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	<title>La Revue de T&#233;h&#233;ran | Iran </title>
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	<description>Iran | Mensuel culturel iranien en langue fran&#231;aise | Histoire de l'Iran, Art iranien, Culture iranienne, Traditions iraniennes, Litt&#233;rature persane, Langue fran&#231;aise en Iran,</description>
	<language>fr</language>
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		<title>La Revue de T&#233;h&#233;ran | Iran </title>
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		<title>Notre jardin de roses</title>
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		<dc:date>2008-05-01T18:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rouhollah Hosseini</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La gloire est le propre de Dieu, l'Eternel et le Tr&#232;s-Haut ; plus on L'honore et plus on s'approche de Lui ; plus on Le remercie et plus Il nous offre des dons. En descendant, la respiration prolonge la vie et en remontant, elle r&#233;jouit. Deux faveurs r&#233;sident alors dans toute respiration, dont &#224; chacune est d&#251; un remerciement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais aucune main ni aucune langue ne peut Le remercier &#224; sa juste valeur &lt;br class='autobr' /&gt;
Incipit du Jardin des roses, ce texte est &#224; n'en pas douter l'un des plus c&#233;l&#232;bres de la litt&#233;rature (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;N&#176; 30, mai 2008&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton703-6e61a.jpg?1686643551' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;La gloire est le propre de Dieu, l'Eternel et le Tr&#232;s-Haut ; plus on L'honore et plus on s'approche de Lui ; plus on Le remercie et plus Il nous offre des dons. En descendant, la respiration prolonge la vie et en remontant, elle r&#233;jouit. Deux faveurs r&#233;sident alors dans toute respiration, dont &#224; chacune est d&#251; un remerciement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aucune main ni aucune langue ne peut
&lt;br/&gt;Le remercier &#224; sa juste valeur&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Incipit du&lt;i&gt; Jardin des roses&lt;/i&gt;, ce texte est &#224; n'en pas douter l'un des plus c&#233;l&#232;bres de la litt&#233;rature persane, et son auteur, l'une des plus remarquables figures de cette derni&#232;re. La finesse de son art, la beaut&#233; &#233;blouissante de ses roses improvis&#233;es, vinrent embellir cette litt&#233;rature &#224; jamais ; des roses dont les p&#233;tales resteront &#224; l'abri du vent, &#224; l'abri d&#233;finitif du passage du temps, dans un jardin o&#249; l'automne ne prendra jamais la place du printemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er ordibeh&#234;cht, journ&#233;e comm&#233;morative de l'anniversaire de Saadi, nous a fourni l'occasion de rendre hommage &#224; ce po&#232;te &#233;minent, en lui consacrant notre cahier du mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De renomm&#233;e mondiale, eu &#233;gard &#224; sa sagesse, excellent conteur et ravisseur de c&#339;urs par le sublime de sa po&#233;sie, celle-l&#224; m&#234;me qui donne &#224; son lecteur l'impression de d&#233;guster les fruits les plus doux de son verger, Saadi, est aujourd'hui encore consid&#233;r&#233; chez les initi&#233;s comme le plus grand po&#232;te de l'histoire de la litt&#233;rature iranienne. L'extr&#234;me d&#233;licatesse formelle et substantielle de ses po&#232;mes, son ironie et sa bienveillance, qu'il sait lier avec bonheur dans son &#339;uvre, f&#251;t-ce sous forme de r&#233;cit ou de po&#233;sie, de Ghazal ou de Masnavi, nous autorise &#224; le placer en t&#234;te de la liste des figures tut&#233;laires de la litt&#233;rature telles que H&#226;fez, Mol&#226;n&#226; ou Ferdowsi. Si la po&#233;sie mystique et lyrique de H&#226;fez nous emporte dans son tourbillon d'images, vers l'univers des beaut&#233;s c&#233;lestes, celle de Saadi peut &#233;galement nous installer &#224; la table bien garnie des nourritures terrestres. Si Roumi fait vertigineusement danser le mot au son d'une musique spirituelle, le po&#232;te de Shir&#226;z fait danser et le mot et le sens qu'il pare avec &#233;l&#233;gance. Et si Ferdowsi se donne pour t&#226;che, dans son &#233;pop&#233;e glorieuse, d'immuniser la langue persane contre la &#034;mort&#034;, Saadi l'&#233;ternise dans un heureux mariage avec la langue arabe, qu'il ma&#238;trise aussi parfaitement que la langue de son pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saadi naquit &#224; Shir&#226;z, haut lieu de culture et d'histoire, v&#233;ritable ville-t&#233;moin de la gloire de notre antique Perse, et c&#339;ur battant de la po&#233;sie persane, laquelle rend mutuellement honneur &#224; la ville, &#224; ses nombreux jardins et sa flore aromatique :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Prot&#232;ge, &#244; Dieu, la terre de Fars, du vent de la discorde&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Aussi longtemps que demeureront la terre et le vent&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;dl class='spip_document_633 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH299/703-1-f747f.jpg?1686643551' width='448' height='299' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Tombeau de Saadi &#224; Shir&#226;z&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le po&#232;te fut aussi d'humeur voyageuse et parcourut beaucoup de villes et de pays musulmans qui apparaissent occasionnellement dans son &#339;uvre : l'&#1577;gypte, le Maghreb, Damas, J&#233;rusalem, Baalbek, Bassora, Bagdad, le Turkestan, l'Abyssinie, etc. Son &#339;uvre est en ce sens marqu&#233;e par ses exp&#233;riences. Il s'impose &#224; titre de moraliste, le plus mod&#233;r&#233; parmi ses pairs, qui sait orner les le&#231;ons qu'il dispense avec des exemples simples et clairs, fruit semble-t-il de ses propres aventures, de ses rencontres &#224; la cour des rois, avec le peuple de la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son &#339;uvre pr&#233;sente &#224; ce titre un pr&#233;cieux objet d'&#233;tudes de m&#339;urs et de coutumes de l'&#233;poque, des conduites sociales et des relations entre ma&#238;tre et disciple, entre l'homme et la femme. Compte tenu de leur port&#233;e mystique, ses contes constituent &#233;galement une source utile &#224; l'&#233;tude des milieux soufis, dont l'enseignement impr&#233;gnait la vie et la pens&#233;e des gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'influence qu'a exerc&#233;e Saadi sur les po&#232;tes et les &#233;crivains de son temps et des &#233;poques ult&#233;rieures, voire m&#234;me sur les po&#232;tes &#233;trangers, il serait fastidieux d'en relever toutes les occurrences. De nos jours, le po&#232;te jouit d'une grande renomm&#233;e dans les milieux litt&#233;raires. Tout jeune po&#232;te reconna&#238;t sans broncher sa stature in&#233;galable, et son tombeau reste un lieu de p&#232;lerinage pour grand nombre de ses disciples, qui s'y rendent de partout et posent respectueusement le genou &#224; terre devant la pierre tombale de leur ma&#238;tre soufi. Des amants se donnent rendez-vous au lieudit de son tombeau pour y r&#233;citer ses po&#232;mes d'amour ; des musiciens composent des &#339;uvres sublimes pour accompagner ses textes, qui sont &#224; leur tour glorifi&#233;s dans les tours de chant d'&#233;minents artistes tels que Shajari&#226;n. Il suffit d'&#233;couter une seule fois l'&#339;uvre Nav&#226; pour adopter une fois pour toute et dans un m&#234;me &#233;lan, la musique traditionnelle iranienne, la po&#233;sie persane et le verbe, unique entre tous, du po&#232;te Saadi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Saadi, le po&#232;te humaniste du XIIIe si&#232;cle</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article702</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article702</guid>
		<dc:date>2008-05-01T17:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arefeh Hedjazi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Parmi les g&#233;ants de la po&#233;sie persane, un nom brille d'une douceur et d'une verve particuli&#232;re. Ce n'est ni celui de l'&#233;pique Ferdowsi, ni celui du roi des po&#232;tes mystiques Mowl&#226;n&#226;, ni celui du th&#233;ologien conteur d'amour Nez&#226;mi, et ni celui de l'immense H&#226;fez, &#224; la po&#233;sie toute de gr&#226;ce et de pure beaut&#233;. Ce g&#233;ant se nomme Saadi, le sage po&#232;te, &#224; la langue d'une saveur unique, &#224; la plume vivace, l'inimitable qui porta &#224; son point de perfection un genre qu'il renouvela enti&#232;rement, celui de la po&#233;sie et de la prose (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;N&#176; 30, mai 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton702-99737.jpg?1686643551' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parmi les g&#233;ants de la po&#233;sie persane, un nom brille d'une douceur et d'une verve particuli&#232;re. Ce n'est ni celui de l'&#233;pique Ferdowsi, ni celui du roi des po&#232;tes mystiques Mowl&#226;n&#226;, ni celui du th&#233;ologien conteur d'amour Nez&#226;mi, et ni celui de l'immense H&#226;fez, &#224; la po&#233;sie toute de gr&#226;ce et de pure beaut&#233;. Ce g&#233;ant se nomme Saadi, le sage po&#232;te, &#224; la langue d'une saveur unique, &#224; la plume vivace, l'inimitable qui porta &#224; son point de perfection un genre qu'il renouvela enti&#232;rement, celui de la po&#233;sie et de la prose moralisante, tout en s'illustrant sans concurrent dans le domaine de l'ode lyrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saadi est l'auteur du &lt;i&gt;Boust&#226;n&lt;/i&gt; (Le Verger), du &lt;i&gt;Golest&#226;n&lt;/i&gt; (Le Jardin des Roses), d'un grand nombre d'odes lyriques, d'&#233;l&#233;gies, de po&#232;mes satiriques et de pan&#233;gyriques. Son talent s'illustre autant dans la prose, comme on peut le voir dans le &lt;i&gt;Golest&#226;n&lt;/i&gt; et ses divers morceaux en prose, que dans la po&#233;sie, qui constitue la plus grande partie de son &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_655 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L284xH448/702-1-22729.jpg?1686643551' width='284' height='448' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:284px;'&gt;&lt;strong&gt;Un vers du Boust&#226;n de Saadi, artiste inconnu, XVIe si&#232;cle &lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Il est difficile de pr&#233;senter une biographie claire et lin&#233;aire de cet homme pourtant tr&#232;s c&#233;l&#232;bre tant la chronologie de sa vie s'est m&#234;l&#233;e d'&#233;l&#233;ments qui visiblement ont &#233;t&#233; d&#233;crits par lui-m&#234;me. Le talent de conteur et la riche exp&#233;rience de la vie qu'a Saadi laissent transpara&#238;tre un grand voyageur, mais a-t-il r&#233;ellement fait tous les voyages dont il parle ou ne sont-ils que des cheminements imaginaires destin&#233;s &#224; enrichir et &#224; illustrer les enseignements moraux qu'il pr&#233;sente dans sa belle langue ? Tout ce que l'on sait avec certitude, c'est que Saadi fut avant tout un grand voyageur qui passa trente-cinq ans de sa vie loin de sa Shir&#226;z natale. De fait, rares sont les &#233;crivains persans anciens dont on conna&#238;t avec exactitude la trajectoire, puisque plusieurs si&#232;cles nous s&#233;parent souvent de ces auteurs, et que les anthologies existantes sont souvent copi&#233;es les unes des autres et ressassent les m&#234;mes erreurs et impr&#233;cisions sur lesquelles les chercheurs sont oblig&#233;s de se baser. Cette part d'impr&#233;cision est d'autant plus remarquable que les l&#233;gendes entourant un auteur sont &#224; la mesure de son succ&#232;s. Evidemment, quand un auteur est plus c&#233;l&#232;bre, plus d'informations sont &#233;galement disponibles &#224; son sujet, mais l&#224; encore, le travail &#224; faire reste &#233;norme. Ainsi, quand on parle d'un po&#232;te de la stature de Saadi, d&#233;j&#224; c&#233;l&#232;bre de son vivant, il n'est pas facile de conna&#238;tre tous les d&#233;tails exacts de sa vie. En r&#233;alit&#233;, au moins en ce qui concerne la vieille litt&#233;rature persane, les &#233;l&#233;ments biographiques les plus v&#233;ridiques et pr&#233;cis sont souvent &#224; rechercher dans l'&#339;uvre m&#234;me de l'auteur dont il est question. Mais, en ce qui concerne Saadi, la t&#226;che n'est pas aussi simple puisqu'il est impossible de v&#233;rifier s'il pr&#233;tend dire la v&#233;rit&#233; ou s'il ne souhaite qu'illustrer un r&#233;cit moral. La plus vieille r&#233;f&#233;rence bibliographique &#224; Saadi est &#224; voir dans &lt;i&gt;l'Anthologie des auteurs &lt;/i&gt;d'Ibn Al Fovati (mort en 1322). Ibn Al Fovati &#233;tait, d'apr&#232;s ses propres dires, en correspondance avec le grand homme et lui avait demand&#233; lors d'une lettre dat&#233;e de l'an 1261, une copie de certains de ses po&#232;mes arabes. Dans cette notice, Ibn Al Fovati fait une erreur en &#233;crivant le pr&#233;nom de Saadi, Mosleh, qui appara&#238;t dans la premi&#232;re compilation disponible de ses &#339;uvres compl&#232;tes faite par un de ses concitoyens de Shir&#226;z, nom r&#233;pandu &#224; l'&#233;poque, comme on peut le voir chez bon nombre d'artistes et de scientifiques de l'&#233;poque. Saadi &#233;tait alors d&#233;j&#224; connu sous le pseudonyme de Saadi et b&#233;n&#233;ficiait d'une c&#233;l&#233;brit&#233; parfaitement assise. Sur l'origine du nom de Saadi, les chercheurs tendent &#224; penser qu'il provient du nom de l'&#233;mir local l'At&#226;bak Saad ibn Zangui le Solghori, ce qui est peu probable puisque la jeunesse de cet &#233;mir correspond &#224; la fin de la vie du po&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs hypoth&#232;ses ont &#233;galement &#233;t&#233; avanc&#233;es concernant sa date de naissance, dont certaines extraites de ses propres dires. L'hypoth&#232;se la plus commun&#233;ment accept&#233;e avance la date de l'ann&#233;e 1209, contre 1189, 1199 et 1200. Il serait n&#233; dans une famille de th&#233;ologiens et d'hommes de sciences. Son p&#232;re &#233;tait, para&#238;t-il, le conseiller religieux personnel de l'&#233;mir. L'enfant b&#233;n&#233;ficia donc aupr&#232;s de ce p&#232;re d'une &#233;ducation moralisante et approfondie qu'il appr&#233;ciait et qu'il perdit t&#244;t en devenant orphelin. Il dit &#224; ce sujet :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Je connais la souffrance des orphelins, &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Car l'ombre de mon p&#232;re s'&#233;loigna de ma t&#234;te,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;C'&#233;tait aux c&#244;t&#233;s de mon p&#232;re seul,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Que j'avais la t&#234;te couronn&#233;e.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il fut donc confi&#233; &#224; son grand p&#232;re maternel, p&#232;re d'un th&#233;ologien et mystique connu, Ghotboddin Shir&#226;zi. Apr&#232;s avoir ainsi pass&#233; ses premi&#232;res ann&#233;es et sa prime adolescence dans sa ville natale, sous l'&#233;gide du c&#233;l&#232;bre th&#233;ologien mystique, le jeune Saadi entreprend sous le pr&#233;texte d'&#233;tudes un voyage qui durera trente-cinq ans, vivant pendant ce long p&#233;riple les multiples exp&#233;riences que la vie r&#233;serve aux vrais voyageurs. Ce voyage eut probablement lieu en 1222/1223 car il pr&#233;cise dans son &#339;uvre qu'il a quitt&#233; le F&#226;rs quand &#034;&lt;i&gt;le monde &#233;tait emm&#234;l&#233; comme les cheveux d'un Noir&lt;/i&gt;&#034;, faisant ainsi allusion aux troubles dus &#224; la faiblesse de l'&#233;mirat local ayant pour cons&#233;quence d'attiser les app&#233;tits de conqu&#234;te du fils du souverain Kh&#226;razmsh&#226;h, qui avait donc attaqu&#233; la r&#233;gion. Apr&#232;s quelques ann&#233;es pass&#233;es dans la prestigieuse et s&#233;lective &#233;cole Nez&#226;mieh de Bagdad&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='L'&#233;cole Nez&#226;miyeh de Bagdad, du nom de son fondateur le sage vizir seldjoukide (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, o&#249; il b&#233;n&#233;ficia entre autres de l'enseignement de Sohravardi, le Sheikh Eshr&#226;q, dont on peut parfois voir certaines des id&#233;es refl&#233;t&#233;es dans les textes de Saadi, il commen&#231;a son long voyage dans ce qui est aujourd'hui le monde arabe, de l'Irak &#224; l'Afrique du nord, en passant par la Palestine, et l'Arabie pour effectuer plusieurs p&#232;lerinages. Dolatsh&#226;h Samarghandi, chroniqueur du XVe si&#232;cle, se basant sur ce que dit Saadi lui-m&#234;me, parle &#233;galement de plusieurs voyages &#224; l'est de l'Iran, en Inde, jusqu'&#224; Soumenat (Sanem) pour visiter le grand Shiva et les autres chroniqueurs ont r&#233;p&#233;t&#233; ceci apr&#232;s lui. Mais rien n'est moins s&#251;r et il est probable que ces voyages n'aient eu lieu que dans le monde imaginaire de la po&#233;sie et que Saadi ne voulait qu'illustrer ses fables.&lt;/p&gt;
&lt;table cellspacing=&#034;2&#034; cellpadding=&#034;2&#034; border=&#034;0&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td valign=&#034;top&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;font color=&#034;#000091&#034;&gt;&lt;i&gt;Les enfants d'Adam font partie d'un corps&lt;/i&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font color=&#034;#000091&#034;&gt;&lt;i&gt;Ils sont cr&#233;&#233;s tous d'une m&#234;me essence&lt;/i&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font color=&#034;#000091&#034;&gt;&lt;i&gt;Si une peine arrive &#224; un membre du corps&lt;/i&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font color=&#034;#000091&#034;&gt;&lt;i&gt;Les autres aussi, perdent leur aisance&lt;/i&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font color=&#034;#000091&#034;&gt;&lt;i&gt;Si, pour la peine des autres, tu n'as pas de souffrance&lt;/i&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;font color=&#034;#000091&#034;&gt;Tu ne m&#233;riteras pas d'&#234;tre dans ce corps&lt;/font&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit par Mahshid Moshiri&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;td valign=&#034;top&#034;&gt;&lt;span class='spip_document_652 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L245xH358/702-2-e425f.jpg?1686643551' width='245' height='358' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td valign=&#034;top&#034; colspan=&#034;2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;font color=&#034;#404040&#034;&gt;(La traduction en anglais de ce po&#232;me de Saadi figure &#224; l'entr&#233;e du si&#232;ge de l'Organisation des Nations Unies &#224; New York)&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Le voyage qu'avait d&#233;but&#233; Saadi vers 1222/1223 prit fin en 1256 avec son retour &#224; Shir&#226;z. A son retour dans sa ville natale, il devint l'un des proches de l'&#233;mir Saad ibn Zangui, non pas en tant que po&#232;te de cour, mais, selon la version des t&#233;moins, en homme libre et insoumis dans sa parole et sa fa&#231;on de voir, sans concession pour les gouvernants, qu'il n'h&#233;sitait pas &#224; moraliser et critiquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa vie hors du commun, son talent exceptionnel et la place qu'il occupait au rang des grands hommes contribua &#224; l'&#233;mergence de son vivant m&#234;me d'un nombre impressionnant de mythes et de l&#233;gendes dont les plus anciens sont &#224; lire dans l'anthologie de Dolatsh&#226;h Samarghandi. Saadi v&#233;cut donc d&#233;sormais dans la forteresse de Sheikh Kabir, protectrice de sa douce ville, et occupa ses ann&#233;es &#224; composer ses &#339;uvres et dit-on, &#224; enseigner et &#224; tenir la chaire de sermon de Shir&#226;z. Apr&#232;s cela, il fit un dernier p&#232;lerinage &#224; la Mecque, ce qui porte le nombre total de ces derniers, selon les dires de Dolatsh&#226;h, &#224; quinze. De ce p&#232;lerinage, il revint par la route de Tabriz, et ainsi qu'il est &#233;crit dans la pr&#233;face du sixi&#232;me livre de ses &#339;uvres en prose, lors de son s&#233;jour dans cette ville, il fit connaissance avec Shams-e-din Joveyni, l'auteur du &lt;i&gt;Div&#226;n de Joveyni &lt;/i&gt;et son fr&#232;re, qui &#233;taient tous deux grands vizirs aupr&#232;s d'Ab&#226;gh&#226; Kh&#226;n. Ce dernier accorda &#233;galement un entretien tr&#232;s simple et tr&#232;s amical au grand po&#232;te dont il b&#233;n&#233;ficia des pr&#234;ches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'incertitude quant &#224; la date exacte de la mort de Saadi rappelle celle de sa naissance puisque quatre versions diff&#233;rentes ont &#233;t&#233; propos&#233;es : 1291, 1292, 1295 et 1296. La plus vraisemblable de ces dates serait l'an 1292, puisqu'elle a &#233;t&#233; signal&#233;e &#224; plusieurs reprises dans des ouvrages mineurs contemporains de cette date.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_656 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L276xH448/702-3-8d60e.jpg?1686643551' width='276' height='448' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:276px;'&gt;&lt;strong&gt;Attaque d'un jeune homme par la foule, artiste inconnu, Golest&#226;n de Saadi, XVIe si&#232;cle&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est tr&#232;s important dans la vie de Saadi, c'est la r&#233;putation dont il b&#233;n&#233;ficia d&#232;s son vivant. Il n'est pas rare dans le monde litt&#233;raire qu'un po&#232;te devienne ainsi c&#233;l&#232;bre, on peut donner en la mati&#232;re l'exemple de Kh&#226;ghani Sherv&#226;ni et de Zahir, mais cette r&#233;putation n'&#233;gala jamais l'engouement intense, - toujours vivace plus de neuf si&#232;cles plus tard -, pour ce po&#232;te en particulier. M&#234;me de son vivant, la r&#233;putation po&#233;tique de Saadi avait d&#233;pass&#233; les fronti&#232;res de l'Iran et conquis l'Asie mineure, le monde arabe et l'Inde. Comme preuve de cette affirmation, les &#339;uvres de deux po&#232;tes indiens Amir Khosrow Dehlavi et Hassan Dehlavi, tous deux habitants de Delhi comme leur nom l'indiquent, et qui sont les chefs de file de l'&#233;cole indienne de la po&#233;sie persane. Tous les deux sont fiers d'avoir imit&#233; le grand Saadi et tous deux avouent avoir &#233;chou&#233; dans cette imitation. Un autre, peu connu mais pourtant tr&#232;s appr&#233;ci&#233; par la poign&#233;e d'initi&#233;s qui reconnaissent la beaut&#233; et la finesse de son travail, est Seyf-e-din Mohammad Forgh&#226;ni, originaire d'une minuscule ville de l'Asie mineure, qui n'h&#233;site pas &#224; d&#233;dier son &#339;uvre enti&#232;re &#224; celui qu'il nomme le &#034;&lt;i&gt;Ma&#238;tre sans pareil&lt;/i&gt;&#034;. Ce Forgh&#226;ni est pourtant lui-m&#234;me chef de file d'un mouvement assez particulier, qui s'ent&#234;te &#224; poursuivre les mod&#232;les langagiers et la fa&#231;on de faire des po&#232;tes des premiers si&#232;cles. Pour lui, Saadi est &#233;galement &#034;&lt;i&gt;l'Empereur des mots&lt;/i&gt;&#034; et sa po&#233;sie &#034;&lt;i&gt;l'&#233;lixir de vie&lt;/i&gt;&#034; et personne ne r&#233;ussirait &#224; prendre sa place dans la po&#233;sie, ce qui s'est v&#233;rifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les &#233;mirs qui eurent la chance de b&#233;n&#233;ficier des pan&#233;gyriques de Saadi, le plus important est l'At&#226;bak Mozzafar-e-Din Abou Bakr, fils de Saad Zangui, qui avait r&#233;ussi &#224; conclure un trait&#233; avec les Moghols lors de leur foudroyante et cruelle conqu&#234;te et qui avait ainsi fait &#233;pargner toute la r&#233;gion du F&#226;rs. C'est sous le r&#232;gne de cet &#233;mir que Saadi est revenu au pays et c'est &#224; lui qu'il d&#233;dia son &#339;uvre. Il chante &#233;galement la gloire et la beaut&#233; de cet &#233;mir dans certains de ses odes lyriques et m&#234;me le cite dans son &#339;uvre en prose. Le fils de cet &#233;mir, quant &#224; lui, c'est-&#224;-dire Saad ibn Aboubakr, fut uniquement comm&#233;mor&#233; par Saadi. D'apr&#232;s ce que dit l'histoire, il avait &#233;t&#233; un prince juste et sage, il aurait pu &#234;tre un bon roi, mais son r&#232;gne ne dura que douze jours et il mourut jeune. Saadi cite beaucoup ce jeune prince, que ce soit dans sa po&#233;sie ou dans sa prose et il a compos&#233; &#224; l'occasion de cette mort une &#233;l&#233;gie magnifiquement triste et sinc&#232;re, car le grand po&#232;te &#233;tait c&#233;l&#232;bre pour l'amiti&#233; qu'il &#233;prouvait d&#232;s le premier contact pour les gens et la tristesse profonde qu'il &#233;prouvait pour les peines de gens qu'il connaissait tr&#232;s peu.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_654 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L261xH358/702-4-8f245.jpg?1686643551' width='261' height='358' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:261px;'&gt;&lt;strong&gt;L'histoire du proph&#232;te Abraham, artiste inconnu, Boust&#226;n de Saadi, XVIe si&#232;cle &lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Ses deux plus grands ouvrages sont le &lt;i&gt;Boust&#226;n&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;Golest&#226;n&lt;/i&gt;, le premier &#233;tant un recueil de po&#233;sies et le second une &#339;uvre en prose. Tous les deux s'illustrent dans le domaine de la po&#233;sie &#233;difiante. En cela, ils n'ont rien d'exceptionnel, mais ce qui les diff&#233;rencie des autres travaux en ce domaine est la langue magnifique et unique de Saadi qui a non pas bris&#233; les cadres classiques de la po&#233;tique persane, mais les a appliqu&#233;s dans son &#339;uvre avec un go&#251;t parfait. Aujourd'hui encore, Saadi est un exemple cit&#233; pour la beaut&#233; de la langue et &#233;crire comme lui est depuis des si&#232;cles un r&#234;ve inatteignable. C'est sans doute gr&#226;ce &#224; cette beaut&#233; que la morale qu'il proposait trouva d&#232;s le d&#233;part une bonne &#233;coute parmi la population et nombre de ses bons mots sont devenus des proverbes r&#233;fl&#233;chissant la soci&#233;t&#233;, encore qu'on ne puisse dire si ce sont les mots de Saadi qui ont nomm&#233; les faits et les &#233;tats, ou ces faits et &#233;tats qui ont pris forme dans le moule de sa parole musicale. De plus, il ne faut pas oublier que la morale de Saadi n'&#233;tait nullement une morale d'asc&#232;te ou m&#234;me d'homme de science, son &#233;thique &#233;tait beaucoup plus sociale que philosophique ou mystique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne saurait dire avec certitude lequel de ses ouvrages est le plus ancien. On sait uniquement que le &lt;i&gt;Boust&#226;n&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; termin&#233; en 1256, date &#224; laquelle Saadi le d&#233;die &#224; l'&#233;mir. On peut simplement deviner qu'il a &#233;t&#233; commenc&#233; avant le retour du po&#232;te au pays natal et qu'il le consid&#233;rait lui-m&#234;me comme un cadeau pour les siens. Cet ouvrage est divis&#233; en dix chapitres qui traitent de la justice, de la sagesse, de la bont&#233;, de l'amour et de l'ivresse, de la modestie, de l'acceptation, de l'&#233;ducation, de la repentance, etc. Ce livre de quelques 4000 distiques privil&#233;gie la forme du masnavi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au &lt;i&gt;Golest&#226;n&lt;/i&gt;, termin&#233; probablement un an apr&#232;s le &lt;i&gt;Boust&#226;n&lt;/i&gt;, il a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; dans une langue tr&#232;s musicale et rappelle par sa finesse la beaut&#233; du chant po&#233;tique de Saadi. Il est divis&#233; en huit chapitres, &#034;les faits des rois&#034;, &#034;le caract&#232;re des ermites&#034;, &#034;les bienfaits de l'&#233;conomie&#034;, &#034;les bienfaits du silence &#034;, &#034;l'amour et la jeunesse&#034;, &#034;la faiblesse et la vieillesse&#034;, &#034;l'influence de l'&#233;ducation&#034; et &#034;l'art de discourir&#034;. Comme dans le &lt;i&gt;Boust&#226;n&lt;/i&gt;, le po&#232;te utilise le langage des contes pour illustrer la morale qu'il pr&#244;ne, et cette particularit&#233;, pourtant classique dans la litt&#233;rature orientale, donne une saveur incomparable &#224; ce qu'il dit, d'autant plus que sa plume est d'une superbe originalit&#233; et m&#234;le en virtuose la pr&#233;ciosit&#233; langagi&#232;re, alors en vogue, avec une simplicit&#233; qui d&#233;note de l'immense travail sur la langue de l'auteur. Ma&#238;trisant parfaitement les r&#232;gles de la rh&#233;torique, de la po&#233;tique, de la stylistique et de la langue arabe, -que ses longs voyages lui ont permis de travailler &#224; un point rarement atteint par d'autres auteurs persans-, ainsi qu'une connaissance instinctive et fine des principes p&#233;dagogiques, le poussent &#224; faire alterner dans ses textes prose, po&#233;sie, conte, verset saint, hadith, et vers arabes et &#233;vitent au lecteur toute fatigue et lourdeur. Cette vari&#233;t&#233; n'est pas uniquement formelle. Comme le dit Saadi lui-m&#234;me, il a essay&#233; d'&#233;tudier tout ce qui touche &#224; l'homme - ce qui fait de lui un humaniste dans le sens le plus moderne du terme -, du plus bas au plus haut. Cet int&#233;r&#234;t pour des domaines tr&#232;s vari&#233;s de la vie humaine, et dans une large mesure sociale, fait &#233;galement de Saadi un t&#233;moin fid&#232;le de son temps et de la soci&#233;t&#233; irano-musulmane de l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;par&#233;ment de ces ouvrages, Saadi est &#233;galement connu pour ses quelques 700 distiques arabes qui, ind&#233;pendamment ou en accompagnement de ses po&#232;mes persans, d&#233;notent de la capacit&#233; de ce po&#232;te &#224; jouer de tous les registres et montrent sa ma&#238;trise parfaite de la langue arabe qu'il a eu le temps d'approfondir lors de ses ann&#233;es de voyage dans le monde arabe. Il est &#233;galement l'auteur d'un petit recueil de pan&#233;gyriques r&#233;dig&#233; en persan et en arabe qu'il a compos&#233; en l'honneur du vizir Joveyni et qui se nomme le &#034;&lt;i&gt;S&#226;hebiyeh&lt;/i&gt;&#034;, ainsi que d'un ensemble satirique, &#034;&lt;i&gt;Khabiss&#226;t&lt;/i&gt;&#034; (Les m&#233;chancet&#233;s), dans la pr&#233;face duquel il pr&#233;cise qu'on a d&#251; le menacer de mort pour qu'il accepte de les composer. Un autre des ouvrages tr&#232;s peu connu de Saadi est un recueil copi&#233; sur le &lt;i&gt;Golest&#226;n&lt;/i&gt;, en persan simplifi&#233;, adress&#233; &#224; un turcophone r&#233;cemment promu &#233;mir persan, qui ne comprenait pas bien la langue de ses sujets, le &lt;i&gt;Nassihat-ol-Molouk&lt;/i&gt;, (Conseils aux rois).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour beaucoup de lecteurs, Saadi est, au-del&#224; d'un conteur et d'un moraliste, l'auteur de ghazals et d'odes lyriques amoureuses, aussi belles, dans un autre genre, que celles de son compatriote H&#226;fez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble des &#233;crits de Saadi fut rapidement r&#233;uni sous le nom de &#034;&lt;i&gt;Kolliy&#226;t&lt;/i&gt;&#034; (&#338;uvres compl&#232;tes). On ne conna&#238;t pas la date o&#249; ses &#233;crits furent rassembl&#233;s pour la premi&#232;re fois mais ce qui est certain, c'est que Saadi veillait lui-m&#234;me &#224; classer ensemble ses &#339;uvres, que ce soit les recueils ou les morceaux divers. Nous pouvons lire par exemple &#224; la fin d'un tr&#232;s vieil exemplaire des odes de Saadi, exemplaire qui date de vingt-sept ans apr&#232;s la mort du po&#232;te, que ce recueil a &#233;t&#233; organis&#233; selon l'ordre d'un pr&#233;c&#233;dent recueil datant du vivant du po&#232;te et il y est pr&#233;cis&#233; que ce dernier lui-m&#234;me a choisi l'ordonnance des odes. Effectivement, la m&#234;me r&#232;gle et la m&#234;me ordonnance est visible dans les plus vieux manuscrits existants qui pr&#233;cisent pour la plupart qu'ils ont &#233;t&#233; ordonn&#233;s selon l'ordre premier choisi par le po&#232;te lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_653 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L226xH314/702-5-9101e.jpg?1686643551' width='226' height='314' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:226px;'&gt;&lt;strong&gt;Couverture du livre Les yeux d'Elsa d'Aragon, Neuch&#226;tel, Editions de la Baconni&#232;re &lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;L'influence de la po&#233;sie de Saadi fut telle qu'elle obtint imm&#233;diatement un succ&#232;s ph&#233;nom&#233;nal et qu'elle occupa d&#233;sormais une place particuli&#232;re dans la culture g&#233;n&#233;rale et surtout dans la langue persane par le biais des aphorismes qui pars&#232;ment ses contes et qui sont tr&#232;s souvent devenus des proverbes. Cette particularit&#233; fit tr&#232;s vite conna&#238;tre cette po&#233;sie aux &#233;trangers qui voyageaient en Iran et qui, &#224; leur tour, export&#232;rent ce symbole &#233;minent de la culture iranienne. Ainsi, cette po&#233;sie, qui avait elle-m&#234;me subi l'influence de plusieurs si&#232;cles de po&#233;sie persane, qu'elle compl&#233;tait, influa non seulement les g&#233;n&#233;rations de po&#232;tes persans qui suivirent mais &#233;galement tout un pan de la litt&#233;rature &#233;trang&#232;re. Aujourd'hui, gr&#226;ce aux travaux des lettr&#233;s et orientalistes des deux bords, on peut vaguement dessiner les fronti&#232;res de l'audience de Saadi en Europe, mais cela ne suffit pas, puisque peu de chercheurs se sont int&#233;ress&#233;s &#224; l'audience de Saadi en Asie, qui est pourtant de beaucoup ant&#233;rieure aux premi&#232;res traductions occidentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux traductions occidentales, la plus ancienne est celle d'Andr&#233; du Ryer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Orientaliste fran&#231;ais de la fin du XVI&#232;me si&#232;cle, il fut consul de France &#224; (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui publia des extraits du &lt;i&gt;Golest&#226;n&lt;/i&gt; sous le titre de &lt;i&gt;Gulistan ou l'Empire des Roses, de Saadi &lt;/i&gt;en 1634, &#224; Paris. Cette traduction fut pour l'Occident, selon le professeur Richard Jeffrey Newman, auteur d'une traduction parue en 2004 sous le titre de &lt;i&gt;Selections from Saadi's Gulistan&lt;/i&gt;, &#034;&lt;i&gt;peut-&#234;tre la premi&#232;re fen&#234;tre sympathique ouverte sur le monde de l'Islam.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &lt;i&gt;Empire des Roses&lt;/i&gt; de du Ryer fut traduit en 1561 en latin par un certain Jantius, qui le pr&#233;senta &#224; un prince saxon. Cette traduction latine fut &#224; son tour traduite en allemand un si&#232;cle plus tard, en 1654, par Adam Olearius. Cent vingt ans plus tard, un Anglais, Sullivan Stephen publia &#224; son tour des extraits du &lt;i&gt;Golest&#226;n&lt;/i&gt; en anglais. Apr&#232;s cela, Saadi devint c&#233;l&#232;bre mais il fallut du temps pour que son g&#233;nie soit un tant soit peu reconnu puisque ce n'est qu'au XIXe si&#232;cle que des traductions int&#233;grales furent publi&#233;es. Non seulement le romantisme red&#233;couvrit Saadi, mais il se nourrit de ses th&#232;mes et relan&#231;a la mode des traductions. Victor Hugo, entre autres, fut assez inspir&#233; par Saadi et la po&#233;sie persane pour faire de cette inspiration un recueil &lt;i&gt;Les Orientales &lt;/i&gt;dont l'incipit &#233;tait une citation de Saadi pr&#233;fa&#231;ant le &lt;i&gt;Golest&#226;n&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant lui, l'Allemand Goethe avait publi&#233; son &lt;i&gt;Divan oriental-occidental &lt;/i&gt;sur le mod&#232;le des divans persans. Il le terminait sur deux distiques de Saadi, rapport&#233;s en persan et traduits en allemand. On peut &#233;galement percevoir l'influence de ce po&#232;te dans les &#339;uvres de Balzac et de Herder, qui l'ont tous deux nomm&#233;ment d&#233;sign&#233; et lou&#233; d'une mani&#232;re ou d'une autre. Eug&#232;ne Manuel a &#233;galement &#233;t&#233; sous le charme magique de la parole de Saadi, et dans le livre &lt;i&gt;Po&#233;sies du foyer et de l'&#233;cole&lt;/i&gt;, a quasiment copi&#233; l'une des fables les plus connues du &lt;i&gt;Golest&#226;n&lt;/i&gt;. Il y eut &#233;galement Thoreau et Emerson. Ce dernier ayant lu une traduction de Saadi en 1843 en parlera comme d'une &#034;Bible s&#233;culaire&#034; et composa un po&#232;me en l'honneur du po&#232;te persan qu'il dira &#234;tre unique :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;&#8230;Beaucoup viennent&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mais il faut que chantent&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les deux cordes,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La harpe est muette.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;M&#234;me si viennent un million,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sage Saadi habite seul.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Venez dix, ou que viennent un million, &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Bon Saadi habite seul&#8230;&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Parmi les auteurs plus r&#233;cents, Louis Aragon, &#233;crivain et po&#232;te fran&#231;ais du XXe si&#232;cle, a &#233;galement subi l'influence du vieil humaniste persan dans son recueil &lt;i&gt;Les yeux d'Elsa&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'&#232;re de la vitesse pousse les gens &#224; &#233;crire plus vite et moins bien et m&#234;me en Iran, les h&#233;ritiers de Saadi ont l'air parfois de l'oublier. Pourtant, ceux qui aiment cette &#339;uvre savoureuse sont encore tr&#232;s nombreux et avec le d&#233;veloppement des sciences humaines modernes lors de ces derni&#232;res d&#233;cennies, un nouvel essor est donn&#233; aux recherches en litt&#233;rature et la voie ouverte par les pionniers est de jour en jour plus explor&#233;e par les jeunes g&#233;n&#233;rations de litt&#233;raires et d'humanistes de tous bords qui esp&#232;rent retrouver un peu la fra&#238;cheur de la sagesse des Anciens. On peut donc dire que Saadi a &#233;t&#233; et sera un auteur qui ne laisse pas le monde indiff&#233;rent. Avec les changements des m&#339;urs, les perspectives des &#233;tudes sur l'&#339;uvre de ce po&#232;te changent et &#224; chaque fois, de nouvelles d&#233;couvertes sont faites qui laissent entrevoir &#224; quel point Saadi est encore &#224; d&#233;couvrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits du &lt;i&gt;Golest&#226;n&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;On raconte qu'un jour le roi Anoushirv&#226;n le Juste &#233;tait &#224; la chasse. On voulut appr&#234;ter le gibier qu'il avait pris, le sel manquait. Le roi ordonna &#224; son r&#233;gisseur d'en acheter dans le plus proche village et pr&#233;cisa : &#034;Ach&#232;te au prix ordinaire pour qu'il ne devienne pas coutume de l'acheter moins cher.&#034; Le r&#233;gisseur demanda : &#034;Et si on achetait moins cher, que se passerait-il ?&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le roi r&#233;pondit : &#034;L'injustice avait des bases fr&#234;les. Chaque nouveau venu y ajouta quelque chose pour qu'elle ait aujourd'hui cette respectable dimension.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Si le roi cueille une pomme du verger de son sujet&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ses esclaves d&#233;racineront le pommier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un roi cruel demanda &#224; un sage : &#034;Quel est l'acte le plus pieux ?&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le sage r&#233;pondit : &#034;Pour toi, c'est de faire des siestes pendant la journ&#233;e pour que le peuple puisse respirer.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un roi demanda &#224; un ermite : &#034;Te rappelles-tu parfois de moi ?&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'ermite r&#233;pondit : &#034;Oui, quand j'oublie Dieu.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'&#233;cole Nez&#226;miyeh de Bagdad, du nom de son fondateur le sage vizir seldjoukide Kh&#226;djeh Nez&#226;m-ol-Molk Toussi -qui fonda une douzaine de grandes &#233;coles semblables sur l'ensemble du territoire seldjoukide-, &#233;tait &#224; l'&#233;poque l'une des universit&#233;s les plus importantes du monde et les inscriptions &#233;taient soumises &#224; un concours d'entr&#233;e. La fondation de cette &#233;cole remonte &#224; l'ann&#233;e 1049.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Orientaliste fran&#231;ais de la fin du XVI&#232;me si&#232;cle, il fut consul de France &#224; Alexandrie et agent diplomatique &#224; Constantinople. Il est notamment l'auteur d'une &lt;i&gt;Grammaire turque&lt;/i&gt;, en latin, publi&#233;e en 1630 et d'une traduction du Saint Coran sous le titre l'Alcoran, publi&#233;e en 1647.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les Fran&#231;ais qui ont traduit les &#339;uvres de &#034;Saadi&#034; du XVIIe au XIXe si&#232;cle</title>
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		<dc:date>2008-05-01T16:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Djamileh Zia</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le Golest&#226;n de Saadi fut traduit en fran&#231;ais pour la premi&#232;re fois en 1634, par Andr&#233; Du Ryer. La traduction effectu&#233;e par Andr&#233; Du Ryer n'est pas int&#233;grale, et ce qui fut publi&#233; en 1634 sous le titre Le Gulistan ou l'Empire des Roses, compos&#233; par Sadi, prince des po&#232;tes turcs et persans ne correspond en r&#233;alit&#233; qu'&#224; une partie du texte du Golest&#226;n. Cette traduction marqua un tournant dans l'histoire des &#233;changes culturels entre la France et l'Iran ; c'&#233;tait en effet la premi&#232;re fois qu'un chef-d'&#339;uvre de la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;N&#176; 30, mai 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton701-76d86.jpg?1686643551' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Le livre intitul&#233; De Sa'di &#224; Aragon, de Monsieur Jav&#226;d Hadidi, Editions (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Golest&#226;n &lt;/i&gt;de Saadi fut traduit en fran&#231;ais pour la premi&#232;re fois en 1634, par Andr&#233; Du Ryer. La traduction effectu&#233;e par Andr&#233; Du Ryer n'est pas int&#233;grale, et ce qui fut publi&#233; en 1634 sous le titre &lt;i&gt;Le Gulistan ou l'Empire des Roses, compos&#233; par Sadi, prince des po&#232;tes turcs et persans&lt;/i&gt; ne correspond en r&#233;alit&#233; qu'&#224; une partie du texte du Golest&#226;n. Cette traduction marqua un tournant dans l'histoire des &#233;changes culturels entre la France et l'Iran ; c'&#233;tait en effet la premi&#232;re fois qu'un chef-d'&#339;uvre de la litt&#233;rature persane &#233;tait traduit en fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andr&#233; Du Ryer &#233;tait un orientaliste et un diplomate important, et semble-t-il influent. Il naquit en Bourgogne vers la fin du XVIe si&#232;cle (en 1580 ou en 1599), et v&#233;cut plusieurs ann&#233;es dans divers pays du Moyen Orient. Il parlait l'arabe et le turc. Il fut Consul de France en Egypte, puis agent diplomatique &#224; Constantinople o&#249; il apprit le persan. En 1630, il fut nomm&#233; interpr&#232;te des langues orientales &#224; la cour de Louis XIII. Louis XIII le chargea en 1631 d'une mission en Iran, pour reprendre les n&#233;gociations avec le Roi d'Iran afin d'obtenir l'accord de celui-ci concernant des &#233;changes commerciaux entre la France et la Perse. Ces n&#233;gociations &#233;taient rest&#233;es en suspens quelques ann&#233;es auparavant, &#224; cause du d&#233;c&#232;s de Sh&#226;h Abb&#226;s Ier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Roi de la dynastie des Safavides.' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cependant, Du Ryer n'arriva jamais en Iran : le sultan ottoman Murat IV, qui surveillait attentivement les relations franco-persanes, re&#231;ut solennellement Du Ryer en 1632 et le retint &#224; sa cour, pour le renvoyer ensuite &#224; Paris avec une lettre amicale adress&#233;e au roi de France. Andr&#233; Du Ryer publia, en 1630, une Grammaire turque en latin. Il est surtout connu pour sa traduction du Coran, qu'il publia en 1647. Il laissa &#233;galement un dictionnaire turc-latin &#224; l'&#233;tat de manuscrit. Il d&#233;c&#233;da en 1672.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une deuxi&#232;me traduction du &lt;i&gt;Golest&#226;n&lt;/i&gt; en fran&#231;ais fut publi&#233;e &#224; Paris en 1704, sous le titre de &lt;i&gt;Gulistan&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;l'Empire des Roses, trait&#233; des m&#339;urs des rois&lt;/i&gt;. C'est d'Al&#232;gre qui a fait cette traduction. Il n'existe pas d'informations accessibles &#224; propos de Monsieur d'Al&#232;gre. Nous n'avons donc malheureusement aucune id&#233;e de ce qu'il a fait pendant sa vie, ni des raisons qui l'ont pouss&#233;es &#224; traduire un texte de Saadi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me traduction du &lt;i&gt;Golest&#226;n&lt;/i&gt;, qui cette fois est une traduction compl&#232;te, fut effectu&#233;e par l'abb&#233; Jacques Gaudin et publi&#233;e &#224; Paris en 1789. L'abb&#233; Jacques Gaudin a &#233;crit un &lt;i&gt;Essay historique sur la l&#233;gislation de la Perse&lt;/i&gt;, qu'il publia avec sa traduction du &lt;i&gt;Golest&#226;n&lt;/i&gt; dans le m&#234;me livre. Ce m&#234;me abb&#233; Jacques Gaudin a apparemment &#233;crit un livre intitul&#233; &lt;i&gt;Les Inconv&#233;nients du C&#233;libat des Pr&#234;tres, Prouv&#233;s par des Recherches Historiques&lt;/i&gt;, publi&#233; &#224; Gen&#232;ve en 1781 ; livre qui fit scandale, mais dont le contenu fut largement utilis&#233; quelques ann&#233;es plus tard, au moment de la R&#233;volution Fran&#231;aise, pour nourrir les d&#233;bats en faveur d'une l&#233;gislation concernant le mariage des pr&#234;tres. L'abb&#233; Jacques Gaudin fut membre de la congr&#233;gation religieuse de l'Oratoire. Il fut juge et biblioth&#233;caire de la ville de La Rochelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es plus tard, la pr&#233;face et les premiers chapitres du &lt;i&gt;Golest&#226;n&lt;/i&gt; furent de nouveau traduits par Tancoigne, qui &#233;tait l'un des drogmans&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Le terme &#034;drogman&#034; signifie &#034;interpr&#232;te dans les pays du Levant&#034;.' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; du g&#233;n&#233;ral Claude-Mathieu de Gardane. Gardane &#233;tait &#224; la t&#234;te d'une mission compos&#233;e de 70 personnes qui arriva en Iran &#224; la suite d'un accord sign&#233; entre le roi d'Iran et Napol&#233;on Ier. Napol&#233;on r&#234;vait de dominer l'Inde, ce qui impliquait le passage par la Perse. Il avait charg&#233; le g&#233;n&#233;ral Gardane de r&#233;former l'arm&#233;e iranienne et de l'&#233;quiper de mat&#233;riel moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cinqui&#232;me personne qui traduisit le &lt;i&gt;Golest&#226;n&lt;/i&gt; en fran&#231;ais fut N. S&#233;melet. Sa traduction, intitul&#233;e &lt;i&gt;Gulistan ou parterre des fleurs du Sheikh Moslih-eddin Sadi de Chiraz&lt;/i&gt;, fut publi&#233;e &#224; Paris en 1834. Il &#233;tait pr&#233;cis&#233; que ce livre &#233;tait une traduction litt&#233;rale du texte persan du &lt;i&gt;Golest&#226;n&lt;/i&gt;, que S&#233;melet a publi&#233; lui-m&#234;me semble-t-il en 1828. Le texte fran&#231;ais comportait des notes historiques et grammaticales. S&#233;melet &#233;tait professeur &#224; l'Ecole des Langues Orientales. Sa traduction a &#233;t&#233; semble-t-il assez fid&#232;le par rapport au texte original.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_632 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L261xH448/701-1-82172.jpg?1686643406' width='261' height='448' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:261px;'&gt;&lt;strong&gt;Une page du Boust&#226;n de Saadi, artiste inconnu, XVIIe si&#232;cle, mus&#233;e de R&#233;z&#226; Abbas&#238;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Golest&#226;n&lt;/i&gt; fut &#233;galement traduit en fran&#231;ais par Charles Defr&#233;mery. Le texte de Defr&#233;mery, publi&#233; &#224; Paris en 1858 sous le titre &lt;i&gt;Gulistan ou le Parterre de Roses&lt;/i&gt;, &#233;tait accompagn&#233; de notes historiques, g&#233;ographiques et litt&#233;raires. D'apr&#232;s Monsieur Jav&#226;d Hadidi, la traduction de Defr&#233;mery est r&#233;dig&#233;e dans un style plus &#233;l&#233;gant.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='De Sa'di &#224; Aragon, Jav&#226;d Hadidi, Editions Internationales ALHODA, T&#233;h&#233;ran, (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Charles Defr&#233;mery publia la m&#234;me ann&#233;e (en 1858) un texte dans le Journal Asiatique, intitul&#233; &#034;Le &lt;i&gt;Bostan&lt;/i&gt; de Saadi, texte persan, avec un commentaire persan&#034; ; ce texte comportait une traduction d'une partie du &lt;i&gt;Boust&#226;n&lt;/i&gt; de Saadi. Charles Defr&#233;mery (1822 - 1883) fut un orientaliste, sp&#233;cialiste de l'Histoire et de la litt&#233;rature arabe et persane. Il fut titulaire de la chaire de la langue et de la litt&#233;rature arabes &#224; l'Ecole des Langues Orientales, et membre de la Soci&#233;t&#233; Asiatique de Paris. Il fut &#233;lu membre de l'Acad&#233;mie des Inscriptions et des Belles Lettres en 1869, et devint titulaire de la chaire de la langue arabe au Coll&#232;ge de France en 1871.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est J. B. Nicolas qui traduisit pour la premi&#232;re fois en fran&#231;ais une partie du &lt;i&gt;Boust&#226;n&lt;/i&gt;, et publia cette traduction sous le titre &lt;i&gt;Le Bostan, po&#232;me persan de S&#233;'&#233;di&lt;/i&gt; &#224; Paris en 1869. J.B. Nicolas est l'auteur d'un texte intitul&#233; &lt;i&gt;Dialogues persan-fran&#231;ais&lt;/i&gt;, dont la premi&#232;re &#233;dition date de 1857. J.B. Nicolas faisait partie d'une mission diplomatique fran&#231;aise importante, dirig&#233;e par le comte de Sercey. Cette mission quitta Paris en novembre 1839 et arriva &#224; T&#233;h&#233;ran en avril 1840. J. B. Nicolas fut le premier drogman de l'Ambassade de France &#224; T&#233;h&#233;ran pendant un temps. Il fut ensuite Consul de France &#224; Racht&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='Ville situ&#233;e dans la province de Guil&#226;n, au nord de l'Iran.' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il s&#233;journa une trentaine d'ann&#233;es en Iran. Il connaissait bien le persan. Ce fut lui qui traduisit pour la premi&#232;re fois en fran&#231;ais les quatrains d'Omar Khayy&#226;m, et publia cette traduction quand il retourna &#224; Paris, en 1867.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re traduction compl&#232;te du &lt;i&gt;Boust&#226;n&lt;/i&gt; de Saadi a &#233;t&#233; faite par A. C. Barbier de Meynard, et a &#233;t&#233; publi&#233;e &#224; Paris en 1880. Le texte de Barbier de Meynard comportait une introduction et des notes. Charles Adrien Casimir Barbier de Meynard naquit en mer, sur un bateau qui allait de Constantinople &#224; Marseille, en 1826. Il d&#233;c&#233;da &#224; Paris en 1908. Il &#233;tait un orientaliste, sp&#233;cialiste de l'arabe, du turc et du persan. Barbier de Meynard fut l'&#233;l&#232;ve de Jules Mohl. Il termina la traduction commenc&#233;e par Julius Von Mohl du &lt;i&gt;Sh&#226;hn&#226;meh&lt;/i&gt; de Ferdowsi, apr&#232;s le d&#233;c&#232;s de son ma&#238;tre en 1876. Il r&#233;digea &#233;galement un livre intitul&#233; &lt;i&gt;La po&#233;sie en Perse&lt;/i&gt;. Barbier de Meynard travailla principalement sur l'Histoire des d&#233;buts de l'Islam et le califat. Il traduisit de nombreux textes d'historiens de l'&#233;poque du califat. Il &#233;tudia &#233;galement l'Histoire du Zoroastrisme, &#233;dita un &lt;i&gt;Dictionnaire g&#233;ographique de la Perse&lt;/i&gt;, et &#233;crivit des textes sur le Baha&#239;sme. Barbier de Meynard faisait partie d'un corps diplomatique qui fut envoy&#233; en Iran par le gouvernement fran&#231;ais en 1855 ; il fut attach&#233; culturel en Iran, mais ne put supporter le climat local et rentra en France apr&#232;s quelques mois. Barbier de Meynard fut professeur de turc &#224; l'Ecole des Langues Orientales en 1863. Il entra au Coll&#232;ge de France en 1875 pour enseigner le persan, puis &#224; partir de 1885 l'arabe. Il devint membre de l'Acad&#233;mie des Inscriptions et des Belles Lettres en 1878, vice-pr&#233;sident de la Soci&#233;t&#233; Asiatique en 1884 et pr&#233;sident de la Soci&#233;t&#233; Asiatique en 1892.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parcourant cette liste, ce qui frappe est que bon nombre de ces traducteurs &#233;taient des diplomates. Ils avaient s&#233;journ&#233; en Iran ou dans d'autres pays du Moyen Orient pendant un temps plus ou moins long. Quelques uns de ces traducteurs enseignaient le persan, le turc ou l'arabe &#224; l'Ecole des Langues Orientales. Cette &#233;cole, fond&#233;e en 1795, rempla&#231;a en 1880 l'Ecole des Jeunes de Langues, fond&#233;e par Colbert en 1669 dans le but de former un corps de drogmans aptes &#224; servir dans les missions &#233;trang&#232;res. Un certain nombre de ces traducteurs &#233;taient &#233;galement membres de la Soci&#233;t&#233; Asiatique (soci&#233;t&#233; savante fond&#233;e en 1822, qui avait pour mission de d&#233;velopper et de diffuser des connaissances relatives au Proche, au Moyen et &#224; l'Extr&#234;me Orient).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut faire ainsi l'hypoth&#232;se que traduire les chefs-d'&#339;uvre litt&#233;raires persans, dont le &lt;i&gt;Golest&#226;n&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;Boust&#226;n&lt;/i&gt; de Saadi, &#233;tait un moyen de mieux conna&#238;tre et faire conna&#238;tre aux fran&#231;ais la culture et la civilisation de l'Iran. Outre la fascination qu'exer&#231;ait la Perse sur l'imagination des Fran&#231;ais, (une fascination ancienne, qui datait du Moyen Age, car on imaginait la Perse comme un pays myst&#233;rieux, aux abords inaccessibles, o&#249; l'or et les joyaux de toutes sortes se trouvaient en abondance), les efforts des Europ&#233;ens, dont les Fran&#231;ais, pour mieux conna&#238;tre la culture et la civilisation de l'Iran et des autres pays de l'Asie et de l'Afrique, avaient probablement &#233;galement pour but de mieux faire avancer les affaires de la France dans ces pays lointains que l'on regroupait sous le terme d'Orient.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le livre intitul&#233; &lt;i&gt;De Sa'di &#224; Aragon&lt;/i&gt;, de Monsieur Jav&#226;d Hadidi, Editions Internationales Alhoda, T&#233;h&#233;ran, 1999, a constitu&#233; la source de base pour l'&#233;criture de ce texte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Roi de la dynastie des Safavides.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le terme &#034;drogman&#034; signifie &#034;interpr&#232;te dans les pays du Levant&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De Sa'di &#224; Aragon, Jav&#226;d Hadidi, Editions Internationales ALHODA, T&#233;h&#233;ran, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ville situ&#233;e dans la province de Guil&#226;n, au nord de l'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Po&#233;sie picturale et beaut&#233; mystique</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article700</link>
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		<dc:date>2008-05-01T15:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abdolmajid Hosseini R&#226;d</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'expression picturale est toujours accompagn&#233;e de la pens&#233;e : elle devient signe (la forme), et la pens&#233;e se cache derri&#232;re. En g&#233;n&#233;ral, la peinture iranienne traditionnelle ne vise pas &#224; repr&#233;senter le monde tel que nous le voyons directement autour de nous. Dans les pays islamiques, l'art s'est toujours priv&#233; d'un naturalisme absolu. Selon la conception religieuse, l'art n'est qu'une m&#233;thode pour ennoblir la mati&#232;re et rendre &#233;vidente la Beaut&#233; divine. &#034;Dieu est beau et Il aime la beaut&#233;&#034;, dit le (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;N&#176; 30, mai 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton700-95f63.jpg?1686643551' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'expression picturale est toujours accompagn&#233;e de la pens&#233;e : elle devient signe (la forme), et la pens&#233;e se cache derri&#232;re. En g&#233;n&#233;ral, la peinture iranienne traditionnelle ne vise pas &#224; repr&#233;senter le monde tel que nous le voyons directement autour de nous. Dans les pays islamiques, l'art s'est toujours priv&#233; d'un naturalisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='L'imitation exacte de la nature.' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; absolu. Selon la conception religieuse, l'art n'est qu'une m&#233;thode pour ennoblir la mati&#232;re et rendre &#233;vidente la Beaut&#233; divine. &#034;&lt;i&gt;Dieu est beau et Il aime la beaut&#233;&lt;/i&gt;&#034;, dit le Proph&#232;te de l'islam.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Alvafi, Feiz Kash&#226;ni, 11&#232;me partie, p. 93, Citation de Zib&#226;i va Honar az (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1. L'espace imaginaire&lt;/h3&gt;&lt;dl class='spip_document_626 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH444/700-1-cb928.jpg?1686643552' width='336' height='444' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:336px;'&gt;&lt;strong&gt;Ascension du Proph&#232;te, F&#226;ln&#226;meh de Djafar Sadigh, 1550, New York, Collection de A.Martin&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le peintre musulman iranien, h&#233;ritier de la tradition picturale de l'ancienne Perse, s'exprime plastiquement en utilisant la splendeur des couleurs pures en aplat, accompagn&#233;es des lignes nettes et d'une architecture rythmique des formes. Dans cet espace, les couleurs brillent de leur propre &#233;clat, sans emprunter leur luminosit&#233; &#224; une source ext&#233;rieure. Le clair-obscur n'a aucun r&#244;le. L'&#233;loignement est traduit par le d&#233;calage vertical sans recourir &#224; la r&#233;duction perspective. Dans ce monde imaginaire, les personnages sont dispos&#233;s les uns au-dessus des autres, du bas vers le haut, sans subir de diminution de taille. Le rel&#232;vement du plan horizontal accentue les valeurs d'expression d&#233;corative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce syst&#232;me, l'espace repr&#233;sent&#233; appara&#238;t plus large et d&#233;veloppe l'impression d'un monde imaginaire, dont la beaut&#233; surprend et fait r&#234;ver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simple et vigoureuse, cette expression de l'espace s'offre &#224; l'esprit comme un paradis plein de lumi&#232;re et, surtout, d&#233;nu&#233;e d'ombres. Dans ces paysages, chaque &#234;tre est un arch&#233;type d'essence subtile, qui ne prend vie que dans l'imaginaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mieux comprendre cet univers &#034;imaginal&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Henry Corbin a invent&#233; le terme &#034;monde imaginal&#034; d'apr&#232;s le terme latin (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; des peintures anciennes iraniennes, il faut comprendre la philosophie de l'&#034;ishr&#226;q&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Nom donn&#233; &#224; la sagesse illuminative (philosophie orientale), dont le (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Selon cette pens&#233;e, il existe trois mondes : celui de l'intelligence, celui de l'imaginaire, et celui du monde sensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Situ&#233; entre intelligibilit&#233; et sensibilit&#233;, le monde imaginal immat&#233;rialise les formes sensibles, et laisse appara&#238;tre les formes intelligibles. Nadjm-o-Din Kobra&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='Kobra, Cheikh Nadjm al-D&#238;n (1145 - 1220), n&#233; &#224; Kh&#226;razm, il fut d'abord un (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; d&#233;crit ainsi ce monde &#034;&lt;i&gt;o&#249; le corporel devient esprit, et o&#249; le spirituel prend corps&lt;/i&gt;&#034;. Un triple univers s'offre donc &#224; l'expression artistique : l'intelligible, le sensible et un &#034;entre deux&#034;, l'inter monde imaginal.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='appendix' title='Pour plus de d&#233;tails concernant cette citation et le monde Imaginal, voir (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2. Lumi&#232;re&lt;/h3&gt;&lt;dl class='spip_document_627 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH421/700-2-881ea.jpg?1686643552' width='336' height='421' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:336px;'&gt;&lt;strong&gt;Muscicien cach&#233;, Sh&#226;hn&#226;meh de Ferdowsi &#8220;Tahmasbi&#8221;, Tabriz, 1522-44, attribu&#233; &#224; Solt&#226;n Mohammad, New York, Metropolitan Museum of Art&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;En consid&#233;rant l'expression de la lumi&#232;re comme l'une des caract&#233;ristiques de la peinture persane depuis ses origines, on s'oriente vers un symbolisme de la lumi&#232;re dans l'univers spirituel iranien : les parcelles de la lumi&#232;re c&#233;leste &#233;tant emprisonn&#233;es dans les t&#233;n&#232;bres d&#233;moniaques, la lumi&#232;re (couleur &#224; l'&#233;tat pur), se lib&#232;re de la masse des objets l'ayant absorb&#233;e uniquement par une sublimation &#034;alchimique&#034;. Cette id&#233;e remonte &#224; la sagesse de l'ancienne Perse, selon laquelle la &lt;i&gt;Xvarnah&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='appendix' title='Selon J. Darmesteter, la lumi&#232;re de gloire, s'exprime dans cette phrase : (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (lumi&#232;re de l'inspiration divine) est le flamboiement de la lumi&#232;re primordiale. C'est cette m&#234;me lumi&#232;re que l'iconographie antique associait en tant que nimbe &#224; la religion de l'ancienne Perse. Elle a &#233;t&#233; ensuite associ&#233;e aux figures de Bouddha et des Boddhisattvas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='appendix' title='Ce sont des hommes parvenus au plus haut degr&#233; de saintet&#233; et &#233;tant les (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et puis, en Islam chiite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='appendix' title='Partisans de Ali et de ses descendants. Ils r&#233;futent la l&#233;gitimit&#233; des (...)' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#224; l'iconographie des saints Im&#226;ms&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb10' class='spip_note' rel='appendix' title='Titre donn&#233; &#224; l'Imam Ali et ses onze successeurs. Selon la conception chiite, (...)' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, pour &#234;tre enfin, en Occident, adjointes aux pr&#233;sentations des figures c&#233;lestes de l'art chr&#233;tien.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb11' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir Henry Corbin, En Islam iranien, Tome 2, ch. III, p. 81.' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La place centrale de la lumi&#232;re dans la peinture persane remonte &#233;galement &#224; Mani&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb12' class='spip_note' rel='appendix' title='M&#226;ni (215-277), fondateur de manich&#233;isme. La doctrine combinant le dualisme (...)' id='nh12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'initiateur de la peinture, et consid&#233;r&#233; par les Iraniens comme l'un des grands ma&#238;tres de cet art. La peinture manich&#233;enne &#034;&lt;i&gt;avait essentiellement une fonction didactique d'expression de la Foi. Elle devait provoquer l'amour et l'admiration pour les fils de la lumi&#232;re&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb13' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir A. Radjabi, &#034;Regard sur l'histoire et &#224; la tradition spirituelles de la (...)' id='nh13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#034;&lt;i&gt;L'enluminure liturgique si d&#233;velopp&#233;e chez les manich&#233;ens &#233;tait, par essence, la sc&#233;nographie de la d&#233;livrance de la lumi&#232;re&lt;/i&gt;&#034;. &#192; cette fin, les manich&#233;ens furent conduits &#224; repr&#233;senter la lumi&#232;re dans leur miniature par des m&#233;taux.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb14' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir Louis Massignon, &#034;Sur l'origine de la Miniature Persane&#034;, in : Op&#233;ra (...)' id='nh14'&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la lumi&#232;re devient comme une sorte de flamboiement de gloire dans la philosophie de l'Ishr&#226;q chez Sohrawardi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb15' class='spip_note' rel='appendix' title='Sohrawardi, Shah&#226;b al-d&#238;n Yahy&#226; (1155-1191), grand philosophe et th&#233;osophe (...)' id='nh15'&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et les Ishr&#226;qyuns &#224; l'&#233;poque islamique. Ces derniers ont tent&#233; de parvenir &#224; une exp&#233;rience mystique visant &#224; atteindre la pure lumi&#232;re ou la &#034;Lumi&#232;re des lumi&#232;res&#034;, c'est-&#224;-dire Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ambiance lumineuse, sans ombre, sans model&#233;, sans atmosph&#232;re, et sans perspective &#224; point de vue unique, fait le passage du plan sensible au plan suprasensible, ce que l'on peut consid&#233;rer comme la qu&#234;te de la beaut&#233; spirituelle.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;3. Lumi&#232;re divine&lt;/h3&gt;&lt;dl class='spip_document_628 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH417/700-3-28ab5.jpg?1686643552' width='336' height='417' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:336px;'&gt;&lt;strong&gt;Cour de Fereydoun, Sh&#226;hn&#226;meh de Ferdowsi &#8220;Tahmasbi&#8221;, Tabriz 1522-44, attribu&#233; &#224; Ghad&#238;m&#238; et Soltan Mohammad, Londres, Collection de N&#226;sser Khalili&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Dans la tradition de l'Islam, la lumi&#232;re est avant tout le symbole de la divinit&#233;. Dans la sourate&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb16' class='spip_note' rel='appendix' title='Connaissance, ou syst&#232;me de pens&#233;e philosophico-religieuse permettant (...)' id='nh16'&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; du Coran intitul&#233;e &lt;i&gt;An-Nour&lt;/i&gt; (La lumi&#232;re - 35), il est ainsi &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;Allah est la Lumi&#232;re des cieux et de la terre. Sa lumi&#232;re est semblable &#224; une niche o&#249; se trouve une lampe. La lampe est dans un (r&#233;cipient de) cristal et celui-ci ressemble &#224; un astre de grand &#233;clat ; son combustible vient d'un arbre b&#233;ni : un olivier ni oriental ni occidental dont l'huile semble &#233;clairer sans m&#234;me que le feu la touche. Lumi&#232;re sur lumi&#232;re. Allah guide vers Sa lumi&#232;re qui Il veut. Allah propose aux hommes des paraboles et Allah est Omniscient.&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb17' class='spip_note' rel='appendix' title='Chapitre coranique. Le Coran en comporte 114, de longueurs diff&#233;rentes et de (...)' id='nh17'&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans des psaumes chiites, on peut &#233;galement lire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;Au nom de Dieu de la lumi&#232;re. Au nom de Dieu de la lumi&#232;re de lumi&#232;re. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Au nom de Dieu de la lumi&#232;re sur la lumi&#232;re. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Au nom de Dieu, Celui qui avise les affaires. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Au nom de Dieu, Celui qui cr&#233;a la lumi&#232;re de la lumi&#232;re.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Louange &#224; Dieu, Celui qui cr&#233;a la lumi&#232;re de la lumi&#232;re&lt;/i&gt;&#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb18' class='spip_note' rel='appendix' title='Psaume de la Lumi&#232;re, Maf&#226;tih al- Djan&#226;n, Cheikh Abb&#226;s Qom&#238;.' id='nh18'&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&#212; Lumi&#232;re de la lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#212; Celui qui allume la lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#212; Cr&#233;ateur de la lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#212; Avis&#233; de la lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#212; Celui qui proportionne la lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#212; lumi&#232;re de toute lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#212; lumi&#232;re avant toute lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#212; lumi&#232;re apr&#232;s toute lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#212; lumi&#232;re sup&#233;rieure de toute lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#212; lumi&#232;re qui n'a point de semblable&#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb19' class='spip_note' rel='appendix' title='Psaume de Djoshan-e Kabir, Maf&#226;tih al-Djan&#226;n, Cheikh Abb&#226;s Qom&#238;.' id='nh19'&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la tradition islamique, le monde est l'&#233;piphanie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb20' class='spip_note' rel='appendix' title='Mot latin utilis&#233; par Henry Corbin pour d&#233;signer la manifestation de (...)' id='nh20'&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; des noms et des lumi&#232;res divines. De ce point de vue, l'artiste iranien musulman voit l'univers comme la manifestation terrestre du monde c&#233;leste et son &#339;uvre devient le miroir de celui-ci&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb21' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir M. Madadpour ; &#034;L'Art Islamique&#034;, Soureh (Mensuel iranien consacr&#233; &#224; (...)' id='nh21'&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est pour cette raison qu'il &#233;vite de repr&#233;senter l'ombre et le clair-obscur, son &#339;uvre devenant alors la mise en lumi&#232;re de notre monde.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;4. Lumi&#232;res color&#233;es&lt;/h3&gt;&lt;dl class='spip_document_629 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L322xH448/700-4-1f9e9.jpg?1686643552' width='322' height='448' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:322px;'&gt;&lt;strong&gt;Adam et Eve au paradis, F&#226;ln&#226;meh de Djafar Sadigh, 1550, New York, Collection de A.Martin&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;La notion de lumi&#232;re color&#233;e, visualis&#233;e par l'&#339;il c&#233;r&#233;bral, est d&#233;velopp&#233;e chez les mystiques d'une mani&#232;re symbolique, en tant que r&#233;sultat de leurs exp&#233;riences spirituelles. Il ne s'agit pas de perception optique mais de ph&#233;nom&#232;nes per&#231;us par l'organe de la vue int&#233;rieure : &#034;&lt;i&gt;Le c&#339;ur est un organe subtil&lt;/i&gt;, d&#233;clare Najm-o-din Kobr&#226;, &lt;i&gt;qui absorbe le reflet des choses et des r&#233;alit&#233;s suprasensibles qui font cercle autour de lui. La couleur de la chose se reproduit dans l'organe subtil auquel elle fait face, de m&#234;me que les formes se r&#233;fl&#233;chissent dans les miroirs, ou dans une eau parfaitement pure.&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb22' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir R&#233;alisme et symbolisme des couleurs en cosmologie chiite, dans &#034;Temple (...)' id='nh22'&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la lumi&#232;re et la couleur sont d&#233;crites et interpr&#233;t&#233;es en tant qu'indices r&#233;v&#233;lateurs de l'&#233;tat des mystiques et de leurs degr&#233;s d'avancement spirituel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez certains cheikhs, la lumi&#232;re correspond &#224; l'&#233;l&#233;ment spirituel de la couleur, c'est-&#224;-dire la couleur &#224; l'&#233;tat spirituel. Ainsi, la couleur exprime la lumi&#232;re mat&#233;rialis&#233;e. De ce point de vue, la couleur est &#224; la lumi&#232;re ce que l'esprit est au corps. L'imagination s'approche de sa r&#233;alit&#233; subtile et devient visible dans l'espace imaginaire de la miniature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'ensuit que le mystique n'a pas l'intention de constituer une th&#233;orie des couleurs. Il d&#233;crit les &#233;v&#233;nements de ses exp&#233;riences spirituelles au travers de l'aperception visionnaire. Tout se passe dans le monde &#034;imaginal&#034;. On pourrait ici &#233;tablir une comparaison avec ce passage du &lt;i&gt;Trait&#233; des couleurs&lt;/i&gt; de Goethe : &#034;&lt;i&gt;L'exp&#233;rience nous enseigne que les couleurs font na&#238;tre des &#233;tats d'&#226;me particuliers.&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb23' class='spip_note' rel='appendix' title='Goethe, &#034;Trait&#233; des couleurs&#034;, p. 237.' id='nh23'&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des repr&#233;sentants des couleurs visualis&#233;es par les sens suprasensibles, le ma&#238;tre soufi Najm R&#226;zi, les classe dans l'ordre suivant, de la lumi&#232;re blanche &#224; la lumi&#232;re noire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb24' class='spip_note' rel='appendix' title='Il y a des t&#233;n&#232;bres qui sont mati&#232;re et d'autres qui sont absence de mati&#232;re. (...)' id='nh24'&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il d&#233;crit &#233;galement des significations par rapport &#224; chaque couleur :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier degr&#233;, la lumi&#232;re blanche est le signe de l'Islam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au deuxi&#232;me degr&#233;, se situe la lumi&#232;re jaune qui est le signe de la fid&#233;lit&#233; de la Foi (&lt;i&gt;im&#226;n&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au troisi&#232;me degr&#233;, la lumi&#232;re bleue fonc&#233;e (&lt;i&gt;kaboud&lt;/i&gt;) signifie la charit&#233; (&lt;i&gt;ehs&#226;n&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au quatri&#232;me degr&#233;, la lumi&#232;re verte symbolise la qui&#233;tude de l'&#226;me pacifi&#233;e (&lt;i&gt;motma&#238;nneh&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cinqui&#232;me degr&#233;, la lumi&#232;re bleue azur qui est le signe de la ferme assurance (&lt;i&gt;iq&#226;n&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sixi&#232;me degr&#233; correspond &#224; la lumi&#232;re rouge, signifiant la gnose24 mystique ou bien la connaissance th&#233;osophique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb25' class='spip_note' rel='appendix' title='Connaissance mystique de Dieu. Nom g&#233;n&#233;rique de diverses doctrines, (...)' id='nh25'&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (&lt;i&gt;hekmat&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au septi&#232;me degr&#233;, la lumi&#232;re noire signifie l'amour passionn&#233;, extatique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;5. Couleurs symboliques&lt;/h3&gt;&lt;dl class='spip_document_630 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L312xH448/700-5-35d84.jpg?1686643552' width='312' height='448' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:312px;'&gt;&lt;strong&gt;La mort de Zahhak, Sh&#226;hn&#226;meh de Ferdowsi &#8220;Tahmasbi&#8221;, Tabriz, 1522-44, attribu&#233; &#224; Soltan Mohammad, New York, Metropolitan Museum of Art&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le go&#251;t des peintres persans pour les couleurs vives trouve ses racines dans la philosophie, le symbolisme et le mode de lecture de la couleur et de la lumi&#232;re dans la culture iranienne. C'est aussi pour cette raison que l'ombre n'&#233;tait pas repr&#233;sent&#233;e dans la miniature et que l'utilisation des m&#233;taux (or et argent) restait fr&#233;quente. Ce qui donnait un aspect plus color&#233; au monde repr&#233;sent&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lumi&#232;re, cause de la manifestation de la couleur, est consid&#233;r&#233;e comme un ph&#233;nom&#232;ne symbolique. C'est pourquoi elle est pr&#233;sent&#233;e comme un sujet non-limit&#233; &#224; la perception de notre monde. Elle s'&#233;tend &#233;galement &#224; la totalit&#233; du monde imaginaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la perception des couleurs s'effectue d'une mani&#232;re correspondant &#224; une exp&#233;rience int&#233;rieure en rapport avec la lumi&#232;re ext&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lumi&#232;re et la couleur sont d&#233;crites comme la manifestation du monde d'en-haut dans le monde d'en bas. Dans certains trait&#233;s, les couleurs sont plac&#233;es entre le blanc et le noir dans un ordre plut&#244;t cosmologique que chromatique, sans toutefois suivre une &#233;volution de valeurs color&#233;es entre ces deux p&#244;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cheikh Toussi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb26' class='spip_note' rel='appendix' title='Toussi, Nass&#238;r al-d&#238;n (1201 - 1274). Astronome, math&#233;maticien et th&#233;ologien (...)' id='nh26'&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dans son &lt;i&gt;Tansiq-n&#226;meh &lt;/i&gt;dit que &#034;&lt;i&gt;les couleurs sont issues du m&#233;lange, en proportions diff&#233;rentes, du blanc et du noir ; le blanc &#233;tant leur origine et le noir leur aboutissement.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;gradation des couleurs chez Nez&#226;mi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb27' class='spip_note' rel='appendix' title='Nez&#226;mi, Ily&#226;s ibn-Youssef (vers 1132- 1210), grand po&#232;te-romancier persan. Son (...)' id='nh27'&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'auteur du &lt;i&gt;Khamseh&lt;/i&gt;, dans son &lt;i&gt;Haft peykar&lt;/i&gt;, est d&#233;crite du blanc au noir selon l'ordre cosmologique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb28' class='spip_note' rel='appendix' title='Le concept qui couvre l'ensemble de l'univers dans une relation g&#233;n&#233;rale ; (...)' id='nh28'&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; des jours de la semaine et des plan&#232;tes qui y correspondent. Ce &lt;i&gt;Haft Peykar&lt;/i&gt; a donn&#233; l'occasion aux peintres d'exprimer leur pr&#233;f&#233;rence pour les couleurs vives et franches dans l'illustration des diff&#233;rents manuscrits illustr&#233;s des &#339;uvres de Nez&#226;mi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Noir : Samedi, Saturne. / Jaune : Dimanche, Soleil. / Vert : Lundi, Lune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rouge : Mardi, Mars. / Bleu : Mercredi, Mercure. / Gris : Jeudi, Jupiter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanc : Vendredi, V&#233;nus.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;6. Les coloris&lt;/h3&gt;&lt;dl class='spip_document_631 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L293xH448/700-6-c07ad.jpg?1686643552' width='293' height='448' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:293px;'&gt;&lt;strong&gt;Cour de S&#226;m, Sh&#226;hn&#226;meh de Ferdowsi &#8220;Tahmasbi&#8221;, 1522-44, attribu&#233; &#224; Ghad&#238;m&#238;, Mus&#233;e d'Art Contemporain de T&#233;h&#233;ran&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Les couleurs sont utilis&#233;es dans la miniature essentiellement en fonction de l'exigence du rythme et de l'harmonie. Les peintres avaient tendance &#224; utiliser des couleurs pures et franches, rarement m&#233;lang&#233;es avec du noir et du blanc. La puret&#233; des couleurs diff&#232;re selon leurs composants, ce qui soul&#232;ve une question aussi bien technique qu'esth&#233;tique. Moins une couleur est lav&#233;e par le blanc ou assombrie par le noir, plus elle est pure et refl&#232;te juste les ondes lumineuses qui la caract&#233;risent. Plus une couleur est lav&#233;e par le blanc ou assombrie par le noir, moins elle est pure et refl&#232;te les ondes lumineuses de ces composants. Selon la pens&#233;e mystique, plus les composants d'une chose sont subtils, plus elle est capable de refl&#233;ter une couleur pure et &#224; l'inverse, moins les composants d'une chose sont subtils, plus la couleur qu'elle refl&#232;te para&#238;t impure.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb29' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir L'homme de Lumi&#232;re dans le soufisme iranien de Henry Corbin.' id='nh29'&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rochers et les chevaux sont color&#233;s avec des brun, rose, violet p&#226;le, bleu p&#226;le, vert p&#226;le et les nuages sont souvent blancs o&#249; gris sur ciel d'or, bleu, ou encore or sur ciel d'azur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'eau est figur&#233;e avec de l'argent, et l'or est employ&#233; pour le coloris de la terre, oppos&#233; au bleu du ciel : si, dans un tableau, l'or est utilis&#233; pour la repr&#233;sentation du ciel, la terre est alors bleue et vice versa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ciel du jour est peint en surface unie, bleu turquoise ou or, qu'animent des nuages se d&#233;roulant en spirales vives, dans lesquelles se perd le regard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ciel nocturne est repr&#233;sent&#233; avec un bleu intense plus sombre que celui du jour, tapiss&#233; d'&#233;toiles d'or et, parfois par&#233; d'un croissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les habits des personnages et le paysage sont color&#233;s en premier lieu avec les couleurs primaires rouge, jaune, bleu, ou secondaires vert, orang&#233;, violet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contrastes les plus puissants que l'on peut distinguer dans les miniatures sont jaune / bleu, jaune / rouge, bleu / orang&#233;, bleu / rouge pour les habits ; rouge / vert pour le paysage et or / bleu pour la repr&#233;sentation de la terre et du ciel. Toutes ces couleurs en contraste animent un dialogue harmonieux avec le rythme fluide de l'ensemble de la composition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; certaines variations selon les &#233;poques et les &#233;coles, l'espace pictural de la peinture persane, la lumi&#232;re, les couleurs, le ciel, la terre, les rochers, l'eau... restent fid&#232;les &#224; des prototypes qui donnent une interpr&#233;tation du monde imaginaire selon la vision iranienne. C'est avec ces m&#234;mes &#233;l&#233;ments que les artistes composaient des paysages &#233;ternels. On n'emploie toujours pas l'effet du clair-obscur pour donner naissance &#224; des ombres : le soleil ne brille pas pour &#233;clairer le paysage et si le feu flambe, il ne projette jamais de lumi&#232;re sur la sc&#232;ne repr&#233;sent&#233;e. On est invit&#233; &#224; contempler ce paysage et &#224; d&#233;couvrir la beaut&#233; de la nature comme &#233;l&#233;ment essentiel de l'art et de l'id&#233;e mythique du paradis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'imitation exacte de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alvafi, Feiz Kash&#226;ni, 11&#232;me partie, p. 93, Citation de &lt;i&gt;Zib&#226;i va Honar az didg&#226;h-e Esl&#226;m &lt;/i&gt;(La beaut&#233; et l'art de point de vue de l'islam), M. T. Jafari, Ed. Minist&#232;re de la Culture et de l'Art Islamique, T&#233;h&#233;ran, 1361 (1983).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Henry Corbin a invent&#233; le terme &#034;monde imaginal&#034; d'apr&#232;s le terme latin &#034;&lt;i&gt;mundus imaginalis&lt;/i&gt;&#034; &#233;tant la traduction litt&#233;rale du terme &#034;&lt;i&gt;&#226;lam al-mith&#226;l&lt;/i&gt;&#034;. Il ne faut pas confondre le terme &#034;imaginal&#034; avec &#034;l'imaginaire&#034; qui peut &#234;tre une fantaisie irr&#233;elle, issue du jeu de la pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour des d&#233;tails plus pr&#233;cis concernant le &#034;monde imaginal&#034;, voir les ouvrages de Henry Corbin dont &lt;i&gt;Corps spirituel et Terre C&#233;leste&lt;/i&gt;, ainsi que En &lt;i&gt;Islam iranien&lt;/i&gt;, tome II, aspect spirituel et philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nom donn&#233; &#224; la sagesse illuminative (philosophie orientale), dont le promoteur fut Cheikh Shah&#226;b al-d&#238;n Sohrawardi (1155 - 1191). Ainsi, les &#034;Ishr&#226;qi&#251;ns&#034; sont les adeptes de la philosophie de l'Ishr&#226;q.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Kobra, Cheikh Nadjm al-D&#238;n (1145 - 1220), n&#233; &#224; Kh&#226;razm, il fut d'abord un sp&#233;cialiste de la science islamique du &lt;i&gt;Hadith&lt;/i&gt; et du &lt;i&gt;Kal&#226;m&lt;/i&gt; et voyagea beaucoup pour d&#233;velopper ses connaissances dans ces deux disciplines. Apr&#232;s avoir effectu&#233; ses ann&#233;es d'&#233;tude aupr&#232;s des grands cheikhs de son temps en Iran et en Egypte, il revient &#224; Kh&#226;razm pour y former et initier des disciples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kobr&#226; est, d'apr&#232;s Henry Corbin, le premier d'entre les ma&#238;tres du soufisme &#224; avoir fix&#233; son attention sur les ph&#233;nom&#232;nes de couleurs. D'apr&#232;s la tradition, il refusa l'invitation que lui avaient faite les Mongols de quitter la ville avant le massacre des habitants, et il mour&#251;t &#224; la t&#234;te d'un groupe de ses partisans en 617 H. (1220).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kobr&#226; a laiss&#233; un certain nombre d'ouvrages dans lesquels domine le souci d'analyser l'exp&#233;rience visionnaire. Il y &#233;tude par exemple les diverses significations des r&#234;ves et des visions, les diff&#233;rents degr&#233;s de l'&#233;piphanie lumineuse se manifestant au mystique, ainsi que les diff&#233;rentes cat&#233;gories de concept et d'image.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour plus de d&#233;tails concernant cette citation et le monde Imaginal, voir &lt;i&gt;Corps spirituel et Terre C&#233;leste&lt;/i&gt;, ainsi que En &lt;i&gt;Islam Iranien&lt;/i&gt;, tome II, aspect spirituels et philosophiques, de Henry Corbin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon J. Darmesteter, la lumi&#232;re de gloire, s'exprime dans cette phrase : &#034;L'aur&#233;ole de lumi&#232;re et d'inspiration divine qui descend sur les saints est le principe c&#233;leste qui donne &#224; celui qui est investi la puissance, la vertu, le g&#233;nie, le bonheur. C'est la fortune divine&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='appendix'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce sont des hommes parvenus au plus haut degr&#233; de saintet&#233; et &#233;tant les aspirants du Bouddha.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='appendix'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Partisans de Ali et de ses descendants. Ils r&#233;futent la l&#233;gitimit&#233; des califes Omeyyades et Abbassides et revendiquent l'imamat pour les descendants de l'imam Ali et de F&#226;temeh (fille de proph&#232;te).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='appendix'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Titre donn&#233; &#224; l'Imam Ali et ses onze successeurs. Selon la conception chiite, l'Imam est &#034;impeccable et immacul&#233;&#034;, c'est-&#224;-dire pr&#233;serv&#233; de tout p&#233;ch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='appendix'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Henry Corbin, &lt;i&gt;En&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Islam iranien&lt;/i&gt;, Tome 2, ch. III, p. 81.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb12'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh12' class='spip_note' title='Notes 12' rev='appendix'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M&#226;ni (215-277), fondateur de manich&#233;isme. La doctrine combinant le dualisme mazd&#233;en avec la tradition gnostique des chr&#233;tiens du bas de l'Euphrate. Soutenu par le roi Sh&#226;hpour I, il perd toute faveur aupr&#232;s de Bahr&#226;m I, qui le fait mettre &#224; mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#226;ni est consid&#233;r&#233; comme un des peintres l&#233;gendaires de l'Iran ; ses peintures auraient d'ailleurs contribu&#233; &#224; propager sa doctrine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb13'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh13' class='spip_note' title='Notes 13' rev='appendix'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir A. Radjabi, &#034;Regard sur l'histoire et &#224; la tradition spirituelles de la peinture iranienne-islamique&#034;, Catalogue de l'exposition, &#233;t&#233; 1993, T&#233;h&#233;ran, Mus&#233;e de l'Art Contemporain.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb14'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh14' class='spip_note' title='Notes 14' rev='appendix'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Louis Massignon, &#034;Sur l'origine de la Miniature Persane&#034;, in : Op&#233;ra Minora, Tome III, pp. 25- 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb15'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh15' class='spip_note' title='Notes 15' rev='appendix'&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sohrawardi, Shah&#226;b al-d&#238;n Yahy&#226; (1155-1191), grand philosophe et th&#233;osophe mystique de l'Iran. Il r&#233;concilia le platonisme, la sagesse de l'ancienne Perse et la gnose islamique en une philosophie de la lumi&#232;re. D'o&#249; son surnom de &lt;i&gt;cheikh al-ishr&#226;q &lt;/i&gt;(le cheikh de l'illumination). Son influence en Iran fut immense.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb16'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh16' class='spip_note' title='Notes 16' rev='appendix'&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Connaissance, ou syst&#232;me de pens&#233;e philosophico-religieuse permettant d'acc&#233;der &#224; une connaissance divine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb17'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh17' class='spip_note' title='Notes 17' rev='appendix'&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Chapitre coranique. Le Coran en comporte 114, de longueurs diff&#233;rentes et de contenu vari&#233;. Les sourates sont divis&#233;es en versets.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb18'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh18' class='spip_note' title='Notes 18' rev='appendix'&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Psaume de la Lumi&#232;re, &lt;i&gt;Maf&#226;tih al- Djan&#226;n&lt;/i&gt;, Cheikh Abb&#226;s Qom&#238;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb19'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh19' class='spip_note' title='Notes 19' rev='appendix'&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Psaume de Djoshan-e Kabir, &lt;i&gt;Maf&#226;tih al-Djan&#226;n&lt;/i&gt;, Cheikh Abb&#226;s Qom&#238;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb20'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh20' class='spip_note' title='Notes 20' rev='appendix'&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mot latin utilis&#233; par Henry Corbin pour d&#233;signer la manifestation de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb21'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh21' class='spip_note' title='Notes 21' rev='appendix'&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir M. Madadpour ; &#034;L'Art Islamique&#034;, &lt;i&gt;Soureh&lt;/i&gt; (Mensuel iranien consacr&#233; &#224; l'art), No.7, Octobre 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb22'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh22' class='spip_note' title='Notes 22' rev='appendix'&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir R&#233;alisme et symbolisme des couleurs en cosmologie chiite, dans &#034;Temple et Contemplation&#034;, de H. Corbin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb23'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh23' class='spip_note' title='Notes 23' rev='appendix'&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Goethe, &#034;Trait&#233; des couleurs&#034;, p. 237.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb24'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh24' class='spip_note' title='Notes 24' rev='appendix'&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il y a des t&#233;n&#232;bres qui sont mati&#232;re et d'autres qui sont absence de mati&#232;re. Ce sont les t&#233;n&#232;bres d'en-haut, le noir de la stratosph&#232;re, l'espace sid&#233;ral. En termes mystiques, elle correspond &#224; la lumi&#232;re de l'&#234;tre divin supr&#234;me. Les t&#233;n&#232;bres divines ne se rapportent pas aux t&#233;n&#232;bres d'en bas, celles du corps noir.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb25'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh25' class='spip_note' title='Notes 25' rev='appendix'&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Connaissance mystique de Dieu. Nom g&#233;n&#233;rique de diverses doctrines, impr&#233;gn&#233;es de mysticisme, qui visent &#224; la connaissance de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb26'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh26' class='spip_note' title='Notes 26' rev='appendix'&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Toussi, Nass&#238;r al-d&#238;n (1201 - 1274). Astronome, math&#233;maticien et th&#233;ologien persan, son &#339;uvre immense s'&#233;tend des math&#233;matiques &#224; l'astronomie en passant par la philosophie et l'astrologie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb27'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh27' class='spip_note' title='Notes 27' rev='appendix'&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nez&#226;mi, Ily&#226;s ibn-Youssef (vers 1132- 1210), grand po&#232;te-romancier persan. Son &#339;uvre principale est le c&#233;l&#232;bre &lt;i&gt;Khamseh&lt;/i&gt; ou &#034;ouvrage en cinq&#034;, qui contient un recueil de cinq grands po&#232;mes &#233;piques :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. &lt;i&gt;Makhzan al-Asr&#226;r &lt;/i&gt;(Le tr&#233;sor des secrets) : les principes de la doctrine et de l'esprit du soufisme ainsi que ses propres pens&#233;es sont expos&#233;s dans ce po&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. &lt;i&gt;Khosrow et Shir&#238;n&lt;/i&gt;, po&#232;me h&#233;ro&#239;que et romantique. Il a pour sujet l'amour du souverain sassanide Khosrow pour la belle chr&#233;tienne Shir&#238;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III. &lt;i&gt;Leili et Madjnoun&lt;/i&gt;, qui raconte les amours du jeune b&#233;douin et de la belle Leili. Ce po&#232;me est consid&#233;r&#233; comme le chef-d'&#339;uvre de Nez&#226;mi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV. &lt;i&gt;S&#233;kandar-n&#226;meh&lt;/i&gt;, histoire bas&#233;e sur les aventures d'Alexandre le grand, contenant aussi des entretiens entre Alexandre et son ma&#238;tre Aristote et d'autres savants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V. &lt;i&gt;Haft Paykar&lt;/i&gt; (les sept idoles), Nez&#226;mi y met en action le h&#233;ros sassanide Bahr&#226;m Gour et ses bien-aim&#233;es constituant les sujets de sept nouvelles po&#233;tiques dont chacune est rattach&#233;e &#224; un jour de la semaine, &#224; une plan&#232;te et &#224; une couleur. C'est un sujet fr&#233;quent dans l'illustration des manuscrits qui donne l'occasion d'utiliser des coloris magnifiques. Pendant des si&#232;cles, ces chefs-d'&#339;uvre de la litt&#233;rature persane ont permis l'apparition de magnifiques manuscrits illustr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb28'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh28' class='spip_note' title='Notes 28' rev='appendix'&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le concept qui couvre l'ensemble de l'univers dans une relation g&#233;n&#233;rale ; l'ensemble des lois de l'univers li&#233; au d&#233;veloppement de la th&#233;orie de la relativit&#233; g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb29'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh29' class='spip_note' title='Notes 29' rev='appendix'&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;L'homme de Lumi&#232;re dans le soufisme iranien&lt;/i&gt; de Henry Corbin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La ville de Rey, son ancien bazar et le mausol&#233;e de Jav&#226;nmard Ghass&#226;b</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article699</link>
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		<dc:date>2008-05-01T14:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Afsaneh Pourmazaheri, Farz&#226;neh Pourmaz&#226;heri</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Sous la peau du Rey d'autrefois, de longs bazars r&#233;unissaient les vendeurs et les clients de toutes classes et horizons&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le bazar est le lieu de commerce par excellence, o&#249; se r&#233;unissent quotidiennement un grand nombre de clients et de marchands. G&#233;n&#233;ralement, la pr&#233;sence des bazars plus ou moins importants refl&#232;te l'importance de chaque ville du point de vue commercial, &#233;conomique, artistique, etc. C'est pourquoi les gouverneurs de l'&#233;poque tentaient de construire de grands bazars aux d&#233;corations (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;N&#176; 30, mai 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton699-0102c.jpg?1686643552' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Sous la peau du Rey d'autrefois, de longs bazars r&#233;unissaient les vendeurs et les clients de toutes classes et horizons&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le bazar est le lieu de commerce par excellence, o&#249; se r&#233;unissent quotidiennement un grand nombre de clients et de marchands. G&#233;n&#233;ralement, la pr&#233;sence des bazars plus ou moins importants refl&#232;te l'importance de chaque ville du point de vue commercial, &#233;conomique, artistique, etc. C'est pourquoi les gouverneurs de l'&#233;poque tentaient de construire de grands bazars aux d&#233;corations fastueuses. Outre les &#233;choppes s'alignant tout au long du bazar, d'autres b&#226;timents servaient &#224; la foule comme centre de r&#233;union dont la mosqu&#233;e, l'&#233;cole, le caravans&#233;rail et le bain public. Parfois, dans les points d'intersection des bazars se formaient des &#034;Tch&#226;h&#226;rsough&#034;, ou carrefours couverts. Ils avaient en g&#233;n&#233;ral une forme circulaire et &#233;taient d&#233;cor&#233;s &#224; l'aide d'ornements en tuile &#233;maill&#233;e et en pl&#226;tre. Le bazar a &#233;t&#233; toujours un lieu agit&#233; et plein de monde. Il n'y r&#233;gnait un calme relatif qu'&#224; l'heure de la pri&#232;re et du d&#233;jeuner ainsi que la nuit. Ainsi, les bazars &#233;taient ouverts du petit matin jusqu'au soleil couchant. Au moment du coucher du soleil, on organisait une sorte de c&#233;r&#233;monie pour c&#233;l&#233;brer la fin d'un jour anim&#233;, plein de bruits et d'all&#233;es et venues. A environ huit heures du soir, on jouait du tambour dont le son signifiait : &#034;Vous, marchands ! Ramassez toutes vos affaires et retournez chez vous !&#034; Cela suffisait pour que tout le monde cesse son travail et quitte son &#233;choppe. Une heure plus tard, l'endroit &#233;tait d&#233;sert, et seuls restaient les gardiens de nuit qui faisaient la ronde tout le long du bazar. Le chef de ces agents de police s'appelait &#034;D&#226;rougheh&#034; et &#233;tait charg&#233; de surveiller l'ensemble de l'&#233;quipe et recevait les rapports des diff&#233;rents postes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque recoin de bazar appartenait &#224; un corps de m&#233;tier particulier ; il y avait par exemple le bazar des marchands du tabac, celui des marchands de chapeaux, de chaussures, etc. De cette fa&#231;on, les clients ne s'y perdaient pas et pouvaient trouver directement ce dont ils avaient besoin. Dans la ville de Rey, le nombre de ces bazars &#233;tait consid&#233;rable et l'ancien bazar de Rey - qui a surv&#233;cu jusqu'&#224; nos jours - fait partie du patrimoine historique et culturel de la grandiose ville de Rey.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_657 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH448/699-1-17e37.jpg?1686643552' width='336' height='448' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:336px;'&gt;&lt;strong&gt;Rey l'ancien bazar&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Cette ville &#233;tait auparavant un lieu de passage sur la Route de Soie, ce qui favorisa son essor commercial et l'apparition de grands bazars. Apr&#232;s Rey, les caravaniers de la Route de la Soie s'arr&#234;taient &#224; Hamed&#226;n pour ensuite aller jusqu'en M&#233;sopotamie. La pr&#233;sence de la ville de Rey sur cette route a contribu&#233; &#224; augmenter son importance commerciale. On y vendait des produits import&#233;s de Chine, d'Inde et d'Asie centrale, tandis que d'autres marchandises venant d'Asie mineure, de Gr&#232;ce, et de M&#233;sopotamie &#233;taient export&#233;es dans les autres r&#233;gions du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancien bazar de Rey nous rappelle aujourd'hui le brouhaha des jours lointains ; lorsque les marchandises, au lieu d'&#234;tre expos&#233;es derri&#232;re des vitres lustr&#233;es, &#233;taient na&#239;vement rang&#233;es sur des planches devant les petites &#233;choppes. Si les anciens propri&#233;taires des &#233;choppes ont laiss&#233; place &#224; leurs successeurs - car dans le cadre traditionnel le m&#233;tier se transmet de p&#232;re en fils - l'atmosph&#232;re n'a gu&#232;re chang&#233; : les m&#234;mes chariots pour d&#233;placer les marchandises, les m&#234;mes vieillards souriants qui vendent les condiments, les tapis de pri&#232;res et les chapelets, les herboristes pesant les &#233;pices et les fines herbes de couleurs vari&#233;es, les drapiers qui mesurent les &#233;toffes au cent dessins... Le bazar doit &#233;galement sa popularit&#233; &#224; ses restaurants traditionnels, o&#249; l'on y sert des &#034;kebab&#034; pr&#233;par&#233;s &#224; l'iranienne, servis avec le pain cuit sur place dans des fours traditionnels. Dans certains recoins du plafond du bazar, on peut apercevoir des nids d'hirondelles en forme de bol. Ces oiseaux migrateurs composent instinctivement des &#339;uvres d'art, en assemblant minutieusement du bois et des bouts de tiges plac&#233;s les uns &#224; c&#244;t&#233; des autres. Ces nids sont d'ailleurs l'un des attraits de cet ancien bazar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas difficile de trouver l'entr&#233;e du bazar, &#233;tant donn&#233; qu'elle se situe tout au long du mausol&#233;e de Sh&#226;h Abdol'azim, du nord au sud. L'essentiel du bazar actuel se situe au milieu, &#224; un carrefour couvert dont le plafond est vo&#251;t&#233;. L'aile sud de ce carrefour couvert m&#232;ne au caravans&#233;rail &#034;Dogholou&#034;, c'est-&#224;-dire le caravans&#233;rail jumeau, tandis qu'une petite place est aussi &#224; remarquer dans son aile est. On peut &#233;galement parcourir, toujours le long du bazar, deux vielles ruelles s'appelant &#034;Garm&#226;beh&#034; (le bain) et &#034;Sagh&#226;y&#226;n&#034; (les porteurs d'eau). Selon certaines sources, &#224; la suite de la demande du r&#233;gisseur du mausol&#233;e de Sh&#226;h Abdol'azim destin&#233;e &#224; r&#233;gler le probl&#232;me de la distribution de nourriture aux p&#232;lerins, Sh&#226;h Tahm&#226;sb le Safavide ordonna de construire 24 boutiques pr&#232;s du mausol&#233;e. Cet ordre est consid&#233;r&#233; comme le point de d&#233;part de la formation du bazar actuel. Plus tard, sous le r&#232;gne de N&#226;ssereddin Sh&#226;h puis sous le gouvernement d'Amir Kabir, la construction du b&#226;timent fut compl&#233;t&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout compte fait, bien qu'un bazar soit un centre commercial, cet ancien bazar de Rey donne l'impression d'&#234;tre une foire traditionnelle dont le cadre fait dispara&#238;tre tout l'ennui d'une modernit&#233; parfois trop monotone.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le mausol&#233;e de Jav&#226;nmard Ghass&#226;b : &lt;br/&gt;une fine construction de briques et de terre&lt;/h3&gt;&lt;dl class='spip_document_625 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L420xH336/699-3-c1372.jpg?1686643552' width='420' height='336' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Le mausol&#233;e de Jav&#226;nmard Ghass&#226;b&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Comme son nom l'indique, le mausol&#233;e de Jav&#226;nmard Ghass&#226;b &#224; Rey appartient &#224; une personnalit&#233; bien connue de l'&#233;poque. Mais malheureusement, il nous reste peu d'informations concernant sa vie et sa biographie. Il est cependant demeur&#233; c&#233;l&#232;bre pour sa pi&#233;t&#233; et sa g&#233;n&#233;rosit&#233;. En effet, la premi&#232;re partie de son nom, ou plut&#244;t son titre de &#034;Jav&#226;nmard&#034; signifie &#034;brave et g&#233;n&#233;reux&#034;, tandis que &#034;Ghass&#226;b&#034; fait r&#233;f&#233;rence &#224; son m&#233;tier de boucher. Pourtant, il est &#224; noter que dans le deuxi&#232;me tome du livre &lt;i&gt;Les notes de Ghazvini&lt;/i&gt;, deux r&#233;cits diff&#233;rents sont relat&#233;s &#224; propos de cet homme. De plus, d'apr&#232;s l'un des responsables de l'h&#233;ritage culturel de Rey, il aurait v&#233;cu &#224; la m&#234;me &#233;poque que l'Imam Ali, le premier Imam shiite, qu'il ch&#233;rissait &#233;norm&#233;ment. A pr&#233;sent, la seule trace qui nous est rest&#233;e de lui est le b&#226;timent du mausol&#233;e. Il se situe &#224; Mansour&#226;b&#226;d, &#224; un kilom&#232;tre &#224; l'ouest de la route de T&#233;h&#233;ran menant &#224; Rey. Selon M. Mostafavi, &#224; l'&#233;poque, les gens parcouraient une longue distance &#224; pied ou &#224; cheval pour arriver au mausol&#233;e de Jav&#226;nmard Ghass&#226;b. Pour cela, ils passaient par la porte &#034;Gh&#226;r&#034; &#224; T&#233;h&#233;ran pour ensuite traverser Ali'&#226;b&#226;d sur une route de terre menant vers le sud. Ainsi apr&#232;s avoir parcouru quelques kilom&#232;tres, ils traversaient un pont &#224; c&#244;t&#233; duquel coulait un grand ruisseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, depuis cette &#233;poque, le b&#226;timent a subi quelques changements. Il est actuellement en forme de cube mesurant environ 6 m&#232;tres de c&#244;t&#233; avec un d&#244;me en brique recouvert de torchis. Au centre du b&#226;timent se trouve un tombeau entour&#233; par des barres. Une plaque grav&#233;e de deux vers peu visibles scelle la pierre tombale. Outre ces vers, l'image de quelques lions entour&#233;s d'ornementations en relief sont &#233;galement grav&#233;s sur la plaque. Le mausol&#233;e et la plaque datent probablement de l'&#233;poque de Fathalish&#226;h le Q&#226;dj&#226;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour parler de Rey, on ne manquerait jamais de mots. Son pass&#233; est si riche et tumultueux que l'on d&#233;couvre &#224; chaque fois quelque chose de nouveau. La liste de ses monuments, collines et murailles est aussi longue que son histoire. Le visage de cette ville grandiose demeure pour nous cach&#233; derri&#232;re la poussi&#232;re des si&#232;cles, mais nous sommes heureuses d'avoir fait revivre certaines de ces facettes au cours de ces quelques r&#233;cits&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;FIN&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De Nadjaf &#224; Kerbala, au c&#339;ur d'un p&#232;lerinage en Irak (I)</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article698</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article698</guid>
		<dc:date>2008-05-01T13:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Am&#233;lie Neuve-Eglise</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Au gr&#233; des fermetures et des r&#233;ouvertures de fronti&#232;res, malgr&#233; la situation politique et les conditions de s&#233;curit&#233; plus que pr&#233;caires, des milliers d'Iraniens chiites effectuent tout au long de l'ann&#233;e un p&#232;lerinage &#224; Nadjaf et &#224; Kerbala, respectivement troisi&#232;me et quatri&#232;me lieux saints chiites apr&#232;s la Mecque et M&#233;dine, sous l'&#233;gide de l'Organisation iranienne des P&#232;lerinages (S&#226;zem&#226;n-e Hajj o Ziy&#226;rat) qui supervise et contr&#244;le l'ensemble des p&#232;lerinages effectu&#233;s en Arabie Saoudite et en Irak. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;N&#176; 30, mai 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton698-e1b7e.jpg?1686643552' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au gr&#233; des fermetures et des r&#233;ouvertures de fronti&#232;res, malgr&#233; la situation politique et les conditions de s&#233;curit&#233; plus que pr&#233;caires, des milliers d'Iraniens chiites effectuent tout au long de l'ann&#233;e un p&#232;lerinage &#224; Nadjaf et &#224; Kerbala, respectivement troisi&#232;me et quatri&#232;me lieux saints chiites apr&#232;s la Mecque et M&#233;dine, sous l'&#233;gide de l'Organisation iranienne des P&#232;lerinages (&lt;i&gt;S&#226;zem&#226;n-e Hajj o Ziy&#226;rat&lt;/i&gt;) qui supervise et contr&#244;le l'ensemble des p&#232;lerinages effectu&#233;s en Arabie Saoudite et en Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les visites &#233;tant devenues quasi impossibles - sauf &#224; passer clandestinement par la fronti&#232;re syrienne et s'exposer &#224; des dangers multiples - sous Saddam Hussein, la fin du r&#233;gime baasiste a donn&#233; lieu &#224; un v&#233;ritable afflux de p&#232;lerins iraniens aux &#034;&lt;i&gt;Atab&#226;t-e aliy&#226;t&lt;/i&gt;&#034; ou &#034;Seuils &#233;lev&#233;s&#034;, qualificatif li&#233; &#224; l'aspect sacr&#233; de ces lieux pour tout chiite et au fait qu'au d&#233;but de chaque visite dans un sanctuaire, il est de coutume que le p&#232;lerin embrasse la porte d'entr&#233;e bois&#233;e en signe de respect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La demande &#233;tant largement sup&#233;rieure &#224; l'offre , les annonces publi&#233;es dans les journaux iraniens annon&#231;ant l'ouverture de places et donnant l'adresse d'une agence de voyage o&#249; s'inscrire donne lieu &#224; de v&#233;ritables attroupements et parfois &#224; quelques altercations, la foule concentrant parfois plusieurs centaines de personnes qui devront se partager une quarantaine de places. Le plus souvent, les disputes seront r&#233;solues par un tirage au sort d&#233;partageant les heureux &#034;&#233;lus&#034;. Il s'agit en effet d'une v&#233;ritable &#233;lection &#233;tant donn&#233; que selon la croyance chiite, tout p&#232;lerinage chez l'un des Saints Imams doit &#234;tre pr&#233;c&#233;d&#233; d'un &#034;appel&#034; et de l'agr&#233;ment de celui-ci. Un nom tir&#233; au sort pourra alors donner lieu &#224; des sanglots manifestant une joie sans nom, celle d'avoir &#233;t&#233; &#034;choisi&#034; et &#034;accept&#233;&#034; par l'Imam lui-m&#234;me. Et les commentaires de fuser &#034;&lt;i&gt;Eux, l'Imam les voulait !&lt;/i&gt;&#034; ou encore &#034;&lt;i&gt;l'Imam Hossein a bien choisi, ils sont arriv&#233;s parmi les premiers hier soir et ont pass&#233; la nuit ici...&lt;/i&gt;&#034;. Ceux qui n'auront pas eu la chance d'&#234;tre choisis devront se contenter d' &#034;implorer les pri&#232;res&#034; (&lt;i&gt;eltem&#226;s-e do'a&lt;/i&gt;, selon l'expression consacr&#233;e en persan) des futurs p&#232;lerins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le p&#232;lerinage dure une dizaine de jours, dont trois &#224; Nadjaf et quatre &#224; Kerbala, le reste du temps &#233;tant pass&#233; dans l'autobus et les files d'attentes des innombrables contr&#244;les aux fronti&#232;res et &#034;check points&#034; en tous genres au sein de l'Irak. Au d&#233;part de T&#233;h&#233;ran, les p&#232;lerins transitent par la fronti&#232;re de Mehran, au nord-ouest du pays et, apr&#232;s plusieurs heures d'attente &#224; la fronti&#232;re, p&#233;n&#232;trent enfin en Irak au petit matin. L&#224;-bas, un autobus irakien datant d'une autre &#233;poque les attend pour les conduire jusqu'&#224; Nadjaf, ville o&#249; fut enterr&#233; l'Imam Ali, gendre du proph&#232;te et premier Imam du chiisme. Cependant, de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, la visite du tombeau de l'Imam Hossein &#224; Kerbala constitue un moment cl&#233; de la vie de tout croyant chiite qui tend m&#234;me &#224; &#233;clipser, du moins dans le langage, celui de l'Imam Ali, ce voyage &#233;tant d&#233;sign&#233; par l'expression de &#034;p&#232;lerinage &#224; Kerbala&#034; ; tout p&#232;lerin se voyant par la suite d&#233;cerner le titre de &#034;Karbal&#226;'i&#034; et non de celui de &#034;Nadjafi&#034;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_622 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH298/698-1-ae08d.jpg?1686643552' width='448' height='298' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Route Nadjaf-Kerbala&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Photos : Am&#233;lie Neuve-Eglise
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;part de T&#233;h&#233;ran, le ton est donn&#233; par le responsable de l'Organisation des P&#232;lerinages accompagnant les p&#232;lerins, qui pr&#233;f&#232;re souvent noircir quelque peu le tableau &#224; l'avance afin d'&#233;viter toute plainte une fois sur place : &#034;&lt;i&gt;Je vous rappelle qu'il est interdit de prendre des photos, surtout des forces de s&#233;curit&#233;, sous peine d'emprisonnement ; interdiction formelle &#233;galement de se rendre soi-m&#234;me &#224; Kadhimiya, Samarra&lt;/i&gt; [autres lieux saints chiites abritant les sanctuaires de plusieurs des douze Imams] &lt;i&gt;ou toute autre ville ne figurant pas dans le programme, les conditions de s&#233;curit&#233; s'y &#233;tant r&#233;cemment d&#233;grad&#233;es ; merci de ne pas tenir compte du faible niveau de confort des h&#244;tels : les coupures d'&#233;lectricit&#233; y sont fr&#233;quentes et vous n'aurez peut-&#234;tre pas d'eau chaude... Les conditions mat&#233;rielles du pays sont de plus en plus pr&#233;caires, mais je vous rappelle que le but de votre voyage est avant tout spirituel&#8230;&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Iran a ainsi fait de la s&#233;curit&#233; des p&#232;lerins l'une de ses priorit&#233;s. Les consignes sont tr&#232;s strictes, et les passeports gard&#233;s par le responsable en vue d'&#233;viter tout d&#233;placement hors de la &#034;feuille de route&#034; officielle. Cependant, une fois arriv&#233;s &#224; Nadjaf et &#224; Kerbala, ces derniers ont une totale libert&#233; de mouvement au sein m&#234;me des villes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Arriv&#233;e &#224; Nadjaf : une cit&#233; hors du temps&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_658 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH336/698-2-065cb.jpg?1686643552' width='448' height='336' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Nadjaf - vue du sanctuaire de l'Imam Ali&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Ancien berceau de nombreux mouvements religieux et intellectuels et de d&#233;couvertes scientifiques en tout genre, grand centre d'&#233;tudes th&#233;ologiques chiite abritant de nombreuses &#233;coles ou congr&#233;gations soufies, ainsi qu'une infinit&#233; de pr&#233;cieux ouvrages et de documents historiques uniques, l'aspect ext&#233;rieur de Nadjaf, situ&#233;e &#224; 160 km au sud de Bagdad, n'a sans doute plus rien &#224; voir avec son lustre d'antan. Cependant, elle n'en continue pas moins d'abriter l'un des plus grands s&#233;minaires chiites (&#034;&lt;i&gt;hozeh&lt;/i&gt;&#034;) du monde dont l'une des figures principales est l'Ayatollah Sistani, lui-m&#234;me d'origine iranienne. Apr&#232;s avoir subi un d&#233;clin irr&#233;versible sous le r&#233;gime de Saddam, ces &#233;coles religieuses ont, depuis 2003, retrouv&#233; un second souffle et attirent un nombre croissants d'&#233;tudiants en th&#233;ologie iraniens, malgr&#233; la pr&#233;sence de Qom. C'est &#233;galement l&#224; que pendant plus de dix ans (1965-1978), l'Imam Khomeiny dirigea le principal courant d'opposition au r&#233;gime du Chah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la tradition, le nom de la ville proviendrait d'un r&#233;cit selon lequel l'un des fils de No&#233; aurait refus&#233; de monter dans l'Arche et se serait r&#233;fugi&#233; sur une montagne situ&#233;e &#224; l'endroit de la ville actuelle pour voir si le d&#233;luge allait effectivement se produire. La montagne s'&#233;croula alors sur ordre divin, entra&#238;nant la mort de l'incr&#233;dule. Peu de temps apr&#232;s, une rivi&#232;re y apparut, puis s'ass&#233;cha rapidement. C'est &#224; la suite de cet &#233;v&#233;nement que l'endroit aurait &#233;t&#233; surnomm&#233; &#034;Ney Jaff&#034; c'est-&#224;-dire &#034;la rivi&#232;re ass&#233;ch&#233;e&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les p&#232;lerins, l'attraction principale de la Nadjaf actuelle demeure le sanctuaire de l'Imam Ali, situ&#233; au c&#339;ur de la ville et, selon la tradition chiite, &#224; l'endroit m&#234;me o&#249; Adam et No&#233; auraient &#233;t&#233; enterr&#233;s. Il fut incessamment d&#233;truit et reconstruit au cours des si&#232;cles, et ses nombreux tr&#233;sors et objets pr&#233;cieux donn&#233;s par divers sultans et souverains ont &#233;galement disparu &#224; la suite de batailles et conqu&#234;tes &#233;ph&#233;m&#232;res. &#192; la suite de la r&#233;pression de la r&#233;bellion de la population contre le r&#233;gime de Saddam Hussein apr&#232;s la premi&#232;re guerre du Golfe en 1991, qui se solda &#233;galement par le massacre de plusieurs fid&#232;les au sein m&#234;me du sanctuaire, il fut de nouveau pill&#233; et s&#233;rieusement endommag&#233;. L'endroit fut ensuite quelque peu laiss&#233; &#224; l'abandon du fait des multiples restrictions religieuses impos&#233;es aux chiites. Enfin, durant les derni&#232;res ann&#233;es du r&#232;gne de Saddam, il fut en partie reconstruit par les autorit&#233;s irakiennes elles-m&#234;mes dans le cadre d'une ultime man&#339;uvre politique visant &#224; ne pas s'ali&#233;ner et perdre totalement le contr&#244;le du sud du pays en majorit&#233; chiite. Les principales op&#233;rations de restauration ont n&#233;anmoins eu lieu apr&#232;s sa chute, essentiellement gr&#226;ce aux dons financiers ou en nature en provenance d'Iran. La grande majorit&#233; des mosa&#239;ques, d&#233;corations, ainsi que la fa&#231;ade dor&#233;e du tombeau ont ainsi &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es par des artisans iraniens. Les tapis, sur lesquels figurent des inscriptions discr&#232;tes telles que &#034;don de la ville d'Ispahan&#034; ou encore &#034;don de la ville de Shir&#226;z &#224; Nadjaf Ashraf (c'est-&#224;-dire &#034;Nadjaf la plus noble&#034;, telle que la surnomment les p&#232;lerins)&#034; sont &#233;galement l&#224; pour nous le rappeler.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_660 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH329/698-4-8a532.jpg?1686643552' width='448' height='329' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Mausol&#233;e de l'Imam Ali, vue de la cour int&#233;rieure&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une fouille tr&#232;s stricte, les p&#232;lerins arrivent dans la cour int&#233;rieure du sanctuaire du &#034;prince des croyants&#034;, surnom donn&#233; &#224; l'Imam Ali, &#224; la fa&#231;ade dor&#233;e et imposante, d'o&#249; s'&#233;l&#232;vent deux grands minarets et un d&#244;me central recouverts d'or. Apr&#232;s une derni&#232;re fouille, les hommes et les femmes se s&#233;parent, une partie du sanctuaire leur &#233;tant &#224; chacun r&#233;serv&#233;e, et apr&#232;s s'&#234;tre d&#233;chauss&#233;s, on p&#233;n&#232;tre alors &#224; l'int&#233;rieur&#8230; On ne sait alors o&#249; regarder : des portes incrust&#233;es de m&#233;taux pr&#233;cieux et de fines gravures aux murs constell&#233;s de petits miroirs &#224; multiples facettes produisant une sensation d'infini, des nombreux versets coraniques finement calligraphi&#233;s aux lustres &#233;tincelants et objets pr&#233;cieux en tout genre&#8230; tout ici doit concourir &#224; &#233;veiller la spiritualit&#233; dans le c&#339;ur du p&#232;lerin et tenter de refl&#233;ter la beaut&#233; de l'au-del&#224;. L'ambiance y est surr&#233;aliste, hors du monde et du temps, et loin du tumulte incessant de la ville, il ne r&#232;gne d&#233;sormais plus que le bruissement sourd de centaines de pri&#232;res murmur&#233;es par les p&#232;lerins&#8230; &#034;&lt;i&gt;Que la Paix soit sur toi, &#244; Prince des Croyants, que la Paix soit sur toi, &#244; ami de Dieu&lt;/i&gt;&#034;. En s'avan&#231;ant davantage, la foule s'&#233;paissit ; des bruits de sanglots viennent parfois briser la monotonie des murmures, et on peut alors distinguer les parois dor&#233;es du tombeau de l'Imam. La foule devient alors de plus en plus compacte, tout le monde se pressant autour pour pouvoir le toucher, si possible l'embrasser, &#224; d&#233;faut l'effleurer du bout des doigts, y frotter un morceau de tissu que l'on donnera ensuite &#224; un proche qui n'a pas eu la chance de venir, ou encore pour y jeter quelques billets ou nouer aux barreaux dor&#233;s de sa fa&#231;ade un petit morceau de tissu vert correspondant &#224; une demande particuli&#232;re adress&#233;e &#224; Dieu, avec pri&#232;re de l'accepter en l'honneur de l'Imam&#8230; Cependant, pour ceux et celles qui resteraient trop longtemps pr&#232;s du tombeau, les gardiens sont l&#224; pour, &#224; l'aide d'une sorte de plumeau et de &#034;&lt;i&gt;Harekat, harekat&lt;/i&gt; !&#034; (&#034;circulez, circulez !&#034;) -qui n'ont que peu d'effet-, tenter de permettre &#224; tous de pouvoir s'en approcher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la tradition chiite, les douze Imams occupent un r&#244;le central &#233;tant donn&#233; qu'au-del&#224; de leur dimension historique, &#034;&lt;i&gt;[ils] sont ceux qui guident leurs adeptes au sens spirituel cach&#233;, int&#233;rieur, &#233;sot&#233;rique (b&#226;tin), de la R&#233;v&#233;lation &#233;nonc&#233;e par le Proph&#232;te&lt;/i&gt;&#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Henry Corbin, En islam iranien, aspects spirituels et philosophiques. Tome (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; La figure de l'Imam suppose donc toute une conscience religieuse initiatique du &#034;retour&#034; qui ne pourra s'op&#233;rer qu'au travers de la fonction de guide spirituel int&#233;rieur qu'il exerce et dont l'essence, au-del&#224; de son incarnation temporelle &#233;ph&#233;m&#232;re, demeure une r&#233;alit&#233; spirituelle vivante dans l'&#226;me de chaque croyant.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_659 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH336/698-3-3154f.jpg?1686643552' width='448' height='336' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Nadjaf, sanctuaire de l'Imam Ali le soir&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Les p&#232;lerins vont ensuite s'asseoir dans un recoin du sanctuaire, non sans avoir pris au passage un exemplaire du Coran et du &lt;i&gt;Maf&#226;tih al-Jin&#226;n &lt;/i&gt;(Cl&#233;s des jardins du paradis)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='A ce sujet, lors de la guerre Iran-Irak, les m&#233;dias occidentaux ont (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, principal recueil de pri&#232;res chiites contenant la &#034;pri&#232;re de p&#232;lerinage au Prince des Croyants&#034; que tout fid&#232;le se doit de r&#233;citer lors de sa premi&#232;re visite dans le sanctuaire, ainsi que de nombreuses invocations lui &#233;tant sp&#233;cialement destin&#233;es. La sortie dans la cours int&#233;rieure est un v&#233;ritable retour au &#034;monde&#034;, et fait place &#224; des dizaines de p&#232;lerins assis sur les tapis occup&#233;s &#224; discuter en grignotant quelques noix et fruits secs, tandis que les enfants courent dans les all&#233;es interminables de tapis et s'amusent &#224; faire fuir les pigeons&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s l'ouverture du sanctuaire, quelques minutes avant la pri&#232;re du matin, les fid&#232;les se pressent. Il est vrai que les oraisons matinales sont particuli&#232;rement valoris&#233;es par la tradition chiite, qui consid&#232;re cette p&#233;riode comme un moment privil&#233;gi&#233; o&#249; l'&#226;me n'est pas encore prise dans le flot des sollicitations quotidiennes et peut donc s'adresser plus intens&#233;ment &#224; son Cr&#233;ateur. Le quotidien du lieu est &#233;galement marqu&#233; par d'incessantes c&#233;r&#233;monies fun&#232;bres, o&#249; les proches portant le cercueil du d&#233;funt feront trois fois le tour du tombeau de l'Imam avant de l'enterrer &#224; W&#226;di as-Sal&#226;m, l'immense cimeti&#232;re voisin. Tout se d&#233;roule dans une simplicit&#233; extr&#234;me, le cercueil ouvert ne se composant le plus souvent que de quelques planches de vieux bois assembl&#233;es &#224; la h&#226;te et duquel on peut m&#234;me apercevoir un morceau de linceul&#8230; Le sanctuaire ne d&#233;semplit pas jusqu'&#224; la fermeture, aux environs de minuit. Par manque de moyens, certains p&#232;lerins irakiens venus des villes voisines dorment blottis contre la fa&#231;ade ext&#233;rieure du sanctuaire dans des couvertures de fortune. Les clameurs du jour font alors place &#224; un silence absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les p&#232;lerins iraniens se dirigent quant &#224; eux dans des h&#244;tels r&#233;serv&#233;s par l'Organisation des P&#232;lerinages o&#249;, malgr&#233; la simplicit&#233; extr&#234;me du lieu, tout a &#233;t&#233; am&#233;nag&#233; &#224; leur convenance : repas iraniens pr&#233;par&#233;s avec des ingr&#233;dients locaux et personnel parlant persan dans sa grande majorit&#233;. Depuis la chute de Saddam, de nombreuses infrastructures h&#244;teli&#232;res exclusivement r&#233;serv&#233;es &#224; ces derniers ont ainsi &#233;t&#233; mises en place &#224; Nadjaf et &#224; Kerbala, le plus souvent avec des capitaux iraniens. Leur confort demeure cependant tout relatif et malgr&#233; la pr&#233;sence de g&#233;n&#233;rateurs, les coupures d'&#233;lectricit&#233; sont constantes. La population locale ne b&#233;n&#233;ficie quant &#224; elle que de 2 &#224; 3 heures d'&#233;lectricit&#233; par jour. L'essentiel des revenus locaux est issu de ces v&#233;ritables circuits &#233;conomiques d&#233;pendants des p&#232;lerinages iraniens, des infrastructures h&#244;teli&#232;res &#224; la v&#233;ritable n&#233;buleuse de boutiques de souvenirs vendant des tapis de pri&#232;res et des chapelets &#034;made in China&#034;. Tous les vendeurs ont d'ailleurs des rudiments de persan et les paiements s'effectuent en rials iraniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quotidien du p&#232;lerin est &#233;galement rythm&#233; par les nombreux contr&#244;les et fouilles vestimentaires qui se multiplient &#224; proximit&#233; des sanctuaires. Les hommes et les femmes se s&#233;parent alors un instant, et ces derni&#232;res entrent dans de petites cabanes de fortune en t&#244;le. L'atmosph&#232;re y est souvent &#233;touffante, et il faut parfois se cramponner &#224; ses voisins pour ne pas se faire &#233;craser&#8230; surtout aux heures de pri&#232;res, o&#249; les fid&#232;les se pressent pour arriver &#224; temps et participer &#224; la &#034;nam&#226;z-e djam&#226;'at&#034;, c'est-&#224;-dire la pri&#232;re collective qui est particuli&#232;rement recommand&#233;e en islam. Pourtant, l'ambiance y est plut&#244;t joyeuse et bon enfant, et les &#233;ventuelles protestations sont bien vite &#233;touff&#233;es dans les &#034;salav&#226;t&#034;, pri&#232;res dites en communs adress&#233;es au Proph&#232;te et &#224; sa famille, ou visant &#224; h&#226;ter le retour du douzi&#232;me Imam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De brefs &#233;changes ont alors lieu entre Iraniens &#034;&lt;i&gt;D'o&#249; venez-vous ?&lt;/i&gt;&#034; &#034;&lt;i&gt;Nous sommes partis de Machhad il y a trois jours, et vous&lt;/i&gt; ?&#034; &#034;&lt;i&gt;De T&#233;h&#233;ran, avant-hier&lt;/i&gt;&#034;, ou encore, quoique plus rarement, entre Iraniens et Irakiens, dans un m&#233;lange de persan et d'arabe plus que confus : &#034;&lt;i&gt;Mon fils voudrait se marier, pouvez-vous lui trouver une femme iranienne ?&lt;/i&gt;&#034; et les &#233;clats de rire de fuser&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;W&#226;di as-Sal&#226;m, le plus grand cimeti&#232;re musulman au monde&lt;/h3&gt;&lt;dl class='spip_document_623 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH336/698-5-0ecbb.jpg?1686643552' width='448' height='336' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Nadjaf, W&#226;di as-Sal&#226;m&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;A quelques dizaines de m&#232;tres du sanctuaire de l'Imam Ali, &#034;W&#226;di as-Sal&#226;m&#034; (Vall&#233;e de la Paix), le plus grand cimeti&#232;re musulman et l'un des plus vastes du monde o&#249; sont enterr&#233;s plusieurs proph&#232;tes et de grands mystiques, re&#231;oit la visite de milliers de p&#232;lerins iraniens chaque ann&#233;e. Selon les estimations, il abriterait entre 5 et 15 millions de tombes&#8230; &#034;&lt;i&gt;Dieu seul le sait&lt;/i&gt;&#034;, ponctue un vieux fossoyeur assis &#224; l'ombre d'un mausol&#233;e en ruines. Au d&#233;tour des all&#233;es poussi&#233;reuses o&#249; se dressent des tombes ocres &#224; perte de vue dont les plus anciennes remonteraient au VIIe si&#232;cle, des d&#244;mes turquoise et des petits mausol&#233;es apparaissent, comme celui des proph&#232;tes et descendants de No&#233;, H&#251;d et S&#226;lih, cit&#233;s &#224; plusieurs reprises dans le Coran, ou celui &#224; la coupole d&#233;garnie &#233;difi&#233; &#224; l'endroit o&#249; aurait un jour pri&#233; le douzi&#232;me Imam ou le &#034;Mahdi&#034; attendu par les chiites. Les p&#232;lerins s'y arr&#234;tent quelques instants, le temps de r&#233;citer une pri&#232;re implorant le retour imminent de &#034;l'Imam du Temps&#034;, autre surnom donn&#233; au douzi&#232;me Imam. Abraham et son fils Isaac serait &#233;galement pass&#233;s dans ce lieu. De nombreux chiites du monde entier d&#233;sirent depuis des si&#232;cles y &#234;tre enterr&#233;s. La situation actuelle, les co&#251;ts de transport et surtout l'absence d'accord et de facilit&#233;s &#224; ce sujet entre l'Irak et l'Iran, rend la r&#233;alisation de ce r&#234;ve impossible pour les Iraniens &#034;&lt;i&gt;&#224; moins de d&#233;c&#233;der sur place&lt;/i&gt;&#034;, ponctue l'un d'entre eux. Ce souhait est d'ailleurs formul&#233; par certains p&#232;lerins &#226;g&#233;s au cours de leur visite au sanctuaire de l'Imam Ali. Au cours des si&#232;cles pr&#233;c&#233;dents, de nombreux p&#232;lerins venaient &#224; Nadjaf ou &#224; Kerbala pour y rendre l'&#226;me dans l'espoir que la pr&#233;sence d'une grande figure religieuse &#224; leurs c&#244;t&#233;s permette d'att&#233;nuer les souffrances de la mort et interc&#233;der en leur faveur. Aujourd'hui, &#224; titre de compensation, de jeunes adolescents irakiens proposent, pour quelques milliers de rials, de peindre le nom de la personne int&#233;ress&#233;e sur un carreau en fa&#239;ence. Selon ces derniers qui s'empressent de citer un r&#233;cit de la tradition islamique &#224; l'origine plus que douteuse, apr&#232;s la mort, l'&#226;me du d&#233;funt reconna&#238;trait son nom et se rendrait alors &#224; l'endroit o&#249; la plaque de fortune a &#233;t&#233; dispos&#233;e. Les dizaines de plaques peintes s'alignant sur les all&#233;es t&#233;moignent de l'attachement profond des p&#232;lerins iraniens &#224; ce lieu.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La mosqu&#233;e de Koufa&lt;/h3&gt;&lt;dl class='spip_document_624 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L420xH336/698-6-7b95c.jpg?1686643552' width='420' height='336' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Mosqu&#233;e de Koufa&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;A proximit&#233; de la ville de Nadjaf, la visite des mosqu&#233;es de Koufa et de Sahla fait &#233;galement partie des &#233;tapes incontournables du p&#232;lerinage. Selon les r&#233;cits de la tradition chiite, la premi&#232;re, situ&#233;e dans la ville de Koufa &#224; une quinzaine de kilom&#232;tres de Nadjaf, aurait &#233;t&#233; construite l&#224; m&#234;me o&#249; aurait eu lieu la &#034;chute d'Adam&#034; et o&#249; aurait &#233;t&#233; &#233;difi&#233;e l'Arche de No&#233;. De nombreux proph&#232;tes seraient &#233;galement venus y prier dont Abraham, No&#233;, Al-Khidr, le proph&#232;te Mohammad, les Imams Sadjad et Jafar as-Sadiq, o&#249; encore l'ange Gabriel. Arm&#233; de son plan ou accompagn&#233; d'un guide-pr&#234;cheur local, le p&#232;lerin s'engage alors dans un v&#233;ritable parcours mystique de pr&#232;s de deux heures, durant lequel il ira prier aux endroits m&#234;me o&#249;, des si&#232;cles et parfois des mill&#233;naires plus t&#244;t, ces &#034;hommes de Dieu&#034; se sont quelques instants recueillis. Selon la croyance chiite, l'ensemble de la cr&#233;ation est un syst&#232;me vivant dans lequel l'atmosph&#232;re des lieux demeure marqu&#233;e par les &#233;v&#233;nements qui s'y d&#233;roulent et les personnes qui y ont v&#233;cu. Ainsi, l'endroit o&#249; a pri&#233; un jour un &#034;homme de Dieu&#034; restera impr&#233;gn&#233; par la personnalit&#233; de ce dernier, et toute personne venant par la suite s'y recueillir pourra un instant &#034;sentir&#034; et b&#233;n&#233;ficier de l'atmosph&#232;re spirituelle qui s'en d&#233;gage. Apr&#232;s la traditionnelle &#034;Fatiha&#034;, premi&#232;re sourate du Coran, les p&#232;lerins r&#233;citeront une sourate ou une pri&#232;re particuli&#232;re adress&#233;e &#224; chacun de ses grands hommes, faisant revivre quelques instants par sa pr&#233;sence ces petits lieux saints invisibles perdus au milieu des vieilles dalles et de la terre battue, qui ne sont signal&#233;s que par la pr&#233;sence de vieux tapis poussi&#233;reux us&#233;s par les genoux des p&#232;lerins et, parfois, par une discr&#232;te inscription sur un mur. La mosqu&#233;e de Koufa est &#233;galement le lieu o&#249; l'Imam Ali fut mortellement bless&#233; par un coup d'&#233;p&#233;e en 661, alors qu'il &#233;tait en train d'y prier. Selon certains r&#233;cits de la tradition chiite, durant sa longue agonie, il aurait invit&#233; ses proches &#224; ne porter que l'arri&#232;re de son cercueil dont l'avant serait &#034;guid&#233;&#034; vers le lieu de sa s&#233;pulture par l'ange Gabriel. Ce dernier se serait arr&#234;t&#233; &#224; l'endroit o&#249; fut &#233;difi&#233; l'actuel mausol&#233;e de Nadjaf. La m&#233;moire de ce lieu de deuil a &#233;t&#233; conserv&#233;e avec la plus grande sobri&#233;t&#233; : une mosqu&#233;e tout en blanc &#224; la fa&#231;ade d&#233;nu&#233;e de tout ornement avec, &#224; l'int&#233;rieur, un sanctuaire des plus simples &#233;lev&#233; &#224; l'endroit o&#249; l'Imam aurait &#233;t&#233; frapp&#233;, o&#249; les fid&#232;les viennent un instant se recueillir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lignes brutes de la mosqu&#233;e et son d&#233;pouillement concourent &#224; la beaut&#233; simple de l'endroit qui semble avoir jalousement gard&#233; l'atmosph&#232;re des si&#232;cles pass&#233;s. C'est sans doute cette simplicit&#233; qui, loin des brillants et du lustre du sanctuaire de Nadjaf, fait de cette mosqu&#233;e un lieu propice &#224; la manifestation d'une pi&#233;t&#233; plus int&#233;rieure, peut &#234;tre plus profonde, loin des sanglots et des bousculades de la veille. Tout au long de l'ann&#233;e, de nombreux p&#232;lerins irakiens et iraniens viennent s'impr&#233;gner quelques heures de la beaut&#233; nue et ineffable de l'endroit ainsi que du silence absolu qui y r&#232;gne. On y ressent soudain une &#233;trange proximit&#233; avec les grands patriarches bibliques, avec cette terre qui fut un temps la leur, et avec le caract&#232;re intemporel de leur message&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un patrimoine sacr&#233; en danger&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si la communaut&#233; chiite irakienne a fait l'objet de constantes pressions sous le r&#233;gime de Saddam, notamment avec l'assassinat de plusieurs grandes figures religieuses chiites dont Mohammad S&#226;diq as-Sadr, p&#232;re de Moqtada Sadr, en 1999, la chute du r&#233;gime baasiste a n&#233;anmoins entra&#238;n&#233; un v&#233;ritable chaos s&#233;curitaire et la multiplication des attentats dans l'ensemble des villes saintes chiites. Certains lieux tels que Samarra, o&#249; se trouvent les mausol&#233;es des dixi&#232;me et onzi&#232;me Imams chiites ainsi qu'un sanctuaire consacr&#233; au douzi&#232;me Imam, ne peuvent en aucun cas &#234;tre visit&#233;s par les p&#232;lerins. Outre les centaines de civils, certains religieux de haut rang tels que l'Ayatollah Sayyed Mohammad B&#226;qer al-Hakim ont trouv&#233; la mort &#224; la suite de violents attentats. La situation semble actuellement hors de contr&#244;le puisque si l'on exclut les attaques attribu&#233;es aux wahhabites, les attentats et attaques perp&#233;tr&#233;s par l'Arm&#233;e du Mahdi contre les positions &#233;trang&#232;res et &#233;tatiques exposent l'ensemble de la communaut&#233; chiite &#224; d'importantes repr&#233;sailles et contribuent &#224; alimenter l'ins&#233;curit&#233; ambiante ; la multiplication des milices chiites extr&#233;mistes pr&#233;cipitant chaque jour davantage le pays dans le chaos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2003, la violence des affrontements a &#233;galement inflig&#233; de s&#233;rieux dommages &#224; de nombreux mausol&#233;es et mosqu&#233;es, le vieux cimeti&#232;re de W&#226;di as-Sal&#226;m ayant m&#234;me &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre de combats entre l'Arm&#233;e du Mahdi, ayant transform&#233; certains vieux caveaux en rep&#232;res et lieux de stockage d'armes, et les forces am&#233;ricaines en 2004. Ces affrontements ont entra&#238;n&#233; la destruction de nombreuses tombes et mausol&#233;es. Outre les pertes humaines atroces, le patrimoine sacr&#233; et culturel de ces villes saintes a ainsi subi des dommages irr&#233;parables et en l'absence de mesures et de moyens destin&#233;s &#224; les prot&#233;ger, ces lieux saints sont d&#233;sormais en danger de destruction totale. Ce constat peut &#234;tre g&#233;n&#233;ralis&#233; &#224; l'ensemble des sites arch&#233;ologiques du pays, dont celui de l'ancienne Babylone, qui ont &#233;t&#233; fortement endommag&#233;s - lorsqu'ils ne furent pas totalement ray&#233;s de la carte. Si le gouvernement irakien a bel et bien ratifi&#233; la convention de la Haye de 1954 &#233;non&#231;ant les conditions de respect du patrimoine culturel en situation de conflit arm&#233; en 1967, au vu de l'ampleur du chaos et la situation de quasi guerre civile actuelle, les priorit&#233;s actuelles sont ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;i&gt;Ce texte a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; &#224; la suite d'un voyage en Irak &lt;/i&gt;
&lt;br/&gt;&lt;i&gt;r&#233;alis&#233; du 14 au 24 mars 2008. &lt;/i&gt;
&lt;br/&gt;&lt;a href='http://www.teheran.ir/spip.php?article711'&gt;&lt;i&gt;A suivre...&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="spip.php?article711" class="spip_out"&gt;Deuxi&#232;me partie&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Henry Corbin, &lt;i&gt;En islam iranien, aspects spirituels et philosophiques. Tome 1 : le Sh&#238;'isme duod&#233;cimain&lt;/i&gt;, Tel, Gallimard, 1971.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A ce sujet, lors de la guerre Iran-Irak, les m&#233;dias occidentaux ont largement diffus&#233; la rumeur selon laquelle des cl&#233;s en plastique symbolisant les cl&#233;s du paradis auraient &#233;t&#233; distribu&#233;es aux jeunes adolescents iraniens pour les inciter &#224; aller se battre au front. Ces cl&#233;s faisaient en r&#233;alit&#233; r&#233;f&#233;rence au titre de ce livre de pri&#232;res que l'on remettait effectivement aux nouvelles recrues.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lettre au fils du &#034;m&#233;decin massif&#034; de Torbat</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article697</link>
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		<dc:date>2008-05-01T12:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Esfandiar Esfandi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;3&#232;me et derni&#232;re partie &lt;br class='autobr' /&gt;
(...). J'&#233;tais assis dans mon coin, et silencieusement, je le regardais dans ses &#339;uvres. De temps en temps, je tournais mon regard vers les patients. A l'entr&#233;e, la file s'&#233;tait allong&#233;e de quelques bons m&#232;tres encore. Grands et petits attendaient patiemment leur tour. L'avant derni&#232;re personne &#233;tait entr&#233;e dans le jardin avec son &#226;ne. Je crois m&#234;me que s'&#233;tait l'&#226;ne qui attendait d'&#234;tre auscult&#233; par le Shaman khorasanais. Le pauvre. A peine allaient-ils avancer dans l'all&#233;e, l'homme (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;N&#176; 30, mai 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton697-81acf.jpg?1686643552' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;3&#232;me et derni&#232;re partie&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;(...). J'&#233;tais assis dans mon coin, et silencieusement, je le regardais dans ses &#339;uvres. De temps en temps, je tournais mon regard vers les patients. A l'entr&#233;e, la file s'&#233;tait allong&#233;e de quelques bons m&#232;tres encore. Grands et petits attendaient patiemment leur tour. L'avant derni&#232;re personne &#233;tait entr&#233;e dans le jardin avec son &#226;ne. Je crois m&#234;me que s'&#233;tait l'&#226;ne qui attendait d'&#234;tre auscult&#233; par le Shaman khorasanais. Le pauvre. A peine allaient-ils avancer dans l'all&#233;e, l'homme et la b&#234;te hautement &#034;corv&#233;able&#034;, que Hossein se rua dans leur direction pour les en dissuader. Avec sa d&#233;gaine &#224; la Sancho Pansa, le bonhomme s'&#233;loigna sans demander son reste, en tirant derri&#232;re lui son compagnon de mis&#232;re... entre temps, le m&#233;decin massif continuait ses doctes manipulations sans m&#234;me prendre le temps de faire une courte pause entre deux consultations. Jamais je n'avais vu un tel degr&#233; de concentration chez les nombreux gu&#233;risseurs que j'avais jusqu'alors eu le malheur de fr&#233;quenter. On aurait dit un chirurgien, ou bien un artificier, un diamantaire m&#234;me, ou plut&#244;t un enfant devant son cartoon favori. Mon oncle avait pris son mal en patience. En bon camarade, il &#233;tait un habitu&#233; des lieux. Il s'&#233;tait apparemment mis en t&#234;te de dresser la liste exhaustive des mouches du cabinet-salon. Quant &#224; moi, je n'arrivais pas &#224; d&#233;tacher mon regard de l'&#233;ternelle sc&#232;ne de m&#233;dication qui n'avait de cesse de se r&#233;p&#233;ter devant moi. Jamais les m&#234;mes personnes, mais toujours les m&#234;mes gestes, d'une lenteur hypnotique. Une bouche qu'ouvre un b&#226;tonnet de glace ; un rayon de lumi&#232;re qui traverse une r&#233;tine ; des battements de c&#339;ur qui remontent le long d'un st&#233;thoscope ; un marteau qui heurte le galbe imparfait d'un genoux ; une goute d'eau miraculeuse qui perle au bout d'une aiguille ; une voix qui discr&#232;tement se brise hors d'une gorge rougie par les staphylocoques ; une m&#232;re qui susurre des versets du Coran ; un p&#232;re qui en a marre, mais sans jamais le dire ; un vieillard qui rigole, malgr&#233; la mort, pench&#233; sur son &#233;paule droite... et le Massif encore, l&#233;ger, malgr&#233; sa corpulence. Au rythme d'une inaudible musique int&#233;rieure (la mienne assur&#233;ment) les souffrants s'en venaient et s'en allaient les uns apr&#232;s les autres, apais&#233;s, rassur&#233;s, qui par une prescription, qui par un mot gentil. Apr&#232;s Dieu, il n'y en avait que pour lui...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois bien que nous rest&#226;mes ainsi &#224; attendre pendant trois bonnes heures. Pas m&#234;me une seule fois il ne se tourna vers nous pour nous r&#233;conforter, pour nous remercier de notre patience, comme c'est l'usage. Il avait bien raison. Sans m&#234;me s'en rendre compte (j'en suis certain) il manifestait un sens aigu de la responsabilit&#233;. A l'&#233;poque, j'aimais bien les gens de sa race (aujourd'hui, je les v&#233;n&#232;re) les &#034;ma&#238;tres &#232;s abn&#233;gation&#034; qui toujours agissent sans demander leur reste. J'&#233;tais fier de mon oncle car je savais qu'il &#233;tait fier de son ami.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement la pi&#232;ce se vida de ses visiteurs. Hossein lui-m&#234;me &#233;tait sorti. Le m&#233;decin soupira intens&#233;ment, comme pour &#233;vacuer la fatigue de sa longue journ&#233;e. Tr&#232;s vite, il arbora un large sourire avant de se tourner r&#233;solument vers nous. Et la causerie repartie de plus belle. Le m&#233;decin devisait maintenant avec bonhommie. Sa main gauche virevoltait dans tous les sens. Quant &#224; sa main droite, elle alla se perdre dans son dos &#224; la mani&#232;re d'un serpent patibulaire. Apparemment, il cherchait quelque chose. Tout en poursuivant sa discussion, il sortit de derri&#232;re son grand corps une bouteille &#224; moiti&#233; pleine d'une improbable mixture, et deux petites tasses en porcelaine de Chine. Il remplit &#224; ras bord le premier des r&#233;cipients et remit la bouteille &#224; sa place en omettant de remplir la seconde tasse (je sais aujourd'hui qu'il ne s'agissait pas d'une omission, mais d'un geste volontaire). Je les regardais, mon oncle et le monsieur. Ils m'avaient oubli&#233;. Dehors il faisait nuit et moi, j'&#233;tais redevenu petit gar&#231;on. J'&#233;tais press&#233; de rentrer chez ma tante, de souper, d'entendre des mots doux, de me glisser sous les draps blancs et de m'endormir. Rarement j'avais eu l'occasion de rester ainsi assis, &#224; regarder travailler un adulte &#034;responsable&#034;. Inconsciemment, je venais de r&#233;aliser la valeur du travail bien fait, mais aussi, le prix &#224; payer pour ce m&#234;me travail...&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon texte ne va pas plus loin. Vous devinez Monsieur que je l'ai relu et un peu corrig&#233; pour l'occasion. Nous quitt&#226;mes bient&#244;t le ma&#238;tre des lieux, votre p&#232;re, apr&#232;s qu'il m'ait virilement serr&#233; la main, sans m'embrasser (j'&#233;tais bien petit pourtant) sur le seuil de la porte. Je le vis rejoindre son antre le c&#339;ur un peu serr&#233;, persuad&#233; que j'&#233;tais, de ne plus jamais le revoir. Agr&#233;able destin. Je le revis plusieurs fois. Durant mon p&#233;riple extra national, nous continu&#226;mes de communiquer par t&#233;l&#233;phone, par voie postale aussi, par de longues lettres toujours plus amicales. Je grandissais, tandis qu'il vieillissait, et dans nos lettres, le dialogue prenait progressivement le pas sur l'&#233;panchement mutuel. En m'&#233;crivant, il d&#233;roulait le fil de sa vie, les minutes de son quotidien de m&#233;decin de campagne. Il &#233;voquait souvent votre nom, jamais celui de sa femme. De sa s&#233;paration il ne parlait jamais. Je devine qu'il comprenait et acceptait sans &#233;quivoque les raisons qui avaient pouss&#233;es votre m&#232;re &#224; rallier l'&#233;tranger. Ce qu'il comprenait moins, c'&#233;tait la raison de votre silence ; les raisons qui vous pouss&#232;rent, monsieur le fils, &#224; lui tourner d&#233;finitivement le dos. Par un ami commun, j'appris que votre m&#232;re avait charg&#233; le pauvre homme de toutes les tares du monde, par peur de vous perdre. Par ce m&#234;me ami, j'appris que vous aviez d&#233;finitivement tir&#233; un trait sur votre p&#232;re que vous consid&#233;riez comme un &#234;tre &#233;go&#239;ste et associable, un indigne m&#233;dicaillon sans envergure, un philanthrope d&#233;nu&#233; de sagesse et d'humanit&#233;. Madame votre m&#232;re fut pour le moins une mauvaise m&#232;re qui sema injustement le doute dans votre esprit d'enfant. Quant &#224; vous, j'aurais volontiers pardonn&#233; &#224; l'enfant que vous f&#251;tes, d'avoir oubli&#233; notre bon m&#233;decin. Cependant, jamais, &#224; mes yeux du moins, vous ne parviendrez &#224; justifier votre absence &#224; son chevet, au moment de sa mort, et encore moins, d'avoir fait mine de l'ignorer pendant toutes ces ann&#233;es. Car enfin, ami, r&#233;alisez-vous seulement de qui, de quel personnage je suis en train de vous parler ? Etes-vous conscient de ce qu'il repr&#233;senta ? Votre p&#232;re appartenait &#224; la race, presque &#233;teinte, du moins en voie d'extinction, des &#034;bienfaiteurs de l'humanit&#233;&#034; (et je p&#232;se mes mots) ; de la race de ceux qui agissent sans contrepartie. Je l'ai toujours dit et je le r&#233;p&#233;terai toujours, le m&#233;decin et le professeur occupent au sein de la soci&#233;t&#233;, une place &#224; part. &#034;Vocation&#034; est (devrait &#234;tre) leur mot d'ordre. Est-ce le cas mon bon ami ? Je connais quant &#224; moi, dans mon m&#233;tier, un trop grand nombre de fumistes, de faux-monnayeurs qui bombent leur torse en faisant mine d'exister. Etes-vous conscient petit homme, de la valeur de votre d&#233;funt p&#232;re, en comparaison aux &#233;go&#239;stes, voire aux charlatans qui quotidiennement polluent notre existence, et ce, sans apporter le moindre b&#233;n&#233;fice &#224; la soci&#233;t&#233; ? Assur&#233;ment non. Vous auriez eu, sinon, l'intelligence, du moins le tact, de vous d&#233;placer jusqu'&#224; Torbat pour marcher en t&#234;te de file, le jour o&#249; la foule reconnaissante lui fit solennellement ses adieux...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour finir Monsieur, je veux aussi vous signaler que je compte bient&#244;t publier les lettres que nous &#233;change&#226;mes avec votre p&#232;re ; des lettres, comme je vous l'ai dit, o&#249; votre nom appara&#238;t trop souvent, mais qui vous concernent en votre qualit&#233; de &#034;fils&#034; (j'insiste sur les guillemets). Je vous ferais gracieusement parvenir un exemplaire du recueil qui, soit dit en passant, ne vous sera pas d&#233;di&#233; (et c'est bien dommage). J'esp&#232;re que vous pleurerez &#224; chaudes larmes en le lisant...&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;Adieu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="spip.php?article39" class="spip_out"&gt;2&#232;me partie&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Technologie, espionnage et science fiction : o&#249; en sommes-nous ?</title>
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		<dc:date>2008-05-01T11:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Babak Pourb&#226;gher</dc:creator>



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&lt;p&gt;Jules Verne nous parlait de son sous-marin et de son ballon &#224; air chaud. Tout cela fait partie de notre vie commune depuis plus d'un si&#232;cle, et m&#234;me son voyage sur la lune est depuis longtemps devenu une r&#233;alit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1980, lorsque les premiers processeurs de nouvelles g&#233;n&#233;rations ont vu le jour et que les premiers ordinateurs de bureau sont apparus, la totalit&#233; de la puissance de calcul de la terre et de l'humanit&#233; enti&#232;re ne d&#233;passait pas celui des PC actuels. Il y a trente ans, les s&#233;ries t&#233;l&#233;vis&#233;es (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;N&#176; 30, mai 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton696-db7e0.jpg?1686643552' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jules Verne nous parlait de son sous-marin et de son ballon &#224; air chaud. Tout cela fait partie de notre vie commune depuis plus d'un si&#232;cle, et m&#234;me son voyage sur la lune est depuis longtemps devenu une r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1980, lorsque les premiers processeurs de nouvelles g&#233;n&#233;rations ont vu le jour et que les premiers ordinateurs de bureau sont apparus, la totalit&#233; de la puissance de calcul de la terre et de l'humanit&#233; enti&#232;re ne d&#233;passait pas celui des PC actuels. Il y a trente ans, les s&#233;ries t&#233;l&#233;vis&#233;es nous parlaient de t&#233;l&#233;portation, de laser et d'espionnage &#224; la &#034;Mission Impossible&#034; : tout cela est &#233;galement devenu r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#233;l&#233;portation d'un objet &#224; un autre par le simple pouvoir de l'&#233;nergie transf&#233;r&#233;e est bien r&#233;elle, et l'homme est r&#233;cemment parvenu &#224; t&#233;l&#233;transporter un &#034;photon&#034; d'un point &#224; un autre. Le photon est la plus petite particule connue, c'est-&#224;-dire la lumi&#232;re, ou du moins son composant infinit&#233;simal. Mais peu importe que cela soit un photon, un homme ou un camion, l'essentiel est que le ph&#233;nom&#232;ne m&#234;me de la t&#233;l&#233;transportation est d&#233;sormais devenu une r&#233;alit&#233;. Il est presque &#233;vident et il est m&#234;me certain que d'ici 2050, nous pourrons t&#233;l&#233;transporter d'autres objets plus volumineux et, qui sait, nous passer de nos bons vieux camions et m&#234;me de nos fus&#233;es pour tout t&#233;l&#233;transporter dans l'espace gr&#226;ce &#224; l'envoi d'un flux &#233;nerg&#233;tique de mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginez le bouleversement de l'humanit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis une dizaine d'ann&#233;es, nous savons aussi synth&#233;tiser des mati&#232;res : le synth&#233;tiseur du capitaine Kirk et de son adjoint Spoke existe bel et bien, mais n'est cependant pas encore capable de le faire moins cher et plus vite que la nature. A titre d'exemple, nous savons faire des diamants, des m&#233;taux rares, pas encore de la mati&#232;re vivante ni v&#233;g&#233;tale, mais nous connaissons tr&#232;s bien la mati&#232;re et ses composants atomiques bien au-del&#224; de l'&#233;lectron et du proton. A travers son acc&#233;l&#233;rateur plac&#233; dans un tunnel souterrain aux environs de Gen&#232;ve, l'Union Europ&#233;enne a largement contribu&#233; &#224; la connaissance de la mati&#232;re et de ses composants : nous savons m&#234;me cr&#233;er de l'&lt;i&gt;antimati&#232;re&lt;/i&gt; (carburant du vaisseau Entreprise) juste pour un bref moment (quelques milliardi&#232;mes de secondes) certes, mais nous y sommes parvenus : l&#224; aussi, il est fort probable qu'avant 2050, ce mode de production d'antimati&#232;re sera largement industrialis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_661 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L424xH336/696-1-116fe.jpg?1686643552' width='424' height='336' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;L'un des 24 satellites GPS transmettant des signals radio &#224; la Terre &#224; environ 18000 km de distance &lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;La France a m&#234;me lanc&#233; de mani&#232;re industrielle une centrale nucl&#233;aire (Phoenix) qui fonctionne &#224; peu de chose pr&#232;s comme le c&#339;ur du soleil et &#224; des temp&#233;ratures similaires. Si ce type de centrale ne fonctionne pas encore, cela est enti&#232;rement d&#251; aux obstacles mis en place par les &#233;cologistes, mais gageons que le prix du p&#233;trole aidant, d'ici cinq ans, la construction de ce genre de centrale se sera peu &#224; peu banalis&#233;e. L'homo sapiens erectus, qui n'a que dix mille ans d'histoire et 100 ans de r&#233;volution technologique, est donc parvenu &#224; apprivoiser le soleil&#8230; Le lecteur se demandera peut &#234;tre pourquoi tout cela n'est pas plus encourag&#233;, mis en place et utilis&#233; : en fait, cela co&#251;te plus cher que le p&#233;trole et l'humanit&#233;, malgr&#233; son intelligence et son d&#233;sir d'aller au-del&#224; de tout, est principalement - sinon absolument - command&#233;e par la soif du pouvoir, donc de l'argent. Soyons patients, la raison pr&#233;vaudra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re de technologie de surveillance et d'espionnage, nous avons aussi accompli des progr&#232;s fantastiques et incroyables. Vous pensez sans doute que la photographie par satellite des b&#226;timents ou v&#233;hicules terrestres constituent le summum de ce genre de surveillance &#224; distance&#8230; Or il n'en est rien. Gr&#226;ce aux avanc&#233;es r&#233;alis&#233;es dans ce domaine, on peut facilement vous localiser de l'espace, rien qu'au son de votre voix, &#224; la trace de votre t&#233;l&#233;phone portable, &#224; la r&#233;flexion optique de votre voiture, aux signaux envoy&#233;s par votre GPS&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis longtemps d&#233;j&#224;, on peut observer l'espace non pas avec la lumi&#232;re visible mais aussi au travers de tous les autres rayons : X, infrarouge, radio fr&#233;quence etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces techniques sont, depuis une vingtaine d'ann&#233;es, appliqu&#233;es &#224; l'espionnage humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, on peut non seulement depuis un satellite, prendre une photo de votre voiture, maison ou tondeuse &#224; gazon mais il est &#233;galement possible de photographier &#224; travers les murs de votre maison avec des rayons infrarouges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La principale difficult&#233; de ce genre d'espionnage consistait &#224; stabiliser le satellite en fonction d'un objectif terrestre et de localiser exactement ledit objectif : avec le GPS (Global Positionning System) et les mouchards &#233;lectroniques miniaturis&#233;s, tout cela est maintenant possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginez vous qu'un simple appareil, pas plus grand qu'un briquet ou que votre t&#233;l&#233;phone portable, peut &#234;tre &#233;teint et activ&#233; toutes les heures ou toutes les 24 heures et envoyer un seul signal d'une micro seconde permettant de vous localiser o&#249; que vous soyez. Le simple fait de faire un test avec un d&#233;tecteur d'ondes rend absolument impossible de d&#233;tecter ce genre de mouchard qui ne fonctionne qu'un bref moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que les grandes puissances peuvent abattre de loin et sans se montrer n'importe qui et n'importe quoi &#224; travers le monde. Et c'est d'ailleurs de cette mani&#232;re que des satellites en orbite terrestre et charg&#233;s de fus&#233;es offensives peuvent, &#224; n'importe quel moment, frapper toutes sortes de cibles terrestres. Il suffit qu'un simple espion ait plac&#233; un mouchard (GPS) sur l'objectif en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;galement possible de frapper avec un rayon laser depuis l'espace n'importe quel objectif terrestre : une machine, une usine ou m&#234;me un homme. Il suffit pour cela d'avoir le bon mouchard (GPS) &#224; c&#244;t&#233; de la personne vis&#233;e. Tel est notamment la raison pour laquelle on ne fournit &#224; personne les codes des satellites GPS capables de localiser au m&#232;tre pr&#232;s une position terrestre : cela demeure pour l'instant r&#233;serv&#233; aux seuls militaires am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_662 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH336/696-2-a52bd.jpg?1686643552' width='448' height='336' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Station d'interception du r&#233;seau Echelon situ&#233;e &#224; Menwith Hill, Etats-Unis&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;L'universit&#233; du Michigan a test&#233; cette ann&#233;e un laser de 2*10 &#178;&#178; W/cm&#178; avec une puissance de 300 terawatts, soit 300 fois la capacit&#233; du r&#233;seau &#233;lectrique am&#233;ricain ! Un laser saphir titanium Hercules sur une surface de 1.3 microm&#232;tres pendant 30 femtosecondes a rendu cet exploit possible. Imaginez-vous ce laser dans l'espace avec un d&#233;tecteur infra rouge (capable de voir le moteur d'une fus&#233;e) : il est alors inutile de fabriquer des fus&#233;es offensives nucl&#233;aires qui seraient abattues bien avant de quitter leurs silos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;seau Echelon (r&#233;seau d'&#233;coute mondial de transmissions) est bien plus efficace et plus performant que l'humanit&#233; ne semble l'imaginer. En effet, il n'y a aucune communication, aucune &#233;mission &#233;lectrique au monde et m&#234;me dans l'espace que ce dernier ne puisse &#233;couter. La voix humaine est aussi unique que ses empreintes digitales, et cela gr&#226;ce aux diff&#233;rentes harmoniques qui la composent. Le r&#233;seau Echelon capte ainsi toutes les &#233;missions t&#233;l&#233;phoniques et &#233;lectromagn&#233;tiques de l'humanit&#233;. Le probl&#232;me consistait au d&#233;but &#224; fabriquer un ordinateur assez puissant pour analyser en temps r&#233;el toutes ces donn&#233;es mais depuis une dizaine d'ann&#233;es, cela est devenu r&#233;alisable. Une banque de donn&#233;es rassemblant les voix de tous les grands acteurs de l'humanit&#233; existe et sert donc &#224; localiser ainsi qu'&#224; espionner en permanence et en temps r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul inconv&#233;nient du r&#233;seau Echelon consiste dans le fait qu'il ne sait pas r&#233;fl&#233;chir et &#233;viter les pi&#232;ges et les fausses pistes, mais des solutions devraient &#234;tre trouv&#233;es dans les prochaines ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Savez-vous que l'activit&#233; de votre ordinateur de bureau est absolument transparente pour un service d'espionnage ou m&#234;me parfois pour un simple d&#233;tective priv&#233; ? En effet, depuis longtemps d&#233;j&#224;, les grands fabricants de mat&#233;riel informatique (microprocesseur et logiciel) incluent dans leurs mat&#233;riels des codes et syst&#232;mes activables &#224; distance &#233;tant capables de transmettre &#224; un &#034;ma&#238;tre&#034; lointain l'ensemble des fichiers de votre ordinateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les microprocesseurs ont des syst&#232;mes et des codes activables &#224; distance qu'aucun antivirus ni syst&#232;me de d&#233;tection ne peut localiser, voir ou d&#233;tecter ; il suffit de l'activer &#224; distance et d'attendre de recevoir toutes les informations enregistr&#233;es sur votre PC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sachez que la transmission d'information de votre PC ne se fait pas forc&#233;ment par votre ligne t&#233;l&#233;phonique : depuis longtemps, on sait transmettre l'information digitale sur le fil d'alimentation &#233;lectrique de votre ordinateur en superposant une haute fr&#233;quence sur le 220 volts 50 hertz, car, en effet, les fr&#233;quences voyagent sur la peau du fil &#233;lectrique et donc vont non seulement plus vite, mais ne se perdent &#233;galement pas dans la masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un simple d&#233;tective peut donc se brancher &#224; votre arriv&#233;e de compteur &#233;lectrique et savoir tout ce qui se passe sur votre PC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, on peut avoir une copie fid&#232;le de votre &#233;cran d'ordinateur &#233;tant donn&#233; que ce dernier fonctionne avec des rayons semblables aux rayons X et donc rayonne beaucoup plus loin que vous ne l'imaginez, il suffit de le capter, de le d&#233;coder et de le refl&#233;ter sur un autre &#233;cran semblable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se pose d&#233;sormais la question suivante que reste-t-il &#224; l'homme &#224; conqu&#233;rir ou &#224; d&#233;couvrir que ne sait-il pas encore ? M&#234;me si nous pouvions voyager &#224; la vitesse de la lumi&#232;re, cela ne nous servirait &#224; rien car l'univers est infiniment plus vaste et cela reviendrait &#224; avoir invent&#233; la locomotive pour d&#233;couvrir la lune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne savons pas d&#233;finir le &#034;&lt;i&gt;temps&lt;/i&gt;&#034; qui s'&#233;coule inlassablement (sans lequel rien n'existerait ; mais nous ne savons pas comment le ma&#238;triser) ; nous ne sommes pas parvenus &#224; voyager &#224; la vitesse de la lumi&#232;re ni &#224; d&#233;couvrir pourquoi cette vitesse nous donne une masse infinie, nous ne savons pas pourquoi le monde existe et quelle en est la finalit&#233;, et enfin, nous ignorons si un jour nous &#034;saurons&#034;. Cependant, en suivant un raisonnement par l'absurde, il est fort probable que nous ne le saurons jamais car, dans le cas inverse, rien ne nous inciterait plus &#224; continuer notre qu&#234;te instinctive et ce serait donc la &lt;i&gt;fin&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Filmer pour comprendre la guerre</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article695</link>
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		<dc:date>2008-05-01T10:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mireille Ferreira</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Madame Agn&#232;s Devictor est professeur &#224; l'universit&#233; d'Avignon et chercheur associ&#233; &#224; l'IFRI. Docteur en sciences politiques, elle a r&#233;alis&#233; sa th&#232;se sur la politique culturelle de la R&#233;publique islamique d'Iran. Elle consacre sa recherche, depuis quelque temps, au cin&#233;ma iranien, dont elle est l'une des meilleures sp&#233;cialistes occidentales. Auteure de nombreuses publications sur le cin&#233;ma et la politique culturelle en R&#233;publique Islamique d'Iran, elle a particip&#233; aux ouvrages Au Sud du Cin&#233;ma, L'art (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;N&#176; 30, mai 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton695-2c3ce.jpg?1686643552' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Madame Agn&#232;s Devictor est professeur &#224; l'universit&#233; d'Avignon et chercheur associ&#233; &#224; l'IFRI. Docteur en sciences politiques, elle a r&#233;alis&#233; sa th&#232;se sur la politique culturelle de la R&#233;publique islamique d'Iran. Elle consacre sa recherche, depuis quelque temps, au cin&#233;ma iranien, dont elle est l'une des meilleures sp&#233;cialistes occidentales. Auteure de nombreuses publications sur le cin&#233;ma et la politique culturelle en R&#233;publique Islamique d'Iran, elle a particip&#233; aux ouvrages &lt;i&gt;Au Sud du Cin&#233;ma&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'art contemporain en pays islamique&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Iranian Cinema&lt;/i&gt;. Elle pr&#233;pare actuellement une s&#233;rie de programmes sur le cin&#233;ma en Iran et &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a pr&#233;sent&#233; &#224; l'IFRI, il y a quelques ann&#233;es, son ouvrage intitul&#233; &lt;i&gt;Politique du cin&#233;ma iranien de l'Ayatollah Khomeini au Pr&#233;sident Khatami&lt;/i&gt;, paru aux presses du CNRS, et a organis&#233; l'an pass&#233; un colloque entre l'IFRI et la Facult&#233; des Beaux-arts de T&#233;h&#233;ran sur le th&#232;me &lt;i&gt;Cin&#233;ma, croyance et sacr&#233;&lt;/i&gt;. Elle pr&#233;sente ici ses premi&#232;res r&#233;flexions sur le cin&#233;ma de guerre du conflit Iran-Irak de 1980 &#224; 1988.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;M&#233;thodologie d'une r&#233;flexion sur le cin&#233;ma de guerre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#034;Cette recherche s'inscrit essentiellement dans la lign&#233;e des travaux des historiens en histoire culturelle, et surtout celle de la Grande Guerre. Ces travaux ont d&#233;velopp&#233; une analyse historique de la fa&#231;on dont les combattants de la Grande Guerre se sont repr&#233;sent&#233;s la guerre sur le front pendant qu'ils la faisaient et comment, par la suite, ils l'ont repr&#233;sent&#233;e. Agn&#232;s Devictor se r&#233;f&#232;re notamment aux travaux de St&#233;phane Audoin-Rouzeau et d'Annette Becker et plus particuli&#232;rement &#224; un ouvrage bilingue Fran&#231;ais/Persan publi&#233;, il y a quelques ann&#233;es, &#224; l'IFRI, et auquel St&#233;phane Audoin-Rouzeau a particip&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;marche s'inscrit aussi dans le cadre d'une r&#233;flexion cin&#233;matographique sur la fa&#231;on dont les guerres ont &#233;t&#233; film&#233;es depuis l'invention du cin&#233;ma, principalement depuis la Premi&#232;re Guerre mondiale, qui fut la premi&#232;re &#224; &#234;tre film&#233;e. Pour la premi&#232;re fois, par la cr&#233;ation du Service cin&#233;matographique des arm&#233;es en France, un &#233;v&#233;nement va poser des questions aussi radicales au cin&#233;ma, que le cin&#233;ma va aussi poser &#224; la guerre. Agn&#232;s Devictor utilise donc essentiellement les questionnements qui ont &#233;t&#233; formul&#233;s d&#232;s 1914 et qui restent d'actualit&#233; encore aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_663 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH296/695-2-961f6.jpg?1686643552' width='448' height='296' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Guerre Iran-Irak, photo de K&#226;zem Akhavan&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Elle a travaill&#233; sur un corpus assez large de films de la guerre Iran-Irak, du d&#233;but de la guerre jusqu'&#224; aujourd'hui, m&#234;me si elle se concentre beaucoup sur les films de guerre tourn&#233;s en temps de guerre. Elle travaille aussi sur l'analyse d'un corpus plus large qui comprend des films de guerre tourn&#233;s depuis 50 ans dans d'autres pays du monde comme la Tch&#233;ch&#233;nie, le Liban, l'Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Filmer le conflit Iran-Irak&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est tr&#232;s int&#233;ressant dans le cas iranien, c'est la question de la temporalit&#233; de la guerre. Il est surprenant de voir que tr&#232;s rapidement, d&#232;s le d&#233;but de la guerre, non seulement des films sont r&#233;alis&#233;s pour les journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s, mais aussi des documentaires. Mis &#224; part les films actualit&#233;s, la plupart des documentaires ne sont pas r&#233;alis&#233;s dans un rapport informatif par rapport &#224; l'&#233;v&#233;nement ; ce qui prime ce n'est pas tellement de donner des informations, mais c'est la n&#233;cessit&#233; de faire de l'image pour comprendre l'&#233;v&#233;nement, comment le cin&#233;ma peut aider &#224; comprendre l'&#233;v&#233;nement traumatique face auquel sont confront&#233;s les Iraniens de 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre a non seulement donn&#233; naissance &#224; des documentaires mais aussi &#224; des fictions, ce qui est encore plus rare, en temps de guerre. La premi&#232;re fiction a &#233;t&#233; tourn&#233;e en 1981, donc tr&#232;s t&#244;t apr&#232;s le d&#233;but de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Iran n'est pas le seul pays &#224; avoir r&#233;alis&#233; des films de guerre durant la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut penser &#224; des films aux Etats-Unis qui ont contribu&#233; &#224; pousser les Am&#233;ricains &#224; entrer en guerre pendant la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, c'est le cas de &lt;i&gt;To be or not to be&lt;/i&gt;, film superbe mais qui n'est pas, &#224; proprement parler, un film sur la strat&#233;gie de guerre. Des films d'espionnage ont aussi &#233;t&#233; diffus&#233;s pendant la Deuxi&#232;me Guerre mondiale mais il existe assez peu de fiction de guerre tourn&#233;es en temps de guerre. Plus tard, &lt;i&gt;Les b&#233;rets verts&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Retour aux Philippines&lt;/i&gt;, seront tourn&#233;s &#224; la fin de la guerre. En ce qui concerne la guerre du Vietnam, il faut attendre 1979, soit quatre ans apr&#232;s la fin du conflit, pour voir les grands films am&#233;ricains sur cet &#233;v&#233;nement traumatique. On trouve malgr&#233; tout quelques films sur la Deuxi&#232;me Guerre mondiale tourn&#233;e en temps de guerre en Union sovi&#233;tique, mais cela n'est gu&#232;re comparable avec le corpus dense et vari&#233; qui existe en Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est tr&#232;s surprenant que la guerre Iran-Irak ait &#233;t&#233; film&#233;e d&#232;s le d&#233;but en abordant des questions cin&#233;matographiques qui sont aussi des questions de politique, en donnant parfois dans certains documentaires et certaines fictions, des r&#233;ponses extr&#234;mement complexes pour rendre compte de cet &#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_664 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH306/695-3-172df.jpg?1686643552' width='448' height='306' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Guerre Iran-Irak, photo de K&#226;zem Akhavan&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Faire des images de guerre, c'est se poser des questions de politique, ce qui est, pendant la guerre m&#234;me, tr&#232;s compliqu&#233;. M&#234;me dans les d&#233;mocraties, la production cin&#233;matographique est extr&#234;mement censur&#233;e en temps de guerre. C'est pourquoi, il existe si peu de films de fictions sur la guerre pendant la guerre et de documentaires qui introduisent une r&#233;flexion critique sur cet &#233;v&#233;nement. En effet, m&#234;me dans l'urgence du front, de la guerre, le cin&#233;aste se pose des questions d'ordre politique : quand je choisis de faire une image, je s&#233;lectionne un cadre. Quand je choisis ce que je mets dans le cadre, forc&#233;ment je choisis donc aussi ce que j'exclus. Et je me pose d'embl&#233;e la question : je filme qui ? Est-ce que je filme l'ennemi ou pas ? Est-ce que je le mets dans le cadre ou pas ? Est-ce que je le filme au centre du cadre ? Au bord du cadre ? Est-ce que je le laisse hors champ ? Qui je filme parmi les soldats, notamment dans le camp iranien ? Est-ce que je filme l'arm&#233;e (artesh), sepah, les bassidji ? Est-ce que je filme en gros plan, est-ce que je filme de fa&#231;on indiff&#233;renci&#233;e ? ...etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, le simple fait de se poser la question de qui on met dans le cadre, &#233;quivaut &#224; se poser une question de politique. Laurent Veray a bien montr&#233; que dans les films de la Premi&#232;re Guerre mondiale, on voit peu les visages des Allemands dans les actualit&#233;s fran&#231;aises, parce qu'on se rend compte que &#034;&lt;i&gt;d&#232;s que l'on filme en plan rapproch&#233;, l'ennemi n'est plus tout &#224; fait le m&#234;me&lt;/i&gt;&#034;. On ne peut pas ha&#239;r un homme qui a un regard, qui exprime de la d&#233;tresse. On pourrait aussi faire le parall&#232;le avec les premiers westerns : on ne voit pas les Indiens, ou seulement de loin, en haut d'une cr&#234;te. Il va falloir attendre plusieurs ann&#233;es avant que les personnages d'Indiens existent &#224; l'&#233;cran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le premier film de guerre, d&#232;s la premi&#232;re fiction iranienne, dans un film qui s'appelait &lt;i&gt;La Fronti&#232;re&lt;/i&gt;, on a un cas tr&#232;s curieux de l'apparition d'un personnage irakien, un soldat qui va tout de suite &#234;tre int&#233;gr&#233; au cadre, et qui ne sera plus alors consid&#233;r&#233; vraiment comme un ennemi ? D&#232;s le d&#233;but de la guerre, le cin&#233;ma pose la question : &#8220;Qui est l'ennemi ? Est-ce que ce sont tous les Irakiens, une partie des Irakiens ?&#8221; Le cin&#233;ma pose cette question d&#232;s le premier film, au tout d&#233;but de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quand il r&#233;alise le montage, quand il choisit de juxtaposer telle image &#224; c&#244;t&#233; de telle autre, donc de lui donner du sens en fonction de ce qui la pr&#233;c&#232;de et de ce qui la suit, l&#224; aussi l'op&#233;rateur choisit dans le r&#233;el. Ce qui est tr&#232;s int&#233;ressant dans les documentaires tourn&#233;s sur le front en Iran c'est que, d&#232;s le d&#233;but, la guerre est film&#233;e en plan long. Prenons l'exemple de l'image d'un homme en train de tirer au bazooka et une autre image, prise un autre jour, d'un homme en train de prier dans une tranch&#233;e. Mont&#233;es l'une &#224; c&#244;t&#233; de l'autre, elles peuvent signifier au spectateur qu'elles &#233;taient bien co-pr&#233;sentes lors du tournage, ce qui peut &#234;tre totalement faux. En revanche, si ses actions sont dans le m&#234;me cadre, cela atteste bien de leur co-pr&#233;sence lors du tournage de cette s&#233;quence comme nous le dirait Andr&#233; Bazin.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le cin&#233;ma de guerre de Seyyed Morteza Avini&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette premi&#232;re partie m&#233;thodologique et th&#233;orique, Agn&#232;s Devictor a pr&#233;sent&#233; une partie de la recherche qu'elle avait commenc&#233;e &#224; d&#233;velopper l'an pass&#233; dans le colloque sur le th&#232;me &lt;i&gt;Cin&#233;ma, Croyance &lt;/i&gt;et &lt;i&gt;Sacr&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pr&#233;sentation s'appuie sur &lt;i&gt;Haghighat&lt;/i&gt; (la V&#233;rit&#233;), la premi&#232;re s&#233;rie documentaire, r&#233;alis&#233;e sur la guerre par Seyyed Morteza Avini, diffus&#233;e pendant la guerre &#224; la t&#233;l&#233;vision, et bien connue des Iraniens.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_665 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH293/695-4-ca24d.jpg?1686643552' width='448' height='293' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Guerre Iran-Irak, photo de K&#226;zem Akhavan&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Seyyed Morteza Avini est le r&#233;alisateur de documentaires le plus connu en Iran et son aura d&#233;passe largement le petit &#233;cran de la t&#233;l&#233;vision. C'est un cin&#233;aste dans tous les sens du terme, reconnu pour sa capacit&#233; &#224; rendre compte de l'&#233;v&#233;nement, de l'atmosph&#232;re de la guerre. Ses op&#233;rateurs ont film&#233; les huit ann&#233;es de guerre en premi&#232;re ligne voire au-del&#224; de la premi&#232;re ligne, la r&#233;sistance iranienne, la mobilisation. Ses films ont accompagn&#233; les discours officiels pendant et apr&#232;s la guerre. Sa s&#233;rie la plus connue, &lt;i&gt;Rev&#226;yat-e fath &lt;/i&gt;(Chroniques de la victoire), a &#233;t&#233; montr&#233;e plusieurs fois &#224; la t&#233;l&#233;vision et continue &#224; &#234;tre diffus&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Haghighat&lt;/i&gt; joue un r&#244;le essentiel en tant que cadre de r&#233;f&#233;rence. C'est la premi&#232;re fois que l'on se pose ces questions, c'est vrai non seulement pour Avini mais aussi pour son groupe d'op&#233;rateurs. La moiti&#233; de cette s&#233;rie, compos&#233;e &#224; l'origine de onze &#233;pisodes, a malheureusement disparu, en raison de la dur&#233;e de vie tr&#232;s limit&#233;e des films. On en a m&#234;me plus trace dans les archives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'on regarde l'ensemble des &#233;pisodes de cette s&#233;rie qui subsistent, un premier constat s'impose : une partie de la singularit&#233; de l'&#339;uvre d'Avini r&#233;side dans sa capacit&#233; &#224; restituer le quotidien des combattants, la justesse de l'enregistrement des gestes, l'atmosph&#232;re de la ligne de front, les mots employ&#233;s par les volontaires. Contrairement &#224; la pratique courante du film de guerre, il refuse tout travail de reconstitution, tout est pris sur le vif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas ce qui fait la plus grande singularit&#233; de l'&#339;uvre d'Avini. Sa rigueur dans l'enregistrement du r&#233;el peut le rattacher &#224; d'autres familles de r&#233;alisateurs. L'&#339;uvre de John Huston, La &lt;i&gt;bataille de San Pietro ou La section Anderson&lt;/i&gt; de Pierre Schoendoerffer, exprime un souci profond de rapport au r&#233;el. De m&#234;me, d'autres r&#233;alisateurs iraniens, comme Davoudi, ont su filmer le rapport tr&#232;s proche au r&#233;el pendant la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre constat : les films d'Avini rendent compte de fa&#231;on particuli&#232;rement fid&#232;le de la pratique des rituels religieux. De m&#234;me, Shamaqdari et d'autres ont su donner une grande importance &#224; l'enregistrement des pratiques et des rituels, comme 'Achoura, par exemple. Mais l&#224; encore ce n'est pas sp&#233;cifique aux films d'Avini. Des rituels religieux ont aussi &#233;t&#233; tr&#232;s souvent film&#233;s au cours de la Premi&#232;re Guerre mondiale. Ce n'est donc pas dans l'enregistrement du discours religieux, ni dans la capacit&#233; &#224; repr&#233;senter les pratiques religieuses que l&#224; encore les films d'Avini sont in&#233;dits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui fait en r&#233;alit&#233; l'originalit&#233; de l'&#339;uvre d'Avini, c'est le rapport tr&#232;s paradoxal au temps, particuli&#232;rement bien exprim&#233; dans cette s&#233;rie. Classiquement, le documentaire de guerre, m&#234;me s'il ne s'agit pas de reportage t&#233;l&#233;vis&#233;, cherche &#224; exprimer un rapport d'urgence tr&#232;s fort avec le conflit, li&#233; &#224; l'&#233;volution de la situation militaire, &#224; la perte ou pas du territoire. Dans la logique de flux &#224; la t&#233;l&#233;vision, un &#233;v&#233;nement, une bataille, en chasse un, ou une, autre. Or, ce qui caract&#233;rise le mieux le cin&#233;ma d'Avini, c'est la rupture de cet engrenage temporel. Il y a, dans son &#339;uvre, comme une r&#233;sistance &#224; cette m&#233;canique du temps, comme s'il contestait d&#233;lib&#233;r&#233;ment la temporalit&#233; de la guerre film&#233;e pour la t&#233;l&#233;vision, pour une &#233;vocation beaucoup plus ample de la guerre, et en tout cas beaucoup plus probl&#233;matique pour le spectateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc sur ce rapport au temps qu'il convient de s'arr&#234;ter. Il y a &#233;norm&#233;ment d'axes possibles de r&#233;flexion sur cette s&#233;rie. On peut l'analyser d'un point de vue de la propagande, de la politique, de l'esth&#233;tique, mais il est int&#233;ressant de r&#233;fl&#233;chir au dispositif cin&#233;matographique choisi par Avini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'architecture documentaire consiste &#224; faire enregistrer sur le front, par des chefs op&#233;rateurs, des images et des sons qui seront ensuite mont&#233;s et comment&#233;s &#224; T&#233;h&#233;ran par Avini lui-m&#234;me. Le spectateur le voit en train d'&#233;crire et de monter son film, et va donc faire plusieurs va-et-vient dans le film entre les images de guerre mont&#233;es par Avini et le dispositif qui est compl&#232;tement apparent. Le spectateur est ainsi en situation de comprendre que ce documentaire r&#233;sulte d'un travail de construction et que ce n'est pas un d&#233;calque du r&#233;el. Il va voir Avini &#233;crire et lire un r&#233;cit et sa voix va se superposer au son pris sur le front.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des m&#233;diations sont ouvertes. Il s'agit &#224; la fois de m&#233;diations spatiales prises &#224; T&#233;h&#233;ran et de m&#233;diations temporelles car, le temps qu'il monte ses films, qu'il y r&#233;fl&#233;chisse, qu'il &#233;crive, il n'est plus dans un rapport d'urgence &#224; la guerre. Ces m&#233;diations rel&#232;vent &#224; la fois du dispositif de tournage - le fait de choisir de ne pas &#234;tre sur l'&#233;v&#233;nement - et du montage, et le fait que ce dispositif soit apparent. Elles rel&#232;vent aussi du fait qu'Avini va avoir recours &#224; des images mentales, &#224; de la po&#233;sie, et qu'il va demander au spectateur de faire son travail de spectateur, par la po&#233;sie. Il va susciter gr&#226;ce &#224; celle-ci d'autres images qui vont se superposer &#224; ce qui est apparent sur l'&#233;cran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce dispositif de mise en forme qui caract&#233;rise le cin&#233;ma d'Avini, de fa&#231;on beaucoup plus ouverte et beaucoup plus complexe pour le spectateur que ceux des documents traditionnels de guerre. L'une des nombreuses singularit&#233;s du cin&#233;ma de guerre iranien r&#233;side dans ce choix d'enregistrer la guerre comme un moyen pour comprendre l'&#233;v&#233;nement, en lui donnant une interpr&#233;tation possible, la sienne en l'occurrence, tout en laissant au spectateur la possibilit&#233; d'avoir sa propre interpr&#233;tation, ce qui n'existe pratiquement jamais dans le cin&#233;ma de guerre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Simine D&#226;neshvar La premi&#232;re grande femme &#233;crivaine iranienne (I)</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article694</link>
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		<dc:date>2008-05-01T09:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Samira Fakh&#226;riy&#226;n</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#034;Jusqu'&#224; une &#233;poque tr&#232;s r&#233;cente, les femmes en litt&#233;rature &#233;taient bien entendu une cr&#233;ation d'hommes&#034;, &lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;crit Virginia Woolf en 1929. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'aux derni&#232;res d&#233;cennies du XIXe si&#232;cle, les femmes sont rest&#233;es quasiment absente du champ litt&#233;raire, n'&#233;tant repr&#233;sent&#233;es et per&#231;ues que par les hommes. La r&#233;volution constitutionnelle de 1906 contribua fortement &#224; l'&#233;volution de la situation des femmes et d&#232;s lors, des intellectuels parl&#232;rent de plus en plus des droits des femmes dans la soci&#233;t&#233;. Apr&#232;s la Premi&#232;re Guerre (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;N&#176; 30, mai 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton694-9611c.jpg?1686643552' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Jusqu'&#224; une &#233;poque tr&#232;s r&#233;cente, les femmes en litt&#233;rature &#233;taient bien entendu une cr&#233;ation d'hommes&#034;&lt;/i&gt;,&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&#233;crit Virginia Woolf en 1929.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jusqu'aux derni&#232;res d&#233;cennies du XIXe si&#232;cle, les femmes sont rest&#233;es quasiment absente du champ litt&#233;raire, n'&#233;tant repr&#233;sent&#233;es et per&#231;ues que par les hommes. La r&#233;volution constitutionnelle de 1906 contribua fortement &#224; l'&#233;volution de la situation des femmes et d&#232;s lors, des intellectuels parl&#232;rent de plus en plus des droits des femmes dans la soci&#233;t&#233;. Apr&#232;s la Premi&#232;re Guerre mondiale, la question de la femme fut abord&#233;e de fa&#231;on croissante dans la litt&#233;rature iranienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est surtout apr&#232;s la r&#233;volution islamique que l'on assiste &#224; un d&#233;but d'expression f&#233;minine dans le champ litt&#233;raire plac&#233;e sous le signe d'une conqu&#234;te identitaire. Les femmes, qui doivent alors faire face &#224; de nouveaux probl&#232;mes, protestent de fa&#231;on croissante contre leur r&#233;clusion historique. Les &#233;v&#233;nements de la r&#233;volution leur donne l'occasion de sortir du cadre restreint de la sph&#232;re domestique et traditionnelle et d'acqu&#233;rir une nouvelle identit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Shahrnoosh Parsipoor, l'exp&#233;rience de la r&#233;volution, de la guerre et de ses cons&#233;quences psycho-&#233;conomiques &#034;lance les femmes au milieu du champ des &#233;v&#233;nements&#034;. &#034;J'&#233;cris parce que j'ai commenc&#233; &#224; penser ; on m'a d&#233;barrass&#233;e soudain de ma peau de &#034;vache&#034;, j'&#233;cris car apparemment je suis en train de devenir un &#234;tre humain : je voudrais savoir qui je suis&#034;, dit-elle. Ainsi lib&#233;r&#233;es de certaines contraintes, les femmes cherchent leur identit&#233; et essaient de s'affirmer &#224; travers l'&#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Iran actuel, l'acte de participation des femmes &#224; la vie litt&#233;raire est tel que l'on parle de plus en plus d'une litt&#233;rature f&#233;minine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simine D&#226;neshvar, la premi&#232;re grande femme &#233;crivain iranienne, est la figure la plus brillante de cette litt&#233;rature f&#233;minine. Les &#339;uvres romanesques de D&#226;neshvar occupent une place particuli&#232;re dans la litt&#233;rature iranienne contemporaine. Malgr&#233; le regard n&#233;gatif port&#233; sur le personnage de la femme dans une grande partie des histoires iraniennes - et parfois m&#234;me dans celles &#233;crites par des femmes -, Simine D&#226;neshvar pr&#233;sente la femme sous tous les aspects de sa personnalit&#233;. Les sujets de la plupart de ses histoires sont emprunt&#233;s &#224; la vie r&#233;elle ; par cons&#233;quent, leurs &#233;v&#233;nements s'accordent tr&#232;s bien avec les r&#233;alit&#233;s de la vie : &#034;Je voudrais &#234;tre le t&#233;moin de l'&#233;poque, et je voudrais id&#233;aliser la r&#233;alit&#233; ; c'est cela, &#224; mon avis, la litt&#233;rature&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Les rep&#232;res biographiques&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simine D&#226;neshvar na&#238;t en 1921 &#224; Shiraz. Son p&#232;re, Mohammad Ali D&#226;neshvar, est un m&#233;decin reconnu et respect&#233; de l'&#233;poque qui re&#231;ut d'ailleurs le titre de &#034;Ehy&#226;-o salt&#226;neh&#034; du roi Ahmad. Sa m&#232;re, Qamar-o Salt&#226;neh, appartient &#224; la grande famille des Hekmat. Son a&#239;eul est un homme religieux connu sous le nom de &#034;H&#226;dji Mojtahed&#034;. Simine est la troisi&#232;me enfant du Dr. D&#226;neshvar et de Mme Qamar-o Saltaneh. Elle a trois fr&#232;res et deux s&#339;urs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle fait ses &#233;tudes primaires et secondaires &#224; Shiraz. Pendant ses &#233;tudes, elle est toujours la premi&#232;re de la classe et &#224; la fin de ses &#233;tudes secondaires, se fait conna&#238;tre comme la premi&#232;re &#233;l&#232;ve au niveau national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#226;neshvar publie son premier article intitul&#233; &lt;i&gt;L'Hiver n'est pas tr&#232;s diff&#233;rent de notre vie&lt;/i&gt;, &#224; l'&#226;ge de seize ans, dans le journal r&#233;gional de Shiraz. Apr&#232;s avoir fini ses &#233;tudes secondaires, elle se rend &#224; T&#233;h&#233;ran o&#249; elle &#233;tudie la litt&#233;rature persane &#224; la facult&#233; de lettres de l'universit&#233; de T&#233;h&#233;ran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la mort de son p&#232;re en 1941, les probl&#232;mes d'argent l'obligent &#224; travailler : d'abord elle est employ&#233;e &#224; Radio T&#233;h&#233;ran o&#249; elle &#233;crit une s&#233;rie d'&#233;missions intitul&#233;e &#034;le Shirazien inconnu&#034; pour laquelle elle ne re&#231;oit qu'une maigre r&#233;mun&#233;ration. Par la suite, elle &#233;crit des articles et fait des traductions pour le journal &lt;i&gt;Iran&lt;/i&gt;. Durant les ann&#233;es de sa collaboration avec ce quotidien, elle d&#233;cide de commencer &#224; &#233;crire des histoires de fiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1948, elle publie son premier recueil de nouvelles, &lt;i&gt;Le Feu &#233;teint&lt;/i&gt; (Atash-e Kh&#226;moush), qui est d'ailleurs le premier recueil de nouvelles publi&#233; par une femme iranienne. Certaines histoires de ce recueil de seize nouvelles ont notamment &#233;t&#233; publi&#233;es dans le journal &lt;i&gt;Keyh&#226;n&lt;/i&gt; ou dans les revues &lt;i&gt;B&#226;nu&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Omid&lt;/i&gt;. Bien que sept nouvelles de ce recueil soient inspir&#233;es de O. Henry et que D&#226;neshvar publie ce livre &#224; titre de premier essai, les caract&#233;ristiques majeures de son style y sont d&#233;j&#224; perceptibles. Le leitmotiv de son &#339;uvre, la femme et sa situation dans la soci&#233;t&#233;, sont &#233;galement abord&#233;s d&#232;s ce premier livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1949, elle obtient son doctorat en langue et litt&#233;rature persanes. Sa th&#232;se traite de &#034;l'esth&#233;tique (Elm-ol jam&#226;l) et de la beaut&#233; dans la litt&#233;rature persane jusqu'au XVIIe si&#232;cle de l'h&#233;gire&#034;. Son directeur de recherche est Mme F&#226;temeh Sayy&#226;h, experte en litt&#233;rature compar&#233;e, qui d&#233;c&#233;da cependant avant que la th&#232;se ne soit achev&#233;e et c'est alors monsieur Foruzanfar qui prit sa suite. Selon Simine D&#226;neshvar, elle a beaucoup profit&#233; de ses professeurs pendant ses &#233;tudes &#224; la facult&#233; de lettres. &#034;Outre madame Sayy&#226;h et monsieur le ma&#238;tre Foruzanfar, les autres professeurs ainsi que feu monsieur Malek-o shoa'ra (prince des po&#232;tes) Bah&#226;r, Sa&#239;d Naficy [membre de l'acad&#233;mie iranienne et professeur d'histoire et d'arch&#233;ologie &#224; l'universit&#233; de T&#233;h&#233;ran], messieurs Nasrolah Falsafi et Bahmani&#226;r eurent un r&#244;le important dans mon instruction&#034;, confie-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ses &#233;tudes, Simine D&#226;neshvar &#233;tudie de fa&#231;on approfondie les diff&#233;rents styles litt&#233;raires iraniens dont celui de Sa'di, de J&#226;mi, le style descriptif&#8230; et elle les imite un certain temps pour ensuite se mettre &#224; r&#233;diger dans un style plus simple et populaire. Elle aime avoir recours &#224; ce style &#034;parce qu'&#224; cause de sa simplicit&#233; et de sa popularit&#233;, un plus grand nombre serait capable de lire et de comprendre mes &#233;crits.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1950, elle se marie avec Jal&#226;l Al-e Ahmad, grand intellectuel et &#233;crivain engag&#233; iranien. A cette &#233;poque, elle enseigne &#233;galement &#224; l'&#233;cole de musique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1952, elle voyage aux Etats-Unis en tant que boursi&#232;re de Full Bright, pour obtenir son doctorat. A l'Universit&#233; de Stanford, pendant deux ans elle continue ses &#233;tudes en esth&#233;tique et psychologie de l'art. En outre, elle participe aux cours du Dr. Walce Stagner, chef du centre de &#034;l'&#233;criture cr&#233;ative&#034; (creative writing). Elle apprend beaucoup dans ces cours qui influencent beaucoup son &#233;criture ; elle a d'ailleurs par la suite avou&#233; : &#034;Quand je suis rentr&#233;e des Etats-Unis, j'ai &#233;crit &lt;i&gt;Une Ville comme le paradis &lt;/i&gt;(Shahri tchon Behesht) qui &#233;tait &#233;crit dans un style bien plus &#233;toff&#233; que celui de mes &#339;uvres pr&#233;c&#233;dentes. Aux Etats-Unis, j'ai appris la technique, la cr&#233;ation de l'ambiance (faz&#226; s&#226;zi), le temps et l'espace romanesques et j'ai d&#233;couvert les m&#233;thodes narratives les plus modernes.&#034; Elle &#233;crit plusieurs histoires en anglais dont deux sont publi&#233;es dans le magazine &lt;i&gt;Pacific Spectator &lt;/i&gt;et deux autres dans le recueil de nouvelles de Stanford.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s &#234;tre revenue en Iran, elle se met &#224; enseigner l'esth&#233;tique &#224; l'&#233;cole sup&#233;rieure de musique ainsi qu'&#224; l'&#233;cole des Beaux Arts, tout en assumant parall&#232;lement la responsabilit&#233; de la direction de la revue &lt;i&gt;Naqsh-o Neg&#226;r &lt;/i&gt;(Les Motifs) dont sept num&#233;ros sont publi&#233;s sous sa direction. Elle est alors l'une des premi&#232;res personnes qui s'occupe de la pr&#233;sentation et la promotion des arts traditionnels iraniens ainsi que le tapis, la miniature, la toile imprim&#233;e (qalamk&#226;r) et l'incrustation (khatamk&#226;ri).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1959, elle est embauch&#233;e &#224; l'universit&#233; de T&#233;h&#233;ran en tant que professeur o&#249; elle enseigne l'esth&#233;tique et l'histoire de l'art. Elle s'exprime toujours d'une mani&#232;re franche et claire, ce qui lui vaut maintes confrontations avec la Savak pendant ses ann&#233;es &#224; l'universit&#233;. Elle continue &#224; enseigner jusqu'en 1979 et prend ensuite sa retraite pour &#034;fatigue physique et spirituelle&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s son mariage, D&#226;neshvar passe la plus grande partie de son temps &#224; traduire des &#339;uvres litt&#233;raires de plusieurs langues &#233;trang&#232;res en persan : &#034;J'ai commenc&#233; &#224; traduire parce que j'aimais tant Jal&#226;l que je pr&#233;f&#233;rais qu'il fasse son travail sans se soucier du pain quotidien. La traduction &#233;tait plus facile et se vendait mieux ; et c'est ainsi que beaucoup de mes contemporains furent victimes de la traduction&#034;. Elle devint ainsi &#233;galement l'une des figures les plus &#233;minentes dans le domaine de la traduction des &#339;uvres romanesque en Iran. Ses traductions de Tchekhov, Shaw, Hawthorne, Schnitzler et Saroyan figurent parmi les ouvrages pr&#233;cieux de la liste des &#339;uvres &#233;trang&#232;res disponibles en persan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1961, elle publie son deuxi&#232;me recueil de nouvelles, &lt;i&gt;Une Ville comme le Paradis &lt;/i&gt;r&#233;dig&#233; dans un langage plus proche du peuple et aussi plus soutenu que celui utilis&#233; dans &lt;i&gt;Le Feu &#233;teint&lt;/i&gt;. Ses phrases son d&#233;sormais courtes, claires et concises, et c'est &#224; partir de cette &#233;poque qu'elle essaie de rapprocher son &#233;criture du r&#233;alisme cin&#233;matographique qu'elle pr&#233;f&#232;re &#224; la fiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; &lt;i&gt;Une Ville comme le paradis&lt;/i&gt; est publi&#233;, D&#226;neshvar n'est encore connue qu'au travers de son mari, Al-e Ahmad. Ce n'est qu'en publiant &lt;i&gt;Suvachun&lt;/i&gt;, son chef-d'&#339;uvre, en 1969, qu'elle se fait conna&#238;tre comme l'un des grands &#233;crivains de la litt&#233;rature moderne persane qui, selon certains, surpasse m&#234;me Al-e Ahmad. &lt;i&gt;Suvachun&lt;/i&gt; est le premier roman &#233;crit par une femme iranienne et &#233;galement vu et racont&#233; selon le point de vue d'une femme. Ce best-seller des romans iraniens, que certains consid&#232;rent comme le roman persan ayant la structure la plus &#233;toff&#233;e, fut r&#233;&#233;dit&#233; pr&#232;s de quinze fois et traduit en plusieurs langues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mari de D&#226;neshvar d&#233;c&#232;de quelques mois avant la publication de &lt;i&gt;Suvachun&lt;/i&gt;. Apr&#232;s la mort de ce dernier, D&#226;neshvar continue sa carri&#232;re litt&#233;raire de m&#234;me que les activit&#233;s ch&#232;res &#224; son mari, ainsi elle continue &#224; jouer un r&#244;le important dans l'association des &#233;crivains iraniens fond&#233;e par Al-e Ahmad et quelques autres &#233;crivains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1980, elle publie un autre recueil de nouvelles intitul&#233; &lt;i&gt;A qui puis-je dire bonjour ?&lt;/i&gt;, l'&#339;uvre qui la fait conna&#238;tre &#233;galement en tant que nouvelliste de renom. Dans &lt;i&gt;La ruse des tra&#238;tres &lt;/i&gt;(Keyd-ol-kh&#226;enin), &lt;i&gt;A qui puis-je dire bonjour&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;L'Accident&lt;/i&gt;, D&#226;neshvar peaufine davantage son style litt&#233;raire. Dans ce dernier recueil, elle d&#233;veloppe ses convictions d&#233;j&#224; pr&#233;sent&#233;es. La diversit&#233; de ses personnages et les th&#232;mes abord&#233;s refl&#232;tent sa compr&#233;hension profonde des multiples facettes de la soci&#233;t&#233; iranienne. Elle d&#233;peint habilement les mentalit&#233;s, id&#233;aux, aspirations, modes de vie, mani&#232;res de parler ainsi que les expressions populaires des diff&#233;rentes couches de la soci&#233;t&#233; iranienne. La diversit&#233; des personnages mis en sc&#232;ne contribue &#224; pr&#233;senter une vue color&#233;e des us et coutumes iraniens. On peut ainsi consid&#233;rer son &#233;criture comme un vrai miroir de la soci&#233;t&#233;. Elle s'est d'ailleurs surtout inspir&#233;e du monde vivant autour d'elle : &#034;Les gens simples ont plus &#224; offrir. Il faut qu'ils puissent donner librement et avec de la paix. Nous aussi, en &#233;change, il faut que nous essayons de tout c&#339;ur de les aider &#224; acqu&#233;rir ce qu'ils m&#233;ritent vraiment.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1981, elle compl&#232;te une monographie sur Al-e Ahmad &lt;i&gt;La Perte de Jal&#226;l &lt;/i&gt;(Qorub-e Jal&#226;l), un ouvrage tr&#232;s &#233;mouvant qui compte parmi l'un des meilleurs travaux descriptif fait sur la personnalit&#233; de l'un des grands de la litt&#233;rature persane. D&#226;neshvar y raconte ses derniers jours avec Al-e Ahmad avec beaucoup de d&#233;tails et une grande &#233;motion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1993, elle publie un autre roman &lt;i&gt;L'Ile de l'errance &lt;/i&gt;(Jazireh sarguard&#226;ni), qui devrait &#234;tre le premier volume d'une trilogie. Cet ouvrage est un m&#233;lange de chronique historique et de fiction romanesque ; les personnages romanesques aussi bien que les figures historiques comme Khalil Maleki, Al-e Ahmad et Simine D&#226;neshvar elle-m&#234;me y jouant des r&#244;les. Le sujet principal de ce livre, comme le titre l'&#233;voque, est &#034;l'errance et la perplexit&#233; d'une g&#233;n&#233;ration dont je fais moi aussi partie&#034;, d&#233;clare D&#226;neshvar. Ainsi, le personnage principal du roman &lt;i&gt;Hasti&lt;/i&gt;, dont le nom signifie &#034;existence&#034;, est le symbole de l'errance. Dans ce roman aussi, la question de la femme, sa personnalit&#233; et sa relation avec l'homme et la soci&#233;t&#233; constitue l'un des th&#232;mes principaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1997, D&#226;neshvar publie un autre recueil de nouvelles, &lt;i&gt;Demande aux oiseaux migrateurs&lt;/i&gt; (Az parandeg&#226;n-e moh&#226;jer bepors), qui sont pour la plupart inspir&#233;es des &#233;v&#233;nements de la vie de l'auteur et ayant pour th&#232;me principal la r&#233;volution et la guerre. En 2001, la suite de &lt;i&gt;L'Ile d'errance&lt;/i&gt; est publi&#233;e sous le titre de &lt;i&gt;Chamelier errant&lt;/i&gt;. Ce roman aussi est en partie autobiographique. Selon Mir Abedini, &#034;la valeur du &lt;i&gt;Chamelier errant&lt;/i&gt; r&#233;side en son aspect confessionnel et en cr&#233;ant des questions ouvrir le chemin aux critiques des id&#233;es politico-culturelles, dominantes en derni&#232;res d&#233;cennies, dont l'id&#233;e d'Al-e Ahmad est l'une des bases&#034;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;i&gt;&lt;a href='http://www.teheran.ir/spip.php?article785' class='spip_in'&gt;A suivre&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- MIRABEDINI, Hassan, &lt;i&gt;Sad s&#226;l d&#226;st&#226;n nevisi ir&#226;n&lt;/i&gt;, volume 3 et 4, &#233;dition Cheshmeh, 1386&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- ARIANPOOR, Yahya, &lt;i&gt;Az Nim&#226; ta rouzeg&#226;r-e ma&lt;/i&gt;, premier chapitre, &#233;dition Zavar, 1382.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- ZOLFAQARI, Hassan, &lt;i&gt;Tchehel d&#226;st&#226;n-e koutah az tchehel nevisandeh mo&#226;'ser&lt;/i&gt;, &#233;dition Nima 138.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;i&gt;Simine D&#226;neshvar&lt;/i&gt; (Avalin va barjestehtarin zan dar pahneh adab-e f&#226;rsi), la revue Goz&#226;resh, n&#176;163, 1384, p. 57-60.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;i&gt;Zendegui n&#226;meh Dr. D&#226;neshvar&lt;/i&gt;, la revue de &lt;i&gt;N&#226;feh&lt;/i&gt;, n&#176; 11 et 12, p. 20 et 21.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;i&gt;Seyr-e del bast&#226;n va del kandan&lt;/i&gt;, la revue &lt;i&gt;Ket&#226;b-e m&#226;h-e adabiat va falsafeh&lt;/i&gt;, Khordad va Tir 1381, p.82-93&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Les interviews et les &#339;uvres de Simine D&#226;neshvar &lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.mage.com/authors/D&#226;neshvar_biography.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.mage.com/authors/D&#226;neshvar_biography.html&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.farhangsara.com/D&#226;neshvar.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.farhangsara.com/D&#226;neshvar.html&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://en.wikipedia.org/wiki/Simin_D&#226;neshvar&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://en.wikipedia.org/wiki/Simin_D&#226;neshvar&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="spip.php?article785" class="spip_out"&gt;2&#232;me partie&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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