Gilles Lanneau

28 articles

  • CINQUANTE MOTS
    d’Est en Ouest

    Gilles Lanneau N° 142, septembre 2017

    Restons encore un moment au pays de Mehr. Examinons quelques mots dont l’origine diffère de celle proposée par nos dictionnaires (sans pour autant les contredire). Tous ne sont pas probants ; mais ils donnent néanmoins une ouverture supplémentaire à notre compréhension du monde. Et nous imposent un peu d’humilité.
    ***
    anecdote, du grec anekdota ; nokté en persan.
    âtre, du grec ostrakon ; âtr, âtra en avestique, désignant le feu domestique et son foyer. Ce feu était le cinquième et dernier dans la (...)


  • Qui est Mehr ?

    Gilles Lanneau N° 128, juillet 2016

    Il est né dans une grotte, un 25 décembre, fut entouré par des bergers, accomplit des miracles, un sacrifice, s’envola vers les cieux.
    Vous croyez connaître la réponse...
    Non, vous avez faux ! Allons plus loin.
    Son sacrifice sera celui d’un taureau blanc, son envol sera conduit par des chevaux ailés. Quant à son origine, elle est incalculable. Sa première mention remonte à 1340 avant notre ère, environ, gravée sous un nom différent. Elle officialisait un accord de paix entre deux royaumes, dans la (...)


  • La spirale d’Ormouz (12) - épilogue*

    Gilles Lanneau N° 122, janvier 2016

    …Je retrouve la coquille. A l’envers. Près du Krak des Chevaliers, en Syrie, un an plus tard. Parmi les oliviers, entre l’ombre inquiétante de la forteresse barbare et l’azur lointain de la Méditerranée. Anodine, discrète. Dessinée sur une dalle, à même le sol, dans la nef d’une petite église orthodoxe, face à l’iconostase.
    Face à la mort vaincue. Sur l’icône centrale, un Christ ressuscité, victorieux, auréolé d’or blanc, debout dans son tombeau ouvert. La victoire de l’homme nu, seul, contre ses pesanteurs. (...)


  • La spirale d’Ormouz (11)*

    Gilles Lanneau N° 121, décembre 2015

    32. L’enfant-vieillard
    Dans son sommeil, cette nuit, Géhel tient un bébé dans ses bras. Il est dans un hôpital pour enfants, semble-t-il, avec des infirmières, d’autres bébés. L’endroit est blanc, aseptisé. Impersonnel. Le bébé est silencieux, il le fixe de ses grands yeux. Sur son corps de nourrisson, un visage mûr aux traits bien affirmés. Géhel est partagé, il serre le bébé tout contre lui ; en même temps il en est encombré, il aimerait bien s’en débarrasser. Il a des scrupules. Il se promène dans la (...)


  • La spirale d’Ormouz (10)*

    Gilles Lanneau N° 120, novembre 2015

    28. L’avion
    Il est minuit. Géhel ne sait pas dormir sur un siège d’avion. Le nez collé à son hublot, il scrute le vide. Le désert peint en noir par l’encre de la nuit. Le noir total.
    Une clarté, soudain ! Une galaxie perdue, scintillant au cœur du désert. Ispahan s’étale, généreuse, abondante… Un trou noir l’interpelle, au sud de la cité. Un tunnel vertical, menant de la mort à la vie, ou vice-versa, et où le temps n’existe pas. Golestân-e Shohadâ, hors la lumière nocturne, en exception discrète.
    … Au (...)


  • La spirale d’Ormouz (9)*

    Gilles Lanneau N° 119, octobre 2015

    26. Les deux labyrinthes
    La traversée des monts du Zagros, entre Shirâz et Boushehr, est une merveille, un étonnement perpétuel. Un défilé panoramique de sierras, de falaises, de précipices, se chevauchant, s’interpénétrant. Collés à la vitre de leur autocar, Emelle, Géhel n’en perdent pas une miette.
    Le contraste est rude. L’empyrée des poètes, la nature absolue... Ils ont quitté Shirâz ce matin, un peu précipitamment. A peine trois jours dans la ville ! Un affront à Sa Majesté. Après Hâfez et la montagne (...)


  • La spirale d’Ormouz(8) *

    Gilles Lanneau N° 118, septembre 2015

    23. Le vin
    " Hâfez est ivre,
    En lui le chant vient du mouvement des mondes."
    (Hâfez)
    Ils sont retournés à la taverne sacrée, ce lendemain après-midi. Chercher l’ivresse... Les buveurs sont nombreux là où le vin est bon.
    …Géhel se poste en retrait, près d’un buisson en fleurs, se pose à même le sol... L’ivresse !... Il n’a jamais aimé le vin. Il ne connaît pas cette gaieté factice qui fait tourner la tête, qui fait divaguer, qui rend amoureux. L’amour, la joie, il les cherche dans la sobriété du cœur. Il (...)


  • La spirale d’Ormouz (7)*

    Gilles Lanneau N° 117, août 2015

    20. La mère
    Ispahan est réputée pour ses articles en cuir. Le plus beau cuir du monde selon certains vendeurs. Ispahan n’est pas modeste ! Le plus beau cuir du monde dans "la Moitié du Monde". Ils se sont rendus à New-Jolfa ce matin, le quartier arménien. Le taxi les a déposés dans une artère commerçante, aux boutiques serrées les unes contre les autres.
    …Sacs à main, bottines, chaussures… Emelle est ravie Géhel suit, en bon époux docile, en portant les cartons.
    « Kelissâ Maryam » ? L’église de Marie. (...)


  • La spirale d’Ormouz (6)*

    Gilles Lanneau N° 116, juillet 2015

    17. La mort
    "Et le Destin, qui sait ce qu’il écrit pour nous ?
    Qui sait aussi ce qu’il efface ?"
    (Hâfez)
    A la case de la mort, beaucoup sont tombés, huit ans durant. Petits soldats d’Ispahan, aviez-vous choisi la date, aviez-vous lancé les dés ?... Sur son banc, face aux alignements muets, Géhel attend les réponses. Sans illusion.
    La mort, cette fraction de seconde, ça ne l’impressionne pas vraiment. La torture, la souffrance, oui. Pas l’instant final. Ni la suite. Il se rappelle d’un souvenir (...)


  • La spirale d’Ormouz (5)*

    Gilles Lanneau N° 115, juin 2015

    14. Le trésor
    Autre forteresse, discrète, noyée dans le délire urbain de la capitale. En son ventre, elle cache un trésor. Et quel trésor ! Enfoui dans un bunker, au sous-sol de la banque centrale.
    Il pleut cet après-midi ; Emelle et Géhel subissent Téhéran. Ils sont allés voir, par simple curiosité, pour tuer le temps. Le trésor est accessible, il suffit de payer un ticket, de passer un sas… Les voici dans la caverne. Comme à Tabriz. Une caverne d’Ali Baba, sans ses quarante voleurs. A l’intérieur, (...)


  • La spirale d’Ormouz (4)*

    Gilles Lanneau N° 114, mai 2015

    10. La spirale d’Ormouz
    Ormouz, le lundi 27 octobre. Une bourgade assoupie dans son île du même nom, elle-même dans le Détroit d’Ormouz. Ormouz, trois fois. Face aux pétroliers, par centaines, en pointillé sur l’horizon.
    Petite ville de pêcheurs, paisible, assommée par un soleil de plomb, dans l’heure de midi. Vide, ou presque. Il n’y a que deux fadas pour se balader sur le front de mer, en plein cagnard. Emelle, Géhel, débarqués par la navette du matin, se dirigeant vers la citadelle portugaise, à la (...)


  • La spirale d’Ormouz (3)*

    Gilles Lanneau N° 113, avril 2015

    7. La grande Babylone
    Retour à Ispahan, sur le même banc. Face aux frères de Mehdi, à l’infini. Face à l’intolérable.
    Huit ans, un million de morts. L’Ouest y trouva son compte, il vendit des canons, des deux côtés. De l’autre côté surtout, chez l’agresseur. Une petite « guéguerre » sympa, quoi ! Guerre nourricière. Guerre planifiée, programmée, chiffrée... comme d’habitude. Et impossible d’y échapper… « Si tu ne vas pas à Lagardère ! » … « Cocorico ! » L’affaire était juteuse, en échange de pétrole.
    Jus noir, (...)


  • La spirale d’Ormouz (2)*

    Gilles Lanneau N° 112, mars 2015

    3. LE CONCERT
    Géhel rêve, sur son banc. Imagine un monde fraternel, sans haine, sans guerre. En rêve tout est possible !... Se remémore.
    …Tabriz, le 18 octobre, en début de soirée. Un embouteillage monstrueux paralyse le centre-ville. Dans leur taxi, Emelle et Géhel bouillent littéralement. Cinq minutes à peine avant le début du concert ! Un concert pour l’amour et la paix, qu’ils avaient découvert sur des affichettes, à la devanture des commerces. L’amour et la paix dans le monde avait insisté un (...)


  • La spirale d’Ormouz (1)*

    Gilles Lanneau N° 111, février 2015

    La spirale d’Ormouz, pourquoi ?
    Elle a surgi au milieu du texte, quand se révélait la direction du voyage. Un voyage dépassant largement son sens usuel, celui donné par le Larousse : "le fait d’aller d’un lieu à un autre assez éloigné." Le trajet monotone de la vie banale, sur une autoroute de plat pays. Un voyage tracé d’avance, où l’on ne bouge pas du véhicule, où l’on ne change rien au paysage qui défile sous les yeux. Voyage immobile, où rien ne se passe... Quel voyage, alors ?... Celui qui nous aspire (...)


  • Ormouz

    Gilles Lanneau N° 105, août 2014

    Ormouz, 27 octobre 2003. Une bourgade assoupie dans son île du même nom, elle-même dans le Détroit d’Ormouz. Ormouz, trois fois. Face aux pétroliers, par centaines, en pointillé sur l’horizon.
    Petite ville de pêcheurs, paisible, assommée par un soleil de plomb, dans l’heure de midi. Vide, ou presque. Il n’y a que deux fadas pour se balader sur le front de mer, en plein cagnard. Emelle, Géhel, débarqués par la navette du matin, se dirigeant vers la citadelle portugaise, à la pointe nord de l’île. Un peu (...)


  • Les programmes

    Gilles Lanneau N° 100, mars 2014

    Le désert, encore. Ondulant à l’horizon, indéfiniment. Des montagnes parfois, ponctuant l’ondulation, pour distraire un peu.
    Et ces oasis fantastiques au milieu du désert ! Ispahan, Shiraz, Yazd, Kerman, Kashan... Ces cités antiques aux racines enfouies dans le temps. La nuit des temps. Mille fois mille et une nuits, et beaucoup plus encore. Des racines pivotantes, pour puiser l’Eau de Vie aux sources de la Terre. Et l’Energie. Et les répandre à la surface, recevoir l’énergie du Soleil... Alchimie, (...)


  • Mille soleils*

    Gilles Lanneau N° 99, février 2014

    Elle était dans une prière intense, entièrement tournée vers le Ciel, ou l’intérieur, oublieuse du monde, de son agitation. A l’autre bout de ce monde, dans un monastère, au milieu d’une grande ville.
    Et elle priait, priait, priait, tendue vers l’Au-Delà, jusqu’à son paroxysme… Un éclair traversa son corps, suivi d’un énorme coup de tonnerre, presque aussitôt, comme elle n’en avait jamais entendu. Elle se trouva projetée en l’air, retomba indemne. Heureuse. Resplendissante de joie : elle était sûre d’avoir (...)


  • Un petit bout du désert*

    Gilles Lanneau N° 95, octobre 2013

    Ils se sont fait déposer à l’intersection de la route d’Abianeh, entre Kashan et Natanz. Un carrefour de nulle part au seuil de la montagne et se postent au départ de la petite route, dans l’espoir d’un véhicule de passage.
    Ils remarquent une maisonnette anodine sur le bord de la route. Bien gardée. Deux voitures civiles, un canon antiaérien. Ils sont à la limite de cette zone militaire qu’ils ont longée sur plusieurs kilomètres, juste avant leur arrêt. « Un petit bout du désert », encadré par une (...)


  • La rose ancienne*

    Gilles Lanneau N° 94, septembre 2013

    Shiraz, encore, ce troisième jour ! Au jugé. Un objectif, une direction, et on se débrouille au hasard des rues, des ronds-points, des boulevards. Avec quelques repères infaillibles. La citadelle Karim Khân, flanquée de quatre tours élégantes, dont une originale comme sa consœur de Pise. Le dôme bulbeux du sanctuaire Ebn-é Hamzé, scintillant au soleil. Puis la rue Hafez… Pas pour se rendre au mausolée, aujourd’hui.
    Le grand boulevard offre peu d’intérêt entre les deux premiers repères. Trop large, trop (...)


  • Le Roi-Soleil*

    Gilles Lanneau N° 92, juillet 2013

    Il sera le Roi-Soleil un demi-siècle avant le nôtre. Roi conquérant, roi bâtisseur, roi centralisateur. Roi amoureux des arts, des philosophes aussi, fleuron d’une dynastie qui débuta où nous avons laissé l’Histoire, à la charnière des XV et XVIe siècles.
    Son ancêtre Shah Ismaïl Ier fonda la dynastie safavide en l’an 1501. Roi conquérant déjà, il redonne à la Perse l’unité politique qui lui manque, disparue aussitôt après Timour Lang (Tamerlan). Unité renforcée par la proclamation du chiisme comme religion (...)


  • Noun*

    Gilles Lanneau N° 90, mai 2013

    Nous retrouverons ce Graal dans la calligraphie persane, ultérieurement, de manière inattendue.
    Il est la lettre noun de l’alphabet arabe – ou notre n – ressemblant à une coupe incluant un point en son centre. Un peu comme ce curieux logo à côté du navire de Kharbas. Il est la coupe contenant le point initial. Le chiffre sefr, ou sifr en arabe, notre zéro, ce chiffre de tous les possibles. Ou l’œuf cosmique originel, comme à Kharbas encore une fois.
    Noun est aussi cet encrier contenant l’encre de tous (...)


  • Zartousht

    Gilles Lanneau N° 89, avril 2013

    Restons dans la lumière. Cette belle lumière née en Orient, éclairant le monde entier. Et parlons enfin de son chantre idéal, Zarathoustra.
    Commençons par lui donner son nom. Le vrai, l’actuel. Surtout pas Zoroastre ; celui-ci a transité par le grec. Zarathoustra est très ancien, et approximatif. Il évoluera en Zaradousht, Zaratousht, puis Zartousht à ce jour, le seul nom reconnu dans son pays d’origine. Appelons-le ainsi.
    Il serait né au VI ou VIIe siècle avant notre ère. Contemporain ou presque, du (...)


  • Les sacrées vaches

    Gilles Lanneau N° 88, mars 2013

    Lorsqu’il plait à ces dames de s’endormir sur une voir ferrée, le train s’arrête, attend une heure, deux heures, puis redémarre après qu’elles aient daigné bouger un peu. J’en ai fait l’expérience. Personne ne proteste, bien sûr, nous sommes en Inde, et les vaches sont des divinités vivantes.
    Le Rig Véda nous raconte une histoire curieuse, d’apparence peu cohérente, et occupant pourtant une large place dans ce texte d’une grande beauté poétique.
    Des êtres impurs, malfaisants, dérobèrent des vaches (...)


  • Le campus

    Gilles Lanneau N° 86, janvier 2013

    La vie est un roman. Nassireddin Toussi naquit à Tous (son nom l’indique), la ville de Ferdowsi, au tout début du XIIIème siècle. Non loin de Neyshâbour, où naquirent ‘Attâr et Khayyâm. Issu d’une famille érudite, il étudiera avec les grands savants de son époque, voyagera beaucoup. Son maître de philosophie, Farideddin Dâmâd, fut formé à l’école d’Avicenne, d’où sa défense de la pensée péripatéticienne, mise à mal par Ghazzâli. Probablement.
    Il était aussi poète. Il maîtrisait l’arabe, le grec, le turc, outre sa (...)


  • Mehr

    Gilles Lanneau N° 84, novembre 2012

    Il est né un 25 décembre, dans une grotte, fut vénéré par des bergers. Il vécut parmi les hommes, accomplit des miracles, un sacrifice, puis s’éleva au ciel.
    Vous croyez connaître la réponse …
    Il se nomme Mithrâ, et son culte remonte à des temps immémoriaux. Il précéda Zarathoustra, fut enterré par celui-ci, puis revint rapidement en force, s’imposant à jeu égal avec le Dieu unique, Ahourâ Mazdâ. Il finit par s’éclipser, ou se cacher sous d’autres noms, tout en restant omniprésent, se laissant voir par ceux (...)


  • Jeunes poèmes
    (composés entre quinze et quarante ans)

    Gilles Lanneau N° 81, août 2012

    Point d’interrogation
    Un instant passe
    S’efface
    Ou s’endort
    Est-il mort ?
    Si petit est l’instant
    Sur l’échiquier du temps
    Où sont demain ? Hier ?
    L’année dernière ?
    Seraient-ils donc présents
    Bons vivants
    Naviguant dans l’espace
    Chacun à sa place ?
    Et ce temps déroutant
    S’enfuyant
    S’il effleure une étoile ?
    Se dévoile ?
    Va-t-il recommencer
    Les mêmes instants passés
    Présents
    Futurs impénitents ?
    Ou plutôt
    Crescendo
    Les fera-t-il fleurir
    S’accroître et rejaillir ?
    Un instant passe (...)


  • La coupe du monde
    ou le mythe arthurien est-il né en Iran ?

    Gilles Lanneau N° 79, juin 2012

    D’où vient cette soif de l’Homme d’un liquide essentiel, ayant donné la Vie ?
    On la trouve dans différentes traditions, différents peuples, différents continents. Examinons la parenté entre l’Orient et l’Occident. Nous avons déjà évoqué le mythe d’Etanna, où apparaît Anâhitâ , la déesse de la Fertilité. Déesse de l’Eau, de l’élément liquide. Elle préside au huitième mois dans le calendrier solaire persan, le mois d’آbân, ou "mois des Eaux". Bien qu’occultée en théorie par le zoroastrisme, elle est parfois (...)


  • Trente oiseaux face au soleil*
    Extraits

    Gilles Lanneau N° 73, décembre 2011

    HAFEZ
    Va-t-il se renverser, le monde ?
    Le bonheur a fui.
    Dans les jarres de vin n’est plus
    que de la lie…
    Hafez
    Nous l’avons fui ce monde, monde éphémère, fou, l’instant d’un voyage. Nous sommes retournés, deux ans plus tard, au mausolée d’Hafez. En plein jour cette fois. La lune n’effleurait pas la pointe des cyprès, la lumière emplissait le ciel, triomphale. Nous avancions, Michèle et Gilles, main dans la main, au Pays de Poètes, dans sa capitale, en son épicentre.
    Le tombeau en marbre trônait nu (...)