N° 165, août 2019

Qu’ils adorent le Seigneur de cette Maison


Saeid Khânâbâdi


Carte d’illustration de La Mecque en 1850 avec la Kaaba au centre

D’après une croyance populaire chez certains religieux traditionnels, le pèlerin arrivé à La Mecque pour la première fois verra son premier vœu exaucé dès qu’il pose les yeux sur la Kaaba, la Maison de Dieu.

Mais il semblerait que les anciens qui ont transmis cette croyance ignoraient un fait étrange à propos de la Kaaba : celui qui se trouve pour la première fois dans l’enceinte de la Masjid al-Haram, la Mosquée sacrée, et dont le regard converge irrésistiblement vers le cube noir de la Kaaba au centre de la mosquée, sera saisi d’une émotion et d’un état psychologique si forts qu’il en oubliera pour un bon moment le moindre de ses vœux. Au moment précis où tu te retrouves face à ce sanctuaire légendaire et millénaire, bâti par Adam le premier homme dit-on, reconstruit par Abraham et vénéré par Mohammad, tu te sens déjà pris dans le magnétisme d’un pôle invisible qui t’attire et te captive. La Kaaba t’enchaîne, te séduit, t’attache par un réseau de fils surnaturels, par les rayons d’une Lumière spirituelle qui brille sur des millions de pèlerins venus des quatre coins du monde. « Dès le premier regard posé sur cette structure mystérieuse, l’enchantement sera tel que tu en oublieras immédiatement tous tes souhaits, toutes tes préoccupations, tous tes vœux. Tu te trouves comblé et satisfait. Tu te sens léger et libéré du lourd fardeau des envies matérielles. Tu perds ton identité individuelle et deviens un membre constituant d’une gigantesque Communauté. Tu goûtes le plaisir d’être un atome de la globalité islamique. Tu te mêles volontiers à la foule passionnée, composée d’individus de toutes les nations, de toutes les langues, de toutes les races, qui ont dit oui à l’appel du Hadj. Ils ont dit oui à l’Alliance sacrée de la foi islamique. »

96. La première Maison qui ait été édifiée pour les gens, c’est bien celle de Bakka (La Mecque) bénie et une bonne direction pour l’univers.

97. Là sont des signes évidents, parmi lesquels l’endroit où Abraham s’est tenu debout ; et quiconque y entre est en sécurité. Et c’est un devoir envers Allah pour les gens qui ont les moyens, d’aller faire le pèlerinage de la Maison. Et quiconque ne croit pas... Allah Se passe largement des mondes. (Sourate 3, Versets 96-97)

Celui qui se tient debout devant la Kaaba ressent dès le premier moment le magnétisme qui rayonne depuis cet axe de l’Univers. À la Kaaba, tu sens la présence du Surnaturel. Ce fait est tellement palpable que même un non-religieux peut le sentir. Les exemples sont nombreux chez des non-musulmans qui ont laissé des témoignages à propos de leur visite à La Mecque. Il s’agit peut-être de la présence de Dieu. Mais ce n’est pas seulement la sainteté de la Kaaba qui te fascine. Parfois c’est la Terreur, parfois c’est la peur d’être si proche de Dieu. Les sources islamiques disent que la Kaaba est dotée d’un axe spirituel dont les deux extrémités se trouvent l’une sur terre et l’autre auprès du Trône de Dieu autour duquel tournent les anges du Royaume des Cieux. Lors de ce premier regard, le visiteur de la Mosquée la plus sacrée du monde perd spontanément conscience de ses souhaits passagers d’être humain. Il sent que tous ses vœux sont déjà réalisés. Il sent que rien n’égale en ce monde d’être invité et présent en ce lieu. Rien n’égale le bonheur d’être dans la zone de la Grâce infinie d’Allah le Clément et le Miséricordieux. Quoi de plus précieux que d’être logé dans la loge divine, accueilli par un Hôte si Vénérable ? Tu te sens honteux de demander la moindre chose à Celui qui t’a tout offert.

En islam, le simple fait de contempler la Kaaba est bienfaisant. Effectivement, peu de choses peuvent être aussi gratifiantes que le sentiment spirituel que l’on éprouve, assis sur les marches qui descendent vers l’esplanade de la Kaaba, et celui de se laisser porter par l’intense béatitude qui remplit ce lieu le plus sacré de l’Islam. Une atmosphère chaleureuse dont l’aspect purificateur est intensifié par l’air aride de La Mecque, sa température élevée et son soleil brûlant. Quel geste purifiant que de déambuler, sous ce soleil torride et impitoyable, autour de la Maison de Dieu et de suivre le chemin suivi par tous les prophètes, par tous les Imâms ! C’est ici qu’Adam bâtit le premier sanctuaire de Dieu. Ce sont les mains d’Abraham et d’Ismaël qui ont dressé les murs de ce cube. C’est sur le toit de la Kaaba que Bilal, le compagnon africain du Prophète, lance le premier appel à la prière de l’islam le jour de la conquête de La Mecque en 630. C’est ici que Mohammad demande à son cousin et gendre Ali de monter sur ses épaules afin de briser les idoles adorées par les infidèles mecquois. C’est dans cette maison que Fatima bint Assad donne naissance à Ali, l’enfant miraculé de La Mecque, le fils de la Kaaba, le prince des croyants. C’est à partir d’ici que Hossein débute son voyage sans retour vers Karbala. Et c’est au pied de la Kaaba que Mahdi, l’Imâm occulté des chiites, déclarera sa campagne universelle de justice et de liberté.

Masjid al-Haram

Et tu contemples les hommes qui tournent comme éternellement autour de ce point magique. Les pèlerins nombreux qui, depuis l’Antiquité, accomplissent la ronde de la tawaf autour de la Kaaba. Sachant que la tawaf était déjà pratiquée avant l’islam.

Les pèlerins tournent sept fois autour de la Maison de Dieu. Et tu sais que cette foule ne comprend pas que des hommes et des femmes, des êtres humains tournent autour de la Kaaba comme des papillons en extase devant la Lumière céleste. Les anges du Royaume des Cieux aussi accompagnent pareillement et parallèlement les êtres humains et non-humains dans cette dance rituelle des créatures autour de la Kaaba, le Centre de l’Univers, le noyau de la création. Dans le calendrier islamique, il y a même un jour qui s’appelle Dahwol-Ardh, qui correspond au jour où la planète Terre, dont la surface était encore couverte par l’eau, commence à émerger à partir du point où se trouve aujourd’hui la Kaaba. Oui, la Kaaba constitue le point de convergence de toutes les énergies physiques et métaphysiques dans cet Univers. Tu vois également dans l’air les oiseaux mecquois qui s’insèrent, eux aussi, dans le même cycle éternel de l’adoration d’Allah. Ils accomplissent leur Tawaf rituel autour du Cœur de la Terre. Ils te font penser aux oiseaux d’Ababil cités dans la sourate coranique de l’Eléphant, les mêmes oiseaux protecteurs de la Maison de Dieu contre l’attaque de l’armée des infidèles venant détruire la Kaaba au VIème siècle :

1. N’as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi envers les gens de l’Eléphant ?

2. N’a-t-Il pas rendu leur ruse complètement vaine ?

3. et envoyé sur eux des oiseaux par volées

4. qui leur lançaient des pierres d’argile ?

5. Et Il les a rendus semblables à une paille mâchée. (Sourate 105)

La Mecque est sous la protection du Seigneur de la Kaaba. À La Mecque, il est interdit d’abattre les arbres, enlever les herbes ou de déranger les animaux. Tout est ici protégé par Dieu Clément et Miséricordieux.

Mais en quoi consistent tous ces mystères de la Kaaba ? D’où vient cette sainteté ? Quotidiennement, cinq fois par jour, presque deux milliards de musulmans de tous les continents se tournent en direction de cette Maison divine pour faire leurs prières quotidiennes. Vers ce bâtiment rectangulaire vide si simple si archaïque, sans décoration, sans embellissement. Tu es Iranien et habitué aux mille arts esthétiques des mosquées d’Ispahan et aux mille secrets architecturaux des mausolées de Machhad et de Qom. Tu ne t’attends pas à cette sobriété dans la Maison de Dieu. Le temple le plus aimé de l’Islam a été simplement bâti avec de gros blocs de granit foncés juxtaposés, en suivant une architecture bédouine primitive. La Kaaba est un cube de presque 14 mètres du haut, avec un plan asymétrique et une géométrie naïve. Le toit, non plus, n’a rien d’extraordinaire excepté une gouttière en or qui sert, lors des rares jours pluvieux de La Mecque, à créer une scène esthétique et spirituelle dans la Mosquée Sainte. Rien de particulier dans les structures de ces voiles épais, aucune fenêtre, aucune bouche d’aération, aucun conduit de lumière. Seule, une porte à deux battants toujours fermés sur la face est de la Kaaba brise l’uniformité du tissu noir qui recouvre le cube. La porte de la Kaaba s’ouvre vers l’Orient où se lève le soleil. Dieu Éternel dans la Sourate Hadj du Coran décrit la Kaaba par le titre de la "Maison Antique". Et une fois à la Mosquée Sacrée tu te rends compte du sens de cette antiquité, de ce refus de l’embellissement physique et moderne. Tu comprends que cette simplicité primitive de la Maison de Dieu est chargée d’un message. L’Islam est la religion qui s’adresse à la "Fitrat" initiale de l’être humain, à son identité la plus profonde, à l’âme pure et pérenne de l’humanité, à son essence réelle et vraie, à son état d’âme fondamental. Et chaque homme, au fond de son cœur confirme cet appel divin de l’Islam, bien que les fausses parures de notre monde d’ici-bas nous cachent parfois la Vérité sublime de notre existence.

Ancienne position d’entrée de la source de Zamzam

La Kaaba est encore purement bédouine. La tradition du pèlerinage aussi avec ses rituels symboliques renforce cet état sauvage et primitif. Les pèlerins ne s’habillent pas en vêtements de l’ère moderne. Ils ne sont autorisés qu’à porter deux morceaux de tissu blanc non cousu, comme un linceul. T’habiller par cet habit primitif te rappelle ton état purement pérenne. Dieu aime te voir dans ton statut originel, comme il t’a créé de poussière. Il veut te voir dans ta nudité. La nudité qui te rappelle la nudité d’Adam et d’Ève au jardin d’Éden. Pourquoi te couvrir devant ton Créateur ? La phase la plus heureuse de l’humanité s’est déroulée dans un état de nudité. La nudité est la pureté, la liberté. Tu enlèves tes vêtements modernes. Tu te libères de ces vêtements de luxe qui te masquent la vérité des choses. Ces apparences mensongères, ces titres faussement attribués, ces avoirs matériels, ces tentations diaboliques, ces orgueils modernes, ces savoirs absurdes, tu les abandonnes. Loin des parures passagères de ce monde, tu reviens à ton état de pérennité. Dieu veut t’accueillir comme un nouveau-né habillé d’un simple drap blanc. Oui, la Kaaba est le lieu de ta renaissance spirituelle. Aucune parure n’est autorisée. Aucun maquillage. Aucun parfum. Tu ne peux pas te regarder dans un miroir. Tu te rases les cheveux. L’homme retourne à sa genèse. La blancheur de ton habit te rappelle l’identité sans couleur de ton âme. Un temps de purification. Ton habit doit être propre avant d’entrer dans la ville de La Mecque. Tu te nettoies de tes pêchés, de tes maux. Tu fais les ablutions précédant l’ihram. Tu poursuis le rituel de sacralisation à la mosquée de l’Arbre. Tu te sens lié à la mythologie orientale de l’Arbre de la Vie. Tu te déchausses. Pieds nus, tu te mets à faire la tawaf sur les pierres chaudes qui couvrent le sol. Bien que ces pierres blanches soient d’une matière particulière qui absorbe plus de chaleur et reflète moins de lumière, le soleil brutal de midi à la Kaaba pénètre quand même toutes les cellules de ton corps pour te purifier. Mais ces gestes ne sont que des moyens superficiels. En réalité, tu dois te purifier de toutes les appartenances terrestres, de toutes les impuretés du monde d’ici-bas. Tu ne touches pas ta femme durant ton séjour à La Mecque. Tu dis non aux tentations charnelles. Tu oublies les plaisirs superficiels. Tu interromps les liens mensongers basés sur les intérêts terrestres. Seul Dieu est Grand. Lui qui possède les clés des trésors des Cieux et de la Terre. Tu abandonnes les amours interhumains, qui ne sont que des reflets. Seulement Dieu mérite d’être aimé. C’est Lui le vrai Amour.

La Kaaba se trouvait, avant le développement urbain, au fond d’une vallée entourée de collines rocheuses. Aujourd’hui, à voir les tours et les gratte-ciels qui l’entourent c’est bien sûr difficile de l’imaginer dans son état historique. Les rochers sont cérusés pour implanter des grands hôtels de luxe. Les vallées ont été comblées par les rues bitumées, les ponts, les échangeurs et les tunnels urbains. Mais l’âme de la Kaaba n’est pas touchée malgré tant de constructions modernes. Une fois devant la Kaaba, tu retrouves son aspect fondamental et antique.

La seule esthétique de la Kaaba vient d’un drap lourd noir en soie qui la couvre. Brodée de fils en or et orné par une calligraphie arabe, cette étoffe est imprégnée par la plus pure eau de rose iranienne. La même eau de rose de Kâshân est utilisée chaque année pour nettoyer l’intérieur et l’extérieur de la Kaaba. Sur ce tissu noir appelé Kiswah sont écrits des versets coraniques. Tu discernes facilement la sourate Quraych, habilement choisie, se référant aux faits concernant l’Histoire de l’Islam. Dans cette courte sourate à la partie finale du Coran, Dieu veut honorer la grande tribu arabe des Quraych, les serviteurs de la Kaaba, d’où sont issus le Prophète Mohammad et tous les Imâm Chiites :

1. À cause du pacte des Coraïch,

2. De leur pacte [concernant] les voyages d’hiver et d’été.

3. Qu’ils adorent donc le Seigneur de cette Maison [la Ka’ba],

4. qui les a nourris contre la faim et rassurés de la crainte ! (Sourate 106)

Le mur semi-circulaire du Hijr d’Ismaël

Et tu accomplis la tawâf, ce rite si majestueux. Tous sont égaux devant Dieu. De toutes les nations, de toutes les races, de toutes les langues, de toutes les provenances géographiques ou sociales. Tous sont égaux à la Kaaba. La Kaaba n’est pas séparée entre les hommes et les femmes. Tu tournes autour de la Kaaba à côté de tes sœurs religieuses. Tu te perds dans la foule. Les gens te bousculent. Tu n’es rien ici. Nous sommes rendus au néant devant la grandeur de la Divinité absolue, la Majesté sans partage, la Noblesse sans limite. « Tout ce qui est sur elle [la terre] doit disparaître/ [Seule] subsistera La Face [Wajh] de ton Seigneur, plein de majesté et de noblesse. » (Sourate 55, Versets 26-27)

Lorsque tu es en train de tourner autour de la Kaaba, ton côté gauche où se trouve le cœur est le plus proche de la Kaaba. Le Coran te précise que tu ne peux porter le titre de Croyant qu’à condition que la foi en Dieu pénètre dans ton cœur.

Les Bédouins ont dit : « Nous avons la foi ». Dis : « Vous n’avez pas encore la foi. Dites plutôt : Nous nous sommes simplement soumis, car la foi n’a pas encore pénétré dans vos cœurs. Et si vous obéissez à Allah et à Son messager, Il ne vous fera rien perdre de vos œuvres ». Allah est Pardonneur et Miséricordieux. (Sourate 49, Verset 14)

Tu dois tourner autour de la Kaaba, dans le sens contraire des aiguilles du temps. Que signifie ce symbolisme ? Tu remontes dans l’Histoire. Tu remontes l’histoire de l’humanité. Tu retrouves l’ancienneté de la Kaaba. Tu contredis le temps. Tu rejoins tes ancêtres. Tu salues ainsi la tradition abrahamique. Tu salues Abraham. Comme dit Dieu dans le Saint Coran : "Salâmûn ‘Ala Ibrâhim". Tu marches dans les pas des grands prophètes. Tu vois la trace des pieds d’Abraham sur une pierre nommée Maqâm Ibrâhim à quelques mètres de la Kaaba.

Là sont des signes évidents, parmi lesquels l’endroit où Abraham s’est tenu debout ; et quiconque y entre est en sécurité. Et c’est un devoir envers Allah pour les gens qui ont les moyens, d’aller faire le pèlerinage de la Maison. Et quiconque ne croit pas... Allah Se passe largement des mondes. (Sourate 3, Verset 97)

Les musulmans croient qu’Abraham montait sur cette pierre lorsqu’il maçonnait les murs de la Kaaba. Le rite du Hadj est avant tout un hommage rendu au prophète Abraham. Les pèlerins lapident les colonnes du Diable comme Abraham l’a fait. Ils font un sacrifice en vue de célébrer la mémoire d’Abraham qui, passant une épreuve difficile, voulut sacrifier son fils bien-aimé sur ordre de son Seigneur. Un respect réservé uniquement pour le père fondateur du monothéisme, un des premiers musulmans de l’Histoire.

Tawaf autour de la Kaaba

Abraham n’était ni juif ni chrétien. Il était entièrement soumis à Allah (musulman). Et il n’était point du nombre des Associateurs. (Sourate 3, Verset 67)

Tu commémores aussi le souvenir de son fils, Ismaël. Le mur demi-circulaire du Hijr d’Ismaël est un des lieux les plus saints de l’entourage de la Kaaba. Cet espace est infranchissable pour les pèlerins qui font la tawaf. Quand tu tournes autour de la Kaaba, tu tournes aussi autour du Hijr d’Ismaël. D’après certaines versions, Ismaël et sa mère, ainsi que de nombreux prophètes sont enterrés dans cette zone. Tu témoignes de la scène où Agar, l’épouse égyptienne d’Abraham, court désespérément en quête de l’eau dans cette partie du désert de l’Arabie pour son petit enfant Ismaël pleurant avant que son Seigneur lui offre la source de Zamzam. Tu cours sur les pas d’Agar entre les deux collines de Safa et Marwah. Tu fais sept fois cet aller-retour symbolique pour sentir l’angoisse d’Agar, une femme seule sous le soleil torride du désert de La Mecque. Dans une plaine vide et effrayante, à 80 kilomètres de la mer Rouge, restée loin de son mari qui par ordre de Dieu l’abandonne dans ce point écarté de la Terre seule avec son petit enfant sur le point de mourir de soif. Car la volonté de Dieu s’accorde à ce que ce point devienne son sanctuaire éternel dans le monde. Que ce lieu soit visité par les Pèlerins de Dieu. Que la tradition de la prière pour Allah soit établie dans cet espace. Que les enfants d’Abraham soient les guides de l’humanité et les garants de la Religion. Que cet Ismaël enfante la sainte lignée des grands prophètes, d’où vient le Mecquois Mohammad ibn Abdallah, le sceau de la prophétie, l’Homme parfait, le dernier messager d’Allah.

La Kaaba est magique. Et cette magie t’envahit. Elle te fascine. Elle t’enchaine. Elle t’enferme et tu ne seras jamais libéré de cette chaîne de servitude à la haute Divinité. Tu deviens le serviteur d’Allah. Et quel honneur est plus majestueux que servir la cause céleste. C’est le vrai sens de la liberté. C’est la vraie liberté perdue de l’être humain qui se définit faussement sur des droits de l’homme universels. La liberté salvatrice est de servir Allah le Tout-Puissant. Tu es désormais élevé au rang des pèlerins de la Maison de Dieu, le harem sacré de l’existence divine. Tout est sacré ici. Tu te sacrifies pour Dieu. Le mouton que tu égorges n’est qu’un symbole. C’est ton existence que tu sacrifies pour la volonté d’Allah. Et par ce sacrifice tu accèdes au degré le plus haut de l’existence, le degré de non-existence, le degré de l’Union dans l’essence divine. Et ainsi tu approuves l’invitation de ton Seigneur qui t’appelle. Dieu t’invite dans sa ville, dans sa Maison Antique. Tu te précipites vers Lui. Tu dis oui à l’invitation d’Allah. Et tu chantes au rang de la grande communauté de l’Islam, en compagnie des millions de pèlerins de la Kaaba :

لبیک اللهم لبیک

Labbayk Allahuma Labbayk …

Me voici, Mon Seigneur, Me voici …


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