N° 127, juin 2016

La diversité des félins d’Iran


Bahman Noghreh ‘Alizâdeh*
Traduit par

Zeinab Golestâni


Proposant un large éventail d’espèces sauvages ou domestiques, la famille des félins comprend aussi bien le plus petit chat du monde que des lions féroces. Témoignant d’une diversité assez considérable en Iran, cette famille habite toujours les terres de ce pays qui abrite des espèces telles que le chat des sables et le guépard asiatique, celui-ci étant considéré comme l’un des plus grands félins d’Asie. Pourtant, face à la menace d’extinction à laquelle ils doivent faire face, la survie de certains féliformes exige une politique de protection. Durant le siècle dernier, deux espèces de félins sur les dix demeurant en Iran, à savoir le lion asiatique et le tigre de la Caspienne, se sont malheureusement éteintes, alors qu’au moins quatre espèces sur les huit espèces survivantes appellent une attention accrue. Nous allons ici présenter les espèces faisant l’objet d’une attention particulière, en espérant l’émergence concomitante d’une volonté sociale visant à les protéger.

 

Le guépard asiatique

 

Haut sur ses pattes, le guépard se rapproche, avec son long corps élancé et sa large poitrine profonde, du lévrier persan. Cependant, son museau court et ses petites oreilles rondes le distinguent des canidés. Il ressemble en quelque sorte à un chien ayant un crâne de chat. Sur le fond de la robe fauve de son dos couvert de poils raides mais courts, apparaissent des taches noires rondes. La partie inférieure de son corps est blanche. Partant des yeux et descendant de chaque côté du museau, une belle ligne noire appelée "larmier" protège ses yeux du soleil, l’aidant ainsi pendant la chasse. Contrairement à d’autres félins, les griffes du guépard ne sont ni rétractables ni crochues, même si jusqu’au sixième mois de sa naissance, le bébé guépard est capable de les rétracter. Une colonne vertébrale flexible, un foie et un cœur de volume important, des narines dilatées, de larges poumons et un corps musculeux et élancé font du guépard le chasseur le plus rapide du monde, dont la vitesse atteint jusqu’à 110 km/h. Cet animal apparaît plutôt dans les plaines ouvertes, dans les collines des steppes semi-arides, et dans d’autres vastes habitats où il y a de la nourriture. En Iran, il se trouve aujourd’hui surtout à Dasht-e Kavir (désert situé au milieu du plateau iranien) et ses alentours.

Guépard asiatique

Aucune étude poussée consacrée à la vie sociale du guépard n’a jusqu’à présent été réalisée en Iran. Cependant, des recherches menées en Afrique témoignent de la vie solitaire des femelles, sauf pendant la durée de l’éducation et de la surveillance des petits guépards où le mâle ne joue aucun rôle. Restant chez leur mère jusqu’à leur 18e mois, ces derniers apprennent tout au cours de cette période décisive, à chasser et à fuir les autres prédateurs tels que le léopard, le loup, et la hyène. A leur 18e mois, les petits se séparent de leur mère, et les frères et sœurs d’une même portée restent généralement ensemble pendant 6 mois. A l’âge de deux ans, les sœurs quittent leurs frères qui habitent dorénavant ensemble. En général, les jeunes mâles passent leur vie soit seuls, soit en compagnie de leurs frères issus de la même portée, tandis qu’à l’exception de la période consacrée à la garde des enfants guépards, les femelles vivent une vie solitaire. Certains de ces groupes de guépards délimitent un territoire couvrant leurs besoins en nourriture et en eau, ce qui leur permet aussi d’attirer les guépards femelles. Lors de la saison de reproduction, chaque guépard mâle définit un territoire pour lui-même. C’est à ce moment-là que commencent des luttes acharnées entre les jeunes mâles d’un même groupe, cherchant à défendre leurs propres frontières. Le guépard part généralement à la chasse aux premières heures du matin ou le soir. Après avoir choisi sa proie, il s’en approche furtivement. Il ne lance son attaque fulgurante qu’à une distance de 10 à 30 mètres. Une fois sa proie à terre, le prédateur serre son cou jusqu’à ce qu’elle étouffe. Se limitant généralement à 20 secondes, le temps nécessaire à la poursuite de sa proie atteint rarement une minute. Presque cinquante pour cent de ses tentatives réussissent. Le guépard n’est cependant pas capable de cacher sa proie à la vue des autres carnivores, d’où la perte du reste de sa nourriture, une fois qu’il s’en est rassasié une première fois.

Le guépard atteint sa maturité sexuelle à 20 mois. La femelle vit une grossesse de 95 jours, et met au monde 1 à 6, généralement 4 à 5, petits qui, à la naissance, pèsent en moyenne 300 grammes et mesurent 30 centimètres. De couleur gris foncé, ceux-ci ont de longs poils leur permettant de se camoufler au milieu des buissons secs et de se dérober aux regards d’autres chasseurs. Ces poils font d’ailleurs ressembler les petits au blaireau européen qui est un animal agressif, ce peut être le signe d’une caractéristique défensive. En outre, la rétractation de leurs griffes leur permet de grimper, jusqu’à leur 6e mois, aux arbres. En Iran, le guépard se nourrit plutôt de chinkaras (gazella bennettii), de gazelles à goitre, de moutons, de béliers, de capras, et de lapins sauvages.

 

Le caracal

 

Plus grand que le chat domestique, ce félin a également des pattes plus longues que lui. Pesant de 11 à 15 kg, les femelles sont plus petites que les mâles, qui pèsent quant à eux de 13 à 20 kg. La couleur de ce félin varie d’un jaune tirant sur le brun au gris. Le corps des jeunes caracals est plus clair que celui des vieux caracals, ceux-ci portant parfois des taches rougeâtres. En outre, le museau, le cou, et les parties inférieures de son corps sont blancs. Contrôlées par vingt muscles différents, ses grandes oreilles pointues semblent plus grandes que celles des autres félins. Il possède, à l’extrémité des oreilles, de longs poils noirs mesurant presque 6 centimètres. Le caracal bénéficie notamment de ce système sensible auditif au moment de la chasse.

Caracal

Ressemblant presque au lynx, le caracal est cependant doté d’un corps plus svelte et moins large. Ses jambes sont aussi plus minces. Les régions sèches, les plaines, les savanes, les collines désertiques et semi-arides, et les régions montagneuses constituent l’habitat de ce félin. En Iran, il s’observe plutôt dans les steppes et les régions désertiques telles que le parc national de Kavir et les provinces comme Fârs, Kermân, Yazd, Sistân et Baloutchestân, Khorâssan, Arâk, et le nord du Khouzestân. Ce félin se trouve aussi dans différentes parties du monde telles que l’Afrique - notamment les terres du Sud -, la péninsule Arabique, la Palestine, le Liban, la Syrie, le Kuwait, l’Iraq, le Turkménistan, l’Afghanistan, et l’Inde. Solitaires et défendant âprement leur territoire, les caracals n’apparaissent ensemble que pendant la saison des accouplements. Il réside principalement entre les rochers, sous les grands arbustes, et même dans le gîte d’autres animaux.

Nocturne, le caracal part, à l’instar des autres félins, à la chasse à l’aube ou en pleine nuit. Cependant, en hiver et dans les terres froides, il chasse pendant le jour. Il utilise pour cela une technique exceptionnelle. Ses longues pattes lui permettent non seulement de courir vite, mais aussi de sauter. Il lui suffit donc d’un bond pour chasser un oiseau en vol. La chasse de plus grandes proies exige le recours à une méthode particulière. Après avoir poursuivi sa proie et s’en être approché, le caracal, faisant un bond, lui mord soudainement de ses dents tranchantes le cou. C’est cette méthode qui permet à ce félin de chasser des animaux plus grands que lui.

Caracal

On parle le plus souvent de la peur ressentie par le caracal lorsqu’il fait face à l’homme ou à une voiture. Comme il se fige de peur, il est relativement facile de l’approcher. Cependant, lorsqu’il est complètement encerclé ou accompagné de ses petits, il peut se montrer très agressif et bondir à l’attaque. Cette agressivité n’empêche cependant pas de l’apprivoiser, d’où sa présence en tant qu’animal domestique surtout aux Etats-Unis.

Les oiseaux, les petits rongeurs comme la marmotte et le lapin, les serpents, ou encore les insectes et les végétaux constituent le régime alimentaire de cet animal. Cependant, il chasse aussi des ongulés tels que la gazelle, le chinkara (Gazella bennettii), et les cervidés, autant d’animaux plus grands que lui. Il est capable, comme d’autres félins, de survivre longtemps dans les régions chaudes et sèches. Il n’éprouve aucun besoin d’eau quand il y a de la nourriture, celle-ci lui fournissant en grande partie l’eau nécessaire à son corps. Une fois qu’il a chassé un grand mammifère, ce félin se contente seulement de dévorer ses viscères, alors qu’il mangera la peau et même le plumage de ses petites proies, notamment les oiseaux. Les premiers jours hivernaux constituent le moment propice à l’accouplement. Le caracal femelle peut s’accoupler avec jusqu’à trois caracals mâles, chaque femelle mettant au monde 1 à 4 bébés, et cela après 78 à 81 jours. Entrouvrant leurs yeux dès le premier jour, les nouveau-nés ne les ouvrent complètement qu’après 6 à 10 jours. Ayant une croissance rapide, ils prennent chaque jour 21 grammes. La mère reste un an avec ses petits, mais ne les allaite que pendant 10 semaines. Les petits sont capables de se reproduire après 12 à 20 mois.

En milieu naturel, le caracal vit jusqu’à 12 ans, et cette durée peut atteindre 19 ans pour les caracals domestiques. Dépourvu d’ennemi naturel, ce félin grimpe rapidement aux arbres et se cache dès qu’il ressent un danger. C’est sa fourrure qui pousse l’homme, surtout en Afrique centrale et occidentale, à pratiquer sa chasse. Certains caracals sont tués hors des frontières des aires protégées par des agriculteurs qui les considèrent comme l’ennemi de leur bétail. Le manque de nourriture, ainsi que la chasse intensive mettent la population de ce félin dans les pays asiatiques, notamment l’Iran, en danger de diminution. Il n’y a en outre aucune statistique indiquant sa population actuelle en Iran. Des rapports publiés récemment font état de sa présence aux alentours de Kermân, ainsi que dans les jardins d’agrumes de Djiroft.

Le chat de Pallas

 

Faisant partie des espèces menacées de disparition par l’IUCN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), le chat de Pallas est l’un des félins les plus rares de la nature. De la même taille que le chat domestique, cette espèce a un crâne plus large. Avec de petites oreilles rondes situées assez loin l’une de l’autre et une longue queue épaisse, il a des poils gris tirant sur l’ocre, dont le bout blanc offre une couleur écaillée argentine. Mesurant 50 à 65 cm de long sans la queue (de 21 à 30 cm), le chat de Pallas pèse 2,5 à 4,5 kg. Habitant les steppes et les hautes régions couvertes d’une végétation assez dense, ce félin a été vu en Iran notamment dans les régions de Sarakhs, Torkaman Sahrâ, Azerbaïdjan occidental, Âzarshahr, Ispahan, Téhéran, Kermân, et les zones fraîches allant de Shâhroud à Bodjnourd. On le retrouve également au Turkménistan, en Chine, et au Pakistan. Animal nocturne, ce félin apparaît aussi aux premières heures du soir ou pendant le jour. Il est diurne dans les terres où il se nourrit des pikas. Habitant souvent entre les rochers, dans les grottes, ou dans les trous creusés par d’autres animaux, ce félin s’alimente entre autres de rongeurs et d’oiseaux. S’accouplant très probablement en hiver, la chatte de Pallas donne après 65 jours naissance de 1 à 6 chatons qui atteignent leur maturité à un an.

Chat de Pallas

 

Le chat sauvage

 

Ressemblant beaucoup au chat domestique, le chat sauvage était considéré pendant des années comme son ancêtre. Cependant, certains chercheurs prennent aujourd’hui le chat sauvage pour une espèce apprivoisée en Palestine il y a 7 000 ans, ainsi qu’en Egypte il y a 4 000 ans. Une grande diversité de chats sauvages habite différentes régions iraniennes. Il est même très probable qu’il en existe de nouvelles espèces ou sous-espèces, ce qui nécessite la réalisation de sérieuses études morphologiques et génétiques sur ce félin. Un grand nombre de ces chats vivent dans le sud-ouest de l’Iran, à proximité de villes comme Ahvâz, Shoushtar, et Dehlorân. La majorité est à poils beiges avec des taches claires.

Chat sauvage

Les photos prises des chats présents dans la province du Khorâssan-e Razavi, notamment dans les régions de Badjestân et de Sabzevâr, révèlent l’existence d’une forte ressemblance avec la sous-espèce habitant les steppes. Dotés de rayures dorées sur un fond de robe jaunâtre, ces chats ressemblent beaucoup au chat domestique. Ce sont d’ailleurs ces douze rayures et les taches sombres ou claires recouvrant le corps de l’animal qui rapprochent un grand nombre des chats habitant le nord de l’Iran ainsi que les régions comme la vallée d’Andjir à Yazd, le parc national de Sorkheh Hesâr, et les ports de Lengheh et de Djâsk, des espèces européennes. La présence de cinq ou six lignes horizontales descendant du visage jusqu’à la partie postérieure du cou caractérise aussi ces derniers. S’ils ont les mêmes rayures, ils diffèrent cependant du chat domestique de par leur queue plus courte et plus touffue.

Chat sauvage

Outre les chats mentionnés ci-dessus, il existe d’autres espèces semblant être un croisement du chat sauvage et domestique. D’autres ne sont que des chats domestiques retournés dans un milieu naturel. Mesurant de 45 à 80 cm de longueur sans la queue (celle-ci mesurant de 25 à 38 cm), de 30 à 40 centimètres de hauteur, et pesant de 3 à 8 kg, certains de ces chats ont été vus sur l’île d’Ashk dans le parc national d’Ourmia. Comprenant des forêts, des montagnes, des steppes, et des déserts, l’environnement naturel en Iran offre des habitats propices à cet animal qui habite même parfois à proximité de zones résidentielles. A l’échelle planétaire, il est disséminé dans différentes parties d’Afrique, d’Europe et d’Asie.

Doté d’habitudes parfois distinctes du chat domestique, le chat sauvage est essentiellement nocturne, sortant aux premières heures du soir ou parfois au petit matin. Lors de la période de reproduction ou lors de temps froids et neigeux, on peut aussi le voir pendant la journée. Menant une vie solitaire, ce félin choisit les cavernes, les trous des arbres, et même les arbustes comme abri. Il grimpe rapidement aux arbres, et rôde parfois jusqu’à 10 km à la ronde pendant la nuit. Comme le chat domestique, il miaule, fait le dos rond et hérisse ses poils lorsqu’il livre une bataille.

Chaus

Le régime alimentaire du chat sauvage est essentiellement constitué de petits mammifères, de petits oiseaux, ainsi que de leurs œufs et de leurs poussins, de reptiles, de poissons, de grenouilles, d’insectes, d’animaux domestiques tels que les volailles, de chevreaux, et parfois de végétaux. Il s’approche d’abord sans bruit de sa proie qu’il attrape ensuite en quelques bonds. A l’inverse du chat domestique, ce félin ne joue pas avec sa proie ni ne cache ses propres excréments. L’hiver est pour lui la saison de la reproduction durant laquelle se déroulent des luttes entre les mâles. Après 60 jours, la chatte sauvage met bas 1 à 5 chatons dont les yeux ne s’ouvrent qu’après dix jours. Cette dernière reste 4 à 6 mois avec ses chatons, et ces derniers atteignent la maturité à 10 mois. Etant donné sa taille, le chat sauvage a plusieurs ennemis naturels tels que le caracal, le léopard, et les grands rapaces nocturnes. Il arrive même que la marte et la belette mangent ses petits. La diminution du nombre de ses proies, la destruction de son habitat, et sa chasse excessive ont conduit à une nette décroissance de la population de cette espèce en Iran.

 

Le chaus

 

Comparé au chat sauvage, le chaus (ou chat de jungle ou des marais) est plus grand, a une queue plus courte, des pattes plus longues, et des oreilles plus grandes terminées par de longs poils noirs. La partie postérieure de ses oreilles est brune ou noire, son dos fauve ou gris tirant sur le jaune, et la partie inférieure de son corps est presque jaune. Ses pattes et sa queue sont souvent tachetées de points bruns tirant sur le noir. Il mesure de 60 à 96 centimètres de longueur sans la queue (20 à 30 cm), 40 à 48 centimètres de hauteur, et pèse de 4 à 16 kg. Au bord de la Caspienne, ce félin trouve son habitat auprès des buissons, des bois, des roselières environnant des étangs et des rivières, ou encore des champs de maïs et de saccharum. On le retrouve aussi dans plusieurs pays d’Asie et au nord de l’Afrique.

Nocturne comme la plupart des félins, le chat de jungle reprend ses activités à l’aube ou aux premières heures de la nuit. Solitaire, il réside soit dans des arbustes et entre les rochers, soit dans des refuges abandonnés par d’autres animaux tels que le renard et le porc-épic.

Chaus (chat de jungle), appelé en persan gorbeh djangali

Habile nageur, il plonge dans l’eau afin de pêcher des poissons. Il se nourrit de mammifères de taille petite ou moyenne comme les lapins, de faons, d’oiseaux et de leurs œufs, de serpents, de grenouilles, de poissons et même d’insectes. Dans la réserve naturelle de Dasht-e Nâz dans le Mâzandârân, trois faons du daim de Perse ont été découverts tués en une seule nuit par un chat des marais, mordus au cou et étouffés.

Le chaus se reproduit généralement au milieu de l’hiver. Après 66 jours naissent 3 à 5 chatons dont les yeux ne s’ouvrent qu’au bout de 10 à 12 jours. Allaités jusqu’à leur 2e mois, les petits, qui atteignent la maturité à un an et demi, restent pendant deux ans avec leur mère. A l’état de captivité, ils peuvent vivre jusqu’à 20 ans. Le chat de jungle n’a pas d’ennemi naturel, hormis les renards ou les chacals qui s’attaquent parfois à ses chatons. Il réside dans la plupart des zones forestières de la Caspienne ainsi que dans les forêts claires de la province du Khouzestân. Il a subi durant ces dernières années une diminution de sa population du fait de la chasse intensive et de la destruction de son habitat.

Le lynx d’Eurasie

 

Le lynx d’Eurasie ou le lynx boréal est plus grand que le chat domestique, et est parfois confondu avec le léopard. Haut sur pattes, il a une queue très courte dont l’extrémité noire s’avère plus épaisse. Les longs poils lui recouvrant la joue ressemblent à une barbe. Il a à l’extrémité de ses oreilles de longs poils noirs mesurant 4 cm. Doté de pattes volumineuses, il laisse des traces plus grandes que celles d’un chat ordinaire. Les longs poils entourant ses pattes préservent non seulement l’animal contre le froid, mais lui évitent aussi de s’enfoncer dans la neige. Grandes ou petites, des taches rondes bien apparentes apparaissent sur le fond de sa robe grise tirant sur le brun, alors que la partie inférieure de son corps est noire. Ses poils sont plus courts en été qu’en hiver. Il mesure de 80 à 130 cm de longueur sans la queue (11 à 24 cm), 50 à 70 centimètres de hauteur, et pèse de 18 à 38 kg.

Les chaînes de montagnes de l’Alborz - de Gorgân jusqu’à Alamout -, ainsi que les terres de l’Azerbaïdjan oriental et de l’Azerbaïdjan occidental constituent l’habitat principal de ce félin. Par ailleurs, des rapports publiés récemment affirment sa présence à Kermânshâh, Shahrezâ, Ghâli Kouh au Lorestân, à Hamedân, dans le parc national de Tourân, ou encore dans les zones protégées de Denâ, et de Bâfgh. On le trouve aussi dans différentes régions d’Asie et d’Europe.

Se reposant au milieu du jour et pendant la nuit, le lynx d’Eurasie sort au petit matin ou le soir. Il vit seul et rôde en moyenne sur une distance de 20 km par jour. Poursuivant sa proie, il descend en hiver dans les régions les plus basses. S’il ne trouve pas de proie, il migre facilement, même sur des distances de plus de 100 km. Il prend tanière plutôt dans des trous d’arbres, sous des rochers, ou bien sous des végétations denses. Son attaque, brutale, est précédée par une embuscade. Il se nourrit de petits mammifères tels que le chevreuil, le marcassin, le renard, le chat sauvage, ainsi que d’oiseaux, de reptiles et d’insectes. Capable de chasser des animaux qui sont trois à quatre fois plus grands que lui, il mord le plus souvent sa proie au crâne. La poursuivant même parfois pendant plusieurs jours, il s’approche d’elle au moment propice et la saisit lors d’une attaque fulgurante.

La reproduction se fait au milieu de l’hiver. Après 70 jours, le lynx femelle met bas 1 à 4 petits dont les yeux ne s’ouvrent qu’après 12 jours, et qui resteront avec leur mère pendant un an. Lors de leur deuxième année, ils deviennent capables de se reproduire. La durée de leur vie à l’état de captivité est d’environ 21 ans. Le lynx boréal n’a pas d’ennemi naturel, mais peut parfois se battre contre des chiens de berger, des loups, ou des léopards.

Le fait qu’il réside surtout dans des endroits inaccessibles empêche l’évaluation de sa situation biologique. On a cependant récemment évoqué la chasse d’un lynx d’Eurasie dans les hauteurs de Gorgân, ainsi que d’autres dans les reliefs de l’Azerbaïdjan. De plus, un autre lynx boréal tué par un chien de berger a été découvert très récemment dans les hauteurs de Kaland, situées dans la zone protégée d’Arasbâran. Aujourd’hui, ce félin fait partie des espèces protégées.

 

Le chat des sables

 

Plus petit que le chat domestique, le chat des sables a un large crâne et de grandes oreilles volumineuses qui se trouvent assez loin l’une de l’autre. De longs poils bruns ou noirs recouvrent ses courtes pattes. Doux et épais, les poils de son dos, parfois marqués de taches ou de rayures foncées, sont d’une couleur sable, alors que la partie inférieure de son corps est blanche. Une ligne tirant sur le roux descend des deux côtés de ses yeux. Deux ou trois rayures à l’extrémité généralement noire se trouvent sur sa queue.

Chats des sables

Le chat des sables mesure 45 à 74 cm de longueur sans la queue (28 à 38 cm), et de 24 à 30 cm de hauteur. Il pèse de 1,5 à 3 kg. Parfaitement adapté aux dunes et aux terres très sèches, ce félin est aperçu en Iran dans le parc national de Kavir, sur le site de Doshâkh au parc national de Tourân, dans le désert de Marandjâb à Kâshân, aux alentours du lac de Bakhtegân, aux environs de la ville de Nâïn, à Semnân, ou encore dans la réserve naturelle de Nâybandân. Des traces indiquant sa présence ont été observées dans le Torkaman Sahrâ, ainsi que dans le nord et l’est du Khorâssân. A l’échelle planétaire, on le trouve en Afrique, en Arabie Saoudite, et jusqu’au Turkménistan.

Animal nocturne, il se repose pendant le jour dans un gîte peu profond. Solitaire, il dort sous les arbustes, entre les rochers ou dans les trous qu’il creuse dans les déserts de sable. Les longs poils recouvrant ses pattes lui facilitent son déplacement dans le sable.

Se nourrissant essentiellement de petits mammifères dont des rongeurs, il mange aussi parfois des lapins, des oiseaux, des reptiles, ou des insectes. Capable de survivre dans les régions où il n’y a pas d’eau, ce chat tire de sa proie l’eau nécessaire à son corps. L’accouplement a lieu au milieu de l’hiver, et après 63 jours naissent 2 à 4 chatons aveugles dont les yeux ne s’ouvriront qu’après deux semaines. Restant avec leur mère pendant 6 à 8 mois, les petits atteignent la maturité à 9. En captivité, ils peuvent vivre jusqu’à 13 ans.

Animal rare en Iran, ce félin y est peu rencontré. Ce n’est que dans les années 2005-2007 que quelques chats des sables ont été aperçus dans le parc national de Kavir, ainsi qu’aux alentours de Semnân et de Nâïn. De plus, une mère accompagnée de ses trois chatons a été aperçue dans la réserve naturelle de Nâybandân.

* Titulaire d’un master en ressources naturelles.


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2 Messages

  • La diversité des félins d’Iran 26 septembre 2017 18:15, par Nicole ENTREMONT

    je cherchais un article sur les "chats pêcheurs" du lac de ? en Iran, tout simplement parce que je m’intéresse aux chats, j’aime les chats ...

    Merci pour cet article qui m’a bien intéressé. Combien de races de félin en Iran .

    Cordialement,

    N. Entremont

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