La Revue de Téhéran | Iran

Mensuel culturel iranien en langue française

Accueil > ... > Forum 16401

Si moules, moulines, s’enhardit houle

28 décembre 2009, 12:05, par Valentini

« Trois euros le kilo de moules, trois euros le kilo de sardines, qu’est-ce qu’on fait ? »

On mange les trois euros ! Et alors, comme au premier matin du monde, s’ouvre le labyrinthe des réformes. Par ce complexe, pénétré, selon les lois propres à la communication, un parfum nonpareil, on acquiert le statut de grand Travailleur. S’inscrire, en un éclair, dans toutes les mémoires, est le propre du génie. Catapulté à une telle hauteur, nous est dévolue la capacité à mobiliser notre cerveau, pour reproduire ce type de phrases. Mais au lieu de le faire pour le plaisir d’une oreille avertie, et en un sens innocente, on le fait pour le bien de toute une collectivité forcément indécise. Sinon au nom de quoi écouterait-elle ? Ce bien, rappelons-le, est mécaniquement supérieure au simple plaisir considéré à l’instant, il l’englobe et l’engloutit en un clin d’oeil. Si la collectivité en question ne l’entend pas de cette oreille, on doit en conclure qu’elle n’a pas le sens de l’humour. Sa place au soleil est donc usurpée. Cet humour formidable, au contraire, possédé, sait voir, lui, le bon côté des choses : les trois euros communs aux moules et aux sardines. Parce qu’avec ces moules et ces sardines, que fait-on ? De la merde ! Sauf le respect qu’on lui doit, en tant que chose intégrée à la richesse des nations. Quant aux trois euros, alors là, c’est autre chose ! Ils font le bonheur du grand Travailleur qui du coup n’a pas besoin de pétrole. S’il en a, c’est un plus, pas plus. Merci monsieur Vanier, à qui j’emprunte un tel quartz incongru, de montrer que si le talent est une chose qu’aujourd’hui on monnaie, il a aussi une face indécise où s’anime la réflexion pour peu qu’on lui laisse libre cours. Ce qui suppose un peu d’oreille. Non pour entendre quarante siècles trébuchés devant quarante, deux fois vingt, voleurs, mais pour jouir, si tant est qu’on le veuille, d’une voix charitable jaillit de quelque escarboucle auprès d’une boucle chère.

Je sais, je sais, rien à voir ! Mais bon ! Faut voir !

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.