N° 44, juillet 2009


  • Mahallât, capitale iranienne de la culture florale

    Sarah Mirdâmâdi N° 44, juillet 2009

    La ville de Mahallât est située dans le sud de la province de Markazi en Iran, à 262 km de Téhéran. Outre son statut de centre historique rassemblant de nombreux monuments notamment des forteresses, mosquées et caravansérails des différentes périodes historiques iraniennes, elle est également réputée au niveau national pour ses jardins et serres où sont cultivées de multiples variétés de fleurs. Cette industrie joue un rôle économique majeur dans la région avec près de 2 millions de bouquets et 20 millions (...)


  • La tulipe renversée

    Djafar Sepehri*
    Traduit par

    Djamileh Zia N° 44, juillet 2009

    Chaque année au printemps, des milliers de touristes se rendent à Fârsân, dans la province de Tchahâr Mahâl va Bakhtiâri, pour admirer les tulipes renversées qui fleurissent dans cette région. Fârsân fait partie des zones protégées depuis 1996. L’Iran est le seul pays où la tulipe renversée pousse de façon sauvage. Des voyageurs européens qui vinrent en Iran ont emporté cette fleur en Europe pour la première fois en 1576. La tulipe renversée fut alors cultivée en Europe dans les jardins des résidences très (...)


  • Le champ des tulipes renversées de Tchelguerd

    Khadidjeh Nâderi Beni N° 44, juillet 2009

    Dans la région de Kouhrang, à 12 kilomètres de Tchelguerd, l’une des principales attractions naturelles de la province de Tchahâr Mahal va Bakhtiâri est un vaste champ de tulipes renversées rouges et jaunes s’étendant sur plus de 3 400 hectares. Dans cette région montagneuse, le champ situé sur les hauteurs des monts Mili offre une magnifique perspective sur la vallée et ses ruisseaux.
    Ce champ de tulipes jouit d’une plus grande renommée que d’autres sites naturels et touristiques de Kouhrang comme la (...)


  • Le safran, une fleur du plateau iranien

    Djamileh Zia N° 44, juillet 2009

    La rose n’est pas la seule fleur que les Iraniens cultivent et utilisent en cuisine ; le safran, obtenu à partir d’une fleur du même nom, est un condiment utilisé depuis des millénaires en Iran pour sa couleur, son goût et pour ses propriétés thérapeutiques. Les caractéristiques climatiques du plateau iranien conviennent à cette fleur, qui pousse de préférence dans les régions sèches et froides à plus de 1000 mètres d’altitude ; c’est pourquoi le safran d’Iran a été de tout temps le meilleur du monde. (...)


  • Les jardins historiques iraniens

    Fâtemeh Heydari
    Traduit par

    Mahnâz Rezaï N° 44, juillet 2009

    Les anciens jardins iraniens, de par leur valeur esthétique et architecturale, font partie du patrimoine national et sont considérés comme des marques de l’identité historique et culturelle iranienne.
    La construction des jardins en Iran remonte à l’époque achéménide. Parmi les jardins existant à cette époque, on peut par exemple citer les jardins royaux de Pasargades (VIe siècle avant J.-C.) qui auraient été constitués en forme de quatre parties symétriques.
    A l’époque sassanide (224-651), la (...)


  • Festival de la tulipe sur les pentes de l’Alborz

    Mireille Ferreira N° 44, juillet 2009

    Depuis onze ans, le festival de la tulipe, organisé par des horticulteurs locaux et la municipalité de Téhéran, a lieu chaque printemps pendant une semaine à Garmâb. Cette année, sa onzième édition a débuté le 15 Ordibehesht (5 mai).
    Chaque foyer de ce village montagnard de l’Alborz, situé à 50 km de Karaj, sur la route de Tchâlus, se consacre à cette culture. Dès la fin du mois d’avril, les producteurs locaux s’installent au bord de la route pour vendre leur production, cultivée dans leurs jardins, le long (...)


  • La fleur dans la mystique persane à travers l’œuvre de Mowlânâ et de Hâfez

    Sarah Mirdâmâdi N° 44, juillet 2009

    La fleur occupe une place centrale dans l’ensemble de la littérature persane, notamment dans la littérature mystique comme l’attestent le titre de certains grands traités tels que le Golshan-e Râz (La Roseraie du Mystère) de Shabestari, ’Abhar al-’Asheqin (Le jasmin des Fidèles d’Amour) de Rouzbehân Baqli Shirâzi ou encore le célèbre Golestân (Jardin des roses) de Saadi. La symbolique de la fleur est également très présente dans l’œuvre de deux grands mystiques iraniens Mowlanâ (1207-1273) et Hâfez (env. (...)


  • La diversité des pratiques artisanales iraniennes

    Afsaneh Pourmazaheri, Farzâneh Pourmazâheri N° 44, juillet 2009

    On appelle arts traditionnels, l’ensemble des pratiques artistiques, authentiques et populaires des indigènes d’un pays. Ces arts proviennent des croyances, des traditions et des mœurs, bref de la culture intangible, d’une société. Les Iraniens, quant à eux, n’ont jamais cessé (leur longue histoire aidant) d’innover dans les divers domaines relatifs à l’artisanat, au spectacle traditionnel, à la musique régionale, etc. Parmi ces derniers, l’artisanat fut et reste le mode d’expression le plus prisé. (...)


  • « Lis », beau comme un tableau, fort comme un combat

    Photos et texte :

    Hassan Tâheri N° 44, juillet 2009

    Traduit par Arefeh HEDJAZI
    Avec une décennie d’activité artistique et sa grande maîtrise du corps et du mouvement, Atefeh Tehrâni s’est fait une place à part dans le monde du théâtre.
    Et cette fois, avec la pièce « Lis », elle présente sa première expérience en tant que metteur en scène. « Lis » est une représentation sans dialogue basée sur le corps, le mouvement, la musique et le son. Avec une maîtrise totale de leur corps et de leur jeu, les acteurs dévoilent de profondes réalités telles que le désir, la (...)


  • La Javânmardî : cœur du shî’isme iranien*
    3- Une chevalerie d’actualité

    Francisco José Luis N° 44, juillet 2009

    Tabriz, Juillet 1501
    Les bruits de conversation dans la mosquée disparaissent pour être remplacés par des regards emplis d’étonnement rivés sur un jeune homme de quatorze ans qui vient de faire son entrée. Son regard à lui par contre est serein comme un lac au printemps. Ses pas décidés sont rythmés par le cliquetis du fourreau de son shamshir contre son carquois. Son couvre chef rouge élancé comme un minaret à douze côtés est le même que celui de ses gardes. Ces derniers, esquissant un sourire empli de (...)


  • Les concepts de "musique savante" et "musique populaire" en Iran, Afghanistan et Tadjikistan

    Djamileh Zia N° 44, juillet 2009

    Ariane Zevaco est anthropologue. Elle est doctorante à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales à Paris, et réside actuellement en Iran pour ses recherches en ethnomusicologie. Ce qui suit est le résumé d’une conférence qu’elle a donnée le 15 avril 2009 à l’Institut Français de Recherche en Iran. Ariane Zevaco a parlé de l’interdépendance entre le discours que l’on tient sur un répertoire musical, la représentation qu’en ont les musiciens qui jouent ce répertoire, et le statut social de ces musiciens. (...)


  • Le wax : un classique dans cinq Etats d’Afrique de l’Ouest

    Odile Puren N° 44, juillet 2009

    Le wax encore appelé « tissu africain » est un tissu en coton imprimé de qualité supérieure servant à la confection de vêtements d’une grande renommée. Son origine remonte à l’époque de l’arrivée des premiers Européens en Afrique de l’Ouest.
    Les Hollandais, qui entretiennent des rapports commerciaux avec l’Indonésie depuis 1602, prennent Malacca aux Portugais en 1641.
    De 1663 à1674, ils s’installent à Sumatra, Macassar, Java au moment où des guerres de succession affaiblissent les sultanats.
    En 1799, la (...)


  • Paris, Louvre et art islamique

    Babak Pourbâgher N° 44, juillet 2009

    Le 16 juillet 2008, Nicolas Sarkozy et le prince Al-Walid Bin Talâl Abdulaziz Al-Sa’oud ont posé la première pierre des nouvelles salles des Arts de l’islam au musée du Louvre à Paris.
    Ce nouveau Département des Arts de l’Islam se trouve dans la cour Visconti, dont l’édification a été commencée par le célèbre architecte Louis Visconti au XVIIe siècle et est actuellement le dernier espace disponible au Louvre. Il présente l’avantage d’être voisin des œuvres les plus connues du Louvre (La Joconde, Vénus de (...)


  • Réunion culturelle à Shahr-e Ketâb :
    Rezâ Seyyed Hosseini et son œuvre

    Reportage réalisé par

    Zaynab Sadaghiân N° 44, juillet 2009

    La réunion du 10 mai 2009 fut différente des précédentes étant donné que l’un des invités, Rezâ Seyyed Hosseini, est décédé peu avant son déroulement. Des traducteurs, penseurs et écrivains se sont réunis à Shahr-e Ketâb pour commémorer son départ. M. Mohammad Khâni, le directeur exécutif de cette réunion, a tout d’abord présenté ce grand homme et son œuvre, notamment Les Ecoles Littéraires, qui a influencé de nombreux penseurs et chercheurs. Il a également traduit des œuvres de Jean-Paul Sartre, Albert Camus et (...)


  • L’histoire de la littérature persane
    du début du Xe siècle jusqu’à la moitié du XIe siècle* (III)

    Mahnâz Rezaï N° 44, juillet 2009

    Cette époque, qui fut celle des débuts et de l’enracinement du persan moderne en tant que langue littéraire et officielle, est d’une grande importance. Roudaki, « le Maître des poètes », vivait au début du Xe siècle, dont la fin correspond aux périodes les plus riches de Ferdowsi et Onsori, deux grands maîtres de la poésie persane. Il est difficile d’user de superlatifs en parlant des poètes de cette époque, tant ils jouèrent tous un rôle primordial dans la formation d’une langue nouvelle et extrêmement (...)


  • Du Nouveau Roman à la grammaire :
    Djinn : un trou rouge entre les pavés disjoints d’Alain Robbe-Grillet

    Samâneh Toghiâni N° 44, juillet 2009

    Romancier mais aussi théoricien, Alain Robbe-Grillet (1922-2008) réclame de nouvelles formes des romans ; voyant les changements du monde et des notions, il exige d’autres structures appropriées à ces modifications, afin de les présenter dans un univers romanesque. Il construit un nouveau mouvement (et non pas une école) dans lequel se rassemblent aussi d’autres romanciers avec des intentions semblables. Comme d’autres nouveaux romanciers, Robbe-Grillet change les éléments composants de l’histoire, (...)


  • Entretien avec Mohsen Hâfeziân,
    chercheur à l’Université Concordia de Montréal

    Khadidjeh Nâderi Beni, Mahnâz Rezaï N° 44, juillet 2009

    Mohsen Hâfeziân est l’auteur d’une thèse intitulée Didactologie des Langues et des Cultures soutenue à l’Université Sorbonne Nouvelle (Paris III) en 2001. Il a suivi des études postdoctorales au département de didactique à l’Université de Montréal de septembre 2004 à septembre 2005 en ce consacrant à l’étude de la représentation linguistique des notions mathématiques en inuktitut ainsi qu’à l’évaluation des mesures d’aide au français au Québec. Chercheur, enseignant, traducteur et écrivain, Mohsen Hâfeziân est (...)


  • La merveille du désert

    Saeid Khânâbâdi N° 44, juillet 2009

    Blottie au bord du mystérieux désert de Lout, la petite ville de Râvar est peu connue, même par les Iraniens, malgré sa richesse culturelle et son héritage historique. Située à 140 km de Kermân, dans le sud-est de l’Iran, son histoire est en étroite relation avec celle de Kermân ou comme le disent les Grecs, « Karmania ». Elle est citée par Darius Ier comme l’une des sept satrapies importantes de l’Empire sous le nom de « Boutia » dans le célèbre bas-relief de Bissotoun. Toute cette région du Kermân fait (...)


  • Abdelkébir Khatibi et la pensée des stigmates

    Monsif Ouadai Saleh N° 44, juillet 2009

    Abdelkébir Khatibi (1938-2009) fut la figure la plus emblématique de la scène intellectuelle marocaine postcoloniale. Son emblématisme est symboliquement stigmatisant : ceci veut dire d’abord que le symbole n’est pas distanciation de la présence, il n’est pas abstrait, il n’est pas exclusivement informe…
    Abdelkébir Khatibi ne saurait être un métaphysicien, à la manière tout au moins où ce mot s’entend traditionnellement. Le stigmatisme dont il est question comme l’antipode de la métaphysique, donne à la (...)


  • Poèmes

    Monsif Ouadai Saleh N° 44, juillet 2009

    La blancheur
    La blancheur descend
    De l’aube
    Ruisselante de verdure
    Nouée et Noueuse
    Le jardin de Babel
    Respire
    Et l’aube devient nœud.
    La souche
    Hésite
    Entre l’azur et l’eau
    Et féconde
    Les cercles des hésitations.
    Le silence dans le fossé
    De la mémoire
    Scelle
    D’outrance
    La nuance abrupte de l’oubli.
    L’oubli devient parole.
    Rien ne bouge dans l’eau
    Que le souffle qui
    Refuse
    À la naissance
    La cendre des mousses.
    La cendre devient genèse.
    Les remparts enfouis dans les calices
    Du rêve (...)


  • Voyage en Arménie

    Juliette Laniez N° 44, juillet 2009

    L’Arménie, avant d’y aller, je pensais que c’était le pays des Loukoums. Genre Liban (qui je sais, n’a rien à voir avec les Loukoums). Mais comme je l’ai vite découvert, il n’y a ni cornes de gazelles, ni thé à la menthe dans ce petit Etat.
    L’Arménie est surtout un pays chargé d’histoire, premier pays chrétien, coincé entre trois empires, chaque invasion apportant sa richesse et depuis toujours parsemé de montagnes et de vieux monastères. Les vieilles pierres sont recouvertes de lettres mystérieuses, de (...)


  • Voyage en Arménie

    Mireille Ferreira N° 44, juillet 2009

    L’Arménie, voisin septentrional de l’Iran, est une magnifique destination touristique. Ce haut plateau verdoyant recouvert de collines, de volcans et de hautes montagnes offre de belles occasions de randonnées. Avec sa multitude d’églises champêtres et de basiliques, le pays est quasiment un musée à ciel ouvert. Sa capitale, Yerevan, contemporaine de Rome, Carthage et Samarkand, a été reconstruite à l’ère soviétique selon un plan d’urbanisme rigoureux. C’est une ville belle et paisible où l’on peut flâner (...)


  • Omar Khayyâm

    Au Journal de Téhéran

    Mahmoud Farhâd N° 44, juillet 2009

    8 Farvardin 1318
    29 Mai 1939
    Ghiyâssed-dine Abol Fath Omar Ibn Ebrahim Khayyâm naquit en 1040 à Nichabour dans le Khorassan. Il fut grand mathématicien ; sa science astronomique lui valut une renommée et une situation officielle que ses vers ne laissent guère soupçonner. Bien qu’il soit devenu célèbre uniquement par les quelques petits quatrains qu’il nous a laissés, nous devons donc commencer par étudier ce côté peu connu de son esprit.
    Il alla à l’école comme les enfants de son âge, termina ses (...)