N° 118, septembre 2015


  • L’aventure du thé en Iran et ailleurs

    Afsaneh Pourmazaheri N° 118, septembre 2015

    La culture du thé et sa consommation remontent à plus de deux millénaires avant Jésus-Christ, et ce sont les Chinois qui en furent les premiers bénéficiaires. Ce sont les premiers à avoir cultivé et infusé les feuilles de cette plante aujourd’hui si prisée nommée tchây (également son actuel nom persan). D’après les légendes, le thé fut découvert en 1737 av. J.-C. par un empereur chinois du nom de Shen Nong, héros civilisateur de la mythologie chinoise à qui l’on attribue par ailleurs l’invention de la houe, (...)


  • Aperçu sur des salons de thé en Iran

    Fâtemeh Ashouri N° 118, septembre 2015

    Les premiers salons de thé (tchâykhâneh en persan) sont apparus à l’époque de la dynastie des Safavides qui régna sur l’Iran de 1501 à 1736, et en particulier sous le règne de Shâh Tahmasp à Qazvin, et de Shâh Abbâs Ier à Ispahan. En réalité, ces lieux étaient souvent appelés maisons de café (ghahvehkhâneh) étant donné qu’on y servait avant tout du café. Le premier salon de thé moderne, où l’on servait à la fois du thé et du café, aurait été ouvert à Téhéran par deux frères allemands venus en Iran dans le but de (...)


  • Aperçu des difficultés de
    la culture et de l’industrie
    du thé en Iran

    Shahâb Vahdati N° 118, septembre 2015

    La culture du thé a été introduite en Iran en 1900 par Kâshef-os-Saltaneh. Aujourd’hui, le thé iranien est cultivé sur une superficie de 34 000 hectares sur la côte australe de la Caspienne, à la proximité de villes comme Rasht, Lâhidjân, Langaroud et Tonekâbon. Il existe plus de 100 usines travaillant dans ce secteur en Iran, avant tout dans le traitement du thé. Jusqu’à ces dernières années, environ 6,5% de la demande du pays était satisfaite par la production intérieure, et le reste fourni par les (...)


  • Historique du samovar en Iran

    Khadidjeh Nâderi Beni N° 118, septembre 2015

    Le thé est depuis longtemps la boisson la plus populaire et la plus bue par les Iraniens. Pour préparer du thé, on utilise plusieurs récipients dont une théière, une bouilloire, un samovar, etc. Traditionnellement, le samovar est l’un des ustensiles les plus présents dans les cuisines iraniennes. Il était auparavant vendu selon différents modèles fonctionnant au charbon, au pétrole ou au gaz ; cependant, de nos jours, ces versions ont été en majorité remplacées par les samovars électriques.
    Le samovar (...)


  • Thé ou café ?
    Au-delà de son aspect médical, c’est une question
    d’histoire, d’économie et de géopolitique

    Babak Ershadi N° 118, septembre 2015

    Le thé et le café sont les boissons les plus populaires du monde. Les amateurs de ces deux boissons sont sensibles aux résultats des recherches médicales qui sont publiés assez régulièrement concernant les réelles propriétés du thé et du café sur la santé. La question est devenue classique. Pourtant, il faut admettre que le jugement sur la consommation du thé et du café et leur comparaison - quasi-inévitable - va bien au-delà des simples considérations médicales. Tous les jours, les médias parlent des (...)


  • Un magicien :
    présentation de l’artiste Shay Miremont

    Bernard Pataux* N° 118, septembre 2015

    Shay Miremont est né à Téhéran en 1951. Après des études supérieures et au cours d’une série de voyages, il décide de s’installer à Paris et termine ses études de photographie. Une fois devenu photographe processionnel, il participe à de nombreuses expositions de peinture, notamment en Normandie où se trouve son studio photo. II travaille en s’inspirant de ses souvenirs, notamment des motifs de tapis, tissus ou de mosaïques persanes comme autant d’éléments décoratifs de ses compositions abstraites ou (...)


  • Mona Hatoum
    Centre Pompidou, Paris, 24 juin – 28 septembre 2015
    « Le monde entier est devenu une terre étrangère »

    Jean-Pierre Brigaudiot N° 118, septembre 2015

    La blessure
    Le travail de Mona Hatoum est typique des pratiques d’un certain nombre d’artistes de sa génération, pratiques où se conjuguent performance, vidéo, installation, dessin, photo… c’est-à-dire une pluralité de médias. Ainsi la lecture, l’appréhension, l’appréciation de l’œuvre dans sa globalité, se font en un emboîtement et chevauchement d’échos du monde tel que l’artiste les donne, les exprime, les décrit, selon le ou les médias mis en œuvre. Autre caractéristique de ces pratiques artistiques, celle (...)


  • La coupole du Palais du Sénat de Téhéran : une coupole en béton translucide

    Elodie Bernard N° 118, septembre 2015

    Sous la flamboyante lumière du soleil d’Orient,
    cette coupole recrée
    dans le kaléidoscope
    de l’imagination, l’œil de gazelle de la houri,
    le corps ocellé de la divinité,
    le plumage de l’oiseau
    au poing du Grand Khan,
    et c’est encore
    le béton.
    Max Gérard
    Iran Senat Heydar Ghiaï, Editions Draeger, 1976
    Grand architecte iranien du début du XXème siècle, Heydar Ghiaï-Shâmlou est présenté comme un des pères de l’architecture moderne en Iran. Lors de la construction du Sénat, à Téhéran, dont il a eu la (...)


  • Le Musée militaire de Téhéran (1)

    Manouchehr Moshtagh Khorasani N° 118, septembre 2015

    Introduction
    Le Musée militaire de Téhéran, situé dans le Palais Saadâbâd, rassemble l’une des plus importantes collections d’armes et d’armures persanes. La collection du Musée militaire de Téhéran comprend notamment une partie de la collection royale de Nâssereddin Shâh Qâdjâr, peu à peu rassemblée depuis l’ère safavide, qui en hérita de ses ancêtres. Avant la Révolution islamique de 1979, la collection était conservée à l’Université militaire de Téhéran (Dâneshgâh-e Afsari). Après la Révolution, on divisa la (...)


  • Le degré du réel dans l’autobiographie moderne, étude de cas : Enfance de Sarraute et Les Souvenirs dispersés (Khâtereh-hâye parakandeh) de Goli Taraghi

    Sara Ziaee Shirvan N° 118, septembre 2015

    Goli Taraghi est considérée comme l’un des écrivains iraniens contemporains les plus lus et les plus connus en Iran, et s’est notamment démarquée par son refus des règles régissant traditionnellement ce domaine. Elle a été directement influencée par la littérature française et a habité en France pendant plus de trente ans. Son style est simple et fluide, alors que le contenu de son œuvre se veut profond.
    Nathalie Sarraute est de son côté l’un des écrivains contemporains marquants de la littérature (...)


  • La spirale d’Ormouz(8) *

    Gilles Lanneau N° 118, septembre 2015

    23. Le vin
    " Hâfez est ivre,
    En lui le chant vient du mouvement des mondes."
    (Hâfez)
    Ils sont retournés à la taverne sacrée, ce lendemain après-midi. Chercher l’ivresse... Les buveurs sont nombreux là où le vin est bon.
    …Géhel se poste en retrait, près d’un buisson en fleurs, se pose à même le sol... L’ivresse !... Il n’a jamais aimé le vin. Il ne connaît pas cette gaieté factice qui fait tourner la tête, qui fait divaguer, qui rend amoureux. L’amour, la joie, il les cherche dans la sobriété du cœur. Il (...)


  • Promenade estivale sur les pentes du Mont Sabalân

    Mireille Ferreira N° 118, septembre 2015

    En période estivale, quand le thermomètre affiche 42° à Téhéran et seulement 24° à Ardebil, c’est le bon moment pour visiter cette province septentrionale d’Iran, qui faisait encore partie de l’Azerbaïdjan oriental dans la dernière décennie du XXe siècle.
    Cette région montagneuse, probablement la plus froide d’Iran, est recouverte de neige dès novembre. Elle est située sur la frange sud du massif caucasien, aux confins du nord-ouest iranien, entre la province caspienne du Guilân à l’est, la république (...)


  • Les monhirs de Shahar Yeri et le pont suspendu de Meshkin Shahr

    Babak Ershadi N° 118, septembre 2015

    Meshkin-Shahr (66 000 habitants selon le recensement de 2011) est une ville de la province d’Ardebil dans le nord-ouest iranien (Azerbaïdjan). Nommée autrefois « Khiâv », la ville est souvent appelée « Meshkin » par les habitants de la région.
    A une altitude de 1400 mètres au-dessus du niveau de la mer, Meshkin-Shahr se situe à 25 kilomètres au nord-ouest du mystérieux Sabalân (Sâvâlân, en azéri), cette grande montagne volcanique qui est, avec ses 4811 m, le troisième sommet de l’Iran.
    Les habitants de la (...)


  • La cérémonie du Zâr

    Traduction et adaptation :
    Roshanak Dânâei

    Maria Sabâye Moghaddam N° 118, septembre 2015

    Dans les régions côtières du sud de l’Iran, notamment dans la province de Hormozgân et sur l’île de Qeshm, les gens croient en l’existence de vents belliqueux et pacifiques, ou encore croyants et infidèles. Les vents belliqueux, dont le Zâr fait partie, sont considérés comme les plus dangereux. De nombreuses variétés de Zâr sont connues, dont Maturi, Dingemâru, Omagâreh, Bumaryom, Pepe, Babur, Bibi et Namroud. Ces vents sont considérés comme dangereux, provoquant divers inconforts et maladies. Ils sont (...)


  • Nouvelles sacrées (XXI)
    La région de Bâziderâz

    Khadidjeh Nâderi Beni N° 118, septembre 2015

    Bâziderâz est une région montagneuse qui se situe à l’intérieur d’un triangle formé par Ghasr-e Shirin, Sar Pol-e Zahâb et Guilân-e Gharb dans la province de Kermânshâh. Les montagnes de Bâziderâz comportent plusieurs sommets qui dépassent pour la plupart 1000 mètres d’altitude. Avec le commencement de la guerre irano-irakienne, l’armée ennemie arrive à s’emparer de la région sans aucune résistance de la part de l’Iran. Elle y établit ensuite une base militaire et une route asphaltée sur 6 km. Ainsi, dès le (...)


  • Sur un tapis d’Ispahan (5)

    Kathy Dauthuille N° 118, septembre 2015

    VIII
    Le troisième carré
    ou
    Le jardin du sud
    Nastaram
    Voici que Nastaram
    entre discrètement en jeu
    dans la troisième case ;
    elle se présente vêtue
    d’une longue tunique ivoire
    assortie d’une coiffe pointue
    et d’une écharpe légère
    couleur de l’arc-en-ciel.
    Quand son corselet de fin velours
    fut ajusté devant le miroir,
    son regard se perdit au loin,
    vers la chaîne enneigée d’Elbourz.
    pour revenir au pavillon
    de la prison dorée où vit la cour.
    A toute heure du jour ou de la nuit,
    elle explore (...)


  • Absence, absence

    Maroc - Oujda

    Khalid EL Morabethi N° 118, septembre 2015

    Silence !
    J’écris l’absence,
    De ce point qui ne mettra jamais une fin,
    Et le retour de quelqu’un, qui est loin,
    Et la paix,
    Et la lumière !
    Sur la terre, sur mon ombre, sur l’océan noir,
    Sur la terre, sur mes mains, sur l’arbre noir,
    Sur la terre, sur mes doigts, sur la chaise noire,
    L’absence,
    De ce monsieur qui écrit le sens et part,
    De ce monsieur qui rentre tard le soir,
    Et dort tout simplement,
    J’écris l’absence de ces rêves, malheureusement.
    Silence !
    Absence, absence,
    De ce (...)