N° 84, novembre 2012


  • L’Azerbaïdjan Oriental

    Sarah Mirdâmâdi N° 84, novembre 2012

    Située au nord-est de l’Iran, la province iranienne de l’Azerbaïdjan oriental est entourée des provinces d’Ardébil à l’est, d’Azerbaïdjan occidental à l’ouest, de Zanjan au sud, et partage ses frontières avec l’Arménie (sur 35 km) ainsi qu’avec la République d’Azerbaïdjan au nord (sur 200 km). Sa capitale administrative est Tabriz. Le nom d’Azerbaïdjan serait issu du nom du satrape achéménide Media Atropates, et fut ensuite retenu par Alexandre pour désigner la zone occupée désormais en partie par la province de (...)


  • Fragments d’archéologie et d’histoire de l’Azerbaïdjan

    Afsaneh Pourmazaheri N° 84, novembre 2012

    Aujourd’hui, l’Azerbaïdjan iranien comprend les contrées du nord-ouest de l’Iran, plus précisément les territoires se situant à l’est du lac d’Oroumieh. Le nom d’ « Azerbaïdjan » fut par ailleurs adopté à la suite de la déclaration d’indépendance des forces séparatistes anti-russes en mai 1918, et fait, selon l’une des hypothèses sur ce sujet, allusion à Arrân, une antique région iranienne puis caucasienne. En vue de différencier les deux homonymes, le gouvernement iranien choisit le nom d’ "Azerbaïdjan (...)


  • Tabriz, capitale de la province de l’Azerbaïdjan oriental

    Katâyoun Vaziri N° 84, novembre 2012

    Je n’ai pas vu à Tauris [Tabriz] beaucoup de palais ni de maisons magnifiques ; mais il y a d’aussi beaux bazars qu’en lieu de l’Asie : et il fait admirablement beau voir leur vaste étendue, leur largeur, leurs beaux dômes et les voûtes qui les couvrent, le grand peuple qui y est durant le jour, et la quantité de marchandises dont ils sont remplis’’ Ringgenberg, Patrick, Guide culturel de l’Iran, éditions Rowzaneh, Téhéran, 2009, p. 270.
    Jean Chardin (XVIIe siècle)
    Capitale de la province de (...)


  • Le village troglodyte de Kandovân en Azerbaïdjan oriental

    Mireille Ferreira N° 84, novembre 2012

    Le village de Kandovân, situé à l’est du lac d’Oroumieh et à 50 kilomètres au sud de Tabriz, appartient à une région volcanique qui couvre une surface de 400 kilomètres de long sur une largeur de 65 kilomètres, s’étendant du lac d’Oroumieh à la ville de Qazvin, située à 150 kilomètres à l’est de Téhéran. On le compare souvent au village turc d’Uçhisar en Cappadoce. Dans les deux cas, les spectaculaires cônes rocheux qui les caractérisent ont été formés par l’érosion du tuf, composé de débris d’éruptions (...)


  • Recette du koufteh tabrizi,
    spécialité de Tabriz et de ses environs

    Marzieh Shahbâzi N° 84, novembre 2012

    Ingrédients :
    500 gr. d’agneau haché
    120 gr. de pois chiches
    4 œufs dont 3 œufs durs
    2 oignons
    6 prunes dénoyautées
    6 cerneaux de noix
    4 gr. de curcuma
    4 gr. de cannelle
    4 gr. de noix de muscade
    Pistils de safran
    Menthe hachée
    Sarriette hachée
    Persil haché
    Aneth
    200 g d’oignons hachés
    Sel Préparation
    Mettre à tremper les pois chiches dans l’eau fraîche durant une nuit, puis les faire bouillir durant 30 minutes dans de l’eau légèrement salée. Casser l’œuf cru dans un (...)


  • Parcours d’une artiste iranienne :
    Mansoureh Hosseini

    Bahrâm Ahmadi N° 84, novembre 2012

    Mansoureh Hosseini (1926-13 juin 2012) fut diplômée de peinture de la Faculté des Beaux-Arts de Téhéran (1949) et de l’Académie des Beaux-arts de Rome.
    Elle participa à plusieurs expositions de groupe, et voyagea en Italie afin d’y poursuivre ses études. En 1957, elle présente ses tableaux à Rome, événement à propos duquel le journaliste artistique du journal Dominica écrit : « Il semble que Mansoureh, peintre iranienne, ait un grand avenir. Elle aime Rome où elle a été invitée. Elle a su utiliser (...)


  • Mehr

    Gilles Lanneau N° 84, novembre 2012

    Il est né un 25 décembre, dans une grotte, fut vénéré par des bergers. Il vécut parmi les hommes, accomplit des miracles, un sacrifice, puis s’éleva au ciel.
    Vous croyez connaître la réponse …
    Il se nomme Mithrâ, et son culte remonte à des temps immémoriaux. Il précéda Zarathoustra, fut enterré par celui-ci, puis revint rapidement en force, s’imposant à jeu égal avec le Dieu unique, Ahourâ Mazdâ. Il finit par s’éclipser, ou se cacher sous d’autres noms, tout en restant omniprésent, se laissant voir par ceux (...)


  • L’immigration afghane en Iran

    Alirezâ Jânzâdeh N° 84, novembre 2012

    La migration, et la mobilité qui la caractérise, confèrent aux différentes communautés humaines une capacité dynamique afin de surmonter les périodes de crise et de résister aux déséquilibres qui mettraient leur existence en danger. De cette migration résultent des trajectoires dont les points de départ et d’arrivée sont fortement dépendants des facteurs de répulsion et d’attraction qui façonnent de manière plus ou moins durable les motivations des communautés de migrants.
    Fort de ce constat, qui forme le (...)


  • Parviz Shahriâri :
    figure éminente des mathématiques modernes iraniennes

    Sepehr Yahyavi N° 84, novembre 2012

    La phrase était courte, comme toujours : Parviz Shahriâri est décédé, à l’aube du vendredi 11 mai 2012, à l’hôpital Jam de Téhéran, suite à un arrêt cardiaque. La nouvelle était cependant dure, pour ses centaines d’élèves, et beaucoup d’autres qui l’ont connu, en tant que traducteur, pédagogue, journaliste, écrivain et chercheur, surtout dans le domaine des mathématiques (théoriques et pour distraction) et de l’histoire de la science.
    Ayant publié environ deux cents livres en persan à titre de traducteur et (...)


  • Commentaire du verset de la Lumière (ayat al-nûr)
    de ’Allâmeh Seyyed Mohammad-Hossein Hosseini Tehrâni
    (2ème partie)

    Pensée iranienne contemporaine – études religieuses et philosophiques (VIII)

    Traduction et adaptation* :

    Amélie Neuve-Eglise N° 84, novembre 2012

    "Si les hommes connaissaient la valeur de la connaissance de Dieu, ils ne jetteraient pas leurs regards sur les attraits de la vie de ce monde. […] En vérité, la connaissance de Dieu est le compagnon de tout esseulement, l’ami de toute solitude, la lumière de toute obscurité, la force de toute faiblesse et le remède de toute maladie."
    Imâm Sâdeq, Al-Kâfi, 8/247/347
    اللَّهُ نُورُ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ
    "Dieu est la Lumière des cieux et de la terre." (24:35)
    Dans la partie précédente, nous avons vu que les (...)


  • Shirin Nezâmmâfi, une écriture japonaise,
    une voix iranienne

    Shahâb Vahdati N° 84, novembre 2012

    Née le 10 novembre 1979 à Téhéran, Shirin Nezâmmâfi est une romancière iranienne vivant au Japon depuis 1999. Diplômée de la faculté de génie à l’Université de Kobe, elle travaille depuis juin 2009 comme ingénieur de système chez Panasonic. Elle a écrit son premier roman à l’âge de 14 ans, un roman intime qui raconte ses histoires d’écolière. Elle a également reçu le Prix littéraire des étudiants (Ryugakusei Bungakusho), en aspirant fervemment à devenir un écrivain, pour son roman Salam publié en 2006.
    Le 14 avril (...)


  • Château de Chamerolles
    Femmes artistes, passions, muses et modèles
    Exposition du 16 juin au 19 août 2012

    Jean-Pierre Brigaudiot N° 84, novembre 2012

    Un charme tranquille
    Le château de Chamerolles fait partie de ces innombrables châteaux construits en France depuis le Moyen âge. Celui-ci, de dimensions moyennes, se situe entre Gâtinais et Beauce, à quelque distance d’Orléans. Il fut bâti à la Renaissance par Lancelot du Lac, sur le plan encore en usage à cette époque, d’une forteresse médiévale. La restauration des bâtiments et des jardins a permis d’une part son ouverture au public et d’autre part a redonné à ce château son indéniable charme, ceci (...)


  • Sol LeWitt
    Wall drawings, 1968-2007
    Centre Pompidou-Metz, 7 mars-29 juillet 2012

    Jean-Pierre Brigaudiot N° 84, novembre 2012

    Une œuvre explicitement inscrite dans une pluralité de continuités
    Sol LeWitt, 1928-2007, fut un artiste majeur de la scène artistique contemporaine, non seulement américaine mais mondiale. Son œuvre qui émerge dans le courant des années 60 se situe à la charnière de l’Art conceptuel et de l’Art Minimal, deux formes d’art qui vont cohabiter avec d’autres tendances dont notamment le Land art qui, lui aussi, peut opérer selon certaines modalités de l’Art Conceptuel et de l’Art Minimal. Ainsi, durant les (...)


  • Ali Reza Madjnoune, un poète français

    Abolghâssem Tâheri Arâghi N° 84, novembre 2012

    Chez un bouquiniste de l’avenue Mirdâmâd, parmi des livres d’occasion, j’ai trouvé un livre de poésie française intitulé Poètaria, dont l’auteur est Ali Reza Madjnoune.
    J’ai d’abord pensé que le poète était iranien, mais sur le quatrième de couverture, l’éditeur présente le poète en ces termes : "Ali Rezâ Madjnoune est le pseudonyme de George de Guy, un Français vivant en Iran. Son ouvrage a été publié en 1978." Cet ouvrage fait partie de la collection "Poètes du temps présent" et a été par maison d’édition (...)


  • Le vieux philologue

    Sepehr Yahyavi N° 84, novembre 2012

    Dans une ville lointaine, traversée par un fleuve imposant, vivait, il y a longtemps, un vieux philologue qui savait lire en treize langues, mais qui ne parlait aucune autre langue que sa langue maternelle. Depuis son enfance, il avait fait preuve d’un grand talent dans l’apprentissage des diverses langues, et aussi montré une mémoire exceptionnelle.
    Sa mémoire était si brillante qu’il savait par cœur le nom et le prénom de tous les habitants de cette assez petite ville. Tout naturellement, comme (...)