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	<title>La Revue de T&#233;h&#233;ran | Iran </title>
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	<description>Iran | Mensuel culturel iranien en langue fran&#231;aise | Histoire de l'Iran, Art iranien, Culture iranienne, Traditions iraniennes, Litt&#233;rature persane, Langue fran&#231;aise en Iran,</description>
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		<title>La Revue de T&#233;h&#233;ran | Iran </title>
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		<title>Les incontournables de la table iranienne</title>
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		<dc:date>2010-08-24T03:09:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Afs&#226;neh Pourmaz&#226;heri</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;L'art culinaire iranien est l'un des &#233;l&#233;ments culturels qui rend particuli&#232;rement bien compte de la subtilit&#233; de la culture proprement dite iranienne. La table color&#233;e est en elle-m&#234;me assez parlante. Elle offre une grande diversit&#233; d'aliments, de plats, de desserts, de condiments et d'accompagnements. Diff&#233;rents genres de soupes, de rago&#251;ts, de riz, de pains, de sirops, etc. sont l&#224; pour rendre compte des pratiques culinaires des Iraniens des si&#232;cles pass&#233;s, et de leurs techniques pour enrichir, toujours plus, leurs recettes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, les principaux mets de la cuisine iranienne peuvent &#234;tre divis&#233;s en plusieurs cat&#233;gories :&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique163" rel="directory"&gt;N&#176; 57, ao&#251;t 2010&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH113/arton1244-c25a7.jpg&quot; width='150' height='113' style='height:113px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_4104 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L415xH336/1244-1-a9b17.jpg' width='415' height='336' alt='JPEG - 57.7 ko' style='height:336px;width:415px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Une table iranienne&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;L'art culinaire iranien est l'un des &#233;l&#233;ments culturels qui rend particuli&#232;rement bien compte de la subtilit&#233; de la culture proprement dite iranienne. La table color&#233;e est en elle-m&#234;me assez parlante. Elle offre une grande diversit&#233; d'aliments, de plats, de desserts, de condiments et d'accompagnements. Diff&#233;rents genres de soupes, de rago&#251;ts, de riz, de pains, de sirops, etc. sont l&#224; pour rendre compte des pratiques culinaires des Iraniens des si&#232;cles pass&#233;s, et de leurs techniques pour enrichir, toujours plus, leurs recettes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, les principaux mets de la cuisine iranienne peuvent &#234;tre divis&#233;s en plusieurs cat&#233;gories : les &lt;i&gt;&#226;shs&lt;/i&gt; (sortes de soupe &#233;paisse), les &lt;i&gt;&#226;bgoushts&lt;/i&gt; (viande cuite &#224; l'eau avec des c&#233;r&#233;ales, des fines herbes, des pommes de terre et des oignons), les &lt;i&gt;koukous&lt;/i&gt; (recettes &#224; base d'herbes, d'&#233;pinards, d'aubergines, de courgettes, de choux, etc. m&#233;lang&#233;s et battus avec des &#339;ufs et cuits sous forme d'omelettes), les &lt;i&gt;dolmehs&lt;/i&gt; (diff&#233;rentes sortes de l&#233;gumes farcis), les &lt;i&gt;sh&#226;mis&lt;/i&gt;, les &lt;i&gt;kouftehs&lt;/i&gt;, les &lt;i&gt;polows&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;chelows&lt;/i&gt; (riz cuits et servis sous diverses formes), les &lt;i&gt;khoreshts&lt;/i&gt; (rago&#251;ts ou sauces servis avec du riz), les &lt;i&gt;kab&#226;bs&lt;/i&gt;, les &lt;i&gt;bor&#226;nis&lt;/i&gt; (l&#233;gumes cuits servis normalement avec du yaourt), les accompagnements et les condiments comme les &lt;i&gt;torchis&lt;/i&gt; (des l&#233;gumes ou fricass&#233;es de l&#233;gumes au vinaigre), les desserts, les p&#226;tisseries et les sirops. On retrouve souvent une telle diversit&#233; culinaire dans les pays chauds o&#249; le climat a toujours incit&#233; les populations &#224; innover en imaginant des mets plus go&#251;teux les uns que les autres. C'est cette m&#234;me logique qui, en Europe m&#233;diterran&#233;enne, en Asie de l'est et en Asie centrale, mais aussi en Am&#233;rique du sud, a pu rendre c&#233;l&#232;bre un grand nombre de plats &#224; travers le monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4105 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH362/1244-2-27972.jpg' width='336' height='362' alt='JPEG - 56 ko' style='height:362px;width:336px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:336px;'&gt;&lt;strong&gt;&#194;sh-e reshteh (sorte de soupe &#233;paisse)&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Iran ancien d&#233;j&#224;, les ustensiles de cuisines faisaient partie des &#233;l&#233;ments indispensables de la dot d'une jeune fille au moment de son mariage. La meilleure fa&#231;on (disait-on, et continue-t-on &#224; dire) d'accueillir l'homme fatigu&#233; qui rentre &#224; la maison apr&#232;s une &#233;reintante journ&#233;e de travail &#233;tait de lui pr&#233;parer une table agr&#233;ment&#233;e de multiples et succulents repas. Le choix des ingr&#233;dients et leur m&#233;lange n'&#233;tait pas uniquement effectu&#233; en fonction de leur go&#251;t. Fournir assez d'&#233;nergie pour le reste de la journ&#233;e et poss&#233;der certaines vertus curatives &#233;taient et restent &#233;galement des crit&#232;res qui orientent les choix des cuisini&#232;res iraniennes.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4106 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L382xH336/1244-3-75bb5.jpg' width='382' height='336' alt='JPEG - 46.3 ko' style='height:336px;width:382px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Le chelow-kab&#226;b&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Concernant l'origine de la cr&#233;ation des repas iraniens, compte tenu de la diversit&#233; et de la richesse r&#233;gionale de chaque repas, il nous faudra uniquement nous contenter, pour cet article, d'&#233;voquer celles des sp&#233;cialit&#233;s les plus appr&#233;ci&#233;es de la cuisine iranienne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout d'abord, le riz est un &#233;l&#233;ment indispensable de la table iranienne, et sa pr&#233;sence dans un menu de r&#233;ception est une obligation. La d&#233;couverte du riz remonte &#224; sept mille ans. Il entra en Iran &#224; une &#233;poque tr&#232;s ancienne. Il provenait d'Asie du sud-est et fut tr&#232;s t&#244;t cultiv&#233; par les Iraniens eux-m&#234;mes, notamment sous les Ach&#233;m&#233;nides, dans les r&#233;gions du nord de l'Iran o&#249; le climat convient particuli&#232;rement &#224; la culture des rizi&#232;res. Si le riz est tellement pris&#233; en Iran, c'est sans doute en raison de la situation g&#233;ographique du pays. Petit &#224; petit, cet &#233;l&#233;ment important fut produit en grande quantit&#233; et prit la premi&#232;re place sur la liste des aliments consomm&#233;s en Iran. Bien que cultiv&#233; uniquement dans le nord du pays, le grain blanc devint tr&#232;s t&#244;t populaire partout en Iran et s'invita &#224; toutes les tables iraniennes en adoptant diff&#233;rentes formes, et en s'adaptant au go&#251;t et au temp&#233;rament r&#233;gional de chaque r&#233;gion du pays. Il est ainsi cuit de diff&#233;rentes mani&#232;res en fonction des r&#233;gions. Dans le nord de l'Iran, notamment dans le Guil&#226;n et le M&#226;zandar&#226;n, le &lt;i&gt;kateh&lt;/i&gt; est tr&#232;s &#224; la mode est consiste en un plat de riz bouilli auquel on rajoute du beurre et du sel jusqu'&#224; ce que toute l'eau se soit &#233;vapor&#233;e. Ce mode de cuisson est le plus facile &#224; r&#233;aliser, mais il n'est &#233;videmment pas le seul. Il y a d'autres mani&#232;res, plus d&#233;licates, de pr&#233;parer le riz notamment sous forme de &lt;i&gt;chelow-kab&#226;b&lt;/i&gt;, de &lt;i&gt;polow&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;dami&lt;/i&gt;. Ce n'est que depuis quelques d&#233;cennies que le riz se trouve dans toutes les r&#233;gions et de tous les foyers iraniens, contrairement &#224; autrefois o&#249; il existait des difficult&#233;s d'approvisionnement. Aujourd'hui il est distribu&#233; partout en Iran et il est &#233;galement export&#233; vers d'autres pays, notamment ceux o&#249; habitent de nombreux expatri&#233;s iraniens. Le riz cuit sous forme de &lt;i&gt;chelow-kab&#226;b&lt;/i&gt; est normalement servi avec du &lt;i&gt;kab&#226;b&lt;/i&gt;. Le &lt;i&gt;chelow-kab&#226;b&lt;/i&gt; iranien qui est le seul repas omnipr&#233;sent dans n'importe quel restaurant iranien, est n&#233; &#224; l'&#233;poque q&#226;dj&#226;re. La culture culinaire incluant conjointement les produits de la chasse et de la &#171; cueillette &#187;, c'est-&#224;-dire la viande et des produits agricoles a toujours exist&#233; en Iran. Cependant, c'est &#224; partir de l'&#233;poque safavide que l'on commen&#231;a &#224; griller la viande et &#224; la consommer avec du riz. Auparavant, ces deux &#233;l&#233;ments n'&#233;taient jamais servis ensemble de cette mani&#232;re. A l'&#233;poque q&#226;dj&#226;re, cette combinaison adopta son nom actuel de &lt;i&gt;chelow-kab&#226;b&lt;/i&gt; gr&#226;ce &#224; Ghol&#226;mhossein Kh&#226;n N&#226;yeb (et &#224; son fils Ali Khan N&#226;eb), restaurateur proche du dauphin et futur roi N&#226;ssereddin Mirz&#226; &#224; Tabriz. Pendant sa r&#233;gence, N&#226;sseredin Mirz&#226; avait appris &#224; appr&#233;cier ce nouveau plat et apr&#232;s son accession au tr&#244;ne, il appela le restaurateur &#224; T&#233;h&#233;ran. Ce fut donc &#224; la cour de N&#226;sseredin Sh&#226;h que le &lt;i&gt;chelow-kab&#226;b &lt;/i&gt;acquit ses lettres de noblesse, &#224; la faveur des courtisans et des bourgeois de l'&#233;poque. Quand Ali Khan N&#226;yeb fut chass&#233; de la cour en raison de probl&#232;mes internes, pour affirmer sa fid&#233;lit&#233; et son amiti&#233; &#224; son ancien ami le roi N&#226;ssereddin Sh&#226;h, il ouvrit un restaurant &#224; proximit&#233; du palais du Golest&#226;n, dans le quartier du bazar. Cet &#233;tablissement ne servait que du &lt;i&gt;chelow-kab&#226;b&lt;/i&gt;. Apr&#232;s N&#226;yeb, d'autres amateurs de ce plat d&#233;licieux ouvrirent leur propre restaurant de &lt;i&gt;chelow-kab&#226;b&lt;/i&gt;. Aujourd'hui, le &lt;i&gt;chelow-kab&#226;b &lt;/i&gt;est le mets le plus r&#233;pandu des restaurants iraniens et il en est ainsi sur tout le territoire iranien.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4107 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH250/1244-4-fd2b1.jpg' width='448' height='250' alt='JPEG - 41.7 ko' style='height:250px;width:448px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Le kalleh-p&#226;tcheh&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Quant au petit-d&#233;jeuner, le mets qui le symbolise le plus dans la culture traditionnelle de l'Iran est sans doute le &lt;i&gt;kalleh-p&#226;tcheh &lt;/i&gt;(bouillon de t&#234;te et de pattes de mouton), repas lourd que l'on d&#233;guste de tr&#232;s bon matin, avant le lever du soleil dans les &lt;i&gt;kalleh-pazi &lt;/i&gt;(restaurant sp&#233;cialis&#233;), ouverts d&#232;s trois heures du matin. C'est &#224; l'&#233;poque q&#226;dj&#226;re que la mode de ce mets s'est r&#233;pandue. Il &#233;tait alors r&#233;serv&#233; aux classes ais&#233;es de la soci&#233;t&#233;. A l'&#233;poque, les amateurs de ce repas se rendaient dans les &lt;i&gt;kalleh-pazi&lt;/i&gt; avec leur pain pr&#233;f&#233;r&#233; sous le bras (g&#233;n&#233;ralement du pain sangak, cuit &#224; m&#234;me la pierre). Le chef leur servait alors une portion de bouillon (c'est-&#224;-dire le bouillon dans lequel la t&#234;te et les pieds de mouton venaient de mijoter) dans laquelle on faisait tremper le pain.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4108 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L379xH336/1244-5-a7101.jpg' width='379' height='336' alt='JPEG - 65.6 ko' style='height:336px;width:379px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Morassa' polow&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Si le client &#233;tait un homme important, le chef trempait pour lui ses morceaux de pain, et ajoutait &#224; l'ensemble du beurre et un petit morceau de cervelle. Le client passait ensuite aux parties principales du &lt;i&gt;kalleh-p&#226;tcheh,&lt;/i&gt; c'est-&#224;-dire la langue, les yeux et les oreilles, saupoudr&#233;es au pr&#233;alable de cannelle et d'huile. Les plus riches avaient les moyens de profiter de ce plat d&#233;licieux mais les plus pauvres devaient se limiter au bouillon. Quant au pain sangak, il n'&#233;tait pas r&#233;serv&#233; aux riches : tous les l&#232;ve-t&#244;t avaient droit au d&#233;licieux pain, incrust&#233; de grains de s&#233;same avec parfois des cailloux rest&#233;s coll&#233;s au pain. Bien &#233;videmment, on peut &#233;galement citer le petit d&#233;jeuner plus classique et l&#233;ger qui consiste en fromage, confitures, th&#233;, et beurre (de pr&#233;f&#233;rence avec du sangak chaud ou du barbari).&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4109 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L415xH336/1244-6-a4b7d.jpg' width='415' height='336' alt='JPEG - 36.4 ko' style='height:336px;width:415px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Le yaourt&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le pain est un &#233;l&#233;ment important de la gastronomie iranienne. En Iran, son origine remonte &#224; 3700 ans. Dans les inscriptions &#233;lamites le mot &lt;i&gt;tonir&lt;/i&gt; (d&#233;crypt&#233; par Jean Bottero professeur de fran&#231;ais &#224; l'Universit&#233; de Yale) signifiait &#171; tanour &#187;, c'est-&#224;-dire four. Ceux-ci avaient normalement la forme de grands trous am&#233;nag&#233;s, au fond desquels rougeoyait le charbon de bois. On retrouve encore les m&#234;mes am&#233;nagements dans les provinces iraniennes. Il y a diff&#233;rentes formes de pain, notamment le lav&#226;sh, le babari, le t&#226;ftoun et le sangak. La particularit&#233; du sangak est sa p&#226;te et son mode de cuisson, effectu&#233; dans des fours remplis de cailloux br&#251;lants. Le document le plus ancien faisant allusion au sangak est le dictionnaire &lt;i&gt;Borh&#226;n-e Gh&#226;teh&lt;/i&gt; r&#233;dig&#233; en 1683 par Khalaf Tabrizi. Le sangak y est ainsi d&#233;fini : &#171; un pain cuit sur des cailloux br&#251;lants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4110 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L427xH336/1244-7-91084.jpg' width='427' height='336' alt='JPEG - 47.7 ko' style='height:336px;width:427px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Le torshi d'aubergine&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Dans le calendrier du comit&#233; des boulangers iraniens r&#233;dig&#233; le 10 mai 1947 &#224; T&#233;h&#233;ran, une petite histoire attire l'attention. &#171; Sh&#226;h Abb&#226;s le Grand, roi safavide, avait not&#233;, au cours de ses exp&#233;ditions militaires, le manque de nourriture, notamment de pain, au sein de ses troupes. Il consulta l'&#233;lite de sa cour pour trouver un moyen de fournir le pain n&#233;cessaire en un minimum de temps. Sheikh Bah&#226;&#239;, l'un des hommes les plus sages de la cour safavide, lui proposa de construire des fours que l'on remplirait de cailloux br&#251;lants, afin de pouvoir y introduire en m&#234;me temps plusieurs morceaux de p&#226;te. La r&#233;alisation de son projet aboutit &#224; la cr&#233;ation de grandes boulangeries de pain sangak, appel&#233;es sangakis&quot;. Cette histoire n'est &#233;videmment pas la seule histoire concernant l'origine du sangak. D'autres r&#233;cits de ce type sont colport&#233;s avec verve par les boulangers eux-m&#234;mes qui ne tarissent pas d'&#233;loge sur leur m&#233;tier (h&#233;r&#233;ditaire en Iran). La cuisson du pain a toujours eu une dimension sacr&#233;e, bien au-del&#224; de son aspect mat&#233;riel. C'est pourquoi m&#234;me dans les situations les plus difficiles, les boulangers n'abandonnaient pas leur travail. Le pain est d'ailleurs une affaire d'Etat, puisque les politiques se devaient de veiller &#224; la qualit&#233; et au prix des pains. L'un des exemples toujours &#233;voqu&#233; est la terrible anecdote de Rez&#226; Sh&#226;h jetant un boulanger dans son propre four pour la simple raison que ce dernier avait n&#233;glig&#233; les normes de cuisson et de pr&#233;paration du pain d&#233;finies par le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4111 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L437xH336/1244-8-a2015.jpg' width='437' height='336' alt='JPEG - 44.2 ko' style='height:336px;width:437px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Le torshi de betterave &lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Quant aux accompagnements pr&#233;f&#233;r&#233;s des tables iraniennes, les &lt;i&gt;torshi &lt;/i&gt;(cit&#233;s plus haut) et surtout le yaourt occupent la premi&#232;re place. L'honneur de la d&#233;couverte du yaourt revient aux habitants du plateau iranien. Il a &#233;t&#233; pr&#233;sent &#224; la table des Pharaons, des Arabes, des Grecs, des Romains, des Indiens, etc. Les Indiens de l'Antiquit&#233; m&#233;langeaient yaourt et du miel pour obtenir un breuvage qu'ils appelaient le &#171; repas des dieux &#187;. Plusieurs versions expliquent l'apparition du yaourt en Iran. Apparemment, il fut d&#233;couvert par hasard dans des outres par des caravaniers qui utilisaient parfois du lait au lieu de l'eau pour se d&#233;salt&#233;rer sur les routes. Au Moyen-Orient, le climat chaud offre des conditions optimales &#224; la production du yaourt. En Iran, le yaourt est normalement utilis&#233; comme accompagnement mais parfois, dans la chaleur d'&#233;t&#233;, on y ajoute des raisins, des carr&#233;s de concombre, des gla&#231;ons, des noix et des fines herbes et finalement de l'eau, pour en faire un excellent et surtout rafra&#238;chissant encas estival.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4112 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L344xH336/1244-9-bb199.jpg' width='344' height='336' alt='JPEG - 57 ko' style='height:336px;width:344px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:344px;'&gt;&lt;strong&gt;Koukou-e sabzi&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;La liste des plats ou aliments incontournables de la table iranienne est tr&#232;s longue. Les quelques exemples pr&#233;sent&#233;s ci-dessus suffisent cependant pour illustrer le fait que derri&#232;re chacun de ces &#233;l&#233;ments (comme partout ailleurs) se cache souvent une anecdote int&#233;ressante qui d&#233;voile le savoir faire, la culture populaire, mais aussi, la capacit&#233; des populations iraniennes &#224; s'adapter &#224; leur milieu naturel. La cuisine iranienne n'est malheureusement pas suffisamment connue &#224; travers le monde. Ses recettes sont souvent confondues avec d'autres recettes orientales ou extr&#234;me orientales comme la chinoise ou l'indienne. C'est pourquoi elle n'est jamais parvenue, au niveau international, &#224; &#234;tre reconnue &#224; sa juste mesure. La cuisine de chaque soci&#233;t&#233; est, c'est une &#233;vidence, le reflet parlant de sa culture, et nous esp&#233;rons que la cuisine iranienne arrivera un jour &#224; occuper le devant de la sc&#232;ne culinaire, et qu'elle r&#233;ussira &#224; v&#233;hiculer aussi bien que les autres arts persans les valeurs et les beaut&#233;s de la culture iranienne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;Bibliographie :&lt;/b&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Khalili Batmanghelitch, Nadjmieh, &lt;i&gt;Noush-e J&#226;n&lt;/i&gt; (Bon app&#233;tit), Ed. Yass&#226;voli, T&#233;h&#233;ran, 2005.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Ringgenberg, Patrick, &lt;i&gt;Guide culturel de l'Iran&lt;/i&gt;, &#233;d. Rozaneh, T&#233;h&#233;ran, 2005.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quelques recettes et sp&#233;cialit&#233;s locales iraniennes</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article1241</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article1241</guid>
		<dc:date>2010-08-24T03:09:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Monireh Borh&#226;ni</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;G&#233;n&#233;ralement, chaque ville iranienne a ses propres sp&#233;cialit&#233;s. Leurs ingr&#233;dients t&#233;moignent de la g&#233;ographie, tandis que leurs saveurs et couleurs soulignent les go&#251;ts culinaires et esth&#233;tiques des Iraniens. Les diff&#233;rentes recettes sont associ&#233;es aux &#233;v&#233;nements comme les naissances, mariages, fun&#233;railles, et de nombreuses autres c&#233;r&#233;monies et rituels. Les traditions culinaires sont aussi &#233;troitement li&#233;es avec l'histoire iranienne et sa religion. La cuisine iranienne est un aspect essentiel de la vie et de la culture iranienne. Elle est r&#233;put&#233;e pour ses plats &#224; base de riz, de soupes &#233;paisses et de rago&#251;ts (&lt;i&gt;khoresht&lt;/i&gt;) copieux.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique163" rel="directory"&gt;N&#176; 57, ao&#251;t 2010&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH114/arton1241-d186b.jpg&quot; width='150' height='114' style='height:114px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;G&#233;n&#233;ralement, chaque ville iranienne a ses propres sp&#233;cialit&#233;s. Leurs ingr&#233;dients t&#233;moignent de la g&#233;ographie, tandis que leurs saveurs et couleurs soulignent les go&#251;ts culinaires et esth&#233;tiques des Iraniens. Les diff&#233;rentes recettes sont associ&#233;es aux &#233;v&#233;nements comme les naissances, mariages, fun&#233;railles, et de nombreuses autres c&#233;r&#233;monies et rituels. Les traditions culinaires sont aussi &#233;troitement li&#233;es avec l'histoire iranienne et sa religion. La cuisine iranienne est un aspect essentiel de la vie et de la culture iranienne. Elle est r&#233;put&#233;e pour ses plats &#224; base de riz, de soupes &#233;paisses et de rago&#251;ts (&lt;i&gt;khoresht&lt;/i&gt;) copieux. Les Iraniens utilisent &#233;galement de nombreuses vari&#233;t&#233;s d'herbes, &#233;pices et fruits secs pour donner davantage de saveur de leurs aliments. Nous pr&#233;sentons ici quelques exemples de recettes iraniennes traditionnelles locales :&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le beryouni, sp&#233;cialit&#233; d'Ispahan&lt;/h3&gt;
&lt;dl class='spip_document_4092 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH354/1241-1-df903.jpg' width='336' height='354' alt='JPEG - 47.6 ko' style='height:354px;width:336px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:336px;'&gt;&lt;strong&gt;Le beryouni&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Ce plat est pr&#233;par&#233; avec de la viande de mouton ou d'agneau qui est hach&#233;e puis cuite dans une petite po&#234;le sp&#233;ciale de forme ovale sur le feu. Le beryouni se mange g&#233;n&#233;ralement avec du pain lav&#226;sh ou t&#226;ftoun.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ingr&#233;dients :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 1 kg d'&#233;paule et de c&#244;tes de mouton
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Un gros oignon
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Quelques pinc&#233;es de cannelle, de safran, de sel, de curcuma et de poivre
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Quelques pinc&#233;es de menthe s&#232;che en poudre
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Pistaches et amandes en lamelle pour la d&#233;coration&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Coupez la viande en morceaux et faites-la cuire dans l'eau pendant 45 minutes &#224; feu doux avec l'oignon &#233;minc&#233;, du sel et du curcuma. Retirez la viande et gardez l'eau de cuisson. Hachez la viande cuite et m&#233;langez-la avec de la menthe 2 fois. Ajoutez 2 cuill&#233;r&#233;es de l'eau de cuisson, puis p&#233;trissez bien le tout &#224; la main. Go&#251;tez ensuite le m&#233;lange obtenu. Mettez la po&#234;le ovale sur le feu, versez-y une pinc&#233;e de cannelle, de safran, de poivre et un peu d'eau de cuisson. Ensuite, faites des boulettes de viande avec le m&#233;lange de viande et de menthe, mettez-les sur la po&#234;le et aplatissez-les avec la main. Apr&#232;s quelques minutes, retirez-les de la po&#234;le et disposez-les sur des morceaux de pain que vous aurez auparavant graiss&#233;s avec l'eau de cuisson. D&#233;corez le tout avec quelques pistaches et amandes &#233;minc&#233;es et un peu de safran par-dessus.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le koufteh, sp&#233;cialit&#233; de Tabriz&lt;/h3&gt;
&lt;dl class='spip_document_4093 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH334/1241-2-15a73.jpg' width='448' height='334' alt='JPEG - 51.7 ko' style='height:334px;width:448px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Le koufteh&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Ingr&#233;dients :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 500 gr de viande hach&#233;e (hachez 2 fois)
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Une tasse de pois cass&#233;s cuits (&lt;i&gt;lapeh&lt;/i&gt;)
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 2 cuill&#233;r&#233;es &#224; soupe de concentr&#233; de tomates (&lt;i&gt;robb-e godjeh&lt;/i&gt;)
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#189; tasse de riz demi-cuit
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 2 &#339;ufs
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#189; tasse d'oignon r&#226;p&#233;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#189; tasse de poireau (&lt;i&gt;tareh&lt;/i&gt;) et de sarriette (&lt;i&gt;marzeh&lt;/i&gt;) h&#226;ch&#233;s
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 2 cuill&#233;r&#233;es d'huile
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Quelques pinc&#233;es de sel, de curcuma et de poivre&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ingr&#233;dients pour l'int&#233;rieur du koufteh :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 2 cuill&#233;r&#233;es &#224; soupe d'oignon rissol&#233; et dor&#233;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#189; tasse de cerneaux de noix &#233;minc&#233;s
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 2 cuill&#233;r&#233;es d'&#233;pine-vinette (&lt;i&gt;zereshk&lt;/i&gt;)
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 1 ou 2 &#339;ufs durs
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 2 cuill&#233;r&#233;es &#224; soupe d'amandes &#233;minc&#233;es&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mettez &#224; tremper les pois cass&#233;s une nuit dans de l'eau fra&#238;che, puis faites-les bouillir durant 30 minutes. Dans un bol, m&#233;langez la viande hach&#233;e, l'oignon r&#226;p&#233;, la demi-tasse de poireau et de sarriette h&#226;ch&#233;s, les &#339;ufs, les pois cass&#233;s&lt;i&gt; &lt;/i&gt;cuits, ainsi que du riz &#224; demi-cuit, du sel, du curcuma et du poivre ; &#233;crasez le tout pendant 5 &#224; 6 minutes avec le &lt;i&gt;goushtkoub&lt;/i&gt; (petit pilon en bois ou en m&#233;tal servant &#224; &#233;craser la viande et les l&#233;gumes secs) jusqu'&#224; obtenir une p&#226;te collant. Faites-en une boule et ajoutez les ingr&#233;dients destin&#233;s &#224; l'int&#233;rieur du koufteh (voir ci-dessus). Humidifiez vos mains et arrondissez la boule.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans une casserole versez l'huile, faites dorer l'oignon et ajoutez le concentr&#233; de tomates (&lt;i&gt;rob-e godjeh&lt;/i&gt;), puis versez 3 verres d'eau o&#249; de bouillon ; mettez ensuite le &lt;i&gt;koufteh&lt;/i&gt; (la boule pr&#233;par&#233;e) dans la casserole. Laissez-le ensuite cuire &#224; feu mod&#233;r&#233;. (Laissez cuire sans couvrir pour que le &lt;i&gt;koufteh &lt;/i&gt;ne&lt;i&gt; &lt;/i&gt;se f&#234;le pas).&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Kalam polo (riz aux choux), sp&#233;cialit&#233; de Shir&#226;z&lt;/h3&gt;
&lt;dl class='spip_document_4094 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH286/1241-3-8b027.jpg' width='448' height='286' alt='JPEG - 52.6 ko' style='height:286px;width:448px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Kalam polo&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Ingr&#233;dients :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 500 gr de l&#233;gumes &#233;minc&#233;s (aneth (&lt;i&gt;shevid&lt;/i&gt;), poireau (&lt;i&gt;tareh&lt;/i&gt;), basilic (&lt;i&gt;reyh&#226;n&lt;/i&gt;) et persil (&lt;i&gt;ja'fari&lt;/i&gt;))
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 500 gr de riz
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 1 cuill&#233;r&#233;e &#224; th&#233; de curcuma
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Quelques pinc&#233;es de sel et de poivre
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Deux cuill&#233;r&#233;es d'huile
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 500 gr de chou blanc &#233;minc&#233;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 300 gr de viande hach&#233;e
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 1 oignon
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 1 petite cuill&#233;r&#233;e d'&#233;pices de riz (pilez &#188; tasse de rose et de cumin, &#189; tasse de cannelle et de gingembre, quelques pinc&#233;es de cardamome, de noix de muscade et de clous de girofle)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s avoir lav&#233; le riz, mettez-le &#224; tremper dans de l'eau tr&#232;s sal&#233;e pendant 3 heures. Dans une casserole, ajoutez quelques cuill&#233;r&#233;es de sel dans l'eau jusqu'&#224; ce qu'elle entre en &#233;bullition. Versez le riz &#233;goutt&#233; dans l'eau bouillante et laissez-le cuire sans couvrir 5 minutes &#224; feu fort, puis ajoutez les l&#233;gumes &#233;minc&#233;s. Apr&#232;s 1 minute, &#233;gouttez-les dans une passoire et rincez-les avec de l'eau ti&#232;de.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M&#233;langez &#224; la main la viande hach&#233;e et l'oignon r&#226;p&#233;, et ajoutez-y quelques pinc&#233;es de sel. Faites de petites boulettes (on les appelle en persan &lt;i&gt;kaleh gonjeshki&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire &quot;t&#234;te de moineau&quot;) avec vos mains ; faites-les rissoler dans un peu d'huile pendant quelques minutes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Versez un peu d'huile dans une po&#234;le et faites dorer l'oignon. Quand l'oignon est bien dor&#233;, ajoutez les choux &#233;minc&#233;s et laissez cuire pendant 10 &#224; 12 minutes &#224; feu mod&#233;r&#233; en ajoutant le curcuma, le sel, le poivre et les &#233;pices du riz.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mettez la casserole sur le feu. Versez-y de l'huile, puis &#233;talez en couches successives, le riz, le m&#233;lange d'oignon-choux et les petites boules. Avec une cuill&#232;re, donnez au riz une forme de c&#244;ne. Entourez le couvercle avec un tissu (en persan &lt;i&gt;damkoni&lt;/i&gt;) afin que l'humidit&#233; soit absorb&#233;e. Faites d'abord cuire &#224; feu fort, puis quand vous enlevez le couvercle et que la vapeur monte, laissez cuire &#224; feu tr&#232;s doux. Ce repas sera pr&#234;t en moins d'une heure.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le kolompeh, p&#226;tisserie de Kerm&#226;n&lt;/h3&gt;
&lt;dl class='spip_document_4095 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH324/1241-4-3643b.jpg' width='448' height='324' alt='JPEG - 46.5 ko' style='height:324px;width:448px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Le kolompeh&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Ingr&#233;dients :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 2 verres d'huile
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 5 verres de farine
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 2 jaunes d'&#339;ufs battus
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 1 verre de lait
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#189; cuill&#232;re &#224; th&#233; de levure chimique
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Quelques pinc&#233;es de s&#233;same pour la d&#233;coration&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ingr&#233;dients pour l'int&#233;rieur de la p&#226;tisserie :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 500 gr de dattes
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#189; verre d'huile
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Un peu d'eau de rose (gol&#226;b)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Battez les jaunes d'&#339;ufs. M&#233;langez l'huile et la farine. Puis ajoutez le lait, la levure chimique et les jaunes d'&#339;ufs battus. P&#233;trissez &#224; la main jusqu'&#224; ce que le m&#233;lange ne colle plus (il faut parfois bien refariner la main pour le p&#233;trissage). Laissez reposez 30 minutes. Saupoudrez la table de farine puis &#233;talez la p&#226;te avec un rouleau &#224; p&#226;tisserie jusqu'&#224; obtenir une &#233;paisseur de 5 millim&#232;tres. Ensuite, d&#233;coupez le tout en forme de petits cercles ronds de 10 cm de diam&#232;tre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enlevez la peau des dattes et d&#233;noyautez-les. Passez-les au mixeur et ajoutez &#189; verre d'huile et d'eau de rose. Prenez une noix du m&#233;lange de dattes, huile et eau de rose et disposez-la au milieu de chaque cercle de p&#226;te, puis mettez un autre cercle de p&#226;te au-dessus et pressez les bords avec la main afin de bien les faire adh&#233;rer. Appliquez l&#233;g&#232;rement un petit moule en forme d'&#233;toile (ou d'autres motifs) sur le dessus pour la d&#233;coration, puis terminez de garnir avec quelques pinc&#233;es de s&#233;same. Pr&#233;chauffez le four &#224; 180&#176;C et mettez le tout &#224; cuire au milieu du four environ 20 minutes.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Torsh kab&#226;b, sp&#233;cialit&#233; de Guil&#226;n&lt;/h3&gt;
&lt;dl class='spip_document_4096 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH321/1241-5-ade8c.jpg' width='448' height='321' alt='JPEG - 59.9 ko' style='height:321px;width:448px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Torsh kab&#226;b&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Ingr&#233;dients pour 2 ou 3 personnes :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 350 gr de filet de mouton
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 50 gr de cerneaux de noix &#233;minc&#233;s
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 1 cuill&#232;re de concentr&#233; de grenade (robb-e an&#226;r)
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 1 gros oignon
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 3 tomates
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 2 cuill&#233;r&#233;es de tchoutch&#226;gh (sorte de l&#233;gume parfum&#233; cultiv&#233; au nord de l'Iran) et de persil finement hach&#233; (si vous n'avez pas de tchoutch&#226;gh, le persil suffit)
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Quelques pinc&#233;es de sel&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour attendrir la viande, battez-la, coupez-la en morceaux et m&#233;langez-la avec l'oignon r&#226;p&#233;, la noix &#233;minc&#233;e, le concentr&#233; de grenade, le tchoutch&#226;gh et le persil. Couvrez l'ensemble et mettez-le au r&#233;frig&#233;rateur pendant 24 heures. Embrochez les morceaux de viande et de tomates et faites-les cuire au barbecue. Ce repas s'accompagne de riz ou de pain.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i&gt;Khoresht-e khal&#226;l-e b&#226;d&#226;m&lt;/i&gt; (rago&#251;t d'amandes en lamelles), sp&#233;cialit&#233; de Kerm&#226;nsh&#226;h&lt;/h3&gt;
&lt;dl class='spip_document_4097 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH327/1241-6-5a8bc.jpg' width='448' height='327' alt='JPEG - 55.4 ko' style='height:327px;width:448px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Khoresht-e khal&#226;l-e b&#226;d&#226;m&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Ingr&#233;dients pour 4 personnes :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 25 gr de beurre mou
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 300 gr de viande de mouton ou de veau
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 2 cuill&#233;r&#233;es d'huile
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 250 gr d'amandes en lamelles
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#190; verre d'&#233;pine-vinette (&lt;i&gt;zereshk&lt;/i&gt;)
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#189; verre de safran infus&#233;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#188; verre d'eau de rose (gol&#226;b)
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 2 cuill&#233;r&#233;es de concentr&#233; de tomates (&lt;i&gt;robb-e godjeh&lt;/i&gt;)
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Un oignon
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Un b&#226;ton de cannelle de 3 cm. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Quelques pinc&#233;es de sel et de curcuma&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans une casserole, mettez l'huile &#224; chauffer et dorez-y l'oignon &#233;minc&#233;. Ajoutez le curcuma puis saisissez la viande coup&#233;e, le sel et &lt;i&gt;robb-e godjeh&lt;/i&gt; pendant quelques minutes. Versez ensuite 3 verres d'eau et laissez cuire de 1&#224; 2 heures selon la viande &#224; feu mod&#233;r&#233; jusqu'&#224; ce que l'eau s'&#233;vapore.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mettez les amandes en lamelles &#224; tremper pendant 15 minutes dans de l'eau ti&#232;de. Egouttez-les et remettez-les &#224; tremper pendant 5 minutes dans le safran infus&#233;. Ensuite, ajoutez ces amandes et le b&#226;ton de cannelle au m&#233;lange de rago&#251;t et laissez cuire &#224; tout petit feu pendant une heure suppl&#233;mentaire. Apr&#232;s 30 minutes, ajoutez les &#233;pine-vinette, l'eau de rose et le beurre. A la fin, sortez le b&#226;ton de cannelle.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;Ghalieh M&#226;hi, sp&#233;cialit&#233; du Khouzest&#226;n&lt;/p&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;dl class='spip_document_4098 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L446xH336/1241-7-1edb6.jpg' width='446' height='336' alt='JPEG - 45.8 ko' style='height:336px;width:446px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Ghalieh M&#226;hi&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Ingr&#233;dients :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 500 gr de poisson sans ar&#234;tes
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 500 gr de coriandre (&lt;i&gt;geshniz&lt;/i&gt;) et de fenugrec (&lt;i&gt;shanbalileh&lt;/i&gt;)
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Un gros oignon
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 5 gousses d'ail
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 400 gr de tamarins (en persan : &lt;i&gt;tamr-e hendi&lt;/i&gt; signifiant &quot;dattes indiennes&quot;)
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Quelques pinc&#233;es de sel et de poivre
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 2 cuill&#233;r&#233;es de farine&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R&#226;pez l'oignon et l'ail, et dorez-les dans une po&#234;le. Coupez le poisson en morceaux. Faites frire la coriandre et le fenugrec, puis ajoutez les oignons et l'ail dor&#233;s, les morceaux de poisson, du sel et du poivre. Versez 1 verre d'eau et laissez cuire le poisson et les l&#233;gumes. Apr&#232;s 15 minutes, ajoutez les tamarins (d&#233;j&#224; d&#233;noyaut&#233;s) et la farine, puis baissez le feu et laissez cuire &#224; point.
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bon app&#233;tit !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Regard sur l'&#233;mergence des premiers restaurants iraniens : les ghahveh-kh&#226;neh</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article1243</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article1243</guid>
		<dc:date>2010-08-24T03:09:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hoda Sadough</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Au vu de sa longue et riche histoire et de la diversit&#233; de ses climats et de ses productions agricoles, l'Iran a une gastronomie unique au monde. Des produits comme la pomme de terre et la tomate ont &#233;t&#233; import&#233;s en Iran il y a 200 ans. Ils ont ainsi &#233;t&#233; offerts par l'ambassadeur britannique de l'&#233;poque, Sir Gore Ouseley (1770-1844) &#224; Fath Ali Sh&#226;h (1771-1834), deuxi&#232;me souverain de la dynastie q&#226;dj&#226;re, afin de combattre la famine qui affectait le pays &#224; l'&#233;poque. Ces deux produits acquirent par la suite une place importante dans la gastronomie iranienne.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique163" rel="directory"&gt;N&#176; 57, ao&#251;t 2010&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH113/arton1243-cc414.jpg&quot; width='150' height='113' style='height:113px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au vu de sa longue et riche histoire et de la diversit&#233; de ses climats et de ses productions agricoles, l'Iran a une gastronomie unique au monde. Des produits comme la pomme de terre et la tomate ont &#233;t&#233; import&#233;s en Iran il y a 200 ans. Ils ont ainsi &#233;t&#233; offerts par l'ambassadeur britannique de l'&#233;poque, Sir Gore Ouseley (1770-1844) &#224; Fath Ali Sh&#226;h (1771-1834), deuxi&#232;me souverain de la dynastie q&#226;dj&#226;re, afin de combattre la famine qui affectait le pays &#224; l'&#233;poque. Ces deux produits acquirent par la suite une place importante dans la gastronomie iranienne. Le riz et le th&#233; font &#233;galement partie des autres produits alimentaires import&#233;s en Iran. Sous le r&#232;gne de N&#226;ssereddin Sh&#226;h (1831-1896), il y eut une forte croissance du volume des importations de th&#233;, notamment du fait de l'ouverture des march&#233;s iraniens aux produits &#233;trangers. Le th&#233; renfor&#231;a sa pr&#233;sence en Iran &#224; la suite des voyages de N&#226;ssereddin Sh&#226;h en Europe. Le samovar fut alors import&#233; de Russie et devint une partie int&#233;grante des foyers iraniens. Ainsi, on trouvait des verres &#224; th&#233;, des soucoupes, une th&#233;i&#232;re et un samovar aussi bien chez les familles traditionnelles que modernes. Les textes historiques nous r&#233;v&#232;lent &#233;galement que la culture du caf&#233; avait une place importante dans la p&#233;ninsule arabique, et que les souverains safavides et ghaznavides en consommaient dans leurs palais. L'histoire des rois iraniens comporte &#233;galement de nombreux &#233;loges des plats royaux. Outre la dimension c&#233;r&#233;moniale et protocolaire de la cuisine royale, il faut &#233;galement prendre en compte l'aspect artistique et le savoir-faire unique des cuisiniers perses de l'&#233;poque. A titre d'exemple, on pr&#233;parait alors une sorte de r&#244;ti &#224; la fin de l'&#233;t&#233; qui pouvait &#234;tre gard&#233;e tout l'hiver. La viande &#233;tait grill&#233;e dans du suif ou de l'huile pour &#234;tre ensuite conserv&#233;e dans des outres ou des grands vases d'argile.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les &lt;i&gt;ghahveh-kh&#226;neh&lt;/i&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'histoire des &lt;i&gt;ghahveh-kh&#226;neh&lt;/i&gt; (litt&#233;ralement &quot;maisons de caf&#233;&quot;) et des salons de th&#233; remonte &#224; 400 ans en Iran et peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme les premiers restaurants iraniens. D'apr&#232;s les donn&#233;es historiques, les premi&#232;res maisons de caf&#233; apparaissent sous les Safavides, et plus pr&#233;cis&#233;ment sous le r&#232;gne de Sh&#226;h Tahmasb (1524-1576). A cette &#233;poque, ces maisons &#233;taient consid&#233;r&#233;es comme des lieux tr&#232;s importants et &#233;taient m&#234;me fr&#233;quent&#233;es par les rois. Dans chaque &lt;i&gt;ghahveh-kh&#226;neh&lt;/i&gt;, il y avait une grande place nomm&#233;e &lt;i&gt;Sh&#226;h Neshin&lt;/i&gt; ou &quot;lieu ou s'assied le roi&quot;. Dans son journal de voyage Chardin explique ainsi que les maisons de caf&#233; sont des grandes salles int&#233;gr&#233;es dans des b&#226;timents volumineux et de diff&#233;rentes formes. Il souligne que ces espaces sont des lieux de rassemblement social et de divertissements au centre desquels se trouvaient de grands bassins. Certaines de ces maisons comprenaient des terrasses de 3 &#224; 4 m&#232;tres o&#249; les clients s'asseyaient. Les &lt;i&gt;ghahveh-kh&#226;neh&lt;/i&gt; attiraient les clients &#224; partir du coucher du soleil plut&#244;t que dans la journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4103 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH304/1243-1-f60bf.jpg' width='448' height='304' alt='JPEG - 59.8 ko' style='height:304px;width:448px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Un dessin de ghahveh-kh&#226;neh&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le prix du th&#233; &#233;tant moins cher que celui du caf&#233;, ces centres se transform&#232;rent progressivement en maisons de th&#233;. Pourtant le nom de &quot;maison de caf&#233;&quot; est rest&#233; utilis&#233; jusqu'&#224; nos jours. En raison du faible nombre de m&#233;dias et de lieux de d'&#233;change public, les gens se rassemblaient dans les &lt;i&gt;ghahveh-kh&#226;neh&lt;/i&gt; afin de se mettre au courant des nouvelles et d'&#233;changer leurs opinions sur les probl&#232;mes sociaux. La population masculine en grande majorit&#233; illettr&#233;e venait y &#233;couter les nouvelles publi&#233;es dans les deux quotidiens de l'&#233;poque &lt;i&gt;Sour Esrafil&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Rouh-ol-Qodous&lt;/i&gt;. Par ailleurs, ces espaces furent parmi les premiers &#224; &#234;tre &#233;quip&#233;s de la radio et de la t&#233;l&#233;vision. V&#233;ritable lieu de vie sociale, les gens y participaient &#224; des jeux et &#224; des activit&#233;s divertissantes comme les &#233;checs, la r&#233;citation de po&#232;mes ou du &lt;i&gt;Sh&#226;hn&#226;meh&lt;/i&gt; (Livre des rois) ainsi que la narration de r&#233;cits religieux et h&#233;ro&#239;ques. La d&#233;clamation du &lt;i&gt;Sh&#226;hn&#226;meh &lt;/i&gt;y occupait une place de choix. Ceux qui le d&#233;clamaient &#233;taient eux-m&#234;mes parfois des hommes de lettres. Sh&#226;h Abb&#226;s (1588-1629), cinqui&#232;me souverain de la dynastie safavide, appr&#233;ciait particuli&#232;rement ces d&#233;clamations. L'un de ses a&#232;des, Abdol-Razz&#226;gh Gaznavi &#233;tait &#233;galement un c&#233;l&#232;bre ma&#238;tre de calligraphie. Selon la coutume, les r&#233;citants s'installaient sur une plateforme et commen&#231;aient par faire l'&#233;loge des douze Imams chiites.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A T&#233;h&#233;ran, les maisons de caf&#233; se trouvaient aux axes s'acheminant vers les quartiers peupl&#233;s, notamment pr&#232;s du bazar de T&#233;h&#233;ran. Le repas principal qui y &#233;tait servi &#233;tait le &lt;i&gt;&#226;bgousht &lt;/i&gt;signifiant litt&#233;ralement &quot;eau de viande&quot;. L'&#226;bgousht est habituellement fait avec de la viande d'agneau, des pois chiches, des haricots blancs, des oignons, des pommes de terre, des tomates et du curcuma. L'utilisation du narguil&#233; dans les maisons de caf&#233; &#233;tait aussi largement r&#233;pandue de sorte qu'une des fonctions principales des gar&#231;ons consistait &#224; pr&#233;parer le tabac pour les clients. Bien que les &lt;i&gt;ghahveh-kh&#226;neh&lt;/i&gt; n'ont pas disparu des paysages urbains de l'Iran, ils ont aujourd'hui perdu leur r&#244;le d&#233;terminant et ont le plus souvent &#233;t&#233; remplac&#233; par des cha&#238;nes de restauration rapide.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Promenade culinaire dans Les Mille et une Nuits</title>
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		<dc:date>2010-08-24T03:09:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Babak Ershadi</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&#171; Sire, dit Sch&#233;h&#233;razade, en adressant la parole au sultan, sous le r&#232;gne du calife Haroun Al-Rachid, il y avait &#224; Bagdad, o&#249; il avait sa r&#233;sidence, un porteur qui, malgr&#233; sa profession basse et p&#233;nible, ne laissait pas d'&#234;tre homme d'esprit et de bonne humeur. Un matin qu'il &#233;tait, &#224; son ordinaire, avec un grand panier &#224; jour pr&#232;s de lui, dans une place o&#249; il attendait que quelqu'un e&#251;t besoin de son minist&#232;re, une jeune dame de belle taille, couverte d'un grand voile de mousseline, l'aborda, et lui dit d'un air gracieux : &#171; &lt;i&gt;&#201;coutez, porteur, prenez votre panier, et suivez-moi.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique163" rel="directory"&gt;N&#176; 57, ao&#251;t 2010&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH113/arton1242-c2382.jpg&quot; width='150' height='113' style='height:113px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'Orient f&#233;erique des &lt;/i&gt;Mille et une Nuits&lt;i&gt; s'organise souvent seulement autour des histoires extraordinaires, des exploits d'hommes courageux, de marins perdus dans des &#238;les inconnues,&#8230; mais ces histoires populaires nous racontent aussi des aspects diff&#233;rents de la vie en Orient durant les lointains si&#232;cles d'autrefois. Dans le passage ci-dessous, nous allons assister &#224; une promenade &#224; pied dans le march&#233; de Bagdad, pour accompagner une dame qui fait ses courses et ach&#232;te des ingr&#233;dients exquis et d&#233;licieux, apparemment pour en faire une f&#234;te magnifique. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;La lecture de ce texte vous donnera sans doute le d&#233;sir de conna&#238;tre la suite, comme le sultan. Mais l'int&#233;r&#234;t pour nous de le reproduire ici est de conna&#238;tre la diversit&#233; des ingr&#233;dients culinaires de l'&#233;poque, dans des villes comme Bagdad, Bassora, Ispahan, Neysh&#226;bour, Samarkand ou Boukhara.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Sire, dit Sch&#233;h&#233;razade, en adressant la parole au sultan, sous le r&#232;gne du calife Haroun Al-Rachid, il y avait &#224; Bagdad, o&#249; il avait sa r&#233;sidence, un porteur qui, malgr&#233; sa profession basse et p&#233;nible, ne laissait pas d'&#234;tre homme d'esprit et de bonne humeur. Un matin qu'il &#233;tait, &#224; son ordinaire, avec un grand panier &#224; jour pr&#232;s de lui, dans une place o&#249; il attendait que quelqu'un e&#251;t besoin de son minist&#232;re, une jeune dame de belle taille, couverte d'un grand voile de mousseline, l'aborda, et lui dit d'un air gracieux : &#171; &lt;i&gt;&#201;coutez, porteur, prenez votre panier, et suivez-moi.&lt;/i&gt; &#187; Le porteur, enchant&#233; de ce peu de paroles prononc&#233;es si agr&#233;ablement, prit aussit&#244;t son panier, le mit sur sa t&#234;te, et suivit la dame en disant : &#171; &lt;i&gt;&#212; jour heureux ! &#212; jour de bonne rencontre !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4099 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH424/1242-1-a3a89.jpg' width='336' height='424' alt='JPEG - 58.9 ko' style='height:424px;width:336px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:336px;'&gt;&lt;strong&gt;Une sc&#232;ne des Mille et une Nuits&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;La dame s'arr&#234;ta d'abord devant une porte ferm&#233;e, et frappa. Un homme, v&#233;n&#233;rable et dot&#233; d'une longue barbe blanche, ouvrit, et elle lui mit de l'argent dans la main, sans lui dire un seul mot. Mais le chr&#233;tien, qui savait ce qu'elle demandait, rentra, et peu de temps apr&#232;s apporta une grosse cruche d'un vin excellent : &#171; &lt;i&gt;Prenez cette cruche&lt;/i&gt;, dit la dame au porteur, &lt;i&gt;et mettez-la dans votre panier&lt;/i&gt;. &#187; Cela &#233;tant fait, elle lui commanda de la suivre, puis elle continua de marcher, et le porteur continua de dire : &#171; &lt;i&gt;&#212; jour de f&#233;licit&#233; ! &#212; jour d'agr&#233;able surprise et de joie !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4100 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH262/1242-3-bab08.jpg' width='448' height='262' alt='JPEG - 42.2 ko' style='height:262px;width:448px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Sc&#232;ne des Mille et une Nuits, par Sani-ol-Molk, Biblioth&#232;que du Mus&#233;e du palais de Golest&#226;n&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;La dame s'arr&#234;ta &#224; la boutique d'un vendeur de fruits et de fleurs, o&#249; elle choisit plusieurs sortes de pommes, des abricots, des p&#234;ches, des coings, des limons, des citrons, des oranges, du myrte, du basilic, des lis, du jasmin, et quelques autres sortes de fleurs et de plantes odorantes. Elle dit au porteur de mettre tout cela dans son panier, et de la suivre. En passant devant l'&#233;talage d'un boucher, elle se fit peser vingt-cinq livres de la plus belle viande qu'il e&#251;t ; que le porteur mit encore dans son panier, sur son ordre. Dans une autre boutique, elle prit des c&#226;pres, de l'estragon, des petits concombres, de la perce-pierre et autres herbes, le tout confit dans du vinaigre ; &#224; une autre, des pistaches, des noix, des noisettes, des pignons, des amandes, et d'autres fruits semblables ; dans une autre encore, elle acheta toutes sortes de p&#226;tes d'amande. Le porteur, en mettant toutes ces choses dans son panier, remarquant qu'il se remplissait, dit &#224; la dame : &#171; &lt;i&gt;Ma bonne dame, il fallait m'avertir que vous feriez tant de provisions : j'aurais pris un cheval, ou plut&#244;t un chameau pour les porter. J'en aurai beaucoup plus que ma charge pour peu que vous en achetiez d'autres.&lt;/i&gt; &#187; La dame rit de cette plaisanterie, et ordonna de nouveau au porteur de la suivre.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4102 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH250/1242-2-def58.jpg' width='448' height='250' alt='JPEG - 38.9 ko' style='height:250px;width:448px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Sc&#232;ne des Mille et une Nuits, par Sani-ol-Molk, Biblioth&#232;que du Mus&#233;e du palais de Golest&#226;n&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Elle entra chez un droguiste, o&#249; elle se fournit de toutes sortes d'eaux de senteur, de clous de girofle, de muscade, de poivre, de gingembre, d'un gros morceau d'ambre gris, et de plusieurs autres &#233;pices des Indes ; ce qui acheva de remplir le panier du porteur, auquel elle dit encore de la suivre. Alors ils march&#232;rent tous deux jusqu'&#224; ce qu'ils arriv&#232;rent &#224; un h&#244;tel magnifique dont la fa&#231;ade &#233;tait orn&#233;e de belles colonnes, et qui avait une porte d'ivoire. Ils s'y arr&#234;t&#232;rent, et la dame frappa un petit coup&#8230; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En cet endroit, Sch&#233;h&#233;razade s'aper&#231;ut que le jour s'&#233;tait lev&#233;, et cessa de parler. &#171; &lt;i&gt;Franchement, ma s&#339;ur&lt;/i&gt;, dit Dinarzade, &lt;i&gt;voil&#224; un commencement qui rend curieux de la suite : je crois que le sultan ne voudra pas se priver du plaisir d'entendre la suite&lt;/i&gt;. &#187; Effectivement, Schahriar, loin d'ordonner la mort de la sultane, attendit impatiemment la nuit suivante, pour apprendre ce qui se passerait dans l'h&#244;tel dont elle avait parl&#233;.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p&gt;*Orientaliste fran&#231;ais (1646-1715).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Souvenirs d'un boulanger</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article1240</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article1240</guid>
		<dc:date>2010-08-24T03:09:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Djamileh Zia</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Le mot sangak signifie &#171; petite pierre &#187; en persan. Le sangak est un pain plat, long et quelque peu triangulaire, cuit sur des cailloux chauff&#233;s. Il mesure 5 &#224; 10 millim&#232;tres d'&#233;paisseur, 70 &#224; 75 centim&#232;tres de longueur et pr&#232;s de 30 centim&#232;tres dans sa partie la plus large. Ce pain au levain, fabriqu&#233; avec de la farine de bl&#233; compl&#232;te, n'existe apparemment qu'en Iran. On ne conna&#238;t pas la date exacte de son invention. Selon une version, c'est Sheikh Bah&#226;i &#8211; savant, nomm&#233; &#171; le plus grand religieux d'Ispahan &#187; par le roi Sh&#226;h Abb&#226;s Ier (1587-1628) - qui aurait eu l'id&#233;e de faire cuir du pain sur des cailloux.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique163" rel="directory"&gt;N&#176; 57, ao&#251;t 2010&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH113/arton1240-5c308.jpg&quot; width='150' height='113' style='height:113px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;M. D&#226;voud Roghani (Sh&#226;ter D&#226;voud), boulanger sangaki &#224; Rey [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Ville situ&#233;e &#224; proximit&#233; de T&#233;h&#233;ran et beaucoup plus ancienne que l'actuelle (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;] dans les ann&#233;es 1930, a &#233;crit en 1977 un livre sur son m&#233;tier. Cet ouvrage, publi&#233; pr&#232;s de trente ans plus tard gr&#226;ce &#224; l'un de ses amis qui habitait dans son quartier, M. Jav&#226;d Safinej&#226;d, est un document pr&#233;cieux. Il permet au lecteur d'entrer dans l'univers de l'&#233;quipe qui travaillait dans la boulangerie de l'aube jusque tard dans la nuit, et de comprendre &#224; quel point les actions de chacun de ces personnes pouvaient changer le go&#251;t du pain. De nombreux facteurs entrent en compte pour que le pain ait la qualit&#233; voulue : la farine, le levain (fabriqu&#233; avec la p&#226;te de la veille), la mani&#232;re de fa&#231;onner la p&#226;te, de l'enfourner et de d&#233;fourner, les dimensions du four, l'emplacement des cailloux, la chaleur et le degr&#233; d'humidit&#233; de l'air ambiant, etc. Dans une boulangerie sangaki, tout est r&#233;fl&#233;chi, tous les gestes sont pr&#233;cis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_4086 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH322/1240-1-51489.jpg' width='448' height='322' alt='JPEG - 29.2 ko' style='height:322px;width:448px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Le sangak&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le mot sangak signifie &#171; petite pierre &#187; en persan. Le sangak est un pain plat, long et quelque peu triangulaire, cuit sur des cailloux chauff&#233;s. Il mesure 5 &#224; 10 millim&#232;tres d'&#233;paisseur, 70 &#224; 75 centim&#232;tres de longueur et pr&#232;s de 30 centim&#232;tres dans sa partie la plus large. Ce pain au levain, fabriqu&#233; avec de la farine de bl&#233; compl&#232;te, n'existe apparemment qu'en Iran. On ne conna&#238;t pas la date exacte de son invention. Selon une version, c'est Sheikh Bah&#226;i &#8211; savant, nomm&#233; &#171; le plus grand religieux d'Ispahan &#187; par le roi Sh&#226;h Abb&#226;s Ier (1587-1628) - qui aurait eu l'id&#233;e de faire cuir du pain sur des cailloux. Mais certains boulangers disent que le pain sangak existe en Iran depuis l'Antiquit&#233;. La d&#233;couverte, dans les ruines du fort Iraj (pr&#232;s de Var&#226;min) d'un four contenant des cailloux, renforce l'hypoth&#232;se de l'existence du pain sangak en Iran &#224; l'&#233;poque pr&#233;islamique.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;quipe&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1930, le groupe qui travaillait dans une boulangerie sangaki &#233;tait compos&#233; de sept personnes. Outre le &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt;, qui fa&#231;onnait la p&#226;te et l'enfournait, il y avait le p&#233;trisseur, [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Khamir-guir en persan.' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;] le d&#233;fourneur [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='N&#226;n-dar&#226;r en persan.' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;], qui &#233;tait &#233;galement charg&#233; d'aplatir les cailloux selon une pente d&#233;termin&#233;e et de changer leur emplacement si n&#233;cessaire pour ne pas les laisser refroidir, le &lt;i&gt;botteh-goz&#226;r&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Ce mot signifie &#171; celui qui met du bois &#187;.' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;], l'intendant [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Pishk&#226;r en persan.' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;] , le boutiquier [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='Dok&#226;n-d&#226;r en persan.' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;] et le gar&#231;on de courses [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='P&#226;do en persan.' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]. La p&#226;te &#233;tait p&#233;trie &#224; la main, sans les instruments &#233;lectriques utilis&#233;s de nos jours. Le p&#233;trisseur avait des connaissances pr&#233;cises sur la quantit&#233; d'eau sal&#233;e et de levain qu'il fallait ajouter &#224; la farine selon le type de bl&#233;, et contr&#244;lait le degr&#233; de fermentation de la p&#226;te en fonction de la temp&#233;rature du magasin et des courants d'air.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4087 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L307xH448/1240-2-1f54d.jpg' width='307' height='448' alt='JPEG - 47.5 ko' style='height:448px;width:307px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:307px;'&gt;&lt;strong&gt;L'ouverture par-devant du four d'une boulangerie sangaki&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1930, le four de la boulangerie sangaki &#233;tait chauff&#233; au bois. Le &lt;i&gt;botteh-goz&#226;r&lt;/i&gt; &#233;tait charg&#233; de mettre r&#233;guli&#232;rement du bois dans le four. Il devait faire attention &#224; ce que le &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; et le d&#233;fourneur n'aient pas leur visage et leurs mains &#224; proximit&#233; du four quand il ajoutait du bois, car ils risquaient de se br&#251;ler du fait de la flamb&#233;e transitoire du feu. Le gar&#231;on de courses livrait le pain au domicile des gens, au caf&#233; (&lt;i&gt;ghahveh-kh&#226;neh&lt;/i&gt;) et au restaurant (&lt;i&gt;kab&#226;bi&lt;/i&gt;) du coin. L'intendant &#233;tait charg&#233; de surveiller les livraisons (de bl&#233; - que le propri&#233;taire de la boulangerie achetait tel quel et faisait moudre par le meunier - de sel et de bois) et de tamiser la farine. Il dormait la nuit dans le magasin, r&#233;veillait les autres ouvriers de la boulangerie &#224; l'aube, pr&#233;parait le d&#233;jeuner de l'&#233;quipe. Le boutiquier tenait la caisse. Quand il arrivait un peu tard le matin, l'intendant vendait le pain &#224; sa place et lui donnait l'argent quand il arrivait. Pendant le temps o&#249; le boutiquier &#233;tait absent, le &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; gardait le compte des pains vendus en mettant un caillou de c&#244;t&#233; &#224; chaque fois qu'une fourn&#233;e &#233;tait vendue. Le four sangaki peut contenir treize &#224; seize pains. Dans les grandes boulangeries, le p&#233;trisseur, le &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt;, le d&#233;fourneur et le &lt;i&gt;botteh-goz&#226;r&lt;/i&gt; avaient chacun un assistant et travaillaient soit &#224; deux, soit &#224; tour de r&#244;le. Ces gens recevaient tous un salaire journalier du propri&#233;taire du magasin.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le four&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;M. Roghani explique dans son livre que le four de la boulangerie sangaki doit avoir des dimensions et une forme tr&#232;s pr&#233;cises, &#224; tel point que seuls quelques connaisseurs savent construire des fours o&#249; le pain a un bon go&#251;t. M. Roghani raconte qu'une fois, le propri&#233;taire d'une boulangerie fut m&#234;me oblig&#233; de d&#233;truire un four construit par un architecte et de le faire reconstruire par quelqu'un qui n'avait pas fait d'&#233;tudes universitaires, mais avait un savoir-faire dans ce domaine. Le four de la boulangerie sangaki, &#224; l'&#233;poque o&#249; l'on utilisait du bois pour le chauffer, avait deux ouvertures, une sur le c&#244;t&#233;, en forme de tuyau, qui servait &#224; placer du bois dans le four, une par-devant, de forme triangulaire, utilis&#233;e pour l'enfournement et le d&#233;fournement du pain. Les fours o&#249; l'on cuit du sangak ont encore de nos jours cette ouverture triangulaire par-devant. Le &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; et le d&#233;fourneur doivent se placer des deux c&#244;t&#233;s de cette ouverture, l'un &#224; droite, l'autre &#224; gauche. Le &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; se sert d'une pelle de bois &#224; long manche, que l'on appelle &lt;i&gt;p&#226;rou&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='footnote' title='Ce mot signifie &#171; rame &#187; en persan.' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]. Il humidifie la pelle et ses doigts pour pouvoir mieux fa&#231;onner la p&#226;te. L'enfournement se fait tout de suite apr&#232;s le fa&#231;onnage, sans temps de repos entre ces deux gestes, contrairement aux pains que l'on cuit g&#233;n&#233;ralement en Europe. La panification de la p&#226;te se fait donc enti&#232;rement avant le fa&#231;onnage. Mais le fa&#231;onnage d&#233;finitif de la p&#226;te se fait lors de son &#233;talement sur les cailloux du four. La p&#226;te du sangak est plus liquide que celle des autres pains ; elle coule entre les doigts, ce qui rend son fa&#231;onnage difficile. Le d&#233;fourneur se sert d'une pelle en bois pour aplatir les cailloux. L'instrument dont il se sert pour sortir le pain est un crochet m&#233;tallique fix&#233; sur un manche en bois.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4088 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH310/1240-3-50d5c.jpg' width='448' height='310' alt='JPEG - 44.2 ko' style='height:310px;width:448px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Le dizi est un rago&#251;t que l'on mange en trempant dedans des morceaux de pain&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le four dans lequel on cuit du sangak est en brique. Son plancher est pr&#232;s de 90 centim&#232;tres au-dessus du niveau du sol, et l'on ajoute des cailloux sur ce plancher. L'&#233;paisseur de la couche de cailloux est de 20 &#224; 40 centim&#232;tres. L'int&#233;rieur du four sangaki a trois parties : le devant, o&#249; il n'y a pas de cailloux, la zone o&#249; il y a des cailloux, et le lieu o&#249; l'on place le combustible. Le devant du four est moins expos&#233; au feu ; le pain y cuit moins vite, et devient croustillant. Le &#171; sangak croustillant &#187; [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; Sangak-e do &#226;tasheh &#187;, expression qui signifie &#171; le sangak qui a &#233;t&#233; expos&#233; (...)' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;] est plus soign&#233; et donc plus cher. Le d&#233;fourneur place le pain cuit quelques minutes sur le devant du four (c'est-&#224;-dire la zone o&#249; il n'y a pas de cailloux) pour qu'il devienne croustillant. Le signe distinctif du sangak croustillant est les traces d'ongles du &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt;. Dans les heures d'affluence, quand le &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; travaille vite et n'a pas beaucoup de temps, il laisse juste la trace des ongles de ses petits doigts, une &#224; droite et une &#224; gauche, au bas du pain. Pour les pains command&#233;s par les clients r&#233;guliers, le &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; trace, avec les ongles de ses dix doigts, des lignes verticales ou horizontales &#224; intervalles r&#233;guliers sur toute la surface du pain. Ce genre de pain est en g&#233;n&#233;ral couvert de grains de s&#233;same ou de pavot, que le propri&#233;taire de la boulangerie ach&#232;te lui-m&#234;me et place dans un creux fabriqu&#233; &#224; cette fin sur le bord du four. Le d&#233;fourneur jette une poign&#233;e de grains sur la pelle du sh&#226;ter avant que celui-ci mette la p&#226;te dessus. [&lt;a href='#nb10' class='spip_note' rel='footnote' title='La surface de la p&#226;te qui est contre la pelle devient le dessus du pain, (...)' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1930, le d&#233;fourneur fermait chaque nuit les deux ouvertures du four en construisant deux portes en boue pour que le four reste chaud. La boue - compos&#233;e d'argile, du duvet des pattes de ch&#232;vre (que les triperies donnaient gratuitement aux boulangeries) et d'eau sal&#233;e - &#233;tait pr&#233;par&#233;e par l'intendant et devait reposer 48 heures avant d'&#234;tre utilis&#233;e pour construire les portes. Les portes avaient trois &#224; quatre centim&#232;tres d'&#233;paisseur. Leur forme &#233;tait celle de l'ouverture &#224; laquelle elles devaient coller et elles &#233;taient deux centim&#232;tres plus larges que celles-ci. Le d&#233;fourneur construisait des poignets sur ces portes avec la boue-m&#234;me, pour pouvoir les enlever le matin. Il pla&#231;ait l'un de ses instruments contre chaque porte pour qu'elles ne se d&#233;collent pas pendant la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4089 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH287/1240-4-362e6.jpg' width='448' height='287' alt='JPEG - 49.2 ko' style='height:287px;width:448px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Une boulangerie sangaki de nos jours&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Cuir d'autres aliments que le pain dans le four de la boulangerie sangaki &#233;tait une tradition. Le principal d'entre eux &#233;tait le &lt;i&gt;dizi&lt;/i&gt;. Le &lt;i&gt;dizi &lt;/i&gt;est un petit r&#233;cipient (en terre, en cuivre ou en pierre) muni d'un couvercle, dans lequel on cuit des plats liquides, comme des soupes ou des ragouts. En Iran, le plat que l'on cuit le plus fr&#233;quemment dans le &lt;i&gt;dizi&lt;/i&gt; est un ragout qu'on appelle &lt;i&gt;&#226;b-gousht&lt;/i&gt;, compos&#233; de morceaux de viande, de f&#232;ves, de pommes de terre et d'oignons. On peut y ajouter d'autres ingr&#233;dients, tels que des herbes parfum&#233;es ou des tomates. Ce ragout est appel&#233; lui-m&#234;me &lt;i&gt;dizi&lt;/i&gt; par extension. On mange le &lt;i&gt;dizi&lt;/i&gt; en trempant dedans des morceaux de pain (surtout du sangak). Dans les ann&#233;es 1930, le &lt;i&gt;dizi&lt;/i&gt; &#233;tait le d&#233;jeuner quotidien des boulangers. L'intendant mettait les ingr&#233;dients dans les r&#233;cipients de &lt;i&gt;dizi&lt;/i&gt; et les donnait au d&#233;fourneur pour qu'il les place sur le devant du four. D'autres personnes venaient faire cuir leur &lt;i&gt;dizi&lt;/i&gt; &#224; la boulangerie. L'intendant pr&#233;parait en moyenne entre cinquante et cent &lt;i&gt;dizi&lt;/i&gt; par jour, et recevait une somme des clients pour ce service. Les gens apportaient &#233;galement des aubergines, des pommes de terre, des navets, et m&#234;me des poissons pour les faire cuire dans le four de la boulangerie sangaki.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'architecture de la boulangerie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Rien n'est laiss&#233; au hasard dans une boulangerie sangaki. L'emplacement de chaque chose est calcul&#233; avec pr&#233;cision et d&#233;termine la place de chaque ouvrier. Dans les ann&#233;es 1930, la boulangerie sangaki &#233;tait un magasin assez vaste. Il avait deux portes, l'un pour les clients, l'autre pour les livraisons de bl&#233;, de bois, de sel. Personne (m&#234;me les boulangers) n'avait le droit de sortir avec du pain par cette porte. La boulangerie &#233;tait subdivis&#233;e en plusieurs parties. La r&#233;serve de farine &#233;tait s&#233;par&#233;e du reste du magasin par des murs et une porte en bois (qui s'ouvrait dans le magasin). Le plancher de la r&#233;serve &#233;tait un demi-m&#232;tre plus haut que le reste du magasin. Le lieu de stockage du bl&#233;, du sel et du bois, appel&#233; &lt;i&gt;soukht-d&#226;n&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb11' class='spip_note' rel='footnote' title='Ce mot signifie &#171; lieu de stockage du combustible &#187;.' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;] &#233;tait lui aussi s&#233;par&#233; du reste du magasin par des murs et comme nous l'avons dit plus haut, donnait sur l'ext&#233;rieur du magasin. Il &#233;tait plac&#233; pr&#232;s du four, pour faciliter le travail du &lt;i&gt;botteh-goz&#226;r&lt;/i&gt;. Les diff&#233;rentes zones de la boulangerie &#233;taient d&#233;limit&#233;es par les vo&#251;tes du plafond. Le plafond &#233;tait en brique, et la vo&#251;te surplombant le four devait &#234;tre assez haute.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4090 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH297/1240-5-b9d4c.jpg' width='448' height='297' alt='JPEG - 40.9 ko' style='height:297px;width:448px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Un sh&#226;ter en train de fa&#231;onner un pain sangak avec le bout de ses doigts&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Les clients qui entraient dans la boulangerie voyaient &#224; leur gauche un comptoir sur lequel une balance &#233;tait plac&#233;e pour peser le pain, et &#224; leur droite une table sur laquelle les pains &#233;taient rang&#233;s aux heures creuses de la journ&#233;e. Mais aux heures d'affluence, les clients entraient dans le magasin, attendaient que le d&#233;fourneur leur donne directement le pain qu'il venait de sortir du four. Ils mettaient ensuite leur pain sur une plateforme (construite au milieu du magasin) pour qu'il refroidisse un peu, enlevaient les quelques cailloux qui &#233;taient rest&#233;s coll&#233;s au dos du pain, et s'acheminaient vers le comptoir. Dans les ann&#233;es 1930, le pain &#233;tait vendu au poids.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La journ&#233;e de travail&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La journ&#233;e commen&#231;ait pour le p&#233;trisseur &#224; 2 heures du matin. L'intendant r&#233;veillait les ouvriers qui dormaient dans le magasin, et envoyait le gar&#231;on de courses chez ceux qui &#233;taient mari&#233;s et avaient donc un domicile. Le pain devait &#234;tre pr&#234;t pour la pri&#232;re du matin, c'est-&#224;-dire avant le lever du soleil.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le deuxi&#232;me tour de cuisson avait lieu vers 8 heures du matin. Il s'agissait surtout de pains de commande, que la boulangerie livrait au caf&#233; (&lt;i&gt;ghahveh-kh&#226;neh&lt;/i&gt;), au restaurant (&lt;i&gt;kab&#226;bi&lt;/i&gt;) du coin, et au domicile de certains clients. Le troisi&#232;me tour de cuisson commen&#231;ait vers 11h30. Dans les boulangeries o&#249; le &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt;, le p&#233;trisseur, le d&#233;fourneur et le &lt;i&gt;botteh-goz&#226;r&lt;/i&gt; avaient chacun un assistant, ce troisi&#232;me tour &#233;tait divis&#233; en deux temps : le &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; commen&#231;ait par cuire le pain, puis, un peu avant midi, l'&#233;quipe principale - compos&#233;e du &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt;, du p&#233;trisseur, du d&#233;fourneur, du &lt;i&gt;botteh-goz&#226;r&lt;/i&gt;, et de l'intendant - allait d&#233;jeuner dans le &lt;i&gt;ghahveh-kh&#226;neh&lt;/i&gt;. Le propri&#233;taire de la boulangerie les accompagnait parfois. Leur d&#233;jeuner &#233;tait compos&#233; de pain sangak et de &lt;i&gt;dizi&lt;/i&gt;. Le gar&#231;on de courses avait apport&#233; par avance les &lt;i&gt;dizi&lt;/i&gt; cuits dans le four de la boulangerie. Les autres ouvriers continuaient &#224; cuire du pain et d&#233;jeunaient dans le magasin vers 14 heures. Le quatri&#232;me tour de cuisson avait lieu vers 16 heures. Il y avait tr&#232;s peu de clients &#224; cette heure de la journ&#233;e. Les pains cuits l'apr&#232;s-midi &#233;taient surtout destin&#233;s &#224; montrer la dext&#233;rit&#233; du &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt;, car celui-ci avait alors le temps de faire des pains plus grands et plus soign&#233;s. Parfois, le d&#233;fourneur enlevait la brique plac&#233;e au sommet de l'ouverture du four, pour que le &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; puisse enfourner les grands pains sans les casser. Le d&#233;fourneur faisait lui aussi attention en sortant les pains, pour qu'ils ne s'ab&#238;ment pas. L'intendant mettait une nappe sur la table plac&#233;e pr&#232;s de la porte d'entr&#233;e, rangeait au-dessus les grands pains selon un arrangement particulier, et ornait leur pourtour avec des feuilles de m&#251;rier qu'il avait cueillies et lav&#233;es dans la journ&#233;e. Les passants &#233;taient ainsi attir&#233;s par l'odeur agr&#233;able et la belle d&#233;coration. Ces pains &#233;taient cependant vendus pour la plupart deux ou trois heures plus tard, au d&#233;but de la soir&#233;e, quand les rues redevenaient anim&#233;es. A la tomb&#233;e de la nuit, un dernier tour de cuisson permettait aux ouvriers qui rentraient chez eux d'acheter du pain. La porte de la boulangerie restait ouverte de l'aube jusque tard dans la nuit.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le propri&#233;taire de la boulangerie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tout est tellement pr&#233;cis dans la cuisson du sangak que le propri&#233;taire de la boulangerie, &#224; qui l'intendant envoyait toujours quelques pains de la premi&#232;re fourn&#233;e, comprenait en regardant le pain, quand il se r&#233;veillait, lequel de ses ouvriers &#233;tait arriv&#233; en retard au travail (et il faisait des remontrances &#224; l'ouvrier retardataire quand il allait au magasin). Un pain qui n'&#233;tait pas suffisamment lev&#233; montrait que le p&#233;trisseur &#233;tait arriv&#233; en retard. Un pain qui &#233;tait trop lev&#233; et dont le dessous &#233;tait br&#251;l&#233; montrait que le &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; &#233;tait arriv&#233; en retard (le dessous du pain avait noirci parce que les cailloux avaient trop chauff&#233; avant l'enfournement). Si le dessous du pain n'&#233;tait pas assez cuit, cela montrait que le d&#233;fourneur &#233;tait arriv&#233; en retard et n'avait pas eu le temps de remuer suffisamment les cailloux avant l'enfournement des pains (il fallait bien remuer tous les cailloux le matin pour qu'ils chauffent tous, dans tous les coins du four). Si le pain &#233;tait de bonne qualit&#233; mais &#233;tait livr&#233; plus tard que d'habitude au domicile du propri&#233;taire, cela voulait dire que l'intendant avait d&#251; rester dans le magasin pour vendre le pain aux clients, et donc que le boutiquier &#233;tait arriv&#233; en retard au travail.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4091 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH335/1240-6-bb787.jpg' width='448' height='335' alt='JPEG - 37.1 ko' style='height:335px;width:448px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;L'int&#233;rieur d'une boulangerie sangaki de nos jours ; le sh&#226;ter est en train d'enfourner le pain&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le propri&#233;taire de la boulangerie venait g&#233;n&#233;ralement au magasin une demi-heure avant la fermeture. Il remerciait d'abord les boulangers pour leur travail, puis v&#233;rifiait que le p&#233;trin qui contenait le levain pour le pain du lendemain &#233;tait bien couvert, surtout en hiver (car la fermentation ralentit quand la temp&#233;rature est trop basse). Il v&#233;rifiait ensuite que le r&#233;cipient qui devait contenir de l'eau sal&#233;e &#233;tait bien rempli (on ne met jamais de sel tel quel dans la p&#226;te du sangak, toujours de l'eau sal&#233;e). En hiver, l'intendant devait veiller &#224; ce qu'il ne fasse pas trop froid dans le magasin. Il devait pour cela, le soir, envoyer le gar&#231;on de courses fermer quelques unes des ouvertures du toit (que l'on ouvrait le matin pour &#233;claircir le magasin). Le propri&#233;taire mesurait la temp&#233;rature ambiante de la boulangerie en levant son bras le plus haut possible. Si sa main &#233;tait tremp&#233;e de sueur jusqu'au poignet, c'est que la temp&#233;rature du magasin &#233;tait bonne, sinon, cela voulait dire que les ouvertures du toit avaient &#233;t&#233; ferm&#233;es trop tard, et que donc le levain de la premi&#232;re fourn&#233;e du lendemain n'allait pas fermenter comme il fallait. Dans ce cas, il demandait au d&#233;fourneur de prendre avec sa pelle, du coin le plus chaud du four, une grande quantit&#233; de cailloux, et de les jeter sur le parterre du magasin ; puis il demandait &#224; l'intendant de verser de l'eau sur ces cailloux pour que la vapeur d'eau augmente la temp&#233;rature ambiante. Les boulangers terminaient leur travail et recevaient leur salaire du jour de la main du boutiquier, avec qui le propri&#233;taire faisait ensuite le compte des d&#233;penses et des pains vendus dans la journ&#233;e. Le dernier geste du propri&#233;taire, avant de quitter le magasin, &#233;tait d'approcher une lampe &#224; p&#233;trole aupr&#232;s des portes en boue plac&#233;es sur les deux ouvertures du four. Si la flamme de la lampe flambait, cela voulait dire que de l'air sortait du four, et que les portes en boues n'&#233;taient pas &#233;tanches.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La p&#233;riode d'apprentissage du&lt;i&gt; sh&#226;ter&lt;/i&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1930, le pain &#233;tait l'aliment principal des Iraniens et le m&#233;tier de boulanger &#233;tait un m&#233;tier honorable. Les boulangers qui cuisaient le pain sangak, les &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; surtout, avaient un grand prestige aupr&#232;s de la population et les jeunes qui avaient envie de devenir &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; ne manquaient pas. Pour les gens, le &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; &#233;tait celui qui leur fournissait le pain, et les autres personnes qui travaillaient dans la boulangerie &#233;taient en quelque sorte ses subordonn&#233;s. Le prestige de ce m&#233;tier &#233;tait &#233;galement li&#233; &#224; sa d&#233;ontologie. Le &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; jurait, &#224; la fin de son apprentissage, de cuire du pain de bonne qualit&#233;, de ne jamais arriver &#224; son travail en retard et de pr&#233;venir le reste de l'&#233;quipe s'il avait un emp&#234;chement de derni&#232;re minute, d'emp&#234;cher le gaspillage des mati&#232;res premi&#232;res, de fournir du pain aux personnes &#226;g&#233;es et aux malades en priorit&#233;. En Iran, les boulangers donnent du pain gratuitement &#224; ceux qui n'ont pas d'argent, et font g&#233;n&#233;ralement en sorte que les autres clients ne s'en rendent pas compte (par exemple, ils disent tout haut que la personne a pay&#233; auparavant le pain qu'il emporte).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apprendre le m&#233;tier de &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; &#233;tait cependant difficile (du fait des caract&#233;ristiques de la p&#226;te de sangak que nous avons &#233;voqu&#233;es plus haut) et n&#233;cessitait un apprentissage de deux ans aupr&#232;s d'un &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; confirm&#233;. Le &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; devait avoir des doigts souples et une peau douce, pour pouvoir fa&#231;onner la p&#226;te avec finesse avec le bout de ses doigts. Le futur apprenti choisissait lui-m&#234;me le &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; qui allait devenir son ma&#238;tre, mais il ne lui faisait pas cette demande directement. En g&#233;n&#233;ral, il parlait de son d&#233;sir &#224; un autre boulanger, qui jouait le r&#244;le d'interm&#233;diaire et en parlait au &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; en question. Apr&#232;s l'accord tacite du &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt;, le futur apprenti organisait un d&#238;ner o&#249; il invitait ses amis et quelques uns des boulangers de la ville. Au cours de ce d&#238;ner, le &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; dont le jeune voulait devenir l'apprenti acceptait officiellement la demande de ce dernier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'apprentissage &#233;tait divis&#233; en trois p&#233;riodes de huit mois environ. Au cours de la premi&#232;re p&#233;riode, l'apprenti travaillait en tant qu'assistant du p&#233;trisseur ; il apprenait ainsi &#224; p&#233;trir la p&#226;te et &#224; fabriquer le levain. Au cours des huit mois suivants, l'apprenti travaillait en tant que d&#233;fourneur ; puis peu &#224; peu, le &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; l'autorisait &#224; prendre sa place quand il n'y avait pas beaucoup de clients et rectifiait les erreurs qu'il faisait lors du fa&#231;onnage de la p&#226;te. Ensuite, l'apprenti prenait en charge une partie du tour de cuisson du midi et du soir. Pendant les deux ann&#233;es d'apprentissage, le salaire que l'apprenti devait recevoir pour son travail &#233;tait donn&#233; au &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; (en contrepartie de l'effort qu'il faisait pour apprendre son m&#233;tier &#224; l'apprenti) ; l'apprenti ne recevait donc aucun salaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La fin de l'apprentissage &#233;tait marqu&#233;e, comme son d&#233;but, par une c&#233;r&#233;monie. L'apprenti offrait &#224; nouveau un d&#238;ner aux boulangers de la ville. Il apportait pour ce d&#238;ner quelques pains qu'il avait cuits lui-m&#234;me, pour que l'assistance puisse juger la qualit&#233; de son travail. Ce soir-l&#224;, le &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; qui avait &#233;t&#233; son ma&#238;tre rappelait &#224; l'apprenti que la valeur de ce m&#233;tier &#233;tait due &#224; sa d&#233;ontologie, et lui demandait de respecter cette d&#233;ontologie tout au long de sa carri&#232;re. Le lendemain, les invit&#233;s de la veille venaient vers 10 heures du matin &#224; la boulangerie avec des g&#226;teaux et des drag&#233;es. Le &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; d&#233;nouait alors son propre tablier et le nouait autour de la taille de l'apprenti, et confirmait par ce geste la fin de l'apprentissage. L'apprenti n'avait pas le droit de porter un tablier avant cela. L'apprenti avait auparavant achet&#233; un tablier neuf et l'avait mis &#224; l'endroit o&#249; le &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; pendait ses v&#234;tements personnels quand il venait &#224; la boulangerie.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les &#233;v&#232;nements particuliers&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1930, la journ&#233;e des boulangers &#233;tait parfois &#233;gay&#233;e par les moments de f&#234;te qu'&#233;taient les concours de cuisson entre &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt;, ou la cuisson d'un pain pour un mariage. C'&#233;taient surtout les jeunes des quartiers rivaux qui organisaient les comp&#233;titions entre &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt;, pour montrer aux autres la sup&#233;riorit&#233; du &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; de leur quartier. Le jour de la comp&#233;tition, deux &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; se donnaient rendez-vous vers 10 heures du matin (heure creuse de la journ&#233;e) dans une boulangerie. Les jeunes des quartiers assistaient &#224; la comp&#233;tition. On enlevait la brique plac&#233;e au sommet de l'ouverture du four, pour pouvoir cuir des pains tr&#232;s grands. Chaque &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; avait le droit d'amener avec lui son propre d&#233;fourneur et p&#233;trisseur. Le concours consistait &#224; comparer trois formes de pains que les deux &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; devaient fa&#231;onner et enfourner. Il y avait &#233;galement d'autres comp&#233;titions entre boulangers ; l'une d'elles &#233;tait de voir si les &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; pla&#231;aient leurs doigts toujours aux m&#234;mes endroits sur la p&#226;te quand ils la fa&#231;onnaient ; une autre &#233;tait de voir si la quantit&#233; de p&#226;te qu'ils prenaient dans leur poign&#233;e pour la fa&#231;onner &#233;tait toujours la m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le pass&#233; plus qu'aujourd'hui, le pain &#233;tait le symbole de prosp&#233;rit&#233; et avait un caract&#232;re sacr&#233;. On ne le pi&#233;tinait pas, on ne le coupait qu'avec les mains, jamais avec des instruments tranchants. C'est dans cette logique que l'on commandait un pain sangak pour les c&#233;r&#233;monies de mariage. Le futur mari venait en g&#233;n&#233;ral un matin &#224; la boulangerie avec une bo&#238;te de g&#226;teaux et demandait aux boulangers de pr&#233;parer un pain d&#233;cor&#233; pour le lendemain. La somme qu'il payait &#233;tait laiss&#233;e &#224; son libre choix, mais il faisait en sorte que le &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; et les autres ouvriers de la boulangerie soient satisfaits. L'intendant achetait alors des graines de pavot color&#233;es en rouge et vert, et du sirop de raisin. Pour pr&#233;parer ce pain, le d&#233;fourneur le sortait du four alors qu'il n'&#233;tait pas tout &#224; fait cuit, on &#233;crivait dessus une phrase de f&#233;licitation, on d&#233;corait ses pourtours avec les graines de pavot (qui collaient au pain gr&#226;ce au sirop de raisin), et on l'enfournait &#224; nouveau pour que sa cuisson soit compl&#232;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les souvenirs de M. Roghani nous plongent dans un univers qui n'existe plus. Beaucoup des traditions qu'il d&#233;crit ont disparu de nos jours ; mais le sangak est encore fa&#231;onn&#233; et enfourn&#233; &#224; la main par des &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; chevronn&#233;s, et reste le pain pr&#233;f&#233;r&#233; des Iraniens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Ville situ&#233;e &#224; proximit&#233; de T&#233;h&#233;ran et beaucoup plus ancienne que l'actuelle capitale d'Iran.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;i&gt;Khamir-guir&lt;/i&gt; en persan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;i&gt;N&#226;n-dar&#226;r&lt;/i&gt; en persan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Ce mot signifie &#171; celui qui met du bois &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;i&gt;Pishk&#226;r&lt;/i&gt; en persan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh6' id='nb6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;i&gt;Dok&#226;n-d&#226;r&lt;/i&gt; en persan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh7' id='nb7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;i&gt;P&#226;do&lt;/i&gt; en persan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh8' id='nb8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] Ce mot signifie &#171; rame &#187; en persan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh9' id='nb9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] &#171; &lt;i&gt;Sangak-e do &#226;tasheh&lt;/i&gt; &#187;, expression qui signifie &#171; le sangak qui a &#233;t&#233; expos&#233; deux fois au feu &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh10' id='nb10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] La surface de la p&#226;te qui est contre la pelle devient le dessus du pain, puisque le &lt;i&gt;sh&#226;ter&lt;/i&gt; renverse sa pelle quand il enfourne la p&#226;te et l'&#233;tale sur les cailloux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh11' id='nb11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] Ce mot signifie &#171; lieu de stockage du combustible &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Source bibliographique :&lt;/strong&gt; Roghani, D&#226;voud, &lt;i&gt;N&#226;n-e sangak, mot&#226;le'eh-i mardomshen&#226;khti&lt;/i&gt; (Le pain sangak, une &#233;tude ethnologique), publi&#233; gr&#226;ce aux efforts de Jav&#226;d Safinej&#226;d, &#233;d. Akhtaran (Akhtaranbook), T&#233;h&#233;ran, 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une ambassadrice de l'art culinaire iranien : Najmieh Batmanglij</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article1239</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article1239</guid>
		<dc:date>2010-08-24T03:09:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Babak Ershadi</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Mme Najmieh Batmanglij est n&#233;e en 1947 &#224; T&#233;h&#233;ran. Son premier livre de cuisine a &#233;t&#233; publi&#233; &#224; Paris en 1984 et est intitul&#233; &lt;i&gt;Ma cuisine d'Iran&lt;/i&gt;. Ce livre s'organise en deux grands chapitres : la cuisine nationale (riz, m&#233;thodes de faire cuire le riz, pain, fruits et l&#233;gumes, boissons et dessert, accompagnements essentiels) et la cuisine r&#233;gionale (Iran du nord, Khouzest&#226;n, Ispahan, Azerba&#239;djan, Iran m&#233;ridional, Iran central, Kurdistan).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s s'&#234;tre install&#233;e aux Etats-Unis, elle a cofond&#233; avec son mari une maison d'&#233;dition &#224; Washington D.C.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique163" rel="directory"&gt;N&#176; 57, ao&#251;t 2010&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH113/arton1239-50823.jpg&quot; width='150' height='113' style='height:113px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Mon objectif est de pr&#233;senter quelques bons aspects de la culture iranienne. Je suis sp&#233;cialiste de l'art culinaire, j'aimerais donc montrer que le nom de l'Iran s'associe &#224; la rose, &#224; la grenade et &#224; de bons repas. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mme Najmieh Batmanglij est n&#233;e en 1947 &#224; T&#233;h&#233;ran. Son premier livre de cuisine a &#233;t&#233; publi&#233; &#224; Paris en 1984 et est intitul&#233; &lt;i&gt;Ma cuisine d'Iran&lt;/i&gt;. Ce livre s'organise en deux grands chapitres : la cuisine nationale (riz, m&#233;thodes de faire cuire le riz, pain, fruits et l&#233;gumes, boissons et dessert, accompagnements essentiels) et la cuisine r&#233;gionale (Iran du nord, Khouzest&#226;n, Ispahan, Azerba&#239;djan, Iran m&#233;ridional, Iran central, Kurdistan).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s s'&#234;tre install&#233;e aux Etats-Unis, elle a cofond&#233; avec son mari une maison d'&#233;dition &#224; Washington D.C. (&#201;dition Mage) sp&#233;cialis&#233;e dans le domaine de la culture iranienne. Cette maison d'&#233;dition a publi&#233; au fur et &#224; mesure plusieurs nouveaux livres de Mme Batmanglij consacr&#233;s &#224; la cuisine iranienne. Dans ses ouvrages, l'auteur poursuit un double objectif : pr&#233;senter les recettes iraniennes &#224; la fois &#224; la deuxi&#232;me g&#233;n&#233;ration de la diaspora iranienne et aux Am&#233;ricains, amateurs ou connaisseurs de l'art culinaire.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4083 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH448/1239-1-bff15.jpg' width='336' height='448' alt='JPEG - 44.7 ko' style='height:448px;width:336px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; ses exp&#233;riences et ses recherches durant ces trente derni&#232;res ann&#233;es, Mme Batmanglij est devenue une r&#233;f&#233;rence en mati&#232;re de cuisine iranienne. Apr&#232;s la publication de son deuxi&#232;me livre intitul&#233; &lt;i&gt;New Food of Life : Ancient Persian and Modern Iranian Cooking and Ceremonies&lt;/i&gt; (1986), le quotidien Los Angles Times a publi&#233; une critique sur ce livre qui r&#233;uni 240 recettes de cuisine iranienne, et l'a qualifi&#233; de &#171; r&#233;f&#233;rence d&#233;finitive &#187; de la cuisine iranienne. Dans ce livre, l'auteur compl&#232;te les recettes qu'elle avait d&#233;j&#224; pr&#233;sent&#233;es dans son premier ouvrage. Le livre est une collection de superbes images de recettes pr&#233;par&#233;es, de miniatures iraniennes, de morceaux litt&#233;raires et de folklore, et des c&#233;r&#233;monies traditionnelles iraniennes li&#233;es &#224; l'art culinaire. Le lecteur apprend ainsi beaucoup de choses &#224; propos de l'Iran, &#224; travers des recettes de cuisine. Dans le m&#234;me temps, Mme Batmanglij a enseign&#233; la cuisine iranienne aux diff&#233;rents instituts et &#233;coles de cuisine aux Etats-Unis, et elle organise r&#233;guli&#232;rement des cours sp&#233;cialis&#233;s chez elle, &#224; Washington D.C., pour les chefs de restaurant qui souhaitent ajouter les recettes iraniennes &#224; leurs menus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le troisi&#232;me ouvrage de Mme Najmieh Batmanglij (&lt;i&gt;Persian Cooking for a Healthy Kitchen&lt;/i&gt;, publi&#233; en 1994) r&#233;unit 95 recettes de cuisine iranienne. C'est un effort pour adapter les recettes iraniennes &#224; une tendance majeure aux Etats-Unis et dans le reste du monde : Comment faire les recettes iraniennes de sorte qu'elles contiennent moins de mati&#232;res grasses ? Dans ces recettes, Mme Batmanglij proc&#232;de &#224; une exp&#233;rience int&#233;ressante pour remplacer les mati&#232;res grasses traditionnellement utilis&#233;es dans la cuisine iranienne (surtout le beurre et les mati&#232;res grasses d'origine animale) par l'huile d'olive et d'autres mati&#232;res grasses v&#233;g&#233;tales).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le quatri&#232;me livre de Mme Batmanglij est une autre exp&#233;rience dans une nouvelle direction : la cuisine traditionnelle prend trop de temps dans la vie moderne. Comment pr&#233;parer les m&#234;mes recettes en y consacrant moins de temps ? Dans ce livre intitul&#233; &lt;i&gt;A Taste of Persia&lt;/i&gt; (1999), Mme Najmieh Batmanglij apprend &#224; ses lecteurs comment ils pourront pr&#233;parer les recettes traditionnelles iraniennes en moins d'une heure !&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4084 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH392/1239-2-bb9d1.jpg' width='336' height='392' alt='JPEG - 57.7 ko' style='height:392px;width:336px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Dans son ouvrage suivant intitul&#233; &lt;i&gt;Silk Road Cooking : A Vegetarian Journey&lt;/i&gt; (2002), Mme Batmanglij rassemble les r&#233;sultats de ses recherches et observations, pendant ses longs voyages dans les pays de la Route de la Soie : de l'Italie &#224; la Chine, en passant par les pays de la M&#233;diterran&#233;e, du Moyen-Orient, du Caucase, de l'Asie centrale, du sous-continent indien, et de l'Extr&#234;me-Orient. L'originalit&#233; de ce livre r&#233;side aussi dans la pr&#233;sentation d'un voyage &#171; v&#233;g&#233;tarien &#187; sur la route de la Soie. Il n'y a pas de viande dans ce livre qui d&#233;passe largement le cadre habituel d'un livre de recettes de cuisine pour devenir aussi une collection d'informations historiques, sociales, culturelles, et artistiques des pays de la route de la Soie. Avec ce livre, Mme Batmanglij montre qu'elle n'est pas une &#171; cheffe &#187; qui r&#233;p&#232;te &#233;ternellement les m&#234;mes recettes : elle conna&#238;t parfaitement les &#233;volutions de ces derni&#232;res d&#233;cennies dans le domaine de l'art culinaire aux Etats-Unis et dans le reste du monde, en ce qui concerne une tendance g&#233;n&#233;ralis&#233;e, parmi les connaisseurs et les amateurs de haute cuisine, pour utiliser de plus en plus d'ingr&#233;dients v&#233;g&#233;taux, et de moins en moins de viandes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un autre int&#233;r&#234;t de &lt;i&gt;Silk Road Cooking : A Vegetarian Journey&lt;/i&gt;, Najmieh Batmanglij, pr&#233;sente les recettes de diff&#233;rents pays et r&#233;gions de la route de la Soie. En lisant ce livre et en pratiquant ses recettes, le lecteur d&#233;couvre qu'il entre petit &#224; petit dans un monde culinaire &#224; la fois diversifi&#233; et unique. L'auteur montre que cette diversit&#233; vient de l'immensit&#233; g&#233;ographique des r&#233;gions situ&#233;es sur la route de la Soie et de la diversit&#233; des ingr&#233;dients, et que l'unit&#233; est assur&#233;e par la position centrale de l'Iran au c&#339;ur du monde culinaire de la route de la Soie. En effet, c'est l'esprit de la cuisine iranienne qui domine les arts culinaires de cette grande partie du monde. Un autre objectif de &lt;i&gt;Silk Road Cooking : A Vegetarian Journey&lt;/i&gt; : montrer qu'une grande partie des recettes qui sont connues aujourd'hui comme &#171; m&#233;diterran&#233;ennes &#187; sont en r&#233;alit&#233;, d'origine iranienne.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4085 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH378/1239-3-3abd0.jpg' width='336' height='378' alt='JPEG - 48.8 ko' style='height:378px;width:336px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;A ce propos, Mme Batmanglij dit : &lt;i&gt;&#171; Les Am&#233;ricains s'int&#233;ressent de plus en plus &#224; la cuisine iranienne. Les chefs des grands restaurants am&#233;ricains, surtout dans des villes o&#249; il y d'importantes communaut&#233;s iraniennes, se mettent de plus en plus &#224; se servir d'&#233;l&#233;ments et de techniques qui sont propres &#224; la cuisine iranienne. Ils ont tendance aujourd'hui &#224; utilise le safran, l'eau de rose, la grenade ou autres ingr&#233;dients qui sont utilis&#233;s habituellement par les Iraniens. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans son derni&#232;re livre, Najmieh Batmanglij s'int&#233;resse &#224; un autre aspect de la cuisine : la pr&#233;paration d'un repas est une activit&#233; familiale &#224; la fois &#233;ducative et amusante. Dans &lt;i&gt;Happy Nowruz : Cooking with Children to Celebrate the Persian New Year&lt;/i&gt; (2008), l'auteur pr&#233;sente les recettes &#224; pr&#233;parer en compagnie des enfants &#224; l'occasion de la f&#234;te nationale iranienne, Norouz.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Najmieh Batmanglij est devenue un nom connu dans le domaine de la cuisine iranienne et internationale. C'est le r&#233;sultat des ann&#233;es et des ann&#233;es de travail, de recherches, de voyages et d'exp&#233;riences. Install&#233;e en permanence &#224; l'&#233;tranger, elle n'a pas eu les moyens de veiller en personne sur la publication de ses livres et de ses recettes en Iran. Et il faut dire avec regret que ses recettes ont &#233;t&#233; quelques fois reproduites dans certains livres de cuisine en Iran, sans que les auteurs ou les &#233;diteurs se donnent la peine de mentionner le nom de Mme Batmanglij.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;Bibliographie : &lt;/b&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;i&gt;Ma Cuisine d'Iran&lt;/i&gt;, Grancher, Paris, 1984. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;i&gt;Food of Life and New Food of Life : Ancient Persian and Modern Iranian Cooking and Ceremonies&lt;/i&gt;, Mage, Washington, 1986. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;i&gt;Persian Cooking for a Healthy Kitchen&lt;/i&gt;, Mage, Washington, 1994. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;i&gt;A Taste of Persia : An Introduction to Persian Cooking&lt;/i&gt;, Mage, Washington, 1999. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;i&gt;Silk Road Cooking : A Vegetarian Journey&lt;/i&gt;, Mage, Washington, 2002. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;i&gt;Happy Nowruz : Cooking with Children to Celebrate the Persian New Year&lt;/i&gt;, Mage, Washington, 2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La cuisine iranienne au centre de la Route de la Soie</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article1238</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article1238</guid>
		<dc:date>2010-08-24T03:09:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Babak Ershadi</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans son livre intitul&#233; &lt;/i&gt;&#171; La cuisine de la route de la Soie : Un voyage v&#233;g&#233;tarien &#187; [Silk Road Cooking : A Vegetarian Journey]&lt;i&gt; (2002), Mme Najmieh Batmanglij a regroup&#233; plus de 150 recettes de la cuisine v&#233;g&#233;tarienne des pays de la route de la Soie. La route de la Soie n'&#233;tait pas seulement une voie du transit des marchandises, mais aussi celle des pens&#233;es, des croyances, des us et coutumes, des modes de vie, des ingr&#233;dients de cuisine, des recettes, et des go&#251;ts. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique163" rel="directory"&gt;N&#176; 57, ao&#251;t 2010&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH113/arton1238-f8b9f.jpg&quot; width='150' height='113' style='height:113px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans son livre intitul&#233; &lt;/i&gt;&#171; La cuisine de la route de la Soie : Un voyage v&#233;g&#233;tarien &#187; [Silk Road Cooking : A Vegetarian Journey]&lt;i&gt; (2002), Mme Najmieh Batmanglij a regroup&#233; plus de 150 recettes de la cuisine v&#233;g&#233;tarienne des pays de la route de la Soie. La route de la Soie n'&#233;tait pas seulement une voie du transit des marchandises, mais aussi celle des pens&#233;es, des croyances, des us et coutumes, des modes de vie, des ingr&#233;dients de cuisine, des recettes, et des go&#251;ts. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Les recettes ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;es avec une pr&#233;cision extr&#234;me, et les explications de l'auteur &#224; propos de l'origine de chaque recette fait de ce livre un document int&#233;ressant de l'histoire de la gastronomie traditionnelle. Dans le m&#234;me temps, l'auteur accorde une grande attention &#224; l'aspect pratique, le co&#251;t et la possibilit&#233; d'acc&#232;s aux diff&#233;rents ingr&#233;dients utilis&#233;s dans les recettes. Pendant plus de 25 ans, l'auteur a r&#233;guli&#232;rement voyag&#233; dans diff&#233;rents pays de la route de la Soie pour enrichir ses connaissances en mati&#232;re des arts culinaires de ces pays. Le texte que nous reproduisons ici est un extrait de l'introduction de ce livre.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;[&#8230;] Selon l'historien grec du IVe si&#232;cle av. J.-C., les Perses de la p&#233;riode ach&#233;m&#233;nide connaissaient diff&#233;rentes recettes de cuisine et avaient invent&#233; de nouvelles m&#233;thodes de pr&#233;paration des repas. En outre, pendant pr&#232;s d'un mill&#233;naire, les Perses avaient connu les traditions culinaires des peuples m&#233;sopotamiens. Les textes cun&#233;iformes des anciennes civilisations de la M&#233;sopotamie et du plateau iranien r&#233;servent un vocabulaire tr&#232;s riche en mati&#232;re de produits alimentaires. Ces documents anciens enregistrent les noms de vingt types de fromage, d'une trentaine de pains diff&#233;rents, et d'une centaine de soupes ! Dans ces documents, il y a &#233;galement des indications &#224; propos de l'origine g&#233;ographique de ces produits alimentaires et des m&#233;thodes de cuisine. Les peuples de l'antiquit&#233; s'&#233;changeaient mutuellement leurs recettes. Ces documents nous apprennent aussi quelques indices sur les accompagnements : la consommation, par exemple, des fruits m&#233;lang&#233;s au miel avec le plat principal.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4079 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH299/1238-1-ee7d5.jpg' width='448' height='299' alt='JPEG - 49.7 ko' style='height:299px;width:448px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Plat de polow kerm&#226;ni&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Dans un ouvrage qui appartient probablement au IVe si&#232;cle de notre &#232;re, un auteur romain r&#233;pondant au nom d'Apicius a enregistr&#233; plusieurs recettes de cuisine appartenant aux Parthes. Cependant, nous connaissons mal la cuisine des Parthes et d'autres peuples de l'Antiquit&#233; perse. L'historien romain Justin fait &#233;tat de la technique des Parthes pour produire du vin &#224; partir du jus de dattes. Selon lui, les c&#233;r&#233;ales, les l&#233;gumes, le poisson et la viande de gibier &#233;taient des produits de base dans la cuisine iranienne. Les Parthes &#233;taient des peuples nomades, et consommaient beaucoup de produits laitiers. Ils produisaient du beurre, du fromage, et du yaourt qu'ils m&#233;langeaient parfois &#224; la farine de bl&#233; (au Kurdistan, les villageois produisent aujourd'hui ce m&#233;lange qu'ils appellent &#8216;Tarkhineh'). Install&#233;s sur la route de la Soie, les Parthes auraient sans doute eu la chance de profiter de tous les ingr&#233;dients de cuisine transit&#233;s entre l'Orient et l'Occident.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4080 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH298/1238-2-63ddd.jpg' width='448' height='298' alt='JPEG - 37.7 ko' style='height:298px;width:448px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Plat de concombres birjandi aux pistaches&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Sous la dynastie des Sassanides, la capitale occidentale de l'empire, Ct&#233;siphon, fut l'un des centres les plus importants du commerce international de l'&#233;poque le long de la route de la Soie. Des r&#233;cits historiques relatent la diversit&#233; des recettes pr&#233;par&#233;es &#224; la cour des Sassanides. Un po&#232;me du IVe si&#232;cle apr. J.-C., qui d&#233;crit l'histoire de &#171; l'empereur et son g&#233;n&#233;ral &#187;, cite le nom de plusieurs repas, desserts et fruits consomm&#233;s &#224; la table dans la cour sassanide, parmi lesquels les amandes, les noix, les noix de coco venus d'Inde, les dattes et les pistaches du pays des Perses. A cette &#233;poque-l&#224;, la cuisine iranienne &#233;tait d&#233;j&#224; un art culinaire international.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette &#233;cole de cuisine &#233;labor&#233; pendant plus de mille ans a laiss&#233; plus tard un grand impact sur la cuisine des conqu&#233;rants arabes (VIIe si&#232;cle) et mongols (XIIIe si&#232;cle). Les livres de cuisine arabes du Moyen Age d&#233;crivent les recettes iraniennes. En effet, les ingr&#233;dients habituellement utilis&#233;s en Iran se sont propag&#233;s tout au long de la route de la Soie.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4081 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH298/1238-3-bc104.jpg' width='448' height='298' alt='JPEG - 40.8 ko' style='height:298px;width:448px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Salade de pois &#224; la feuille de coriandre&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Nos informations sur la cuisine des cours royales sont un peu plus pr&#233;cises : les viandes y &#233;taient consomm&#233;es r&#233;guli&#232;rement, mais les cuisiniers de la cour utilisaient aussi des l&#233;gumes, des fruits, des &#233;pices et des m&#233;langes doux ou acides pour donner plus de saveur &#224; leurs plats. Les Arabes et les Turcs ont partag&#233; leurs connaissances culinaires avec leurs voisins occidentaux en Europe et dans le bassin m&#233;diterran&#233;en. A l'Est, c'&#233;taient les Mongols qui ont transf&#233;r&#233; les savoir-faire culinaires des Perses vers l'Inde et la Chine.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_4082 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH298/1238-4-cce78.jpg' width='448' height='298' alt='JPEG - 28.7 ko' style='height:298px;width:448px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;F&#232;ves de Lima brais&#233;es &#224; l'ail et &#224; l'aneth&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chelow Kab&#226;b et f&#226;loudeh made in France</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article1237</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article1237</guid>
		<dc:date>2010-08-24T03:09:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mireille Ferreira</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;L'importante op&#233;ration d'urbanisme du Front de Seine &#224; Paris, lanc&#233;e &#224; partir des ann&#233;es 1970 sur la rive gauche de la Seine en aval de la Tour Eiffel, a longtemps attir&#233; une client&#232;le &#233;trang&#232;re ais&#233;e venue s'y installer plus ou moins durablement, parmi laquelle on comptait de nombreux Iraniens. C'est donc logiquement que quelques &#233;piciers et restaurateurs, venus eux-m&#234;mes d'Iran, se sont install&#233;s dans ce secteur, &#224; la grande satisfaction d'une client&#232;le rest&#233;e fid&#232;le &#224; ses traditions culinaires et &#224; celle d'une client&#232;le parisienne curieuse de saveurs nouvelles venues du Moyen-Orient.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique163" rel="directory"&gt;N&#176; 57, ao&#251;t 2010&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH113/arton1237-27ff3.jpg&quot; width='150' height='113' style='height:113px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'importante op&#233;ration d'urbanisme du Front de Seine &#224; Paris, lanc&#233;e &#224; partir des ann&#233;es 1970 sur la rive gauche de la Seine en aval de la Tour Eiffel, a longtemps attir&#233; une client&#232;le &#233;trang&#232;re ais&#233;e venue s'y installer plus ou moins durablement, parmi laquelle on comptait de nombreux Iraniens. [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Cette op&#233;ration fut une des r&#233;alisations les plus spectaculaires li&#233;es &#224; la (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;] C'est donc logiquement que quelques &#233;piciers et restaurateurs, venus eux-m&#234;mes d'Iran, se sont install&#233;s dans ce secteur, &#224; la grande satisfaction d'une client&#232;le rest&#233;e fid&#232;le &#224; ses traditions culinaires et &#224; celle d'une client&#232;le parisienne curieuse de saveurs nouvelles venues du Moyen-Orient. Le centre commercial Beaugrenelle du bord de Seine ayant entretemps connu quelques vicissitudes &#8211; il est actuellement en compl&#232;te r&#233;novation - les quelques restaurants iraniens qui s'y &#233;taient install&#233;s ont choisi d'&#233;migrer un peu plus au sud. Ils sont dor&#233;navant regroup&#233;s autour de quelques &#233;piceries iraniennes, au c&#339;ur m&#234;me du quartier de Grenelle, dans un p&#226;t&#233; de maisons situ&#233; entre les num&#233;ros 60 et 72 de la rue des Entrepreneurs.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4075 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L433xH336/1237-1-e1a7f.jpg' width='433' height='336' alt='JPEG - 48.5 ko' style='height:336px;width:433px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Fa&#231;ade du petit bazar d'Hamid&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;De Shiraz &#224; Paris&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sur le trottoir c&#244;t&#233; impair, se trouve le restaurant &lt;i&gt;Mazeh&lt;/i&gt;. Il est tenu par Ali Tavassoli, originaire de Shiraz, qui me re&#231;oit avec la courtoisie propre aux Iraniens, me pr&#233;sentant son &#233;pouse et son fils Sam, qui g&#232;rent &#233;galement l'&#233;tablissement. Ali esp&#232;re que Sam, qui est dipl&#244;m&#233; de la tr&#232;s renomm&#233;e &#233;cole d'art culinaire Gr&#233;goire-Ferrandi de Paris, lui succ&#232;dera le moment venu. L'entreprise familiale poss&#232;de &#233;galement un autre restaurant, le &lt;i&gt;So Rice&lt;/i&gt; dans le m&#234;me quartier du 15e arrondissement de Paris. Elle organise, par ailleurs, de nombreuses r&#233;ceptions pour une client&#232;le haut de gamme, partout en France et en Europe. 60% de sa client&#232;le est fran&#231;aise, marque de l'int&#233;r&#234;t suscit&#233; par la cuisine iranienne en Occident.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ali a &#233;t&#233; le premier iranien &#224; s'installer dans le quartier. Traiteur et restaurateur depuis 1984, il est arriv&#233; &#224; Paris en 1971 &#224; l'&#226;ge de 20 ans, apr&#232;s trois ann&#233;es pass&#233;es en Angleterre. Dipl&#244;m&#233; de l'Ecole des Beaux Arts de Paris, il se destinait &#224; l'origine aux arts plastiques et &#224; l'architecture. N'ayant, selon ses dires, ni le g&#233;nie ni le carnet d'adresses n&#233;cessaires &#224; l'exercice de ce m&#233;tier, il ne voyait pas son avenir dans l'architecture. Depuis toujours int&#233;ress&#233; par la gastronomie, il a donc pr&#233;f&#233;r&#233; s'orienter vers cette activit&#233;, au grand d&#233;sespoir de sa m&#232;re qui se mit &#224; pleurer quand il lui fit part de ses projets. Pour cette m&#232;re, cette activit&#233; qui manquait de prestige, &#233;tait le signe d'un &#233;chec. Depuis cette &#233;poque, le succ&#232;s de son fils lui a fait changer d'avis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'abord &#233;picier, il a, depuis, revendu Shalizar (&lt;i&gt;champ de riz &lt;/i&gt;en persan), l'&#233;picerie qui fait face au restaurant &lt;i&gt;Mazeh&lt;/i&gt;, renomm&#233;e &lt;i&gt;Eskan&lt;/i&gt; par l'actuel propri&#233;taire, iranien lui aussi. Pendant quelque temps, il a lou&#233;, chaque dimanche, un restaurant tunisien du centre commercial du quartier Beaugrenelle o&#249; il pr&#233;parait des plats iraniens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La carte des restaurants de la famille Tavassoli comporte tout ce qui se fait en Iran. Les recettes iraniennes classiques (soupes, brochettes, ragouts, cr&#232;mes glac&#233;es, p&#226;tisseries) sont souvent modifi&#233;es de mani&#232;re &#224; mettre &#224; profit le savoir-faire culinaire fran&#231;ais. Le plat le plus demand&#233; est le &lt;i&gt;joujeh kab&#226;b&lt;/i&gt;, les brochettes de poulet ou de coquelet, qui peuvent &#234;tre cuisin&#233;es d'une mani&#232;re traditionnelle mais aussi parfum&#233;es &#224; l'estragon, &#224; la moutarde, au basilic ; ces recettes s'inspirant des mets de la cuisine fran&#231;aise, lapin &#224; la moutarde ou poulet &#224; l'estragon. De m&#234;me, les rago&#251;ts de la carte sont moins classiques qu'en Iran, comme par exemple le &lt;i&gt;khorecht tchagh&#226;leh b&#226;dam&lt;/i&gt;, ragout aux amandes fra&#238;ches, d&#233;gust&#233; au printemps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La maison ne transige pas avec la qualit&#233;. Les ingr&#233;dients sp&#233;cifiquement iraniens sont import&#233;s d'Iran, la viande servie &#224; sa table est fran&#231;aise, pour des questions &#233;videntes de transport et de conformit&#233; aux habitudes culinaires locales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le dessert favori de la client&#232;le est le paloudeh, (nomm&#233; f&#226;loudeh &#224; T&#233;h&#233;ran), les cheveux d'ange glac&#233;s, sp&#233;cialit&#233; de Shiraz. Le restaurant fabrique lui-m&#234;me les vermicelles d'amidon qui le composent. Les incontournables &lt;i&gt;bastani&lt;/i&gt;, glaces traditionnelles, parfum&#233;es &#224; la rose ou au safran qui l'accompagnent sont aussi faites maison. La carte des desserts est &#233;galement enrichie du flan iranien et autres p&#226;tisseries diverses d'Iran.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour Ali, la cuisine iranienne se distingue par sa simplicit&#233;, elle utilise tr&#232;s peu d'&#233;pices, ce sont les herbes qui en parfument les plats dont le go&#251;t reste naturel. La qualit&#233; des ingr&#233;dients est mise en valeur par leur mode de cuisson, c'est notamment le cas pour le riz. Elle occupe une place importante dans l'Histoire, dont celle de l'Empire romain qui est &#224; la base de toute la cuisine occidentale, et celle de la cuisine chinoise dont s'inspire la cuisine asiatique. La cuisine perse est &#224; l'origine de la cuisine d'une partie de la Russie, de l'Inde, de la Gr&#232;ce, rapport&#233;e par Alexandre le Grand apr&#232;s sa conqu&#234;te de la Perse. L'ail, l'oignon, ainsi que de nombreuses herbes sont d'origine perse. Le riz, ramen&#233; d'Inde par Nader Sh&#226;h au XVIIIe si&#232;cle, a &#233;t&#233; adapt&#233; aux rives de la mer Caspienne et est devenu le riz tr&#232;s parfum&#233; qui accompagne tous les plats iraniens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ali consid&#232;re que si l'art culinaire fran&#231;ais est salu&#233; comme le plus riche du monde c'est, en partie, parce que les cuisiniers de ce pays ont toujours joui de la libert&#233; d'aller dans le monde entier pour en rapporter des &#233;pices aux saveurs nouvelles et de s'inspirer des recettes qu'ils y d&#233;couvrent.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4078 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L500xH338/1237-2-84bb2.jpg' width='500' height='338' alt='JPEG - 93.5 ko' style='height:338px;width:500px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Menu du restaurant Perchiana - recto&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Epiceries et bazars&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un petit saut de l'autre c&#244;t&#233; de la rue me projette dans un &#171; super&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;, ces petites &#233;piceries des quartiers iraniens remplies du sol au plafond. Les rayonnages de l'&#233;picerie &lt;i&gt;Eskan&lt;/i&gt; sont pleins des produits que l'on a l'habitude d'acheter chez ses confr&#232;res d'Iran. Les fruits secs viennent de chez Tav&#226;zo, le c&#233;l&#232;bre fournisseur de T&#233;h&#233;ran, le th&#233;, les pistaches, les conserves, proviennent sans doute des bazars de Tabriz, T&#233;h&#233;ran ou Ispahan. On y trouve aussi les &lt;i&gt;zereshk&lt;/i&gt; (&#233;pine-vinettes), ces petits fruits rouges s&#233;ch&#233;s dont le go&#251;t acidul&#233; se marie si bien avec le riz basmati iranien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Amir, l'aimable jeune homme qui tient la boutique, m'informe que tout est en effet import&#233;, via l'Allemagne, o&#249; r&#233;side une importante communaut&#233; iranienne. Des journaux iraniens sont en vente &#224; l'entr&#233;e de la boutique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La porte voisine ouvre sur l'&#233;picerie &lt;i&gt;Sepide&lt;/i&gt;, qui &#233;tait initialement une boulangerie ayant appartenu &#224; Manoutchehr Pirouz, maire de T&#233;h&#233;ran et gouverneur du Khouzest&#226;n &#224; l'&#233;poque de l'Empire. L'actuel propri&#233;taire poss&#232;de aussi le restaurant &lt;i&gt;Chemin&#233;e&lt;/i&gt; situ&#233; sur le m&#234;me trottoir, tenu par son &#233;pouse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un peu plus loin, au num&#233;ro 72 de la rue, j'entre dans &lt;i&gt;Bazartche&lt;/i&gt;, le petit bazar ouvert depuis sept mois seulement par Hamid. J'y rencontre le Professeur Ehs&#226;n Nar&#226;qi, venu faire ses courses en voisin. Aujourd'hui &#224; la retraite, il a enseign&#233; &#224; l'Universit&#233; de T&#233;h&#233;ran et dans de grandes universit&#233;s occidentales. Je ressors de la boutique apr&#232;s avoir achet&#233; mon th&#233; pr&#233;f&#233;r&#233;, le &lt;i&gt;Ahmad Tea&lt;/i&gt; sp&#233;cial Ceylan parfum&#233; &#224; l'Earl Grey, et, inspir&#233;e sans doute par mon entretien avec le Professeur Nar&#226;qi, je choisis un livre parmi ceux de la vitrine, sur l'histoire compliqu&#233;e des relations entre l'Iran et la France au fil des si&#232;cles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne faut pas se fier &#224; la modestie de ces petits magasins. Fournissant une grande partie des restaurants et traiteurs iraniens locaux, elles sont en r&#233;alit&#233; la vitrine d'un important n&#233;goce.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4077 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L336xH379/1237-3-fb536.jpg' width='336' height='379' alt='JPEG - 47.6 ko' style='height:379px;width:336px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:336px;'&gt;&lt;strong&gt;Fa&#231;ade du restaurant Perchiana&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:336px;'&gt;Photos : Mireille Ferierra
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Sp&#233;cialit&#233;s caspiennes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ma derni&#232;re visite sera pour Perchiana, petit restaurant affichant des sp&#233;cialit&#233;s persanes et des r&#233;gions qui entourent la mer Caspienne. Situ&#233; dans la rue Mademoiselle, au bout de la rue des Entrepreneurs, cet &#233;tablissement appartient &#224; Ghamir Zoli, originaire de la ville de T&#226;legh&#226;n, dans la province caspienne du Guil&#226;n. Arriv&#233; &#224; Paris &#224; la suite de son fr&#232;re ing&#233;nieur informaticien, il a ouvert cette petite salle de restaurant qu'il est en train d'agrandir apr&#232;s avoir achet&#233; la boutique voisine. Les ingr&#233;dients de base des tr&#232;s classiques et d&#233;licieux plats iraniens propos&#233;s par la carte de l'&#233;tablissement proviennent en grande partie de l'&#233;picerie Eskan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pendant notre entretien, le plat de brochettes &lt;i&gt;koubideh&lt;/i&gt;, (&#224; la viande hach&#233;e) servi &#224; nos deux voisines venues de l'ambassade de Chine, parfume le restaurant. Ghamir est tr&#232;s fier de sa client&#232;le. Sh&#226;hrokh Moshkin Ghalam, com&#233;dien et danseur iranien, pensionnaire de la Com&#233;die Fran&#231;aise, habite le quartier et fait aussi partie de ses habitu&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je prends cong&#233; apr&#232;s avoir d&#233;gust&#233; un rafra&#238;chissant f&#226;loudeh aux griottes, agr&#233;able conclusion de mon voyage dans ce petit bout d'Iran &#224; Paris.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Cette op&#233;ration fut une des r&#233;alisations les plus spectaculaires li&#233;es &#224; la disparition du tissu industriel de Paris, planifi&#233;e &#224; partir des ann&#233;es 1950 et qui s'est &#233;tendue dans les d&#233;cennies suivantes aux installations industrielles de la proche banlieue. Un ensemble d'une vingtaine de tours de bureaux et d'habitation, d'une hauteur encore jamais atteinte &#224; cette &#233;poque dans la capitale pour des immeubles destin&#233;s &#224; l'habitat, voyait le jour sur les terrains des anciennes usines du quai de Grenelle install&#233;es depuis la canalisation des berges de la Seine vers 1860.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'alimentation et son &#233;volution logique dans le mythe iranien du premier homme</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article1236</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article1236</guid>
		<dc:date>2010-08-24T03:09:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arefeh Hedjazi</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Cet article &#233;tudie le mythe iranien du premier couple, Mashi et Mashy&#226;neh, explique le r&#244;le de l'alimentation dans la formation de la culture et le processus de la valorisation de l'alimentation dans celle-ci. La comparaison des diff&#233;rents genres de nourritures montre que l'alimentation id&#233;ale dans la culture iranienne pr&#233;islamique &#233;tait l'alimentation v&#233;g&#233;tarienne, et que manger de la viande &#233;tait d&#233;pr&#233;ci&#233; et m&#234;me r&#233;prouv&#233;. L'alimentation m&#233;diatrice dans ce sch&#233;ma est celle bas&#233;e sur des aliments tels que le lait ou les &#339;ufs, ni v&#233;g&#233;taux, ni animaux.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique163" rel="directory"&gt;N&#176; 57, ao&#251;t 2010&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH113/arton1236-66bdb.jpg&quot; width='150' height='113' style='height:113px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cet article &#233;tudie le mythe iranien du premier couple, Mashi et Mashy&#226;neh, explique le r&#244;le de l'alimentation dans la formation de la culture et le processus de la valorisation de l'alimentation dans celle-ci. La comparaison des diff&#233;rents genres de nourritures montre que l'alimentation id&#233;ale dans la culture iranienne pr&#233;islamique &#233;tait l'alimentation v&#233;g&#233;tarienne, et que manger de la viande &#233;tait d&#233;pr&#233;ci&#233; et m&#234;me r&#233;prouv&#233;. L'alimentation m&#233;diatrice dans ce sch&#233;ma est celle bas&#233;e sur des aliments tels que le lait ou les &#339;ufs, ni v&#233;g&#233;taux, ni animaux. C'est le proc&#232;s de cette valorisation qui fait l'objet de la pr&#233;sente &#233;tude.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le mythe est une r&#233;flexion intelligente et cr&#233;ative de la mani&#232;re dont l'&#226;me et la pens&#233;e humaines &#233;voluent en r&#233;action &#224; la r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure. De la m&#234;me mani&#232;re, la narration mythologique est un &#233;cho particulier de la compr&#233;hension et de la connaissance humaine appliqu&#233;e &#224; la r&#233;alit&#233;, une compr&#233;hension bas&#233;e sur un certain nombre d'imp&#233;ratifs n&#233;s d'un postulat premier, qui interpr&#232;te son sujet en s'alliant au r&#233;el. Autrement dit, dans le mythe, c'est l'imaginaire mental qui prend la place de la r&#233;alit&#233; objective. (&#8230;)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Conna&#238;tre cette particularit&#233; du r&#233;cit mythologique permet la compr&#233;hension du sens cach&#233; du mythe, ainsi que les croyances qu'il a entra&#238;n&#233;es au cours de l'histoire et des exp&#233;riences qui le sous-tendent. Cette connaissance devient possible gr&#226;ce, d'une part, &#224; l'&#233;tude des &#233;l&#233;ments formant le r&#233;cit, et d'autre part &#224; leur interaction dans la trame du r&#233;cit. Cependant, le mythe qui, sur la base d'une hypoth&#232;se pr&#233;suppos&#233;e, explique le th&#232;me qu'il d&#233;veloppe dans sa relation avec la r&#233;alit&#233;, ne fonctionne pas hors de la logique de l'esprit humain. En ce sens, le mythe ne se r&#233;sume pas &#224; son hypoth&#232;se, mais rapproche la r&#233;alit&#233; mentale qu'il &#233;bauche de la r&#233;alit&#233; objective pour offrir une meilleure compr&#233;hension du th&#232;me. Dans l'&#233;tude d'un mythe, mis &#224; part la connaissance de l'hypoth&#232;se mentale qui le structure, l'&#233;tude de l'interaction de ses &#233;l&#233;ments fondateurs et de leur correspondance d'une part, et la comparaison et le rapprochement de ces &#233;l&#233;ments avec d'autres &#233;l&#233;ments mythologiques analogues d'autre part, permet d'atteindre des r&#233;sultats probants.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4073 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH298/1236-1-cac3c.jpg' width='448' height='298' alt='JPEG - 45.8 ko' style='height:298px;width:448px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Bas-relief &#224; Pers&#233;polis, Shir&#226;z&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Nous essaierons dans cet article de pr&#233;senter une &#233;tude comparative et structuraliste de l'un des mythes iraniens, celui du premier couple, Mashi et Mashy&#226;neh. Dans cette &#233;tude, en mettant en parall&#232;le plusieurs r&#233;cits mythologiques et en utilisant les donn&#233;es des recherches de Levi Strauss, nous analyserons structurellement le mythe des premiers hommes. Nous tenterons avant tout de montrer le processus logique d'un tel r&#233;cit en rapport avec le th&#232;me qu'il exprime. Le but est ainsi de trouver un moyen pour l'analyse d'un r&#233;cit mythologique, une m&#233;thode automatiquement utilis&#233;e pour de telles analyses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parmi les importants mythes mondiaux, il y a celui de la cr&#233;ation de l'homme, et les th&#232;mes connexes, c'est-&#224;-dire la mani&#232;re dont cet homme s'est diss&#233;min&#233; &#224; travers le monde, ainsi que la question de sa descendance. Le mythe iranien en la mati&#232;re parle d'un premier couple, Mashi et Mashy&#226;neh ou Mahli et Mahly&#226;neh. Le document le plus important et fiable rapportant ce mythe est le &lt;i&gt;Bondaheshn&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Recueil de textes cosmogoniques zoroastriens.' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]. Dans ce texte, deux versions du mythe existent qui citent toutes les deux l'hypoth&#232;se pr&#233;suppos&#233;e de l'existence d'une plante fondamentale originelle pr&#233;c&#233;dant l'homme et la rapproche de la r&#233;alit&#233; objective de la f&#233;condit&#233;. Dans le premier texte, nous avons ceci : &lt;i&gt;&#171; Quand en mourant, Kioumarth&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Premier homme, cr&#233;&#233; par Ahura Mazda, Kioumarth est le prototype de l'humanit&#233; (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;i&gt; donna sa semence, &#8230; quarante ans durant, elle demeura dans le sol. Apr&#232;s la fin des quarante ans, une rhubarbe &#224; la branche unique, &#224; quinze feuilles, Mahli et Mahly&#226;neh, poussa. Droits comme au garde-&#224;-vous, l'un &#224; l'autre m&#234;l&#233;, ils avaient la m&#234;me taille et la m&#234;me personne. Entre tous les deux poussa le farrah&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Sorte d'&#233;nergie divine spirituelle qui donne de la force et du pouvoir aux (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;i&gt;, ils avaient tous la m&#234;me taille et on ne pouvait distinguer le m&#226;le de la femelle, ni le farrah d'eux deux, lequel &#233;tait le farrah cr&#233;&#233; par Ahura Mazda, qui &#233;tait avec eux, et qui est le farrah avec lequel les hommes furent cr&#233;&#233;s... Puis leur corps v&#233;g&#233;tal se transforma en corps humain et le farrah entra en eux spirituellement et il est l'esprit. Aujourd'hui aussi, les humains sont comme l'arbre bien redress&#233; dont le fruit est de dix esp&#232;ces d'hommes. Hormozd dit &#224; Mashi et Mashy&#226;neh : &#171; &lt;/i&gt;Vous &#234;tes des humains, vous &#234;tes le p&#232;re et la m&#232;re des hommes, je vous ai cr&#233;&#233; avec la meilleure des raisons, faites les choses avec la meilleure des raisons saines, pensez le bien, dites le bien et faites le bien et n'idol&#226;trez pas les &lt;i&gt;div&lt;/i&gt; (d&#233;mons).&lt;i&gt; &#187; Quand ils commenc&#232;rent &#224; penser l'autre, ils pens&#232;rent d'abord : &#171; &lt;/i&gt;Il est humain&lt;i&gt;. &#187; Quand ils se mirent en marche, leur premi&#232;re activit&#233; fut de penser. La premi&#232;re parole qu'ils prof&#233;r&#232;rent fut &#171; &lt;/i&gt;Hormozd a cr&#233;&#233; l'eau et la terre et la plante et l'animal et l'&#233;toile et la lune et le soleil et tout le bonheur qui na&#238;t de la vertu&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;et ils les nomm&#232;rent &lt;/i&gt;bon-o-barr&lt;i&gt; (le haut et la base). Alors, Ahriman attaqua leur pens&#233;e et la pollua et ils dirent : &#171; &lt;/i&gt;Ahriman cr&#233;a l'eau et la terre et la plante et toutes autres choses.&lt;i&gt; &#187; Il fut ainsi dit qu'ils prof&#233;r&#232;rent leur premier mensonge sous l'instigation des &lt;/i&gt;divs&lt;i&gt;. La premi&#232;re joie qu'Ahriman eut d'eux fut qu'&#224; cause de ce premier mensonge leur esprit devint p&#233;cheur, menteur et impur et leur esprit est, jusqu'&#224; celui du dernier des hommes, en enfer. Ils se nourrirent pour trente jours de soupe v&#233;g&#233;tale et se v&#234;tirent avec des plantes. Apr&#232;s trente jours, en chasse, ils rencontr&#232;rent une ch&#232;vre au poil blanc et suc&#232;rent son lait avec leurs bouches... Trente jours et nuits plus tard, ils rencontr&#232;rent un mouton au poil noir et au museau blanc. Ils le tu&#232;rent et sur l'avis des anges, allum&#232;rent un feu de bois du jujubier et du buis car ces deux bois donnent un meilleur feu... ils r&#244;tirent le mouton et jet&#232;rent une poign&#233;e de viande dans le feu et dirent : &#171; &lt;/i&gt;Voici la part du feu&lt;i&gt;. &#187; Et ils en jet&#232;rent une tranche au ciel et dirent que c'est la part des anges (...) Ils se couvrirent avec des peaux. Ensuite, ils port&#232;rent des v&#234;tements faits de poil, puis ils fil&#232;rent le poil et en firent des tissus et les port&#232;rent. Ils creus&#232;rent un foss&#233;, y mirent le fer &#224; s'&#233;purer, ils coup&#232;rent le fer avec de la pierre et en fabriqu&#232;rent une lame, ils coup&#232;rent l'arbre avec elle et d&#233;cor&#232;rent leur place avec du bois. Leur ingratitude permit aux &lt;/i&gt;divs&lt;i&gt; de montrer l'apog&#233;e de leur mal. Ainsi, la mauvaise jalousie s'enflamma d'elle-m&#234;me dans le c&#339;ur de ces deux (Mashi et Mashy&#226;neh). Ils s'&#233;lanc&#232;rent l'un contre l'autre. Ils se frapp&#232;rent, se d&#233;chir&#232;rent et s'arrach&#232;rent les cheveux. Alors les &lt;/i&gt;divs&lt;i&gt;, depuis l'obscurit&#233;, annonc&#232;rent que &#171; &lt;/i&gt;Vous &#234;tes des hommes, idol&#226;trez le &lt;i&gt;Div&lt;/i&gt; pour que la jalousie se calme.&lt;i&gt; &#187; Mashy&#226;neh s'&#233;loigna, puis elle versa le lait d'une vache qu'ils avaient trait ensemble dans la direction du nord. De leur croyance en les divs, les divs devinrent puissants et ils firent en sorte que pendant cinquante ans, ces deux ne se m&#234;l&#232;rent pas, et s'ils le firent, n'eurent pas d'enfants. Apr&#232;s cinquante ans, ils d&#233;cid&#232;rent d'enfanter et ils pensaient qu'ils devaient le faire pour cinquante ans. En neuf mois, d'eux naquirent une paire d'homme et de femme. Le go&#251;t des enfants &#233;tait si d&#233;licieux que la m&#232;re en m&#226;cha un et le p&#232;re l'autre. Hormozd diminua alors leur go&#251;t dans leur esprit et le rempla&#231;a par le go&#251;t de leur &#233;ducation. Six paires d'hommes et de femmes naquirent d'eux. Les fr&#232;res prirent les s&#339;urs pour femmes. Avec Mashi et Mashy&#226;neh, ils formaient tous ensemble sept paires. De chacun des paires pendant cinquante ans naquirent des enfants et chacun d'eux mourut apr&#232;s cent ans... De chaque paire naquit beaucoup d'enfants et de l&#224; vient la multiplicit&#233; des hommes...&quot; &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;Bondaheshn&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;pp.81-83).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans la deuxi&#232;me version c'est la question de l'alimentation de ce premier couple compar&#233;e &#224; celle des autres, qui est abord&#233;e :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&quot;Il est racont&#233; dans le livre de la foi que Mashi et Mashy&#226;neh, quand ils pouss&#232;rent du sol, burent d'abord de l'eau, puis mang&#232;rent des plantes, puis burent du lait, puis mang&#232;rent de la viande. Les hommes aussi, &#224; l'heure de la mort, cessent d'abord de se nourrir de viande, puis cessent de boire du lait, puis cessent de se nourrir de pain et jusqu'&#224; leur fin, boivent uniquement de l'eau. Ainsi, dans le mill&#233;naire d'Oushidarm&#226;h&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Deuxi&#232;me mill&#233;naire du cycle universel du zoroastrisme.' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;i&gt;, le pouvoir de l'Az (&lt;/i&gt;div&lt;i&gt; de la convoitise) diminue, et les hommes restent rassasi&#233;s trois jours et trois nuits durant avec un seul mets. Apr&#232;s cela, ils cessent d'&#234;tre carnivores et se nourrissent de plantes et de lait de brebis. Ils cessent ensuite de boire du lait, puis d'&#234;tre v&#233;g&#233;tariens, et ne se nourrissent que d'eau. Dix ans avant la venue de Soushi&#226;ness (Saoshyant), les hommes ne se nourrissent plus et vivent ainsi sans mourir. Puis Soushi&#226;ness (Saoshyant) ressuscite les morts.&quot;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Bondaheshn, &lt;/i&gt;p. 145).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le &lt;i&gt;Bondaheshn, &lt;/i&gt;l'alimentation du premier animal, la vache, est d&#233;crit ainsi :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&quot;Il dit ainsi que : &quot;J'ai cr&#233;&#233; deux fois la vache en raison de sa place &#233;lev&#233;e. Une fois sous la forme de vache, une autre fois sous la forme d'un animal aux esp&#232;ces multiples. Trente nuits et trente jours, elle ne mangea point. Puis elle but de l'eau, puis se nourrit des plantes.&quot; &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;Bondaheshn, &lt;/i&gt;p.78).&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4074 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L448xH305/1236-2-ffbb6.jpg' width='448' height='305' alt='JPEG - 49.6 ko' style='height:305px;width:448px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Pr&#234;tres m&#232;des et arachosiens, bas-reliefs &#224; Pers&#233;polis, Shir&#226;z&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Les deux premi&#232;res versions cit&#233;es d&#233;crivent la cr&#233;ation du premier couple humain et son alimentation depuis l'origine jusqu'&#224; la fin des temps. Ce couple qui na&#238;t d'abord sous la forme d'une plante se transforme apr&#232;s plusieurs &#233;tapes en couple humain. Mis &#224; part les &#233;l&#233;ments innombrables que ces deux r&#233;cits mettent &#224; la disposition des chercheurs de diff&#233;rentes branches, l'alimentation dans ce mythe joue un r&#244;le primordial pour expliquer la mani&#232;re dont la plante originelle se transforme en un couple d'humains. Le mythe de la cr&#233;ation sous la forme d'une plante (la prise en compte du mod&#232;le v&#233;g&#233;tal), existe dans la plupart des civilisations ; l'on estime que la relation de l'homme &#224; la terre et ses connaissances en agriculture sont &#224; l'origine de ce type de mythes. Dans le mythe iranien, le couple Mashi et Mashy&#226;neh na&#238;t de la semence de Kioumarth, tomb&#233;e sur le sol sous la forme d'une rhubarbe, &#233;v&#232;nement qui rappelle la croissance v&#233;g&#233;tale. L'analogie entre l'humain et la plante, et l'hypoth&#232;se v&#233;g&#233;tale originelle pour l'homme sont des &#233;l&#233;ments fondateurs dans les mythologies indo-europ&#233;ennes, notamment dans les mythologies indiennes et germaniques. (Manhardt, 1875, 8-7) Dans l'un des mythes scandinaves, nous avons le r&#233;cit de trois hivers successifs, sans &#233;t&#233;s, trois hivers se succ&#233;dant sans rupture et faisant ainsi tout dispara&#238;tre. Le seul couple qui survit est celui de Lif et Leifhrasir qui se cachent au c&#339;ur d'un arbre et se nourrissent de ros&#233;e. De ce couple est n&#233; une nouvelle g&#233;n&#233;ration d'homme (Orlik, 1922, 15-6).Ce r&#233;cit d&#233;crit ainsi la continuation d'un couple humain - qui a, telles les plantes, une alimentation v&#233;g&#233;tale- durant la p&#233;riode du chaos originel (= le commencement de la cr&#233;ation apr&#232;s le n&#233;ant). Cette cr&#233;ation premi&#232;re est diff&#233;rente de la cr&#233;ation de Mashi et Mashy&#226;neh du point de vue quantitatif. Mais l'analogie entre les deux est l'hypoth&#232;se d'une cr&#233;ation primitivement v&#233;g&#233;tale pour l'homme et sa diss&#233;mination &#224; travers le monde. Le mythe scandinave ne d&#233;crit pas le comment de cette &#233;volution et l'hypoth&#232;se v&#233;g&#233;tale dans son cas est une courte description d'une humanit&#233; dont l'origine r&#233;side dans la survie dans l'arbre (=origine v&#233;g&#233;tale) et dans la ros&#233;e dont le premier couple se nourrit (=alimentation v&#233;g&#233;tarienne). Le mythe iranien d&#233;crit le processus logique de la transformation de la plante en l'humain et tente d'associer le postulat de l'origine v&#233;g&#233;tale de l'homme avec la r&#233;alit&#233; objective, c'est &#224; dire la procr&#233;ation normale. On ne peut accepter que le premier humain soit venu sur terre de la m&#234;me mani&#232;re que le reste de l'humanit&#233;, c'est-&#224;-dire du rapprochement entre un homme et une femme. Le mythe a ainsi avanc&#233; une justification bas&#233;e sur la causalit&#233; en prenant comme postulat premier une origine v&#233;g&#233;tale pour l'homme. Mais le mythe tente aussi de relier cette explication avec la r&#233;alit&#233; objective sur une base logique pour pouvoir totalement justifier la naissance de l'humanit&#233; sur terre. En d'autres termes, il explique comment l'homme, d'origine v&#233;g&#233;tale, est devenu humain, car l'origine v&#233;g&#233;tale, dans son essence m&#234;me, emp&#234;che l'homme de vivre objectivement son humanit&#233;. Cette qualit&#233; de l'origine v&#233;g&#233;tale ne remet pas en cause le postulat premier, c'est ce postulat qui a conduit au mythe. D'autre part, m&#234;me dans le cadre du mythe, l'hypoth&#232;se axiomatique de l'origine v&#233;g&#233;tale de l'homme est soumise &#224; la logique de l'esprit humain et le mythe doit, pour expliquer le processus de la transformation du v&#233;g&#233;tal en humain, s&#233;lectionner et synth&#233;tiser des &#233;l&#233;ments permettant &#224; la rationalit&#233; de sortir de l'impasse de l'impossibilit&#233;, ce que l'hypoth&#232;se en soi ne peut faire seule.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans l'optique globale de ce mythe, la cr&#233;ation du premier couple humain est analogue &#224; celle des plantes. Mais l'insistance sur la diff&#233;renciation des deux sexes (diff&#233;renciation non soulign&#233;e dans le monde v&#233;g&#233;tal) est logiquement toujours pr&#233;sente. Ce mythe ne pr&#233;tend donc pas que l'homme est une plante mais que &#171; le premier couple d'humains est dot&#233; d'un corps v&#233;g&#233;tal lors de la premi&#232;re &#233;tape de sa cr&#233;ation &#187;. La structure et l'ordre particulier qui agencent cette hypoth&#232;se sont bas&#233;s sur certains &#233;l&#233;ments sociaux, &#233;conomiques, g&#233;ographiques et culturels de l'&#233;poque o&#249; le mythe prend forme. Cette comparaison entre l'homme et la plante montre d'une part la sacralit&#233; de l'&#233;l&#233;ment v&#233;g&#233;tal dans une telle civilisation (l'agriculture) et se pr&#233;sente d'autre part comme une r&#233;ponse et une solution logique au dilemme de la cr&#233;ation du premier homme. Cela dit, il faut signaler que la facult&#233; de symbolisation propre &#224; l'homme est dans ce sch&#233;ma doubl&#233;e par la ressemblance presque naturelle entre les plantes et l'homme, ressemblance qui rend possible la formation d'un nouveau sens. C'est la symbolique de la naissance, en tant que noyau central de l'exp&#233;rience humaine qui sous-tend ce mythe et qui y est exploit&#233;e. La prise en compte de la naissance en tant que ph&#233;nom&#232;ne permet &#224; deux types de naissances diff&#233;rentes, produits de deux exp&#233;riences diff&#233;rentes, de prendre place c&#244;te &#224; c&#244;te et r&#233;pondent &#224; l'une des interrogations de la cr&#233;ation. La croissance des v&#233;g&#233;taux dans le sol &#224; partir d'une graine, et la croissance de l'humain dans le corps de la m&#232;re, &#224; partir aussi d'une graine, est l'une des ressemblances fondamentales entre les deux esp&#232;ces, exprim&#233;e m&#233;taphoriquement dans le mythe. Dans le langage aussi, le mot &#171; semence &#187; a des usages diff&#233;rents mais des sens parall&#232;les. Cela dit, le mythe ne simplifie rien en soi, au contraire, il doit adapter et mettre en parall&#232;le son postulat premier avec la r&#233;alit&#233; objective.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le r&#233;cit du &lt;i&gt;Bondaheshn&lt;/i&gt;, il est dit que Mashi et Mashy&#226;neh se transforment de cr&#233;atures au corps v&#233;g&#233;tal en cr&#233;atures au corps humain. Mais ils sont encore mi-hommes mi-plantes et leur alimentation est encore v&#233;g&#233;tarienne. L'effort m&#233;taphorique du langage, qui se voit dans des mots tels qu'&#171; habillement &#187; ou &quot;repas&quot;, qui sont propres &#224; l'homme, ne suffit pas pour s&#233;parer l'homme du v&#233;g&#233;tal. Dans la deuxi&#232;me &#233;tape de leur cr&#233;ation, ils boivent du lait durant trente jours. Dans cette &#233;tape, le mythe cherche un m&#233;diateur entre l'alimentation v&#233;g&#233;tarienne de la premi&#232;re &#233;tape et l'alimentation omnivore (carnivore) de la troisi&#232;me &#233;tape. Le lait est le meilleur aliment interm&#233;diaire, il est un aliment obtenu d'un animal, mais d'un animal qui se nourrit de plantes. En quelque sorte, le lait n'est ni un aliment v&#233;g&#233;tal, ni un aliment animal, et l'homme et la plante peuvent tous deux s'en nourrir. Lors de la troisi&#232;me &#233;tape, apr&#232;s avoir mang&#233; de la viande, Mashi et Mashy&#226;neh se battent ensemble, s'accouplent et vont jusqu'&#224; manger leurs enfants. Mais c'est justement lors de cette &#233;tape que l'homme se distingue de son origine v&#233;g&#233;tale et avec l'&#233;veil de la sexualit&#233;, le paradoxe existant en la mati&#232;re pour le couple au corps v&#233;g&#233;tal dispara&#238;t. L'alimentation est un sujet que le mythe choisit en raison de son importance pour exprimer la diff&#233;rence entre les sexes. Ce th&#232;me de l'aliment est aussi visible dans le r&#233;cit d'Adam et Eve. En consommant un aliment interdit, ces deux se diff&#233;rencient sexuellement et c'est avec leur exclusion du Paradis que l'humanit&#233; se disperse et commence &#224; se d&#233;velopper. De la m&#234;me mani&#232;re, il y a le r&#233;cit de leurs enfants, Ca&#239;n et Abel, dont le premier est chasseur et le second agriculteur, qui entrent en conflit l'un avec l'autre. Ca&#239;n commence une guerre (le chasseur carnivore) dont le pr&#233;texte est la femme d'Abel (le d&#233;sir). Dans tous les cas, de m&#234;me que dans le &lt;i&gt;Bondaheshn&lt;/i&gt;, on voit que l'homme, gr&#226;ce &#224; la connaissance de ses paradoxes et contradictions, ainsi que celle des interrelations entre le v&#233;g&#233;tal et l'humain, et en mettant en sc&#232;ne les r&#244;les et les positions de ces deux vis-&#224;-vis l'un de l'autre, exprime finalement son propre th&#232;me. L'humain et le v&#233;g&#233;tal ont chacun leur place et leur sacralit&#233; respective. Mais la sacralit&#233; v&#233;g&#233;tale de la plante, en tant que forme originelle et basique de l'homme &#224; l'&#233;poque des commencements de la cr&#233;ation demeure, et l'homme la pr&#233;serve comme une r&#232;gle essentielle et sacr&#233;e. Au cours de sa vie, l'homme s'&#233;loigne de ce mod&#232;le divin mais finit par y retourner.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Recueil de textes cosmogoniques zoroastriens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Premier homme, cr&#233;&#233; par Ahura Mazda, Kioumarth est le prototype de l'humanit&#233; dans la cosmogonie zoroastrienne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] Sorte d'&#233;nergie divine spirituelle qui donne de la force et du pouvoir aux hommes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Deuxi&#232;me mill&#233;naire du cycle universel du zoroastrisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le vin dans la po&#233;sie gnostique &#224; travers l'exemple de H&#226;fez : de l'ivresse terrestre &#224; l'extase spirituelle</title>
		<link>http://www.teheran.ir/spip.php?article1235</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.teheran.ir/spip.php?article1235</guid>
		<dc:date>2010-08-24T03:09:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Am&#233;lie Neuve-Eglise</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Bien que r&#233;v&#233;l&#233;e progressivement, l'interdiction du vin est clairement exprim&#233;e dans le Coran et a &#233;t&#233; rattach&#233;e &#224; plusieurs causes : individuelle, en ce qu'il alt&#232;re la raison alors que la religion se veut un &#233;veil conscient de l'homme &#224; lui-m&#234;me, ou encore sociale de par les d&#233;sordres et dangers qu'il peut g&#233;n&#233;rer au sein de la soci&#233;t&#233;. Dans le Coran, les boissons enivrantes sont &#233;voqu&#233;es dans deux contextes : terrestre, o&#249; elles sont l'objet d'une progressive interdiction, et dans l'Au-del&#224;, comme l'une des r&#233;compenses des croyants au Paradis.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.teheran.ir/spip.php?rubrique163" rel="directory"&gt;N&#176; 57, ao&#251;t 2010&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L150xH114/arton1235-ce6d3.jpg&quot; width='150' height='114' style='height:114px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_4069 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;width:311px;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L311xH448/1235-1-d83bb.jpg' width='311' height='448' alt='JPEG - 40.9 ko' style='height:448px;width:311px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:311px;'&gt;&lt;strong&gt;Ni&#226;yesh (Pri&#232;re), oeuvre de Farshtchi&#226;n&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Bien que r&#233;v&#233;l&#233;e progressivement, l'interdiction du vin est clairement exprim&#233;e dans le Coran et a &#233;t&#233; rattach&#233;e &#224; plusieurs causes : individuelle, en ce qu'il alt&#232;re la raison alors que la religion se veut un &#233;veil conscient de l'homme &#224; lui-m&#234;me, ou encore sociale de par les d&#233;sordres et dangers qu'il peut g&#233;n&#233;rer au sein de la soci&#233;t&#233;. Dans le Coran, les boissons enivrantes sont &#233;voqu&#233;es dans deux contextes : terrestre, o&#249; elles sont l'objet d'une progressive interdiction, et dans l'Au-del&#224;, comme l'une des r&#233;compenses des croyants au Paradis. D&#232;s lors, une question se pose : comment ce qui est interdit et consid&#233;r&#233; comme n&#233;gatif ici-bas peut &#234;tre un &#233;l&#233;ment du Paradis promis ? Parlons-nous toujours d'une m&#234;me chose ? L'&#233;tat de perplexit&#233; ira croissant en d&#233;couvrant que de nombreux po&#232;tes arabes et iraniens post&#233;rieurs &#224; l'islam comme Ibn al-F&#226;rid, Omar Khayy&#226;m ou encore H&#226;fez ont fait l'&#233;loge du vin et de l'&#233;tat d'ivresse dans des po&#232;mes qualifi&#233;s par de nombreux commentateurs de &quot;bachiques&quot; (&lt;i&gt;khamriyy&#226;t&lt;/i&gt;). Selon ces derniers, ces vers seraient l'expression la plus parfaite de l'existence d'une sorte d' &quot;&#233;picurisme islamique&quot;. Doit-on alors consid&#233;rer H&#226;fez &#8211; dont le nom m&#234;me signifie &#171; celui qui connait le Coran par c&#339;ur &#187; &#8211; comme un croyant libertin sacrifiant certains interdits religieux, et non des moindres, sur l'autel de l'amour des plaisirs terrestres ? Si de nombreux commentateurs iraniens et &#233;trangers ont r&#233;pondu par l'affirmative, une lecture plus attentive des po&#232;mes de H&#226;fez et de leur signification g&#233;n&#233;rale nous permettra de montrer que le motif du vin est utilis&#233; dans le cadre d'une symbolique tr&#232;s riche de la qu&#234;te humaine de Dieu visant notamment &#224; exprimer les diff&#233;rents &#233;tats du p&#232;lerin (&lt;i&gt;s&#226;lik&lt;/i&gt;) au cours de ce parcours spirituel.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Entre interdiction terrestre et d&#233;lice paradisiaque&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans le Coran, les boissons enivrantes sont d&#233;sign&#233;es par le mot &lt;i&gt;khamr&lt;/i&gt; (qui fait r&#233;f&#233;rence &#224; la fermentation (&lt;i&gt;takhmir&lt;/i&gt;) dont ces boissons sont issues) [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Khamr est &#233;galement issu de la racine kh-m-r qui &#233;voque l'id&#233;e de (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;], ou encore par &lt;i&gt;sakar&lt;/i&gt;, nom issu de &lt;i&gt;sokr&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;sakra&lt;/i&gt; qui exprime l'ivresse ou l'&#233;tat d'&#233;bri&#233;t&#233;. Le &lt;i&gt;khamr&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;sakar &lt;/i&gt;d&#233;signent ainsi toute boisson qui, &#224; la suite d'une fermentation, entra&#238;ne une ivresse et alt&#232;re l'exercice de la raison. [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='All&#226;meh Tab&#226;tab&#226;'i, Tasfir al-Miz&#226;n, traduction persane de Seyyed Mohammad B&#226;qer (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;] Outre l'ivresse, le mot &lt;i&gt;sakra&lt;/i&gt; signifie &#233;galement un &#233;tat d'&#233;tonnement intense, de grande stupeur ou de torpeur ; on retrouve donc dans les deux cas la m&#234;me id&#233;e d'un &#233;tat o&#249; la raison est affaiblie ou submerg&#233;e par les sentiments et les passions. [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Dans le m&#234;me sens, l'agonie est parfois d&#233;sign&#233;e par l'expression sakra (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;] Ainsi, dans le Coran, le peuple de Loth est d&#233;crit comme compos&#233; de personnes qui &quot;&lt;i&gt;se confondaient dans leur d&#233;lire&lt;/i&gt; &lt;i&gt;(&lt;/i&gt;sakra&lt;i&gt;)&lt;/i&gt;&quot; (15:72).&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4070 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;width:312px;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L312xH448/1235-2-0f18c.jpg' width='312' height='448' alt='JPEG - 52.5 ko' style='height:448px;width:312px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:312px;'&gt;&lt;strong&gt;Nesh&#226;n-e Massir (le signe de la voie), par Mahmoud Farshtchi&#226;n&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;L'interdiction du vin a &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e de fa&#231;on progressive, &#233;tant donn&#233; le rejet qu'aurait pu produire sa prohibition subite dans une soci&#233;t&#233; habitu&#233;e &#224; en consommer de fa&#231;on r&#233;guli&#232;re. Il fut ainsi d'abord r&#233;v&#233;l&#233; aux croyants de ne pas prier en &#233;tat d'ivresse : &#171; &lt;i&gt;&#1588; les croyants ! N'approchez pas de la pri&#232;re (&lt;/i&gt;sal&#226;t&lt;i&gt;) alors que vous &#234;tes ivres (&lt;/i&gt;suk&#226;r&#226;&lt;i&gt;), jusqu'&#224; ce que vous compreniez ce que vous dites&lt;/i&gt; &#187; (4:43). Si un autre verset &#233;voque certains avantages du vin, son aspect n&#233;gatif pr&#233;vaut clairement : &#171; &lt;i&gt;Ils t'interrogent sur le vin (&lt;/i&gt;al-khamr&lt;i&gt;) et les jeux de hasard. Dis : &#8220;Dans les deux il y a un grand p&#233;ch&#233; et quelques avantages pour les gens ; mais dans les deux, le p&#233;ch&#233; est plus grand que l'utilit&#233;&lt;/i&gt; &#187; (2:219). L'interdiction ne fut d&#233;finitivement r&#233;v&#233;l&#233;e que par la suite dans un verset de la sourate &#171; La table servie &#187;, qui ne laisse plus aucun doute sur le statut l&#233;gal du vin : &#171; &lt;i&gt;Le Diable ne veut que jeter parmi vous, &#224; travers le vin (&lt;/i&gt;al-khamr&lt;i&gt;) et le jeu de hasard, l'inimit&#233; et la haine, et vous d&#233;tourner d'invoquer Allah et de la pri&#232;re. Allez-vous donc y mettre fin ?&lt;/i&gt; &#187; (5.91). [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Dieu est cependant conciliant envers ceux qui ont consomm&#233; de l'alcool avant (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;] Le vin est ici directement associ&#233; au diable, dont le but supr&#234;me reste d'&#233;loigner l'homme de Son cr&#233;ateur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Face &#224; cette interdiction sans appel, le vin est n&#233;anmoins consid&#233;r&#233; comme l'un des d&#233;lices du Paradis dans plusieurs versets : &#171; &lt;i&gt;Voici la description du Paradis qui a &#233;t&#233; promis aux pieux : il y aura l&#224; [&#8230;] des ruisseaux d'un vin (&lt;/i&gt;khamr&lt;i&gt;) d&#233;licieux &#224; boire, ainsi que des ruisseaux d'un miel purifi&#233;&lt;/i&gt; &#187; (47:15). D'autres versets &#233;voquent un &#171; nectar cachet&#233; &#187; (&lt;i&gt;rahiq makhtoum&lt;/i&gt;) [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; On leur sert &#224; boire un nectar cachet&#233; (rahiq makhtoum) laissant un (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;] ou une &#171; boisson tr&#232;s pure &#187; (&lt;i&gt;shar&#226;b tahour&lt;/i&gt;) dont Dieu abreuve directement les croyants [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; Ils porteront des v&#234;tements verts de satin et de brocart. Et ils seront (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]. Cependant, contrairement au vin de ce monde, le vin du paradis ne provoque ni &#233;tourdissement ni alt&#233;ration de l'intellect, mais donne au contraire une clairvoyance parfaite : &#171; &lt;i&gt;Parmi eux circuleront des gar&#231;ons &#233;ternellement jeunes, avec des coupes, des aigui&#232;res et un verre [rempli] d'une liqueur de source qui ne leur provoquera ni maux de t&#234;te ni &#233;tourdissement&lt;/i&gt; &#187; (56:17-19). Est &#233;voqu&#233;e ici l'une des cl&#233;s qui nous permettra de comprendre l'essence du vin chez un po&#232;te comme H&#226;fez. Enfin, la notion d'ivresse dans l'autre monde est &#233;galement mentionn&#233;e, mais dans un aspect n&#233;gatif : &#171; &lt;i&gt;Le jour o&#249; vous le verrez, toute nourrice oubliera ce qu'elle allaitait, et toute femelle enceinte avortera de ce qu'elle portait. Et tu verras les gens ivres, alors qu'ils ne le sont pas. Mais le ch&#226;timent d'Allah est dur&lt;/i&gt; &#187; (22:2).&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le vin dans la tradition po&#233;tique et la gnostique persane : l'amour divin comme fondement et moteur de la cr&#233;ation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avant d'&#233;voquer plus pr&#233;cis&#233;ment le motif du vin dans la po&#233;sie de H&#226;fez, il est n&#233;cessaire de pr&#233;senter de fa&#231;on succincte ce qui semble &#234;tre sa vision g&#233;n&#233;rale du monde et de l'origine de la cr&#233;ation. Dans un vers rest&#233; fameux, H&#226;fez &#233;crit : &quot;&lt;i&gt;Dans la pr&#233;&#233;ternit&#233;, le rayon de Ta beaut&#233; s'exhala en une lumineuse apparition/ L'amour parut et mit feu au monde entier&lt;/i&gt;.&quot; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='H&#226;fez de Chiraz, Le Div&#226;n, Introduction traduction du persan et commentaires (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;] Ces mots font &#233;cho &#224; un hadith qodsi [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='footnote' title='C'est-&#224;-dire une parole dans laquelle Dieu s'exprime directement &#224; travers la (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;] largement cit&#233; par les grands gnostiques de l'islam, selon lequel le moteur de la cr&#233;ation aurait &#233;t&#233; l'amour de Dieu et Son souhait d'&#234;tre connu par Ses cr&#233;atures : &quot;&lt;i&gt;J'&#233;tais un tr&#233;sor inconnu, J'aimais &#224; &#234;tre connu : J'ai donc cr&#233;&#233; les cr&#233;atures, Je me suis fait conna&#238;tre d'elles et par Moi elles Me connurent&lt;/i&gt;.&quot; D'autre part, selon le Coran, le corps de l'homme a &#233;t&#233; fa&#231;onn&#233; d'argile tandis que son &#226;me lui a &#233;t&#233; directement insuffl&#233;e par Dieu : &quot;&lt;i&gt;Il lui donna sa forme parfaite et lui insuffla de Son Esprit&lt;/i&gt;&quot; (32:9). L'origine de la cr&#233;ation de l'homme est donc ce souffle d'amour divin qui va orienter toute la destin&#233;e spirituelle de ce dernier : pour trouver la v&#233;rit&#233; de son &#234;tre et atteindre sa perfection, il devra entreprendre tout un cheminement afin de sortir de son&lt;i&gt; moi illusoire (&lt;/i&gt;maj&#226;zi&lt;i&gt;)&lt;/i&gt; - c'est-&#224;-dire de ses passions, de son &#233;go&#239;sme, et de tout ce qui n'est pas Dieu - qui lui permettra d'atteindre son&lt;i&gt; moi v&#233;ritable (&lt;/i&gt;haqiqi&lt;i&gt;)&lt;/i&gt;, qui n'est autre que la pr&#233;sence divine &#224; l'origine de sa cr&#233;ation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le symbolisme du vin s'av&#232;re ici particuli&#232;rement appropri&#233; pour d&#233;crire ce processus. Au sens terrestre, le vin et l'ivresse qu'il entra&#238;ne fait oublier &#224; l'homme sa fiert&#233;, sa position sociale, sa richesse, et tout ce qui touche aux valeurs terrestres passag&#232;res. S'il est ivre, un roi pourra se mettre &#224; danser avec un mendiant, oubliant toutes les distinctions cr&#233;&#233;es par les coutumes de ce monde. De m&#234;me, la manifestation de l'amour divin dans le c&#339;ur de l'homme lui fait oublier tous ses attachements terrestres, an&#233;antissant son &#233;go dans la magnificence divine. Comme l'&#233;voque Mol&#226;n&#226;, &quot;&lt;i&gt;comment y aurait-il place pour la fiert&#233; et la vanit&#233; dans l'ivresse ; o&#249; ne se trouve pas un atome de l'existence personnelle ?&lt;/i&gt;&quot; [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='footnote' title='Masnavi, livre sixi&#232;me, 2021. Traduction persane de Eva de Vitray (...)' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;] Il est aussi int&#233;ressant d'&#233;voquer ici que le verbe arabe &lt;i&gt;khamara&lt;/i&gt; (dont est issu le mot &lt;i&gt;khamr&lt;/i&gt; signifiant boisson enivrante) signifie &#171; envahir quelqu'un &#187;, &#171; &#234;tre poss&#233;d&#233; par une id&#233;e &#187; [&lt;a href='#nb10' class='spip_note' rel='footnote' title='Dictionnaire arabe-fran&#231;ais &#171; As-Sabil &#187;, Daniel Reig, Larousse, 1983, p. (...)' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;], et d&#233;signe donc parfaitement l'&#233;tat du p&#232;lerin cheminant vers son Cr&#233;ateur. [&lt;a href='#nb11' class='spip_note' rel='footnote' title='Le verbe de la 8e forme &#171; ikhtamara &#187; &#233;voque la m&#234;me id&#233;e.' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4071 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;width:262px;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L262xH448/1235-3-9a43e.jpg' width='262' height='448' alt='JPEG - 49.4 ko' style='height:448px;width:262px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:262px;'&gt;&lt;strong&gt;Oeuvre de Farshtchi&#226;n&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;La symbolique du vin est ainsi loin d'&#234;tre n&#233;e avec H&#226;fez, et a &#233;t&#233; employ&#233;e avant lui par des mystiques et po&#232;tes tels que Mol&#226;n&#226;. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, ce dernier d&#233;signe par &quot;vin&quot; tout ce qui entra&#238;ne l'ivresse et d&#233;tourne de la conscience de son &#171; moi &#187;, que ce soit l'alcool, la richesse, le pouvoir, Dieu&#8230; : &quot;&lt;i&gt;Pour l'&#226;me charnelle, il y a les vins de la damnation, qui &#233;gare cette infortun&#233;e hors du droit chemin/ Pour l'intellect, il y a les vins de la f&#233;licit&#233;, de sorte qu'il obtient la demeure que l'on ne quitte plus/Par son ivresse, il d&#233;racine la tente du ciel et prend le chemin qui s'avance loin de cette direction terrestre/Ecoute, ne sois pas tromp&#233;, &#244; c&#339;ur, par chaque ivresse : J&#233;sus est enivr&#233; par Dieu, l'&#226;ne est enivr&#233; par l'orge.&lt;/i&gt;&quot; [&lt;a href='#nb12' class='spip_note' rel='footnote' title='Masnavi, Livre quatri&#232;me, 2688-91.' id='nh12'&gt;12&lt;/a&gt;] Apr&#232;s avoir distingu&#233; ces deux types de vins, c'est-&#224;-dire le vin divin et celui des passions de l'&#226;me, Mol&#226;n&#226; invite clairement &#224; ne pas se tromper d'ivresse : &quot;&lt;i&gt;&#1588; connaisseur de vin, prends garde, go&#251;te avec pr&#233;caution, afin de trouver le vin qui ne soit pas adult&#233;r&#233;/Les deux jarres t'enivreront, mais cette ivresse (b&#233;nie) t'emm&#232;nera jusqu'au Seigneur du Jugement.&lt;/i&gt;&quot; [&lt;a href='#nb13' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., 2694-2695.' id='nh13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ici, le vin v&#233;ritable (&lt;i&gt;haqiqi&lt;/i&gt;) est celui de la gnose et de la manifestation de la pr&#233;sence divine, tandis que la boisson terrestre n'est que son apparence (&lt;i&gt;maj&#226;z&lt;/i&gt;) trompeuse. [&lt;a href='#nb14' class='spip_note' rel='footnote' title='D'autres passages du Masnavi font r&#233;f&#233;rence &#224; la diff&#233;rence entre ivresse divine (...)' id='nh14'&gt;14&lt;/a&gt;] Il devient d&#232;s lors n&#233;cessaire de purifier la coupe de son corps afin de la rendre capable de recevoir l'effusion c&#233;leste : &quot;&lt;i&gt;Quand tu cherches avec l'aide de Dieu, l'essence de ton esprit est le vin, et le corps le flacon.&lt;/i&gt;&quot; [&lt;a href='#nb15' class='spip_note' rel='footnote' title='Masnavi, livre troisi&#232;me, 4743.' id='nh15'&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le motif du vin et de l'ivresse repose donc sur une vision de l'homme selon laquelle du fait de sa nature divine, ce dernier ne peut se satisfaire du cadre limit&#233; d'une vie mat&#233;rielle et est anim&#233; par une soif de perfection illimit&#233;e. Cette soif le conduit &#224; sortir de lui-m&#234;me et &#224; rechercher l'ivresse dans l'argent, le pouvoir, la satisfaction de ses d&#233;sirs charnels&#8230; En s'appuyant sur une ontologie de l'amour comme base de la cr&#233;ation, les gnostiques mystiques consid&#232;rent l'ivresse en Dieu, Cr&#233;ateur illimit&#233; et parfait, comme la seule chose capable d'&#233;tancher cette soif et de conduire l'homme &#224; la r&#233;alisation de sa perfection. Le vin permet donc de briser l'idole de son &#171; moi &#187; &#233;go&#239;ste et de passer de l'&#233;tat humain &#224; l'&#233;tat divin, car tant qu'une trace d'&#233;go&#239;sme reste pr&#233;sente, le divin ne peut se manifester au c&#339;ur de l'homme. L'homme ivre ne se consid&#232;re plus comme le centre du monde, mais voit les choses comme autant de manifestations d'une r&#233;alit&#233; divine unique qui embrasse tout et correspond &#224; la vision de l' &quot;unicit&#233; de l'existence&quot; (&lt;i&gt;wahdat al-wujoud&lt;/i&gt;) sur laquelle se base la gnose. Comme l'alcool, l'amour divin introduit donc une rupture de l'&#233;tat de conscience habituel. Au-del&#224; d'un simple symbolisme conventionnel, la comparaison a donc un fondement ancr&#233; dans la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;H&#226;fez et l'ivresse mystique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La notion de vin (&lt;i&gt;shar&#226;b&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;mey &lt;/i&gt;ou &lt;i&gt;b&#226;deh&lt;/i&gt;) est omnipr&#233;sente dans la po&#233;sie de H&#226;fez, ainsi que le champ lexical qui lui est li&#233; : des mots comme &quot;coupe&quot;, &quot;lie&quot;, &quot;ivresse&quot;, &quot;&#233;chanson&quot; etc. sont ainsi constamment &#233;voqu&#233;s. Une lecture attentive de la po&#233;sie de H&#226;fez permet de comprendre que, loin de constituer un &#233;loge des plaisirs mat&#233;riels, le vin est employ&#233; dans le cadre d'une riche symbolique d&#233;crivant les &#233;tats spirituels du p&#232;lerin cheminant vers Dieu. Ce langage vise &#224; exprimer de hautes r&#233;alit&#233;s avec des mots connus de tous, mais dont seuls les initi&#233;s comprendront la port&#233;e profonde, tandis que ceux dont la vision se limite au monde terrestre et &#224; ses plaisirs se contenteront d'une lecture au premier degr&#233;. Les diff&#233;rentes lectures r&#233;pondent ainsi &#224; l'adage &quot;&lt;i&gt;Dis moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es&lt;/i&gt;&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le ton est donn&#233; d&#232;s le 1er ghazal du &lt;i&gt;Div&#226;n&lt;/i&gt; de H&#226;fez : &quot;&lt;i&gt;Eh ! Echanson, fais circuler la coupe&lt;/i&gt; &lt;i&gt;[&lt;/i&gt;ka's&lt;i&gt;] et pr&#233;sente-l&#224; !/ Car l'amour parut facile &#224; l'origine, puis surgirent les difficult&#233;s [&#8230;]/Colore de vin [&lt;/i&gt;mey&lt;i&gt;] le tapis de pri&#232;re si le Ma&#238;tre des Mages te le dit !/Car le P&#232;lerin n'ignore pas la Voie et la conduite &#224; tenir aux &#233;tapes.&lt;/i&gt;&quot; [&lt;a href='#nb16' class='spip_note' rel='footnote' title='Ghazal 1, p. 85.' id='nh16'&gt;16&lt;/a&gt;] Nous retrouvons ici le motif gnostique de l'amour comme l'origine de toute chose. Ainsi, l'ivresse pr&#244;n&#233;e par H&#226;fez n'est pas li&#233;e au vin terrestre, mais bien &#224; l'exp&#233;rience de l'amour divin et de la rencontre de Dieu, &#171; l'Ami &#187; par excellence, dans la pr&#233;&#233;ternit&#233; : &quot;&lt;i&gt;Jusqu'&#224; l'aube du Jour de la R&#233;surrection, ne se d&#233;tournera de l'ivresse/ Celui qui comme moi dans la pr&#233;&#233;ternit&#233; but une gorg&#233;e &#224; la coupe de l'Ami&lt;/i&gt;.&quot; [&lt;a href='#nb17' class='spip_note' rel='footnote' title='Ghazal 63, p. 289.' id='nh17'&gt;17&lt;/a&gt;] Comme nous l'avons &#233;voqu&#233;, cette gorg&#233;e bue &#224; l'aube des temps va d&#233;terminer toute la vie du p&#232;lerin qui cherchera de nouveau &#224; atteindre l'ivresse de l'union au travers de son parcours initiatique. Cela rejoint &#233;galement l'id&#233;e coranique de &lt;i&gt;fitra&lt;/i&gt; ou &#171; nature divine originelle &#187; qui incite naturellement chaque homme &#224; rechercher l'absolu et l'illimit&#233;, c'est-&#224;-dire Dieu. D'autres vers viennent renforcer cette interpr&#233;tation : &quot;&lt;i&gt;Heureux le c&#339;ur de celui qui, comme H&#226;fez/ Prend une coupe de Vin du Pacte Primordial (&lt;/i&gt;alast&lt;i&gt;)&lt;/i&gt;.&quot; [&lt;a href='#nb18' class='spip_note' rel='footnote' title='Ghazal 144, p. 445.' id='nh18'&gt;18&lt;/a&gt;] Ici, l'expression &#171; &lt;i&gt;alast&lt;/i&gt; &#187; renvoie directement au pacte pr&#233;&#233;ternel que Dieu a conclu avec les hommes &#233;voqu&#233; dans le Coran : &quot;&lt;i&gt;Et quand le Seigneur tira une descendance des reins des fils d'Adam et les fit t&#233;moigner sur eux-m&#234;mes : &quot;Ne suis-je pas (&lt;/i&gt;alasto&lt;i&gt;) votre Seigneur ?&quot; Ils r&#233;pondirent : &quot;Mais si, nous t&#233;moignons&#8230;&quot;&lt;/i&gt;&quot; (7:172). Le vin de &quot;&lt;i&gt;alast&lt;/i&gt;&quot; &#233;voqu&#233; par H&#226;fez fait clairement r&#233;f&#233;rence &#224; la parole divine &#233;voqu&#233;e dans ce verset qui, faisant prendre conscience &#224; l'homme de la r&#233;alit&#233; divine pr&#233;sente en lui, lui permet de reconna&#238;tre Dieu comme son Seigneur. [&lt;a href='#nb19' class='spip_note' rel='footnote' title='Dieu fait t&#233;moigner les hommes &quot;sur eux-m&#234;mes&quot;, c'est-&#224;-dire &#224; partir de leur (...)' id='nh19'&gt;19&lt;/a&gt;] Cette r&#233;alit&#233; divine pr&#233;sente dans l'homme est &#233;galement &#233;voqu&#233;e dans ces vers, la coupe symbolisant le corps du p&#232;lerin : &quot;&lt;i&gt;Nous avons vu dans la coupe le reflet du visage du Compagnon/ Eh ! Toi qui ne sais rien de notre plaisir &#224; boire continuellement&lt;/i&gt;.&quot; [&lt;a href='#nb20' class='spip_note' rel='footnote' title='Ghazal 11, p. 119.' id='nh20'&gt;20&lt;/a&gt;] Contrairement &#224; l'intellect qui est une force conservatrice et dont le but est de pr&#233;server l'homme, l'amour est une force qui fait sortir de soi et enivre. Elle permet ainsi de d&#233;truire son moi &#233;go&#239;ste afin de laisser se manifester l'&#233;tincelle d'amour primordial qui est en lui :&quot;&lt;i&gt;L'ivresse de l'amour m'a mis en ruine et pourtant/Le fondement de mon &#234;tre prosp&#232;re sur cette ruine&lt;/i&gt;.&quot; [&lt;a href='#nb21' class='spip_note' rel='footnote' title='Ghazal 36, p. 212.' id='nh21'&gt;21&lt;/a&gt;] Afin de permettre &#224; cet amour de ce manifester, le premier pas de la voie sera de laver son c&#339;ur des attaches de ce monde : &quot;&lt;i&gt;Un gnostique fit ses ablutions &#224; l'onde claire du Vin/ Quand &#224; l'aube il alla en p&#232;lerinage &#224; la Taverne&lt;/i&gt;.&quot; [&lt;a href='#nb22' class='spip_note' rel='footnote' title='Ghazal 128, p. 413.' id='nh22'&gt;22&lt;/a&gt;] La taverne [&lt;a href='#nb23' class='spip_note' rel='footnote' title='Dans la po&#233;sie de H&#226;fez, la taverne est d&#233;sign&#233;e tant&#244;t par meykadeh, tant&#244;t par (...)' id='nh23'&gt;23&lt;/a&gt;], lieu de l'ivresse, est donc la Voie spirituelle par excellence [&lt;a href='#nb24' class='spip_note' rel='footnote' title='Cette r&#233;alit&#233; est &#233;voqu&#233;e &#233;galement dans ces vers : &quot;Le P&#232;lerin (s&#226;lek) qui (...)' id='nh24'&gt;24&lt;/a&gt;] : &quot;&lt;i&gt;H&#226;fez, par la Voie de la Taverne (&lt;/i&gt;r&#226;h-e meykadeh&lt;i&gt;) tu es joyeusement sorti du monde !/Que la pri&#232;re des hommes de c&#339;ur accompagne ton c&#339;ur pur !&lt;/i&gt;&quot; [&lt;a href='#nb25' class='spip_note' rel='footnote' title='Ghazal 293, p. 768.' id='nh25'&gt;25&lt;/a&gt;] La taverne ne d&#233;signe pas un lieu particulier, mais chaque aspect du monde qui, en tant que manifestation de la beaut&#233; divine, est susceptible d'enivrer le p&#232;lerin. L'&#233;chanson (&lt;i&gt;s&#226;qi&lt;/i&gt;) qui sert le vin dans la coupe du p&#232;lerin ne doit &#233;galement pas &#234;tre per&#231;u comme une personne particuli&#232;re, mais comme tout &#234;tre ou chose le rapprochant de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_4072 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;width:307px;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L307xH448/1235-4-338ad.jpg' width='307' height='448' alt='JPEG - 58.4 ko' style='height:448px;width:307px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:307px;'&gt;&lt;strong&gt;Chez H&#226;fez, le vin fait r&#233;f&#233;rence &#224; l'extase et la joie ressentie lorsque l'Aim&#233; se manifeste dans le c&#339;ur de l'amant, et qui lui fait oublier son propre moi &#233;go&#239;ste.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Loin de signifier une invitation &#224; jouir au maximum des plaisirs de ce monde avant la mort, l'ivresse pr&#244;n&#233;e par H&#226;fez invite au contraire &#224; s'efforcer d'acqu&#233;rir une conscience des v&#233;rit&#233;s divines dans cette vie m&#234;me, ce qui implique la pratique du d&#233;tachement devant conduire &#224; une humilit&#233; extr&#234;me face au Cr&#233;ateur : &quot;&lt;i&gt;Apporte le vin ! Conform&#233;ment &#224; la &lt;/i&gt;fatw&#226;&lt;i&gt; de H&#226;fez, de mon c&#339;ur pur/ je vais laver &#224; l'effusion de la Coupe la poussi&#232;re d'hypocrisie&lt;/i&gt;&quot;. [&lt;a href='#nb26' class='spip_note' rel='footnote' title='Ghazal 372, p. 939.' id='nh26'&gt;26&lt;/a&gt;] Il est d'ailleurs souvent &#233;voqu&#233; que le vin doit &#234;tre bu &#224; l'aube (&lt;i&gt;sahar&lt;/i&gt;), moment particuli&#232;rement favorables aux r&#233;v&#233;lations int&#233;rieures dans la tradition islamique : &quot;&lt;i&gt;Par Dieu, Toi, donne une gorg&#233;e &#224; H&#226;fez, qui se l&#232;ve &#224; l'aube !/ Car je vous l'assure, la pri&#232;re faite &#224; l'aurore est suivie d'effet !&lt;/i&gt;&quot; [&lt;a href='#nb27' class='spip_note' rel='footnote' title='Ghazal 6, p. 103.' id='nh27'&gt;27&lt;/a&gt;] La sinc&#233;rit&#233; est &#233;galement l'une des conditions de la Voie menant &#224; Dieu : &quot;&lt;i&gt;Aller &#224; la porte de la Maison du vin est la d&#233;marche des hommes sinc&#232;res (&lt;/i&gt;yekrang&lt;i&gt;)/ pour ceux qui font &#233;talage d'eux-m&#234;mes, pas d'acc&#232;s au quartier des Marchands de vin !&lt;/i&gt;&quot; [&lt;a href='#nb28' class='spip_note' rel='footnote' title='Ghazal 72, p. 306.' id='nh28'&gt;28&lt;/a&gt;] S'il s'agissait ici de vin mat&#233;riel ou m&#234;me d'une m&#233;taphore de l'amour physique, que viendraient faire ici toutes ces conditions &#224; la sinc&#233;rit&#233; et &#224; l'humilit&#233; ? C'est &#233;galement dans ce sens qu'il faut comprendre les critiques g&#233;n&#233;rales de H&#226;fez &#224; l'&#233;gard des soufis et de la vanit&#233; de leurs organisations : &quot;&lt;i&gt;Le couvent et le froc d'hypocrisie m'&#233;c&#339;urent/ O&#249; est le Monast&#232;re des Mages, o&#249; est le vin limpide ?&lt;/i&gt;&quot; [&lt;a href='#nb29' class='spip_note' rel='footnote' title='Ghazal 2, p. 88.' id='nh29'&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'ivresse provoqu&#233;e par la manifestation de la beaut&#233; divine n'entra&#238;ne pas une perte de l'intelligence, bien au contraire : en faisant tomber le voile de l'&#233;go, elle permet &#224; la V&#233;rit&#233; de se manifester dans toute sa puret&#233; : &quot;&lt;i&gt;Le soufi priv&#233; de sens qui, la veille, brisait coupe et verre &#224; boire/D&#232;s la premi&#232;re gorg&#233;e de vin, devint sens&#233; et sage&lt;/i&gt;.&quot; [&lt;a href='#nb30' class='spip_note' rel='footnote' title='Ghazal 165, p. 486.' id='nh30'&gt;30&lt;/a&gt;] Ces vers sont un &#233;cho parfait au verset coranique &#233;voqu&#233; pr&#233;c&#233;demment selon lequel le vin bu au paradis ne provoque ni mal de t&#234;te, ni &#233;tourdissement (56:19). Cette ivresse permet aussi d'apaiser l'&#226;me des chagrins du monde : &quot;&lt;i&gt;Je veux un vin enivr&#233; [&lt;/i&gt;shar&#226;b-e talkhi&lt;i&gt;] dont la force abat l'homme intr&#233;pide, un instant peut-&#234;tre me reposerai-je du monde et de sa malfaisance&lt;/i&gt;.&quot; [&lt;a href='#nb31' class='spip_note' rel='footnote' title='Ghazal 273, p. 721.' id='nh31'&gt;31&lt;/a&gt;] Dieu et l'ivresse provoqu&#233;e par Sa manifestation devient ainsi le refuge de tout gnostique : &quot;&lt;i&gt;De ce Plafond aux sombres stalactites il pleut la s&#233;dition. L&#232;ve-toi/ Allons nous r&#233;fugier &#224; la Taverne loin de toutes ces calamit&#233;s !&lt;/i&gt;&quot; [&lt;a href='#nb32' class='spip_note' rel='footnote' title='Ghazal 366, p. 926.' id='nh32'&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certains ghazals de H&#226;fez font &#233;galement clairement r&#233;f&#233;rence &#224; certains hadiths du proph&#232;te Mohammad. Ainsi, le vers &quot;&lt;i&gt;A l'aube, en un pays, un cheminant/ confiait ce myst&#232;re &#224; un proche :/ &quot;Soufi, le vin devient pur au moment o&#249;/ dans le flacon de verre il a parcouru quarante jours !&lt;/i&gt;&quot;&quot; [&lt;a href='#nb33' class='spip_note' rel='footnote' title='Ghazal 474, pp. 1149-1150.' id='nh33'&gt;33&lt;/a&gt;] fait &#233;cho au hadith : &quot;&lt;i&gt;Celui qui consacre &#224; Dieu quarante jours, Dieu fera jaillir les sources de la sagesse de son c&#339;ur &#224; sa langue&lt;/i&gt;&quot;. [&lt;a href='#nb34' class='spip_note' rel='footnote' title='Bih&#226;r al-Anw&#226;r, Vol. 67, p. 249. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, le nombre quarante a une (...)' id='nh34'&gt;34&lt;/a&gt;] En &#233;cho aux versets coraniques, H&#226;fez &#233;voque &#233;galement le vin du paradis : &quot;&lt;i&gt;Demain, breuvage &#224; la source du paradis et houris sont &#224; nous/ et aujourd'hui aussi, &#233;chanson &#224; visage de lune et coupe de vin !&lt;/i&gt;&quot; [&lt;a href='#nb35' class='spip_note' rel='footnote' title='Ghazal 421, p. 1038.' id='nh35'&gt;35&lt;/a&gt;] Ces vers laissent &#233;galement entendre que le paradis, qui n'est autre que la joie de la proximit&#233; avec Dieu, peut d'ores et d&#233;j&#224; &#234;tre atteint durant l'existence terrestre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, en &#233;cho &#224; Mol&#226;n&#226;, H&#226;fez rappelle clairement la diff&#233;rence entre le vin &#171; r&#233;el &#187; et celui &#171; d'ici-bas &#187; : &quot;&lt;i&gt;Gr&#226;ces soient &#224; Dieu : la porte de la Taverne est ouverte !/Car mon besoin est tendu vers Sa porte/Les jarres bouillonnent et grondent toutes sous l'effet de l'ivresse./Et ce vin qui est l&#224;-bas, il est r&#233;el (&lt;/i&gt;haqiqi&lt;i&gt;), ce n'est pas m&#233;taphore (&lt;/i&gt;maj&#226;zi&lt;i&gt;).&lt;/i&gt;&quot; [&lt;a href='#nb36' class='spip_note' rel='footnote' title='Ghazal 41, p. 230.' id='nh36'&gt;36&lt;/a&gt;] Le vin mat&#233;riel n'est donc qu'une p&#226;le m&#233;taphore du vin r&#233;el servi dans la Taverne de l'Amour divin. L'injonction de H&#226;fez &#224; ne pas se limiter &#224; la m&#233;taphore des choses est clairement &#233;voqu&#233;e dans un autre vers, et ne laisse plus d'&#233;quivoque quant &#224; l'essence du vin v&#233;ritable dans sa po&#233;sie : &quot;&lt;i&gt;Demain, lorsque le Seuil du palais de v&#233;rit&#233; (&lt;/i&gt;haqiqat&lt;i&gt;) deviendra visible/Honteux sera le cheminant qui aura agi par m&#233;taphore (&lt;/i&gt;maj&#226;z&lt;i&gt;) !&lt;/i&gt;&quot; [&lt;a href='#nb37' class='spip_note' rel='footnote' title='Ghazal 129, p. 415.' id='nh37'&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une question se pose n&#233;anmoins : si tout cela n'est que symbole, pourquoi recourir &#224; un tel proc&#233;d&#233; d'expression et ne pas exposer ces significations clairement et directement ? Cette question touche &#224; l'un des points fondamentaux de la gnose selon lequel exprimer directement de hautes v&#233;rit&#233;s &#224; des personnes qui n'y sont pas pr&#233;par&#233;es est fort susceptible d'avoir l'effet inverse de celui escompt&#233; et d'entra&#238;ner une incompr&#233;hension de la masse dans le meilleur des cas, ou une mise &#224; mort pour h&#233;r&#233;sie dans le pire, comme cela fut le cas de Hall&#226;j. Dans ce sens, la compr&#233;hension de l'ivresse au sens vrai demeure r&#233;serv&#233;e &#224; une &#233;lite : &quot;&lt;i&gt;Viens, je te montrerai dans le Vin pur le secret du Temps/ &#224; condition que tu ne le montres pas aux pervertis, aux c&#339;urs aveugles&lt;/i&gt;.&quot; [&lt;a href='#nb38' class='spip_note' rel='footnote' title='Ghazal 273, p. 722.' id='nh38'&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En conclusion et comme nous l'avons &#233;voqu&#233; au cours de cet article, chez H&#226;fez, le vin fait donc r&#233;f&#233;rence &#224; l'extase et la joie ressentie lorsque l'Aim&#233; se manifeste dans le c&#339;ur de l'amant, et qui lui fait oublier son propre moi &#233;go&#239;ste. [&lt;a href='#nb39' class='spip_note' rel='footnote' title='Moll&#226; Mohsen K&#226;sh&#226;ni souligne cette dimension mystique du vin chez H&#226;fez, (...)' id='nh39'&gt;39&lt;/a&gt;] Face au monde qui invite &#224; s'abandonner &#224; l'ivresse du pouvoir et &#224; sa beaut&#233; &#233;ph&#233;m&#232;re, la po&#233;sie gnostique invite l'homme &#224; devenir ivre de Dieu. Ici, le &#171; vrai &#187; vin devient alors la plus licite des boissons. Bien loin d'inviter &#224; des jouissances &#233;ph&#233;m&#232;res, H&#226;fez convie l'homme &#224; la f&#233;licit&#233; &#233;ternelle qui n'est autre que la rencontre avec son Cr&#233;ateur &#8211; rencontre possible au cours de cette vie m&#234;me : &quot;&lt;i&gt;Avant que le monde &#233;vanescent ne soit d&#233;labr&#233;/Mets-nous en ruine avec la coupe de vin couleur de rose !&lt;/i&gt;&quot; [&lt;a href='#nb40' class='spip_note' rel='footnote' title='Ghazal 388, p. 970.' id='nh40'&gt;40&lt;/a&gt;] Comme l'a soulign&#233; Yayha Bonaud [&lt;a href='#nb41' class='spip_note' rel='footnote' title='Bonaud, Yahy&#226; Christian, &quot;La voie de l'Amour, po&#232;mes spirituels de l'Imam (...)' id='nh41'&gt;41&lt;/a&gt;], l'emploi du langage bachique dans le cadre d'une symbolique spirituelle n'est &#233;galement pas absent de la tradition chr&#233;tienne et on le retrouve notamment dans les po&#233;sies de Th&#233;r&#232;se d'Avila ou de Jean de la Croix. Dans l'un de ses &#233;crits, ce dernier &#233;voque l'&#233;tat d'union avec le divin qui n'est pas sans rappeler le ton des ghazals de H&#226;fez : &quot;&lt;i&gt;Il faut savoir que cette faveur de la suave ivresse ne passa pas aussi vite que l'&#233;tincelle, car elle est plus stable ; car l'&#233;tincelle touche et passe, mais son effet dure un peu, et parfois beaucoup ; mais le vin aromatis&#233; a l'habitude de durer longtemps, lui et l'effet qu'il produit, ce qui est&#8230; amour suave en l'&#226;me ; &#8230; quoique pas toujours au m&#234;me degr&#233; d'intensit&#233;, car il faiblit ou cro&#238;t sans que l'&#226;me y puisse quoi que ce soit, car parfois, sans qu'elle fasse rien pour sa part, l'&#226;me ressent en l'intime substance que son esprit se met suavement en &#233;bri&#233;t&#233; et en inflammation de ce vin divin&lt;/i&gt;.&quot; [&lt;a href='#nb42' class='spip_note' rel='footnote' title='Jean de la Croix, Ct. 16,8, op. cit. Huot de Longchamp, Max, Lectures de (...)' id='nh42'&gt;42&lt;/a&gt;] Ce proc&#233;d&#233; est &#233;galement pr&#233;sent dans la Bible, notamment dans le &lt;i&gt;Cantiques des Cantiques&lt;/i&gt;. [&lt;a href='#nb43' class='spip_note' rel='footnote' title='&quot;Il m'a fait enter dans la maison du vin ; et la banni&#232;re qu'il d&#233;ploie sur (...)' id='nh43'&gt;43&lt;/a&gt;] N&#233;anmoins, la richesse et la puissance d'&#233;vocation de ce symbolisme atteint des sommets dans la po&#233;sie gnostique iranienne, o&#249; les plus hautes significations du Coran, notamment la conception de l'homme parfait comme &#171; vicaire ou lieu-tenant (&lt;i&gt;khalifa&lt;/i&gt;) de Dieu sur la terre &#187;, &#224; la fois homme-Dieu et serviteur d&#233;pendant de son Cr&#233;ateur, sont exprim&#233;es avec une beaut&#233; unique : &quot;&lt;i&gt;Je suis mendiant &#224; la taverne, mais vois comme en &#233;tant d'ivresse/ fier face au ciel, je commande aux &#233;toiles !&lt;/i&gt;&quot; [&lt;a href='#nb44' class='spip_note' rel='footnote' title='Ghazal 342, p. 870.' id='nh44'&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;i&gt;Khamr &lt;/i&gt; est &#233;galement issu de la racine kh-m-r qui &#233;voque l'id&#233;e de d&#233;route.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] All&#226;meh Tab&#226;tab&#226;'i, &lt;i&gt;Tasfir al-Miz&#226;n&lt;/i&gt;, traduction persane de Seyyed Mohammad B&#226;qer Mousavi Hamed&#226;ni, Vol. 6, Daftar-e entesh&#226;r&#226;t-e Esl&#226;mi, Qom, pp. 174-175. L'extension de ce que recouvre le &lt;i&gt;khamr&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; d&#233;fini de fa&#231;on plus ou plus extensive selon les diff&#233;rentes &#233;coles juridiques. A ce sujet, se r&#233;f&#233;rer &#224; &quot;Vins, boissons enivrantes et drogues&quot;, Amir-Moezzi, Mohammad Ali (dir.), &lt;i&gt;Dictionnaire du Coran&lt;/i&gt;, Robert Laffont, Bouquins, 2007, pp. 910-915.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] Dans le m&#234;me sens, l'agonie est parfois d&#233;sign&#233;e par l'expression &lt;i&gt;sakra al-mawt&lt;/i&gt;, mot &#224; mot, &#171; la stupeur de la mort &#187;. Le sucre (&lt;i&gt;sokkar&lt;/i&gt;) vient &#233;galement de la m&#234;me racine et est &#224; l'origine du mot &#171; &lt;i&gt;moskir&#226;t&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;signant les boissons issues de la fermentation du sucre et par d&#233;rivation, l'ensemble des boissons alcoolis&#233;es. A l'origine, le mot &#171; &lt;i&gt;sokr&lt;/i&gt; &#187; d&#233;signait &#233;galement tout ce qui &#233;loigne l'homme de sa raison ou qui &#171; dresse un barrage &#187; entre lui et son intellect (R&#226;ghib, &lt;i&gt;Mofrad&#226;t&lt;/i&gt;, op. cit. &lt;i&gt;Al-Miz&#226;n&lt;/i&gt;, Vol. 12, pp. 418-419).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Dieu est cependant conciliant envers ceux qui ont consomm&#233; de l'alcool avant son interdiction et qui se sont repentis : &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas un p&#234;ch&#233; pour ceux qui ont la foi et font de bonnes &#339;uvres en ce qu'ils ont consomm&#233; (du vin et des gains des jeux de hasard avant leur prohibition) pourvu qu'ils soient pieux (en &#233;vitant les choses interdites apr&#232;s en avoir eu connaissance) et qu'ils croient (en acceptant leur prohibition) et qu'ils fassent de bonnes &#339;uvres ; puis qui (continuent) d'&#234;tre pieux et de croire et qui (demeurent) pieux et bienfaisants. Car Allah aime les bienfaisants&lt;/i&gt; &#187; (5:93).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &#171; &lt;i&gt;On leur sert &#224; boire un nectar cachet&#233; (&lt;/i&gt;rahiq makhtoum&lt;i&gt;) laissant un arri&#232;re-go&#251;t de musc. Que ceux qui la convoitent entrent en comp&#233;tition [pour l'acqu&#233;rir]. Il est m&#233;lang&#233; &#224; la boisson de Tasnim, source dont les rapproch&#233;s boivent&lt;/i&gt; &#187; (83:25-28).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh6' id='nb6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &#171; &lt;i&gt;Ils porteront des v&#234;tements verts de satin et de brocart. Et ils seront par&#233;s de bracelets d'argent. Et leur Seigneur les abreuvera d'une boisson (&lt;/i&gt;shar&#226;b&lt;i&gt;) tr&#232;s pure&lt;/i&gt; &#187; (76:21).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh7' id='nb7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] H&#226;fez de Chiraz, &lt;i&gt;Le Div&#226;n&lt;/i&gt;, Introduction traduction du persan et commentaires par Charles Henri de Fouch&#233;cour, Verdier poche, 2006, Ghazal 148, p. 452. (Nous utiliserons la m&#234;me traduction pour les vers suivants cit&#233;s dans l'article).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh8' id='nb8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] C'est-&#224;-dire une parole dans laquelle Dieu s'exprime directement &#224; travers la bouche du proph&#232;te Mohammad et qui est donc consid&#233;r&#233;e comme une parole divine, mais n'a n&#233;anmoins pas le statut de r&#233;v&#233;lation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh9' id='nb9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;i&gt;Masnavi&lt;/i&gt;, livre sixi&#232;me, 2021. Traduction persane de Eva de Vitray Meyerovitch et Djamchid Mortazavi, Editions du Rocher, 1990. (Nous utiliserons la m&#234;me traduction pour les vers suivants cit&#233;s dans l'article).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh10' id='nb10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] Dictionnaire arabe-fran&#231;ais &#171; As-Sabil &#187;, Daniel Reig, Larousse, 1983, p. 1614.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh11' id='nb11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] Le verbe de la 8e forme &#171; &lt;i&gt;ikhtamara&lt;/i&gt; &#187; &#233;voque la m&#234;me id&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh12' id='nb12' class='spip_note' title='Notes 12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;i&gt;Masnavi&lt;/i&gt;, Livre quatri&#232;me, 2688-91.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh13' id='nb13' class='spip_note' title='Notes 13' rev='footnote'&gt;13&lt;/a&gt;] Ibid., 2694-2695.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh14' id='nb14' class='spip_note' title='Notes 14' rev='footnote'&gt;14&lt;/a&gt;] D'autres passages du &lt;i&gt;Masnavi&lt;/i&gt; font r&#233;f&#233;rence &#224; la diff&#233;rence entre ivresse divine et terrestre, par exemple : &quot;&lt;i&gt;Une seule goutte des vins du ciel fait que l'&#226;me est ravie loin du vin des &#233;chansons (de ce monde)/ Ainsi, quelles ivresses adviennent-elles aux anges et aux esprits purifi&#233;s par la gloire divine/ Qui ont attach&#233; leurs c&#339;urs &#224; ce vin pour l'avoir senti une seule fois, et qui ont bris&#233; l'amphore du vin d'ici-bas !&lt;/i&gt;&quot; (&lt;i&gt;Masnavi&lt;/i&gt;, livre troisi&#232;me, 822-5).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh15' id='nb15' class='spip_note' title='Notes 15' rev='footnote'&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;i&gt;Masnavi&lt;/i&gt;, livre troisi&#232;me, 4743.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh16' id='nb16' class='spip_note' title='Notes 16' rev='footnote'&gt;16&lt;/a&gt;] Ghazal 1, p. 85.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh17' id='nb17' class='spip_note' title='Notes 17' rev='footnote'&gt;17&lt;/a&gt;] Ghazal 63, p. 289.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh18' id='nb18' class='spip_note' title='Notes 18' rev='footnote'&gt;18&lt;/a&gt;] Ghazal 144, p. 445.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh19' id='nb19' class='spip_note' title='Notes 19' rev='footnote'&gt;19&lt;/a&gt;] Dieu fait t&#233;moigner les hommes &quot;sur eux-m&#234;mes&quot;, c'est-&#224;-dire &#224; partir de leur propre r&#233;alit&#233; existentielle. Il les invite ainsi &#224; se contempler eux-m&#234;mes afin de reconna&#238;tre que Dieu est leur Seigneur. Cela implique donc que la pr&#233;sence divine existe dans la nature m&#234;me de l'homme. Cette r&#233;alit&#233; est &#233;galement &#233;voqu&#233;e par le c&#233;l&#232;bre hadith proph&#233;tique : &quot;&lt;i&gt;Celui qui conna&#238;t son &#226;me conna&#238;t son Seigneur&lt;/i&gt;&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh20' id='nb20' class='spip_note' title='Notes 20' rev='footnote'&gt;20&lt;/a&gt;] Ghazal 11, p. 119.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh21' id='nb21' class='spip_note' title='Notes 21' rev='footnote'&gt;21&lt;/a&gt;] Ghazal 36, p. 212.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh22' id='nb22' class='spip_note' title='Notes 22' rev='footnote'&gt;22&lt;/a&gt;] Ghazal 128, p. 413.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh23' id='nb23' class='spip_note' title='Notes 23' rev='footnote'&gt;23&lt;/a&gt;] Dans la po&#233;sie de H&#226;fez, la taverne est d&#233;sign&#233;e tant&#244;t par &lt;i&gt;meykadeh&lt;/i&gt;, tant&#244;t par &lt;i&gt;meykh&#226;neh&lt;/i&gt; qui signifie litt&#233;ralement &quot;la maison du vin&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh24' id='nb24' class='spip_note' title='Notes 24' rev='footnote'&gt;24&lt;/a&gt;] Cette r&#233;alit&#233; est &#233;voqu&#233;e &#233;galement dans ces vers : &quot;&lt;i&gt;Le P&#232;lerin (&lt;/i&gt;s&#226;lek&lt;i&gt;) qui connut la Voie menant rue de la Taverne/ trouva pernicieux de frapper &#224; une autre porte !&lt;/i&gt;&quot;, ghazal 48, p. 256.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh25' id='nb25' class='spip_note' title='Notes 25' rev='footnote'&gt;25&lt;/a&gt;] Ghazal 293, p. 768.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh26' id='nb26' class='spip_note' title='Notes 26' rev='footnote'&gt;26&lt;/a&gt;] Ghazal 372, p. 939.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh27' id='nb27' class='spip_note' title='Notes 27' rev='footnote'&gt;27&lt;/a&gt;] Ghazal 6, p. 103.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh28' id='nb28' class='spip_note' title='Notes 28' rev='footnote'&gt;28&lt;/a&gt;] Ghazal 72, p. 306.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh29' id='nb29' class='spip_note' title='Notes 29' rev='footnote'&gt;29&lt;/a&gt;] Ghazal 2, p. 88.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh30' id='nb30' class='spip_note' title='Notes 30' rev='footnote'&gt;30&lt;/a&gt;] Ghazal 165, p. 486.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh31' id='nb31' class='spip_note' title='Notes 31' rev='footnote'&gt;31&lt;/a&gt;] Ghazal 273, p. 721.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh32' id='nb32' class='spip_note' title='Notes 32' rev='footnote'&gt;32&lt;/a&gt;] Ghazal 366, p. 926.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh33' id='nb33' class='spip_note' title='Notes 33' rev='footnote'&gt;33&lt;/a&gt;] Ghazal 474, pp. 1149-1150.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh34' id='nb34' class='spip_note' title='Notes 34' rev='footnote'&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;i&gt;Bih&#226;r al-Anw&#226;r&lt;/i&gt;, Vol. 67, p. 249. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, le nombre quarante a une grande importance dans la tradition islamique. Il correspond &#233;galement au nombre de jours durant lesquels Mo&#239;se jeuna avant de rencontrer Dieu : &quot; &lt;i&gt;Et Nous donn&#226;mes &#224; Mo&#239;se rendez-vous pendant trente nuits, et Nous les compl&#233;t&#226;mes par dix, de sorte que le temps fix&#233; par son Seigneur se termina au bout de quarante nuits&lt;/i&gt;&quot; (7:142).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh35' id='nb35' class='spip_note' title='Notes 35' rev='footnote'&gt;35&lt;/a&gt;] Ghazal 421, p. 1038.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh36' id='nb36' class='spip_note' title='Notes 36' rev='footnote'&gt;36&lt;/a&gt;] Ghazal 41, p. 230.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh37' id='nb37' class='spip_note' title='Notes 37' rev='footnote'&gt;37&lt;/a&gt;] Ghazal 129, p. 415.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh38' id='nb38' class='spip_note' title='Notes 38' rev='footnote'&gt;38&lt;/a&gt;] Ghazal 273, p. 722.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh39' id='nb39' class='spip_note' title='Notes 39' rev='footnote'&gt;39&lt;/a&gt;] Moll&#226; Mohsen K&#226;sh&#226;ni souligne cette dimension mystique du vin chez H&#226;fez, notamment dans l'introduction qu'il a r&#233;dig&#233;e au &lt;i&gt;Div&#226;n&lt;/i&gt; de H&#226;fez. En se basant sur l'unicit&#233; de l'existence des gnostiques, il est possible d'affirmer par extension que l'ensemble du monde est constamment abreuv&#233; de nectar divin &#233;tant donn&#233; que Ses manifestations et Ses dons sont ininterrompus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh40' id='nb40' class='spip_note' title='Notes 40' rev='footnote'&gt;40&lt;/a&gt;] Ghazal 388, p. 970.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh41' id='nb41' class='spip_note' title='Notes 41' rev='footnote'&gt;41&lt;/a&gt;] Bonaud, Yahy&#226; Christian, &quot;La voie de l'Amour, po&#232;mes spirituels de l'Imam Khomeiny&quot;, &lt;i&gt;La Revue de T&#233;h&#233;ran&lt;/i&gt;, No. 55, juin 2010.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh42' id='nb42' class='spip_note' title='Notes 42' rev='footnote'&gt;42&lt;/a&gt;] Jean de la Croix, Ct. 16,8, op. cit. Huot de Longchamp, Max, &lt;i&gt;Lectures de Jean de la Croix : essai d'anthropologie mystique&lt;/i&gt;, Editions Beauchesne, 1981.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh43' id='nb43' class='spip_note' title='Notes 43' rev='footnote'&gt;43&lt;/a&gt;] &quot;&lt;i&gt;Il m'a fait enter dans la maison du vin ; et la banni&#232;re qu'il d&#233;ploie sur moi, c'est l'amour&lt;/i&gt;&quot; (2:4) &quot;&lt;i&gt;J'entre dans mon jardin, ma s&#339;ur, ma fianc&#233;e ; Je cueille ma myrrhe avec mes aromates, Je mange mon rayon de miel avec mon miel, Je bois mon vin avec mon lait&#8230; Mangez, amis, buvez, enivrez-vous d'amour !&lt;/i&gt;&quot; (5:1)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh44' id='nb44' class='spip_note' title='Notes 44' rev='footnote'&gt;44&lt;/a&gt;] Ghazal 342, p. 870.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;Bibliographie :&lt;/b&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Djal&#226;l-od-Din Rumi, &lt;i&gt;Mathnaw&#238;, La qu&#234;te de l'Absolu&lt;/i&gt;, traduit du persan par Eva de Vitray Meyerovitch et Djamchid Mortazavi, Editions du Rocher, 1990.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; H&#226;fez de Chiraz, &lt;i&gt;Le Div&#226;n&lt;/i&gt;, Introduction traduction du persan et commentaires par Charles Henri de Fouch&#233;cour, Verdier poche, 2006.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; All&#226;meh Tab&#226;tab&#226;'i, &lt;i&gt;Tasfir al-Miz&#226;n&lt;/i&gt;, traduction persane de Seyyed Mohammad B&#226;qer Mousavi Hamed&#226;ni, Vol. 6, Daftar-e entesh&#226;r&#226;t-e Esl&#226;mi, Qom.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Amir-Moezzi, Mohammad Ali (dir.), &lt;i&gt;Dictionnaire du Coran&lt;/i&gt;, Robert Laffont, Bouquins, 2007.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Forouzanfar, Badi'-oz-Zam&#226;n, &lt;i&gt;Sharh-e Masnavi&lt;/i&gt; (Commentaire du Masnavi), Entesh&#226;r&#226;t-e Elmi.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Motahari, Mortez&#226;, &lt;i&gt;Erf&#226;n-e H&#226;fez&lt;/i&gt; (La gnose de H&#226;fez), Entesh&#226;r&#226;t-e Sadr&#226;, 2010 (27e ed.).
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; T&#226;djdini, Ali, &lt;i&gt;Farhang-e Nem&#226;d va Nesh&#226;neh&#226; dar Andishe-ye Mowl&#226;n&#226;&lt;/i&gt; (Dictionnaire des symboles et signes dans la pens&#233;e de Mowl&#226;n&#226;), Soroush, 2005.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;i&gt;Lat&#226;'ef va zar&#226;'ef-e erf&#226;ni dar ghazaliy&#226;t-e H&#226;fez (2) va (3) : b&#226;deh&lt;/i&gt; (Les subtilit&#233;s et finesses gnostiques des ghazals de H&#226;fez (2) et (3) : le vin), &lt;a href='http://www.tahourdanesh.com/' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.tahourdanesh.com&lt;/a&gt;, page consult&#233;e le 28 juin 2010.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Zarrinkoub, Abdol-Hossein, &lt;i&gt;Az koutcheh-ye rand&#226;n&lt;/i&gt;, Entesh&#226;r&#226;t Amir Kabir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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