N° 27, février 2008


  • Le Ta’zieh, théâtre religieux iranien

    Babak Ershadi N° 27, février 2008

    Ta’zîeh (en persan : تعزیه) désigne en Iran un genre théâtral religieux traditionnel, commémorant essentiellement le martyre de l’Imam Hossein (troisième imam des Chiites) et les passions des Ahlulbeyt (اهل بیت) - membres de la famille du Prophète de l’Islam. Dans ce genre théâtral, la récitation des paroles qui sont presque toujours en vers prime sur la mise en scène et l’action.
    Le mot Ta’zîeh veut dire littéralement "soulagement", qui se manifeste notamment en rendant visite aux gens endeuillés qui ont perdu (...)


  • Le Ta’zieh et le théâtre moderne

    Babak Ershadi N° 27, février 2008

    Le Ta’zîeh en tant que théâtre religieux est apparemment un genre propre à l’Iran et il n’existe pas dans les autres pays musulmans. Mais dans l’Europe médiévale, il existait un drame liturgique puisant ses racines dans l’Eglise catholique. A mesure que le drame liturgique se développait pendant le bas Moyen Age, de nombreux récits bibliques étaient représentés, allant de la Création à la Crucifixion. Ces pièces étaient appelées des passions, des miracles, des mystères ou encore des pièces sacrées.
    Selon (...)


  • Takyeh-Dowlat
    Le plus grand amphithéâtre de l’histoire iranienne

    Babak Ershadi N° 27, février 2008

    La construction de salles de spectacle et d’amphithéâtres semble avoir eu une importance assez faible dans l’histoire de l’architecture iranienne. Le théâtre et les spectacles populaires existent pourtant depuis très longtemps, et le public y assistait souvent dans des espaces à ciel ouvert, sur les places publiques des villes et des villages, dans les cours des caravansérails ou à l’intérieur des maisons de thé traditionnelles et les Takyehs (les lieux aménagés pendant le mois de Moharram pour y (...)


  • Les trésors oubliés de l’art iranien

    Genèse et évolution de la peinture sous verre

    Rahmân Ahmadi Maleki
    Traduit par

    Babak Ershadi N° 27, février 2008

    La peinture sous verre est un travail qui consiste à représenter sur du verre à vitre des sujets picturaux aux couleurs éclatantes dans un champ bidimensionnel. Ce style fut très en vogue il y a quelques siècles, en Iran et dans de nombreux pays du monde, mais aujourd’hui, la peinture sous verre fait figure d’art marginal, oublié, en voie de disparition. Son histoire, en Iran, remonte probablement à l’époque de la dynastie safavide où les travaux de ce style représentaient, à l’instar d’autres (...)


  • La ville de Rey et les Allées et Venues des Caravanes
    Le Caravansérail Kenâr Guerd

    Afsaneh Pourmazaheri, Farzâneh Pourmazâheri N° 27, février 2008

    La voiture roule à vive allure sur la route en terre battue. Effaçant de temps en temps la vapeur condensée sur le pare-brise, je m’efforce de fixer du regard la route et les alentours dans l’espoir de le trouver. On est parti de la ville de Rey, il y a une demi-heure. Il est censé apparaître quelque part près d’ici, vers le kilomètre quarante de la route Téhéran-Qom. Finalement, le chauffeur fait halte et descend de la voiture. Quelques minutes après, un homme s’approche de moi en montrant du doigt (...)


  • Histoire et culture qâdjares vues par le Prince Soltân ’Ali Qâdjâr

    Mireille Ferreira N° 27, février 2008

    Ma première rencontre avec le Prince Soltân ’Alî Qâdjâr eut lieu dans sa maison de Neuilly-sur-Seine. Il m’avait alors raconté l’histoire des derniers rois Qâdjârs, telle qu’il l’avait vécue ou qu’il la tenait des membres de sa famille.
    En découvrant ce lieu où le dernier d’entre eux, Ahmad Shâh, avait vécu ses dernières années, j’ai eu l’impression de faire un saut en arrière dans l’histoire de la Perse. Des photographies en noir et blanc de la famille royale qâdjâre et de nombreux tableaux ornaient les murs, (...)


  • "Le chant du monde ou l’art safavide" présenté au musée du Louvre

    Elodie Bernard N° 27, février 2008

    Les charmes de la Perse enchantent la capitale française via le succès incontestable de l’exposition sur l’art de l’Iran Safavide au musée du Louvre. Depuis le 5 octobre 2007 et ce, jusqu’au 7 janvier, c’est sur ce thème que le musée attire les foules du monde. L’occasion de découvrir cet art métaphorique et les manuscrits qui recèlent toutes les clés pour comprendre la richesse de cette culture.
    Un parfum d’Orient flotte au Louvre
    Cette exposition a été lancée dans le cadre du département des Arts de (...)


  • Lettre au fils du "médecin massif" de Torbat

    (2ème partie)

    Esfandiar Esfandi N° 27, février 2008

    (…)
    En l’occurrence, le cadeau se présentait à moi sous les traits d’un gigantesque père noël, sans sa défroque de lutin en rouge et blanc, et sans sa barbe de carnaval. Il enchaîna alors sur quelques phrases bien pesées, à la manière du pédagogue altruiste et consciencieux, ou du médecin de famille qui prépare délicatement sa terrible médication par injection. Il parla de tout et de rien. De tout, si l’on considère que pour l’enfant que j’étais à cette époque, l’univers se limitait à mes souvenirs de (...)


  • Entretien avec Yannick Lefranc

    Afsaneh Pourmazaheri, Farzâneh Pourmazâheri N° 27, février 2008

    “Le Passé est un merveilleux éducateur”
    lettre collective en hommage à Henri Casadessus
    Monsieur Yannick LEFRANC, didacticien et chercheur en FLE (Français Langue Etrangère) de l’université Marc Bloch à Strasbourg, a présenté les résultats de ses recherches et les informations les plus récentes dans le domaine de la didactique durant un séminaire de quatre jours organisé à l’université Tarbiat Modares. Il compte parmi les didacticiens actuels les plus actifs et met en place de nouvelles théories en (...)


  • Al-e Ahmad, un écrivain "engagé"

    Samira Fakhâriyân N° 27, février 2008

    Au printemps de l’année 1324, la revue Sokhan annonça, en publiant la nouvelle Le Pèlerinage, la naissance d’un nouvel écrivain ; un écrivain qui commença sa carrière sous l’influence de Hedâyat mais qui tenta très tôt de trouver son indépendance artistique et écrivit quelques unes des histoires les plus significatives de la tradition iranienne.
    Al-e Ahmad fut cet écrivain engagé, intellectuel conscient à la plume toujours au service du peuple. Il eut une vie assez courte, riche et tourmentée… Repères (...)


  • Quand le rythme syncope, chez L. F. Céline

    Vâhid Nejâdmohammad N° 27, février 2008

    Ce qui fait la nouveauté de Céline est que dans son œuvre, les phénomènes ne sont pas limités et témoignent d’une même volonté plus ou moins consciente de réduire au profit des autres dimensions du langage la part faite au sens. Les moyens que Céline utilise pour réaliser ce "débordement" se situent dans le prolongement de la langue orale-populaire dans laquelle il écrit. C’est là un aspect moins voyant mais non moins important de ce choix fondamental. Cette distance prise par rapport au sens est (...)


  • Nos rois intérieurs vus par Mowlânâ

    F. L. Miremadi, S. Nafici N° 27, février 2008

    Que nous le voulions ou non, nos actes sont influencés par nos pensées (et/ou notre esprit).
    Dans la continuité de l’article du mois de décembre qui concernait deux histoires de perroquets tirées du Masnavî de Djalâl-o-Dîn Mohammad Mawlawî de Balkh, nous nous proposons ici de comparer les histoires qui figurent au début du livre 1er et dont les personnages principaux sont des rois.
    Le Masnavî est composé de six livres et un total de vingt-cinq mille vers, qui ont été dictés par Mowlânâ et notés par (...)


  • Ibn Yamin Faryoumadi

    Monireh Borhani
    Traduit par

    Babak Ershadi N° 27, février 2008

    Amîr Mahmoud Ibn Amîr Yamîneddîne Toqrâ’î Faryoumadî Khorâssânî, alias Ibn Yamîne, fut un homme de lettres érudit, un grand poète et un mystique, né en 685 de l’Hégire (XIIIe siècle) à Faryoumad dans la région du Khorâssân. Il passa son enfance dans son village natal Faryoumad, près de Beyhaq (actuellement Sabzévâr) où il commença ses premières études. Son père, Amîr Yamîneddîne, était un homme cultivé qui, sous l’empereur ilkhanide Sultân Mohammad Khodâbandeh (Oljeitu), avait acheté des propriétés dans le village. Il (...)


  • Le Kurdistan, berceau des aryens

    le Voyage dans les hauteurs de l’ouest

    Helena Anguizi N° 27, février 2008

    Les terres que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de Kurdistan font partie du territoire gouverné jadis par les Mèdes. Mais qui sont les Kurdes ? La première question nous permettant de connaître un peuple est de savoir d’où il vient. Pour établir l’origine d’un peuple, on peut se baser sur des critères tels que son nom, sa langue, ses caractéristiques morphologiques… sans d’ailleurs que ce dernier point ait une valeur absolue puisqu’il est indéniable que l’ensemble des peuples sont plus ou moins (...)


  • Les progrès culturels de l’Iran

    Au Journal de Téhéran

    A.G. E’tessâm-Zâdeh

    N° 27, février 2008

    5 Bahman 1316 25 Janvier 1938
    L’Académie Iranienne
    L’Académie Iranienne, récemment fondée par ordre impérial, s’occupe activement de l’épuration de la langue persane : elle adopte certains mots étrangers devenus d’usage courant, tels que docteur, microbe, mine (dans le sens de mine sous marine), elle remplace certains autres mots par des mots choisis avec soin. Mais au cours de l’année 1358 (1937), elle a commencé un travail de longue haleine : à l’instar de l’Académie Française, elle est en train de (...)


  • L’histoire de ma poésie

    N° 27, février 2008

    Depuis bien des années - je ne me rappelle pas de la date précise -, chaque musique, chaque geste, chaque pensée, chaque sens semblait me diriger vers une poésie. Je ne tardais pas à dire tout ce que je voyais, rêvais ou savais. Ainsi, ce désir de tout dire par la poésie devint peu à peu une habitude pour moi. Et mes poèmes, chaque fois que je les déclamais dans ma chambre, entourée de solitude et de silence, se chargeaient d’un sens nouveau.
    Dans mes poèmes, je dessine le monde
    Et tout ce qu’il y a (...)


  • L’asperge grimpante & le cobra d’Oxus

    Faune et flore iraniennes

    Mortéza Johari N° 27, février 2008

    L’asperge grimpante
    Nom scientifique :
    Asparagus verticillatus
    Nom persan :
    Mârchubeh
    Plante vivace de couleur verte, ligneuse à la base, herbacée et très rameuse. Elle comporte souvent de nombreuses tiges vertes, flexueuses et rampantes, à rameaux allongés et striés. Ses feuilles sont glabres et glauques. Ses petites fleurs blanches mono-sexuées fleurissent en mai. On la trouve dans les régions du nord et du nord-ouest de l’Iran.
    Le Cobra d’Oxus
    Nom scientifique :
    Naja oxiana
    Nom persan : (...)


  • Le volcan de Damâvand

    Mortéza Johari N° 27, février 2008

    Le Damâvand est un mont volcanique situé au nord de l’Iran le plus élevé d’Iran et du Moyen Orient, culminant à 5670 mètres. Situé au centre de la chaîne de montagnes d’Alborz, au sud de la mer Caspienne, dans le département d’Amol, il daterait de plus de 38 500 ans. On peut l’apercevoir des villes de Téhéran, Varâmin, Qom, ainsi que des bords de la mer Caspienne si le temps est dégagé et ensoleillé. La grande ville la plus proche de cette montagne est Lârijan.
    Les scientifiques ont affirmé que la dernière (...)