N° 88, mars 2013

L’influence du français sur la langue persane


Khadidjeh Nâderi Beni


Comme toutes les langues vivantes, le persan a subi diverses influences et réalisé des échanges linguistiques avec d’autres langues. Dans ces échanges interlinguistiques issus de rapports politiques, sociaux, économiques et culturels, la traduction tient un rôle important. Selon les recherches, parmi d’autres langues européennes, c’est le français qui a exercé l’influence la plus vaste et profonde sur la langue persane : dès le début de l’établissement des relations entre l’Iran et l’Europe, les Iraniens ont réservé un accueil favorable à la langue et à la littérature françaises. En persan, de nombreux mots et expressions ont été introduits du français sous forme d’emprunts ou de calques. Le présent article est une étude consacrée à l’influence de la langue française sur le vocabulaire de la langue persane.

Historique de l’influence du français sur la langue persane

La traduction joue un rôle central dans la communication entre les nations. La traduction est basée sur la langue et celle-ci sur la culture. Dès lors, des changements dans la culture entraînent également des transformations de la langue. Pour éclairer l’importance de la traduction, citons la formule de Khosrow Farshidvard qui écrit : « La langue persane a plusieurs dimensions dont le persan contemporain. Vu que ce dernier est et restera sous l’influence des langues européennes, à mon avis la question la plus importante de la langue persane contemporaine n’est que celle de la traduction… » (Farshidvard, Culture et Vie, p. 5).

Les relations économiques, politiques et culturelles entre les pays provoquent l’entrée de certains éléments d’une langue à une autre. La traduction des annonces et des titres des Unes, des articles, des colonnes et des rubriques politiques de la presse étrangère, etc., participent à l’entrée, bon gré mal gré, d’un grand nombre de nouveaux mots et expressions politiques dans le lexique persan sous diverses formes : « La traduction se présente sous plusieurs formes dont l’emprunt, le calque et la traduction mot-à-mot qui sont directs, face aux traductions indirectes : la modulation, la transposition, l’équivalent et l’attribution qui ne sont pas dans un rapport direct avec le mot. » (Ladmiral, p. 19).

Il est évident que pour étudier les modalités de l’influence du français sur le persan, il faut tout d’abord voir l’histoire des rapports bilatéraux entre l’Iran et la France : les relations entre l’Iran et l’Europe datent de l’époque safavide, mais il faut chercher l’origine des relations culturelles franco-iraniennes à l’époque qâdjâre. Les relations diplomatiques, culturelles et scientifiques entre l’Iran et la France, le voyage des étudiants iraniens en France, ont joué un rôle primordial dans l’influence qu’a subi le persan. "Les changements politiques sous les Qâdjârs, la naissance de l’imprimerie et le développement de la presse ainsi que l’ouverture à l’Occident par les voyages furent les principaux facteurs du développement des traductions en Iran au XIXème et au début du XXème siècle", souligne Ch. Balaÿ dans Sa genèse du roman persan moderne.

Dans son projet de fondation du Dâr-ol-Fonoun (l’école polytechnique), Amir-Kabir [1], qui ne trouvait pas l’encadrement pédagogique adéquat en Iran, dut recruter des professeurs étrangers. Au départ, les matières enseignées comprenaient essentiellement les sciences militaires et les autres sciences nécessaires à tout soldat : infanterie, artillerie, médecine, mais aussi complémentaires comme le français, ou encore l’histoire et la géographie. On vit ainsi l’apparition d’un grand nombre de mots et d’expressions traduits ou bien empruntés au français.

Selon M. Farshidvard, cinq facteurs ont contribué à accélérer le processus d’entrée du français dans la langue persane contemporaine : 1) Les fondateurs de la culture et de la civilisation modernes persanes ont dans leur grande majorité fait leurs études supérieures dans les universités de pays européens francophones, essentiellement en France et en Belgique. A partir de l’époque qâdjâre, de nombreuses traductions du français au persan furent réalisées dans lesquelles les traducteurs tendent à s’écarter du langage littéraire ampoulé et en vogue à l’époque à la cour qâdjâre. C’est le cas des Aventures d’Hadji Bâbâ d’Ispahân de J. Mourrier qui furent traduites par Mirzâ Habib Dastân-e Beni, surnommé Esfahâni. [2] Cette traduction, aujourd’hui considérée comme un chef-d’œuvre, fut imprimée en Iran au début du XXe siècle. Le travail de Mirzâ Habib n’est pas une simple traduction mais une sorte d’élévation du texte original, une réécriture de l’œuvre qui eut un impact important sur la littérature iranienne et inaugura une nouvelle phase dans l’histoire de la prose moderne persane. 2) De nombreuses lois juridiques et administratives ont été directement extraites et traduites à partir des lois françaises. 3) Pendant longtemps, on enseignait la langue française à titre de langue principale dans les écoles et les collèges iraniens. 4) La suprématie culturelle et scientifique de la France dans toute l’Europe et dans le monde. 5) Les syntagmes persans et français se ressemblent beaucoup ; c’est notamment le cas de l’ordre du nom et son complément, ou bien de l’ordre du nom et son adjectif dans les locutions adjectives.

Exemple :

La transcription

Le mot français

Le mot persan

Ekhtelâf-e nazar

Divergence de vue

اختلاف نظر

Mavadd-e avvalieh

Matières premières

مواد اولیه

Tchechmân-e âbi

Yeux bleus

چشمان آبی

Etude générale

Du point de vue typologique, l’ensemble des termes et expressions traduits du français est divisé en plusieurs types :

1- Les emprunts : Nous considérons comme emprunt au sens strict, les mots entrés dans le persan sans avoir subi de changement morpho-sémantique vis-à-vis de la langue d’origine. Ces mots sont donc simplement repris avec éventuellement une simple adaptation graphique ou phonétique. Si l’objectif de l’action d’emprunter est de remplir les lacunes lexicales, il peut être considéré comme un fait positif. Néanmoins, il faut autant que possible éviter ce que l’on appelle les emprunts superflus, c’est-à-dire emprunter des termes qui ont un équivalent en persan, car ce phénomène aboutira à l’appauvrissement de la langue emprunteuse et nuira au système lexical de la langue. Ainsi, le terme de minimessage (SMS en persan), peut simplement être remplacé par پیامک (payâmak) ou manœuvre (manovr en persan) par رزمایش (razmâyesh). Il arrive parfois que les équivalents approuvés par l’Académie soient rejetés par la communauté langagière, et que parallèlement les locuteurs de toute couche sociale composent des néologismes qui sont rapidement acceptés et mis en usage.

Les emprunts sont pour la plupart des termes techniques et scientifiques. A la suite de l’arrivée d’un phénomène scientifique, technique, etc., la nomenclature étrangère utilisée pour nommer et expliquer ce phénomène trouve une voie dans la langue emprunteuse. Certains emprunts français, s’accordant à l’appareil phonétique de la communauté persane, ont été persanisés pour former partie intégrante de la langue persane actuelle, comme : autobous, اتوبوس (l’autobus) ; télévision تلويزيون (la télévision). Parfois aussi, les deux ou trois morphèmes d’une locution sont tous des emprunts :

Transcription

Mot français

Mot persan

Bomb-e pelâstiki

Bombe plastique

بمب پلاستیکی

Kârt-e vizit

Carte de visite

کارت ویزیت

Kârt postâl

Carte postale

کارت پستال

Rob do châmr

Robe de chambre

رب دشامر

Orkestr samfonik

Orchestre symphonique

ارکستر سمفونیک

2- Les hybrides : il y a aussi des mots persans dont une partie est empruntée et l’autre persane ; ils s’appellent hybrides :

اتمي

Atomique

Le terminal « ique » se transforme parfois en « i » qui est un suffixe relatif au persan.

Atomi

بمباران

bombardement

Bombârân

 

- Certaines locutions sont composées d’un emprunt et un morphème persan ; dans la liste suivante, les morphèmes français sont écrits en gras :

سرويس جاسوسي

service d’espionnage

Servis-e djâsoussi

سياست امپرياليستي

politique impérialiste

Siâsat-e amperiâlisti

غير اتمي شدن

dénucléarisation

Gheir-e atomi chodan

كميسيون سياسي

commission politique

Komision-e siâsi

كنفرانس سران

conférence des chefs

Konferâns-e sarân

گارد ملي

garde nationale

Gârd-e melli

دیالیز کردن

dialyser

Diâliz kardan

3- Les calques (traduction littérale) : le calque est une traduction des éléments constituants du mot étranger par des éléments correspondants autochtones et combinés selon les règles propres à la langue emprunteuse. Nous pouvons observer de nombreux mots et expressions qui semblent être littéralement traduits des langues étrangères et surtout du français. Ils sont formés d’éléments persans et construits selon des modèles persans. Ces créations appartiennent au système linguistique persan, elles sont donc transparentes. Leur prononciation et leur orthographe ne posent pas de problème pour les utilisateurs du persan et ne provoquent pas la moindre réaction négative dans les sociétés iraniennes.

Sib-e zamini

Pomme de terre

سیب زمینی

Râh-e âhan

Chemin de fer

راه آهن

Noght-e nazar

Point de vue

نقطه نظر

Tcherâ ke na ?

Pourquoi pas ?

چرا که نه؟

Rou-ye kasi hesâb kardan

Compter sur quelqu’un

روی کسی حساب کردن

4- Les termes et expressions introduits indirectement à travers des traductions faites des langues étrangères dans les pays arabes comme le Liban : استعمار (la colonisation) ; اقتصاد (l’économie) ; اکثریت (la majorité).

Quelques remarques linguistiques :

a) Les traducteurs et même les linguistes commettent parfois des erreurs qui contribuent à faire de la langue une langue confuse et erronée, et menant à constater des cas comme suit :

1) Les verbes français sont traduits en persan à l’aide d’auxiliaires qui sont assez nombreux dans la langue persane, comme les verbes ci-dessous dont les auxiliaires sont soulignés :

Mekâniz-e kardan

mécaniser

مکانیزه کردن

Diâliz kardan

dialyser

دیالیز کردن

Elektroliz kardan

électrolyser

الکترولیز کردن

 

Néanmoins, il arrive parfois que le traducteur ou le linguiste forgent des verbes impropres et irréguliers, par exemple les verbes barghidan, برقیدن (électriser), younidan, یونیدن (ioniser), diyâlizidan, دیالیزیدن (dialyser), oxsâidan, اکساییدن (oxyder), qui sont formés par analogie avec des verbes comme fahmidan (comprendre), talabidan (vouloir) « فهمیدن، طلبیدن », et qui d’ailleurs, font une double falsification en construisant des faux mots tels que ionesh (ionisation), barghesh de bargh (électrisation), diâlizesh (dialyse).

2) Certains spécialistes tentent d’établir des rapports radicaux entre les éléments grammaticaux des deux langues de départ et d’arrivée. Par exemple, les préfixes trâ « ترا » et pirâ « پیرا » qui sont forgés par analogie avec « trans » et « para », et nous voyons des termes faux comme tarâbari « ترابری » et pirâpezeshki « پیراپزشکی », équivalents donnés pour les termes « transport » et « paramédical ». Dans les exemples suivants, nous voyons à l’inverse comment les éléments grammaticaux français ont été convenablement remplacés par les préfixes ou suffixes persans dont les originaux français figurent en gras :

تجديد- حيات سياسي

re-naissance politique

Tadjdid-e hayât-e siâsi

تصميم غير- قانوني

décision il-légale

Tasmim-e gheir-e ghânouni

تجزيه –طلبي

séparat-isme

Tadjzi-e talabi

سياست بي-طرفي

politique d’im-partialité

Siâsat-e bitrafi

هم-زيستي مسالمت آميز

co-existence pacifique

Hamzisti-e mosâlemet âmiz

3) A l’imitation des langues étrangères qui ont formé des mots comme « psycholinguistique », formé de psychologie + linguistique, certains traducteurs tentent de traduire les expressions étrangères en un seul mot et, par conséquent, ils n’arrivent pas à transmettre la signification originale. Reprenons l’exemple de pirâpezeshki « پیراپزشکی » qui est l’équivalent donné pour le mot français « paramédical » et qui est formé de deux morphèmes pezeshki « پزشکی » (médical) et pirâmoun « پیرامون » (autour de), mais qui ne permet plus de transmettre le sens exact et original du mot. Il vaut donc mieux dire dar hol-o-hosh-e pezeshki « درحول و حوش پزشکی » ou pezeshki janbi « پزشکی جنبی ». C’est aussi l’exemple de havânirouz « هوانیروز », forme atténuée de nirou-ye havâ’i vâbasteh be nirou-ye zamini « نیروی هوایی وابسته به نیروی زمینی », signifiant force aérienne dépendant de la force terrestre.

4) Parfois les équivalents donnés pour les termes étrangers introduisent dissonance ou une certaine cacophonie, par exemple pâdtan « پادتن » équivalent à « anticorps », est constitué d’un assemblage de d « د » et t « ت » dont les points d’articulation sont rapprochés et la prononciation difficile. Il est donc préférable d’employer zedd-e badan « ضد بدن », littéralement anti-corps. En outre, il faut autant que possible éviter les suffixes et préfixes anciens persans comme dej, pâ, khim, Afand, desh, etc.

c) Parmi l’ensemble de ces erreurs, certaines sont admissibles :

1) Les faux équivalents qui sont depuis longtemps acceptés et en usage ; par exemple, l’Organisation Mondiale de la Santé est connue en Iran, sous le nom sâzmân-e jahâni-e behdâsht « جهانی سازمان بهداشت » (organisation mondiale de l’hygiène), alors que son équivalent exact est « سازمان جهانی تندرستی ».

2) Les emprunts qui ont été persanisés et diffusés : télévision, تلویزیون (la télévision)

3) Les traductions littérales (calques) : rou-ye kesi hesâb kardan, روی کسی حساب کردن (compter sur quelqu’un) ; âtash goshoudan, آتش گشودن (ouvrir le feu)

b) Comme nous l’avons déjà dit, l’époque qâdjâre constitue le point culminant de l’influence directe des langues européennes sur la langue persane. Les traductions font paraître de nombreux mots et expressions sous diverses formes. Parallèlement l’emploi des mots et locutions arabes a tendance à diminuer ; ces deux paramètres faisant de la langue persane une langue de plus en plus simplifiée. Comme nous l’avons déjà signalé, les traductions de certains mots étrangers dont le français dans les pays arabes comme le Liban, ont été introduites dans la langue persane. Cette réalité souligne un type de pénétration indirecte du français dans la langue persane. En voici une liste plus détaillée :

1) Les mots :

Vatan

Patrie (nf)

وطن

Matbou’ât

Presse (nf)

مطبوعات

Mosta’mereh

Colonie (nf)

مستعمره

Djomhouri

République (nf)

جمهوری

Esteghlâl

Indépendance (nf)

استقلال

Eslâhât

Réformes (nf)

اصلاحات

Aghalyat

Minorité (nf)

اقلیت

Eghtesâd

Economie (nf)

اقتصاد

2) Les locutions :

Ghovây-e siâsi

Les Pouvoirs politiques

قوای سیاسی

Monâsebât-e siâsi

Les Rapports politiques

مناسبات سیاسی

Hayât-e eghtesâdi

La Vie économique

حیات اقتصادی

Ghânoun-e asâsi

La Loi constitutionnelle

قانون اساسی

Madjles-e melli

Le Parlement national

مجلس ملی

Concordance phonétique :

On sait que chaque langue a son appareil phonétique avec ses caractéristiques et ses propres particularités. En s’introduisant dans une langue, un mot s’harmonise phonétiquement avec les règles de la langue d’arrivée et perd son aspect étranger. On peut évidemment observer cette situation à propos des emprunts d’origine française qui ont été persanisés lors de leur introduction dans la langue persane.

En outre, nous pouvons évoquer certains changements phonétiques subis par les mots français entrés dans la langue persane :

a) [я] → [r] : Ex. service [seяvis] → [servis]

b) [a] → [â] : Ex. candidat [kãdida] → [kândidâ]

c) h aspiré → [h] : Ex. Hollande [’olãd] → [holand]

d) [œ], [ә], [ø] → [o] : Ex. terreur [tεяœя] → [teror]

e) [y] → [u] : Ex. capitulation [kapitylasjõ] → [kâpitulâsiyon]

f) [õ], [ã], [ε] → [on], [ân], [an] : → Ex. parlement [paяlәmã] → [pârlemân]

g) Des mots comme « sioniste » et « sionisme » ont été arabisés afin d’être prononcés facilement : [sjonist] → [sahyonist]

h) En ce qui concerne les emprunts du français qui commencent par deux consonnes, on ajoute une voyelle au début du mot, ou bien on met une voyelle entre les deux consonnes initiales. Ex. Standard [stãdaя] → [estândârd] ; clinique [klinik] → [kilinik]

Bibliographie :
- Balaÿ, Christophe, La genèse du roman persan moderne, Institut Français de Recherche, 1998.
- Farshidvard, Khosrow, "Influence de la traduction sur la langue persane", in Culture et Vie, n˚ 23, 1385 (2006).
- Discours sur la Langue persane, Téhéran, Amir-Kabir, 1375 (1996).
- Haghâni, N., Nazarhâ va Nazariyeh-hâye tardjomeh (Les points de vue et les théories de la traduction), Téhéran, Amir-Kabir, 1386 (2007).
- Ladmiral, Jean-René, Traduire : théorèmes pour la traduction, Paris, Gallimard, 1944.
- Safavi, Kourosh, Goftârhâ-ye dar zabânshenâsi (Discours sur la linguistique), Téhéran, Hermès, 1380 (2001).
- Moshiri, Mahshid, 10 articles sur la Langue, le Lexique et la Traduction, Téhéran, Alborz, 1373 (1994).
- Nâderi Beni, Khadidjeh, "Emprunt : « la solution désespérée de la traduction ? »", in La Revue de Téhéran, n˚ 41, avril 2009. Consultable sur : http://www.teheran.ir/spip.php?article935.
- Nâsseri, K., "Nokâti darbâreh-ye zabân-e elmi-ye Fârsi" (Quelques notes sur la langue scientifique persane), extrait de La langue persane, la langue de science, Téhéran, Markaz-e Nashr-e Dâneshgâhi, 1363 (1984).

Notes

[1Mirzâ Taghi Khân Amir-Kabir est l’un des plus grands politiciens de l’histoire qâdjâre. Après sa désignation à la présidence de la cour qâdjâre, il réorganisa les affaires sociales et politiques. Avec l’instauration du Dâr-ol-Fonoun et l’emploi de professeurs étrangers, il compte parmi les avant-gardes de la modernisation en Iran. Après son exil à Kâshân, il fut assassiné par des agents gouvernementaux.

[2Mirzâ Habib Dastân-e Beni, surnommé Mirzâ Habib Esfahâni. Il fut le premier Iranien à compiler la grammaire persane. Il rédigea cette compilation en prose, dans un langage clair et simple, et choisit le titre de Dastour-e zabân, à la place du terme arabe sarf va nahv. Cet écrivain novateur fit ses études à Ispahan et à Téhéran, pour les poursuivre ensuite en Allemagne et à Bagdad. Son pseudonyme poétique était Dastân ("histoire") et il composait des poèmes en persan et en turc. Libéral, il critiqua le régime de l’époque et dut s’exiler en Turquie où il décéda en 1897 (1318) et fut enterré à Boursey. Voir aussi notre article intitulé : « Présentation de la version persane des Aventures de Hadji Bâbâ d’Ispahan » dans La Revue de Téhéran, n°36, novembre 2008 ; consultable sur : http://www.teheran.ir/spip.php?article828.


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