N° 41, avril 2009


  • La gendarmerie nationale d’Iran

    Rezâ Bastâmi
    Traduit par

    Babak Ershadi N° 41, avril 2009

    Au début du XXe siècle, pendant les premières années du mouvement constitutionnaliste, la nécessité de l’existence d’une force militaire centralisée, puissante et efficace, capable d’assurer l’autorité du gouvernement central sur l’ensemble du territoire se fit ressentir. Cependant, les premières initiatives pour former une telle force échouèrent, jusqu’à ce que les évolutions politiques de l’époque de la révolution constitutionnelle révèlent l’urgence de la formation d’une « organisation militaire fiable ». (...)


  • La gendarmerie et les puissances étrangères

    Rezâ Bastâmi
    Traduit par

    Babak Ershadi N° 41, avril 2009

    Les Britanniques
    La Grande-Bretagne a soutenu, dès le début, l’idée de la création d’une gendarmerie nationale en Iran. En réalité, les Britanniques souhaitaient que cette organisation militaire joue le rôle d’un contrepoids face à l’influence de la Russie sur la Brigade des cosaques.
    Les officiers suédois avaient une confiance totale dans les Britanniques et n’avaient pas compris tout de suite les intentions du gouvernement de Londres. Au départ, le colonel Hjalmarson se rendit tous les jours à (...)


  • La modernisation de la police (nazmieh) sous la dynastie qâdjâre

    Hoda Sadough N° 41, avril 2009

    Les Qâdjârs régnèrent sur l’Iran de 1786 à 1925. Confrontés depuis le XIXe siècle aux ambitions territoriales des grandes puissances, cette période fut marquée par des crises constantes, un déclin économique, une augmentation de l’ingérence étrangère, ainsi que la concession de monopoles à la Russie et la Grande-Bretagne. Elle évoque en général l’image de souverains peu respectueux des intérêts nationaux qui, pour satisfaire leurs désirs mondains, n’hésitaient guère à dilapider les biens communs et les recettes (...)


  • L’armée et la révolution de 1979

    Djamileh Zia N° 41, avril 2009

    Le 18 avril est le Jour de l’armée en Iran depuis 1979. Il y a trente ans, l’armée iranienne a réprimé les manifestations populaires qui avaient débuté plus d’un an avant la victoire de la révolution, tandis que parallèlement, la désertion des soldats était de plus en plus importante. Ces derniers refusaient de tirer sur les manifestants alors que l’opposition des Iraniens face au régime du Shâh prenait de l’ampleur. Le 11 février 1979, l’état major de l’armée déclara officiellement sa neutralité, et (...)


  • La tour Milâd cache… un secret

    Esfandiar Esfandi N° 41, avril 2009

    Aujourd’hui, dans le nord-ouest de Téhéran, on voit une grande, grise, mais majestueuse tour qui pointe le bout de son antenne de télécommunication vers le ciel, vers l’au-delà du smog, à la recherche de quelques atomes blancs d’oxygène. La tour Milâd est depuis peu opérationnelle. On peut s’y rendre, se promener dans ses alentours (l’Hôpital Milâd et l’Université de médecine d’Iran), et les chanceux qui auront pris soin de s’inscrire sur la longue liste d’attente peuvent même espérer visiter la partie (...)


  • L’emprunt : "la solution désespérée" de la traduction ?

    Khadidjeh Nâderi Beni N° 41, avril 2009

    Selon Mohammad-Rezâ Bâteni, l’emprunt est avant tout un phénomène social. C’est le reflet de l’influence culturelle d’une société sur une autre. Les relations économiques, politiques et culturelles entre les communautés favorisent les échanges linguistiques entre les Etats, notamment au travers des échanges culturels, des congrès, des revues, etc, occasionnant l’entrée des éléments d’une langue dans une autre.


  • L’Iran de Gobineau à travers
    "Les Nouvelles Asiatiques"

    Mahboubeh Fahimkalâm N° 41, avril 2009

    Au cours de l’Histoire, des mobiles divers ont incité des Occidentaux à porter leur regard vers la Perse ; les difficultés du voyage n’empêchant pas les aventuriers ni les commerçants d’entamer le long chemin qui devait les mener vers ce pays. Parmi ces voyageurs, il y eut Joseph Arthur de Gobineau, envoyé par Louis Napoléon Bonaparte. Pendant son séjour, Gobineau, enchanté du dépaysement, curieux de tout ce qu’il voit, et attentif aux mœurs et aux paysages iraniens, écrit sur l’Iran. Trois ans en Asie, (...)


  • Le kotéba de la jeune mariée

    Odile Puren N° 41, avril 2009

    Dans notre dernier article, nous avons parlé du kotéba, un théâtre traditionnel bambara. Lorsqu’il est joué à l’occasion d’un mariage, il porte le nom de konyomoussokoté. Nous vous proposons de découvrir le rôle du kotéba de la jeune mariée.
    Le konyomoussokoté, encore appelé le kotéba de la jeune mariée a surtout pour objectif de dicter à la jeune mariée la conduite qu’elle doit désormais adopter dans la communauté qui l’accueille. A cet effet, deux sketches sont joués :
    Le premier met en scène une femme (...)


  • La berceuse iranienne, une littérature féminine

    Gadamali Sarâmi, Mahnâz Rezaï N° 41, avril 2009

    Dans toutes les cultures, la berceuse signifie un chant que la mère ou la nourrisse chante pour calmer l’enfant dans son berceau, avec certaines caractéristiques que nous allons évoquer. Nous pouvons notamment distinguer trois aspects : un aspect poétique (du point de vue du contenu, du rythme et de la rime), la musicalité (la berceuse est souvent chantée), et enfin un aspect que l’on pourrait qualifier de "théâtral" dans le but de créer des liens avec l’enfant. La berceuse est accompagnée de la voix, (...)


  • Albert Camus et la question de Dieu
    Un regard sur la crise du sens dans l’œuvre camusienne

    Rouhollah Hosseini N° 41, avril 2009

    "Notre raison a fait le vide. Enfin seuls, nous achevons notre empire sur un désert (…) Nous tournons le dos à la nature, nous avons honte de la beauté. Nos misérables tragédies traînent une odeur de bureau et le sang dont elles ruissellent a couleur d’encre grasse". Tiré de L’été, cet extrait fait bien part de cette sensibilité précisément moderne, qui se fait remarquer par la description d’un monde frappé de vide, une sensibilité absurde qu’on trouve éparse dans l’époque où vit son auteur. L’œuvre et la (...)


  • L’histoire de la littérature persane
    des trois premiers siècles de l’hégire lunaire (I)

    Mahnâz Rezaï N° 41, avril 2009

    La littérature persane, vieille de mille cents ans, pratique tous les genres : poétique, didactique, narrative, tazkira (recueil de biographies), dramatique, épique... et compte parmi l’une des plus riches littératures du patrimoine mondial. L’étude de l’histoire de cette littérature, au sens strict du mot, telle que nous l’étudions aujourd’hui en tant que science ou discipline universitaire, n’existait pas en Iran avant le XIXe siècle. Seuls certains poètes inséraient dans leurs tazkira les récits de (...)


  • Le style d’André Gide dans La symphonie pastorale

    Balout Âzâdeh N° 41, avril 2009

    Grand maître du roman contemporain, André Gide a notamment contribué à renouveler l’analyse psychologique par la profondeur de ses enquêtes, dont il est parfois lui-même le sujet. Il reçut une éducation sévère et grandit dans une atmosphère religieuse stricte, entre un père protestant et une mère catholique. Gide a écrit de nombreuses œuvres autobiographiques telles que Si le grain ne meurt, L’immoraliste, ou encore son Journal. L’une d’entre elles, intitulée La Symphonie Pastorale - titre inspiré de la (...)


  • Entretien avec le Dr. Behzâd Ghareyâzi

    Zaynab Sadaghiân N° 41, avril 2009

    Né en 1960, le Dr. Behzâd Ghareyâzi est titulaire d’un doctorat en génétique. Lui et son équipe ont mis au point pour la première fois dans le monde un riz résistant à la pyrale (qui est un parasite du riz) en collaboration avec l’Institut International de Recherche Rizicole (IRRI). Le Dr. Ghareyâzi est l’un des fondateurs de l’Institut de Recherche en Biotechnologie Agricole en Iran. Il est également membre du Public Research and Regulation Initiative (PRRI). Il a participé à de nombreux colloques (...)


  • Comparaison de deux peintures de guerre*

    Djamileh Zia N° 41, avril 2009

    La conférence qu’Alice Bombardier a donnée le mardi 17 février 2009 à l’Institut Français de Recherche en Iran (l’IFRI) avait pour thème la comparaison de deux peintures de guerre élaborées à deux époques différentes, dans deux contextes culturels différents : la fresque que Nâsser Palangi a peinte sur l’un des murs de la mosquée de Khorramshahr quelques semaines après la libération de cette ville en 1361 du calendrier iranien (1982), et le tableau qu’Otto Dix avait composé une dizaine d’années après la fin de (...)


  • "Le réel est idiot"
    Entretien avec Clément Rosset, philosophe et écrivain français

    Afsaneh Pourmazaheri, Farzâneh Pourmazâheri N° 41, avril 2009

    Clément Rosset (Carteret, France, 1939) compte parmi les philosophes et essayistes qui se sont le plus distingués lors de ces dernières décennies. Après avoir étudié à l’Ecole Normale Supérieure, où il fut l’étudiant de Louis Althusser et Jaques Lacan, il obtint l’agrégation de philosophie en 1965. Il a enseigné la philosophie durant les deux années suivantes à l’Université de Montréal avant de s’installer à Nice, où il a également enseigné la philosophie jusqu’à sa retraite vers la fin des années 1990. Eloigné (...)


  • Questionnement

    Le luth fou (Épisode n° 14)

    Vincent Bensaali N° 41, avril 2009

    Les après-midi et les longues soirées à la maison de thé s’écoulent paisiblement. Dès lors que l’on quitte la rue commerçante et emprunte l’escalier à peine visible qui descend sous une boutique de vêtements, on change d’époque, on oublie les efforts que l’on fait, juste au-dessus, pour paraître, pour briller, pour rejoindre le troupeau mondialisé… On oublie les rues encombrées, la pollution, l’agitation autour des maisons mères des grandes banques toutes proches… Là, dans cette caverne ouverte sur le présent (...)


  • Le Nouvel An (Norouz) chez les zoroastriens de Yazd

    Bahman Morâdiân N° 41, avril 2009

    Les fêtes iraniennes traditionnelles, liées aux événements historico-mythologiques, ont traversé les différentes époques pour parvenir jusqu’à nous. Elles sont si anciennes que l’on peut y retrouver, dans la plupart d’entre elles, les éléments naturels que sont l’eau, la terre, le feu et les plantes.
    Dans son livre, Mohammad Tabari évoque l’une de ces fêtes iraniennes du début de la conquête de l’Islam. Son récit, qui date de l’année 32 A.H. (7e siècle de l’ère chrétienne) s’intitule "La paix entre Ahnaf et (...)


  • Quelques poèmes de Thierry Cabot

    Thierry Cabot N° 41, avril 2009

    Thierry Cabot est né le 30 mars 1958 à Toulouse. Sa passion pour les mots l’a poussé très tôt vers l’écriture poétique dans laquelle il a vu un moyen d’expression privilégié susceptible d’entrer en résonance avec les thèmes éternels qui forment la trame de notre "humaine condition". Paul Guth à qui, en 1982, il avait adressé quelques-uns des poèmes réunis dans cet ouvrage, lui avait, par retour de courrier, écrit avec plein d’enthousiasme ...


  • Une plante en quarantaine*

    Bijan Nâdji
    Traduit par

    Arefeh Hedjazi N° 41, avril 2009

    Tâher avait beau réfléchir, il ne comprenait pas pourquoi l’homme vêtu de blanc voulait lui regarder la plante des pieds. Il enleva pudiquement ses chaussures et ses chaussettes et se souvint, en voyant les minces os de ses chevilles, des si nombreuses sangsues qui s’y agrippaient dans les champs d’olivier, et du sel dont il devait se frotter les chevilles pour qu’elles se détachent.
    L’homme en blanc dit :
    "Montre tes pieds… C’est ça… L’autre pied maintenant…. C’est bien… Maintenant, va te peser." (...)


  • L’envol de Pariâ

    Soghrâ Agha-Ahmadi
    Traduit par

    Shahrzâd Mâkoui N° 41, avril 2009

    Le soleil ne s’était pas encore levé lorsque la fillette vint sur le balcon et s’assit sur un tabouret près du barreau. Elle plia ses doigts. Main entrouverte, nid confortable. Elle mit quelques grains de blé dans la paume de sa main qu’elle fit passer à travers les barreaux du garde-corps qui donnait sur la rue. Comme d’habitude, la femme avait laissé la garde de la fillette à la voisine d’en dessous et elle était partie travailler. Et comme d’habitude, la voisine était sortie avec d’autres voisines. (...)


  • L’art iranien
    L’art de la période achéménide

    Au Journal de Téhéran

    N° 41, avril 2009

    Conférence faite au Musée de Téhéran
    par Mr. le docteur Reza-zadeh Chafagh
    Professeur à l’Université et membre de l’Académie Iranienne
    (Notes prises et traduites par P. Behnam)
    7 Farvardin 1318
    28 Mars 1939
    Je vais vous parler aujourd’hui des monuments de l’époque achéménide, non pas du point de vue de leur technique, mais du point de vue de la place qu’ils occupent dans l’histoire et la civilisation de notre pays. Je vais vous montrer des pierres qui parleront à vos âmes d’une civilisation qui a été (...)


  • La moutarde des champs & l’hirondelle rustique

    Mortéza Johari N° 41, avril 2009

    La moutarde des champs
    Nom scientifique : Sinapis arvensis
    Nom persan : Khardel-e Biâbâni
    La moutarde des champs est une plante herbacée et annuelle hispide d’une longueur de 10 à 50 cm. Sa tige est dure et rameuse. Ses feuilles sont relativement grandes et couvertes de poils rebroussés. Les fleurs jaunes doré aux sépales jaunâtres ont des pétales de 15 mm de long. La saison de floraison est de février à mai. Elle pousse dans les champs, en montagne et au bord des routes. On peut également la voir (...)