N° 93, août 2013

Le commerce iranien sous les Safavides


Shahâb Vahdati


Presque simultanément à l’établissement de l’Etat safavide en Iran, l’Empire ottoman s’étend considérablement, et celui des Moghols s’impose en Inde. Les Russes poussent leur zone d’influence jusqu’à la frontière nord-ouest de la Perse, et les Ouzbeks remplacent les Timourides dans le nord-est. Au sud, les Portugais développent leur influence dans le golfe Persique, suivis par les Hollandais et les Anglais. Ces changements presque simultanés auront des influences variables sur le commerce iranien. Par exemple, il se développe avec l’Empire ottoman, malgré une série de guerres qui parfois même conduisent à une interdiction totale par les Ottomans de tout commerce avec la Perse ou à des tentatives visant à limiter le commerce de troc, afin de réduire la réserve iranienne en lingots d’or. Le commerce avec l’Asie centrale, ayant joué un rôle important sous les Timourides, sera toutefois affecté par les guerres des Safavides contre les Ouzbeks. Les Russes domineront désormais le commerce avec cette partie du monde. Les rapports avec la Russie, de peu d’importance en termes quantitatifs, sont pourtant, à la suite de la conquête russe d’Astrakhan en1554, d’un intérêt politique certain. Ces relations ouvriront par ailleurs une nouvelle route pour l’exportation de la soie vers l’Europe, fournissant ainsi aux Safavides un avantage supplémentaire dans leur rivalité avec les Ottomans. Néanmoins, la voie terrestre russe n’aura jamais une importance économique pour la Perse. Shâh Abbâs Ier (1588-1629) accueillit les Anglais et les Néerlandais pour des raisons politiques similaires et ainsi, le progrès des échanges commerciaux à travers le golfe Persique peut être considéré comme l’événement commercial le plus important de ces trois siècles safavides. Ceci dit, le développement du commerce maritime n’a jamais entièrement éliminé le commerce terrestre avec l’Inde. Aujourd’hui, il est impossible d’estimer l’ampleur du changement apporté par l’accroissement du commerce maritime. Niels Steensgaard estime qu’il coûta considérablement cher pour le commerce terrestre, mais les données impressionnantes ne confirment pas sa conclusion. Par exemple, sous Shâh Tahmâsb Ier (1524-76), les recettes douanières de Kandahar constituèrent une part importante des revenus jusqu’à la fin du règne de Shâh Abbâs Ier. En fait, Kandahar demeura un lieu de transit remarquable pour le commerce irano-indien tout au long de la période safavide.

Le roi safavide Shâh Abbâs Ier envoya nombre d’ambassadeurs en Europe, notamment en Russie, Norvège, Allemagne et Italie. Cette fresque du Palais des Doges à Venise montre le Doge Mariano Grimani recevant les ambassadeurs persans, 1599.

Il est presque impossible de donner des chiffres exacts sur le volume des échanges iraniens durant les XVIe-XVIIIe siècles. Là où il est question de la balance commerciale, il y a encore moins d’informations. Les données quantitatives sont généralement absentes. Les données concernant les commerces iraniens aux XVIIe-XVIIIe siècles sont principalement conservées dans les archives des compagnies hollandaise et anglaise. Quoiqu’on ne sache pas quelle est la part totale des échanges iraniens contrôlés par ces sociétés. Les chiffres exacts concernant le commerce terrestre avec l’Empire ottoman, l’Inde, les pays de l’Asie centrale et la Russie ne sont pas disponibles non plus. Néanmoins, les montées et les descentes des données confirment certains événements incontrôlés tels que les guerres et les mauvaises récoltes. Malgré ces revers, il semble que la croissance générale du volume des échanges commerciaux commence dans les années 1550. Elle sera interrompue temporairement par les luttes internes entre des anciens partisans de Shâh Abbâs Ier conduisant à divers soulèvements. La prospérité économique se poursuit dans les conditions généralement pacifiques du XVIIème siècle, à l’exception de la courte campagne indienne contre Kandahar en 1648-1654, mais plus tard et avec le déclin progressif de la sécurité intérieure, l’économie témoignera à nouveau d’une certaine décadence. Après 1710, la situation empire, en raison d’incursions par les différents groupes sur les frontières ; Baloutches, Afghans, Lezgi, et Arabes, tous se révoltent à la fois. Enfin, l’Iran tombe dans les mains de Mahmoud l’Afghan en 1722, événement qui met fin à l’ère safavide. Le commerce iranien avec l’étranger subit un arrêt presque total malgré les échanges locaux qui peuvent être poursuivis, bien qu’à un niveau élémentaire et afin d’approvisionner les villes d’articles de première nécessité. Lorsque les Iraniens reprennent le pouvoir en 1730, le commerce avec l’étranger est repris, mais à un niveau nettement inférieur à celui de la période pré-afghane. La guerre, la famine, la peste, et le pillage ont fait des ravages parmi la population, et il faut du temps pour restaurer la base productive du pays. La politique belliqueuse de Nâder Shâh (1736-1747) affecte également le commerce, le peuple perdant considérablement son pouvoir d’achat, et les coûts du commerce augmentant en raison de paiements de garanties et autres assurances. La brève recrudescence du commerce extérieur après la mort de Nâder Shâh, elle, est rapidement contrecarrée par la reprise des combats entre les prétendants à la succession. Karim Khân Zand (1750-1779) en sort victorieux sur la majeure partie du territoire perse, et à cette période de successions succède un interlude relativement calme, quoique les guerres, ayant décimé entre-temps la population, aient affaibli les finances. Un voyageur anglais visitant l’Iran en 1790 observe que les fabrications et le commerce y sont en faillite totale depuis la mort de Karim Khân, que la moindre période de paix manque pour permettre un redressement commercial, que seul le retour d’un gouvernement fort permettrait une reprise de ce commerce touché par le désastre.

Fresque mettant en scène les ambassadeurs de Shâh Abbâs Ier en Europe (1609-1615) rendant visite au pape Paul V à Rome. Peinte en 1615-1616, cette fresque orne la Salle des Corazzieri au Palais Quirinal à Rome.

Pour en revenir à l’ère safavide, l’Empire ottoman et la Russie payent principalement en or et en argent leurs importations de l’Iran. Les médailles d’argent qui doivent être fondues et refrappées en Iran fournissent des revenus abondants à l’ةtat et aux agriculteurs. D’après le rapport de Vincente d’Alessandri, ceux qui importent l’argent de Turquie profitent d’un gain de 14 % à 20% pour l’or et 15% pour le cuivre. Il est vrai qu’à cause des grandes dépenses, l’exportation de métaux précieux est alors interdite. Il semble que pendant toute la période safavide, les surplus de l’Empire ottoman et du commerce russe aient payé pour un déficit commercial persistant avec l’Inde, bien que dans les années 1620-30, les Hollandais et les Anglais aient aussi fourni de grandes quantités d’argent à la Perse. Les importations néerlandaises s’élèvent à 1, 2 million de florins entre 1623 et 1634, alors que les chiffres du commerce avec l’Empire ottoman et la Russie ne sont pas enregistrés. Dans les années 1630, les Hollandais et les Anglais commencent à exporter des lingots de Perse, mais la vraie sortie du numéraire se fait à travers le commerce privé illégal du personnel de la compagnie néerlandaise des Indes orientales. Il y a aussi une fuite considérable du numéraire à travers le pèlerinage à La Mecque et les sanctuaires chiites en Irak, ainsi que la thésaurisation locale. Le montant du numéraire sorti du pays par les pèlerins est considérable. Par exemple, en automne 1715, une caravane, déclarant être composée de 30 000 hommes et femmes, quitte Ispahan pour La Mecque. Si chacun d’eux dispose de 10 tomans ou 425 florins, la somme d’argent véhiculée s’élèvera à 300 000 tomans ou 1 275 000 florins. Il n’est donc pas surprenant, en absence de mines d’or et d’argent en Iran, que le commerce prospère de moins en moins et que l’argent se raréfie en permanence. C’est un phénomène récurrent, qui sans avoir toujours une telle ampleur, arrive régulièrement. Dans le but d’empêcher la fuite du numéraire via le pèlerinage aux lieux saints d’Irak, sous contrôle ottoman, Shâh Abbâs Ier promeut Mashhad en tant que centre de pèlerinage chiite. Pendant les guerres contre l’Empire ottoman dans les années 1732-1746, les sultans turcs interdisent le commerce avec la Perse et le surplus du numéraire disparaît. Le déficit iranien doit alors être compensé par l’exportation de cuivre et de bijoux. En raison de la valeur élevée de l’or et de l’argent en Perse par rapport à celle en Inde, l’exportation de cuivre est plus avantageuse pour les commerçants persans dans les années 1740-1760. Ce modèle a été remis en cause pendant une courte période en 1163-66/1749-52, lorsque les butins des campagnes indiennes de Nâder Shâh payèrent pour les importations.

Détail du tableau « Allégorie de l’occasion » de Frans Franken II, montrant l’ambassadeur du Safavide Shâh Abbâs Ie Grand en Europe. Ce roi y est dépeint en César couronné de lauriers et l’ambassade persane figurée en allégorie de l’occasion, 1628.

Les articles se trouvant à la base du commerce iranien sont principalement des textiles, des épices, des métaux, du sucre, divers médicaments, du café et des bois exotiques. Parfois, des changements surviennent dans le niveau et la nature des principaux articles d’importation, mais en général le modèle reste le même. On importe une grande variété de textiles de l’Inde, en particulier de la côte de Coromandel et du Gujarat. Les importations s’effectuent par voie terrestre ou maritime, et en dépit de la forte concurrence des marchands hollandais et indiens, les Persans dominent ce commerce. Les tissus européens sont également un article d’importation et des lainages tissés comme les serges durables, appelés pied-de-poule, sont particulièrement prisés. Les profits sur le commerce des épices, dont le poivre, le macis, le clou de girofle, la muscade et la cannelle sont très élevés. Les Portugais et plus tard, les Hollandais contrôlent le commerce, quoiqu’ils soient continuellement concurrencés par des marchands indiens qui importent le poivre de Malabar et la cannelle de Ceylan. Au XVIe siècle, le sucre provient principalement de l’Inde, mais après l’entrée des Hollandais sur le marché iranien, le sucre importé de Formose, puis du Bengale et de plus en plus de Java prend le dessus sur le sucre indien. Les Anglais et les commerçants locaux continuent cependant à importer le sucre de l’Inde et de la péninsule arabique. Le cuivre et l’acier arrivent par voie terrestre en provenance d’Inde à grands frais, parce que les Portugais, durant leur occupation, interdisent l’accès au commerce du golfe Persique. Néanmoins, après la chute de la base commerciale portugaise à Hormoz, défaite par les forces navales anglaises en 1622, les Hollandais fournirent à la Perse le cuivre en provenance du Japon, l’étain de Malacca, le fer et le zinc de l’Inde. Le camphre, l’indigo, la cardamome, le smilax, la laque et le benjoin sont importés de divers pays d’Asie (Java, Thaïlande, Chine, Inde), le café de Moka au Yémen et le bois de santal, le sappan et l’aloès viennent principalement de Thaïlande.

Affranchies à nouveau de l’échange des lingots, les exportations reprennent une fois de plus. Elles comprennent principalement la soie, les chevaux, les poils de chèvre de Kermân et les perles. Les articles mineurs comportent les fruits secs, les noix, la rhubarbe, la garance, le cuir, l’eau de rose et le vin. Le niveau des exportations de soie fluctue suivant les conditions agricoles, la demande du marché, et la situation politique. D’après les estimations fournies par les voyageurs du XVIIe siècle, il était trop élevé. La production de la soie recula en 1720, probablement à cause de la guerre et de la maladie du ver à soie. Jonas Hanway cite un total de 160 tonnes en 1750. Il n’existe aucune donnée sur la sortie de poils de chèvre de Kermân, mais les Hollandais et les Anglais en exportent de 5000 à 228 000 livres par an entre 1659 et 1673, la première et la dernière des années au cours desquelles cette exportation a été effectuée. Les chevaux de Fârs sont un important élément d’exportation, sur lequel les Portugais en particulier spéculent jusqu’au début du XVIIe siècle. Après leur départ, les Hollandais et les Anglais tentent de reprendre ce commerce, sans pouvoir obtenir l’autorisation d’exporter plus d’une douzaine de chevaux par an. Le contrôle de la Perse sur l’exploitation des perles à Bahreïn est intermittent et se clôt définitivement en 1756. Le Shâh iranien revendique 30% pour cent de la récolte, et on vend le reste. Les essences florales et les vins sont achetés par les Hollandais et Anglais. Un produit d’exportation curieux est le bâdâm talkh, une amande amère immangeable utilisée en Inde comme monnaie symbolique. L’exportation relativement faible des beaux velours, des brocarts, des taffetas, et des tapis produits en Perse a pour cause principale leur coût élevé et leur trop grand raffinement, qui les rend moins appréciés en Europe par rapport aux produits turcs et indiens.

En 1609, deux ambassadeurs de Shâh Abbâs le Grand étaient reçus par le pape Paul V : Aligholi Beyg et Robert Sherley. Cet événement, dépeint dans la fresque du Palais de Quirinal, marqua le début d’une longue période d’échanges entre la Perse et l’Italie.

Le commerce local est beaucoup plus important que le commerce extérieur en Perse. Il se compose principalement de la circulation des articles strictement nécessaires comme les produits alimentaires, les textiles, les chaussures et les ustensiles. La portée de ces échanges est généralement limitée à un seul marché et ses alentours. Par exemple, Hamedân fournit le riz et le blé des provinces environnantes et Jean Chardin observe au XVIIe siècle que les marchands de Qazvin ne peuvent pas trouver de marchés pour leurs denrées alimentaires excédentaires. Néanmoins, des villes comme Ispahan, avec sa population relativement importante, offre son marché aux produits des éleveurs du Lorestân, le riz de Kermânshâh, et les fruits des plaines de Shirâz. A Ispahan, l’Arménie et l’Azerbaïdjan exportent des fruits frais et secs, du savon, des lames d’épée, et de la céramique ; Kâshân y vend ses melons et la Géorgie, son vin. Shirâz envoie son vin à Bandar-Abbâs, où il est exporté à l’étranger, et Yazd rivalise sur le même marché avec des produits moins chers. Les provinces de Kermân et du Sistân fournissent tapis et autres étoffes importantes. Les habitants de Lâr, près de Shirâz portent des chapeaux de feutre produits à Kermân et Yazd, où l’on fabrique également des habits de laine, témoigne Tavernier.

Les entreprises néerlandaises et anglaises des Indes orientales sont les premiers partenaires commerciaux bien capitalisés établis en Perse, fournissant, au premier abord, une source d’argent aux Safavides. Cependant, ils demandent et obtiennent des accords (en 1617 et 1623), leur octroyant la liberté de commerce, l’exonération des droits et divers autres avantages, parfois même des droits extraterritoriaux. Les Portugais avaient reçu des droits similaires en 1631 et les Français en 1666, mais le rôle de ces deux pays dans le commerce du golfe Persique reste insignifiant. En fait, les Portugais cessent catégoriquement d’être le partenaire commercial de la Perse après leur défaite contre Shâh Abbâs à Hormoz. Tous les autres commerçants doivent payer des taxes frontalières et routières, ainsi que les péages aux portes des villes. Entre 1617 et 1629, Shâh Abbâs Ier établit un monopole sur l’exportation de la soie, de sorte que les commerçants sont contraints de la lui acheter ou alors de payer une taxe d’exportation élevée. Ce monopole est aboli après sa mort, bien que ses successeurs aient continué à employer des marchands royaux travaillant pour la cour et disposant d’une position privilégiée sur le marché. Malgré ces concessions commerciales favorables, les sociétés néerlandaises et anglaises affrontent des problèmes, quoiqu’elles arrivent généralement à résister à l’arbitraire du système persan. Même les marchands iraniens travaillant en tant que courtiers pour les Néerlandais et les Anglais profitent également de la protection de ces entreprises, même quand cette dernière n’est pas toujours pleinement efficace. D’autres marchands perses et indiens font office d’intermédiaires entre les divers responsables des douanes et les Hollandais et Anglais, pour le transport des marchandises. En échange, ce sont aussi leurs propres marchandises qui transitent sur les voies maritimes, avec un coût largement inférieur aux taxes routières. Lorsque la sortie des lingots est interdite par Shâh Abbâs II en 1650, les Hollandais et les Anglais les font illégalement sortir, en les cachant dans des ballots de soie. Finalement, le gouvernement persan reconnaît sa défaite et permet l’exportation des lingots pour un montant défini.

Les Iraniens qui s’engageaient dans le commerce extérieur appartenaient à différentes confessions, mais il est difficile de séparer nettement les confréries marchandes sur cette base. Il semble que les Arméniens, jouant un rôle majeur dans le commerce de la soie dans le milieu du XVIe siècle, établissent des marchés et des contacts à l’étranger et étendent progressivement leur commerce à d’autres marchandises. Parmi les marchands musulmans, ceux de Shirâz semblent être particulièrement actifs dans le commerce du golfe Persique et le commerce avec les compagnies des Indes orientales. Le commerce avec l’Inde est plutôt réservé aux Indiens, bien que les marchands juifs y soient aussi très actifs. Quant au commerce local, il est plutôt tenu par les musulmans. ہ la fin du XVIIIe siècle, le marché local est majoritairement tenu par des Persans.

Bien que l’importance relative des routes servant de moyens de transport des marchandises ait fluctué en fonction des réalités politiques, celles-ci restent en usage pendant toute la période safavide. Le commerce avec la Turquie, qui est principalement celui de la soie, se fait par Qazvin (l’entrepôt principal de la soie Caspienne) via Tabriz-Erzurum en Anatolie ou, encore, via Ardebil et Erevan, jusqu’à Erzurum. Une autre route traverse le sud de l’Empire ottoman, allant via Hamedân à Bagdad, à Mossoul, puis à Alep. La route principale de la Russie lie le nord de Baku à Darband, puis à Astrakhan. Et celles du nord-est connectent Balkh à Khojand, Marv, Boukhara et Samarkand à Mashhad. A l’ouest de Mashhad, la route passe par Semnân et Téhéran, puis descend vers le sud et traverse Qom et Kâshân pour rejoindre Ispahan. Une autre route passe vers le sud par Birjand, Bam, Kermân, Yazd et Bandar Abbâs. De Birjand, une route secondaire va à Kandahar puis à Kaboul et jusqu’en Inde. D’Ispahan, il y a des routes d’hiver et d’été menant à Bandar Abbâs. Pour faciliter les déplacements le long de ces routes, inadaptées aux véhicules à roues, les Safavides construisent des caravansérails, des réservoirs d’eau et des ponts, et dans le but d’assurer aux voyageurs la fourniture d’une sécurité relative, les routes sont surveillées par des gardes. Pendant la haute saison du commerce, un voyageur peut croiser presque tous les jours des caravanes sur sa route. Les caravanes de la compagnie néerlandaise des Indes orientales peuvent inclure jusqu’à cent animaux. Dans les villes, les caravanes sont déchargées près des caravansérails ou à proximité des bazars, là où certains emplacements spécifiques sont désignés pour les marchands et leurs biens.

Quant à la mer Caspienne, il semble exister un commerce maritime assez faible en raison des pirates, quoiqu’il y ait une industrie de pêche florissante. Hormoz et Bandar Abbâs sont successivement les principaux ports du golfe Persique jusqu’en 1750, bien qu’ils ne soient ouverts qu’aux seules saisons de navigation, de novembre à mai, également saisons de pêche. En été et en automne, non seulement la mousson, mais aussi le climat féroce régnant sur les rives du golfe Persique mettent un terme à cette activité. Bandar Abbâs est finalement abandonné par les Hollandais en 1758 et par les Anglais en 1763. Après 1750, l’île de Khârk et Boushehr rivalisent pour le contrôle du commerce dans le golfe Persique et Boushehr émerge graduellement pour devenir dominant, après la chute de l’île de Khârk en 1766.

Bibliographie :
- Asieh Bahrâmi, "Negâresh-e omoumi bar kârvân sarâ-hâye esfahân-e asr-e safavi" (Les caravansérails safavides d’Ispahan, un survol général), Revue Târikh Pajouhi, No. 34, 2008.
- Zahra Ghâssemi, "Tejârat-e dâkheli dar Irân dar asr-e soltân Shâh Abbâs Safavi" (Le commerce intérieur iranien à l’époque safavide), Hâfez, No. 51, 2008.
- Safourâ Lâdâni, Ali Kajbâf, "Kârvân va seyr-e kârvân-hâye tejâri dar Irân-e ahd-e safavi" (La caravane et l’itinéraire des caravanes commerciales sous les Safavides), Revue des recherches historiques de l’université du Sistân, 2009.


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