N° 106, septembre 2014

Le premier congrès
des écrivains iraniens en 1946


Neda Sharifi


Le premier congrès des écrivains iraniens a eu lieu le 25 juin 1946 à l’initiative de l’Association des relations culturelles irano-soviétiques, avec pour but déclaré le développement des relations culturelles entre les deux pays. Ce congrès, qui s’est tenu du 25 juin au 3 juillet 1946 dans le jardin de la Maison de la culture en présence du premier ministre iranien Ghavâm-os-Saltaneh et de l’ambassadeur de l’Union soviétique en Iran, est considéré comme un événement de première importance dans l’histoire littéraire contemporaine persane en ce qu’il a réuni pour la première fois 78 journalistes, poètes et écrivains iraniens de différentes tendances littéraires. Parmi les participants figuraient notamment des représentants de la littérature classique dont Ali Asghar Hekmat (1893-1980), Badi’ozzamân Forouzânfar (1904-1970), des modernistes comme Nimâ Youshidj, le père de la nouvelle poésie persane (1896-1960) et Sâdegh Hedâyat (1903-1951), ainsi que quelques écrivains de la génération des années 1940 comme Mahmoud E’temâdzâdeh (Beh Azine) (1925-2006), Djalâl Al-e Ahmad (1923-1969) et Sâdegh Tchoubak (1916-1998). (Abedini, 2008, p. 205)

Les années 1941-1953 constituent une période charnière dans l’histoire contemporaine de l’Iran, tant de par leur aspect historique et sociopolitique que littéraire et culturel. Cette période est en effet marquée par des activités politiques qui ont bouleversé la culture et la littérature iraniennes pendant une décennie. Suite à l’occupation de l’Iran par les forces alliées anglo-soviétiques au cours de la Seconde Guerre mondiale du 25 août au 17 septembre 1941, Rezâ Shâh abdique en faveur de son fils Mohammad Rezâ Shâh. L’arrivée au pouvoir de son fils met momentanément fin à la dictature et à la tyrannie particulièrement lourdes de Rezâ Shâh, mais uniquement pour quelques années. La société iranienne vit alors une courte ère de transition d’une période d’étouffement à davantage de liberté. L’instauration d’une relative liberté politique et d’expression favorise la naissance de partis politiques et de nouveaux journaux. Les hommes politiques, militants, intellectuels et écrivains ayant échappé à la censure reprennent leurs activités dans l’espoir d’effectuer des réformes fondamentales et de concrétiser leurs aspirations durement réprimées par le précédent Pahlavi. Selon l’un des auteurs en activité durant cette période : « On retrouve les intellectuels en plein contact avec les gens durant les premières années d’après la Révolution constitutionnelle, durant l’Occupation alliée, ainsi que pendant deux ou trois ans durant l’affaire de la nationalisation du pétrole… Ce n’est qu’à ces moments-là que les intellectuels sont sortis de leur isolement et entrés en contact avec le peuple, et qu’ils se sont débarrassés en quelque sorte de leur camisole. » (Abedini, 1990, pp. 108-109) Ces activités ne durent pas et s’arrêtent dès le coup d’Etat américain du Shâh contre le gouvernement de Mossadegh en 1953.

L’ambiance sociopolitique des années 1940 a exercé une forte influence sur le domaine littéraire, et la littérature de ces années est marquée par sa tonalité politique et engagée. Le premier congrès des écrivains iraniens a donc eu lieu dans ce contexte sociopolitique et littéraire particulier, alors qu’un bon nombre de poètes et d’écrivains iraniens était impliqué dans des activités politiques ou journalistiques.

De façon générale, ce congrès, qui se donnait pour but, dans une logique très soviétique, de définir le rôle de la littérature dans la société, a joué un rôle important dans l’orientation et le futur de la littérature persane.

Les orateurs, souvent très à gauche, ont, à cette occasion, exprimé leurs attentes vis-à-vis du congrès. Ehsân Tabari (1917-1989) [1] et Bozorg Alavi (1904-1997) [2], deux écrivains membres du parti Toudeh [3] et influencés par la littérature soviétique, ont insisté sur l’importance de conférer à la littérature persane contemporaine une orientation précise. Ainsi, Tabari a exprimé le souhait qu’après la fin de ce congrès, chacun des participants définisse clairement le concept de l’art et qu’il décrive en connaissance de cause le chemin de l’avenir (Le Premier congrès des écrivains iraniens, 1947, p. 43). Alavi a fait une demande similaire. Selon lui, le but du congrès consiste à proposer des orientations pour la poésie et la prose du futur, et il faut avoir un projet concret pour réaliser cet objectif. Il a aussi insisté sur le rôle social de l’écrivain. (Ibid., p. 183)

Mohammad Taghi Bahâr

Mohammad Taghi Bahâr (1884-1951) [4] , ministre de la Culture et président de ce congrès littéraire, a inauguré la réunion en évoquant les évolutions de la littérature contemporaine persane et le rôle des écrivains. Une partie du congrès est consacrée aux discours sur la littérature persane, une autre partie réservée à la lecture des poèmes et de la prose des participants. La thématique des discours et des discussions a essentiellement porté sur le rôle de l’art et de l’artiste dans la société. La majorité des orateurs ont abordé le thème des évolutions littéraires en Iran durant le siècle dernier en mettant l’accent sur la nécessité de l’impulsion d’un mouvement neuf à la littérature persane, notamment en y intégrant de nouvelles thématiques et de nouvelles formes d’écriture. Le rôle fondamental de la critique littéraire a également été mis en avant. Du fait du gauchisme de ce congrès, de nombreuses interventions ont aussi porté sur la relation de l’écrivain et du poète avec les masses populaires, ainsi que sur le rôle des premiers dans la société.

Nimâ Youshidj

Ali Asghar Hekmat [5] , politiquement proche du pouvoir, est intervenu sur « la poésie persane à l’époque contemporaine », tandis que Parviz Nâtel Khânlari (1914-1990) [6] s’est consacré à « la prose persane à l’époque contemporaine ». Ces deux chercheurs et hommes de lettres ont également été des responsables à haut poste dans le gouvernement pahlavi. L’étude de leur présentation, différente des auteurs de gauche, est intéressante pour connaître l’état du monde littéraire de l’époque. Ces deux chercheurs ont présenté une rapide histoire des évolutions littéraires persanes dans le domaine de la prose et de la poésie suite aux événements historiques et aux bouleversements sociopolitiques en Iran, de l’époque qâdjâre (XIXe siècle) aux années 1940.

Les discours de certains conférenciers comme Hekmat, Khânlari ou encore la comparatiste Fâtemeh Sayyâh permettent de mieux connaître l’ambiance de la recherche littéraire des années 1940 en Iran. Hekmat a ainsi évoqué l’évolution de la littérature de l’époque suite à ses événements historiques : selon lui, les bouleversements politiques survenus après la Seconde Guerre mondiale en Iran ont conduit la littérature à davantage traiter des problèmes sociaux. La poésie est composée pour le peuple, en ayant recours à son langage. Les principaux thèmes de la littérature persane de l’époque étaient selon lui la pensée socialiste au sujet de la condition ouvrière, l’intérêt pour l’amélioration des conditions de vie des ouvriers et des paysans, la dénonciation de la corruption étatique, la nécessité de lutter pour améliorer les conditions sociopolitiques. (Ibid., p. 28)

Khânlari, lui, a été jusqu’à critiquer la situation de la littérature sous le règne de Rezâ Shâh, où la production littéraire était particulièrement limitée du fait de la répression et de la censure. Tout poème exprimant le mécontentement du peuple vis-à-vis du régime du Shâh était ainsi proscrit. Dans ces conditions, la littérature ne put s’épanouir (Ibid., p. 50). Selon Khânlari, à partir de 1941, cette pression étatique s’est allégée et malgré les problèmes nés de l’occupation militaire alliée, un renouveau littéraire a pris forme, notamment avec la multiplication du nombre des journaux, des livres et des revues littéraires, ainsi qu’avec l’apparition d’une jeune génération d’écrivains talentueux dont Beh Azine, Al-e Ahmad et Sâdegh Tchoubak (Ibid., p. 174).

Toutefois, la position de Sayyâh (1902-1947), femme de lettres, critique littéraire et professeur d’université, concernant le développement et la qualité de la prose persane durant ces années était à l’opposé de celle de Khânlari. Sayyâh a critiqué la prose persane contemporaine qu’elle trouvait moins créative et riche que la poésie. Selon elle, la prose persane est sous l’influence de la poésie classique dans le choix des thèmes et dans le recours aux conseils et à la morale (Ibid., p. 182). Grande connaisseuse de la littérature russe et soviétique dont l’influence se perçoit clairement dans son œuvre, elle a présenté le genre « réaliste » et « réaliste socialiste » aux écrivains iraniens, en critiquant leur tendance à imiter le « romantisme » des écrivains français (Ibid., pp. 232-233).

De façon générale, nous pouvons dire que le congrès a mis l’accent sur la nécessité de l’évolution de la littérature persane, et qu’il a tenté d’orienter cette dernière vers la littérature réaliste.

La critique littéraire, vue comme un facteur important de l’évolution littéraire, a également eu sa place dans ce congrès. Ehsân Tabari et Fâtemeh Sayyâh se sont focalisés sur la critique littéraire moderne, qui a joué un rôle essentiel dans les évolutions littéraires en Occident. Ils ont donc souligné la nécessité de l’apparition d’une telle critique en Iran, dans la même optique qu’en Occident, en insistant sur le rôle de cette critique dans l’innovation littéraire. Dans son discours intitulé « Les tâches de la critique contemporaine en Iran », Sayyâh s’est référée aux critiques russes Belinski et Chernyshevsky pour démontrer leur influence déterminante sur la littérature russe.

Djalâl Al-e Ahmad

Tabari a pour sa part, dans son discours intitulé « La critique littéraire et l’essence de l’art et l’aspect esthétique », analysé les fonctions de la critique littéraire. Il a comparé la critique littéraire de l’époque passée avec celle de l’époque contemporaine, pour ensuite insister sur la nouvelle critique qui analyse les aspects sociologiques et psychologiques d’une œuvre (Ibid., p. 235). Comme Sayyâh, il a souligné le besoin du recours à la critique littéraire en Iran afin de sauver la littérature persane du chaos : selon lui, la présence de critiques de qualité permettrait de distinguer les vrais artistes des artistes sans talent (Ibid., p. 236).

Etant donné que la majorité des discours portaient sur le rôle social de la littérature, la question de la relation entre l’artiste et le public a également été évoquée par certains orateurs dont Bahâr et Alavi. Ces derniers ont exprimé la même opinion sur les différences entre lecteurs d’aujourd’hui et lecteurs d’autrefois. Auparavant, l’essentiel du public lecteur était composé par les religieux et les courtisans, mais selon Bahâr, aujourd’hui, ce rôle revient désormais aux classes moyennes. Il a également évoqué la question de l’autonomie de l’art, et insisté sur la corrélation entre la popularisation de la littérature et son indépendance vis-à-vis des gouvernements. Il a ajouté que cela serait possible à condition que la littérature prenne en considération le peuple, ses goûts et sa façon de s’exprimer, et qu’elle soit au service de l’intérêt public (Ibid, pp. 7-8). Alavi, pour sa part, a mis l’accent sur l’importance du rôle du lectorat. Selon lui, il faut savoir ce que les lecteurs veulent lire et satisfaire leurs goûts. Il est de même nécessaire selon lui que les poètes et les écrivains trouvent de nouveaux lecteurs, particulièrement au sein des masses populaires (Ibid., p. 184).

Sâdegh Hedâyat

Par conséquent, la principale caractéristique du congrès fut l’attention particulière qu’il accorda au rôle de l’écrivain et du poète dans la société. L’ensemble des orateurs a accepté l’idée d’un art au service de la société, mais chacun a finalement présenté sa propre définition de la responsabilité de l’art et de l’artiste. Pour Bahâr et Alavi, les écrivains et les poètes sont des guides, marchant au devant de la société et des peuples pour leur montrer le chemin. Alavi est allé jusqu’à dire que le poète révolutionnaire devait suggérer ses pensées au peuple (Ibid., p. 184). Adhérant à cette conception, Khânlari a insisté quant à lui sur la responsabilité du poète de comprendre le sens de la vie et de le suggérer au lecteur (Ibid, p. 45). Il a également cité les différentes missions de l’écrivain, dont la lutte pour la liberté et l’adaptation au monde extérieur. Il s’est adressé aux écrivains en affirmant qu’ils devaient servir le peuple et garantir la liberté (Ibid., pp. 174, 175). Sayyâh a pour sa part souligné l’importance de la conscience et de l’engagement de l’auteur vis-à-vis de la société de son époque. Elle a défini la responsabilité des artistes en insistant notamment sur la nécessité pour les écrivains de comprendre les intérêts de leur société et d’y rapprocher leurs intérêts personnels (Ibid., p. 233). Abdol-Hossein Noushine (1906-1971), dramaturge, metteur en scène et fondateur du théâtre moderne persan, a quant à lui mis l’accent sur le contraste existant entre les différentes classes. Influencé par les idées socialistes, il a divisé les artistes en deux groupes, et ce quel qu’ait été leur style littéraire (classique ou romantique, réaliste ou surréaliste) : ceux qui mettent leur art au service de la classe dominante, et ceux qui mettent leur art au service du peuple et des masses qui travaillent (Ibid., p. 53).

Sous l’influence des critiques russes et marxistes, Tabari a donné une explication théorique de l’utilité de l’art et de l’artiste dans la société. Selon lui, l’art est un produit social lié à la société tout comme la science, la religion et la politique. Il joue son rôle dans le destin de la société en tant qu’une arme de la lutte des classes - l’art abstrait et « l’art pour l’art » doivent donc être rejetés. Il a proposé un art révolutionnaire tentant de construire un nouveau monde en s’inspirant du modèle littéraire soviétique. (Ibid., pp. 244-246). Tabari a enfin énuméré les objectifs de l’art pour expliquer dans quelle mesure l’art pourrait servir la société : « Le meilleur but de l’art est d’accélérer le développement de la société, augmenter la connaissance, accroître le discernement, exalter la vertu, dénoncer l’hypocrisie, […], soutenir la justice, apprendre le vrai sens de la vie, fortifier l’espoir et la joie du mouvement. » (Ibid., pp. 246-247).

Il a invité les écrivains et les poètes présents dans le congrès à suivre une philosophie vivante et vraie, et à puiser les thèmes de leurs œuvres dans la vie réelle.

Après des discours sur la littérature persane moderne, une partie du congrès a été consacrée à la lecture d’œuvres des participants. Des poètes comme Rahi Moayyeri, Ali Moïniân, Navvâb Safâ, Fereydoun Tavaloli, Ravâ Hitch, Habibollâhi, Ra’di Azarakhchi, Ali Sedârat, Djalâledin Homâyi, Abdol Ali Tâati et Milâni ont lu leurs poèmes. La majorité des poèmes étaient politiques et polémiques, critiquant notamment les conditions de vie misérables des paysans et des ouvriers, et plus globalement la société iranienne sous le régime dictatorial des Pahlavi. Certains poèmes ont été rédigés sous l’influence de la Révolution d’Octobre, et glorifiaient la Révolution ou la victoire de Staline contre l’Allemagne nazie à Stalingrad. Beh Azin, Bozorg Alavi, Zabih Behrouz, Sobhi Mehtadi et Djavâheri ont quant à eux lu leurs proses.

Durant la cérémonie de clôture du congrès, Bahâr a espéré que la liberté de pensée et d’expression allait ouvrir de nouveaux chemins aux écrivains, et que le « réalisme » serait concrétisé soit au travers de la poésie, soit au travers de la prose. (Ibid., pp. 301-302).

Bozorg Alavi

La résolution finale du congrès a tenté de définir la place de l’écrivain dans la société en revenant sur les rôles traditionnels de la littérature persane (prose et poésie) au sein de la société, vis-à-vis du peuple et du monde. Fut aussi formulé le souhait que les écrivains iraniens s’efforcent de suivre la vérité et la justice, qu’ils s’opposent à l’oppression, et qu’ils prennent la part de liberté, de justice et de savoir qui leur revient. La nécessité de leur lutte contre le fascisme, leur défense de la paix mondiale ou universelle, et la diffusion de pensées humanistes et démocratiques permettant le progrès de l’Iran furent également soulignés. Le congrès a incité les écrivains et poètes à davantage se tourner vers le peuple, à chercher de nouveaux styles conformes à la vie actuelle, et à propager une critique littéraire juste et scientifique et les conditions de la genèse d’une grande littérature. En outre, le développement des relations culturelles et littéraires de l’Iran avec l’ensemble des "démocraties progressistes" du monde et notamment avec l’Union soviétique, fut fortement conseillé, de même que la mise en place d’une commission provisoire destinée à créer un institut ou un syndicat des poètes et écrivains iraniens (Ibid., pp. 302-303).

En conclusion, le premier congrès des écrivains a constitué une étape remarquable dans l’histoire de la littérature persane contemporaine. Ce congrès pourtant très idéologisé (soviétisé) réussit à rassembler pour la première fois des écrivains et poètes iraniens politiquement et idéologiquement très loin les uns des autres, notamment en mettant l’accent sur l’importance de l’innovation en littérature, la responsabilité des écrivains, et le rôle social de l’art. Son résultat le plus attendu fut la fondation d’une Association des écrivains, projet qui ne vit pas le jour en raison du contexte politique et des dissensions qui ont vite séparé les écrivains. En outre, l’attentat perpétré contre Mohammad Rezâ Shâh en 1948 fournit un prétexte au gouvernement pour limiter les activités politiques et sociales, limitation bientôt suivie par la féroce répression de toute liberté qui clôtura le coup d’Etat de 1953. Néanmoins, les « directives » du congrès ont dominé l’esprit de la littérature persane durant quelques décennies (Abedini, 2008, p. 207).

L’organisation du premier congrès des écrivains montre bien l’influence de la politique sur la littérature et l’importance alors accordée au rôle de l’artiste dans la société. Comme ce premier congrès était organisé par l’Association des relations culturelles irano-soviétiques, l’influence politique de la vague communiste y fut omniprésente. Un bon nombre des écrivains et poètes présents au congrès étaient membres ou partisans du parti Toudeh, d’où l’attachement au genre « réaliste » ou « réaliste socialiste ».

Le gouvernement de Ghavâm-os-Saltaneh, Premier ministre iranien de l’époque, a néanmoins semblé jouer sur deux tableaux. S’il est apparu au départ comme soutenant la culture et la littérature, peu après le congrès, à la suite de l’échec du coup d’Etat de 1953, le régime du Shâh est devenu synonyme de répression et de censure (Ibid., p. 207). Par conséquent, l’ambiance culturelle resta défavorable sur le long terme et ne permit pas aux objectifs du congrès de se réaliser. L’ensemble des éléments mentionnés a induit un profond désespoir, marqué d’individualisme et souvent de nihilisme parmi les poètes et écrivains iraniens. La littérature réaliste persane qui était, malgré certaines lacunes, en voie d’évolution, connut une halte brutale dans sa créativité pendant presque une décennie. Il faudra attendre les années 1960 pour être témoins du retour d’une littérature engagée et mature, soutenue par la fondation du « Cercle des écrivains » en 1968.

Bibliographie :
- Abedini, Hassan, Sad sâl dânstân nevisi dar Iran (1253-1342) (Cent ans de fiction en Iran (1874-1963)), Téhéran, éd. Nashr-e Tondar, 2008, vol. 1 et II.
- Abedini, Hassan, Sad sâl dânstân nevisi dar Iran (1253-1342) (Cent ans de fiction en Iran (1874-1963)), Téhéran, éd. Tchechmeh, 1990, vol. I.
- Le premier congrès des écrivains iraniens (1946), recueil des articles, 1947.

Notes

[1Ecrivain, chercheur, traducteur et l’un des fondateurs et théoricien du parti Toudeh, nom du parti communiste iranien.

[2Ecrivain, traducteur, homme politique iranien et l’un des fondateurs du parti Toudeh.

[3Le parti communiste iranien fondé le 29 septembre 1941.

[4Poète, homme politique, journaliste, professeur de littérature et historien.

[5Homme politique et littéraire, poète, écrivain et traducteur iranien (1893-1980).

[6Homme de lettres, poète, chercheur, professeur d’université et rédacteur en chef de la revue Sokhan.


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