poignard dans l'&#233;paule droite d'un taureau, et qui, tenant avec sa main libre la t&#234;te de l'animal lev&#233;e, le domine compl&#232;tement. A ses c&#244;t&#233;s, ses sentinelles qui tiennent des flambeaux allum&#233;s tourn&#233;es alternativement vers le haut et vers le bas pour montrer le lever et le coucher du soleil. L'on voit &#233;galement un chien, un serpent et un scorpion, et l'izad Mehr se tient exactement au centre de l'orbite solaire. Le taureau rappelle de m&#234;me le Dam&#226;vand, et symbolise le pouvoir du dieu ange, qui assis sur lui, le domine ainsi qu'il domine la puissance de ce mont volcanique.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_690 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L252xH257/172-3-ae2ee.jpg?1686657353' width='252' height='257' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:252px;'&gt;&lt;strong&gt;Mitra sacrifiant le taureau, Mus&#233;e du Vatican&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt; &lt;p&gt;Autrefois, avant la r&#233;forme du mazdisnanisme - nom originel du zoroastrisme- par Zoroastre, Mehr &#233;tait un &#233;gal d'Ahura. Mais apr&#232;s la r&#233;forme, il devint un ange pour redevenir dans les si&#232;cles qui suivirent un izad tr&#232;s important. La raison en est simple : Mehr est le garant des trait&#233;s et des serments, ainsi, il est &#233;galement le garant de l'ordre et des conventions sociaux. C'est pourquoi les grands mages et les rois, non plus que le peuple perse, ne tent&#232;rent s&#233;rieusement de limiter le culte &#224; lui rendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que garant des trait&#233;s sociaux, Mehr et sa f&#234;te symbolisent en r&#233;alit&#233; le respect de l'homme, une cr&#233;ature ayant justement une identit&#233; sup&#233;rieure dans le cade de sa vie sociale. Si Naurouze est la f&#234;te de la Terre, Mehreg&#226;n est sans doute celle de l'Homme. C'est pourquoi cette f&#234;te, non plus d&#233;di&#233;e &#224; un izad, mais &#224; l'homme, pr&#233;serva sa place pendant de tr&#232;s longs si&#232;cles apr&#232;s l'invasion arabe et ce ne fut que le XX&#232;me si&#232;cle et son cort&#232;ge de &#034;modernit&#233;s&#034; qui r&#233;ussit &#224; faire dans ses derni&#232;res d&#233;cennies, l'image de cette f&#234;te de l'Homme et de la Nature.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>F&#234;te de Sadeh</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article173</link>
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		<dc:date>2008-04-01T13:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Babak Ershadi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Sadeh (qui veut dire litt&#233;ralement &#034;centaine&#034; en persan) est la f&#234;te de l'apparition du feu, une centaine de jours apr&#232;s la fin de l'&#233;t&#233; ou une centaine de jours avant le d&#233;but du printemps, selon la l&#233;gende. La f&#234;te de Sadeh est une f&#234;te aussi ancienne que Norouz ou Mehreg&#226;n. Elle &#233;tait la plus grande f&#234;te du feu de l'antiquit&#233; iranienne et &#233;galement l'une des plus grandes solennit&#233;s des Perses. A ce titre, elle &#233;tait c&#233;l&#233;br&#233;e avec magnificence et par des c&#233;r&#233;monies publiques. Lorsqu'arrivait le soir de la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;N&#176; 29, avril 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton173-0424b.jpg?1686657353' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sadeh (qui veut dire litt&#233;ralement &#034;centaine&#034; en persan) est la f&#234;te de l'apparition du feu, une centaine de jours apr&#232;s la fin de l'&#233;t&#233; ou une centaine de jours avant le d&#233;but du printemps, selon la l&#233;gende. La f&#234;te de Sadeh est une f&#234;te aussi ancienne que Norouz ou Mehreg&#226;n. Elle &#233;tait la plus grande f&#234;te du feu de l'antiquit&#233; iranienne et &#233;galement l'une des plus grandes solennit&#233;s des Perses. A ce titre, elle &#233;tait c&#233;l&#233;br&#233;e avec magnificence et par des c&#233;r&#233;monies publiques. Lorsqu'arrivait le soir de la f&#234;te, au dixi&#232;me jour du mois de Bahman (onzi&#232;me mois du calendrier persan), sur toute l'&#233;tendue du vaste territoire de la Perse antique, la population en liesse c&#233;l&#233;brait la f&#234;te en allumant des feux sur les collines et sur les toits. Les gens se rassemblaient autour des feux et priaient ensemble pour le retour de la saison chaude. Venait ensuite le moment des spectacles, des jeux et des chants d'all&#233;gresse autour des feux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la f&#234;te de Sadeh remonte &#224; la plus haute Antiquit&#233;. D&#232;s l'origine, Sadeh fut une festivit&#233; populaire puisant ses sources dans l'observation par l'homme des changements cycliques des conditions climatiques pendant une ann&#233;e, dur&#233;e conventionnelle voisine de celle d'une r&#233;volution compl&#232;te de la Terre autour du Soleil. Initialement, la f&#234;te de Sadeh n'avait donc aucune origine ethnique ou religieuse : elle &#233;tait une festivit&#233; populaire appartenant &#224; tout le monde, anim&#233;e du souffle d'un sentiment &#034;cosmique&#034; dans le sens philosophique du terme : sentiment d'appartenir &#224; l'univers consid&#233;r&#233; comme un syst&#232;me bien ordonn&#233;. La f&#234;te de Sadeh &#233;tait c&#233;l&#233;br&#233;e en des temps imm&#233;moriaux, et ses sources remontent &#224; une &#233;poque si ancienne qu'elle s'est effac&#233;e de la m&#233;moire collective. Cette anciennet&#233; est, en r&#233;alit&#233;, la raison principale de l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des r&#233;cits et des l&#233;gendes que relatent les documents anciens sur les origines de Sadeh, documents qui ne manquent pas d'ailleurs de se contredire parfois concernant la date de l'apparition de la f&#234;te de Sadeh.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_691 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L333xH252/173-1-bbbf9.jpg?1686657353' width='333' height='252' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:333px;'&gt;&lt;strong&gt;Le Fravahar, symbole du Zoroastrisme, Takht-&#233; Djamsh&#238;d, &#233;poque ach&#233;m&#233;nide&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Dans la mythologie iranienne, la l&#233;gende attribue l'instauration de la f&#234;te de Sadeh au roi Houchang. Dans son &#034;Livre des rois&#034;, le po&#232;te &#233;pique iranien Ferdows&#238; d&#233;peint la sc&#232;ne de la d&#233;couverte du feu par l'homme : un jour, le roi Houchang et son cort&#232;ge suivaient leur chemin au pied de la montagne. Le roi vit un grand serpent noir sur un rocher. Il descendit de cheval, prit une petite pierre et la lan&#231;a vers le serpent qui avait effray&#233; les chevaux. La pierre ne toucha pas le serpent, mais le caillou qu'avait lanc&#233; le roi Houchang &#233;tait une pierre &#224; feu, et heurta brusquement une autre pierre &#224; fusil sur le rocher. Le contact brusque des deux petits morceaux de pierre fit jaillir des &#233;tincelles. Le serpent prit la fuite, mais les &#233;tincelles qui jaillissaient de la pierre mirent le feu &#224; un petit arbrisseau. Le roi Houchang se prosterna devant Dieu et le remercia pour lui avoir appris comment faire du feu. Le dixi&#232;me jour du mois de Bahman, nous dit Ferdows&#238;, est devenu ainsi la f&#234;te du feu, car l'homme est le seul &#234;tre qui fasse du feu, ce qui lui a donn&#233; l'empire du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ab&#251; Raih&#226;n al-B&#238;r&#251;n&#238; (973-1048), savant, philosophe, voyageur et historien, a relat&#233; dans &lt;i&gt;Les signes restants des si&#232;cles pass&#233;s &lt;/i&gt;(&#1575;&#1604;&#1570;&#1579;&#1575;&#1585; &#1575;&#1604;&#1576;&#1575;&#1602;&#1740;&#1577; &#1593;&#1606; &#1575;&#1604;&#1602;&#1585;&#1608;&#1606; &#1575;&#1604;&#1582;&#1575;&#1604;&#1740;&#1577;) et son &lt;i&gt;Comprendre la science de l'astronomie&lt;/i&gt; (&#1575;&#1604;&#1578;&#1601;&#1607;&#1740;&#1605; &#1604;&#1589;&#1606;&#1575;&#1593;&#1577; &#1575;&#1604;&#1578;&#1606;&#1580;&#1740;&#1605;), que est le roi Fereydoun qui a donn&#233; l'ordre, pour la premi&#232;re fois, d'allumer des feux sur les toits. Dans son ouvrage consacr&#233; &#224; l'astronomie, Omar Khayy&#226;m (1048-1131) a &#233;crit : &#034;&lt;i&gt;Fereydoun instaura la f&#234;te de Sadeh le jour o&#249; il vainquit Zahak. Le peuple &#233;mancip&#233; de l'oppression de Zahak c&#233;l&#233;bra la f&#234;te. D&#232;s lors, les Iraniens et les habitants des pays voisins c&#233;l&#232;brent chaque ann&#233;e cette f&#234;te pour comm&#233;morer les bons rois des &#233;poques lointaines.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Perses c&#233;l&#233;braient la f&#234;te de Sadeh, une centaine de jours apr&#232;s le d&#233;but de la saison froide. Ils croyaient que cent jours apr&#232;s le d&#233;but de la saison froide, l'hiver commen&#231;ait peu &#224; peu &#224; s'affaiblir. Pour eux, l'hiver &#233;tait un symbole de stagnation et de chaos, &#339;uvres du diable (Ahriman). Les gens se r&#233;unissaient donc dans la plaine, &#224; l'ext&#233;rieur de leurs villes et villages, pour faire un grand feu au cr&#233;puscule. Selon les Perses anciens, le feu &#233;tait un rayon de la lumi&#232;re divine et luttait contre le froid. La tradition de faire un grand feu pour la f&#234;te de Sadeh s'est institutionnalis&#233;e, pour la premi&#232;re fois, &#224; l'&#233;poque de la dynastie des Sassanides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le calendrier ancien des Perses, la f&#234;te de Sadeh &#233;tait c&#233;l&#233;br&#233;e cent jours apr&#232;s le d&#233;but de la saison froide, et quarante jours apr&#232;s le d&#233;but de l'hiver. Selon les croyances populaires qui puisent leurs racines dans les l&#233;gendes mythologiques, au quaranti&#232;me jour de l'hiver, la terre qui s'est endormie depuis le d&#233;but de la saison froide, reprend souffle et arrive enfin &#224; respirer. La f&#234;te a &#233;t&#233; appel&#233;e &#034;Sadeh&#034; (qui veut dire litt&#233;ralement &#034;centaine&#034; en persan) car cinquante jours et cinquante nuits apr&#232;s cette f&#234;te, commence le printemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon certains autres r&#233;cits sur l'origine de la f&#234;te de Sadeh, la f&#234;te a &#233;t&#233; appel&#233;e ainsi car, dans l'ancien calendrier des Perses, il n'y avait que deux saisons : un &#233;t&#233; de 210 jours et un hiver de 150 jours. La f&#234;te de Sadeh comptait d'une part le centi&#232;me jour de l'hiver, elle arrivait une centaine de jours avant que ne poussent les c&#233;r&#233;ales, vers le mois de mai (Ordibehesht).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 226 de notre &#232;re, un grand seigneur perse, Ardesh&#238;r Ier, se rebella contre les Parthes, les battit &#224; la bataille d'Ormuz (en 224 ap. J.-C.) et fonda une nouvelle dynastie perse, les Sassanides. Il fit du zoroastrisme la religion officielle de la Perse. Selon Abu Reyhan al-Bir&#251;n&#238;, c'est Ardesh&#238;r Ier qui fit de la f&#234;te de Sadeh une f&#234;te solennelle. Dans son ouvrage, il relate que cette f&#234;te &#233;tait appel&#233;e &#034;Sadeh&#034; (centaine), car le jour de la f&#234;te se situait, dans le calendrier ancien, cinquante jours et cinquante nuits avant le d&#233;but du printemps. Selon des l&#233;gendes plus anciennes, la f&#234;te de Sadeh &#233;tait le jour o&#249; le nombre des enfants du roi Kiyoumars (premier homme et p&#232;re de la race humaine dans la mythologie perse) &#233;tait arriv&#233; &#224; cent, et ce jour-l&#224;, ils choisirent l'un d'entre eux comme roi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chercheur contemporain, Mehrd&#226;d Bah&#226;r pr&#233;sente une autre th&#233;orie pour expliquer l'&#233;tymologie du mot &#034;Sadeh&#034; : Selon lui, dans le persan ancien, le mot &#034;Sadeh&#034; voulait dire &#034;apparition&#034;, et il &#233;tait c&#233;l&#233;br&#233; quarante jours apr&#232;s la f&#234;te de Yald&#226;, la nuit qui pr&#233;c&#232;de le premier jour de l'hiver dans l'h&#233;misph&#232;re nord, consid&#233;r&#233; comme jour anniversaire de la naissance du Soleil. Mehrd&#226;d Bah&#226;r &#233;crit : &#034;&lt;i&gt;La f&#234;te de Sadeh &#233;tait c&#233;l&#233;br&#233;e quarante jours apr&#232;s le d&#233;but de l'hiver. Le m&#234;me jour, il existait une autre f&#234;te avec une origine diff&#233;rente : une f&#234;te du feu puisant ses racines dans le mithra&#239;sme, culte de Mithra, dieu de la lumi&#232;re et de la sagesse dans la Perse antique, qui est devenu plus tard l'une des religions principales de l'Empire romain et le rival du christianisme dans le monde romain. Si la f&#234;te de Yald&#226; c&#233;l&#233;brait la naissance du Soleil, la f&#234;te de Sadeh &#233;tait la f&#234;te du quaranti&#232;me jour de sa naissance, comme il est de coutume chez les Iraniens, depuis des temps imm&#233;moriaux, de c&#233;l&#233;brer le quaranti&#232;me jour d'un &#233;v&#233;nement important.&lt;/i&gt;&#034; Dans sa recherche &#233;tymologique, Mehrd&#226;d Bah&#226;r rappelle que dans l'Avesta, les &#233;critures sacr&#233;es zoroastriennes des anciens Perses, le mot &#034;Sadheh&#034; (&#1587;&#1584;&#1607;) a &#233;t&#233; utilis&#233; &#224; la fois comme &#034;aube&#034; et &#034;cr&#233;puscule&#034;. Selon les l&#233;gendes avestiques, il y a cinq mille ans, un &#233;v&#233;nement astronomique se produisit et il devint l'origine de la f&#234;te de Sadeh : deux grands astres connus des gens de l'&#233;poque apparurent en m&#234;me temps dans le ciel, l'un en ascension droite, l'autre en d&#233;clinaison finale. L'apparition et la disparition de ces deux astres en m&#234;me temps, cr&#233;&#232;rent l'id&#233;e de la &#034;dualit&#233;&#034;, notion ch&#232;re dans l'esprit et les croyances mythiques des Perses d'o&#249;, selon Mehrd&#226;d Bah&#226;r les deux significations contradictoires et dualistes du mot Sadeh ou Sadheh dans les textes avestiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nos jours, la f&#234;te de Sadeh est c&#233;l&#233;br&#233;e uniquement dans les temples zoroastriens. Cependant, malgr&#233; les grands efforts des zoroastriens pour prot&#233;ger les c&#233;r&#233;monies de la f&#234;te de Sadeh, une grande partie des us et des coutumes de cette f&#234;te ancienne a disparu avec le temps.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;C&#233;r&#233;monies festives de Sadeh&lt;/h3&gt;&lt;dl class='spip_document_692 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L314xH219/173-2-4c9b5.jpg?1686657353' width='314' height='219' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:314px;'&gt;&lt;strong&gt;Pri&#232;re des Zoroastriens durant la f&#234;te de Sadeh&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Dans les temps anciens, la c&#233;r&#233;monie festive la plus importante de Sadeh &#233;tait d'allumer un grand feu. La somptuosit&#233; de la f&#234;te d&#233;pendait fondamentalement du feu allum&#233; le dixi&#232;me jour et le onzi&#232;me soir du mois de Bahman. Les rois et les grands seigneurs faisaient pr&#233;parer un tr&#232;s grand feu de bois de tamarix (&lt;i&gt;Gaz&lt;/i&gt;), arbuste originaire des pays d'orient. Le feu &#233;tait parfois si grand que l'on pouvait le voir de tr&#232;s loin. Le c&#233;l&#232;bre historien de l'&#233;poque de la dynastie des Ghaznavides au XIe si&#232;cle Beyhagh&#238; relate dans l'un de ses ouvrages que le sultan Massoud de Ghazn&#238; avait fait pr&#233;parer un tr&#232;s grand feu en l'an 426 de l'H&#233;gire pour la f&#234;te de Sadeh, feu dont la lumi&#232;re &#233;tait visible, dans la nuit, &#224; une distance d'une dizaine de lieues (environ 40 km). Les grands feux de Sadeh &#233;taient souvent allum&#233;s &#224; l'ext&#233;rieur des villages, dans les plaines, sur les collines ou sur les montagnes. Mais la f&#234;te de Sadeh n'&#233;tait pas seulement une f&#234;te royale, car les petites gens aussi la c&#233;l&#233;braient avec magnificence. Hommes, femmes et enfants sautaient par dessus les feux et chantaient des chants d'all&#233;gresse. Aujourd'hui, les zoroastriens c&#233;l&#232;brent majestueusement la f&#234;te de Sadeh. Ce sont les mages qui allument les premiers feux. Tenant une petite torche &#224; la main, le mage prie et tourne trois fois autour du bois ; il allume ensuite le feu avec sa torche. Les c&#233;r&#233;monies, les chants et les jeux s'organisent autour du feu, dans une ambiance de joie et d'all&#233;gresse.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Etendue g&#233;ographique de la f&#234;te de Sadeh&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La f&#234;te de Sadeh &#233;tait c&#233;l&#233;br&#233;e autrefois dans une vaste &#233;tendue g&#233;ographique, de l'Anatolie, r&#233;gion de l'ouest de l'Asie qui d&#233;signait dans l'Antiquit&#233; l'Asie Mineure (qui recouvre aujourd'hui l'ensemble de la Turquie d'Asie) &#224; Sin-Kiang, province occidentale de la Chine, en passant par l'ensemble du monde iranien. Les documents historiques t&#233;moignent que dans cette vaste partie du monde, la f&#234;te de Sadeh &#233;tait connue des habitants de races, de cultures et de religions diff&#233;rentes, tout comme la f&#234;te de Norouz marquant le d&#233;but du printemps. Aujourd'hui, la f&#234;te de Sadeh est propre surtout aux milieux ruraux : les habitants des r&#233;gions du nord-ouest de la r&#233;gion iranienne du Khorasan, certains groupes ethniques en Afghanistan, en Asie centrale, au Kurdistan iranien, irakien et turc, les habitants des villages du plateau central de l'Iran et les tribus nomades des provinces iraniennes du Lorestan, de Kerman et d'Azerba&#239;djan c&#233;l&#232;brent encore la f&#234;te de Sadeh.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sadeh &#224; des p&#233;riodes historiques diff&#233;rentes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avant la p&#233;riode sassanide :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'avons d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;, Ferdows&#238; attribue l'apparition de la f&#234;te de Sadeh au roi l&#233;gendaire Houchang, tandis que pour Ab&#251; Raih&#226;n al-B&#238;r&#251;n&#238; et Omar Khayy&#226;m, l'histoire de l'apparition de cette f&#234;te remonte au grand roi de la mythologie perse Fereydoun. Les auteurs anciens sont plus ou moins unanimes pour dire que c'est &#224; partir du r&#232;gne d'Ardesh&#238;r Ier, fondateur de la dynastie sassanide, que la f&#234;te de Sadeh fut consid&#233;r&#233;e comme une f&#234;te g&#233;n&#233;rale dans le calendrier royal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pendant la p&#233;riode islamique :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grands auteurs de la p&#233;riode islamique tels que al-B&#238;r&#251;n&#238;, Beyhagh&#238;, Gardiz&#238;, ou encore Mekouyeh ont d&#233;crit les &#233;volutions des c&#233;r&#233;monies de c&#233;l&#233;bration de la f&#234;te de Sadeh depuis la dynastie des Ghaznavides (XIe si&#232;cle) jusqu'&#224; l'invasion mongole de Gengis Khan et de Tamerlan (XIIe et XIVe si&#232;cles). La plupart des documents historiques de cette p&#233;riode d&#233;crivent les c&#233;r&#233;monies de la f&#234;te de Sadeh &#224; la cour des rois perses et des sultans d'origine turque, sans nous donner cependant beaucoup de d&#233;tails quant &#224; la mani&#232;re dont le peuple la c&#233;l&#233;brait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A l'&#233;poque contemporaine :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les r&#233;gions telles que le Mazandaran, le Lorestan ou le Sistan et le Baloutchistan, les paysans, les &#233;leveurs ou les tribus nomades choisissent un jour de l'hiver, plut&#244;t vers le d&#233;but ou vers la fin, pour allumer des feux au coucher du soleil, sur le toit d'une maison, au pied de la montagne, pr&#232;s d'un lieu de culte, ou encore pr&#232;s d'une prairie ou d'un champ, sans conna&#238;tre pour autant la f&#234;te de Sadeh, son histoire ou ses c&#233;r&#233;monies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Kerm&#226;n, ville du sud-est de l'Iran, chef-lieu de la province du m&#234;me nom, la population, toutes religions confondues (musulmans, zoroastriens, juifs, &#8230;) organise chaque ann&#233;e des c&#233;r&#233;monies sp&#233;ciales le dixi&#232;me jour du mois de Bahman pour c&#233;l&#233;brer la f&#234;te de Sadeh. Les &#233;leveurs nomades de la province de Kerm&#226;n, ceux qui vivent aux alentours de B&#226;ft et Sirdjan, allument des feux avec quarante bois, symbole du quaranti&#232;me jour de l'hiver, au coucher du soleil. Les paysans de la m&#234;me r&#233;gion allument leurs feux sur la place centrale de leur village, et ils chantent ensemble :&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;center&#034;&gt;(&#1587;&#1583;&#1607; &#1587;&#1583;&#1607; &#1583;&#1607;&#1602;&#1575;&#1606;&#1740; / &#1670;&#1607;&#1604; &#1705;&#1606;&#1583;&#1607; &#1587;&#1608;&#1586;&#1575;&#1606;&#1740; / &#1607;&#1606;&#1608;&#1586; &#1711;&#1608;&#1740;&#1740; &#1586;&#1605;&#1587;&#1578;&#1575;&#1606;&#1740;)&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;center&#034;&gt;&lt;i&gt;Sadeh, Sadeh des paysans,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;center&#034;&gt;&lt;i&gt;Nous allumons quarante bouts de bois,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;center&#034;&gt;&lt;i&gt;Comme si l'hiver allait durer encore tr&#232;s longtemps.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s les documents et les ouvrages historiques, la f&#234;te de Sadeh est demeur&#233;e d&#233;pourvue de dimension religieuse, d'autant plus que les l&#233;gendes et les mythes li&#233;s &#224; cette f&#234;te ancienne ont tous un aspect profane. Cet h&#233;ritage culturel appartient donc non seulement aux zoroastriens, mais &#224; tous les Iraniens, h&#233;ritage que partage &#233;galement une grande partie des populations des pays voisins de l'Iran.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Yald&#226; et No&#235;l, f&#234;tes de la &#034;naissance&#034;</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article174</link>
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		<dc:date>2008-04-01T12:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Djamileh Zia</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Yald&#226; ou la naissance de Mehr &lt;br class='autobr' /&gt;
La nuit du 21 au 22 d&#233;cembre est importante pour les Iraniens. Tout le monde se pr&#233;pare, plusiefcurs jours &#224; l'avance, &#224; c&#233;l&#233;brer la f&#234;te de Yald&#226;, qui a lieu au cours de cette nuit la plus longue de l'ann&#233;e. Pendant cette f&#234;te, les Iraniens se rassemblent en famille, traditionnellement chez les grands-parents, et veillent jusqu'&#224; l'aube. Ils mangent des fruits et des fruits secs, racontent des histoires et lisent des po&#232;mes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Yald&#226; est un mot syriaque, qui signifie (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;N&#176; 29, avril 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton174-348bf.jpg?1686657353' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Yald&#226; ou la naissance de Mehr&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La nuit du 21 au 22 d&#233;cembre est importante pour les Iraniens. Tout le monde se pr&#233;pare, plusiefcurs jours &#224; l'avance, &#224; c&#233;l&#233;brer la f&#234;te de Yald&#226;, qui a lieu au cours de cette nuit la plus longue de l'ann&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='La nuit du 21 au 22 d&#233;cembre co&#239;ncide avec le solstice d'hiver ; c'est la nuit (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pendant cette f&#234;te, les Iraniens se rassemblent en famille, traditionnellement chez les grands-parents, et veillent jusqu'&#224; l'aube. Ils mangent des fruits et des fruits secs, racontent des histoires et lisent des po&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yald&#226; est un mot syriaque, qui signifie &#034;naissance&#034;. Depuis des mill&#233;naires, les Iraniens c&#233;l&#232;brent ainsi la naissance de Mehr (ou Mithra) au cours de la nuit la plus longue de l'ann&#233;e. Cette f&#234;te symbolise la victoire de la lumi&#232;re sur les t&#233;n&#232;bres. La lumi&#232;re est associ&#233;e dans les croyances iraniennes au monde divin, au paradis et aux forces bienfaisantes, et les t&#233;n&#232;bres sont associ&#233;es &#224; l'enfer et aux forces malfaisantes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La f&#234;te de No&#235;l&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est int&#233;ressant de noter qu'il n'y a que quelques jours de d&#233;calage entre cette f&#234;te iranienne et la f&#234;te de No&#235;l. De plus, ces deux f&#234;tes se ressemblent beaucoup dans la fa&#231;on dont elles sont c&#233;l&#233;br&#233;es : le fait de se rassembler en famille et veiller jusqu'&#224; l'aube, ainsi que la pr&#233;sence d'un arbre qui reste vert pendant l'hiver sont les similitudes les plus frappantes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Les arbres qui restent verts pendant l'hiver &#233;taient sacr&#233;s pour les Iraniens (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui ne sont d'ailleurs pas le fait du hasard.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_693 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L314xH221/174-1-0f417.jpg?1686657353' width='314' height='221' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:314px;'&gt;&lt;strong&gt;La past&#232;que, un des fruits habituellement consomm&#233;s durant la f&#234;te de Yald&#226;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;En remontant aux origines de la f&#234;te de No&#235;l, on se rend compte que la date de la naissance de J&#233;sus-Christ n'a &#233;t&#233; fix&#233;e au 25 d&#233;cembre qu'au IVe si&#232;cle de l'&#232;re chr&#233;tienne. En effet, la v&#233;ritable date de la naissance du Christ n'est pas connue, et les historiens ignorent m&#234;me s'il est n&#233; en hiver ou en &#233;t&#233;. Les documents historiques montrent que le choix du 25 d&#233;cembre par l'Eglise avait pour but de faire en sorte qu'une f&#234;te tr&#232;s populaire chez les Romains &#224; l'&#233;poque -celle de la c&#233;l&#233;bration de la naissance de Mithra- soit remplac&#233;e par une f&#234;te chr&#233;tienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Le calendrier des Romains contenait une l&#233;g&#232;re erreur de calcul ; c'est (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mithra en Iran&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mithra est une divinit&#233; iranienne tr&#232;s ancienne. Nous savons que son origine remonte &#224; des mill&#233;naires, car un dieu indien appel&#233; &#034;Mitra&#034;, dont les caract&#233;ristiques sont tr&#232;s proches du Mithra iranien, est mentionn&#233; dans les plus anciens textes du V&#233;da&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Le V&#233;da est un ensemble de textes &#233;crits en sanskrit archa&#239;que, qui datent de (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des plus anciens documents o&#249; le nom de Mithra est mentionn&#233; est un trait&#233; entre trois rois, &#233;crit en aram&#233;en, qui date de 1380 av. J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_694 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L235xH314/174-2-e9a18.jpg?1686657353' width='235' height='314' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:235px;'&gt;&lt;strong&gt;No&#235;l en Iran&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;L'un des chapitres de l'Avest&#226;, livre sacr&#233; des zoroastriens, est consacr&#233; &#224; Mithra, nomm&#233; &#034;Mehr&#034; dans ce livre. L'Avest&#226; tel qu'il existe actuellement a semble-t-il &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; &#224; l'&#233;poque sassanide&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='La dynastie sassanide a r&#233;gn&#233; en Iran entre 224 et 651 apr&#232;s JC.' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais certains chapitres, dont celui consacr&#233; &#224; Mehr, semblent remonter &#224; l'&#233;poque ach&#233;m&#233;nide&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='appendix' title='Les Ach&#233;m&#233;nides (556-330) ont form&#233; un vaste empire qui s'&#233;tendit pendant une (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de doute sur le fait que Mehr et Mithra soient la m&#234;me divinit&#233; : elles ont les m&#234;mes caract&#233;ristiques, et le mot &#034;mehr&#034; - qui signifie en persan, m&#234;me encore actuellement, &#034;amiti&#233;&#034;, &#034;tendresse&#034;, ou encore &#034;affection&#034; - rejoint la signification du mot &#034;mitra&#034; - qui signifie &#034;ami&#034; en sanskrit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les Iraniens, Mithra &#233;tait une divinit&#233; secourable et bienfaisante. Il &#233;tait &#224; la fois le dieu du serment, le garant des contrats, protecteur de la v&#233;rit&#233;, ennemi du mensonge, et le dieu de la lumi&#232;re. Il entretenait donc &#224; ce titre des rapports privil&#233;gi&#233;s avec le soleil ; mais comme l'&#233;crit Pierre Briant dans son livre sur l'Empire Ach&#233;m&#233;nide&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='appendix' title='Pierre Briant, Histoire de l'Empire Perse de Cyrus &#224; Alexandre, 1996, Fayard, (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il n'y eut jamais assimilation formelle ni exclusive entre Mithra et le soleil.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mithra en Europe&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le culte de Mithra &#233;tait largement r&#233;pandu en Asie Mineure &#224; l'&#233;poque ach&#233;m&#233;nide, et peut-&#234;tre m&#234;me bien avant les conqu&#234;tes de Darius Ier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid., p. 1025' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Ce culte p&#233;n&#233;tra en Italie vers 67 av. J.-C., et se diffusa au IIe si&#232;cle apr&#232;s J.-C. dans les ports, les grandes villes et les lieux de garnison de l'Empire Romain (surtout en Italie, et sur les bords du Rhin et du Danube). Mais ce Mithra n'&#233;tait pas exactement le Mithra iranien : avant sa diffusion en Europe, les Grecs d'Asie lui avaient donn&#233; une repr&#233;sentation figur&#233;e, et avaient m&#233;lang&#233; le culte de Mithra avec le culte d'Apollon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le christianisme entra en comp&#233;tition avec le mithra&#239;sme dans l'Empire romain et supplanta ce dernier durant le IVe si&#232;cle, en devenant la religion officielle de l'Empire sous le r&#232;gne de Th&#233;odose (361-363). Le mithra&#239;sme fut formellement interdit en 391.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La nuit du 21 au 22 d&#233;cembre co&#239;ncide avec le solstice d'hiver ; c'est la nuit la plus longue de l'ann&#233;e dans les r&#233;gions temp&#233;r&#233;es de l'h&#233;misph&#232;re nord.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les arbres qui restent verts pendant l'hiver &#233;taient sacr&#233;s pour les Iraniens dans les temps anciens, car ils sont les seules plantes qui savent, au c&#339;ur de l'hiver o&#249; la nature semble morte, que le printemps viendra.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le calendrier des Romains contenait une l&#233;g&#232;re erreur de calcul ; c'est pourquoi le solstice d'hiver &#233;tait fix&#233; au 25 d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le V&#233;da est un ensemble de textes &#233;crits en sanskrit archa&#239;que, qui datent de l'&#233;poque de l'installation des Aryens dans les plaines de l'Indus et du Gange, entre 1800 et 1200 av. J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La dynastie sassanide a r&#233;gn&#233; en Iran entre 224 et 651 apr&#232;s JC.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les Ach&#233;m&#233;nides (556-330) ont form&#233; un vaste empire qui s'&#233;tendit pendant une p&#233;riode de l'Egypte jusqu'en Inde.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Briant, &lt;i&gt;Histoire de l'Empire Perse de Cyrus &#224; Alexandre&lt;/i&gt;, 1996, Fayard, pp. 460-462.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='appendix'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., p. 1025&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien avec Fereydoun Joneydi</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article175</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article175</guid>
		<dc:date>2008-04-01T11:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Djamileh Zia</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;F&#233;reydoun Joneydi : &#034;La f&#234;te &#034;Tchelleh&#034; et la f&#234;te de &#034;Norouz&#034; montrent que nos anc&#234;tres avaient des connaissances tr&#232;s pouss&#233;es en math&#233;matique et en astronomie.&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Monsieur Fereydoun Joneydi est le Directeur de la Fondation Neysh&#226;bour. Cette fondation priv&#233;e a pour but de promouvoir la recherche sur l'histoire, les langues et les civilisations iraniennes. La Fondation Neysh&#226;bour, qui accueille chaque ann&#233;e des dizaines d'amoureux des civilisations de l'Iran, a &#233;t&#233; inaugur&#233;e en 1979, gr&#226;ce aux efforts (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;N&#176; 29, avril 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton175-308a5.jpg?1686657353' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;F&#233;reydoun Joneydi : &#034;&lt;i&gt;La f&#234;te &#034;Tchelleh&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Tchelleh signifie &#034;quarantaine&#034; en persan.' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et la f&#234;te de &#034;Norouz&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Nowrouz signifie &#034;jour nouveau&#034; en persan ; c'est le nom de la f&#234;te du Nouvel (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; montrent que nos anc&#234;tres avaient des connaissances tr&#232;s pouss&#233;es en math&#233;matique et en astronomie.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur Fereydoun Joneydi est le Directeur de la Fondation Neysh&#226;bour. Cette fondation priv&#233;e a pour but de promouvoir la recherche sur l'histoire, les langues et les civilisations iraniennes. La Fondation Neysh&#226;bour, qui accueille chaque ann&#233;e des dizaines d'amoureux des civilisations de l'Iran, a &#233;t&#233; inaugur&#233;e en 1979, gr&#226;ce aux efforts incessants de Monsieur Joneydi, qui explique que l'id&#233;e d'une telle entreprise lui &#233;tait venue &#224; l'esprit le jour o&#249; il s'&#233;tait rendu compte que ceux qui s'int&#233;ressaient &#224; l'Iran devaient &#234;tre assez fous pour y consacrer leur vie enti&#232;re. Au d&#233;but, le succ&#232;s de cette fondation, o&#249; le Ma&#238;tre enseigne b&#233;n&#233;volement les langues anciennes de l'Iran, n'&#233;tait gu&#232;re assur&#233;, mais aujourd'hui, elle est devenue un centre important de recherches internationales sur l'Iran.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_695 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L235xH307/175-1-1559a.jpg?1686657353' width='235' height='307' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:235px;'&gt;&lt;strong&gt;Fereydoun Joneydi&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;-Monsieur Joneydi, si Yald&#226; est une f&#234;te iranienne, pourquoi n'a-t-elle pas un nom iranien ?&lt;/b&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Yald&#226; est un mot d'origine syriaque, et signifie &#034;naissance&#034;.' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-On appelait cette f&#234;te &#034;la f&#234;te de Tchelleh&#034; dans toutes les r&#233;gions de l'Iran jusqu'&#224; il y a vingt ans. Je ne sais pas pourquoi, l'appellation de cete f&#234;te a chang&#233; tout d'un coup. Nous utilisons en Iran, encore de nos jours, les termes &#034;petit tchelleh&#034;, &#034;grand tchelleh&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='&#034;Petit tchelleh&#034; et &#034;grand tchelleh&#034; correspondent &#224; la premi&#232;re et &#224; la (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#034;tchelleh de l'&#233;t&#233;&#034;. Ces termes nous montrent que les iraniens avaient, dans les temps anciens, un calendrier suivant lequel l'ann&#233;e &#233;tait divis&#233;e en 9 p&#233;riodes de 40 jours, plus une p&#233;riode de 5 jours en fin d'ann&#233;e, juste avant Nowrouz, qui correspondait aux 5 jours r&#233;serv&#233;s au retour de l'&#226;me des d&#233;funts, et pendant lesquels des c&#233;r&#233;monies religieuses avaient lieu. Plus tard, le calendier fut chang&#233; en 12 p&#233;riodes de 30 jours, plus les 5 jours de la fin de l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;-A quoi correspondait cette f&#234;te dans les temps anciens ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-Cette f&#234;te &#233;tait la c&#233;l&#233;bration de Mehr. Mehr repr&#233;sentait la fid&#233;lit&#233; &#224; l'engagement et au serment. Son symbole dans le monde mat&#233;riel &#233;tait la lumi&#232;re de l'aube. Il est &#233;crit dans &#034;Mehr-Yacht&#034; - chapitre de l'Avest&#226;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='L'Avest&#226; est le livre sacr&#233; des zoroastriens.' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; consacr&#233; &#224; Mehr - que la premi&#232;re divinit&#233; qui appara&#238;t avant le soleil au-dessus du mont Alborz est Mehr. Mehr est donc la lumi&#232;re de l'aube, qui appara&#238;t avant le lever du soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Iraniens restaient r&#233;veill&#233;s au cours de la nuit la plus longue de l'ann&#233;e, pour prier et attendre l'aube. Au cours de cette veill&#233;e, ils &#233;taient joyeux et mangeaient toutes sortes de fruits frais et de fruits secs, ce qui &#233;tait une mani&#232;re de louer et deremercier le Cr&#233;ateur. L'une des cons&#233;quences de cette coutume &#233;tait que les Iraniens cultivaient diff&#233;rentes sortes d'arbres fruitiers, ce qui leur permettait d'avoir des fruits pendant toute l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_696 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L235xH283/175-2-c2714.jpg?1686657353' width='235' height='283' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:235px;'&gt;&lt;strong&gt;Mets habituellement consomm&#233;s durant la f&#234;te de Tchelleh&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;-De quand date cette f&#234;te en Iran ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-Cette f&#234;te date du r&#232;gne de F&#233;reydoun, c'est-&#224;-dire de l'&#233;poque o&#249; les iraniens furent lib&#233;r&#233;s du joug des Bab&#233;liens. Cet &#233;v&#232;nement historique est retrac&#233; dans l'histoire de Zah&#226;k, dans le Sh&#226;hn&#226;meh de Ferdowsi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='appendix' title='Ferdowsi (932-1020 apr&#232;s J.C) est le grand po&#232;te &#233;pique persan, dont le (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les iraniens continu&#232;rent &#224; c&#233;l&#233;brer cette f&#234;te apr&#232;s l'av&#232;nement du zoroastrisme, et continuent &#224; la c&#233;l&#233;brer encore de nos jours alors qu'ils sont musulmans pour la plupart, car les valeurs que repr&#233;sente Mehr leur tiennent &#224; coeur. C&#233;l&#233;brer la f&#234;te de Tchelleh signifiait et signifie encore pour les Iraniens que la longue nuit sombre prendra fin, et le monde s'&#233;claircira avec l'apparition de la lumi&#232;re de l'aube.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;-Vous dites que cette f&#234;te date du temps o&#249; F&#233;reydoun r&#233;gnait en Iran. Est-ce que F&#233;reydoun n'est pas un h&#233;ros mythique ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-Ces personnalit&#233;s que l'on consid&#232;re comme appartenant aux mythes et l&#233;gendes iraniens ont r&#233;ellement exist&#233;. L'Iran a un pass&#233; tr&#232;s ancien, qui remonte &#224; plusieurs mill&#233;naires, et dont nous n'avons encore que des connaissances rudimentaires. F&#233;reydoun est une figure non pas mythique, mais historique, mais nous ne savons pas encore exatement la date de son r&#232;gne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur Berb&#233;rian g&#233;ologue renomm&#233;, membre de l'Acad&#233;mie des Sciences de New York et de la Fondation Neysh&#226;bour, a fait r&#233;cemment des &#233;tudes avec le carbone14, et il estime que la lib&#233;ration des Iraniens du joug des Bab&#233;liens (c'est-&#224;-dire le r&#232;gne de F&#233;reydoun) remonte &#224; 6000 ans. Ce n'est qu'une estimation bien entendu, mais les fouilles arch&#233;ologiques montrent qu'il y avait en Iran des civilisations tr&#232;s &#233;volu&#233;es, datant d'il y a au moins 5000 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous cite deux cas qui montrent le degr&#233; de connaissances auxquelles les Iraniens &#233;taient parvenus il y a des mill&#233;naires :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des fouilles arch&#233;ologiques dans &#034;Shahr-e Soukhteh&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='appendix' title='Site arch&#233;ologique situ&#233; dans la province du Sist&#226;n-Baloutchest&#226;n. Le terme (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, on a trouv&#233; le cr&#226;ne d'une jeune fille de 16 ans que l'on avait tr&#233;pan&#233; pour faire sortir l'exc&#233;dent du liquide c&#233;phalo-rachidien ; cette intervention chirurgicale date d'il y a 4850 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, au cours des fouilles effectu&#233;es pr&#232;s de Djiroft&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='appendix' title='Ville situ&#233;e au sud de l'Iran, dans la province de Kerman.' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, on a trouv&#233; un cr&#226;ne avec un oeil artificiel, ce qui montre que les habitants de cette r&#233;gion &#233;taient capables d'op&#233;rer les yeux il y 5000 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, le professeur Madjid-Z&#226;deh, responsable des fouilles arch&#233;ologiques de Djiroft, a trouv&#233; r&#233;cemment une tablette sur laquelle est grav&#233; un texte. Cette &#233;criture est plus vieille d'un demi-mill&#233;naire que les premi&#232;res &#233;critures sum&#233;riennes, ce qui va dans le sens de la th&#233;orie selon laquelle l'invention de l'&#233;criture s'est concr&#233;tis&#233;e en Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous mettons ces &#233;l&#233;ments les uns &#224; c&#244;t&#233; des autres, dire que F&#233;reydoun &#233;tait le roi des Iraniens il y a 6000 ans devient plausible.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_697 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L235xH283/175-3-5ea2f.jpg?1686657353' width='235' height='283' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:235px;'&gt;&lt;strong&gt;Mets habituellement consomm&#233;s durant la f&#234;te de Tchelleh&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;-J'ai lu dans certains documents que la f&#234;te de la naissance de Mehr avait lieu, dans les temps anciens, lors de la f&#234;te de Mehreg&#226;n.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-La f&#234;te de Mehreg&#226;n date elle aussi de l'&#233;poque o&#249; les Iraniens commenc&#232;rent &#224; adorer Mehr, c'est-&#224;-dire &#224; l'&#233;poque o&#249; F&#233;reydoun &#233;tait roi d'Iran ; mais elle n'&#233;tait pas la c&#233;l&#233;bration de la naissance de Mehr. La f&#234;te de Mehreg&#226;n a lieu au d&#233;but de l'automne, c'est-&#224;-dire au moment des r&#233;coltes. Mehreg&#226;n avait pour fonction de c&#233;l&#233;brer les r&#233;coltes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais ajouter une chose : Ce qui est important, et qu'il faut retenir, est que la f&#234;te de Tchelleh et la f&#234;te de Nowrouz, ces deux grandes f&#234;tes tr&#232;s anciennes que les Iraniens c&#233;l&#232;brent l'une au solstice d'hiver et l'autre &#224; l'&#233;quinoxe du printemps, nous montrent que les Perses avaient, il y des mill&#233;naires, une connaissance pouss&#233;e en math&#233;matiques et en astronomie, et donc des moyens pour calculer et mesurer le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;-Je vous remercie pour cet entretien.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tchelleh signifie &#034;quarantaine&#034; en persan.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Nowrouz&lt;/i&gt; signifie &#034;jour nouveau&#034; en persan ; c'est le nom de la f&#234;te du Nouvel An iranien, qui est c&#233;l&#233;br&#233;e le premier jour du printemps.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Yald&#226; est un mot d'origine syriaque, et signifie &#034;naissance&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;Petit tchelleh&#034; et &#034;grand tchelleh&#034; correspondent &#224; la premi&#232;re et &#224; la seconde partie de l'hiver.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'Avest&#226; est le livre sacr&#233; des zoroastriens.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ferdowsi (932-1020 apr&#232;s J.C) est le grand po&#232;te &#233;pique persan, dont le chef-d'oeuvre, nomm&#233; &#034;&lt;i&gt;Sh&#226;hn&#226;meh&lt;/i&gt;&#034; (mot qui signifie &#034;livre des rois&#034;) retrace l'histoire de l'Iran ancien. Pour &#233;crire son livre, Ferdowsi a utlis&#233; des documents datant de l'&#233;poque de la dynastie Sassanide (224-651 apr&#232;s J.C), &#233;crits en langue Pahlavi, qui retra&#231;aient l'Histoire des rois de l'Iran depuis les origines.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Site arch&#233;ologique situ&#233; dans la province du Sist&#226;n-Baloutchest&#226;n. Le terme &#034;Shahr-e Soukhteh&#034; signifie en persan &#034;ville br&#251;l&#233;e&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='appendix'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ville situ&#233;e au sud de l'Iran, dans la province de Kerman.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La miniature iranienne : un art vieux comme le monde</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article176</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article176</guid>
		<dc:date>2008-04-01T10:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Babak Ershadi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les peintures rupestres d&#233;couvertes dans la grotte de Dosheh, dans la province du Lorestan, vieilles d'environ dix mille ans, seraient probablement les &#034;&#339;uvres picturales&#034; les plus anciennes d&#233;couvertes en Iran. Pendant la p&#233;riode pr&#233;islamique, les &#339;uvres picturales d&#233;coraient souvent les murs des grands monuments royaux, depuis les Ach&#233;m&#233;nides jusqu'aux Sassanides, en passant par la courte domination hell&#233;nique avec le r&#232;gne des S&#233;leucides et des Arsacides. Apr&#232;s l'islamisation de l'Iran &#224; partir du (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;N&#176; 29, avril 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton176-b8a62.jpg?1686657353' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_700 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L266xH358/176-1-f12c0.jpg?1686657353' width='266' height='358' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:266px;'&gt;&lt;strong&gt; Bahram Gour tue le dragon, Khamseh de N&#233;z&#226;mi, attribu&#233; &#224; Kam&#226;l od-din Behz&#226;d, XVe si&#232;cle&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Les peintures rupestres d&#233;couvertes dans la grotte de Dosheh, dans la province du Lorestan, vieilles d'environ dix mille ans, seraient probablement les &#034;&#339;uvres picturales&#034; les plus anciennes d&#233;couvertes en Iran. Pendant la p&#233;riode pr&#233;islamique, les &#339;uvres picturales d&#233;coraient souvent les murs des grands monuments royaux, depuis les Ach&#233;m&#233;nides jusqu'aux Sassanides, en passant par la courte domination hell&#233;nique avec le r&#232;gne des S&#233;leucides et des Arsacides. Apr&#232;s l'islamisation de l'Iran &#224; partir du VIIe si&#232;cle (l'empire perse sassanide tomba aux mains des Arabes musulmans en 641), le territoire de l'Iran actuel fut alors incorpor&#233; au califat, situ&#233; d'abord &#224; M&#233;dine, puis &#224; Damas (les Omeyyades) et &#224; Bagdad (les Abbassides). Apr&#232;s la conqu&#234;te arabe, les arts et la litt&#233;rature connurent une p&#233;riode de recommencement et de restructuration de trois si&#232;cles environ sous l'influence du choc assez brutal de diff&#233;rentes cultures. Cependant, les influences culturelles furent r&#233;ciproques : les califes omeyyades de Damas adopt&#232;rent les modes de vie de la cour sassanide, et les Abbassides de Bagdad, encore plus influenc&#233;s par la culture perse, s'inspir&#232;rent du luxe perse. Ces &#233;changes culturels entre l'islam et la Perse avaient d&#233;j&#224; pr&#233;par&#233; l'adaptation des arts iraniens &#224; l'expression des croyances religieuses des Iraniens musulmans.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_701 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L232xH358/176-2-6c247.jpg?1686657353' width='232' height='358' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:232px;'&gt;&lt;strong&gt;La capture de Ghotb ed-din Qomi et son transfert &#224; la grande mosqu&#233;e de Shir&#226;z, attribu&#233;e &#224; Kam&#226;l od-din Behz&#226;d, XVIe si&#232;cle&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;En effet, d&#232;s le IXe si&#232;cle, des dynasties locales s'&#233;mancip&#232;rent de la tutelle abbasside. Les Samanides, les Ghaznavides (d'origine turque) et les Buyides restaur&#232;rent l'autonomie des Perses par rapport au califat arabe. A cela s'ajouta la r&#233;surrection du talent perse. La philosophie, la m&#233;decine, les math&#233;matiques et les arts se d&#233;velopp&#232;rent. De nombreuses &#339;uvres &#233;crites en grec dont celles d'Aristote, de Platon, d'Euclide et de Galien, furent traduites dans la langue du Coran, l'arabe. Ce mouvement de traduction qui permettait la diffusion du savoir a rendu &#233;galement un grand service aux arts picturaux, car &#224; cette p&#233;riode la fonction la plus importante de la peinture &#233;tait l'illustration.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_702 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L261xH448/176-3-e39a4.jpg?1686657353' width='261' height='448' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:261px;'&gt;&lt;strong&gt;Une page consacr&#233;e aux Mille et une Nuits, attribu&#233;e &#224; Sani ol-Molk, XIXe si&#232;cle&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Bagdad, la cit&#233; des Mille et une Nuits, situ&#233; &#224; la fronti&#232;re du monde iranien se d&#233;veloppait comme capitale des sciences et des arts o&#249; l'illustration des &#339;uvres &#233;crites devint vite un m&#233;tier &#224; part enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La miniature iranienne naquit pour illustrer d'abord des ouvrages scientifiques et techniques, avant de se sp&#233;cialiser dans l'illustration des &#339;uvres litt&#233;raires. La miniature illustrait le texte litt&#233;raire, le rendait plus agr&#233;able et plus facile &#224; comprendre. Tout au long de cette premi&#232;re p&#233;riode, les miniaturistes persans qui travaillaient &#224; Bagdad &#233;taient plut&#244;t influenc&#233;s par l'&#233;cole picturale de Byzance, tandis que les techniques perses de l'&#233;poque des Sassanides &#233;taient encore appliqu&#233;es dans ce que l'on peut appeler l'&#233;cole de miniature &#034;internationale&#034; de Bagdad. Dans les portraits de cette p&#233;riode, les individus portent souvent des habits sobres qui rappellent les personnages sassanides. Comme dans l'art byzantin, il y a parfois des personnages ail&#233;s. Les feuillages repr&#233;sentent sch&#233;matiquement la nature tandis que les fonds de paysage sont simples et sobres, sans couleurs, comme si les sujets peints &#233;taient suspendus dans le vide. L'aspect particulier de ces miniatures r&#233;sidait dans le fait qu'elles absorbaient les complexit&#233;s et qu'elles r&#233;ussissaient &#233;tonnamment &#224; traiter des questions m&#233;ta picturales, telle que la nature de l'art.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_703 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L242xH336/176-4-0ef3b.jpg?1686657353' width='242' height='336' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:242px;'&gt;&lt;strong&gt;La bataille de Tamerlan et du prince d'Egypte, attribu&#233;e &#224; Kam&#226;l od-din Behz&#226;d, XVIe si&#232;cle&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Au XIe si&#232;cle, sous les Seldjoukides, une nouvelle &#233;cole de peinture naquit en Iran. Si l'&#233;cole de Bagdad &#233;tait trop domin&#233;e par la peinture byzantine, l'&#233;cole seldjoukide &#233;tait bel et bien fond&#233;e sur les traditions persanes. A cette &#233;poque, le &lt;i&gt;Livre d'Image de Mani&lt;/i&gt; devint de nouveau la source d'inspiration des miniaturistes persans. Mani (216-277) fondateur de la gnostique manich&#233;enne, surnomm&#233; parfois Christ d'Orient et Bouddha d'Occident, est moins proph&#232;te que peintre et son livre d'image, l'&lt;i&gt;Arjang&lt;/i&gt;, bien que disparu, repr&#233;sente dans l'imaginaire iranien l'apog&#233;e de l'art pictural. La miniature de l'&#233;poque seldjoukide conserve la sobri&#233;t&#233; du style bagdadien, mais subit &#233;galement l'influence de la peinture pr&#233;islamique (sassanide) et du monde chinois. Dans ces miniatures, des aur&#233;oles apparurent au-dessus de la t&#234;te, proportionnellement plus grande que le corps, de certains personnages.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_704 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L252xH329/176-5-4a790.jpg?1686657353' width='252' height='329' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:252px;'&gt;&lt;strong&gt;Le Sultan Mohammad offre un cadeau &#224; Tamerlan, attribu&#233;e &#224; Kam&#226;l od-din Behz&#226;d, XVIe si&#232;cle&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Vers la fin du XIIIe si&#232;cle, l'&#233;cole d'art de Tabriz fut fond&#233;e. Pour la premi&#232;re fois, des ateliers sp&#233;cialis&#233;s dans l'illustration et l'enluminure des livres furent &#233;tablis dans cette ville. Les d&#233;veloppements artistiques des d&#233;buts de l'&#233;cole de Tabriz &#233;taient caract&#233;ris&#233;s par la combinaison des traits chinois avec les styles arm&#233;nien et byzantin. Cette influence peut s'expliquer en partie par la situation g&#233;ographique de Tabriz, proche des fronti&#232;res arm&#233;niennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux XIIIe et XIVe si&#232;cles, sous les Ilkhanides mongoles, gr&#226;ce &#224; la sagesse des gouverneurs locaux qui avaient su prot&#233;ger la ville pendant l'invasion mongole, la vie culturelle conna&#238;t un essor nouveau &#224; Chir&#226;z. Les illustrations de cette p&#233;riode sont parmi les chefs-d'&#339;uvre de la miniature persane : Tout est parfait, clair, &#224; la fois dans la composition et dans les d&#233;tails. L'&#233;cole de Chir&#226;z allait influencer les peintres de tout l'Iran ; et &#224; la fin du XVe si&#232;cle, c'est elle qui produit les plus belles miniatures.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_705 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L273xH448/176-6-2175f.jpg?1686657353' width='273' height='448' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:273px;'&gt;&lt;strong&gt;Conseil d'asc&#232;te, Kam&#226;l od-din Behz&#226;d, Moragha-&#233; Golshane, XVIe si&#232;cle&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Dans la premi&#232;re moiti&#233; du XVe si&#232;cle, une &#233;cole artistique s'&#233;tablit &#224; Herat et accueillit les plus grands noms des &#233;coles de Tabriz et de Chir&#226;z. Les premi&#232;res miniatures de cette &#233;cole nouvellement ouverte reproduisaient encore avec beaucoup de minutie les d&#233;tails architecturaux et les paysages naturels. Les &#233;l&#233;ments chinois et byzantins commen&#231;aient &#224; dispara&#238;tre progressivement, tandis que les portraits devenaient plus naturels et vivants. La miniature persane devint, &#224; partir de ce moment l&#224;, plus po&#233;tique et plus imaginative. Les &#339;uvres de cette p&#233;riode sont marqu&#233;es par l'usage d'une palette de couleurs plus vives. Les illustrations ne se pla&#231;aient plus &#224; c&#244;t&#233; du texte, car des pages enti&#232;res &#233;taient d&#233;sormais consacr&#233;es &#224; la peinture. Au XVIe si&#232;cle, avec l'apparition d'Eskandar Sultan, l'&#233;cole d'art de Chir&#226;z v&#233;cut un nouvel &#226;ge d'or.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leurs nouveaux ateliers, les artistes cr&#233;&#232;rent des chefs-d'&#339;uvre tr&#232;s appr&#233;ci&#233;s de la cour timouride. Les &#339;uvres des ma&#238;tres de Chir&#226;z se personnalisent avec l'apparition d'une sym&#233;trie plus ou moins extravagante et d'un contraste des couleurs entre les sujets principaux et le fond des tableaux. Apr&#232;s la mort de Tamerlan, le plus jeune de ses quatre fils, Ch&#226;hrokh &#233;tablit sa capitale &#224; Herat. Il chargea son fils cadet Baysunghur, grand bibliophile, d'&#233;tendre et de d&#233;velopper la biblioth&#232;que royale. Baysunghur devint ainsi le m&#233;c&#232;ne des artistes peintres d'Herat et leur commanda un grand nombre d'illustrations pour les ouvrages de sa biblioth&#232;que. Un des peintres les plus brillants de l'&#233;cole de Herat fut Kamaleddin Behzad.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_706 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L252xH308/176-7-d4b93.jpg?1686657353' width='252' height='308' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:252px;'&gt;&lt;strong&gt;Siy&#226;vosh et Afr&#226;ssiy&#226;b en train de chasser, attribu&#233;e &#224; Siavosh et Mor&#226;d, Sh&#226;hn&#226;meh de Sh&#226;h Isma&#239;l II, XVIe si&#232;cle&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Sous son influence, l'&#233;cole de Herat &#233;volua vers l'usage des couleurs vives et transparentes, l'abondance des d&#233;corations et la disparition quasi-totale des &#233;l&#233;ments chinois. D'autre part, les originalit&#233;s de l'&#233;cole de Chiraz s'accentu&#232;rent dans les &#339;uvres des ma&#238;tres de Herat et furent &#224; l'origine des plus beaux chefs-d'&#339;uvre de la miniature persane. Mohammad Si&#226;h-Ghalam et Touholl&#226;h Mirak &#233;taient deux des grands ma&#238;tres de l'&#233;cole de Herat avant son d&#233;clin vers la fin du XVIe si&#232;cle. Mais Behz&#226;d reste, sans aucun doute, le grand ma&#238;tre incontest&#233; de la miniature persane de tous les temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ses tableaux que l'on voit pour la premi&#232;re fois un vif int&#233;r&#234;t pour les portraits et les d&#233;tails prosa&#239;ques de la vie quotidienne. Avec lui, la miniature sortit pour la premi&#232;re fois du cadre d'illustration des ouvrages &#233;crits, pour devenir de v&#233;ritables tableaux de peinture.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La ville de Rey et le sanctuaire de Sh&#226;h Abdol'azim</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article177</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article177</guid>
		<dc:date>2008-04-01T09:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Afsaneh Pourmazaheri, Farz&#226;neh Pourmaz&#226;heri</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La ville de Rey, parfois surnomm&#233;e &#034;Anc&#234;tre de la Perse antique&#034;, compte aujourd'hui parmi les villes religieuses du pays visit&#233;es par de nombreux shiites du fait de la pr&#233;sence de sanctuaires, tombeaux et cimeti&#232;res. Le monument attirant le plus de p&#232;lerins demeure le sanctuaire de Sh&#226;h Abdol'azim. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce dernier &#233;tait l'un des descendants du deuxi&#232;me Imam shiite, l'Imam Hassan. Il s'enfuit de son pays natal pour fuir des pers&#233;cutions politiques et se mit &#224; parcourir les villes en tant que messager. Apr&#232;s (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;N&#176; 29, avril 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton177-80642.jpg?1686657353' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La ville de Rey, parfois surnomm&#233;e &#034;Anc&#234;tre de la Perse antique&#034;, compte aujourd'hui parmi les villes religieuses du pays visit&#233;es par de nombreux shiites du fait de la pr&#233;sence de sanctuaires, tombeaux et cimeti&#232;res. Le monument attirant le plus de p&#232;lerins demeure le sanctuaire de Sh&#226;h Abdol'azim.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_707 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH269/177-1-3fba9.jpg?1686657353' width='358' height='269' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Le sanctuaire de Sh&#226;h Abdol'azim&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier &#233;tait l'un des descendants du deuxi&#232;me Imam shiite, l'Imam Hassan. Il s'enfuit de son pays natal pour fuir des pers&#233;cutions politiques et se mit &#224; parcourir les villes en tant que messager&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='H&#226;j Mirz&#226; Hossein Nouri, Mostadrak-ol-vass&#226;yel, tome 3, p. 614' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Apr&#232;s son arriv&#233;e &#224; Rey, il y r&#233;sida de fa&#231;on cach&#233;e. Selon &lt;i&gt;Mantaghalat-ot-t&#226;lebiet&lt;/i&gt;, il vint de Tabarest&#226;n et disparut &#224; Rey. Ce grand homme fut l'un des compagnons des neuvi&#232;me et dixi&#232;me Imams shiites. D'apr&#232;s le livre &lt;i&gt;Jannat-on-naiim&lt;/i&gt;, Sh&#226;h Abdol'azim &#233;migra de Samarra &#224; l'&#233;poque du calife abbaside Almo'taz bell&#226;h et mourut &#224; Rey vers l'an 250 de l'h&#233;gire, au VIIIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce grand mausol&#233;e somptueux comporte un d&#244;me dor&#233;, de hauts minarets, une vaste cour et un sanctuaire avec un balcon orn&#233; de morceaux de miroir. Le b&#226;timent principal du sanctuaire fut reconstitu&#233; par Mohammad, le fils de D&#226;'ei Alavi, vers la fin du VIIIe si&#232;cle. La construction du seuil principal de l'entr&#233;e se situant vers le nord fut d'abord compl&#233;t&#233;e sur ordre des rois bou&#239;des et par la suite gr&#226;ce aux efforts de Majdolmolk Qomi. Les arch&#233;ologues ont men&#233; des recherches sur les murs en brique du seuil de l'entr&#233;e principale, au-dessus de laquelle on peut &#233;galement voir une &#233;pigraphe datant de l'&#233;poque seldjoukide. Selon eux, certaines parties de ces murs furent construites selon le style architectural de la dynastie bou&#239;de, c'est pourquoi il est possible que tout l'ensemble de ces murs ait &#233;t&#233; construit par les Bou&#239;des, et aurait &#233;t&#233; ensuite restaur&#233; par Majdolmolk Qomi &#224; l'&#233;poque seldjoukide.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_708 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L248xH336/177-2-d3f3f.jpg?1686657353' width='248' height='336' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:248px;'&gt;&lt;strong&gt;Le sanctuaire de Sh&#226;h Abdol'azim, 1946&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; noter que l'histoire de ce grand sanctuaire ne se limite pas &#224; l'&#233;pigraphe seldjoukide. En r&#233;alit&#233;, son importance repose &#233;galement sur l'existence d'une caisse en bois avec un tissu broch&#233; d'or, une porte antique en fer et son &#233;pigraphe, quatre portes en bois cisel&#233; datant de l'&#233;poque safavide, un manuscrit tr&#232;s ancien et pr&#233;cieux du Coran, des rideaux &#233;pais appartenant &#224; l'&#233;poque q&#226;dj&#226;re et enfin une fen&#234;tre en c&#233;ramique sur laquelle figure le portrait de N&#226;ssereddin sh&#226;h. Le coffre du sanctuaire de Sh&#226;h Abdol'azim compte parmi les &#339;uvres historiques de ce lieu. Il mesure 2,5 m de long, 1,5 de large et sa hauteur est de 1,20 m. Cette caisse en bois d'alo&#232;s et de noix d'arec est d&#233;cor&#233;e par des &#233;pigraphes contenant des versets du Coran et diverses citations. Les plus vieilles &#339;uvres du sanctuaire sont deux &#233;pigraphes en fer &#233;crites en coufique, chacune d'une longueur de 70 cm et d'une largeur de 12 cm. Elles furent install&#233;es, durant un certain temps, au-dessus d'une porte en fer datant probablement de l'&#233;poque seldjoukide. Outre ces pi&#232;ces, plusieurs autres objets de valeur dont le manuscrit du Coran, des tapis et des chandeliers antiques ont &#233;t&#233; pr&#233;serv&#233;s dans le tr&#233;sor du sanctuaire. De m&#234;me, le mausol&#233;e de Hamzah, l'un des descendants des Imams shiites, le voisine. Une grande partie de ce mausol&#233;e fut construite sous le r&#232;gne de N&#226;sserddin sh&#226;h, mais certaines parties ne furent achev&#233;es que sous le r&#232;gne de Mohammad sh&#226;h et Mozaffareddin sh&#226;h.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sanctuaire de Sh&#226;h Abdol'azim fut reconstruit et restaur&#233; &#224; plusieurs reprises sous diff&#233;rentes dynasties. Le roi safavide Tahmasb, soucieux de la protection des monuments sacr&#233;s, fit &#233;galement restaurer ce sanctuaire et y effectuait r&#233;guli&#232;rement un p&#232;lerinage. De m&#234;me, le roi N&#226;ssereddin sh&#226;h q&#226;dj&#226;r ordonna de dorer le d&#244;me du sanctuaire et de d&#233;corer le balcon avec des centaines de petits miroirs. Durant l'invasion mongole, le sanctuaire et ses alentours ne subirent pas de grandes destructions et d&#232;s lors, son importance et sa splendeur se sont accrues, gr&#226;ce &#224; l'enthousiasme et &#224; l'aide des musulmans chiites.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;i&gt;A suivre&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;H&#226;j Mirz&#226; Hossein Nouri, &lt;i&gt;Mostadrak-ol-vass&#226;yel&lt;/i&gt;, tome 3, p. 614&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Etude des diff&#233;rentes sortes de paronomases dans les textes pehlevis</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article178</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article178</guid>
		<dc:date>2008-04-01T08:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Golfam Sharifi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Paronomase (ou J&#233;n&#226;s) est une figure de syntaxe qui consiste &#224; rapprocher au moins deux paronymes, c'est-&#224;-dire des mots qui se ressemblent beaucoup sur le plan des sonorit&#233;s mais qui n'ont pas la m&#234;me signification. Cette figure est l'une des bases esth&#233;tiques centrales des &#339;uvres litt&#233;raires. Cependant, jusqu'&#224; pr&#233;sent, peu de recherches ont &#233;t&#233; consacr&#233;es &#224; l'&#233;tude de l'emploi de cette figure dans les textes r&#233;dig&#233;s en moyen Perse. &lt;br class='autobr' /&gt;
A cette &#233;poque (224-651), les orateurs et les po&#232;tes employaient, plus ou (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;N&#176; 29, avril 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton178-0cbe2.jpg?1686657353' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Cet article a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; lors du 6&#232;me congr&#232;s international des &#233;tudes (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paronomase (ou &lt;i&gt;J&#233;n&#226;s&lt;/i&gt;) est une figure de syntaxe qui consiste &#224; rapprocher au moins deux paronymes, c'est-&#224;-dire des mots qui se ressemblent beaucoup sur le plan des sonorit&#233;s mais qui n'ont pas la m&#234;me signification. Cette figure est l'une des bases esth&#233;tiques centrales des &#339;uvres litt&#233;raires. Cependant, jusqu'&#224; pr&#233;sent, peu de recherches ont &#233;t&#233; consacr&#233;es &#224; l'&#233;tude de l'emploi de cette figure dans les textes r&#233;dig&#233;s en moyen Perse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette &#233;poque&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='A l'&#233;poque des Sassanides, le pehlevi &#233;tait la langue officielle.' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (224-651), les orateurs et les po&#232;tes employaient, plus ou moins consciemment, les voyelles et les consonnes en vue de flatter l'oreille ou d'exprimer un sentiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette recherche, nous avons essay&#233; de d&#233;gager les diff&#233;rentes sortes de paronomases dans les textes choisis, et plus particuli&#232;rement dans les Andarznam&#233;h&#226; (les lettres du conseil).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;aliser ce travail, nous f&#251;ment confront&#233;s &#224; quelques difficult&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'ambigu&#239;t&#233; de l'&#233;criture pehlevi &#224; cause du caract&#232;re polyphonique des lettres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. L'emploi des id&#233;ogrammes aram&#233;ens (hozv&#226;rech)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='C'est-&#224;-dire les mots aram&#233;ens &#233;crits en alphabets pehlevis, dont la (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dans l'&#233;criture pehlevi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. L'emploi d&#233;taill&#233; des diff&#233;rentes formes de paronomases en pehlevi, sans pouvoir trouver leurs &#233;quivalents en fran&#231;ais, et l'inexistence des expressions litt&#233;raires en pehlevi &#224; cause du manque de document litt&#233;raires.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_709 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L190xH336/178-1-e96d7.jpg?1686647708' width='190' height='336' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:190px;'&gt;&lt;strong&gt;Inscription sur la tombe d'un homme de la province de F&#226;rs en langue pahlavi, &#233;poque sassanide&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;l&#233;ments ont limit&#233;s notre recherche, dont la classification est bas&#233;e sur celle d'Edward G. Brown (&lt;i&gt;A Literary History of Persia&lt;/i&gt;, vol. II), qui emploie certains termes de la langue persane pour classifier les paronymes des textes pehlevis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons recens&#233; sept principaux types de paronomases :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;n&#226;s-e t&#226;m, J&#233;n&#226;s-e muz&#226;reh (ou much&#226;beh), J&#233;n&#226;s-e z&#226;yed, J&#233;n&#226;s-e lafzi, J&#233;n&#226;s-e khatti, J&#233;n&#226;s-e mukarar ou Takrir et enfin J&#233;n&#226;s-e esht&#233;gh&#226;gh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;clairer le sujet, chaque cas sera suivi d'un exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. J&#233;n&#226;s-e t&#226;m (paronomase compl&#232;te) se dit de mots homonymes, c'est-&#224;-dire des mots dont la prononciation et l'orthographe sont identiques, mais leur sens est diff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;draxt-&#234; rust &#234;st &lt;i&gt;tar&lt;/i&gt; &#244; sahr &#226;s&#251;r&#238;g&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;bun-as husk &#234;st sar-as &#234;st &lt;i&gt;tar&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un arbre a pouss&#233; dans l'ensemble pays as&#251;r&#238;g&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;sa racine est s&#232;che sa pointe humide&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Draxt &#238; as&#251;r&#238;g, &lt;i&gt;Jamasp Asana&lt;/i&gt;, p.109, 1er par.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce vers, on trouve deux paronymes qui sont &#034;&lt;i&gt;tar&lt;/i&gt;&#034; et qui prononcent par hozvarech : &#034;LCDR&#034;, cependant, la signification du premier paronyme est &#034;partout&#034; alors que celle du deuxi&#232;me : &#034;humide&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_710 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L304xH252/178-2-84cb3.jpg?1686647708' width='304' height='252' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:304px;'&gt;&lt;strong&gt;Ecriture pahlavi datant de l'&#233;poque de Sh&#226;pour III, Tagh-&#233; Bostan, province actuelle de Kerm&#226;nsh&#226;h&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;2. J&#233;n&#226;s-e muz&#226;reh ou much&#226;beh (paronyme semblable) : se dit de mots dont les rythmes sont proches, mais dans lesquels les sons des 1&#232;re ou 2&#232;me lettres du mot sont diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ud w&#234;h&#226;n k&#234; z&#226;d ud k&#234; z&#226;y&#234;d &lt;i&gt;&#226;fr&#238;n&lt;/i&gt; kunisn.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ud ahreman ud d&#234;w&#226;n &lt;i&gt;nifr&#238;n&lt;/i&gt; kunisn.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Celui qui doit adorer les bons qui sont n&#233;s et qui na&#238;tront,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;devrait maudire Ahreman et les d&#233;mons.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Sixi&#232;me livre du &lt;i&gt;Denkard&lt;/i&gt;, Madan, p.499)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, nous avons J&#233;n&#226;s-e muz&#226;reh ou much&#226;beh. Entre les mots presque homophones &#034;&#226;fr&#238;n&#034; et &#034;nifr&#238;n&#034; , &#226;fr&#238;n signifie &#034;adoration&#034; et nifr&#238;n &#034;maudit&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. J&#233;n&#226;s-e lafzi : se dit de mots paronymes qui ont la m&#234;me prononciation, mais leurs orthographes et leurs significations sont diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;k&#251; &lt;i&gt;az az &lt;/i&gt;t&#244; awartar h&#234;m&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pad was g&#244;nag x&#238;r&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Que je suis plus haut plac&#233; que toi &#224; tous les niveaux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Draxt &#238; &#226;s&#251;r&#238;g, &lt;i&gt;Jamasp Asana&lt;/i&gt;, p.109, 2&#232;me par.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce vers, les deux paronymes sont &#034;&lt;i&gt;az&lt;/i&gt;&#034;. Le premier est le pronom personnel &#034;je&#034;, tandis que le deuxi&#232;me est la pr&#233;position &#034;de&#034;. Les deux paronymes ont &#233;t&#233; &#233;crits par hozv ?rech &#034;MN&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. J&#233;n&#226;s-e z&#226;y&#234;d : cette paronomase se r&#233;alise o&#249; l'un des paronymes poss&#232;de une lettre alphab&#233;tique de plus que l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;u-s&#226;n kirbag &lt;i&gt;d&#226;nag&lt;/i&gt;-&#234; &#234;d guft d&#234;n dastwar &#238; &lt;i&gt;d&#226;n&#226;g&lt;/i&gt; ud ham&#238;h&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#238; fr&#226;r&#244;n kardan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ils ont dit qu'un grain de la bont&#233; est le pr&#234;tre sage (=d&#234;n dastwar) et la compagnie des bons.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Sixi&#232;me livre du &lt;i&gt;D&#234;nkard&lt;/i&gt;, Madan, p.82)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;d&#226;nag&#034; signifie : &#034;grain&#034; alors que&#034;d&#226;n&#226;g&#034; :&#034;sage&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. J&#233;n&#226;s-e Khatti : il convient de diff&#233;rencier les sortes de paronomases de fa&#231;on auditive ainsi que visuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le persan moderne, on qualifie d'homographes des mots dont les points sont les signes diacritiquales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple : b&#238;m&#226;r et t&#238;m&#226;r : &#1576;&#1740;&#1605;&#1575;&#1585; &#1608; &#1578;&#1740;&#1605;&#1575;&#1585;, p&#238;r et t&#238;r : &#1662;&#1740;&#1585; &#1608; &#1578;&#1740;&#1585;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme nous le savons, dans l'&#233;criture pehlevi, il n'y a pas de point. Il semble donc plut&#244;t que cette forme de paronomase (J&#233;n&#226;s) dans la langue pehlevi soit en relation avec les id&#233;ogrammes aram&#233;ens (hozv&#226;r&#233;ch) qui n'ont pas encore &#233;t&#233; classifi&#233;s dans les livres rh&#233;toriques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, il semble que les Iraniens &#233;crivaient parfois consciemment dans une phrase un mot sous deux formes diff&#233;rentes, l'un en &#233;criture pehlevi et l'autre en hozv&#226;r&#233;ch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;crivains employaient probablement cette diversit&#233; d'orthographes pour l'ornement calligraphique ou peut-&#234;tre pour ne pas oublier compl&#232;tement l'aram&#233;en qui &#233;tait un h&#233;ritage national des p&#233;riodes anciennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;n&#226;m &#238; xw&#234;s r&#226;y xw&#234;sk&#226;r&#238;h &#238; xw&#234;s be ma hil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ta propre r&#233;putation, ne quitte pas ta propre responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Andarz &#238; Azarb&#226;d mahraspand&#226;n, &lt;i&gt;Jamasp Asan&lt;/i&gt;, p. 67, par.107)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;xw&#234;s&#034; est le pronom ind&#233;fini &#034;on&#034;, qui a &#233;t&#233; &#233;crit en orthographe pehlevi dans le mot compos&#233; : &#034;xw&#234;sk&#226;r&#238;h&#034; et dans les autres cas, &#034;xw&#234;s&#034; a &#233;t&#233; &#233;crit par Hozv&#226;r&#233;ch : NPSE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. J&#233;n&#226;s-e mukarar ou takr&#238;r (=la r&#233;p&#233;tition).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une forme d'ancienne figure de style. La r&#233;p&#233;tition, comme son nom l'indique consiste &#224; employer plusieurs fois les m&#234;mes termes pour mettre en valeur une id&#233;e, pour exprimer avec plus de force une passion ou pour produire un effet d'insistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ud n&#234; halag&#238;h&#226; &lt;i&gt;z&#251;d z&#251;d&lt;/i&gt; pad har zam&#226;n arz&#251;g-t&#234;z&#238;h&#226; &#244;zad&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;an&#8221; &#238; g&#244;spand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Cinqui&#232;me livre du &lt;i&gt;D&#234;nkard&lt;/i&gt;, Madan, p.466)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;Et on n'abattra pas le b&#233;tail vainement, tr&#232;s fr&#233;quemment et &#224; tout moment quand le d&#233;sir presse.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction du cinqui&#232;me livre du &lt;i&gt;D&#234;nkard&lt;/i&gt;, p.98-99, chap.24, par.23)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet exemple, la r&#233;p&#233;tition de l'adverbe &#034;z&#251;d&#034; montre l'insistance. &#034;&lt;i&gt;z&#251;d z&#251;d&lt;/i&gt;&#034; signifie : &#034;tr&#232;s fr&#233;quemment&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. J&#233;n&#226;s-e esht&#233;ghagh (la d&#233;rivation).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proc&#233;d&#233; qui consiste &#224; utiliser dans une phrase deux ou parfois plusieurs mots ayant le m&#234;me radical, ou des verbes conjugu&#233;s &#224; des temps diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ud r&#234;man&#238;h ham&#226;g d&#234;w&#238;h ud az d&#234;w&#226;n har k&#251; d&#234;w m&#234;hm&#226;ntar r&#234;man&#238;h w&#234;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;Et la souillure est enti&#232;rement d&#233;moniaque et provient des d&#233;mons.la souillure est la plus grande en celui en qui le d&#233;mon r&#233;side le plus.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Cinqui&#232;me livre du &lt;i&gt;D&#234;nkard&lt;/i&gt;, Madan, p.463)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve ici la figure de d&#233;rivation qui relie les termes d&#234;w&#238;h, d&#234;w&#226;n et d&#234;w.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces termes ont, en effet, le m&#234;me radical (d&#234;w) qui exprime l'id&#233;e fondamentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;abar &#226;n &#238; az abz&#244;n&#238;g&#238;h ud p&#234;s-xrad&#238;h ud purr-n&#234;k&#238;h &#238; Zardust payd&#226;g&#238;hist ud payd&#226;g ud payd&#226;g&#238;h&#234;d&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Cinqui&#232;me livre du &lt;i&gt;D&#234;nkard&lt;/i&gt;, Madan, p. 437)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;A propos de tout ce qui fut r&#233;v&#233;l&#233;, se r&#233;v&#232;le et se r&#233;v&#233;lera de la saintet&#233;&#8230;&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Traduction du Cinqui&#232;me livre du &lt;i&gt;D&#234;nkard&lt;/i&gt;, p.31, Chap.3, Par.1)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, payd&#226;g&#238;hist et payd&#226;g&#238;h&#234;d sont deux formes verbales aux conjugaisons diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la langue pehlevi, la d&#233;rivation s'emploie beaucoup plus fr&#233;quemment que les autres formes de J&#233;n&#226;s. Enfin, nous pouvons conclure que les sonorit&#233;s servent &#224; enrichir le discours chez les orateurs de cette p&#233;riode. Selon les cas &#233;voqu&#233;s, le go&#251;t des anciens se rapportait aux alliances sonores plut&#244;t qu'&#224; celles du sens. Cela a une importance consid&#233;rable dans le rythme de syntaxe.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Amouzgar, Jaleh et Tafazzoli, Ahmad, &lt;i&gt;La langue pehlevie, litt&#233;rature et grammaire&lt;/i&gt;, 1375 (1997), T&#233;h&#233;ran, &#233;d. Mo&#239;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;i&gt;Le cinqui&#232;me Livre du Denkard&lt;/i&gt; (Traduction), Studia Iranica, 2000, Cahier 23, Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Browne, Edward G., &lt;i&gt;A Litterary History of Persia, Vol II&lt;/i&gt;, 1951, UK, Cambridge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Chahine, Chahnaz et Ghavimi, Mahnaz, &lt;i&gt;Versification fran&#231;aise et genres po&#233;tiques&lt;/i&gt;, 1373 (1995), T&#233;h&#233;ran, &#233;d. Samt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- J&#226;m&#226;sp-Asana, &lt;i&gt;Pehlevi Texts&lt;/i&gt;, 2 vols, T&#233;h&#233;ran, Ed. Bony&#226;d-e Farhang-e Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Mackenzie, D.N, &lt;i&gt;Farhang-e Kouchak-e Pehlevi&lt;/i&gt;, 1373 (1995), traduit par Mahchid Mirfakhr&#226;yi, T&#233;h&#233;ran, &#233;d. Pajuh&#233;chg&#226;h-e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;olum-e ens&#226;ni va motale&#226;t-e farhangui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Madan, D.M. (&#233;d), &lt;i&gt;The Complete text of the Pehlevi Dinkard&lt;/i&gt;, (Vol. I), 1911, Bombay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Hom&#226;i, Jal&#226;l-eddin, &lt;i&gt;Fonun-e Bal&#226;ghat va san&#226;at-e Adabi&lt;/i&gt;, 1384 (2006), T&#233;h&#233;ran, &#233;d. Nashr-e Hom&#226;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cet article a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; lors du 6&#232;me congr&#232;s international des &#233;tudes iraniennes au septembre 2007 &#224; Vienne.(&lt;a href=&#034;http://www.oeaw.ac.at/iran&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.oeaw.ac.at/iran&lt;/a&gt;) Je remercie mes professeurs Madame Katayoun Mazdapour et Madame Soheila Saremi pour l'aide qu'elles m'ont accord&#233;s dans la r&#233;alisation de ce travail.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A l'&#233;poque des Sassanides, le pehlevi &#233;tait la langue officielle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est-&#224;-dire les mots aram&#233;ens &#233;crits en alphabets pehlevis, dont la prononciation est aussi pehlevi.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De Sainte Marie &#224; Maryam Moqaddas : la Vierge dans la tradition islamique et la Maison de Marie &#224; &#201;ph&#232;se</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article179</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article179</guid>
		<dc:date>2008-04-01T07:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Am&#233;lie Neuve-Eglise</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Fid&#232;le servante du Dieu dans le christianisme comme dans l'islam, la M&#232;re de J&#233;sus/M&#232;re de Dieu est une figure centrale de ces deux traditions qui se retrouvent en certains lieux faisant partie d'une topographie spirituelle semblant &#234;tre &#034;en suspens&#034; par rapport aux diff&#233;rents doctrinaux qu'il ne s'agit pas ici d'amoindrir, et o&#249; l'amour et la d&#233;votion pour la &#034;m&#232;re&#034; par excellence rassemble le temps d'une pri&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'islam et le christianisme reconnaissent tous deux la virginit&#233; de Marie malgr&#233; certaines (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;N&#176; 29, avril 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton179-8961e.jpg?1686657353' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fid&#232;le servante du Dieu dans le christianisme comme dans l'islam, la M&#232;re de J&#233;sus/M&#232;re de Dieu est une figure centrale de ces deux traditions qui se retrouvent en certains lieux faisant partie d'une topographie spirituelle semblant &#234;tre &#034;en suspens&#034; par rapport aux diff&#233;rents doctrinaux qu'il ne s'agit pas ici d'amoindrir, et o&#249; l'amour et la d&#233;votion pour la &#034;m&#232;re&#034; par excellence rassemble le temps d'une pri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'islam et le christianisme reconnaissent tous deux la virginit&#233; de Marie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Le verset 20 de la sourate 19 &#233;voque la virginit&#233; de Marie : &#034;Elle dit : (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; malgr&#233; certaines variantes, les catholiques et les orthodoxes ayant ainsi adopt&#233; le dogme de la virginit&#233; perp&#233;tuelle de Marie.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='L'Eglise catholique a par la suite, au XIXe si&#232;cle, au travers de la notion (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Cependant, la diff&#233;rence fondamentale porte sur la nature de son enfant : fils de Dieu pour les uns, grand proph&#232;te n'en demeurant pas moins un homme pour les autres. Un autre point de divergence important a &#233;galement &#233;t&#233; relev&#233; par certains commentateurs : consentant librement &#224; porter le &#034;Verbe&#034; dans la tradition chr&#233;tienne (&#034;&lt;i&gt;Je suis la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi comme tu l'as dit&lt;/i&gt;&#034;, Luc, 1:38), Marie se soumet &#224; un d&#233;cret divin irr&#233;vocable dans l'Islam. Cette diff&#233;rence concernant le choix et le libre-arbitre de Marie refl&#232;te les principes fondateurs de chacune des traditions : de par son acceptation libre de porter le futur r&#233;dempteur des p&#233;ch&#233;s du monde, Marie rach&#232;te la faute d'Eve et permet l'accomplissement du salut de l'humanit&#233;. Cette volont&#233; n'aurait pas de sens en islam, o&#249; la notion de p&#233;ch&#233; originel n'est pas reconnue et o&#249; le caract&#232;re le plus &#233;minent de la foi se r&#233;v&#232;le dans la soumission et l'ob&#233;issance absolue &#224; la volont&#233; de Dieu en toutes circonstances.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Maryam dans l'islam et le Coran&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La Vierge Marie occupe une place centrale dans l'islam tout d'abord en tant que m&#232;re de J&#233;sus, proph&#232;te reconnu par l'islam, de par le miracle de sa maternit&#233; et enfin du fait de sa foi &#224; toute &#233;preuve. Elle fait &#224; ce titre partie des quatre femmes consid&#233;r&#233;es comme &#034;parfaites&#034; par la tradition islamique, aux c&#244;t&#233;s de Fatima, fille du proph&#232;te Mahomet, Khadija, sa premi&#232;re femme, et &#194;siya, femme de pharaon et &#034;m&#232;re adoptive&#034; de Mo&#239;se.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Le proph&#232;te Mohammad aurait lui-m&#234;me d&#233;clar&#233; que &#034;la dame (Sayyida) des femmes (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Dans la tradition, elle est &#233;galement destin&#233;e &#224; &#234;tre la premi&#232;re &#224; entrer au paradis. &#034;Maryam&#034; est &#233;galement la seule femme du Coran &#224; &#234;tre mentionn&#233;e par son nom et salu&#233;e par les anges en tant qu' &#034;&#233;lue par la volont&#233; divine&#034;. Elle est aussi mentionn&#233;e dans de nombreux r&#233;cits de la tradition musulmane, qui insistent notamment sur la nature pure et exempte de tout p&#233;ch&#233; de &#034;Marie et son fils&#034; (&lt;i&gt;Maryam wa ibnuh&#226;&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_711 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L200xH448/179-1-2616b.jpg?1686653145' width='200' height='448' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:200px;'&gt;&lt;strong&gt;La rencontre de Marie avec l'ange Gabriel, artiste inconnu, Montakhab&#226;t-&#233; Masnavi, XVIIe si&#232;cle&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Marie (&lt;i&gt;Maryam&lt;/i&gt;) est &#233;voqu&#233;e pr&#232;s de 34 fois dans le Coran, principalement dans la sourate &#034;La famille de 'Imr&#226;n&#034; (&lt;i&gt;Al-'Imr&#226;n&lt;/i&gt;) et &#034;Maryam&#034; ; elle est &#233;galement mentionn&#233;e dans les sourates &#034;Les Croyants&#034; (&lt;i&gt;Al-Mu'minun&lt;/i&gt;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='&#034;Et Nous f&#238;mes du fils de Marie, ainsi que de sa m&#232;re, un prodige ; et Nous (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#034;L'interdiction&#034; (&lt;i&gt;Al-Tahrim&lt;/i&gt;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='&#034;De m&#234;me, Marie, la fille de 'Imr&#226;n qui avait pr&#233;serv&#233; sa virginit&#233; ; Nous y (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ou &#034;Le Fer&#034; (&lt;i&gt;Al-Hadid&lt;/i&gt;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='appendix' title='&#034;Ensuite, sur leurs traces, Nous avons fait suivre Nos [autres] messagers, (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me sourate du Coran relate tout d'abord la nativit&#233; de Marie. Sa m&#232;re, &#034;la femme de 'Imr&#226;n&#034; (ce dernier est, dans le Coran, le p&#232;re de Mo&#239;se ; le peuple d'Isra&#235;l &#233;tant ainsi d&#233;sign&#233; par l'expression &#034;enfants de 'Imr&#226;n&#034;) d&#233;cide de consacrer &#224; Dieu l'enfant qu'elle porte en son sein, apr&#232;s une longue p&#233;riode de st&#233;rilit&#233;. Etonn&#233;e d'avoir mis au monde une fille, qui ne pourrait donc pas servir au temple, la m&#232;re s'exclame : &#034;&lt;i&gt;Je l'ai nomm&#233;e Marie, et je la place, ainsi que sa descendance, sous Ta protection contre le Diable, le banni&lt;/i&gt;&#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='appendix' title='Coran, 3:36' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; S&#339;ur de Mo&#239;se et Aaron et m&#232;re du Christ, Marie s'ins&#232;re donc dans la lign&#233;e des grands proph&#232;tes bibliques. Elle est ensuite confi&#233;e &#224; Zacharie, p&#232;re de Jean-Baptiste, qui, dans leur lieu de retraite, constate qu'elle est l'objet d'une protection et de faveurs divines diverses, les anges pourvoyant notamment &#224; sa subsistance.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='appendix' title='&#034;Il la confia &#224; Zacharie. Chaque fois que Zacharie allait la voir, dans le (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Cette sourate insiste &#233;galement sur son &#034;'&#233;lection&#034; divine et son rang exceptionnel : &#034;&lt;i&gt;O Marie ! Dieu t'a choisie, en v&#233;rit&#233; ; Il t'a purifi&#233;e ; Il t'a choisie de pr&#233;f&#233;rence &#224; toutes les femmes de l'univers&lt;/i&gt;&#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='appendix' title='Coran, 3:42' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cependant dans la sourate 19, qui porte son nom, que l'on trouve le r&#233;cit le plus d&#233;taill&#233; la concernant. Il y est d'abord &#233;voqu&#233; que Marie quitte les siens pour se r&#233;fugier &#034;&lt;i&gt;en un lieu vers l'Orient&lt;/i&gt;&#034;, pla&#231;ant ainsi &#034;&lt;i&gt;un voile entre elle et les siens&lt;/i&gt;&#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb10' class='spip_note' rel='appendix' title='Coran, 19:17.' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; L'Esprit, qui n'est autre que l'ange Gabriel, lui appara&#238;t alors sous la forme d'un homme parfait pour lui annoncer qu'il va lui &#234;tre fait don d'un &#034;&lt;i&gt;fils pur&lt;/i&gt;&#034;. Face &#224; son &#233;tonnement, l'ange lui r&#233;pond : &#034;&lt;i&gt;Ton Seigneur a dit : &#034;Cela m'est facile&#034;. Nous ferons de lui [&lt;/i&gt;J&#233;sus&lt;i&gt;] un signe pour les hommes ; une mis&#233;ricorde venue de nous. Le d&#233;cret est irr&#233;vocable&lt;/i&gt;&#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb11' class='spip_note' rel='appendix' title='L'annonciation est &#233;galement &#233;voqu&#233;e dans la troisi&#232;me sourate du Coran : &#034;Les (...)' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Elle se retire alors dans un endroit &#233;loign&#233;. Seule - contrairement au Nouveau Testament o&#249; elle est accompagn&#233;e de Joseph-, d&#233;pourvue de toute subsistance, les douleurs de l'enfantement l'am&#232;nent &#224; se r&#233;fugier pr&#232;s du tronc d'un palmier. En entendant le d&#233;sespoir de sa m&#232;re, le Christ nouveau-n&#233; la console en l'invitant &#224; boire &#224; une source que Dieu a fait jaillir &#224; ses pieds, ainsi qu'&#224; secouer le tronc du palmier pour se rassasier de ses dattes. Il l'enjoint &#233;galement &#224; effectuer un je&#251;ne de la parole et &#224; ainsi garder le silence face aux hommes qui la calomnieraient en d&#233;couvrant sa maternit&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb12' class='spip_note' rel='appendix' title='&#034;Ne t'attriste pas ! Ton Seigneur a fait jaillir &#224; tes pieds une source. (...)' id='nh12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Revenant chez les siens, et face aux multiples accusations dont elle est l'objet, elle d&#233;signe alors le nouveau-n&#233; qui d&#233;clare miraculeusement : &#034;&lt;i&gt;Je suis vraiment le serviteur d'Allah. Il m'a donn&#233; le Livre et m'a d&#233;sign&#233; Proph&#232;te&lt;/i&gt;&#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb13' class='spip_note' rel='appendix' title='Coran, 19:30.' id='nh13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Le Coran se pose donc en fervent d&#233;fenseur de la virginit&#233; et du haut rang spirituel de Marie. Ce premier dialogue intime entre la m&#232;re et l'enfant et le miracle du nouveau n&#233; dou&#233; de parole est &#233;voqu&#233; &#224; plusieurs reprises dans le Coran&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb14' class='spip_note' rel='appendix' title='Notamment dans la sourate &#034;La famille de 'Imr&#226;n&#034; : &#034;Il parlera aux gens, dans (...)' id='nh14'&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et a &#233;t&#233; l'objet de nombreux commentaires, &#233;tant dans la plupart des cas per&#231;u comme un signe de la grandeur de ce proph&#232;te transcendant toutes les lois naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_712 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L349xH247/179-2-e62aa.jpg?1686653145' width='349' height='247' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:349px;'&gt;&lt;strong&gt;Mosa&#239;que de l'&#233;glise du si&#232;ge de Marie (Kathisma), pr&#232;s de Bethl&#233;em&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Marie est &#233;galement consid&#233;r&#233;e, avec J&#233;sus, comme un seule et m&#234;me &#034;signe&#034; (&lt;i&gt;&#226;ya&lt;/i&gt;) envoy&#233; par Dieu &#224; l'ensemble de l'humanit&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb15' class='spip_note' rel='appendix' title='Cette notion de &#034;signe&#034; est &#233;voqu&#233;e dans les sourates &#034;Les Croyants&#034; (...)' id='nh15'&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Le mot &#034;&#226;ya&#034; rev&#234;t plusieurs significations dont &#034;miracle&#034;, &#034;merveilles cr&#233;&#233;es par Dieu&#034; ou encore &#034;signe&#034; devant inviter tout croyant &#224; r&#233;fl&#233;chir sur le sens ultime de la Cr&#233;ation. L'emploi de ce terme est ici inhabituel, &#233;tait donn&#233; qu'il n'est g&#233;n&#233;ralement jamais utilis&#233; pour qualifier des &#234;tres humains. Marie n'en constitue pas moins le &#034;signe&#034; et l'exemple par excellence pour avoir &#224; la fois avoir &#233;t&#233; exempte de tout p&#234;ch&#233; - sa virginit&#233; corporelle n'&#233;tant que le reflet de celle de son &#226;me-, s'&#234;tre soumise au d&#233;cret divin, et avoir fait confiance &#224; Dieu en toutes circonstances. Elle symbolise le d&#233;vouement le plus absolu. Le sens m&#234;me du r&#233;cit de la vie de Marie/Maryam dans le Coran pourrait d'ailleurs &#234;tre r&#233;sum&#233; par le mot &#034;&lt;i&gt;&#226;ya&lt;/i&gt;&#034; : elle n'est pas &#233;voqu&#233;e dans un but narratif ou biographique mais en tant que &#034;signe&#034; de la volont&#233; de Dieu faisant partie int&#233;grante de l'histoire des manifestations divines qui fournissent autant de pr&#233;textes &#224; la r&#233;flexion et &#224; l'affermissement de la foi. En outre, le Coran invite &#224; plusieurs reprises &#224; se &#034;souvenir&#034; d'elle et la lie ind&#233;fectiblement &#224; son fils, &#034;J&#233;sus, fils de Marie&#034; (&lt;i&gt;'Iss&#226; ibnu Maryam&lt;/i&gt;), soulignant par l&#224; m&#234;me le seul lien de parent&#233; terrestre du Christ&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb16' class='spip_note' rel='appendix' title='C'est &#233;galement ce lien de parent&#233; unique qui semble &#234;tre l'explication du fait (...)' id='nh16'&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et sa conception miraculeuse. Marie incarne donc dans l'islam la croyante monoth&#233;iste parfaite, ind&#233;fectiblement li&#233;e &#224; son fils qui n'est jamais &#233;voqu&#233; sans r&#233;f&#233;rence &#224; sa m&#232;re. De par son humilit&#233;, sa pi&#233;t&#233; et sa confiance absolue, elle y incarne un mod&#232;le de foi pour tous les croyants.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mystique islamique et figure mariale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La figure de la vierge est tr&#232;s pr&#233;sente dans l'ensemble de la litt&#233;rature mystique de l'islam, o&#249; elle y incarne souvent la dimension f&#233;minine du Logos. En outre, la notion de virginit&#233; de Marie constitue l'un des motifs ayant fait l'objet de nombreux commentaires en ce qu'elle fait allusion, au-del&#224; de sa dimension physique et ext&#233;rieure, &#224; une exigence personnelle et intime : celle de la purification de l'&#226;me, pr&#233;lude &#224; tout cheminement spirituel. Elle symbolise &#233;galement l'&#226;me silencieuse s'abstenant de toute parole m&#234;me pour prendre sa propre d&#233;fense, soulignant ainsi que le d&#233;tachement par rapport au monde et la &#034;mort &#224; soi-m&#234;me&#034; constitue un pr&#233;alable n&#233;cessaire &#224; tout engagement dans une voie spirituelle.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb17' class='spip_note' rel='appendix' title='La notion de d&#233;tachement ne comporte pas n&#233;cessairement une port&#233;e physique, (...)' id='nh17'&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Marie/Maryam incarne ensuite la maternit&#233;, la &#034;naissance&#034; qui doit, au terme de ce d&#233;tachement, s'effectuer dans l'&#226;me, et qui est celle de la dimension spirituelle de l'&#234;tre et du Verbe divin ne pouvant s'accomplir que dans une &#226;me pure et transparente.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_713 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L307xH302/179-3-6f367.jpg?1686653145' width='307' height='302' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:307px;'&gt;&lt;strong&gt;Annonciation, Simone Martini, 1333, panneau de bois, Galerie des Offices Florence, Italie&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Elle est &#233;galement parfois d&#233;crite comme une &#034;nouvelle Eve&#034; ouvrant la voie, en s'abandonnant totalement &#224; la volont&#233; divine, &#224; un retour &#224; l'origine du monde et au Cr&#233;ateur. Le &#034;lieu vers l'Orient&#034; que l'ange Gabriel choisit pour lui r&#233;v&#233;ler sa destin&#233;e a &#233;galement constitu&#233; le sujet de nombreux trait&#233;s mystiques, cette direction symbolisant, pour certains th&#233;osophes dont le plus c&#233;l&#232;bre demeure Shah&#226;b al-D&#238;n Sohrawardi, le lieu du lever du soleil, berceau de la lumi&#232;re et aube d'une nouvelle naissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La symbolique du palmier qui, saisit par les mains de la Vierge souffrante et endurant les douleurs de l'enfantement, se couvre soudain de dattes fraiches, fait &#233;galement partie des th&#232;mes &#233;voqu&#233;s. Il rappelle le motif de la douleur comme pr&#233;lude &#224; toute nouvelle naissance - qu'elle soit corporelle ou spirituelle, qui est notamment &#233;voqu&#233;e par R&#251;mi dans &lt;i&gt;Fihi ma fih &lt;/i&gt;(Le livre du dedans)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb18' class='spip_note' rel='appendix' title='Cet ouvrage de R&#251;mi, &#233;crit en persan, a &#233;t&#233; traduit en fran&#231;ais par Eva de (...)' id='nh18'&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &#034;&lt;i&gt;C'est la douleur qui guide l'homme dans toutes choses. Tant que la douleur, la passion et le d&#233;sir d'une chose ne surgissent pas dans son c&#339;ur, jamais il ne tendra vers elle, et il ne lui sera jamais possible de r&#233;aliser ses d&#233;sirs. [...] Tant que Marie n'a pas ressenti les douleurs de l'enfantement, elle ne s'est pas dirig&#233;e vers l'arbre du bonheur.&lt;/i&gt; &#034;Les douleurs de l'enfantement la firent se diriger vers le tronc du dattier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb19' class='spip_note' rel='appendix' title='Coran, 19:23.' id='nh19'&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#034;. &#034;&lt;i&gt;Cette douleur la poussa vers l'arbre, et cet arbre qui &#233;tait dess&#233;ch&#233; produisit des fruits.&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb20' class='spip_note' rel='appendix' title='Mawl&#226;n&#226; Djal&#226;l al-D&#238;n R&#251;mi, Le livre du dedans, Traduction : Eva de (...)' id='nh20'&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#034;&lt;i&gt;Le corps est pareil &#224; Marie, et chacun poss&#232;de en lui un J&#233;sus. Si nous &#233;prouvons en nous cette douleur, notre J&#233;sus na&#238;tra ; mais si nous ne sentons jamais aucune douleur, J&#233;sus, par le chemin secret qu'il avait pris, s'en retourne &#224; son origine, nous laissant priv&#233;s de ses bienfaits.&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb21' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid.' id='nh21'&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le palmier est &#233;galement li&#233; &#224; toute une symbolique du d&#233;sert qui, par opposition au temple repr&#233;sentant l'aspect formaliste et &#034;m&#233;diateur&#034; de la religion, est le lieu de la rencontre directe et d&#233;pouill&#233;e de tout artifice avec le divin. La nudit&#233; du lieu &#233;voque aussi la relation originelle entre Dieu et l'homme, o&#249;, avant toute &#034;temporalisation&#034; du divin et du religieux, un pacte primordial (&lt;i&gt;mith&#226;q&lt;/i&gt;) a &#233;t&#233; scell&#233; unissant pour toujours ce dernier &#224; son Cr&#233;ateur. Marie est donc le &#034;signe&#034; du rappel des origines de l'homme et par l&#224; m&#234;me, de son destin spirituel. Le d&#233;sert est &#233;galement le lieu de l'&#233;preuve et de l'errance, th&#233;&#226;tre par excellence du d&#233;sespoir et de la solitude, o&#249; est &#233;prouv&#233;e la foi des proph&#232;tes. La source jaillissant &#224; ses pieds souligne enfin que toute connaissance r&#233;elle implique une humilit&#233; et un d&#233;pouillement de l'&#233;go, dont les d&#233;sirs colorent le miroir de l'&#226;me de mille teintes, l'emp&#234;chant ainsi de refl&#233;ter et de saisir la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_714 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L302xH310/179-4-e51fa.jpg?1686653145' width='302' height='310' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:302px;'&gt;&lt;strong&gt;La &#8220;Maison de Marie&#8221; pr&#232;s d'Eph&#232;se&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le je&#251;ne de la parole qui lui est ordonn&#233; apr&#232;s la naissance de J&#233;sus va dans le m&#234;me sens, et permet au Verbe de t&#233;moigner lui-m&#234;me du miracle de sa naissance. La Vierge est donc, dans la mystique islamique, la voie de la sagesse par excellence ainsi qu'une invitation &#224; r&#233;aliser la naissance du Verbe divin &#224; l'int&#233;rieur de l'&#226;me du mystique ; naissance qui ne pourra avoir lieu que dans un c&#339;ur pur et humble. Dans de nombreux trait&#233;s mystiques et po&#232;mes, le c&#339;ur du contemplatif et du soufi v&#233;ritable est souvent compar&#233; &#224; Marie, en tant que lieu de naissance d'un enfant spirituel appel&#233;, comme J&#233;sus, &#224; transcender la mort : &#034;&lt;i&gt;Lorsque la parole de Dieu p&#233;n&#232;tre dans le c&#339;ur de quelqu'un et que l'inspiration divine emplit son c&#339;ur et son &#226;me, sa nature est telle qu'alors est produit en lui un enfant spirituel ayant le souffle de J&#233;sus qui ressuscite les morts. L'appel de Dieu, qu'il soit voil&#233; ou non, octroie ce qu'il a octroy&#233; &#224; Maryam&lt;/i&gt;&#034; (R&#251;mi). Symbole de la puret&#233; du corps et de l'&#226;me, choisie pour elle-m&#234;me et pour donner naissance &#224; un proph&#232;te, elle incarne &#224; la fois la dimension int&#233;rieure et ext&#233;rieure de la religion. Pour Frithjof Schuon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb22' class='spip_note' rel='appendix' title='Frithjof Schuon (1907-1998) est l'une des grandes figures intellectuelles et (...)' id='nh22'&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la Vierge &#034;personnifie l'Essence informelle de tous les Messages&#034;, et incarne une Sagesse originelle et universelle. Elle peut donc, &#224; ce titre, &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme la M&#232;re de l'ensemble des proph&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La Maison de la Vierge &#224; &#201;ph&#232;se&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Marie/Maryam est l'objet de d&#233;votions particuli&#232;res de la part des fid&#232;les musulmans et constitue m&#234;me l'objet d'un p&#232;lerinage dans un sanctuaire situ&#233; pr&#232;s de l'ancienne ville d'&#201;ph&#232;se, &#224; quelques kilom&#232;tres de Sel&#231;uk, sur le mont Coressos, o&#249; se retrouvent chaque ann&#233;e plusieurs dizaines de milliers de p&#232;lerins chr&#233;tiens et de musulmans depuis plus d'un si&#232;cle. Selon la tradition chr&#233;tienne, avant sa crucifixion, J&#233;sus aurait confi&#233; Marie &#224; Saint Jean l'Evang&#233;liste, qui, afin de fuir les pers&#233;cutions d'H&#233;rode Agrippa durant les ann&#233;es ayant suivies la mort du Christ, aurait amen&#233; la Vierge &#224; &#201;ph&#232;se o&#249; elle demeura jusqu'&#224; la fin de sa vie, dans une humble maison. Progressivement tomb&#233; dans l'oubli au cours des si&#232;cles suivants, ce lieu, baptis&#233; depuis &#034;la Maison de Marie&#034; (&#034;Meryem Ana Evi&#034;, en turc), a &#233;t&#233; d&#233;couvert gr&#226;ce aux visions de la mystique allemande Anne Katharina Emmerick (1774-1824)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb23' class='spip_note' rel='appendix' title='Cette mystique fut b&#233;atifi&#233;e par le pape Jean-Paul II en 2004. Au cours d'une (...)' id='nh23'&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et fut par la suite officiellement reconnu par le Vatican. Des c&#233;r&#233;monies y sont r&#233;guli&#232;rement organis&#233;es, la plus importante demeurant celle du 15 ao&#251;t, date &#224; laquelle les catholiques f&#234;tent son assomption. Cette maison est &#233;galement situ&#233;e &#224; proximit&#233; de la caverne des Sept Dormants et du tombeau de Marie-Madeleine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville de F&#226;tima, au Portugal, abrite &#233;galement un autre sanctuaire marial rassemblant fid&#232;les chr&#233;tiens et musulmans. Marie est aussi v&#233;n&#233;r&#233;e au sanctuaire de Notre Dame de Velankani, en Inde, o&#249; elle serait apparue &#224; la fin du XVIe si&#232;cle. Elle y est d'ailleurs pri&#233;e et respect&#233;e par certains hindous et bouddhistes, pour qui elle incarne l'arch&#233;type de la m&#232;re aimante et d&#233;vou&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lourdes accueille &#233;galement chaque ann&#233;e plusieurs centaines de p&#232;lerins musulmans. L'histoire de l'origine de cette ville, o&#249; la Vierge est apparue &#224; la sainte catholique Bernadette Soubirous en 1858, est &#233;galement marqu&#233;e par la rencontre des traditions chr&#233;tienne et islamique. Ainsi, &#224; la fin VIIIe si&#232;cle, Charlemagne, cherchant &#224; &#233;radiquer les ultimes occupants sarrasins du sud de la France, aurait d&#233;couvert pr&#232;s des Pyr&#233;n&#233;es l'existence d'un ch&#226;teau fort occup&#233; par un prince sarrasin appel&#233; Mirat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Refusant de se rendre malgr&#233; les nombreuses injonctions accompagn&#233;es d'invitations &#224; se convertir au catholicisme - d&#233;cision qui lui aurait permis de devenir un fid&#232;le chevalier de Charlemagne et de garder une partie de ses possessions-, le prince refuse cat&#233;goriquement d'abandonner son domaine et de renier sa foi, pr&#233;f&#233;rant la mort &#224; l'apostasie. En derni&#232;re instance, l'&#233;v&#234;que du Puy se rend aupr&#232;s de lui en l'invitant, &#224; d&#233;faut de pr&#234;ter serment d'all&#233;geance &#224; Charlemagne, &#224; devenir le chevalier de &#034;la plus noble dame qui exista&#034;, Sainte Marie du Puy. Le prince accepta et alla jusqu'&#224; recevoir le bapt&#234;me, &#224; condition que son domaine rel&#232;ve uniquement du patronage de la Sainte Vierge pour lui et les g&#233;n&#233;rations futures. Il prit alors le nom de &#034;Lorda&#034; qui, selon certaines versions, signifiait &#034;rose&#034; en arabe, et qui devint par la suite la ville de Lourdes o&#249; &#034;la vierge aux roses&#034; apparut &#224; Bernadette.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb24' class='spip_note' rel='appendix' title='La vierge lui serait ainsi apparue v&#234;tue de blanc, avec une ceinture bleue (...)' id='nh24'&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Figure de l'&#233;change et de la rencontre, Marie/Maryam a &#233;t&#233; &#224; la source de l'&#233;mergence d'une &#034;spiritualit&#233; mariale&#034; qui, sous les formes vari&#233;es qu'elle a pu rev&#234;tir, demeure commune aux traditions chr&#233;tienne et musulmane, o&#249; elle incarne l'arch&#233;type de la croyante exemplaire et de la vertu. En France, ce n'est donc sans doute pas un hasard si les deux &#233;tudes principales concernant la figure de la Vierge Marie dans l'islam ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es par un musulman converti au christianisme - le p&#232;re Jean-Mohammad Abdel Jal&#238;l, et par un chr&#233;tien converti &#224; l'islam, Charles-Andr&#233; Gilis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="spip.php?article768" class="spip_out"&gt;Rencontres islamo-chr&#233;tiennes (3)&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le verset 20 de la sourate 19 &#233;voque la virginit&#233; de Marie : &#034;&lt;i&gt;Elle dit : &#034;Comment aurais-je un fils, alors qu'aucun homme ne m'a touch&#233;e, et que je ne suis pas une femme de mauvaise vie ?&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'Eglise catholique a par la suite, au XIXe si&#232;cle, au travers de la notion d'immacul&#233;e conception, &#233;rig&#233; au statut de dogme la nature exempte du p&#233;ch&#233; originel de Marie. Ce dogme fut d&#233;cr&#233;t&#233; en 1854 par le pape Pie IX dans la bulle &lt;i&gt;Ineffabilis&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Deus&lt;/i&gt;. L'assomption fait &#233;galement partie du dogme catholique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le proph&#232;te Mohammad aurait lui-m&#234;me d&#233;clar&#233; que &#034;&lt;i&gt;la dame (Sayyida) des femmes du monde est Maryam, puis Fatima, puis Khadija et enfin Asiya&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;&lt;i&gt;Et Nous f&#238;mes du fils de Marie, ainsi que de sa m&#232;re, un prodige ; et Nous donn&#226;mes &#224; tous deux asile sur une colline bien stable et dot&#233;e d'une source&lt;/i&gt;&#034;, 23:50.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;&lt;i&gt;De m&#234;me, Marie, la fille de 'Imr&#226;n qui avait pr&#233;serv&#233; sa virginit&#233; ; Nous y insuffl&#226;mes alors de Notre Esprit. Elle avait d&#233;clar&#233; v&#233;ridiques les paroles de son Seigneur ainsi que Ses Livres : elle fut parmi les d&#233;vou&#233;s&lt;/i&gt;&#034;, 66:12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;&lt;i&gt;Ensuite, sur leurs traces, Nous avons fait suivre Nos [autres] messagers, et Nous les avons fait suivre de J&#233;sus fils de Marie et lui avons apport&#233; l'&#233;vangile, et mis dans les c&#339;urs de ceux qui le suivirent douceur et mansu&#233;tude [&#8230;]&lt;/i&gt;&#034;, 57:27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Coran, 3:36&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='appendix'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;&lt;i&gt;Il la confia &#224; Zacharie. Chaque fois que Zacharie allait la voir, dans le Temple, il trouvait aupr&#232;s d'elle la nourriture n&#233;cessaire, et il lui demandait : &#034;O Marie ! D'o&#249; cela te vient-il ?&#034;. Elle r&#233;pondait : &#034;Cela vient de Dieu : Dieu donne, sans compter, sa subsistance &#224; qui Il veut&lt;/i&gt;&#034;, Coran 3:37.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='appendix'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Coran, 3:42&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='appendix'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Coran, 19:17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='appendix'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'annonciation est &#233;galement &#233;voqu&#233;e dans la troisi&#232;me sourate du Coran : &#034;&lt;i&gt;Les anges dirent : &#034;0 Marie ! Dieu t'annonce la bonne nouvelle d'un Verbe &#233;manant de lui. Son nom est : le Messie, J&#233;sus, fils de Marie ; illustre en ce monde et dans la vie future ; il est au nombre de ceux qui sont proches de Dieu. D&#232;s le berceau, il parlera aux hommes, tout comme plus tard, adulte : il sera au nombre des justes&#034;. Elle dit : &#034;Mon Seigneur ! Comment aurais-je un fils ? Nul homme ne m'a jamais touch&#233;e&#034;. Il dit : &#034;Dieu cr&#233;e ainsi ce qu'Il veut : lorsqu'Il a d&#233;cr&#233;t&#233; une chose, Il lui dit : &#034;Sois !&#034;... et elle est aussit&#244;t&lt;/i&gt;&#034;, 3:45-47.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb12'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh12' class='spip_note' title='Notes 12' rev='appendix'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;&lt;i&gt;Ne t'attriste pas ! Ton Seigneur a fait jaillir &#224; tes pieds une source. Secoue vers toi le tronc du palmier ; il fera tomber sur toi des dattes fra&#238;ches et m&#251;res. Mange, bois et que ton &#339;il se r&#233;jouisse ! Si tu vois quelqu'un d'entre les humains, dis : &#034;J'ai vou&#233; un je&#251;ne au Mis&#233;ricordieux ; je ne parlerai donc &#224; personne aujourd'hui&#034;&lt;/i&gt;&#034;, Coran 19:22-26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb13'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh13' class='spip_note' title='Notes 13' rev='appendix'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Coran, 19:30.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb14'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh14' class='spip_note' title='Notes 14' rev='appendix'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Notamment dans la sourate &#034;La famille de 'Imr&#226;n&#034; : &#034;&lt;i&gt;Il parlera aux gens, dans le berceau et en son &#226;ge m&#251;r et il sera du nombre des gens de bien&lt;/i&gt;&#034;, 3:46 et la sourate &#034;La table servie&#034; (&lt;i&gt;Al-M&#226;'idah&lt;/i&gt;) : &#034;&lt;i&gt;Et quand Allah dira : &#034;J&#233;sus, fils de Marie, rappelle-toi Mon bienfait sur toi et sur ta m&#232;re quand Je te fortifiais du Saint-Esprit. Au berceau tu parlais aux gens, tout comme en ton &#226;ge m&#251;r [&#8230;]&lt;/i&gt;&#034;, 5:110.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb15'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh15' class='spip_note' title='Notes 15' rev='appendix'&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette notion de &#034;signe&#034; est &#233;voqu&#233;e dans les sourates &#034;Les Croyants&#034; (&lt;i&gt;Al-Mu'minun&lt;/i&gt;) et &#034;Les Proph&#232;tes&#034; (&lt;i&gt;Al-Anbiy&#226;'&lt;/i&gt;) : &#034;&lt;i&gt;Nous avons fait du fils de Marie et de sa m&#232;re un Signe. Nous leur avons donn&#233; asile sur une colline tranquille et arros&#233;e&lt;/i&gt;&#034;, 23 : 50 ; &#034;&lt;i&gt;Et celle qui &#233;tait rest&#233;e vierge... Nous avons fait d'elle et de son fils un Signe pour les mondes&lt;/i&gt;&#034;, Coran 21:91.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb16'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh16' class='spip_note' title='Notes 16' rev='appendix'&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est &#233;galement ce lien de parent&#233; unique qui semble &#234;tre l'explication du fait que J&#233;sus et Marie sont d&#233;crits comme &#233;tant un seul et m&#234;me signe (&lt;i&gt;&#226;ya&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb17'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh17' class='spip_note' title='Notes 17' rev='appendix'&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La notion de d&#233;tachement ne comporte pas n&#233;cessairement une port&#233;e physique, mais &#233;voque davantage un d&#233;tachement de l'esprit et de l'&#226;me par rapport aux choses mat&#233;rielles de l'existence terrestre ainsi que l'an&#233;antissement des d&#233;sirs personnels &#233;go&#239;stes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb18'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh18' class='spip_note' title='Notes 18' rev='appendix'&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cet ouvrage de R&#251;mi, &#233;crit en persan, a &#233;t&#233; traduit en fran&#231;ais par Eva de Vitray-Meyerovitch : Mawl&#226;n&#226; Djal&#226;l al-D&#238;n R&#251;mi, Le&lt;i&gt; livre du dedans&lt;/i&gt;, Albin Michel, Spiritualit&#233;s Vivantes, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb19'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh19' class='spip_note' title='Notes 19' rev='appendix'&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Coran, 19:23.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb20'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh20' class='spip_note' title='Notes 20' rev='appendix'&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mawl&#226;n&#226; Djal&#226;l al-D&#238;n R&#251;mi, Le &lt;i&gt;livre du dedans&lt;/i&gt;, Traduction : Eva de Vitray-Meyerovitch, Albin Michel, Spiritualit&#233;s Vivantes, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb21'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh21' class='spip_note' title='Notes 21' rev='appendix'&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb22'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh22' class='spip_note' title='Notes 22' rev='appendix'&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Frithjof Schuon (1907-1998) est l'une des grandes figures intellectuelles et spirituelles du si&#232;cle dernier. Il fut fortement marqu&#233; par la figure de Marie qui d&#233;termina par ailleurs le nom de sa &#034;voie&#034; mystique baptis&#233;e &#034;tar&#238;qah Maryammiyyah&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb23'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh23' class='spip_note' title='Notes 23' rev='appendix'&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette mystique fut b&#233;atifi&#233;e par le pape Jean-Paul II en 2004. Au cours d'une longue maladie, Anna Katharina Emmerick a rev&#233;cu la passion du Christ tous les vendredis, recevant notamment les stigmates. Elle a &#233;galement eu de nombreuses visions. Les paroles qu'elle pronon&#231;a durant ces exp&#233;riences mystiques ont &#233;t&#233; retranscrites par le po&#232;te allemand Clemens Brentano.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb24'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh24' class='spip_note' title='Notes 24' rev='appendix'&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La vierge lui serait ainsi apparue v&#234;tue de blanc, avec une ceinture bleue ainsi qu'une rose jaune sur chacun de ses pieds.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le sultanat d'Oman</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article180</link>
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		<dc:date>2008-04-01T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mireille Ferreira</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Entre Achoura et Norouz, lorsque T&#233;h&#233;ran est encore sous le froid et la neige, une escapade de quelques jours au Sultanat d'Oman offre un plaisir &#224; ne pas bouder. En survolant le Golfe Persique, le thermom&#232;tre passe de - 0&#176; &#224; + 25&#176;. Situ&#233; &#224; la pointe sud-est de la P&#233;ninsule arabique, Oman, avec ses 1700 km de c&#244;tes, les fjords de sa P&#233;ninsule du Musandam qui verrouille le D&#233;troit d'Ormuz, les dunes de sables de Wahibah, les wadis plant&#233;s de palmiers dattiers, ou encore Mascate, belle capitale qui allie (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;N&#176; 29, avril 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton180-cf282.jpg?1686657353' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entre Achoura et Norouz, lorsque T&#233;h&#233;ran est encore sous le froid et la neige, une escapade de quelques jours au Sultanat d'Oman offre un plaisir &#224; ne pas bouder. En survolant le Golfe Persique, le thermom&#232;tre passe de - 0&#176; &#224; + 25&#176;. Situ&#233; &#224; la pointe sud-est de la P&#233;ninsule arabique, Oman, avec ses 1700 km de c&#244;tes, les fjords de sa P&#233;ninsule du Musandam qui verrouille le D&#233;troit d'Ormuz, les dunes de sables de Wahibah, les wadis plant&#233;s de palmiers dattiers, ou encore Mascate, belle capitale qui allie modernisme et tradition, offre au touriste des loisirs in&#233;puisables. La r&#233;gion du Dhofar, proche du Y&#233;men, se visite de pr&#233;f&#233;rence en &#233;t&#233;, quand la mousson, appel&#233;e ici &lt;i&gt;qareef&lt;/i&gt;, fait verdir le d&#233;sert.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Rep&#232;res historiques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le nom Oman proviendrait de tribus arabes originaires d'une r&#233;gion du Y&#233;men appel&#233;e Ouman, qui &#233;migr&#232;rent sur son territoire. Il y a environ 5000 ans, les premi&#232;res oasis cultiv&#233;es apparaissent dans le pi&#233;mont occidental de la cha&#238;ne montagneuse du Hadjar, r&#233;gion qui se partage de nos jours entre le Sultanat d'Oman et l'Emirat d'Abu Dhabi. Oman est probablement le fabuleux &lt;i&gt;pays de Magan&lt;/i&gt;, mentionn&#233; dans des tablettes sum&#233;riennes de la m&#234;me &#233;poque. C'est le moment o&#249; les contacts s'intensifient avec la M&#233;sopotamie, qui poss&#232;de des gisements d'&#233;tain mais manque de cuivre pour fabriquer le bronze. Apr&#232;s avoir recouru aux gisements cuprif&#232;res du plateau iranien, il se tourne vers ceux des montagnes de l'actuel Sultanat.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_715 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH248/180-1-6f889.jpg?1686657353' width='336' height='248' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:336px;'&gt;&lt;strong&gt;Mosqu&#233;e dans la ville de Sur&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le Moyen-Age, Oman est une nation prosp&#232;re de marins-marchands qui, du port de Sohar, situ&#233; au nord d'Oman, et connu d&#232;s l'Antiquit&#233;, envoyaient leurs boutres en Afrique, en Inde et en Extr&#234;me-Orient. Il est attest&#233; qu'ils atteignirent, il y a fort longtemps, la Chine, les Etats-Unis, ainsi que les c&#244;tes d'Afrique centrale et du Sud. Selon la l&#233;gende, Sinbad le Marin (Abou Obe&#239;da) aurait v&#233;cu vers le Xe si&#232;cle &#224; Sohar, lorsque, de ses quais, partait le cuivre extrait des mines du massif de l'Hadjar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au XIVe si&#232;cle, l'&#238;le d'Ormuz contr&#244;le, entre la Perse et Oman, le d&#233;troit du m&#234;me nom. Les Portugais prennent Mascate et Sohar puis Ormuz en 1508. Ils cr&#233;eront, au XVIIIe si&#232;cle, des comptoirs maritimes sur la c&#244;te des Emirats arabes unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu du XVIIe si&#232;cle, l'imam omanais Sultan Ibn Sa&#239;f al Yarubi expulse les Portugais et conquiert l'&#238;le de Zanzibar puis Mombassa, au Kenya, qui leur appartenaient. Avec leurs possessions africaines, qui s'&#233;tendent de Zanzibar &#224; Mogadiscio en Somalie, et celles du Golfe persique qui vont de Bahre&#239;n au Pakistan actuel, les Omanais deviennent colonisateurs, fondant leur richesse sur l'esclavage et le commerce des &#233;pices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le voisin persan prend ombrage de cette expansion. Le Chah, d&#233;pourvu de marine de guerre, propose &#224; Louis XIV d'envoyer, contre r&#233;mun&#233;ration, des vaisseaux fran&#231;ais prendre Mascate, ce que le Roi-Soleil refuse, peu enclin au mercenariat. C'est le point de d&#233;part de plus de trois si&#232;cles de cordiales relations franco-omanaises, bien illustr&#233;es par les cartes anciennes et autres documents d'&#233;poque du Mus&#233;e franco-omanais de Mascate. En 1807, le trait&#233; de &lt;i&gt;paix perp&#233;tuelle &lt;/i&gt;et de libert&#233; de commerce consolidera les bonnes relations entre les deux pays&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_716 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH208/180-2-c115e.jpg?1686657353' width='336' height='208' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:336px;'&gt;&lt;strong&gt;Famille omanaise dans un wadi&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;A la mort du Sultan Bin Sa&#239;f II en 1718, une guerre de succession &#233;clate &#224; Oman. La Perse intervient et occupe Oman en 1737. Les troupes de N&#226;der Chah en sont d&#233;log&#233;es six ans plus tard par le gouverneur de Sohar, Ahmed bin Sa&#239;d, fondateur de la dynastie des Bou Sa&#239;dides. Cette dynastie, la plus ancienne du Golfe, dirige encore de nos jours le Sultanat d'Oman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1832, le sultan Sa&#239;d &#233;tablit dans l'&#238;le de Zanzibar la capitale du &lt;i&gt;Sultanat de Zanzibar&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Mascate et Oman&lt;/i&gt;. A sa mort en 1856, le royaume est partag&#233; entre ses fils, possessions africaines pour l'un, Oman pour l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Sultan Qabous I&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1967, la r&#233;bellion du Front de Lib&#233;ration du Dhofar, mouvement marxiste soutenu par le Y&#233;men du sud et les pays communistes, aboutit en 1970 &#224; la d&#233;position du souverain Sa&#239;d III, au b&#233;n&#233;fice de son fils Qabous Ier, douzi&#232;me descendant de la dynastie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son r&#232;gne inaugure une &#232;re de modernit&#233; pour le Sultanat. A l'av&#232;nement du Sultan Qabous, en effet, le Sultanat &#233;tait repli&#233; sur lui-m&#234;me, &#224; plusieurs si&#232;cles du monde moderne. Il n'existait que trois &#233;coles, un seul h&#244;pital de 23 lits. La population souffrait de malnutrition et consommait de l'eau pollu&#233;e. L'esp&#233;rance de vie y &#233;tait de 47 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, toute la population, qui est d'environ trois millions d'habitants, a acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation, aux soins, &#224; l'eau et &#224; l'&#233;lectricit&#233;. La premi&#232;re universit&#233;, l'Universit&#233; nationale Sultan Qabous, a ouvert ses portes en 1986. Le r&#233;seau routier et les installations touristiques sont bien d&#233;velopp&#233;s et de bonne qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_717 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH252/180-3-a6c71.jpg?1686657353' width='336' height='252' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:336px;'&gt;&lt;strong&gt;P&#234;cheurs au souk aux poissons d'Oman &lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le pays est gouvern&#233; selon les pr&#233;ceptes ancestraux de l'islam. Le syst&#232;me judiciaire est &#233;galement fond&#233; sur la loi islamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement est un syst&#232;me bicam&#233;ral, la loi fondamentale de l'Etat pr&#233;voit l'&#233;tablissement du conseil d'Oman cr&#233;&#233; par d&#233;cret royal en 1997. Il comprend le comit&#233; consultatif, &lt;i&gt;Majlis al-Surat&lt;/i&gt;, dont les membres sont &#233;lus par les citoyens omanais tous les trois ans et le conseil d'&#233;tat &lt;i&gt;Majlis al-Dowlat&lt;/i&gt; dont les membres sont nomm&#233;s par le Sultan. Ce syst&#232;me, au sein duquel la prise de d&#233;cision est coll&#233;giale et consensuelle, fait d'Oman un des &#1577;tats les plus stables de la p&#233;ninsule Arabique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan international, le sultanat d'Oman est membre de la Ligue arabe et de l'Organisation des Nations Unies. Il fonde sa politique &#233;trang&#232;re sur le bon voisinage et la coop&#233;ration entre les pays du Golfe Persique. En 1981, le Conseil de Coop&#233;ration du Golfe (CCEAG) comprenant Arabie Saoudite, Bahre&#239;n, Emirats Arabes Unis, Kowe&#239;t, Oman, Qatar, soit 44% des r&#233;serves mondiales de p&#233;trole, est cr&#233;&#233;. Il a pour vocation la d&#233;fense et l'int&#233;gration &#233;conomique des pays membres. Lors de la guerre Iran-Irak, le Sultan Qabous a maintenu les relations avec la R&#233;publique islamique d'Iran et a conserv&#233; une certaine neutralit&#233; lors de la guerre du Golfe de 1990 &#224; 1991.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les Omanais&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme les populations autochtones de toute la p&#233;ninsule arabique, les Omanais sont, pour la plupart, de souche arabe. Ils sont les descendants des tribus b&#233;douines, dont une partie &#233;tait nomade, vivant de l'&#233;levage des chameaux. L'autre partie, s&#233;dentaire, vivait de la p&#234;che des poissons et des perles, de la culture des palmiers-dattiers et des l&#233;gumes, ainsi que des &#233;changes maritimes internationaux. Dans le Sultanat, on peut croiser aussi des citoyens omanais &#224; la peau noire, descendants des anciennes possessions d'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_718 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH205/180-4-cf427.jpg?1686657353' width='336' height='205' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:336px;'&gt;&lt;strong&gt;Omanais de la p&#233;ninsule du Musandam &lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Les Omanais sont, dans leur tr&#232;s grande majorit&#233;, musulmans. D&#232;s les d&#233;buts de l'islam, les tribus arabes du pays, s'opposant &#224; Ali, adopt&#232;rent l'ibadisme, variante mod&#233;r&#233;e du kharidjisme, mouvement sectaire de l'islam s'opposant tant au sunnisme qu'au chiisme. Les trois quarts des Omanais sont toujours d'ob&#233;dience ibadite, le quart restant appartenant &#224; la branche sunnite de l'islam. En raison de l'importante minorit&#233; indienne, 13 % de la population totale sont hindous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le code vestimentaire des Omanais semble, au premier coup d'&#339;il, assez simple : les hommes sont en blanc, les femmes en noir. Quand on croise une famille omanaise lambda, on distingue le chef de famille, &#233;l&#233;gamment habill&#233; de la &lt;i&gt;dishdasha&lt;/i&gt;, robe blanche immacul&#233;e tr&#232;s sobre, attach&#233;e au col d'un cordon joliment travaill&#233;. Il est coiff&#233; du &lt;i&gt;kumma&lt;/i&gt;, chapeau rond brod&#233; ou d'une &#233;toffe nou&#233;e en turban, en coton ou laine cachemire. C'est d'ailleurs le v&#234;tement national, port&#233; par les employ&#233;s de l'Etat. Il est entour&#233; de son ou de ses &#233;pouses, v&#234;tues de l'&lt;i&gt;abbaya&lt;/i&gt;, houppelande noire qui cache leur belle robe color&#233;e, et qui, rabattue &#224; la main, masque enti&#232;rement le visage. Selon leur origine g&#233;ographique et religieuse, les femmes peuvent porter des robes magnifiquement color&#233;es, sans abbaya. C'est le cas surtout &#224; la campagne. Elles sont presque toujours voil&#233;es et peuvent porter un curieux masque, le burqa, qui cache le front et le nez, fait de cuir noir ou de tissu richement brod&#233;, ou encore en or pour les grandes occasions. Les dishdashas port&#233;es par les jeunes gens et les hommes le week-end peuvent &#234;tre de couleur brune, prune, lilas. Lorsqu'ils se d&#233;placent en groupe dans la rue ou sur la plage, l'ensemble est un r&#233;gal pour les yeux.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_719 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L314xH235/180-5-b9fd8.jpg?1686657353' width='314' height='235' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:314px;'&gt;&lt;strong&gt;Omanais sur une plage &#224; Mascate&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;En raison de l'insuffisance de la main-d'&#339;uvre locale, Oman est aussi peupl&#233; d'un grand nombre de r&#233;sidents expatri&#233;s (26 % de la population totale), venus pour la plupart d'Asie ou du sous-continent indien, Philippins, Indo-pakistanais, Bengalis, qui repr&#233;sentent le gros de la main-d'&#339;uvre, et qui continuent &#224; porter leur tenue traditionnelle d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux ouvriers et ing&#233;nieurs venus de Chine construisent &#224; Oman les autoroutes du Sultanat. En ces jours suivant le Nouvel an chinois, il est surprenant de voir, parmi les baraquements des chantiers, des portiques d&#233;cor&#233;s de lampions rouges et des calligraphies chinoises c&#233;l&#233;brant la nouvelle ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'encens, richesse nationale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, Oman est assis sur une r&#233;serve de p&#233;trole estim&#233;e &#224; plus de 600 millions de tonnes, pour une production annuelle de l'ordre de 40 millions de tonnes, le gaz naturel &#233;tant la deuxi&#232;me richesse du sous-sol. Les p&#234;cheurs de perle, vaincus par la perle de culture japonaise, ont disparu dans les ann&#233;es 1930. Reste, pour envo&#251;ter le visiteur, les fragrances produites par l'arbre &#224; encens, qui &#233;tait l'arbre sacr&#233; des anciennes religions monoth&#233;istes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses vall&#233;es &#224; encens existent &#224; Oman, comme celle de Dawkah qui est class&#233;e patrimoine mondial de l'Unesco. La r&#233;gion de l'encens commence d&#232;s les montagnes du Dhofar pr&#232;s du Y&#233;men et s'&#233;tend jusqu'au &lt;i&gt;Quart vide&lt;/i&gt;, la r&#233;gion d&#233;sertique proche de l'Arabie Saoudite. Le climat chaud et humide de cette r&#233;gion permet la culture de l'arbre &#224; encens qui est consid&#233;r&#233; ici comme un des meilleurs du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'encens, extrait du tronc de l'arbre, est toujours employ&#233; dans les mosqu&#233;es, les temples et les &#233;glises. Les blanchisseurs omanais en impr&#232;gnent les dishdashas de leurs clients, et les femmes placent un br&#251;leur d'encens sous leurs voiles pour parfumer leurs cheveux. Les parfumeurs du monde entier viennent chercher &#224; Oman de quoi cr&#233;er de nouveaux parfums.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, les Grecs et les Romains &#233;taient sans cesse &#224; la recherche de l'encens, que leur aristocratie utilisait comme compl&#233;ment des produits cosm&#233;tiques et qui &#233;tait aussi utilis&#233; au cours des c&#233;r&#233;monies religieuses.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_720 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L314xH219/180-6-4d7d6.jpg?1686657353' width='314' height='219' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:314px;'&gt;&lt;strong&gt;Enfants de p&#234;cheurs&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;M&#233;lang&#233; au musc, au santal, &#224; l'ambre, les b&#226;tons d'encens finement moulus permettent de cr&#233;er des parfums. La r&#233;sine de l'arbre &#224; encens est &#233;galement utilis&#233;e dans leur composition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1980, les autorit&#233;s d'Oman d&#233;cid&#232;rent de faire revivre la tradition de la parfumerie omanaise. Le savant fran&#231;ais Guy Robert, &lt;i&gt;nez&lt;/i&gt; de Chanel, Dior, Herm&#232;s et Gucci, invit&#233; &#224; venir travailler &#224; Oman, mit au point le parfum Amouage &#224; base d'un encens de Salallah, d'eau de rose et de myrrhe. Il est aussi le cr&#233;ateur de &lt;i&gt;Monsieur Rochas&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Madame Rochas&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Equipage&lt;/i&gt; d'Herm&#232;s et a particip&#233; au &lt;i&gt;Cinq&lt;/i&gt; de Chanel. Les bouteilles du parfum &lt;i&gt;Amouage&lt;/i&gt; sont en argent pur recouvertes d'or 24 carats. Certaines sont serties de pierres pr&#233;cieuses telles que l'&#233;meraude, la hyacinthe, la malachite, le lapis lazuli. La stylisation du flacon s'inspire de l'h&#233;ritage omanais. Les flacons de parfum de luxe pour homme sont en forme de khanjar, le poignard omanais, les flacons de parfum pour femmes sont surmont&#233;s d'un capuchon dor&#233; en forme de mosqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La p&#233;ninsule du Musandam&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La spectaculaire p&#233;ninsule du Musandam, appel&#233;e parfois &lt;i&gt;le myst&#233;rieux concierge du Golfe&lt;/i&gt;, situ&#233;e face au d&#233;troit d'Ormuz, est une partie g&#233;ographiquement s&#233;par&#233;e du Sultanat par les Emirats Arabes Unis, et de l'Iran par 45 km &#224; travers les eaux du d&#233;troit. Ses hautes falaises de calcaire ont &#233;t&#233; form&#233;es il y a des millions d'ann&#233;es, en m&#234;me temps que la cha&#238;ne de montagne du Zagros en Iran, quand les plaques rocheuses sous-marines sont entr&#233;es en collision. Elle voit passer les plus gros tonnages d'or noir du monde. 17 millions de barils transitent chaque jour par ses eaux territoriales, soit 50 % des r&#233;serves p&#233;troli&#232;res mondiales. Elle reste n&#233;anmoins un site paradisiaque dont les eaux habit&#233;es par les dauphins sont bord&#233;es de fjords vertigineux que les touristes parcourent sur les &lt;i&gt;dhows&lt;/i&gt;, les traditionnels boutres de bois. La c&#244;te est parsem&#233;e de plages et de villages de p&#234;cheurs uniquement accessibles par la mer, habit&#233;s souvent par une seule famille, formant une tribu, base de la soci&#233;t&#233; omanaise. Des vestiges de cit&#233;s disparues depuis 5000 ans ont &#233;t&#233; retrouv&#233;s, t&#233;moins de l'existence d'une autre tribu errante, de l'ethnie des &lt;i&gt;Siqus&lt;/i&gt;, qui menait une existence de bergers d'une duret&#233; similaire &#224; celle des B&#233;douins. On pense qu'ils descendent des populations qui vivaient dans l'extr&#234;me nord d'Oman avant l'arriv&#233;e des tribus arabes et qui ont r&#233;sist&#233; au fil des si&#232;cles aux multiples envahisseurs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mascate&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une canadienne install&#233;e dans la capitale omanaise nous a affirm&#233; : &#034;Muscat is a paradise&#034;. En ce mois de f&#233;vrier, le festival annuel de la capitale omanaise bat son plein et on peut en effet s'y distraire du matin au soir. Les plages, les parcs, les mus&#233;es et les salles de spectacle sont r&#233;quisitionn&#233;s pour offrir &#224; la population des courses de chameaux et de chevaux, des combats de taureaux, des expositions, des concerts, des ballets, des pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre, des colloques et des concours de po&#233;sie. Revers de la m&#233;daille, les h&#244;tels, pourtant fort nombreux &#224; Mascate, affichent complet, les plus beaux se trouvant sur la c&#244;te ; tel le Chedi, notre pr&#233;f&#233;r&#233;, palace dont l'architecture contemporaine s'inspire de celle, traditionnelle, des nombreux forts qui d&#233;fendaient la c&#244;te des intrusions ext&#233;rieures d&#232;s le XVIIIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_721 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L314xH235/180-7-6b21a.jpg?1686657353' width='314' height='235' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:314px;'&gt;&lt;strong&gt;Les omanais&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;La mosqu&#233;e du Sultan Qabous Ier, ouverte en 2001, est un des plus beaux monuments de la ville. C'est l'une des plus grandes du monde. Elle peut accueillir jusqu'&#224; 20 000 fid&#232;les et recouvre 40 000 m&#178;. Elle est &#233;lev&#233;e sur un socle au niveau de la rue pour respecter la tradition omanaise. Elle doit beaucoup au savoir-faire iranien puisque ce sont des ma&#238;tres persans qui ont cr&#233;&#233; son tapis de 21 tonnes, compos&#233; d'une seule pi&#232;ce de 60 par 70 m&#232;tres et de 1 700 millions de n&#339;uds. Il en est de m&#234;me pour les c&#233;ramiques florales, inspir&#233;es des mod&#232;les Safavides d'Ispahan, qui ornent ses murs. Des ma&#238;tres verriers fran&#231;ais ont r&#233;alis&#233; les grands vitraux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les espaces naturels de la c&#244;te Est&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La route c&#244;ti&#232;re qui s'&#233;tend de Mascate &#224; Sour, important port situ&#233; sur la corne de la p&#233;ninsule arabique, traverse des mangroves, refuge des oiseaux migrateurs, ainsi que de nombreux &lt;i&gt;wadis&lt;/i&gt; plant&#233;s de palmiers-dattiers g&#233;ants, ressource agricole tr&#232;s importante &#224; Oman. A la saison des pluies, les eaux de ces rivi&#232;res, &#224; sec le reste de l'ann&#233;e, se gonflent en un clin d'&#339;il et remplissent, en une semaine, puits et nappes phr&#233;atiques, gr&#226;ce &#224; un ing&#233;nieux syst&#232;me de barrages r&#233;partis sur le territoire.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_722 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L314xH235/180-8-aead6.jpg?1686657353' width='314' height='235' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:314px;'&gt;&lt;strong&gt;Les dunes de Wahiba&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Environ 3000 r&#233;seaux d'&lt;i&gt;aflajs&lt;/i&gt; conduisent l'eau des sources souterraines, par gravit&#233;, sur des kilom&#232;tres, pour alimenter l'agriculture et les peuplements permanents. Ce syst&#232;me d'irrigation, fruit de l'exp&#233;rience des anciens Omanais, permet d'envoyer l'eau dans toutes les directions souhait&#233;es. C'est ainsi que montagnes et d&#233;serts, transform&#233;s en oasis, accueillent la culture d'arbres, de c&#233;r&#233;ales, de fruits et de l&#233;gumes dans les endroits les plus arides. Cinq de ces syst&#232;mes sont &#233;galement inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco. Ils ne sont pas sans rappeler les qanats du d&#233;sert iranien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le port de Sour accueillait, il y a encore trois ou quatre ans, des chantiers navals o&#249; l'on fabriquait les &lt;i&gt;dhows&lt;/i&gt;, ces boutres de bois utilis&#233;s par les p&#234;cheurs omanais, qui leur pr&#233;f&#232;rent dor&#233;navant les barques en fibre de verre, l&#233;g&#232;res et meilleur march&#233;. C'est ici que fut r&#233;cemment construit le navire de Sinbad, le &lt;i&gt;Sohar&lt;/i&gt;, pour d&#233;montrer &#224; notre &#233;poque les prouesses des marins omanais dans l'antiquit&#233;. Il avait un m&#226;t principal de 22 m&#232;tres et fut construit en utilisant les m&#234;mes techniques que celles des bateaux traditionnels : pas de clous, trois voiles et une coque double. Il commen&#231;a son voyage vers la Chine en 1981. L'&#233;quipage, sous le commandement d'un Irlandais, &#233;tait compos&#233; de vingt marins pour la plupart omanais. Apr&#232;s avoir parcouru 6000 miles en six mois, il arriva en Chine, d&#233;montrant une fois de plus que les marins omanais &#233;taient capables de naviguer sur un bateau en fibre de corde et donnant corps ainsi &#224; la l&#233;gende de Sinbad. On peut l'admirer dor&#233;navant sur une place de Mascate o&#249; il est expos&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'int&#233;rieur, les dunes de sables de Wahibah accueillent des safaris en voitures tout terrain, pour le plus grand plaisir des touristes et des locaux en mal d'&#233;motion et de mont&#233;e d'adr&#233;naline. Mais elles sont surtout le lieu de vie d'une faune dont nous d&#233;couvrons d'&#233;mouvantes traces sur le sable au petit matin, en sortant des &lt;i&gt;barastis&lt;/i&gt;, ces huttes des campements du d&#233;sert, recouvertes de feuilles de palmiers.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_723 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L314xH235/180-9-3d413.jpg?1686657353' width='314' height='235' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:314px;'&gt;&lt;strong&gt;Tortue pondant sur la plage de Ras Al Jinz&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;La grande curiosit&#233; d'Oman reste les &#233;normes tortues vertes qui viennent pondre sur quelques plages de l'Oc&#233;an indien, une fois tous les quatre ans. Ces esp&#232;ces &#233;tant prot&#233;g&#233;es, on ne peut assister &#224; ce spectaculaire &#233;v&#233;nement qu'accompagn&#233; de guides munis d'autorisation pour p&#233;n&#233;trer sur les sites de ponte, comme c'est le cas &#224; Ras Al Jina&#239;z, au sud de Sour. A la nuit tomb&#233;e, pour &#233;viter les pr&#233;dateurs, ces &#233;normes b&#234;tes, dont le poids peut atteindre 150 kg, creusent un trou profond dans lequel elles d&#233;posent une centaine d'&#339;ufs, recouverts d'une membrane blanche. Une fois la ponte termin&#233;e, elles rebouchent la cavit&#233; puis repartent, &#233;puis&#233;es, vers la mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les petites tortues sortiront du sable au bout de deux mois, en d&#233;chirant la membrane de leur &#339;uf et se pr&#233;cipiteront vers la mer en livrant un in&#233;gal combat contre les go&#233;lands qui guettent leur apparition. Si elles attendent le jour, la plupart seront d&#233;vor&#233;es avant d'atteindre l'eau. Une fois la mer atteinte, elles ne seront pas pour autant sorties d'affaire car elles devront encore craindre les crabes ou autres pr&#233;dateurs marins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un millier d'&#339;ufs, seulement trois ou quatre petits pourront survivre. Notre grande joie est d'avoir pu forcer un peu la nature en confiant aux gardiens du site quelques nouveau-n&#233;s menac&#233;s d'&#234;tre d&#233;vor&#233;s. Apr&#232;s une journ&#233;e pass&#233;e dans un aquarium, ils seront mis &#224; la mer, la nuit venue, augmentant un peu leur chance de survie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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