Noix de Shahmirzâd, province de Semnân.
Photo : Imân Nejâbatkhâh

Le noyer est une espèce d’arbre de la famille des juglandacées. Originaire des régions tempérées et chaudes, les différents types de noyers poussent dans un état sauvage naturel dans l’hémisphère nord, en Asie, en Europe et en Amérique du Nord.

Selon les botanistes, le noyer est vraisemblablement originaire de l’Asie. Certains savants estiment que le noyer serait originaire de Chine, et certains autres attribuent son origine à l’Iran ou à l’Asie Mineure (Turquie).

Le noyer commun dont les fruits sont comestibles est parfois appelé le noyer de Perse, non parce qu’il a poussé pour la première fois en Perse (l’Iran actuel), mais parce que les noyers auraient été cultivés par l’homme d’abord en Iran, avant de se répandre un peu partout dans le monde, sous les climats tempérés.

Ce sont les Grecs anciens qui ont nommé le noyer commun, « noyer de Perse ». En effet, le noyer cultivé a été introduit de Perse en Grèce, dès l’Antiquité. Il a été introduit ensuite en Italie par les Romains. Pourtant, il faut rappeler que contrairement au noyer cultivé, des espèces de noyer sauvage existaient il y a très longtemps en Europe. Par exemple, les savants ont découvert des pollens fossilisés, très anciens, ce qui permet de croire que le noyer existait il y a très longtemps en France avant de tomber dans l’oubli.

Le noyer pousse en pleine lumière. Quand plusieurs noyers poussent trop près les uns des autres, la rivalité pour mieux s’exposer à la lumière est vive, de sorte que ceux qui gagnent peuvent priver les autres d’un rythme normal de croissance. Le noyer est un arbre solitaire qui aime s’isoler des autres plantes. Il est bien armé pour le faire, car il est nocif aux plantes qui pousseraient autour de lui. Les feuilles et les racines du noyer contiennent une substance chimique toxique, appelée « juglon », qui attaque les arbres et les plantes voisins. Si on disait autrefois qu’il ne fallait pas dormir sous un noyer, c’était peut-être à cause du mal de tête provoqué par cette substance toxique qui se dégage du sol et des feuilles de l’arbre.

Le noyer est un arbre solitaire qui aime s’isoler des autres plantes.

Le noyer pousse mieux dans des sols profonds et drainés. Il peut vivre jusqu’à 250 ou 300 ans ou même plus. Il peut atteindre une hauteur maximale de 20 à 30 mètres selon les espèces. Les feuilles sont caduques et ne résistent pas au froid de l’hiver.

Les fleurs du noyer apparaissent au début du printemps, avant que les feuilles de l’arbre ne repoussent. Le fruit du noyer est la noix, une drupe immangeable dont la graine est la noix ; la partie charnue du fruit se sèche et se détache à maturité. Mais si on décortique le fruit, quand il est encore juteux, pour extraire la noix, elle est très salissante, et les mains peuvent en garder les marques noirâtres plusieurs jours. Le noyer commence à produire des noix après 10 ou 15 ans. Le jardinier doit donc être patient. Mais quand un noyer commence à produire des noix, il le fera pendant 200 ans ! Cependant, au bout de 100 ans, sa production de noix faiblit. Au jardinage, la culture du noyer correspond bien à l’adage persan : « Les autres ont planté et nous en avons cueilli le fruit. Nous plantons la récolte pour la postérité ». Les fruits mûrissent à la fin de l’été et au début de l’automne.

Le noyer est un arbre solitaire qui aime s’isoler des autres plantes.

En Iran, les noyers sauvages ne sont ni très rares ni très abondants. Ils poussent un peu partout dans toutes les régions du nord, de l’ouest et du centre. Mais ils sont absents dans le sud et à l’ouest (voir la carte). Cependant, la culture de noyers est bien répandue. Les zones de culture du noyer sont les mêmes où poussent les noyers à l’état sauvage. Selon les statistiques de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), il y a plus de 10 millions de noyers cultivés dans les vergers iraniens.

Dans les années 2010-2013, la production mondiale de noix s’est élevée à environ 2 millions de tonnes par an. Cette moyenne, calculée par la FAO, est donnée à partir des 26 pays producteurs de noix ayant une production significative. Les pays plus gros producteurs sont la Chine, l’Iran, les Etats-Unis, la Turquie, mais seuls les Etats-Unis sont largement exportateurs de noix, tandis que les autres grands producteurs de noix offrent l’essentiel de leurs produits sur leur marché intérieur. L’Iran est donc le deuxième grand producteur de noix dans le monde derrière la Chine et devant les Etats-Unis et la Turquie.

Les dix grands producteurs de noix (source : FAO 2010-2011)

Comme pour beaucoup d’autres produits agricoles, l’Iran possède une très grande diversité de ressources génétiques pour le noyer, étant donné la bonne variété des espèces existantes dans le pays.

Contrairement aux Etats-Unis qui restent en avance sur le plan des procédés biotechnologiques, l’Iran est, au même titre que la Chine, au stade du recensement de ses variétés nombreuses de noyers. Les instituts de recherche et les agriculteurs visent dans leurs prochains programmes à sortir des variétés plus productives, plus tolérantes au gel du début de printemps, ayant un bon rendement de cerneaux (noix mûre tirée de sa coque) et un bon taux d’huile. Dans différentes régions iraniennes, les cultivateurs de noyers travaillent beaucoup, depuis des années, sur l’amélioration de leurs techniques de greffage. En même temps, les centres de recherches agricoles travaillent sur les milieux de cultures nécessaires lors de la multiplication « in vitro » (en laboratoire) du matériel végétal. Les agriculteurs iraniens s’intéressent aussi à la tolérance du noyer au stress abiotique (comme la structure du sol, la teneur en sels minéraux, la salinité, etc.) et à la conservation des cerneaux.

Noyer de Kamân Rostam âgé de 1300 ans

L’Iran, qui a un excellent potentiel au niveau de son germoplasme (banque de matériel génétique), envisage d’initier très prochainement une analyse approfondie de la génétique de ses noyers. En outre, le programme d’amélioration que les cultivateurs iraniens avaient commencé dans les années 1980 porte aujourd’hui ses fruits : à partir de 2010, de nouvelles variétés de noyer, appelées « Jamâl » et « Damâvand » ont été distribuées aux cultivateurs. Ces derniers utilisent aussi cinq autres nouvelles variétés génétiquement améliorées de noyer. En même temps, les centres de recherches continuent leur travail sur six autres nouvelles variétés de noyer.

Les producteurs iraniens portent une attention toute particulière à la qualité nutritionnelle et gustative de leurs variétés de noix : en témoignent les nombreux travaux de recherche sur les compositions en acide gras, en vitamines, en éléments minéraux, en acides aminés et en sucre. Cela apparaît comme un critère important de la sélection des espèces de noyer, au même titre que le rendement ou la résistance des arbres aux maladies.

Noix de Shahmirzâd, province de Semnân

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