N° 87, février 2013


  • Histoire de la langue persane en Iran et ailleurs
    Retour sur une langue indoeuropéenne trimillénaire

    Afsaneh Pourmazaheri N° 87, février 2013

    Le persan et sa racine indo-européenne
    La problématique de l’origine des langues est longtemps restée au centre des études linguistiques. Elle fut même baptisée "problème le plus récalcitrant et pourtant le plus étudié de la linguistique historique". Parmi les familles de langues découvertes par la linguistique historique, les langues indo-européennes possèdent une importance singulière chez les chercheurs spécialisés dans ce domaine. Les langues indo-européennes (appelées antérieurement les langues (...)


  • La langue persane,
    au commencement des routes de la Soie

    Elodie Bernard N° 87, février 2013

    De l’Extrême-Orient chinois à l’Europe, du IIème siècle avant J.-C. au XVème siècle de notre ère, les routes de la Soie n’étaient pas seulement une légende. Elles avaient une réalité. Les caravaniers qui en cheminaient les kilomètres transportaient de la soie et autres produits mais aussi, et probablement sans en avoir véritablement conscience, véhiculaient les valeurs religieuses et les réflexions intellectuelles de leur temps. Transporteurs de fonds, banquiers des grands chemins, les caravaniers (...)


  • Les influences réciproques de l’arabe et du persan au cours de l’histoire

    Sarah Mirdâmâdi N° 87, février 2013

    Respectivement sémites et indo-européennes, les langues arabe et persane ont une logique et structure fondamentalement distincte. Néanmoins, des liens s’étant tissés entre leurs locuteurs au cours de l’histoire, et ce même avant l’islam, ont été à la source d’une profonde influence réciproque dont les traces sont largement perceptibles encore aujourd’hui. Ce jeu d’influences s’est cependant réalisé d’une langue à l’autre selon des modalités distinctes. La langue étant à la fois un moyen de transmission des (...)


  • Petite histoire de l’écriture en Iran

    Arefeh Hedjazi N° 87, février 2013

    Les premiers peuples iraniens qui s’installèrent sur le plateau iranien, venus de l’est et du nord étaient tous Scythes, Tokhariens, Sarmates et Alains, des peuples semi-nomades sans culture écrite. C’est pourquoi les premières écritures que les Iraniens utilisèrent furent directement empruntées à leurs voisins et aux habitants originels de la région. Le Shâhnâmeh de Ferdowsi, recueil de mythologie iranienne, précise que l’écriture fut enseignée à l’un des premiers rois mythiques d’Iran, Tahmouress, par (...)


  • Aperçu sur les grammaires persanes et
    les grammairiens iraniens
    (L’histoire d’une rupture avec la tradition philologique)

    Sepehr Yahyavi N° 87, février 2013

    La naissance de la linguistique moderne a permis, à une très grande échelle, à la grammaire traditionnelle de faire d’énormes progrès dans ce qui relève de la structure des phrases et de l’ordre des énoncés. L’établissement d’un système dans la conception et l’explication de la langue, même sous une simple forme descriptive, n’a pas été sans induire des conséquences majeures au niveau de la syntaxe. En général, la linguistique moderne fondée par Ferdinand de Saussure s’est efforcée, bien plus que toute autre (...)


  • Les artistes contemporains iraniens entre tradition et modernité

    Sara Sadeghinia N° 87, février 2013

    L’histoire et la tradition font souvent irruption dans l’œuvre des artistes iraniens, alors même qu’au départ, ils se préoccupaient plutôt de problèmes conceptuels. Malgré tout, et peut-être aussi à cause de cette pression et de la répétition, beaucoup d’entre eux tentent aujourd’hui une approche audacieuse de leur propre culture historique leur permettant de s’approprier les notions de temps et d’espace propres à leur culture tout en voulant les transcender dans un langage qui soit plus en résonance avec (...)


  • Le sâlek et le sens du bonheur dans la culture iranienne*

    Karim Modjtahedi N° 87, février 2013

    Cet article aborde la question de l’homme sâlek. Le terme de sâlek est un mot d’origine arabe qui s’emploie tel quel en persan et qui a été traduit en français de différents manières, à savoir voyageur, celui qui s’achemine dans une certaine direction, un pèlerin, celui qui va visiter un lieu sacré et participer à un rituel traditionnel, etc. Cependant, le sâlek n’est ni un voyageur ordinaire, surtout dans le sens actuel du mot, c’est-à-dire un touriste, ni même un pèlerin qui se dirigerait vers un endroit (...)


  • Le destin d’un homme
    L’œuvre et la vie de Bahrâm Sâdeghi
    « Or, être écrivain, c’est mon sort. A la fin de chaque histoire, ma tête est occupée par une autre »*

    Saeed Sadeghian N° 87, février 2013

    Bahrâm Sâdeghi (1937-1984) est l’un des premiers écrivains modernes du XXe siècle en Iran. Il s’est surtout fait connaître avec ses nouvelles et a préféré composer ses poèmes sous le pseudonyme de Sahbâ Meghdâri. C’est pendant la troisième décennie de sa vie que Sâdeghi a écrit la partie majeure de son œuvre en prose, c’est-à-dire une trentaine de nouvelles. Aussitôt après, il s’est enfermé dans le silence. Pourtant, ce petit nombre de nouvelles – comparé avec un Maupassant - a produit une forte impression sur (...)


  • La relation homme/animal dans
    le Shâhnâmeh (Livre des rois) de Ferdowsi

    Emilie Aghâjâni N° 87, février 2013

    Le Shâhnâmeh (Livre des rois) est un poème épique de plus de 60 000 distiques écrit par Abol Ghâssem Hakim Ferdowsi il y a un millénaire. L’auteur y met en scène l’histoire de l’Iran de l’Antiquité à la période historique, mêlant savamment mythe et réalité historique. Il arrête son récit juste après la conquête arabe (VIIe siècle). Au sein des pays de langue persane (Iran, Tadjikistan, Afghanistan), c’est l’une des œuvres les plus populaires.
    La nourriture ingurgitée définit la nature des êtres
    a) Abandon du (...)


  • Carnet de route :
    sur la trace des Seldjoukides d’Anatolie

    Mireille Ferreira N° 87, février 2013

    Un séjour dans le calme apaisant de la petite ville de Selçuk (prononcez Seldchouk) est un bon choix pour qui veut visiter les célèbres sites antiques d’Ephèse et de Priène, le temple d’Apollon de Didymes ou le théâtre grec de Milet, situés aux alentours. Le nom de cette cité évoque les Seldjoukides d’Anatolie qui, du XIe au début du XIVe siècle, s’installèrent dans cette région, menaçant les Byzantins jusqu’à Constantinople.
    Nommée Ayasuluk avant l’arrivée des Turcs, Selçuk est riche d’une histoire vieille (...)


  • Serment

    Somayeh Dehghân Fârsi N° 87, février 2013

    Sur les années blanches de mon enfance
    Sur le parfum gracieux de la pluie
    Sur la terre des allées
    Je jure
    Que je suis loin de la blancheur foncée du souvenir
    Que je répugne à l’ambiance de questions et de philosophie
    Sur la brillance des rayons lumineux du soleil
    Sur le roucoulement matinal incessant du pigeon
    Je jure
    Que mon corps est fatigué de ce chemin long
    Et mon cœur de l’insistance immotivée
    Pour comprendre la rose
    Pour rêver
    Sur tous les termes d’une poésie
    Qui va à l’autel (...)


  • Poèmes

    Sylvie M. Miller N° 87, février 2013

    Le silence
    Le silence est un ruisseau dessous la neige au pied des saules
    Le silence est ce bruit mat que fait en tombant,
    La nuit,
    Un fruit sur la terre gelée
    Le silence est le tapage circulaire des étourneaux,
    Cette virée de corbeaux sur le jardin qui s’endormait,
    Le chant menu du samovar,
    Le ciel sur le carreau glacé,
    Mais le silence, c’est aussi
    L’échelle moisie et sans âge
    Contre l’issue condamnée,
    Le silence, c’est aussi
    Une vie entière
    À hurler Aube
    Le merle sur l’ardoise des (...)


  • Le silence de l’isolement (Sokout-e tanhâyi)
    Tiré du roman du même nom de Mahindokht Rezâyi

    Traduit par

    Royâ Razzâghi N° 87, février 2013

    A l’âge de 61 ans, on m’envoya dans une maison de retraite sans chercher à comprendre la souffrance qui me rongeait intérieurement : voilà l’aboutissement d’une vie durant laquelle je n’avais enduré que des souffrances de toutes sortes.
    Ici, on m’accueille à bras ouverts. Malade, infirme et incapable de parler, j’essaie cependant d’enregistrer dans ma mémoire les moindres détails concernant mon arrivée dans cette nouvelle résidence. On dirait que mes yeux deviennent plus perçants et mon esprit plus (...)