Saeid Khânâbâdi

40 articles

  • Hassan le Chauve,
    le premier film musical du cinéma iranien

    Saeid Khânâbâdi N° 156, novembre 2018

    La plupart des historiens du cinéma estiment que le Septième art est né le 28 décembre 1895, avec la première projection publique du film "La Sortie de l’usine" des frères Lumière à l’hôtel Scribe de Paris. Mais certains de ces historiens ne mentionnent pas que ce jour-là, ces inventeurs du cinématographe ont demandé à un pianiste de jouer quelques morceaux lors de la projection du film. La musique accompagne donc le cinéma depuis sa naissance. L’art du cinéma, dès la première génération des films muets, (...)


  • Le motif "Rose et Rossignol" dans les illustrations de l’époque qâdjâre

    Saeid Khânâbâdi N° 155, octobre 2018

    Je m’en souviens très bien. C’était un livre ancien grand format. Surtout aux yeux d’un enfant de 8 ou 9 ans, il paraissait encore plus volumineux et plus grand. Une lourde boîte en bois le protégeait. Je venais d’apprendre à lire le Coran et mes parents se réjouissaient de voir que leur enfant montrait une telle affection pour le Livre sacré de l’islam. Mais ils ignoraient une chose. Si leur enfant s’était toujours attaché à ce Coran grand format, ce n’était pas tellement pour lire les sourates divines (...)


  • Qui est Hossein ?

    Saeid Khânâbâdi N° 155, octobre 2018

    Qui est Hossein ? Un saint chiite qui se sacrifie pour ses idéaux religieux ? Une légende arabo-sémite inspirée du mythe avestique de Siyâvash ? Une personnalité historique qui écrit une page remarquable dans l’histoire de l’islam ? Un leader politique en quête du pouvoir califal ? Un chef de tribu qui envisage de renverser la dynastie des Omeyyades, les rivaux traditionnels des fils de Hâshem ? Un révolutionnaire qui se soulève afin de réformer la communauté de son grand-père ? Un martyr de l’honneur (...)


  • Forsat Shirâzi, l’extraordinaire poète de la Révolution constitutionnelle

    Saeid Khânâbâdi N° 154, septembre 2018

    Le 23 juin 1908, le roi Mohammad Ali Qâdjâr ordonne à Vladimir Liakhov, le chef russe des brigades royalistes, de canonner l’édifice du Parlement iranien, symbole de la récente Révolution constitutionnelle. De nombreux députés et intellectuels sont arrêtés et exilés dans la foulée et un grand nombre de leaders constitutionnalistes exécutés. Le roi despote veut à tout prix mettre un terme aux aspirations démocratiques du peuple iranien. À l’occasion de la restauration de la monarchie absolue et pour célébrer (...)


  • Bijan et Manijeh
    (Pièce inspirée d’un récit du "Livre des Rois" de Ferdowsi)

    Saeid Khânâbâdi N° 154, septembre 2018

    Personnages :
    Bijan, Fils de Guive, Commandant iranien
    Manijeh, Fille d’Afrassiyab, Princesse de Touran
    Rostam, Héros national d’Iran
    Key Khosrô, Roi d’Iran
    Afrassiyab, Roi de Touran
    Gouvernante du palais de Manijeh
    Équipe des danseurs, Guerriers de Touran
    Équipe des danseuses, Filles du cortège de Manijeh
    Description de la scène et des accessoires :
    Un trône de deux marches au milieu de la scène, sur la partie gauche du trône une grosse pierre plate et épaisse représentant la couverture du (...)


  • Ali Monsieur ou Monsieur Ali :
    l’apport d’un Iranien francophone à la Révolution constitutionnelle

    Saeid Khânâbâdi N° 153, août 2018

    On se perd encore dans les ruelles labyrinthes de ce vieux quartier si dense de Tabriz. Faute de panneaux indicatifs, ce n’est pas facile de trouver la maison-musée d’Ali Monsieur, dans ces allées longues, étroites, circulaires et complexes. Les constitutionnalistes avaient consciemment choisi ce quartier pour y installer leur Markaz-e gheybi, ou Centre secret de la Révolution constitutionnelle, afin d’égarer les visiteurs curieux et les agents du régime despote des Qâdjârs. C’était au cours des (...)


  • Une bande dessinée pour la Bande de Gaza

    Saeid Khânâbâdi N° 153, août 2018

    Aéroport international David-Ben-Gourion, Tel-Aviv
    Le lundi 13 octobre 2014
    “Juste avant le tamponnage, ils m’ont emmené dans une salle d’attente à part. Ça a duré un peu plus de quatre heures. La personne qui dépendait du ministère de l’Intérieur m’a dit qu’ils me refusaient l’accès. Ils m’ont dit : « On sait ce que vous écrivez sur notre pays. »
    « Ils ont fouillé mes affaires, mon téléphone portable, en me questionnant sur les noms arabes de mon répertoire, en me demandant pourquoi je portais la barbe. Ils (...)


  • Leyli, la poupée traditionnelle des nomades Boyer-Ahmad

    Saeid Khânâbâdi N° 152, juillet 2018

    En 2001, au cours des fouilles archéologiques du site Konar Sandal de Jiroft au bord du fleuve Halil-Roud, des experts iraniens découvrent un objet surprenant daté du IIIe millénaire avant Jésus-Christ : une statuette d’homme en pierre avec un espace au niveau de l’épaule qui permet l’ajout d’un bras grâce à une charnière. S’agissait-il d’une statuette ayant une fonction religieuse et destinée à être utilisée dans des cérémonies liturgiques ? Ou était-elle un simple jouet pour enfant datant de la haute (...)


  • La Nuit du Destin

    Saeid Khânâbâdi N° 151, juin 2018

    "Nous l’avons, certes, révélé pendant la Nuit du Destin.
    Et qui te dira ce qu’est la Nuit du Destin ?
    La Nuit du Destin est meilleure que mille mois.
    Durant celle-ci descendent les Anges ainsi que l’Esprit, par la permission de leur Seigneur pour tout ordre
    Elle est paix et salut jusqu’à l’apparition de l’aube."
    Coran, sourate 97
    A l’orée des mystères gnostiques et des rites de la loi islamique, de la spécificité de l’islam et de l’héritage des croyances sémito-orientales, la Nuit du Destin fait (...)


  • Fabriqué en Iran

    Saeid Khânâbâdi N° 151, juin 2018

    Le monde entre dans l’ère mouvementée de la deuxième moitié du XVIIIe siècle. En Europe, la Grande-Bretagne, sous le règne de Georges III de la maison de Hanovre, s’impose sur ses rivaux classiques, surtout après avoir écrasé la France des Bourbons lors de la guerre de Sept Ans. En Asie du Sud, depuis le siècle précédent, la Compagnie britannique des Indes Orientales s’implante progressivement sur les marchés du Vieux Continent. Grâce à ces établissements politico-économiques, les Anglais ont déjà pu (...)


  • Les Gardiens mythiques du
    golfe éternellement Persique

    Saeid Khânâbâdi N° 149, avril 2018

    "Et tu ne lanças pas lorsque tu lanças, mais ce fut Dieu qui lança"
    Il récite parfois ce verset coranique. Il entend une autre voix répétant les mêmes mots dans son esprit. Il sent que tous les anges du Ciel récitent avec lui ce même verset. Il voit que toutes les gouttes d’eau, dans l’immensité de la mer qui l’entoure, chantent avec lui le même hymne céleste. Tous les poissons, même dans les abysses les plus profonds, tous les oiseaux volant, tous les astres du ciel, toutes les créatures, les nuages et (...)


  • Soltâniyeh, où niche le Dragon ilkhanide

    Saeid Khânâbâdi N° 147, février 2018

    En 2005, les experts de l’UNESCO votent à l’unanimité en faveur de la classification du dôme de Soltâniyeh en tant que septième site iranien inscrit dans la liste du patrimoine mondial. L’UNESCO justifie les raisons de ce choix en ces termes :
    "Le mausolée d’Oljeitu constitue un maillon essentiel et un monument clé dans l’évolution de l’architecture islamique en Asie centrale et occidentale. Ici, les Ilkhanides reprirent et développèrent les idées avancées pendant la période classique seldjoukide (du (...)


  • Les larmes de Haniyeh

    Saeid Khânâbâdi N° 147, février 2018

    L’innocence, la gentillesse, l’enfance, la jouissance, la pureté, l’amour et presque toutes les vertus que les livres de la Morale nous définissent, je les retrouve toutes dans son visage angélique, dans ses beaux yeux ronds et brillants, baignés dans une larme dont l’origine me paraît familière et en même temps inconnue. Elle ne regrette pas son acte d’héroïsme, mais sa joie naturelle se heurte à une tristesse céleste, à une peine douloureuse issue de cette vérité amère et de cette blessure tragique (...)


  • Marâgheh,
    La capitale des rois sans capitale

    Saeid Khânâbâdi N° 145, décembre 2017

    Au milieu du XIIIe siècle, alors que Saint Louis rentre en France après sa lourde défaite à la septième Croisade contre les Mamlouks et au moment où Marco Polo, le futur émissaire au palais de Kubilaï Ghaan en Chine, vient de naître dans une famille de commerçants vénitiens, Mongo Ghaan ordonne au Haut Conseil des princes mongols de nommer Hulagu, le petit-fils de Gengis Khan, à la tête d’une armée de 300 000 soldats. L’objectif est alors de reconquérir l’Iran, de mettre fin à la légende ismaélienne de (...)


  • Les potentialités et les défis de la cyber-formation en matière d’études islamiques en Afrique subsaharienne

    Saeid Khânâbâdi N° 144, novembre 2017

    Prologue : Des cours des marabouts au pied des baobabs et des cours des sheikhs chics dans les salles virtuelles du Hi-Tech
    Lorsqu’Ibn Batouta, le grand voyageur arabo-musulman, visite, au XIVe siècle, les régions subsahariennes de l’Afrique, il ne cesse d’admirer la qualité des écoles religieuses de ces pays et la motivation des peuples africains à l’égard de l’apprentissage des sciences islamiques. Depuis le temps des Marabouts traditionnels jusqu’à l’ère moderne et le lancement des projets de la (...)


  • Les menaces linguistiques du Cadre d’action Education 2030 contre les langues nationales : le cas du persan

    Saeid Khânâbâdi N° 143, octobre 2017

    Depuis quelques décennies, la mondialisation s’impose en tant qu’enjeu majeur dans les questions géopolitiques du monde entier. Ce sujet prend un relief particulier dans le cadre des rapports entre les pays développés et les pays du Sud. Les risques et les potentialités de la mondialisation sont tant abordés par les experts de différentes branches scientifiques qu’aujourd’hui, nous sommes témoin de nouvelles tendances et de nouvelles approches pluridisciplinaires et transversales destinées à faciliter (...)


  • Les Chevaliers de Notre Dame de Damas
    À tous les Abbas de l’histoire

    Saeid Khânâbâdi N° 143, octobre 2017

    "Je n’y vis que de la beauté !"
    Zeynab lui répliqua par ces mots. Obeydollah, le gouverneur Omeyyade de l’Irak, s’attendait à tout sauf à cette réponse. Il se trouva bouleversé par cette philosophie esthétique brisant ses calculs politiques. Comment une femme de presque soixante ans, endeuillée et souffrante, qui venait de perdre, en une demi-journée, toute sa famille, ses fils, ses neveux et ses deux chers frères, pouvait-elle décrire ainsi le massacre de Karbala où, arrêtée sur une colline (qui (...)


  • Pâveh :
    fière comme les montagnes de Hourâmân

    Saeid Khânâbâdi N° 142, septembre 2017

    Nous arrivons à Pâveh après avoir suivi un long itinéraire de 620 kilomètres depuis Téhéran. Il y a une dizaine de cars, tous remplis d’étudiants venus visiter cette charmante ville à l’ouest de l’Iran, dans la province de Kermânshâh, à juste 40 kilomètres de la frontière irakienne. Les cars s’arrêtent au pied d’un large escalier qui mène au Mémorial des Martyrs dressé sur une colline. Ces étudiants sont là dans le cadre du programme Râhiyân-e Nour. Très populaire en Iran, il désigne un programme annuel, applaudi (...)


  • Ordre des travailleurs

    Saeid Khânâbâdi N° 142, septembre 2017

    Ce jour-là, comme le jour d’avant, comme le jour d’après et comme les autres jours, à l’heure de la sortie, il était encore au bureau. Entouré par des tas de documents, noyé sous une pile de papiers et enfoncé dans son fauteuil, devant le large écran de son ordinateur qui fonctionnait parfois comme un bouclier contre les regards gênants et jaloux de ses collègues, il rédigeait, comme d’habitude, un procès-verbal concernant la réunion quotidienne de la direction de l’entreprise se tenant à dix heures chaque (...)


  • La Mujtahid d’Ispahan

    Saeid Khânâbâdi N° 140, juillet 2017

    Durant ces dernières décennies, nous observons un intérêt croissant chez les femmes iraniennes, plutôt des jeunes filles d’entre 20 et 30 ans, pour étudier la théologie chiite dans diverses écoles islamiques. Pour répondre à cette demande, depuis les années 1980, le séminaire religieux ou howzah de Qom a établi, dans les grandes villes du pays, des centres d’études religieuses ouverts aux femmes. Fondée en 1984, l’école internationale Jame’at-ol-Zahrâ de Qom est la plus connue. Aujourd’hui, il existe plus (...)


  • Ali Bâbâ et les quarante sémiotophiles
    de Téhéran

    Saeid Khânâbâdi N° 140, juillet 2017

    Séquence IV :
    Pour la deuxième fois de ma vie, je le vois là, devant la mosquée, pas trop loin des tombeaux des cinq martyrs anonymes qui se trouvent juste sur un point d’intermédiaire entre le mausolée du cher Imâmzâdeh Aziz et la tombe d’un prince qâdjâr de la fin du XIXème siècle. Ces mémoriaux religieux-historiques se dressent sur une colline à quelque cent mètres de la Faculté des Lettres étrangères et des sciences du langage où Ali Bâbâ enseigne la sémiotique depuis bon nombre d’années au département (...)


  • Les pèlerins de la rue Erfân à Neyshâbour

    Saeid Khânâbâdi N° 138, mai 2017

    A Neyshâbour, il y a une rue qui ne ressemble guère aux autres. Cette rue est un passage mystérieux grâce auquel on peut traverser les dimensions de l’espace et du temps, un chemin magique entre le présent et le passé, entre le nouveau et l’ancien, entre la matière et l’esprit, entre une ville physique et son âme métaphorique. Cette voie commence par le Jardin des délices de Khayyâm et s’achève aux sept cités attariennes de l’amour. Cette rue de quelques kilomètres, apparemment ordinaire, est tracée dans un (...)


  • Les enfants de la mosque

    Saeid Khânâbâdi N° 137, avril 2017

    "Chuuut ! Ici, c’est la maison de Dieu !"
    C’était toujours par cette même phrase que Maman m’interdisait de faire du bruit dans la mosquée avant que la prière ne commence. C’était plutôt à d’autres moments, surtout les après-midi, lors des réunions hebdomadaires de maman et ses condisciples, que nous faisions du bruit dans cette maison divine. Pour nous, les fils et les filles des femmes religieuses du quartier, la mosquée était, d’une certaine manière, un terrain de jeu, une crèche, un jardin public, (...)


  • Pénélope à Baghdad : Farewell Baghdad, 2010

    Saeid Khânâbâdi N° 136, mars 2017

    Pourquoi ce sont toujours les femmes qui attendent le retour de leurs hommes ?"
    Cette question ordinaire et en même temps philosophique qui peut mettre en cause tout l’héritage socioculturel de l’identité féminine en Orient est un monologue énoncé en arabe par Rebecca, un des personnages du film Farewell Baghdad, dans une des séquences les plus dramatiques de ce film iranien, en langues anglaise et arabe. Dans ce film représentant le cinéma iranien aux Oscars 2011, l’actrice iranienne Pantéa Bahram (...)


  • À la recherche du rôle perdu de l’Antiquité perse dans le cinéma historique d’Iran

    Saeid Khânâbâdi N° 135, février 2017

    Le 12 mai 2016, en marge de la 29ème foire internationale du livre de Téhéran, Massoud Jozâni s’exprime devant la presse à l’occasion de la publication du scénario de son film qu’il cherche à réaliser depuis bon nombre d’années. Ce réalisateur iranien, formé à l’Université d’Etat de San Francisco, a déjà dans sa carrière cinématographique des films comme Nâssereddin Shâh, actor-e cinéma (Nâssereddin Shâh, actor-e cinamâ) et Irân Burger. La conférence se déroule dans une ambiance gaie, au milieu des (...)


  • Jean-Pierre Brigaudiot,
    Poète du bleu, silence-fictionnel ou bien encore plasticien des toiles étoilées

    Saeid Khânâbâdi N° 134, janvier 2017

    La galerie Saless de Téhéran comporte trois étages. Le premier abrite une célèbre librairie, le second un café-philo, tandis que le troisième est un espace lumineux, en mezzanine, consacré aux expositions d’art contemporain.
    L’escalier qui mène à la salle d’exposition est constitué d’une volée de marches flottantes, les planches de bois sont reliées au mur par des supports invisibles et de l’autre côté, elles sont reliées au plafond par des câbles en acier. Ainsi, déjà, le visiteur se sent flottant avec (...)


  • Naneh Hassan : du Tapis persan à
    la peinture du Rêve iranien

    Saeid Khânâbâdi N° 133, décembre 2016

    Elle s’appelle Naneh Hassan. Née en 1937 dans un village de la province de Zanjân à l’ouest de Téhéran, elle entame dès l’âge de 7 ans le métier du tissage de tapis chez sa mère et sa tante. Mariée à 9 ans, elle continue ce travail, en vue d’aider financièrement sa nouvelle famille basée dans un autre village de la même région. Depuis près de sept décennies, elle vit dans une petite maison rustique en compagnie de son mari, un simple cultivateur aujourd’hui retraité. Elle a vécu 14 grossesses et seuls quatre de (...)


  • Ghâyen, la capitale mondiale du safran

    Saeid Khânâbâdi N° 132, novembre 2016

    “Dormivit in sacco croci" ; il dormait dans un sac de safran. Les Romains raffinés utilisaient cette expression latine en vue de décrire une vie aisée, une vie pleine de plaisirs ; bref une vie de César. Mais originellement, c’était une expression réservée à Zeus, le Dieu des Grecs. En fait, les citoyens des Polis grecs, depuis le IVe siècle avant notre ère, connaissaient déjà les vertus magiques du safran grâce aux écrits d’Hippocrate. Il est possible que ce dernier ait, à son tour, hérité sa (...)


  • Doroud, au pied d’Oshtorân-Kouh

    Saeid Khânâbâdi N° 129, août 2016

    Le train s’arrête. Le trajet à travers les champs verts de blé, les montagnes blanches de neige et les plaines rouges de tulipes n’était pas particulièrement fatiguant, mais j’étais impatient de découvrir la destination ; la belle Doroud, au pied d’Oshtorân-Kouh.
    Le mot Do-roud signifie littéralement en persan “Deux rivières”. Cette ville de la province du Lorestân se situe en effet au confluent des deux rivières Mârbareh et Tireh qui se rejoignent pour créer la rivière César, l’une des sources principales (...)


  • Ô Anâhid ! La déesse aryenne*

    Saeid Khânâbâdi N° 128, juillet 2016

    Ô Anâhid ! Toi que j’adore ! La déesse immaculée, la plus clémente, la plus puissante ! Fais de moi le plus grand des souverains du monde. Aide-moi à vaincre les tyrans, à dompter les démons, à triompher de l’armée d’Ahriman. Fais-moi devenir le grand roi de tous les hommes de la terre. Accorde-moi un royaume qu’après moi, tu n’accorderas plus jamais à nul autre. Certes, tu es la plus généreuse !
    Je suis Houshang ! Le fils de Siyâmak, le fils de Keyomars ! Je suis le roi des peuples Aryens. Le grand roi des (...)


  • Les dieux montagnards

    Saeid Khânâbâdi N° 126, mai 2016

    C’était un homme qui avait la cinquantaine, et même plus. Un fonctionnaire du ministère des Transports. Un employé indépendant, autonome et pas tellement discipliné, car en tant qu’alpiniste de renommée internationale, il passait davantage son temps dans les vallées et montagnes qu’à son bureau. Il aimait raconter son "exploit ministériel", d’après ses propres mots, pour souligner son statut particulier. Ses supérieurs au ministère, conscients que rien ne pouvait le garder dans son bureau, et après de (...)


  • Le rocher qui ressemble au visage d’un vieux marin …

    Saeid Khânâbâdi N° 121, décembre 2015

    Là, dans un quartier islamo-chrétien, à côté d’une mosquée au minaret unique à quelques mètres d’une banque française et après la statue d’un leader arabe national-socialiste dont le nom est caché derrière les affiches autocollantes du mouvement Amal, se trouve une filiale de Mac Donald. Au deuxième étage de ce MacDo, les larges vitres offrent une vue imprenable sur la corniche et sur le bleu de la mer étendue jusqu’au fond des regards de ses pêcheurs amateurs. La ville est bâtie sur une minuscule péninsule (...)


  • Une pathologie pédagogique

    Saeid Khânâbâdi N° 117, août 2015

    On veut émigrer au Québec.
    Et le reste est facile à deviner. Un jeune couple, sans enfant, à l’aise financièrement, bien éduqué et vaguement intellectuel, vivant à l’européenne, habitant dans les quartiers résidentiels du nord de la capitale, qui passe ses vacances à l’étranger, avec des amis ou des parents au Canada. Ils ont un objectif : partir au pays des Inuits.
    C’est cela mon boulot, préparer les gens à faire leurs bagages. Diplômé en Lettres Françaises, je n’ai pas trouvé de job dans le domaine (...)


  • L’impact des ulémas du Mont Liban sur l’Iran safavide

    Saeid Khânâbâdi N° 79, juin 2012

    « Voici le palais que je construisis à Suse. J’y exécutai maints ornements […] Ses bois de cèdre sont emmenés d’un territoire lointain que l’on intitule le Mont. »
    Lorsque Darius le Grand, dans le bas-relief du palais Apadana, considérait que le Mont Liban était le lieu d’origine du bois de cèdre utilisé dans la construction de son palais, il se comparait peut-être à Salomon demandant au gouverneur de Tyr de lui envoyer du bois de cèdre et des artisans phéniciens afin de construire le Temple de Jérusalem. (...)


  • Meybod,
    Où les potiers traduisent le désert

    Saeid Khânâbâdi N° 74, janvier 2012

    « Il créa l’homme d’argile sonnante comme la poterie. »
    Qu’entend le Créateur Éternel par ce verset coranique ? Ne se présente-t-il pas comme un Dieu Potier ? Et ce vieil artisan, dans un coin de son minuscule atelier d’ermitage, dans cette ville perdue au cœur des déserts les plus apocalyptiques de l’Iran central, nous répondait bien : « La poterie est une tentative humaine pour exercer la Genèse divine. » Géographie de Meybod, encore les sables
    Dans leur itinéraire désertique, les voyageurs étrangers (...)


  • Cyrus, le roi-prophète

    Saeid Khânâbâdi N° 73, décembre 2011

    Le Royaume de Salomon ; le tournage de ce film coûteux a provoqué une grosse polémique dans le monde du cinéma iranien. Avant ce film, des dessins animés ou tridimensionnels ont déjà été faits, mettant en scène les épisodes de la Bible et du Coran, tel que Le Royaume de David, qui raconte l’histoire des royaumes antiques de Palestine. Mais la représentation des rois-prophètes dans la culture iranienne est beaucoup plus ancienne que ces projets cinématographiques.
    Aucun roi chez les Iraniens n’est plus (...)


  • Bastâm Bâyazidi

    Saeid Khânâbâdi N° 65, avril 2011

    A 7 km de Shâhroud, dans la province de Semnân, au sud du massif de l’Alborz, se trouve la petite ville de Bastâm, qui compte moins de 8000 habitants et borde l’ancienne Route de la soie. Elle se flatte et regrette à la fois sa splendeur d’hier. Même aujourd’hui, l’autoroute qui mène de Téhéran à cette région traverse les collines sèches, basses et rudes qui autrefois étaient parcourues par les caravanes à l’horizon blanc du Lac du sel. En nous retrouvant au milieu de ces collines rondes et ridées par le (...)


  • Ghâssem-Abâd
    Trésor de la culture guilaki

    Saeid Khânâbâdi N° 58, septembre 2010

    La région de Ghâssem-Abâd, zone rurale de la province du Guilân située à proximité de la frontière avec le Mâzandarân, peut être considérée comme l’un des creusets de la culture guilaki. Elle se divise en deux zones principales appelées "Haut Ghâssem-Abâd" et "Bas Ghâssem-Abâd" (situé à 90 km de Rasht) et qui rassemble une dizaine de petits villages et près de quatre mille foyers.

    Cette région a un patrimoine historique riche étant donné que des tombeaux anciens remontant jusqu’à l’époque ayant précédé la venue des tribus aryennes dans cette région y ont été découverts.


  • L’examen d’analyse stylistique

    Saeid Khânâbâdi N° 56, juillet 2010

    (Question numéro 1) Expliquez les caractéristiques de l’incipit réaliste de type balzacien dans le texte suivant.

    C’est en murmurant ces mots que je me prépare pour aller à l’Université. Nous avons aujourd’hui un examen d’analyse stylistique. Je dois me presser pour arriver à temps. C’est mon trajet quotidien, la tâche personnelle que j’accomplis comme un bon citoyen depuis quelques années, le rôle unique que la société moderne a confié à un étudiant de littérature ;


  • La merveille du désert

    Saeid Khânâbâdi N° 44, juillet 2009

    Blottie au bord du mystérieux désert de Lout, la petite ville de Râvar est peu connue, même par les Iraniens, malgré sa richesse culturelle et son héritage historique. Située à 140 km de Kermân, dans le sud-est de l’Iran, son histoire est en étroite relation avec celle de Kermân ou comme le disent les Grecs, « Karmania ». Elle est citée par Darius Ier comme l’une des sept satrapies importantes de l’Empire sous le nom de « Boutia » dans le célèbre bas-relief de Bissotoun. Toute cette région du Kermân fait (...)