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	<title>La Revue de T&#233;h&#233;ran | Iran </title>
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	<description>Iran | Mensuel culturel iranien en langue fran&#231;aise | Histoire de l'Iran, Art iranien, Culture iranienne, Traditions iraniennes, Litt&#233;rature persane, Langue fran&#231;aise en Iran,</description>
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		<title>La Revue de T&#233;h&#233;ran | Iran </title>
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		<title>Histoire de l'imprimerie en Iran</title>
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		<dc:date>2008-11-01T11:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Negar S&#226;lehini&#226;</dc:creator>



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&lt;p&gt;L'invention de l'imprimerie en Europe dans la deuxi&#232;me moiti&#233; du XVe si&#232;cle a marqu&#233; un tournant capital dans l'histoire des hommes. Bien avant cette date, entre les ann&#233;es 712-756, l'usage de cette technique &#233;tait courante dans une vaste &#233;tendue de territoires orientaux : les Chinois l'employaient sous sa forme primaire, en se servant des caract&#232;res d'imprimerie. Mais l'impression, faite par les gravures, et la transcription des livres &#233;tait un proc&#233;d&#233; tr&#232;s difficile qui demandait beaucoup de temps et de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique41" rel="directory"&gt;N&#176; 36, novembre 2008&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton838-5a270.jpg?1686645127' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'invention de l'imprimerie en Europe dans la deuxi&#232;me moiti&#233; du XVe si&#232;cle a marqu&#233; un tournant capital dans l'histoire des hommes. Bien avant cette date, entre les ann&#233;es 712-756, l'usage de cette technique &#233;tait courante dans une vaste &#233;tendue de territoires orientaux : les Chinois l'employaient sous sa forme primaire, en se servant des caract&#232;res d'imprimerie. Mais l'impression, faite par les gravures, et la transcription des livres &#233;tait un proc&#233;d&#233; tr&#232;s difficile qui demandait beaucoup de temps et de financement. Seul un nombre limit&#233; de personnes avaient acc&#232;s aux livres apr&#232;s leur parution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La technique de l'imprimerie fit un grand pas en avant lors de l'invention des caract&#232;res mobiles en m&#233;tal par l'allemand Gutenberg en 1450 (environ 854 de l'&#232;re h&#233;gire). Cette nouveaut&#233; ouvrit les portes de la civilisation humaine &#224; tous les passionn&#233;s des sciences et fut employ&#233;e progressivement dans les autres pays europ&#233;ens : la France, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, la Suisse et l'Italie ; elle fut introduite dans notre pays dans la premi&#232;re moiti&#233; du treizi&#232;me si&#232;cle (1:9)*.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'industrie de l'imprimerie en Iran&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si l'on consid&#232;re la fabrication du sceau comme la premi&#232;re invention de l'homme dans le domaine de l'imprimerie (2:44), alors l'utilisation de cette technique en Iran remonte &#224; cinq si&#232;cles avant J&#233;sus-Christ, au temps de la dynastie des Ach&#233;m&#233;nides et des sceaux royaux (1:9). Ces seaux, grav&#233;s sur des pierres pr&#233;cieuses (agates, perles, &#233;meraudes, rubis) mont&#233;es sur des anneaux, s'employaient avec une encre sp&#233;ciale pour authentifier les ordres et commandements des rois. Peu &#224; peu, les nobles de m&#234;me que les gens ordinaires se mirent &#224; imiter les rois et se firent fabriquer des sceaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des sceaux datant de cette &#233;poque, celui de Darius, roi ach&#233;m&#233;nide, est conserv&#233; actuellement dans le mus&#233;e de Londres. Sur ce sceau figure Darius, mont&#233; sur le chariot royal et chassant un lion. En dessous de cette image, sont &#233;crites trois lignes de texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le mus&#233;e de la Perse antique, des sceaux de forme cylindrique, appel&#233;s &#034;soul&#034; sont conserv&#233;s. Des lettres et des mots datant d'&#233;poques anciennes y figurent notamment. Les plaques en terre et les documents concernant les d&#233;penses faites pour la construction de Pers&#233;polis, d&#233;couverts lors des fouilles arch&#233;ologiques, ont &#233;t&#233; &#233;crits &#224; l'aide de ces sceaux. Ces sceaux s'utilisaient aussi pour imprimer des tissus en soie et en coton, simples ou color&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, l'emploi de la gravure pour l'imprimerie &#233;tait courante en Iran. Le sceau et le nom des rois mogols d'Iran s'inscrivait par des gravures sur des pi&#232;ces de bois de vingt cm sur vingt dont on enduisait la surface saillante d'une sorte d'encre sp&#233;ciale pour tamponner les commandements et les parchemins (3 :42).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La signification actuelle du mot &#034;imprimerie&#034;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour exprimer le mot &#034;imprimerie&#034; en persan, trois expressions &#233;taient courantes : &lt;i&gt;tch&#226;pkh&#226;neh, matba'eh &lt;/i&gt;et &lt;i&gt;basmeh kh&#226;neh&lt;/i&gt;. Le deuxi&#232;me mot est arabe (4:1070) et le troisi&#232;me turc (5:11). Des chercheurs attribuent les racines du mot &#034;&lt;i&gt;tch&#226;p&lt;/i&gt;&#034; &#224; &#034;&lt;i&gt;tch&#226;v&lt;/i&gt;&#034; venant de l'hindou, et qui s'&#233;crivait aussi &#034;&lt;i&gt;tch&#226;p&lt;/i&gt;&#034; ou &#034;&lt;i&gt;tch&#226;hap&lt;/i&gt;&#034; (5:11).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot &#034;&lt;i&gt;tch&#226;v&lt;/i&gt;&#034; a &#233;t&#233; introduit &#224; la fin du septi&#232;me si&#232;cle de l'h&#233;gire dans la langue persane (3:24). Selon d'autres sources, &#034;&lt;i&gt;tch&#226;p&lt;/i&gt;&#034;, d&#233;riv&#233; du chinois &#034;&lt;i&gt;cau&lt;/i&gt;&#034;, serait devenu courant lors du r&#232;gne d'un des rois mogols, Keykh&#226;touneh (1297/694). A cette &#233;poque, le pays fut en proie &#224; une grave crise &#233;conomique et financi&#232;re et le tr&#233;sor s'&#233;puisa. Un pr&#233;nomm&#233; Ezeddin Mohammad Ben Mozaffar Ben Hamid, qui avait voyag&#233; auparavant en Chine, proposa au ministre Sadr-e Djah&#226;n-e Zandj&#226;ni, afin de pouvoir apaiser la crise, de remplacer l'usage de l'or et de l'argent, ainsi que l'avaient fait les Chinois, par celui de titres appel&#233;s &#034;&lt;i&gt;tch&#226;v&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa proposition fut accueillie favorablement. Dans le mois de Jom&#226;di-ol-avval (cinqui&#232;me mois de l'ann&#233;e lunaire musulmane) de l'ann&#233;e 694 de l'h&#233;gire (XIVe si&#232;cle), le roi &#233;mit un ordre selon lequel il interdisait l'usage de l'or et de l'argent. Les gens devaient d&#233;sormais utiliser le titre &#034;&lt;i&gt;tch&#226;v&lt;/i&gt;&#034; pour effectuer leurs commerces et transactions. Il envoya dans toutes les villes un responsable pour cr&#233;er un bureau afin de mettre en pratique ces titres. Ce bureau fut appel&#233; &#034;&lt;i&gt;tch&#226;vkh&#226;neh&lt;/i&gt;&#034;. Ces agents devaient forcer les gens &#224; utiliser cet argent sous forme de billets, appel&#233; &#034;&lt;i&gt;tch&#226;v-e mob&#226;rak&lt;/i&gt;&#034;. Mais l'insoumission des gens &#224; Tabriz, Shir&#226;z (5:42) ainsi que dans les autres villes et l'assassinat d'Ezeddin Mozaffar, qui &#233;tait &#224; l'origine de ce projet, (6:6982) conduisirent le roi &#224; abolir cette loi. Depuis lors, les gens donn&#232;rent le surnom de &#034;&lt;i&gt;tch&#226;viane&lt;/i&gt;&#034; au ministre qui voulait r&#233;pandre l'usage des billets d'argent. (3 :42)&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1392 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L349xH269/838-1-a7e27.jpg?1686645127' width='349' height='269' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:349px;'&gt;&lt;strong&gt;Premi&#232;re machine &#224; imprimer (polygraphe) du journal Ettela'at, 1926&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:349px;'&gt;Photos : archives du journal Ettela'at
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Pour avoir des renseignements plus pr&#233;cis concernant le processus de cr&#233;ation et de l'&#233;volution de l'industrie de l'imprimerie en Chine, nous citerons un extrait d'un article de Modjtab&#226; Minovi intitul&#233; &#034;La Traduction des sciences chinoises en persan au huiti&#232;me si&#232;cle de l'h&#233;gire&#034; et qui cite un manuscrit persan : &#034;&lt;i&gt;J'ai parcouru, &#224; Istanbul, un manuscrit en persan unique dans son genre, qui a pour titre &lt;/i&gt;&#034;Tangsoughn&#226;meh Ilkh&#226;ni dans les techniques scientifiques chinoises&#034;. &lt;i&gt;Il a &#233;t&#233; &#233;labor&#233; au temps de Gh&#226;z&#226;ne Kh&#226;n gr&#226;ce aux efforts de Rashideddin Fazloll&#226;h, ministre ham&#233;danien et comprend des traductions des livres m&#233;dicaux et scientifiques chinois en persan. Ce manuscrit est conserv&#233; dans la biblioth&#232;que d'Ayasoufieh&#8230;&lt;/i&gt;&#034; Il continue en pr&#233;sentant Rashideddin et le manuscrit et rapporte des extraits de ses diff&#233;rents chapitres. Il &#233;crit : &#034;&lt;i&gt;Ce manuscrit est apparemment la source la plus ancienne en ce qui concerne l'existence de l'imprimerie en Chine. Les Chinois ont perfectionn&#233; l'imprimerie &#224; l'&#233;poque de la dynastie des Tang, c'est-&#224;-dire du premier au troisi&#232;me si&#232;cle de l'h&#233;gire. La proc&#233;dure, telle que l'a d&#233;crite Rashideddin, est la suivante : on gravait &#224; l'envers sur une plaque de bois le contenu de deux pages qui se suivaient et entre ces deux pages, une colonne comprenant le titre du chapitre et d'autres indications, puis on enduisait la plaque d'encre et on la retournait sur une feuille de papier, ensuite on pliait la feuille et le livre se composait de ces feuilles que l'on cousait ensemble.&lt;/i&gt;&#034; Il existait aussi une autre m&#233;thode qui, apparemment, n'&#233;tait pas en usage &#224; l'&#233;poque de Rashideddin et avait &#233;t&#233; invent&#233;e plus tard. Elle consistait &#224; utiliser les moules de tous les caract&#232;res de l'&#233;criture chinoise. Ils remplissaient ces moules de terre ou de m&#233;tal et obtenaient ainsi des cubes sur lesquels figuraient ces lettres, &#224; l'envers et de fa&#231;on saillante. Ces cubes en terre ou en m&#233;tal remplissaient la m&#234;me fonction que celle des caract&#232;res en plomb que nous utilisons aujourd'hui&#8230; (6:6982-6983) Comme nous l'avons &#233;voqu&#233;, bien que l'imprimerie ait &#233;t&#233; en usage bien des si&#232;cles avant Gutenberg en Assyrie et en Chine, et au douzi&#232;me si&#232;cle en Hollande et en Andalousie, sous forme de plaques grav&#233;es (7:657), le premier grand pas accompli dans cette industrie a &#233;t&#233; l'invention des caract&#232;res mobiles en m&#233;tal en 1453, qui a remplac&#233; l'usage du bois par celui du plomb. Ceci a ouvert l'acc&#232;s &#224; une certaine connaissance de la civilisation humaine &#224; tous les passionn&#233;s des sciences. Cette industrie se r&#233;pandit peu &#224; peu en France, aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, en Suisse et en Italie, de sorte qu'&#224; la fin du quinzi&#232;me si&#232;cle, elle &#233;tait en usage dans la plupart des villes europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La premi&#232;re imprimerie et le premier livre imprim&#233; en Iran&lt;/h3&gt;&lt;dl class='spip_document_1393 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L269xH320/838-2-4fb01.jpg?1686645127' width='269' height='320' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:269px;'&gt;&lt;strong&gt;Machine &#224; imprimer (polygraphe) du journal Ettela'at&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du XVIIe, &#224; l'&#233;poque de la dynastie des Safavides, des missionnaires catholiques vinrent &#224; Ispahan et s'y install&#232;rent. Les premiers &#233;taient des Augustins portugais (8:11). A leur suite, en 1604, Sh&#226;h Abb&#226;s for&#231;a les Arm&#233;niens de Jolfa et de la rive Arass &#224; &#233;migrer &#224; Ispahan (7:657). D'autres missionnaires arriv&#232;rent aussi afin de propager leur religion (9:11) : les Carm&#233;lites r&#233;form&#233;s en 1606, des Capucins fran&#231;ais, des J&#233;suites et peu de temps apr&#232;s eux, des Dominicains. Tous prirent r&#233;sidence &#224; Ispahan (8 :12).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Carm&#233;lites s'&#233;taient d'abord rendus &#224; Bassora en 1604 et apr&#232;s y avoir pass&#233; dix-neuf ans, ils &#233;taient venus en Iran, &#224; Ispahan. Certains d'entre eux, apr&#232;s avoir appris la langue persane, ont r&#233;dig&#233; de tr&#232;s bons ouvrages. L'un d'eux, Ange de Saint-Joseph, originaire de Toulouse, arriva en Iran en 1660. Il fit publier &#224; Paris, en 1681, sous l'ordre de Louis XIV, &lt;i&gt;L'Histoire de la Perse&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La Pharmacop&#233;e persane&lt;/i&gt;. Cet ouvrage comprend notamment une traduction d'Hippocrate du persan au latin. Il proc&#233;da aussi &#224; la traduction des termes et expressions persans en latin, fran&#231;ais et italien dans &lt;i&gt;Gazophylacium Linguae persarum&lt;/i&gt;, publi&#233; &#224; Amsterdam en 1684. Selon Tavernier, l'un des Arm&#233;niens de Jolfa qui s'appelait Jacob Jean et &#233;tait menuisier, ramena d'Europe en 1641 une imprimerie &#224; l'aide de laquelle il publia des &#233;p&#238;tres, des pri&#232;res et des incantations. Avant la mise en place de cette imprimerie &#224; Ispahan, un livre avait &#233;t&#233; publi&#233; &#224; Jolfa, &lt;i&gt;La Vie ancestrale (Wark Harantz&lt;/i&gt;), dont les caract&#232;res avaient &#233;t&#233; fabriqu&#233;s avec l'aide de Khatchatour Kissarani, archev&#234;que arm&#233;nien. Un exemplaire de ce livre est conserv&#233; actuellement dans l'&#233;glise de cette ville avec des sp&#233;cimens des caract&#232;res d'imprimerie en laiton de la taille d'une main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imprimerie qui avait &#233;t&#233; fond&#233;e par Khatchatour fonctionna jusqu'en 1687 et l'on y publia plusieurs ouvrages en langue arm&#233;nienne. De m&#234;me, un pr&#234;tre arm&#233;nien importa &#224; Ispahan en 1701 une imprimerie dont les caract&#232;res &#233;taient en bois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1844, M&#226;nouk Hourt&#226;ni&#226;n, un commer&#231;ant arm&#233;nien originaire de Jolfa qui r&#233;sidait &#224; Dj&#226;veh, offrit une machine d'imprimerie avec des &#233;quipements plus modernes &#224; l'&#233;glise V&#226;nk. Mais &#224; l'&#233;poque, personne ne savait s'en servir, et cette machine resta pr&#232;s de quarante ans dans le d&#233;p&#244;t de l'&#233;glise et l'on ignore toujours si elle fut utilis&#233;e ou non. Cette machine est connue aujourd'hui sous le nom d' &#034;aigle&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imprimerie de l'&#233;glise V&#226;nk a fonctionn&#233; pendant 330 ans et outre les calendriers et les rapports publi&#233;s &#224; l'intention des instituts religieux, elle a &#224; son actif environ 263 ouvrages publi&#233;s gr&#226;ce aux efforts des archev&#234;ques arm&#233;niens (3:43).&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1394 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH269/838-3-f2f57.jpg?1686645127' width='358' height='269' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;L'imprimerie du journal Ettela'at&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Encyclop&#233;die Britannicus, section lexique de litt&#233;rature arm&#233;nienne, il est fait mention d'une feuille de grand format imprim&#233;e en arm&#233;nien en 1640 &#224; Jolfa et qui est un rapport des P&#232;res du d&#233;sert. Par cons&#233;quent, il est &#233;vident que l'imprimerie arabe a &#233;t&#233; diffus&#233;e en Iran avant de l'avoir &#233;t&#233; dans l'empire Ottoman, o&#249; le premier livre imprim&#233; avec ces caract&#232;res, S&#226;heh Djohari, date de l'an 1728. &#034;&lt;i&gt;Cependant l'imprimerie existait bien avant dans ce pays mais avec d'autres caract&#232;res, et en 953, le premier livre arabe qui sortit de l'imprimerie fut la Torah en arabe dont les caract&#232;res &#233;taient en h&#233;breu&lt;/i&gt;&#034; (11:12).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant de longues ann&#233;es, les Iraniens de langue persane ne manifest&#232;rent aucun int&#233;r&#234;t pour l'imprimerie et ne b&#233;n&#233;fici&#232;rent que beaucoup plus tard des opportunit&#233;s qu'elle leur offrait. M&#234;me s'ils en parlaient quelques fois, cela restait un projet qui ne se r&#233;alisait pas. Chardin (1643-1713), voyageur fran&#231;ais venu en Iran &#224; l'&#233;poque du roi safavide Soleym&#226;n, &#233;crit ainsi dans son r&#233;cit de voyage : &#034;&lt;i&gt;Les Iraniens ont pris conscience des utilit&#233;s de l'imprimerie et d&#233;sirent vraiment que cette industrie s'introduise dans leur pays. Cependant, il ne se trouve personne pour r&#233;aliser ce souhait. Le fr&#232;re du ministre de la Cour, qui est l'un des proches du Sh&#226;h, voulait n&#233;gocier avec moi afin de faire venir des ouvriers de France, pour lui apprendre cette technique. Il avait montr&#233; au roi les livres imprim&#233;s en arabe et en persan que je lui avais apport&#233;s et le roi avait accept&#233; cette proposition. Mais d&#232;s qu'il a &#233;t&#233; question de payer de l'argent, tout ce qu'on avait projet&#233; est tomb&#233; &#224; l'eau&lt;/i&gt;&#034; (13).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la cr&#233;ation des imprimeries en langue persane en Iran, aucun progr&#232;s ne fut r&#233;alis&#233; pendant 150 ans (3:43) &#224; cause des &#233;v&#233;nements et des changements survenus pendant les derni&#232;res ann&#233;es du r&#232;gne des Safavides et des incidents qui eurent lieu &#224; l'&#233;poque des Q&#226;dj&#226;rs. Les imprimeries existantes furent mises hors d'usage et rest&#232;rent totalement inusit&#233;es (7:658) jusqu'en 1789, date &#224; laquelle le prince Abb&#226;s Mirz&#226;, protecteur des sciences et des lettres et grand passionn&#233; d'Histoire et de r&#233;cits de voyage, fut nomm&#233; gouverneur de l'Azerba&#239;djan par Fath Ali Sh&#226;h (7:658). C'est lors de son gouvernement que les deux guerres de l'Iran et de la Russie eurent lieu. D&#233;cid&#233; &#224; regagner les provinces caucasiennes de l'Iran prises par les Russes, il r&#233;alisa qu'avec les moyens et les m&#233;thodes pr&#233;sents et les tactiques de d&#233;fense traditionnelles, il ne pourrait gu&#232;re avoir l'espoir de sauver la guerre. Il fallait adopter le nouveau syst&#232;me des Europ&#233;ens en faisant venir des &#233;ducateurs et des entra&#238;neurs, des canonniers et de l'artillerie de la France et de l'Angleterre et remodeler l'arm&#233;e selon leur conception (14). Il rassembla autour de lui un grand nombre de savants, d'hommes de lettres, de traducteurs et de ma&#238;tres d'industrie (7:658) et une effervescence se fit sentir alors dans l'&#233;volution des travaux entrepris. Dans un premier temps, des personnes furent envoy&#233;es en Europe pour apprendre les arts et les techniques n&#233;cessaires. En voyant le train qu'avaient pris les &#233;volutions, d'autres gens se joignirent &#224; ce projet et cherch&#232;rent &#224; introduire les techniques nouvelles en Iran. L'imprimerie devint &#224; nouveau le centre des attentions et avec les encouragements d'Abb&#226;s Mirz&#226;, de nombreuses personnes import&#232;rent &#224; Tabriz des imprimeries &#224; caract&#232;res de plomb (typographie) et de pierre (lithographie) (15). En 1815, Mirz&#226; Zeyn-ol-&#226;bedin Tabrizi fit venir une imprimerie de Russie ou de l'Empire ottoman &#224; Tabriz et publia dans la m&#234;me ann&#233;e &lt;i&gt;Res&#226;leh-ye Djah&#226;dieh&lt;/i&gt; de Mirz&#226; Bozorg Gh&#226;em Magh&#226;m. A ce propos, Hotem Schindler &#233;crit dans une lettre adress&#233;e &#224; Seyyed Hassan Taghiz&#226;deh : &#034;&lt;i&gt;&#8230;En 1816, un nomm&#233; Agh&#226; Zeyn-ol-&#226;bedin Tabrizi&lt;/i&gt; &lt;i&gt;a install&#233; &#224; Tabriz une imprimerie typographique &#224; l'&#233;quipement r&#233;duit, c'est-&#224;-dire uniquement dot&#233;e de caract&#232;res d'imprimerie, sous la protection d'Abb&#226;s Mirz&#226;, alors gouverneur de l'Azerba&#239;djan, et apr&#232;s un certain temps, a fini la publication d'un livre intitul&#233; &lt;/i&gt;Fath N&#226;meh. &lt;i&gt;Ce fut le premier livre &#224; avoir &#233;t&#233; imprim&#233; avec des caract&#232;res arabes. L'&#233;crivain dudit livre &#233;tait Mirz&#226; Abolgh&#226;ssem Gh&#226;em Magh&#226;m et il y rapporte les &#233;v&#233;nements de la guerre qui eut lieu en 1811 entre les Etats russe et perse et qui prit fin &#224; la signature du trait&#233; de paix dat&#233; du 12 octobre 1813, &#233;quivalent du 16 zighaadeh 1228 (de l'h&#233;gire)&lt;/i&gt;. (11 :12) A la m&#234;me date, deux th&#232;ses portant sur la guerre sainte furent publi&#233;es. L'une d'elles fut r&#233;imprim&#233;e deux fois &#224; Tabriz en quinze mois.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1395 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L259xH448/838-4-902fd.jpg?1686645127' width='259' height='448' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:259px;'&gt;&lt;strong&gt;Une page du Journal (Rouzn&#226;meh) &#8220;dolat ellieh Iran&#8221;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;A la fin de l'ann&#233;e 1818, Mirz&#226; S&#226;leh Shir&#226;zi - l'un des cinq &#233;tudiants de la deuxi&#232;me s&#233;rie envoy&#233;e en Europe &#224; l'&#233;poque de Fath Ali Sh&#226;h -, tout en &#233;tudiant les langues fran&#231;aise et anglaise, avait profit&#233; de l'occasion pour acqu&#233;rir des connaissances dans le domaine de l'imprimerie : la fabrication des caract&#232;res et leur fragmentation, la fa&#231;on de les graver, la pr&#233;paration de l'encre. D&#232;s qu'il avait su qu'il allait quitter Londres, il avait pens&#233; &#224; revenir en Iran afin de mettre son savoir au service de l'Etat. Il pensait depuis longtemps d&#233;j&#224; &#224; une machine d'imprimerie et des &#233;quipements pour graver les caract&#232;res sur du cuivre, c'est pourquoi il convint avec un expert dans ce domaine, qui avait imprim&#233; la Bible en persan, hindou, arabe, syriaque et d'autres langues, d'aller travailler deux heures par jour dans son imprimerie pour apprendre &#224; manier cette technique. Il loua alors trois chambres pr&#232;s de l'atelier, l'une faisant office de salon et les deux autres servant de chambres &#224; coucher pour lui et son &#233;ducateur, monsieur Balgor. Lui-m&#234;me s'y rendit tous les jours de 2h30 &#224; 4h30, v&#234;tu d'habits anglais (16). A la fin de son s&#233;jour, il acheta avec l'aide de son ma&#238;tre les &#233;quipements n&#233;cessaires &#224; une petite imprimerie et revint en Iran apr&#232;s trois ans, neuf mois et vingt jours (17). Il installa apparemment les machines &#224; Tabriz (13:230). A propos de son apprentissage, il &#233;crit lui-m&#234;me dans son livre - &lt;i&gt;Le R&#233;cit de voyage de Mirz&#226; S&#226;leh &lt;/i&gt;- : &#034;&lt;i&gt;&#8230;Vendredi le 17 juin 1819 &#233;quivalent au 20 sha'aban 1235, j'entendis de Gholonel Kh&#226;n&lt;/i&gt; - Colonel Kh&#226;n ou monsieur Mitcher Darcy, officier membre de l'arm&#233;e de Abb&#226;s Mirz&#226;, qui avait r&#233;sid&#233; en Iran - &lt;i&gt;que nous serions en route pour l'Iran le 10 juillet. J'allai alors chez monsieur Watts &#224; l'imprimerie duquel je m'&#233;tais rendu tous les jours pendant deux heures et qui, pour lui rendre justice, m'a tout appris de cette technique, du d&#233;but &#224; la fin, avec bienveillance, bont&#233; et honn&#234;tet&#233;. Ils se sont vraiment bien comport&#233;s avec moi, lui et sa femme. Il m'a procur&#233; des &#233;quipements d'imprimerie et une petite machine &#224; un prix tr&#232;s bas. Je lui ai pr&#234;t&#233; une partie de la somme que j'avais emprunt&#233;e &#224; Sir Gor Ozli&lt;/i&gt; - ancien repr&#233;sentant de l'Angleterre en Iran -&lt;i&gt; pour l'achat de ces &#233;quipements. Gholonel Kh&#226;n s'est occup&#233; des pr&#233;paratifs du voyage et des bagages de tout le monde&#8230;&lt;/i&gt;&#034; (3:43) Ainsi qu'il l'a mentionn&#233; dans son r&#233;cit de voyage, il a ramen&#233; une machine d'imprimerie avec lui &#224; Tabriz, et plus tard lors de ses voyages &#224; Londres et &#224; Saint- P&#233;tersbourg, il en a rapport&#233; d'autres encore (7:658). Modjtab&#226; Minavi affirme aussi que l'imprimerie ramen&#233;e d'Angleterre et install&#233;e &#224; Tabriz par Mirz&#226; S&#226;leh, fut la premi&#232;re &#224; servir &#224; imprimer des livres en persan (13:230).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1817, Mohammad Hossein Kh&#226;n Andalib K&#226;sh&#226;ni, le prince des po&#232;tes de la cour de Fath Ali Sh&#226;h, fit venir Mirz&#226; Zeyn-ol-&#226;bedin de Tabriz &#224; T&#233;h&#233;ran pour faire imprimer son recueil de po&#232;mes ainsi que celui de son p&#232;re, Fath Ali Kh&#226;n Sab&#226;. A propos de la venue de Mirz&#226; Zeyn-ol-&#226;bedin &#224; T&#233;h&#233;ran, Schindler &#233;crit : &#034;&lt;i&gt;Fath Ali Sh&#226;h convoqua en 1821 Mirz&#226; Zeyn-ol-&#226;bedin dans la capitale. Celui-ci s'installa d'abord chez le prince des po&#232;tes, car ce dernier n'avait aucune connaissance de cette technique. Ensuite Manoutchehr Kh&#226;n Mo'tamed-ol-doleh (18) le re&#231;ut chez lui. Peu apr&#232;s, Mirz&#226; Zeyn-ol-&#226;bedin imprima un exemplaire du Coran calligraphi&#233; par Mirz&#226;y-e Tabrizi, connu sous le nom de &#034;Coran de Mo'tamedi&#034;. Mirz&#226; Zeyn-ol-&#226;bedin avait quelques apprentis dont l'un d'entre eux, le d&#233;funt Mirb&#226;gher fit une impression lithographique de N&#226;sekh-ol-tav&#226;rikh &#233;crit par Less&#226;n-ol-molk&lt;/i&gt;&#034; (11:12).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des premiers livres &#224; avoir &#233;t&#233; imprim&#233; &#224; Tabriz (13 :231) fut &lt;i&gt;Ma'asser-e Solt&#226;ni&lt;/i&gt;. Il fut publi&#233; avec des caract&#232;res d'imprimerie gr&#226;ce aux efforts de Moll&#226; Mohammad Tabrizi. Dans l'histoire de la publication de ce livre, il est fait allusion &#224; Mirz&#226; Zeyn-ol-&#226;bedin qui &#034;&lt;i&gt;avec les encouragements de Manoutchehr Kh&#226;n, imprima de nombreux exemplaires de livres rapportant les paroles du proph&#232;te.&lt;/i&gt;&#034; L'imprimerie lithographique de Tabriz fut ferm&#233;e apr&#232;s la mort d'Abb&#226;s Mirz&#226; (11:12).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, Abb&#226;s Mirz&#226; ne se contenta pas de ces deux personnes et envoya Mirz&#226; Dja'far Tabrizi &#224; Moscou pour apprendre cette technique. Celui-ci ramena &#224; Tabriz en 1822 une machine d'imprimerie en plomb avec laquelle il imprima en 1824 un exemplaire du &lt;i&gt;Golest&#226;n&lt;/i&gt; de Saadi. (19)&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1396 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L357xH269/838-5-c34f0.jpg?1686645127' width='357' height='269' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;L'imprimerie du journal Ettela'at&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, lorsque Mirz&#226; Mohammad S&#226;leh Shir&#226;zi devint ministre &#224; T&#233;h&#233;ran, il envoya, avec de lourdes d&#233;penses, un nomm&#233; Mirz&#226; Assadoll&#226;h, originaire de la r&#233;gion de Fars, &#224; Saint-P&#233;tersbourg pour acqu&#233;rir la science de l'imprimerie. Apr&#232;s son retour, il installa une imprimerie lithographique &#224; Tabriz avec l'assistance d'Agh&#226; Rez&#226; (20). Apparemment, c'est lui qui fit r&#233;pandre cette technique &#224; Tabriz, car dans &lt;i&gt;Ma'asser-e Solt&#226;ni&lt;/i&gt; il est &#233;crit que : &#034;&lt;i&gt;L'un des ing&#233;nieux de la cour de Tabriz lui apporta la calligraphie pour les caract&#232;res&#8230; La beaut&#233; de son &#233;criture engendra la jalousie des calligraphes&lt;/i&gt;&#034; (20:312).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La publication des livres avec des caract&#232;res d'imprimerie s'arr&#234;ta &#224; Tabriz peu apr&#232;s la mort d'Abb&#226;s Mirz&#226; en 1834. Environ dix ans plus tard, en 1845 ou 1846, ces imprimeries furent ferm&#233;es et pendant presque plus de soixante ans, l'imprimerie en Iran ne se fit que de fa&#231;on lithographique (13:232). Le premier livre &#224; avoir &#233;t&#233; imprim&#233; avec ce proc&#233;d&#233; par Mirz&#226; Assadoll&#226;h fut le Coran, publi&#233; en 1832 qui fut suivi par la publication de &lt;i&gt;Z&#226;d-ol-ma'&#226;d&lt;/i&gt; deux ans plus tard. Ces deux livres avaient &#233;t&#233; calligraphi&#233;s par Mirz&#226; Hassan Khoshnevis (21).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les livres imprim&#233;s &#224; T&#233;h&#233;ran&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'avons vu plus haut, apr&#232;s l'arriv&#233;e de Mirz&#226; Zeyn-ol-&#226;bedin &#224; T&#233;h&#233;ran, tout ce qui a &#233;t&#233; imprim&#233; dans les ann&#233;es 1820 &#224; 1843, l'ann&#233;e o&#249; Manoutchehr Kh&#226;n &#233;tait encore en vie, l'a &#233;t&#233; gr&#226;ce aux efforts de ce dernier. Apr&#232;s son d&#233;c&#232;s, toutes les publications datant de cette &#233;poque sont connues sous le nom des Editions Mo'tamed.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ces publications, nous pouvons citer &lt;i&gt;Heyvat-ol-gholoub &lt;/i&gt;de Majlesi, imprim&#233; en 1824, &lt;i&gt;Ein-ol-heyv&#226;&lt;/i&gt; en 1825, &lt;i&gt;Djala-ol-ayoune&lt;/i&gt; la m&#234;me ann&#233;e, ainsi que le &lt;i&gt;Hagh-ol-yaghine&lt;/i&gt; et le deuxi&#232;me tome de &lt;i&gt;Heyvat-ol-gholoub&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;Z&#226;d-ol-ma'&#226;d&lt;/i&gt; en 1834.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, dans cette imprimerie &#224; caract&#232;res en plomb, ont &#233;t&#233; publi&#233;s : &lt;i&gt;Meft&#226;h-ol-nobovvat&lt;/i&gt; de H&#226;dji Moll&#226; Rez&#226; Hamed&#226;ni en 1240, Esh&#226;r&#226;t-ol-osoul de H&#226;dji Mohammad Ebr&#226;him Karb&#226;ssi en 1245, le Coran en 1258, Mokht&#226;r n&#226;meh en 1844, Mad&#226;en-ol-oloum astar &#226;b&#226;di en 1845 et le second tome de Heyvat-ol-gholoub en 1846. A la m&#234;me &#233;poque, &lt;i&gt;Ress&#226;leh hosnieh&lt;/i&gt; fut imprim&#233; avec un proc&#233;d&#233; identique en 1845 &#224; Ispahan, ainsi que So&#226;l va Djav&#226;b de H&#226;dji Mohammad B&#226;gher, un religieux de haut rang, en 1846.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s Tabriz, T&#233;h&#233;ran et Ispahan, Oroumieh est la ville la plus ancienne &#224; avoir &#233;t&#233; pourvue, d&#232;s 1840, d'une machine &#224; caract&#232;res d'imprimerie en plomb, capable d'imprimer en arabe, syriaque et anglais. Le docteur J. Perkin, l'un des premiers am&#233;ricains &#224; &#234;tre venu &#224; Oroumieh, a &#233;crit ainsi dans son livre, &lt;i&gt;Huit ans en Iran&lt;/i&gt;, &#224; propos de leur premi&#232;re imprimerie : &#034;&lt;i&gt;Le 7 novembre 1840 (12 ramez&#226;n 1256), l'imprimeur, monsieur Britt, revint des Etats-Unis, muni d'une petite machine d'imprimerie transportable. Il la mit en marche le 21 novembre (26 ramez&#226;n) et nous f&#238;mes publier quelques textes en syriaque. Les musulmans de la ville nous savaient gr&#233; de la venue de notre imprimerie. L'astrologue de la ville s'adressa &#224; notre bureau pour nous prier de faire publier son calendrier de l'an 1841. Le 30 novembre (5 chav&#226;l), nous entam&#226;mes la publication du Zabour en ancien syriaque&#8230;&lt;/i&gt;&#034; (11:13-14)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s Oroumieh, des imprimeries furent mises en marche par ordre chronologique &#224; Boushehr, Mashhad, Bandar Anzali, Rasht, Ardebil, Hamed&#226;n, Khoy, Ghazvin, Kerm&#226;nch&#226;h, Kerm&#226;n, Garouss et K&#226;sh&#226;n (11:14).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au retour de son premier voyage, N&#226;sseredin Sh&#226;h acheta une machine d'imprimerie &#224; caract&#232;res en plomb, dot&#233;e d'une typographie, au prix de cinq cents lires ottomans &#224; Istanbul et la ramena &#224; T&#233;h&#233;ran. Mais elle ne fut pas exploit&#233;e jusqu'&#224; ce que le Baron Normand, qui avait obtenu les droits de publication du journal &lt;i&gt;La Patrie&lt;/i&gt;, la r&#233;pare et la remette en &#233;tat. Il importa les caract&#232;res latins en plomb en Iran (13:233-234).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La publication des journaux&lt;/h3&gt;&lt;dl class='spip_document_1397 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L239xH358/838-6-6d179.jpg?1686645127' width='239' height='358' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:239px;'&gt;&lt;strong&gt;L'imprimerie du journal Ettela'at, 2003&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le mot &#034;&lt;i&gt;rouzn&#226;meh&lt;/i&gt;&#034; - journal - en persan, est un tr&#232;s vieux mot et dans de nombreux livres datant des premiers si&#232;cles islamiques, on le retrouve soit sous sa forme actuelle, soit sous sa forme arabis&#233;e &#034;&lt;i&gt;rouzn&#226;mdjeh&lt;/i&gt;&#034;. Il a &#233;t&#233; dit, par exemple, que S&#226;heb Ben Eb&#226;d, &#233;crivain et fameux ministre des Bouyides, poss&#233;dait au XIe si&#232;cle un &lt;i&gt;rouzn&#226;mdjeh&lt;/i&gt; et y rapportait les &#233;v&#233;nements journaliers. Le mot rouzn&#226;meh s'employait donc dans les temps anciens dans le sens de journal des notes et des rapports quotidiens (13:234). Le mot existait en persan bien avant que Mirz&#226; S&#226;leh ne l'appelle &#034;papier de nouvelles&#034; - ce qui est une traduction litt&#233;rale du mot anglais &#034;newspaper&#034;. Cette expression fut employ&#233;e dans son sens premier au cours de ces derniers si&#232;cles et les rapports que les chroniqueurs envoyaient de tous les coins du monde &#224; l'Etat &#233;taient nomm&#233;s &lt;i&gt;rouzn&#226;meh&lt;/i&gt; (20:449). Ainsi H&#226;fez dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;R&#233;pands de l'eau sur le journal de nos actions&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Puisse-t-elle en effacer les lettres du p&#233;ch&#233;&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long du r&#232;gne de Fath Ali Sh&#226;h et de celui de Mohammad Sh&#226;h ainsi qu'aux d&#233;buts de celui de N&#226;ssereddin Sh&#226;h, l'expression &#034;papier de nouvelles&#034; &#233;tait en usage mais elle fut peu &#224; peu remplac&#233;e par le mot &lt;i&gt;rouzn&#226;meh&lt;/i&gt;. A l'&#233;poque de N&#226;sseredin Sh&#226;h, le mot &lt;i&gt;rouzn&#226;meh&lt;/i&gt; fut d&#233;sormais consid&#233;r&#233; dans son sens actuel et sa signification ancienne devint inusit&#233;e (20:449).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'entamer la publication du journal, Mirz&#226; S&#226;leh fit sortir un num&#233;ro sp&#233;cial (20:45) le lundi 1er mai 1837. Dans ce num&#233;ro, il &#233;voqua longuement la n&#233;cessit&#233; d'&#233;duquer le peuple en le tenant au courant. S'ensuit alors l'&#233;loge du roi, Mohammad Sh&#226;h, qui traitait tr&#232;s bien son peuple, surtout ceux qui s'effor&#231;aient de faire progresser le pays et de le rendre ind&#233;pendant des produits &#233;trangers en cr&#233;ant des usines et des manufactures (20:450). Voici un extrait de ce texte :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;Ce num&#233;ro est publi&#233; &#224; l'intention des r&#233;sidents des pays bien prot&#233;g&#233;s de l'Iran. Il ne pourrait leur rester cach&#233; que la volont&#233; imp&#233;riale a d&#233;cid&#233; qu'il fallait les &#233;duquer. Et comme la plus grande part dans l'&#233;ducation revient &#224; la connaissance de tout ce qui se passe dans le monde, un &#034;papier de nouvelles&#034; va donc &#234;tre publi&#233; par ordre imp&#233;rial, qui comprendra les nouvelles de l'Orient et de l'Occident et sera exp&#233;di&#233; de part et d'autre du pays&#8230;&lt;/i&gt;&#034; (24). Ce num&#233;ro sp&#233;cial fut publi&#233; en deux pages et nous ignorons si d'autres num&#233;ros de cette sorte sortirent de l'imprimerie ou non. Mais trois mois plus tard, le journal de Mirz&#226; S&#226;leh fut publi&#233; et ce fut le premier journal &#224; avoir &#233;t&#233; imprim&#233; en persan et sur le sol iranien (13:453). En ce qui concerne sa forme et son contenu, c'&#233;tait un journal d'Etat mensuel qui avait les dimensions &#034;d'une grande feuille&#034;. Selon Mirz&#226; S&#226;leh, la qualit&#233; de l'impression n'&#233;tait pas excellente, elle se faisait par lithographie (25). Un c&#244;t&#233; de la feuille &#233;tait blanc, sur l'autre figurait la phrase : &#034;Imprim&#233; dans la capitale T&#233;h&#233;ran&#034; et rapportait des nouvelles de la ville de T&#233;h&#233;ran, des villages, de l'Anatolie et de l'Arm&#233;nie (13:236). Selon l'ouvrage &lt;i&gt;Histoire des journaux et des revues en Iran&lt;/i&gt;, l'ensemble comptait au total 217 lignes, titre des articles compris (22:304).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ali Moshiri a &#233;tudi&#233; deux exemplaires de ce journal, conserv&#233;s &#224; la biblioth&#232;que du mus&#233;e d'Angleterre sous le num&#233;ro O.P.3 (13), et les d&#233;crit ainsi dans un article publi&#233; dans la revue Sokhan : &#034;&lt;i&gt;Ce journal, d'une largeur de 40 cm, sortait en deux pages, les titres &#233;taient imprim&#233;s avec des caract&#232;res typographiques et les articles avec des caract&#232;res lithographiques ; le journal &#233;tait d&#233;pourvu de nom. La premi&#232;re page &#233;tait consacr&#233;e aux nouvelles des pays orientaux et la seconde &#224; celles des pays occidentaux. En haut de la page, figure l'embl&#232;me du lion et du soleil d'une &#233;paisseur de 5cm sur 5cm et 2 cm plus bas, &#224; gauche, est &#233;crit, avec des caract&#232;res typographiques, &#034;imprim&#233; dans la capitale&#034;&lt;/i&gt;&#034; (13:236-237). Du &#034;papier des nouvelles&#034;, c'est-&#224;-dire du premier journal publi&#233; en Iran, il reste trois num&#233;ros : une copie du num&#233;ro paru en mai 1837 est conserv&#233;e au si&#232;ge de la revue &lt;i&gt;Royale Asiatique de Londres &lt;/i&gt;et deux exemplaires originaux des journaux sortis en septembre et novembre de la m&#234;me ann&#233;e sont conserv&#233;s au mus&#233;e de la Grande-Bretagne (26).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1836 &#224; 1875, d'autres journaux aussi importants parurent qui avaient pour titre : &lt;i&gt;Rouzn&#226;meh melati, Rouzn&#226;meh elmieh dolat ellieh Iran, Rouzn&#226;meh dolat ellieh Iran&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Merikh&lt;/i&gt; ; par la suite la parution des journaux se r&#233;pandit de fa&#231;on continue.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'imprimerie sous N&#226;ssereddin Sh&#226;h&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sous le r&#232;gne du roi N&#226;ssereddin Sh&#226;h, la publication des journaux entra&#238;na une v&#233;ritable &#233;volution dans l'industrie de l'imprimerie. Le pouvoir politique consid&#233;ra apparition des journaux, le d&#233;veloppement du journalisme ainsi que de l'esprit critique comme une menace. Il d&#233;cida donc aussit&#244;t d'imposer son contr&#244;le aux activit&#233;s des journaux et des imprimeries.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1398 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH261/838-7-09bc1.jpg?1686645127' width='448' height='261' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;La reliure du journal Ettela'at&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, le journalisme et l'imprimerie se li&#232;rent organiquement &#224; la vie politique, sociale et culturelle des Iraniens. C'est dans ce contexte que le pouvoir politique d&#233;veloppa sa politique de surveillance : les imprimeries devaient se soumettre &#224; la censure, et les journaux risquaient d'&#234;tre interdits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, cette p&#233;riode est marqu&#233;e par le progr&#232;s consid&#233;rable de la qualit&#233; technique de l'imprimerie : les r&#233;cits de voyage de N&#226;ssereddin Sh&#226;h, calligraphi&#233;s par Mirz&#226; Rez&#226; Kalhor et illustr&#233;s par les peintres Mirz&#226; Bozorg et Mirz&#226; Abou-Tor&#226;b Ghaff&#226;ri sont des exemples du d&#233;veloppement de l'imprimerie iranienne pendant la seconde moiti&#233; du XIXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fondation de Dar-ol-Fonoun (premi&#232;re &#233;cole sup&#233;rieure moderne en Iran) entra&#238;na pour sa part la publication d'ouvrages didactiques et de manuels scolaires. Dar-ol-Fonoun fonda sa propre imprimerie en 1852 et se sp&#233;cialisa dans la publication de livres scientifiques et techniques. Cet atelier demeura actif jusqu'en 1883. N&#226;ssereddin Sh&#226;h fonda ensuite l'Imprimerie royale, charg&#233;e de la publication des livres et des journaux et chargea un ministre du contr&#244;le des activit&#233;s des imprimeries, des journaux et de la presse. Le minist&#232;re des Publications et de la Presse envoya Mirz&#226; Ebr&#226;him Kh&#226;n en Europe pour qu'il y apprenne les techniques de la photographie et de la gravure. Plus tard, ce dernier fit un second voyage en Europe, accompagnant le roi Mozaffareddin Sh&#226;h, et ramena une petite machine d'impression typographique pour fonder &#224; T&#233;h&#233;ran l'imprimerie Khorshid. Cette imprimerie se sp&#233;cialisa dans les livres consacr&#233;s au savoir-vivre, &#224; la pratique du sport ou aux arts m&#233;nagers. Mirz&#226; Ebr&#226;him Kh&#226;n r&#233;ussit &#233;galement &#224; am&#233;liorer les techniques de gravure et certaines de ses gravures qui ont &#233;t&#233; publi&#233;es dans les journaux et des livres de l'&#233;poque de Mozaffareddin Sh&#226;h, sont des chefs-d'&#339;uvre de l'histoire de l'imprimerie en Iran.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'imprimerie et la R&#233;volution constitutionnelle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement constitutionaliste provoqua naturellement l'augmentation du nombre et du tirage des journaux, r&#233;sultat d'un taux de participation plus &#233;lev&#233; de la population &#224; la vie sociale et politique. Les groupes qui s'opposaient au pouvoir politique imprimaient dans leurs ateliers clandestins des pamphlets, des tracts et des journaux. Le nombre exact des journaux publi&#233;s &#224; l'&#233;poque de la R&#233;volution constitutionnelle nous reste inconnu, mais pendant cette p&#233;riode 42 ateliers d'imprimerie officiels &#233;taient actifs, certains d'entre eux &#233;tant les organes officiels du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1399 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH266/838-8-89e8d.jpg?1686645127' width='358' height='266' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Le quotidien Hamshahri est le premier journal en couleur de l'Iran&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la victoire de la R&#233;volution constitutionnelle, l'Assembl&#233;e nationale fonda une imprimerie qui devint rapidement l'une des plus importantes du pays. Dans le m&#234;me temps, la cour avait fond&#233; une nouvelle imprimerie royale, dirig&#233;e par Abdoll&#226;h Kh&#226;n proche de la cour q&#226;dj&#226;re. Cette imprimerie fut active jusqu'en 1910. Un autre atelier d'impression typographique publiait &#224; T&#233;h&#233;ran le Journal&lt;i&gt; Iran&lt;/i&gt;. Cet atelier fut actif de 1904 &#224; 1911. L'imprimerie officielle du gouvernement iranien, charg&#233;e de la publication du Journal officiel, fut fond&#233;e en 1910. Plusieurs autres journaux &#233;taient &#233;galement publi&#233;s dans cette imprimerie. Deux ans apr&#232;s la victoire de la R&#233;volution constitutionnelle, l'Assembl&#233;e nationale approuva la loi sur la presse. L'article 1 du premier chapitre de cette loi portait sur les activit&#233;s des imprimeries.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'imprimerie sous la dynastie pahlavie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Vers la fin du r&#232;gne des Q&#226;dj&#226;rs, quelques imprimeries poursuivaient encore la m&#233;thode d'impression lithographique &#224; T&#233;h&#233;ran et dans les provinces, mais sous le r&#232;gne du premier roi Pahlavi, l'impression lithographique tomba totalement en d&#233;su&#233;tude, bien qu'elle subsist&#226;t encore en province. Entre les deux guerres mondiales, c'est-&#224;-dire durant le r&#232;gne de Rez&#226; Sh&#226;h Pahlavi, l'industrie de la presse connut une importante &#233;volution qualitative et quantitative, notamment en mati&#232;re de publication de livres et de journaux. Lors de cette p&#233;riode postr&#233;volutionnaire, le gouvernement imposait un rigoureux r&#233;gime de censure aux publications. Seuls les journaux soutenant la politique du nouveau roi avaient le droit d'exister. Malgr&#233; cela, le nombre des imprimeries passa de 40 &#224; la fin du r&#232;gne q&#226;dj&#226;r &#224; 145 en 1936. 62 imprimeries se situaient &#224; T&#233;h&#233;ran (59 ateliers d'impression typographique et 3 ateliers d'impressions lithographique) et le reste dans les provinces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Treize imprimeries &#233;taient actives dans la province de l'Azerba&#239;djan de l'Est, onze ateliers fonctionnaient dans la province d'Ispahan, dix dans la province du Guil&#226;n, et neuf dans la province du Fars. Les villes de Gorg&#226;n, Kerm&#226;nsh&#226;h, K&#226;sh&#226;n, Qom, Mahall&#226;t, Ghazvin et Zanj&#226;n avaient chacune une imprimerie. De nombreuses petites et grandes machines furent import&#233;es de l'&#233;tranger. De 1928 &#224; 1938, le Minist&#232;re de l'Education nationale utilisa des nouveaux proc&#233;d&#233;s d'imprimerie pour la publication des livres scolaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois, ces livres, d'une bonne qualit&#233;, &#233;taient r&#233;&#233;dit&#233;s chaque ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant cette m&#234;me p&#233;riode, la premi&#232;re universit&#233; moderne iranienne ouvrit ses portes. Parall&#232;lement &#224; elle, le gouvernement et l'arm&#233;e cr&#233;&#232;rent de nombreux centres d'enseignement sup&#233;rieur, ce qui entra&#238;na la n&#233;cessit&#233; d'une publication &#224; grande &#233;chelle de livres scientifiques et techniques. Diff&#233;rentes institutions fond&#232;rent alors chacune leur propre imprimerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, plusieurs minist&#232;res et organes publics, l'arm&#233;e, la Banque Melli d'Iran (qui avait alors le statut de banque centrale), la Compagnie nationale des chemins de fer, etc., poss&#233;daient chacun leur imprimerie. Le r&#233;gime de Rez&#226; Sh&#226;h Pahlavi &#233;tait face &#224; un paradoxe : son souhait de d&#233;veloppement du pays qui s'accompagnait irr&#233;vocablement d'un d&#233;veloppement des activit&#233;s li&#233;es &#224; la presse, ceci alors que cette dictature ne pouvait se passer de surveillance et de censure polici&#232;re dans ce genre d'institutions. C'est pourquoi Rez&#226; Sh&#226;h d&#233;cida de confier &#224; la police la surveillance totale de toutes les imprimeries. Ces derni&#232;res devaient obtenir un permis pour l'impression de la moindre feuille.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1400 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH269/838-9-bfba5.jpg?1686645127' width='358' height='269' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Les quotidiens iraniens&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Un commissaire sp&#233;cial de la police v&#233;rifiait les textes &#224; imprimer, et pour autoriser l'impression de ces textes, y apposait un cachet qui les rendait r&#233;gulier ou valable. Sous le r&#232;gne de Rez&#226; Sh&#226;h, de nombreux ouvriers imprimeurs furent emprisonn&#233;s, et le Conseil d'administration du syndicat des imprimeurs fut oblig&#233; de dissoudre ce syndicat sous les pressions de la cour et de la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Neutre au d&#233;but de la Second Guerre mondiale, l'Iran fut envahi par les Alli&#233;s en ao&#251;t 1941. Les Alli&#233;s prirent le contr&#244;le de toutes les voies de communication iraniennes pour &#233;tablir leur &#034;pont de victoire&#034; entre le golfe Persique et le Caucase. Rez&#226; Sh&#226;h Pahlavi, r&#233;put&#233; &#234;tre d&#233;fenseur des int&#233;r&#234;ts de l'Axe, fut forc&#233; d'abdiquer en faveur de son fils, Mohammad Rez&#226; Sh&#226;h.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'imprimerie moderne iranienne&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de l'imprimerie moderne iranienne se divise historiquement en deux p&#233;riodes : d'abord une p&#233;riode de 37 ans, de 1941 &#224; 1978 ; sous le r&#232;gne du deuxi&#232;me et dernier roi de la dynastie Pahlavi, puis de 1979 jusqu'&#224; nos jours, c'est-&#224;-dire apr&#232;s la victoire de la R&#233;volution iranienne et l'&#233;tablissement de la R&#233;publique Islamique d'Iran. Au-del&#224; de cette classification historique et politique, l'histoire de l'imprimerie et de la publication de livres et de journaux se subdivise en plusieurs p&#233;riodes en fonction des facteurs techniques et socioculturels.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La libert&#233; de la presse de 1941 &#224; 1953&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pendant les douze premi&#232;res ann&#233;es du r&#232;gne du jeune roi (1941-1953), la presse iranienne connut une p&#233;riode de relative libert&#233; d'expression gr&#226;ce &#224; l'abolition des restrictions impos&#233;es &#224; l'&#233;poque de Rez&#226; Sh&#226;h. Le nombre des journaux augmenta consid&#233;rablement par rapport &#224; l'&#233;poque d'avant l'abdication de Rez&#226; Sh&#226;h. A T&#233;h&#233;ran, l'imprimerie T&#226;b&#226;n fut la premi&#232;re imprimerie priv&#233;e qui se dota de machines et d'&#233;quipements modernes et automatiques. Le groupe de presse Ettel&#226;at, qui poss&#233;dait une grande imprimerie d&#232;s avant ao&#251;t 1941, modernisa ses usines. De m&#234;me pour l'imprimerie de la Banque Melli d'Iran qui se munit d'&#233;quipements modernes. Cependant, en 1950, le gouvernement du Premier ministre, le g&#233;n&#233;ral Ali Razm&#226;r&#226;, imposa de nouvelles restrictions aux activit&#233;s des imprimeries et de la presse. La libert&#233; de la presse commen&#231;ait &#224; g&#234;ner le gouvernement et le pouvoir politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coup d'Etat de 1953 marqua la fin de cette relative libert&#233; de la presse. Mohammad Rez&#226; Sh&#226;h instaura un r&#233;gime policier, ce qui provoqua une v&#233;ritable crise pour le domaine de l'&#233;dition. De nombreuses imprimeries firent faillite et la police imposa un r&#233;gime de censure tr&#232;s rigoureux &#224; la presse et aux activit&#233;s des imprimeries.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;volution technique de l'imprimerie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1950, de nouvelles machines d'impression furent import&#233;es en Iran : le tirage &#224; la presse m&#233;canique fut remplac&#233; par la presse &#224; la rotative, l'offset, la quadrichromie, la phototypie, l'h&#233;liogravure, etc. A partir des ann&#233;es 1960, la publication de livres connut un grand essor avec la production sur une vaste &#233;chelle de livres de poche bon march&#233; et accessibles au grand public. Dans le m&#234;me temps, de nouveaux efforts furent d&#233;ploy&#233;s dans le domaine de la formation d'un personnel sp&#233;cialiste. L'imprimerie Nouri&#226;ni (fond&#233;e en 1930), cr&#233;a un centre de formation des ouvriers imprimeurs. Ce centre formait &#233;galement des techniciens pour l'entretien et la r&#233;paration des machines et des &#233;quipements de l'imprimerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1965, le minist&#232;re de l'Education nationale consacra plusieurs lyc&#233;es d'enseignements professionnels &#224; la formation d'ouvriers et de techniciens de l'imprimerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1966, les dipl&#244;m&#233;s de ces &#233;coles &#233;taient envoy&#233;s chaque ann&#233;e en Autriche pour des stages de formation suppl&#233;mentaire. Les conseillers autrichiens du Minist&#232;re de l'Education nationale fond&#232;rent finalement dans les ann&#233;es 1970 une &#233;cole d'imprimerie sp&#233;cialis&#233;e &#224; T&#233;h&#233;ran, centre toujours actif.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'imprimerie et la presse au seuil de la R&#233;volution de 1979&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pendant les ann&#233;es 1970, l'imprimerie et la presse iraniennes connurent une dure p&#233;riode. L'augmentation des revenus budg&#233;taires du pays et l'application de divers projets de d&#233;veloppement et de modernisation n&#233;cessitaient le d&#233;veloppement qualitatif et quantitatif de l'industrie de la presse et de l'imprimerie. Mais les politiques de surveillance et de censure cr&#233;aient de nombreux probl&#232;mes pour la production de livres et de journaux. L'importation d'&#233;quipements modernes devait r&#233;pondre aux besoins accrus, en particulier en mati&#232;re de livres scolaires et universitaires, cependant, la politique du gouvernement iranien &#233;tait en parfaite contradiction avec la diversit&#233; des mati&#232;res scolaires. Cette situation refl&#233;tait, en quelque sorte, l'impasse politique et sociale dans laquelle se trouvait la soci&#233;t&#233; iranienne pendant les derni&#232;res ann&#233;es du r&#232;gne de Mohammad Rez&#226; Pahlavi. Par cons&#233;quent, durant cette p&#233;riode, nous sommes t&#233;moins d'un &#034;march&#233; noir&#034; du livre, visant &#224; contourner la censure. Les produits de ce march&#233; noir florissant &#233;taient des livres interdits, appel&#233;s &#034;livres &#224; couverture blanche&#034; et produits dans des imprimeries clandestines mais parfois assez bien &#233;quip&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la R&#233;volution islamique (1978-1979), les imprimeries devinrent les importants points de ralliement des groupes oppos&#233;s au r&#233;gime des Pahlavis. Comme &#224; l'&#233;poque du mouvement de la nationalisation du p&#233;trole en 1953, un grand nombre d'imprimeries travaill&#232;rent 24 heures sur 24 durant la R&#233;volution. Le tirage des principaux journaux des groupes de presse jumeaux de T&#233;h&#233;ran c'est-&#224;-dire Ettel&#226;at et Keyh&#226;n d&#233;passa le record d'un million d'exemplaires par jour. Le quotidien Ayandeg&#226;n avait, quant &#224; lui, un tirage de pr&#232;s de 600 000 exemplaires par jour. Ces chiffres &#233;taient sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire de la presse iranienne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'imprimerie et la presse apr&#232;s la r&#233;volution et les d&#233;fis actuels&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En janvier 1979, les forces r&#233;volutionnaires oblig&#232;rent le Sh&#226;h &#224; s'exiler et en septembre 1980, l'Irak de Saddam Hussein abrogea unilat&#233;ralement l'accord d'Alger de 1975 et attaqua l'Iran. Durant cette p&#233;riode d'un an et demi, plus de 350 journaux furent publi&#233;s en Iran. Ils &#233;taient les voix des quelques 80 partis et organisations politiques actives de l'&#233;poque. Ceci poussa le Conseil supr&#234;me de la R&#233;volution &#224; approuver un r&#232;glement et deux lois pour r&#233;gulariser le march&#233; de la presse. La loi de la presse fut approuv&#233;e par le Conseil supr&#234;me de la R&#233;volution en ao&#251;t 1979, avant l'approbation par ledit Conseil d'une autre loi portant sur l'impression des documents et des Effets publics en juin 1979. Le Conseil supr&#234;me de la r&#233;volution a approuv&#233; &#233;galement un r&#232;glement portant sur l'&#233;tablissement des imprimeries en mars 1979.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir des ann&#233;es 1980, l'enseignement des techniques d'impression fut consid&#233;rablement d&#233;velopp&#233; non seulement &#224; T&#233;h&#233;ran mais aussi en province. Aujourd'hui, deux lyc&#233;es d'enseignement professionnel sp&#233;cialis&#233;s dans la technologie d'imprimerie, sont actifs &#224; Ispahan. Il y a &#233;galement deux autres lyc&#233;es similaires &#224; Machhad et &#224; Qom. Par ailleurs, l'Universit&#233; Sh&#226;hid Raj&#226;&#239; &#224; Laviz&#226;n (T&#233;h&#233;ran) et deux autres centres d'enseignement sup&#233;rieur &#224; T&#233;h&#233;ran forment &#233;galement des techniciens d'imprimerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois revues mensuelles sp&#233;cialis&#233;es sont publi&#233;es en Iran dans le domaine de la presse et de l'imprimerie : &#034;&lt;i&gt;Sanat-e Tch&#226;p&lt;/i&gt;&#034; (L'industrie de la presse), &#034;&lt;i&gt;Tch&#226;p va Bastebandi&lt;/i&gt;&#034; (Impression et emballage) et &#034;&lt;i&gt;Tch&#226;p va Entesh&#226;r&lt;/i&gt;&#034; (Edition et distribution). Par ailleurs, il existe plusieurs associations et organisations syndicales dans ce domaine : le syndicat des patrons d'imprimerie, le syndicat des lithographes, le syndicat des producteurs de plaques et de sceaux, le syndicat des relieurs, le syndicat des commer&#231;ants de papier et de carton, le syndicat des &#233;diteurs et des libraires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impression des timbres postaux et des effets &#233;mis par le Tr&#233;sor public, etc. s'effectue dans les imprimeries publiques conform&#233;ment aux lois et aux r&#232;glementations en vigueur. L'imprimerie sp&#233;ciale du papier-monnaie &#233;mis par la Banque centrale a &#233;t&#233; fond&#233;e en 1982 et elle imprime actuellement tous les billets de banque iraniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et enfin, le quotidien &lt;i&gt;Hamshahri&lt;/i&gt; est le premier journal en couleur de l'Iran, publi&#233; depuis 1992. Suite au d&#233;veloppement de l'industrie de la presse et de l'imprimerie en Iran, 140 m&#233;tiers li&#233;s &#224; ces industries ont &#233;t&#233; identifi&#233;s d'apr&#232;s le dernier recensement g&#233;n&#233;ral. Le d&#233;veloppement de la technologie informatique et num&#233;rique, l'usage des &#233;quipements photo&#233;lectriques, l'essor des moyens en t&#233;l&#233;communication et l'imp&#233;ratif de la publication des journaux nationaux simultan&#233;ment dans plusieurs grandes villes du pays constituent des d&#233;fis techniques actuels des imprimeries iraniennes.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;* Le premier chiffre fait r&#233;f&#233;rence au num&#233;ro correspondant &#224; l'un des ouvrages cit&#233;s &#224; la fin de l'article, et le second &#224; la page pr&#233;cise de cet ouvrage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes :&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; 1- B&#226;b&#226;z&#226;deh, Sh&#226;hl&#226;, &lt;i&gt;Histoire de l'imprimerie en Iran&lt;/i&gt;, T&#233;h&#233;ran, Librairie Teymouri, 1378, p.9.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; 2- Golp&#226;yeg&#226;ni, Hossein, &#034;Histoire de la publication et de l'imprimerie en Iran&#034; (3) (Ouverture de la premi&#232;re imprimerie en plomb &#224; Tabriz), &lt;i&gt;L'Industrie de l'imprimerie&lt;/i&gt;, no.111 (Dey 1370), p.44.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; 3- Golp&#226;yeg&#226;ni, Hossein, &#034;Histoire de la publication et de l'imprimerie en Iran&#034; (2) (Ainsi d&#233;buta l'imprimerie), &lt;i&gt;L'Industrie de l'imprimerie&lt;/i&gt;, No.110 (Azar 1370), p.22.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; 4- Partovi Abolgh&#226;ssem, &lt;i&gt;Dictionnaire&lt;/i&gt; (T.1), T&#233;h&#233;ran, &#233;d. As&#226;tir, 1373, p.1070.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; 5- Dans &lt;i&gt;Histoire de France&lt;/i&gt; de Lavisse Tt.4, p.665), il est &#233;crit qu'en 881 (de l'h&#233;gire), Ivan III le Grand, grand-prince de Moscou et de toute la Russie, fut pris de col&#232;re par le tribut que lui apportait Ahmad Kh&#226;n, ambassadeur du Kh&#226;n des Tatars, il pi&#233;tina alors le &#034;&lt;i&gt;basmeh&lt;/i&gt;&#034; du Kh&#226;n et tua l'ambassadeur. Taghiz&#226;deh, Hassan, &#034;Imprimerie et journal en Iran&#034;, K&#226;veh, deuxi&#232;me ann&#233;e (nouveau cycle), No.5, p.11.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; 6- Dehkhod&#226;, Ali Akbar, &lt;i&gt;Dictionnaire&lt;/i&gt;, T.5, T&#233;h&#233;ran, Moassesseh-ye Loghatn&#226;meh-ye Dehkhod&#226;, 1379, p.6982.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; -7- Tarbiyat, Mirz&#226; Mohammad Ali, &#034;Histoire de l'imprimerie et de la presse en Iran&#034;, revue &lt;i&gt;Taalim va tarbiyat&lt;/i&gt;, 4&#232;me ann&#233;e, No.11, Bahman 1313, p.657.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; 8- Les Augustins, venus de Goa (colonie des Portugais en Inde) &#224; Ispahan. Taghiz&#226;deh, Hassan, &lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; 9- Le mot carm&#233;lite vient des monts Carmel en Palestine. En 1013, le second Pape, qui ignorait l'arriv&#233;e des Augustins en Iran, y envoya en mission les Carm&#233;lites dont certains s'install&#232;rent &#224; Ispahan en 1016. &lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; 10- L'embl&#232;me et la partie sup&#233;rieure de la machine d'imprimerie offerte par M&#226;nouk Hourt&#226;niyane, sur laquelle figure un aigle en plein vol, sont actuellement conserv&#233;s dans le mus&#233;e de l'&#233;glise V&#226;nk &#224; Jolfa, Ispahan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; 11- Taghiz&#226;deh, Hassan, &lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt;., p.12.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; 12- Moss&#226;heb, Ghol&#226;m Hossein, &lt;i&gt;Encyclop&#233;die persane&lt;/i&gt;, T.1, T&#233;h&#233;ran, &#233;d. Amir Kabir, 1380, 2&#232;me &#233;d., p.786.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; 13- Ariyanpour, Yahy&#226;, &lt;i&gt;De Sab&#226; &#224; Nim&#226;&lt;/i&gt;, T&#233;h&#233;ran, &#233;d. Zav&#226;r, 1372, p.229.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; 14- Mohit Tab&#226;tab&#226;ei, Mohammad, &lt;i&gt;Histoire analytique de la presse en Iran&lt;/i&gt;, T&#233;h&#233;ran, &#233;d. Be'sat, 1375, p.25.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; 15- Il existe un d&#233;saccord concernant la premi&#232;re personne ayant install&#233; une imprimerie en Iran, cependant, selon l'ensemble des &#233;tudes effectu&#233;es, il semblerait que la premi&#232;re machine &#224; caract&#232;res d'imprimerie ait &#233;t&#233; mise en marche &#224; Tabriz. Ariyanpour, Yahy&#226;, &lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt;., pp.229-230.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; 16- Minovi, Modjtab&#226;, &#034;La Premi&#232;re caravane des sciences&#034;, &lt;i&gt;Yaghm&#226;&lt;/i&gt;, 6&#232;me ann&#233;e, no.8, Aban 1332, p.314.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; 17- Gh&#226;ssemi, Seyed Farid, &lt;i&gt;Le Premier effort&lt;/i&gt;, T&#233;h&#233;ran, Kh&#226;neh-ye Matbou&#226;t, 1372, p.9.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; 18- Manoutchehr Kh&#226;n Gordji, fameux homme de la cour de Fath Ali Sh&#226;h, de Mohammad Sh&#226;h et de N&#226;sseredin Sh&#226;h. En 1240 (de l'h&#233;gire), lorsque Mirz&#226; Zeyn-ol-&#226;bedin Tabrizi fut convoqu&#233; &#224; T&#233;h&#233;ran pour y installer une imprimerie, il le prit sous sa protection et le re&#231;ut chez lui. Mirz&#226; Zeynolabedin fonda l'imprimerie dans l'un des b&#226;timents appartenant &#224; Manoutchehr Kh&#226;n. En 1243, de l'h&#233;gire Manoutchehr Kh&#226;n avait pour mission de faire parvenir de la capitale &#224; Abb&#226;s Mirz&#226;, le tribut de guerre qui devait &#234;tre pay&#233; aux Russes d'apr&#232;s le trait&#233; de Torkmantchay. Apr&#232;s le d&#233;c&#232;s d'Abd-ol-vah&#226;b Mo'tamedoldoleh en 1244 de l'h&#233;gire, le roi lui accorda le titre de Mo'tamedoldoleh. La date de sa naissance et celle de sa mort ne sont pas connues. Il &#233;tait responsable de la presse et de la publication des livres. Golp&#226;yeg&#226;ni, Hossein, Histoire de la publication et de l'imprimerie en Iran (3) (D&#233;buts de la lithographie en Iran), &lt;i&gt;L'Industrie de l'imprimerie&lt;/i&gt;, no.112 (Bahman et Esfand 1370), p.24.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; 19- Mahboubi Ardak&#226;ni, Hossein, &#034;Apprentis et &#233;tudiants iraniens en Russie &#224; l'&#233;poque des Q&#226;dj&#226;rs&#034;, &lt;i&gt;L'index des livres&lt;/i&gt;, 10&#232;me ann&#233;e, No.6, Esfand 1346, p.564.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; 20- Nav&#226;bi, Abdol Hossein, &lt;i&gt;L'Iran et le monde&lt;/i&gt;, T&#233;h&#233;ran, &#233;d. Hom&#226;, 1368, 2&#232;me &#233;d., p.311.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; 21- Parmi les livres parus &#224; Tabriz par l'imprimerie lithographique, les livres suivants ont &#233;t&#233; mentionn&#233;s : &lt;i&gt;Ziyarat-e Ashour&#226;&lt;/i&gt; sous forme de parchemin, 1255 (de l'h&#233;gire), &lt;i&gt;Koliy&#226;t-e Saadi &lt;/i&gt;calligraphi&#233; par Mirz&#226; Taghi Khoshnevis, 1257, &lt;i&gt;Koliy&#226;t-e H&#226;fez&lt;/i&gt;, 1258, &lt;i&gt;Sad Kal&#226;meh Hazrateh Ali&lt;/i&gt;, traduit en persan sous forme de vers, 1259, &lt;i&gt;T&#226;rikheh djah&#226;n-e gosha-ye n&#226;deri&lt;/i&gt;, 1260, &lt;i&gt;Taghvim-e roghoumi-ye Mirz&#226; Taghi Ahdi&lt;/i&gt;, 1261, &lt;i&gt;Alf leyla va leyla&lt;/i&gt;, traduit en persan par Abdol Latif Tassoudji et calligraphi&#233; par Mirz&#226; Ali Khoshnevis, 1261, &lt;i&gt;Ghav&#226;ed parsi &lt;/i&gt;par Mirz&#226; Abdol Karim Irav&#226;ni, 1262, &lt;i&gt;Djen&#226;b-ol-Kholveh&lt;/i&gt;, 1262, &lt;i&gt;Mansha'&#226;t Mirz&#226; Mehdi Kh&#226;n&lt;/i&gt;, calligraphi&#233; par Mirz&#226; Mehdi Tabrizi, 1263, &lt;i&gt;Masnavi-e Mol&#226;n&#226; Roumi&lt;/i&gt;, 1264, &lt;i&gt;Koliy&#226;t-e Saadi&lt;/i&gt;, 1264, &lt;i&gt;Djah&#226;n nam&#226;&lt;/i&gt;, traduit par Florin Rapha&#235;l et calligraphi&#233; par Djorae Sh&#226;er, 1267, &lt;i&gt;Al-aadiyeh va-l-ta'lif&#226;t&lt;/i&gt;, calligraphi&#233; par F&#226;temeh Khoshnevis ; la traduction en persan a &#233;t&#233; calligraphi&#233;e par Mostaph&#226; N&#226;sseri Marandi connu sous le nom de S&#226;ghar, 1269, &lt;i&gt;Sh&#226;hn&#226;meh-ye Ferdowsi&lt;/i&gt;, 1275, &lt;i&gt;Div&#226;n-e N&#226;sser Khosr&#244; va Montakhab&#226;t-e ghazali&#226;t-e Mowlavi&lt;/i&gt; connu sous le nom de Shams Tabrizi, 1280, &lt;i&gt;Adjmal al tav&#226;rikh&lt;/i&gt;, &#233;crit par Rez&#226; Gholi Kh&#226;n Hed&#226;yat, 1283, &lt;i&gt;Emteh&#226;ne-ol-Fozal&#226; &lt;/i&gt;ou &lt;i&gt;Tazkarat-ol-khat&#226;tin&lt;/i&gt;, &#233;crit par Mirz&#226; Sanguel&#226;kh Mashadi en 3 tomes, 1295, &lt;i&gt;Kalileh va Demneh &lt;/i&gt;de Abolma&#226;li Nassrol&#226;h Monshi, 1300. Tarbiyat, Mohammad Ali, &#034;Origine des &#233;tudes sur l'Iran en Europe&#034;, revue &lt;i&gt;Armagh&#226;n&lt;/i&gt;, 12&#232;me ann&#233;e, No.7, cit&#233; par Ariy&#226;npour, Yahy&#226;, &lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt;., pp.232-233.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; 22- Organisation des documents nationaux d'Iran, documents scientifiques (A), no. d'enregistrement 58007, enveloppe 3076. Ainsi que Sadr H&#226;shemi, Mohammad, &lt;i&gt;Histoire des journaux et des revues en Iran&lt;/i&gt;, Ispahan, &#233;d. Kam&#226;l, 1363, 2&#232;me &#233;d., p.304.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; 23- Kh&#226;tami, Ahmad, &#034;Naissance du journal et son r&#244;le dans l'&#233;volution politique et litt&#233;raire&#034;, revue mensuelle &lt;i&gt;Religions contemporaines &lt;/i&gt;(destin&#233;e &#224; la presse), 1&#232;re ann&#233;e (Ordibehesht 1375), p.6.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; 24- Pour en savoir plus sur le contenu de ce num&#233;ro, voir Gh&#226;semi, Seyed Farid, &lt;i&gt;Le Premier effort&lt;/i&gt;, T&#233;h&#233;ran, Kh&#226;neh-ye Matbou'&#226;t, 1372, pp.10-21.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; 25- Eghb&#226;l, Abb&#226;s, &#034;Les premiers journaux en persan imprim&#233;s en Iran&#034;, revue mensuelle &lt;i&gt;Y&#226;deg&#226;r&lt;/i&gt;, 1&#232;re ann&#233;e, No.3 (Ab&#226;n 1323), p.50.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; 26- Rabinoux, H.-L., &lt;i&gt;Les Journaux iraniens, du d&#233;but jusqu'&#224; l'ann&#233;e 1329&lt;/i&gt; (de l'h&#233;gire), traduit par Dja'far Hom&#226;miz&#226;deh, T&#233;h&#233;ran, &#233;d. Ettelaat, 1372, pp.18-19.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; 27- KARIMIAN Ali, &#034;T&#226;rikh-e tch&#226;p va tch&#226;pkh&#226;neh dar Iran&#034;, &lt;i&gt;Koly&#226;t Ket&#226;b-e M&#226;h&lt;/i&gt;, No. 103, 104, 105.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; 28-&lt;a href=&#034;http://www.encyclopaediaislamica.com/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.encyclopaediaislamica.com/&lt;/a&gt; : AZARANG Abdolhossein, &#034;Tch&#226;p va tch&#226;pkh&#226;neh&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Situation de l'&#233;dition en Iran</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article837</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article837</guid>
		<dc:date>2008-11-01T10:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arefeh Hedjazi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Chaque fin d'ann&#233;e, l'approche annuelle de la Foire internationale du Livre, et la semaine de l'&#233;dition, relance les d&#233;bats sur la question de l'&#233;dition en Iran, secteur en plein essor, mais auquel une gestion appropri&#233;e fait cruellement d&#233;faut. Aujourd'hui, le d&#233;bat sur les nouvelles technologies en mati&#232;re de publication, de ventes et de distribution du livre sont d'actualit&#233;, mais il demeure difficile d'appliquer ces nouvelles m&#233;thodes en raison de l'anarchie ambiante, et qui, selon les &#233;diteurs, est le (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique41" rel="directory"&gt;N&#176; 36, novembre 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton837-6486a.jpg?1686645127' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chaque fin d'ann&#233;e, l'approche annuelle de la Foire internationale du Livre, et la semaine de l'&#233;dition, relance les d&#233;bats sur la question de l'&#233;dition en Iran, secteur en plein essor, mais auquel une gestion appropri&#233;e fait cruellement d&#233;faut. Aujourd'hui, le d&#233;bat sur les nouvelles technologies en mati&#232;re de publication, de ventes et de distribution du livre sont d'actualit&#233;, mais il demeure difficile d'appliquer ces nouvelles m&#233;thodes en raison de l'anarchie ambiante, et qui, selon les &#233;diteurs, est le r&#233;sultat direct des politiques &#233;tatiques inad&#233;quates en la mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, il serait faux de dire que l'&#233;dition iranienne est actuellement dans une impasse, car la multiplication tr&#232;s rapide des titres publi&#233;s et des nouvelles maisons d'&#233;dition ainsi que l'entr&#233;e, timide, il est vrai, des nouvelles m&#233;thodes de publication en Iran, permet de croire que l'essor que cette industrie conna&#238;t dans le pays est r&#233;el et qu'il se poursuivra &#224; grande &#233;chelle dans les ann&#233;es &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc l'occasion pour nous de revenir sur la situation de l'&#233;dition en Iran lors de ces derni&#232;res d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la R&#233;volution islamique, sept plans de d&#233;veloppement &#233;conomique et social furent mis en &#339;uvre, cependant, la place accord&#233;e au d&#233;veloppement de la presse et du domaine de l'&#233;dition &#233;tait bien mince. Apr&#232;s la R&#233;volution islamique, les efforts de d&#233;veloppement du pays furent poursuivis avec une vigueur renouvel&#233;e sous forme de plans quinquennaux, dont le quatri&#232;me est actuellement en cours d'ex&#233;cution. Le premier de ces plans fut appliqu&#233; de 1989 &#224; 1994. Il co&#239;ncidait avec la fin de la guerre et le besoin imm&#233;diat de reconstruction. Ainsi, l'aspect culturel &#233;tait p&#226;le et il n'y avait pas de plan culturel homog&#232;ne. Le deuxi&#232;me plan de d&#233;veloppement quinquennal, lanc&#233; en 1995 et dont l'ex&#233;cution s'acheva cinq ans plus tard, s'appliquait dans une soci&#233;t&#233; diff&#233;rente, ayant d&#233;pass&#233; l'urgence du premier plan d'apr&#232;s-guerre. A cette &#233;poque o&#249; la vie politique battait son plein et le r&#244;le des jeunes sur la sc&#232;ne se faisait de plus en plus important, la place accord&#233;e &#224; la culture avait pris de l'ampleur. Cela dit, ce deuxi&#232;me plan de d&#233;veloppement manquait &#233;galement de coh&#233;rence. Son peu de succ&#232;s poussa l'Etat a mettre en place des programmes d'&#233;tudes des planifications &#233;tatiques, de leurs impacts et de leurs probabilit&#233;s de succ&#232;s, pour pouvoir &#233;tablir avec pr&#233;cision des programmes r&#233;pondant aux besoins sociaux effectifs. Pour les dirigeants, le d&#233;veloppement national &#233;tait multidimensionnel et n&#233;cessitait le d&#233;veloppement et l'am&#233;lioration de l'ensemble des facteurs existants. C'est ainsi que le troisi&#232;me plan de d&#233;veloppement quinquennal, mis &#224; ex&#233;cution en l'an 2000, beaucoup plus homog&#232;ne, prenait &#233;galement compte des n&#233;cessit&#233;s &#224; long terme.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1390 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L269xH358/837-1-fd559.jpg?1686645127' width='269' height='358' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:269px;'&gt;&lt;strong&gt;La librairie Ahmadi &#224; Shir&#226;z a &#233;t&#233; fond&#233;e il y a plus d'un si&#232;cle &lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le premier plan de d&#233;veloppement pr&#233;voyait la satisfaction de quinze objectifs quantitatifs par le Minist&#232;re de la Guidance islamique, l'organisme &#233;tatique charg&#233; du domaine de la presse et de l'&#233;dition. Parmi ces quinze objectifs, trois concernaient directement le domaine de l'&#233;dition : l'augmentation du nombre de titres publi&#233;s, l'augmentation du tirage des livres et le d&#233;veloppement de la publication de livres pour enfants et adolescents. Selon les statistiques, aucun de ces trois buts ne furent atteints. Ceci dit, l'atteinte du troisi&#232;me objectif concernant les publications pour la jeunesse, montre que ce domaine connut d'importantes fluctuations. Ainsi, m&#234;me si l'ensemble du plan permet de constater l'&#233;chec des efforts entrepris, on peut cependant constater que lors des deux premi&#232;res ann&#233;es de l'application du plan, deux fois plus de livres que pr&#233;vus furent publi&#233;s dans le domaine de la publication de livres de cat&#233;gorie junior.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors du deuxi&#232;me plan quinquennal, lanc&#233; &#224; partir de 1995, seuls deux objectifs quantitatifs &#233;taient assign&#233;s au domaine de l'&#233;dition. Tous les deux concernaient, en raison de l'explosion d&#233;mographique du pays, l'augmentation du nombre de titres publi&#233;s et du tirage des livres publi&#233;s. Ces trois objectifs furent atteints avec un succ&#232;s inesp&#233;r&#233;. Les chiffres furent multipli&#233;s par seize en mati&#232;re d'augmentation du nombre de titres et par quatre en mati&#232;re du tirage des ouvrages publi&#233;s. Avec une croissance quatre fois plus &#233;lev&#233;e que les pr&#233;visions, le nombre des livres pour enfant publi&#233; avait atteint le chiffre de 13 642 000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me plan quinquennal, dont l'application &#224; commenc&#233; en l'an 2000, concernaient sept domaines : ceux du nombre des titres publi&#233;s par rapport &#224; l'ensemble de la population ; du tirage des livres publi&#233;s par rapport &#224; l'ensemble de la population, du nombre d'ouvrages de nouveaux auteurs publi&#233;s par rapport &#224; l'ensemble des titres publi&#233;s, du nombre d'ouvrages en premi&#232;re &#233;dition par rapport &#224; l'ensemble des ouvrages publi&#233;s, du nombre des ouvrages de composition par rapport &#224; l'ensemble des ouvrages publi&#233;s, du nombre d'auteurs et de traducteurs femmes par rapport &#224; l'ensemble des auteurs et traducteurs et enfin du nombre des &#233;diteurs priv&#233;s actifs dans ce domaine par rapport &#224; l'ensemble des &#233;diteurs et des personnes. Ceci montre que ce troisi&#232;me plan quinquennal accordait une place plus importante que les deux pr&#233;c&#233;dents au d&#233;veloppement du secteur de l'&#233;dition. Ainsi, en 2000, 31,3 titres &#233;taient publi&#233;s pour chaque cent mille habitants, et les pr&#233;visions pour 2004 &#233;taient de 33,7 titres, avec une croissance annuelle de 2,4 %, ceci alors que ce chiffre d&#233;passa pour les deux ann&#233;es cit&#233;es les pr&#233;visions.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1391 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH269/837-2-4cb8b.jpg?1686645127' width='358' height='269' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;La 21&#232;me Foire internationale du Livre, T&#233;h&#233;ran, 2008&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Ce m&#234;me sc&#233;nario se r&#233;p&#233;ta pour le tirage des livres publi&#233;s. Parmi les domaines dont on attendait un chiffre de croissance annuelle de pr&#232;s de 11%, il y avait celui du nombre de titres publi&#233;s par de nouveaux &#233;crivains, ce qui prouve l'effectivit&#233; des mesures d'encouragement &#233;tatiques ou priv&#233;s de la part du minist&#232;re de la Guidance et des associations d'&#233;crivains lors de l'ex&#233;cution de ce troisi&#232;me plan de d&#233;veloppement quinquennal. Le chiffre de pr&#233;visions de 12% fut ainsi largement d&#233;pass&#233; avec un d&#233;veloppement de 255% de croissance sur les chiffres pr&#233;vus, et on a &#233;t&#233; d'un croissance de 42,6% en 2003. Cela dit, le nombre de titres publi&#233;s pour la premi&#232;re fois devait conna&#238;tre une croissance de 2%, qui ne fut pas atteint. Quant au taux de croissance de la participation f&#233;minine dans le domaine de l'&#233;dition, il n'atteignit pas les chiffres esp&#233;r&#233;s, r&#233;v&#233;lant ainsi certaines carences sociales, politiques et culturelles en mati&#232;re de soutien aux femmes actives dans ce domaine. A long terme, le d&#233;veloppement de la participation du secteur priv&#233; et des &#233;diteurs priv&#233;s au travail de l'&#233;dition fut pris en compte, car le d&#233;veloppement du r&#244;le du secteur priv&#233; en la mati&#232;re aurait pour cons&#233;quence et pour raison une diminution de la place des pouvoirs publics et la croissance de ce domaine, devenu d&#233;sormais comp&#233;titif en raison de la privatisation. Les statistiques obtenues &#224; partir de l'application des programmes du troisi&#232;me plan montrent qu'ici &#233;galement les chiffres d&#233;passent les pr&#233;visions, ce qui t&#233;moigne de la bonne volont&#233; du gouvernement &#224; privatiser ce secteur. Pourtant, la diminution de la part du secteur priv&#233; dans ce domaine lors des ann&#233;es de l'ex&#233;cution du plan demeure probl&#233;matique - m&#234;me si les applications pratiques de la privatisation pr&#233;vue par l'article 144 de la Constitution, et le s&#233;rieux avec lequel cette privatisation est prise en compte dans le quatri&#232;me plan de d&#233;veloppement ont d'ores et d&#233;j&#224; provoqu&#233; une r&#233;cente privatisation d'une partie du service public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, l'ensemble des chiffres de ces dix derni&#232;res ann&#233;es montrent une tr&#232;s nette croissance du secteur de l'&#233;dition en Iran. Le nombre de livres publi&#233;s durant cette derni&#232;re d&#233;cennie montre que cette croissance a &#233;t&#233; stable et suivie et les 11 991 titres publi&#233;s en 1995 ont &#233;t&#233; multipli&#233;s par trois pour atteindre en 2004 le chiffre de 41 799. La plus nette augmentation a &#233;t&#233; celle de l'ann&#233;e 2002 o&#249; 7567 titres de plus que l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente ont &#233;t&#233; publi&#233;s. Le nombre d'ouvrages r&#233;dig&#233;s a &#233;t&#233; pendant cette d&#233;cennie plus &#233;lev&#233; que celui des traductions ; le nombre des livres traduits ayant subi des variations parfois importantes. Si l'on exclu les ann&#233;es 1995 et 1996, le nombre de livres en premi&#232;re &#233;dition a connu une nette augmentation. Le nombre total des livres publi&#233;s en Iran a &#233;galement connu une multiplication par trois lors de cette derni&#232;re d&#233;cennie et a d&#233;pass&#233; pour la premi&#232;re fois la barre des cent millions de livres par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vu de ces chiffres, on peut conclure au succ&#232;s presque total des objectifs pr&#233;vus par les deux derniers programmes de d&#233;veloppement, et &#224; l'insucc&#232;s relativement important du premier plan quinquennal. Cela dit, les variations s&#233;rieuses des chiffres, y compris ceux qui d&#233;passent les pr&#233;visions, montrent un d&#233;s&#233;quilibre certain des politiques ex&#233;cut&#233;es par rapport &#224; la situation r&#233;elle de l'industrie de l'&#233;dition en Iran. M&#234;me si l'essor de l'&#233;dition en Iran ne fait que commencer, il est imp&#233;ratif d'homog&#233;n&#233;iser les politiques culturelles afin d'&#233;viter de brusques variations qui d&#233;courageraient l'ensemble des membres de la cha&#238;ne de production livresque. Le nombre important de titres produits par les jeunes &#233;crivains montrent &#233;galement l'importance de l'essor de l'&#233;criture en Iran, essor qui devra &#234;tre encourag&#233; par l'Etat mais aussi par les associations d'&#233;crivains et d'auteurs, que ce soit dans les milieux litt&#233;raires acad&#233;miques ou ind&#233;pendants, ou encore dans les milieux de recherche scientifique. De plus, l'importance &#233;galement grandissante du r&#244;le du secteur priv&#233; et la privatisation promise &#224; grande &#233;chelle qui a commenc&#233; &#224; transformer le visage de l'industrie de la presse iranienne est &#233;galement &#224; prendre en compte. Ceci dit, la diminution de leur part dans la production culturelle lors de l'application du troisi&#232;me plan quinquennal de d&#233;veloppement implique n&#233;anmoins la mise en place de mesures incitatives par l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'il en soit, le domaine de l'&#233;dition conna&#238;t aujourd'hui un essor consid&#233;rable en Iran, essor motiv&#233; &#233;galement par l'augmentation du nombre de &#034;lettr&#233;s&#034; et d'&#233;tudiants qui consacrent une partie de leur temps &#224; la lecture. Avec la modification des m&#339;urs et l'alphab&#233;tisation de la majorit&#233; de la population, la lecture, comme condition pr&#233;alable &#224; toute production de livre, prend peu &#224; peu la place qui lui est d&#251; au sein de la soci&#233;t&#233; iranienne. Ainsi, la lev&#233;e de l'obstacle le plus important au d&#233;veloppement du secteur de l'&#233;dition, c'est-&#224;-dire le manque de lecteurs, permet d'esp&#233;rer que cette industrie conna&#238;tra des jours meilleurs en Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sources :&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; FATHI Behrouz, &#034;Les programmes &#224; long terme de l'Association des &#233;diteurs et des libraires de T&#233;h&#233;ran&#034;, &lt;i&gt;Kolly&#226;t Ket&#226;b-e M&#226;h&lt;/i&gt;, num&#233;ros 106, 107, 108, septembre, octobre, novembre 2006, pp 8-15. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; NAZARBOLAND Azadeh, &#034;La situation de l'&#233;dition lors des trois premiers plans de d&#233;veloppement &#233;conomique, social et politique&#034;, &lt;i&gt;Kolly&#226;t Ket&#226;b-e M&#226;h&lt;/i&gt;, num&#233;ros 106, 107, 108, septembre, octobre, novembre 2006, pp. 22-26.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les frontispices des ouvrages imprim&#233;s &#224; l'&#233;poque q&#226;dj&#226;re</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article836</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article836</guid>
		<dc:date>2008-11-01T09:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Babak Ershadi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'enluminure (en persan : &#1578;&#1584;&#1607;&#1740;&#1576;) est une peinture ou un dessin ex&#233;cut&#233; &#224; la main, qui d&#233;core ou illustre un texte la plupart du temps manuscrit. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les premiers manuscrits enlumin&#233;s sont les ouvrages de l'Egypte pharaonique, constitu&#233;s de papyrus et en forme de rouleaux plus ou moins larges. Le parchemin &#233;tait le support par excellence de l'enluminure. Le papyrus est tr&#232;s fragile et boit facilement l'encre et les couleurs, tandis que le parchemin est beaucoup plus r&#233;sistant et offre plus de possibilit&#233;s &#224; la (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton836-d08d4.jpg?1686645127' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'enluminure (en persan : &#1578;&#1584;&#1607;&#1740;&#1576;) est une peinture ou un dessin ex&#233;cut&#233; &#224; la main, qui d&#233;core ou illustre un texte la plupart du temps manuscrit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers manuscrits enlumin&#233;s sont les ouvrages de l'Egypte pharaonique, constitu&#233;s de papyrus et en forme de rouleaux plus ou moins larges. Le parchemin &#233;tait le support par excellence de l'enluminure. Le papyrus est tr&#232;s fragile et boit facilement l'encre et les couleurs, tandis que le parchemin est beaucoup plus r&#233;sistant et offre plus de possibilit&#233;s &#224; la cr&#233;ation artistique du fait qu'il supporte mieux l'action chimique des encres et des couleurs. Apr&#232;s l'usage du papier pour le scripte des textes, il a servi de support aux ouvrages d'enluminure et d'illustration de textes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan mat&#233;riel, un ouvrage &#233;crit comporte un texte dont les caract&#232;res ont une forme : lorsque l'&#233;criture a une forme esth&#233;tique, on parle de calligraphie. L'enluminure tant&#244;t se m&#234;le au texte et tant&#244;t s'en &#233;loigne, au point m&#234;me, parfois, de ne plus entretenir aucune relation avec lui.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1384 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH232/836-1-11b7e.jpg?1686645127' width='448' height='232' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Le symbole du soleil et du lion dans le frontispice de l'ouvrage Mokht&#226;r N&#226;meh, 1843&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;En Iran, les manuscrits anciens, sur parchemin ou sur papier, &#233;taient souvent orn&#233;s d'illustrations et d'enluminures tr&#232;s pr&#233;cieuses du point de vue esth&#233;tique. Les meilleurs exemples de l'art de l'enluminure classique iranien appartiennent &#224; la p&#233;riode des dynasties ilkhanide et safavide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Iraniens ont utilis&#233; pour la premi&#232;re fois les techniques de l'imprimerie moderne pendant la premi&#232;re moiti&#233; du XIXe si&#232;cle &#224; l'&#233;poque de la dynastie q&#226;dj&#226;re. Comme dans les autres pays du monde, l'imprimerie et la gravure font progressivement presque dispara&#238;tre l'enluminure. Toutefois, il existe des livres imprim&#233;s qui en sont orn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chercheurs iraniens et les orientalistes europ&#233;ens qui ont &#233;tudi&#233; l'enluminure iranienne se sont int&#233;ress&#233;s surtout aux ornements et aux enluminures datant du XVe au XVIIIe si&#232;cles, sans donner une grande importance aux enluminures des livres publi&#233;s au XIXe si&#232;cle. A vrai dire, apr&#232;s l'importation des premi&#232;res machines d'imprimerie en Iran, les artistes enlumineurs ont poursuivi leurs activit&#233;s pour orner les livres publi&#233;s &#224; la machine. Il est vrai que les techniques d'imprimerie &#233;taient rudimentaires &#224; l'&#233;poque, cependant, les artistes enlumineurs ont r&#233;ussi &#224; cr&#233;er des &#339;uvres originales en se basant sur les traditions anciennes de l'art d'ornement des manuscrits pour enluminer les ouvrages imprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'histoire de l'imprimerie en Iran&lt;/h3&gt;&lt;dl class='spip_document_1385 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH339/836-2-24ffe.jpg?1686645127' width='336' height='339' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:336px;'&gt;&lt;strong&gt;Frontispice du livre Hez&#226;r-o yek Shab (Les Milles et Une Nuits), 1855&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re machine d'imprimerie a &#233;t&#233; import&#233;e en Iran en 1818 sous l'ordre du prince q&#226;dj&#226;r Abb&#226;s Mirz&#226;, prince h&#233;ritier et gouverneur de la province de l'Azerba&#239;djan. Ainsi, le premier atelier d'imprimerie typographique du pays a &#233;t&#233; &#233;tabli &#224; Tabriz. Les machines et les &#233;quipements de cet atelier avaient &#233;t&#233; import&#233;s apparemment de la Russie. Mirz&#226; Zein al-Abedin, qui dirigeait cet atelier, fut invit&#233; &#224; T&#233;h&#233;ran par le roi Fath Ali Sh&#226;h pour cr&#233;er la premi&#232;re imprimerie de la capitale. Mirz&#226; Zein al-'Abedin s'est donc mis &#224; travailler dans un atelier appartenant &#224; Manoutchehr Khan Gorji, l'un des hommes les plus influents de la cour qui fonda aussit&#244;t une autre imprimerie &#224; Ispahan. Pendant pr&#232;s de quarante ans, l'imprimerie typographique connut un d&#233;veloppement consid&#233;rable en Iran. Au moins 55 ouvrages ont &#233;t&#233; ainsi imprim&#233;s selon les techniques de l'imprimerie typographique. En 1833, le prince Abbas Mirza a donn&#233; l'ordre de l'&#233;tablissement de la premi&#232;re imprimerie lithographique &#224; Tabriz. A partir des ann&#233;es 1850, la lithographie a supplant&#233; l'imprimerie typographique dans presque tous les ateliers des grandes villes iraniennes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'histoire du frontispice&lt;/h3&gt;&lt;dl class='spip_document_1386 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH372/836-3-52fbe.jpg?1686645127' width='336' height='372' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:336px;'&gt;&lt;strong&gt;Frontispice du livre Tchehel Touti, 1846&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le frontispice est une planche illustr&#233;e plac&#233;e avant la page de titre, ou la gravure plac&#233;e face au titre ou encore en premi&#232;re page. L'apparition du frontispice est li&#233;e aux ouvrages religieux. En Iran, les premiers frontispices appartiennent aux ouvrages religieux du manich&#233;isme. En effet, la peinture avait une place privil&#233;gi&#233;e dans les enseignements de Mani (v. 216-277 ap. J.-C.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'islamisation de l'Iran, l'enluminure s'est mise essentiellement au service de la d&#233;coration du Coran et des ouvrages religieux islamiques. Pendant les premiers si&#232;cles de la p&#233;riode islamique, les frontispices des ouvrages &#233;taient compos&#233;s de figures g&#233;om&#233;triques simples, avant l'apparition progressives des dessins v&#233;g&#233;taux plus complexes. En effet, l'enluminure et la calligraphie constituaient les deux &#233;l&#233;ments essentiels du travail des scripteurs et des copistes. La composition du frontispice occupait une place importante dans le travail des enlumineurs, notamment lorsqu'il s'agissait de l'ornement de la page du titre et de la premi&#232;re page du Coran, ou du d&#233;but des chapitres (sourates) du texte coranique. En ce qui concernait la premi&#232;re page du Livre sacr&#233;, les artistes s'effor&#231;aient d'y utiliser les compositions les plus originales et les plus riches du point de vue esth&#233;tique. Cette composition prenait souvent la forme d'une couronne, d'un diad&#232;me, d'un rectangle ou d'un cercle, minutieusement d&#233;cor&#233; par des motifs g&#233;om&#233;triques ou v&#233;g&#233;taux, parfois dor&#233;s. Pour l'ornement du Coran, le frontispice &#233;tait souvent d&#233;velopp&#233; et prenait place dans les deux premi&#232;res pages du texte coranique (frontispice double).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les frontispices des livres imprim&#233;s de l'&#233;poque q&#226;dj&#226;re&lt;/h3&gt;&lt;dl class='spip_document_1387 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L392xH336/836-4-80ec6.jpg?1686645127' width='392' height='336' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Frontispice de l'ouvrage Djav&#226;her-ol oq&#251;l, date inconnue&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Les artistes enlumineurs de l'&#233;poque q&#226;dj&#226;re se sont notamment inspir&#233;s des m&#233;thodes de composition des frontispices des manuscrits pour orner les livres imprim&#233;s. Dans ces premiers ouvrages imprim&#233;s en Iran, les artistes ont cr&#233;&#233; des frontispices compos&#233;s de motifs v&#233;g&#233;taux (en persan : &lt;i&gt;eslimi&lt;/i&gt; &#1570;&#181;&#1571;&#177;wH, combinaison artistique de formes g&#233;om&#233;triques et de motifs v&#233;g&#233;taux qui se r&#233;p&#232;tent). A ces compositions venaient parfois s'ajouter des figures animales ou encore des figures humaines ou fantastiques (d&#233;mons, monstres, etc.). Outre les textes sacr&#233;s, les ouvrages po&#233;tiques et litt&#233;raires &#233;taient les supports privil&#233;gi&#233;s de l'enluminure en g&#233;n&#233;ral et des compositions de frontispice en particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers frontispices qui apparaissent dans les ouvrages imprim&#233;s dans l'atelier typographique de Mirza Manoutchehr Khan Gorji, sont des compositions rectangulaires de 9,6&#215;7,13 cm. Au milieu du frontispice figure un triangle entre deux embl&#232;mes du symbole du soleil et du lion. A l'&#233;poque du roi Fath Ali Sh&#226;h, le nom du monarque &#233;tait le seul texte introduit dans le frontispice. Mais dans un frontispice de l'&#233;poque de Mohammad Sh&#226;h datant de 1295 de l'H&#233;gire, on peut lire le nom du Proph&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1388 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH371/836-5-189f6.jpg?1686645127' width='336' height='371' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:336px;'&gt;&lt;strong&gt;Frontispice de l'ouvrage T&#226;qd&#238;s, 1896&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Pour imprimer ces frontispices, les artistes avaient probablement utilis&#233; une planche de bois. Mais les planches de bois &#233;taient tr&#232;s peu maniables, c'est pourquoi &#224; l'&#233;poque o&#249; les imprimeurs iraniens utilisaient des techniques de l'imprimerie typographique, les enluminures et les frontispices &#233;taient plus ou moins rares. Ce probl&#232;me technique a &#233;t&#233; surmont&#233; lorsque les imprimeries ont install&#233; des machines lithographiques. Durant cette p&#233;riode, les enluminures et les frontispices sont devenus plus nombreux et plus vari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1- Les frontispices portant le nom de Dieu&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La plupart des frontispices qui datent d'apr&#232;s le d&#233;veloppement des techniques lithographiques portent la phrase : &#034;Au nom de Dieu, le Tr&#232;s Mis&#233;ricordieux, le Tout Mis&#233;ricordieux&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette phrase se situe souvent en bas du frontispice. La composition des &#233;l&#233;ments diff&#233;rents est de sorte que l'ensemble des ornements semble illustrer cette phrase. Dans certains autres frontispice de cette p&#233;riode, on peut lire d'autres noms et attributs de Dieu tels que &#034;L'Aim&#233;&#034;, &#034;Le Grand&#034;, etc. Certains autres frontispices portent un ou deux vers de po&#233;sie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2- Les frontispices portant le titre de l'ouvrage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans certains ouvrages de cette p&#233;riode, le frontispice porte le titre de l'ouvrage. Dans la plupart des cas, le titre de l'ouvrage est pr&#233;c&#233;d&#233; par l'expression &#034;Voici le livre de&#8230;&#034; ou &#034;Le livre de&#8230;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;3- Les frontispices portant le nom de l'auteur&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans certains frontispices, le nom de l'auteur est indiqu&#233; avec des expressions telles que : &#034;Voici un livre de&#8230;&#034; ou &#034;Voici l'un des ouvrages de&#8230;&#034;. Dans le frontispice d'un seul ouvrage de cette &#233;poque, le nom de l'auteur et le titre de l'ouvrage sont indiqu&#233;s ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;4- Les frontispices portant un verset coranique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Certains frontispices portent un verset coranique ou une br&#232;ve pri&#232;re. Dans la plupart des cas, ce type de frontispices porte le verset &#034;Dieu nous aide et la victoire est proche&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;5- Les frontispices portant le nom du graveur ou de l'enlumineur&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans la plupart des frontispices de cette p&#233;riode, le nom de l'artiste enlumineur et graveur est indiqu&#233; dans un petit cadre en bas de la composition. Le nom de l'artiste est pr&#233;c&#233;d&#233; par l'expression &#034;&#338;uvre de&#8230;&#034; ou &#034;Travail de&#8230;&#034;. Dans un seul frontispice de cette p&#233;riode, l'artiste graveur est pr&#233;sent&#233; par une phrase compl&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;6- Les frontispices portant un sceau&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans certains ouvrages, le frontispice porte le sceau officiel de la &#034;Direction de la presse&#034;. Ce cachet officiel est un carr&#233; o&#249; l'embl&#232;me d'Etat (soleil et lion) est grav&#233; en haut, et il porte le mot &#034;Vu&#034; en bas.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;7- Les frontispices portant des notes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un petit nombre de frontispices portent des notes en marge. Ces notes concernent souvent l'auteur ou l'ouvrage lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1389 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH351/836-6-ea2e9.jpg?1686645127' width='336' height='351' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:336px;'&gt;&lt;strong&gt;Frontispice de l'ouvrage Yousefieh, 1853&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Les textes &#233;taient probablement ajout&#233;s au frontispice apr&#232;s la fin de la composition des motifs, &#233;tant donn&#233; qu'il y a plusieurs frontispices qui portent des cadres vides. Bien que la composition des frontispices des ouvrages imprim&#233;s pendant le XIXe si&#232;cle ait &#233;t&#233; g&#233;n&#233;ralement inspir&#233;e des mod&#232;les des frontispices des manuscrits anciens, on y trouve cependant des figures et motifs originaux qui n'existaient pas dans les frontispices anciens dessin&#233;s &#224; la main. Certains de ces motifs deviennent des &#233;l&#233;ments quasi-permanents des frontispices imprim&#233;s, comme l'embl&#232;me officiel &#034;soleil et lion&#034; (&lt;i&gt;sh&#238;r o khorsh&#238;d&lt;/i&gt;). Le lion est dessin&#233; tant&#244;t assis tant&#244;t debout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les frontispices de l'&#233;poque q&#226;dj&#226;re subissent parfois l'influence de l'art occidental. Au fur et &#224; mesure, des motifs et des &#233;l&#233;ments &#233;trangers apparaissent dans la composition des frontispices, notamment la repr&#233;sentation d'enfants nus et ail&#233;s portant un arc (Cupidon, dans la mythologie romaine) ou le dessin d'un enfant et sa m&#232;re (inspir&#233; des tableaux de J&#233;sus et de la Vierge Marie). Dans certains frontispices des ouvrages imprim&#233;s de cette p&#233;riode, l'artiste a grav&#233; un portrait du roi ou de l'auteur de l'ouvrage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sources et r&#233;f&#233;rences :&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; BABAZADEH, Shahla : L'Histoire de l'imprimerie en Iran, T&#233;h&#233;ran, &#233;d. Tahouri, 1999.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; PAKBAZ, Rouyn : L'encyclop&#233;die de l'art, T&#233;h&#233;ran, &#233;d. Farhang-e-Moasser, 1999.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; PAKBAZ, Rouyn : La peinture iranienne, de l'origine jusqu'aujourd'hui, T&#233;h&#233;ran, &#233;d. Larestan, 2000. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; KARIMZADEH TABRIZI, Mohammad-Ali : La vie et l'&#339;uvre des anciens peintres iraniens et de certains peintres c&#233;l&#232;bres indiens et ottomans, Londres, &#233;d. Print Today, 1996.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; KASRAVI, Ahmad : L'&#339;uvre de Kasravi, &#233;dit&#233; par Yahya Zoka, T&#233;h&#233;ran, &#233;d. Franklin, 1973.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; MONZAVI, Ahmad : L'inventaire des livres persans, T&#233;h&#233;ran, &#233;d. de l'Associations des &#339;uvres et de l'h&#233;ritage national, 1976. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; MOHAMMADI, Mohammad-Hadi &amp; GHA&#207;NI, Zohreh, L'histoire de la litt&#233;rature pour enfants en Iran (vol. 3), T&#233;h&#233;ran, &#233;d. Tchista, 2006. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; SOLEYMANI, Karim : Les titres de noblesses &#224; l'&#233;poque Qadjar, T&#233;h&#233;ran, &#233;d. Ney, 2000. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; MAYEL-HERAVI, Nadjib : L'enluminure &#224; l'&#233;poque de la civilisation musulmane, Meched, &#233;d. de la Fondation des recherches d'Astan Qods Razavi, 1993. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; MAYEL-HERAVI, Nadjib : Le lexique technique de la publication de livres, T&#233;h&#233;ran, &#233;d. de la Fondation de la culture iranienne, 1974.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; RIYAHI, Mohammad-R&#233;za : Le dictionnaire illustr&#233; de l'art en Iran, T&#233;h&#233;ran, &#233;d. de l'Universit&#233; Al-Zahra, 1996.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; AZIZZADEH, Ghorban : Les signes d&#233;coratifs du Coran, les frontispices, &#233;d. Golestan-e-Qoran, 6&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; ann&#233;e, n&#176; 160.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; L'encyclop&#233;die du monde musulman, sous direction de Gholam-Ali Haddad-Adel, T&#233;h&#233;ran, &#233;d. de la Fondation de l'encyclop&#233;die du monde musulman, 1996.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; L'encyclop&#233;die du chiisme (vol. 4), T&#233;h&#233;ran, &#233;d. Sa&#239;d Mohebbi, 2002. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; L'encyclop&#233;die de la biblioth&#233;conomie et de la communication, sous la direction d'Abbas Horri, T&#233;h&#233;ran, &#233;d. de la Biblioth&#232;que nationale de la R&#233;publique Islamique d'Iran, 2002. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; KOKLAN, Shiva : Les aspects techniques de l'imprimerie lithographique sous Nassereddin Shah, in : Revue &#171; Nameh Baharestan &#187;, 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; ann&#233;e, n&#176; 1, printemps-&#233;t&#233; 2000. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; HASHEMI-DEHKORDI, Hassan : L'imprimerie lithographique, la r&#233;surrection de la calligraphie, in : Revue Honar, n&#176; 7, hiver 1984. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Dictionnaire Dehkhoda (vol. 4), T&#233;h&#233;ran, &#233;d. de l'Universit&#233; de T&#233;h&#233;ran, printemps 1994. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; MARZOLPH, Ulrich : Narrative Illustration in Persian lithographed Books, Leiden, Boston, Brill, 2001. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; MARZOLPH, Ulrich : Persian Incunabula : A Definition and Assessment.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La biblioth&#232;que Nationale d'Iran*</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article835</link>
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		<dc:date>2008-11-01T08:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Djamileh Zia</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La Biblioth&#232;que Nationale d'Iran fut cr&#233;&#233;e officiellement en 1316 du calendrier iranien (c'est-&#224;-dire en 1937). Elle &#233;tait un symbole de la modernisation de la soci&#233;t&#233; iranienne &#224; cette &#233;poque. Deux collections de livres - celle de la biblioth&#232;que de l'Ecole D&#226;rolfonoun et celle de l'Association Ma'&#226;ref - form&#232;rent le noyau central de la premi&#232;re biblioth&#232;que publique d'Iran, qui fut transform&#233;e quelques ann&#233;es plus tard en Biblioth&#232;que Nationale. &lt;br class='autobr' /&gt;
La Biblioth&#232;que Publique Ma'&#226;ref &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Ecole D&#226;rolfonoun, fond&#233;e (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique41" rel="directory"&gt;N&#176; 36, novembre 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton835-b836c.jpg?1686645127' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Biblioth&#232;que Nationale d'Iran fut cr&#233;&#233;e officiellement en 1316 du calendrier iranien (c'est-&#224;-dire en 1937). Elle &#233;tait un symbole de la modernisation de la soci&#233;t&#233; iranienne &#224; cette &#233;poque. Deux collections de livres - celle de la biblioth&#232;que de l'Ecole D&#226;rolfonoun et celle de l'Association Ma'&#226;ref - form&#232;rent le noyau central de la premi&#232;re biblioth&#232;que publique d'Iran, qui fut transform&#233;e quelques ann&#233;es plus tard en Biblioth&#232;que Nationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La Biblioth&#232;que Publique Ma'&#226;ref&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Le terme &#034;ma'&#226;ref&#034; signifie &#034;connaissances, savoirs, sciences&#034;' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'Ecole D&#226;rolfonoun&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='L'Ecole D&#226;rolfonoun &#233;tait consid&#233;r&#233; comme &#233;tant l'&#233;quivalent de l'Ecole (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, fond&#233;e en 1231 du calendrier iranien (1852) &#224; T&#233;h&#233;ran, fut le premier centre acad&#233;mique cr&#233;&#233; sur un mod&#232;le europ&#233;en en Iran. On y &#233;tudiait les sciences nouvelles. La biblioth&#232;que de cette &#233;cole sup&#233;rieure fut cr&#233;&#233;e 12 ans plus tard, c'est-&#224;-dire en 1243 (1864).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Association Ma'&#226;ref fut fond&#233;e &#224; T&#233;h&#233;ran en 1276 du calendrier iranien (c'est-&#224;-dire en 1897) ; son but &#233;tait de cr&#233;er des &#233;coles modernes et de promouvoir la culture en Iran. La &#034;Biblioth&#232;que Nationale Ma'&#226;ref&#034; - que l'on peut consid&#233;rer comme la premi&#232;re biblioth&#232;que publique moderne d'Iran - ouvrit ses portes un an apr&#232;s la cr&#233;ation de l'association, c'est-&#224;-dire en 1277 (1898). Cette biblioth&#232;que &#233;tait situ&#233;e dans les locaux de l'association, &#224; c&#244;t&#233; de l'Ecole D&#226;rolfonoun. Le terme &#034;nationale&#034; que l'on utilisait pour d&#233;signer cette biblioth&#232;que signifiait que cette derni&#232;re ne d&#233;pendait pas de l'Etat ; elle &#233;tait en effet g&#233;r&#233;e par une organisation non gouvernementale.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1379 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH235/835-1-10e48.jpg?1686645127' width='358' height='235' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;L'Ecole D&#226;rolfonoun&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;En 1284 (1905), les livres de la biblioth&#232;que de l'Association Ma'&#226;ref furent transf&#233;r&#233;s &#224; la biblioth&#232;que de l'Ecole D&#226;rolfonoun, et ces deux biblioth&#232;ques ne firent qu'une. Cette biblioth&#232;que avait &#224; l'&#233;poque une collection de 5000 livres, et sa fr&#233;quentation &#233;tait d'une vingtaine de personnes en moyenne par jour. Son nom fut chang&#233; en 1298 (1919) en &#034;Biblioth&#232;que Ma'&#226;ref&#034;, puis en 1313 (1934) en &#034;Biblioth&#232;que Publique Ma'&#226;ref&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La c&#233;l&#233;bration du milli&#232;me anniversaire de Ferdowsi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Po&#232;te iranien (932-1020) dont le livre intitul&#233; Sh&#226;hn&#226;meh (po&#232;me &#233;pique de 60 (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en 1313 (1934) fut un autre &#233;v&#232;nement d&#233;cisif pour la cr&#233;ation de la Biblioth&#232;que Nationale d'Iran, en ce qu'elle donna lieu &#224; l'organisation d'un congr&#232;s qui rassembla de nombreux iranologues et orientalistes &#233;trangers. Les livres que le minist&#232;re de la culture avait publi&#233;s &#224; cette occasion et ceux que les invit&#233;s &#233;trangers avaient offerts furent regroup&#233;s et gard&#233;s dans l'une des salles de l'Ecole D&#226;rolfonoun, que l'on nomma &#034;Salle Ferdowsi&#034;. Ces livres furent ajout&#233;s &#224; ceux de la Biblioth&#232;que Publique Ma'&#226;ref apr&#232;s le congr&#232;s de Ferdowsi.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le premier b&#226;timent consacr&#233; &#224; la Biblioth&#232;que Nationale de l'Iran&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est vers la fin de 1313 (1934) que Mehdi Bay&#226;ni, directeur de la Biblioth&#232;que Publique Ma'&#226;ref, proposa &#224; Ali-Asghar Hekmat, Ministre de l'Instruction Publique, la cr&#233;ation de la Biblioth&#232;que Nationale de l'Iran. Cette proposition fut accept&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1380 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH298/835-2-7de34.jpg?1686645127' width='448' height='298' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Ancien b&#226;timent de la Biblioth&#232;que Nationale d'Iran&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;A la m&#234;me &#233;poque, le &#034;Mus&#233;e Ir&#226;n-e B&#226;st&#226;n&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Ce mus&#233;e est consacr&#233; aux objets d&#233;couverts lors des fouilles arch&#233;ologiques (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#034; &#233;tait en construction. Il y avait un terrain inutilis&#233; de 3500 m&#232;tres carr&#233;s &#224; c&#244;t&#233; de ce mus&#233;e. En 1315 (1936), Ali-Asghar Hekmat demanda &#224; Rez&#226; Sh&#226;h Pahlavi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='Fondateur de la dynastie Pahlavi. Il r&#233;gna en Iran de 1925 &#224; 1941.' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qu'une biblioth&#232;que rattach&#233;e au mus&#233;e y soit construite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andr&#233; Godard, architecte et arch&#233;ologue fran&#231;ais, fondateur et directeur du &#034;Mus&#233;e Ir&#226;n-e B&#226;st&#226;n&#034;, a dessin&#233; lui-m&#234;me les plans du b&#226;timent du mus&#233;e. Il fut charg&#233; de dessiner &#233;galement les plans de la biblioth&#232;que afin que les deux b&#226;timents se ressemblent sur le plan architectural. Mais on d&#233;cida que le b&#226;timent de la biblioth&#232;que du mus&#233;e, dont la construction fut presque achev&#233;e en 1316 (1937), soit confi&#233; &#224; Mehdi Bay&#226;ni, directeur de la Biblioth&#232;que Publique Ma'&#226;ref, &#224; qui l'on avait confi&#233; la charge de cr&#233;er la Biblioth&#232;que Nationale d'Iran. Celle-ci devait s'appelait &#034;Biblioth&#232;que Ferdowsi&#034;, mais le nom &#034;Biblioth&#232;que Nationale d'Iran&#034; fut adopt&#233; apr&#232;s quelques mois d'h&#233;sitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fondations du b&#226;timent de la biblioth&#232;que occupaient une surface de 550 m&#232;tres carr&#233;s, et ce dernier &#233;tait construit sur deux &#233;tages. Les deux salles de conf&#233;rence, la salle des p&#233;riodiques et les services techniques &#233;taient situ&#233;s au rez-de-chauss&#233;e. La salle de lecture (qui avait une soixantaine de places) et les magasins de livres &#233;taient au premier &#233;tage.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'ann&#233;e 1316, une ann&#233;e d&#233;cisive :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En cette m&#234;me ann&#233;e 1316, Rez&#226; Sh&#226;h ordonna que les exemplaires suppl&#233;mentaires des livres de la Biblioth&#232;que Royale soient remis &#224; Mehdi Bay&#226;ni. Plus de 13 700 livres (imprim&#233;s ou manuscrits) de la Biblioth&#232;que Royale furent ainsi transf&#233;r&#233;s &#224; la Biblioth&#232;que Publique Ma'&#226;ref. La biblioth&#232;que priv&#233;e de Monsieur Aziz Nadm&#226;&#239;, qui &#233;tait sous la responsabilit&#233; du roi apr&#232;s le d&#233;c&#232;s de M. Nadm&#226;&#239;, fut &#233;galement remise &#224; la Biblioth&#232;que Publique Ma'&#226;ref.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1381 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH242/835-3-b3d71.jpg?1686645127' width='358' height='242' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Nouveau b&#226;timent de la Biblioth&#232;que Nationale d'Iran&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;A tout ceci furent ajout&#233;s les 5000 livres (&#233;crits en russe, fran&#231;ais, allemand) de la biblioth&#232;que d'une banque russe, fond&#233;e en Iran en 1268 (1889) avec l'autorisation du roi N&#226;ssereddin Sh&#226;h Q&#226;dj&#226;r. Apr&#232;s la R&#233;volution d'Octobre 1917 (c'est-&#224;-dire en 1299 du calendrier iranien), les avoirs de cette banque furent remis au gouvernement iranien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Biblioth&#232;que Nationale d'Iran vit officiellement le jour le 3 Shahrivar 1316 (ao&#251;t 1937), dans le b&#226;timent con&#231;u pour abriter la biblioth&#232;que du &#034;Mus&#233;e Ir&#226;n-e B&#226;st&#226;n&#034;, avec environ 30 000 livres (imprim&#233;s et manuscrits) qui provenaient des diff&#233;rentes biblioth&#232;ques cit&#233;es plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le b&#226;timent con&#231;u par Andr&#233; Godard pouvait contenir 40 000 livres au maximum. Le manque de place se fit donc sentir tr&#232;s peu de temps apr&#232;s la cr&#233;ation de la Biblioth&#232;que Nationale. On construisit un autre b&#226;timent &#224; c&#244;t&#233; du premier, qui avait 570 m&#232;tres carr&#233;s de fondation, mais ceci n'&#233;tait qu'une solution provisoire et le manque de place se fit &#224; nouveau sentir apr&#232;s dix ans.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le nouveau b&#226;timent de la Biblioth&#232;que Nationale de l'Iran&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation d'une autre biblioth&#232;que nationale, dont le fonctionnement serait plus conforme aux principes adopt&#233;s par toutes les grandes biblioth&#232;ques nationales du monde, &#233;tait en cours d'&#233;tude pendant les ann&#233;es 50 du calendrier iranien (1970 &#224; 1977 environ), &#233;tant donn&#233; qu'il y avait &#224; cette &#233;poque en Iran des biblioth&#233;caires et des documentalistes qui avaient re&#231;u une formation universitaire dans ces domaines. On pensait alors construire un tr&#232;s grand b&#226;timent pour cette Nouvelle Biblioth&#232;que Nationale.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1382 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L381xH261/835-4-e7114.jpg?1686645127' width='381' height='261' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;La salle de lecture de l'ancienne Biblioth&#232;que Nationale d'Iran&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution Iranienne, puis les huit ann&#233;es de guerre entre l'Iran et l'Irak retard&#232;rent ce projet, mais d&#232;s la fin de la guerre, en 1369 (1990), le gouvernement iranien remit &#224; l'ordre du jour la question d'un nouveau b&#226;timent pour la Biblioth&#232;que Nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La construction du nouveau b&#226;timent commen&#231;a en 1374 (1995) sur un terrain situ&#233; &#224; proximit&#233; de l'actuelle station de m&#233;tro Mird&#226;m&#226;d. Une partie du projet fut termin&#233;e en 1383 (2004), ce qui permit de transf&#233;rer la Biblioth&#232;que Nationale dans le nouveau b&#226;timent peu apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plans du nouveau b&#226;timent de la Biblioth&#232;que Nationale d'Iran ont &#233;t&#233; dessin&#233;s par un architecte iranien, Youssef Shari'at-Z&#226;deh. Ce b&#226;timent de 97 000 m&#232;tres carr&#233;s a &#233;t&#233; con&#231;u de mani&#232;re &#224; ce que les activit&#233;s de la Biblioth&#232;que Nationale puissent &#234;tre r&#233;parties dans huit unit&#233;s diff&#233;rentes toutes situ&#233;es dans le m&#234;me b&#226;timent, chaque unit&#233; &#233;tant sp&#233;cialis&#233;e dans un domaine particulier : centre de conservation des livres, biblioth&#232;que sp&#233;cialis&#233;e pour les chercheurs en islamologie et en iranologie, les magasins (qui peuvent contenir sept millions de livres au maximum), etc.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1383 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L381xH286/835-5-5955a.jpg?1686645127' width='381' height='286' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;La salle de lecture de la Biblioth&#232;que Nationale d'Iran&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Il y a cinq salles de lecture dans ce b&#226;timent : consacr&#233;es respectivement aux livres scientifiques, aux livres de r&#233;f&#233;rence, aux livres de sciences sociales, aux livres de sciences humaines et d'art, et enfin aux manuscrits. Les architectes ont &#233;galement pens&#233; &#224; adapter le b&#226;timent aux nouvelles technologies ainsi qu'&#224; la num&#233;risation des documents, qui est en cours de r&#233;alisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les biblioth&#232;ques existent depuis au moins vingt-cinq si&#232;cles. La Biblioth&#232;que du Roi Assurbanipal &#224; Ninive (626-668 av. J.C.) et celle d'Alexandrie furent parmi les premi&#232;res biblioth&#232;ques dont les principes de fonctionnement &#233;taient ceux d'une &#034;biblioth&#232;que nationale&#034; : elles &#233;taient une compilation des connaissances de leur &#233;poque ; des biblioth&#233;caires instruits avaient la charge d'y assembler les publications de leur propre civilisation mais aussi celles des civilisations avoisinantes. Au cours de ces vingt-cinq si&#232;cles, la biblioth&#232;que a eu la responsabilit&#233; de sauvegarder les sciences et les connaissances de l'humanit&#233;, et il en sera toujours ainsi, malgr&#233; les techniques num&#233;riques qui ont boulevers&#233; le champ de la publication et de la diffusion des connaissances.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;* L'historique de la Biblioth&#232;que Nationale d'Iran figure en persan sur le site officiel de cette biblioth&#232;que, &#224; l'adresse &lt;a href=&#034;http://www.nlai.ir&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;www.nlai.ir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le terme &#034;ma'&#226;ref&#034; signifie &#034;connaissances, savoirs, sciences&#034;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'Ecole D&#226;rolfonoun &#233;tait consid&#233;r&#233; comme &#233;tant l'&#233;quivalent de l'Ecole Polytechnique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Po&#232;te iranien (932-1020) dont le livre intitul&#233; Sh&#226;hn&#226;meh (po&#232;me &#233;pique de 60 000 distiques, traduit en fran&#231;ais sous le titre &#034;Livre des Rois&#034;) retrace l'Histoire et les l&#233;gendes de la Perse Antique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce mus&#233;e est consacr&#233; aux objets d&#233;couverts lors des fouilles arch&#233;ologiques en Iran. Le terme &#034;b&#226;st&#226;n&#034; signifie &#034;ancien, antique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fondateur de la dynastie Pahlavi. Il r&#233;gna en Iran de 1925 &#224; 1941.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'islam et l'exaltation du savoir</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article834</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article834</guid>
		<dc:date>2008-11-01T07:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hoda Sadough</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le langage et l'&#233;criture sont deux facult&#233;s extraordinaires de l'homme, qui suscitent &#224; la fois la stup&#233;faction et l'&#233;merveillement de par la complexit&#233; de leurs m&#233;canismes. C'est par leur usage que l'homme parvient &#224; communiquer un nombre incalculable de messages &#224; autrui comprenant ses souhaits, ses sentiments, ses d&#233;sirs, ses craintes ou ses opinions. Le r&#244;le fondamental de l'&#233;criture dans l'histoire humaine devient encore plus &#233;vident lorsque l'on prend conscience que la formation des grandes (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique41" rel="directory"&gt;N&#176; 36, novembre 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton834-c68c3.jpg?1686645127' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le langage et l'&#233;criture sont deux facult&#233;s extraordinaires de l'homme, qui suscitent &#224; la fois la stup&#233;faction et l'&#233;merveillement de par la complexit&#233; de leurs m&#233;canismes. C'est par leur usage que l'homme parvient &#224; communiquer un nombre incalculable de messages &#224; autrui comprenant ses souhaits, ses sentiments, ses d&#233;sirs, ses craintes ou ses opinions. Le r&#244;le fondamental de l'&#233;criture dans l'histoire humaine devient encore plus &#233;vident lorsque l'on prend conscience que la formation des grandes civilisations commence avec l'&#233;criture. Gr&#226;ce &#224; la plume, l'homme a pu enregistrer ses exploits et ses connaissances aux cours des si&#232;cles, pour les mettre enfin &#224; la port&#233;e des g&#233;n&#233;rations futures. Ainsi il n'est pas inopportun de confirmer que la plume et l'art calligraphique sont &#224; l'origine de la division cr&#233;&#233;e entre l'histoire et la pr&#233;histoire. Les livres ont r&#233;ellement contribu&#233; &#224; l'enrichissement culturel et scientifique des nations.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1376 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L269xH309/834-1-ff311.jpg?1686645127' width='269' height='309' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:269px;'&gt;&lt;strong&gt;La grotte de Hira, La Mecque, Arabie Saoudite&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;finition de la plume selon le &lt;i&gt;Petit Robert&lt;/i&gt;, qui la pr&#233;sente comme l' &lt;i&gt;''instrument dont se sert la personne qui s'exprime par &#233;crit&lt;/i&gt;'', est tr&#232;s diff&#233;rente du sens plus abstrait qu'elle englobe. Le glissement de la plume sur du simple papier a &#233;t&#233; le point de d&#233;part d'importants &#233;v&#233;nements et p&#233;rip&#233;ties de l'Histoire. L'&#233;mancipation des peuples et les glorieuses r&#233;volutions auraient-elles vraiment eu lieu sans l'appel de la plume &#224; l'intelligence de l'homme ? Les chefs-d'&#339;uvre universels auraient-ils pu subsister sans la plume jusqu'&#224; l'heure actuelle ? Les acquis scientifiques, l'enseignement et le savoir se seraient-ils d&#233;velopp&#233;s sans l'emploi de la plume ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce sens, ce n'est pas sans raison que la plume a &#233;t&#233; objet d'estime et de v&#233;n&#233;ration dans toutes les cultures. Cependant cet objet est l'objet d'une attention toute particuli&#232;re dans la religion musulmane, notamment de par la place qu'elle occupe dans le Coran, qui a notamment contribu&#233; &#224; r&#233;pandre l'esprit de la science. Partant des conditions cr&#233;&#233;es par la nouvelle religion, la jeune soci&#233;t&#233; islamique conn&#251;t au cours des premiers si&#232;cles de l'h&#233;gire un rapide progr&#232;s dans le domaine des sciences. Elle fut rapidement amen&#233;e &#224; s'occuper de probl&#232;mes intellectuels enti&#232;rement nouveaux qui se traduisirent par l'&#233;criture et la traduction de nombreux ouvrages. Le Coran peut ainsi &#234;tre consid&#233;r&#233; comme l'une des principales sources de ce mouvement culturel. L'interpr&#233;tation de beaucoup de mots peu usit&#233;s trouv&#233;s dans le Coran a non seulement suscit&#233; la r&#233;daction des premiers commentaires coraniques, mais a &#233;galement &#233;veill&#233; l'int&#233;r&#234;t pour la lexicographie. Les efforts d&#233;ploy&#233;s pour mettre par &#233;crit la biographie du proph&#232;te et ses conqu&#234;tes ainsi que les biographies de ses premiers successeurs ont contribu&#233; &#224; l'&#233;mergence d'une historiographie aux formes multiples. La collecte intensive et la conservation &#233;crite des dires du proph&#232;te (&lt;i&gt;hadith&lt;/i&gt;) ont abouti &#224; la constitution d'une v&#233;ritable science de la tradition. C'est aussi au Ier si&#232;cle, et d&#232;s sa premi&#232;re moiti&#233;, que l'on doit chercher les sources &#233;crites les plus anciennes de la pens&#233;e juridique. Naturellement, dans ces premiers &#233;crits &#224; la port&#233;e relativement modeste, seul des th&#232;mes particuliers &#233;taient trait&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; des th&#233;ologiens chiites estiment que la premi&#232;re r&#233;v&#233;lation du Coran e&#251;t lieu le 27 rajab (calendrier arabe), cinq ans apr&#232;s la restauration de la Kaaba. Le proph&#232;te, alors &#226;g&#233; de quarante ans, s'&#233;tait retir&#233; comme de coutume, dans la grotte de Hira. L'ange Gabriel charg&#233; de la r&#233;v&#233;lation, lui apparut et lui dit, ''&lt;i&gt;Mohammad, lis !&lt;/i&gt;''.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le proph&#232;te demanda ce qu'il devait lire et l'Archange commen&#231;a la lecture et la r&#233;v&#233;lation de la sourate Al-'Alaq (&#034;L'adh&#233;rence&#034;) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;Au nom de Dieu, Cl&#233;ment Mis&#233;ricordieux&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &lt;i&gt;Lis au nom de ton Seigneur qui a cr&#233;&#233;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. &lt;i&gt;Qui a cr&#233;&#233; l'homme d'un caillot de sang.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. &lt;i&gt;Lis !, car ton Seigneur est tr&#232;s G&#233;n&#233;reux&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. &lt;i&gt;Qui a instruit l'homme au moyen d'une plume (calame)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. &lt;i&gt;Et lui a enseign&#233; ce qu'il ignorait.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'on observe en premier lieu dans les versets suivants est un champ lexical concernant le domaine de l'instruction, comportant les mots suivants : lecture, enseignement, plume, science, ignorance et &#233;ducateur (en langue arabe le mot ''&lt;i&gt;rabb&lt;/i&gt;'' traduit en g&#233;n&#233;ral par &#034;seigneur&#034; est issu de la racine '&lt;i&gt;'rabba&lt;/i&gt;'' qui signifie &#034;engraisser&#034;, &#034;augmenter&#034;, signifiant l'id&#233;e d'ajouter quelque chose. Ainsi, ''&lt;i&gt;rabb&lt;/i&gt;'' &#233;voque l'id&#233;e d'un Dieu qui nous &#034;augmente&#034;, c'est-&#224;-dire qui nous &#233;duque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inauguration du Coran par le th&#232;me de l'enseignement fait preuve de l'attention particuli&#232;re pr&#234;t&#233; &#224; ce sujet par son R&#233;v&#233;lateur. Le Coran d&#233;bute ainsi sa transmission avec l'injonction de la lecture, qui est la cl&#233; des connaissances. L'exhortation &#224; la recherche du savoir se pose alors comme le premier message divin r&#233;v&#233;l&#233; au proph&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1377 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L253xH358/834-2-abdab.jpg?1686645127' width='253' height='358' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:253px;'&gt;&lt;strong&gt;La sourate &#034;Al-'Alaq&#034;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Or, dans une soci&#233;t&#233; o&#249; les valeurs principales &#233;taient bas&#233;es sur la lign&#233;e, l'&#233;p&#233;e et le cheval et o&#249; les superstitions r&#233;gnaient en ma&#238;tre absolu sur tous les esprits, quel attrait pouvait avoir le th&#232;me de l'enseignement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce vaste territoire d&#233;sertique o&#249; le nombre de personnes lettr&#233;es comptait, au dire des historiens, &#224; peine une dizaine de personnes, o&#249; le savoir ne comptait en aucune mani&#232;re parmi les pr&#233;occupations de la majorit&#233;, pourquoi un appel &#224; l'intelligence appara&#238;t-il d&#232;s le d&#233;but de la r&#233;v&#233;lation de ce Livre ? Encore faut-il &#233;voquer qu'aucune instruction formelle n'avait &#233;t&#233; fournie au proph&#232;te jusqu'&#224; l'heure de la r&#233;v&#233;lation, et qu'il ne savait ni lire ni &#233;crire au moment de la venue de l'ange Gabriel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, comment peut-on expliquer cet ordre conviant &#224; la lecture ? Le d&#233;cret &#224; la lecture, suivi aussit&#244;t du nom du Seigneur t&#233;moigne non seulement de l'attention que pr&#234;te le Coran &#224; l'apprentissage de toutes disciplines mais affirme &#233;galement une tendance pr&#233;f&#233;rentielle de la part du Seigneur qui pr&#233;coniserait la lecture des &#339;uvres favorisant un rapprochement de l'homme &#224; son Cr&#233;ateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, une attention particuli&#232;re est port&#233;e &#224; l'homme et &#224; son aspect physique. Selon le Coran - et les nombreuses autres r&#233;v&#233;lations et proph&#232;tes qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233; -, l'homme est le seul &#234;tre dont la cr&#233;ation m&#233;rite r&#233;ellement d'&#234;tre mise en valeur. Cette place privil&#233;gi&#233;e provient des facult&#233;s et des pr&#233;dispositions existant dans l'homme &#224; l'&#233;tat de potentialit&#233;. La nature humaine se diff&#233;rencie ainsi des autres cr&#233;atures de par la possession de richesses spirituelles susceptibles de conduire l'homme &#224; la perfection. Par l'&#233;vocation de la mati&#232;re primitive sans valeur constituant le corps humain (le &#034;caillot de sang&#034;), Dieu entend rappeler que la valeur de l'homme r&#233;side hors de la mati&#232;re et d&#233;pend de l'utilisation de son intelligence et de sa r&#233;flexion, notamment dans le domaine de l'instruction et de l'enseignement divins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exhortation et l'&#233;loge de la connaissance ne se bornent gu&#232;re &#224; une seule sourate du Coran, et ont &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;s dans de nombreux versets. L'exemple le plus repr&#233;sentatif de cette assertion est sans aucun doute la soixante-huiti&#232;me sourate intitul&#233;e &#034;Al-Qalam&#034; signifiant la plume commen&#231;ant par le verset suivant : &#034;&lt;i&gt;Nun. Par la plume et ce qu'ils &#233;crivent&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lettre initiale ''&lt;i&gt;Nun&lt;/i&gt;'' figurant au d&#233;but de la sourate correspond au son de la lettre ''N'' de la langue Arabe. Les interpr&#233;teurs du Coran ont pr&#233;sent&#233; une s&#233;rie d'hypoth&#232;ses affin d'expliquer la pr&#233;sence de cette lettre, cependant, aucune opinion ne peut &#234;tre av&#233;r&#233;e avec certitude. Il convient cependant d'indiquer que ''Nun'' signifie par ailleurs &#034;encre&#034; en arabe qui est selon le sens, en direct rapport avec la plume.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1378 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L269xH357/834-3-61ba5.jpg?1686645127' width='269' height='357' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:269px;'&gt;&lt;strong&gt;La sourate &#034;Al-Qalam&#034;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Par l'interm&#233;diaire des serments &lt;i&gt;(&#034;par&#034; la plume&#8230;&lt;/i&gt;), le Coran entend attirer l'attention de l'homme sur des biens ayant une valeur exceptionnelle ou un r&#244;le fondamental dans la vie de l'homme. La plume et l'&#233;criture furent ainsi le point de d&#233;part du d&#233;veloppement intellectuel de la communaut&#233; musulmane. D&#232;s les premiers si&#232;cles de l'H&#233;gire, avec l'expansion de l'islam et la r&#233;v&#233;lation des premi&#232;res sourates, de nombreux efforts furent consacr&#233;s &#224; l'&#233;criture et la copie des versets coraniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux musulmans se consacr&#232;rent ainsi avec enthousiasme &#224; des activit&#233;s telles que la r&#233;daction, la compilation, la r&#233;tention et la conservation de leur Livre. Peu &#224; peu, l'aspect esth&#233;tique de l'&#233;criture du Coran fut &#233;galement pris en consid&#233;ration si bien que l'art calligraphique devin peu &#224; peu un art essentiel de la nouvelle communaut&#233; musulmane. Le proph&#232;te encourageait lui-m&#234;me les calligraphes en leur disant que ''la beaut&#233; &#233;claire la v&#233;rit&#233;''.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la tradition islamique, la calligraphie arabe est consid&#233;r&#233;e comme le plus noble des arts plastiques, car elle pr&#234;te une forme visible &#224; la parole r&#233;v&#233;l&#233;e du Coran. Le terme ''&lt;i&gt;Ayat&lt;/i&gt;'' employ&#233; en abondance dans le Coran d&#233;signe &#224; la fois les versets coraniques et les signes de Dieu dans la cr&#233;ation. Le monde est pr&#233;sent&#233; alors comme un langage divin, comme un immense livre dont les caract&#232;res sont &#233;crits par la plume divine. La fonction spirituelle qu'assume la calligraphie coranique conf&#232;re &#224; cet art une dimension r&#233;ellement sacr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception primitive du livre chez les premiers musulmans &#233;tait uniquement li&#233;e aux livres sacr&#233;s. Cela explique pourquoi dans le Coran, les juifs et les chr&#233;tiens sont nomm&#233;s ''peuple du Livre'', d&#233;signant par l&#224; les peuples de la Torah et de la Bible. Dans l'islam, les gens du Livre (&lt;i&gt;ahl-al-kit&#226;b&lt;/i&gt;) sont ceux &#224; qui des messages divins ont &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233;s. Ainsi, les premiers musulmans consid&#233;raient le Coran comme le seul &#034;Livre&#034; selon l'usage religieux du terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la croissance du taux d'alphab&#233;tisation et la multiplication des manuscrits conduisirent &#233;ventuellement &#224; &#233;tendre ce qualificatif &#224; toute &#339;uvre &#233;crite. On employait &#233;galement ce mot pour d&#233;signer les correspondances. A titre d'exemple, les ''Livres du Proph&#232;te'' d&#233;signaient des lettres r&#233;dig&#233;es par le Proph&#232;te aux autorit&#233;s des Etats avoisinants, dans le but de les inviter &#224; se convertir &#224; l'islam.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien avec Razi Khod&#226;d&#226;di (Hirmandi) Un &#233;diteur renomm&#233; et professionnel est un &#233;diteur original</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article833</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article833</guid>
		<dc:date>2008-11-01T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Zaynab Sadaghi&#226;n</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;N&#233; en 1947, Razi Khod&#226;d&#226;di (Hirmandi) est un auteur humoriste ainsi qu'un traducteur de renom dans le domaine de la litt&#233;rature enfantine. Titulaire d'une ma&#238;trise de linguistique de l'Universit&#233; de T&#233;h&#233;ran, il fit conna&#238;tre les &#339;uvres de Shel Silverstein en Iran en traduisant un grand nombre de ses ouvrages. Il s'est &#233;galement int&#233;ress&#233; aux probl&#232;mes de la traduction et a publi&#233; un ouvrage intitul&#233; &#1578;tre traducteur dans lequel il &#233;tudie notamment la notion de &#034;traduction&#034; en g&#233;n&#233;ral et donne certains conseils (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique41" rel="directory"&gt;N&#176; 36, novembre 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton833-c075c.jpg?1686645127' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;N&#233; en 1947, Razi Khod&#226;d&#226;di (Hirmandi) est un auteur humoriste ainsi qu'un traducteur de renom dans le domaine de la litt&#233;rature enfantine. Titulaire d'une ma&#238;trise de linguistique de l'Universit&#233; de T&#233;h&#233;ran, il fit conna&#238;tre les &#339;uvres de Shel Silverstein&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Shel Silverstein est un c&#233;l&#232;bre auteur am&#233;ricain de livres pour enfants. Il (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en Iran en traduisant un grand nombre de ses ouvrages. Il s'est &#233;galement int&#233;ress&#233; aux probl&#232;mes de la traduction et a publi&#233; un ouvrage intitul&#233; &lt;/i&gt;&#1578;tre traducteur&lt;i&gt; dans lequel il &#233;tudie notamment la notion de &#034;traduction&#034; en g&#233;n&#233;ral et donne certains conseils aux jeunes traducteurs.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Pensez-vous que l'industrie de l'imprimerie et de l'&#233;dition en Iran est garantie par un syst&#232;me d'ordre l&#233;gal ? Autrement dit, est-ce que les droits d'&#233;diteur, d'auteur et de traducteur sont respect&#233;s ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire para&#238;tre un ouvrage et pour le faire parvenir au grand public, le traducteur ou l'auteur s'efforcent de trouver un &#233;diteur afin que celui-ci assume la responsabilit&#233; de l'impression et la diffusion de l'ouvrage, tout simplement parce que l'auteur n'a pas le temps, le capital, ni la qualification n&#233;cessaire dans ce domaine. Jusqu'ici, c'est tout naturel et &#233;vident. Mais le probl&#232;me &#233;merge au fur et &#224; mesure, surtout quand, apr&#232;s l'&#233;dition, l'&#339;uvre est r&#233;utilis&#233;e de diverses fa&#231;ons par l'&#233;diteur &#034;officiel&#034; ou d'autres &#233;diteurs, ou encore au travers des m&#233;dias gouvernementaux ou non-gouvernementaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cas, il n'existe pas de vraie loi pour d&#233;fendre ce droit ; et bien qu'il existe certaines dispositions juridiques, elles restent en r&#233;alit&#233; lettre morte. Concr&#232;tement, il arrive tr&#232;s souvent que l'on se serve de mes ouvrages sous des formes diff&#233;rentes (citations, animations, etc.) sans m&#234;me en indiquer la source.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Par quelles &#233;tapes doit passer un ouvrage, de sa r&#233;daction jusqu'&#224; son &#233;dition ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir r&#233;dig&#233; et corrig&#233; un ouvrage, l'auteur, comme je l'ai d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;, se pr&#233;sente &#224; un &#233;diteur, qui va le confier &#224; des sp&#233;cialistes qui v&#233;rifient la qualit&#233; du contenu de l'ouvrage pour ensuite, s'il est accept&#233;, inviter l'auteur &#224; signer le contrat d'&#233;dition. Les types de contrat sont tr&#232;s divers. Certains sont plus ou moins avantageux pour l'&#233;diteur ou pour l'auteur ; certains sont plus &#034;&#233;quitables&#034; que d'autres, en fonction de la notori&#233;t&#233; de la maison d'&#233;dition ou de l'auteur. Ainsi, l'auteur doit prendre en compte toutes les dispositions du contrat et r&#233;fl&#233;chir &#224; ses conditions avant de l'accepter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;En tant qu'auteur et traducteur renomm&#233;, sur quelles bases &#233;tablissez-vous un contact avec votre &#233;diteur ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral, j'essaie plut&#244;t d'&#233;tablir une relation d'&#233;gal &#224; &#233;gal, en un mot, une relation morale et humaine : dans le premier temps, je consid&#232;re l'&#233;diteur comme un &#234;tre humain, un compatriote et une personne qui choisit d'investir dans une affaire culturelle.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1375 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH240/833-1-4a701.jpg?1686645127' width='358' height='240' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Razi Khod&#226;d&#226;di (Hirmandi)&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Dans un deuxi&#232;me temps et en parall&#232;le, je le consid&#232;re comme l'une des parties du contrat d'&#233;dition ; chose que je pr&#233;cise dans tous les &#233;l&#233;ments principaux du contrat (pas seulement d'une mani&#232;re &#233;crite mais aussi et surtout verbalement). Je pense que ce deuxi&#232;me aspect contribue &#224; l'&#233;tablissement d'une relation sainte entre l'&#233;diteur et l'auteur, et contribue &#224; pr&#233;venir l'&#233;mergence d'&#233;ventuelles difficult&#233;s entre les deux parties et, sur le plus long terme, avec les h&#233;ritiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Quels sont les crit&#232;res vous conduisant &#224; choisir un &#233;diteur plut&#244;t qu'un autre ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes principaux crit&#232;res de s&#233;lection sont tout d'abord sa renomm&#233;e et ensuite son professionnalisme. Un &#233;diteur c&#233;l&#232;bre, outre le fait qu'il cherche, comme les autres, &#224; r&#233;aliser des profits, tient &#233;galement &#224; prot&#233;ger sa c&#233;l&#233;brit&#233; et sa popularit&#233;. Un &#233;diteur renomm&#233; et professionnel est un &#233;diteur original. Il a &#233;galement un sens aigu de ses obligations ; il sait quelle partie du travail revient &#224; l'auteur et quelle autre &#224; lui-m&#234;me. Tout est &#233;vident pour lui. Il n'existe point des malentendus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Pourriez-vous nous &#233;voquer les difficult&#233;s principales qui s'opposent &#224; la mise en place de cette relation logique et &#034;parall&#232;le&#034; entre les auteurs et les &#233;diteurs ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe beaucoup de difficult&#233;s dans ce domaine, y compris celles qui apparaissent avant la publication : l'&#233;diteur accepte le manuscrit d'un ouvrage mais, du fait d'un obstacle particulier, la publication est bloqu&#233;e. Il est donc utile de pr&#233;ciser un &#233;l&#233;ment important dans le contrat d'&#233;dition : si, apr&#232;s un certain temps, l'&#233;diteur n'a pas publi&#233; un ouvrage, l'auteur aura le droit de le reprendre tel quel et de le donner &#224; un autre &#233;diteur ; et m&#234;me, si un manuscrit reste pour longtemps chez l'&#233;diteur, l'auteur aura le droit de r&#233;clamer un dommage. La deuxi&#232;me condition rel&#232;ve cependant plus de l'id&#233;al que de la r&#233;alit&#233; actuellement. Pourtant, il est courant que l'auteur, au moment de livrer ce manuscrit, obtiennent un acompte, ce qui est toujours mieux que rien ! Apr&#232;s la publication du manuscrit, d'autres difficult&#233;s peuvent survenir : l'une d'entre elles est une mauvaise diffusion de l'ouvrage. Par exemple, l'&#233;diteur-libraire pr&#233;f&#232;re parfois vendre une dizaine d'exemplaire de l'ouvrage dans sa propre librairie ou dans des expositions au lieu de le livrer au diffuseur en lui attribuant un certain pourcentage (30%). Naturellement, cela fait perdre du temps. Ou encore, une fois les exemplaires de la premi&#232;re &#233;dition vendus, l'&#233;diteur ne r&#233;&#233;dite pas l'ouvrage. Malheureusement, certains des &#233;diteurs - pas tous - gardent en r&#233;serve 200 ou 300 exemplaires de l'ouvrage et au moment o&#249; l'auteur demande sa r&#233;&#233;dition, les exemplaires restant servent de pr&#233;texte &#224; un refus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;De nos jours, en Iran, un certains nombre d'&#233;diteurs publient les ouvrages &#224; compte d'auteur ; quelles sont les cons&#233;quences de cette nouvelle tendance ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les traducteurs ou les auteurs qui font publier les ouvrages &#224; leur compte sont plus libres dans le choix de leur &#233;diteur. Cependant, il arrive qu'apr&#232;s avoir &#233;dit&#233; l'ouvrage, l'&#233;diteur n'assume aucune responsabilit&#233; &#224; l'&#233;gard de sa diffusion et de sa vente. Cela peut donc avoir des cons&#233;quences tr&#232;s n&#233;gatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Pensez-vous qu'il serait souhaitable de mettre en place un vrai syst&#232;me de v&#233;rification scientifique et technique du contenu des ouvrages, qui pourrait lui-m&#234;me venir remplacer le syst&#232;me de contr&#244;le &#034;mot &#224; mot&#034; actuel que l'on appelle la &#034;censure&#034; ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, je suis absolument contre ce contr&#244;le &#034;mot &#224; mot&#034;. Sauf dans le cas o&#249; se pose la question d'une offense impardonnable aux valeurs de la population ; dans cette situation m&#234;me, les censeurs doivent reconna&#238;tre les raisonnements des auteurs et des penseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Selon les statistiques, le nombre de livres publi&#233;s pour les enfants et les adolescents est en train d'augmenter. Quelle est selon-vous, en tant que traducteur et auteur dans le domaine de la litt&#233;rature enfantine, la raison d'une telle augmentation ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon moi, trois traits majeurs sont pr&#233;sents dans les &#339;uvres publi&#233;es pour les enfants : elles ne sont pas volumineuses, on y utilise un lexique limit&#233; et restreint et le style de l'auteur, en comparaison de celui qui &#233;crit une &#339;uvre pour adulte, est invisible. Pour ces trois raisons et pour mille autres, de nombreux auteurs tentent d'&#233;crire des &#339;uvres pour enfants. Mais n'oublions pas que les apparences peuvent &#234;tre trompeuses. Au premier regard, la litt&#233;rature enfantine para&#238;t tr&#232;s simple, mais lorsque l'on approfondit un peu la chose, on se rend compte que la r&#233;daction de livres pour enfants constitue un art digne de ce nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Que conseilleriez-vous &#224; tous ceux qui tiennent un manuscrit &#224; la main et n'osent pas entrer dans le domaine de l'&#233;dition et de la publication ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux principes me semblent tr&#232;s importants : avant de faire para&#238;tre un ouvrage, il est pr&#233;f&#233;rable de consulter ceux qui ont de l'exp&#233;rience dans ce domaine. Un autre principe tr&#232;s important est le choix d'un bon &#233;diteur, qui, de par son exp&#233;rience et sa diffusion, pourra contribuer &#224; faire de la publication d'un ouvrage un &#034;livre &#224; succ&#232;s&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Merci de nous avoir accord&#233; cet entretien.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci &#224; vous et &#224; la Revue de T&#233;h&#233;ran.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Shel Silverstein est un c&#233;l&#232;bre auteur am&#233;ricain de livres pour enfants. Il est &#233;galement compositeur, sc&#233;nariste, acteur et r&#233;alisateur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le culte de Mithra en Iran et &#224; Rome (II)</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article832</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article832</guid>
		<dc:date>2008-11-01T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Afsaneh Pourmazaheri, Farz&#226;neh Pourmaz&#226;heri</dc:creator>



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&lt;p&gt;1.1. Le passage de Mithra dans le monde &lt;br class='autobr' /&gt;
La conqu&#234;te d'Alexandre et la chute de l'Empire Perse ne purent pas faire disparaitre les aristocraties d'origine iranienne &#233;tant fid&#232;les &#224; leur d&#233;it&#233; ancestrale. De plus, un grand nombre de dynastes furent des ascendants ach&#233;m&#233;nides comme les rois d'Arm&#233;nie, de Cappadoce, du Pont et de Commag&#232;ne. C'&#233;tait dans leur royaume que le culte de Mithra se pratiquait. La nomination de ces rois d&#233;montre bien leur croyance et leur culte. Par exemple le roi du Pont &#233;tait le (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique41" rel="directory"&gt;N&#176; 36, novembre 2008&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton832-ba954.jpg?1686645127' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1.1. Le passage de Mithra dans le monde&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La conqu&#234;te d'Alexandre et la chute de l'Empire Perse ne purent pas faire disparaitre les aristocraties d'origine iranienne &#233;tant fid&#232;les &#224; leur d&#233;it&#233; ancestrale. De plus, un grand nombre de dynastes furent des ascendants ach&#233;m&#233;nides comme les rois d'Arm&#233;nie, de Cappadoce, du Pont et de Commag&#232;ne. C'&#233;tait dans leur royaume que le culte de Mithra se pratiquait. La nomination de ces rois d&#233;montre bien leur croyance et leur culte. Par exemple le roi du Pont &#233;tait le fameux Mithridate VI Eupateur. Les rois Parthes furent aussi inspir&#233;s par Mithra, entre autres Mithridate Ier le Grand, sous lequel la r&#233;daction du Xe Yasht fut commenc&#233;e apr&#232;s le IIe si&#232;cle av. J.-C. Durant le Ier si&#232;cle av. J.-C., les rois du Bosphore portaient ce m&#234;me nom, signifiant &#034;donn&#233; par le dieu Mithra&#034;. Ce qui est n&#233;anmoins curieux est que le nom de Mithra, pourtant si ador&#233; par les rois, ne figura pas sur les monnaies parthiques ou pontiques. Cependant, &#224; l'&#233;poque hell&#233;nistique, la pr&#233;sence de Mihre marqua leur territoire d'est en ouest, c'est-&#224;-dire de la Parthie au Pont-Euxin. Quant &#224; l'Arm&#233;nie, le nom des temples pa&#239;ens fut M&#233;h&#233;an (Mihriyan) et Mithraea. Par ailleurs, une l&#233;gende arm&#233;nienne parle de Mithra comme d'un dieu cavalier emprisonn&#233; dans une caverne avec un corbeau, de laquelle il devait sortir &#224; la fin des temps. La m&#234;me histoire a lieu avec le dieu gr&#233;co-romain Tauroctone. Cela peut justifier le sacrifice des taureaux pour le dieu Tauroctone, donc pour Mithra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers contacts gr&#233;co-iraniens et la diffusion du mithra&#239;sme a ainsi davantage eut lieu en Asie Mineure qu'en M&#233;sopotamie. Aussi, le voisinage du Bosphore et du Pont explique tr&#232;s bien la contamination des myst&#232;res mithra&#239;ques en fonction de la proximit&#233; des r&#233;gions danubiennes. Les monuments de Mithridate Kallinikos et d'Antichus Ier, son fils, roi de Commag&#232;ne au premier si&#232;cle av. J.-C. illustre bien ce syncr&#233;tisme gr&#233;co-iranien de l'&#233;poque hell&#233;nistique. Les inscriptions du Nemrud Dagh superpos&#232;rent Mithra &#224; H&#233;lios-Apollon et Herm&#232;s. On d&#233;couvrit m&#234;me un Mithra-Mercure dans le culte romain. Dans les imageries sculpt&#233;es, Mithra serre la main du roi Zeus-Oromasdes, comme le font d'autres dieux &#224; l'exemple d'Hercule. Dans la culture hell&#233;nistique, Mithra fait partie des dieux protecteurs officiels du souverain, mais quant au myst&#232;re, il n'a encore aucun r&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les recherches sur le Mithra myst&#233;rique trouvent leur point de d&#233;part en Asie mineure. Plutarque, qui vivait vers 100 ap. J.-C., s'appuyait sur les sources plus anciennes, peut-&#234;tre sur celles de Posidonius, pour expliquer le fait que les pirates ciliciens vaincus dans une bataille avec Pomp&#233;e, faisaient des sacrifices &#224; Olympos en Lycie. Ces sacrifices furent inspir&#233;s et influenc&#233;s par les myst&#232;res mithra&#239;ques c&#233;l&#233;br&#233;s en son temps.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1372 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L269xH273/832-1-cf6fa.jpg?1686645127' width='269' height='273' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:269px;'&gt;&lt;strong&gt;Statue de Mithra sacrifiant un taureau (date inconnue) en Italie&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Certains mettent en question les propos de Plutarque. Cependant ils devraient remarquer des d&#233;tails qui lui permirent d'&#233;tablir une comparaison entre la liturgie de tauroctone, connue &#224; Rome vers 90, &#224; la p&#233;riode o&#249; il y vivait, et les myst&#232;res mithra&#239;ques. Cilicie &#224; son tour &#233;tait le voisin de la Commag&#232;ne. Mithra s'y introduisit aussi comme un culte royal et hell&#233;nis&#233; (TURCAN, 1981, pp.17-19). Entre l'Italie du Nord et le Limes rh&#233;no-danubien, l'expansion de ce culte persique atteint la Retie et la Nordique notamment le Virunum pr&#232;s de Klagenfurt en Autriche &#224; l'&#233;poque d'Antonin. Dans les ann&#233;es 130, Mithra mit son pied en Germanie. Bient&#244;t, il arriva &#224; Strasbourg sous Antonin. Au IIe et IIIe si&#232;cles, des r&#233;gions dans les provinces danubiennes furent bien marqu&#233;es par le mithra&#239;sme. Les ruines des mithraea montrent bien la densit&#233; d'existence de ce culte dans ces r&#233;gions. En revanche, il p&#233;n&#233;tra tr&#232;s peu en Mac&#233;doine et encore moins en Gr&#232;ce sauf &#224; Ath&#232;nes, &#224; Andros, &#224; Partras et en Argolide (TURCAN, 1981, pp.27-28).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les parties hell&#233;nis&#233;es de l'Asie Mineure, elles aussi, rest&#232;rent tr&#232;s peu touch&#233;es par ce culte iranien. Il put cependant atteindre le nord de la mer Noire et m&#234;me la Syrie et la Palestine. Au contraire de ce dont on croit, rien ne marque l'existence de ce dieu dans les documentations d'Hatra. On a aussi rep&#233;r&#233; les traces de Mithra jusqu'en Egypte, en Libye-Tripolitaine et en Afrique Mineure notamment dans le Maghreb. Il prit m&#234;me une place importante &#224; Carthage et m&#234;me &#224; Volubilis (Maroc) vers 190 (DRIJVERS, 1978, p.151).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2. L'apog&#233;e du culte de Mithra dans la culture cible.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'influence du culte de Mithra sur Rome et le peuple romain du troisi&#232;me si&#232;cle ap. J. -C. est ind&#233;niable. Ce culte, au moment de sa floraison, imposa des changements constructifs dans la soci&#233;t&#233; et l'empire romain. C'est &#224; cette &#233;poque que Rome se trouva en danger d'asiatisation (CUMONT, 1963, p.17). A la fin du IIe si&#232;cle, le culte de Mithra gagna les sommets de la hi&#233;rarchie militaire. L'exemple de M. Valerius Maximianus ayant la dignit&#233; consulaire en est une bonne preuve. M&#234;me l'empereur romain s'int&#233;ressa &#224; ce culte persique. Le cas de N&#233;ron en est un exemple quoiqu'il reste encore hypoth&#233;tique. D'apr&#232;s les inscriptions transcrites par C.L. Visconti, Commode avait consacr&#233; aux mythriastes, un local souterrain de la r&#233;sidence imp&#233;riale &#224; Ostie pour y c&#233;l&#233;brer leurs offices (CIL, XIV, 66). Une autre inscription montre un chapelain de la maison imp&#233;riale charg&#233; du culte persique : &lt;i&gt;sacerdos inuicti Mithrae domus Augustanae&lt;/i&gt;. Mais Mithra ne put s'imposer solidement chez les rois romains, par exemple &#224; l'&#233;poque du roi Palatin dont les monnaies ne portent aucune trace de Mithra (PANVINI ROSATI, p.554).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re affirmation officielle de l'appui imp&#233;rial date de 307, lorsque Diocl&#233;tien, Gal&#232;re et Licinius restaur&#232;rent un Mithraeum en qualifiant le dieu de &lt;i&gt;fautor imperii sui&lt;/i&gt;, &#034;protecteur de leur pouvoir&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mithra avait de nombreux adeptes fid&#232;les dans les milieux s&#233;natoriaux de l'Urbs, mais concurremment avec Cyb&#232;le et Attis, Isis et S&#233;rapis, H&#233;cate et Dionysos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mithra fut aussi greff&#233; sur certains cultes de source, notamment en Gaule o&#249; Apollon, dieu des eaux salutaires, pouvait composer avec le dieu iranien de la lumi&#232;re (TURCAN, 1981, p.37).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2.1. Le mithra&#239;sme, une culture sup&#233;rieurement marquante&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'adoration du soleil et les croyances de base de ce culte selon lequel le roi est le repr&#233;sentant et l'ombre de Dieu sur terre, incita les rois et les empereurs &#224; se consid&#233;rer &#224; l'&#233;gal de Dieu de mani&#232;re &#224; g&#233;rer le pays en dictateur (CUMONT, 1963, p.17).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la Gaule, c'est dans une bonne moiti&#233; du pays que ce culte persique fleurit notamment dans la vall&#233;e du Rh&#244;ne et &#224; l'est de la Gaule, c'est-&#224;-dire, en Belgique. La Bretagne insulaire ne put &#233;chapper &#224; la contagion mais les mithraea se concentr&#232;rent plut&#244;t dans l'est-sud c'est-&#224;-dire, &#224; Londres et au nord de Londres.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1373 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L310xH269/832-2-5373c.jpg?1686645127' width='310' height='269' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:310px;'&gt;&lt;strong&gt;Le banquet de Mithra, bas-relief, Mus&#233;e du Louvre&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Il apparait donc, en dehors de Rome, que le mithra&#239;sme se r&#233;pandit dans les endroits d'importance strat&#233;gique et &#233;conomique (Rh&#244;ne, Rhin, Danube), ou bien le long des fronti&#232;res occup&#233;es militairement et dans certains centres administratifs, voire commerciaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, ses fid&#232;les se fondirent parmi les populations de souche ou de tradition iranienne, en Arm&#233;nie, dans le royaume parthe, et m&#234;me plus tard, dans la Perse sassanide. Au IIIe si&#232;cle, Mithra fut ador&#233; de l'Ecosse &#224; l'Indus. Parmi les religions dominantes de l'histoire de l'humanit&#233;, seul le christianisme put arriver &#224; ce degr&#233; d'expansion dans le monde. A Rome m&#234;me, les mithraea furent b&#226;tis dans les milieux publics et plus g&#233;n&#233;ralement dans les casernes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dieu perse, Mithra, acceptait toutes les cat&#233;gories hi&#233;rarchiques dans son culte : des soldats, des greffiers de l&#233;gion, des pr&#233;fets de cavalerie, des l&#233;gats, des gouverneurs militaires, et des centurions. Mithra les surveillait dans leur d&#233;placement et ils jou&#232;rent le r&#244;le de missionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; c&#244;t&#233; des casernes et des camps, les bureaux des procurateurs et les milieux fonctionnaires furent aussi touch&#233;s par la d&#233;votion au &lt;i&gt;deus inuictus&lt;/i&gt;. Il acceptait m&#234;me comme adepte les employ&#233;s du fisc (libre ou servile), les employ&#233;s des finances, des esclaves des services douaniers - dont l'un en Gaule fut nomm&#233; Mithr&#232;s -, des fermiers, les ouvriers des salines, des mines et de l'armement. Curieusement, des conseillers, des magistrats et m&#234;me d'anciens militaires participaient &#224; la c&#233;r&#233;monie rituelle de Mithra. Ce qui est int&#233;ressant est que parmi les constructeurs des autels de Mithra, beaucoup furent des gens de condition modeste. Mithra fut donc ador&#233; par toutes les couches sociales. Les marchands et les gens d'affaires consacr&#232;rent &#233;galement une grande partie de leurs biens pour b&#226;tir des Mithraea. Quant aux endroits consacr&#233;s &#224; la construction des Mithraea, il n'y avait aucune restriction &#224; cet &#233;gard et on pouvait en trouver partout dans les villes, pr&#232;s des centres commerciaux, militaires ou artistiques. Cela d&#233;montre &#233;galement l'impact du mithra&#239;sme sur tous les secteurs de la soci&#233;t&#233; (TURCAN, 1981, pp.29-34).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2.2. La propagande par transmission&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De cette fa&#231;on, le culte de Mithra p&#233;n&#233;tra les vall&#233;es du Danube et de Rhin et entra dans le c&#339;ur de la civilisation italienne. Lorsque le peuple de l'Occident encourageait la foule des croyants &#224; se r&#233;unir dans les sanctuaires de ce dieu oriental, Mithra, et c&#233;l&#233;brait des c&#233;r&#233;monies religieuses, leur curiosit&#233; les poussa &#224; connaitre de plus en plus ce culte persique. Cela les conduisit &#224; se convertir &#224; ce culte, qu'ils trouvaient tr&#232;s attirant (CUMONT, 1963, p.15).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une question peut ici se poser : &#034;Comment donc le culte mithra&#239;que s'est r&#233;pandu en Perse ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s F. Cumont, les Mages habitant en Babylonie furent int&#233;ress&#233;s par l'astrologie m&#233;sopotamienne et le mithra&#239;sme persan. Ce fut par leur interm&#233;diaire que cette cohabitation &#034;chald&#233;o-persique&#034; devint possible. Cette hypoth&#232;se est &#233;galement partag&#233;e par F. Saxel, R.C. Zaehner, A.D.H. Bivar et G. Gnoli. A l'&#233;poque on pratiquait beaucoup l'astrologie issue du c&#339;ur de la religion mithra&#239;que. Mais ce qui est encore plus int&#233;ressant, c'est que cette astrologie fut hell&#233;nistique et non pas forc&#233;ment babylonienne. L'&#233;chelle myst&#233;rique du mithra&#239;sme n'est pas d'origine chald&#233;enne (Orig&#232;ne, C. Cels., VI, 22) mais d'apr&#232;s les recherches r&#233;centes, elle doit &#234;tre dans le nord-ouest de l'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui peut par ailleurs nous int&#233;resser est le d&#233;veloppement du culte de Mithra dans l'arm&#233;e romaine. Ces derniers furent encadr&#233;s par les anciens officiers de l'arm&#233;e de Mithridate. Le roi bient&#244;t mort, ils d&#233;cid&#232;rent de continuer leur lutte dans les batailles. Ils connaissaient tr&#232;s bien Mithra comme le dieu garant de leur victoire au moment de la guerre. Aussi, selon leurs croyances, un dieu de &#034;contrat&#034; accompagnait les combattants. Selon G. Widengren, dans sa guerre psychologique contre les romains, Mithridate avait exploit&#233; les oracles attribu&#233;s &#224; Hystaspe. Ces oracles parlaient d'un sauveur &#034;grand roi&#034; qui fut envoy&#233; par Zeus comme &#034;Chef de la sainte malice&#034; (&lt;i&gt;dux sanctae militiae&lt;/i&gt;). Le Mithra des myst&#232;res gr&#233;co-romains fut lui aussi le h&#233;ros d'une &lt;i&gt;sancta militia&lt;/i&gt;. De toute les fa&#231;ons, le fait que la diffusion de ces proph&#233;ties ait ouvert la voie au succ&#232;s de la diffusion de ce culte, reste discutable (TURCAN, 1981, p.19).&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1374 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH269/832-3-d059d.jpg?1686645127' width='358' height='269' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Mithraea (sanctuaire de Mithra) d&#233;couvert dans les ruines antique d'Ostie, Italie&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Parmi les pirates ciliciens vaincus dans une bataille avec Pomp&#233;e, 67 furent emprisonn&#233;s et mis au travail dans les terres en Italie du sud. Ce fut en grande partie eux qui firent entrer leurs rites en Occident. D'un autre c&#244;t&#233;, les soldats romains ayant particip&#233; dans les guerres en Asie, aid&#232;rent &#233;norm&#233;ment &#224; la propagation et &#224; la diffusion des rites mithra&#239;ques. Rappelant l'atmosph&#232;re religieuse de l'&#233;poque de C&#233;sar &#224; Rome, J. Carcopino affirme : &#034;Mithra... recrute alors ses premiers fid&#232;les.&#034; Aussi F. Cumont, en comparant &#034;Diaspora iranienne&#034; &#224; celle des isra&#233;lites, mentionne que les premiers mythriastes ont d&#251; apparaitre &#224; Rome au moment o&#249; la premi&#232;re communaut&#233; juive s'&#233;tablit dans le Trastevere sous la surveillance de Pomp&#233;e, apr&#232;s la prise de J&#233;rusalem. Cette hypoth&#232;se ne fut jamais confirm&#233;e ni par les arch&#233;ologues, ni par les litt&#233;raires. A Rome, non plus le moment o&#249; Pomp&#233;e fit une campagne pour attaquer l'Orient, n'est rep&#233;r&#233; par aucun document mithra&#239;que.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mithra en Occident&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cependant, certains soldats de Corbulon qui avaient fait campagne en Arm&#233;nie et furent plus tard recrut&#233;s en Cappadoce, durent rapporter en Occident les germes de futures communaut&#233;s mithra&#239;stes. La &lt;i&gt;XV&lt;/i&gt;&lt;i&gt;e&lt;/i&gt;&lt;i&gt; Apollinaris&lt;/i&gt; fut l'une des l&#233;gions de ce g&#233;n&#233;ral romain qui avait vaincu les Parthes. Cette l&#233;gion revint, 70 ans apr&#232;s la prise de J&#233;rusalem, sur le Danube &#224; &lt;i&gt;Carnuntum&lt;/i&gt; o&#249; fut offert par un centurion &#233;tranger, C. Sacidius Arbarus, un autel &#224; Mithra. Certaines briques retrouv&#233;es dans le Mithraeum de Deutsch-Altenburg portent la marque de la &lt;i&gt;XV&lt;/i&gt;&lt;i&gt;e&lt;/i&gt;&lt;i&gt; Apollinaris&lt;/i&gt;. Une autre l&#233;gion de Corbulon, la Ve Mac&#233;donique, apr&#232;s la guerre contre les Juifs, se trouva aussi sur les bords de Danube, mais plus &#224; l'Est en Dobroudja, &#224; l'&#233;poque de Vespasien. Elle fut log&#233;e dans une caserne jusqu'en 162 &#224; Troesmis. Ce fut l&#224; o&#249; un centurion gratifia le dieu persique d'un autel. Enfin la troisi&#232;me l&#233;gion, la IIe Andiutrix, participa &#224; une guerre civile en 70. Apr&#232;s la guerre, elle fit campagne en Bretagne et se fixa sous Trajan &#224; Aquincum (Budapest). C'est l&#224; qu'un centurion fit une d&#233;dicace au &lt;i&gt;deus inuictus&lt;/i&gt;. Apparemment, les territoires de Tib&#232;re et de Vespasien (annexions de la Cappadoce), le Pont occidental, le Commag&#232;ne et la Petite Arm&#233;nie furent des berceaux o&#249; le culte de Mithra se mit &#224; bourgeonner dans le monde romain ou romanis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mithra &#224; Rome et en Italie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque de Domitien, un affranchi imp&#233;rial, pour honorer la grandeur de Mithra, lui offrit une d&#233;dicace bilingue (CIL, VI, 732). Enfin en 80, un po&#232;te de cour, P. Papinius Statius, fit entrer le dieu Mithra dans la litt&#233;rature latine. Il finit le premier chant de sa &lt;i&gt;Thebaide&lt;/i&gt; en &#233;voquant une sc&#232;ne de la tauroctonie. Ainsi, durant le dernier quart du Ie si&#232;cle ap. J.-C., Mithra s'introduit solidement et officiellement &#224; Rome et dans les milieux imp&#233;riaux. Un ensemble d'inscriptions avec des images grav&#233;es sur marbre par Alcimus, esclave de T. Claudius Livianus, le pr&#233;fet du pr&#233;toire en 102 sous le r&#232;gne de Trajan, constitue la repr&#233;sentation la plus ancienne de Mithra sacrifiant le taureau. Les Mithraea se multipli&#232;rent &#224; Rome du IIe au IVe si&#232;cle. Il y en existe actuellement une quarantaine, mais M. J. Vermaseren suppose que leur nombre s'&#233;l&#232;ve &#224; environ une centaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors du Latium et de l'Etrurie m&#233;ridionale, la densit&#233; des Mithraea fut la plus forte en Italie. La Campanie et la Cisalpine sont consid&#233;r&#233;es comme les parties les plus importantes de la p&#233;n&#233;tration de ce culte. Plusieurs portes ont notamment &#233;t&#233; d&#233;couvertes, en particulier (outre Ostie) Antium sur la mer Tyrrh&#233;nienne, Aquil&#233;e sur l'Adriatique. Syracuse, Catane et Palerme en Sicile furent &#233;galement influenc&#233;s par la diffusion de ce culte (TURCAN, 1981, pp.25-26).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militaires aussi furent l'un des &#233;l&#233;ments les plus importants r&#233;pandant ce culte persique en Europe et dans toutes les provinces occidentales. Ils furent oblig&#233;s de g&#233;rer diff&#233;rentes villes et pays du monde avec des fonctionnaires, commer&#231;ants et artisans souvent li&#233;s &#224; l'arm&#233;e et aux bureaux de la fiscalit&#233;. Partout o&#249; ils all&#232;rent, ils faisaient des d&#233;dicaces dans les mithraea pour honorer leur dieu Mithra. A Doura, sur l'Euphrate, les archers palmyr&#233;niens ador&#232;rent le dieu invaincu, Mithra. En Bretagne, de m&#234;me, les militaires furent majoritaires parmi les adeptes de Mithra (TURCAN, 1981, p.31).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2.3. L'int&#233;gration de la culture orientale et du culte mithra&#239;que dans la soci&#233;t&#233; occidentale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Rome, aux premiers si&#232;cles ap. J.-C., comptait &#233;norm&#233;ment sur ses forces militaires. Les l&#233;gions campant dans le Danube et &#224; Raine, faisaient partie des forces les plus imp&#233;n&#233;trables de l'empire. Par cons&#233;quent, petit &#224; petit, l'empereur romain Constantin commen&#231;a &#224; consid&#233;rer l'Orient comme le noyau et le centre de son pourvoir. On peut nommer &#233;galement les trois premiers si&#232;cles apr&#232;s J.-C. comme la p&#233;riode o&#249; l'Orient p&#233;n&#233;tra et envahit l'Occident en paix. Cette pr&#233;sence se manifesta pour la premi&#232;re fois dans les institutions politiques de l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant les r&#233;formes sous Auguste, m&#234;me l'arm&#233;e n'&#233;tait pas consid&#233;r&#233;e comme une force permanente et solidaire &#233;tant donn&#233; que l'on r&#233;unissait les soldats pour faire la guerre apr&#232;s laquelle ils vaquaient de nouveaux &#224; leurs occupations respectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, les astrologues, les math&#233;maticiens et les plus grands docteurs et d&#233;fenseurs des lois surnaturelles venaient tous de l'Orient (CUMONT, 2004, pp.28-31).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mithra n'a pu conqu&#233;rir l'Occident qu'en s'int&#233;grant &#224; un syst&#232;me de croyances et moyennant une organisation liturgique. Celle-ci r&#233;pondait &#224; certaines exigences des hommes dans le contexte historique du monde europ&#233;en et m&#233;diterran&#233;en des trois premiers si&#232;cles de notre &#232;re (TURCAN, 1981, p.3). Ce culte fut tellement appr&#233;ci&#233; par le peuple romain que les gens eux-m&#234;mes se mirent &#224; faire du pros&#233;lytisme au sein de l'ensemble des territoires de l'empire. En cons&#233;quence, un grand nombre de croyances s&#233;mites et persanes envahirent les terres de l'empereur romain. Ce ph&#233;nom&#232;ne commen&#231;a &#224; menacer le pays. Les philosophes grecs et romains avertissaient toujours les empereurs du danger que pouvait repr&#233;senter le pouvoir du peuple et les mettaient en garde de ne pas leur accorder autant de libert&#233; ou leur permettre de trop s'ing&#233;rer dans les affaires politiques. Ce principe fut strictement respect&#233; durant des si&#232;cles (CUMONT, 1963, p.17).&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;i&gt;&#192; suivre...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="spip.php?article852" class="spip_out"&gt;Troisi&#232;me partie&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les espaces de vie et les pratiques alimentaires dans la culture iranienne</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article831</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hossein Mirz&#226;&#239;</dc:creator>



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&lt;p&gt;L'&#233;tude anthropologique des pratiques alimentaires d'une soci&#233;t&#233; humaine n&#233;cessite une analyse d&#233;taill&#233;e des espaces de vie de ses membres. Nous consid&#233;rons ici le terme &#034;espace&#034; dans sa conception &#233;tendue en sciences humaines, comprenant notamment les notions d'espace local, espace temporel, et espace culturel. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cet article, nous essaierons d'analyser l'&#233;volution des pratiques alimentaires &#224; T&#233;h&#233;ran au cours des soixante derni&#232;res ann&#233;es, notamment en fonction des changements que cette ville a connus (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique41" rel="directory"&gt;N&#176; 36, novembre 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton831-c7c77.jpg?1686645127' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;tude anthropologique des pratiques alimentaires d'une soci&#233;t&#233; humaine n&#233;cessite une analyse d&#233;taill&#233;e des espaces de vie de ses membres. Nous consid&#233;rons ici le terme &#034;espace&#034; dans sa conception &#233;tendue en sciences humaines, comprenant notamment les notions d'espace local, espace temporel, et espace culturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet article, nous essaierons d'analyser l'&#233;volution des pratiques alimentaires &#224; T&#233;h&#233;ran au cours des soixante derni&#232;res ann&#233;es, notamment en fonction des changements que cette ville a connus dans cette p&#233;riode. De plus, nous t&#226;cherons de comparer cette &#233;volution avec celle de la ville de Paris, en soulignant l'importance des transformations majeures qui sont observ&#233;es dans le cas de T&#233;h&#233;ran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce faire, nous nous baserons sur des entretiens effectu&#233;s avec des personnes d'&#226;ges diff&#233;rents et originaires de ces deux capitales, ainsi que des r&#233;cits de voyage et des documents litt&#233;raires. Par ailleurs, nous nous concentrerons sur le cas du pique-nique qui s'av&#232;re particuli&#232;rement informatif quant &#224; la compr&#233;hension des caract&#233;ristiques des pratiques alimentaires dans la culture iranienne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'espace local&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Chaque terre a sa v&#233;g&#233;tation et sa faune comme elle a ses hommes. Les hommes de chaque contr&#233;e se nourrissent donc de l'agriculture et du b&#233;tail qu'ils trouvent sur les lieux qui leur appartiennent. Dans ce vaste panorama de la vie nutritive de l'homme, l'Iran occupe, du fait de son &#233;tendue et de ses richesses naturelles, une place privil&#233;gi&#233;e. Nous allons nous concentrer ici sur l'espace local du manger et du boire dans ce pays. Pour traiter de cette partie de notre sujet, nous nous fondons notamment sur deux des principes fondamentalement enracin&#233;s dans la culture iranienne : la centralit&#233; et le rayonnement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La centralit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La centralit&#233; dans l'esprit de l'Iranien est un trait caract&#233;ristique de sa personnalit&#233; : le bassin au milieu de la cour, le m&#233;daillon au centre des tapis anciens, la fosse d'une maison de force (&lt;i&gt;z&#251;rkh&#226;neh&lt;/i&gt;), le bazar au centre ville, la place centrale au milieu de toutes les villes iraniennes sont autant de signes de cette centralit&#233; physique et mentale. Tandis que la m&#232;re est le pivot de la famille, le p&#232;re, lui, repr&#233;sente le centre familial, ma&#238;tre de toute d&#233;cision, porteur du nom de la famille. Le point, tout comme le cercle, poss&#232;de un aspect sacr&#233; dans l'Iran ancien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Iraniens de l'antiquit&#233; prenaient l'Iran pour le centre du monde. Le monoth&#233;isme y est la base de la pens&#233;e religieuse. Ainsi, le centre principal pour se nourrir est la &#034;nappe&#034; familiale que l'on &#233;tale par terre (&lt;i&gt;sofreh&lt;/i&gt;), r&#233;unissant depuis toujours pratiquement les membres de la famille, nucl&#233;aire ou &#233;tendue, et plac&#233;e &#224; l'endroit le plus familier de la maison. Elle est &#233;tal&#233;e en g&#233;n&#233;ral sur un tapis et garnie par la ma&#238;tresse de maison qui y dispose tous les plats, d'ailleurs vari&#233;s, et laisse l'initiative au ma&#238;tre de maison de les servir. Sur la nappe, il doit y avoir plus de couverts que d'invit&#233;s. Cela dans le but de ne pas g&#234;ner l'&#233;ventuel invit&#233; qui am&#232;nera avec lui un membre de la famille ou quelqu'un d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1369 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH234/831-1-305f9.jpg?1686645127' width='358' height='234' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Koufteh tabrizi, un repas traditionnel de Tabriz (ville du nord-ouest de l'Iran)&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Autour de cette nappe, les invit&#233;s sont libres de choisir leur place. Bien entendu, tout le monde s'attend &#224; ce que les plus &#226;g&#233;s occupent les plus &#034;hautes&#034; place ; d'ailleurs ils y sont invit&#233;s, ne serait-ce que par les gestes. Pour les invit&#233;s, la libert&#233; de choisir leur place s'&#233;tend jusqu'&#224; celle de composer leur menu, puisque tous les plats sont expos&#233;s en m&#234;me temps sur la nappe. Les plats ne retournent jamais vides &#224; la cuisine, souci d'abondance exige. Autour du &lt;i&gt;sofreh&lt;/i&gt;, les consommateurs ne doivent pas parler beaucoup, et les enfants d'autant moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pensons qu'en France, pour ne prendre comme exemple que ce grand et beau pays, certaines pratiques sont invers&#233;es, dans ce sens que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. le ma&#238;tre de maison ne s'occupe &#224; table que de la boisson ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. le nombre de couverts correspond exactement &#224; celui des invit&#233;s ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. les places sont en g&#233;n&#233;ral pr&#233;-d&#233;sign&#233;es et d&#233;cid&#233;es par les h&#244;tes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. l'invit&#233; se plie &#224; la volont&#233; de la (les) personne(s) qui le re&#231;oit, car les mets sont pr&#233;sent&#233;s dans un ordre d&#233;termin&#233; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. le plat non achev&#233; peut &#234;tre signe du go&#251;t non satisfait du convive ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. le plaisir du manger se double de celui du parler. Ainsi la prolongation des repas en France est une coutume bien connue du monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le centre d'alimentation reste la nappe, carr&#233;e ou rectangulaire, toujours en tissu ; souvent blanche et parfois color&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le rayonnement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La nappe en tant que centralit&#233; alimentaire peut s'&#233;tendre (tout comme le tapis se prolongeant par ses franges) &#224; l'ext&#233;rieur de la maison : dans la cour, par beau temps ; dans le jardin, &#224; la recherche de la fra&#238;cheur et aussi sur le toit, les soir&#233;es d'&#233;t&#233;, pour fuir la chaleur de la maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle s'&#233;tend &#233;galement jusqu'&#224; l'ext&#233;rieur de la maison et va jusqu'aux jardins des lieux saints (&lt;i&gt;im&#226;mz&#226;deh&lt;/i&gt;, cimeti&#232;re...), aux parcs et jardins publics, aux bords des ruisseaux et rivi&#232;res, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous trouvons ici en face d'une vraie reconstruction de l'espace int&#233;rieur &#224; l'ext&#233;rieur de la maison : le tapis, la nappe, la moustiquaire, la tente tribale, ainsi que le samovar, le narguil&#233;, le brasero et m&#234;me quelques coussins pour s'allonger et dig&#233;rer ce que l'on vient de manger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pique nique fait partie des traditions ancestrales iraniennes. Les deux &#233;l&#233;ments de base, dans tout pique nique, sont l'eau et la verdure. Cette vieille pratique s'enrichit au fil des divers contextes : il faut que la famille se trouve dans un enclos s&#233;curis&#233; par des limites que d&#233;termine un moyen de locomotion (fiacre, &#226;ne ou bardot et aujourd'hui voiture), une tente, qui sert de d&#233;barras plut&#244;t qu'autre chose, des ustensiles de cuisine qui peuvent servir d'indications de fronti&#232;res, le terrain de jeu des enfants qui barrent le passage &#224; tout &#233;tranger, le bruitage par la musique et autres, d&#233;terminant &#233;galement un droit de cit&#233; aux pique niqueurs trop habitu&#233;s &#224; cette pratique. A certaines occasions rituelles telle que le &#034;sizda bedar&#034; (le treizi&#232;me jour de la f&#234;te nationale de Norouz), ces fronti&#232;res symboliques perdent de leur poids et disparaissent compl&#232;tement, tellement les familles sont coll&#233;es les unes aux autres. On peut m&#234;me les voir en masse sur les herbes du milieu d'autoroute.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1370 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH230/831-2-3967e.jpg?1686645127' width='358' height='230' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Une famille iranienne au bord de la rivi&#232;re Z&#226;yand&#233;-Roud, Ispahan&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la permanence et la continuit&#233; de ces rites, notre enqu&#234;te nous a d&#233;montr&#233; une s&#233;rieuse &#233;volution des m&#339;urs et coutumes due aux modes de l'urbanisation, de l'habitat moderne et de techniques &#233;nerg&#233;tiques apport&#233;es dans les maisons traditionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prolongement de la nappe, tout comme le tapis par ses franges, se fait aujourd'hui non seulement &#224; l'int&#233;rieur, malgr&#233; que la maison individuelle a c&#233;d&#233; place &#224; l'appartement, mais surtout &#224; l'ext&#233;rieur avec l'industrialisation de l'alimentation (sandwich, fast-food&#8230;) les lieux de restauration vari&#233;s et de plus en plus nombreux comme les cantines sur les lieux de travail, dans les &#233;coles et universit&#233;s, aux alentours des lieux saints, des terrains de sport, sur les lieux de promenade&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le manger, peut-on dire, n'est plus un fait intime ou priv&#233; (de chez soi), il est, au contraire devenu public, apparent, collectif. On transforme d&#233;sormais &#224; T&#233;h&#233;ran les &#034;fast-food&#034; en salle &#224; manger publique, ils perdent ainsi leur fonction principale d'instantan&#233;it&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout lieu &#233;tant devenu bon pour manger, tout endroit pouvant offrir une occasion de s'alimenter, les rites du manger et du boire ont vol&#233; en &#233;clat. On voit par ailleurs, autant de filles que de gar&#231;ons, de femmes que d'hommes dans l'espace public, sans grande distinction sinon pour certaines pratiques rares telle que fumer des cigarettes. Les normes ont bel et bien chang&#233;, tout au moins en apparence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s'aper&#231;oit d&#233;sormais que la vie moderne dans une m&#233;galopole comme T&#233;h&#233;ran, aliment&#233;e par les m&#233;dias, pousse la jeunesse &#224; adopter de nouvelles fa&#231;ons de vivre qui ne sont plus celles de leurs parents. Si l'on compare les jeunes de vingt ans d'aujourd'hui avec les personnes &#226;g&#233;es de soixante dix ans d'autrefois, on peut remarquer ais&#233;ment une s&#233;rieuse rel&#226;che au niveau des pratiques nutritionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'espace temps&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En Iran, le temps semble s'&#233;couler plus lentement que dans le monde industrialis&#233;. On prend le temps de vivre. N&#233;anmoins, on ne perd pas son temps &#224; manger. Le manger se passe dans un silence presque religieux, m&#234;me quand il n'y avait pas la t&#233;l&#233;vision. Les membres de la famille sont tenus de commencer le repas tous ensemble, mais ils ne le sont pas pour l'achever. Cependant, de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, le ma&#238;tre ou la ma&#238;tresse de maison continuera &#224; manger tant que le dernier des invit&#233;s n'a pas fini son repas. Il (elle) adapte ainsi son rythme &#224; celui du retardataire, dans le but de le mettre &#224; l'aise. En France, la relation entre ces deux faits para&#238;t inexistante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la pr&#233;paration des repas, elle est en Iran largement plus longue que sa consommation. En effet, la ma&#238;tresse de maison passe beaucoup plus de temps dans sa cuisine que devant sa nappe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre de repas pris autour du &lt;i&gt;sofreh&lt;/i&gt; se limite &#224; trois :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. le petit-d&#233;jeuner, le matin, mais &#224; des heures vari&#233;es, selon les cat&#233;gories socioprofessionnelles de la famille ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. le d&#233;jeuner, vers midi et de pr&#233;f&#233;rence &#224; partir du d&#233;clenchement de l'appel &#224; la pri&#232;re (&lt;i&gt;az&#226;n&lt;/i&gt;) par le Moazen ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. le d&#238;ner, &#224; la tomb&#233;e de la nuit jusqu'&#224; tard dans la soir&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pratiques alimentaires ne se r&#233;sument pas &#224; ces trois temps forts de la journ&#233;e autour de la nappe, mais il peut s'&#233;taler sur divers moments de la m&#234;me journ&#233;e, par des consommations de denr&#233;es tels que des fruits, g&#226;teaux et noix diverses et aussi par la prise successive du th&#233; et d'autres boissons, certes ! non alcoolis&#233;es, &#233;tant donn&#233; que l'alimentation des familles traditionnelles est strictement r&#233;gie par le principe du licite &#034;Halal&#034; et de l'illicite &#034;non Halal&#034;. Ces consommations ne se pratiquent pas syst&#233;matiquement ni r&#233;guli&#232;rement, mais plut&#244;t &#224; des occasions, fournies d'ailleurs ais&#233;ment : visites familiales ou amicales, rassemblements, distractions, invitations, arrosages&#8230; Elles sont provoqu&#233;es davantage par les initiatives f&#233;minines.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1371 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH231/831-3-b8e8c.jpg?1686645127' width='358' height='231' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Le &#034;sizda bedar&#034; (treizi&#232;me jour de la f&#234;te nationale de Norouz)&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Les normes temporelles de manger autrefois, telles que nous les avons pr&#233;sent&#233;es ici, ont subi une &#233;volution consid&#233;rable au fil des ann&#233;es, d'abord de par le rajeunissement de la population iranienne - plus de cinquante pour cent de la population ont moins de vingt ans - et de par le changement de la qualit&#233; de la vie moderne et de la fabrication industrielle de nombreux produits alimentaires ainsi que l'&#233;volution des habitudes ou pratiques concernant le manger et le boire. Les femmes ne passent plus autant de temps dans la cuisine et nombreuses sont les jeunes filles qui ne montrent plus le d&#233;sir d'apprendre &#224; cuisiner. Le dehors occupe d&#233;sormais plus de place que le dedans. Les r&#233;seaux sociaux et amicaux prennent plus de temps que le cercle familial. Le temps se diversifie et se rel&#226;che par rapport &#224; celui des g&#233;n&#233;rations pass&#233;es. Bref, la notion du temps se repr&#233;sente diff&#233;remment dans l'esprit des jeunes d'aujourd'hui que dans celui des jeunes d'hier et elle se refl&#232;te sur la pratique alimentaire actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'espace culturel&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'espace culturel &#233;volue de m&#234;me que l'espace local et temporel, en ce qui concerne les moyens vitaux. La culture est donc fonction du contexte environnant. De m&#234;me qu'une grande partie de la jeunesse iranienne, gar&#231;ons et filles confondus, ne s'habille plus comme avant, elle ne se nourrit &#233;galement plus de la m&#234;me mani&#232;re, bien que les milieux traditionnels les encouragent &#224; respecter les normes et traditions de leurs parents. La culture alimentaire strictement normalis&#233;e s'&#233;tend &#233;galement &#224; d'autres aspects : le sexe et la mixit&#233;, l'&#226;ge et la hi&#233;rarchie, le sacr&#233; et la religion peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme d'autres volets de cette culture riche en normes et espaces concernant l'art culinaire. En effet, la cuisine iranienne est l'une des plus vari&#233;es, des plus complexes et des plus savoureuses du monde. La composition des mets ob&#233;it &#224; des lois qui sont fond&#233;es non seulement sur des exigences olfactives, mais aussi sur des r&#232;gles m&#233;dicinales et sanitaires et correspondent aux quatre type de temp&#233;raments d&#233;tect&#233;s d&#233;j&#224; par d'anciens philosophes : col&#233;reux, lymphatique (flegmatique) sanguin et biliaire. Il existe &#233;galement deux grandes sortes de temp&#233;rament &#034;chaud&#034; et &#034;froid&#034; auxquels correspondent deux cat&#233;gories d'aliments, et qui sert de base &#224; la fa&#231;on de consommer des produits v&#233;g&#233;taux et animaux. Aujourd'hui encore, ces r&#232;gles sont pratiqu&#233;es dans les familles traditionnelles iraniennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les bases empiriques de la nutrition en Iran aient &#233;t&#233; en quelque sorte &#233;branl&#233;es au cours du processus de modernisation et des influences notamment occidentales au sein du pays, n&#233;anmoins, certaines r&#232;gles mill&#233;naires continuent &#224; &#234;tre suivies et prescrites non seulement par les m&#233;decins traditionnels, mais aussi par les m&#233;decins modernes en Iran.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les fondements culturels, qu'ils soient culinaires ou vestimentaires, physiques ou mentaux, mat&#233;riels ou spirituels, continuent bel et bien &#224; exister et &#224; r&#233;sister face aux progr&#232;s des temps modernes, sous tous ses aspects. Il faut croire qu'en Iran, ce grand pays de science, les bases culturelles, aussi bien internes qu'externes, se maintiennent, m&#234;me si elles s'adaptent &#224; la vie moderne et changent apparemment d'aspect et refoulent parfois les jeunes, toujours &#224; la recherche des nouveaut&#233;s, toujours soucieux d'agir et de progresser. M&#234;me aujourd'hui, les jeunes gens ne se permettent pas de commencer &#224; manger avant leurs parents. Jamais encore un jeune iranien, assis par terre, ne se permettra d'allonger ses jambes face &#224; son p&#232;re, m&#234;me s'il revient d'une randonn&#233;e p&#233;destre. Jamais le pain et le sel, deux produits sacr&#233;s dans l'alimentation, ne manqueront sur la nappe. On entend encore le &#034;&lt;i&gt;besmellah&lt;/i&gt;&#034; (au nom de Dieu) au d&#233;but et l' &#034;&lt;i&gt;el&#226;hi shokr&lt;/i&gt;&#034; (merci mon Dieu) &#224; la fin de chaque repas. Que dire encore des milliers de gestes, attitudes, pens&#233;es et conduites, visibles ou invisibles dont l'Iranien est encore porteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture iranienne, s'&#233;tant souvent trouv&#233;e face &#224; des agressions &#233;trang&#232;res et des envahissements de toutes sortes, est arriv&#233;e &#224; se redresser et &#224; en sortir victorieuse. Elle est apparue sous des formes vari&#233;es, mais toujours authentiquement iraniennes. Les fonctions principales restent en place tandis que les r&#244;les peuvent changer. La mixit&#233; peut &#234;tre import&#233;e, mais elle est conditionn&#233;e par la mani&#232;re d'&#234;tre locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la base culinaire, elle se maintient, m&#234;me si quelques fruits comme le kiwi et la mangue abondent sur le march&#233;, m&#234;me si quelques l&#233;gumes comme le chou de Bruxelles et le brocoli font timidement leur entr&#233;e dans le panier de la m&#233;nag&#232;re. Le mouvement de modernisation est orient&#233; vers l'ext&#233;rieur, mais il garde ses racines &#224; l'int&#233;rieur. Lorsque la sonnette d'alarme est tir&#233;e quant &#224; l'ob&#233;sit&#233; des enfants, les m&#232;res pensent d&#233;j&#224; au retour au syst&#232;me d'alimentation traditionnellement &#233;quilibr&#233;, renforc&#233; par les arguments des nutritionnistes locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; cette centralit&#233; si sacr&#233;e aux yeux des Iraniens, on peut dire qu'elle r&#233;siste encore aux p&#233;riples du temps et aux exigences de la vie urbaine &#224; outrance. T&#233;h&#233;ran compte d&#233;sormais en effet pr&#232;s de treize millions d'habitants avec une superficie quatre fois plus grande que Paris. En France, l'&#233;volution n'est peut-&#234;tre pas aussi rapide qu'en Iran, car ce dernier a subi de violentes secousses telles que le passage de la monarchie &#224; la r&#233;publique et les huit ann&#233;es de guerre irakienne men&#233;e contre ce pays. N&#233;anmoins, l'Iran n'a non seulement pas fait, jusqu'&#224; pr&#233;sent, marche arri&#232;re devant les difficult&#233;s rencontr&#233;es, mais la soci&#233;t&#233; iranienne suit de tr&#232;s pr&#232;s le progr&#232;s, l&#224; o&#249; elle le trouve, sans pour autant abandonner les principes pour lesquels elle a fait la R&#233;volution.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Salm&#226;n le Perse, du mazd&#233;isme &#224; la vocation d'Initiateur mystique de l'islam</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article830</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article830</guid>
		<dc:date>2008-11-01T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Am&#233;lie Neuve-Eglise</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Iranien mazd&#233;en converti au christianisme puis &#224; l'islam, compagnon du proph&#232;te Mohammad et fid&#232;le disciple de l'Im&#226;m 'Al&#238;, Salm&#226;n le Perse (Salm&#226;n al-F&#226;ris&#238;), qui fut &#233;galement surnomm&#233; Salm&#226;n le Pur (Salm&#226;n P&#226;k en persan) est une personnalit&#233; centrale de l'histoire de l'islam du fait des liens &#233;troits qu'il entretint avec le Proph&#232;te, mais &#233;galement de par son influence sur de nombreux courants mystiques et soufis, ainsi que sur la gnose d'inspiration chiite jusqu'&#224; aujourd'hui. Au-del&#224; de sa dimension (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique41" rel="directory"&gt;N&#176; 36, novembre 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH120/arton830-03000.jpg?1686645127' width='150' height='120' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Iranien mazd&#233;en converti au christianisme puis &#224; l'islam, compagnon du proph&#232;te Mohammad et fid&#232;le disciple de l'Im&#226;m 'Al&#238;, Salm&#226;n le Perse (&lt;i&gt;Salm&#226;n al-F&#226;ris&#238;&lt;/i&gt;), qui fut &#233;galement surnomm&#233; Salm&#226;n le Pur (&lt;i&gt;Salm&#226;n P&#226;k&lt;/i&gt; en persan) est une personnalit&#233; centrale de l'histoire de l'islam du fait des liens &#233;troits qu'il entretint avec le Proph&#232;te, mais &#233;galement de par son influence sur de nombreux courants mystiques et soufis, ainsi que sur la gnose d'inspiration chiite jusqu'&#224; aujourd'hui. Au-del&#224; de sa dimension historique, le personnage de Salm&#226;n est &#233;galement l'arch&#233;type par excellence de l'expatri&#233; et de l'exil&#233; (&lt;i&gt;ghar&#238;b&lt;/i&gt;) ayant abandonn&#233; toute attache mat&#233;rielle pour partir en qu&#234;te de la V&#233;rit&#233;. Selon certains r&#233;cits de la tradition musulmane, il fait partie des &#034;proches de Dieu&#034; (&lt;i&gt;moqarrab&#251;n&lt;/i&gt;) et des croyants ayant r&#233;ussi &#224; conjoindre une connaissance parfaite des r&#233;alit&#233;s divines &#224; une foi profonde et sans faille, ceux que le Coran d&#233;signe comme &#034;&lt;i&gt;ash&#226;b al-yam&#238;n&lt;/i&gt;&#034; (les compagnons de la droite).&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Corbin, Henry, En islam iranien, aspects spirituels et philosophiques, T. (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Outre l'insigne honneur d'avoir &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; comme l'un des membres de la Famille du Proph&#232;te (&lt;i&gt;Ahl al-Bayt&lt;/i&gt;), il a &#233;galement &#233;t&#233; surnomm&#233; l'im&#226;m, le juge sage, l'h&#233;ritier de l'islam, le savant reconnu ; tous ces surnoms &#233;voquant son statut &#233;minent dans l'islam, et plus particuli&#232;rement dans le chiisme et certains courants mystiques. Salm&#226;n le Perse a &#233;galement &#233;t&#233; l'objet d'attention des grands orientalistes fran&#231;ais Louis Massignon - il ira m&#234;me jusqu'&#224; jouer un r&#244;le central dans son parcours spirituel personnel - et Henry Corbin pour qui Salm&#226;n est l'arch&#233;type m&#234;me du gnostique achev&#233;, d&#233;tenteur du sens profond des r&#233;v&#233;lations proph&#233;tiques ant&#233;rieures. Initiateur par excellence, Salm&#226;n le Perse reste vivant dans la conscience gnostique jusqu'&#224; aujourd'hui, et son r&#244;le transhistorique n'est pas sans rappeler le motif de Khezr-Elie qui joua un r&#244;le central dans la formation de grands mystiques tels qu'Ibn 'Arab&#238;. Outre sa personnalit&#233; exceptionnelle, Salm&#226;n le Perse fait donc partie de ces ma&#238;tres invisibles au monde (&lt;i&gt;ost&#226;d gheib&#238;&lt;/i&gt;) mais pr&#233;sent au c&#339;ur de certains fid&#232;les &#034;exil&#233;s&#034; (&lt;i&gt;ghorab&#226;&lt;/i&gt;), pr&#233;sence faisant &#233;cho &#224; la rencontre en songe du p&#232;lerin mystique avec un adolescent d'une beaut&#233; parfaite dans le &lt;i&gt;R&#233;cit de l'archange empourpr&#233; &lt;/i&gt;de Sohraward&#238; : &#034;&lt;i&gt;O jouvenceau, d'o&#249; viens-tu donc ? Et le Ma&#238;tre de r&#233;pondre : &#034;Enfant ! Tu fais erreur en m'interpellant ainsi. Je suis, moi, l'a&#238;n&#233; des enfants du Cr&#233;ateur, et tu m'appelles &#034;jouvenceau&lt;/i&gt;&#034; ?&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Nous nous inspirons ici de la traduction du texte r&#233;alis&#233;e par Henry Corbin (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Itin&#233;raire d'un parcours spirituel hors du commun&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;S'il a parfois &#233;t&#233; d&#233;ni&#233; &#224; Salm&#226;n le statut de personnage historique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Notamment dans l'article lui &#233;tant consacr&#233; dans l'Encyclop&#233;die de l'Islam (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la r&#233;alit&#233; de son existence semble &#234;tre attest&#233;e par la tradition islamique comportant de nombreux r&#233;cits &#224; son sujet ; elle a &#233;t&#233; par la suite largement confirm&#233;e par les recherches de plusieurs grands orientalistes occidentaux. Il existe de nombreuses versions de sa biographie plus ou moins &#233;toff&#233;es d'anecdotes souvent inv&#233;rifiables. Cependant, en nous basant sur les &#233;l&#233;ments qui leur sont communs, Salm&#226;n serait n&#233; dans la ville de Jayy&#226;n en Perse, pr&#232;s de l'actuelle Ispahan, dans une famille mazd&#233;enne de grands notables, aux alentours de l'an 568. Il portait alors le nom de Roozbeh et d&#232;s son enfance, son p&#232;re lui confia la charge d'entretenir le feu sacr&#233; - qui ne devait jamais s'&#233;teindre - dans l'&lt;i&gt;&#226;tashkadeh&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Nom des Temples du feu mazd&#233;ens.' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, touch&#233; par des chants religieux venant d'une &#233;glise, Salm&#226;n demanda qui pouvait &#234;tre lou&#233; d'une si belle fa&#231;on. Boulevers&#233; par sa d&#233;couverte du christianisme, il se mit &#224; r&#233;fl&#233;chir sur ses croyances, trouvant d&#232;s lors illogique que la divinit&#233; mazd&#233;enne - en l'occurrence, le feu - ait besoin d'&#234;tre entretenue par l'homme sous peine qu'elle ne s'&#233;teigne (cette d&#233;marche rationnelle n'est d'ailleurs pas sans rappeler celle d'Abraham d&#233;crite dans le Coran, qui refuse d'adorer le soleil, la lune et les &#233;toiles, en se basant sur le fait que tout ce qui dispara&#238;t ne peut &#234;tre digne d'&#234;tre ador&#233; comme Dieu).&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='Cf. sourate Al-Ana'&#226;m (les bestiaux), versets 75-79.' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Il embrassa d&#232;s lors la religion chr&#233;tienne. En apprenant la nouvelle, son p&#232;re furieux d&#233;cida de l'enfermer dans un cachot. Il parvint n&#233;anmoins &#224; s'enfuir et se rendit en Syrie o&#249; il suivit un enseignement religieux aupr&#232;s de plusieurs &#233;v&#234;ques et moines chr&#233;tiens. Il apprit de l'un de ses ma&#238;tres la prochaine venue d'un proph&#232;te destin&#233;e &#224; clore le cycle des r&#233;v&#233;lations proph&#233;tiques ainsi qu'&#224; faire revivre la vraie religion originelle d'Abraham. Ce proph&#232;te devait &#234;tre reconnu par une s&#233;rie de &#034;signes&#034; que lui enseigna son ma&#238;tre : il sera arabe, portera sur son dos l'empreinte du &#034;sceau de la proph&#233;tie&#034;, et acceptera de recevoir des cadeaux mais non les aum&#244;nes (&lt;i&gt;sadaqat&lt;/i&gt;). A la suite du d&#233;c&#232;s de son dernier ma&#238;tre, il se mit en route vers l'Arabie, lieu de naissance annonc&#233; du futur proph&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fut cependant trahi par ses compagnons de route et vendu &#224; titre d'esclave &#224; un juif de M&#233;dine appartenant &#224; la tribu des Ban&#251; Qurayza. Il fut ensuite c&#233;d&#233; &#224; un autre juif r&#233;sidant dans la ville de Qub&#226;, pr&#232;s de M&#233;dine, et d&#251; travailler durement dans une palmeraie. Ayant un jour appris qu'un nouveau proph&#232;te se dirigeait vers M&#233;dine, Salm&#226;n vint &#224; sa rencontre avec l'intention de v&#233;rifier s'il portait les signes indiqu&#233;s par son ma&#238;tre : il lui offrit tout d'abord un plateau de dattes sous forme d'aum&#244;ne, que le proph&#232;te accepta en les offrant &#224; ses compagnons sans en manger lui-m&#234;me. Quelques jours apr&#232;s, il mangea les dattes que Salm&#226;n lui offrit cette fois-ci &#224; titre de cadeau. Enfin, il entraper&#231;u le sceau de la proph&#233;tie sur la nuque du Proph&#232;te. Ayant ainsi reconnu l'ensemble des signes qui lui avaient &#233;t&#233; annonc&#233;s, il se converti &#224; l'islam.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='appendix' title='Cette aptitude &#224; reconna&#238;tre les &#034;signes&#034; (ay&#226;t) envoy&#233;s par Dieu et &#224; s'y (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Le proph&#232;te Mohammad ainsi que ses compagnons l'aid&#232;rent par la suite &#224; remplir les conditions fix&#233;es par son ma&#238;tre pour l'affranchir de sa condition d'esclave : plusieurs kilos d'or, ainsi que la mission de planter trois cents jeunes pousses de dattiers et les entretenir jusqu'&#224; ce qu'ils croissent normalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salm&#226;n devint par la suite l'un des proches compagnons du proph&#232;te. Il se d&#233;finissait d&#233;sormais comme &#034;Salm&#226;n, fils de l'islam issu des enfants d'Adam&#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='appendix' title='Abdul W&#226;hid Ham&#238;d, Companions of the Prophet, Vol 1, Muslim Education &amp; (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Selon Martin Lings, Salm&#226;n &#233;tait &#233;galement un artisan et un barbier, exer&#231;ant notamment la fonction de circonciseur.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='appendix' title='Lings, Martin, Le Proph&#232;te Mohammad, Seuil, 1983.' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Il se distingua rapidement par sa bont&#233;, sa pi&#233;t&#233;, ainsi que par son intelligence et son &#233;rudition : il ma&#238;trisait l'ensemble des sciences de son &#233;poque et avait une connaissance approfondie du zoroastrisme ainsi que des Ecritures. En outre, il acquit rapidement une parfaite ma&#238;trise de la langue arabe et fut le premier &#224; commencer une traduction du Coran dans une langue &#233;trang&#232;re, le persan.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='appendix' title='Salm&#226;n a sans doute traduit plusieurs sourates du Coran, cependant, il ne (...)' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salm&#226;n fut &#233;galement un habile strat&#232;ge qui, lors de la bataille du foss&#233; ou des &#034;Coalis&#233;s&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb10' class='spip_note' rel='appendix' title='Nom de la 33e sourate du Coran, faisant r&#233;f&#233;rence aux Mecquois et autres (...)' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (&lt;i&gt;ghazwa al-khandaq&lt;/i&gt;), sugg&#233;ra au Proph&#232;te de creuser une tranch&#233;e autour de M&#233;dine afin de rendre inefficientes les charges de cavalerie des Coalis&#233;s d'Ab&#251; S&#251;fi&#226;n : en effet, au bout d'un mois de si&#232;ge, ces derniers durent finalement renoncer &#224; prendre M&#233;dine.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb11' class='spip_note' rel='appendix' title='La v&#233;racit&#233; de ce r&#233;cit a n&#233;anmoins &#233;t&#233; contest&#233;e par certains historiens et (...)' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Cette technique de guerre, utilis&#233;e par les Perses mais inconnue des Arabes de l'&#233;poque, consacra donc la victoire des musulmans, malgr&#233; leur inf&#233;riorit&#233; en termes d'hommes et d'&#233;quipement.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb12' class='spip_note' rel='appendix' title='Le mot &#034;ans&#226;rs&#034; (&#034;partisans&#034; en arabe) fait r&#233;f&#233;rence aux nouveaux convertis &#224; (...)' id='nh12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; A l'issue de la victoire, les ans&#226;rs12 et muh&#226;jir&#251;ns&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb13' class='spip_note' rel='appendix' title='Les muh&#226;jir&#251;ns (&#034;exil&#233;s&#034; en arabe) sont les compagnons du Proph&#232;te qui (...)' id='nh13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; commenc&#232;rent respectivement &#224; louer Salm&#226;n et &#224; le consid&#233;rer comme l'un des leurs. Le proph&#232;te fit alors cette r&#233;ponse devenue c&#233;l&#232;bre : &#034;Salm&#226;n n'appartient ni au clan des ans&#226;rs ni &#224; celui des muh&#226;jir&#251;ns, mais il fait partie de nous, les Gens de la Famille (&lt;i&gt;Al-Salm&#226;n minn&#226; Ahl al-Bayt&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb14' class='spip_note' rel='appendix' title='Cette expression peut-&#234;tre &#233;galement litt&#233;ralement traduite par &#034;Gens de la (...)' id='nh14'&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;)&#034;. Le fait que Salm&#226;n soit consid&#233;r&#233; comme un membre des &#034;&lt;i&gt;Ahl al-Bayt&lt;/i&gt;&#034;, expression faisant dans son sens premier r&#233;f&#233;rence aux personnes les plus proches du proph&#232;te Mohammad par les liens du sang, conf&#232;re un sens nouveau &#224; la notion de &#034;famille&#034; en ne la fondant plus exclusivement sur les liens du sang, mais &#233;galement sur la proximit&#233; spirituelle. Cette dimension est &#233;galement &#233;voqu&#233;e dans le Coran lorsque, suite &#224; la mort de son fils ayant refus&#233; de croire au d&#233;luge et de monter dans l'Arche, No&#233; s'adresse &#224; Dieu en ces termes : &#034;&lt;i&gt;O mon seigneur, certes mon fils est de ma famille, et Ta promesse est v&#233;rit&#233;&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb15' class='spip_note' rel='appendix' title='Coran, 11:45' id='nh15'&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et Dieu de r&#233;pondre : &#034;&lt;i&gt;O No&#233;, il n'est pas de ta famille &lt;/i&gt;(innahu laysa min ahlika)&lt;i&gt; car il a commis un acte inf&#226;me&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb16' class='spip_note' rel='appendix' title='Coran, 11:46' id='nh16'&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous voyons donc ici s'esquisser l'id&#233;e de l'existence d'une &#034;famille&#034; (&lt;i&gt;ahl&lt;/i&gt;) spirituelle unie par la foi et l'ob&#233;issance &#224; Dieu et, de fa&#231;on plus g&#233;n&#233;rale, d'une pr&#233;cellence de la filiation par la foi sur celle de la chair. Cette notion fut largement reprise par de nombreux courants mystiques et demeure tr&#232;s pr&#233;sente dans le chiisme, o&#249; les croyants au c&#339;ur pur sont consid&#233;r&#233;s comme appartenant &#224; une m&#234;me famille, celle de la gnose et de la sagesse (&lt;i&gt;Bayt al-Ma'rifa wa-l-Hikma&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1367 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH268/830-1-1e39b.jpg?1686645127' width='448' height='268' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;T&#226;q de Ct&#233;siphon (Mad&#226;'in) en Irak, &#224; proximit&#233; duquel est enterr&#233; Salm&#226;n le Perse&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Salm&#226;n fut par la suite aux c&#244;t&#233;s du Proph&#232;te durant l'ensemble de ses campagnes, avant d'&#234;tre nomm&#233; par 'Omar&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb17' class='spip_note' rel='appendix' title='Il aurait &#233;t&#233; nomm&#233; &#224; cette fonction malgr&#233; son d&#233;go&#251;t par rapport &#224; toute (...)' id='nh17'&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; gouverneur de la ville perse d'Al-Mad&#226;'in (la Ct&#233;siphon actuelle, en Irak), fonction qu'il n'accepta qu'apr&#232;s avoir sollicit&#233; la permission de l'Im&#226;m 'Al&#238;. Cet aspect est essentiel dans le chiisme, la &#034;permission&#034; d'un Im&#226;m donnant &#224; sa fonction une dimension spirituelle profonde, au-del&#224; de son aspect historique et mat&#233;riel. Il se singularisa de par son profond sens de la justice et son &#233;quit&#233;, ainsi que par la grande simplicit&#233; de son mode de vie : il refusa toute richesse et confort mat&#233;riel, pr&#233;f&#233;rant dormir sous un arbre que dans un palais. Malgr&#233; son statut de gouverneur, il continua &#224; exercer son m&#233;tier d'artisan, fabriquant des paniers en osier et donnant un tiers de la somme r&#233;colt&#233;e aux pauvres. Il impressionnait &#233;galement par son savoir et sa grande pi&#233;t&#233; ; sa sagesse ayant &#233;t&#233; parfois compar&#233;e &#224; celle de Salomon. Selon une anecdote c&#233;l&#232;bre, un jour, un damasquin arrivant dans la ville le prit pour un pauvre et lui demanda de porter ses affaires en &#233;change de quelques sous. En entendant les gens saluer respectueusement leur gouverneur, il comprit qui il &#233;tait et se confondit en excuses. Cependant, refusant de d&#233;poser les biens qu'on lui avait charg&#233; de porter, Salm&#226;n aurait r&#233;pliqu&#233; &#034;un contrat est un contrat&#034;. Selon plusieurs r&#233;cits de la tradition musulmane, sa personnalit&#233; charismatique contribua grandement &#224; la propagation de l'islam dans la r&#233;gion. Peu avant sa mort, son compagnon Sa'ad Ibn al-Ab&#238; Waqas le trouva sanglotant de n'avoir pas &#034;respect&#233;&#034; l'une des paroles du proph&#232;te Mohammad recommandant de vivre tel un voyageur n'emportant avec lui que quelques provisions, regrettant am&#232;rement d'avoir v&#233;cu au milieu de tant d'opulence. Sur ce, Sa'ad regarda autour de lui et ne vit qu'une simple paillasse, une &#233;cuelle et un r&#233;cipient pour les ablutions&#8230; Certaines traditions &#233;voquent &#233;galement l'existence d'un &#034;secret&#034; que Salm&#226;n aurait transmis durant ses derniers jours &#224; Q&#226;sim ibn Mohammad, petit fils d'Ab&#251; Bakr&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb18' class='spip_note' rel='appendix' title='Son nom complet &#233;tant Im&#226;m Ab&#251; Adur-Rahm&#226;n Q&#226;sim ibn Mohammad ibn Ab&#251; Bakr (...)' id='nh18'&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. A l'annonce de sa mort prochaine, l'Im&#226;m 'Al&#238;, alors &#224; M&#233;dine, se rendit &#224; Mad&#226;'in pour laver son corps (&lt;i&gt;ghosl&lt;/i&gt;) et l'envelopper dans son linceul (&lt;i&gt;kafan&lt;/i&gt;). Selon certains r&#233;cits, le proph&#232;te Khezr aurait &#233;galement &#233;t&#233; pr&#233;sent lors de son d&#233;c&#232;s.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb19' class='spip_note' rel='appendix' title='Une anecdote rapporte que la seule chose pr&#233;cieuse poss&#233;d&#233;e par Salm&#226;n &#233;tait (...)' id='nh19'&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Il mourut durant le r&#232;gne d'Othm&#226;n, vers 640, la nuit du 15 sha'b&#226;n&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb20' class='spip_note' rel='appendix' title='Cette date est centrale pour les chiites car elle est celle de la naissance (...)' id='nh20'&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et fut enterr&#233; dans cette m&#234;me ville.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb21' class='spip_note' rel='appendix' title='Son tombeau est situ&#233; &#224; proximit&#233; de la grande arche ou &#034;T&#226;q&#034; de Ct&#233;siphon, (...)' id='nh21'&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Sa tombe demeure visit&#233;e par de nombreux p&#232;lerins et ce jusqu'&#224; nos jours.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Symbolique de Salm&#226;n&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb22' class='spip_note' rel='appendix' title='Le nom m&#234;me de Salm&#226;n signifie &#034;s&#233;curit&#233;&#034;. Il lui aurait &#233;t&#233; attribu&#233; &#224; la (...)' id='nh22'&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Salm&#226;n le Perse incarne la qu&#234;te absolue de la v&#233;rit&#233; ayant &#224; la fois une dimension intellectuelle -examen critique de plusieurs cultes et religions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb23' class='spip_note' rel='appendix' title='Ses ma&#238;tres principaux, des chr&#233;tiens ayant une foi pure, sont d'ailleurs (...)' id='nh23'&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; - et &#233;minemment concr&#232;te : son parcours sem&#233; d'&#233;preuves constitue autant d'&#233;tapes d'un parcours initiatique et mystique l'affranchissant peu &#224; peu de toutes les attaches de ce monde (rejet de sa famille, abandon du confort et du luxe de son lieu de naissance, vente en tant qu'esclave, insultes et brimades de son ma&#238;tre &#224; Qub&#226; associ&#233;s &#224; une patience et une foi &#224; toute &#233;preuve&#8230;).&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb24' class='spip_note' rel='appendix' title='La condition fix&#233;e par son ma&#238;tre juif pour sa lib&#233;ration - planter plusieurs (...)' id='nh24'&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Son cheminement spirituel correspond parfaitement &#224; la d&#233;marche de foi d'Abraham, fuyant le polyth&#233;isme de sa terre natale pour r&#233;pondre &#224; l'appel divin et partir &#224; la qu&#234;te de la religion de v&#233;rit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb25' class='spip_note' rel='appendix' title='Le Coran d&#233;signe l'adepte d'un monoth&#233;isme pur par le vocable de &#034;han&#238;f&#034; : (...)' id='nh25'&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En outre, sa conversion &#224; l'islam marque son affranchissement de sa condition d'esclave, symbolisant la dimension lib&#233;ratrice de la foi dans la soumission m&#234;me &#224; un cr&#233;ateur unique. Son acceptation des &#233;preuves rendit possible sa rencontre avec le proph&#232;te, puisque c'est le fait m&#234;me d'&#234;tre vendu en esclave qui lui permit de se rapprocher de M&#233;dine et d'apprendre sa venue dans cette ville. Cette soumission &#224; toute &#233;preuve l'aida en parall&#232;le &#224; se d&#233;livrer de son &#034;moi&#034; &#233;go&#239;ste pour se rendre capable, de par la puret&#233; de son &#226;me, de reconna&#238;tre le proph&#232;te, incarnant la v&#233;rit&#233; spirituelle par excellence. Ainsi, son parcours n'est pas sans rappeler certains &#233;l&#233;ments de la vie de Joseph telle qu'elle est d&#233;crite dans le Coran, notamment sa vente comme esclave, sommet de la soumission et de la privation de libert&#233;, devenant paradoxalement un moyen d'&#233;l&#233;vation et de r&#233;alisation du dessein divin.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb26' class='spip_note' rel='appendix' title='Ainsi, le stratag&#232;me des fr&#232;res de Joseph consistant &#224; se d&#233;barrasser de lui en (...)' id='nh26'&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salm&#226;n personnifie donc &#224; la fois le &#034;pauvre en Dieu&#034; (&lt;i&gt;faq&#238;r ila-llah&lt;/i&gt;) consistant en un abandon volontaire des biens et richesses terrestres pour la recherche de la v&#233;rit&#233;, et le gnostique achev&#233;, ayant atteint un haut degr&#233; de connaissance spirituelle. L'Im&#226;m 'Al&#238; l'avait d'ailleurs surnomm&#233; &#034;Luqm&#226;n&#034;, consid&#233;r&#233; comme le sage par excellence.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb27' class='spip_note' rel='appendix' title='&#034;Nous avons effectivement donn&#233; &#224; Luqm&#226;n la sagesse (hikma)&#034;, (31-12). De (...)' id='nh27'&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Cette myst&#233;rieuse figure est mentionn&#233;e dans la sourate 31 qui porte son nom, et dans laquelle est &#233;voqu&#233; l'enseignement qu'il donna &#224; son fils : &lt;i&gt;&#034;Et lorsque Luqm&#226;n dit &#224; son fils tout en l'exhortant :&lt;/i&gt; &#034;&lt;i&gt;O mon fils, ne donne pas d'associ&#233; &#224; Allah, car l'association [&#224; Allah] est vraiment une injustice &#233;norme [&#8230;]&lt;/i&gt;&#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb28' class='spip_note' rel='appendix' title='Coran, 31:13.' id='nh28'&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Apr&#232;s avoir proclam&#233; l'unicit&#233; absolue de Dieu, dogme central de l'islam, Luqm&#226;n donne ensuite des conseils &#224; port&#233;e &#233;thique en enjoignant notamment son fils de respecter ses parents et d'avoir un comportement vertueux, tout en l'invitant &#224; la patience et &#224; l'humilit&#233; dans la voie de Dieu : &#034;&lt;i&gt;Sois modeste dans ta d&#233;marche, baisse la voix&lt;/i&gt;&#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb29' class='spip_note' rel='appendix' title='Coran, 31:19.' id='nh29'&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Ces conseils - respects des anc&#234;tres, humilit&#233;, silence - ne sont pas sans rappeler certains aspects centraux de la sagesse asiatique ou de certains courants de pens&#233;e de la Gr&#232;ce antique. Le Coran &#233;voque ici en filigrane que les bases de la conduite morale dispens&#233;es par Mohammad - et les proph&#232;tes qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233; - ont des racines profondes, et furent enseign&#233;es par de grands sages avant lui. Dans ce sens, qualifier Salm&#226;n de &#034;Luqm&#226;n&#034; vise de nouveau &#224; rappeler la dimension universelle du message divin profess&#233; par le Coran et la pr&#233;sence d'une sagesse intemporelle qui, avant m&#234;me les grandes r&#233;v&#233;lations monoth&#233;istes, aurait &#233;t&#233; &#034;inspir&#233;e&#034; par Dieu &#224; certains grands hommes n'&#233;tant ni arabes ni s&#233;mites. Ainsi, selon Ab&#251;-l Hasan al-Amir&#238;, Luqm&#226;n serait le &#034;premier sage et philosophe&#034; et aurait &#233;t&#233; le ma&#238;tre d'Emp&#233;docle. Ce dernier aurait ensuite diffus&#233; sa sagesse en Gr&#232;ce, notamment aupr&#232;s de Pythagore, qui la transmit ensuite &#224; Socrate, pour enfin inspirer la pens&#233;e de Platon et d'Aristote. Si l'on suit cette vision, la philosophie grecque peut d&#232;s lors s'accorder avec les enseignements coraniques en ce qu'ils puisent leur source &#224; une &#034;m&#234;me lumi&#232;re&#034; sapientale, permettant ainsi une r&#233;conciliation entre R&#233;v&#233;lation et philosophie. Dans ce sens, Salm&#226;n serait l'ultime manifestation d'une sagesse &#233;ternelle divine s'&#233;tant actualis&#233;e en diff&#233;rents lieux et &#233;poques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Salm&#226;n dans le soufisme et le chiisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Salm&#226;n est &#233;galement une figure importante dans certains mouvements soufis, notamment dans les ordres Naqshband&#238; et Oveyss&#238;-Sh&#226;hmaghsoud&#238;. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, le cheminement de Salm&#226;n, recherchant la v&#233;rit&#233; en passant de ma&#238;tre en ma&#238;tre, refl&#232;te le parcours &#224; accomplir par chaque p&#232;lerin soufi, jusqu'&#224; l'atteinte ultime de la v&#233;rit&#233; symbolis&#233;e pour Salm&#226;n par sa rencontre avec le proph&#232;te Mohammad. En outre, le fameux &#034;secret de la cha&#238;ne d'or&#034; qu'il aurait transmis au petit fils d'Ab&#251; Bakr peu avant sa mort a &#233;galement &#233;t&#233; &#224; l'origine de nombreuses gloses et a servi de bases &#224; la d&#233;finition de certaines pratiques spirituelles au sein de plusieurs confr&#233;ries soufies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;pisode fameux de la vie de Salm&#226;n a &#233;galement marqu&#233; certaines traditions soufies : reprochant &#224; l'un de ses compagnons, Ab&#251; Darda, son exc&#232;s d'asc&#233;tisme qui l'avait conduit &#224; d&#233;laisser sa femme et ses enfants pour se consacrer uniquement &#224; l'adoration de Dieu, il lui d&#233;clare : &#034;&lt;i&gt;Ton Seigneur a un droit sur toi, ton &#226;me a un droit sur toi, et ta famille a un droit sur toi, donne &#224; chacun ce qui lui est d&#251;&lt;/i&gt;&#034;. Salm&#226;n se fait donc l'ap&#244;tre d'une spiritualit&#233; tourn&#233;e vers l'autre, insistant sur la n&#233;cessit&#233; de ne pas fuir la vie terrestre mais de la consid&#233;rer davantage comme un &#034;champ&#034; qu'il faut faire fructifier par ses actes d'adoration personnels, mais &#233;galement par ses activit&#233;s dans la soci&#233;t&#233;. L'anecdote fut par ailleurs rapport&#233;e au Proph&#232;te, qui acquies&#231;a et loua la profonde sagesse de Salm&#226;n.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1368 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L358xH239/830-2-5f5d5.jpg?1686645127' width='358' height='239' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Tombeau de Salm&#226;n le Perse au sein du sanctuaire lui &#233;tant consacr&#233;, Ct&#233;siphone, Irak&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;De grands mystiques et ma&#238;tres de la gnose sp&#233;culative tels qu'Ibn 'Arab&#238; ont aussi accord&#233; une attention particuli&#232;re au personnage de Salm&#226;n le Perse. Ainsi, dans &lt;i&gt;Al-Fut&#251;h&#226;t al-Makiyya&lt;/i&gt;, il pr&#233;sente Salm&#226;n comme l'arch&#233;type m&#234;me du p&#244;le (&lt;i&gt;qutb&lt;/i&gt;) et l'h&#233;ritier du sens secret (&lt;i&gt;sirr&lt;/i&gt;) des r&#233;v&#233;lations pass&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salm&#226;n P&#226;k est &#233;galement une figure centrale de la spiritualit&#233; chiite iranienne. De par ses origines mazd&#233;ennes, il est consid&#233;r&#233; comme un haut m&#233;diateur liant de fa&#231;on ind&#233;fectible la communaut&#233; iranienne musulmane et la famille du Proph&#232;te, ainsi que comme un v&#233;ritable &#034;pont&#034; entre l'h&#233;ritage monoth&#233;iste perse ancestral et la nouvelle r&#233;v&#233;lation mohammadienne.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb30' class='spip_note' rel='appendix' title='A ce titre, nous pouvons &#233;galement citer ce had&#238;th de Bukhar&#238; concernant (...)' id='nh30'&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Il fonde ainsi, comme nous l'avons &#233;voqu&#233;, un lignage bas&#233; non pas sur les liens de la chair, mais sur l'appartenance &#224; une famille spirituelle anim&#233;e par une m&#234;me qu&#234;te, et dont le p&#232;re est l'Im&#226;m en tant qu'arch&#233;type du sens spirituel profond de toute r&#233;v&#233;lation proph&#233;tique. Il est aussi tenu en haute estime de par son soutien &#224; 'Al&#238; - qu'il reconnaissait comme le seul h&#233;ritier spirituel l&#233;gitime du Proph&#232;te&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb31' class='spip_note' rel='appendix' title='Il aurait ainsi d&#233;clar&#233; aux partisans d'Ab&#251; Bakr qu'ils avaient bien fait (...)' id='nh31'&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; - et du fait de sa proximit&#233; avec la Famille du Proph&#232;te, notamment avec F&#226;tima.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la gnose chiite, Salm&#226;n incarne &#233;galement l'arch&#233;type de l'Etranger qui s'expatrie et sacrifie tout sur le chemin de la v&#233;rit&#233;. Cette notion d' &#034;&#233;migration&#034; (&lt;i&gt;hijra&lt;/i&gt;) pour la cause de Dieu est essentielle dans l'islam et est consid&#233;r&#233;e comme manifestant l'un des plus hauts degr&#233;s de la foi.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb32' class='spip_note' rel='appendix' title='De nombreux versets traitent de cette notion : &#034;Ceux qui ont cru, qui ont (...)' id='nh32'&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Selon Henry Corbin, le cas de Salm&#226;n fait parfaitement &#233;cho &#224; la fameuse sentence du sixi&#232;me Im&#226;m, Ja'far as-S&#226;diq : &#034;&lt;i&gt;L'islam a commenc&#233; expatri&#233; et reviendra expatri&#233; comme il l'&#233;tait au commencement. Bienheureux ceux d'entre la communaut&#233; de Mohammad qui s'expatrient &lt;/i&gt;(ghorab&#226;)&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb33' class='spip_note' rel='appendix' title='Op. Cit. Corbin, Henry, En islam iranien, aspects spirituels et (...)' id='nh33'&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui implique en elle-m&#234;me toute une spiritualit&#233; et une attitude par rapport au monde terrestre. Ce dernier est avant tout consid&#233;r&#233; comme un lieu de &#034;passage&#034; pr&#233;parant le retour vers la Patrie originelle, scellant d&#232;s lors le statut de perp&#233;tuel expatri&#233; du mystique en ce monde.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb34' class='spip_note' rel='appendix' title='Cet &#034;&#233;tat&#034; d'expatri&#233; a &#233;t&#233; notamment abord&#233; par les r&#233;cits initiatiques de (...)' id='nh34'&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Salm&#226;n est l'expatri&#233; par excellence, n'ayant sacrifi&#233; sa qu&#234;te &#224; aucun plaisir terrestre ; sa pers&#233;v&#233;rance et sa constance sur la Voie au-del&#224; des &#233;preuves l'&#233;rigeant ainsi en mod&#232;le du croyant parfait. Le &lt;i&gt;Bih&#226;r al-Anv&#226;r&lt;/i&gt; de Majl&#238;s&#238; &#233;voque &#224; ce titre une c&#233;l&#232;bre pri&#232;re r&#233;cit&#233;e par les p&#232;lerins visitant le sanctuaire de Salm&#226;n, situ&#233; en Irak : &#034;&lt;i&gt;Que je vive et meure, ami fid&#232;le, comme toi&#8230; qui n'a pas trahi&lt;/i&gt;&#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb35' class='spip_note' rel='appendix' title='Op. Cit. Corbin, Henry, En islam iranien, aspects spirituels et (...)' id='nh35'&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la tradition chiite, Salm&#226;n aurait &#233;galement rempli le r&#244;le d'initiateur du sens cach&#233; des r&#233;v&#233;lations pr&#233;c&#233;dentes aupr&#232;s du proph&#232;te Mohammad, fonction &#233;minente qu'Henry Corbin a qualifi&#233;e de &#034;magist&#232;re ang&#233;lique&#034;, qui l'aida &#034;&lt;i&gt;&#224; prendre conscience des &#233;tats spirituels des proph&#232;tes ant&#233;rieurs et &#224; les reproduire en lui-m&#234;me&lt;/i&gt;&#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb36' class='spip_note' rel='appendix' title='Ibid., T. 1, p. 171.' id='nh36'&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Cette dimension du personnage a des cons&#233;quences essentielles dans la th&#233;orie de la connaissance et dans le rapport du croyant au livre sacr&#233; en ce qu'elle fonde l'authenticit&#233; de l'ex&#233;g&#232;se spirituelle (&lt;i&gt;ta'w&#238;l&lt;/i&gt;), notion centrale du chiisme, impliquant l'existence d'un sens cach&#233; des r&#233;v&#233;lations susceptible d'&#234;tre d&#233;voil&#233; en partant de leur &#034;lettre&#034; ou apparence ext&#233;rieure (&lt;i&gt;z&#226;hir&lt;/i&gt;) pour &#234;tre progressivement reconduit &#224; son sens premier et v&#233;ritable (&lt;i&gt;b&#226;tin&lt;/i&gt;).&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb37' class='spip_note' rel='appendix' title='Le &#034;b&#226;tin&#034; comportant lui-m&#234;me plusieurs niveaux. Ce processus de (...)' id='nh37'&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Salm&#226;n peut d&#232;s lors &#234;tre consid&#233;r&#233; comme le premier ex&#233;g&#232;te du Coran et le premier gnostique de l'islam.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb38' class='spip_note' rel='appendix' title='L'Im&#226;m Ja'far as-S&#226;diq l'a ainsi surnomm&#233; l' &#034;esprit de l'ex&#233;g&#232;se (...)' id='nh38'&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le lien &#233;troit unissant Salm&#226;n au proph&#232;te ne serait en r&#233;alit&#233; que la manifestation terrestre de la r&#233;alit&#233; arch&#233;typale du proph&#232;te &#034;inspir&#233;&#034; par l'Ange de la R&#233;v&#233;lation ; chaque croyant &#233;tant lui-m&#234;me invit&#233;, par sa pratique religieuse et une asc&#232;se purificatrice, &#224; d&#233;couvrir et se laisser guider par le &#034;Salm&#226;n de son &#234;tre&#034;, c'est-&#224;-dire par l'Ange de la connaissance lui r&#233;v&#233;lant les sens profonds de la R&#233;v&#233;lation et les hautes v&#233;rit&#233;s mystiques.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb39' class='spip_note' rel='appendix' title='Cette th&#233;matique est &#233;galement tr&#232;s pr&#233;sente dans l'isma&#233;lisme. Salm&#226;n est (...)' id='nh39'&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'importance de Salm&#226;n P&#226;k dans la spiritualit&#233; de Louis Massignon&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La figure de Salm&#226;n le Perse a eu une grande influence sur le parcours spirituel et intellectuel de Louis Massignon. Aux c&#244;t&#233;s d'Abraham, de F&#226;tima et des Sept Dormants d'Eph&#232;se, Salm&#226;n le Perse - qu'il consid&#233;rait comme l'initiateur de l'&#8221;islam iranien&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb40' class='spip_note' rel='appendix' title='Louis Massignon, &#034;Salm&#226;n ou les pr&#233;mices spirituelles de l'Islam iranien&#034;, in (...)' id='nh40'&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; - fait selon lui partie des arch&#233;types communs au christianisme et &#224; l'islam, notamment en ce qu'il n'avait, selon lui, &#034;pas reni&#233; le Christ&#034;. C'est aussi face &#224; la tombe de Salm&#226;n le Perse &#224; Ct&#233;siphon, en 1908, que Massignon aurait v&#233;cu une exp&#233;rience spirituelle d&#233;cisive. Selon ses propres mots, il aurait re&#231;u une &#034;visitation de l'&#233;tranger&#034; - dont l'identit&#233; est tue - bouleversant son existence ; manifestation d'un Feu divin au plus profond de lui-m&#234;me ravivant une foi intense : &#034;&lt;i&gt;celle que Hall&#226;j [et non Charles de Foucauld] m'a fait retrouver, du fond de mon ab&#238;me d'indignit&#233; impersonnelle, sur le Tigre, devant Salm&#226;n P&#226;k&lt;/i&gt;&#034;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb41' class='spip_note' rel='appendix' title='Op. cit. Moncelon, Jean, &#034;Le secret de Louis Massignon&#034;, International (...)' id='nh41'&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Qui fut ce myst&#233;rieux &#034;&#233;tranger&#034; dont il re&#231;ut la visite durant cette fameuse soir&#233;e de mai 1908 ? Faut-il y voir le d&#233;but d'une initiation spirituelle dont le p&#244;le aurait &#233;t&#233; Salm&#226;n lui-m&#234;me, celui qui, pour Louis Massignon, incarne avant tout l'Amour, avant m&#234;me d'&#234;tre l'Initiateur ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb42' class='spip_note' rel='appendix' title='Moncelon, Jean, &#034;Salm&#226;n P&#226;k dans la spiritualit&#233; de Louis Massignon&#034;, Luqman, (...)' id='nh42'&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Cet &#233;v&#233;nement n'est pas sans rappeler un certain type d'initiation r&#233;alis&#233;e par un &#034;ma&#238;tre personnel invisible&#034; (&lt;i&gt;ost&#226;d ghayb&#238;&lt;/i&gt;) de la trame de l'histoire mais pr&#233;sent au c&#339;ur de chaque p&#232;lerin mystique en qu&#234;te de v&#233;rit&#233;, et dont Khezr-Elie constitue l'arch&#233;type par excellence.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb43' class='spip_note' rel='appendix' title='Se r&#233;f&#233;rer &#224; un article pr&#233;c&#233;dent sur Khezr et la notion d'Initiation : (...)' id='nh43'&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Massignon peut &#233;galement &#234;tre consid&#233;r&#233; comme l'un de ces expatri&#233;s anim&#233; par une qu&#234;te de la V&#233;rit&#233;, au-del&#224; des &#233;vidences et des canons impos&#233;s. De l'Egypte &#224; l'Irak en passant par le Maroc et J&#233;rusalem, son parcours spirituel anim&#233; par un profond &#233;lan d'Amour en fait, selon l'expression de Jean Moncelon, un &#034;Salm&#226;n&#034; de notre temps.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb44' class='spip_note' rel='appendix' title='Moncelon, Jean, &#034;Salm&#226;n P&#226;k dans la spiritualit&#233; de Louis Massignon&#034;, Luqman, (...)' id='nh44'&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salm&#226;n le Perse a contribu&#233; &#224; inaugurer un id&#233;al de chevalerie mystique bas&#233;e sur une filiation spirituelle, et dont la qu&#234;te de V&#233;rit&#233; prend les allures d'une v&#233;ritable &#233;pop&#233;e destin&#233;e &#224; se r&#233;aliser dans le c&#339;ur de chaque croyant. Il est donc le mod&#232;le du croyant par excellence, tout en incarnant pour la conscience gnostique une spiritualit&#233; avant tout int&#233;rieure dont l'horizon est d&#233;termin&#233; par la pr&#233;sence d'un &#034;guide&#034;. Il fait donc partie des &#034;m&#233;diateurs&#034; susceptibles de se manifester &#224; la conscience du fid&#232;le au c&#339;ur pur afin de le guider dans sa qu&#234;te vers l'Outremonde. Il incarne enfin le but et d&#233;sir ultime de tout p&#232;lerin mystique : entendre un jour, avec les oreilles du c&#339;ur, s'&#233;lever en lui un murmure faisant &#233;cho &#224; la fameuse phrase du Proph&#232;te adress&#233;e &#224; Salm&#226;n : &#034;&lt;i&gt;Tu fais partie de nous&#8230; (int&#226; minn&#226;&#8230;)&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Corbin, Henry, &lt;i&gt;En islam iranien, aspects spirituels et philosophiques&lt;/i&gt;, T. 1, 3 et 4, Gallimard, 1971.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Ibn 'Arab&#238;, &lt;i&gt;Al-Fut&#251;h&#226;t al-Makkiya &lt;/i&gt;(Les illuminations de la Mecque), traduction de Michel Chodkiewicz, Albin Michel, 1997.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Lings, Martin, &lt;i&gt;Le Proph&#232;te Mohammad&lt;/i&gt;, Seuil, 1983.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Majlis&#238;, Mohammad B&#226;qir, &lt;i&gt;Bih&#226;r al-Anv&#226;r&lt;/i&gt;, Dar al-Fiqh lil-Tib&#226;'ah wa-l-Nashr, Al-Taba' 1.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Massignon, Louis, &#034;La visitation de l'&#233;tranger&#034;, in &lt;i&gt;Parole Donn&#233;e&lt;/i&gt;, Seuil, 1983.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Massignon, Louis, &#034;Salm&#226;n et les pr&#233;misses spirituelles de l'Islam iranien&#034;, Parole donn&#233;e, 1934.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Moncelon, Jean, &#034;Salm&#226;n P&#226;k dans la spiritualit&#233; de Louis Massignon&#034;, &lt;i&gt;Luqman&lt;/i&gt;, Annales des Presses Universitaires d'Iran, Automne-Hiver 1991-92.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Corbin, Henry, En islam iranien, aspects spirituels et philosophiques, T. 4, Gallimard, 1971, p.277.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous nous inspirons ici de la traduction du texte r&#233;alis&#233;e par Henry Corbin du &#034;R&#233;cit de l'archange empourpr&#233;&#034; ('Aql-e Sorkh) : in Sohravard&#238;, Shih&#226;bodd&#238;n Yahy&#226;, L'archange empourpr&#233;, Quinze trait&#233;s et r&#233;cits mystiques, traduits du persan et de l'arabe, pr&#233;sent&#233;s et annot&#233;s par Henry Corbin, Fayard, 1976.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Notamment dans l'article lui &#233;tant consacr&#233; dans l'Encyclop&#233;die de l'Islam publi&#233;e en 1927, r&#233;dig&#233; par J. Horovitz et G. Devi Della Vida.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nom des Temples du feu mazd&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. sourate Al-Ana'&#226;m (les bestiaux), versets 75-79.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette aptitude &#224; reconna&#238;tre les &#034;signes&#034; (&lt;i&gt;ay&#226;t&lt;/i&gt;) envoy&#233;s par Dieu et &#224; s'y soumettre est un trait essentiel des vrais croyants mentionn&#233; dans de nombreux versets du Coran.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Abdul W&#226;hid Ham&#238;d, &lt;i&gt;Companions of the Prophet&lt;/i&gt;, Vol 1, Muslim Education &amp; Literary Services, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='appendix'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lings, Martin, &lt;i&gt;Le Proph&#232;te Mohammad&lt;/i&gt;, Seuil, 1983.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='appendix'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Salm&#226;n a sans doute traduit plusieurs sourates du Coran, cependant, il ne reste aujourd'hui que sa traduction de la premi&#232;re sourate.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='appendix'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nom de la 33e sourate du Coran, faisant r&#233;f&#233;rence aux Mecquois et autres tribus ayant combattu le proph&#232;te et ses compagnons durant la bataille du foss&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='appendix'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La v&#233;racit&#233; de ce r&#233;cit a n&#233;anmoins &#233;t&#233; contest&#233;e par certains historiens et orientalistes, indiquant que les r&#233;cits les plus anciens de la Bataille du Foss&#233; ne mentionnent g&#233;n&#233;ralement pas l'intervention de Salm&#226;n, qui aurait &#233;t&#233; &#034;ajout&#233;e&#034; &#224; post&#233;riori en vue de justifier l'utilisation de ce moyen de d&#233;fense qui &#233;tait commun&#233;ment utilis&#233; en Perse. Cependant, la majorit&#233; des historiens s'accordent &#224; reconna&#238;tre son authenticit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb12'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh12' class='spip_note' title='Notes 12' rev='appendix'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le mot &#034;ans&#226;rs&#034; (&#034;partisans&#034; en arabe) fait r&#233;f&#233;rence aux nouveaux convertis &#224; l'islam et compagnons du proph&#232;te Mohammad issus de la ville de M&#233;dine (appel&#233;e Yathrib &#224; l'&#233;poque).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb13'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh13' class='spip_note' title='Notes 13' rev='appendix'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les muh&#226;jir&#251;ns (&#034;exil&#233;s&#034; en arabe) sont les compagnons du Proph&#232;te qui &#233;migr&#232;rent &#224; ses c&#244;t&#233;s de La Mecque &#224; M&#233;dine, marquant le d&#233;but de l'H&#233;gire (&lt;i&gt;hijra&lt;/i&gt;) signifiant l' &#034;exil&#034; ou l' &#034;&#233;migration&#034;, en 622.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb14'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh14' class='spip_note' title='Notes 14' rev='appendix'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette expression peut-&#234;tre &#233;galement litt&#233;ralement traduite par &#034;Gens de la Maison&#034;. Il faut cependant noter que la notion de &#034;Ahl al-Bayt&#034; ne recouvre pas exactement la m&#234;me signification dans le sunnisme et dans le chiisme. Pour les chiites, qui se basent notamment sur le &#034;Had&#238;th du manteau&#034; (&lt;i&gt;Had&#238;th-e Kis&#226;'&lt;/i&gt;), les Gens de la Famille font r&#233;f&#233;rence au Proph&#232;te Mohammad, sa fille F&#226;tima, son gendre et neveu 'Al&#238;, et ses deux petits fils Hasan et Hossein. Par extension, ils incluent &#233;galement leurs descendants, c'est-&#224;-dire les neuf autres Im&#226;ms du chiisme duod&#233;cimain, jusqu'&#224; l'Im&#226;m al-Mahd&#238;, et quatre autres pour les Isma&#233;liens, jusqu'au fils de Ja'far al-S&#226;diq, Ism&#226;'il Ibn Ja'far. Pour les sunnites, l'expression recouvre une signification plus large, pour inclure les Hach&#233;mites et l'ensemble des femmes de Mohammad ainsi que leurs descendants jusqu'&#224; aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb15'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh15' class='spip_note' title='Notes 15' rev='appendix'&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Coran, 11:45&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb16'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh16' class='spip_note' title='Notes 16' rev='appendix'&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Coran, 11:46&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb17'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh17' class='spip_note' title='Notes 17' rev='appendix'&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il aurait &#233;t&#233; nomm&#233; &#224; cette fonction malgr&#233; son d&#233;go&#251;t par rapport &#224; toute fonction politique. Ainsi, lors de sa nomination comme gouverneur, il aurait d&#233;clar&#233; : &#034;Je pr&#233;f&#232;re manger du sable que de gouverner deux personnes&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb18'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh18' class='spip_note' title='Notes 18' rev='appendix'&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Son nom complet &#233;tant Im&#226;m Ab&#251; Adur-Rahm&#226;n Q&#226;sim ibn Mohammad ibn Ab&#251; Bakr as-Sidd&#238;q.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb19'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh19' class='spip_note' title='Notes 19' rev='appendix'&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une anecdote rapporte que la seule chose pr&#233;cieuse poss&#233;d&#233;e par Salm&#226;n &#233;tait un petit sac de musc, qu'il demanda &#224; sa femme de lui amener peu avant de mourir. Il le m&#233;langea dans un peu d'eau avant de demander &#224; cette derni&#232;re : &#034;Asperge ce musc autour de moi, les anges de Dieu ne mangent pas des nourritures terrestres mais aiment le parfum&#034;&#8230; Il lui demanda alors de se retirer et rendit l'&#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb20'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh20' class='spip_note' title='Notes 20' rev='appendix'&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette date est centrale pour les chiites car elle est celle de la naissance de l'Im&#226;m Mahd&#238;, ou l'Im&#226;m du Temps.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb21'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh21' class='spip_note' title='Notes 21' rev='appendix'&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Son tombeau est situ&#233; &#224; proximit&#233; de la grande arche ou &#034;T&#226;q&#034; de Ct&#233;siphon, seul monument restant de l'&#233;poque, situ&#233; dans la ville actuelle de Salm&#226;n P&#226;k en Irak.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb22'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh22' class='spip_note' title='Notes 22' rev='appendix'&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le nom m&#234;me de Salm&#226;n signifie &#034;s&#233;curit&#233;&#034;. Il lui aurait &#233;t&#233; attribu&#233; &#224; la suite d'une visite du proph&#232;te Mohammad alors qu'il &#233;tait malade, et au cours de laquelle il pria pour qu'il soit pr&#233;serv&#233; des maladies du corps et de l'&#226;me. Il faut &#233;galement relever ici la racine commune de &#034;Salm&#226;n&#034;, &#034;isl&#226;m&#034; et &#034;muslim&#034; (musulman ; litt&#233;ralement &#034;soumis&#034;), tous trois issus de la racine &#034;s-l-m&#034; &#233;voquant l'id&#233;e de paix ou encore de soumission face &#224; la volont&#233; divine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb23'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh23' class='spip_note' title='Notes 23' rev='appendix'&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ses ma&#238;tres principaux, des chr&#233;tiens ayant une foi pure, sont d'ailleurs &#233;voqu&#233;s dans le Coran dans le verset 82 de la sourate Al-M&#226;'ida (La table servie) : &#034;&lt;i&gt;Tu trouveras certes que les plus dispos&#233;s &#224; aimer les croyants sont ceux disant : &#034;Nous sommes chr&#233;tiens&#034;. C'est qu'il y a parmi eux des pr&#234;tres et des moines qui ne s'enflent pas d'orgueil. Et quand ils entendent ce qui a &#233;t&#233; descendu sur le Messager, tu vois leurs yeux d&#233;border de larmes, parce qu'ils ont reconnu la v&#233;rit&#233;&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb24'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh24' class='spip_note' title='Notes 24' rev='appendix'&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La condition fix&#233;e par son ma&#238;tre juif pour sa lib&#233;ration - planter plusieurs centaines de jeunes palmiers et les entretenir jusqu'&#224; ce qu'ils croissent de fa&#231;on normale, exigeant une attention et une constance &#224; toute &#233;preuve - est &#233;galement un &#233;l&#233;ment essentiel du parcours initiatique : la patience et la foi in&#233;branlable en la sagesse et la mis&#233;ricorde de Dieu, qui transforme les pires &#233;preuves en moyen d'&#233;l&#233;vation ultime de l'&#226;me effectu&#233; gr&#226;ce &#224; un affranchissement progressif de toute attache terrestre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb25'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh25' class='spip_note' title='Notes 25' rev='appendix'&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Coran d&#233;signe l'adepte d'un monoth&#233;isme pur par le vocable de &#034;&lt;i&gt;han&#238;f&lt;/i&gt;&#034; : &#034;&lt;i&gt;Abraham n'&#233;tait ni juif ni chr&#233;tien, mais il &#233;tait un monoth&#233;iste convaincu et enti&#232;rement soumis &#224; Dieu&lt;/i&gt; (han&#238;fan musliman).&#034; (3:67) ; &#034;&lt;i&gt;A ceux qui disent : &#034;Faites-vous juifs ou chr&#233;tiens et vous serez dans le droit chemin !&lt;/i&gt;&#034; R&#233;ponds : &#034;&lt;i&gt;Non ! Suivons plut&#244;t la religion d'Abraham, ce pur monoth&#233;iste&lt;/i&gt; (han&#238;f) &lt;i&gt;qui ne s'est jamais compromis avec les pa&#239;ens !&lt;/i&gt;&#034; (2:135).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb26'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh26' class='spip_note' title='Notes 26' rev='appendix'&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ainsi, le stratag&#232;me des fr&#232;res de Joseph consistant &#224; se d&#233;barrasser de lui en le jetant dans un puits permit &#224; une caravane qui passait par l&#224; de le trouver, puis de le vendre &#224; al-Az&#238;z, grand intendant d'Egypte, et donc de le rapprocher du pouvoir, permettant ensuite &#224; son r&#234;ve initial - la prosternation de onze &#233;toiles, du soleil et de la lune symbolisant les membres de sa famille - de se r&#233;aliser.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb27'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh27' class='spip_note' title='Notes 27' rev='appendix'&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;&lt;i&gt;Nous avons effectivement donn&#233; &#224; Luqm&#226;n la sagesse&lt;/i&gt; (hikma)&#034;, (31-12). De nombreuses versions existent concernant l'identit&#233; de Luqm&#226;n, certains voyant en lui un sage oriental ou chinois, alors que d'autres l'identifient au proph&#232;te Salomon, ou encore &#224; un sage du Proche Orient ancien ou l'un des ma&#238;tres d'Emp&#233;docle. Il est dans tous les cas l'arch&#233;type m&#234;me de l'homme &#233;clair&#233; &#233;tant parvenu &#224; saisir la r&#233;alit&#233; profonde et ultime des choses, au-del&#224; de leur apparence trompeuse per&#231;ue par la grande majorit&#233; des hommes. Il semblerait avoir v&#233;cu une vie de plusieurs centaines d'ann&#233;es en profonde harmonie avec la nature, et la facult&#233; de comprendre les hautes r&#233;alit&#233;s du monde lui aurait &#233;t&#233; donn&#233;e par Dieu lui-m&#234;me par l'interm&#233;diaire d'un ange.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb28'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh28' class='spip_note' title='Notes 28' rev='appendix'&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Coran, 31:13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb29'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh29' class='spip_note' title='Notes 29' rev='appendix'&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Coran, 31:19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb30'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh30' class='spip_note' title='Notes 30' rev='appendix'&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A ce titre, nous pouvons &#233;galement citer ce had&#238;th de Bukhar&#238; concernant Salm&#226;n P&#226;k qui traduit l'estime profonde que le Proph&#232;te Mohammad avait pour lui et, indirectement, pour son peuple : &#034;&lt;i&gt;Alors que nous &#233;tions un jour assis aux c&#244;t&#233;s du Proph&#232;te, la sourate &#034;Al-Jumu'a&#034;&lt;/i&gt; (le vendredi) &lt;i&gt;lui fut r&#233;v&#233;l&#233;e. Lorsqu'il r&#233;cita le verset &lt;/i&gt;&#034;C'est Lui [Dieu] qui a envoy&#233; &#224; des gens sans Livre &lt;i&gt;[al-Omiyyin, litt. &#034;les illetr&#233;s&#034; pour faire r&#233;f&#233;rence aux Arabes de l'&#233;poque]&lt;/i&gt; un Messager des leurs pour leur r&#233;citer Ses versets, les purifier et leur enseigner le Coran et la sagesse, alors qu'hier encore ils &#233;taient plong&#233;s dans l'&#233;garement manifeste. Et de ce message, Dieu fera b&#233;n&#233;ficier d'autres parmi ceux qui ne les ont pas encore rejoints&#034;, (62:2-3). &lt;i&gt;Je lui demandais : &#034;Qui sont-ils, O Messager de Dieu ?&#034; Salm&#226;n &#233;tait alors parmi nous. Apr&#232;s avoir r&#233;p&#233;t&#233; trois fois ma question, le Messager de Dieu posa sa main sur Salm&#226;n et dit &#034;Si la foi - ou la science, selon les versions - &#233;tait aux Pl&#233;iades, m&#234;me des hommes de ce peuple [de Salm&#226;n, c'est-&#224;-dire les Iraniens] l'aurait atteint&lt;/i&gt;&#034;. Cette parole du Proph&#232;te a &#233;t&#233; largement reprise par la tradition iranienne et figure notamment sur le billet de 50 000 rials dans la version persane suivante : &#034;&lt;i&gt;D&#226;nesh agar dar thoray&#226; ham b&#226;shad, mard&#226;n&#238; az sarzam&#238;n-e p&#226;rs bar &#226;n dast kh&#226;hand y&#226;ft&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb31'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh31' class='spip_note' title='Notes 31' rev='appendix'&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il aurait ainsi d&#233;clar&#233; aux partisans d'Ab&#251; Bakr qu'ils avaient bien fait d'&#233;lire un homme &#226;g&#233; et donc exp&#233;riment&#233;, tout en ayant n&#233;anmoins tort de s'&#233;loigner ainsi de la Famille du Proph&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb32'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh32' class='spip_note' title='Notes 32' rev='appendix'&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De nombreux versets traitent de cette notion : &#034;&lt;i&gt;Ceux qui ont cru, qui ont &#233;migr&#233;, qui ont combattu au service de Dieu, ainsi que ceux qui les ont accueillis et secourus, ceux-l&#224; sont les vrais croyants auxquels l'absolution de leurs p&#233;ch&#233;s et une g&#233;n&#233;reuse r&#233;compense seront accord&#233;es&lt;/i&gt;&#034; (8:74) ; &#034;&lt;i&gt;Ceux qui ont &#233;migr&#233; pour la Cause de Dieu, apr&#232;s avoir subi des injustices, Nous les installerons dans une situation agr&#233;able en ce monde, et leur r&#233;tribution dans la ville future sera encore plus belle.&lt;/i&gt;&#034; (16:41).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb33'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh33' class='spip_note' title='Notes 33' rev='appendix'&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Op. Cit. Corbin, Henry,&lt;i&gt; En islam iranien, aspects spirituels et philosophiques&lt;/i&gt;, T. 1, p.92.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb34'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh34' class='spip_note' title='Notes 34' rev='appendix'&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cet &#034;&#233;tat&#034; d'expatri&#233; a &#233;t&#233; notamment abord&#233; par les r&#233;cits initiatiques de Sohraward&#238;, et notamment &#034;Le R&#233;cit de l'exil Occidental&#034; (&lt;i&gt;Qissat al-ghorbat al-gharb&#238;ya&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb35'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh35' class='spip_note' title='Notes 35' rev='appendix'&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Op. Cit. Corbin, Henry, &lt;i&gt;En islam iranien, aspects spirituels et philosophiques&lt;/i&gt;, T. 2, p.381.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb36'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh36' class='spip_note' title='Notes 36' rev='appendix'&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., T. 1, p. 171.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb37'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh37' class='spip_note' title='Notes 37' rev='appendix'&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le &#034;&lt;i&gt;b&#226;tin&lt;/i&gt;&#034; comportant lui-m&#234;me plusieurs niveaux. Ce processus de reconduction au sens originel est parfaitement &#233;voqu&#233; par la notion m&#234;me du &#034;&lt;i&gt;ta'w&#238;l&lt;/i&gt;&#034;, masdar du verbe de IIe forme &#034;&lt;i&gt;awwala&lt;/i&gt;&#034; venant lui-m&#234;me de &#034;&lt;i&gt;awwal&lt;/i&gt;&#034;, signifiant &#034;premier&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb38'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh38' class='spip_note' title='Notes 38' rev='appendix'&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'Im&#226;m Ja'far as-S&#226;diq l'a ainsi surnomm&#233; l' &#034;esprit de l'ex&#233;g&#232;se &lt;i&gt;(ta'w&#238;l&lt;/i&gt;)&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb39'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh39' class='spip_note' title='Notes 39' rev='appendix'&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette th&#233;matique est &#233;galement tr&#232;s pr&#233;sente dans l'isma&#233;lisme. Salm&#226;n est &#233;galement pr&#233;sent dans de nombreux r&#233;cits mystiques du chiisme duod&#233;cimain : il est notamment le r&#233;citant de la fameuse histoire aux allures d'exp&#233;rience visionnaire et initiatique intitul&#233; le &#034;R&#233;cit du nuage blanc&#034;, qui fut notamment comment&#233; par le grand philosophe et gnostique Q&#226;z&#238; Sa'&#238;d Qomm&#238; (1639-1691).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb40'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh40' class='spip_note' title='Notes 40' rev='appendix'&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Louis Massignon, &#034;Salm&#226;n ou les pr&#233;mices spirituelles de l'Islam iranien&#034;, in &lt;i&gt;Parole donn&#233;e&lt;/i&gt;, 1934.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb41'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh41' class='spip_note' title='Notes 41' rev='appendix'&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Op. cit. Moncelon, Jean, &#034;Le secret de Louis Massignon&#034;, International Conference &lt;i&gt;Louis Massignon, The vocation of a Scholar&lt;/i&gt;, University of Notre-Dame, Indiana, USA, 2-5 octobre 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb42'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh42' class='spip_note' title='Notes 42' rev='appendix'&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Moncelon, Jean, &#034;Salm&#226;n P&#226;k dans la spiritualit&#233; de Louis Massignon&#034;, &lt;i&gt;Luqman&lt;/i&gt;, Annales des Presses Universitaires d'Iran, Automne-Hiver 1991-92.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb43'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh43' class='spip_note' title='Notes 43' rev='appendix'&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Se r&#233;f&#233;rer &#224; un article pr&#233;c&#233;dent sur Khezr et la notion d'Initiation : Neuve-Eglise, Am&#233;lie, &#034;Khezr : du proph&#232;te au guide personnel vers la &#034;Source de la vie&#034;&#034;, &lt;i&gt;Revue de T&#233;h&#233;ran&lt;/i&gt;, No. 26, janvier 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb44'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh44' class='spip_note' title='Notes 44' rev='appendix'&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Moncelon, Jean, &#034;Salm&#226;n P&#226;k dans la spiritualit&#233; de Louis Massignon&#034;, &lt;i&gt;Luqman&lt;/i&gt;, Annales des Presses Universitaires d'Iran, Automne-Hiver 1991-92, p.7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Bouvard et P&#233;cuchet</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article829</link>
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		<dc:date>2008-11-01T02:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Samira Fakh&#226;riy&#226;n</dc:creator>



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&lt;p&gt;En 1872, Flaubert &#233;crit : &#034;Je m&#233;dite une chose o&#249; j'exhalerai ma col&#232;re [&#8230;]. Je vomirai sur mes contemporains le d&#233;go&#251;t qu'ils m'inspirent. Cette chose est Bouvard et P&#233;cuchet, sorte de roman philosophique d'un comique grin&#231;ant. &#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1872, Flaubert se met &#224; &#233;crire son dernier livre, Bouvard et P&#233;cuchet, un roman philosophique sur les sciences, que la mort ne lui permet pas d'achever. Selon Guy de Maupassant, &#034;Cette &#339;uvre est la plus profonde, la plus fouill&#233;e, la plus large ; mais pour ces raisons m&#234;mes, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique41" rel="directory"&gt;N&#176; 36, novembre 2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 1872, Flaubert &#233;crit :&lt;i&gt; &#034;Je m&#233;dite une chose o&#249; j'exhalerai ma col&#232;re [&#8230;]. Je vomirai sur mes contemporains le d&#233;go&#251;t qu'ils m'inspirent. Cette chose est &lt;/i&gt;Bouvard et P&#233;cuchet&lt;i&gt;, sorte de roman philosophique d'un comique grin&#231;ant. &#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1872, Flaubert se met &#224; &#233;crire son dernier livre, &lt;i&gt;Bouvard et P&#233;cuchet&lt;/i&gt;, un roman philosophique sur les sciences, que la mort ne lui permet pas d'achever. Selon Guy de Maupassant, &#034;&lt;i&gt;Cette &#339;uvre est la plus profonde, la plus fouill&#233;e, la plus large ; mais pour ces raisons m&#234;mes, [&#8230;] la moins comprise&lt;/i&gt; &#034; des &#339;uvres de Flaubert. Dans une lettre adress&#233;e &#224; Mme Tennant dat&#233;e du 16 d&#233;cembre 1879, Flaubert d&#233;finit ainsi son roman :&#034;&lt;i&gt;Ce que c'est ? Cela est difficile &#224; dire en peu de mots. Le sous-titre serait : Du d&#233;faut de m&#233;thode dans les sciences. Bref, j'ai la pr&#233;tention de faire une revue de toutes les id&#233;es modernes. Les femmes y tiennent peu de place, et l'amour aucune. [&#8230;]. Je crois que le public n'y comprendra pas grand-chose. Ceux qui lisent un livre pour savoir si la baronne &#233;pousera le vicomte seront dup&#233;s, mais j'&#233;cris &#224; l'intention de quelques raffin&#233;s. Peut-&#234;tre sera-ce une lourde sottise ? &#192; moins que ce ne soit quelque chose de tr&#232;s fort ? Je n'en sais rien !&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette d&#233;finition, on peut ajouter la signification que Maupassant a parfaitement d&#233;gag&#233;e de l'&#339;uvre : &#034;&lt;i&gt;Le livre est une revue de toutes les sciences, telles qu'elles apparaissent &#224; deux esprits assez lucides, m&#233;diocres et simples. C'est en m&#234;me temps un formidable amoncellement de savoir, et surtout, une prodigieuse critique de tous les syst&#232;mes scientifiques oppos&#233;s les uns aux autres, se d&#233;truisant les uns les autres par les &#233;ternelles contradictions des auteurs, les contradictions des faits, les contradictions des lois reconnues, indiscut&#233;es. C'est l'histoire de la faiblesse de l'intelligence humaine, une promenade dans le labyrinthe infini de l'&#233;rudition avec un fil dans la main ; ce fil est la grande ironie d'un merveilleux penseur qui constate sans cesse, en tout, l'&#233;ternelle et universelle b&#234;tise.&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Bouvard et P&#233;cuchet vus par Guy de Maupassant, article publi&#233; dans Le (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;sum&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Par un jour chaud de trente-trois degr&#233;s, sur le boulevard Bourdon absolument d&#233;sert, deux hommes, l'un grand, v&#234;tu de toile, le gilet d&#233;boutonn&#233; et sa cravate &#224; la main, l'autre, plus petit, le corps disparu dans une redingote marron, se croisent et s'asseoient sur un m&#234;me banc. Ils &#244;tent leurs chapeaux et les posent pr&#232;s d'eux. Chacun s'aper&#231;oit que l'autre a cousu une &#233;tiquette &#224; son nom dans son chapeau&#8230; c'est ainsi que Bouvard et P&#233;cuchet font connaissance. Ils sympathisent rapidement et se rendent compte qu'ils ont de nombreux points communs : ils sont tous les deux copistes et ont presque les m&#234;mes id&#233;es sur la politique, les femmes, la science, la campagne,.... Fascin&#233;s par le savoir et ennuy&#233;s par leur m&#233;tier et la ville, ils d&#233;vorent des textes scientifiques vulgaris&#233;s. C'est donc fort opportun&#233;ment que Bouvard touche un confortable h&#233;ritage. P&#233;cuchet d&#233;cide d'y adjoindre ses &#233;conomies afin qu'ils s'installent dans une ferme. Ce qui leur donnera l'occasion de se livrer tout entier &#224; leur passion tardive de l'&#233;tude et de l'exp&#233;rimentation scientifiques (tr&#232;s &#224; la mode &#224; l'&#233;poque). Ils ach&#232;tent donc une ferme en Normandie, dans le village de Chavignolles, et quittent la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils commencent alors une s&#233;rie d'&#233;tudes et d'exp&#233;riences embrassant toutes les connaissances de l'humanit&#233; ; et c'est dans ce cadre que se d&#233;veloppe la donn&#233;e philosophique de l'ouvrage. Ils se livrent d'abord au jardinage, puis &#224; l'agriculture. Toutes leurs tentatives agroalimentaires, de la conserverie &#224; la distillerie, se termineront par des &#233;checs. Ils se lancent alors bri&#232;vement dans la chimie. Ils y comprennent peu de chose, et leur exp&#233;rience est &#224; nouveau catastrophique. La suite du roman les verra s'int&#233;resser &#224; de nombreux domaines. Ils se lanceront successivement dans la m&#233;decine, l'astronomie, l'arch&#233;ologie, l'histoire, la litt&#233;rature, la politique, l'hygi&#232;ne et la philosophie pour partout aboutir &#224; de cuisants &#233;checs. Ils se lanceront aussi dans le magn&#233;tisme, grande mode de l'&#233;poque, et conna&#238;tront l&#224; encore l'&#233;chec. Seule la religion semble leur r&#233;ussir. Ils semblent avoir trouv&#233; leur salut mais celle-ci leur appara&#238;tra &#233;galement d&#233;cevante et leurs lectures de l'apolog&#233;tique chr&#233;tienne finira par de l'anticl&#233;ricalisme forcen&#233;. Ils tenteront finalement d'&#233;lever deux enfants promis &#224; l'orphelinat, mais l&#224; encore, leur &#233;chec sera total. Finalement, d&#233;sabus&#233;s, d&#233;sesp&#233;r&#233;s et d&#233;go&#251;t&#233;s de tout, ils se mettent &#224; copier comme autrefois.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'Histoire de la gen&#232;se du roman&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Tir&#233; de l'introduction de Bouvard et P&#233;cuchet, Edition pr&#233;sent&#233;e et &#233;tablie par (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les souvenirs litt&#233;raires de Maxime Du Camp font remonter &#224; 1843 le projet, chez Flaubert, d'&#233;crire l'&#034;histoire de deux commis&#034;. Le t&#233;moignage de Du Camp est g&#233;n&#233;ralement tenu pour suspect. Il ne serait cependant pas impossible que Flaubert ait eu d&#232;s 1843 l'id&#233;e du sujet qui devait donner, finalement, &lt;i&gt;Bouvard&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la source lointaine du roman est, sans conteste, une nouvelle de Barth&#233;lemy Maurice intitul&#233;e &lt;i&gt;les Deux Greffiers&lt;/i&gt;. Elle raconte l'histoire de deux greffiers, dont la vie s'est &#034;&#233;coul&#233;e uniforme et paisible comme l'eau du canal Saint-Martin&#034;, qui d&#233;cident de se retirer &#224; la campagne, essaient la chasse, la p&#234;che, puis l'horticulture, s'ennuient, s'aigrissent- et ne retrouvent leur belle humeur qu'en se remettant &#224; &#233;crire tour &#224; tour, sous la dict&#233;e l'un de l'autre, des plaidoiries et les arr&#234;ts extraits de la Gazette des tribunaux. Cette nouvelle a &#233;t&#233; publi&#233;e &#224; deux reprises en 1841 et une troisi&#232;me fois en 1858. Il est donc possible que Flaubert ait con&#231;u d&#232;s les ann&#233;es 40 le projet de ce livre.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1366 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L235xH289/829-1-1c8ac.jpg?1686645127' width='235' height='289' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:235px;'&gt;&lt;strong&gt;Gustave Flaubert&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, c'est seulement en 1863 que le projet fait son apparition, simultan&#233;ment dans la correspondance de l'&#233;crivain et dans ses notes de travail. Flaubert vient de terminer &lt;i&gt;Salammb&#244;&lt;/i&gt;, et il h&#233;site entre deux sujets : &lt;i&gt;L'Education sentimentale &lt;/i&gt;et &lt;i&gt;Bouvard et P&#233;cuchet&lt;/i&gt; qu'il pr&#233;sente sous le titre &lt;i&gt;Les Deux Cloportes&lt;/i&gt; ; on sait qu'il va se d&#233;cider pour &lt;i&gt;l'Education sentimentale&lt;/i&gt;. Mais d&#232;s 1863, il r&#233;dige un premier sc&#233;nario de &lt;i&gt;Bouvard&lt;/i&gt;, que Mme Marie-Jeanne Durry retrouvera dans un des carnets de lectures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s &lt;i&gt;l'Education sentimentale&lt;/i&gt;, Flaubert reprend, pour la troisi&#232;me fois, la &lt;i&gt;Tentation de Saint Antoine&lt;/i&gt; ; il ne se mettra &#224; &lt;i&gt;Bouvard&lt;/i&gt; qu'en 1872. Cependant, le projet n'est pas perdu de vue. Flaubert n'a pas attendu 1872 pour se mettre &#224; collectionner les textes bizarres ou stupides. D&#232;s les ann&#233;es 50, sa correspondance fait allusion &#224; des documents que l'on retrouvera, soit dans les dossiers de Bouvard, soit mentionn&#233;s dans les sc&#233;narios de la copie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;criture de ce roman exige en fait une &#233;norme besogne, comme Flaubert l'&#233;crit dans une de ses lettres : &#034;Pour cela, il va me falloir &#233;tudier beaucoup de choses que j'ignore : la chimie, la m&#233;decine, l'agriculture.&#034; Pendant deux ans, Flaubert pr&#233;pare son livre sans en &#233;crire une ligne. Sc&#233;narios, lectures, recherche de renseignements et excursions en Normandie, remplissent alors sa vie. En ao&#251;t 1873, il a lu, dit-il, 194 livres, &#034; (&#8230;) et dans tous, j'ai relev&#233; des notes.&#034; Un second bilan, en juin 1874,- peu avant qu'il n'entame la phase de r&#233;daction-, donne le chiffre de 244 volumes. Mais ce n'est pas tout. Jusqu'au jour de sa mort, Flaubert poursuit ses lectures, mati&#232;re par mati&#232;re cette fois, selon l'ordre des chapitres. &#034;Savez-vous &#224; combien se montent les volumes qu'il m'a fallu absorber pour mes bonhommes, &#224; plus de 1500 !&#034; &#233;crit-il en janvier 1880.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 1875, il lui faut s'arr&#234;ter et lorsqu'en d&#233;cembre il se remet &#224; la litt&#233;rature, il abandonne &lt;i&gt;Bouvard et P&#233;cuchet&lt;/i&gt; pour les &lt;i&gt;Trois contes&lt;/i&gt;. Il ne se remettra &#224; son roman qu'en mars 1877. La reprise est p&#233;nible mais peu &#224; peu il reprend son rythme et jusqu'en 1879, il finit neuf chapitres. Le 15 f&#233;vrier 1880, apr&#232;s d'ultimes lectures, il entame la r&#233;daction du dixi&#232;me chapitre, le dernier du premier volume ; on sait qu'il ne l'ach&#232;vera pas.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La structure&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Bouvard et P&#233;cuchet&lt;/i&gt; est un livre qui &#034;&lt;i&gt;frappe par son aspect sch&#233;matique, sa structure r&#233;p&#233;titive (entreprise- &#233;chec- nouvelle entreprise), son absence d'intrigue (&#034; Ceux qui lisent un livre pour savoir si la baronne &#233;pousera le vicomte seront dup&#233;s&#034;, [&#233;crit Flaubert dans une de ses lettres]. ), son traitement caricatural des personnages (ce couple parodique, que ne transforme gu&#232;re ni l'&#226;ge ni l'exp&#233;rience, peut appara&#238;tre comme &#034; la pure et simple commodit&#233; d'un recensement encyclop&#233;dique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Jean Ricardou, Pour une th&#233;orie du nouveau roman, Paris, Edition du Seuil, (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#034;), son style d'une exemplaire s&#233;cheresse. Ainsi, d&#233;passant le r&#233;alisme, Bouvard et P&#233;cuchet renoue avec la tradition du conte philosophique&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Flaubert dans ce livre, fait une place extr&#234;mement large &#224; la citation ; citation au sens &#233;troit du terme, ou sous diverses formes att&#233;nu&#233;es : expos&#233;s et r&#233;sum&#233;s passant par la voix narrative, ou par celle des deux h&#233;ros. C'est ici un des lieux o&#249; l'on peut parler du style indirect libre. Un proc&#233;d&#233; subtil et important, d&#233;j&#224; utilis&#233; dans Madame Bovary, qui est g&#233;n&#233;ralis&#233; dans &lt;i&gt;Bouvard et P&#233;cuchet&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre proc&#233;d&#233; syst&#233;matiquement utilis&#233; dans cette &#339;uvre posthume est la juxtaposition antith&#233;tique. Dans le premier volume, elle se fait en dialogue : &#034;&lt;i&gt;Un tel affirme que&#8230; &lt;/i&gt;&#034; dit Bouvard ; &#034; &lt;i&gt;Oui, mais un tel autre soutient que&#8230;&lt;/i&gt; &#034; r&#233;pond P&#233;cuchet. Dans la copie, Flaubert pr&#233;voyait de pr&#233;senter l'un &#224; la suite de l'autre des textes contradictoires : deux avis contraires sur le m&#234;me sujet, deux affirmations incompatibles, une assertion et un fait qui le d&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les proc&#233;d&#233;s employ&#233;s dans ce livre, peu courants &#224; l'&#233;poque, son style sec, son absence d'intrigue constituent quelques aspects modernes (nouveaux) de &lt;i&gt;Bouvard et P&#233;cuchet&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On consid&#232;re Flaubert comme l'un des pr&#233;curseurs du Nouveau Roman et de l'&#233;criture moderne. On peut rep&#233;rer ainsi dans &lt;i&gt;Bouvard et P&#233;cuchet&lt;/i&gt; les traces d'une &#233;criture Nouvelle. D'ailleurs Flaubert lui-m&#234;me voit &lt;i&gt;Bouvard&lt;/i&gt; comme &#034;&lt;b&gt; un roman moderne&lt;/b&gt; faisant la contrepartie de &lt;i&gt;Saint Antoine&#8230; .&lt;/i&gt;&#034; On sait que chez les Nouveaux Romanciers, le contenu du livre perd son importance primitive. Ce qui compte chez eux, c'est avant tout l'&#233;criture. C'est le m&#234;me souci de l'&#233;criture et de la forme qui occupe la premi&#232;re place chez Flaubert. La puissance de l'&#339;uvre pour Flaubert, ne peut &#234;tre que dans la tension de la prose, dans cet &#034;id&#233;al de la prose&#034; qu'il poursuit &#224; travers les milliers de pages de brouillons. Il se donne une grande difficult&#233;, il &#233;crit et r&#233;&#233;crit plusieurs fois, d'o&#249; ses phrases harmoniques et soign&#233;es. &#034;Je patauge, je rature, je me d&#233;sesp&#232;re. [&#8230;] les difficult&#233;s de ce livre-l&#224; sont effroyables&#034;, &#233;crit-il &#224; sa ni&#232;ce en 1874. On pourrait dire que le h&#233;ro romanesque a disparu dans ce livre. &#034; Dans &lt;i&gt;Bouvard et P&#233;cuchet&lt;/i&gt;, [&#233;crit Maupassant], les v&#233;ritables personnages sont des syst&#232;mes et non plus des hommes.&#034; Il &#233;crit aussi : &#034;Dans ce qu'on appelle ordinairement un roman, des personnages se meuvent, s'aiment, se combattent, se d&#233;truisent, meurent, agissent sans cesse. Dans ce livre, les personnages ne sont gu&#232;re que les porte-voix des id&#233;es qui deviennent vivantes en eux et, comme des &#234;tres, se meuvent, se joignent, se combattent et se d&#233;truisent.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que dans les Nouveau Roman, l'ordre chronologique n'est plus respect&#233;. Dans Bouvard et P&#233;cuchet, on est &#233;galement t&#233;moin d'un d&#233;dain envers la chronologie. Comme l'a montr&#233; Ren&#233; Descharmes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Autour de &#034;Bouvard et P&#233;cuchet&#034;, chap. III.' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il est impossible de concilier les indications de dur&#233;e et les quelques dates fournies par le texte ; trente ans s'&#233;coulent au bas mot entre la rencontre des deux hommes et le chapitre X : Bouvard et P&#233;cuchet ont pr&#232;s de quatre-vingt ans quand ils entreprennent l'&#233;ducation de Victor et de sa s&#339;ur ; ni eux, ni les comparses ne semblent pourtant avoir vieilli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#234;ve de Flaubert consiste &#224; &#233;crire un livre sur rien, ce qui est aussi l'un des buts des Nouveaux Romanciers. &#034;Ce qui me semble le plus beau, ce que je voudrais faire, c'est un livre sur rien, un livre sans attache ext&#233;rieure, qui se tiendrait de lui-m&#234;me par la force interne de son style, comme la terre sans &#234;tre soutenue se tient en l'air, un livre qui n'aurait presque pas de sujet ou du moins o&#249; le sujet serait presque invisible si cela se peut. Les &#339;uvres les plus belles sont celles o&#249; il y a le moins de mati&#232;re ; plus l'expression se rapproche de la pens&#233;e, plus le mot colle dessus et dispara&#238;t, plus c'est beau. Je crois que l'avenir de l'art est dans ces voies &#034;, &#233;crit Flaubert &#224; Louise Colet en 1852.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Flaubert se met &#224; &#233;crire Bouvard et P&#233;cuchet, l'&#233;crivain est toujours hant&#233; par le vieux r&#234;ve de Madame Bovary, &#034;ce livre qui n'aurait presque pas de sujet&#034;. Le 5 octobre 1877, il indique &#224; Zola qu'il voudrait &#233;crire un texte o&#249; il ne trouverait &#034;aucun morceau, rien de brillant, et toujours la m&#234;me situation dont il faut varier les aspects.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Bouvard et P&#233;cuchet&lt;/i&gt; est un roman philosophique qui passe en revue presque toutes les sciences de l'&#233;poque. Ce livre narrativise les sciences. Il cr&#233;e un rapport entre le savoir et l'&#233;criture romanesque. Et c'est pourquoi elle reste moderne dans un temps o&#249; les rapports entre le savoir et le r&#233;cit sont remis en question, comme on peut le constater &#224; travers les &#339;uvres de Joyce, Borges ou Perec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas seulement dans &lt;i&gt;Bouvard et P&#233;cuchet&lt;/i&gt; qu'on retrouve les premi&#232;res traces du Nouveau Roman, presque tous les livres de Flaubert en comprennent les rep&#232;res. D'ailleurs, il y a une circularit&#233; du sens chez Flaubert et des points communs jalonnent tous ses ouvrages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'apparence des &#339;uvres, il y a tout d'abord une ressemblance entre les noms de Bouvard et de Bovary. &#034;Cette ressemblance est accentu&#233;e par le fait que Flaubert avait obtenu celui de Bovary en &#034; d&#233;naturant celui de Bouvaret&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='Pr&#233;face de Queneau ; ajout&#233; &#224; l'ouvrage Bouvard et P&#233;cuchet, Edition pr&#233;sent&#233;e (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une autre ressemblance r&#233;side dans le soin apport&#233; au style par Flaubert, tr&#232;s visible par exemple dans les descriptions d&#233;taill&#233;es et minutieuses, qui constituent un autre &#233;l&#233;ment commun de ses livres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnages principaux de Flaubert sont souvent des anti-h&#233;ros. Ainsi Bouvard et P&#233;cuchet, de m&#234;me qu'Emma et Charles, sont souvent ridiculis&#233;s par l'auteur. Ces personnages paraissent parfois imb&#233;ciles et &#233;chouent dans presque toutes leur entreprise. De plus, orgueilleux, ces personnages, tels Madame Bovary ou Bouvard et P&#233;cuchet, m&#233;prisent leur entourage. &#034; J'&#233;tais fait pour &#234;tre auteur, et ne pas m'enterrer &#224; la campagne ! &#034; disait Bouvard. Autre ressemblance entre Madame Bovary et Bouvard et P&#233;cuchet : elle se lance dans diverses entreprises : l'adult&#232;re, la d&#233;votion et la grammaire italienne, avec la m&#234;me l&#233;g&#232;ret&#233; et l'absence de m&#233;thode s&#233;rieuse que les deux bonshommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre point commun entre ces deux livres : dans tous les deux, il y a un d&#233;calage important entre la soci&#233;t&#233; r&#234;v&#233;e des personnages et la soci&#233;t&#233; r&#233;elle. Bouvard et P&#233;cuchet s'imaginent s'installer dans un village de r&#234;ve lorsqu'ils d&#233;m&#233;nagent &#224; Chavignolles, antipode de la capitale. Ils croient d&#233;couvrir une utopie, o&#249; les habitants conservent leur individualit&#233; et sont prot&#233;g&#233;s contre les masses citadines. En r&#233;alit&#233;, la soci&#233;t&#233; Chavignolles n'est en rien id&#233;ale ; il s'y trouve bel et bien une foule uniformis&#233;e, la m&#234;me que l'on retrouve partout. Ce village d&#233;cevra donc forc&#233;ment les deux h&#233;ros de la vie et du monde provinciaux, de la m&#234;me mani&#232;re qu'ils furent jadis d&#233;&#231;us de la grande ville. Mais la soci&#233;t&#233; r&#234;v&#233;e d'Emma est bien diff&#233;rente de celle de Bouvard et de son ami. Emma r&#234;ve d'aller &#224; Paris, de vivre dans une grande ville tandis que Bouvard et P&#233;cuchet r&#234;vent d'aller &#224; la campagne et vivre loin de la foule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Bouvard et P&#233;cuchet&lt;/i&gt;, ainsi que dans &lt;i&gt;Madame Bovary&lt;/i&gt;, la lecture joue un r&#244;le important. A chaque fois qu'ils entreprennent un nouveau domaine, Bouvard et P&#233;cuchet se r&#233;f&#232;rent aux livres. Madame Bovary construit sa vie id&#233;ale &#224; travers les livres qu'elle lit et ses lectures au couvent jouent un r&#244;le important dans sa vie. En fait, dans &lt;i&gt;Madame Bovary&lt;/i&gt;, &#224; travers la vie d'Emma et ses lectures, Flaubert critique la litt&#233;rature romantique ; ce qu'on voit aussi dans &lt;i&gt;Bouvard et P&#233;cuchet&lt;/i&gt;, dans le chapitre consacr&#233; &#224; la litt&#233;rature. &#034; Les &#233;crivains, [dit monsieur Faverges] nous peignent le vice sous des couleurs flatteuses.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut trouver l'id&#233;e m&#234;me du bovarysme dans &lt;i&gt;Bouvard et P&#233;cuchet&lt;/i&gt; : &#224; chaque fois qu'ils se lancent dans une nouvelle entreprise, mais aussi au travers de la soif de connaissance et d'exp&#233;riences qui pousse &#224; l'action les deux bonhommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;Bouvard conna&#238;t d'autre part, le m&#234;me ancrage historique que L'Education sentimentale : la r&#233;volution de 1848. Le th&#232;me g&#233;n&#233;ral est de nouveau celui des &#034; ann&#233;es d'apprentissage&lt;/i&gt;&#034; ; mais il s'est d&#233;plac&#233;, en ce sens que les deux hommes commencent leur &#233;ducation &#224; l'&#226;ge o&#249; l'on cesse toute activit&#233; : retournement qui fait partie de la farce qu'est &lt;i&gt;Bouvard&lt;/i&gt;. Le r&#233;sultat, pourtant, est identique : un constat d'&#233;chec, qui s'accompagne d'un retour au pass&#233;, aux temps heureux d'avant le d&#233;but du r&#233;cit ; Fr&#233;d&#233;ric et Deslauriers se rappellent une aventure de leur adolescence comme &#034;ce [qu'ils ont] eu de meilleur&#034;, Bouvard et P&#233;cuchet retournent &#224; l'occupation qu'ils avaient abandonn&#233;e avec tant de joie au premier chapitre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, c'est avec &lt;i&gt;La Tentation de saint Antoine&lt;/i&gt; que ce roman posthume entretient les rapports les plus &#233;troits et les plus &#233;vidents. M&#234;me encyclop&#233;disme, m&#234;me but n&#233;gatif ; m&#234;me conception d'un &#034; livre fait de livres &#034;, et qui illustre le drame de la croyance aux livres, l'inad&#233;quation des livres et du monde ; m&#234;me mise en &#339;uvre d'abstractions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;Tous les livres de Flaubert sont sceptiques, n&#233;gatifs. Il s'emploie du monde mais, comme le dit Jean-paul Sartre, c'est pour le d&#233;truire. Madame Bovary, par exemple, renvoie dos &#224; dos la science et la religion. Avec Bouvard, la tendance est &#233;videmment port&#233;e &#224; l'extr&#234;me : Flaubert s'attaque aux sciences et aux syst&#232;mes de pens&#233;e ; aux lieux communs : opinions re&#231;ues (Dictionnaire), id&#233;es chic, int&#233;r&#234;ts populaires (catalogue des opinions chic) ; aux bourdes individuelles (sottisier). Mais surtout, les moyens changent, et la port&#233;e du livre en m&#234;me temps.&lt;/i&gt; &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de Bouvard et P&#233;cuchet, bien qu'elle soit une revue des sciences de l'&#233;poque, est une histoire de tous les jours qui gardera &#224; jamais sa place comme une des grandes &#339;uvres de la litt&#233;rature fran&#231;aise. Le 6 avril 1881, Maupassant &#233;crit dans le journal &lt;i&gt;Gaulois : &#034;Je revois [dans ce livre] l'antique fable de Sisyphe : ce sont deux Sisyphes modernes et bourgeois qui tentent sans cesse l'escalade de cette pierre de la compr&#233;hension qui sans cesse roule et retombe. Mais eux, &#224; la fin, haletants, d&#233;courag&#233;s, s'arr&#234;tent, et, tournant le dos &#224; la montagne, se font un si&#232;ge de leur rocher.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie :&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; FLAUBERT, Gustave, &lt;i&gt;Bouvard et P&#233;cuchet&lt;/i&gt;, Edition pr&#233;sent&#233;e et &#233;tablie par Claudine Gothot-Mersch, Gallimard, 1979.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; FLAUBERT, Gustave, &lt;i&gt;Madame Bovary&lt;/i&gt;, Pr&#233;face et notice de Maurice Nadeau, Gallimard, 1972.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; LEMAITRE, Henri, &lt;i&gt;Dictionnaire Bordas de litt&#233;rature fran&#231;aise&lt;/i&gt;, Bordas, 1994.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;i&gt;Le magazine litt&#233;raire, (les vies de &lt;b&gt;Madame Bovary&lt;/b&gt;, la nouvelle jeunesse du roman de Flaubert)&lt;/i&gt;, N&#176;458, Novembre 2006. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Sous la direction de MITTERANF, Henry, &lt;i&gt;Dictionnaire des grandes &#339;uvres de la litt&#233;rature fran&#231;aise&lt;/i&gt;, Robert, 1999.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;a href=&#034;http://pagesperso-orange.fr/jb.guinot/pages/oeuvres9.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://pagesperso-orange.fr/jb.guinot/pages/oeuvres9.html&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;a href=&#034;http://flaubert.univ-rouen.fr/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://flaubert.univ-rouen.fr/&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;a href=&#034;http://pagesperso-orange.fr/jb.guinot/pages/bouvardGM.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://pagesperso-orange.fr/jb.guinot/pages/bouvardGM.html&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1686643440' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;a href=&#034;http://www.tribunes.com/tribune/alliage/37-38/cohen.htm&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.tribunes.com/tribune/alliage/37-38/cohen.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Bouvard et P&#233;cuchet vus par Guy de Maupassant&lt;/i&gt;, article publi&#233; dans &lt;i&gt;Le Gaulois&lt;/i&gt;, le 6 avril 1881.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tir&#233; de l'introduction de &lt;i&gt;Bouvard et P&#233;cuchet&lt;/i&gt;, Edition pr&#233;sent&#233;e et &#233;tablie par Claudine Gothot-Mersch, Gallimard, 1979.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean Ricardou, &lt;i&gt;Pour une th&#233;orie du nouveau roman&lt;/i&gt;, Paris, Edition du Seuil, 1971, p. 235.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Autour de &#034;&lt;i&gt;Bouvard et P&#233;cuchet&lt;/i&gt;&#034;, chap. III.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Pr&#233;face de Queneau&lt;/i&gt; ; ajout&#233; &#224; l'ouvrage &lt;i&gt;Bouvard et P&#233;cuchet&lt;/i&gt;, Edition pr&#233;sent&#233;e et &#233;tablie par Claudine Gothot-Mersch, Gallimard, 1979.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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