N° 67, juin 2011


  • Avant la guerre 1980-88 :
    Khorramshahr au cœur de l’histoire iranienne des deux derniers siècles

    Dânesh Mo’tamedi
    Traduction :

    Arash Khalili N° 67, juin 2011

    Après l’assassinat de Nâder Shâh (dynastie Afshâride) en 1747 et la mort de Karim Khân (dynastie des Zends) en 1779, le chaos et le désordre régnèrent longtemps dans les régions limitrophes du Golfe persique et de la mer d’Oman. Aghâ Mohammad Khân, un officier de l’armée des Zends, fonda la dynastie qâdjâre (1794-1925). Sous le règne de son successeur, Fath ’Ali Shâh, la Grande-Bretagne étendit son influence sur le commerce et les finances de l’Iran, et prit en main le contrôle du Golfe persique.
    Au début du (...)


  • Khorramshahr, ville symbole d’une résistance inoubliable

    Arefeh Hedjazi N° 67, juin 2011

    Pour les Iraniens, Khorramshahr est plus qu’une ville. Aujourd’hui, trente ans après sa libération, elle reste une ville étrange, à la lisière de l’incommensurable, baignée par la chaleur extrême qui caractérise le sud de l’Iran, une ville de ce sud iranien tellement différente du reste du pays. C’est une ville où l’on peut voir partout, même sans chercher, les traces de la guerre omniprésente, sur les murs, au creux des sentiers, sur les dattiers, fiertés de la région, étêtés, noircis, criblés de balles, (...)


  • L’agression militaire irakienne, l’occupation de Khorramshahr et la réaction des pays de la région

    Esmâ’il Mansouri
    Traduit par

    Babak Ershadi N° 67, juin 2011

    L’armée du régime de Saddam Hussein déclencha son offensive générale contre la République islamique d’Iran le 22 septembre 1980 en se servant de toutes ses forces terrestres, aériennes et maritimes. Au début de cette agression militaire contre l’Iran, l’armée de terre irakienne était composée de 48 corps : 12 divisions (5 divisions d’infanterie, 5 division blindées, 2 divisions motorisées), 15 brigades indépendantes (10 brigades d’infanterie, 1 brigade blindée, 1 brigade motorisée, 3 brigades de forces (...)


  • L’opération Beyt-ol-Moghaddas

    Djamileh Zia N° 67, juin 2011

    La libération de Khorramshar est un évènement très important dans l’histoire de l’Iran. En automne 1980, Khorramshahr était tombée aux mains des soldats irakiens après 34 jours de résistance. L’occupation des territoires iraniens par l’armée irakienne perdurait depuis un an et demi lorsque trois opérations menées conjointement par l’armée et le Sepâh Pâsdârân, au cours de l’automne 1981 et de l’hiver 1982, apportèrent des victoires pour l’Iran et marquèrent un tournant dans la guerre. L’armée irakienne se (...)


  • La libération de Khorramshahr et les répercussions de l’opération « Beyt-ol-Moghaddas »

    Nosratollâh Vaziri
    Traduction et adaptation :

    Babak Ershadi N° 67, juin 2011

    Les succès de l’opération baptisée « Beyt-ol-Moghaddas », ainsi que la libération de Khorramshahr furent un choc majeur et eurent une vaste répercussion médiatique dans le monde. Les nouvelles de cette victoire militaire iranienne firent la une des journaux et le sujet des commentaires politiques et militaires des médias internationaux. Selon les observateurs et les analystes des événements qui se produisaient pendant la guerre imposée par le régime irakien à la République islamique d’Iran, l’opération (...)


  • Khorramshahr dans la littérature et le cinéma iraniens

    Afsaneh Pourmazaheri N° 67, juin 2011

    Khorramshahr ou (littéralement) la "ville verte" fait partie des villes méridionales de la province du Khouzestân et occupe une place importante en Iran, plus particulièrement depuis la « Guerre Imposée » (jang-e tahmili) par l’Irak à l’Iran, entre septembre 1980 et août 1988. Située entre le Golfe persique et l’Iraq, elle a une situation stratégique, économique, commerciale et surtout politique essentielle. Elle se trouve également au confluent des deux grands fleuves Kâroun et Arvandroud, c’est-à-dire (...)


  • La bataille de Khorramshahr au cinéma

    Mireille Ferreira N° 67, juin 2011

    La bataille de Khorramshahr fut, de 1980 à 1982, pour l’Iran, décisive et emblématique sous de nombreux aspects. Les rudes combats qui avaient commencé en septembre 1980 et s’étaient soldés cinq semaines plus tard par la prise de Khorramshahr par les troupes irakiennes, puis en 1982, la libération de la ville, prélude d’une victoire sur l’ennemi, suscitèrent l’intérêt de nombreux cinéastes iraniens. Un grand nombre de documentaires filmés au plus près des combats, et rapidement diffusés par la télévision (...)


  • Khorramshahr, ville pérenne

    Esfandiar Esfandi N° 67, juin 2011

    Leningrad, arrêt sur image. Une vieille histoire pour ceux qui n’aiment pas les vieux. 872 jours de siège et des images bien mouvantes, sur pellicules, pour qui a tristement vibré à la vue du film « grand public » de Jean Jacques Annaud. On y voit des Russes, tous plus ou moins soviétiques résister face aux émules nationales-socialistes (et pareillement conquérantes) de Bismarck. Le film est bon et gentiment, il se déroule et déroule des scènes de feu et de poussière loin de nos visages de spectateur. (...)


  • La symbolique des drapeaux iraniens depuis l’Antiquité jusqu’au début de la période safavide

    Marjân Salavâti
    Traduit par

    Babak Ershadi N° 67, juin 2011

    Les symboles ornant les drapeaux de l’Antiquité iranienne possédaient des significations et des fonctions particulières dont les racines remontaient à la nuit des temps. Ces drapeaux, brandis par les Iraniens à diverses occasions comme les guerres, les expéditions militaires ou les cultes et cérémonies religieuses, pouvaient traduire une réussite éclatante ou une victoire sur l’ennemi. Et bien que ces drapeaux aient durablement véhiculé des symboles importants de l’identité iranienne dans (...)


  • L’origine de la connaissance et ses différents aspects selon le Coran
    d’après le commentaire Al-Mizân de ’Allâmeh Tabâtabâ’i*

    Pensée iranienne contemporaine - études religieuses et philosophiques (III)

    Amélie Neuve-Eglise N° 67, juin 2011

    La sourate Al-Mâ’ida (La table servie) évoque l’histoire des deux fils d’Adam, Caïn (Qâbil) et Abel (Hâbil), et la jalousie qui conduisit Caïn à tuer son frère. Dans les versets qui suivent, nous pouvons lire : "Puis Dieu envoya un corbeau qui se mit à gratter la terre pour lui montrer comment ensevelir le cadavre de son frère. Il [Caïn] dit : “Malheur à moi ! Suis-je incapable d’être, comme ce corbeau, à même d’ensevelir le cadavre de mon frère ?” Il devint alors du nombre de ceux que ronge le remords." (...)


  • L’alimentation et son évolution logique dans le mythe iranien du premier homme (II)

    Bahâr Mokhtâriân
    Traduit par

    Arefeh Hedjazi N° 67, juin 2011

    Strauss, dans l’étude des mythes des Amérindiens, montre également la divinité florale, en soulignant la différence de cette divinité avec la divinité des plantes dans l’Antiquité grecque. Cette différence réside, selon Lévi-Strauss, dans le fait que pour les Amérindiens, la plus haute manifestation de cette divinité se manifeste dans l’agriculture, qui possède une essence périodique. Autrement dit, l’agriculture est l’alternance de la vie et de la mort. De l’agriculture, la nourriture est obtenue et de la (...)


  • Voyage en Arabie Heureuse

    Elodie Bernard N° 67, juin 2011

    « Allons ! La marche, le fardeau, le désert, l’ennui et la colère. »
    Rimbaud
    Passer l’été dans un bout du monde pour la première fois n’aurait probablement pas de sens, si quelques images légendaires et romanesques n’y étaient pas accolées, bibliothèques et ciné-clubs aidant à leur persistance. Comme ces images du Yémen des Mille et Une Nuits de Pasolini qui s’enchaînent les unes aux autres, entre mafraj et bazars, entre le rêve et la réalité des péripéties amoureuses du film. Les yeux de l’Europe se (...)


  • Borges, l’homme des symboles et de la simplicité linguistique
    "Une fois écrit, le texte est déjà loin de moi"*
    (II)

    Farzâneh Pourmazâheri N° 67, juin 2011

    L’écriture de Borges est un ensemble de clés et de codes secrets à déchiffrer à l’infini, que chaque lecteur est libre d’interpréter selon sa propre compréhension. Selon Borges, une fois écrit, le texte n’appartient plus exclusivement à son créateur ; il s’éloigne de lui, car il s’adresse désormais à la compréhension du lecteur. Il écrit seulement à partir d’une nécessité puisant ses sources dans l’intimité de sa propre existence, sans prendre en compte la moindre raison extérieure. Il s’efforce seulement (...)


  • Entretien avec Amir Hossein Heshmati
    A l’occasion de sa prochaine exposition de photos : Les kâsheh de Ghareh-dâgh

    Djamileh Zia N° 67, juin 2011

    Amir Hossein Heshmati connaît les montagnes Ghareh-dâgh rocher par rocher, pour s’y être rendu régulièrement depuis trente sept ans. Et il nous montre dans ses expositions les beautés de cette région d’Alborz depuis qu’il s’est mis sérieusement à la photographie. L’un des phénomènes naturels qu’il a découvert et photographié est le kâsheh, nom qui désigne la fine couche de glace sur l’eau. Il a l’intention d’exposer ses photos du 17 au 22 juin 2011, à la Galerie Shirin à Téhéran.
    Djamileh Zia : M. Heshmati, (...)


  • Le temps d’arriver

    Gheyssâr Aminpour
    Traduit par

    Mohammad-Rezâ Ebrâhimi N° 67, juin 2011

    Oh ! Le souhait du premier pas, d’arriver
    Sur les chemins sans fin, d’arriver
    Le monde ne tient que sur l’orbite du souhait
    Avec tant de cœurs désespérant d’arriver
    Quand mes yeux te verront, quand ?
    A jamais, était-ce le temps d’arriver ?
    Le cœur veut aller, et moi, rester
    Lui, maître du chemin et moi, attendant d’arriver
    Je nomme ce novice "tout"
    Je nomme cette torpeur de fatigue "arriver"
    Tant que j’ai couru, le chemin était devant moi
    S’est alliée au chemin l’énigme d’arriver
    De ces (...)


  • Le nuage rose

    Ali-Rezâ Mahmoudi Irânmehr
    Traduit du persan par

    Azitâ Hempârtiân N° 67, juin 2011

    En cette matinée froide du 27 décembre 1980, je n’avais d’yeux que pour ce nuage rose au lever du soleil. On montait en file indienne une colline et je regardais le ciel quand une pluie de tirs perça ma poitrine. Je tombai sur le dos. Mes poumons se chauffèrent et se remplirent de sang. Trois minutes plus tard, en regardant le nuage orange et rose, je mourus. Je n’ai jamais vu le tireur caché derrière la colline. Il s’agissait sans doute d’un soldat de vingt ans, sinon il n’aurait pas choisi, parmi (...)