85.N° 85, décembre 2012

Les campagnes militaires de
Shâh ’Abbâs Ier pour la libération de l’Azerbaïdjan


Manouchehr Moshtagh Khorasani


Les succès militaires de Shâh ’Abbâs Ier (1587-1629) contre l’Empire Ottoman sont en grande partie attribués à la machine militaire safavide après une réforme radicale. Le Shâh supervisa lui-même de près les affaires militaires du gouvernement safavide tout au long de son règne. D’après l’avis de Shâh ’Abbâs Ier, ". . . le roi doit vivre comme un soldat et toujours marcher aux côtés de ses troupes pour surmonter toutes difficultés et réussir toutes tâches." [1] Shâh ’Abbâs Ier rejoignait ses troupes dans la bataille en prêtant une attention particulière à leur moral et leur bien-être. [2] En temps de paix, le Shâh passait quotidiennement en revue lui-même les fabriques d’armes. [3] L’armée safavide dirigée par Shâh ’Abbâs Ier changea considérablement entre la fin du XVe siècle et le début du XVIe siècle. Plusieurs unités militaires citées ci-dessous ont leur origine dans les réformes instaurées durant le règne de Shâh ’Abbâs I ainsi qu’un grand nombre d’autres réformes (par exemple les unités de qolâm) trouvent leur origine plus tôt durant le règne de Shâh Tahmâsp (1524-1576).

Une miniature du Shâhnâmeh-ye Shâh Tahmâsp de la période safavide ; voir le soldat avec un mousquet à mèche, Musée des Arts Contemporains, Téhéran

La désastreuse défaite durant la bataille de Tchaldorân en 1514 avait forcé le régime safavide à instaurer d’importantes réformes à l’armée iranienne. Le successeur d’Esmâ’il, Tahmâsp Ier, s’assura que ces réformes se réalisent efficacement durant son règne. Tahmâsp et l’armée safavide avaient réalisé que les premiers facteurs ayant contribué au succès ottoman à Tchaldorân étaient dus à son excellente organisation, aux unités militaires d’élite (notamment les Yenicheri ou Janissaires) et particulièrement aux armes à feu (mousquets et canons). Vincenzo D’Alessandri [4], européen voyageant en Iran en 1571, a fourni de précieuses observations sur l’état de l’armée iranienne au cours des dernières années de règne du roi Tahmâsp. Tout d’abord, D’Alessandri nota que l’Iran était divisé en cinq régions. [5] De ce fait, l’armée safavide avait réparti la défense de l’Iran en vue de parer aux attaques des Ouzbeks (au Nord-Est), des Ottomans (à l’Ouest et au Nord-Ouest), des Tatars de Crimée (au Nord) ainsi que d’autres ennemis potentiels. Cinquante sultans avaient été désignés pour assurer la défense de ces régions ; chaque sultan étant au commandement de 500 à 3000 troupes professionnelles. En temps de guerre, les sultans mobilisaient leurs troupes dans leurs districts. Avec le plus grand nombre possible de troupes rassemblées, les sultans se rendaient à des points de rassemblement pré-désignés pour se rallier au Shâh et à sa garde royale. D’après D’Alessandri, le corps professionnel de cavalerie pouvait être élargi en temps de guerre. [6] La cavalerie iranienne était décrite dans la bataille comme étant résolue, hautement disciplinée et courageuse. D’Alessandri écrit : "Les Perses sont hauts et forts… ils utilisent généralement des épées, des lances et des armes à feu sur le champ de bataille… les mousquetaires perses utilisent leurs fusils tellement habilement… ils tirent l’épée dans les moments de nécessité… On porte les fusils à l’arrière afin de ne pas gêner l’usage des arcs et des épées… leurs chevaux sont très bien formés et ils [les Iraniens] n’ont pas besoin d’importer des chevaux…" [7] Le rapport de D’Alessandri montre que les Iraniens étaient déjà très habiles dans l’utilisation des armes à feu bien avant l’arrivée de la mission des frères Shirley en Iran durant le règne de Shâh ’Abbâs Ier. Il faut remarquer que pendant le règne de Shâh Tahmâsp, les Portugais représentaient un groupe important d’instructeurs d’armes à feu. En outre, ils occupaient les îles du Golfe persique dans le détroit d’Hormuz. [8] Le caractère professionnel des troupes safavides durant la période de Shâh ’Abbâs Ier permet en partie d’expliquer pourquoi malgré le nombre supérieur de ses troupes de haute qualité et la puissance de ses armes à feu, l’Empire ottoman n’est pas parvenu à renverser les Safavides et à conquérir l’Iran.

Une miniature du Shâhnâmeh-ye Qavâm ; voir le soldat avec un mousquet à mèche, Musée Rezâ ’Abbâsi

Les unités de qurtchi

Tahmâsp Ier avait continué le projet de son défunt père concernant la formation d’une garde royale d’élite connue sous le nom de qurtchi (en langue turque au pluriel qurtchilar, au singulier qurtchi ; à l’origine le terme mongol pour désigner “archer”). Les qurtchi commandés étaient les qurtchi-bâshi. [9] Ils étaient recrutés parmi les combattants turkmènes d’Iran. La majorité de ces derniers étaient issus de clans de Qizilbash, qui eux-mêmes avaient aidé Shâh Ismâ’il à fonder la dynastie safavide. La maison royale safavide payait et armait directement les troupes de qurtchi obéissant seulement aux commandements directs du roi. Par conséquent, la fonction de qurtchi-bâshi devint l’une des plus importantes fonctions de l’Etat safavide. [10] Vers 1570, les forces safavides des qurtchi représentaient environ 4500 à 5000 hommes. [11] Ce nombre tripla pour atteindre 12 000 hommes à la fin du règne de Shâh ’Abbâs Ier en 1629. [12] Les unités de qurtchi (deux cavaleries et infanteries) utilisaient des armes composées de mousquets et d’armes traditionnelles (par exemple des sabres courbes shamshir, haches, etc.).

Shamshir de la période safavide

Les nouveaux gardes d’élite
(les corps de qolâm)

C’est durant la seconde moitié du règne de Tahmâsp que les fondations d’une unité militaire d’élite furent posées. A cette époque, les Safavides amenèrent des chrétiens caucasiens (des Géorgiens, des Arméniens) et des Circassiens du Caucase pour former les qollar (le pluriel turc pour qolâm ou “esclaves/ serviteurs”). De façon similaire, les Ottomans avaient amené de jeunes chrétiens d’Europe pour en faire des janissaires. Comme les troupes de qurtchi, les troupes de qolâm étaient capables de manier les mousquets [13] et les armes traditionnelles (shamshir sabres, lances, haches, masses et tir à l’arc). [14] Durant le règne de Shâh ’Abbâs Ier [15] les troupes de qolâm (comme les troupes de qurtchi) pouvaient être rattachées à l’infanterie ou à la cavalerie et étaient formées de 15 000 hommes. La fonction de qollar-aqâssi (le terme turc pour désigner le général des troupes de qolâm) était la plus importante après la fonction de qurtchi-bâshi. [16] Les Caucasiens rejoignant en Iran les corps de qolâm étaient intégrés dans la société iranienne. Ceci s’explique par les liens culturels et historiques entre l’Iran et le Caucase remontant à l’époque sassanide (224-651 CE) [17] et même avant l’âge du bronze. Les traditions littéraires persanes exercèrent une puissante influence au Caucase jusqu’au moment des invasions russes au début du XIXe siècle. [18] Les influences géorgiennes devinrent importantes notamment au XVIIIe siècle. De nombreux safavides étaient d’origine géorgienne ou partiellement géorgienne. [19] Sur une certaine durée de la période safavide, de 1560 à 1613, certains fonctionnaires safavides furent d’origine géorgienne, comme par exemple le gouverneur de la province de Fârs, qui était également le commandant des troupes de qolâm. De nombreux Géorgiens étaient emmenés à Isfahan [20] , et d’autres se fondirent parmi les peuples d’Iran, notamment dans le Nord [21].

Une hache de la période safavide

La perte d’influence des Qizilbash et l’accession au pouvoir par les troupes de qolâm

Les Qizilbash étaient des éléments très précieux dans l’armée iranienne. Ils avaient joué un rôle déterminant dans la prise du pouvoir par Shâh Esmâ’il et avaient une fonction importante dans les armées safavides. Ils étaient de redoutables guerriers, mais étaient en même temps résolument conservateurs quant à leur doctrine militaire. Ils favorisaient plutôt la cavalerie et les armes traditionnelles que les armes à feu plus modernes. L’organisation des Qizilbash était fondée à la manière turkmène de guerriers tribaux avec leurs contingents provinciaux militaires dirigés par leurs khâns respectifs. Le yuz-bâshi (en turc : commandeur de cent [guerriers]) dirigeait avec cent hommes, un système comparable à celui des tofangtchi (mousquetaires). Appartenant à la haute classe des dirigeants militaires, les khâns avaient une puissante influence dans le gouvernement ainsi que sur le choix de la succession royale. Shâh Esmâ’il éleva un certain nombre de nobles locaux iraniens au rang de dirigeants supérieurs après la bataille de Tchâldorân, mais cela ne diminua pas l’influence continue des Qizilbash dans les affaires militaires et civiles.

Une masse de la période safavide

Tahmâsp Ier (son fils et successeur) travailla à réduire l’influence de Qizilbash en recrutant un grand nombre des troupes de qolâm dans l’armée et l’administration civile. Durant le règne de Shâh ’Abbâs Ier, les contingents militaires de qolâm furent largement élargis et gagnèrent en importance mais ils ne menacèrent ni n’influencèrent jamais d’une manière disproportionnée les processus politiques du gouvernement safavide. Toutefois, les Qizilbash étaient capables de mobiliser jusqu’à 60 000 hommes (presque tous issus de la cavalerie) au début du règne de Shâh ’Abbâs Ier en 1587. [22] Après les réformes de Shâh ’Abbâs Ier visant à introduire les troupes de qolâm, la situation changea. Le nombre de commandeurs safavides (amir) en 1576 (la dernière année du règne de Shâh Tahmâsp Ier) était de 114 et presque tous étaient Qizilbash. Mais en 1629 (la dernière année du règne de Shâh ’Abbâs Ier), seuls 25 des 90 commandeurs safavides étaient Qizilbash. [23] Le nombre de Qizlibash guerriers fut réduit de moitié (30 000 soldats) par Shâh ’Abbâs Ier jusqu’à la fin de son règne. Les Qizilbash qui utilisaient les armes traditionnelles comme les sabres, lances, arcs, etc. et les considéraient comme un symbole de courage, adoptèrent les mousquets symbolisant pour eux l’antithèse de la virilité durant le règne de Shâh ’Abbâs Ier. [24]

Un pishghabz de la période safavide

Les troupes régulières et la cavalerie

Durant le règne de Shâh ’Abbâs Ier, il existait une cavalerie régulière de 20 000 hommes (pour remplacer les Qizilbash) et 12 000 fantassins réguliers armés et payés par le gouvernement et sous le commandement directe du Shâh. [25] Shâh ’Abbâs Ier était capable de mobiliser une force maximale de 100 000 cavaliers. [26]

Tofangtchi

Les tofangtchilar (pluriel turc : mousquetaires, singulier tofangtchi) formaient les troupes maniant des armes à feu dans l’armée safavide. Cent soldats tofangtchi étaient dirigés par un yuz-bâshi (en turc : commandeur de cent). Les troupes de tofangtchi étaient une puissance d’infanterie qui utilisait les chevaux pour les longues marches et les campagnes. [27] Ils recevaient une solde régulière durant l’année. Le voyageur italien Pietro Della Valle (1586-1652) fournit une description vivace des troupes de tofangtchi durant le règne de Shâh ’Abbâs Ier. [28] Della Valle constate ainsi que les troupes de tofangtchi étaient recrutées principalement parmi les paysans iranophones forts et robustes, suivant les conseils des deux frères Shirley. [29] Ces troupes étaient les troupes les plus populaires de Shâh ’Abbâs Ier. Les meilleures tofangtchi venaient de la province du Mâzandarân au Nord. [30] Les estimations du nombre de tofangtchi au service de Shâh ’Abbâs Ier varient entre 20 000 et 50 000, jusqu’à un maximum de 60 000 soldats. [31] Durant le règne de Shâh ’Abbâs II, 40 à 50 000 tofangtchi étaient en service régulier. [32]

La bouche et le serpentin des mousquets à mèche de la période de Shâh ’Abbâs, Musée Militaire de Téhéran

Jazâyertchi

Shâh ’Abbâs II fut le premier à introduire des jazâyertchi. Ces derniers formaient des unités d’élite, composées des meilleurs guerriers de l’armée. Le nombre de ces soldats au départ de 600 [33], atteignit les 2000. [34] L’arme principale du jazâyertchi était le jazâyer, un grand et lourd fusil que l’on tirait sur un trépied. [35] Les troupes de jazâyertchi étaient aussi armées de shamshir (sabres) et de dagues pour le combat au corps. [36]

Touptchi

La fonction des troupes de touptchi était de tirer les canons, leurs commandeurs s’appelaient touptchi-bâshi. [37] Il est difficile d’estimer la taille des corps d’artillerie safavides qui furent, durant le règne de Shâh ’Abbâs Ier, à leur niveau le plus fort avec un nombre maximum de 500 canons [38] , et jusqu’à

12 000 artilleurs (touptchi). [39] Les canons safavides étaient souvent utilisés pour démolir les tours et les murs ennemis en cas de siège. [40] En cas de siège, les troupes de touptchi mettaient des sacs de sable autour des pièces d’artillerie [41] pour les protéger sur le champ de bataille contre le feu ennemi. Mis à part les réformes du règne de Shâh ’Abbâs Ier, les Iraniens ne semblent pas avoir entièrement intégré les canons à leur arsenal sur le champ de bataille. [42] Les premiers canons furent des butins de guerre confisqués aux Ottomans et plus tard des canons portugais. La plupart des canons provenaient des fabriques établies avec l’aide des frères Shirley durant le règne de Shâh ’Abbâs Ier. Il existait également un certain nombre d’ateliers mobiles capables de fournir des canons aux camps militarisés pendant les campagnes. [43]

Troupes provinciales et tribales

Les khâns comme les officiers supérieurs payaient les coûts liés au maintien des troupes d’infanterie et de cavalerie provinciales et tribales, bien distinctes de l’armée régulière safavide. Plus tard, durant la période safavide (Shâh Safi II et Shâh Soleymân II), l’Iran fut capable de rassembler un ensemble impressionnant de troupes provinciales et tribales de Kandahar (12 000), Khorâssân (20 000), Guilân et Mâzandarân (15 000), Darband et Shirvân dans le Caucase (12 000), Azerbaïdjan (20 000), Yerevan en Arménie (12 000), Lorestân (12 000), Suse dans le sud-ouest de l’Iran(15 000), le Sud de l’Iran et Kermân (12 000). [44]

Tube en acier damassé des mousquets à mèche de la période de Shâh ’Abbâs, Musée Militaire de Téhéran

Les shâhsavan : Les shâhsavan ou “les amis du Shâh” étaient une force militaire importante composée entièrement de volontaires Azéris, Kurdes, Turkmènes etc. Les historiens iraniens trouvent leurs origines à la fin des jours du Shâh ’Abbâs Ier quand le nombre des shâhsavan s’élevait à 120 000 hommes [45], dont 45 000 appartenaient aux troupes permanentes qui servaient dans les contingents militaires d’élite (qurtchi et qolâm) et dans les contingents des mousquetaires et artilleurs (tofangtchi et touptchi). Ils ont également aidé à réduire l’influence des Qizilbash. [46] Les shâhsevan servaient souvent à défendre l’Iran contre des invasions étrangères passant par l’Azerbaïdjan.

Les troupes de yesântchi et les cérémonies officielles

Les yesântchi étaient des troupes auxiliaires, responsables non seulement de la surveillance des bâtiments et des installations importantes, mais aussi de l’organisation des cérémonies et des célébrations après les victoires sur le champ de bataille. Ils ouvraient le passage pour le Shâh et son entourage et étaient impliqués dans les cérémonies élaborées pour les diplomates nouvellement arrivés des ةtats importants. [47]

Mousquets à mèche de la période de Shâh ’Abbâs Ier, Musée Militaire de Téhéran

Les armes traditionnelles

Outre les armes à feu, les armées safavides comptaient sur les armes traditionnelles, comme les arcs, pour tirer à distance. L’arc perse typique de cette période était un arc composite. Il est reconnu comme l’arc le plus puissant et par conséquent l’arme de projection la plus efficace avant l’avènement des armes à feu. Il était très utilisé à cause de sa facilité de transport à cheval et la possibilité de pouvoir tirer rapidement. Similaire aux autres arcs composites traditionnels, l’arc composite perse était de taille plus petite comparé à l’arc long européen avec ses doubles courbures. On fabriquait l’arc composite avec plusieurs éléments étroitement associés pour former une âme en bois contrecollée de tendon au dos et de corne sur sa face interne. On utilisait la souplesse de branches recourbées, légères et courtes, dans lesquelles on pouvait accumuler beaucoup d’énergie lorsque l’arc était tendu. La forme de l’arc composite détendu était semblable à un C fermé. Les doubles courbures servaient à ajouter plus de force à l’arc composite en comparaison aux branches droites. Elles réduisaient également la taille de l’arc et permettaient un transport aisé. Les deux branches étaient fixées sur la poignée de l’arc composite et étaient séparées l’une de l’autre par une jonction. Ensuite, par le même procédé, chacune des branches recevait son levier. L’âme était ensuite assemblée et séchée. C’est pourquoi ce type d’arc était appelé arc composite. On creusait le ventre de l’âme longitudinalement en sillons de 1 à 2 millimètres de profondeur et de largeur en partant du milieu de la poignée de l’arc jusqu’aux coudes de l’arc des deux côtés des branches. On utilisait de la corne de buffle pour préparer des lamelles de corne qui étaient ensuite affinées et collées sur l’âme en bois. Après plusieurs semaines, l’assemblage était sec et prêt pour la pose de la corde. Pour la corde, on utilisait des tendons d’animaux. Ils étaient coupés, mis à sécher et une fois durcis, martelés et séparés en fines fibres. Ensuite ils étaient plongés dans de la colle chaude, pour être alors déposés longitudinalement sur le dos de l’arc à partir du milieu de la poignée vers chaque levier en couches successives. Pendant la phase suivante de séchage, pouvant durer entre 6 mois et 1 an, le tendon se rétractait et donnait sa forme réflexe à l’arc. Le détail des pièces constituant un arc composite étaient : a) la poignée et l’intérieur des bras, tous deux en bois, servaient de noyau d’appui, b) le dos (le côté face à la cible) du côté où été exercée la traction était recouvert avec les tendons d’animaux plongés dans la colle, c) le ventre de l’arc (le côté face à l’archer) du côté de la compression était recouvert avec la corne, d) chaque siyah avait un talon pour placer la corde, e) les bras étaient recouverts d’écorces de bouleau pour la protection contre l’humidité et f) l’ensemble était recouvert de laque et peint avec des scènes de combat ou de chasse. Les troupes safavides utilisaient différents types de flèches à diverses fins : certaines étaient destinées à pénétrer l’armure et d’autres à tuer les troupes ennemies légèrement protégées par le cuir et le tissu. [48] A côté de l’arc, la cavalerie safavide utilisait la lance comme en témoignent les miniatures et manuscrits safavides [49]. Pour les courtes distances, elles utilisaient le sabre shamshir. [50] D’après une idée très répandue, le sabre perse s’est développé progressivement, il s’est courbé de plus en plus avec le temps pour atteindre sa courbe maximum durant le règne de Shâh ’Abbâs Ier. [51] Cette supposition ne se fonde pas sur les sabres dans les musées iraniens mais sur un sabre perse attribué à Shâh Tahmâsp (1524-1576) et exposé au Victoria and Albert Museum. On présume que ce sabre montre la transition entre le sabre perse ancien à la courbe légère et le sabre perse classique shamshir. Ce sabre a une courbe moyenne. Cependant, il faut noter que le terme shamshir est utilisé en anglais et dans les autres langues européennes pour faire référence au sabre perse classique shamshir à la courbe maximum, mais ce terme est un terme général et fait référence à chaque type d’épée droite ou courbe en langue perse. En fait, l’origine de ce terme vient du perse moyen (pahlavi) shamshēr, shafshēr et shufshēr [52] lors de la période sassanide. Durant cette période, toutes les épées perse furent droites et à deux tranchants. On peut observer des exemples de sabres à courbe maximum sur quelques miniatures persanes de la période timouride [53] et quelques sabres de cette période au Musée Militaire de Téhéran. [54] Les troupes safavides utilisaient aussi les masses à ailette (sheshpar), les haches (tabar) ou les haches de selle (tabarzin) pour attaquer les ennemis en armure lourde. [55] Pour le combat au corps à corps, elles utilisaient les dagues (khanjar) et couteaux (kârd).

Un jazâyer de la période de Shâh ’Abbâs, Musée Militaire de Téhéran

Les armes à feu

En 1599, l’Anglais Robert Shirley et le général favori de Shâh ’Abbâs Ier, Allâhverdi Khân de Géorgie commencèrent les réformes majeures de l’armée de l’Iran Safavide. Ces réformes consistaient à l’introduction massive de mousquets et d’artillerie afin d’améliorer nettement la puissance de tir de l’armée. Un nombre de mousquets persans de la période de Shâh ’Abbâs Ier (1587-1629) sont conservés au Musée Militaire de Téhéran. Ils étaient fabriqués par les fabricants d’armes perses à partir d’instructions et de modèles proposés par les frères Shirley (Robert et Anthony), conseillers militaires anglais. Les premiers mousquets de la période safavide étaient des mousquets à mèche. Un grand nombre de mousquets à mèche avaient un tube fabriqué d’acier damassé soudé. Les armes à feu à chargement par la bouche étaient chargées de poudre noire insérée par la bouche du tube du canon et poussée vers le fond du tube avec une baguette. Puis une pièce de tissu était insérée sur la poudre noire et une balle posée sur le tissu. Alors une autre pièce de tissu était placée sur la balle avec la baquette de façon à garder la poudre noire et la balle à leur place. Le mousquet à mèche avait un tireur pour appuyer sur la détente (le levier sous le mousquet) et faire tomber le serpentin (le bras de métal courbé). On déposait une petite quantité de poudre noire très fine (que l’on portait avec soi dans le shâkhdahane ou tchâshnidân) dans le bassinet (petite cuvette au centre). Au sommet du serpentin, était attaché un morceau de corde (mèche lente) qui brûlait lentement et faisait à son contact exploser cette poudre fine (première charge). Ce feu faisait exploser la deuxième charge de poudre noire (que l’on portait avec soi dans le bârutdân) dans le tube du mousquet. Cette dernière explosion propulsait la balle hors du tube du mousquet.

Tube incrusté d’or d’un mousquet à mèche de la période de Shâh ’Abbâs Ier, Musée Militaire de Téhéran

Les batailles de Shâh ’Abbâs contre les Ottomans en Azerbaïdjan et la libération de Tabriz

Le rétablissement de la paix aux frontières permit à Shâh ’Abbâs Ier et aux Safavides de concentrer leurs efforts sur la libération des territoires dans le Caucase du Nord-Ouest, de l’Ouest et du Sud-Ouest de l’Iran qui avaient été annexés par les Ottomans. [56] Shâh ’Abbâs Ier devait faire face à la machine militaire ottomane après de nombreuses reformes. Un facteur décisif encourageant les Safavides à agir fut l’arrivée de nombreux Khâns venus des territoires occupés de l’Iran dans les régions du Nord-Ouest (notamment Azerbaïdjan) et demandant à Shâh ’Abbâs de mener des opérations militaires contre les Ottomans. Le rôle de Qâzi Beyq, chef des Kurdes de Mâkou fut important. Il se plaignait des excès du gouverneur ottoman de Tabriz et des mauvais traitements envers les citoyens de Tabriz. [57] Le 14 septembre 1603, bien que les conseillers de Shâh ’Abbâs l’aient prévenu de la supériorité en nombre d’hommes des Ottomans sur l’Iran [58], l’armée safavide, nouvellement réformée, fut déployée sur l’Azerbaïdjan, occupé par les Ottomans. Pour tromper les Ottomans, Shâh ’Abbâs déclara officiellement que lui et ses troupes quittaient Ispahan pour les forêts du Mâzandarân dans le Nord pour s’engager dans une expédition de chasse. [59] Mais secrètement, Shâh ’Abbâs avait ordonné à Zolfaghâr Khân et Amir Goneh Beyg Qâdjâr (respectivement gouverneurs d’Ardebil et de Qazvin) d’unir leurs forces avec les corps de qolâm et la garde royale de qurtchiân. L’armée principale dirigée par Shâh ’Abbâs atteignit Tabriz et surprit la garnison ottomane. Les tactiques de Shâh ’Abbâs ont été décrites par Chardin. [60] La première étape consista à choisir les meilleures troupes pour infiltrer Tabriz et tuer un grand nombre de sentinelles ottomanes. L’étape suivante fut l’arrivée de 500 troupes iraniennes vêtues de vêtements civils afin de se faire passer pour des marchands. Puis Shâh ’Abbâs lança son attaque primaire avec 6000 hommes pour attaquer la ville. Cette troupe était assistée par les troupes de marchands de Tabriz. Les deux groupes combattirent contre la garnison ottomane pendant vingt jours dans les rues de Tabriz jusqu’à la capitulation des Ottomans le 11 octobre 1603. [61]

Un manuscrit sur la manufacture du canon de la période safavide par Soleymân Qurtchi Mezrâgh

La libération de Tabriz était de première importance. Tabriz était la plus grande et plus importante ville de l’Azerbaïdjan et le lieu de couronnement de Shâh Esmâ’il Ier, le fondateur de la dynastie safavide. Cette victoire fut une grande motivation pour le moral des troupes safavides qui avaient souffert des nombreuses défaites contre les Ottomans. Les Ottomans à leur tour payèrent chèrement la défaite de Tabriz. Dans une lettre à l’empereur mongol, Jalâl-e din Mohammad Akbar (1542-1605), Shâh ’Abbâs écrivit que les Ottomans avaient à Tabriz "…200 canons, 5000 mousquets… des approvisionnements suffisants pour dix années et tellement d’équipements pour défendre les forteresses…" [62] De nombreux soldats des anciennes troupes ottomanes se joignirent à l’armée safavide. Ceci peut en partie s’expliquer par le fait que durant la période de Shâh ’Abbâs Ier, les troupes safavides recevaient le double de la solde des guerriers ottomans. [63] Les Azerbaidjanais, qui avaient aidé l’armée iranienne à vaincre et expulser les Ottomans de Tabriz, célébrèrent et signalèrent leur loyauté envers le trône safavide et le chiisme. Mais les citoyens de Tabriz exercèrent également des représailles contre un grand nombre de soldats des troupes ottomanes capturés ayant commis des délits durant l’occupation. [64] De nombreux bâtiments et maisons dans la ville avaient été gravement endommagés durant l’occupation ottomane [65], et les troupes ottomanes avaient pris de nombreuses femmes de Tabriz contre leur volonté. [66] La Libération de Tabriz permit à l’armée safavide de reprendre Nakhchevan aux Ottomans. [67] Shâh ’Abbâs envoya également des messages au reste des garnisons ottomanes postées en Azerbaïdjan afin de les inciter à capituler. [68]

La libération de Tabriz eut des conséquences sur un grand nombre de victoires des Safavides contre les Ottomans, comme par exemple la défaite ottomane à Yerevan en juin 1604. [69] Cette défaite fut suivie par la chute d’Eshiq, qui capitula sans combat. Cette victoire fut une défaite majeure pour les Ottomans car Eshiq était un centre important pour les opérations militaires ottomanes contre les Safavides dans le Caucase. Les défaites successives de l’armée ottomane obligèrent Istanbul à négocier un règlement avec Shâh ’Abbâs Ier, aboutissant sur un traité de paix en 1612. Celui-ci força les Ottomans à renoncer à leurs conquêtes antérieures et à reconnaître également la validité des anciennes frontières irano-ottomanes. [70]

La bataille entre Shâh Ismâ’il et Sheybak Khân Uzbek, Palais de Tchehel Sotoun à Ispahan.

Références :

Sources primaires
- Âlam Ârâye Shâh Tahmâsp, Zendegâni-e Dâstâni Dovvomin Padeshâh-e Doreh-ye Safavi (La vie aventureuse du second roi safavide), édité et annoté par Iraj Afshâr, Téhéran, éditions Donyâ-ye Ketâb, 1991.
- Eskandar Beyg Torkaman (Monshi), Târikh-e آlâm آrâye ’Abbâsi (L’histoire آlam آrâye ’Abbâsi), édité et annoncé par Iraj Afshâr, 2 Vols, Téhéran, éditions Amir Kabir, 2003.
- Jonâbodi, Mirzâ Beyg Hasan ben Hosseini, Rozat al-Safaviyeh (Târikh-e Doreh-ye Safaviyeh) (Rozat al-Safaviyeh : histoire de l’époque safavide), annoté par Gholâmrezâ Tabâtabâ’i Majd, Téhéran, éditions et impression de l’Université de Téhéran, 1999.
- Nasrâbâdi Esfahâni, Mirzâ Mohammad Tâher (1938). Tazkare-ye Nasrâbâdi (Anthologie de Nasrâbâdi), annoté par Vahid Dastgerdi, Téhéran, imprimerie Armaghân, 1938.

Sources secondaires
- Abbâsi, M., Safarnâmeh-ye Chardin (Récit de voyage de Chardin), 10 vol., Téhéran, éditions Amir Kabir, 1956.
- Allan, J. & Glimour, B. (2000), Persian Steel : The Tanavoli Collection, Oxford : Oxford University Press, 2000.
- Amiri, M., Safarnâmeh-ye Veneziyân dar Irân (Récit de voyage des Vénitiens en Iran), Téhéran, éditions Khârazmi, 1970.
- Bâbâi, A, Târikh-e Artesh-e Irân (Histoire de l’armée iranienne), Téhéran, éditions Imân, 2005.
- Bayâni, J., Târikh-e Nezâmi-ye Irân (Jang-hâye Doreh-ye Safaviyeh) (Histoire militaire de l’Iran (Les guerres de l’époque safavide), Téhéran, éditions Setâd Bozorg-e Arteshdârân, 1974.
- Burton, A., The Bukharans : A Dynastic, Diplomatic, and Commercial History 1550-1702, Palgrave-Macmillan, 1997.
- Chardin, J., Voyage de Paris à Ispahan I : De Paris à Tiflis, Paris, 1983.

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Notes

[1Ravandi (1973:398, Vol. II).

[2Ravandi (1973:409, Vol. II).

[3Taheri (1975-1978:159).

[4Amiri (1970:448-449).

[5Ibid.

[6Amiri (1970:448-449).

[7Ibid.

[8Moshtagh Khorasani (2010b:20).

[9Bâbâi (2005:39).

[10Siâqi (1989:7) et ’Abbâsi (1956:239, Vol. VIII).

[11Shokri (1971:609) et Matufi (1999:656).

[12Shafâ (1969:343-348) et Shokri (1971:609).

[13Matufi (1999:659).

[14Shafâ (1969:343-348).

[15Bâbâi (2005:39).

[16Siâqi (1989:8).

[17Voir Whittow (1996 :203-204).

[18Chardin (1983:268, 290) et Gvakharia (1995:241).

[19Khânbâqi (2006:130-131) et Savory (1980:68).

[20Roemer (1991:272).

[21Voir Nasidze, Quinque, Rahmani, Alemohamad, & Stoneking (2006).

[22Matufi (1999:658).

[23Pikolosekayev (1975:525-525).

[24Shafâ (1969:343-348) et Falsafi (1965, Vol. I, 175-178).

[25Matufi (1999:658).

[26Siâqi (1989:51).

[27Falsafi (1965:177-178).

[28Voir Shafâ (1969:343-348).

[29Voir Târikh-e Rozat ol Safâ, (Original en 1851, réimprimé en 1960-1961), Vol. IX, pp. 359, 438).

[30Ibid.

[31Valle (1989:51).

[32Voir Shirâni (1957).

[33’Abbâsi, 1956, Volume VIII, pp.214-216.

[34Roemer (1991:291).

[35Matufi (1999:667).

[36Siâqi (1989:57).

[37Siâqi (1985:14).

[38Bâbâi (2005:40).

[39Khorasani (2010b:21).

[40Matufi (1999:734).

[41Matufi (1999:702).

[42Matthee (1999:394-396).

[43Amiri (1970:448-449) et Monshi (2003:653).

[44Voir Shirâni (1957:43-48, 106-107, 137-144, 185-186).

[45Voir Rajabniyâ (1955:50) et Ravandi (1973 : 398, Vol.II).

[46Bâbâi (2005:28).

[47Shokri (1971:156).

[48Khorasani (2010:202).

[49Jonabodi (1999:134).

[50Eskandar Beyg Torkamân (2003:701).

[51Allan et Gilmour (2000:198) ; Kobylinski (2000:60) ; Zakey (1965).

[52Farahvashi (2002 : 336) ; MacKenzie (1971).

[53Moshtagh Khorasani (2010a:347).

[54Moshtagh Khorasani (2006:133-140 ; 424-431)

[55Âlâm Ârâye Shâh Tahmâsp (1991:370) & Nasrâbâdi Esfahâni (1941:12).

[56Savory (1980:85).

[57Bayâni (1974:149).

[58Ibid.

[59Nahavandi & Bomati (1998:148-149).

[60’Abbâsi (1956:419, Vol. II), Matufi (1999:647) et Savory (1980:85-86).

[61Clodfelter (2008:61) et Dupuy & Dupuy (1977:586).

[62Falsafi (1965:22-23, Vol. IV).

[63Savory (1980:86).

[64Ibid.

[65Nahavandi & Bomati (1998:149-150).

[66Savory (1980:86).

[67Roemer (1991:267).

[68Matufi (1999:647-648).

[69Burton (1997:119).

[70Roemer (1991:267).


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