N° 26, janvier 2008


  • Editorial

    Rouhollah Hosseini N° 26, janvier 2008

    C’est l’hiver ; l’hiver rigoureux avec ses courtes journées et ses longues soirées ; avec sa terre qui abandonne nonchalamment ses bras nus à la froide caresse de la neige, dont les flocons peignent doucement de la pointe du pinceau son sommeil blanc. C’est l’hiver avec ses boules et son bonhomme de neige, son écharpe, son châle, ses bottes et ses gants. C’est les trottoirs de la rue Valî-’Asr qu’on descend à pied, sous la neige, le soir, quand les bus sont pleins à craquer. C’est aussi la nappe à (...)


  • Retour sur la gestion de l’eau en Iran

    Arefeh Hedjazi N° 26, janvier 2008

    Pour le voyageur, l’Iran est surtout le pays des grandes plaines aux couleurs ocre et aux teintes chaudes, entrecoupées de montagnes et de gorges ravinées surplombant majestueusement le paysage. Cette terre aux belles couleurs est en réalité une terre sèche, et dès les premiers balbutiements de l’humanité, ses habitants comprirent la nécessité de la gestion de l’eau rare et précieuse, offrande divine, protégée par les dieux et source de vie. Aujourd’hui, des siècles plus tard, le problème est toujours le (...)


  • Khezr : du prophète au guide personnel vers la "Source de la vie"

    Amélie Neuve-Eglise N° 26, janvier 2008

    Figure énigmatique du Coran et de l’ensemble de la tradition musulmane, Khizr, appelé Khezr en persan et Khidhr en arabe, a été au centre de nombreuses légendes et récits mystiques et a parfois été assimilé au prophète Elie, à Saint Georges ou encore à Alexandre le Grand. Son nom est dérivé de la racine "Khdhr" (خضر) faisant référence à la couleur verte [1], étant donné qu’il est souvent associé à la nature et que, selon certains récits, la terre devenait verdoyante à son passage.
    Khezr aurait bu à la "Source de (...)


  • Symbolisme de l’eau dans l’œuvre de Mowlânâ*

    Djamileh Zia N° 26, janvier 2008

    Beaucoup d’experts en littérature trouvent que Mowlânâ utilise l’allégorie avec une extraordinaire maîtrise, cet élément contribuant à faire de ses poèmes de véritables chefs-d’œuvre. Mowlânâ présente les vérités du Monde Sublime au travers de fables et d’allégories, pour que la signification spirituelle de son message soit compréhensible au lecteur. Pour Mowlânâ, l’allégorie appartient au domaine de l’imaginaire, domaine intermédiaire entre le domaine de la raison et celui de la sensation. L’allégorie peut ainsi (...)


  • Les décorations en stuc dans l’architecture arsacide et sassanide

    Babak Ershadi N° 26, janvier 2008

    Les quatre cents ans de règne de la dynastie sassanide (IIIe-VIIe siècle) marquèrent l’apogée de la culture et de la civilisation de la Perse ancienne. Elle se manifesta non seulement dans le domaine de l’art, mais également dans celui de la culture religieuse et politique de l’empire sassanide. Le patrimoine de cette période reflète la grandeur d’un empire puissant qui régnait sur une immense partie du monde de l’époque, où la Perse comptait parmi les plus importants centres de production culturelle et (...)


  • La forteresse de Gabri, vieux défenseur de Rey

    Afsaneh Pourmazaheri, Farzâneh Pourmazâheri N° 26, janvier 2008

    Tout au long de l’histoire des envahisseurs, à cheval ou à pied, en bateau ou en avion ont tenté de forcer les frontières des territoires voisins sous l’influence de leurs désirs expansionnistes. De là le concept de "défense", pris en compte par les souverains, chefs des pouvoir publics. Il leur est donc venu à l’idée qu’il fallait des structures fortes, des points stratégiques empêchant les envahisseurs de pénétrer à l’intérieur de leur territoire. C’est ainsi que les forteresses, ces grands bâtiments de (...)


  • Lettre au fils du "médecin massif" de Torbat

    (1ère partie)

    Esfandiar Esfandi N° 26, janvier 2008

    Monsieur, je souhaite par la présente, évoquer sans vous et pour vous, le souvenir de votre père…
    J’imagine votre surprise, voire votre dédain, cher Monsieur, face à l’"évocation" de l’image, pour vous imprécise, pour moi souveraine, de votre géniteur. Je sais Monsieur, que pour votre personne, il fut une sorte d’égaré, une ombre qui plus est évanescente, dont la carrure ne couvrit pas même les plus tendres de vos années. Ces dernières sont bel et bien derrière vous. Je devine que les aléas de votre (...)


  • Les théâtres populaires de la rue Lâlehzâr à Téhéran

    Mireille Ferreira N° 26, janvier 2008

    Avant la Révolution islamique, la rue Lâlehzâr était le centre de la vie noctambule de Téhéran, on y trouvait théâtres, cabarets, cinémas. La mairie de Téhéran y était installée dans un très beau bâtiment de briques. On peut encore en voir une réplique, ainsi que celles de quelques théâtres, cabarets et restaurants, aux studios de cinéma de Karaj, dans la banlieue de Téhéran.
    La seule salle de spectacle encore ouverte de nos jours dans cette rue est celle du Théâtre Pârs. Ce théâtre a été ouvert à la (...)


  • Les formes poétiques persanes

    Mahnâz Rezaï N° 26, janvier 2008

    Le ghasîdeh, le ghazal, le masnavî, le robâ’î, le ghét’eh, le tarkîb band, le tardjî band, le bahreh tavîl, le mostazâd et le mossammat constituent les anciennes formes [1] poétiques persanes et n’ont pas d’équivalent français.
    Le ghasîdeh [2]
    Le ghasîdeh est la forme la plus fréquente du IIIème au IVème siècle de l’hégire (IXe et XIe siècles de l’ère chrétienne), est une sorte de poème lyrique formée de plus de trente-deux vers ayant tous le même rythme. Tout comme dans un ghazal, le premier vers rime avec les (...)


  • Le mythe de Shéhérazade

    M. Fasanghari N° 26, janvier 2008

    Les recherches sur les mythes sont d’actualité et on ne peut guère faire d’exercice de style sans s’y être initié.
    On peut raisonnablement prendre comme point de départ, ce que dit Breton à propos du mythe, "un mythe est une très vieille parole où l’humanité se reconnaît depuis longtemps et qu’elle peut charger de significations nouvelles."
    Ainsi le mythe stimule-t-il l’imagination créatrice des auteurs. Ce qui revient à dire que le mythe toujours en mouvement, mythe mobile, apparaît comme un cadre (...)


  • Entretien avec Bernard Maitte

    Amélie Neuve-Eglise, Arefeh Hedjazi N° 26, janvier 2008

    Né en 1942, Bernard Maitte est spécialiste de la cristallographie et de l’histoire des sciences. Il enseigne actuellement à l’université des sciences et techniques de Lille (Université de Lille I) et est directeur du Centre d’Histoire des Sciences et d’Epistémologie de cette même université. Il est également responsable du master "Diffusion des connaissances scientifiques et technologiques" destiné à former des professionnels dans le domaine du journalisme scientifique ainsi que de la communication (...)


  • Rouh-ol-Amin Esfahâni

    Helena Anguizi N° 26, janvier 2008

    Comme célèbre du XIe siècle, parfois appelé par son vrai nom, Mîr Mohammad-Amîn Mîr Jomleh Shahrestânî Esfahânî et plus souvent par son pseudonyme Rouh-ol-Amîn (cité par Mîr Abdolrazâgh Khâfî, dans son ouvrage Ma’asserolamra), cet amoureux de la littérature était surtout connu pour ses dons en poésie.
    Originaire d’Ispahan et né en 981, si l’on en croit les allusions que le poète fait lui même dans son Shîrîn et Khosrow, la majeure partie de sa jeunesse s’écoula paisiblement dans sa ville natale, où il fit ses (...)


  • L’histoire du thé et du safran en Iran

    Hoda Sadjâdi N° 26, janvier 2008

    Dans la plupart des cultures du monde, le thé est considéré comme une boisson ayant des vertus médicinales et curatives nombreuses, notamment concernant certains cancers. Il existe de nombreuses légendes concernant l’apparition de l’utilisation du thé comme boisson. Par exemple, les Chinois racontent qu’il y a 5000 ans, le vent avait amené quelques feuilles de thé dans la tasse d’eau chaude de l’empereur de Chine, et cet événement fut à l’origine de la consommation du thé en tant que boisson. Environ (...)


  • Lorestân, la terre de bronze

    Helena Anguizi N° 26, janvier 2008

    Le Lorestân est l’une des plus vieilles régions d’Iran. Des vestiges de l’âge de pierre, notamment des gravures et dessins retrouvés dans des grottes qui jadis furent habitées par des hommes préhistoriques, font de la province l’un des plus anciens lieux d’habitation, également très célèbre pour ses réserves d’objets en bronze très anciens. En d’autres termes et comme le souligne si bien le célèbre archéologue français Roman Ghrishman "le véritable art iranien se trouve à Lorestân". Cette province compte (...)


  • Les colombiers

    Hoda Sadough N° 26, janvier 2008

    La Perse safavide connut, au cours des différents règnes et au gré des changements de capitale, un âge d’or qui toucha tous les domaines, de l’urbanisme à la peinture, en passant par l’art de vivre. L’architecture safavide, héritière du passé, s’épanouit ainsi au contact des civilisations mongole, ottomane et occidentale, qui évoque déjà une certaine globalisation des cultures avant l’heure.
    A la faveur de nombreux échanges avec l’Europe, nombreux furent les voyageurs qui témoignèrent, au travers de leurs (...)


  • Ce soir, il n’y avait pas de lune

    Hossein Mortezâïân Âbkâr
    Traduit par

    Shahrzâd Mâkoui N° 26, janvier 2008

    J’ai senti tout à coup que j’étais lui. J’étais devant la glace de la salle de bains lorsque je l’ai vu. Ses cheveux mouillés tombaient sur son front et on aurait dit que ses sourcils glissaient et arrivaient jusqu’à ses paupières. Je les ai empoignés et je les ai remontés ; il disparut. Avec le petit peigne noir que j’avais trouvé dans la petite poche de sa veste, je fis tomber les cheveux mèche par mèche, sur les sourcils et un œil… Ma mère l’appela :
    "Tu te dépêches un peu ?"
    Je revins à la réalité et (...)


  • L’architecture iranienne moderne

    Au Journal de Téhéran

    A.G. E’tesâm Zâdeh

    N° 26, janvier 2008

    15 Dey 1316 5 Janvier 1938
    Le nouvel aspect des grandes villes iraniennes a quelque chose d’original et de caractéristique, comme un cachet particulier qui les rapproche et les distingue à la fois des villes d’Occident. Européennes par l’alignement de leurs larges avenues bordées d’arbres et bosselées de refuges, par le costume des passants, par le trafic intense et le tumulte des klaxons, par les grands magasins aux vitrines flamboyantes, elles demeurent parfaitement orientales par l’architecture (...)


  • De Neyshâbour à Touss

    Au Journal de Téhéran

    N° 26, janvier 2008

    14 Janvier 1938
    24 Dey 1316
    Neychâbour, l’une des plus anciennes et des plus célèbres villes de cette partie de l’Asie, bâtie et rebâtie par les Sassanides, les Arabes, Mahmoud le Ghaznavide, les Seldjoukides, rasée par les séismes et des invasions, n’est plus qu’une bourgade sur le lieu de sa légendaire splendeur. Celle qui fut appelée Irânshahr, et dont les merveilles allaient autrefois par douze et par multiples de douze, douze mines turquoises, de cuivre, de marbre, douze cours d’eau tombant des (...)


  • La Mosquée de Kaboud à Tabriz
    La Turquoise de l’Islam

    Zaynab Sadaghiân N° 26, janvier 2008

    La mosquée de Kaboud est l’un des plus éminents chefs-d’œuvre de l’art et de l’architecture islamiques du IXe siècle de l’hégire lunaire (XVe siècle).
    Malheureusement, les vicissitudes de l’histoire et du temps qui passe fortement contribué à la détérioration de l’édifice. Ce monument historique, connu auparavant comme "le bâtiment de Mozaffariye", témoigne du talent et de la dextérité des architectes iraniens de l’époque des Gharâghoyunlus.
    La construction de la mosquée a été achevée en l’an 870 de l’hégire (...)


  • Les eaux minérales d’Iran

    Mortéza Johari N° 26, janvier 2008

    Les études sur les eaux minérales en Iran n’ont commencé qu’à partir de la seconde moitié du XXème siècle. Elles étaient souvent l’œuvre de touristes ou de scientifiques étrangers qui, prenant avec eux des échantillons, les examinaient dans les laboratoires de leurs pays respectifs.
    Certains anciens rois iraniens s’intéressaient aux usages des eaux minérales et les preuves de cet intérêt apparaissent notamment dans les ouvrages qui nous sont parvenus des époques safavide et qâdjâre.
    En Iran, c’est en 1907 (...)


  • L’Anâr-e-Sheytân & le rouge-gorge familier

    Faune et flore iraniennes

    Mortéza Johari N° 26, janvier 2008

    Anâr-e-Sheytân
    Nom scientifique : Tecomella undulata
    Nom persan : Anâr-e-Sheytân
    Petit arbre pouvant atteindre 4 à 5 m de haut, ou arbuscule dressé à rameaux non grimpants. Cet arbre est doté d’un tronc très mince, fin comme une tige, à écorce cendrée blanchâtre, et ses feuilles sont opposées, brièvement pétiolées, glauques, coriaces, linéaire lancéolées, ou oblongues, parfois peu ondulées, doré ou d’un rouge orangé, grandes. Sa corolle est en forme de cloche à gorge ample. Il fleurit de mars à mai. En Iran, (...)