N° 123, février 2016

Nouvelles sacrées (XXVI)
Khorramshahr, de
l’occupation à la libération
(3e partie)


Khadidjeh Nâderi Beni


Photos consacrées à la libération de Khorramshahr

-La seconde phase : suite aux grandes victoires durant le premier jour de l’opération, l’Iran arrive à exercer une suprématie simultanée sur tous les axes, et se prépare donc à entamer la seconde phase. Selon la carte de l’opération, l’objectif principal de l’armée iranienne durant cette phase est de déloger les forces irakiennes positionnées dans la région de Shalamtcheh, pour pouvoir s’approcher de plus en plus de Khorramshahr.

Pour atteindre cet objectif, l’opération est amorcée depuis la partie ouest de la route Khorramshahr-Ahvâz. La présence irakienne est massive et les débuts de l’opération sont marqués par des violents affrontements, qui conduisent à une défaite de l’armée irakienne affaiblie. Durant cette phase, les bases de Nasr et Fath entrent en opération, tandis que les forces de la base de Qods sont chargées de lancer de fausses manœuvres pour tromper l’ennemi. Le 6 mai à 23 h, la deuxième phase de l’opération est amorcée. Elle vise à affirmer la suprématie militaire de l’Iran le long de la frontière entre les deux pays. Par ce biais, les troupes iraniennes cherchent à consolider leur position dans les zones limitrophes à Khorramshahr, notamment dans les régions frontalières.

Très vite, des contre-offensives irakiennes s’organisent. Mais à la fin de la journée, les forces de la base de Fath réussissent à s’avancer jusqu’à l’arrière d’un grand remblai situé à 17 km de la bande frontalière. En outre, les troupes de la base de Nasr arrivent à s’installer à proximité de la citadelle frontalière. Pendant toute la nuit, les forces iraniennes parviennent à creuser d’autres remblais, et l’ensemble des forces des bases de Nasr et Fath reste en état d’alerte pour entamer de nouvelles attaques dès le lever du jour. Par ailleurs, la retraite des forces irakiennes à l’ouest de la route Khorramshahr-Ahvâz permet aux Iraniens d’écarter définitivement la menace ennemie dans cette région.

- La troisième phase : Au vu de la situation et des affrontements, les commandants iraniens se réunissent pour analyser et planifier la nouvelle phase de l’opération. Les troupes irakiennes, elles, reculent jusqu’à Shalamtcheh où elles se positionnent en appui des unités opérationnelles lors des contre-offensives à venir. En outre, une autre troupe irakienne installée dans cette région est chargée de surveiller la voie de passage à Bassora.

La nouvelle phase est lancée avec l’intervention de trois unités ayant chacune sa propre mission : l’unité de la base de Fath est chargée de passer en territoire irakien pour des actions frontalières ; les hommes de la base de Nasr doivent sécuriser les zones libérées, notamment en s’engageant contre les unités irakiennes séparées des leurs et éparses depuis la route de Khorramshahr jusqu’à la rive est de la rivière Arâyez. Quant aux forces de la base de Qods, elles ont pour mission de faire reculer les troupes irakiennes aux zones frontalières de Kouchk et Tlâyieh.

Le 9 mai 1982 à 22 h, les opérations iraniennes débutent simultanément sur tous les axes prévus ; les combats durent plusieurs jours mais durant cette phase, l’Iran ne remporte pas de succès considérables en raison de la fatigue de ses combattants et de la concentration des forces irakiennes à Shalamtcheh.

- La quatrième phase : Après une courte pause qui permet aux unités opérationnelles de se reposer, l’opération entre dans sa quatrième phase durant laquelle les forces d’infanterie du Sepâh sont appuyées par l’artillerie et les unités blindées de l’armée iranienne. La nouvelle phase commence le 22 mai à 22 h, avec la participation des forces des bases de Nasr, Fath et Fadjr. Les unités opérationnelles de la base de Fath sont engagées dans la partie gauche de la zone et parviennent à sécuriser la route Khorramshahr-Ahvâz, puis à reprendre le contrôle de la base de police routière. En même temps, après avoir libéré le pont Now (pol-e now), les combattants de la base de Fadjr s’avancent vers les bords d’Arvand-Roud. Les forces armées de la base de Nasr étant engagées dans la partie droite de la zone opérationnelle arrivent à sécuriser la rivière d’Arvand-Roud et la route de Khorramshahr-Ahvâz.

Le lendemain, l’encerclement est complété par l’arrivée de l’ensemble des forces opérationnelles aux portes de la ville et de ce fait, l’armée d’occupation installée dans la ville est contrainte d’organiser sa défense dans l’urgence. Toutefois, la puissance militaire des troupes irakiennes s’affaiblit de plus en plus à la suite de violents combats. Ainsi, les troupes iraniennes arrivent à briser rapidement les lignes défensives de l’ennemi pour ensuite pénétrer dans la ville.

Une partie des forces irakiennes tentent de quitter la ville avant l’arrivée des Iraniens. A la fin de la journée, la plupart des unités irakiennes sont détruites et un bon nombre de soldats tués, blessés ou capturés. C’est ainsi que la ville de Khorramshahr est libérée après une occupation de 575 jours. Le 23 mai à 10 h, la libération de la ville portuaire de Khorramshahr est officiellement reconnue par le gouvernement bassiste.

Source :
- Amiriân, Mohammad, Seyri dar târikh-e djang-e Irân-Arâgh (Aperçu sur l’Histoire de la guerre Iran-Irak), 5 vol., Centre des études et recherches de la Guerre, Téhéran, 1367/1988.


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