N° 64, mars 2011

Jour inévitable


Gheysar Aminpour
traduit par

Elâheh Sâlehi



Jour inévitable
Ces jours qui passent, chaque jour
Je crois entendre quelqu’un qui crie
dans le vent.
Je sens qu’un ami intime, éloigné
m’appelle du fond des chemins brumeux.
La musique de sa voix est
comme le passage de la lumière,
comme celui du nouvel an,
comme le bruit de la venue du jour.
Ce jour inévitable qui vient,
Ce jour où les passants courbés
ont un moment pour lever la tête et voir le soleil dans le ciel.
Ce jour où ce vieux train s’arrête un moment sans prétexte,
Dans la parallèle de la répétition, afin que les yeux
Fatigués, ensommeillés,
voient par la fenêtre,
l’image des nuages dans le cadre
et l’image renversée de la forêt dans l’eau.
Ce jour-là commence l’envol des mains intimes à la recherche d’un ami.
Ce jour qui est le nouveau jour du vol.
Ce jour où toutes les lettres sont ouvertes.
Ce jour où nous signerons l’aile d’une colombe à la place du seau, de la lettre ou du timbre.
Et l’enverrons comme une lettre ;
ce jour-là, les boîtes à lettre seront les nids des colombes.
Le jour où prier serait impossible
Solliciter, pécher.
Et la nature de Dieu,
Ne dormirait pas,
sous les pas des passants,
sur une feuille de journal,
à rêver de pain frais.
Ce jour où on écrirait, d’une écriture simple :
L’accès n’est interdit qu’aux indigents !
Et les genoux, las, exemptés, ne connaîtraient la terre que face à l’Amour,
Et les histoires réelles d’aujourd’hui ne seraient que sommeils ou chimères.
Et finiraient heureuses comme celles d’autrefois.


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