N° 131, octobre 2016


  • La symbolique du cyprès
    dans l’art iranien

    Shahâb Vahdati N° 131, octobre 2016

    Pour les Iraniens, le cyprès est l’emblème de l’Iran. Symbolisant la liberté, il a même été le motif principal des couronnes royales. Il constitue un symbole de ce pays en raison de sa droiture qui suggère le rejet de la servitude et l’aspiration à la liberté. Le cyprès dont la pointe est courbée symbolise la modestie, et c’est la raison pour laquelle on appelait souvent l’Iran "le pays des modestes" (belâd al- khazâ’in).
    La simplicité de la forme et les possibilités géométriques du cyprès ont sans doute (...)


  • L’arbre de vie et le poème ancien
    « L’arbre assyrien »

    Sepehr Yahyavi N° 131, octobre 2016

    Introduction
    arbre fait partie des archétypes les plus importants de la culture humaine. Ceci a été souligné par Carl Gustav Jung, dont le travail trouve de nouveaux approfondissements notamment au travers des recherches de Monique de Beaucorps et son excellent ouvrage Les symboles vivants (Paris, 1989), traduit en persan par le mythologue iranien Jalâl Sattâri. Le premier chapitre de cet ouvrage brillant est consacré à l’arbre et sa présence dans la culture humaine, en particulier dans la (...)


  • Le noyer de Perse

    Babak Ershadi N° 131, octobre 2016

    Le noyer est une espèce d’arbre de la famille des juglandacées. Originaire des régions tempérées et chaudes, les différents types de noyers poussent dans un état sauvage naturel dans l’hémisphère nord, en Asie, en Europe et en Amérique du Nord.
    Selon les botanistes, le noyer est vraisemblablement originaire de l’Asie. Certains savants estiment que le noyer serait originaire de Chine, et certains autres attribuent son origine à l’Iran ou à l’Asie Mineure (Turquie).
    Le noyer commun dont les fruits sont (...)


  • L’arbre dans les poèmes et les peintures de
    Sohrâb Sepehri

    Shaghâyegh Ahangar N° 131, octobre 2016

    "Notre maison se trouvait au bord du désert ; tous mes rêves portaient sur le désert. Mon père et mes oncles étaient chasseurs ; je les accompagnais à la chasse. Cette activité ne me plut jamais, mais ce fut elle qui m’attira vers la plaine avant l’aube et qui insuffla dans mon cœur mille sensations diverses. C’est en chassant que je découvris le corps nu de la nature. J’ai glissé mes mains sur la peau des arbres ; je me suis lavé les mains et le visage dans l’eau courante ; je me suis laissé aller dans (...)


  • De la pensée-paysage au corps-cosmos
    Etude des motifs naturels représentés sur les vêtements de femmes des régions sud de la
    province d’Ardabil

    Photos : Zohreh Golestâni

    Hâmed Tcherâghi, Zeinab Golestâni N° 131, octobre 2016

    Située entre la mer Caspienne à l’est, la République d’Azerbaïdjan au nord, et la province d’Azerbâïdjân à l’ouest, la province d’Ardabil bénéficie de paysages essentiellement montagneux rassemblant une flore riche et variée qui fait partie de la vie quotidienne du peuple et a peu à peu été intégrée dans sa culture. Les femmes artisanes de la région ont intégré certains de ces motifs dans leurs ouvrages, où se mêlent monde réel et univers imaginé. Ainsi sont nés des motifs qui, enracinés dans une vive interaction (...)


  • Ârash Tanhâï, tête de file d’une nouvelle génération d’affichistes iraniens

    Samirâ Fâzel N° 131, octobre 2016

    é le 14 janvier 1982 à Téhéran, Ârash Tanhâï est un graphiste et affichiste iranien. Il est considéré comme une figure importante de la cinquième génération des graphistes iraniens. Dès son enfance, il démontre un intérêt marqué pour les mythes persans. A 14 ans, il se découvre une passion pour le graphisme en visitant une exposition de peinture. Il décide donc de poursuivre ses études à l’école des Beaux-arts de Mâlek Ashtar. Une fois diplômé, Tanhâï met sur pied en collaboration avec ses amis Farshid Pârsikiâ (...)


  • Les traditions orales et l’écrit
    Étude d’un cas : le Shâhnâmeh de Ferdowsi

    Armaghan Esbati N° 131, octobre 2016

    Bien que l’intérêt pour le folklore se développe en Europe vers la fin du XVIIIe siècle, dans le contexte du nationalisme romantique et de l’émergence des nations européennes, le processus de transcription des traditions orales, surtout les récits populaires et les mythes, n’est pas récent par rapport à l’âge de l’écriture. La tentation de recréer par écrit le savoir-faire humain remonte à la transcription de Gilgamesh (XVIIIe ou XVIIe siècle av. J.-C.). Cela montre que les peuples possédant une écriture ont (...)


  • Le roman de la guerre Iran-Irak
    est-il moderne ?

    Arefeh Hedjazi N° 131, octobre 2016

    Introduction
    En septembre 1980, l’Irak de Saddam Hussein attaque l’Iran khomeyniste. C’est le début d’une guerre à dimension téléologique pour les Iraniens, qui subissent alors les violents soubresauts d’une toute récente Révolution islamique. C’est aussi l’occasion pour une nouvelle littérature de se développer : la littérature de guerre moderne, qui s’élabore à partir du vécu de ses auteurs majoritairement anciens combattants, mais aussi de l’héritage littéraire et socio-politique de la modernité entrée en (...)


  • Hossein Malek :
    le plus grand donateur de Waqf
    en Iran contemporain

    Babak Ershadi N° 131, octobre 2016

    Dans le droit musulman, le Waqf (ou Habis) est une donation faite à perpétuité par un particulier à une œuvre pieuse, de charité ou d’utilité publique.
    La famille
    La famille Malek est originaire de Tabriz. Fin du XVIIIe siècle et début du XIXe siècle, la famille compte plusieurs célèbres oulémas. La famille porte le nom « Malek » à partir du grand-père de Hossein Malek : à l’époque des derniers conflits majeurs entre l’Empire russe et l’Iran (1826-1828), son grand-père, Mohammad-Mahdi Tabrizi, décide de ne (...)


  • Le respect des éléments naturels
    chez les Iraniens

    Sohrâb Ahmadi N° 131, octobre 2016

    Les langues iraniennes sont une branche du groupe des langues indo-iraniennes, lequel est une branche majeure des langues indo-européennes. Le groupe des langues indo-iraniennes se divise en deux branches essentielles : indienne et iranienne. Historiquement, trois périodes d’évolution sont prises en compte pour ces langues : la période ancienne, moyenne, et nouvelle.
    La période ancienne
    Les langues de cette période se constituent avec les premières œuvres des langues iraniennes, c’est-à-dire au (...)


  • Noush-Âbâd au miroir du mois de Moharram

    Marzieh Khazâyi N° 131, octobre 2016

    La spiritualité chiite repose sur l’idée de l’existence, au cours de l’histoire, de personnalités modèles, comprenant aussi bien les prophètes que les Imâms, dont tout croyant doit s’inspirer pour se perfectionner. Précisons que la notion d’Imâm est mentionnée dans le Coran, et n’est pas propre au chiisme. Cependant, elle est comprise selon des modalités distinctes dans le sunnisme. Cet article se focalise sur la définition de l’Imâmat du point de vue du chiisme, ainsi que son rôle dans l’histoire (...)


  • Nouvelles sacrées (XXXIV)
    La conquête de Soussanguerd

    Khadidjeh Nâderi Beni N° 131, octobre 2016

    Au début de l’invasion irakienne, les forces armées de ce pays s’avancent vers l’ouest de l’Iran à partir de plusieurs points d’entrée. Celles qui pénètrent à partir des frontières de Tchazzâbeh arrivent à prendre la région de Bostân pour ensuite menacer la sécurité de la zone de Soussanguerd. Durant les 10 premiers jours d’octobre 1980, l’armée ennemie attaque et menace Hamidieh et Soussanguerd, ainsi que la colline d’Allah-o Akbar, mais ces opérations échouent. Mais le 14 octobre, la ville de Bostân et la (...)


  • Poèmes

    Brumoire N° 131, octobre 2016

    En allant ce matin depuis Téhéran
    Comme quittant le monde qui s’approfondit
    Par son seul mouvement de nos âmes raidies,
    Je me crois le quittant pour de plus clairs courants.
    Large ville, bâtisse d’un empire assourdi
    Dont il reste les bassins pour tout souvenir,
    Je te fuis pour une autre où j’entends hennir
    Un cheval fin et brun acheté dans Cadix.
    Une maison m’attend dans le bord d’un jardin
    Que les eaux de pluie qui remplissent les vases
    Insufflent en fragrances aux vents de Chiraz,
    Où l’on (...)