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Le vieux figuier étale l’apogée de ses jours,
la terre appelle la pluie
le poisson, dans sa ronde, fait un sillon dans l’eau,
l’hirondelle des courbes,
le vent passe,
j’atténue mon regard
le poisson est prisonnier de l’onde
moi, de la douleur
tes yeux s’estompent
ton sourire se flétrit
pour faire de toi mon effigie,
j’ai dirigé l’ombre sur toi
venir à toi sent le désert :
t’aborder, la solitude
ton voisinage, l’esseulement
ma vie s’étend d’un bord de toi
jusqu’à tes cimes ;
tu te propages, d’un bord à l’autre
de moi
j’ai découvert,
l’énigme de l’adoration
partant de toi, j’ai abordé
la splendeur du désespoir
et ainsi, ô transparente,
ô glorieuse,
je n’ai plus
aucune issue pour t’échapper
la terre appelle
la pluie
et moi, je t’appelle - toi
pour faire prisonnier le temps,
j’enchaîne ton effigie
à mes mains
le vent se hâte en emportant
ma lutte dans sa poussière
l’hirondelle fait des courbes,
le poisson fait des sillons,
le jet d’eau : des bonds dans l’eau
et comblent cet instant, pour moi.