N° 90, mai 2013

Les broderies (souzandouzi) des Turkmènes d’Iran


Maryam Shahbâzi, Marzieh Shahbâzi


Les Turkmènes constituent une grande tribu vivant au nord-est de l’Iran. Au début nomades et éleveurs, ils se sont progressivement sédentarisés pour se consacrer à des activités agricoles après la Seconde Guerre mondiale. Ils parlent le turkmène. Les femmes et les jeunes filles turkmènes sont réputées pour la qualité de leur fabrication de divers objets d’artisanat comme les tapis, les bijoux en fer, les habits cousus à la main, ainsi que la broderie ou souzandouzi.

Le souzandouzi est un artisanat encore pratiqué dans tout l’Iran. Les fils multicolores dessinent ainsi les images traditionnelles issues de chaque région. Les objets créés ont des utilisations très diverses, et servent parfois d’ornements aux poignets, au bord des jupes, des cols, etc.

Exemple de souzandouzi

Le souzandouzi des Turkmènes, également nommé siâhdouzi, était autrefois utilisé pour divers usages décoratifs dans la confection de vêtements d’hommes, de femmes et d’enfants. Néanmoins, de nos jours il est majoritairement employé pour les vêtements féminins. Cet artisanat est pratiqué en Iran, dans la province du Golestân et dans une partie de la province du Khorâssân.

Le souzandouzi des Turkmènes est formé de fines chaînettes serrées appelées sanjim en langue turkmène. En général, une ligne droite tout autour du tissu est brodée de petites chaînettes puis ensuite, des motifs géométriques, symétriques, souvent répétitifs représentant des animaux ou des végétaux sous une forme symbolique et simplifiée. Parmi ces symboles figurent notamment l’araignée (muï), le scorpion (sari ichan), la corne de bélier (gluchan), etc.

Exemples de vêtements ornés par le souzandouzi

Comme nous l’avons évoqué, le souzandouzi des Turkmènes s’effectue généralement sur des vêtements de femme, et plus rarement sur ceux d’hommes ou d’enfants. Parmi ces vêtements figurent :

La robe : Le col et le bord des poignets des robes sont souvent ornés par le souzandouzi.

Le pantalon féminin (balagh) : Autrefois, le bas des pantalons féminins était orné de souzandouzi sur une largeur de 3 à 10 centimètres mais aujourd’hui, cette surface tend à se réduire à un centimètre. Le souzandouzi sur le col et au bord des poignets est moins présent, mais un balagh sans souzandouzi est très rare.

Le chapeau (alindangi) : Les femmes turkmènes portent des chapeaux ronds nommés alindangi, d’une hauteur de 2 cm à 2,5 cm pour les jeunes mariées. Les femmes plus âgées portent des alindangi plus hauts. Le bord de ces chapeaux est orné par le souzandouzi.

Le buruc : Plat et sans relief, le buruc ou bonnet est souvent orné de différents motifs de souzandouzi. Les jeunes filles l’ornent par des bijoux en argent. Ceux des hommes s’appellent takhia.

Le shabast : Les femmes turkmènes le portent comme un voile sur la robe. Les jeunes filles préparent une jaquette particulière chargée de souzandouzi, de pendentifs de pièces de monnaie et de paillettes argentées pour leur mariage.

Le boqcheh : Le boqcheh sert de couverture au Coran, et il est souvent orné de souzandouzi sur le devant.

Robe traditionelle brodée des Turkmènes

Les motifs du souzandouzi

Motifs de fleur : Symbole des tapis turkmènes, la fleur s’emploie généralement comme ornement des alindanghi

Le burmehcheguin : En turc, burmeh veut dire fermer et cheguin, le bras. D’après les vieilles femmes, pour faire remonter le sang d’un évanoui, il faut lui bander fermement le bras. Ce motif était cousu au bord des bas de pantalons et des chapeaux féminins.

Le ghuchan : ce motif s’emploie dans la plupart des objets d’artisanat turkmènes et surtout dans les feutres. Lorsqu’il est utilisé pour le souzandouzi, ce motif qui ressemble à un bélier s’emploie sur les pantalons féminins, les chapeaux, les cols, les poignets des robes et les foulards.

Le tirraburoun : Le caviar se nomme tirana en turkmène et ce motif représente l’image de ce poisson. Il est également utilisé dans le souzandouzi sur les chapeaux et les pantalons de femme.

Le chaghmagh : Ce motif est inspiré des pinces de forgeron, et sert à orner les bas de pantalons féminins.

Le sari ichan : Ce terme signifie "scorpion jaune". Les Turkmènes habitant la plaine de Ghareh Gom ont créé ce motif sous l’inspiration de la nature. Selon eux, le scorpion symbolise l’éloignement du mal. Le motif orne les pantalons féminins.

Le motif du jardin : Ce motif est plutôt employé chez les agriculteurs et est figuré sur la base d’une image simplifiée de l’arbre.

Le chalpeh : Chalpeh veut dire pendentif. Il a son origine dans les motifs en marge des tapis turkmènes.

Bostani (forêt) : On voit souvent ce motif sur les chapeaux.

Motifs divers : ghuch ghanat (aile d’oiseau), dortgoz (quatre yeux), ghoymugh, ciseaux, motif de tekeh (une région des Turkmènes), motif d’univers (qui se voit en marge des tapis turkmènes), motif de canard, de muï (araignée), de kabbe, de tutar, d’omreh, etc.


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