N° 106, septembre 2014

Le géotourisme et les attractions
naturelles de la province de Hormozgân


Zahrâ Moussâkhâni


La forêt de mangrove (harrâ) de l’île de Qeshm

La province de Hormozgân fait partie des zones touristiques majeures de l’Iran et se distingue notamment pour ses attractions naturelles telles que ses forêts uniques de mangrove, ses plages de sable et de rochers, ou encore ses dômes de sel. Le climat à la fois chaud et humide de cette province contribue à la richesse de sa flore dont nous présentons ici les principaux aspects.

La zone protégée de harrâ

La province de Hormozgân est située sur une bande de végétation tropicale de l’hémisphère nord. L’une des caractéristiques climatiques de cette bande de végétation, qui traverse, du sud-ouest au sud-est de l’Iran, les provinces de Boushehr, Hormozgân et Sistân-va-Baloutchistân, sont ses faibles précipitations et l’évaporation annuelle. La végétation de Hormozgân prend cependant différents visages sous l’effet du changement climatique et du type de sol. La mangrove (harrâ en persan) est l’un des types de végétations du Hormozgân, biosystème végétal rare qui pousse dans des conditions particulières, dans les eaux côtières et qui héberge l’un des écosystèmes les plus délicats et complexes au monde. Ainsi, les palétuviers de la famille des Avicenniaceae qui constituent les mangroves iraniennes sont des écosystèmes caractéristiques de cette zone pseudo-tropicale, en particulier dans l’île de Qeshm, dans le détroit d’Ormuz, dans l’océan Indien à l’est, et sur la côte du Makrân (la mer d’Oman) ainsi que sur celles du port de Gwadar. Cette famille a été baptisée en l’honneur d’Avicenne. [1]

Les forêts de mangrove sont des écosystèmes bien spécifiques dont les communautés végétales et animales peuvent se former selon des conditions bien précises. Les forêts de mangroves situées dans le sud de l’Iran sont de deux types principaux, mais comme nous l’avons évoqué, l’espèce la plus répandue est l’Avicennia marina qui se trouve dans la zone protégée de Harrâ. Les marées quotidiennes jouent un rôle important dans l’organisation de la diversité de l’écosystème de cette zone.

La forêt de Harrâ s’étendant sur le détroit de Khourân, entre l’île de Gheshm et le port de Khamir, est considérée comme une zone protégée depuis 1973. Cette zone compte deux types de réserve de biosphère. [2] Elle constitue notamment un habitat important pour les oiseaux migrateurs lors de la saison froide, ainsi que pour les reptiles, les poissons, et diverses variétés d’arthropodes et de bivalves. Des tortues vertes et des serpents venimeux aquatiques vivent également dans les forêts. La forêt accueille aussi des oiseaux comme les hérons, les flamants, les pélicans et les aigles pêcheurs. Ces forêts fournissent également des conditions particulièrement favorables pour la reproduction de poissons dans le golfe Persique.

La zone protégée de Geno

Située au nord-ouest de Hormozgân à une distance de 30 km de Bandar Abbâs, cette zone a été baptisée en raison de sa proximité avec la montagne de Geno, qui est le deuxième plus haut sommet de la région après Fâreghân. En comparaison avec le climat chaud de Bandar Abbâs, cette région jouit d’un climat relativement doux et a pour cette raison des caractéristiques écologiques singulières. Elle dispose de ressources conséquentes, dont d’importantes sources qui fournissent de l’eau pour la faune et la flore en toutes saisons. Les sources d’eaux chaudes de Geno ont des propriétés thérapeutiques qui en font un lieu attractif fréquenté par les habitants de la côte.

Figuier de l’île de Kish dont l’ancienneté est estimée de 500 à 600 ans

Les sources d’eaux chaudes

En raison de sa situation géologique particulière, la province de Hormozgân compte plusieurs sources d’eau minérale et d’eau chaude dont les plus importantes sont celles de Geno, Khorgo, Khamir, Tchastâneh, Sorkhân et Ma’douniyeh. Les sources d’eaux chaudes sont utilisées par les Iraniens notamment pour guérir les rhumatismes, le lymphatisme, l’asthme et les maladies de peau. Ces sources contiennent en effet des eaux chlorurées, sulfureuses et sulfato-chlorurées dont chacune a des propriétés thérapeutiques propres. A titre d’exemple, les eaux sulfureuses sont reconnues comme permettant de soigner les voies respiratoires, les voies urinaires, les maladies de l’appareil digestif, les affections cardio-artérielles, les infections dermatologiques et les affections rhumatismales.

La forêt de mangrove (harrâ) de l’île de Qeshm

Le géoparc de Qeshm et les dômes de sel

Les dômes de sel constituent des paysages géologiques singuliers. A leur côté, la diversité remarquable des carrières et grottes de sel constitue l’une des attractions touristiques naturelles majeures de cette province. Le géoparc de Gheshm comprend l’une des plus grandes grottes de sel du monde. Le géoparc qualifie une zone englobant un ou plusieurs sites d’importance scientifique, non seulement pour des raisons géologiques mais aussi en vertu de sa valeur archéologique, écologique ou culturelle. Il s’étend donc sur une vaste zone aux limites clairement définies et comprend en son sein plusieurs phénomènes géologiques remarquables. Le géoparc de Qeshm, géré conjointement par l’UNESCO et les autorités iraniennes, possède une superficie de plus de 1500 km2 et se situe sur le côté ouest de l’île, entre des latitudes de 55° 44• 28• et 55° 44• 44• est et des longitudes de 26° 44• 62• et 26° 35• 00• nord. C’est une zone linéaire limitée à l’est par l’axe Tabl-Salakh, à l’ouest par l’axe Gouri-Kani, au nord par la côte nord et au sud par la côte sud. En tant que seul site de ce genre au Moyen Orient, le géoparc de Gheshm a été enregistré comme faisant partie du Réseau mondial des géoparcs (GGN) à Paris le 21 mars 2006.

Oiseaux dans la zone protégée de harrâ

En outre, les dômes de sel au sud-ouest de l’île constituent l’essentiel du relief de l’ouest de la province. Les dômes de sel se forment lorsque le sel situé en profondeur est poussé vers la surface par le poids des roches qui l’entourent. Le dôme de sel de Syâhu est l’un des plus connus de la région. Il s’étend sur une distance de 3 km au nord-ouest de Syâhu, à Bandar Abbâs, où les grottes de sel sont très profondes. Le dôme de sel de Syâhu contient des réserves importantes de sel utilisées dans l’industrie chimique. Comparé aux autres dômes de la province, il renferme des paysages uniques dont une cascade de sel, ou encore des stalactites de forme variée formant de grandes colonnes de sel.

Grotte de sel de Namakdân, Qeshm

Notes

[1Outre ses activités dans les domaines philosophique et médical, Avicenne est également considéré comme étant le père de la botanique iranienne.

[2Le Programme sur l’homme et la biosphère (ou Programme MAB) est un projet de l’UNESCO qui a pour objet d’associer, selon une approche unifiée, les préoccupations de protection de la nature et celles de développement des populations et économies locales. Il a été initié en 1968 et créé officiellement en 1971.


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