N° 118, septembre 2015

Nouvelles sacrées (XXI)
La région de Bâziderâz


Khadidjeh Nâderi Beni


Forces iraniennes durant l’opération Bâziderâz

Bâziderâz est une région montagneuse qui se situe à l’intérieur d’un triangle formé par Ghasr-e Shirin, Sar Pol-e Zahâb et Guilân-e Gharb dans la province de Kermânshâh. Les montagnes de Bâziderâz comportent plusieurs sommets qui dépassent pour la plupart 1000 mètres d’altitude. Avec le commencement de la guerre irano-irakienne, l’armée ennemie arrive à s’emparer de la région sans aucune résistance de la part de l’Iran. Elle y établit ensuite une base militaire et une route asphaltée sur 6 km. Ainsi, dès le début de la guerre, l’Irak établit sa domination sur la région de Bâziderâz, ce qui représente alors une véritable menace pour l’intégralité et la sécurité de la région et toute la partie ouest du pays.

Le lendemain de l’occupation et pour faire face à une telle menace, les combattants iraniens lancent une attaque contre les occupants, mais ils échouent à reprendre les terres occupées. L’Irak prolonge la présence de ses forces militaires dans cette région pendant près de vingt mois. Néanmoins, il ne parvient pas à remettre en cause la stabilité et la sécurité des villes iraniennes alentour. En outre, s’occupant des fronts sud et sud-ouest et disposant d’un arsenal militaire limité, l’Iran n’a pas les moyens de lancer des offensives contre les troupes irakiennes installées dans cette région. Toutefois, durant cette période, les militants iraniens effectuent plusieurs opérations de reconnaissance afin de rassembler des informations concernant la géographie de la région et les positions de l’ennemi.

Le 20 avril 1981, l’opération Bâziderâz [1] , planifiée et effectuée conjointement avec le Sepâh et l’armée iranienne, est lancée ; elle vise à mettre fin à la longue présence irakienne sur ce territoire. Les combats se prolongent pendant huit jours. Pendant cette période, les forces iraniennes parviennent à s’avancer vers certains objectifs prévus ; les conquêtes ne sont néanmoins pas considérables : les unités opérationnelles irakiennes bénéficient d’appuis à la fois aériens et terrestres. Suite à la résistance farouche de l’armée irakienne, les troupes iraniennes quittent d’urgence leurs positions. Elles arrivent tout de même à prendre le contrôle de certains sommets stratégiques. Durant cette opération, le grand commandant de l’armée iranienne, Ali-Akbar Shiroudi1, tombe en martyr.

Quatre mois plus tard, les commandants iraniens se rendent compte de l’existence d’opérations clandestines de l’armée irakienne visant à menacer la sécurité de Ghasr-e Shirin et Sar pol-e Zahâb. On décide alors de prendre des mesures nécessaires pour lancer une nouvelle opération en vue de chasser les forces irakiennes hors de cette région. A l’encontre de l’opération Bâziderâz 1, cette nouvelle opération est effectuée dans une zone opérationnelle très étendue comprenant les hauteurs de cette région montagneuse. En outre, un bon nombre d’unités terrestres du Sepâh et une troupe blindée de l’armée sont engagées ; durant l’accomplissement de l’opération, les unités opérationnelles bénéficient de l’appui aérien fourni par les hélicoptères de la force aérienne de l’armée.

Selon la carte de l’opération, les offensives sont lancées par trois axes : 1) l’axe nord visant à prendre le contrôle des sommets de Kourmoush, 2) l’axe central visant à prendre le contrôle des sommets de Boneh et Dastak, 3) l’axe sud visant à s’emparer des sommets 1150 et 1100. Le 2 septembre 1981, l’opération Bâziderâz 2 est entamée et se prolonge cinq jours. Outre la libération des terres occupées, l’Iran parvient à affaiblir la puissance militaire de l’ennemi. Il est à ajouter que suite à cette offensive surprise, des forces spéciales irakiennes qui étaient installées sur les bords de la rivière de Bahmanshir en vue de participer aux prochaines attaques contre Abâdân quittent leurs positions et se hâtent vers la région de Bâziderâz. Mais après une défaite humiliante, elles sont contraintes de quitter le champ de bataille, ce qui fournit aux combattants iraniens une occasion favorable pour briser le siège d’Abâdân le 20 septembre 1981. [2]

Durant les cinq jours de l’opération, les troupes iraniennes parviennent à atteindre l’ensemble des objectifs prévus, dont voici les plus importants : 1) l’Iran réussit à établir sa domination sur l’ensemble des hauteurs stratégiques de la région ; 2) plus de 1500 soldats irakiens sont tués ou blessés ; 3) les unités 3 et 39 de l’infanterie irakienne sont complètement anéanties ; 4) toutes les troupes installées dans la région de Bâziderâz sont dispersées ; 5) sept avions, cinq hélicoptères, des dizaines de chars et de véhicules, ainsi que beaucoup d’autres équipements militaires de l’armée irakienne sont détruits.

Forces iraniennes durant l’opération Bâziderâz

Source :
- Amiriân, Mohammad, Seyri dar târikh-e djang-e Irân-Arâgh (Aperçu sur l’Histoire de la guerre Iran-Irak), 5 vol., Téhéran, Centre des études et recherches de la Guerre, 1367/1988.

Notes

[1Né en 1955 à Tonkâbon, dans la province de Mâzandarân. Commandant et pilote de la force aérienne de l’armée iranienne.

[2Voir notre article « La fin du siège d’Abâdân » publié in La Revue de Téhéran, n° 104, juillet 2014, consultable sur : http://www.teheran.ir/spip.php?article1918


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