N° 98, janvier 2014

Sur la fameuse leçon morale de Candide de Voltaire
"Il faut cultiver notre jardin"


Arezou Abdi


François-Marie Arouet dit Voltaire fut sans doute l’un des plus grands philosophes du XVIIIe siècle. Il a notamment exprimé ses pensées philosophiques au travers de contes dont l’efficacité a permis une importante vulgarisation de ses idées. D’un certain point de vue, les contes de Voltaire - Candide en particulier - sont des fictions proches de l’expérience autobiographique et le reflet de sa propre vie. D’épicurien joyeux et optimiste au début, sa pensée évolue au fur et à mesure des expériences douces et amères de la vie, le transformant peu à peu en pessimiste. Voltaire, pour qui le progrès et la civilisation devaient permettre d’assurer le bonheur des hommes, revient ensuite sur cet optimisme philosophique et, en particulier à la suite du tremblement de terre de Lisbonne de 1755, il fait face à la question de l’existence du Mal sur la terre. Selon lui, le Mal existe mais il faut l’éviter par le moyen de l’action qui est le but de la vie humaine et permet d’accéder au bonheur. On peut dès lors parler d’un écrivain-philosophe humaniste qui, comme l’affirme André Maurois, "souhaite sérieusement justifier un précepte moral... à travers l’idée de la société." [1]

François-Marie Arouet dit Voltaire

L’histoire de Candide, qui correspond à la pleine maturité psychologique et littéraire de Voltaire - il a alors plus de soixante ans - mais aussi à une période de désillusion - la rupture, l’instabilité et diverses crises se manifestant dans les événements internationaux - représente sans doute la somme de la pensée philosophique de Voltaire et aboutit à "des conclusions à la fois pessimistes et courageuses." [2] Candide, dans lequel la fiction et la réalité se confondent (l’expérience du tremblement de terre de Lisbonne au cours du voyage imaginaire du héros), se termine au chapitre XXX par les paroles d’un vieillard turc : "Le travail éloigne de nous trois grands maux : l’ennui, le vice et le besoin." C’est après avoir rencontré le vieillard que Candide décide de "cultiver son jardin", la fameuse maxime de sagesse aux accents épicuriens par laquelle se termine l’odyssée de Candide et tous ceux qui l’accompagnent.

"Il faut cultiver notre jardin" est tout d’abord une phrase de conclusion du chapitre XXX, mais aussi une conclusion de l’œuvre. Mais que veut dire Voltaire par cette courte phrase ? Vers la fin du conte, à Constantinople (où Candide rencontre le vieillard turc), Candide et ses amis cherchent une réponse à leurs questions, une philosophie de vie qu’ils pourraient suivre à long terme. A cet égard, la première personne qu’ils rencontrent, le derviche, leur dit ce qu’il ne faut pas faire, c’est-à-dire il ne faut pas trop parler ni avoir des idées prédéterminées, mais s’efforcer de garder un esprit vierge. La rencontre avec le vieil homme qui tient un jardin et qui, avec sa famille, s’occupe de faire des confitures, leur dit ce qu’il faut faire. La vie de ce vieillard nous montre la valeur des joies simples, de la coopération familiale, et surtout de l’utilité et de l’encouragement des talents humains. Inspirés de ce modèle, Candide et les autres arrivent à cette conclusion : "Il faut cultiver notre jardin", c’est-à-dire qu’il faut travailler si on veut être heureux, il faut entretenir son bonheur. C’est une sorte de balance entre la philosophie de Pangloss (le maître de Candide) et celle de Martin (le compagnon de route de Candide), toutes les deux poussées à l’extrême. Considéré comme le porte-parole de Voltaire, Martin est un manichéen qui croit à une prédominance du Mal sur le Bien, tandis que Pangloss est le représentant de la philosophie optimiste de Leibniz dont "la métaphysique rend raison de toutes choses avec un optimisme raisonné." [3]

En acceptant que notre monde n’est certainement pas "le meilleur des mondes possible", Voltaire suggère que l’humanité devrait s’occuper des activités quotidiennes plutôt que de ruminer sur des sujets incompréhensibles. Face à un tel monde, qui est très loin d’une utopie, l’homme doit limiter ses désirs à un bonheur relatif qui se trouve dans un travail satisfait : "Travaillons sans raisonner, dit Martin, c’est le seul moyen de rendre la vie supportable."On peut donc conclure que le jardin de Voltaire représente tout simplement le monde que l’on a devant soi pour apprécier sa morale tout en travaillant, et non pas en se limitant aux vaines paroles et doctrines.

En prononçant sa fameuse citation, Candide montre qu’il a trouvé sa propre philosophie et qu’il a grandi intérieurement. De ce point de vue, le terme de jardin trouve un sens abstrait et se réfère à Candide lui-même, celui qui doit entretenir, développer et perfectionner ses qualités personnelles. Voilà le caractère énigmatique et multidimensionnel de la morale du conte philosophique qui permet au lecteur, selon la devise des Lumières prononcée par Kant, de "sortir hors de l’état de tutelle dont l’homme est lui-même responsable" et de "se servir de son propre entendement." [4] En d’autres termes, cela signifie qu’il faut essayer de faire évoluer la société en général et de la rendre meilleure pour accéder à un bonheur matériel. En outre, une seconde approche peut faire apparaître une métaphore qui assimilerait le jardin à notre esprit, à notre intelligence. Dans ce cas "Il faut cultiver notre jardin" signifierait cultiver son propre savoir-faire et se mettre à exercer ses talents afin de faire fructifier au maximum ce que la vie nous a donné, de donner un sens à notre vie et d’atteindre la liberté spirituelle.

En tenant compte du sens concret et figuré de la formule voltairienne, on se rend compte qu’il s’agit d’une morale humaniste dans le sens où elle implique que chaque être présente un talent naturel qu’il lui revient de cultiver pour qu’il s’épanouisse. Ainsi selon le conseil du vieillard turc, l’ennui, le vice et le besoin, soit quotidiens soit spirituels, nous quittent et le bonheur se tourne vers nous. En effet, en travaillant ainsi qu’en s’élevant l’esprit, on dépasse l’oisiveté, considérée comme étant à l’origine de la plupart des pensées maladives et qui conduisent l’être humain à se noyer dans le marécage des vices. L’activité physique et spirituelle n’est pas seulement un moyen d’échapper à l’ennui et au vice, mais aussi une manière efficace afin de faire face aux besoins raisonnables qui nous donnent le goût de l’indépendance.

Face à la maxime morale de Candide, il ne faut pas oublier qu’il y a des critiques qui reprochent à Voltaire que sa formule est incomplète. D’un certain point de vue, ils ont raison car l’homme, et l’homme ambitieux du XXIe siècle en particulier, ne peut satisfaire tous ses besoins matériels par le travail. En effet, le travail et la joie de l’action ne sont pas suffisants à tous les esprits qui sont hantés par les problèmes de ce monde cruel. En outre, le travail qui doit être un rempart face au vice, peut devenir lui-même une cause de vice. Dès lors, en affirmant que le monde contemporain est celui de communication dans lequel les gens s’inspirent les uns des autres, la formule voltairienne se transforme ainsi en cette réflexion d’Albert Camus, selon laquelle il faut aider les misérables à cultiver leurs jardins.

Arezou Abdi : Titulaire d’un master II en littérature française, Université de Tabriz.

Bibliographie :
- Kant, Emmanuel, Réponse à la question : Qu’est-ce que les Lures ?, trad. de Jean-François Poirier et Françoise Proust, Flammarion, coll. GF, Paris, 1ère éd., 1991.
- Maurois, André, Le Sage de Ferney, trad. de Lowell Bair, Bantam Books, New York, 1988.
- Starobinski, Jean, « Sur le style philosophique de Candide », in Le Remède dans le mal : Critique et légitimation de l’artifice à l’âge des Lumières, Gallimard, Paris, 1989.
- Voltaire, Candide, Larousse, Paris, 2011
- Le Petit Larousse, Larousse, Paris, 2010.
- www.livres-online.com
- www.scribd.com

- www.site-magister.com

Notes

[1Maurois, André, Le Sage de Ferney, trad. de Lowell Bair, New York : Bantam Books, 1988, pp. 6-7.

[3Le Petit Larousse, Larousse, Paris, 2010.

[4Kant, Emmanuel, Réponse à la question : Qu’est-ce que les Lumières ?, trad. de Jean-François Poirier et Françoise Proust, Flammarion, coll. GF, Paris, 1ère éd., 1991.


Visites: 104675

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.



11 Messages

  • Merci pour ce tres bel article que je ne decouvre que maintenant.

    Je n’ai pas trouve reference de cette reflection d’Albert Camus "il faut aider les misérables à cultiver leurs jardins". Pourriez vous , m’indiquer ou vous l’avez trouvee s’il vous plais ?

    Merci.

    repondre message

  • Je m’appelle Maria. Je suis roumaine et je suis amoureuse de la culture française et de la langue française.

    repondre message

  • Bonjour, je suis malien
    j’ai besoin du texte complet de candide.
    En effet, je prépare un test dont la culture génerale est partie prenante et je veux beaucoup ce fameux texte.
    je vous remercie d’avance.

    repondre message

  • je me suis permis de reprendre quelques une de vos idées, de suivre quelques uns de vos chemins, et de les mener à dire en quoi "if faut cultiver notre jardin" devrait être pour nous vos contemporains, un essai sur le bonheur.

    "Il faut cultiver son jardin

    Cette citation est la conclusion du conte philosophique le Candide de Voltaire, tout à la fin du livre, au chapitre XXX.

    "Il faut cultiver notre jardin" est une métaphore qui nous invite d’une part à laisser de côté les problèmes métaphysiques qui sont critiqués tout au long du récit de Candide à travers les monologues creux du philosophe et précepteur Pangloss. Et d’autre part à laisser également de côté les problèmes matérialistes qui sont portés par le manichéisme de Martin, compagnon de route de Candide ; problèmes pour lesquels l’homme est voué selon lui à être un éternel pessimiste, à subir un éternel naufrage, tant poursuit-il, la proportion entre le Mal et le Bien sont chez lui en déséquilibre.

    Candide a mûrit et il prend in fine cette décision qui se trouve entre les deux extrêmes, entre la philosophie de Pangloss et celle de Martin : après avoir parcouru le vaste monde et assisté à toutes les horreurs possibles et inimaginables. Il décide que le mieux, pour être heureux, est de s’occuper de ses propres affaires, de son propre jardin, de sa propre vie.

    Dans un premier temps on peut s’interroger sur le sens du verbe "cultiver" et la polysémie du mot "jardin".

    Il faut cultiver, c’est-à-dire qu’il faut travailler si on veut être heureux, il faut entretenir son bonheur. Il faut s’occuper des choses que l’on peut changer, que l’on peut améliorer en mettant le cap vers un monde meilleur.

    Voltaire à 60 ans quand il écrit ce conte. Il a vécu dans des châteaux mais aussi à la métairie de Ferney qui est une exploitation agricole. Il y cultivait vraiment son jardin ; et à le lire l’on peut croire aisément qu’il y trouva son bonheur.

    Cultiver c’est aussi cultiver des avis, des idées et des opinions ... Sur tous ses angles cette morale sous tend une glorification du travail sans lequel une société ne peut évoluer.

    Il s’agit bien sur de cultiver sa propre vie, et pour nous d’apprendre à être heureux.

    Pour ce qui est de la polysémie du mot "jardin", on devine qu’il y a sans doute un peu de malice chez Voltaire.
    Le jardin auquel il fait allusion est le jardin terrestre par opposition au jardin d’Eden. C’est donc une morale politique à l’égard du catholicisme ambiant. Cette interprétation peut être déduite de la comparaison avec le 1er chapitre où Candide vit le paradis terrestre chez le baron de Thunder Ten-Tronk. Mais ce bonheur et ce paradis sont illusoires.

    A la fin, Candide-Voltaire donne une leçon étriquée par son réalisme : si bonheur il y a, c’est sur terre qu’il faut le construire, tout misérable qu’il soit. En tout cas il vaudra toujours mieux que celui faussement promis par la religion.

    C’est Voltaire qui le sous-entend.

    Ce jardin signifie donc la vie. Le cultiver signifie travailler à son propre bonheur, à sa construction, à son perfectionnement.

    Ainsi selon le même auteur, dans ce même conte, le travail éloigne de nous trois grand maux : l’ennui, le vice et le besoin.

    Cependant cultiver son jardin doit-il exclure toute autre activité ? Doit-on devenir des anachorétiques pour autant ?

    Les anachorétiques sont des moines qui se retirent de la société des hommes pour vivre en ermite. Ce terme inspirera François Rabelais qui introduit le "Fais ce que voudras" comme devise pour son Garguantua ...

    "Fais ce que voudras" constitue la seule et unique loi dans la doctrine religieuse de l’abbaye de Thélème, société idéale imaginée par Rabelais. Société dans laquelle ses adeptes se piquent d’une parfaite indépendance, menant une vie libre et voluptueuse ; vie dans laquelle cultiver son propre jardin et vivre de ses propres lois conduit au bonheur.

    Mais point d’égoïsme ni de paresse, il faut mettre du cœur à l’ouvrage ; du cœur, de l’humilité et de la persévérance. Nicolas Boileau place en exergue dans son art poétique : "Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage". Et Karl Marx nous averti dans son Capital : "Il n’y a pas de route royale pour la science et ceux-là seulement ont chance d’arriver à ses sommets lumineux qui ne craignent pas de se fatiguer à gravir ses sentiers escarpés."

    Et tout comme Candide vous seriez à même de couper court mon interminable discours pour dire : "c’est pas tout ça, mais je n’ai pas que ça à faire ! Le jardin n’attend pas !"

    Sauf que "Fais ce que voudras pour ce que gens sont libres" est une réécriture romancée de saint Augustin : ama et fac quod vis, aime (Dieu et tes frères) et fais ce que tu veux (parce que l’amour te dictera une conduite positive). C’est le même appétit de liberté qui poussera Leibniz à rapprocher et à confronter le droit naturel et la grâce divine qui inspirent nos actes, nos idées, notre culture.

    C’est donc clairement l’idéal Humaniste de Rabelais qui y est concrétisé dans cette loi. Elle aboutit à une nouveauté fondamentale pour l’époque : la Conscience.

    Dans Gargantua, c’est la formulation d’idées sur l’autonomie intellectuelle et sur l’indépendance qui sonne la fin de la scolastique enseignée par les religieux.

    "Science sans conscience n’est que ruine de l’âme" est une autre formule prescrite par Rabelais pour la bonne éducation de son géant ; formule directement transposable à toutes nos entreprises et presque à toutes les civilisations.

    Si Candide grandit lors de ses voyages c’est qu’il cultive déjà son jardin, qu’il puise dans ses multiples aventures une connaissance irremplaçable du terrain. Candide s’instruit de la vie et des vicissitudes des hommes qu’il croise.

    La citation de Voltaire, qui aujourd’hui parle encore, décrit la "culture" en jardin du "savoir", en jardin de la "connaissance". Si personne dans ce monde ne détient de savoir suprême, comme la sagesse, cultiver chaque jour notre jardin, notre savoir, nous permet d’apprendre à parler peu, à refuser les idées pré mâchées, et à garder un esprit vierge, vif, ouvert sur le monde, à l’écoute de l’autre.

    Le terme de jardin se réfère également à Candide lui-même, celui qui doit entretenir, développer et perfectionner ses qualités personnelles. Il est sous bien des angles l’éponyme de l’esprit et du monde.

    La devise des Lumières prononcée par Kant, est tout à fait semblable au dénouement de Candide : "sortir hors de l’état de tutelle dont l’homme est lui-même responsable" et "se servir de son propre entendement."

    Alors dans ce cas "Il faut cultiver notre jardin" signifierait cultiver son propre capital, son propre savoir faire et se mettre à exercer ses talents afin de faire fructifier au maximum ce que la vie nous a donné.

    Chaque être bon ou mauvais le peut et présente un talent naturel qu’il lui revient de cultiver pour qu’il s’épanouisse. Chaque être peut suivre les pas de Matthieu l’évangéliste et atteindre le royaume des cieux semblable à un trésor caché dans un champ. Chaque être peut faire l’apologie du travail avec le laboureur de La Fontaine et trouver le trésor exceptionnel dont il forme le dessein.

    Si donc personne ne naît parfait, puisque chaque être est scellé dans son propre ectype, si le même Sextius est à la fois roi en Thrace, jardinier à Corinthe et assassin à Rome ; l’enseignement reçu au sein de ce notre société inscrit naturellement chez nous le devoir de transmettre et de retransmettre.

    Dès lors, en affirmant que le monde contemporain est celui de la communication dans lequel les gens s’inspirent les uns des autres, la formule de Voltaire se transforme et se prolonge par la réflexion de l’étranger d’Albert Camus : "Il faut aider les misérables à cultiver leurs jardins."

    Meursault dans sa très grande simplicité, dans le détachement fou qu’il incarne en tentant de rester en dehors du cadre établi par la société, se condamne à une fin misérable.

    A l’opposé, le Jean Valjean de Victor Hugo est quand à lui un véritable héros qui meurt comme "un ange". Meursault lui n’a rien d’un héros, et sera condamné à mort pour sa différence. Les deux personnages, en dehors de leurs oppositions supposées, notamment dans leurs façons de cultiver leur jardin, subissent cependant le poids de la société et périssent d’un même sort peu enviable.

    Une société qui semble dans les deux cas négative pour l’Homme. Une société qui impose au plus grand nombre une culture uniforme. Une société où le simple fait de cultiver son propre jardin devient un acte politique. Une société qui pose comme interrogation : L’enfer serait-il les Autres ?

    L’on voit en Voltaire, avant la révolution française, et en Victor Hugo, après, les deux immenses piliers de l’édifice humaniste.

    Dans Huis-clos, Jean-Paul Sartre dépeint l’Existentialisme comme un humanisme. Parce que les autres sont, au fond, ce qu’il y a de plus important en nous-mêmes, pour notre propre connaissance de nous-mêmes.

    Quand nous pensons sur nous, quand nous cultivons notre jardin, nous essayons de nous connaître, et au fond nous usons des connaissances que les autres ont déjà sur nous. Nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont, nous ont donné, de nous juger.

    C’est pour cela que nous entrons dans un cercle infernal, un cercle où l’enfer c’est les autres ; Cercle dans lequel le jugement d’autrui l’emporte sur notre propre conception du bonheur, et celle a priori dont elle est le fruit.

    Mais ne nous y trompons pas, pour Sartre ce rapport à autrui marque simplement l’importance capitale de tous les autres pour chacun de nous. Culture d’un rapport à autrui, d’un mieux vivre ensemble indispensable.

    Cultiver ensemble notre jardin nous rend libre de briser ce cercle, d’ouvrir la voie vers de nouvelles connaissances, à même de découvrir une nouvelle chambre secrète. Nous pouvons dès lors imaginer arpenter une montagne sans sommet, naviguer sur un océan sans bord, flotter sur une rivière volante et embrasser combien d’autres merveilles."

    repondre message

  • Il y a des petits coins de Web qui sont de véritables oasis dans un désert de sable.

    Merci Arezou Abdi pour cette belle page.

    repondre message

    • Oui, un grand merci !
      Votre analyse me redonne du courage pour affronter un monde si inhospitalier et où les hommes retombent sans cesse dans la barbarie malgré les leçons du passé.
      Même à l’échelle d’un petit centre hospitalier de province, le « système » hiérarchique est propice à des maltraitances tant pour certains patients que pour les « bas de l’échelle ».
      Il suffit que la souffrance au travail ne soit pas reconnue et qu’un DRH abuse de son pouvoir pour qu’en découlent des mécanismes sadiques et pervers aussi bien entre collègues qu’entre un cadre et les exécutants.
      Souvent le courage me.manque pour affronter tous les jours la malveillance d’un lieu qui pourtant a vocation d’alléger les souffrances !

      repondre message