N° 28, mars 2008


  • Les Iraniens utilisaient le pétrole bien avant 1908

    Djamileh Zia N° 28, mars 2008

    La tribu des Seyed Ghiri L’histoire de la découverte du pétrole en Iran au début du 20e siècle est très connue. Rappelons que William Knox D’Arcy, un riche Anglais, obtint une concession de la part du roi de l’Iran -Mozaffar-e-Din Chah- lui donnant l’autorisation de prospecter sur tout le territoire de l’Iran (sauf les cinq provinces du Nord) pour y trouver et extraire du pétrole. Après sept ans de tentatives infructueuses, l’équipe qu’il envoya en Iran découvrit du pétrole à Masjed-Soleymân le 26 mai (...)


  • Le pétrole et la Révolution islamique

    Hoda Sadough N° 28, mars 2008

    Depuis la découverte du pétrole en 1901 en Iran, l’or noir constitue la source énergétique principale et le carburant essentiel de l’économie des pays de l’Asie du Sud-ouest.
    En très peu d’années, avec le forage des premiers puits, l’économie traditionnellement basée sur l’élevage et l’agriculture se tourna vers une nouvelle ère dont le pétrole fut le levier. Entre 1950 et 1960, l’Iran, cinquième pays du monde en termes de réserves de pétrole, commençait à peine à franchir les premiers échelons de (...)


  • Le pétrole en Iran

    du contrat de concession de Darcy à l’accord Gass-Golshayan

    Babak Ershadi N° 28, mars 2008

    Le premier contrat de concession pour l’exploitation du pétrole en Iran a été accordé en 1901 (1280 du calendrier iranien) à un homme d’affaire britannique, William Knox D’Arcy (1849-1917). Ce contrat de concession devint alors célèbre sous le nom d’ "accord de D’Arcy". Au départ, ni l’homme d’affaires britannique, ni l’Etat iranien ne prirent le contrat au sérieux. D’Arcy avait même envisagé la résiliation du contrat, après plusieurs années d’exploration inutiles qui n’avaient pas abouti à la découverte de (...)


  • L’Iran et le jeu géopolitique pétrolier du XXIe siècle

    Arefeh Hedjazi N° 28, mars 2008

    L’OPEP a récemment annoncé qu’il n’avait pas l’intention d’augmenter la production de pétrole. Ainsi, le dernier espoir de voir le prix du baril redescendre à un taux plus "raisonnable" pour les pays consommateurs, - au détriment des pays producteurs puisque selon les experts, aujourd’hui le baril aurait dû valoir 120 dollars-, s’est envolé. Les raisons de cette situation, peut être pas si imprévisible qu’on le conçoit, sont innombrables. On peut citer entre autres les récentes guerres hégémoniques (...)


  • L’Or noir des steppes, Sylvain Tesson

    Regard de géopoétique sur l’or noir

    Périple de l’Aral à la Méditerranée, par la Caspienne et le Caucase

    Elodie Bernard N° 28, mars 2008

    SYLVAIN TESSON :
    est écrivain-voyageur, de formation géographe, parcourant le monde depuis son plus âge. Né en 1972, il fut l’un des précurseurs de cette nouvelle vogue que connaît la France aujourd’hui sur les récits de voyage et d’aventure. Tour du monde en vélo, l’Himalaya à pied d’est en ouest, les steppes d’Asie centrale à cheval, la jonction en solitaire du cercle polaire russe à l’Inde de Calcutta : de ces voyages jaillissent des romans - plus d’une quinzaine à son actif - qui recèlent la magie des (...)


  • ’Ali Gholi Bayâni, témoin de son temps

    Mireille Ferreira N° 28, mars 2008

    Monsieur ’Ali Gholi Bayâni, ingénieur, haut responsable administratif et technique, philosophe, homme de conviction fut, à tous ces titres, acteur et témoin de l’histoire de l’Iran du XXe siècle. Sa longue vie - il est aujourd’hui âgé de 95 ans - et ses activités multiples, lui ont permis de traverser ce siècle en vivant de près les événements historiques de son époque. Proche du Premier ministre Mohammad Mossadegh, il a participé à la mise en place de sa politique sociale. Il y a quelques années, les (...)


  • La ville de Rey et la Tour du Silence

    La nécropole zoroastrienne repose toujours calmement sur la pente de la montagne

    Afsaneh Pourmazaheri, Farzâneh Pourmazâheri N° 28, mars 2008

    La mort, est-elle jamais vaincue ? On dit qu’il n’y a aucun remède. Son avènement tantôt brusque, tantôt lent nous a toujours étonné et attristé à la fois. Elle ajoute d’un moment à l’autre un nouveau personnage à la scène de l’Histoire ; comme nos ancêtres et nous. Oui, un jour nous ne serons que des ancêtres, de la postérité. Cette dernière se rappellera-t-elle de nous ? Peut-être oui. De toute façon notre passé n’est pas tombé dans l’oubli et la raison en est importante ; les grandes dynasties ne (...)


  • Les Sept Dormants d’Éphèse et les "Ahl al-Kahf"

    Rencontres islamo-chrétiennes (1)

    Amélie Neuve-Eglise N° 28, mars 2008

    Les Sept Dormants d’Ephèse de la tradition chrétienne ou les Ahl al-Kahf (ou Ashâb al-Kahf ; signifiant les "Gens de la caverne") de l’islam sont les protagonistes d’une même histoire - à quelques détails près - évoquant le périple de jeunes hommes contraints de se réfugier dans une caverne afin de fuir des persécutions religieuses et qui, après avoir sombré dans un profond sommeil, ne se réveillèrent que plusieurs centaines d’années après. Ils sont considérés comme des saints dans les deux religions et ont (...)


  • Le passé de l’idéalisation, une interprétation de La poupée derrière le rideau

    Hédieh Hosseini N° 28, mars 2008

    Cette histoire écrite par Sâdegh Hedâyat est l’une de plus courtes de la littérature persane contemporaine. Rédigée à la veille du retour du poète de Paris, elle est considérée comme l’une de ses œuvres de prédilection.
    L’histoire Le personnage principal - Mehrdâd - est un jeune garçon timide, soumis, chaste, humble et triste qui est né à Téhéran. Il appartient à une famille cultivée mais la vie familiale, basée sur des conventions oppressantes, ne lui convient pas. Il s’en écarte très jeune par de petites (...)


  • La renaissance de la littérature persane de Roudaki à Hâfez

    Tahmineh Sheybani N° 28, mars 2008

    La renaissance de la littérature persane a d’abord lieu dans la région du Khorasan. Lorsque les Sassanides y établissent des garnisons. Leurs contingents originaires du Fars, berceau des dynasties achéménides, introduisent leurs dialectes. Le persan moderne est issu du pahlavi nordique et de la langue de l’Avesta. L’alphabet persan a cinquante-deux lettres, les textes s’écrivent de droite à gauche et à la fin de l’époque sassanide, les prêtres adoptent des caractères qui serviront à l’écriture de (...)


  • Les Mille et Une Nuits en Europe, d’après Robert Irwin

    Tahmouress Sadjedi N° 28, mars 2008

    Outre leur dimension littéraire, Les Mille et Une Nuits sont une source nous livrant des renseignements précieux sur l’histoire sociale de l’Asie du Sud Ouest du VIIIe et IXe siècles. Par conséquent, à partir du XVIIe siècle et jusqu’à aujourd’hui, un certain nombre d’orientalistes ou de spécialistes de la littérature européennes ont porté leur attention sur ce livre en essayant d’en trouver des manuscrits complets tout en rédigeant des études critiques estimables sur cet ouvrage à l’auteur inconnu, - (...)


  • Entretien avec l’écrivain et photographe Gérard Macé (I)

    Afsaneh Pourmazaheri, Arefeh Hedjazi N° 28, mars 2008

    Gérard Macé est né en 1946 à Paris. Professeur de lettres, il a écrit une quinzaine de livres et publié plusieurs recueils de poésie. Il se distingue par un style particulier, inclassable, à mi-chemin entre la poésie et la prose. Qualifié de "poète essayiste" par la critique, il écrit, dans la lignée des grands écrivains français, des textes qui constituent autant d’interrogations sur les identités parallèles des êtres, la signifiance des symboles, la place des Autres dans l’imaginaire du Moi et le sens de (...)


  • Entretien avec Rezâ Khandân, écrivain et chercheur

    Tahmineh Sheybani N° 28, mars 2008

    Passionné de "culture populaire" et de folklore iranien, Rezâ Khandân est l’auteur du magistral Dictionnaire des contes persans comprenant vingt volumes, et dont seize ont déjà été publiés. Quand on l’interroge sur les raisons du choix d’un tel sujet, il affirme que les contes sont le reflet de ce qu’il qualifie de "culture populaire", et que la connaissance de cette dernière "aide en quelque sorte à la compréhension de l’âme de la société, ce qui peut être un moyen de créer un lien entre la littérature (...)


  • Fakhr-o-ddin As’ad Gorgâni

    Poète romancier et auteur de Vîss et Râmîn

    Monireh Borhani N° 28, mars 2008

    Fakhr-o-ddin As’ad Gorgâni est né à la fin du Vème siècle de l’hégire (Xème siècle) à Gorgân. Son pseudonyme est "Fakhri" et il est célèbre pour son éloquence et la grâce vivace de ses poèmes. Ce poète est en particulier célèbre pour les histoires qu’il met en scène dans ses recueils et plus particulièrement celle de Vîss et Râmîn. A l’origine, cette histoire est une très veille histoire pahlavi dont l’origine pourrait même se trouver dans les chronique achéménides. Vîss et Râmîn est donc rapportée en langue pahlavi (...)


  • Le bleu de Natanz

    Le luth fou (Épisode n° 8)

    Vincent Bensaali N° 28, mars 2008

    Le paysage défile. A gauche, le désert, immense, quelquefois teinté de sel, capte le regard, le perd, pour le rendre à lui-même, à sa propre origine… A droite, une chaîne de montagne, imposante, comme un mur. Là, le regard est stoppé, il se brise sur elle, comme sur un miroir. A gauche, le silence, l’infini. A droite, l’écho, la limite. Au centre, un bus avalant la route asphaltée, en direction du sud-est. Il a laissé Kâchân, et file vers Yazd. Le soleil commence à donner sa franche lumière, créant des (...)


  • Izeh : capitale de l’Elam, berceau du peuple Bakhtiyâri

    Kiyanoush Limouchi
    Traduit par

    Babak Ershadi N° 28, mars 2008

    La ville d’Izeh se situe au Khûzistân, au Nord-est du chef-lieu de la province, Ahvaz. A proximité des départements de Masdjed-Soleimân et de Bâq-Malek (Khûzistân), Izeh avoisine les deux provinces de Kohgîluyeh-Boyer’Ahmadi (Est) et Tchâhâr Mahâl-Bakhtiyâri (Nord). Selon les dernières divisions administratives, le département d’Izeh compte huit communes : Centre, Pione, Morqâ, Susan est, Susan ouest, Donbâléroud nord, Donbâléroud sud, et Dehdez. Le département d’Izeh a une superficie de 4035 km² et abrite (...)


  • Les Bakhtiyâris

    Babak Ershadi N° 28, mars 2008

    La tribu Bakhtiyâri est l’une des plus grandes tribus Lor de la région montagneuse du Zagros central. Les membres de la tribu Bakhtiyâri se considèrent comme les Grands Lors en opposition aux Petits Lors qui habitent dans la province du Lorestan (au nord) et de la province de l’Ilâm (ouest). L’historien Hamdollâh Mostofî a été le premier à mentionner le nom des Bakhtiyâris, dans son recensement des grandes tribus d’origine Lor.
    L’apparition du mot "Bakhtiyâri", dérivé du nom d’une tribu nomade de la (...)


  • Deux petites ailes orange

    Erfân Nazar-Âhâri
    Traduit par

    Afzal Vossoughi N° 28, mars 2008

    Personne ne le tenta, personne ne le trompa. Seul, il décida lui-même de cueillir la pomme, d’y mordre, puis de la jeter par terre. C’est lui seul qui décida de sortir du Paradis. Lorsqu’il se trouva derrière la porte, il s’arrêta un instant, comme s’il voulait dire quelque chose. Mais il ne dit mot. Dieu le prit par la main, lui donna une poignée de "libre arbitre" et lui dit : "Maintenant, va, prends ton chemin. Mais sache que tu t’es trompé. Pourtant, ce Paradis est ta propre demeure, et tu pourras (...)


  • Le nuage, la soie et l’amour

    Erfân Nazar-Âhâri
    Traduit par

    Afzal Vossoughi N° 28, mars 2008

    Tu t’appelles de mille noms. Parmi tous ces noms je préfère ’’Le Tendre’’ parce qu’il me rappelle le nuage, la soie, l’amour.
    Je me rappelle nettement que le jour où j’ai quitté le Paradis, mon corps était fait de "lumière", mes ailes de zéphyr. J’étais si tendre que je ne pouvais me tenir dans les poings du monde. Mais la terre était noire, ténébreuse et dure. Mes mains ont été souillées par sa noirceur et le pan de ma robe égratigné par sa dureté et de jour en jour, je fus de plus en plus ténébreux, goutte à (...)


  • Sir Ahmad Ibn Issâ

    Au Journal de Téhéran

    N° 28, mars 2008

    6 Bahman 131626 Janvier 1938
    ’’Quand donc la Loi de la Justice s’appliquera-elle à l’Univers ?", telle a été la pensée qui a traversé comme un éclair mon esprit en lisant un article de la revue World Petroleum du mois d’octobre, et où cette revue publiée à New-York parlait du pétrole de Bahreïn.
    Le World Petroleum donnait des détails sur le pétrole de Bahreïn, son
    importance, ses capacités, et sur la raffinerie de pétrole qui a été dernièrement installée.
    Dans cet article par lequel l’auteur voulait faire (...)


  • La dernière demeure

    Kourosh Assadi
    Traduit par

    Shahrzâd Mâkoui N° 28, mars 2008

    Kourosh ASSADI
    La porte se referme. Assis sur une chaise en bois dans l’obscurité, il regarde l’arbre, la couverture sur les épaules. L’arbre s’est courbé par la force du vent et de la pluie, et ses branches humides et longues balaient le sol et la fenêtre. Il est inquiet, inquiet parce qu’il s’est éloigné et qu’il est en retard. Lorsque le tonnerre gronde et que la chambre est baignée de lumière, il se couvre le visage avec les deux mains.
    Quand la chambre redevient noire, il retire ses mains de son (...)


  • Oignon sauvage, le grand rhinolophe, carthame sauvage et l’agama caucasien

    Faune et flore iraniennes

    Mortéza Johari N° 28, mars 2008

    Oignon sauvage
    Nom Scientifique : Allium bodeanum
    Nom persan : Pyaz-e-Vahshy
    Plante vivace, à bulbe ovale, pourvue de tunique blanche, membraneuse. Sa tige ou hampe est courte, son fructifère long de 20 à 25 cm. Cette plante possède 1 à 3 feuilles verdâtres, pointues et planes. Sa fleur est rose-blanchâtre, en ombelle multiflore, hémisphérique - fastigiée, hermaphrodite, elle est pollinisée par les insectes. Sa floraison a lieu en mai. En Iran, elle se localise dans le nord est. Cette plante (...)


  • La grotte d’Espahbod-e Khorshid

    Mortéza Johari N° 28, mars 2008

    Entre les stations ferroviaires de Pol-Sefid et Sorkh Abâd, au kilomètre 182 de la route de Téhéran- Qâémshahr et en s’avançant dans les rochers situés à l’Est de la route, on aperçoit une sorte de grand plafond de pierre sans pareil en Iran tant du point de vue de la longueur que de la forme, qui abrite la grotte antique d’« Espahbod-e Khorshid » ou « Doâb ».
    La richesse de cette grotte ne réside pas dans ses stalagmites ou stalactites, mais dans les œuvres antiques datant de la période de Sassanides (...)