N° 121, décembre 2015


  • La dynastie zand
    Aperçu historique general

    Afsaneh Pourmazaheri N° 121, décembre 2015

    Originairement, la dynastie zand s’inscrit dans la lignée iranienne des Laks qui constituent un des peuples nord-caucasiens du Daguestan qui prit le pouvoir à la suite de l’effondrement de la dynastie des Afsharides et régna sur l’Iran jusqu’à l’avènement de la dynastie qâdjâre, autrement dit pendant près de 46 ans, jusqu’en 1779. Cette dynastie gouverna l’Iran à partir de 1749, avec Karim Khân Zand à sa tête. Karim Khân fut lui-même l’un des commandants de l’armée de Nâder Shâh Afshâr, l’accompagnant dans (...)


  • Les relations commerciales
    franco-iraniennes à l’époque zand

    Gholâm-Ali Radjâï
    Résumé et traduit par :

    Khadidjeh Nâderi Beni N° 121, décembre 2015

    Les relations commerciales entre l’Iran et les pays européens sont d’une grande importance dans les études portant sur la période zand. Durant cette période, de nombreuses sociétés commerciales européennes, généralement des filiales ou des rivales de la Compagnie des Indes Orientales (Kompâni-e Hend-e sharghi) rivalisent pour promouvoir leurs intérêts économiques en Iran. Cet article revient brièvement sur les activités des compagnies françaises durant cette période.
    La France est parmi les pays européens (...)


  • Hâtef Esfahâni, un poète contemporain
    de la dynastie zand

    Shahâb Vahdati N° 121, décembre 2015

    La dynastie zand règne sur l’Iran de 1750 à 1794. L’arrivée au pouvoir de Karim Khân Zand constitue une période de stabilité relative, et offre un terrain favorable au développement de la culture. Ce moment coïncide donc avec un nouvel épanouissement de la littérature persane, dont l’une des figures les plus éminentes est Hâtef Esfahâni.
    Hâtef Esfahâni naît à Ispahan au début du XVIIIe siècle, l’année exacte de sa naissance restant inconnue. Dès sa jeunesse, il est le disciple et un partisan fervent du maître (...)


  • Panorama des relations étrangères
    de l’Iran à l’époque zand

    Khadidjeh Nâderi Beni N° 121, décembre 2015

    La dynastie zand apparaît alors que l’Iran souffre de nombreux problèmes socio-économiques. Il faut donc dès le départ aux autorités zand une grande habileté pour prendre en main le pays. Karim Khân (1750-1779), le roi fondateur de la dynastie zand, et ses successeurs accordent de ce fait une grande importance aux relations avec d’autres pays, estimant que les relations diplomatiques favoriseraient le redressement économique du pays. La politique extérieure des Zands, souple, prend en compte la (...)


  • Tabas, exemple brillant de la cité-jardin à l’époque zand

    Zeinab Golestâni, Zohreh Golestâni N° 121, décembre 2015

    « A fin de forger son identité, son opulence, et sa raison, un peuple s’efforce pendant toute l’histoire de révéler sa gloire en architecture ; travail artistique lors duquel l’imaginaire outrepasse la matière, accueille et appelle ce que désire la volonté artistique résidant en la matière, pour la dépasser enfin. L’architecture s’avère, dans ce sens, un art qui n’apparaît ni chez tout peuple, ni nécessairement chez un peuple particulier pendant son histoire. Dans ce sens, l’architecture apparaît dans une (...)


  • Aperçu sur les arts picturaux iraniens
    sous le règne zand

    Shahâb Vahdati N° 121, décembre 2015

    Mohammad Karim Khân Zand prend le pouvoir en 1753. Refusant le titre de roi, il se nomme Vakil-ol-Roâyâ (Représentant du peuple). Les Zands sont l’une de ces rares dynasties iraniennes de souche persane qui ont réussi à unifier le pays, généralement gouverné par des dynasties d’origine turco-mongole. Le règne de Karim Khân est également cité par les historiens comme l’un des meilleurs de l’histoire iranienne, du fait de l’intérêt de ce roi – rare chez les rois iraniens – pour le bien-être du peuple, sa (...)


  • L’héritage musical d’Abdel Ghâder Marâghi
    et le Shogh-Nâmeh de
    Mohammad-Rezâ Darvishi

    Babak Ershadi N° 121, décembre 2015

    Histoire
    Vers les années 1384-1387, Tamerlan, gouverneur de la Transoxiane, prend le contrôle du nord de l’Iran et de l’Arménie. Il réussit ensuite à conquérir Diyarbakir (Est de la Turquie actuelle) puis Bagdad. Pendant trois ans, les troupes de Tamerlan envahissent la totalité des provinces iraniennes, et il met fin au pouvoir des Jalayirides, derniers khâns de la dynastie des Ilkhanides en Iran.
    Tamerlan (en persan, Teymour Lang) ou Teymour le boiteux, fonde la dynastie des Timourides qui existe (...)


  • Saber Abar
    « L’acteur qui devient artiste »

    Kajâl Fakhri, Mohammad Bahrâmi N° 121, décembre 2015

    Nous avions, dans un autre article, parlé de Ahou Kheradmand, qui faisait son entrée dans le monde de l’art plastique après de nombreuses années passées au cinéma. Le sort a fait qu’elle ne fut pas la dernière à s’initier au maniement des couleurs et des images. Saber Abar, jeune et provocateur acteur du cinéma contemporain fit récemment de même, bien que l’écart de technique, de vision, et de sérénité entre eux ne soit pas minime.
    Abar construit cette exposition, intitulée « Je fais appel à l’aide du (...)


  • Le rocher qui ressemble au visage d’un vieux marin …

    Saeid Khânâbâdi N° 121, décembre 2015

    Là, dans un quartier islamo-chrétien, à côté d’une mosquée au minaret unique à quelques mètres d’une banque française et après la statue d’un leader arabe national-socialiste dont le nom est caché derrière les affiches autocollantes du mouvement Amal, se trouve une filiale de Mac Donald. Au deuxième étage de ce MacDo, les larges vitres offrent une vue imprenable sur la corniche et sur le bleu de la mer étendue jusqu’au fond des regards de ses pêcheurs amateurs. La ville est bâtie sur une minuscule péninsule (...)


  • Analyse d’un conte de Jules Verne :« Les...

    Zaynab Sadaghiân N° 121, décembre 2015

    En se basant sur l’approche psychanalytique de Jean Bellemin-Noël qui insiste sur une « psychanalyse du texte », nous analysons ici le conte de Jules Verne intitulé « Les aventures de la famille Raton ». Il est intéressant de préciser que Bellemin-Noël a lui-même analysé ce conte selon son approche textanalytique dans son œuvre majeure intitulée Vers l’inconscient du texte. Nous allons mettre en évidence, au fil de notre parcours, une « méthode de lecture » qui « est en marche vers les approches qui se (...)


  • La spirale d’Ormouz (11)*

    Gilles Lanneau N° 121, décembre 2015

    32. L’enfant-vieillard
    Dans son sommeil, cette nuit, Géhel tient un bébé dans ses bras. Il est dans un hôpital pour enfants, semble-t-il, avec des infirmières, d’autres bébés. L’endroit est blanc, aseptisé. Impersonnel. Le bébé est silencieux, il le fixe de ses grands yeux. Sur son corps de nourrisson, un visage mûr aux traits bien affirmés. Géhel est partagé, il serre le bébé tout contre lui ; en même temps il en est encombré, il aimerait bien s’en débarrasser. Il a des scrupules. Il se promène dans la (...)


  • Randonnée d’automne dans
    la nuit des temps

    Mireille Ferreira N° 121, décembre 2015

    La ville d’Hamedân est située à 5 heures de route au sud-ouest de Téhéran. Cette capitale régionale d’environ 500 000 habitants renferme des sites de fouilles archéologiques révélant avec parcimonie les vestiges de sa gloire passée. Dès le VIIe siècle av. J.-C., elle fut Ecbatane, capitale des Mèdes, premiers rois iraniens, puis capitale d’été des rois achéménides qui la préféraient à leurs cités de Persépolis, Pasargades et Suse, en raison de la fraîcheur que lui apportent la chaîne de montagnes du Zagros et le (...)


  • Sâmân, la perle de Tchahâr Mahâl et Bakhtiâri

    Khadidjeh Nâderi Beni N° 121, décembre 2015

    La ville de Sâmân se situe à 22 km au nord de Shahrekord, chef-lieu de la province de Tchahâr Mahâl et Bakhtiâri. Cette ville est divisée en deux districts : Central (markazi) et Zâyandeh Roud. Elle possède également un bon nombre de petits villages dont les plus réputés sont Yâsseh Tchâh, Savâd Jân, Houreh, Kâhkesh, et Tcham Tchang. Le nom de Sâmân provient de son histoire qui remonte à l’ère des Samanides (819-1005). Les données historiques attestent que la ville a été fondée à l’époque d’Esmâïl Ier (...)


  • La fille du marchand,
    le vizir et le berger

    Traduction et adaptation :

    Katâyoun Niloufari N° 121, décembre 2015

    "La fille du marchand, le savant, le vizir et le berger" est un conte traditionnel iranien qui insiste sur l’importance des valeurs morales fondant la société. Plusieurs versions en ont été rapportées, dont celle de Mohsen Mihândoust intitulée "Dokhtar-e tanhâ" (La fille seule). On y décrit la solitude d’une jeune fille à la suite de la mort de sa mère à Shirâz, et le destin d’un homme malhonnête qui veut abuser d’elle. La morale est la suivante : les traîtres connaissent une fin funeste, et les innocents (...)


  • Nouvelles sacrées (XXIV)
    Khorramshahr,
    de l’occupation à la libération
    (1ère partie)

    Khadidjeh Nâderi Beni N° 121, décembre 2015

    Les revendications territoriales sont à l’origine de la guerre Iran-Irak. Lors de ses premières attaques surprises, le régime bassiste vise à s’emparer de la province du Khouzestân qu’il veut annexer sous le prétexte que la moitié de sa population est arabophone. Un autre objectif, plus ou moins inavoué, est de renverser le nouveau régime iranien. A l’époque, l’Irak est à son apogée du point de vue militaire, tandis que le gouvernement iranien, établi suite à la toute jeune Révolution, est en prise avec des (...)


  • Sur un tapis d’Ispahan (8)

    Kathy Dauthuille N° 121, décembre 2015

    XIV
    Les bordures
    ou
    Les enceintes
    Toujours muni de sa plume,
    le patient héros continue
    de découvrir pas après pas,
    toute la sublime création.
    De la bordure,
    il voit les portes ;
    celles qui ouvrent
    chaque quadrillage
    et celles qui indiquent
    chaque point cardinal.
    La bordure est droite ;
    elle trace sa route
    sur le pourtour ;
    elle est l’enceinte
    du jardin clos,
    la fenêtre étroite
    sur le monde.
    Elle donne l’équilibre
    à toute la création
    et permet de joindre
    toutes les cours.
    De (...)