N° 27, février 2008

Au Journal de Téhéran

Les progrès culturels de l’Iran


A.G. E’tessâm-Zâdeh




5 Bahman 1316
25 Janvier 1938

L’Académie Iranienne

L’Académie Iranienne, récemment fondée par ordre impérial, s’occupe activement de l’épuration de la langue persane : elle adopte certains mots étrangers devenus d’usage courant, tels que docteur, microbe, mine (dans le sens de mine sous marine), elle remplace certains autres mots par des mots choisis avec soin. Mais au cours de l’année 1358 (1937), elle a commencé un travail de longue haleine : à l’instar de l’Académie Française, elle est en train de composer son Dictionnaire.

Le Dictionnaire de l’Académie sera un vade-mecum complet de la langue courante et de celle qui, dans quelques temps, épurée de tout mot étranger ou d’emploi inutile, deviendra la langue officielle de l’Empire. Comme nous l’avons déjà mentionné plus haut, l’Académie ne vise nullement à bannir tous les mots étrangers (arabes ou européens), car ce serait non seulement presque impossible puisque des mots tels que samovar, docteur, doroshké, estekan, télégraphe, téléphone, automobile, etc. ont acquis déjà leur naturalisation par une physionomie purement iranienne, mais ce serait encore une tâche ingrate et quasiment inutile. Par contre, il y a des quantités de mots étrangers qui n’ont pas leur raison d’être chez nous puisque nous avons des équivalents plus harmonieux soit dans la langue courante, soit dans les dialectes en usage dans nos diverses provinces.

Notre jeune Académie qui avait 24 membres en 1314, a élu trois nouveaux membres en 1315. Elle a an outre cinq membres correspondants dont M. le professeur Henri Massé et M. le professeur Arthur Christensen, élus en 1315.

La presse et les livres

Avant la brillante époque actuelle, tous les livres publiés en Iran depuis les temps les plus reculés ne dépassaient pas le nombre de 6000. Nous parlons bien entendu des ouvrages d’une certaine valeur. Depuis quelques années, l’éducation a fait de tels progrès que les ouvrages nouveaux paraissent annuellement par centaines et parmi ces derniers, on en trouve qui sont des chefs-d’œuvre. A titre comparatif, disons qu’en 1935 il a été publié en Suisse 1925 ouvrages nouveaux, en Turquie, au cours des six premiers mois de l’année, 828 Or, en Iran, au cours de cette année 1315, on a déposé à la bibliothèque de l’Instruction publique 924 volumes d’œuvres nouvellement composées. Parmi ces dernières, il y a beaucoup de traductions d’ouvrages littéraires ou techniques étrangers.

Il convient d’ajouter à ces chiffres 275 pièces de théâtre.

La Bibliothèque Nationale

La bibliothèque de l’Instruction Publique, devenue dernièrement "Bibliothèque Nationale", possédait 16 306 volumes en diverses langues. En 1315, elle a fait l’acquisition de 1763 nouveaux volumes. En outre, S.M.I. le Shâhînshâh ayant ordonné que les livres imprimés et les ouvrages en double exemplaire de la bibliothèque impériale soient transférés à la Bibliothèque Nationale, cette dernière va s’enrichir sous peu de 15 000 volumes d’un seul coup.

Disons, pour clore cet exposé, qu’il se publie en Iran 45 journaux et 23 revues, qu’il existe 192 maisons d’édition, 247 librairies, 145 imprimeries dont 15 lithographies, 36 salles de lecture, 20 sociétés littéraires, et artistiques, 16 théâtres, 45 cinémas et 1694 clubs sportifs ou organisations d’éclaireurs.


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