N° 126, mai 2016

Nouvelles sacrées (XXIX)
Les femmes et la Défense sacrée
(3ème partie)


Khadidjeh Nâderi Beni


Chaque femme occupe plusieurs places dans la société et au sein du foyer familial : elle peut être à la fois épouse, mère, sœur ou fille. De ce fait, les femmes jouent un rôle non négligeable dans l’histoire et la vie culturelle de leur pays. C’est le cas de la guerre Iran-Irak à laquelle les femmes iraniennes ont participé activement. De même, dans la période d’après-guerre, on peut voir le rôle décisif des femmes dans la sauvegarde et la propagation de l’histoire de la Défense sacrée.

Depuis la fin de la guerre, de nombreuses fondations ont eu pour mission d’enregistrer et de propager les événements de la guerre. Ceci a conduit à la parution d’un grand nombre d’ouvrages dans les champs littéraire et artistique présentant des informations précises sur les huit années de la guerre. Il est à souligner que la littérature de la Défense sacrée, baptisée également « littérature de résistance » et présente dans différents genres littéraires, a connu un important développement durant ces quinze dernières années. Une grande partie de cette littérature est féminine : elle inclut des productions de femmes, et le thème principal y tourne autour du rôle des femmes dans la Défense sacrée. Nous pouvons distinguer trois groupes de femmes : 1) les femmes appartenant à la famille proche des martyrs (mère, épouse, sœur, etc.) 2) les femmes qui ont été directement touchées par la guerre, notamment celles vivant dans les zones frontalières du sud et du sud-ouest, et qui ont dû quitter leur maison à cause da la guerre ; des combattantes qui ont directement participé aux combats sur les différents fronts ; des femmes secouristes, des infirmières, des médecins, des photographes, etc. ; 3) les femmes de la nouvelle génération qui, même si elles n’ont pas vécu directement la guerre, ont joué un rôle décisif dans la propagation des valeurs de la Défense sacrée.

Dès les premiers jours de la guerre, on peut voir l’apparition de poèmes, slogans et chansons épiques. Avec le temps, la poésie de guerre se poétise de plus en plus et de nos jours, elle est produite sous diverses formes poétiques : lyrique, épique, etc. Parmi les poétesses les plus connues, on peut citer les noms de Sepideh Kâshâni [1], Tâhereh Saffârzâdeh [2], Simin Dokht Vahidi [3] et Fâtemeh Râke’i [4].

Selon les données statistiques, il existe plus de 170 ouvrages en prose dont le thème principal tourne autour du rôle des femmes dans la guerre. Une quarantaine de ces ouvrages sont l’œuvre de femmes qui ont vécu la guerre (les frontalières, les combattantes, les infirmières, etc.). En outre, il faut donner une place importante aux textes basés sur les souvenirs et les propos des survivants des martyrs. La plupart de ces documents ont été compilés dans un ouvrage volumineux intitulé Nimeh-ye penhân-e mâh (La moitié cachée de la lune). La table suivante donne les noms des auteures/narratrices dont les ouvrages publiés au sujet de la Défense sacrée sont parmi les œuvres les plus connues et les plus lues en Iran ; les noms sont rangés par ordre alphabétique.

Il reste à dire que dès le début de la guerre jusqu’à nos jours, les femmes ont produit des œuvres d’art de grande qualité au sujet de la Défense sacrée. Ces œuvres sont présentées dans les différentes branches artistiques dont la peinture, le cinéma, la sculpture, la photographie, etc.

     

Sources :


- Ayeneh vand, Sâdegh, "Adabiyât-e moghâvemat" (La littérature de résistance), publié in Keyhân-e farhangi, n° 79, 1991.


- Sharifpour, Enâyat, « Etude sur le rôle des femmes à travers quelques récits concernant la Défense sacrée », publié in Revue de la littérature de résistance, n° 2, 2010.

Notes

[1De son vrai nom Sorour Bâkoutchi, elle naquit en 1936 à Kâchân et mourut en 1992. Durant les années de la guerre, elle composait des poèmes épiques à l’occasion de toute victoire iranienne dans les opérations militaires.

[2Poétesse, chercheure, professeure à l’université et traductrice contemporaine, elle naquit en 1936 à Sirdjân (Kermân) et mourut en 2008 à Téhéran.

[3Née en 1312 à Djahrom (Fârs), elle fut une révolutionnaire qui lutta contre le régime Pahlavi. Durant la guerre, elle participa activement aux activités d’arrière-front.

[4Née en 1933 à Zandjân, elle est linguiste et traductrice contemporaine.


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