N° 89, avril 2013


  • L’artisanat persan et son évolution historique

    Afsaneh Pourmazaheri, Afshin Nasimi N° 89, avril 2013

    La civilisation millénaire persane nous a légué un héritage culturel et artistique riche dans sa diversité et dans sa rareté, et qui constitue aujourd’hui l’identité régionale et historique des habitants de cette vaste contrée orientale. Une partie essentielle de ce legs culturel, aujourd’hui protégé des ravages du temps par sa perpétuation, est constituée par l’art ou plutôt par l’artisanat iranien. L’artisanat doit aujourd’hui son importance à son rôle dans la sauvegarde des pratiques artistiques (...)


  • Le verre soufflé iranien contemporain
    héritier d’un artisanat millénaire

    Mireille Ferreira N° 89, avril 2013

    Né de l’activité volcanique, le verre existe à l’état naturel depuis plusieurs centaines de milliers d’années, en particulier dans l’obsidienne, roche vitreuse riche en silice, que l’homme préhistorique utilisait pour fabriquer outils, armes coupantes et bijoux. Les premiers objets de verre créés par l’homme seraient originaires de Mésopotamie, de Syrie ou d’Egypte. Les plus anciens verres, des sceaux d’ornement, ont été découverts dans le delta de l’Euphrate et datent de 3000 ans avant J.-C.
    La technique (...)


  • Présentation de l’artisanat de l’incrustation (khâtamkâri) en Iran

    Nedâ Dalil N° 89, avril 2013

    Le khâtamkâri est un travail de marqueterie fine et minutieuse dont l’histoire et l’origine demeurent incertaines. Les motifs mathématiques et géométriques constituent le mystère de la merveille et de l’attrait de cet art. Les mathématiques constituent un domaine de connaissances abstraites construites à l’aide de raisonnements logiques sur des concepts tels que les nombres, les figures, les structures et les transformations. Les règles et les disciplines géométriques et mathématiques reposent sur la (...)


  • L’artisanat de l’émaillage (minâkâri) en Iran

    Hoda Sadough N° 89, avril 2013

    L’émaillage ou minâkâri, connu également sous le nom de « miniature de l’incendie » est un des éléments essentiels de l’artisanat iranien. L’émaillage comprend à la fois la peinture, la coloration et l’ornement de la surface de métaux et de tuiles par la fusion de couleurs brillantes, qui sont décorés selon des motifs et dessins finement ouvragés.
    Le terme de minâ est la forme féminine de minou en persan, qui signifie le ciel. Minâ fait ainsi référence à la couleur azur du ciel. L’artisanat du minâkâri tire (...)


  • Artisanats traditionnels de l’Iran :
    la poterie, la tuile émaillée, la céramique
    avant l’islam

    Jamshid Mehrpouyâ
    Traduit par

    Royâ Razzâghi N° 89, avril 2013

    Si l’argile constitue la matière première des objets faits en pâte argileuse, la céramique doit cependant son éclosion, sa renommée et sa survivance aux travaux des artisans qui l’ont ornée avec des couleurs et des dessins splendides. Au début, les objets faits à partir d’argile servaient uniquement à subvenir aux besoins quotidiens des premiers hommes qui s’en servaient pour y mettre leur nourriture. Peu à peu, les progrès survenus dans le domaine de l’art contribuèrent au développement de l’ornement des (...)


  • La mosaïque sur bois (moarragh) en Iran

    Aryâ Aghâjâni N° 89, avril 2013

    Une connaissance, Saideh Moghader, est professeure de moarragh depuis six ans. Elle a appris son art dans un institut spécialisé où elle a étudié pendant trois ans. Nous l’avons interrogée à ce sujet.
    Qu’est-ce que la mosaïque sur bois ?
    C’est un tableau qui est fait avec des chutes de bois de couleurs. Elles sont soigneusement découpées et assemblées pour former un dessin. C’est un travail qui s’inspire de la faïence. La plupart du temps, nous conservons la couleur naturelle du bois. Si cet art est (...)


  • L’artisanat lié à la ciselure ghalamzani en Iran

    Shivâ Vâhed N° 89, avril 2013

    La ciselure consiste à orner et à graver des motifs sur du cuivre, de l’argent, du laiton, etc. Cela consiste donc à créer des lignes et des motifs sur les objets métalliques au marteau et au moyen de burins. Le métal est une matière solide, résistante et malléable. Mou et malléable, le cuivre, premier métal utilisé dans l’art de la ciselure selon les archéologues et les historiens, est d’usage plus courant que d’autres métaux dans cet art. La ciselure est un art précieux dans la culture traditionnelle et (...)


  • De la Révolution islamique à l’artiste révolutionnaire

    Alirezâ Bâghi N° 89, avril 2013

    Une grande partie de l’art islamique est basée sur la narration et le récit du passé. L’objectif est de raconter un événement inscrit dans un déroulement temporel contenant souvent une morale. La narration est omniprésente et indissociable de la communication. La tradition culturelle est fortement prédominante, comme le montre les ouvrages légendaires tels que Le Livre des rois et Les Contes des mille et une nuits. Ces textes nous permettent d’affirmer que l’art et la narration cohabitent depuis (...)


  • Zartousht

    Gilles Lanneau N° 89, avril 2013

    Restons dans la lumière. Cette belle lumière née en Orient, éclairant le monde entier. Et parlons enfin de son chantre idéal, Zarathoustra.
    Commençons par lui donner son nom. Le vrai, l’actuel. Surtout pas Zoroastre ; celui-ci a transité par le grec. Zarathoustra est très ancien, et approximatif. Il évoluera en Zaradousht, Zaratousht, puis Zartousht à ce jour, le seul nom reconnu dans son pays d’origine. Appelons-le ainsi.
    Il serait né au VI ou VIIe siècle avant notre ère. Contemporain ou presque, du (...)


  • Salvador Dali au Centre Pompidou, Paris
    21 novembre 2012-25 Mars 2013
    Questions au sujet d’un artiste clown

    Jean-Pierre Brigaudiot N° 89, avril 2013

    Dali est une figure mythique de l’art du vingtième siècle et ce mythe s’est construit autant sur l’œuvre elle-même que sur le personnage invraisemblable et ses très spectaculaires élucubrations autour de sa méthode paranoïaque-critique.
    Un peintre pompier ?
    Les peintres pompiers ont été désignés ainsi par dérision, vers la fin du dix-neuvième siècle. Bouguereau, Cabanel et Jerôme sont les plus connus, artistes officiels, honorés par l’Académie et œuvrant à de grandes compositions pompeuses dans la ligne du (...)


  • Un regard neutre sur Khayyâm

    Bahâreh Javâheri, Fâtemeh Kalhor N° 89, avril 2013

    Khayyâm, le poète, le philosophe, le mathématicien et l’astronome
    Un amateur de livres demanda un jour à un libraire de Londres : "Quel est le livre le plus vendu en Angleterre ?" Le libraire réfléchit un instant, puis répondit : "La Bible." L’autre demanda à nouveau : "Après la Bible ?" Cette fois, la réponse fut prompte : "Les Quatrains de Omar Khayyâm."
    Et c’est Fitzgerald qui, en Occident, fit entrer dans la lumière le nom d’Omar Khayyâm, "poète du vin, libre-penseur et astronome de génie". Durant (...)


  • L’Iran idéal dans la pensée poétique de Théophile Gautier

    Majid Yousefi Behzâdi N° 89, avril 2013

    L’attrait fascinant de l’Orient était conçu par certains poètes français comme le symbole de la vivacité et de la nouveauté. Le mysticisme oriental était également utilisé pour leurs productions artistiques, notamment au travers de l’idée selon laquelle la poétisation de la nature constituait une pierre de touche de l’élévation spirituelle.
    Parmi ces poètes, certains parnassiens comme François Coppée et Leconte de Lisle subirent plus fondamentalement l’influence de l’Orient dans l’idée d’être le porte-parole (...)


  • Regard sur Je ne suis pas un moineau de Mostafâ Mastour

    Somayeh Dehghân Fârsi N° 89, avril 2013

    Chercheur, traducteur, poète et écrivain, Mostafâ Mastour est né en 1964 à Ahvâz. Sa carrière littéraire commence en 1990 lorsqu’il publie sa première nouvelle publiée dans la revue Kiyân. En 2002, il traduit également des écrits de Raymond Carver, dont Des Enveloppes et La Distance. Aujourd’hui, avec plus d’une douzaine de nouvelles et romans, il est l’un des écrivains majeurs de la littérature persane contemporaine. Sa préoccupation principale est de dépeindre la douleur humaine et de contribuer à la (...)


  • Roseraie

    Sohrâb Sepehri
    Adapté du persan par

    Sylvie M. Miller N° 89, avril 2013

    Quels vastes prés, quelles montagnes,
    Quelle odeur d’herbe !
    Dans ce paradis, j’étais en quête d’un rêve,
    D’un sourire, d’une lumière, d’un destin
    Intacte, derrière les peupliers, une insouciance m’appelait
    Je m’arrêtai à des roseaux
    Le vent soufflait,
    J’écoutai : Quelqu’un me parle ?
    Un lézard fit un mouvement
    Je repris la route, un champ
    De luzerne tout au bout,
    Puis un carré de concombres,
    Des terres incultes aux tons fleuris
    Puis la poussière et l’oubli
    Près d’un point d’eau,
    Je retirai mes (...)


  • Massoud Sa’ad Salmân,
    poète de la prison et de l’amertume

    Arefeh Hedjazi N° 89, avril 2013

    D’aucuns poètes, d’aucuns hommes n’ont rien de prometteur, ou pas grand-chose, avant qu’une épreuve ne les révèle ou qu’ils ne soient jetés, contre leur gré, sur la scène. Parmi les poètes classiques panégyristes de l’Iran, certains se font remarquer en raison de particularités poétiques ou biographiques singulières. Massoud Sa’ad Salmân est l’un de ces poètes. De naissance noble, héritier d’une grande famille d’administrateurs, plusieurs fois gouverneur et administrateur, poète de cour, homme de guerre, il fut (...)


  • Poèmes de Rezâ Tchaîchi

    Traduits par

    Bâbak Sâdegh Khândjâni N° 89, avril 2013

    Papier
    Plié
    froissé
    sous la pluie
    il s’ouvre
    dans l’obscurité
    comme une fleur blanche.
    كاغذ
    تا خورده
    مچاله
    زیر نم نم باران
    در تیرگی
    باز می شود
    چون گلی سپید .
    ***
    Rencontre
    Remplis tes poches
    de l’aube et du soleil
    quand tu vas à la rencontre de celui
    qui t’attend
    dans les profondeurs de la nuit.
    ديدار
    جیب هایت را پر کن
    از سپیده و آفتاب
    وقتی به دیدار کسی میروی
    که در گودترین جای شب
    به انتظار تو است.
    ***
    Poème
    Je mets la lumière dans des paquets embaumés
    et je les envoie
    à l’adresse des cœurs
    où aucune lampe ne brûle
    شعر
    نور (...)